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Professeur : Mr S.

NAKRI 2015/2016

Les effets de commerce

I- Généralités

Les effets de commerce sont des documents juridiques, crées pour garantir les règlements
à crédit entre les commerçants. Ces derniers sont des écrits constatant l’obligation de payer
une somme déterminée à un tiers bénéficiaire, à une date fixée. Tiré : le
On distingue deux types : La lettre de change et le billet à ordre. débiteur qui doit
Tireur : payer la somme
créancier qui
1- La lettre de change (LDC) due à l’échéance
crée la LDC. 1.1 Définition
La lettre de change est un mode de paiement à crédit dans lequel une personne appelée le
tireur (fournisseur) donne l’ordre à une autre personne appelée le tiré (client) de payer une
certaine somme (valeur nominale) à une certaine date, à un bénéficiaire qui peut être le
tireur lui-même ou une tierce personne.

VENTE A CREDIT Client (Tiré)


Fournisseur (Tireur)

DETTE POUR
ENVOI ACCEPTATION

Lettre de change

RETOUR ACCEPTEE

Le bénéficiaire : la personne qui encaissera la somme


2.1 Présentation de la lettre de change due à l’échéance (qui dans la plupart des cas le tireur)
(voir page )
2- Billet à ordre
2.1 Définition
Le billet à ordre est un document par lequel un débiteur appelé souscripteur s’engage à
payer une certaine somme à une certaine date au profit d’un bénéficiaire.

VENTE A CREDIT
Fournisseur Client
(Bénéficiaire) (Souscripteur)
DETTE

Billet à ordre
2.2 Présentation
(voir page )
II- Comptabilisation des effets de commerce
)
1) La création des effets de commerce
La création d’un effet de commerce (l’acceptation d’une traite ou la souscription d’un billet
à ordre) donne lieu aux écritures suivantes :
 Chez le client : on crédite le compte 4415 Fournisseurs-effets à payer par le débit
du compte 4411- fournisseurs
 Chez le fournisseur : on débite le compte 3425 Clients-effets à recevoir par le crédit
du compte 3421- clients.
Exemple 1 :
Vous êtes employé (e) au service de l’entreprise ABMC, et on met à votre disposition les informations
suivantes :
Le 07/01/2013, l’entreprise reçoit trois lettres de changes acceptées par le client Razi :
 Lettre de change n°10 ; montant 8000 DH, échéant le 20/03/2013.
 Lettre de change n°11 ; montant 10 000 DH, échéant le 20/03/2013
 Lettre de change n°12 ; montant 14 000 DH, échéant le 20/03/2013
TAF : Enregistrer ces opérations au journal, chez ABMC et chez Razi
2) La circulation des effets de commerce
Les effets de commerce sont des moyens de règlement à crédit. Ils servent à mobiliser des
créances avant leur échéance, ainsi :
 Ils peuvent être endossés à l’ordre de tiers créanciers de l’entreprise.
 Ils peuvent être escomptés à la banque
 Ils peuvent être gardés en portefeuille des effets de l’entreprise pour :
 Les encaisser directement auprès du tiré ou souscripteur à l’échéance ;
 Les encaisser par l’intermédiaire de la banque (effets domiciliés).

Le bénéficiaire d’un effet a trois possibilités

Endossement de Ne pas attendre Attendre l’échéance


l’effet l’échéance de de l’effet et le
l’effet et le remettre à
(Moyen de remettre à l’encaissement
paiement) l’escompte

2.1 L’endossement d’un effet de commerce


L’endossement est une opération dans laquelle, un bénéficiaire peut transmettre un effet de
commerce à une autre personne qui lui doit de l’argent, cette passation d’effets est appelée
endossement. Généralement cette mention est portée en dos de l’effet et implique le transfert
de celui-ci au profit d’un nouveau bénéficiaire.
Nous distinguons :
 L’endosseur : c'est-à-dire la personne qui a transféré la propriété de l’effet.
 L’endossataire : c'est-à-dire le bénéficiaire de l’endossement.
 Le signataire : C'est-à-dire le client qui a signé (accepté ou souscrit) l’effet au
départ.
2.1.1 Traitement comptable
 Chez l’endosseur : on débite 4411 fournisseurs par le crédit de 3425 clients-effets à
recevoir
 Chez l’endossataire : on débite 3425 Clients-effets à recevoir par le crédit du
compte 3421
 Chez le signataire : aucune écriture

Exemple 2 :

10/10 : l’entreprise « ABC » adresse à sa clientèle « Nabila » la facture suivante :


MT : 34.400,00
R5% : 1170
NC : 22.230,00
TVA20% : 4.446,00
NAP TTC : 26.676,00
15/10 : « Nabila » souscrit le billet à ordre n°35 au 20 décembre.
20/20 : « ABC » endosse le billet à ordre n°35 à son fournisseur « BADR »
2.2 L’escompte des effets de commerce
2.2.1 Définition
L’escompte est l’opération qui permet aux porteurs des effets de commerce de mobiliser
(encaisser) la créance représentée par cet effet avant son échéance.

Un effet escompté est cédé à un prix inférieur à sa valeur nominale. La différence entre le
nominal et le prix de cession représente des frais d’escompte (agios TTC).

2.2.2 Traitement comptable


Nous distinguons les trois étapes suivantes :
Etape 1 : la remise à l’escompte : selon le plan comptable marocain : aucune écriture.
Etape 2 : Réception des bordereaux d’escompte (après calcul préalable)
On débite les comptes 5141 banques, 63115 intérêts bancaires et sur opération de
financement, 6147 services bancaires et 34552 Etat TVA récupérable sur charges par le
crédit d’escompte.

Nette
5141 Banque

Esc
63115 Intérêts bancaires et sur opération de financement

6147 Services bancaires Com

34552 Etat TVA récupérable sur charges


TVA

5520 Crédit d’escompte VN

Suivant Bordereau d’escompte

Escompte = Valeur nominal de l’effet * taux d’escompte/100*Nombre de jours/360

Etape 3 : l’échéance de l’effet

On débite le compte 5520 crédits d’escompte par le crédit du compte 3424 Clients- effets
à recevoir.

Remarque :
 Les intérêts sont calculés sur la base du nombre de jours qui séparent la date de remise
à l’escompte et l’échéance de l’effet.
 Dans la pratique on ajoute un jour de banque.

Exemple3 :
Le 20 janvier 2013 l’entreprise ABC a négocié la lettre de change n°12 de nominal 14.000
tirée sur Razi au 20/03.
Le 22 janvier 2013 l’entreprise ABC reçoit le borderau d’escompte : taux d’intérêts 8%,
commission 45,00 (HT), TVA 10%.
TAF
1/ Passer les écritures nécessaires au journal de l’entreprise ABC
2/ Passer les écritures nécessaires au journal de Razi, sachant que la banque a prélevé 30,00
(HT) de commission de domiciliation, TVA : 10% ;
2.3 la remise à l’encaissement
Lorsqu’un effet de commerce arrive à son échéance, l’entreprise le présente à son banquier
pour encaissement.

Comptablement, nous distinguons deux étapes :

Première étape : la remise à l’encaissement

On débite le compte 5113 effets à encaisser ou à l’encaissement par le crédit du compte


3425 clients-effets à recevoir.

Deuxième étape : Réception de l’avis de crédit.

On débite les comptes 5141 banque, 6147 services bancaires, 34552 Etat TVA récupérable
sur charges par le crédit du compte 5113 effets à encaisser ou à l’encaissement.

Nette
5141 Banque

6147 Services bancaires Com

34552 Etat TVA récup / ch TVA

Effets à encaisser ou à l’encaissement VN


5113

Exemple 4 :

Le 25/01 , l’entreprise ABC remet à la banque, pour encaissement, la lettre de change n°12 de
22.000,00 à fin Février
Le 06/02, la Banque adresse le bordereau d’encaissement qui comporte un agio de 44,00 HT
(TVA 10%).
TAF : passer les écritures nécessaires au journal de l’entreprise « ABC »

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