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CALCUL SOLDE DE TOUT COMPTE

SUITE DE "FORMALITÉS LIÉES AU DÉPART DU SALARIE"

Lors du départ définitif d’un salarié, il est nécessaire de lui établir sa paie de départ afin de lui régler toutes les
sommes qui lui sont dues. Selon le motif du départ, la démission, le licenciement ou le départ à la retraite, des
sommes spécifiques sont à payer (voir fiche précédente, les indemnités).
Voici la liste de toutes les rubriques à payer lors d’un départ, sachant que selon le motif et les conditions du
départ, seules certaines d’entre elles seront à payer.

1 – La retenue pour entrée et sortie lors d’un départ en cours de mois


L’entrée ou le départ d’un salarié en cours de période de paye génère des interrogations en matière de
rémunération à verser : quel mode de calcul retenir, règle du trentième ou du calcul au réel ? Comment
déterminer le plafond de sécurité sociale applicable à la période d’emploi ?

 Rémunération des heures réellement travaillées

En cas d’embauche ou de départ en cours de mois, le principe à retenir pour le calcul du salaire est le paiement
des heures réellement travaillées par l’intéressé en fonction des heures réelles du mois considéré. Ce principe
résulte d’une jurisprudence constante applicable en matière de retenue sur salaire. La règle du trentième est donc
exclue.

Exemple : Prenons le cas d’un salarié recruté le 8 décembre 2011. Sa rémunération mensuelle, base 151h67, est
égale à 2 500 euros. Il travaille 5 jours par semaine du lundi au vendredi, à raison de 7 heures par jour. Il y a en
décembre 2011, 22 jours de travail rémunérés dans l’entreprise, soit 154 heures travaillées (22×7). Le salarié
aura donc travaillé effectivement 17 jours, soit 119 heures.

Sa rémunération sera égale à 2 045,45 euros (2 500/154×126)

Dans le même sens, un salarié quittant l’entreprise le 16 décembre au soir aura travaillé 84 heures. Sa
rémunération sera égale à 1 363,64 euros (2 500/154×84)

 Attention pour les salariés en situation de sortie en cours de mois il est impératif de calculer le paiement
de la présence et la déduction de l’absence et d’appliquer le principe de faveur pour choisir entre rémunérer la
présence ou déduire l’absence en comparant les bruts des 2 cas.

 Quel plafond de sécurité sociale retenir ?

Concernant le plafond de sécurité sociale applicable lorsque le mois est incomplet, l’article R243-11, alinéa 3 du
code de la sécurité sociale, précise qu’il dépend du nombre de jours calendaires compris dans la période d’emploi.
Il est égal au cumul d’autant de trentièmes de plafond mensuel que cette période d’emploi comporte de jours
ouvrables ou non.

Exemple : Reprenons le cas de notre salarié quittant l’entreprise le 16 décembre. Sa période d’emploi comporte
16 jours calendaires (du 1er au 16 décembre). Le plafond applicable pour décembre sera égal à 16 x 3 218/30
= 1 716.27 euros.

2 – Le solde des primes annuelles


Les modalités de paiement de ces primes sont régies par les conventions de branche ou d’entreprise. Elles sont
généralement payées au prorata temporis en 1/360ème.

3 – L’indemnité compensatrice de congés payés (ICCP)


Cette indemnité correspond au paiement des jours de congés non pris de l’année écoulée et de l’année en cours.
Son calcul suit les mêmes modalités que celui des congés payés ; il est le résultat du calcul le plus favorable entre
le maintien du salaire et la règle du dixième.
Attention : Toujours calculer la précarité avant l'ICCP car elle rentre dans le calcul de la base du dixième.
4 – L’indemnité de départ volontaire à la retraite
Le fait pour tout salarié d’atteindre un certain âge ou de pouvoir prétendre à la retraite n’entraîne pas la rupture
automatique de son contrat de travail. Toute disposition conventionnelle ou clause du contrat de travail contraire
est nulle. Un employeur peut cependant prononcer la mise à la retraite d’office d’un salarié âgé d’au moins 70
ans. Lorsque celui-ci a atteint un âge qui varie entre 65 ans et 67 ans selon son année de naissance, il peut lui
proposer une mise à la retraite, selon une procédure particulière.

5 – L’indemnité légale ou conventionnelle de licenciement (ILL / ICL)


Voir les modalités de calcul dans la fiche correspondante.

6 – Le prorata du plafond mensuel


En cas de départ en cours de mois, il convient de rendre le plafond de la Sécurité sociale proportionnel au
nombre de jours de présence du salarié.
Ainsi, le plafond du mois de sortie sera égal à autant de fois le 1/30ème du plafond mensuel que de jours
calendaires de présence du salarié.
Exemple :
Un salarié qui sort le 18 mars 2014 aura pour sa dernière paie de mars, un plafond mensuel égal à :
3 129 / 30 * 18 = 1 877,40 €.

7 – Le traitement fiscal et social des sommes isolées (plus d'actualité à compter du 1er janvier 2016).
On appelle « sommes isolées » les sommes trouvant la conséquence de leur versement dans le départ du salarié
et qui sont de ce fait, versées en dehors de la rémunération annuelle normale.
Il s’agit d’indemnités compensatrices de congés payés, de l’indemnité de fin de contrat à durée déterminée, des
rémunérations différées et de l’indemnité de départ en préretraite ou retraite.
Ces sommes sont soumises au taux de cotisation selon certaines règles (voir fiche Traitement fiscal et social des
sommes isolées).

8 – La précarité de l’emploi
Voir les modalités de calcul dans la fiche relative au CDD. Attention se calcul avant l'ICCP.

9 – Le reçu pour solde de tout compte


Le reçu pour solde de tout compte est un document écrit dans lequel on fait l’inventaire des sommes versées au
salarié lors de la rupture de son contrat de travail : démission, licenciement, rupture conventionnelle, etc.

Le salarié, en signant le reçu pour solde de tout compte, reconnaît, à l’expiration de son contrat de travail, avoir
perçu l’intégralité des sommes qui lui restaient dues.

Reçu pour solde de tout compte


(sur papier à en-tête de l’entreprise)

Objet : Reçu pour solde de tout compte

À l'occasion de la rupture du contrat de travail de M......., les sommes suivantes font l'objet du présent reçu :

 ......euros en paiement des salaires pour la période du......au......;


 ......euros en paiement de l'indemnité compensatrice de...... (préavis, congés payés, etc.) ;

 ......euros en paiement de l'indemnité (précisez légale ou conventionnelle) de licenciement,

 ......euros en paiement de......;

soit un montant total de ...... euros, représentant les sommes auxquelles M....... peut prétendre à son départ de
l'entreprise.

M....... reconnaît avoir reçu ces sommes et en donne reçu à son employeur.
En application de l'article L. 1234-20 du Code du travail, M....... dispose de 6 mois à compter de la date du
présent reçu pour contester les sommes indiquées ci-dessus.

Le présent reçu a été établi en double exemplaire, dont un exemplaire a été remis à M.......

Signature du salarié Signature de l’employeur


(précédée de la mention manuscrite « (précédée de la mention manuscrite «
Bon pour acquit des sommes perçues Bon pour règlement des sommes
sous réserve d'encaissement ») indiquées »)