Vous êtes sur la page 1sur 13

CALCULS URINAIRES

CALCULS
URINAIRES
SOMMAIRE
1. QUELLES SONT LES CAUSES DES CALCULS ?
2. QUELS SONT LES DIFFERENTS TYPES DE CALCULS ?
2.1. CALCULS DE CALCIUM
2.2. CALCULS D’ACIDE URIQUE (calculs d'acide urique, ou d'urate)
2.3. CALCULS DE PHOSPHATES AMMONIACO-MAGNESIENS (OU STRUVITE)
2.4. CALCULS DE CYSTINE
2.5. CALCULS " MEDICAMENTEUX "
3. QUELS SONT LES SIGNES REVELATEURS DES CALCULS URINAIRES ?
3.1. LA DOULEUR (en particulier COLIQUE NEPHRETIQUE)
3.2. L'INFECTION URINAIRE
3.3. LES AUTRES SYMPTOMES
4. COMMENT FAIT-ON LE DIAGNOSTIC DE CALCUL ?
4.1. L'INTERROGATOIRE
4.2. L'EXAMEN DU PATIENT
4.3. LES EXAMENS DE LABORATOIRE
4.4. LES EXAMENS RADIOLOGIQUES
5. QUAND SONT DEMANDES LES DIFFERENTS EXAMENS ?
5.1. PATIENT AVEC ANTECEDENT DE CALCUL
5.2. PATIENT SANS ANTECEDENT DE CALCUL
6. QUELLES SONT LES DIFFERENTES TECHNIQUES DE TRAITEMENT ?
6.1. CE QU’IL FAUT SAVOIR
6.2. LA SURVEILLANCE
6.3. LA DISSOLUTION
6.4. LA LITHOTRITIE EXTRACORPORELLE
6.5. L'URETEROSCOPIE
6.6. LA NEPHROLITHOTOMIE PERCUTANEE
6.7. LA CHIRURGIE OUVERTE
6.8. LE TRAITEMENT PREVENTIF
7. QUEL EST LE TRAITEMENT SELON LA POSITION DU CALCUL ?
7.1. CALCULS DU REIN
7.2. CALCULS DE L'URETERE PROXIMAL (LOMBAIRE)µ
7.3. CALCULS DE L'URETERE DISTAL (PELVIEN)
8. FAQ
8.1. QU'EST CE QU'UNE SONDE "EN DOUBLE J" ?
8.2. QUEL EST LE PRINCIPE DE LA LITHOTRITIE EXTRA-CORPORELLE
8.3. QUELLES SONT LES CONTRE-INDICATIONS A LA LITHOTRITIE EXTRA-
CORPORELLE ?
8.4. QUE FAUT-IL FAIRE APRES UNE LITHOTRITIE EXTRA-CORPORELLE?
8.5. QUELS SONT LES RISQUES A LONG TERME DE LA LITHOTRITIE EXTRA-
CORPORELLE ?
8.6. OU SE TROUVENT LES MACHINES A CASSER LES CALCULS
(LITHOTRIPTEURS EXTRA-CORPORELS) ?
8.7. QUE FAIRE EN CAS DE COLIQUE NEPHRETIQUE ?
8.8. PEUT-ON PREVENIR ET EMPECHER LA FORMATION DES CALCULS ?
8.9. LA FORMATION DES CALCULS EST-ELLE D’ORIGINE FAMILIALE ?
8.10. CERTAINES EAUX SONT-ELLES MEILLEURES QUE D’AUTRES POUR
EVITER LES CALCULS ?
8.11. PEUT-ON GARDER SANS DANGER UN CALCUL DANS LE REIN ?
8.12. LES CURES THERMALES SONT-ELLES EFFICACES POUR EMPECHER LA
RECIDIVE DES CALCULS ?
8.13. QUEL EST LE REGIME A SUIVRE EN CAS DE CALCUL D’OXALATE DE
CALCIUM ?
8.14. QUEL EST LE REGIME A SUIVRE EN CAS DE CALCUL D’ACIDE URIQUE ?
8.15. QU’EST CE QUE LA MALADIE DE CACCI-RICCI ?
9. BIBLIOGRAPHIE

1. QUELLE SONT LES CAUSES DES CALCULS ?


Pour désigner les calculs urinaires, on parle aussi de lithiase urinaire, d'urolithiase, ou
anciennement de " Maladie de la pierre ".
On considère que 1 à 2 % de la population souffre de calculs du rein. La fréquence est la plus
élevée entre 3O et 5O ans, avec une nette prédominance masculine (3/1).
Les causes de la formation des calculs sont nombreuses, et plusieurs causes sont souvent associées
chez un même patient, avec des facteurs généraux d’une part et des facteurs liés la nature
chimique du calcul d’autre part.
L'extrême abondance de cristaux dans les urines (supersaturation), les conditions locales (acidité
urinaire) et générales (hydratation, régime alimentaire, antécédents familiaux, malformation des
canaux urinaires) sont les facteurs principaux de cristallisation et de formation des calculs. Malgré
les examens pratiqués, la cause exacte chez un patient donné reste souvent inconnue.
Les calculs sont toujours formés au niveau du rein puis grossissent et/ou migrent le long de la voie
urinaire (voir l’anatomie des organes urinaires). Le risque d’avoir une récidive quand on a fait un
premier calcul est globalement estimé à 30 %.
Il faut souligner que les calculs urinaires n'ont absolument aucun rapport avec les calculs de la
vésicule biliaire.

2. QUELS SONT LES DIFFERENTS TYPES DE CALCULS ?

2.1. CALCULS DE CALCIUM


Les plus fréquents, représentant 7O- 8O% des calculs urinaires. Cette famille comprend tous les
calculs dont une partie est formée par du calcium et l'autre par de l'oxalate, du phosphate, ou une
combinaison des deux.
Il s’agit le plus souvent d'oxalate de calcium, soit dihydraté (calculs souvent jaunes avec de
petites aspérités), soit monohydraté (calculs souvent noirs et lisses). Oxalate de calcium et
phosphate de calcium peuvent être associés.
L'augmentation du taux de calcium dans l'urine (hyper calciurie) est le facteur favorisant principal.
Dans 30% des cas, il y a association d'hyperoxalurie et d'hyper calciurie.
Pour les calculs de calcium, il n'y a qu'une seule cause définie dont le traitement soit vraiment
efficace : c'est l'hyperparathyroïdie primitive, liée à un mauvais fonctionnement des glandes
parathyroïdes et dont le traitement est l'ablation chirurgicale des parathyroïdes (para
thyroïdectomie).
La maladie de Cacci-Ricci est un facteur de risque.

2.2. CALCULS D’ACIDE URIQUE (calculs d'acide urique, ou d'urate)


Ces calculs sont particuliers car ils sont radio-transparents (c'est à dire qu'ils sont invisibles sur
une radiographie standard), ils surviennent en cas d'acidité des urines (pH<6), et surtout ils
peuvent être dissous par la simple alcalinisation des urines (diminution de l'acidité des urines). Les
calculs d'acide urique s'accompagnent dans 25 % des cas d'une hyperuricémie (augmentation du
taux d'acide urique dans le sang, qui peut être responsable de la maladie de la goutte). Le
traitement spécifique des calculs d’acide urique associe:
- la diminution de l'acidité des urines (alcalinisation des urines). L’alcalinisation prévient la
formation des calculs, mais aussi peut dissoudre des calculs présents, même volumineux.
L'objectif de l’alcalinisation est de maintenir le pH urinaire au-dessus de 7 ,matin, midi et soir. On
utilise le plus souvent pour cela l’eau de Vichy Célestins : 1 à 2 litres par jour. Il faut contrôler le
pH urinaire par papier pH ou bandelette, 3 fois par jour au début, puis une fois par jour.
- la diminution des apports protidiques (< 90 g/jour). Voir régime
- l’augmentation des boissons
- le traitement d’une éventuelle augmentation de l'acide urique dans le sang (hyper uricémie).

2.3. CALCULS DE PHOSPHATES AMMONIACO-MAGNESIENS (OU STRUVITE)


Leur formation est favorisée en cas d’infection urinaire à certains microbes (Protéus,
Pseudomonas, Klebsielle…). Ils forment typiquement dans le rein de gros calculs ramifiés
ressemblant à du corail (dits calculs " coralliformes "). La fréquence de l'infection à Protéus
mirabilis dans ces calculs coralliformes est d’au moins 6O %. Le calcul entretient donc l'infection,
qui elle-même favorise la formation du calcul.
Ce type de calcul concerne des femmes dans environ 8O % des cas, surtout entre 2O et 35 ans.
Ces calculs ne causent souvent que peu de symptômes, mais peuvent entraîner une destruction
progressive et parfois totale du rein.
Le traitement spécifique des calculs coralliformes associe :
- antibiothérapie prolongée en cas de calcul persistant accompagné d'infection.
- l'ablation complète du calcul, indispensable pour éviter la récidive.
- traitement d'une cause éventuelle
- acidification des urines

2.4. CALCULS DE CYSTINE


La cystine est un acide aminé très peu soluble. La cystinurie (la présence de cystine dans les
urines) est une maladie héréditaire entraînant la présence de cystine dans les urines, avec des
calculs urinaires survenant souvent dès la puberté, et des antécédents familiaux de calculs à
répétition.
Le diagnostic est fait par le dosage de la cystine dans les urines, la présence de cristaux de cystine
(caractéristiques car hexagonaux) dans les urines, et/ou l'analyse du calcul en cas d'expulsion. Le
traitement spécifique des calculs de cystine associe:
. suppression des oeufs (très riches en cystine)
. augmentation des boissons pour obtenir une quantité d'urine de 3-4 l/jour
. alcalinisation des urines (cf. ci-dessus) pour obtenir un pH urinaire (une acidité) supérieur à 7.
. médicaments spécifiques liant la cystine, et permettant donc son élimination (D-pénicillamine,
a -mercaptopropionylglycine).

2.5. CALCULS " MEDICAMENTEUX "


Toute substance médicamenteuse peu soluble en milieu aqueux est susceptible lors de son
élimination de cristalliser dans l'urine et de former un calcul (exemple: sulfamides, triamtérène,
certains antiviraux utilisés dans le traitement du SIDA comme l'indinavir…).
En pratique, on ne retrouve que rarement une cause à la formation des calculs.

3. QUELS SONT LES SIGNES REVELATEURS DES CALCULS URINAIRES ?


Douleur et infection urinaire sont les signes révélateurs les plus fréquents

3.1. LA DOULEUR (en particulier COLIQUE NEPHRETIQUE)


La douleur typique est la colique néphrétique, douleur du flanc brutale et très violente. L’intensité
de la douleur dépend du degré d'obstruction de la voie urinaire, et de la rapidité de constitution de
l'obstacle (Que faire en cas de colique néphrétique ?). Ainsi, un calcul de même taille peut
entraîner une colique néphrétique nécessitant un traitement urgent, ou aboutir à une destruction du
rein à bas bruit après des mois d'obstruction sans aucun signe.
Il n’y a pas de corrélation entre la taille du calcul et la douleur: ainsi, les calculs volumineux
coralliformes sont le plus souvent indolores, alors que les coliques néphrétiques typiques sont le
plus souvent liées à des calculs de quelques millimètres migrants dans l'uretère et entraînant une
obstruction brutale .

La douleur est parfois plus sourde, et peut varier selon la position du calcul:
- Les petits calculs caliciels (situés en périphérie du rein), sont souvent découverts sur des
radiographies de routine et ne sont pas classiquement considérés comme responsables de douleurs
car ils n'obstruent pas la voie urinaire. La découverte d'un petit calcul caliciel chez un patient
présentant des douleurs vagues du flanc doit faire rechercher une autre cause (douleur lombaire
d'origine discale, constipation...).
- Les calculs pyéliques : le blocage de ces calculs à la sortie du rein, souvent intermittent, est
responsable de coliques néphrétiques typiques.
Les calculs de l'uretère : la majorité des calculs qui s'engagent et commencent à descendre dans
l'uretère sont assez petits pour être éliminés spontanément. Les calculs de l'uretère lombaire
peuvent s'accompagner d'une douleur irradiée dans la bourse chez l’homme, ou la grande lèvre
chez la femme, du même côté. Les calculs de l'uretère distal s'accompagnent de signes d'irritation
(envies fréquentes d'uriner, douleurs dans la verge et le gland) d'autant plus importants que le
calcul est près de la vessie.

3.2. L'INFECTION URINAIRE


L'infection urinaire est souvent associée au calcul, dans deux situations distinctes
Soit l'infection est grave (septicémie, choc septique…), soit il s'agit le plus souvent de la simple
présence de microbes dans les urines, sans aucun symptôme. Dans tous les cas, l'ablation complète
des calculs est indispensable, car il est illusoire de vouloir traiter durablement, par de simples
antibiotiques, une infection urinaire associée à la présence d’un calcul.
- La pyélonéphrite aigüe (voir Chapitre " Infections Urinaires "), secondaire à un calcul qui
obstrue la voie urinaire, entraîne une infection sévère avec fièvre et frissons, qui peut se
généraliser et devenir grave (septicémie, choc septique), surtout s'il s'agit de sujets âgés.
- La présence de microbes dans les urines, sans symptômes, est classique en cas de calculs.
L'exemple classique est celui des calculs coralliformes du rein associés à la présence du germe
Protéus dans les urines.

3.3. LES AUTRES SYMPTOMES


Présence de sang dans les urines
Occlusion intestinale réflexe (iléus réflexe) fréquente en cas de douleurs, avec nausées et
vomissements, accompagnant la crise de colique néphrétique.
Blocage complet des urines (anurie calculeuse), en cas de calcul bilatéral des uretères, ou en cas
de calcul sur rein unique.

4. COMMENT FAIT-ON LE DIAGNOSTIC DE CALCUL ?

4.1. L'INTERROGATOIRE

Il est essentiel, car il retrouve souvent des antécédents de calcul bien connus du patient, qui
peut souvent préciser la nature de ses précédents calculs.

4.2. L'EXAMEN DU PATIENT

Il recherche essentiellement une réaction douloureuse et/ou un gros rein du côté douloureux.

4.3. LES EXAMENS DE LABORATOIRE


- L'examen cytobactériologique des urines (ECBU, ou bandelette en urgence) recherche une
infection urinaire.
- L'étude de l’urine peut orienter vers la nature du calcul (présence éventuelle de cristaux
d'oxalate, d'acide urique, de cystine...).
- La mesure de l'acidité des urines (pH urinaire): si le pH est constamment en dessous de 5 (donc
très acide), il s'agit probablement de calculs d'acide urique, surtout si le calcul est radio-transparent
; entre 5 et 6,5 il peut s'agir d'oxalate, au-dessus de 7 de phosphates (en dehors d'une infection
urinaire).
- L’analyse directe du calcul: C’est le meilleur examen pour déterminer la nature du calcul.
Cependant, de plus en plus, le calcul est fragmenté par traitement extracorporel, non récupéré, et la
nature du calcul ne peut être que suspectée.
- Le bilan phosphocalcique: On dose le calcium, le phosphore et l'acide urique dans le sang et
l'urine. Examen fait au mieux 2-3 mois après l'élimination complète du calcul, le patient ayant
repris son activité et son régime alimentaire normaux.
D'autres explorations sont parfois nécessaires.

4.4. LES EXAMENS RADIOLOGIQUES


- Le cliché radiologique standard, "sans préparation": 90 % des calculs contiennent du calcium,
et sont donc visibles sur le simple cliché sans préparation qui reste le meilleur examen pour
apprécier la taille du calcul, facteur essentiel dans la décision thérapeutique.
- L'urographie intraveineuse (UIV): Cet examen radiologique est fait après injection
intraveineuse d’un produit iodé. Avant tout traitement pour calculs, cet examen est généralement
demandé pour vérifier l'anatomie de l'appareil urinaire, identifier les calculs, en particulier en cas
de doute diagnostique quand le calcul n’est pas visible sur le cliché sans préparation (calcul
"radio-transparent"), et mettre en évidence une obstruction de l’uretère.
- L'échographie: L'échographie permet de voir les calculs du rein, et ceux de l'uretère quand ils
sont situés juste au-dessus de la vessie. L'image typique de calcul est une image hyperéchogène
associée à un cône d'ombre
L'échographie permet d'évaluer le degré d'obstruction et évite l’irradiation de la radiographie. Elle
évalue le retentissement des calculs, en montrant une éventuelle dilatation de la voie urinaire, et
elle permet de détecter des calculs radio-transparents (en général faits d'acide urique). Il faut
cependant noter que l'échographie peut être normale dans les premières heures d’une obstruction
aiguë.
- Le scanner: il peut être utile en cas de calcul radio-transparent (pour les distinguer de caillots ou
de tumeurs). Le scanner spiralé est un excellent examen diagnostique, mais limité actuellement par
son coût et surtout sa disponibilité dans les services d'urgence.

5. QUAND SONT DEMANDES LES DIFFERENTS EXAMENS ?

5.1. PATIENT AVEC ANTECEDENT DE CALCUL : Souvent, il s'agit d'un patient ayant
déjà un antécédent de calcul, et la cause de la douleur est facilement identifiée.

Un simple cliché sans préparation permettra le plus souvent de localiser le calcul, et


l'échographie d'apprécier le retentissement sur le rein.

5.2. PATIENT SANS ANTECEDENT DE CALCUL

Chez un patient sans antécédent de calcul, en l'absence de calcul évident sur le


cliché sans préparation, l'urographie intra-veineuse ou le scanner spiralé sans
injection sont les meilleurs examens diagnostiques.

6. QUELLES SONT LES DIFFERENTES TECHNIQUES DE TRAITEMENT ?

6.1. CE QU’IL FAUT SAVOIR


Les calculs se forment toujours dans le rein et descendent la voie urinaire (l'uretère) jusqu'à la
vessie. La majorité des calculs qui s'engagent dans l'uretère (le canal entre le rein et la vessie) sont
assez petits pour être éliminés spontanément. Une fois passés dans la vessie, les calculs descendus
par l’uretère sont facilement évacués, car le calibre de l'urètre est bien supérieur à celui de
l'uretère.
On distingue:
- les calculs à traiter immédiatement, car s'accompagnant de douleur importante et/ou de fièvre
- les calculs qui doivent être simplement surveillés (les petits calculs du rein n'entraînant aucun
trouble, et les calculs dont la migration spontanée est probable),
- les calculs qui nécessitent un traitement médical ou chirurgical non urgent : Les calculs,
symptomatiques ou pas, ne paraissant pas pouvoir être expulsés spontanément, ou les calculs
s'accompagnant de complications (obstruction urétérale prolongée, infection, colique néphrétique
sévère…).

6.2. LA SURVEILLANCE

La plupart des calculs urétéraux s'éliminent spontanément : Un calcul de l'uretère


bas-situé, de 4 mm, sans infection associée, a 90% de chances d'être expulsé
spontanément en moins d'un mois.

6.3. LA DISSOLUTION

Seuls les calculs d’acide urique peuvent être dissous, à condition qu’il n’entraînent
pas une obstruction complète du flux urinaire. Il n’y a pas de traitement pour
dissoudre les calculs à base de calcium.

6.4. LA LITHOTRITIE EXTRACORPORELLE

La lithotritie extracorporelle est devenue en 15 ans le traitement de référence de


tous les calculs urinaires, et plus de 90 % des calculs sont, en France, traités par
cette méthode.
Le principe: Une onde de choc est créée dans l'eau, transmise à travers l'eau et
l'épaisseur du corps, et focalisée sur le calcul, après repérage de celui-ci, ce qui
permet sa fragmentation. Les fragments du calcul s'éliminent ensuite dans l'urine,
dans les jours ou les semaines qui suivent, et peuvent être recueillis par filtration
des urines.

La méthode a été introduite en 1980, avec une machine où le patient était en partie
immergé dans un bain d'eau (l’eau permettant la transmission des ondes de choc,
d'où l'appellation familière de "baignoire").

Il y a maintenant différents types de machines, avec un repérage du calcul par


échographie et/ou radiologie, et le " bain " a été remplacé par un simple coussin
rempli d’eau dans la plupart des machines. En général, le traitement est fait en
ambulatoire, sans anesthésie. Après le traitement, les urines sont sanglantes
pendant 12 à 24 heures.

Le taux de succès dépend du siège, de la taille et de la composition du calcul, mais il


est en moyenne de 70-80 % après une séance, avec un taux de retraitement de 15-
20%. La reprise des activités normales est possible après 24-48 heures, et un
contrôle radiologique est fait 2 à 3 semaines après le traitement.

Les complications de ce traitement sont exceptionnelles: risque d'obstruction de


l'uretère par les fragments en cours d’élimination, risque d'hématome rénal en cas
de trouble de la coagulation ou de prise d'aspirine, et risque de dérèglement d'un
pacemaker. (voir contre-indications de la lithotritie extracorporelle)

6.5. L'URETEROSCOPIE

Traitement des calculs situés dans l’uretère par des instruments très fins, de
diamètre externe de 2 à 4 mm, introduits dans l'uretère par voie rétrograde. On
peut, sous contrôle de la vue, enlever les calculs, soit directement à l'aide d'un
panier, soit après fragmentation en cas de calculs volumineux.
L'intervention nécessite une hospitalisation de 12 à 24 heures. Après urétéroscopie,
les patients ont le plus souvent une sonde urétérale interne (sonde en double J) qui
est laissée en place pendant quelques jours après l'intervention.

6.6. LA NEPHROLITHOTOMIE PERCUTANEE

Cette technique concerne les calculs volumineux (dont le plus grand diamètre est
supérieur 30 mm), ou les calculs trop durs pour être fragmentés par la lithotritie
extracorporelle (en particulier les calculs de cystine). Il s'agit, après ponction directe
des cavités rénales à travers la peau, de dilater le trajet ainsi créé pour introduire
dans les cavités rénales une gaine dont le diamètre est d'environ 1 cm. Cette gaine
permet d'introduire une optique et de fragmenter les calculs intra-rénaux sous
contrôle de la vue. La fragmentation se fait le plus souvent à l'aide d'ultra-sons. Les
complications de cette technique sont essentiellement hémorragiques.
L’hospitalisation dure 2 à 3 jours.

6.7. LA CHIRURGIE OUVERTE

C'est la chirurgie classique des calculs, par une incision du flanc (lombotomie) pour
les calculs rénaux, et par une incision à la partie inférieure de l’abdomen en cas de
calculs de l’uretère iliaque et pelvien.

6.8. LE TRAITEMENT PREVENTIF

Le traitement préventif repose sur une bonne hydratation, avec un apport suffisant
de boissons, et un éventuel régime alimentaire. Cependant, le caractère peu invasif
des traitements actuels ne motive guère les patients à suivre un régime qui, sans
être toujours efficace, est toujours draconien.

7. QUEL EST LE TRAITEMENT SELON LA POSITION DU CALCUL ?

7.1. CALCULS DU REIN

La quasi totalité des calculs du rein sont traités par lithotritie extracorporelle. Si le calcul
est supérieur à 20 mm, on met généralement une sonde en double J pour éviter une
obstruction par les fragments du calcul après le traitement. Les calculs de plus de
30 millimètres sont en principe traités par néphrolithotomie percutanée, surtout si
les cavités sont dilatées. Les calculs coralliformes complets restent pratiquement
le dernier cas où l'on doit recourir à la chirurgie "ouverte" classique. L’urétéroscopie
souple avec laser peut être utilisée pour traiter certains calculs du rein ayant résisté
à la lithotritie extracorporelle.

7.2. CALCULS DE L'URETERE PROXIMAL (LOMBAIRE)

Le traitement de choix est la lithotritie extracorporelle, parfois après mobilisation du


calcul et mise en pace d’une sonde en double J si le calcul est obstructif.
L’urétéroscopie souple avec laser peut également être utilisée avec succès pour
traiter des calculs haut situés dans l’uretère.

8. FAQ

8.1. QU'EST CE QU'UNE SONDE "EN DOUBLE J" ?


La sonde dite en "double J" est en fait un petit tuyau placé entre le rein et la vessie,
qui permet à l'urine de s'écouler librement. Elle est dite en "double J" à cause de la
forme recourbée de ses deux extrémités. La sonde est faite en plastique souple ou
en silicone.

Dans quels cas met-on ce type de sonde ? : La sonde en "double J" est utilisée à
chaque fois que l'on veut assurer la liberté du passage de l'urine du rein vers la
vessie, par exemple après une intervention chirurgicale classique, une intervention
par les voies naturelles, ou en cas d'obstruction de l'uretère par un calcul ou une
compression extérieure (fibrose ou tumeur par exemple). La sonde en "double J" est
souvent utilisée de façon préventive, pour prévenir l'obstruction de l'uretère par les
fragments du calcul, par exemple avant lithotritie extracorporelle d'un volumineux
calcul, ou en cas de lithotritie sur rein unique, ou encore de traitement bilatéral
simultané.

La sonde est habituellement mise en place sous anesthésie, soit par les voies
naturelles (en passant par l’urètre et la vessie), soit après ponction directe du rein à
travers la peau (voie percutanée).

La présence de la sonde provoque, surtout au début, des envies d'uriner plus


fréquentes qu'à l'habitude, et une gêne remontant vers le rein au moment d'uriner
(car l'urine peut remonter dans la sonde quand la pression vésicale augmente). Les
urines peuvent être légèrement sanglantes tant que la sonde est en place. L'examen
des urines retrouve habituellement des globules rouges et des globules blancs dans
les urines tant que la sonde est en place, et ceci n’a aucune importance.

La sonde est gardée de quelques jours à quelques mois selon les cas. Une sonde ne
peut être gardée plus de 4 à 6 mois car il se forme progressivement des dépôts
responsables de l'obstruction de la sonde, avec le risque d'obstruction rénale et
d'infection. Si le problème initial persiste, il faut donc changer la sonde
régulièrement..

L'ablation de la sonde est faite avec un fibroscope souple, en consultation. L’ablation


de la sonde est indolore et ne nécessite pas d’anesthésie.
8.2. QUEL EST LE PRINCIPE DE LA LITHOTRITIE EXTRA-CORPORELLE ?

La lithotritie extra-corporelle repose sur l’utilisation d’ondes de choc (et non pas,
comme on le croit souvent, sur l’utilisation d’un laser)

L'onde de choc est créé par l'arc électrique d'une électrode au foyer F 1 d'une
ellipse, et focalisée au foyer F 2 (système électro-hydraulique), ou par la décharge
synchronisée de cellules piézo-électriques réparties sur la surface d’une coupole et
visant le foyer F2 (système piézo-électrique).

Un système d'asservissement permet d'amener le calcul au foyer F2 où se concentre


l'énergie de l'onde de choc. L'onde de choc traverse donc l'eau et le corps (assimilé à
de l'eau), sans dommage notable, et frappe le calcul situé au point focal F2. Les
fragments créés par cette destruction " extra-corporelle " sont éliminés dans les
urines dans les jours ou les semaines suivants le traitement..

8.3. QUELLES SONT LES CONTRE-INDICATIONS A LA LITHOTRITIE EXTRA-


CORPORELLE ?

 Contre-indications absolues : grossesse, prise d’ASPIRINE, troubles de


la coagulation.
 Contre-indications relatives: présence d’un pace-maker (selon le type de
machine), obésité, calcul obstructif s’accompagnant de fièvre, obstruction de
l’uretère en aval.

8.4. QUE FAUT-IL FAIRE APRES UNE LITHOTRITIE EXTRA-CORPORELLE?


Après lithotritie extra-corporelle, les patients ont habituellement des urines un peu sanglantes
(rosées) pendant 24 à 48 heures, ce qui est tout fait normal, et des douleurs habituellement
modérées correspondant à l'élimination de fragments.
Les patients ont en général un traitement symptomatique (anti-inflammatoires en comprimés par
exemple…) pour calmer les douleurs éventuelles, et on leur conseille de boire abondamment pour
éliminer les fragments. En cas de douleurs, il faut au contraire diminuer les boissons.
Les patients doivent consulter leur urologue en cas de douleurs non calmées par les traitements
antalgiques, et/ou en cas de fièvre.
Le suivi post-opératoire comporte en général une consultation de contrôle 10 à 15 après le
traitement, avec une radiographie simple et un examen des urines, et ensuite une consultation à 3
mois. L'élimination des fragments peut prendre de quelques jours à quelques semaines. On
demande aux patients de filtrer les urines pendant quelques jours. Il faut ramener les fragments
récupérés dans les urines, pour une analyse chimique qui a pour but de préciser le type de calcul,
et éventuellement ses causes.
En cas de mauvaise fragmentation ne permettant pas l'élimination spontanée des fragments, une ou
des séances complémentaires peuvent être nécessaires. Elles doivent être faites à au moins un mois
d'intervalle pour diminuer le risque potentiel de lésion du rein.
Il est important de veiller à ce que le patient se soumette aux contrôles prévus. On doit vérifier la
bonne élimination des fragments créés par le traitement, et les bilans biologiques éventuels faits à
distance du traitement pour déterminer les causes du calcul.

8.5. QUELS SONT LES RISQUES A LONG TERME DE LA LITHOTRITIE EXTRA-


CORPORELLE ?

Il n’y a pas de risque à long terme. Le risque potentiel d’hypertension artérielle,


évoqué au début de l’utilisation de ce type de traitement, n’a pas été confirmé par
les études à long terme.

8.6. OU SE TROUVENT LES MACHINES A CASSER LES CALCULS (LITHOTRIPTEURS


EXTRA-CORPORELS) ?

En France, la plupart des établissements hospitaliers publics ou privés, sur tout le


territoire, et donc tous les urologues, offrent la possibilité d’être traité par lithotritie
extracorporelle en cas de besoin.
8.7. QUE FAIRE EN CAS DE COLIQUE NEPHRETIQUE ?

Il faut avant tout calmer la douleur qui peut être très intense:

 Il faut restreindre les boissons au minimum


 Il faut utiliser un antalgique puissant et rapide, prescrit par un médecin

Une hospitalisation est généralement conseillée dans les cas suivants:

 diagnostic n'est pas sûr: pas d'antécédent de calcul, symptômes Le


atypiques…
 les coliques néphrétiques ne peuvent être soulagées par le traitement à
domicile,
 les coliques néphrétiques surviennent chez un patient en situation de précarité
dont on sait qu'il ne pourra avoir accès à un traitement antalgique correct,
 les coliques néphrétiques s’accompagnant de fièvre.

8.8. PEUT-ON PREVENIR ET EMPECHER LA FORMATION DES CALCULS ?

Le risque de récidive après un premier calcul est globalement de 30 %. La


prévention est possible si un ou des facteurs de risque sont identifiés, ce qui est en
fait assez rare. L’augmentation des apports liquidiens, et donc surtout des boissons,
est l’élément fondamental. L’intérêt d’un régime pauvre en calcium est en fait de
plus en plus discuté.
Seuls les calculs d’acide urique peuvent être assez facilement évités, par la simple
alcalinisation des urines (voir plus haut).

Cette technique concerne les calculs volumineux (dont le plus grand diamètre est
supérieur 30 mm), ou les calculs trop durs pour être fragmentés par la lithotritie
extracorporelle (en particulier les calculs de cystine). Il s'agit, après ponction directe
des cavités rénales à travers la peau, de dilater le trajet ainsi créé pour introduire
dans les cavités rénales une gaine dont le diamètre est d'environ 1 cm. Cette gaine
permet d'introduire une optique et de fragmenter les calculs intra-rénaux sous
contrôle de la vue. La fragmentation se fait le plus souvent à l'aide d'ultra-sons. Les
complications de cette technique sont essentiellement hémorragiques.
L’hospitalisation dure 2 à 3 jours.

8.9. LA FORMATION DES CALCULS EST-ELLE D’ORIGINE FAMILIALE ?


Il y a sûrement des familles à risque, du fait de facteurs génétiques probables, mais
aussi du fait de la transmission familiale d’habitudes alimentaires favorisant la
formation des calculs. Seuls les calculs de cystine ont une origine génétique familiale
certaine.

8.10. CERTAINES EAUX SONT-ELLES MEILLEURES QUE D’AUTRES POUR EVITER LES
CALCULS ?

A part le cas de l’eau de " Vichy Célestins " qui est utilisée pour le traitement des
calculs d’acide urique, aucune eau n’a montré un effet significatif particulier pour
traiter ou éviter les calculs. En particulier pour les calculs d’oxalate de calcium,
aucune eau ne paraît plus efficace que la simple eau du robinet. Ce qui compte, c’est
de boire un volume suffisant par jour.
8.11. PEUT-ON GARDER SANS DANGER UN CALCUL DANS LE REIN ?

Si le calcul n’entraîne aucun trouble (en particulier ni douleur ni infection), qu’il est
de petite taille (par exemple inférieur à 10 mm), et surtout s’il est placé dans la
partie inférieure du rein (calice inférieur), on considère généralement qu’aucun
traitement n’est nécessaire en dehors d’une simple surveillance.

Cela ne s’applique pas pour certaines professions où la présence de tout calcul pose
un problème d’aptitude professionnelle, et où un traitement est obligatoire
(personnels navigants de l’aviation, certaines catégories de militaires…).

8.12. LES CURES THERMALES SONT-ELLES EFFICACES POUR EMPECHER LA


RECIDIVE DES CALCULS ?

Il n’y a aucune preuve scientifique de l’efficacité des cures thermales pour empêcher
l’apparition ou la récidive des calculs urinaires. Les cures peuvent être un moyen
parmi d’autres d’apprendre à boire et à s’hydrater régulièrement et suffisamment .

8.13. QUEL EST LE REGIME A SUIVRE EN CAS DE CALCUL D’OXALATE DE


CALCIUM ?
Le régime doit être pauvre en oxalate de calcium

- ALIMENTS RICHES EN OXALATES, A SUPPRIMER :


Bettes, betteraves, céleris, épinards, oseille, rhubarbe, salsifis ;
Cacao, chocolat, thé, vins blancs, certaines eaux (Vals, Vichy, Badoit).

- ALIMENTS RICHES EN CALCIUM, A CONSOMMER EN QUANTITE CONTROLEE :


Lait, yaourt, fromage blanc, petits suisses, fromages, entremets

- POUR INFORMATION, EQUIVALENCES CALCIQUES :


1 verre de lait (15 cl) = 1 yaourt = 100 g de fromage blanc = 60 g de petits suisses = 30 g de
fromage =1 entremet

8.14. QUEL EST LE REGIME A SUIVRE EN CAS DE CALCUL D’ACIDE URIQUE ?


- ALIMENTS A SUPPRIMER EN DEHORS DES CRISES :
Les abats : ris de veau, rognons, foie, cervelle, langue, tripes, coeur ...
Toutes les charcuteries, sauf le jambon blanc
Certains poissons : anchois, sardine, hareng, saumon, maquereau ...
Les viandes faisandées (gibier)
Tous les alcools
Toutes les graisses cuites
- ALIMENTS A SUPPRIMER PENDANT LES CRISES :
Tous les aliments énumérés ci-dessus
Epinards, asperges, oseille, choux-fleurs, champignons, rhubarbe
Légumes secs : lentilles, petits pois, haricots blancs ...
La viande et le poisson seront consommés en quantité réduite
- IL EST INDISPENSABLE DE BOIRE BEAUCOUP
2 litres d'eau par jour minimum : Vichy Célestins, Vals ...

8.15. QU’EST CE QUE LA MALADIE DE CACCI-RICCI ?


La maladie de "Cacci-Ricci" est une anomalie congénitale des reins qui consiste en
une dilatation des petits canaux du rein situés juste avant les cavités rénales
proprement dites. Cette affection bénigne est diagnostiquée par l'urographie
intraveineuse (radiographie des reins après injection intraveineuse d’iode). Le plus
souvent, il n'y a aucune conséquence clinique de cette anomalie, mais cette affection
peut cependant favoriser la formation de calculs rénaux d'oxalate de calcium (les
calculs se forment dans les canaux dilatés, en amont des cavités rénales proprement
dites, mais peuvent ensuite migrer dans les cavités rénales et donner des
symptômes. Il n'y a aucun traitement spécifique pour cette anomalie bénigne, sauf le
conseil de boire suffisamment en cas de tendance à faire des calculs.

A noter: Cacci-Ricci correspond en anglais à la maladie appelée "medullary sponge


kidney", ce qui explique que le terme "Cacci-Ricci" ne soit pas retrouvé dans les
publications anglo-saxonnes

9. BIBLIOGRAPHIE

1. FLAM T., AMSELLEM D. et HUSSON E. Mémento d’Urologie. Maloine Editeur,


Paris, 1998
2. DEBRE B., FLAM T. et DUFOUR B. Chirurgie Endoscopique en Urologie. Maloine
Editeur, Paris, 1995
3. CAMPBELL’S UROLOGY. W.B.Saunders, 7ème édition, Philadelphie, 1998.
4. CURHAN G.C., WILLET W.C., SPEIZER F.E., SPIEGELMAN D. and STAMPFER
M.J. Comparison of dietary calcium with supplemental calcium and other
nutrients as factors affecting the risk for kidney stones in women. Annals of
Internal Medicine, 126 : 497, 1997.
5. AUA Update Series. AUA Office of Education.