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LA CONFIANCE EN SOI

Ingrid Masson,
Psychologue clinicienne
CHIC Alençon-Mamers.
Définition
 Différenciation entre:

 -confiance en soi
 -estime de soi
 -affirmation de soi.

 Si ces trois aspects du soi sont complémentaires


c’est parce qu’ils sont différents.
La confiance en soi:
 Se connaître, croire en son potentiel et en ses
capacités.

 Se considérer capable.

 Conscience que l’on a de sa propre valeur, garantie


l’acceptation de ne pas avoir réussi.

 Se situe dans le « FAIRE ».


Estime de soi:

 Image que l’on a de soi même.

 Repose sur des croyances.

 Elle se situe dans le « ressenti ».


Affirmation de soi:
 Exprimer ses émotions.

 Améliorer ses relations interpersonnelles.

 Obtenir ce que nous souhaitons.

 Elle se mesure dans la « relation » aux


autres.
La confiance en soi repose sur
4 piliers:
 La sécurité intérieure: « JE SUIS ».

 La confiance en sa propre personne: « JE


VEUX ».

 La confiance en ses compétences: « JE


PEUX ».

 La confiance relationnelle: « JE et les


AUTRES ».
La sécurité intérieure ou
confiance de base:

« JE SUIS »
La castration ombilicale.

 Mémoire primordiale dont le corps est le support.

 Si naissance = désillusion ou dénarcissisation = bases


fragiles.

 Importance de l'équilibre psychosomatique et des


bénéfices narcissiques de la mère.
 Claude Almos « Le malheur n’a pas
toujours besoin pour croître de la réalité. Il
se suffit aisément des fantasmes induits de
cette réalité. »
 Appui pour les élaborations futures.

 Période de dépendance totale aux adultes, à leur


désir ou leur non désir (enfant imaginaire).

 La naissance comme reconnaissance du bébé


existant.
 Françoise Dolto: « La naissance, sans doute, est
d’abord apparemment le fait de la nature, mais
son rôle symbolique pour le nouveau né est
indélébile et marque de modalités émotionnelles
premières sa venue au monde en tant qu’être
humain, homme ou femme, accueilli selon le sexe
dont le corps témoigne pour la 1ère fois et selon la
façon dont il est accepté tel qu’il est, frustrant ou
gratifiant pour le narcissisme de chacun de ses
parents. »
La castration orale.

 Incorporation de la sensation de protection


fournie par les parents.

 La confiance de base s’enracine dans la relation


aux parents de cette 1ère année.
.
 Quand cette 1ère expérience relationnelle n’est pas
satisfaisante, recherche permanente dans la vie
future du contact et de la réassurance dans un lien
extérieur.

 Si le bébé n’est pas pris en otage dans cette


relation, comme toute castration réussie elle lui
permet d’avancer et de passer à d’autres plaisirs.
 Mise en place du narcissisme.

 D.Winicott et le narcissisme sain comme base du


« vrai Self » en opposition au « faux Self ».

 « seul le vrai self peut être créateur et ressenti


comme réel. »

 Graines de l’idéal du moi ( convergence entre


narcissisme et identification parentale).
Importance du langage dans la
confiance de base.
 Mise en place de la sécurité intérieure par les
phonèmes.

 Passage du circuit court MOI-MAMAN au circuit


long MOI-LANGAGE-MAMAN.

 Création d’un espace symbolique ou le bébé peut


retrouver sa mère absente.
Rôle du « DOUDOU »
 Première séparation et processus
d’individuation.
 Aide à l’intériorisation de la confiance de la
mère.
 Période intermédiaire entre : maman me
rassure et je peux me rassurer tout seul.
 Espace symbolique appartenant pleinement
à l’enfant et témoin de vécus rassurants.
 La confiance de base se forge dans la 1ère relation à
l’autre.

 Le narcissisme enfantin ancre dans la vie et permet


le « JE SUIS » et toutes expériences de bien-être
renforce le sentiment de sécurité

 Importance du lien à autrui quand cette confiance


fait défaut.
Confiance en ma propre personne:

« je veux »
 Quand? A partir de la castration anale, vers 18
mois.
 Au moment ou l’autonomie se met en route, il
veut décider pour lui et dit « NON ! ».
 1ère tentative d’affirmation.
 Conflits nécessaires et constructifs.
 Autonomie ne signifie surtout pas abandon ou
indifférence.
 Françoise Dolto : « sécurité langagière ».
 L’autonomie joue une place fondamentale dans la
construction narcissique.
 L’enfant doit être SUJET et non OBJET.
 F.DOLTO fait le parallèle entre la construction
psychique et le développement physique et
moteur.
 l’instance parentale doit permettre à l’enfant d’
exister comme individu à part entière.
 La sécurité continue à être nourrie dans le NON
nécessaire de l’adulte.
 Le Non est protecteur.

 Non absent est insécurisant.

 Recherche de ses limites.

 Je VEUX comme réponse à QUI SUIS-JE?

 Le regard bienveillant prend le relais des bras


sécurisants.
Reconnaître et valider ses émotions.

 Se sentir considéré le rendra confiant.

 Accepter ses émotions.

 Accepter qu’il devienne sa propre locomotive.


 Pas d’autonomie = pas de conscience de soi.

 Pas de conscience de soi = « JE VEUX »


impossible.
Confiance en mes compétences:

« Je peux »
 Après le « NON » arrive le « TOUT SEUL ».

 Teste ses capacités au travers de l’activité et des


expériences.

 I.FILLIOSAT: « Pour construire la confiance en ses


compétences, l’enfant a besoin de recevoir la
permission d’explorer, d’échouer et de
recommencer. »
 Soutenir et encourager.

 Ne plus contenir.

 C.ALMOS « la sécurité d’un enfant ne naît


jamais de la contention. Elle ne peut être que le
fruit de la liberté, de la conscience de lui-même
et du sens de la responsabilité qu’on l’aide à
acquérir. »
 Pas de mode d’emploi inné.

 Permettre l’échec et l’expliquer.

 Encourager et valoriser.

 Attention, confiant ne signifie pas tout puissant.

 Être confiant c’est être en pleine conscience de ses


possibilités ou de ses impossibilités.
 Un bon idéal du moi est là pour compenser les
failles et rassurer.

 La capacité vient avec l’entraînement.

 « 7 fois par terre, 8 fois debout. »


Confiance relationnelle:

« Je et les autres »
La phase de latence.

 Les enjeux relationnels sont en place depuis la


conception.

 Que représente « l’autre » pour les parents?


 I.FILLIOZAT: « …par leur attitude, mais
aussi peut être par des paroles, ils nous ont
transmis leur méfiance, leurs peurs, leurs
jalousies, leurs rages, leurs haines
parfois… Toutes croyances qui mettent de la
distance avec autrui sont profondément
handicapantes dans les relations… ».
 Importance des pairs, temps des amitiés, des héros
imaginaires…favorables car ce sont des supports
identificatoires en dehors du noyau familial.

 Influence de la fratrie.

 Pudeur symbolique parentale nécessaire.

 L’enfant doit accomplir ses réussites pas celles de


ses parents.
L’adolescence.

 Nouvelle naissance: faire naître l’adulte qu’il se


doit de devenir.

 Nouvelle période d’affirmation que se fixe cette


fois sur les valeurs, encore une fois conflit
normal et nécessaire car constructif.
 Le laisser vivre ses expériences relationnelles,
« ne plus lui retirer les cailloux pour éviter sa
chute mais essayer d’en contenir les effets ».I.
Filliozat.

 C.ALMOS: « un échec qui lui appartient est


bien plus fécond qu’une réussite qu’il doit aux
autres. »
 Maintien d’une relation structurante.

 Aider l’ado à entendre ce qui le motive.

 Relativiser les épreuves et le rassurer.


 Faire rimer Autorité avec Liberté
 Confiance avec Prudence
 Présence avec Absence.

 La confiance et le respect du parent renforceront sa


propre confiance.
Conclusion:
 La confiance en soi relève:
• D’un narcissisme positif

• De la certitude d'être aimé.

• De la considération des parents.

• D’un sujet pensant et non exécutant.

• D’un processus en permanente


évolution.