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METHODES DE DIMENSIONNEMENT

III.1- INRODUCTION :
Les ouvrages souterrains présentent la particularité d’être entièrement construits dans un
massif de sol (ou de roche).ces ouvrages souterrains sont dimensionnés à partir de
classification des roches. La classification de roche a besoin de connaître le comportement
mécanique, ce dernier est une donnée fondamentale. Ils existent de nombreuses méthodes de
classification se basant sur déférentes paramètres géotechniques et physiques.
Dans ce chapitre on veut montrer la relation entre le terrain et le soutènement à travers
de citer les méthodes de calcul pour choisir le types de dimensionnement.

III.2- METHODES DE CALCUL :


Les méthodes de calcul peuvent se séparer en quartes familles classiques :
 Méthodes empiriques : fondés sur une classification géotechnique des roches ;
 Méthodes analytiques : fondés sur des solutions analytiques en mécanique des
milieux continus ;
 Méthodes des réactions hyperstatiques: généralement dirigée pour le revêtement ;
 Méthode numérique: en utilisant la méthode des éléments finis et différences
finis.
Les déférentes méthodes ci-dessus sont classées selon quatre critères principaux de
représentation de la réalité sont les suivant :

a) La représentation du terrain :
Il s'agit essentiellement de décrire, avec le plus de précision possible, la loi de
comportement de chacune des formations qui constituent le terrain encaissant, tout en tenant
compte du rôle des discontinuités. L’état de contrainte initial est également une donnée
fondamentale ainsi que les conditions hydrogéologiques. [7]

b) La représentation des structures de soutènement :


Certaines méthodes de calcul, contrairement à d'autres permettent de modéliser la forme
exacte du soutènement, ainsi que le mode de fonctionnement de chacun des éléments qui le
composent. En même temps, les caractéristiques mécaniques sont susceptibles d'évoluer au
cours du temps, modifiant ainsi la distribution des efforts. [7]

c) La représentation des interactions terrain-soutènement :


L'étude et le dimensionnement du soutènement ne peuvent être dissociés d'une approche
mécanique du terrain encaissant, d'abord parce que celui-ci intervient directement par
poussée ou par butée, mais aussi par le fait que les caractéristiques du terrain et leur
évolution dépendent beaucoup de la marge de convergence qu'autorise le soutènement. [7]

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d) La représentation du déroulement réel du chantier :


Le creusement du tunnel se traduit par une diminution progressive des efforts jusqu'alors
exercés dans la direction perpendiculaire à la surface d'excavation. Ce processus entraîne
une redistribution continue des contraintes dans le terrain encaissant et dans les éléments de
structure déjà mis en place. L’effet du temps dans cette redistribution, le phasage des
travaux, l'excavation par sections successives, l'évolution des déplacements au cours du
période de temps séparant chaque phase sont des facteurs importants ; à ce sujet, il est sans
doute préférable d'utiliser des méthodes simplifiées prenant en compte ce phasage, plutôt
que des méthodes très complexes mais également trop lourdes pour permettre un calcul par
phase.

III.2.1- Méthodes empiriques :


Au stade des études préliminaires, les ouvrages souterrains sont fréquemment
dimensionnés à partir de classifications des massifs de terrain.
En effet, l’art des tunnels est demeuré jusqu’à ces vingt dernières années une science
essentiellement empirique dont les spécialistes se constituaient un savoir-faire au travers
d’expériences passées.
La transmission des enseignements tirés de ces expériences étant directe pour les
spécialistes suivant eux-mêmes le déroulement des travaux.
Pour essayer de structurer ce savoir et de fournir des outils d’aide à la conception,
certains auteurs ont très tôt proposé des synthèses sous forme de classifications. Ces
méthodes, rapides d’emploi et donc économiques, reposent sur différents paramètres
géotechniques et physiques.
C’est donc le choix de ces paramètres et la façon de les utiliser pour le dimensionnement
de l’ouvrage qui va faire la différence d’une méthode à l’autre.
Nous exposons uniquement les méthodes empiriques actuellement les plus utilisées et sont :

a) Rock Quality Designation (R.Q.D) :


Le R.Q.D. fut proposé par D.DEERE en 1964.Il est déterminé à partir des observations
faites sur les échantillons prélevés dans un sondage carotté. [1]

On utilise la valeur de R.Q.D pour classer la roche suivant sa qualité.


Le tableau suivant montre la classification du rocher en fonction du R.Q.D :

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Tableau.III.1 : Classification du rocher en fonction du R.Q.D (d’après D.DEERE)

R.Q.D Désignation
0-25 Très médiocre
25-50 Médiocre
50-75 Moyen
75-90 Bon
90-100 Excellent

b) Recommendation de L’AFTES :
L’AFTES (groupe de travail N° 1, 1978, 1982, 1993) a établi des recommandations pour
une description des massifs rocheux qui s’inspire des définitions proposées par la SIMR
(Société Internationale de Mécanique des Roches). L’AFTES (groupe de travail N° 7,1974,
1982, 1993) a également établi des recommandations relatives au choix du type de
soutènement en galerie à la suite des recommandations du groupe de travail N° 1.
Les critères à prendre en compte dans ces recommandations, peuvent être classés en deux
grandes catégories suivant qu’ils concernent le terrain encaissant ou l’ouvrage lui-même et ses
conditions d’exécution. Pour les critères relatifs au terrain encaissant, ceux qui ont été retenus
Pour le choix du soutènement sont plus spécialement : la résistance de la roche, les
discontinuités, l’altérabilité, les conditions hydrologiques et les contraintes naturelles.
Les critères relatifs à l’ouvrage et à son monde d’exécution sont essentiellement : les
dimensions et la forme de la cavité et le procédé d’abattage qui peut être soit à l’explosif en
utilisant ou non la technique du découpage soigné ou du pré découpage, soit purement
mécanique.
Les critères relatifs à l’environnement sont : la plus ou moins grande nocivité des tassements
vis-à-vis de l’environnement, les effets d’une modification de l’équilibre hydrologique et les
conséquences éventuelles de la mise en œuvre de procédés spéciaux de consolidation
(traitement de terrain, air comprimé, congélation).
Ces recommandations distinguent quatre classes principales de soutènement suivant leur
mode d’action par rapport au terrain :
 Les soutènements agissant par confinement du terrain encaissant, ce sont
essentiellement : le béton projeté seul et le béton projeté associé à des cintres légers.
 Les soutènements agissant à la fois par confinement et comme armature du terrain
encaissant ; il s’agit du boulonnage sous ses diverses formes, qu’il soit ou non associé
au béton projeté, aux cintres légers ou aux deux dispositifs simultanément : boulons à
ancrage ponctuel (à coquille ou à la résine), boulons à ancrage réparti (scellés à la
résine ou au mortier) et barres foncées.
 Les soutènements agissant par support : cintres lourds, cintres légers, plaques
métalliques assemblées, voussoirs en béton, tubes perforés (voûte parapluie), et
boucliers.
 Les soutènements agissant par consolidation du terrain et modification de ses
caractéristiques géotechniques ou hydrologiques : injection de consolidation, air
comprimé et congélation.

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Tableau.III.2 : Classement en fonction de la résistance en compression uniaxiale


(AFTES, 1993)

Pour chaque critère, le choix s’opère sous la forme de tableaux à deux entrées avec d’un
côté les différentes classes du critère et de l’autre les différents types de soutènement.
En fonction de la classe du critère, chaque soutènement est considéré comme ‘nettement
favorable’, ‘ plutôt favorable’, ‘plutôt défavorable’, et ‘nettement défavorable’.
Tableau.III.3 : Emploi de différents soutènements en fonction du classement de massif
(AFTES, 1993)

Le Tableau.III.2 montre un exemple du classement de massif en fonction de la résistance


en compression d’après l’AFTES (groupe de travail N° 1) et le Tableau.III.3 Montre un

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exemple de l’analyse de l’emploi de différents soutènements en fonction de ces catégories


(données au Tableau.III.2) d’après l’AFTES (groupe de travail N° 7).
c) Classification de Z. BIENIAWSKI (1973) :
Du South African Council for Scientific and Industrial Research (CSIR). Proposa une
classification du massif, en vue d'y creuser une galerie souterraine, combinant des facteurs
tels que le R.Q.D, le pendage des discontinuités ainsi que leur remplissage.
Comme toute méthode empirique, Bieniawski tient compte de certains paramètres dans
sa classification (Hoek & Brown. 1980; Baroudi, 1988; Bouvard & al. 1988) donc Z.
BIENIAWSKI utilise cinq paramètres pour classer les roches ce sont:
1) La résistance à la compression simple ou essai FRANKLIN (pour les roches dures) ;
2) La Qualité de la roche via R.Q.D de DEERE ;
3) L’espacement des joints. Le terme joint comprend tous les types de discontinuités de
la roche (stratification, schistosité, fractures, diaclases) ;
4) La nature de joint ;
5) Les venus d’eau.
Chaque paramètre reçoit une note pour aboutir par addition à une note globale
caractérisant la qualité de roche.
Après addition de notes obtenues pour les cinq paramètres principaux et ajustement pour
tenir compte de l’orientation de la fracturation. [1]
On utilise un tableau pour connaître :
- La classe du rocher (de très bon à très médiocre).
- Le temps pendant lequel une excavation est stable sans soutènement.
La note globale obtenue permettant de connaître la classe de rocher est couramment
appelée :<<Rock Mass Ratings>>. [1]

d) Méthode de N.BARTON(1974) :
La méthode de Barton est une classification empirique des massifs rocheux. Le principe
de cette classification est le même que celui de la classification de BIENIAWSKI, c'est à
dire "noter la qualité du massif rocheux par l'intermédiaire de paramètres".
La qualité du massif rocheux est représentée par l'indice Q, calculé à partir de six
paramètres. Le Q-system permet aussi de définir le mode de soutènement à mettre en place,
à condition de connaître la valeur de Q, la largeur de l'excavation et la fonction de
l'excavation. La connaissance de Q permet également par corrélations de calculer différents
paramètres comme les R.M.R équivalents, le module de déformabilité (Em), la pression
s'exerçant sur le soutènement au niveau du toit et des parois et la vitesse des ondes P.

III.2.2- Les méthodes analytiques :


En utilisant les méthodes empiriques globales, on peut orienter le choix de type de
soutènement, mais elles ne sont pas suffisantes à vérifier la stabilité de soutènement, donc

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ces méthodes empiriques sont complétées par des études analytiques qui permettent de
donner des analyses réelle de la stabilité du soutènement choisi.
Les méthodes analytiques peuvent se séparer en deux familles :
-Les méthodes analytiques élastiques qui considèrent un comportement élastique permanent
du massif avoisinant l'excavation (Lamé, Kirsch, Einstein-Schwartz) ;
-Les méthodes analytiques élasto-plastiques qui peuvent considérer une zone plastique
autour du tunnel (Convergence-confinement, Panet, Analyse limite,...).

III.2.2.1- Présentation de la méthode de convergence confinement :


La méthode de convergence-confinement (Panet et Guellec, 1974) s’appuie sur la
mécanique des milieux continus et fait donc nécessairement appel pour le massif à une loi
de comportement d’un milieu continu isotrope ou anisotrope. Toute modélisation implique à
la fois une simplification des lois de comportement et une homogénéisation d’un certain
nombre de zones du massif et, par conséquent, le recours à un milieu équivalent qui a
l’échelle de l’ouvrage, permet une représentation convenable du comportement du massif.
Le choix des caractéristiques de ce milieu équivalent constitue l’étape la plus délicate de la
modélisation; le plus souvent, elle ne consiste pas à simplement transcrire les résultats
d’essais de laboratoire ou d’essais in situ mais véritablement à construire un modèle de
comportement à partir de toutes les données de la reconnaissance géologique et
géotechnique.
La méthode de convergence– confinement s’appuie sur la constatation que le champ de
déformation obtenu à partir d’un calcul axisymétrique, dans une section perpendiculaire à
l’axe de tunnel, est analogue à celui donné par un calcul plan, dans lequel la paroi du tunnel
est soutenue par une pression fictive :
( )
: représentant la valeur de la contrainte naturelle en place, supposée uniforme et isotrope
et λ un coefficient compris entre0 et 1(voir figure III.1). Ce résultat est valable à condition
de se placer à une distance suffisante (de l’ordre de R/2) du front de taille du tunnel. Le
coefficient λ, qui caractérise le degré de décompression derrière le front de taille du tunnel,
porte le nom de taux de déconfinement.

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Etat initial Etat intermédiaire Etat final


( )
( )

Figure.III.1 : Méthode de convergence-confinement (Panet et Guellec, 1974)


Partant de cette constatation Panet et Guellec (1974) ont suggéré de prendre en compte,
en géométrie plane, l’effet stabilisant lié à la proximité du front de taille, en appliquant la
pression sur la périphérie de tunnel. La progression du front de taille est alors simulée en
faisant croître progressivement de la valeur 0, correspondant à l’état de contrainte initial, à
la valeur 1, correspondant à l’état de déformation stabilisé derrière le front de taille. Dans le
cas d’un comportement linéaire-élastique du terrain, cette valeur est atteinte à une distance
de l’ordre de deux diamètres du front de taille. Le comportement de l’ensemble terrain-
soutènement est alors analysé dans un diagramme( ).
Considérons une section plane du terrain soumis à une contrainte naturelle
correspondant à un initial isotrope . La cavité est pré excavée et supposée remplie de
liquide à une pression correspondant à l'état initial . Le déplacement de la paroi de la
cavité est nul (point A de la figure III.2).En diminuant la pression P, on provoque un
déplacement radial correspondant à la décompression du massif autour de l'excavation.
Dans un premier temps le comportement du terrain est élastique linéaire et la courbe
pression déplacement suivie ( ) est linéaire du point A au point B. Dans un deuxième
temps, il peut se former autour de la cavité un phénomène de rupture (ou mise en plasticité)
qui augmente la déformation. C'est la portion ABC de la courbe. La courbe ABC est
appelé : «courbe caractéristique » du massif excavé.
Si la courbe ABC coupe l'axe des déplacements ( ) la cavité est stable
par elle-même (du moins pour un certain temps). Par contre si la courbe caractéristique ne

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recoupe pas l'axe des abscisses, la cavité n'est pas stable par elle-même et nécessite
impérativement un soutènement. En pratique, la cavité nécessite également un soutènement
lorsque la valeur du déplacement correspondant à l'équilibre théorique, Est grande
ou lorsque le phénomène de rupture autour de la cavité s'étend profondément à l'intérieur du
massif. Sur le même graphique on représente aussi la courbe ( )reliant le déplacement
radial du revêtement en fonction de la pression extérieure qui lui est appliquée. Cette
courbe est appelée « courbe caractéristique du soutènement ». Supposons un revêtement
dont le comportement est élastique linéaire. Sa courbe caractéristique est une droite.
Parce qu'il n'est mis en place qu'un certain temps après l'excavation, son chargement par
le terrain ne commence que lorsque le déplacement de celui-ci est déjà (point O). Le
point D, à l'intersection des deux courbes caractéristiques définit l'état d'équilibre du tunnel,
et permet de déterminer, par simple lecture la valeur du déplacement radiale et de la
pression finale du soutènement.
Nous voyons qu'en fonction du moment de la mise en place du revêtement, beaucoup
d'autres points de la courbe caractéristique ABC pouvant être point d'équilibre. La pression
sur le revêtement au point D doit être comparée à la pression au point M qui correspond à la
pression maximale que peut supporter le soutènement, pression à calculer en fonction des
caractéristiques de rupture de celui-ci.
L'influence du temps (fluage viscosité du terrain) s'exprime de la même façon par des
courbes du type 2 et 3. Si le temps ne joue pas sur les caractéristiques du revêtement les
points D2et D3 sont respectivement les points d'équilibre au temps (t)et au temps infini.

Figure.III.2: Principe de la méthode de convergence-confinement


La courbe de convergence représente la réponse du terrain. L’activation de soutènement
intervient à partir de sa mise en contact avec le terrain ; celle-ci se produit pour une valeur

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du taux de déconfinement. La mise en charge progressive du soutènement est représentée


par la courbe de confinement. La méthode initialement mise au point dans le cas d’un tunnel
circulaire creusé dans un terrain isotrope et homogène, a été étendue ultérieurement à
d’autre type de conditions, et notamment à des cas de contraintes initiales anisotropes
(Panet 1986). Elle est couramment utilisée pour représenter la présence de front de taille
dans des calculs bidimensionnels de tunnel par élément finis. [4]
III.2.3- La méthode des réactions hyperstatiques :
Dans lesquelles est étudié l'équilibre de la structure de soutènement sous l'effet de forces
extérieures fixes pour certaines charges "actives" résultant d'actions extérieures
indépendantes de la déformation de la structure), et variables pour d'autres en fonction du
déplacement de la structure (charges "passives" constituées par les réactions du terrain).Ces
approches peuvent être utilisées pour une vérification à la rupture du soutènement, mais ne
donnent pas une représentation précise de la réalité. De plus leur emploi doit être réservé à
l'analyse des soutènements épais ou de forte rigidité relative par rapport au terrain
encaissant (et surtout à l'analyse des revêtements définitifs).
III.2.4- Les méthodes numériques :
Ceux sont les méthodes les plus adaptées, en utilisant ces méthodes on peut modéliser
et résoudre des problèmes trés complexes en pérennant un maximum de paramètres sont les
suivants :
 hétérogénéité des couches ;
 lois de comportement complexes ;
 simulation de condition limites et aux limites proches de la réalité.
La méthode la plus utilisée : est la méthode des éléments finis
III.2.4.1- Importance de la méthode des éléments finis :
Le calcul par éléments finis permet de représenter la géométrie exacte des
soutènements, d'utiliser leurs caractéristiques mécaniques précises tout en les faisant
éventuellement varier au cours du temps. Il est possible de considérer aussi bien les
éléments surfaciques que les éléments linéaires et ponctuels tels les cintres ou les boulons.
Le programme détermine alors les sollicitations dans chacun de ces éléments de structure.
La procédure complète nécessite une bonne connaissance des caractéristiques
mécaniques des soutènements, pour certains types de soutènement, ces paramètres sont bien
maîtrisés, tandis que pour d'autres, ils sont difficiles à appréhender, comme par exemple
l'évolution de la déformabilité du béton projeté au cours de sa prise. [7]
III.2.5- Application de la méthode des éléments finis :
a. Principes généraux de la méthode :
La méthode des éléments finis est une méthode numérique largement appliquée dans le
domaine de la mécanique et de la résistance des matériaux. Beaucoup d’ouvrages y sont

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consacrés c’est pourquoi ne seront abordés ici que les particularités d’application de la
méthode aux ouvrages souterrains. [1]
Le principe de base le plus courant en est le suivant :
- le milieu considéré est bi ou tridimensionnel ;
- le milieu continu est divisé par des lignes (ou des surfaces) imaginaires en un certain
nombre d’« élément finis » ;
- Les éléments sont supposés reliés entre eux par un nombre fini de points dits points
nodaux situés sur leurs frontières (ce sont généralement les sommets des « éléments »
et parfois d’autres points sur les faces ou les arêtes) les points nodaux transmettent les
efforts d’un élément à l’autre. Les déplacements de ces points nodaux sont les
inconnues de base du problème ;
- Une fonction permet de définir de manière unique le champ de déplacement à
l’intérieur de chaque « élément finis » en fonction des déplacements de ses nœuds (il
existe une grande variété de types d’éléments et de fonctions d’interpolation) ;
- Les fonctions de déplacement définissent donc sans ambiguïté l’état de déformation à
l’intérieur d’un élément en fonction des déplacements nodaux et par suite, compte
tenu des propriétés rhéologiques du matériau, l’état des contraintes (l’état de
contrainte de l’élément est défini en un ou plusieurs points de l’élément appelés
points d’intégration) ;
- à Partir de ces fonctions de déplacement et des lois rhéologiques choisies, détermine
une relation de raideur qui a tout champ de déplacement sur le solide (défini donc de
façon complété par les composantes des déplacements aux nœuds de la structure)
fait correspondre un champ de sollicitations (défini de la même façon par les
composantes des forces aux nœuds).Cette relation s’écrit
* +=, - * +
, - Est une matrice carrée appelée matrice de rigidité.
Une fois déterminée la matrice de rigidité , -du système, tout problème consiste donc
généralement à résoudre le système linéaire :
* +=, - * +
Où les inconnues sont les composantes du déplacement des nœuds (si l’une de ces
composantes est imposée par des conditions aux limites elle est remplacée par la réaction
qui en résulte).
Tout chargement se traduit par des forces aux nœuds. Lorsqu’il s’agit d’incrément de
déplacement qui s’ajoutent aux déplacements obtenus lors de l’incrément précédent. Il en
est de même pour les contraintes.

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b. Application au calcul des ouvrages souterrains :


La détermination des sollicitations auxquelles est soumis le soutènement d’un ouvrage
souterrain est un problème hyperstatique dont les paramètres suivants peuvent être pris en
compte par la méthode des éléments finis :
- La bi ou tridimensionnalité du problème ;
- L’état d’équilibre naturel du milieu (ou état de contrainte initial) ;
- La géométrie de l’excavation ;
- Les propriétés de déformation du terrain et son hétérogénéité éventuelle ;
- Les caractéristiques géométriques et mécaniques de l’élément du soutènement ainsi
que la nature de son contact avec le terrain ;
- Les techniques de réalisation de l’ouvrage, les différentes phases d’exécution des
travaux, en particulier la non-simultanéité de l’excavation et la mise en place du
soutènement ;
- Enfin l’évolution dans le temps des pressions exercées par le terrain sur le
soutènement.
Contrairement aux méthodes explicitées dans les paragraphes précédents, la méthode
des éléments finis, principalement grâce au traitement incrémental, permet de tenir compte
simultanément de tous ces paramètres. La difficulté vient généralement de la connaissance
incomplète que l’on a des conditions naturelles du milieu et de son comportement. C’est
donc à ces derniers paramètres que se référent encore les principales hypothèses.
Mais elle remplace avantageusement les méthodes antérieures là où celles-ci ne peuvent
plus s’appliquer.
Les calculs bidimensionnels élastiques ou même élastoplastique à plusieurs phases
modélisant les étapes de construction de l’ouvrage sont maintenant couramment effectués,
de même que les calculs tridimensionnels.
Grace aux pré- et post– traitements (maillage automatique, interprétation-physique des
résultats…) les prix de revient de ces calculs ont beaucoup diminué.
Pour réduire encore le cout de certains calculs complexes, on peut utiliser la méthode
des éléments finis, après avoir néanmoins effectué auparavant des analyses paramétriques a
l’aide de modèles plus souples d’emploi, tel que ceux proposés par exemple par la méthode
convergence-confinement. [1]
Les différents programmes de calcul aux éléments finis différent généralement les uns
des autres par leur capacité à introduire des types d’éléments plus ou moins élaborés et des
lois rhéologiques variées, par leur capacité incrémentale ainsi que par le développement de
leurs pré- et post-traitements.

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III.3– CONCLUSION :
A travers de ce chapitre nous avons vu les méthodes de calcul et nous avons dit que:
 Les méthodes empiriques sont utilisées fréquemment dans les études préliminaires
des tunnels creusés dans les roches, ces méthodes empiriques ont l’avantage de permettre
une description quantitative de la roche, mais elles ne sont pas suffisantes à vérifier la
stabilité de l’ouvrage, et elles ne considèrent pas la possibilité de rupture des roches.
 Les méthodes analytiques sont très pratiques et très utilisée, car elles nous aident à la
compréhension du comportement du massif et du fonctionnement du soutènement, Ces
méthodes peuvent être complétées les méthodes empiriques à travers de vérifier la stabilité
du soutènement, mais elles sont limitées par :
- La géométrie du tunnel (tunnel circulaire) ;
- par la géométrie du sol (une couche unique) ;
- la loi de comportement doit être relativement simple.
 La méthode des réactions hyperstatiques est une méthode directe pour dimensionner
le soutènement mais, elle ne permet pas d’estimes les déformations des terrains, et elle se
base sur des hypothèses très simplificatrices, cette méthode est dirigée généralement pour le
calcul de revêtement définitif.
 La méthode de calcul numérique est la plus efficace pour l’analyse de la stabilité
d’un tunnel, par ailleurs, elle est un outil performant et bien adapté pour prendre en compte
tout le processus de creusement et de soutènement.
 Le calcul numérique utilise des modèles tridimensionnels en prenant en
considération le comportement des sols et des structures, des cas de géométries
complexes, mais certains projets s’avèrent souvent très gourmandes en nombres
d’éléments et très couteux en temps de calcul.
 Les modèles les plus courants utilisées dans les bureaux d’études sont les
modèles bidimensionnels et axisymétriques avec la méthode de convergence
confinement.

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