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Sous le haut patronage de

Monsieur Nicolas SARKOZY Monsieur Dmitri MEDVEDEV


Président de la République Française Président de la Fédération de
Russie

Sainte Russie
L’art russe,
des origines à Pierre le Grand

Du 5 mars au 24 mai 2010


Musée du Louvre - Hall Napoléon

1
Sommaire

Communiqué de presse page 3

Année France-Russie 2010 page 8

Préface de Monsieur Dmitri Medvedev, président de la Fédération de Russie page 9

Préface de Monsieur Nicolas Sarkozy, président de la République Française page 10

Préface d’Henri Loyrette, président-directeur du musée du Louvre page 11

Lettre de la Fondation Total, mécène de l’exposition page 12

Lettre de GDF SUEZ, mécène de l’exposition page 13

Lettre de Gazprom, mécène de l’exposition page 14

Introduction page 15
par Jannic Durand et Tamara Igoumnova, commissaires généraux de l’exposition

Plan de l’exposition page 19

Parcours de l’exposition page 20

Regard sur quelques œuvres page 27

Autour de l’exposition page 39


Manifestations à l’auditorium du Louvre
Publications

Informations pratiques page 52

Visuels disponibles pour la presse page 53

Lettres des partenaires page 68

2
Sainte Russie
Communiqué de presse
L’art russe,
Exposition
des origines à Pierre le Grand
du 5 mars au 24 mai 2010
L’Année France-Russie 2010 est l’occasion pour le musée du
Hall Napoléon Louvre de proposer au public français un moment tout à fait
exceptionnel : à travers un ensemble de plus de quatre cents
œuvres jamais réunies en France et provenant essentiellement
Manifestation organisée dans le des musées et bibliothèques russes, l’exposition invite à la
cadre de l’Année France-Russie découverte de l’histoire de l’art russe ancien, du IXe au XVIIIe
2010 / www.france-russie2010.fr siècle.
Celle-ci débute avec l’apparition des « Russes » dans l’histoire
latine, byzantine et arabe, et avec les rivalités et luttes d’influences
entre Latins, Vikings et Byzantins.
Les premières conversions dans la Rous’ de Kiev leur succèdent,
qui aboutissent au célèbre « baptême » du prince Vladimir en 988.
La Rous’ devient alors définitivement chrétienne et reprend le
modèle ecclésiastique de Constantinople.
L’art s’épanouit à Kiev, à Tchernigov, à Novgorod, à Pskov, à
Cette exposition bénéficie du mécénat
Vladimir, à Souzdal… hésitant alors entre prépondérance byzantine
de la Fondation Total, GDF SUEZ et
Gazprom. et tentation de l’Occident latin. Puis, après la coupure introduite au
XIIIe siècle par l’invasion et la domination mongole, l’art chrétien
renaît dans toute sa splendeur dans les grands centres de la Russie
médiévale, accompagné par un dynamisme monastique sans
précédent, tandis que peu à peu s’impose l’ascendant de Moscou.
C’est aussi le temps des peintres Théophane le Grec, Roublev et
Dionisi.
Au XVIe siècle, Moscou, qui se proclame « Troisième Rome » et
Informations pratiques devient une « Nouvelle Jérusalem », inaugure sous les règnes de
Horaires Basile III et Ivan IV le Terrible un nouvel âge d’or de l’art russe, qui
Tous les jours, sauf le mardi, de 9h à 18 h, le culmine avec le couronnement d’Ivan le Terrible comme tsar (1547)
samedi jusqu’à 20h et les mercredi et vendredi
jusqu’à 22h.
et avec l’avènement du patriarcat de Moscou (1589).
Enfin, après le « Temps des troubles », les conflits et renouveaux
Tarifs
Billet spécifique pour l’exposition Sainte
qui traversent le XVIIe siècle sous les premiers Romanov et la
Russie : 11 € réforme du patriarche Nikon précèdent les changements politiques
Billet jumelé (collections permanentes + et esthétiques radicaux imposés par Pierre le Grand.
exposition Sainte Russie) : 14 € avant
En réalité, indépendamment de la tradition byzantine, et bien avant
18h, 12 € après 18h les mercredi et
vendredi les bouleversements du règne de Pierre le Grand (1682-1725), l’art
Accès libre pour les moins de 18 ans, les chrétien en Russie avait déjà depuis longtemps commencé à
chômeurs, les titulaires des cartes Louvre s’inscrire dans l’histoire politique et religieuse de l’Europe.
jeunes, Louvre enseignants, Louvre
professionnels, Louvre étudiants
Commissaires de l’exposition : Tamara Igoumnova, directrice
partenaires ou de la carte Amis du adjointe du Musée historique d'Etat, Moscou.
Louvre Pour le musée du Louvre : Jannic Durand, conservateur en chef au
Renseignements département des Objets d’art, et Dorota Giovannoni,
01 40 20 53 17 - www.louvre.fr documentaliste scientifique au département des Objets d’art,
musée du Louvre.
Direction de la communication Contact presse
Aggy Lerolle Céline Dauvergne
aggy.lerolle@louvre.fr celine.dauvergne@louvre.fr
Tél. 01 40 20 84 66 / Fax : 54 52 3
Contrepoint russe,
Pré-communiqué de presse
Exposition de l’icône au musée en
du 14 octobre 2010
passant par l’avant-garde
au 24 janvier 2011
En contrepoint de l’exposition « Sainte Russie », et à l’occasion
de l’Année France-Russie 2010, le musée du Louvre souhaite
Louvre médiéval rendre compte de la création contemporaine russe, en présentant
et salle de la maquette les travaux d’une dizaine d’artistes, dont Yuri Albert, Alexander
Brodsky, Erik Boulatov, Olga Chernysheva, Emilia et Ilya
Kabakov, Alexeï Kallima, Valery Koshlyakov, Yuri Leiderman,
Andrei Monastyrsky, Pavel Pepperstein, Vadim Zakharov.
Peintures, sculptures, dessins, photographies, vidéos, ces œuvres
Manifestations organisées dans le cadre
de l’Année France-Russie 2010 / font souvent référence à la tradition artistique russe ou à une
www.france-russie2010.fr lecture critique de l’histoire de l’art : de l’icône au suprématisme,
de l’esthétique soviétique au réalisme poétique. La plupart des
artistes produiront une œuvre spécifique adaptée à l’architecture
du lieu.
Deux séances sont prévues à l’auditorium, l’une consacrée à la
rencontre entre un artiste et un critique, Ilya Kabakov et Boris
Groys, l’autre avec un groupe d’artistes de Saint- Pétersbourg,
Chto Delat (Que Faire ?).

Commissaire de l’exposition : Marie-Laure Bernadac,


En partenariat avec le NCCA, National center
conservateur général, chargée de mission pour l'art contemporain
for contemporary art, Irina Gorlova et au musée du Louvre, assistée de Pauline Guelaud.
Mikhaïl Mindlin.

Informations pratiques

Horaires
Tous les jours, sauf le mardi, de 9h à 18 h, les
mercredi et vendredi jusqu’à 22h.
Tarifs
Accès avec le billet d’entrée au musée : 9,5 € ; 6 €
après 18 h les mercredi et vendredi. Gratuit pour
les moins de 18 ans, les moins de 26 ans
résidents de l’U.E., les enseignants titulaires du
pass éducation, les demandeurs d’emploi, les
adhérents des cartes Louvre jeunes, Louvre
professionnels et Amis du Louvre, ainsi que le
premier dimanche du mois pour tous.
Renseignements Erik Boulatov, Liberté, 1992, Huile sur toile, 155 x 295 cm. Collection Olivier et
01 40 20 53 17 - www.louvre.fr Bertrand Lorquin. Photo : Jean-Alex Brunelle © Adagp, Paris 2009

Direction de la communication Contact presse


Aggy Lerolle Laurence Roussel
aggy.lerolle@louvre.fr laurence.roussel@louvre.fr
Tél. 01 40 20 84 98 / Fax 54 52

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Dans le cadre de l’année
France-Russie 2010

Concerts
Une saison russe
Toutes les manifestations de
l’auditorium sont organisées dans le
cadre de l’Année France-Russie Depuis 1989, l’auditorium du Louvre a permis à son public de
2010 / www.france-russie2010.fr découvrir de nombreux artistes russes. Il reste fidèle, avec cette
programmation, aux « grands » artistes que sont devenus les
jeunes talents d’hier. Les amateurs et mélomanes pourront ainsi
apprécier la sonorité et l’extrême sensibilité des artistes russes,
jeunes ou confirmés, déjà connus ou à découvrir.

Mercredi 6 janvier à 20h


Gleb Ivanov, piano / Schubert, Liszt, Tchaïkovski, Prokofiev
Jeudi 7 janvier à 12h30
Narek Arutyunyan, clarinette, Andrey Gugnin, piano /
Schumann, Françaix, Poulenc, Debussy, Zfassman, Schreiner,
Donatoni
Vendredi 8 janvier à 20h
Alexandra Soumm, violon, Julien Quentin, piano / Grieg
Lundi 11 janvier à 20h
Andreï Korobeinikov, piano / Moussorgski et Chostakovitch
Mercredi 13 janvier à 20h
Boris Berezovsky, piano / Rachmaninov, Lyadov
Jeudi 14 janvier à 12h30
Ivan Podyomov, hautbois, Yulianna Avdeeva, piano /
Boris Berezovsky © Mirare Hindemith, Britten, Telemann, Schumann, Chopin
Jeudi 11 mars à 12h30
Mikhail Simonyan, violon, Alexeï Podkortyov, piano / Grieg,
Ravel et Tchaïkovski
Mercredi 24 mars à 20h
Capella de Saint-Petersbourg, Vladislav Tchernouchenko,
direction / Musiques sacrées russes, Rachmaninov, Sviridov,
Chesnokov…
Vendredi 26 mars à 20h
Alina Ibragimova, violon, Cédric Tiberghien, piano /
Beethoven
Vendredi 16 avril à 20h
Informations : 01 40 20 55 55 Kirill Troussov, violon, Alexandra Troussova, piano / Schnittke,
Réservations : 01 40 20 55 00 Prokofiev, Chostakovitch, Zyganov, Tchaïkovski

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Opéras filmés
L’auditorium propose une programmation consacrée à l’opéra
russe dans les théâtres qui l’ont illustré à son sommet, le Théâtre
Bolchoï de Moscou et le Théâtre Mariinski de Saint-Pétersbourg.
Tout au long de la saison sont présentés de grands classiques du
répertoire mais aussi des chefs-d’œuvre moins joués, en particulier
les œuvres de Rimski-Korsakov qui puisent leur inspiration dans
les sources légendaires et mythologiques de la Sainte Russie.

Samedi 5 décembre à 15h


Moussorgski : Boris Godounov
Chœur & Orchestre du Théâtre du Bolchoï, dir. Boris Khaïkine
Films sur l’art : Mise en scène : Leonid Baratov
Images saintes Dimanche 6 décembre à 15h
vendredi 7 mai à 12h30 Rimski-Korsakov : Sadko
« Icônes » Orchestre & Ballet du Théâtre Mariinski, dir. Valery Gergiev
Mise en scène : Alexeï Stepanouk
Dimanche 28 mars à 15h
Cinéma Glinka : Rouslan et Lioudmila
vendredi 7 à 20h, samedi 8 et Orchestre, Chœur et Ballet du Théâtre Mariinski, dir. Valery Gergiev
dimanche 9 mai à partir de Mise en scène : Lotfi Mansouri
14h Lundi 29 mars à 20h
« Prières » : cycle Andreï Borodine : Prince Igor
Tarkovski : Pour Andreï Chœur et Orchestre du Théâtre Bolchoï, dir. Mark Ermler.
Tarkovski, héritier d’une culture Mise en scène : Oleg Moralev
russe spiritualiste, mystique, Jeudi 1er avril à 20h30
irrationnelle et prophétique, l’acte Les grandes voix du Bolchoï
de cinéma s’apparente à une Séance présentée par Richard Martet (Opéra Magazine)
incarnation. Cette sélection de
films met en évidence la Samedi 17 avril à 15h
dimension sacrée d’une œuvre qui Rimski-Korsakov : Le Coq d’or
n’a cessé de chanter la création, la Orchestre de Paris, Chœur du Théâtre Mariinski, dir. Kent Nagano
nativité, la quête, la passion et le Mise en scène : Ennosuke Ichikawa.
sacrifice. Dimanche 18 avril à 15h
Films projetés : Andreï Roublev, Moussorgski : La Khovantchina
L’enfance d’Ivan, Stalker, Orchestre, Chœur et Ballet du Théâtre Mariinski, dir. Valery Gergiev
Nostalghia et Le Sacrifice. Mise en scène : Leonid Baratov
Samedi 12 juin à 15h
Chtchedrine : Le Vagabond enchanté
Orchestre, Chœur et Ballet du Théâtre Mariinski, dir. Valery Gergiev
Mise en scène : Mikhaïl Tatarnikov
Samedi 12 juin à 20h
Tchaïkovski : La Dame de pique
Orchestre, Chœur et Ballet du Théâtre Mariinski, dir. Valery Gergiev
Dimanche 13 juin à 15h
Informations : 01 40 20 55 55 Moussorgski : Boris Godounov
Réservations : 01 40 20 55 00 Orchestre, Chœur et Ballet du Théâtre Mariinski, dir. Valery Gergiev
Reprise de la production d’Andreï Tarkovski

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Conférence
Lundi 15 mars
Présentation de l’exposition,
par Jannic Durand, commissaire de l’exposition

Colloque
Vendredi 26 et samedi 27 mars
L’invention de la Sainte Russie
Идея Святой Руси
Quels furent les avatars de l’idée de Sainte Russie du Moyen Age
jusqu’à l’époque contemporaine? Quelles furent ses interprétations
successives et ses répercussions sur l’histoire culturelle russe ? Ce
colloque se propose d’ouvrir le sujet dans deux directions : d’une
part, les fondements historiques et les idées constitutives de la
notion de Sainte Russie, de l’autre les mythes liés à cette notion.

• Vendredi : Les origines de l’idée de la Sainte Russie


• Samedi : Le XIXe siècle : le national et le sacré
Bataille des Novgorodiens contre les Souzdaliens
dite aussi « Miracle de la Vierge du Signe »,
Novgorod, milieu ou deuxième moitié du XVe siècle. Entrée libre dans la limite des places disponibles
Peinture à la tempera sur bois de tilleul. Novgorod,
Musée d’État de Novgorod © Musée d’État de Comité d’organisation scientifique : Wladimir Berelowitch /
Novgorod, Novgorod / Photo Evgenii Gordiychenkov EHESS - CERCEC, François-René Martin / ENSBA, Olga
Medvedkova / CNRS - Centre André Chastel, Monica Preti-
Hamard / musée du Louvre

Journée débat « Musée-musées »


Mercredi 7 avril
Restaurer, reconstruire : les églises russes,
un patrimoine architectural en questions
C’est dans le cadre du millénaire du « Baptême de la Russie », au
milieu des années 1980, que l’Église orthodoxe russe a entrepris
de récupérer l’usufruit des édifices historiques désaffectés par le
régime soviétique, activant de nombreux chantiers de restauration.
Ce regain de considération patrimoniale, accentué depuis 1991,
bat aujourd’hui son plein. Des restaurations aux reconstructions à
l’identique, les initiatives foisonnent de manière dispersée, servant
un fort désir identitaire. À partir d’un examen de l’histoire récente,
le débat interroge les préoccupations diverses que soulève
aujourd’hui le patrimoine religieux en Russie.
Eglise de la Transfiguration (1781), Turchasovo,
région Arkhangel, Russie
Le patrimoine religieux entre l’Eglise et l’Etat, de
Richard Davies © 2008 l’époque impériale à la Russie contemporaine
Lieux saints et objets de culte : pratiques de conservation
et de restauration
Informations : 01 40 20 55 55
Réservations : 01 40 20 55 00 En collaboration avec le quotidien Le Monde

7
Année France-Russie 2010

Une année pour découvrir les multiples visages de la Russie


Organisée pour la première fois simultanément dans les deux pays, l’Année France-Russie permet, à travers plus de
350 événements, de faire découvrir toutes les facettes de la Russie en France et de la France en Russie.
Durant un an, la Russie est invitée à présenter, sur l'ensemble du territoire français, toute la diversité de sa culture, à
travers un ensemble de manifestations, entre patrimoine et création, mise en valeur d’un héritage historique et
dynamique de la culture contemporaine. Invitée à faire de même en Russie, la France s’attache à présenter sa culture
et sa réalité actuelle dans toutes les grandes villes de ce pays continent.
Préparée en étroite collaboration par les deux pays, cette Année a pour vocation d’élargir leur connaissance mutuelle,
en mobilisant à la fois les responsables officiels, les acteurs économiques, les professionnels de la culture, les artistes,
le public et les médias.
Grâce à la simultanéité des rendez-vous donnés en France et en Russie, l’Année France-Russie 2010 s’attache
particulièrement à explorer les liens historiques et vivants qui unissent les deux pays, à encourager des rencontres et
des coopérations inédites, et à susciter un vaste débat d'idées.

La programmation culturelle de l’Année France-Russie poursuit trois grands objectifs :


Inviter à découvrir ou à revisiter quelques pans essentiels du patrimoine artistique, historique et
intellectuel de la Russie. Fondé sur la conviction profonde qu’on ne peut être homme de progrès sans connaître et
comprendre l’œuvre des siècles passés, ce propos est au cœur de l’exposition « Sainte Russie » au musée du
Louvre, par exemple.
Mettre en lumière la création contemporaine russe. La programmation de l’Année France-Russie 2010
propose de découvrir tout un pan d’une création contemporaine qui a conquis de nouveaux lieux et une nouvelle
reconnaissance en Russie. Plasticiens, metteurs en scène, musiciens… présenteront leur travail aux quatre coins de
l’hexagone à l’instar du collectif Blue Noses au Musée des Beaux-arts de Nantes en novembre prochain, d’Irina
Korina et Alexeï Kallima invités par le Mac/Val à Ivry en juin ou encore de Vladimir Golubev avec son spectacle Non
Solo.
Favoriser les échanges et les projets conjoints entre artistes et institutions des deux pays. La
célébration des littératures russe et française au festival « Etonnants voyageurs » de Saint-Malo puis le long du
Transsibérien, de Moscou à Vladivostok, comme la création d’Angelin Preljocaj associant les danseurs de sa propre
compagnie et ceux du Bolchoï ou encore les trois coréalisations Franco-russes de Hip-Hop en tournée en France cet
été donnent une idée de l’ampleur et de la variété des perspectives ouvertes.

www.france-russie2010.fr
L’Année France-Russie 2010 est organisée
et mise en œuvre par :

L’Année France-Russie 2010 bénéficie du soutien d’un Pour la Fédération de Russie :


comité de mécènes : Le ministère des Affaires étrangères, le ministère de la Culture,
le ministère du Développement économique, le ministère de
l’Industrie, le ministère de l’Education et de la Science, l’Agence
fédérale Rossotroudnitchestvo et l’Ambassade de la Fédération
de Russie en France Président du Comité national
l’organisation : Sergueï Narychkine
Coprésident du Comité mixte d’organisation et coordonnateur :
Mikhaïl Chvydkoï

Pour la France :
Le ministère des Affaires étrangères et européennes, le
ministère de la Culture et de la Communication, le ministère de
l’Economie, de l’Industrie et de l’Emploi, le ministère de
l’Education nationale, le ministère de l’Enseignement supérieur
et de la Recherche, le ministère de la Santé et des Sports,
l’Ambassade de France en Russie et Culturesfrance
Président du Comité national d’organisation : Bernard Kouchner
Coprésident du Comité mixte d’organisation : Louis Schweitzer
Commissaire général : Nicolas Chibaeff
Contacts Presse
Euro RSCG: france-russie@eurorscg.fr
Tél : 01 58 47 86 79
Pierre Laporte Communication :
pierre@pierre-laporte.com
Tél: 01 45 23 14 14
8
Préface
par Monsieur Dmitri Medvedev
Président de la Fédération de Russie

Vous avez sous les yeux le catalogue de l’exposition « Sainte Russie. L’art russe des origines à Pierre le
Grand ». Cette exposition est l’un des événements centraux de l’Année de la Russie en France et se tient au
Louvre, célèbre dans le monde entier.

C’est une exposition d’une richesse exceptionnelle que vous êtes invités à découvrir, constituée de prêts venus
des plus grands musées russes. Ces chefs-d’œuvre forment le fonds le plus précieux de l’héritage historique de
notre pays. Vous y verrez des icônes très anciennes, qui sont l’une des formes les plus expressives et les plus
originales de la culture russe comme de la culture universelle, ainsi que des pièces uniques d’orfèvrerie et de
diverses techniques, des découvertes archéologiques exceptionnelles, témoignant du très haut niveau de
développement de la Rous’ ancienne. Ces objets sont le miroir des traditions spirituelles et culturelles du peuple
russe. Ils reflètent les très hautes valeurs humanistes qui rapprochent la Russie et la France.

Je suis sûr que l’exposition « Sainte Russie. L’art russe des origines à Pierre le Grand » suscitera un vif intérêt
auprès du public français. Elle favorisera le renforcement des liens qui unissent traditionnellement nos deux
États. Elle apportera un stimulus supplémentaire au développement du dialogue interculturel entre les
civilisations de l’Europe.

Dmitri Medvedev

9
Préface
par Monsieur Nicolas Sarkozy
Président de la République Française

En cette année 2010, la France est fêtée en Russie en même temps que la Russie en France.
À l’occasion de cette année croisée, nos deux nations célèbrent avec éclat leur amitié séculaire à travers
une noria de manifestations exceptionnelles.

Fidèle à sa vocation universelle, pensée par le siècle des Lumières, posée par la Révolution française, le
Louvre avait naturellement vocation à et a eu à cœur de s’impliquer pleinement dans cette saison, ce dont
je lui sais gré.

L’exposition Sainte Russie. L’art russe des origines à Pierre le Grand » est l’un des temps forts de cette
année croisée. Elle est le fruit d’une coopération exemplaire entre les institutions patrimoniales russes et
françaises.

Je suis particulièrement heureux que l’un des plus grands musées du monde, pour la première fois depuis
sa création, consacre une exposition à l’art russe ancien qui n’a jusque-là su trouver dans l’histoire des
collections publiques françaises la place qu’il méritait. Car si l’histoire et l’art russes depuis le règne de
Pierre le Grand sont familiers à beaucoup de Français, ceux des siècles passionnants et contrastés qui l’ont
précédé le sont moins.

Je forme le vœu que cette exposition puisse, à travers les chefs-d’œuvre rassemblés à Paris, faire découvrir
aux millions de visiteurs du Louvre, venus de France et du monde entier, les richesses de cette civilisation.

Et pour que cette ouverture vers l’Est et vers l’Orient demeure, j’apporte mon soutien au très beau projet
de création, au Louvre, d’un département consacré aux arts des chrétientés d’Orient, notamment les
empires byzantin et slave. Car c’est la mission d’un pays tel que la France, d’un musée tel que le Louvre
de s’ouvrir ainsi à toutes les cultures et de refléter de manière encyclopédique le génie des civilisations.

Nicolas Sarkozy

10
Préface
par Henri Loyrette,
président-directeur du musée du Louvre

Pour la première fois de son histoire, le musée du Louvre présente une exposition sur l’art russe depuis ses
origines chrétiennes jusqu’au règne de Pierre le Grand. Celle-ci marque pour le musée, dont la vocation est
universelle, une prise de conscience nouvelle de l’absence presque complète de l’art ancien de Russie dans ses
collections.

L’exposition présente un ensemble insigne d’œuvres qui n’ont encore jamais été réunies. Beaucoup ne sont
jamais sorties de Russie, et plusieurs, même, n’ont jamais été montrées au public. Elles proviennent de vingt-
quatre établissements patrimoniaux de la Fédération de Russie auxquels se sont joints quelques prêts
emblématiques des collections européennes.

C’est dire l’importance de l’événement pour le musée, mais aussi pour le public français. Il faut en remercier
toutes les institutions de Russie qui, dans le cadre des années croisées entre la France et la Russie, ont accueilli
ce projet avec le plus grand enthousiasme et, j’ajouterai, avec une générosité très exceptionnelle. À tous je veux
dire ici la très profonde gratitude du Louvre.

Il faut saluer la collaboration exemplaire, non seulement institutionnelle, mais surtout scientifique, dans
l’élaboration collective de ce projet, entre les différents établissements patrimoniaux russes et le musée du
Louvre. Elle seule a permis de mener à bien une entreprise aussi ambitieuse qu’exaltante.
Je souhaite que les visiteurs puissent partager mon émotion en découvrant les chefs-d’œuvre, aujourd’hui
rassemblés pour trois mois, qui ont fait la singularité et la grandeur de l’art russe ancien.

Chronique de Radziwiłł : le baptême du prince Vladimir (détail folio 62v), Russie, XVe siècle. Papier.
Saint-Pétersbourg, Bibliothèque de l’Académie des sciences de Russie © Bibliothèque de l’Académie des
sciences de Russie, Saint-Pétersbourg / Photo Alexeï M. Melentiev

11
 

La Fondation Total, partenaire de l’exposition « Sainte Russie » au musée du Louvre 

La  Fondation  Total  a  le  plaisir  d’être  partenaire  de  l’exposition  « Sainte  Russie.  L’art  russe,  des  origines  à 
Pierre  le  Grand »  et  ainsi  offrir  au  public  français  un  somptueux  voyage  dans  le  temps  et  dans  l’espace.  La 
stature  internationale  de  Total  donne  à  sa  fondation  d’entreprise  l’opportunité,  le  devoir  et  le  bonheur  de 
créer des ponts entre la France et ses pays partenaires en célébrant la diversité, la richesse et la permanence 
des liens entre les cultures.  

Total en Russie 

Total est présent en Russie depuis 1989. Il détient une participation de 25 %, aux cotés de Gazprom 51% et de 
Statoil 24%, dans la société en charge du développement et de la production de la phase 1 du champ gazier 
de Shtokman situé dans la mer de Barents. Total E&P Russie est l’opérateur, avec une participation de 40%, 
du  champ  pétrolier  de  Khariaga,  situé  dans  la  région  autonome  des  Nenets.  Enfin,  en  2009,  Total  s’associe 
avec  Novatek  pour  développer  le  champ  de  Termokarstovoye  dans  la  région  arctique  du  pays.  En  Russie, 
comme dans tous les pays où Total opère, le Groupe s’engage à promouvoir le développement local. Dans les 
différents projets auxquels Total participe, des emplois durables sont créés et des salariés formés à la gestion 
sûre et performante des activités. Total soutient aussi des programmes d’éducation, de santé et culturels. 

La Fondation Total  

Créée en 1992, la Fondation Total intervient depuis 2008 dans trois grands domaines d’action : la solidarité 
(santé et éducation), la culture (dialogue des cultures et patrimoine français) et l’environnement (biodiversité 
marine). En France, et hors de France, elle apporte sa contribution à des projets conçus avec ses partenaires 
(associations, institutions, ONG), et à des initiatives proposées par les collaborateurs de Total dans le domaine 
de la solidarité et de l’environnement. 

www.fondation.total.com 

12
GDF SUEZ est fier d’être mécène du Louvre aux côtés de notre partenaire russe Gazprom et de Total
pour l’exposition « Sainte Russie », organisée dans le cadre de l’année croisée France-Russie 2010.
Cette exposition en est un évènement majeur, et témoigne des liens particuliers qui unissent la
France et la Russie.

Cette exposition exceptionnelle présente pour la première fois en France un ensemble considérable
du patrimoine, de la culture russe. Elle guide le visiteur dans un voyage du IX° au XVII° siècle, pour
nous faire redécouvrir l’art ancien russe.
A travers son soutien à cette exposition, GDF SUEZ souhaite saluer la richesse historique, créatrice et
culturelle de la Russie, et contribuer à son rayonnement en France. Une meilleure connaissance des
racines culturelles et spirituelles de l’Europe, et la diffusion de la culture figurent parmi les enjeux
prioritaires de ce partenariat. GDF SUEZ est un acteur engagé de l’Année croisée France-Russie
2010 et un membre actif du Comité des Mécènes.

La Russie est un partenaire important du Groupe GDF SUEZ qui est présent en Russie depuis près de
35 ans. GDF SUEZ a en effet signé avec Gazprom dès 1975 des contrats à long terme
d’approvisionnement en gaz naturel, un partenariat basé sur une vision à long terme, une
coopération étroite, des échanges en matière de formation, de communication et de R&D. C’est dans
ce cadre que s’inscrit notre souhait de participer au projet de gazoduc Nordstream ou au
développement de la péninsule de Yamal. Le Groupe est également présent en Russie dans ses
activités de services à l’énergie et dans l’environnement.

Ce mécénat est aussi l’occasion de poursuivre un partenariat de près de 10 ans avec le Louvre qui se
traduit par le soutien régulier à des expositions : « Pharaons » en 2002 et « Jan Fabre au Louvre,
L’Ange de la Métamorphose » en 2008 ou la contribution à l’acquisition d’un Trésor National « La
fuite en Egypte », le tableau de Nicolas Poussin en 2007. Le Groupe a également permis grâce à sa
filiale INEO, l’illumination de la Pyramide du Louvre. Tout récemment, GDF SUEZ a soutenu la
création de l’œuvre en verre « Esprit d’escalier » de François Morellet.

GDF SUEZ, l’un des premiers énergéticiens au niveau mondial, est présent sur l’ensemble de la chaîne de
l’énergie, en électricité et en gaz naturel, de l’amont à l’aval.
En inscrivant la croissance responsable au cœur de ses métiers (énergie, services à l’énergie et
environnement), il se donne pour mission de relever les grands défis : répondre aux besoins en énergie,
assurer la sécurité d’approvisionnement, lutter contre les changements climatiques et optimiser l’utilisation des
ressources.
Acteur engagé et responsable, GDF SUEZ agit en entreprise citoyenne et prend notamment une part active au
développement des territoires où il est présent. Le Groupe compte 200 000 collaborateurs pour un chiffre
d’affaires en 2008 de 83,1 milliards d’euros.

Contacts :
Philippe Peyrat – Directeur du Mécénat et Sponsoring Catherine Guillon – Directeur Adjoint du
philippe.peyrat@gdfsuez.com Mécénat et Sponsoring
catherine.guillon@gdfsuez.com

13
ACTIVITÉ DE GAZPROM DANS LE DOMAINE DE LA CULTURE ET DU MÉCÉNAT

Gazprom soutient activement les manifestations dans le domaine du sport, de l’éducation


et de la culture.
Depuis plus de 5 ans, Gazprom est partenaire de la Galerie d’Etat Trétiakov. De
nombreuses manifestations marquantes et mémorables se sont tenues dans les murs de ce
musée. On peut noter, en particulier, un cycle de concerts de musique de chambre avec la
participation du Trio Rakhmaninov et des musiciens italiens et allemands, une exposition de la
porcelaine de Chine « L’Or blanc » qui a pour la première fois permis au public russe d’admirer
les œuvres de 43 artistes chinois et d’apprécier leur vision des changements qui se sont produits
en Chine.
Avec la Galerie Trétiakov, Gazprom a réalisé un projet d’envergure « Les chefs d’œuvre
de l’art russe. La carte d’or de la Russie ». Un album portant le même titre et reproduisant
environ 400 peintures a été édité à cette occasion. Des présentations de l’album se sont tenues
à Berlin, à Vienne, à Leipzig, à Londres, à Paris, à Prague, à Pékin. Ces présentations ont pour
une grande part contribué à promotion de l’art russe à l’étranger.
Gazprom participe activement au renforcement des liens culturels entre la Russie et la
France. En partenariat avec GDF SUEZ, Gazprom a participé à l’organisation de concerts de
musique classique russe et française, d’exposition d’œuvres d’art au Musée Historique d’Etat, à
l’Ermitage, au musée d’Orsay. Un nouveau pas dans ces échanges culturels russo-français sera
le soutien de l’exposition « La Sainte Russie » dont l’inauguration marquera l’ouverture de
l’année croisée France-Russie.
Dans sa politique sociale, Gazprom porte une attention particulière au soutien des enfants
et adolescents. Le programme national « Gazprom pour les enfants » est la clé de voûte de
cette campagne. Dans le cadre de ce programme qui embrasse 67 régions du pays, Gazprom
fait construire et rénover des complexes sportifs, recruter des entraîneurs et des professeurs,
acquérir des équipements pour des groupes sportifs et des cercles artistiques.
Encore un exemple de l’engagement social de la compagnie est l’organisation du festival
interne « Fakel ». Ce concours d’artistes amateurs venant de Gazprom et de ses filiales, vise
avant tout à la promotion de l’art folklorique.

La société par actions Gazprom est un des premiers énergéticiens mondiaux. Les axes
prioritaires de son activité sont : la prospection géologique, la production, le transport, le
stockage, le traitement et la commercialisation d’hydrocarbures, ainsi que la production et la
commercialisation d’électricité et de chaleur.

Gazprom possède les réserves les plus riches de gaz naturel : 17 % de réserves
mondiales et 70 % de réserves russes. Gazprom assure environ 17 % de la production mondiale
et plus de 80 % de la production domestique de gaz.

Gazprom, Information Directorate


Tel.: +7 (495) 719-10-77 Fax: +7 (495) 719-90-08 E-mail: pr@gazprom.ru

14
Introduction
par Jannic Durand et Tamara Igoumnova,
Commissaires généraux de l’exposition

À la fin du Xe siècle, le prince Vladimir de Kiev reçoit le baptême, et toute la Rous’ kiévienne se convertit au
christianisme venu de Byzance. Désormais, les immenses territoires qui s’étendent à l’est de l’Europe, entre la
mer Baltique, la mer Noire et la mer Caspienne, deviennent une aire d’expansion nouvelle et privilégiée de la
civilisation et de l’art byzantins. C’est ainsi que commence l’histoire millénaire de la Russie chrétienne.
Cette histoire se divise en deux parties : il existe une Russie d’avant Pierre le Grand et une Russie d’après
Pierre le Grand (1682-1725). Cette dernière est marquée par l’ouverture définitive sur l’Europe, la
modernisation forcée de l’État et des institutions, la fondation de Saint-Pétersbourg et l’appropriation de l’art
occidental. La Russie entre alors dans l’ère moderne. Cette nouvelle Russie, celle du siècle des Lumières, celle
des grands écrivains et compositeurs russes des XIXe et XXe siècles, est aussi beaucoup plus proche et mieux
connue du grand public. La Russie d’avant Pierre le Grand, en revanche, est l’héritière de Byzance, celle des
icônes et d’André Roublev, où se sont imposés comme des emblèmes le martyre des saints Boris et Gleb et le
destin héroïque d’Alexandre Nevski, tout autant que le règne dramatique d’Ivan le Terrible et la tragédie de
Boris Godounov. Cette vision n’est pas fausse, mais elle est évidemment réductrice, et l’art russe ancien,
jusqu’au règne de Pierre le Grand, n’est pas seulement une prolongation séculaire plus ou moins heureuse de la
tradition byzantine.
En effet, bien avant la conversion, les plaines de Russie, traversées du nord au sud par d’immenses fleuves,
sont sillonnées par la célèbre route dite « des Varègues aux Grecs », qui relie les pays scandinaves à l’espace
méditerranéen et à Constantinople. Le développement parallèle, le long de cet axe, de Kiev, sur le Dniepr, et de
Novgorod, la grande cité du Nord, illustre dès le IXe siècle cette double orientation. La Rous’ de Kiev, aux
portes de l’Empire byzantin, n’en est donc pas moins ouverte vers l’Occident, en direction des pays
scandinaves et, plus loin, du Saint Empire romain germanique, qui s’étend jusqu’aux confins de la Pologne
actuelle. Ce fait explique la singularité de la Rous’ kiévienne une fois convertie : l’Église est grecque par ses
usages, sa liturgie, les structures ecclésiastiques, les premières formes du monachisme. Toutefois, si les princes
ont les yeux tournés vers Byzance et Constantinople, ils dirigent aussi parfois leur regard vers l’Occident latin.
Iaroslav le Sage, fils de Vladimir, épouse une princesse de Norvège, et noue des alliances matrimoniales avec
la Hongrie, la Pologne, la Saxe et même la France, lorsque sa fille Anne est unie au roi Henri Ier en 1051.
Certes, la prépondérance des modèles byzantins est manifeste au XIe siècle et se maintient durant des siècles.
Elle se constate partout, dans le plan et l’élévation des églises à coupoles et leurs décors, dans l’usage du
marbre de Proconèse à Kiev et celui de la mosaïque. Les fresques des escaliers de Sainte-Sophie offrent même,
au milieu du XIe siècle, la plus extraordinaire image de l’hippodrome de Constantinople et de ses jeux, haut lieu
du pouvoir des empereurs byzantins. Les premières icônes de la Rous’, et bientôt les plus célèbres, telle
l’insigne Vierge de Vladimir, sont byzantines. Elles servent à l’élaboration progressive de l’icône russe, à
l’école de peintres venus de Byzance. Les évangélistes sont aussi byzantins dans l’Évangéliaire d’Ostromir,
vers 1056-1057, tout comme sa facture qui imite l’éclat des émaux cloisonnés grecs. Il semble ainsi que les
premiers chefs-d’œuvre de l’art de la Rous’ donnent une nouvelle province à l’art byzantin. Toutefois,
l’Occident n’est pas totalement ignoré. Le célèbre Psautier d’Egbert ou Psautier de Trèves est enrichi de
nouvelles images vers 1080, à Kiev, dans un style qui n’est déjà plus celui de Byzance, montrant les signes
d’une relative autonomie. Des monnaies de l’Europe du Nord des environs de l’an mil ont été trouvées à
Novgorod, parmi lesquelles un denier frappé à Strasbourg. Des cloches de bronze germaniques côtoient
rapidement le simandre en bois grec dans les monastères.

Ce texte est extrait du catalogue “Sainte Russie. L’art russe des origines à Pierre le Grand”, sous la direction de Jannic
Durand, Dorota Giovannoni et Ioanna Rapti, assistés de Renata Clavien, coédition musée du Louvre Editions / Somogy

15
La complémentarité des traditions grecque et occidentale dans la genèse de l’art russe devient plus sensible
encore au XIIe siècle, lorsque la Rous’ kiévienne se fragmente en principautés rivales. La première est toujours
dominante et s’exprime avec intensité dans les techniques où Byzance a excellé, en particulier celle de l’émail
cloisonné sur or, comme le montre le diadème de Kiev avec la Déisis du Musée Russe de Saint-Pétersbourg.
De son côté, le grand calice d’argent doré de Novgorod, avec ses deux anses détachées en volutes, porte au
sublime les leçons de l’art byzantin. La tradition grecque est inhérente à l’art de l’icône, pour des raisons
religieuses, avec un respect scrupuleux des canons orthodoxes. À l’aube du XIIIe siècle, elle s’épanouit toujours
dans la peinture des manuscrits avec le Missel de Barlaam de Khoutyn. Enfin, les églises obéissent aux normes
issues des modèles byzantins. Elles s’en affranchissent cependant par leurs grandes dimensions et un élan en
hauteur proprement russes, ainsi que, souvent, par un décor extérieur de lésènes et festons probablement
emprunté à l’art roman. Des bronzes germaniques et des émaux de Limoges arrivent jusqu’au cœur de la Rous’.
Novgorod, plus proche de la Baltique et du Saint Empire, est plus perméable aux apports occidentaux. Sainte-
Sophie possède toujours des portes de bronze monumentales originaires de Magdebourg. Toutefois, l’empreinte
de l’art roman n’est nulle part aussi perceptible que dans la principauté de Vladimir-Souzdal à la fin du XIIe
siècle, en particulier dans le décor architectural et l’essor d’une sculpture monumentale jusque-là inédite,
laquelle suppose l’intervention de sculpteurs formés à l’école romane. Elle est sans doute le signe d’échanges
nouveaux avec le Saint Empire de Frédéric Barberousse, qui semblent s’incarner dans l’armilla du Louvre,
provenant de la cathédrale de Vladimir.
Cependant, l’art russe du XIIe siècle n’est jamais totalement byzantin et encore moins roman. Il possède
l’étonnante faculté d’infléchir la rigueur du premier à l’aide de quelques éléments empruntés au second, en
particulier sa capacité d’interpréter avec une certaine liberté les modèles et, plus encore, de se pourvoir d’un
langage expressif autonome. À cet égard, les Portes d’or de la cathédrale de Souzdal, au début du XIIIe siècle,
sont exemplaires. Elles montrent comment la synthèse d’une technique romane par excellence, celle du vernis
brun sur cuivre doré, et d’une iconographie byzantine peut fondre et métamorphoser les éléments qu’elle
rapproche pour créer une œuvre exceptionnelle, entièrement novatrice, jusque dans le détail de la plus ancienne
apparition d’un thème iconographique nouveau, étranger à Byzance et créé à Vladimir, celui de la protection du
voile de la Vierge ou Pokrov.

« Portes d’or » de
la cathédrale la
Nativité de la
Vierge à Souzdal,
Premier tiers du
XIIIe siècle. Cuivre
doré et dorure à
chaud, sur armature
de fer. Souzdal,
Musées d’État de
« Missel » (Sloujebnik) de Barlaam de Khoutyn, Rous’ Vladimir-Souzdal ©
kiévienne (Galicie-Volhynie ?), fin du XIIe-XIIIe siècle, Musées d’État de
parchemin, folio 10v, Moscou, Musée historique d’État (GIM) Vladimir-Souzdal,
© Musée historique d’État (GIM), Moscou Souzdal

16
L’invasion mongole des années 1237-1240 marque un brusque temps d’arrêt, tandis qu’Alexandre Nevski et la
célèbre victoire sur les glaces du lac Peïpous en 1242 parviennent à sauver le Nord de l’invasion des chevaliers
Teutoniques. Le déclin de Kiev est alors consommé et entraîne le déplacement progressif du pouvoir temporel
et spirituel vers le nord-est et vers le nord, avec le développement de plusieurs principautés et centres
artistiques autonomes. La « république » de Novgorod est liée au commerce hanséatique qui fait sa fortune aux
XIVe et XVe siècles. Les formes de l’art gothique germanique, mêlées de réminiscences romanes, y pénètrent
parfois de manière surprenante, comme l’attestent le grand panaghiarion d’argent doré de la cathédrale Sainte-
Sophie et les voûtes nervurées du palais épiscopal. Néanmoins, le poids de la tradition grecque demeure
fondamental et s’observe dans la peinture des icônes, interprétée avec une saveur locale qui tient aux
compositions limpides, à la ligne simplificatrice, à l’opposition du rouge et du blanc.
En même temps, l’art byzantin élégant des Paléologues teinte plus ou moins fortement de sa grâce l’art de
Novgorod aux XIVe et XVe siècles, et s’exprime avec une puissance visionnaire inaccoutumée sur les fresques
de Théophane le Grec dans l’église de la Transfiguration de la rue Saint-Élie. Il colore également l’art de
Pskov, de Tver et des autres grands centres de la Russie médiévale. Enfin, à Moscou, André Roublev autour de
1400 et Dionisi à la fin du siècle réinterprètent et magnifient à leur tour l’héritage byzantin.
L’art de Roublev et de Dionisi semble alors se confondre avec
l’identité de la Russie médiévale. Cependant, il est aussi
intimement lié à l’essor politique de Moscou qui s’accélère après
la victoire de Dimitri Donskoï sur les armées tatares à Koulikovo
en 1380. Le « rassemblement des terres russes » par les grands-
princes de Moscou avec l’appui des métropolites et celui des plus
grandes figures du monachisme russe, tels saint Serge de
Radonège et Cyrille de Beloozero, fait bientôt de Moscou le centre
d’une nouvelle Russie. La soumission de Novgorod, en 1478, par
Ivan III, puis de Tver, en 1485, achève de faire de la Moscovie
une puissance politique dont les ambitions ne cessent de croître.
Ces dernières trouvent leur aboutissement sous Ivan IV le Terrible
(1530-1584), avec la conquête de Kazan et les débuts de
l’expansion russe en Sibérie, tandis que le siège des métropolites
de Moscou est érigé en patriarcat en 1589. Plus encore, les grands-
princes de Moscou reprennent à leur compte l’idée que Moscou,
depuis la chute de Constantinople aux mains des Turcs et la
disparition de l’Empire byzantin, est la « troisième Rome » : en
1547, Ivan IV le Terrible est le premier souverain russe à se faire
couronner tsar, désormais devenu le successeur légitime des
empereurs de Constantinople. Le poids du modèle byzantin sur
Moscou s’est ainsi renforcé dès le milieu du XVe siècle.
Pourtant, dès cette date, Moscou regarde aussi vers l’Occident.
Zoé-Sophie, qui épouse Ivan III en 1472, est la nièce du dernier
empereur byzantin, mais elle est en réalité surtout une princesse de
culture italienne. Des architectes italiens sont alors appelés à
Moscou et des artistes étrangers travaillent au Kremlin. Ils
contribuent à l’essor de nouvelles techniques dans l’art de
construire, mais aussi à celui d’un nouveau répertoire décoratif
d’esprit Renaissance à la cour et dans les ateliers du Kremlin.
L’imprimerie ose même une timide apparition, vers 1550, bientôt
dispersée cependant sous prétexte d’hérésie.

Iconostase de la Dormition du monastère Saint-Cyrille du lac Blanc : icône du registre de la Déisis. L’Archange Michel, Moscou, 1497. Peinture à
la tempera sur bois de tilleul. Kirillov, Musée national d’art et d’architecture de Saint Cyrille de Beloozero © Musée national d’art et d’architecture de
Saint Cyrille de Beloozero, Kirillov / Photo A. V. Nitetski

17
La fin du XVIe siècle s’achève dans le désarroi après la mort sans héritier du dernier Riourikide, Feodor Ier, en
1598. Le Temps des troubles est celui du règne contesté de Boris Godounov, de l’apparition des faux Dimitri,
de l’invasion étrangère, de la famine et des révoltes paysannes. Pourtant, ce moment critique est aussi celui du
mécénat éclatant des Godounov, dont le grand oklad d’or de la Trinité, aujourd’hui au musée de Serguiev-
Possad est sans doute le plus emblématique chef-d’œuvre. Le Temps des troubles s’achève en 1613 avec
l’élection au trône du jeune Michel Ier Romanov et la restauration de l’État. Quant au XVIIe siècle, il est tout
entier rempli de contradictions. Celles-ci en font une période aussi complexe qu’attachante, quoique placée
entre deux siècles trop considérables, celui d’Ivan le Terrible et celui des promesses du règne de Pierre le
Grand. De surcroît, le retour délibéré aux traditions du XVIe siècle qui s’observe dans tous les domaines cache
des innovations importantes, heureuses ou malheureuses. Les réformes de l’Église entreprises par le patriarche
Nikon dès 1652, désireux de renouer avec les usages byzantins les plus authentiques, conduisent au schisme
des vieux-croyants. Dans le même temps, les tsars ne peuvent – ni ne veulent – se priver d’un regard sur
l’Occident. Le portrait, genre longtemps négligé, s’introduit progressivement à la cour. La peinture occidentale
ne laisse pas insensibles les peintres d’icônes. Simon Ouchakov et les peintres des ateliers du tsar tentent de
concilier les exigences de l’icône avec le naturalisme de la peinture occidentale. En réalité, une lente
occidentalisation se fait jour. Elle ne touche guère encore que les élites, mais elle s’intéresse presque à tous les
domaines de l’État. Elle annonce la révolution politique et artistique imposée par Pierre le Grand qui en
balaiera jusqu’au reflet.
L’art russe des origines à Pierre le Grand, au gré de l’histoire, est donc loin d’être monolithique et sa
géographie, de surcroît, est immense et complexe. Tenter d’en rendre compte relève de la gageure et exigeait
des choix. Ceux qui ont été faits, avec le concours de vingt-quatre institutions patrimoniales russes, auxquelles
se sont joints quelques prêts tout aussi exceptionnels en Allemagne, au Danemark, en Grande-Bretagne, en
Italie, en Suède et en France, invitent à s’interroger à nouveau sur la nature profonde de l’art sacré russe des
siècles qui ont précédé les bouleversements du règne de Pierre le Grand. Les œuvres aujourd’hui réunies pour
la première fois illustrent une diversité qui fut, en réalité, prodigieuse.
On s’étonnera peut-être de la présence à leur côté de quelques œuvres byzantines et occidentales. C’est que ces
dernières ont été conservées depuis des siècles en Russie et font partie de celles qui, régulièrement, sont venues
infléchir, en même temps que les hommes, le cours de la tradition byzantine. Ainsi, au-delà d’une capacité
singulière à préserver l’héritage de Byzance jusqu’au seuil du XVIIIe siècle, l’art ancien russe a sans cesse
réussi à le renouveler et à se forger dès l’origine une véritable identité, immédiate et forte, où s’est déployé son
génie.

Simon Ouchakov, La Sainte Face, Moscou,


1678. Peinture à la tempera sur bois de tilleul,
Moscou, Galerie Tretiakov © Galerie
Tretiakov, Moscou

18
Plan de l’exposition

VII
VI

VIII

I V
II

III IV

I/ LA CONVERSION

II/ LE PREMIER ÂGE D’OR

III/ LE TEMPS DES MONGOLS

IV/ LES GRANDS CENTRES : NOVGOROD, PSKOV, TVER…

V/ L’ÉMERGENCE DE MOSCOU

VI/ LE « SIÈCLE D’IVAN LE TERRIBLE » (1505-1598) : MOSCOU « TROISIÈME ROME »

VII/ LE « TEMPS DES TROUBLES » : 1598-1613

VIII/ DE MICHEL IER À PIERRE LE GRAND

19
Parcours de l’exposition
Textes des panneaux didactiques de l’exposition

Il existe une Russie d’avant Pierre le Grand et une Russie d’après Pierre le Grand (1682-1725). Cette dernière
est marquée par l’ouverture sur l’Europe, la modernisation de l’Etat, la fondation de Saint-Pétersbourg et
l’appropriation de l’art occidental. La Russie d’avant Pierre le Grand, en revanche, née avec le baptême du
prince Vladimir en 988, est l’héritière privilégiée de Byzance dont elle s’attache à porter les traditions
séculaires jusqu’au seuil du XVIIIe siècle. Toutefois, l’art ancien russe est infiniment plus contrasté et ne se
résume pas à cette seule filiation. Il a su puiser dès l’origine dans d’autres traditions et se tourner aussi vers
l’Occident pour renouveler sans cesse les sources de son inspiration et se forger une véritable et forte identité.

AVANT LA CONVERSION
Les Rous entrent dans l’Histoire au IXe siècle. Les premières mentions désignent un peuple païen de marchands
et de guerriers, sujets d’un khagan, probablement d’origine scandinave. Ils partagent avec les Slaves de vastes
territoires situés à l’est de l’Europe, entre mer Baltique, mer Noire et mer Caspienne, sillonnés du nord au sud
par la route « des Varègues aux Grecs ». En 839, les Annales de Saint-Bertin signalent des Rhôs qui
accompagnent une ambassade de Byzance auprès de l’empereur Louis le Pieux à Ingelheim, près de Mayence.
Vers 860, le patriarche Photios, à Constantinople, rend compte de leurs récentes incursions sur la capitale
byzantine et évoque l’espoir de leur conversion. Au début du Xe siècle, le voyageur arabe Ibn Fadlān, venu de
Bagdad, décrit les mœurs de ceux qui habitent le sud du bassin de la Volga. Les fouilles témoignent de
l’existence de structures urbaines embryonnaires, dès le VIIIe siècle, sur la Volga, le long du Dniepr et autour du
lac Ladoga. Monnaies et objets révèlent l’envergure des échanges commerciaux sur ces grands axes.

I/ LA CONVERSION
Les liens que la Rous’ a tissés avec le monde méditerranéen ont ouvert la voie à la conversion. Le Récit des
temps passés, la plus ancienne chronique russe conservée, mentionne dès 944 la présence de chrétiens à Kiev.
Peu après, en 946 ou en 957, la princesse Olga de Kiev se rend à Constantinople où elle reçoit le baptême et fait
don d’une patène à l’église Sainte-Sophie. Toutefois, la conversion d’Olga est encore une initiative personnelle
et la Rous’ demeure largement païenne. Le christianisme s’y introduit définitivement en 988, lorsque le prince
Vladimir se convertit et s’allie à la famille impériale de Constantinople. Le baptême de Vladimir, à Cherson en
Crimée, est suivi de la conversion de tout le peuple, baptisé dans le Dniepr. La Rous’ a choisi le modèle
religieux et politique de l’Empire byzantin. Aussitôt, Vladimir entreprend à Kiev la construction du premier
édifice chrétien : l’église de la Dîme (Desiatinnaïa) à laquelle il accorde le dixième de ses revenus.

Boris et Gleb les premiers saints martyrs


Olga et Vladimir seront plus tard célébrés comme les nouveaux Constantin et Hélène, mais les deux premiers
saints de la nouvelle Église sont Boris et Gleb, les deux fils cadets de Vladimir. Baptisés sous les noms de
Romain et David, ils sont assassinés par leur frère Sviatopolk le Maudit en 1015 au cours des luttes de
succession pour le trône de Kiev après la mort de leur père. Un sanctuaire leur est rapidement dédié à
Vychgorod, près de Kiev, et leur culte rayonne sur toute la Rous’, et bientôt jusqu’à Constantinople. Leurs
noms dynastiques slaves supplantent rapidement leurs noms de baptême. Princes, guerriers et martyrs, ils
deviennent des figures emblématiques du christianisme russe.

20
II/ LE PREMIER ÂGE D’OR

La Rous’ de Kiev : l’héritage grec

Le règne de Iaroslav le Sage (1019-1054), fils de Vladimir, inaugure l’âge d’or de la Rous’ kiévienne.
La Rous’ a reçu le baptême de Byzance et devient aux XIe et XIIe siècles une aire d’expansion de la civilisation
byzantine. L’Église est grecque par ses usages, sa liturgie, ses structures, et par les modèles du monachisme
initié dès 1051, au monastère des Grottes, près de Kiev. Les premières églises à coupoles sont d’origine
byzantine : ainsi Sainte-Sophie de Kiev, vers 1040, ou Sainte-Sophie de Novgorod, à partir de 1045. Marbres
de Proconèse et décors de mosaïques enrichissent Sainte-Sophie de Kiev. Les premières icônes, telle l’insigne
Vierge de Vladimir, sont byzantines et préludent à l’élaboration progressive de l’icône russe, à l’école de
peintres venus de Byzance. L’Évangéliaire d’Ostromir, vers 1056-1057, premier manuscrit daté de la Rous’,
transpose l’éclat des émaux cloisonnés sur or grecs dont la technique s’épanouit dès la fin du XIe siècle à Kiev
et dans la Rous’. Le luxueux calice à deux anses de Novgorod est l’un des plus éloquents témoins du
rayonnement séculaire de l’art byzantin dans toute la Rous’.

La Vierge de Vladimir
La « Vierge de Vladimir », palladium de la Russie, est une icône byzantine de la Vierge de tendresse (Eléoussa)
du début du XIIe siècle, apportée de Constantinople à Kiev vers 1130. En 1155, elle est transférée à Vladimir et
déposée dans la cathédrale de la Dormition. La réplique, exécutée à l’échelle, fut peinte à l’occasion du transfert
provisoire de l’icône à Moscou en 1395, ou peut-être à Vladimir même par André Roublev, en 1408, venu
travailler avec Daniel aux fresques de la cathédrale. La copie offre peut-être une des images les plus fidèles de
l’original avant sa restauration au XVe siècle.

La Rous’ de Kiev et l’Occident


Dès le temps de la conversion, la Rous’ est aussi ouverte sur l’Occident. Iaroslav le Sage épouse la fille du roi
de Suède et noue des alliances matrimoniales avec la Hongrie, la Pologne, la Saxe et même la France, lorsque
sa fille Anne est unie au roi Henri Ier en 1051. Le Psautier d’Egbert de Trèves est enrichi de nouvelles images
vers 1080 à Kiev dans un style qui n’est pas celui de Constantinople et montre les signes d’une véritable
autonomie. Des monnaies de l’Europe du nord des environs de l’an mil ont été trouvées à Novgorod. Des objets
précieux venus du monde latin circulent dans toute la Rous’. Mieux même, lorsque la Rous’ kiévienne se
fractionne en principautés rivales, celle de Vladimir-Souzdal, à la fin du XIIe siècle, semble trouver dans l’art
roman de nouvelles sources d’inspiration, en particulier dans le décor architectural avec l’essor d’une sculpture
monumentale jusque-là inédite. Quant aux « Portes d’or » de Souzdal, au début du XIIIe siècle, elles montrent
comment la synthèse d’une technique romane et d’une iconographie byzantine peuvent se fondre pour créer une
œuvre exceptionnelle et novatrice.

III/ LE TEMPS DES MONGOLS


En 1223, les armées de Gengis Khan déferlent sur la Rous’. Les princes russes sont défaits à la bataille de la
Kalka, le 31 mai 1223. Les Mongols reviennent à nouveau en 1237. Les capitales de la Rous’ tombent les unes
après les autres et deviennent vassales des Mongols qui s’installent sur les bords de la Volga où ils fondent leur
point de ralliement : la Horde d’Or. Seul le nord, avec Novgorod, leur échappe, mais est menacé par les
Suédois et les ordres militaires allemands. Alexandre Nevski, prince de Novgorod, consolide son pouvoir en
s’alliant aux Mongols de la Horde d’Or et parvient à vaincre les Suédois à la bataille sur la Néva en 1240 puis,
en 1242, les chevaliers Teutoniques sur les glaces du lac Peïpous. La conquête mongole marque une véritable
rupture dans les traditions artistiques de la Rous’ kiévienne qui s’inscrit cependant dans le vaste espace
d’échanges de l’Empire mongol. Elles survivent toutefois et se transforment dans les régions septentrionales et
centrales. Kiev, en revanche, dévastée, tombe en déclin. Le métropolite Maxime abandonne la ville et se
réfugie à Vladimir en 1299.

21
IV/ LA « RÉPUBLIQUE » DE NOVGOROD AUX XIVE ET XVE SIÈCLES
Au début du XIVe siècle, la carte des pays russes se présente comme une mosaïque de principautés de tailles très
inégales. L’une des plus puissantes est Novgorod, au nord-ouest de l’ancienne Rous’, dont le pouvoir s’étend
jusqu’à la mer Blanche et en direction de l’Oural. La ville, jusqu’à sa chute aux mains de Moscou en 1478, est
administrée par un véritable échevinage où chaque quartier est représenté dans le gouvernement de la cité, aux
mains d’une oligarchie marchande et de propriétaires fonciers. Novgorod, en effet, appartient au réseau du
commerce hanséatique tout autour de la Baltique, drainant fourrures, cire et matières premières de l’arrière-
pays. Des comptoirs de marchands allemands sont installés dans la ville, largement ouverte sur l’Occident.
Comme dans la plupart des autres grands centres de la Russie médiévale, une école architecturale et artistique
locale s’épanouit à Novgorod, stimulée par les largesses des élites et la puissance des archevêques.
En 1413, Gilbert de Lannoy, conseiller du duc de Bourgogne, se rend à Novgorod. La cité, écrit-il, est
« merveilleusement grand ville, située en une belle plaine, avironnée de grands forests […] et de places
maresqueuses […], fermée de meschans murs, fais de cloyes et de terre, combien que les tours sont de pierre.
Et est une ville franche et seignourie de commune ; sy ont un évesque, qui est comme leur souverain […]. Et y
a dedans laditte ville trois cens et cincquante esglises. Et ont ung chastel assis sur laditte rivière où est la
maistre esglise de Sainte-Sophie […]. Sy ont en leur ville ung marchié […] ».

V/ LES GRANDS CENTRES DE LA RUSSIE MÉDIÉVALE


La plupart des grands centres de la Russie médiévale développent eux aussi leurs propres écoles artistiques.
C’est le cas à Pskov, cité elle aussi liée au commerce hanséatique, qui s’émancipe de la tutelle de Novgorod dès
1348. D’abord proche de Novgorod, une école de peinture revisite à son tour l’héritage byzantin de l’époque
paléologue, en y puisant une grande élégance et une sensibilité particulière aux effets de couleurs franches. Tver,
de son côté, située au nord-ouest de Moscou sur la route de Novgorod, devient une principauté dès le milieu du
e
XIII siècle et siège d’un évêché vers 1271. Elle rivalise sur le plan politique avec Moscou qui finit par l’absorber
en 1485. Sa peinture renouvelle à son tour la tradition au XVe siècle avec une grande fidélité aux canons de l’art
byzantin dans une interprétation volontiers narrative, avec une palette harmonieuse où se déclinent plusieurs tons
au sein d’une même couleur privilégiée.

VI/ L’ÉMERGENCE DE MOSCOU


Moscou, mentionnée presque incidemment pour la première fois dans les chroniques en 1147, devient à la fin du
e
XIII siècle la capitale d’une petite principauté aux mains de Daniel, fils cadet d’Alexandre Nevski. Entre 1304 et
1505, ses descendants parviennent à soumettre peu à peu tous les autres centres pour former la Moscovie, qui
s’émancipe progressivement du joug tatar : en 1380, la victoire du grand-prince Dimitri Donskoï contre les
Tatars à Koulikovo en est le premier symbole ; la domination prenant effectivement fin un siècle plus tard. Le
« rassemblement des terres russes » s’accompagne du transfert décisif, en 1328, du siège des métropolites de
Vladimir à Moscou, tandis que l’Église russe devient autocéphale en 1448. Enfin, engagé par saint Serge de
Radonège au milieu du XIVe siècle, le renouveau du monachisme, soutenu par les grands-princes de Moscou,
atteint désormais les campagnes et s’étend bientôt jusqu’à la mer Blanche.
L’essor de Moscou se confond aussi dès la fin du XIVe siècle et autour de 1400 avec l’art d’André Roublev et le
rayonnement des ateliers d’orfèvres du métropolite Photios (1408-1431). Les liens de Moscou avec Byzance se
resserrent et colorent les premières œuvres moscovites.

22
André Roublev : les dimensions d’un mythe
Roublev, né vers 1360, est cité pour la première fois en 1405 dans la Chronique de la Trinité-Saint-Serge. Il
travaille alors aux fresques de l’église de l’Annonciation du Kremlin de Moscou. En 1408, la même chronique
le signale, aux côtés du peintre Daniel, sur le chantier des fresques de la cathédrale de Vladimir. Tous deux sont
moines au monastère Saint-Andronic de Moscou où leurs tombes étaient encore visibles à la fin du XVIIIe siècle.
Les sources permettent seulement de lui reconnaître, en 1408, une partie des fresques de la cathédrale de la
Dormition à Vladimir, malheureusement très restaurées, deux fragments de fresque à décor ornemental du
monastère Saint-Andronic, vers 1420, et l’insigne icône de la Trinité, peinte pour la Trinité-Saint-Serge.
L’icône est mentionnée pour la première fois en 1551 dans un décret du concile dit des Cent Chapitres qui
stipule que les images de la Trinité devront, désormais, être peintes selon « les modèles anciens, ceux des
iconographes grecs, d’André Roublev et des autres peintres renommés ». Le décret témoigne de l’aura de
l’œuvre de Roublev qui correspond à un véritable tournant esthétique et spirituel dans la peinture russe.

Saint Serge de Radonège et le renouveau monastique


Saint Serge de Radonège (1322-1392), à peine âgé de vingt ans, fonde le monastère de la Trinité. Rompant
avec la tradition des monastères urbains ou proches des villes, il établit son abbaye au milieu des forêts,
inaugurant un vaste mouvement de colonisation monastique. Les nouvelles communautés, où règne une
discipline beaucoup plus stricte, deviennent rapidement des propriétaires fonciers, s’élevant parfois au rang
d’acteurs majeurs de la vie économique du pays. Certaines atteignent avec le temps la taille de véritables cités
monastiques, ceintes de remparts, et jouent rapidement un rôle artistique majeur. Le mouvement atteint bientôt
des régions beaucoup plus lointaines. Saint Cyrille de Beloozero († 1427), un des frères du monastère
moscovite de Simonovo, monte au nord avec son compagnon, saint Théraponte († 1426). Tous deux sont à
l’origine de la famille des monastères du lac Blanc (Beloe ozero) dont les deux principaux portent leur nom.
Suivant les cours d’eau, des ermitages et des hameaux apparaissent toujours plus au nord. L’abbaye de Solovki,
sur une île de la mer Blanche, est fondée en deux temps. Une première fois Germain et Sabbatios († v. 1435)
débarquent sur l’îlot et y vivent quelque temps en solitaires. Quelques décennies plus tard, Germain conduit
Zosime († 1478) à cet endroit. Zosime est le véritable fondateur de la communauté et obtient de Novgorod la
cession de l’île et de ses droits de pêche. En tout, environ 150 fondations nouvelles apparaissent entre les
années 1360 et le début du XVIe siècle. L’enracinement du monachisme dans les campagnes de la Russie
proprement dite date de cette époque.

L’essor de la Moscovie sous Ivan III le Grand


Sous le règne de Basile II (1425-1462), la transmission du pouvoir grand-princier du père au fils aîné s’impose.
Ivan III (1462-1505) poursuit le « rassemblement des terres russes », annexant les principautés de Rostov
(1474), Novgorod (1478) et Tver (1485). En 1480, il tient tête à la puissante armée du khan Ahmed, descendant
de Gengis Khan, sur la rivière Ougra, abolissant de fait la subordination de Moscou à la Horde.
Dès 1485, Ivan III se proclame « souverain de toute la Rous’ » et le terme « autocrate » commence à être
utilisé. En 1498, il organise le premier couronnement russe au bénéfice de son petit-fils Dimitri, reproduisant
l’investiture d’un héritier du trône byzantin. La Moscovie s’ouvre aussi sur l’Occident. En 1472, Ivan III
épouse la nièce du dernier empereur byzantin, Zoé-Sophie Paléologue, une princesse grecque d’éducation
italienne. Les Italiens Aristote Fioravanti, Alvise le Jeune, Marco et Piero Antonio Solari participent à la
reconstruction du Kremlin. Ivan III contracte des alliances avec la Moldavie et se rapproche des Habsbourg.
C’est d’ailleurs d’Autriche que vient l’emprunt de l’aigle bicéphale, représenté pour la première fois sur un
sceau russe en 1497. Cependant, ces ouvertures ne diluent pas, bien au contraire, l’identité orthodoxe de la
Russie.

23
VII/ LE « SIÈCLE D’IVAN LE TERRIBLE » (1505-1598) : MOSCOU « TROISIÈME ROME »
Le rassemblement des terres russes s’achève sous Basile III (1505-1533) par la prise de Smolensk et l’annexion
de la principauté de Riazan. Les conditions sont alors réunies pour que la Russie unifiée, seul État orthodoxe
subsistant depuis la disparition de l’Empire byzantin en 1453, puisse reprendre à son compte la conception
théocratique byzantine selon laquelle il ne pouvait exister d’Église sans empire. Elles conduisent au
couronnement d’Ivan IV (1533-1584) comme tsar, le 16 janvier 1547. Le tsar-autocrate devient la source
unique du pouvoir, de la loi et de la justice en Russie. Il assume pleinement la succession de l’empereur
byzantin en tant qu’unique souverain chrétien. Pour le moine Philothée de Pskov, Moscou est « la Troisième
Rome ». Comme autrefois les empereurs byzantins, les souverains rassemblent symboliquement dans les
églises du Kremlin les reliques les plus insignes, tandis que le métropolite Macaire officialise en 1547 la
vénération de nouveaux saints nationaux.
La prise de Kazan, en 1552, suivie de celle du khanat d’Astrakhan, ouvre un accès direct à la mer Caspienne et
au Caucase, et l’orthodoxie s’implante sur une terre qui n’était pas sienne avec la fondation de l’archevêché de
Kazan. Enfin, le prestige du couronnement impérial permet à l’Église russe d’accéder au rang patriarcal en
1589. La Russie reproduit alors parfaitement la symphonie byzantine entre pouvoir temporel et spirituel, avec
un tsar et un patriarche. Toutefois, le règne d’Ivan le Terrible s’assombrit avec la guerre de Livonie qui
s’enlise, le régime de terreur et de répression de l’opritchnina (1564-1572), le pillage de Novgorod, les crises
frumentaires, l’assassinat du tsarévitch Ivan par son père. Ils n’empêchent pas les ateliers du Kremlin de
travailler sans relâche à la gloire du tsar et de l’Église.

Moscou : le « Grand atelier »


Le règne d’Ivan III (1462-1505) marque l’essor spectaculaire des ateliers du Kremlin dont l’activité culmine
sous Ivan IV le Terrible (1533-1584). Dès la fin du XVe siècle, ils rassemblent les meilleurs artistes de Russie
auxquels se joignent monnayeurs, armuriers et orfèvres étrangers, principalement allemands, anglais ou
hollandais, activement recherchés. Tous travaillent à la gloire du souverain et de l’Eglise. Ainsi naît un art de
cour singulier qui concilie la tradition et les innovations techniques et décoratives issues de la Renaissance.
L’orfèvrerie adopte l’émail sur ronde-bosse d’or ou encore la gravure niellée sur fond d’or lisse, inspirée des
techniques occidentales de la gravure, sans exclure un attrait pour l’Orient et l’arabesque. De son côté, Dionisi
et ses élèves renouvellent dès la fin du XVe siècle le regard des peintres moscovites sur la peinture grecque,
tandis que les ateliers du Kremlin se singularisent bientôt par l’élaboration d’une iconographie recherchée,
voire complexe, et d’un style élégant, parfois maniériste. Dans la seconde moitié du XVIe siècle, leur art se
diffuse largement jusqu’aux confins de la Moscovie.

L’iconostase de Saint-Cyrille du lac Blanc


L’iconostase est une cloison qui, dans les églises, sépare le sanctuaire de la nef. Elle résulte de la
transformation progressive du chancel, ou barrière de chœur, des églises paléochrétiennes. Dès les IXe et Xe
siècles à Byzance, le muret du chancel est surmonté de colonnettes supportant un épistyle entre lesquelles sont
disposées des icônes. En Russie, l’iconostase entreprend sans doute dès le XIIe siècle un développement en
hauteur pour aboutir au XVe siècle à « l’iconostase haute », composée de plusieurs registres superposés.
Le monastère de la Dormition-Saint-Cyrille du lac Blanc (Beloe ozero) fut fondé en 1397 par saint Cyrille de
Beloozero (1337-1427), disciple de saint Serge de Radonège. En 1497, s’achève la construction de la
cathédrale de la Dormition, et c’est vraisemblablement à cette date qu’est installée l’iconostase. Elle se
composait à l’origine de quatre registres : en bas, celui des « icônes locales », réservé au Christ, à la Vierge, et
aux saints patrons de l’église, puis celui de la Déisis, surmonté par la rangée des Fêtes, dominée à son tour par
celle des prophètes. L’iconostase est l’œuvre d’un atelier de Moscou où trois mains ont pu être identifiées.

24
VIII/ LE « TEMPS DES TROUBLES » : 1598-1613
La mort sans enfant du tsar Feodor, en 1598, dernier fils d’Ivan le Terrible, marque la fin de la dynastie des
Riourikides et ouvre le « Temps des troubles ». Boris Godounov, son beau-frère, lui succède (1598-1605). Un
doute subsiste toutefois sur sa légitimité, amplifié par une conjoncture difficile et les intrigues, qu’un éclatant
mécénat tente d’effacer. Le bruit court également que Boris a fait assassiner, en 1591, le jeune prince Dimitri,
dernier frère de Feodor. En octobre 1604, un personnage énigmatique venu de Pologne prétend être Dimitri et
rallie à sa cause les mécontents. Il entre dans Moscou en juin 1605. Sa religion est suspecte. Mieux même, il
épouse le 8 mai 1606 la fille de son principal protecteur, Marina Mniszech, demeurée secrètement catholique. Il
est assassiné à la faveur d’un complot ourdi par le clan Chouïski. Basile Chouïski se fait proclamer tsar mais ne
parvient pas à s’imposer à l’ensemble du pays et les Polonais occupent Moscou jusqu’en octobre 1612. Un
sursaut national libère le pays et Michel Ier Romanov est élu tsar, en février 1613.

IX/ DE MICHEL IER À PIERRE LE GRAND

Le règne de Michel Ier


L’élection au trône du jeune Michel Ier Romanov (1613-1645) inaugure un temps de restauration, avec l’aide de
son père, le patriarche Philarète (1619-1633). Le retour délibéré vers l’héritage artistique du siècle d’Ivan le
Terrible, semble vouloir effacer le souvenir du « Temps des troubles ». Comme ses prédécesseurs, le tsar
continue de réunir au Kremlin les reliques les plus significatives et donne une nouvelle impulsion aux ateliers
du palais. La nouvelle châsse commandée en 1628 par Michel Ier pour le tsarévitch Dimitri revêt à cet égard
l’aspect d’un symbole.

Ateliers et peintres des Stroganov


Les Stroganov sont une famille de marchands originaire des bords de la mer Blanche. Leur ascension sociale,
sous le règne d’Ivan le Terrible et les premiers Romanov, est liée à l’expansion de la Russie au-delà de l’Oural
et à la colonisation de la Sibérie. En échange de leurs services, ils reçoivent d’immenses propriétés dans les
régions nouvellement annexées où ils établissent des comptoirs de commerce et d’exploitation de matières
premières. Leur siège principal se trouve à Solvytchegodsk où les salines de la Vytchegda font leur fortune. Les
Stroganov y installent dès la fin du XVIe siècle un atelier de broderie dont l’âge d’or se situe vers 1650-1680
sous la direction d’Anna Ivanovna, épouse de Dimitri Andreevitch Stroganov. On a également donné le nom
conventionnel « d’école Stroganov » à une série de peintures exécutées pour eux ou sous leur patronage par les
meilleurs artistes des ateliers du tsar entre la fin du XVIe siècle et celle du XVIIe, tels Procope Tchirine ou
Nazarii Istomin. Le « style Stroganov » se distingue par son caractère précieux, des figures fragiles et menues,
une élégance maniériste qui font tout son charme.

Les contradictions du XVIIe siècle


Le règne d’Alexis Ier (1645-1676) et celui de son fils Feodor (1676-1682) sont marqués par l’expansion de la
Russie vers l’ouest et en direction du Pacifique, atteint dès 1647. Cette période correspond aussi à un temps de
transformation des institutions mais également de fracture, avec le schisme des vieux-croyants engendré par les
réformes du patriarche Nikon (1652-1658). En même temps, s’opère une lente occidentalisation des formes
artistiques. L’art du portrait fait son apparition. Le naturalisme de la peinture occidentale commence à tenter les
peintres d’icônes du tsar, au premier rang desquels Simon Ouchakov. Tradition et innovations baroques
cohabitent quelquefois de manière surprenante.

25
Le schisme des vieux-croyants
Soucieuse d’unifier les usages orthodoxes selon l’authentique tradition byzantine, l’Église russe entreprend des
réformes du rite et une révision des textes que le patriarche Nikon (1652-1658) amplifie et impose avec
intransigeance, malgré la réaction virulente d’une partie du clergé sous la conduite du prêtre Avvakoum. Le
concile réuni par le tsar en 1666 condamne Nikon et abaisse le rôle du patriarche mais entérine ses réformes
provoquant le schisme définitif des vieux-croyants (le raskol) et la répression des opposants. Le monastère de
Solovki, l’un des foyers de résistance, refuse les livres révisés et ne cède qu’à l’issue d’un siège militaire en
1676. Les vieux-croyants, profondément attachés au maintien de la tradition, s’organisent en communautés plus
ou moins clandestines.

Les bouleversements de Pierre le Grand


En 1697 et 1698, Pierre Ier le Grand (1682-1725) visite l’Europe avec la « Grande Ambassade » qui marque une
ligne de partage définitive entre la Russie ancienne et la Russie moderne. Si, depuis le milieu du XVIIe siècle,
une lente occidentalisation se faisait timidement jour, Pierre le Grand l’impose à tout le pays par une série de
réformes radicales de l’armée, de l’Etat et de la société. Le patriarcat lui-même, dont le trône est laissé vacant
depuis la mort du patriarche Adrien en 1700, est supprimé de fait en 1721 et remplacé par un Saint-Synode,
placé sous le contrôle de l’Etat. Enfin, en 1703, la fondation de Saint-Pétersbourg, un port ouvert sur la
Baltique, qui devient en 1712 la capitale, scelle l’orientation de la Russie vers l’Europe. Dans la nouvelle ville,
les églises à coupoles sont délaissées au profit du modèle basilical occidental, couronné d’une flèche. Le tsar
fait appel à des architectes et à des artistes européens venus, en particulier, des Pays-Bas. Les formes de l’art
baroque de l’Europe du nord s’épanouissent à Saint-Pétersbourg et commencent à rayonner rapidement dans
toute la Russie. La Russie moderne est en train de naître.

Couvercle de la châsse du tsarévitch Dimitri


Moscou, ateliers du Kremlin, 1628-1630
Orfèvres : Pavel et Dimitri Alexeïev, Vassili Korovnikov,
Timothée Ivanov, Vassili Malosolets, sous la direction de
Gavriil Ovdokimov
Or et argent doré sur âme de bois, émail, pierres précieuses,
perles, verre, Moscou, Musées du Kremlin © Musées du
Kremlin, Moscou

26
Regard sur quelques œuvres
Notices extraites du catalogue de l’exposition

Icône : Les Saints Boris et Gleb


Novgorod, milieu du XIVe siècle
Peinture à la tempera sur bois. H. 162 ; L. 104 cm
I N S C R I P T I O N S : (« Bienheureux prince Boris /
Bienheureux prince Gleb »).
PR O V E N A N C E : Une des chapelles du monastère de
Zverine à Novgorod. Déposée en 1914 au trésor diocésain de
Novgorod, puis au Musée de Novgorod.
En 1945, transférée à l’Institut national de restauration
scientifique I. E. Grabar.
Entrée au Musée historique en 1950. Moscou, Musée
historique d’État
Boris et Gleb, les deux plus célèbres figures de l’hagiographie
russe, sont aussi les deux premiers saints martyrs de la jeune
Église kiévienne. Fils cadets du prince Vladimir baptisé en
988, les deux frères furent assassinés par leur frère Sviatopolk
le Maudit, en 1015, au cours de la guerre de succession qui
suivit la mort de Vladimir pour le trône de Kiev. Le Récit des
temps passés (…) et d’autres sources, dès le XIe siècle,
racontent en détail comment le traître Sviatopolk réussit à
éliminer successivement Boris (24 juillet) et Gleb
(5 septembre), avant de périr lui-même des mains de Iaroslav le
Sage, leur frère.

Victimes innocentes, les deux princes ont accepté consciemment la mort, attendant leurs bourreaux en priant,
plutôt que de se livrer à une guerre fratricide, et l’Église russe, à travers eux, a sanctifié le sacrifice volontaire
de la vie pour la sauvegarde du pays. Leur culte se développe dès le règne de Iaroslav, et probablement sous ses
auspices, puisque c’est sous son règne que fut rédigé le Dit de Boris et Gleb (…). Les restes de Boris sont
transportés avant 1039 à Vychgorod, près de Kiev, résidence princière où Vladimir avait fait construire une
première église. Ceux de Gleb les rejoignent en 1072 dans le sanctuaire commun qui leur est désormais dédié.
Dès le début du XIIe siècle, leurs noms dynastiques, Boris et Gleb, supplantent leurs prénoms de baptême,
Romain et David. En 1146, une église leur est consacrée à Novgorod (...) et leur vénération s’étend bientôt
jusqu’à Constantinople. Antoine de Novgorod (…), vers 1200, rapporte en effet avoir vu à Sainte-Sophie une
grande icône qui les représentait, tandis qu’une église d’un faubourg de la ville portait leur vocable (…).
Les premières images des saints Boris et Gleb apparaissent sans doute tout aussi rapidement. Si l’on se fie à la
Vie des saints Boris et Gleb du chroniqueur Nestor, Iaroslav le Sage, mort en 1054, aurait fait exécuter une
icône des deux frères pour l’église de Vychgorod (...). Le témoignage d’Antoine de Novgorod, de son côté,
confirme l’existence d’icônes anciennes des deux saints associés. Un premier type iconographique les montre,
comme ici, debout et de face. Il dérive des images de saints militaires, de martyrs ou d’apôtres figurés par paire,
largement répandues dans l’art byzantin et dans l’art occidental, tels Serge et Bacchus, Georges et Démétrios,
ou encore Pierre et Paul. Boris et Gleb sont représentés en martyrs et tiennent chacun une croix dans la main
droite. Mais ce sont aussi des guerriers, l’épée à la main, et ils portent le costume princier traditionnel (…) :
longue tunique brodée d’orfrois, manteau doublé de fourrure (korzno), bordé de perles et attaché sur la poitrine,
haut couvre-chef garni de fourrure.

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Cette iconographie, la plus ancienne, est certainement fixée avant la fin du XIIe siècle et reproduit
probablement l’image des deux saints qui avait été placée en 1072, ou peu après, sur leur tombeau à
Vychgorod.
L’icône appartient précisément à ce type ancien, très nettement antérieur à celui qui montre les deux saints à
cheval (…). La stricte frontalité des personnages, leur pose identique, leurs vêtements semblables et le grand
pan transversal géométrique de leurs manteaux offrent, en outre, des traits délibérément archaïsants qui
dénoncent un modèle antérieur au XIIIe siècle. Mais, à cette date, l’épée est, comme ici, devant eux et
parfaitement verticale (…).
L’œuvre, du point de vue iconographique, est très proche de l’icône du Musée d’Art russe de Kiev provenant
du monastère Saint-Sava sur la Vichera à Novgorod, du début du XIVe siècle, dont la facture et les couleurs ont
permis néanmoins d’avancer une attribution à l’école de Tver (...). Toutes les deux dérivent en tout cas d’un
modèle commun et partagent les mêmes traits archaïsants qui distinguent l’art de Novgorod, de Pskov et de
Tver aux XIVe et XVe siècles (...). Le canon élancé et aristocratique des personnages, aux mains et aux pieds
menus, souligné par les lignes verticales des vêtements, de même que l’aspect hiératique de l’ensemble, confère
à l’icône un caractère emblématique. Il n’interdit pas, cependant, une forte individualisation des visages des
deux saints, par ailleurs fermement installés dans l’espace.
Ces éléments permettent de proposer une datation autour de 1340 (...) qui doit peut-être être mise en relation
avec la campagne de reconstruction qui touche précisément le monastère de Zverine à Novgorod à partir de
1335.
L.P.Tarassenko

Calice à deux anses


Novgorod, XIe siècle
Orfèvre : Kosta (Constantin)
Argent fondu et argent repoussé, ciselé et
doré, nielle. H. 21,5 ; L. 35 ; D. de la
coupe 21 cm
INSCRIPTIONS:
Sur la lèvre : « Buvez-en tous, ceci est
mon sang de la Nouvelle Alliance versé
pour vous et pour la multitude en
rémission des péchés ».
Sur le pied : « Ceci est le vase de Pierre
et de son épouse Marie ».
En dessous de la coupe : « Seigneur,
viens en aide à ton serviteur Constantin,
Kosta l’a fait. Amen ».
(…) Le calice se distingue par ses dimensions impressionnantes et sa
P R O V E N A N C E : Ancien trésor de forme complexe : la panse, arrondie et godronnée à la partie
la cathédrale Sainte-Sophie. Le calice inférieure, s’évase au-dessus en huit côtes alternativement
servait au XVIIe siècle à contenir de convexes et anguleuses. Sur la panse, les côtes convexes sont
l’eau bénite. Entré dans les collections du occupées par les images en relief du Christ et de la Vierge, de
musée en 1926. saint Pierre et de sainte Anastasie, représentés en pied et de face,
Novgorod, Musée d’État de Novgorod identifiés par les inscriptions. Les facettes des côtes anguleuses,
pour leur part, sont ornées de rinceaux qui courent avec vigueur
au-dessus d’un champ végétal plein de sève. Assujetties à la coupe
à l’aide de petits ponts, deux grandes anses symétriques se
déploient de chaque côté dans l’espace. Elles sont formées
chacune d’une élégante et souple volute en S, bordée d’oves et de
perles, qui enferme une rosette à la partie supérieure, et d’où
jaillissent des ornements végétaux stylisés en forme de grappes.
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En outre, des ornements gravés viennent encore enrichir les volutes, et des oiseaux nimbés, sur les deux ponts
de la partie supérieure, semblent s’être posés au bord du canthare, prêts à se désaltérer.
La forme de la coupe est celle d’un calice byzantin de serpentine du trésor de Saint-Marc de Venise, attribué au
XIIe siècle, qui a souvent, d’ailleurs, été rapproché du calice de Novgorod (...), et sur lequel se retrouvent
précisément des figures en bas relief. Les godrons, à la base de la panse, évoquent eux aussi des antécédents
byzantins (...). Quant aux anses, elles rappellent très exactement celles de deux vases de verre byzantins des Xe
et XIe siècles du trésor de Venise (…).
L’iconographie de la Vierge orante, du Christ bénissant et des saints est, elle aussi, byzantine, de même que le
type des rinceaux stylisés à gros fleurons. Enfin, destiné au vin de la consécration, le calice porte sur la lèvre, à
l’instar des modèles grecs, une inscription eucharistique niellée relative à la communion, tirée des paroles
mêmes de la liturgie d’après saint Matthieu (Matthieu 26, 27). Sur le pied annulaire figure une seconde
inscription niellée qui mentionne, comme souvent à cet emplacement sur les vases liturgiques byzantins, les
noms des donateurs, Pierre et Marie. Dans ces conditions, le choix de saint Pierre aux côtés du Christ et de la
Vierge sur la panse n’est sans doute pas fortuit et, indépendamment du rôle de Pierre en tant que fondateur de
l’Église, s’explique aisément par le nom même du donateur. Celui d’Anastasie, en revanche, est plus
énigmatique. Mais le nom de la femme du donateur, Marie, était déjà évoqué par la présence de la Vierge, et
sainte Anastasie, célèbre pour ses guérisons, pouvait aisément aussi compter parmi les saints protecteurs des
commanditaires.
Le musée de Novgorod abrite également un second calice provenant du trésor de Sainte-Sophie, de forme et de
dimensions identiques (...). Il avait été offert, pour sa part, par Pietrilov et sa femme Barbara, mentionnés dans
l’inscription qui, comme ici, court sur le pied. Sur ce second calice, ce sont précisément les saints Pierre et
Barbara qui apparaissent aux côtés du Christ et de la Vierge. De manière plus exceptionnelle encore, les deux
calices portent chacun, gravée sous leur pied, une inscription qui mentionne l’orfèvre, accompagnée d’un
graffiti plus tardif indiquant, dans les deux cas, le poids. Le calice ici exposé est signé de Kosta (Constantin), le
second, de Thlorov-Bratilo, ce dernier ayant vraisemblablement été offert par le possadnik Pietrilov, en charge
des affaires de la ville de 1131 à 1134 (…). La présence d’un troisième calice au début du XVIIe siècle dans le
trésor de Sainte-Sophie, manifestement lui aussi offert par un possadnik, permet de penser que ces calices
répondaient à une tradition qui consistait, pour les possadniks, à célébrer par le don d’un calice leur entrée en
fonction (...). Le calice de Kosta, qui surpasse encore en finesse et par sa perfection formelle celui de Thlorov-
Bratilo, plus fidèle également aux modèles byzantins, lui est probablement antérieur. Kosta, manifestement
familier des leçons byzantines, est peut-être aussi celui qui a su interpréter avec la plus grande subtilité
l’héritage de ses devanciers et offrir ainsi une image inoubliable de l’âge d’or de la Rous’ kiévienne.

N.V.Gormina

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Icône : Vierge de la Tolga
Iaroslav ou Rostov (?)
Fin du XIIIe siècle
Peinture à la tempera sur bois de tilleul. H. 140 ; L. 92 cm
P R O V E N A N C E : Église de l’Exaltation-de-la-Croix du monastère de la Tolga, près de Iaroslav.
Entrée dans les collections du musée en 1930. Moscou, Galerie Tretiakov
La Vierge est assise sur un trône à haut dossier au-dessus duquel apparaissent deux anges en adoration, les
mains voilées. Elle tient de ses deux mains l’Enfant, debout sur ses genoux, vers lequel elle penche son visage
tandis que celui-ci l’embrasse. La Vierge de la Tolga appartient au type de la « Vierge de tendresse » (en russe
Laskaiouchaïa ou, en grec, Eleoussa ou Glykophiloussa), apparu dans l’art byzantin où il s’est largement
répandu aux XIe et XIIe siècles. L’insigne icône de la Vierge de Vladimir en est une des plus célèbres
illustrations (…). Les hymnes liturgiques de la Semaine sainte célébrant l’amour de la Vierge pour son fils, en
tant qu’Enfant et lors de sa Passion, ont sans doute contribué à définir le contenu symbolique de l’image, en
sorte qu’elle peut être considérée comme une préfiguration des souffrances du Sauveur sur la croix et de son
sacrifice expiatoire (…). Dans l’iconographie byzantine ou byzantinisante, du XIe au XIIIe siècle, il n’est pas
rare de rencontrer, à côté de figures à mi-corps, des représentations de la « Vierge de tendresse » trônant
proches de notre icône. C’est le cas, par exemple, d’une peinture d’un sacramentaire sicilien de la fin du XIIe
siècle (…) ou d’un relief byzantin en marbre, daté du XIIIe siècle, de la chapelle du cardinal Zen à Saint-Marc à
Venise (…). Les figures d’anges en adoration, les mains voilées, comptent également au nombre des motifs
récurrents et tendent à confirmer cette dimension sacrificielle. Ils soulignent la valeur liturgique de l’image où
le Christ enfant est assimilé aux saints dons et où la Vierge représente l’autel sur lequel ceux-là sont déposés.
À la symbolique liturgique se rattache sans doute aussi la
forme très inhabituelle du trône dont le dossier peut
évoquer une abside, et le piédestal une clôture de chœur
avec son rideau. Le haut dossier, percé de baies, a
d’ailleurs parfois été associé à une enceinte ou à un
rempart, par référence à l’image symbolique de la Vierge,
« rempart indestructible » (Hymne acathiste, oikos 12),
défendant et protégeant le genre humain (…).
L’iconographie de l’icône et son langage artistique
coïncident donc parfaitement avec le vocabulaire des
hymnes mariales, chargées de symboles et de métaphores
recherchées. Cette concordance se révèle en particulier
dans l’attitude de l’Enfant, debout sur les genoux de sa
mère, et qui semble, en même temps, esquisser un pas
vers le haut. Ce trait singulier pouvait à son tour rappeler
l’échelle de la vision du patriarche Jacob, réunissant la
terre et le ciel, qui, dans l’exégèse mystique, apparaît
souvent comme une préfiguration de l’Incarnation.
Dans les premières publications, l’œuvre a été attribuée,
de manière relativement large, au XIIIe siècle.
Aujourd’hui, elle est généralement assignée à une période
plus restreinte, comprise entre la fin du XIIIe siècle et
1314, année où, selon la tradition, fut découverte l’icône
miraculeuse de la Vierge de la Tolga (...), une version à
mi-corps qui est liée à la fondation du monastère de la
Tolga, près de Iaroslav, et que la plupart des spécialistes
tiennent pour une copie de la Vierge de la Galerie
Tretiakov (...).

30
L’icône, qui se trouvait au Musée d’art russe ancien de Iaroslav, a été rendue au monastère en 1991. Toutefois,
une autre thèse considère l’icône à mi-corps comme antérieure à la figure en trône. Cette dernière aurait été
peinte seulement dans les années 1320 (...), voire après le retour de Moscou, en 1327, de l’évêque de Rostov
Prochore, siège dont dépend le monastère de la Tolga (...). Le problème de l’origine géographique de l’œuvre
ou du peintre a également suscité plusieurs hypothèses contradictoires. Pour Philipp Schweinfurth, en 1930, il
s’agissait d’une œuvre italienne, sans doute en raison de l’abondance des Vierges en majesté (Maesta) dans
l’art italien et italo-byzantin des XIIe et XIIIe siècles, sans compter le gros fermail en quadrilobe sur l’épaule de
la Vierge, les lignes sinueuses des drapés et le trône ajouré qui évoquent les peintres du Duecento. Ces
éléments montrent néanmoins que le peintre devait probablement connaître des œuvres italiennes. Victor N.
Lazarev, cependant, dès 1947-1948, a réfuté de façon convaincante cette opinion. De son côté, Valentina I.
Antonova, en 1963, voulait que l’icône ait été peinte en Géorgie et rapportée, à l’issue de sa campagne militaire
de 1278 dans le Caucase Nord, par le prince Feodor Rostislavitch le Noir, hypothèse qui ne résiste cependant
pas à la confrontation directe de l’icône avec des œuvres géorgiennes, du point de vue tant des procédés
picturaux que des particularités techniques. Mais, surtout, le style pictural et la palette de la Vierge de la Tolga
l’apparentent bien davantage à des icônes du XIIIe et du début du XIVe siècle, réalisées à Rostov, Souzdal et
Iaroslav.
L’attribution à la Russie centrale semble confortée par le dessin précis, la tonalité sombre de la base des
carnations, rehaussées de lumières légères et de rouge, ainsi que par l’emploi de certains motifs décoratifs, tels
que la bordure perlée du trône et l’ornementation du coussin. Quant aux indéniables parentés avec des œuvres
italiennes, elles s’expliquent sans doute, comme le proposait déjà Alexandre I. Anisimov en 1928, par l’usage
de modèles communs. Enfin, une datation de la fin du XIIIe siècle et une attribution à la Russie centrale font
aujourd’hui consensus.
Evangelina S. Smirnova suppose en outre que l’icône a été réalisée non pas à Iaroslav, mais à Rostov. C’est
précisément dans cette ville que devait exister, dans la seconde moitié du XIIIe siècle, un atelier attaché au
siège épiscopal qui demeurait de fait, dans le contexte du morcellement politique et de l’affaiblissement du
pouvoir princier, le seul grand centre culturel et artistique capable de maintenir l’unité des terres de Russie
centrale (...). L.V.Nersessian

Panaghiarion
Novgorod
1435
Maître Ivan Arip
Argent doré, cuivre doré, traces d’émail. H. 30 ; D. du panaghiarion 25 ; D. de la base 22,5 cm
INSCRIPTIONS:
Sur le couvercle du panaghiarion : « L’an 6944 [= 1435], indiction 14, le 14 du mois de septembre, pour
l’exaltation de la Vénérable Croix, fut faite cette panaghia, sur l’ordre du très saint archevêque de Novgorod-
la-Grande Euthyme, sous le grand-prince Basile Vassilievitch de toute la Rous’, sous le prince Iouri
Lougvenievitch, sous le possadnik de Novgorod la-Grande Boris Iourievitch, sous le chiliarque Dimitri
Vassilievitch, et le maître est Ivan Arip ».
À l’intérieur du couvercle : « Sainte-Trinité / Mère de Dieu ».
Tout autour : « Tu es béni, Christ, notre Dieu, toi qui t’es montré pêcheur de sages, qui leur a envoyé le Saint-
Esprit et qui as ainsi pêché tout l’univers, toi le philanthrope, gloire à toi ».
À l’intérieur de la coupe : « Nous te magnifions, toi qui es plus honorée que les chérubins et en vérité plus
glorifiée que les séraphins, toi qui as engendré sans rompre ta virginité le Verbe de Dieu, Mère de Dieu ».
P R O V E N A N C E : Trésor de la cathédrale Sainte-Sophie à Novgorod. Entré dans les collections du musée
vers 1920. Novgorod, Musée d’État de Novgorod

31
Le terme grec de panaghiarion désigne la patène destinée,
dans le rite orthodoxe, à contenir un morceau de pain
symboliquement offert à la Vierge par les moines et les
évêques à la fin des repas et à l’occasion de la liturgie de
l’Orthros (ou matines), l’un des deux offices quotidiens
majeurs des monastères et des cathédrales avec les vêpres.
Le nom est lié à la fonction puisqu’il est réservé à la
glorification de la Vierge « toute sainte » (panaghia), en tant
qu’instrument de l’Incarnation. Le pain, après avoir fait
l’objet d’une élévation, accompagnée de chants et de prières,
est ensuite consommé. L’origine du rite, probablement
monastique, attesté seulement au tout début du XIIIe siècle à
Byzance, est sans doute ancienne mais demeure encore
obscure. D’ordinaire de petites dimensions, un panaghiarion
se compose de la patène proprement dite, en forme de plat
creux à rebord, et de son couvercle, semblable. Ils sont
normalement associés à l’aide de charnières et constituent
une sorte de diptyque (…). Par dérivation, le terme de
panaghia s’applique aussi au même instrument qui, par sa
petite taille, dès le XVe siècle, peut être suspendu à titre
honorifique, comme un médaillon, au cou des membres
supérieurs du clergé.
Très exceptionnellement, un panaghiarion peut être placé,
comme ici, sur un pied qui permet de le poser sur une table
et d’exalter sa fonction.
Celui de Novgorod est le plus ancien de ce type. Le panaghiarion proprement dit est constitué de deux coupes
d’argent doré, ouvrantes et à charnières. Le couvercle est pourvu d’une large bordure de beaux filigranes à
enroulements. Il offre, au centre, un grand médaillon avec des figures d’appliques, obtenues à la fonte, sur un
fond guilloché, représentant l’Ascension, où la Vierge occupe, sous l’image du Christ en gloire, la place
privilégiée. Une inscription court tout autour, en l’honneur du commanditaire, l’archevêque de Novgorod
Euthyme II (1429-1458). Elle mentionne l’orfèvre, Ivan Arip, et donne la date : 1435. On remarque que sont
également cités, outre le possadnik et le chiliarque de la ville, le prince « de toute la Rous’ » Basile
Vassilievitch, c’est-à-dire Basile II de Moscou (1425-1462), et le prince Iouri Lougvenievitch, fils de
Longwenis, issu de la lignée lituanienne mais de confession orthodoxe, dans un équilibre précaire, au moment
où la « république » de Novgorod doit lutter pour préserver son indépendance politique. À l’intérieur du
panaghiarion, le centre des deux volets, au décor gravé, est occupé par une image de la Vierge du Signe et de
la Trinité de l’Ancien Testament, entourées de l’inscription liturgique en l’honneur de la Vierge.
Quant au pied, proprement extraordinaire, qui sert de support, il est formé par quatre anges d’argent doré,
agenouillés, qui semblent ployer sous le poids de leur charge, placés comme des atlantes sur le dos de lions
passants qui se mordent la queue. Ils ont été obtenus à la fonte, reprise à la ciselure, mais les ailes, rapportées,
ont été exécutées au repoussé, tandis que les nimbes s’ornent des mêmes filigranes que le panaghiarion. Les
yeux et les ceintures des anges conservent encore quelques traces d’émail. Enfin, la base, doublée à l’intérieur
d’une feuille de cuivre, dessine un socle polylobé, surmonté d’un anneau en redent à pans coupés, agrémenté
d’ajours, lui-même sommé d’une couronne de gros fleurons gothiques empruntés à l’art flamboyant. En effet,
comme on l’a depuis longtemps relevé, l’ensemble du pied montre une évidente familiarité de l’orfèvre avec
des œuvres occidentales.
Mais, si le dessin de la base et la couronne de fleurons rappellent des pièces allemandes du XVe siècle, les
anges, puissamment stylisés, juchés sur des lions, font ici revivre de manière éblouissante des formes issues de
l’art roman. Il n’y a guère qu’à Novgorod, largement ouverte sur l’Occident à l’époque d’Euthyme II, que l’on
pouvait ainsi créer au XVe siècle en Russie une synthèse aussi accomplie des apports de l’art occidental et des
traditions les plus hautes de l’orthodoxie.
N.V.Gormina
32
Icône : Pokrov (Intercession de la Vierge)
Souzdal (?)
Dernier quart du XVe siècle
Peinture à la tempera sur bois. H. 144 ; L. 106 cm
INSCRIPTION:
Sur le phylactère tenu par Romain le Mélode, kontakion
des Ménées pour le 1er octobre (...) : « La Vierge en ce jour
se tient dans l’église invisiblement avec les chœurs des
Saints priant pour nous notre Dieu ; les Anges et les
Pontifes se prosternent, les Apôtres et les Prophètes
exultent de joie, car la Divine Mère pour nous intercède
auprès du Dieu d’avant les siècles. »
P R O V E N A N C E : Monastère de l’Intercession-de-la-
Robe-de-la-Vierge de Souzdal. Entrée au musée entre 1923
et 1930. Souzdal, Musées d’État de Vladimir-Souzdal
L’icône constituait l’image tutélaire de l’église principale
du monastère de l’Intercession-de-la-Robe-de-la-Vierge à
Souzdal, fondé en 1364, construite entre 1510 et 1518. Elle
était placée au registre inférieur de l’iconostase (« rangée
locale ») et portait alors un revêtement en argent complété
de nimbes d’orfèvrerie. L’iconographie se fonde sur la
légende de l’apparition de la Vierge à saint André le Fol
dans l’église des Blachernes de Constantinople, un des
sanctuaires les plus illustres de la capitale byzantine où
étaient conservées, notamment, des reliques des vêtements de la Vierge, en particulier son voile et sa ceinture. La Vie
d’André le Fol, un saint du VIe siècle, mise en forme au début du Xe siècle, raconte que la Vierge lui serait apparue,
ainsi qu’à son disciple Épiphane, durant une nuit de veillée dans l’église, un 1er octobre. Accompagnée de saint Jean-
Baptiste et de nombreux saints, elle aurait étendu son voile protecteur sur tous les assistants. Le voile disparut avec la
vision, mais la Vierge leur avait à tous « laissé sa grâce ». La fête de la Protection de la Vierge, ou Pokrov, fut
instituée au milieu du XIIe siècle par le prince de Vladimir, André Bogolioubski, avant de s’étendre rapidement à
toute la Russie et de devenir une fête emblématique propre à la Russie. La plus ancienne image du Pokrov, encore
embryonnaire puisque la Vierge est seulement entourée d’anges, se trouve précisément sur les Portes d’or de la
cathédrale de la Nativité-de-la-Vierge de Souzdal (…).
L’icône présente ici une version beaucoup plus complète, dite « souzdalienne », dont l’exemple le plus ancien est
fourni par une icône de la seconde moitié du XIVe siècle, provenant d’ailleurs du monastère de l’Intercession,
aujourd’hui à la Galerie Tretiakov (…). La Vierge, entourée d’anges et de saints, parmi lesquels Jean-Baptiste en
haut à droite, se dresse devant un fond d’architecture qui symbolise à la fois l’église des Blachernes et la ville de
Constantinople, avec, derrière elle, l’autel et son ciborium. Elle étend son voile protecteur, rouge, sur la foule des
fidèles à ses pieds, qui ne la voient pas. En revanche, en bas à droite, André le Fol désigne de la main à Épiphane,
surpris, l’apparition. Parmi les saints qui leur font face figurent deux saints évêques, reconnaissables aux croix de
leurs chasubles, et un roi, peut-être David. Enfin, au centre, installé devant l’ambon, se tient Romain le Mélode, un
saint hymnographe byzantin du VIe siècle qui passait pour avoir composé plus d’un millier d’hymnes en l’honneur de
la Vierge, et l’Hymne acathiste (…). Il tient un rouleau déployé où est transcrit le kontakion des Ménées pour le
1er octobre. A. N. Ovchinnikov, le premier à avoir pu examiner l’icône une fois nettoyée de ses repeints tardifs,
l’avait attribuée à « l’école de Souzdal » (...) et la considérait même comme « exemplaire » : elle s’inscrivait dans une
tradition artistique locale et avait inspiré l’école moscovite en pleine formation. Cependant, le Pokrov est, au
contraire, presque toujours associé à l’art moscovite qui, avec Dionisi, crée alors sa propre manière (…). L’œuvre, en
effet, se distingue par une maîtrise de l’espace qui se souvient étroitement des modèles byzantins de l’époque
Paléologue dans l’étagement des architectures et les jeux de rideaux à l’arrière. Surtout, la composition, habilement
équilibrée autour des deux figures centrales superposées, les couleurs lumineuses, l’élégance des figures au dessin
délicat, la torsion gracieuse et éloquente de Romain le Mélode signalent un grand peintre et l’apparentent à ceux de
Moscou des années 1480. M.A.Bykova
33
Icône : La Vision de saint Euloge
Solvytchegodsk
1565-1596
Peinture à la tempera sur bois de tilleul, argent. H. 14,2 ; L. 10,7 cm
INSCRIPTIONS:
Sur les phylactères des deux anges au centre : « Portez mutuellement vos fardeaux et ainsi vous accomplirez la
loi du Christ » ; « Que les paroles du Christ se logent par la grâce dans les âmes consacrées pour mener à
toute sagesse ».
Sur le phylactère d’Euloge : « Ne vous glorifiez pas et ne prononcez pas de hautes paroles dans votre morgue
et que ne sortent pas de vos bouches des formules grandiloquentes ».
Sur le médaillon avec la Vierge : « Mère de Dieu ».
P R O V E N A N C E : Monastère de la Présentation-de-la-Vierge-au-Temple de Solvytchegodsk (oblast
d’Arkhangelsk). Entrée en 1934 à la Galerie Tretiakov. Moscou, Galerie Tretiakov
L’icône provient du monastère de la Présentation-de-la-Vierge-au-Temple de Solvytchegodsk, à plus de mille
kilomètres au nord-est de Moscou, dans le bassin de la Dvina septentrionale. La bourgade connaît un soudain
essor sous le règne d’Ivan le Terrible, grâce au commerce des fourrures et aux mines de sel exploitées par la
famille des Stroganov, et devient l’avant-poste de l’extension de la Moscovie en Sibérie.

Le monastère est fondé en 1565 par les fils de


Joannice Stroganov (1497-1569), le premier
de la dynastie de marchands, et l’église
abbatiale est consacrée en 1596. C’est donc
entre ces deux dates que fut probablement
peinte l’icône, par un peintre associant
traditions moscovites et novgorodiennes. Elle
annonce le mécénat durable des Stroganov et
le développement ultérieur d’une école de
peinture liée à leur nom (...).
Elle illustre de manière didactique un sujet
monastique par excellence, le récit de la
vision d’Euloge d’Alexandrie, tiré du
Paterikon du Skit (Skitskij Paterik). Le texte
remonte à la traduction en vieux slavon, au
IXe siècle par Méthode, des Apophtegmes des
Pères du désert. Les Apophtegmes, destinés à
l’édification spirituelle des moines, faisaient
partie de la panoplie habituelle des
bibliothèques monastiques. Euloge, qui fut
d’abord moine et abbé avant de devenir
patriarche d’Alexandrie (581-608), avait le
don de pénétrer les pensées des moines.
Durant un office, il eut la vision d’anges qui
distribuaient aux moines des dons
correspondant au degré de leur progrès dans
l’ascèse. Une version des Apophtegmes, du
deuxième quart du XVIe siècle, exprime le
sens même de la vision par son titre :
« Comme il est utile à l’âme et agréable à
Dieu, lors des vigiles, de ne pas s’abandonner
à la paresse. »

34
La vision d’Euloge est rapidement incluse dans les programmes iconographiques monastiques. La plus
ancienne représentation se trouve à l’entrée de l’église de la Nativité-de-la-Vierge du monastère de Saint-
Théraponte (Ferapontovo), peinte par Dionisi et ses fils en 1502-1503. La vision se déroule ici devant une
majestueuse église, dont les trois coupoles symbolisent la Trinité, sur laquelle apparaît, dans un médaillon, la
Vierge du Signe. Dans l’angle gauche, Euloge s’adresse aux moines, brandissant un phylactère dont le texte
leur enjoint de se libérer des distractions inutiles. L’exhortation se poursuit sur les phylactères des anges, au
centre de la composition. L’icône, en conformité avec le récit de la vision, montre des anges qui distribuent à
chacun selon ses mérites, à la sortie de l’église, les récompenses : un zolotnik (monnaie d’or) à l’effigie du
Christ, une pièce d’argent avec la croix, une mednica (monnaie de bronze) ou un pain bénit. En outre, certains
moines sont encensés ou oints de saint chrême par les anges. Les autres, négligents, ne reçoivent rien. Des
détails réalistes de la vie monastique apparaissent également de chaque côté de l’église avec les deux clochers
de bois : dans l’un, un moine fait sonner deux cloches ; dans l’autre, un moine frappe sur le simandre.
L’icône, toutefois, associe à la vision d’Euloge la bénédiction monastique des pains qui a lieu à la fin des
vigiles, après l’hymne mariale des vêpres de la Résurrection : au premier plan, deux saints abbés,
vraisemblablement Serge de Radonège et Cyrille de Beloozero, s’inclinent devant une coupe remplie des pains
des offrandes posée sur l’autel. La bénédiction des pains commémore le miracle de la Multiplication des pains,
célébré dans l’Église orthodoxe à la fin des grandes vêpres, après la récitation du Notre Père et le chant de
l’hymne Mère de Dieu et Vierge. Ce moment de l’office symbolise et préfigure le sacrement de l’Eucharistie,
évoqué par la Vierge en médaillon, image de l’Incarnation, placée dans l’axe de l’autel, promesse du sacrifice
et de la Résurrection. Outre le message didactique de la vision d’Euloge, l’icône renvoie donc aussi au
sacrement de l’Eucharistie en même temps qu’au Notre Père : « Donne-nous aujourd’hui notre pain quotidien.»
A.M.Loukachov

Oklad de la Trinité d’André Roublev


Moscou
1599-1600 et 1626
Ateliers du Kremlin et Moscou, 1754
Or, argent doré, filigranes, nielle, émail, perles et pierres précieuses : 31 diamants, 74 émeraudes, 7 rubis, 44
saphirs, 2 rubellites, 86 spinelles, auxquels s’ajoutent grenats, saphirines, quartz et chrysoprases H. 140 ;
L. 115 cm
INSCRIPTIONS:
Sur le fond, en haut, dans deux cartouches : « Sainte-Trinité ».
Des inscriptions identifient les scènes et les saints des trente-quatre plaques d’or niellées du cadre.
Au revers du collier de l’ange de gauche : « En vertu de la grande foi et du désir ardent du grand souverain
tsar et grand-prince Michel Feodorovitch, autocrate de toute la Russie ».
Au revers du collier de l’ange du milieu : « Et par son ordre impérial furent exécutés ces trois ornements d’or,
sertis de pierres précieuses et de perles, pour le monastère de la Sainte-et-Une-Trinité ».
Au revers du collier de l’ange de droite : « Destinés à l’image locale de la Sainte-Trinité, la quatorzième année
de son règne, en l’an 7134 depuis la création du monde [= 1626] »).
P R O V E N A N C E : Offert par le tsar Boris Godounov en 1599-1600 à l’église de la Trinité de la Trinité-
Saint-Serge pour l’icône de la Trinité d’André Roublev. Complété par le tsar Michel Ier Romanov en 1626 puis,
à nouveau, en 1754. Le revêtement a été séparé de l’icône de Roublev en 1918.
Serguiev-Possad, Musée d’État d’art et d’histoire
L’oklad, terme qui désigne en russe le revêtement en métal précieux d’une icône, a été réalisé pour l’insigne
icône de la Trinité peinte pour la Trinité-Saint-Serge par André Roublev. Cette dernière, séparée en 1918 de sa
parure, est aujourd’hui conservée à la Galerie Tretiakov (...). Extraordinaire à plus d’un titre, l’oklad, qui recou-
vrait entièrement la peinture, à l’exception des visages, des mains et des pieds des anges, est un monument de
l’histoire et de l’histoire de l’art russe. Il est constitué de plusieurs parties de dates différentes.

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Le cadre, la partie supérieure du fond,
les nimbes et les couronnes sont les
éléments les plus anciens. Ils ont été
offerts par le tsar Boris Godounov, en
1599-1600, pour se substituer à ceux
qui avaient été donnés par Ivan le
Terrible, encore en partie conservés
(...). Le cadre, autrefois bordé de cours
de perles, est tapissé d’un élégant
décor de feuillages symétriques
repoussés sur fond amati, d’inspiration
classique. Il est régulièrement ponctué
de plaquettes d’or à décor niellé qui
alternent avec de gros cabochons de
pierres précieuses sertis dans des
montures à hautes bâtes festonnées,
semblables à celles du calice et des
instruments liturgiques offerts par
Boris à la Trinité-Saint-Serge en 1597
(…). Les trente-quatre plaquettes d’or
lisse gravé et niellé se présentent
comme de petits tableaux encadrés de
colonnettes à balustres, surmontés
d’arcs à double accolade et volutes. Ils
représentent, à la partie supérieure, au
centre, la Trinité, sous l’aspect du
Père, du Fils et du Saint-Esprit,
flanquée de l’Ascension et de la
Descente aux Enfers, et, en bas en
symétrie, la Sainte Face.

Des archanges, ainsi que de nombreux saints complètent le programme iconographique, parmi lesquels les
protecteurs attitrés du tsar et de sa famille : Boris, Marie-Madeleine, Théodore Stratélate et Xénie. Les nimbes
et les couronnes, qui ont conservé leurs perles, offrent des feuillages analogues à ceux du cadre et de
semblables montures. Sur la couronne de l’ange du milieu, une grosse émeraude hexagonale facettée est
sculptée d’une Trinité, vraisemblablement l’œuvre d’un lapidaire vénitien, Francesco Accentini, qui travaille
dans les ateliers du Kremlin de Moscou autour de 1600.
Au cou de l’ange du centre est suspendue une chaîne avec une panaghia d’or, offerte par le tsarévitch Feodor,
fils de Boris, lui-même tsar à la mort de son père pour quelques semaines avant d’être assassiné, à peine âgé de
seize ans, en juin 1605. Elle est enrichie de perles et de pierres précieuses qui rayonnent autour d’un camée
byzantin de saphirine avec le Christ Pantocrator, en remploi, attribuable au Xe ou au XIe siècle. Le revers porte
les images niellées des saintes Marie-Madeleine et Xénie, saintes patronnes de la femme et de la fille de Boris
Godounov. Le goût manifeste des Godounov pour les camées, modernes ou anciens, s’observe déjà sur la
panaghia exécutée pour la naissance, en 1592, de Théodosie, fille du tsar Feodor Ier et de la tsarine Irina, sœur
de Boris Godounov (…). Sur cette dernière, d’ailleurs, les délicats feuillages niellés sur fond amati ne sont pas
sans parenté avec ceux du fond de la partie supérieure de l’oklad. Les trois colliers en forme de croissant de
lune (tsaty) attachés aux nimbes, dont l’un bordé de perles, ont été ajoutés à l’icône par le tsar Michel Ier
Romanov en 1626, comme le stipulent les inscriptions qu’ils portent au revers. De manière très symbolique, ils
ont alors remplacé ceux qui avaient été offerts par Ivan le Terrible (...). Dotés chacun de trois pendentifs, ils se
caractérisent par un décor de filigranes et d’émail, ainsi que par leurs bordures émaillées, et sont une copie
délibérée de ceux d’Ivan le Terrible, exécutée par deux orfèvres de la cour d’origine étrangère, Jacob Gast et
Johan Lent.
36
Enfin le reste du revêtement, fait de lames d’argent doré travaillées au repoussé (riza), reproduit dans ses
grandes lignes la peinture de Roublev. Exécuté en 1754 aux frais du monastère, dix ans après que la Trinité-
Saint-Serge a reçu l’appellation honorifique de « Laure » par la grâce d’Élisabeth Ire, il est dû à un orfèvre de
Moscou, Ivan Grigoriev (1721-après 1788), et se caractérise par une interprétation de style rocaille des
éléments de l’œuvre peinte, en particulier pour les sièges des anges, le motif de la nappe ou les fleurs des robes
des anges.
G.P.Tcherkachina

Portrait funéraire du tsar Feodor III Romanov


Moscou, Palais des Armures, 1686
par Ivan (Bogdan) Saltanov, Hiérothée Elin, Louka Smolianinov
Peinture à la tempera et à l’huile sur bois. H. 244 ; L. 119 cm
I N S C R I P T I O N S : Dans les cartouches sont transcrits
les actes les plus importants de son règne. Deux d’entre eux
sont encore surmontés de leur numérotation (premier en haut
à gauche et dernier en bas à droite).
P R O V E N A N C E : Église Saint-Michel du Kremlin de
Moscou. Entré au musée en 1891. Moscou, Musée historique
d’État
La peinture représente le tsar Feodor III Romanov (1676-
1682), mort à l’âge de vingt et un ans. Fils d’Alexis Ier, il est
le frère d’Ivan V et le demi-frère de Pierre le Grand, Ivan et
Pierre qui deviendront tous les deux tsars à sa mort, sous la
régence de leur sœur et demi-sœur Sophie. Feodor, à la santé
fragile, s’est distingué par sa piété autant que par son
érudition. Élève de Siméon de Polotsk, il a étudié le latin,
parle le polonais, et sa bibliothèque personnelle contient un
grand nombre d’éditions occidentales. Sous son court règne,
il tente de mettre sur pied une école d’enseignement
supérieur de latin et de grec. Le projet aboutira un peu plus
tard, avec la création de l’Académie slavo-gréco-latine de
Moscou (en 1687-1695). Le tsar critique aussi le Synopsis,
publié à Kiev en 1680, qui résume l’histoire russe.
Il préconise la rédaction d’un véritable « Livre
d’histoire» (Kniga istoritcheskaïa) qui utiliserait les sources
russes et étrangères. Il manifeste également un réel intérêt
pour le travail des ateliers du Palais des Armures et converse
volontiers avec les peintres, tandis qu’apparaît pour la
première fois au Kremlin de Moscou un département de
peinture profane. Le tsar entreprend aussi une série de
réformes. Conseillé par le prince Golitsyne il abolit en 1682
le système ancien des préséances, déterminant la hiérarchie à
la cour et à l’armée en fonction de la naissance
(mestnichestvo), et tente d’introduire une nouvelle hiérarchie,
fondée sur le mérite. Il supprime les châtiments par
mutilation, entreprend de réviser le système des impôts et le
fonctionnement des bureaux. Son règne se signale aussi par
la fondation d’asiles pour les vieillards et d’orphelinats
d’État où sont encouragés l’instruction et l’apprentissage
d’un métier.

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Enfin, la paix de compromis signée avec les Turcs, en 1681, semble mettre fin aux longues guerres pour la
possession de l’Ukraine, entamées en 1654.
Trois ans après sa mort, la régente Sophie commande au premier peintre et principal portraitiste de la cour, Ivan
(Bogdan) Saltanov (vers 1630-1703) (…), le portrait funéraire du tsar Feodor. Il est destiné à prendre place au-
dessus de son tombeau dans l’église Saint-Michel du Kremlin, la nécropole des tsars, à l’instar du double
portrait funéraire des tsars Michel Ier Romanov et Alexis Ier, exécuté en 1678 par Feodor Zoubov (…). Le
portrait de Feodor suit d’ailleurs, autant par ses dimensions que par son iconographie, le modèle de ceux de
Michel et Alexis. Sophie ne fait que perpétuer une tradition inaugurée dès le règne d’Ivan le Terrible (…). Le
portrait funéraire, comme ses devanciers, est encore à l’évidence conçu comme une icône, placé sous l’image
de la Sainte Face du Christ « non faite de main d’homme » (acheiropoïète), mais il répond aussi, d’une certaine
manière, aux exigences nouvelles d’un véritable portrait (parsouna).
Le tsar est représenté dans le lourd costume d’apparat traditionnel, au collet de « barmes » enrichi de pierres
précieuses, une croix pectorale suspendue au cou, et porte le sceptre sommé de l’aigle bicéphale et l’orbe
surmonté d’une croix (…). Sa tête est couverte de la couronne de Kazan, dite « de Monomaque », bordée de
fourrure, et ses pieds sont chaussés des bottes rouges héritées des empereurs de Byzance. Quatre cartouches
l’entourent, contenant les actes les plus remarquables de son règne et la date de sa mort. Le style de l’ensemble,
conventionnel, est celui de la peinture d’icônes. L’image est solennelle, ce qu’accentue le format étroit, le
nimbe doré, la saturation des couleurs, le visage aux yeux délibérément agrandis. Son caractère archaïque
contribue à l’idéalisation sublime du modèle : elle montre un enfant admirable par sa sainte innocence.
Pourtant, les traits du visage, de trois quarts, sont individualisés : le nez est long, légèrement tombant, le regard
vif, sous des sourcils haut placés. Le visage, aux joues gonflées un peu affaissées, s’amenuise à la partie
inférieure, avec un petit menton rond et des lèvres enfantines charnues. La coiffure, courte, est faite de boucles
denses de fins cheveux. Le tsar se dresse sur un fond de collines à l’horizon lointain, dominées par un ciel bleu
lumineux. Issu des procédés de la peinture occidentale, ce fond donne un sentiment de profondeur et d’espace
inhabituel aux icônes et confère une sorte de légèreté émotionnelle à l’image tout entière. Les analyses
chimiques ont, en outre, révélé l’emploi délibéré de techniques mixtes : si le support de bois a été préparé de
manière traditionnelle, la peinture combine la détrempe et l’huile, les glacis colorés et l’or appliqué, avec des
modelés faits d’ombres à la manière occidentale. Si le visage encore enfantin du jeune tsar rappelle celui des
saints adolescents sur les icônes, il possède indéniablement, au-delà d’une idéalisation codifiée, le caractère
intime d’un portrait.
L.A.Kornioukova

38
Autour de l’exposition - sommaire

Manifestations à l’auditorium du Louvre page 40

Publications page 50

Icône : saint Pierre, métropolite de Moscou,


Novgorod, milieu du XVIe siècle. Peinture à la
tempera sur bois de tilleul. Provient de l’iconostase de
l’église des Saints-Pierre-et-Paul-des-Tanneurs de
Novgorod. Novgorod, Musée d’État de Novgorod ©
Musée d’État de Novgorod, Novgorod / Photo Evgenii
Gordiychenkov

39
Manifestations à l’auditorium du Louvre
Concerts, conférence, colloque, journée-débat, film sur l’art
du 11 mars au 13 juin 2010

Concerts
Une saison russe

Depuis 1989, l’auditorium du Louvre a permis à son public de découvrir de nombreux artistes russes. Il reste
fidèle, avec cette programmation, aux « grands » artistes que sont devenus les jeunes talents d’hier. Avec les
festivités de l’Année France-Russie 2010, les amoureux de la musique peuvent ainsi apprécier la sonorité et
l’extrême sensibilité des artistes russes, jeunes ou confirmés, connus ou à découvrir, telles que les décrit Yuri
Yankelevitch dans L’École russe du violon. Il décortique avec une analyse quasi scientifique ce son charnu et
chaud du violon russe, savant mélange de poids et de vitesse du bras.
Depuis septembre 2009, l’auditorium diffuse certains de ses concerts en direct puis en différé sur Internet, sur
le site medici.tv. Quatre concerts de ce cycle seront ainsi retransmis en direct.

Jeudi 11 mars à 12h30


Mikhail Simonyan, violon, Alexeï Podkortyov, piano
Grieg : Sonate en sol majeur opus 13
Ravel : Tzigane
Tchaïkovski : Souvenir d’un lieu cher opus 42
Concert enregistré par France Musique

Mercredi 24 mars à 20h


Capella de Saint-Petersbourg, Vladislav Tchernouchenko, direction
Extraits du manuscrit du monastère Christophor, musiques sacrées russes Sviridov, Rachmaninov,
Chesnokov…
Concert enregistré par France Musique et diffusé en direct sur medici.tv

Vendredi 26 mars à 20h


Alina Ibragimova, violon, Cédric Tiberghien, piano
Beethoven : Sonates en mi bémol majeur opus 12 n° 3 ; en la majeur opus 47, À Kreutzer
Concert enregistré par France Musique et diffusé en direct sur medici.tv

Vendredi 16 avril à 20h


Kirill Troussov, violon, Alexandra Troussova, piano
Schnittke : Suite dans le style ancien opus 80
Prokofiev: Sonate en ré majeur opus 94a
Chostakovitch / Zyganov : Quatre Préludes extraits des Vingt-quatre Préludes opus 34
Tchaïkovski : Méditation opus 42 n° 1 ; Valse Scherzo opus 34

Opus 64 / Contact presse


Marine Nicodeau
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T/ + 33 1 40 26 77 94

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Opéras filmés

Après l’hommage rendu, la saison dernière, à la Scala de Milan, l’auditorium du Louvre propose dans le cadre
de l’Année russe en France une programmation consacrée à l’opéra russe dans les grands théâtres qui l’ont
illustré à son sommet, le Théâtre Bolchoï de Moscou et le théâtre Mariinski de Saint-Pétersbourg.
Tout au long de la saison sont présentés des grands classiques du répertoire, Boris Godounov, La
Khovantchina, La Dame de pique, Le Prince Igor, Rouslan et Lioudmila mais aussi des chefs-d’œuvre moins
joués, en particulier les œuvres de Rimski-Korsakov qui puisent leur inspiration dans les sources légendaires et
mythologiques de la sainte Russie comme Le Coq d’or et Sadko.
Dès sa naissance, en 1776, le Théâtre Bolchoï fut considéré comme un temple de l’art russe à une époque où la
vogue à Saint-Pétersbourg était toute à la musique occidentale. Redevenu au cœur du XXe siècle le centre de la
vie musicale russe, le Bolchoï accueille des productions somptueuses où se produisent les plus grandes voix, de
Sergueï Lemeshev à Alexandre Pirogov, d’Irina Arkhipova à Galina Vichnevskaïa dont des archives seront
montrées à l’occasion d’une séance présentée par Richard Martet.
Le théâtre Mariinski était renommé pour son exceptionnel corps de ballet, et, sous l’impulsion du chef
d’orchestre Valery Gergiev, son nouveau directeur depuis dix ans, il a conquis sa notoriété dans le domaine de
l’opéra comme l’autre grand centre de célébration du répertoire russe. Les productions d’opéras du grand
répertoire et l’exploration du répertoire du XXe siècle sont accompagnées d’une politique très dynamique de
création – comme celle très attendue du Vagabond enchanté de Rodion Chtchedrine que nous montrerons en
avant-première – et de festivals à renommée internationale comme celui des Nuits blanches de Saint-
Pétersbourg. Cette programmation innovante est relayée par une politique très active de captation d’opéras pour
la télévision et les nouveaux médias.

Dimanche 28 mars à 15h


Glinka : Rouslan et Lioudmila
Orchestre, Chœur et Ballet du Théâtre Mariinski, dir. Valery Gergiev
Mise en scène : Lotfi Mansouri
Chorégraphie : Michel Fokine
Décors et costumes : Thierry Bosquet
Avec : Mikhaïl Kit, Anna Netrebko, Vladimir Ognovenko, Larissa Diadkova, Gennady Bezzubenko, Galina
Gorchakova…
Réal. : Hans Hulscher, prod. : RM Arts/BBC/ ARTE, 1995, 211 min.

Tchaïkovski y voyait « un spectacle de pure magie accompagné d'une musique exceptionnelle ». Issu d'un
poème de Pouchkine, cet opéra fleuve déroule sur près de quatre heures une vaste fresque épique, celle de
Rouslan qui délivrera sa fiancée, Lioudmila (prénom de... la sœur de Glinka), victime du sorcier Tchermonor
après moult péripéties. L'œuvre tient autant du conte initiatique que du mythe, avec sorcier, princesse captive,
glaive et anneaux magiques (Siegfried n'est pas loin), sans oublier les vierges persanes qui ensorcèlent les preux
chevaliers dans leur jardin des délices (Parsifal non plus). Conjuguant scènes héroïques et moments de douce
intimité (la cavatine de Lioudmila), Rouslan et Lioudmila est une œuvre protéiforme. Elle donne naissance à la
veine de l'opéra féérique russe (Sadko, le Coq d'or ou l'Amour des trois oranges) aussi bien qu'à la fresque
historique. Avec, loin de l'exaltation chevaleresque du combat, l'irruption d'un certain réalisme, lors de la scène
du champ de bataille dévasté : Rouslan, entouré d'ossements de soldats morts au combat, y déplore le caractère
tragique de la guerre (acte II, sc. 3 - O Pole, pole!).
Dans cette production fastueuse, qui tire pleinement partie de la vaste scène du Mariinski, la princesse est
incarnée par Anna Netrebko. C'est un de ses premiers rôles : un an auparavant (1994), Valery Gergiev faisait
débuter en Susanna cette jeune fille qui était alors femme de ménage au Théâtre Mariinski pour gagner sa vie...

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Marine Nicodeau
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Lundi 29 mars à 20h
Borodine : Prince Igor
Chœur et Orchestre du Théâtre Bolchoï, dir. Mark Ermler.
Mise en scène : Oleg Moralev
Avec : Evgueni Nesterenko, Elena Kurovskaya, Vladimir Tcherbakov, Alexander Vedernikov, Tamara
Sinyavskaya, Boris Morozov
Prod. : Gostelradiofond / Classound, 1981, 140 min.
Le Prince Igor est l'œuvre maîtresse de Borodine. Cet ingénieur chimiste, musicien autodidacte, y consacra 18
ans de sa vie (1869-1887) et la laissera inachevée. Complété après sa mort par Rimski-Korsakov et Glazounov,
l'opéra a été créé au Mariinski en 1890. Il s'inspire du Dit de la Campagne d'Igor, qui narre l'échec de la
campagne militaire d'Igor Sviatoslavitch, prince de Novgorod-Severski contre les Polovtses. Ce Dit est
considéré comme la plus ancienne œuvre littéraire slave, même si son authenticité pose question, dans la
mesure où il n’en subsiste que des copies. Peu importe à Borodine pour qui un tel récit permet de célébrer une
vaste Russie unifiée, laquelle assied alors - coïncidence ? - sa domination en Asie centrale. Ce n'est pas par
hasard qu'il est membre du Groupe des Cinq (avec Balakirev, Cui, Moussorgski et Rimski-Korsakov), club qui
prône une musique nationale, basée sur les traditions populaires et affranchie de l'influence occidentale. Si l'on
peut reprocher au Prince Igor un livret de facture inégale, qui s'attache peu à dépeindre les personnages
principaux, toute réserve est vite balayée par la richesse des morceaux musicaux, qui figurent aux sommets de
l'opéra russe : célébrissimes danses polovtsiennes, air de Kontchakovna au deuxième acte (qui évoque Dans les
Steppes de l'Asie centrale, autre morceau fameux de Borodine), bientôt suivi du somptueux monologue
d'Igor… Captée en 1981, cette production est dirigée par Mark Ermler, digne représentant de la tradition
d’excellence musicale du théâtre Bolchoï.

Jeudi 1er avril à 20h30


Les grandes voix du Bolchoï
Séance présentée par Richard Martet (Opéra Magazine).
The glory of the Russian Opera at the Bolshoi (extraits).
Réal. : Robin Scott, prod. : Kultur / NVC Arts, 110 min.
Cette séance présente une série de documents d’archives soviétiques qui, des années 1920 aux années 1970,
montrent l’incroyable floraison de grandes voix qui se sont illustrées sur la scène du Bolchoï : soprano et
mezzo avec Galina Vishnevskaïa dans le rôle de Lisa de la Dame de Pique, Irina Arkhipova dans la
Khovantchina et Elena Obraztsova dans le rôle de Marina de Boris Godounov mais aussi voix de basse avec les
deux grands Boris que furent Ivan Petrov et Alexander Piragov, sans oublier Mark Reizen et Mikhailov dans
Une vie pour le tsar de Glinka. Une occasion de retrouver les deux ténors russes rivaux au plus haut niveau de
leur art, Ivan Kozlovsky et Sergueï Lemeshev.

Samedi 17 avril à 15h


Rimski-Korsakov : Le Coq d’or
Orchestre de Paris, Chœur du Théâtre Mariinski, dir. Kent Nagano
Mise en scène : Ennosuke Ichikawa.
Avec Albert Schagidullin, Ilya Levinsky, Andrei Breus, Ilya Bannik, Elena Manistina, Barry Banks, Olga
Trifonova, Yuri Maria Saenz
Réal. : Thomas Grimm, prod. : RM Associates / Théâtre du Châtelet / Bernhard Fleischer, 2002, 108 min.
Dernier opéra de Rimski-Korsakov, Le Coq d'or est une critique acerbe de la vie politique et militaire, tirée
d'un conte de Pouchkine (décidément grand inspirateur d'œuvres lyriques). Critique d'autant plus ironique que
l'œuvre est écrite après la défaite russe contre le Japon, en 1904. Ce que la censure ne manqua pas de relever,
interdisant toute représentation ; aussi Rimski mourut-il, en 1908, sans avoir vu ce Coq d'or à la scène, lui qui
avait pourtant prudemment qualifié son dernier opéra d'« histoire invraisemblable » : peine perdue.

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Il est vrai que dès le premier acte, à la cour du Tsar Dodon qui cherche une solution pour se prémunir des
guerres, son fils Gvidon suggère de garder l'armée au Palais pour protéger la Cour tout en laissant l'ennemi
piller le pays à son aise... Solution rejetée : ledit ennemi pourrait trop aisément s'approcher du Palais. Dodon est
plus intéressé par l'astrologue qui lui présente un coq magique, lequel ne chante qu'en cas de danger (« la partie
du coq d'or requiert une voix de soprano puissant ou de mezzo soprano aigu », nota le compositeur). Cela ne le
sauvera évidemment pas. Du Tsar « dormant » - à l'image de Nicolas II - au peuple veule (« Comment vivre
sans Tsar », chante le chœur final), tout ici est affligeant. De tous les opéras de Rimski-Korsakov, le Coq d'or
est le plus fréquemment joué en dehors de la Russie. L'Occident sans doute en apprécia la subversion, tandis
que l'URSS ignora cette œuvre grinçante.
La production du Châtelet captée en 2003 se réfère indirectement au contexte historique, tout en peignant un
« royaume lointain » fantaisiste, dû à la créativité d'Ennosuke III. Les costumes somptueux du théâtre Kabuki
japonais, avec les masques grimaçants, s'y affichent dans un déluge de couleurs fastueuses : la gestuelle aussi
s'affiche résolument orientale, enrobant le palais du Tsar d'une atmosphère à la fois hiératique et cocasse.
Le tout servi par l'excellence des chœurs du Mariinski et de l'orchestre de Paris dirigé par Kent Nagano.

Dimanche 18 avril à 15h


Moussorgski : La Khovantchina
Orchestre, Chœur et Ballet du Théâtre Mariinski, dir. Valery Gergiev
Mise en scène : Leonid Baratov
Chorégraphie : Fyodor Lopukhov
Avec : Bulat Minjelkiev, Vladimir Galusin, Alexeï Stebianko, Nikolai Okhotnikov, Olga Borodina, Valery
Alexeev, Jelena Prokina…
Réal. : Brian Large, prod. : Europe Images, 1991, 205 min.
Inspiré des événements de la Révolte de Moscou et de ses suites (1682-1698) La Khovantchina a connu un
destin au moins aussi chaotique que Boris. Laissée inachevé par le compositeur, l'œuvre est créée en 1886, soit
5 ans après sa mort, complétée et orchestrée par Rimski-Korsakov, qui en retrancha quelque 800 mesures.
Chostakovitch à son tour remaniera l'ouvrage, remettant les morceaux supprimés, et c'est sa version que donne
Valery Gergiev lors de cette soirée captée au Mariinski en 1991.
Moussorgski nourrissait pour Khovantchina d'immenses ambitions, voulant en faire une fresque historique
comparable à Guerre et paix, qualifiant l'ouvrage non pas d'opéra mais de « drame musical national ». Il en
écrivit lui-même le livret, en se basant sur des documents historiques et non sur un récit littéraire. De là vient
sans doute que Khovantchina est d'abord un roman avant d'être un opéra, avec des personnages d'égale
importance et une intrigue complexe qui peuvent dérouter un spectateur pour qui l'opéra se résume aux amours
contrariées d'un ténor et d'une soprano. Ici, comme pour Boris Godounov, c'est une basse qui occupe le devant
de la scène : Dossifeï, personnage surhumain qu'incarna jadis avec force Mark Reizen.
Dans Khovantchina, le peuple apparaît veule, versatile, prêt à suivre le premier démagogue venu, accentuant le
caractère sombre, sinon désespéré de l'ouvrage où se succèdent meurtres et massacres. On n'oubliera pas le
cortège des streltsi apportant les billots et haches de leur châtiment (fait historique) ni le bûcher final qu'allume
Marfa pour y périr avec Andreï...

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Samedi 12 juin à 15h
Chtchedrine : Le Vagabond enchanté
Orchestre, Chœur et Ballet du Théâtre Mariinski, dir. Valery Gergiev
Mise en scène : Mikhaïl Tatarnikov
Avec : Avec Sergueï Aleksashkin, Andreï Popov, Kristina Kapustinskaya...
Prod. : Bel Air Media, 2009, 90 min
Rodion Chtchedrine fait partie de la génération des compositeurs russes majeurs d'après-guerre dont les œuvres
sont trop méconnues en France, au même titre que Sofia Gubaïdulina et Alfred Schnittke. La musique de
Chtchedrine s’inscrit dans la continuité de celles de Moussorgski et Chostakovitch.
Son opéra Le Vagabond enchanté dont le Théâtre Mariinski présente en décembre 2009 une nouvelle
production, est inspiré d’une nouvelle de Nicolas Leskov. On retrouve dans l’opéra des thèmes qui puisent aux
mêmes sources que l’opéra du XIXe siècle, une terre russe traversée par le sacré et le merveilleux.
Valery Gergiev qui voue à l’ensemble de l’œuvre de Rodion Chtchedrine un intérêt tout particulier vient de
réaliser un enregistrement audio du Vagabond enchanté.

Samedi 12 juin à 20h


Tchaïkovski : La Dame de pique
Orchestre, Chœur et Ballet du Théâtre Mariinski, dir. Valery Gergiev
Reprise de la production de Yuri Temirkanov
Distribution en cours
Prod. : Théâtre Mariinski, 2009
La Dame de Pique est le seul opéra de Tchaïkovski retenu dans cette sélection, non seulement parce qu’il est,
avec Eugène Onéguine, un de ses chefs-d’œuvre lyrique, mais aussi parce que son livret en fait l’œuvre la plus
proche du thème général de ce cycle : la présence du fantastique et le rôle joué par la foule spectatrice dans
l’opéra russe du XIXe siècle. Basé sur la nouvelle de Pouchkine, l’opéra de Tchaïkovski intègre des apports
musicaux multiples : l’usage des leitmotive rappelle l’utilisation de l’idée fixe de Berlioz, alors que le
châtiment final d’Hermann est une référence évidente au Don Giovanni de Mozart.
Filmée en haute définition, cette nouvelle production du Théâtre Mariinski de 2009, reprise de la mise en scène
de Yuri Temirkanov présentée dans le même théâtre en 1992, est présentée en exclusivité.

Dimanche 13 juin à 15h


Moussorgski : Boris Godounov
Orchestre, Chœur et Ballet du Théâtre Mariinski, dir. Valery Gergiev Reprise de la production d’Andreï Tarkovski
Avec : Robert Lloyd, Olga Borodina, Alexeï Steblianko, Sergei Leiferkus...
Réal. : Humphrey Burton, Distr. : Europe Images, 1990, 221 min.
Créée en 1983 à Covent-Garden, cette production est la seule incursion à l'opéra d'Andreï Tarkovski, cinéaste
du mysticisme russe (Andreï Roublev), qui répondit favorablement à l'invitation de Claudio Abbado. Sa reprise,
au Mariinski en 1990, est en quelque sorte « posthume », le cinéaste exilé à Paris ayant succombé à un cancer
du poumon, en 1986.
Le cinéaste sait comme nul autre donner corps au peuple et à sa piété : voyez ces choristes à genoux, portant
des icônes, voyez ce peuple qui implore Boris en tendant vers lui ses mains dans un mouvement saisissant (acte
4, sc. 1). D'une remarquable beauté plastique, cette captation comprend plusieurs moments de grande
théâtralité. Ainsi de ces immenses tapis blancs qui ornent l'appartement du tsar, où jouent les enfants comme
perdus dans une immensité neigeuse. Lorsque Boris sera dévoré par le remords, il s'y enroulera comme on le
ferait d'un linceul ou d'une camisole, puis la lumière, en se faisant rougissante, l'habillera d'un halo de sang.
Habitué du rôle, Rober Lloyd campe un Boris habité par la crainte et le doute tandis qu'à chaque instant,
Tarkovski le place sous le regard d'un enfant.

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Conférence de présentation de l’exposition le lundi 15 mars à 12h30
par Jannic Durand, commissaire de l’exposition

- Colloque les 26 et 27 mars : « L’invention de la Sainte Russie / Идея


Святой Руси »
Programmation : Monica Preti-Hamard, assistée de Charlotte Chaste-Rousseau

L’idée de la Sainte Russie - la « sainte nation », le « lieu saint », le « royaume saint », ou encore le « royaume
des saints » - remonte au Moyen Âge. Très fortement marquée par la chute de Constantinople, elle s’impose
ensuite au cours du règne d’Ivan le Terrible (1547-1584), puis progressivement, au cours du XVIIe siècle. La
Russie s’autoproclame non seulement « sainte » mais encore « pure », en tant qu’ultime et unique dépositaire
de la tradition sacrée de l’Église d’Orient. Plus tard, à la faveur des courants romantiques et nationalistes du
XIXe et du XXe siècle, cette idée est reformulée et revêt sa forme « moderne », qui a perduré jusqu’à nos jours.
Comme en Europe occidentale, elle s’appuie sur les milieux universitaires (historiens, historiens de l’art), mais
sort rapidement de ce cadre pour se diffuser dans l’ensemble des élites cultivées, en exerçant une forte
influence sur la littérature et les arts, ainsi que sur les pratiques du collectionnisme public et privé.
Ce colloque se propose d’ouvrir le sujet dans deux directions : d’une part, les fondements historiques et les
idées constitutives de la notion de Sainte Russie, de l’autre les mythes liés à cette notion.
Comité d’organisation scientifique :
Wladimir Berelowitch, EHESS - CERCEC (Centre d’études des mondes russe, caucasien et centre européen) ;
François-René Martin, ENSBA ; Olga Medvedkova, CNRS - Centre André Chastel et Monica Preti-Hamard,
musée du Louvre.

Vendredi 26 mars
9h45 : Ouverture

I. LES ORIGINES DE L’IDÉE DE LA SAINTE RUSSIE


Président de séance : Jannic Durand, musée du Louvre
10h : La Sainte Russie martyre du prince André Kourbski (1528 - 1583)
par Pierre Gonneau, université Paris - Sorbonne
10h30 : Les origines de l’idée de Sainte Russie, XVe - XVIIe siècles
par Mikhaïl Dmitriev, université Lomonossov, Moscou
11h : Roublev avant Roublev : la fortune du grand peintre russe avant la découverte de ses icônes
par Levon Nersesyan, Galerie Tretiakov, Moscou
11h30 : En découvrant les espaces sacrés : les pèlerins russes au XVIIe siècle
par Alexandre Lavrov, EPHE, Paris et université Paris 8 - Vincennes - Saint-Denis
12h : Les ateliers du Kremlin et le développement de l’image sacrée dans la Russie du XVIIe siècle
par Scott Ruby, Hillwood Estate, Museum & Gardens, Washington
12h30 : Débat

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Samedi 27 mars

II. LE XIXe SIÈCLE : LE NATIONAL ET LE SACRÉ


Président de séance : Jutta Scherrer, EHESS
10h : La découverte de la piété populaire par les ethnographes russes au XIXe siècle
par Wladimir Berelowitch, EHESS, Paris et université de Genève
10h30 : Collectionner les antiquités chrétiennes au Musée russe d’Alexandre III
par Nadezda Pivovarova, Musée russe, Saint-Pétersbourg
11h : L’image de la Russie dans les Récits d’un pèlerin
par Bernard Marchadier, Institut d’études slaves, Paris
11h30 : La représentation de la Sainte Russie dans les icônes russes du XIXe et du début du XXe siècle
par Irina Bousseva-Davydova, Institut d’histoire de l’art, Moscou
15h : Le « visage sombre » de l’icône : la reproduction des icônes dans les éditions russes (fin XIXe - XXe
siècle)
par Olga Medvedkova, CNRS, Paris
15h30 : De l'objet de la vénération à l'œuvre d'art : Pavel Muratov et la « découverte » de l'icône russe
par Xenia Muratova, université Rennes 2 - Haute Bretagne
16h : La Sainte Russie incarnée : les photographes russes à la recherche de la Sainte Russie
par Dominique de Font-Réaulx, musée du Louvre
16h30 : L’héritage de l’avant-garde russe : ironie /
métaphysique dans la peinture non-officielle de
l’après-guerre
par Jane A. Sharp, Rutgers, The State University of
New Jersey
17h00 : Débat

Bataille des Novgorodiens contre les Souzdaliens dite aussi


« Miracle de la Vierge du Signe »,
Novgorod, milieu ou deuxième moitié du XVe siècle.
Peinture à la tempera sur bois de tilleul. Novgorod, Musée d’État
de Novgorod © Musée d’État de Novgorod, Novgorod / Photo
Evgenii Gordiychenkov

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Journée-débat « Musée-musées » le mercredi 7 avril : Restaurer,
reconstruire : les églises russes, un patrimoine architectural en questions
Programmation : Marcella Lista, assistée de Camille Palopoli

C’est dans le cadre du millénaire du Baptême de la Russie, au milieu des années 1980, que l’Eglise Orthodoxe
russe a entrepris de récupérer l’usufruit des édifices historiques désaffectés par le régime soviétique, activant de
nombreuses campagnes de restauration. Ce regain de considération patrimoniale, accentué depuis 1991, bat
aujourd’hui son plein. Des restaurations aux reconstructions à l’identique, les initiatives foisonnent de manière
parfois dispersée, servant un fort désir identitaire.
Les édifices médiévaux du Kremlin et les emblématiques monuments de la Place Rouge, les monastères et les
constructions en bois du XVIIIe siècle, les reconstructions spectaculaires comme celle de l’Eglise du Saint
Sauveur de Moscou, sont autant de cas d’étude qui montrent une approche hétérogène de la sauvegarde
patrimoniale. Par delà l’important investissement scientifique, qui a permis de remettre au jour l’état original,
longtemps occulté, d’ouvrages anciens, la réhabilitation d’édifices symboliques de la Sainte Russie engage
aussi un nouveau rapport au passé.
A partir d’un examen de l’histoire moderne et contemporaine de la Russie, le débat réunit archéologues,
historiens, sociologues et experts de la restauration pour faire le bilan des chantiers récents et aborder les
questions que soulève aujourd’hui le patrimoine religieux.

En collaboration avec Le Monde.

10h : Ouverture
par Jan Krauze et Henri Tincq, Le Monde

LE PATRIMOINE RELIGIEUX ENTRE L’EGLISE ET L’ETAT, DE L’ÉPOQUE


IMPÉRIALE À LA RUSSIE CONTEMPORAINE

10h15 : La Commission Archéologique Impériale et la protection de Sainte Russie: un héritage oublié de


la politique patrimoniale ?
par Aleksandr Musin, Académie des Sciences de Russie, Saint-Pétersbourg

10h45 : Le traitement des monuments architecturaux dans l’URSS : l’Etat, l’Eglise et l’Intelligentsia
par Nikolaï Mitrokhine, Université de Brême

11h15 : L’Eglise orthodoxe russe et l’Etat dans la Russie contemporaine


par Kathy Rousselet, Sciences Po, Paris

11h45 : Débat

47
LIEUX SAINTS ET OBJETS DE CULTE : PRATIQUES DE CONSERVATION ET DE
RESTAURATION

14h30 : Les restaurations de sites religieux historiques dans la Russie soviétique et post-soviétique
par Alexei Shchenkov, Institut d’Architecture de Moscou

15h : L'architecture en bois de la Russie : un héritage oublié


par Mikhaïl Miltchik, Institut de recherche pour la restauration, Saint-Pétersbourg

15h30 : Lieux de culture ou lieux de culte : quel avenir pour les "musées-réserves"?
par Irina Chunikhina, Ecole des hautes études en sciences sociales, Paris

16h00 : La Vierge de Vladimir de la Galerie Tretiatov: des cimaises du musée à l’autel


par Michel Rutschkowsky, Inspection générale des musées de France

16h20 : Débat

Eglise de la Transfiguration (1781), Turchasovo, région Arkhangel, Russie


Richard Davies © 2008

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Cinéma : Images saintes
Vendredi 7 mai à 12h30 : « Icônes »
Le Couronnement du tsar Nicolas II. Vue Lumière, 1897, 1 min
Le couple impérial descend les escaliers, précédé d’une procession d’icônes.
Dépersonnalisés
Tch., 1968, 11 min, coul., réal. : Martin Slivka.
Les icônes bulgares dans l’église du Couronnement d’Alexandre Nevski à Sofia.
Théologie de l’icône : la peinture byzantine de l’école crétoise
Gr., 1998, 50 min, coul., réal. : Koula Antoniadou, commentaire : John Davis.
Analyse iconographique d’icônes à partir de leur signification théologique.

Vendredi 7, samedi 8 et dimanche 9 mai : « Prières » - cycle Andreï Tarkovski


Avec le concours de l’Institut Tarkovski.
Si Andreï Tarkovski a incarné, au début des années 1960, le renouveau du cinéma soviétique, il n’en est pas
moins resté, à travers tout son œuvre, l’héritier parfois nostalgique d’une culture russe spiritualiste, mystique et
prophétique, considérant le film comme « un acte moral purificateur ».

* Vendredi 7 mai à 20 h : Andreï Roublev


URSS, 1966, 204 min (version d’auteur), vostf, n.b. et coul.
Au début du XVe siècle, le peintre d’icônes Andreï Roublev, chargé de réaliser un Jugement dernier, perd foi
en la création, puis la retrouve grâce à un jeune fondeur de cloche et peint l’icône de La Trinité.
« Qu’est-ce que la création ? A quoi sert l’art ? La réponse à ces interrogations tient dans une formule : l’art est
une prière. » (Andreï Tarkovski.)
Avec le concours de la Cinémathèque française

* Samedi 8 mai à 14h : L’Enfance d’Ivan


URSS, 1962, 95 min, vostf, n.b.
Ivan, partisan de douze ans obsédé par la disparition de sa mère tuée sous ses yeux, devient un héros en
exécutant, pour l’armée soviétique, des missions de surveillance dans le camp allemand.
Film présenté par Marie-José Mondrain, philosophe.
à 16h : Stalker
URSS, 1979, 161 min, vostf, coul.
Dans la Zone, gardée par des militaires, le Stalker tente de rendre l’espoir aux plus malheureux avec la
Chambre des désirs. « Ce film parle d’un homme qui poursuit une quête […] idéaliste, il demeure une sorte de
chevalier en combat pour des valeurs spirituelles. » (Andrei Tarkovski.)
Film présenté par Jacques Amont, professeur à Paris-III et à l’EHESS.

* Dimanche 9 mai à 14h : Nosthalgia


It., 1983, 130 min, vostf, coul.
Au cours d’un voyage effectué en Italie sur les traces d’un compatriote musicien, un écrivain russe éprouve la
solitude et la nostalgie, « cette impuissance devant le monde, cette douleur de ne pouvoir transmettre sa
spiritualité aux autres hommes ». (Andreï Tarkovski.)
à 16 h 30 : Le Sacrifice
Fr., Suède, G.-B., 1986, 145 min, vostf, coul.
Dans un archipel isolé près des côtes suédoises, une petite communauté se trouve complètement coupée du
monde après un holocauste nucléaire. Si la guerre est un acte irrationnel, alors seul un acte irrationnel pourra
l’arrêter, le sacrifice d’Alexandre, qui sauvera le monde. « Le plus important est le symbole qui n’est pas
seulement donné à comprendre, mais à sentir. Croire en dépit de tout, croire […] » (Andreï Tarkovski.)

49
Publications

* Catalogue de l’exposition
Sainte Russie
L’art russe des origines à Pierre le Grand
Collectif sous la direction de Jannic Durand, Dorota Giovannoni et
Ioanna Rapti, assistés de Renata Clavien.

I/ La conversion
- La conversion - Pierre Gonneau
- Espaces et peuples avant la conversion - Michel Kazanski
- Kiev et l’espace méditerranéen au Xe siècle - Gleb Y. Ivakin
- Novgorod et la Rous’ du Nord - Evgeni N. Nosov

II/ Le premier âge d’or


- Le premier âge d’or : début du XIe siècle - début du XIIIe siècle -
Pierre Gonneau
- L’architecture prémongole - Oleg M. Ioannissian
- La peinture prémongole - Gerold I. Vzdornov
- Kiev et l’héritage byzantin - Ludmila Pekarska
- Novgorod-la-Grande et la Rous’ du Nord-Ouest - Elisa A.
Catalogue
Coédition : Somogy / musée du Louvre
Gordienko
Éditions - Vladimir et Souzdal : la tentation romane - Maria E. Rodina et
Volume cartonné Jannic Durand
Format : 24.6 x 30 cm
620 Illustrations - 744 pages
ISBN/EAN du Louvre : 978-2-35031-267-5
III/ Le temps des Mongols
Prix : 49 € TTC Le temps des Mongols (1223-1304) - Pierre Gonneau
Parution : mars 2010
Album IV/ Les grands centres de la Russie médiévale
Coédition : Somogy / musée du Louvre - Les grands centres de la Russie médiévale (XIVe-XVe siècle) -
Éditions Pierre Gonneau
Volume broché
Format : 24 x 30 cm
- La Renaissance de l’architecture dans les grands centres de la
40 Illustrations environ - 48 pages Russie médiévale - Yuri R. Saveliev
Prix : 8 € TTC - De Byzance à Roublev : les icônes russes du XIIe au XVe siècle -
Yuri A. Piatnitsky
Ces deux ouvrages sont réalisés avec le
soutien d’ARJOWIGGINS - Le Livre dans la Russie médiévale au XIVe et XVe siècles -
Emilia V. Chouguina
- La République de Novgorod - Elisa A. Gordienko
- Pskov - Olga A. Vassilieva

V/ L’émergence de Moscou
- L’émergence de Moscou (XIVe - XVe siècle) - Pierre Gonneau
- La renaissance architecturale à Moscou aux XIVe et XVe siècles -
Somogy / Contact presse
Yuri R. Saveliev
Isabelle Pépin - Serge de Radonège (1322-1392) et le renouveau du monachisme
presse@somogy.fr russe - Pierre Gonneau
T/ + 33 1 48 05 81 82
F/ + 33 1 48 05 71 70
- Les pélerins russes, Byzance et l’Orient chrétien - Georges P.
Majeska

50
* Catalogue de - André Roublev : les dimensions d’un mythe - Boris N.
Doudotchkine
l’exposition - L’art du livre et l’essor de Moscou - Pavel A. Medvedev et
Sainte Russie Ekaterina V. Krouchelnitskaïa
L’art russe des origines à - Dionisi et son temps - Valentin A. Boulkine
- L’iconostase de la cathédrale de la Dormition du monastère de la
Pierre le Grand Dormition - Saint-Cyrille du lac Blanc - Olga V. Voronova
Collectif sous la direction de Jannic - Le monastère de la Dormition - Saint-Cyrille du lac Blanc - Irina
Durand, Dorota Giovannoni et Ioanna D. Solovieva
Rapti, assistés de Renata Clavien.
VI/ Le siècle d’Ivan le Terrible
- Le siècle d’Ivan le Terrible (1505-1598) - Pierre Gonneau
- Les aléas d’une transposition : Moscou “Troisième Rome” et le
modèle byzantin - Georges P. Majeska
- La chronique enluminée d’Ivan le Terrible - Pavel A. Medvedev
et Ekaterina A. Krouchelnitskaïa
- La Russie entre dans la galaxie de Gutenberg - Nicolaï V.
Nikolaev
- Tradition et modernité dans l’architecture du XVIe siècle - Yuri
R. Saveliev
- Moscou : le “Grand atelier”, orfèvrerie et broderie d’art à la cour
- Irina A. Sterligova
- Moscou : le “Grand atelier”, la peinture - Ludmila A.
Shchennikova

VII/ Le Temps des troubles


- Le Temps des troubles (1598-1613) - Pierre Gonneau
- L’Oklad de la Trinité de Roublev : un enjeu dynastique au
Temps des troubles - Boris M. Kloss
- Miroir des souverains russes : les dons au monastère de la
Trinité-Saint-Serge - Svetlana V. Nikolaeva

VIII/ De Michel Ier Romanov à Pierre le Grand


- De Michel Ier Romanov à Pierre le Grand : conflits et renouveaux
(1613-1725) - Pierre Gonneau
- L’architecture du XVIIe siècle : entre pittoresque, attrait baroque
et sobriété classique - Yuri R. Saveliev
- Le renouveau des arts sous Michel Ier et Alexis Ier Romanov -
Irina L. Boussieva-Davydova
- L’école Stroganov - Alexandre V. Silkin
- Le tsar Alexis et le patriarche Nikon, les réformes et leurs
conséquences dans la seconde moitié du XVIIe siècle - Elena
Ioukhimenko
- De Moscou à Saint-Pétersbourg : la rupture artistique - Natalia I.
Komachko

* L’album de l’exposition
Cet ouvrage largement illustré est idéal pour s’informer,
efficacement et rapidement, sur l’exposition et pour conserver un
souvenir visuel et exhaustif de sa visite.

51
Musée du Louvre - Informations pratiques

Lieu :
Musée du Louvre - Hall Napoléon
Entrées conseillées au musée :
- par la pyramide : entrée principale de 9 h à 22 h, accès au hall Napoléon, aux espaces d'accueil, à l'auditorium,
Entrées conseillées aux expositions temporaires :
- par le passage Richelieu : entrée de 9 h à 18 h, pour les visiteurs déjà munis d'un titre d'accès, les groupes, les
Amis du Louvre, les titulaires des cartes Louvre jeunes, Louvre professionnels, Louvre enseignants, Louvre
étudiants partenaires et les spectateurs de l'auditorium munis de leurs billets.
- par la galerie du Carrousel : accès par le jardin du Carrousel de 9 h à 22 h ou par le 99, rue de Rivoli.

Horaires :
ouvert tous les jours, sauf le mardi, de 9 h à 18 h, jusqu’à 20 h le samedi et jusqu'à 22 h les mercredi et
vendredi.

Tarification :
Billet spécifique pour l'exposition « Sainte Russie. L’art russe, des origines à Pierre le Grand » : 11 euros.
Billet jumelé collections permanentes et exposition « Sainte Russie. L’art russe, des origines à Pierre le
Grand » : 14 euros, 12 euros les mercredi et vendredi à partir de 18 h.
Accès libre pour les moins de 18 ans, les chômeurs, les adhérents des cartes Louvre jeunes, Louvre
professionnels, Louvre enseignants, Louvre étudiants partenaires et Amis du Louvre.
Gratuit le premier dimanche de chaque mois et, pour les moins de 26 ans, les vendredi à partir de 18 h (hors
exposition « Sainte Russie. L’art russe, des origines à Pierre le Grand » ).

Acheter son billet à l'avance et éviter l'attente :

- À l'unité et pour moins de 20 billets


Fnac (0,34 E TTC / min) : 0 892 684 694.
TicketNet (0,34 E TTC / min) : 0 892 390 100.
www.louvre.fr
Dans les magasins Fnac, Carrefour, Leclerc, Continent, Auchan, Extrapole, Hyper-média, Le Bon Marché, Le
Printemps, Galeries Lafayette, BHV, Virgin Megastore.

- À partir de 20 billets :
Boutique Musée & Compagnie, T : 01 40 13 49 13
Les billets achetés à l'avance ont une date de validité illimitée. Ils permettent un accès direct par le passage
Richelieu ou par la galerie du Carrousel.

Renseignements :
T : 01 40 20 53 17 (banque d'information sous la pyramide)
www.louvre.fr

52
Visuels disponibles pour la presse
Sainte Russie
L’art russe, des origines à Pierre le Grand
Du 5 mars 2010 au 24 mai 2010
Les visuels sont libres de droit avant et pendant l’exposition. Ils peuvent être utilisés uniquement dans le cadre
de la promotion de l’exposition.
Merci de mentionner le crédit photographique et de nous envoyer l’article une fois publié :
Musée du Louvre, Direction de la communication, 75058 Paris cedex 01

1/ Chronique de Radziwiłł : le baptême du prince Vladimir,


Russie, XVe siècle. Papier, Saint-Pétersbourg, Bibliothèque de
l’Académie des sciences de Russie © Bibliothèque de
l’Académie des sciences de Russie, Saint-Pétersbourg / Photo
Alexeï M. Melentiev

2/ Recueil de Sylvestre : vie des saints Boris et Gleb,


Novgorod (?), seconde moitié du XIVe siècle. Parchemin,
écriture majuscule, plusieurs mains, sur deux colonnes,
Moscou, Archives d’État russes des documents anciens
(R.G. A.D.A)
© Archives d’État russes des documents anciens, Moscou /
Photo K. V. Safronov

3/ Icône : les saints Boris et Gleb,


Novgorod, milieu du XIVe siècle. Bois,
peinture à la détrempe, Moscou, Musée
historique d’État (GIM) © Musée
historique d’État (GIM), Moscou
4/ Evangéliaire d’Ostromir,
Kiev ou Novgorod (?), 1056-1057, l’un des copistes est le diacre
Grégoire. Parchemin, Saint-Pétersbourg, Bibliothèque nationale
de Russie, département des manuscrits © Bibliothèque nationale
de Russie, Saint-Pétersbourg / Photo : Vladimir S. Terebenin

5/ « Missel » (Sloujebnik) de Barlaam de Khoutyn, Rous’


kiévienne (Galicie-Volhynie ?), fin du XIIe-XIIIe siècle.
Parchemin, Moscou, Musée historique d’État (GIM)
© Musée historique d’État (GIM), Moscou

6/ Masque de lion,
Vladimir, 1158-1160,
Calcaire blanc.
Provenance : façade de la cathédrale de la Dormition à
Vladimir, Vladimir, Musées d’État de Vladimir-Souzdal,
© Musées d’État de Vladimir-Souzdal, Vladimir
7/ « Portes d’or » de la cathédrale la Nativité
de la Vierge à Souzdal,
Premier tiers du XIIIe siècle. Cuivre doré et
dorure à chaud, sur armature de fer, Souzdal,
Musées d’État de Vladimir-Souzdal © Musées
d’État de Vladimir-Souzdal, Souzdal

8/ Calice à deux anses,


Novgorod, XIe siècle. Orfèvre : Kosta
(Constantin), argent fondu et argent repoussé,
ciselé et doré, nielle, Novgorod, Musée d’État
de Novgorod
© Musée d’État de Novgorod, Novgorod /
Photo Evgenii Gordiychenkov

9/ Collier de « barmes » de Riazan,


Riazan (?), XIIe ou début du XIIIe siècle.
Or, émail sur or, pierres précieuses, menues
perles, filigranes, granulations, Moscou,
Musées du Kremlin
© Musées du Kremlin, Moscou
10/ Bataille des Novgorodiens contre les Souzdaliens dite
aussi « Miracle de la Vierge du Signe »,
Novgorod, milieu ou deuxième moitié du XVe siècle.
Peinture à la tempera sur bois de tilleul, Novgorod, Musée d’État
de Novgorod © Musée d’État de Novgorod, Novgorod / Photo
Evgenii Gordiychenkov

11/ Pokrov d’Alexandre Nevski,


Solvytchegodsk, atelier des Stroganov, 1670-
1680. Satin, toile, fils de soie d’or et
12/ Icône : Vierge de Tolga, Iaroslav ou Rostov ( ?), d’argent, Sergueiv-Possad, Musée d’État
fin du XIIIe siècle. Peinture à tempera sur bois de tilleul. Prove- d’art et d’histoire
nance : église de l’Exaltation-de-la-Croix du monastère de Tol- © Musée d’État d’art et d’histoire, Sergueiv-
ga, près de Iaroslav, Moscou, Galerie Trétiakov Possad
© Galerie Trétiakov, Moscou
13/ Panaghiarion,
Novgorod, 1435, Maître Ivan, Argent doré, cuivre doré,
traces d’émail. Provenance : église du Trésor de la
cathédrale Sainte-Sophie à Novgorod, Novgorod, Musée
d’État de Novgorod © Musée d’État de Novgorod,
Novgorod / Photo Evgenii Gordiychenkov

14/ Icône : Saints Jean Climaque, Georges et Blaise,


Novgorod, deuxième moitié du XIIIe siècle.
Bois (deux panneaux, reliquats des premiers feuillets plaqués
et cerclés en revers, feuillets postérieurs en sens inverse),
pavoloka, tempera, Saint-Pétersbourg, Musée national russe
© Musée Russe, Saint-Pétersbourg
15/ Icône : saint Georges terrassant le dragon,
Novgorod, deuxième quart du XVe siècle.
Peinture à la tempera sur bois.
Provenance : Eglise du village de Manikhino (oblast de Volkhov),
Saint-Pétersbourg, Musée national russe
© Musée Russe, Saint-Pétersbourg

16/ Icône : les saints Boris et Gleb,


Novgorod, dernier tiers du XIVe siècle (vers 1377 ?) et deuxième
tiers du XVIe siècle (revêtement).
Peinture à la tempera sur bois de tilleul, argent doré,
Provenance : église Saints-Boris-et-Gleb-des-Charpentiers du
quartier des marchands à Novgorod, construite en 1377,
Novgorod, Musée d’État de Novgorod
© Musée d’État de Novgorod, Novgorod / Photo Evgenii
Gordiychenkov

17/ Icône : Saint Demetrios,


Pskov, deuxième quart ou milieu du XVe siècle.
Tempera sur bois de pin.
Provenance : église monastique Sainte-Barbe du village de Petrov
à Pskov construite en 1618,
Saint-Pétersbourg, Musée national russe
© Musée Russe, Saint-Pétersbourg
18/ Icône : saint Pierre,
métropolite de Moscou,
Novgorod, milieu du XVIe
siècle.
Peinture à la tempera sur
bois de tilleul.
Provenance : Iconostase de
l’église des Saints-Pierre-
et-Paul-des-Tanneurs de
Novgorod, Novgorod,
Musée d’État de Novgorod
© Musée d’État de
Novgorod, Novgorod /
Photo Evgenii
Gordiychenkov

19/ Calice,
Moscou, 1439, Maître Ivan Fomine.
Or, pierre dure, filigranes, peinture.
Provenance : Sacristie du monastère de la Trinité-
Saint-Serge. Don du grand-prince de Moscou
Basile II l’Aveugle, en 1449, Sergueiv-Possad,
Musée d’État d’art et d’histoire
© Musée d’État d’art et d’histoire, Sergueiv-
Possad

21/ Icône de Deisis : saint Jean Baptiste,


20/ Icône : Pokrov,
Vers 1408, Daniel et André Roublev (?).
Souzdal (?), dernier quart du XVe siècle.
Peinture à la tempéra sur bois.
Peinture à la tempera sur bois.
Provenance : Iconostase de la cathédrale de la
Provenance : Monastère de l’Intercession-de-la-Robe-de-la-Vierge de
Dormition à Vladimir, Moscou, Galerie Tretiakov
Souzdal, Souzdal, Musées d’État de Vladimir-Souzdal
© Galerie Tretiakov, Moscou
© Musées d’État de Vladimir-Souzdal, Souzdal
23/ Iconostase de la Dormition du monastère Saint-Cyrille
du lac Blanc icône du registre de la Déisis, La Vierge,
22/ Iconostase de la Dormition du monastère Saint-Cyrille du Moscou, 1497.
lac Blanc : icône du registre de la Déisis, l’Archange Michel, Peinture à la tempera sur bois de tilleul.
Moscou, 1497. Peinture à la tempera sur bois de tilleul. Kirillov, Musée national d’art et d’architecture de Saint
Kirillov, Musée national d’art et d’architecture de Saint Cyrille de Cyrille de Beloozero © Musée national d’art et d’architecture
Beloozero © Musée national d’art et d’architecture de Saint Cyrille de Saint Cyrille de Beloozero, Kirillov / Photo A. V. Nitetski
de Beloozero, Kirillov / Photo A. V. Nitetski

24/ Iconostase de la Dormition du monastère Saint-Cyrille du Lac


Blanc : icône du registre des Fêtes , Nativité de la Vierge,
Moscou, 1497, milieu du XVIe siècle (revêtements).
Peinture à la tempera sur bois de tilleul, argent doré.
Kirillov, Musée national d’art et d’architecture de Saint Cyrille de
Beloozero © Musée national d’art et d’architecture de Saint Cyrille de
Beloozero, Kirillov / Photo A. V. Nitetski
25/ Iconostase de la Dormition du monastère
Saint-Cyrille du lac Blanc : icône du registre des
Fêtes, Incrédulité de Thomas,
Moscou, 1497, milieu du XVIe siècle (revêtements).
Peinture à la tempera sur bois de tilleul, une planche
en pin, argent doré.
Kirillov, Musée national d’art et d’architecture de
Saint Cyrille de Beloozero
© Musée national d’art et d’architecture de Saint
Cyrille de Beloozero, Kirillov / Photo A. V. Nitetski

26/ Actes des Apôtres et Epîtres,


Moscou, vers 1410-1420.
Parchemin, reliure ancienne de bois et velours
avec appliques sur le plat supérieur.
Provenance : Monastère Saint-Cyrille de
Beloozero
Saint-Pétersbourg, Musée national russe
© Musée Russe, Saint-Pétersbourg

27/ Epitaphios du prince Dimitri Shemiaka,


Moscou (?), 1444. Soie, fils d’or, d’argent et de soie.
Provenance : don du prince Dimitri Shemiaka au
monastère Saint-Georges.
Novgorod, Musée d’État de Novgorod
© Musée d’État de Novgorod, Novgorod / Photo
Evgenii Gordiychenkov
28/ Calice,
Moscou, ateliers du Kremlin, milieu du XVIe siècle.
Or ciselé et gravé, nielle.
Provenance : Cathédrale de l’Annonciation du Kremlin de Moscou.
Moscou, Musées du Kremlin © Musées du Kremlin, Moscou

29/ Icône : « En toi, pleine de grâce, la Création tout entière se


réjouit »,
vers 1530.
Peinture à la tempera sur bois.
Provenance : iconostase de l’église de la Nativité-de-la-Vierge du
monastère de Ferapontovo.
Kirillov, Musée national d’art et d’architecture de Saint-Cyrille de
Beloozero © Musée national d’art et d’architecture de Saint-
Cyrille de Beloozero, Kirillov / Photo A. V. Nitetski

30/ Saint Georges terrassant le dragon,


Russie centrale, seconde moitié du XVIe siècle.
Bois polychrome, dorure.
Vologda, Musée d’État d’art, d’histoire et d’architecture
© Musée d’État d’art, d’histoire et d’architecture, Vologda / Photo
Alexandre V. Tarasovsky
31/ Icône funéraire de Basile III,
Moscou, troisième quart du XVIe siècle. 32/ Icône : La vision de saint Euloge,
Peinture à la tempera sur bois. Solvytchegodsk, entre 1565 et 1596.
Provenance : église de l’Archange Michel du Kremlin de Peinture à la tempera sur bois de tilleul, argent.
Moscou. Provenance : monastère de la Présentation-de-la-Vierge-au-
Moscou, Musée historique d’État (GIM) Temple de Solvytchegodsk (oblast d’Arkhangelsk).
© Musée historique d’État (GIM), Moscou Moscou, Galerie Tretiakov © Galerie Tretiakov, Moscou

33/ Oklad de la Trinité d’André Roublev,


Ateliers du Kremlin, 1599-1600 et 1626, Moscou, 1754.
Or, argent doré, filigranes, nielle, émail, perles et pierres
précieuses : 31 diamants, 74 émeraudes, 7 rubis, 44
saphirs, 2 rubellites, 86 spinelles, auxquelles s’ajoutent
grenats, saphirines, quartz, et chrysoprases.
Provenance : offert par le tsar Boris Godounov en 1599-
1600 à l’église de la Trinité de la Trinité-Saint-Serge
pour l’icône de la Trinité d’André Roublev. Complété
par le tsar Michel Ier Romanov en 1626 puis, à nouveau,
en 1754.
Le revêtement a été séparé de l’icône de Roublev en
1918,
Serguiev-Possad, Musée d’État d’art et d’histoire
© Musée d’État d’art et d’histoire, Serguiev-Possad
34/ Objets liturgiques pour l’Eucharistie :
Moscou, 1679.
Calice, diskos, astérisque, assiette, assiette, cuil-
lère, lance.
Or, argent, diamants, saphirs, émeraudes, rubis,
améthystes, spinelle, topaze, leucosaphirs, quartz,
émail, verre, acier ; gravure, peinture.
Saint-Pétersbourg, Musée de L’Ermitage
© Musée de l'Ermitage / Photo Svetlana Suetova,
Konstantin Sinyavsky

35/ Croix pectorale reliquaire du patriarche Philarète


Moscou, ateliers du Kremlin, première moitié du XVIIe
siècle (entre 1606 et 1610 ?).
Or, nielle, émail sur filigranes et argent (chaîne), Saint-
Pétersbourg, Musée de l’Ermitage, département d’Histoire
de la Culture russe © Musée de L’Ermitage, Saint-
Pétersbourg / Photo Vladimir Terebenin, Leonard Kheifets,
Yuri Molodkovets

36/ Couvercle de la châsse du tsarévitch Dimitri


Moscou, ateliers du Kremlin, 1628-1630.
Orfèvres : Pavel et Dimitri Alexeïev, Vassili Korovnikov, Timothée Ivanov,
Vassili Malosolets, sous la direction de Gavriil Ovdokimov.
Or et argent doré sur âme de bois, émail, pierres précieuses, perles, verre,
Moscou, Musées du Kremlin © Musées du Kremlin, Moscou
37/ Portrait du patriarche Nikon,
Vers 1660-1665.
Huile sur toile.
Provenance : monastère de la Résurrection de la Nouvelle-
Jérusalem.
Istra, Musée d’État d’art, d’histoire et d’architecture
« Nouvelle Jérusalem ».
© Musée d’État d’art, d’histoire et d’architecture « Nouvelle
Jérusalem », Istra / Photo L.M. Tchernenilova

38/ Icône : saint Onuphre,


Moscou (?), 1670-1680.
Peinture à la tempera sur bois, argent doré.
Provenance : église Saint-Onuphre du cimetière du monastère
de Solovki.
Moscou, Musée d’État d’art, d’histoire et d’architecture de
Kolomenskoïe, Ismaïlovo, Lefortovo et Lublino,
© Musée d’État d’art, d’histoire et d’architecture de
Kolomenskoïe, Ismaïlovo, Lefortovo et Lublino, Moscou

39/ Simon Ouchakov, La Sainte Face


Moscou, 1678.
Peinture à la tempera sur bois de tilleul.
Moscou, Galerie Tretiakov
© Galerie Tretiakov, Moscou
40/ Portrait funéraire du tsar Feodor III Romanov
Moscou, Palais des armures, 1686.
Par Ivan (Bogdan) Saltanov, Hiérothée Elin, Louka
Smolianinov.
Peinture à la tempera et à l’huile sur bois.
Moscou, Musée historique d’État (GIM) © Musée historique
d’État (GIM), Moscou

41/ Maquette du monastère de la


Résurrection de Smolny à Saint-
Petersbourg
Saint-Pétersbourg, 1750-1756.
Projet de Francesco Bartolomeo
Rastrelli.
Bois, plomb peinture à l’huile et
dorure.
Saint-Pétersbo urg, Musée d e
l’Académie des Beaux-Arts © Musée
de l’Académie des Beaux-Arts, Saint-
Pétersbourg
France Info et le Musée du Louvre
SAINTE RUSSIE
L’art russe, des origines à Pierre le Grand

Chroniques, sessions d’informations et débats : la Culture tient une place


importante et variée sur l’antenne de France Info.

France Info soutient les nombreux événements qui marquent l’actualité


culturelle et est fière de s’associer à l’exposition SAINTE RUSSIE, l’art russe, des
origines à Pierre le Grand qui s’inscrit comme l’un des rendez-vous majeurs en
2010 dans le cadre de l’année de la Russie.

Les auditeurs de France Info retrouveront, sur l’antenne et sur france-


info.com, l’exposition SAINTE RUSSIE à travers des reportages, des interviews...

Contacts :
Délégué à la direction de la communication de France Info / Romain Beignon
01 56 40 24 22
Responsable des partenariats et des relations publiques / Gaël Hamayon
01 56 40 21 41 / 06 84 10 49 91
Responsable des relations presse / Claude-Agnès Marcel
01 56 40 20 43
Chargée de communication / Anne-Sylvie Paulat
01 56 40 23 02
Paris, le 24 février 2010

France Culture et Le Musée du Louvre


Sainte Russie

La création sous toutes ses formes est sur France Culture et l’art pictural y trouve tout
naturellement sa place, avec plusieurs émissions qui en abordent régulièrement tous les
contours, en explorent toutes les facettes…

Nourrie par le monde des idées et celui de la culture, France Culture utilise toutes les formes
radiophoniques existantes
existantes, de la fiction au documentaire de création, du magazine élaboré à
l’émission de plateau.
Elle est aussi attachée à la diversité, sur l’antenne, des territoires,
territoires des disciplines et privilégie
le dialogue entre la création et le patrimoine …

France Culture a l’ambition, pour ses auditeurs, de rendre compréhensible la complexité du


monde et accessible sa beauté. Aussi, chacun peut-il dans les programmes de France Culture
découvrir un ou plusieurs rendez-vous en adéquation avec ses centres d’intérêt ou ses
passions.
Tout savoir, tout écouter www.franceculture.com

LUNDI AU VENDREDI
Les Matins de Marc Voinchet, 7h/9h
Tout arrive ! avec Arnaud Laporte, 12h/13h30
Le RenDez-
RenDez-Vous avec Laurent Goumarre, 19h/20h
Hors-
Hors-champs avec Laure Adler, 22h15/23h
LE JEUDI
JEUDI
Les jeudis de l’expo avec Elisabeth Couturier, 15h/16h
LE SAMEDI
Radio libre avec Ali Baddou, 15h30/17h

CONTACTS
Responsable de la communication / Caroline Cesbron
01 56 40 23 40 / 06 22 17 34 46
Chargé des relations presse / Adrien Landivier
01 56 40 21 40
Chargée des partenariats / Gaëlle Michel
01 56 40 12 45
La Tribune,
Le quotidien des décideurs

La Tribune, le quotidien des décideurs, aide ses lecteurs à gagner plus, mieux gérer
et mieux dépenser leur argent. Un journal sérieux sans être ennuyeux, au service
des décideurs pour une meilleure analyse des marchés et des opportunités de
business.
Un quotidien qui les guide également dans leurs activités culturelles, leurs
consommations… en s’ouvrant au Luxe et à l’Art de Vivre. Un quotidien disponible à
chaque instant depuis un smartphone et une application I-Phone déjà téléchargée
35 000 fois !
Partenaire de l’exposition « Sainte Russie,
l’art russe des origines à Pierre le Grand »

GEO consacre le grand dossier de son numéro de mars à la Russie, à travers un


voyage entre ses deux capitales historiques, Moscou et Saint Petersbourg.

De l’exubérante Moscou, qui recèle d’incroyables palais souterrains, à la ville de


Pierre le Grand, où de grands chantiers viennent bousculer un urbanisme que
l’on croyait immuable… Cette rencontre avec le pays d’aujourd’hui, dans les
petits villages riverains de la Volga ou dans le labyrinthe du métro, s’associe à
une découverte du patrimoine russe.

En écho à l’exposition «Sainte Russie» du Louvre, le magazine met en lumière


dans un grand dépliant quelques unes des pièces maîtresses -icônes ou joyaux
d’orfèvrerie- présentées par le musée.

LES CHIFFRES CLES DE GEO

• Titre leader de la presse découverte, GEO est le mensuel le plus lu par les Français avec une audience de près de 4.7
millions de lecteurs. Près d’1 Français sur 10 lit GEO (AEPM 2008-2009).

• La diffusion totale payée de GEO s’établit à 288 520 exemplaires par mois (OJD 2009).
• Le site internet GEO.fr est consulté par près d’un million de visiteurs uniques (937 000 V.U. – Nielsen, 2nd semestre 2009)
Le Louvre expose dans la galerie de l’A380 d’Air France

Air France soutient la culture dans des domaines très variés depuis de nombreuses
années, au travers de partenariats avec des musées, des théâtres, des scènes lyriques et
des festivals.

Air France met à nouveau la création artistique à l’honneur dans la «galerie» à bord de
l’Airbus A380, nouvel espace de détente dédié aux clients La Première et Affaires situé
au pont supérieur de l'avion. Des expositions, spécialement conçues pour la compagnie,
y sont régulièrement présentées sur plusieurs écrans.

Le Louvre a investi ce lieu dès les premiers vols de l’A380, avec l’exposition «Titien,
Tintoret, Véronèse…Rivalités à Venise» qui s’est tenue à Paris dernièrement.

En mars, dans le cadre de l’année France – Russie, l’exposition «Sainte Russie, L’art
russe, des origines à Pierre le Grand» est l’occasion pour le Louvre de proposer un extrait
de la découverte de l’histoire de la Russie chrétienne, du IXe au XVIIe siècle, à bord de
l’A380, en partenariat avec Air France.

Tous les mois, un nouvel événement culturel sera ainsi proposé en exclusivité à bord des
A380 d’Air France, seule compagnie au monde à proposer une galerie d’Art en vol.

Toute l’actualité A380 d’Air France sur : http://corporate.airfrance.com

Contacts presse :
Marina Tymen / tél 01 41 56 67 24 - matymen@airfrance.fr
Constance Meyenberg / tél 01 41 56 56 96 - comeyenberg@airfrance.fr
THALYS, PARTENAIRE DE L’EXPOSITION
« SAINTE RUSSIE » AU MUSEE DU LOUVRE
avec 25 liaisons quotidiennes Paris - Bruxelles

Thalys, c’est…

• 25 liaisons quotidiennes entre Paris et Bruxelles, soit un départ toutes les demi-heures !

• 1h22 pour rejoindre Bruxelles-Midi au départ de Paris-Nord

• Un aller simple Bruxelles – Paris à partir de 25 € en Comfort 2 (tarif Smoove) et 59 € en


Comfort 1 (tarif Smoove) ! D’autres tarifs avec réduction sont également disponibles (tarifs
Jeune, Senior, Kid&Co et Kid).

o La possibilité de faire un aller-retour Bruxelles – Paris dans la journée, pour 40 € en


semaine en Comfort 2 et 80€ en week-end en Comfort 1, avec le tarif Thalys Day
(infos, conditions et réservations sur www.thalys.com).

• Des services supplémentaires en Comfort 1 : attentions du personnel de bord, repas servi à


la place, large choix de journaux mis gratuitement à disposition et accès Internet WiFi dans
tous les Thalys.

• www.thalys.com

Thalys est de
l’exposition « Sainte
Russie » !

Laissez-passer offert sur


demande (voir conditions sur
www.thalys.com – rubrique
Destination Paris).

Contact presse :
Charlotte De Thaye 00 32 2 504 05 69 Fax 00 32 2 504 05 50 e-mail presse@thalys.com
Collection « Les Matriochkas »
Kusmi Tea s’associe à l’année France - Russie 2010
Kusmi Tea : 140 Ans d’histoire Européenne…
Fondée en 1867 à Saint-Pétersbourg par Pavel Michailovitch Kousmichoff, la
maison de thé Kousmichoff est alors l’une des principales maisons de thé en
Russie et fournit la cour des tsars. Au moment où la Révolution gronde en Russie,
Pavel fuit son pays et s’installe Avenue Niel à Paris en 1917. Entre les deux
guerres, la maison de thé s’étend en Europe – Belgrade, Berlin, Londres et
Constantinople – jusqu’en Amérique ; mais c’est bien à Paris que la maison-
mère élit domicile et installe ses ateliers où sont fabriqués tous ses mélanges.
Les thés Kusmi sont alors dégustés dans les lieux les plus prestigieux à travers le
monde.

La particularité des thés russes trouve racine dans leur mode d’importation, terrestre par caravane de chameaux
depuis la Chine et non maritime comme il était alors l’usage pour les pays européens. Ces thés étaient ensuite
aromatisés aux agrumes et aux épices.

Depuis sa création, la maison élabore des mélanges russes baptisés mélanges exclusifs, mais aussi des thés noirs,
verts, natures ou aromatisés présentés dans de sublimes boîtes baroques, fidèles aux étiquettes d’origine. Les
mélanges exclusifs sont les premières recettes élaborées par la famille Kousmichoff autour d’une sélection
minutieuse des thés (Inde, Chine, Ceylan) aromatisés à la bergamote, petit citron du Sud de l’Italie et à laquelle
sont ajoutés des arômes de fruits, de fleurs et d’épices. Ces recettes sont toujours tenues secrètes aujourd’hui.
Distribués dans le monde entier, les thés Kusmi demeurent synonymes de modernité, de plaisir et de perpétuel
émerveillement gustatif.

Année France – Russie 2010


S'inscrivant dans la lignée de trois siècles d'échanges intellectuels et artistiques nourris, qui ont permis aux
sociétés françaises et russes de s'enrichir mutuellement, l’année France-Russie s’est ouverte le 25 janvier 2010
pour une durée d’un an sous la tutelle du ministère des Affaires étrangères et européennes et du ministère de la
Culture et de la Communication.

Héritière d’une histoire riche entre la France et la Russie, c’est avec enthousiasme que Kusmi Tea s’associe à
l’année croisée France-Russie 2010.

Edition limitée « Les Matriochkas » (février 2010)


A l’occasion de cette année exceptionnelle France-Russie, Kusmi Tea crée une édition limitée de trois de ses
mélanges exclusifs, indissociables de son patrimoine : Prince Wladimir,
Anastasia et Troïka.

Inspirées des « Matriochkas », ces fameuses poupées gigognes en bois coloré


issues de la culture russe, les boîtes de chacun de ces mélanges exclusifs
revêtent pour l’occasion le blason de la Sainte Russie et rendent hommage aux
personnages emblématiques de la Russie des tsars.

Ainsi Anastasia, mélange aux arômes frais et léger de bergamote, citron et fleur
d’oranger se pare d’une poupée russe, tout de rouge vêtue, une fleur de thé
dans les cheveux en hommage à la Grande Duchesse Anastasia Romanov
mystérieusement disparue en 1918.
Prince Wladimir aux accents envoûtants d’agrumes, de vanille et d’épices est habillé de la
Matriochka à l’effigie du Prince Wladimir, fondateur de la Sainte Russie au Xème siècle.

Quant au thé Troïka qui charme par ses notes acidulées de bergamote, citron et
mandarine, sa boîte revêt pour l’occasion l’image d’un cocher impérial en
hommage à l’attelage à 3 chevaux emblématique de la Grande Russie.

Les « Nuits Slaves » de Kusmi Tea


Zdravstvouy ! (Bonjour en russe)
Kusmi Tea crée l’évènement avec les "Nuits Slaves", trois soirées d’exception
sur le thème de l’art de vivre russe, véritables invitations au voyage au pays de
la vodka, du caviar et du thé épicé. Ces soirées seront réservées à une
sélection d’internautes inscrits sur le site www.lesnuitsslaves.com

 Le 11 mars 2010 : Célébrez la 1ère Nuit Slave de Kusmi et initiez-vous aux


rites célébrant la femme russe à l’occasion de la Journée de la femme
En Russie, le 8 mars, journée de la Femme, les Matriochkas sont couvertes de
thé épicé, de caviar et de vodka. Pour cette occasion, Anastasia vous convie à
une soirée dans un lieu insolite et secret qui vous sera dévoilé par mail quelques nuits avant la 1ère lune slave. La
marque de cosmétique Russie Blanche vous initiera aux rites de beauté des femmes russes tandis que des mets
rares et précieux vous transporteront dans la Russie des tsars avec nos partenaires, une marque de caviar de
renom, la vodka Russian Standard et l’épicerie fine Gastronomie Russe. On ne vous en dira pas plus si ce n’est
Nazdorovie ! (à votre santé en russe)

 La fête continue avec deux autres dates symboliques …


Le 10 juin 2010, Prince Wladimir vous invite à célébrer la Fête Nationale Russe. Revêtez pour l’occasion votre plus
belle chapka et une moustache… Avis aux nostalgiques de la Sainte Russie ! Et le 9 décembre 2010, clôturez
l’année avec « russitude » dans l’antre de Ded Moroz (le père noël russe). Les lieux tenus secrets vous seront
dévoilés peu de temps avant ces évènements hors du temps. Le gagnant d’un voyage pour deux personnes à St-
Pétersbourg sera révélé lors de cette dernière soirée. Alors tentez votre chance et envolez-vous sur les traces de
la Russie Impériale !

Les partenaires des Nuits Slaves : Luxe et Volupté chez les Russes - en partenariat avec

- Caviar Passion : Le luxe et la finesse du caviar grâce à un partena ire qui propose une large gamme de
caviars : bien sûr l es incontournables Beluga et Sevruga, mais aussi de nouvelles variétés à découvrir sur
la boutique en ligne www.caviarpassion.com

- Russian Standard : N°1 de la vodka premium en Russie. La vodka Platinum est réalisée dans les règles de l’art
approuvées pa r le tsar Alexandre III et filtrées avec des fils d’argent ou bien encore des quartz de cristal pour
garantir des qualités organoleptiques exceptionnelles lors de dégustations pures ou comme base de cocktails.
www.russianstandard.com

- Gastronomie Russe : Vitrine incontournable de l’art de vivre russe, la marque représente aujourd’hui une chaîne de
7 épiceries fines à Paris et à Nice. www.gastronomierusse.com

- Russie Blanche : Une ligne de soins qui allie l’innovation française à la tradition russe, formulée avec des huiles
essentielles 100% pures et naturelles et des plantes aux vertus anti-stress et régénérantes utilisées depuis des millénai
res par le peuple russe. www.russieblanche.com

Retrouvez Kusmi Tea


56, rue de Seine, Paris 06 – 75, avenue Niel, Paris 17 – 25, rue Danielle Casanova, Paris 01
56, rue des Rosiers, Paris 04 (ouverture avril 2010) – BHV Paris Rivoli, Paris 04 – Lafayette Maison, Toulouse
www.kusmitea.com
Contact Communication : Nathalie Praquin – Tel : 01 58 71 22 05 – mail : n.praquin@kusmitea.com
Contact Service de Presse Kusmi Tea: Carl Ganem chez Nice Work – Tel : 01 58 18 33 33 – mail: magali@nicework.fr