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Traitement classique de lixiviat

Sommaire
Liste des abréviations

Listes Des Figures

Liste Des tableaux

CHAPITRE I : GENERALITES SUR LES LIXIVIATS ................................................ 4

III .1Lixiviats jeune : .................................................................................................... 8


III.2 Lixiviats intermédiaire :........................................................................................ 8
III.3 Lixiviats stabilisés : .............................................................................................. 8

I.1 Généralité : ...................................................................................................................... 15

II.1 Culture libre : ................................................................................................................... 17


II.1.1 Boue actives : ........................................................................................................ 17
II.1.2 Lagunage : ............................................................................................................ 17
II.2 Culture fixe ..................................................................................................................... 18
II.2.1 Lit bactérien : ....................................................................................................... 18

III.1 Coagulation –floculation................................................................................................. 18


III.2 décantation....................................................................................................................... 19
III.3 filtration ............................................................................................................................ 19
III.4 Procédé d’oxydation chimique ....................................................................................... 19
III.5 Procédé d’adsorption ...................................................................................................... 20

Projet de fin d’étude


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Traitement classique de lixiviat

INTRODUCTION GENERALE

L’augmentation du volume des déchets en décharge (contrôlée et sauvage) ainsi


que leurs interactions avec le milieu extérieur conduisent à la production et à la
dispersion de flux polluants, essentiellement à travers l’émergence des lixiviats. La
production de lixiviats est l’un des problèmes les plus aigus que la pratique de
l’enfouissement des déchets occasionne [1].

Dans les centres d’enfouissement le contact entre ces effluents et l’écosystème


environnant est en théorie évité grâce à des aménagements qui garantissent
l’étanchéité des casiers contenant les déchets.

Les lixiviats qui s’écoulent de la décharge sont contaminés par divers produits et
polluants présents dans ce bioréacteur que constitue la décharge. Ainsi ces derniers
doivent répondre à des normes de rejet leur imposant au préalable un traitement
spécifique. Le suivi de ces effluents s’avère nécessaire aussi bien pour prévenir les
risques sanitaires, environnementaux que pour collecter régulièrement les données
dont l’exploitation servira à améliorer leurs traitements.

Cependant dès la phase de dépôt, les déchets sont soumis à des processus de
dégradation liés à des réactions biologiques et physico-chimiques complexes.
La composition des lixiviats dépend de plusieurs paramètres: pH, âge du site, type de
déchets entreposés auquel s’ajoutent le climat et la saison. Afin de choisir le procédé
le plus approprié pour chaque effluent, il est nécessaire de considérer une série de
conditions les caractéristiques de l’eau résiduaire brute: (DCO, DBO5, MES, pH,
métaux lourds. La qualité de l’effluent final requis (spécifications de l’eau traitée
liées à la réglementation) et les coûts relatifs [2].

Ces lixiviats sont riches en matières organique et inorganique, et en métaux lourds.


Leur rejet à l’état brut, sans aucun traitement préalable, engendre les impacts suivants:
pollution des sols, contamination des eaux, impacts sur la santé et l’environnement,
etc. (traitement classique)

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Des fuites de lixiviats chargés en polluants et substances toxiques peuvent donc se


produire dans l’environnement autour du site de la décharge, mettant en danger les
végétaux, les animaux qui les ingèrent et, au sommet de la chaîne alimentaire.

L’homme est plus directement touché lorsque la décharge se situe à proximité d’une
nappe phréatique alimentant la population en eau potable.

Notre travail est composé de deux parties :


La première partie concerne : une généralité sur les lixiviats, leurs compositions et
leur formation ,Les différents types de lixiviats ,L’impact des lixiviats sur
l’environnement et la santé humaine.

La deuxième partie est consacrée au : Traitement des lixiviats par voie biologique
et physico-chimique.

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CHAPITRE I : GENERALITES SUR LES LIXIVIATS

I. Définition des lixiviats


Les lixiviats sont les jus produits sous l’action conjuguée de l’eau de pluie et de
la fermentation des déchets enfouis. Ils contiennent une pollution de type azotée
(ammoniac, NH4+), de type carbonée (déchets organiques, DCO), et des métaux
lourds [3]. Ces eaux proviennent des précipitations, du ruissellement ou des déchets
eux-mêmes. Sa composition et son volume sont difficiles à déterminer car la décharge
constitue un réacteur complexe évoluant spontanément.
Les déchets enfouis servent de substrat aux micro-organismes (bactéries, levures,
champignons) dont l’activité a des effets directes sur les conditions physico-
chimiques du milieu (pH, potentiel redox) ou peuvent déclencher des phénomènes
physico-chimiques secondaires (dissolution, précipitation).

Figure 1: portrait de lixiviat

II. Mécanisme de formation des lixiviats :


Les lixiviats sont produits lorsque la teneur en humidité dépasse la valeur
maximale de rétention qui est définie comme la valeur maximale de liquide que peut
retenir un milieu poreux sans produire de percolation [4]. Leurs formations
dépendent de plusieurs paramètres :
 Facteurs climatiques et hydrogéologiques : les pluies, la neige, l’intrusion des
eaux souterraines ;
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 Qualité des déchets : l’âge, la perméabilité, la teneur initiale en humidité, la


taille des particules… ;
 L’exploitation et la gestion du site : compactage, végétation, couverture,
recirculation, irrigation… ;
 Mécanismes internes : décomposition des composés organiques, formation de
biogaz et de la chaleur.
Les mécanismes de genèse des lixiviats sont très complexes. En effet, les déchets sont
dégradés par l'activité des micro-organismes et des réactions physico-chimiques.
Nous pouvons distinguer trois grands mécanismes:

 Mécanismes biologiques aérobies : effectuée par des bactéries dites « bactéries


aérobies », en présence de dioxygène [5]. Cette fermentation consiste de
l’oxydation de la matière organique par des bactéries aérobies. Elle nécessite un
apport d’oxygène limité en couche de surface des déchets et elle est caractérisée
par une forte augmentation de la température des déchets de l’ordre de 60°C. Les
produits de cette réaction sont : le dioxyde de carbone, l’eau et la chaleur. Le
produit de l’eau contribue à la formation de lixiviat.

Matière organique + O2 micro-organique CO2 +H2O +Chaleur

 Mécanismes biologiques anaérobies : se déroule en absence de dioxygène par des


bactéries anaérobies. Elle permet la production du lixiviat et du biogaz. Cette
fermentation se déroule en quatre phases successives, chaque étape est réalisée
par un type de bactéries différent:

- l'hydrolyse :

C’est le passage des conditions aérobies aux conditions anaérobies : chute du potentiel
d’oxydoréduction, apparition d’acides carboxyliques et augmentation rapide de la
charge organique. L’attaque de la matière organique par les enzymes bactériennes
conduit à un mélange de sucres simples (osides) et d’acides aminés libres qui
pourront servir de nutriments dans la phase suivante.

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Matière organique Enzymes bactériens Osides + Acides Aminés libres

- L’acidogène :

C’est la formation des acides gras volatils (AGV) à partir des produits de l’hydrolyse.
La structure organique des lixiviats se compose essentiellement de ces AGV. A ce
stade, on observe une diminution du pH, une complexation des espèces métalliques,
une consommation de l’azote et du phosphore pour la croissance de la biomasse avec
production de CO 2 et de H2.

Osides + Acides Aminés libres Enzymes bactériens Acides Gras volatiles

- l'acétogénèse :

Consiste à la conversion des produits de l’acidogenèse (la phase précédente) en


acétate, en dihydrogène. et en dioxyde de carbone par les bactéries acétogènes.

AGV - Alcools Enzymes bactériens Acide acétique + CO2 + H2

- la méthanogènes :

Assurée par les bactéries méthanogènes qui sont des bactéries anaérobies strictes,
consomment une quantité d’acétate issu de la phase précédente pour leur croissance
qui est lente et pour leur développement. Cette dernière étape aboutit à la production
de méthane qui avec sa création, se créent le lixiviat et le biogaz.

Acide acétique + CO2 + H2 Enzymes bactériens CH4 + CO2

Le diagramme ce dissous donne une idée globale sur l’évolution et la composition du


biogaz au cours de la dégradation des déchets
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Matière organique complexe

Hydrolyse Bactéries hydrolytiques

Composés solubilisés

Acidogenèse Bactéries acidogènes

Acides gras volatils solvants

Acétogenèse Bactéries acétogènes

CH3COOH CO2 ,H2

Bactéries acétoclaste Bactéries hydrogénophile

Méthanogenèse
CH4 , CO2

Figure 2 : La formation du biogaz au cours de la dégradation des déchets.

 Mécanismes physico-chimiques : l’évolution du pH, du pouvoir tampon, de la


salinité et du potentiel d’oxydoréduction des solutions percolant à travers les
déchets. Ces solutions mettent en œuvre des mécanismes chimiques de
solubilisation, de complexation, d’oxydoréduction, d’adsorption, de
neutralisation et de transfert de matière.
Les principaux mécanismes sont:

-la dissolution: L'état de division des déchets modifie la surface spécifique.


-la solubilisation ou la précipitation selon les paramètres physico-chimiques du
milieu.

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III. Les différents types de lixiviats


La composition des lixiviats dépend fondamentalement de l’âge de la décharge et
donc de la phase de biodégradation de la matière organique. Ainsi, trois types de
lixiviats ont été distingués :

- les lixiviats jeunes ;

- les lixiviats intermédiaires ;

- les lixiviats âgés ou stabilisés.

III .1 Lixiviats jeune :

Ces lixiviats d’un âge inférieur à 5 ans se caractérisent par une charge organique
élevée [4] relativement biodégradable (seuil de biodégradabilité DBO 5 / DCO >

0,3) constituée principalement d’acides gras volatils. Ces lixiviats peuvent être
chargés en métaux (jusqu’à 2 g /L) du fait de leur pH relativement bas (< 6,5). Ils
correspondent aux premières phases non méthanogènes de l’évolution d’une décharge
[6].

III.2 Lixiviats intermédiaire :

Au fur et à mesure que la décharge vieillit et que les déchets se stabilisent, la charge
organique diminue et les acides gras volatils se raréfient (20 à 30% de la charge du
lixiviat) au profit de composés de hauts poids moléculaires. L’émergence de ces
composés tend à diminuer la biodégradabilité du lixiviat (seuil de biodégradabilité
DBO5/DCO compris entre 0,1 et 0,5). Ces lixiviats d’un âge entre 5 et 10 ans
correspondent globalement à la phase méthanogène stable.

III.3 Lixiviats stabilisés :

Ces lixiviats d’un âge supérieur à 10 ans sont caractérisés par une faible charge
organique, composée essentiellement de substances humiques (acides fulviques
et humiques) de hauts poids moléculaire qui sont réfractaires à la biodégradation
( DBO5 / DCO < 0 ,1). Ces lixiviats stabilisés correspondent à la phase de maturation
de la décharge [6].

Tableau 1: Caractéristiques principales des différents types de lixiviats [4].


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Lixiviats jeunes Lixiviats Lixiviats stabilisés


Intermédiaires
Age de la < 5 ans 5 à 10 ans > 10 ans
décharge
Ph <6 ,5 6,5 à 7,5 > 7,5
DCO (g /L) 10 à 20 5 à 10 <5
DBO5 / DCO >0,5 0,1 à 0,5 < 0,1
Bonne Assez faible Très faible
(biodégradabilité)
AGV (% du >70 5 à 30 1< 5
COT)

IV. Types de polluants présents dans les lixiviats

Les lixiviats d’une vieille décharge sont donc globalement moins chargés que
ceux d’une jeune décharge mais plus difficiles à traiter. Hormis l’évolution dans le
temps, la composition des lixiviats dépend évidemment de la nature des déchets
enfouis, de la présence ou l’absence de la matière organique fermentescible et des
conditions climatiques conjuguées au mode d’exploitation du site.

Les principaux polluants rencontrés dans les lixiviats sont d’origines


physicochimiques et biologiques, elles sont énumérés ci-dessous [7-8]:

 Acides gras

Les acides gras sont d’importants constituants du monde animal et végétal. Ils se
répartissent en grandes familles selon le nombre de double liaisons éthyléniques qu’ils
possèdent : les acides gras saturés (aucune double liaison) ramifiés ou non, mono
insaturés (une seule double liaison) et polyinsaturés (au moins deux doubles liaisons).

 Composés ligno-cellulosiques

Les composés ligno-cellulosiques (cellulose, hémicelluloses et lignine) retrouvés en


décharge sont principalement dus aux 12% de déchets verts (bois, herbes, feuilles) et
aux 25% de papiers, cartons et journaux entreposés. Leur présence est un très bon
indicateur du règne végétal.

 Composés associés aux matières plastiques

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Les matières plastiques se définissent comme le mélange d’un polymère (ou résine)
et de divers additifs donnant un produit fini. Les déchets ménagers se composent
d’environ 11%(poids humide) de matières plastiques particulièrement réfractaires à la
dégradation en décharge.

 Les phénols

Les phénols sont principalement utilisés en tant qu’intermédiaires :

 Dans l’industrie des matières plastiques (résines phénoliques, bisphénol A…).


 Pour la fabrication de plastifiants, d’adhésifs, de durcisseurs, de dissolvants et
d’isolants.
Ils sont également utilisés dans une moindre mesure en tant que composant dans les
cosmétiques et les médicaments.
Les phénols ont été identifiés dans plusieurs lixiviats.
 Les pesticides

Les pesticides sont utilisés en quantité considérable depuis plus d’un demi-siècle par
l’agriculture intensive. On retrouve des résidus de pesticides partout même dans les
lixiviats comme le lindane, le bentazone, le 2,6- dichloro benzamide, l'atrazine….

 Les métaux lourds

Plusieurs métaux lourds ont été identifiés dans les lixiviats à de faibles concentrations
comme le Mg, Fe, As, Cd, Cr, Co, Cu, Pb, Ni et le Zn. Les métaux lourds existants
dans les déchets migrent pendant plusieurs années dans les décharges.

 Pollution d’origine bactérienne

Les bactéries servent de nourriture à de nombreux organismes. Elles favorisent la


fixation d’algues ou de larves sur certains substrats et permettent également la
dégradation de certains polluants. Ces contaminants bactériens peuvent être véhiculés
à l’homme par les eaux. Les lixiviats sont très chargés en coliformes, bactéries
pathogènes, virus et parasites.

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V. La composition des lixiviats


La composition chimique du lixiviat est spécifique à chaque décharge [9]. En effet
elle varie étroitement avec la nature et l'âge de la décharge, le type de déchets et leur
degré de décomposition, la méthode de mise en décharge (compactée ou non), la
nature du site d’enfouissement et les conditions climatiques etc. ... [10]

 Les micropolluants organiques (hydrocarbures, composés aromatiques...) ; Les


compositions chimiques et biochimiques des lixiviats sont non seulement très
diverses mais aussi variables dans le temps et dans l’espace.
 La matière organique dissoute ou en suspension, issue de la biomasse, exprimée
généralement en DCO (les AGV, les substances humiques et fulviques...) ;
 Les composés minéraux majeurs sous forme ionique (Ca2+,Mg2+ , Na+,
K+ ,NH4+ ,Fe2+,HCO3- ,Cl-,SO42-...) ainsi que d’autres composés tels que les
borates, les sulfites...[11]
 Les cations de métaux lourds à l’état de traces, sous forme majoritairement
complexée par des ligands minéraux ( HCO 3 , Cl  , SO 42  ) ou organiques
(macromolécules de type humique et fulvique) [2].

D'autre part, les lixiviats peuvent aussi contenir certain microorganismes pathogènes
[12]. Plus de 200 familles de composés organiques ont pu être identifiées au
cours des nombreuses études menées sur la caractérisation des lixiviats des décharges.

La composition globale des lixiviats est le plus fréquemment déterminée grâce


à des analyses physico-chimiques. La qualité physico-chimique dépend de
nombreux facteurs qui sont cités dans les paragraphes précédents.

Étant donnée la synergie de l’ensemble des facteurs mentionnés ci-dessus, il


est difficile de prédire la composition moyenne d’un lixiviat d’un site donne.

VI. IMPACT DES LIXIVIATS SUR L’ENVIRONNEMENT ET LA SANTE HUMAINE


Suite au dépôt dans une décharge, les déchets sont soumis à des processus de
dégradation liés à des réactions biologiques et physico-chimiques complexes.

L'eau s'y infiltre est produit des lixiviats et du biogaz chargés en substances
organiques ou minérales qui engendrent une pollution essentiellement de type
organique et métallique en relation avec la biodégradation naturelle des déchets
Projet de fin d’étude
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Traitement classique de lixiviat

confinés et avec leurs composants anthropiques qui libèrent de nombreuses


substances toxiques dans le milieu naturel.

Sur les sites de décharges on rencontre essentiellement trois types de pollution :


pollution par les matières organiques et/ou minérales, pollution par les métaux
lourds et pollution par les microorganismes [4].

-Pollution par les matières organiques minérales :

La composition des lixiviats est une photographie de l’état des déchets à un


certain moment de leur dégradation, en étudiant plusieurs sites, ont défini les
fourchettes de fluctuations de la composition physico-chimique des lixiviats
d’ordures ménagères. La fraction minérale des lixiviats est essentiellement
constituée de chlorures, sulfates, bicarbonates, potassium, sodium et ammonium.
La partie organique est liée à l’âge des déchets. La matière organique peut se
retrouver dans les eaux de surface et souterraines quand les conditions
minimales d’enfouissement de déchets ne sont pas respectées.

Cependant, même si dans certaines décharges il faut assister à la mise en


place des géo membranes, la durée de vie de ces matériaux est mal connue vu
qu’ils sont soumis à l’agressivité chimique des lixiviats. Une éventuelle fuite
dans ces membranes peut occasionner la contamination de la nappe [4].

-Pollution par les métaux lourds

La migration des métaux lourds dans les sols (à partir de décharge des
déchets suite à lixiviation) et leur infiltration vers les eaux souterraines met en
jeu un grand nombre de phénomènes : solubilisation à pH acide, complexassions
par la matière organique de type humique, précipitation à pH basique, rétention
des matières en suspension sur des particules de sol, adsorption des ions ou des
molécules à la surface des grains de matrice poreuse, phénomène d’échange
d’ions... [4].

-Pollution par les microorganismes

De nombreuses maladies humaines résultent de la contamination du milieu naturel


par les lixiviats :

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Traitement classique de lixiviat

Plusieurs maladies hydriques sont causées par la consommation des eaux contaminées
par les lixiviats qui contiennent des microorganismes pathogènes. Durant la
dernière décennie, les problèmes relatifs à l’eau sont devenus de plus en plus vastes,
avec l’émergence de nouvelles maladies infectieuses et la réémergence d'autres
qui sont déjà connues, (salmonelle, choléra, shigellose) [4].

Les éléments toxiques contenus dans les lixiviats peuvent être bio disponibles pour les
racines des arbres, les champignons, ainsi que certains animaux peuvent les bio-
accumuler et par conséquence contribuer à leur concentration dans la chaîne
alimentaire jusqu’à arriver à l’homme.

Les biogaz proviennent de la décomposition anaérobie des matières organiques


par divers micro-organismes, cette décomposition forme diverses substances
organiques volatiles, principalement de méthane (CH4) et dioxyde de carbone
(CO2).Le déplacement du biogaz dans le sol est également un phénomène complexe,
le méthane (CH4) contenu dans les biogaz étant plus léger que l’air, il a naturellement
tendance à migrer verticalement vers la surface du sol et se dissiper dans l’atmosphère
[13].

La quantité de polluants qui peut atteindre la nappe phréatique dépend de la


quantité de contaminants s’échappant de la décharge, et également du comportement
des substances organiques ou minérales à travers des couches sableuses et de l’argile.

Des essais en laboratoire ont montré que dans l’argile, l’absorption est importante.
Cela signifie qu’une quantité considérable de substance chimique peut se fixer sur la
matrice poreuse du sol, à titre d’exemple : les éléments Ca+2, Mg+2, Pb2+ sont les plus
retenus par la phase solide. L’infiltration d’un liquide ne dépend pas seulement du
type de sol mais dépend aussi du type de liquides et les éléments chimiques qu’il
contient. Les résultats d’essais d’infiltration dans l’argile du Gault montrent que les
paramètres de transport sont influencés par le type du liquide infiltré. Les valeurs de
la diffusivité et la conductivité hydraulique dans la colonne où s’infiltre le lixiviat
sont supérieures aux celles mesurées dans la colonne où s’infiltre l’eau [14].

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Traitement classique de lixiviat

L’impact des lixiviats sur le sol se traduit par la réduction du temps de transit (le
lixiviat traverse plus rapidement les couches du sol) et de la teneur en eau d’équilibre
(la quantité de l’eau que le sol peut retenir).

L’étude de la diffusion du lixiviat montre que la migration des ions se fait dans les
deux directions, du lixiviat vers le sol qui lui provoque une pollution, et du sol vers le
lixiviat qui provoque un appauvrissement en ions, la migration étant liés à la capacité
d’échange d’ions [15].

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Traitement classique de lixiviat

CHAPITRE II : TRAITEMENT DES LIXIVIATS

I. Les filières classiques de traitement de lixiviat

I.1 Généralité :

À l'échelle mondiale, le traitement des eaux usées constitue le premier enjeu de


santé publique : plus de 4 000 enfants de moins de 5 ans meurent chaque jour de
diarrhées liées à l’absence de traitement des eaux [16].
Dans les pays en voie de développement, 25 millions des personnes meurent par an à
cause des maladies hydriques, dont 80% des maladies proviennent de la pollution
d’eau.
Dans les pays en voie de développement, 90 à 95% des eaux usées sont rejetées dans
les eaux de surface sans traitement, d’où la nécessite d’avoir un traitement efficace
[16].
Les eaux usées sont toutes les eaux chargées de différents éléments provenant de la
population mais aussi des activités commerciales et industrielles, qui sont de nature à
polluer les milieux dans lesquelles elles seront déversées. C'est pourquoi, dans un
souci de respect de ces différents milieux, des traitements sont avoir nécessaire sur ces
effluents.
Le traitement des eaux usées peut être réalisé par plusieurs types de procédés selon la
nature de pollutions .Il existe deux types de traitements :

-Traitement biologique

- Traitement physico-chimique

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Traitement classique de lixiviat

Tableau 2 : Procédés de traitement des lixiviats. [14]

Procédés Avantages Inconvénients Sous-produit

Lagunage aéré Elimination de la DBO5 et de Dénitrification difficile, Boues biologiques en


l'azote encombrement important excès

Boues activées Elimination de la DBO5 et de Consommation énergétique pour Boues biologiques en


l'azote global l'apport d'oxygène excès
biologique
Procédés

Culture fixée Elimination de la DBO5 et de Faible rendement épuratoire


l'azote Faible consommation
énergétique -----

Coagulation-floculation Débit de traitement Réduction Production importante de boues Boues


de 40 à 50 % de la DCO dure (20 % du volume traité)
Agglomération des MES
Procédés physico

Filtration sur charbon actif Elimination de la DCO Renouvellement des absorbeurs


halogènes et de …… résiduelle, réduction des
chimique

organo-halogènes et de la ------

couleur

VII. Traitement par voie biologique :

Grâce à sa fiabilité, sa simplicité et son rapport coût-efficacité élevé, le traitement


biologique est couramment utilisé pour le traitement de la majeure partie du lixiviat
contenant des concentrations élevées de DBO5 [17-18]. La biodégradation des
composés organiques est effectuée par le biais de micro-organismes pour donner du
dioxyde de carbone et des boues, dans les conditions aérobies, et du biogaz (un
mélange composé principalement de CO2 et CH4) dans les conditions anaérobies [19].
Projet de fin d’étude
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Traitement classique de lixiviat

Les traitements biologiques se sont révélés très efficaces pour éliminer les matières
organiques et azotées des jeunes lixiviats lorsque le DBO5/DCO a une valeur élevée
(>0,5). Avec le temps, la présence importante de composés réfractaires
(principalement des acides humiques et fulviques) (pourquoi) tend à limiter
l'efficacité du Processus.

Il faut distinguer entre le traitement aérobie et anaérobie :

 Traitement aérobie : fait appel aux micro-organismes naturellement présents


dans le milieu naturel pour dégrader les polluants présents.
 Traitement anaérobie : fait appel à des procédés d’épuration anaérobie comme
la fermentation par une stabilisation des lixiviats, permettant l’élimination de la
pollution organique concentrée.
Les bactéries peuvent être libres (boue activée, lagunage) ou fixées (lit Bactérien).

II.1 Culture libre : On distingue deux types

II.1.1 Boue actives :

Le processus d’épuration par boues activées est le plus répandu. Son développement
est dû à ses excellentes performances de dépollution (rendement supérieur à 95%) par
rapport aux autres procédés existants. En contrepartie, suivant le type d’effluents à
traiter, ce procédé peut être difficile à maîtriser notamment pour le traitement de
l’azote et du phosphore ou en cas de variations importantes des flux à traiter [20].
Son traitement comporte deux phases :

 Contact de la biomasse et de l’eau usée dans un réacteur.


 Séparation des solides de la phase liquide épurée par décantation.

II.1.2 Lagunage :

Permet à l’effluent d’être en conditions aérobies (oxygène dissous en quantité


maximale) et favorise la prolifération de bactéries hétérotrophes par rapport au
carbone (utilisant le carbone organique comme source d’énergie). L’azote organique
et les molécules biodégradables jouent le rôle de nutriments. La fraction
biodégradable de l’effluent et la teneur en azote organique sont donc abattues. On

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Traitement classique de lixiviat

retrouve souvent ce procédé en prétraitement. Il a l’avantage d’être peu coûteux et


demander peu d’entretien.

Figure 3: Le principe de fonctionnement d'un bassin de lagunage

II.2 Culture fixe

II.2.1 Lit bactérien :

Fonctionne sur le même principe que le traitement par lagunage aéré. La différence
est que les bactéries sont fixées sur des supports qui encouragent le développement de
biofilms [21]. Cela permet d’avoir une bonne croissance bactérienne et un meilleur
contact entre bactéries et effluent que lors du lagunage aéré. Par exemple, dans les lits
bactériens, les bactéries vont se fixer sur les porosités du support (pouzzolane,
plastiques, roches volcaniques…) et l’effluent est aspergé sur ce support, permettant
la minéralisation de la matière organique (MO). [22]

VIII. Traitement par voie physico-chimique :

III.1 Coagulation –floculation

La coagulation a pour but principal de déstabiliser les particules en suspension c'est à-


dire de faciliter leur agglomération. Ce procédé est caractérisé par l’injection et la
dispersion des produits chimiques (coagulants). Il consiste à ajouter à l’eau un
électrolyte permettant de neutraliser les charges négatives qui sont à l’origine du
maintien en suspension stable. On utilise généralement des sels d’un métal trivalent,
Fe3+ ou Al3+. Le choix du coagulant et du floculant dépend de la nature de l'eau à
traiter, et des tests préalables qui doivent être réalisés. La floculation a pour but de
Projet de fin d’étude
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Traitement classique de lixiviat

favoriser, à l’aide d’un mélange lent les contacts entre les particules déstabilisées. Ces
particules s’agglutinent pour former un floc qu’on pourra éliminer par décantation.

Figure 4:schéma de principe de la coagulation-floculation

III.2 décantation
La décantation se fait par ajout de réactif chimique ou floculant (sulfate d’alumine)
qui entraîne la formation de précipités insolubles ou flocs, constitués de particules
chargées positivement qui en se déposant entraînent toutes les substances organiques
de l’eau. Cette étape peut éliminer jusqu'à 99% des bactéries présentes [23].

III.3 filtration
La filtration est un procédé physique destinée à clarifier un liquide qui contient des
matières solides en suspension en le faisant passer à travers un milieu poreux. L'eau
est passée à travers un filtre qui intercepte les petites particules. La filtration peut être
accomplie comme traitement tertiaire d'une eau brute, comme traitement secondaire
d'une eau usée ou comme unique traitement si on parle d'une filtration
transmembranaire [24].

III.4 Procédé d’oxydation chimique


L’oxydation par ozonation (O3) est un procédé très efficace pour détruire toute forme
de pollution organique. L’ozoneur va bombarder l’effluent d’O3, molécule très
oxydante préalablement produite grâce au dioxygène de l’air (exposition aux UV ou
application d’un courant électrique puissant, scindant la molécule en deux radicaux
d’oxygène distincts). Ce procédé est souvent utilisé dans les usines de production
d’eau potable en fin de traitement. Il est encore très peu utilisé pour traiter les
lixiviats. [22]
Projet de fin d’étude
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Traitement classique de lixiviat

III.5 Procédé d’adsorption

L'adsorption des polluants sur charbon actif, en colonne ou sous forme de poudre
donne un bon taux d’abattement de la DCO par rapport aux méthodes chimiques et ce
quelle que soit la concentration initiale de la solution en matière organique, Ce
procédé permet également d’abattre de manière très satisfaisante les composés
responsables de la coloration de l’effluent. Selon plusieurs travaux, le procédé
d’adsorption sur charbon actif a été utilisé en conjonction avec des procédés
biologiques pour le traitement des lixiviats [6].des études montrent l’efficacité de
différentes résines pour l’élimination de la matière organique bio récalcitrante et ont
montré que le charbon actif présent la plus forte capacité d'adsorption [25].

Figure 5: principe de l'adsorption

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20
Traitement classique de lixiviat

CONCLUSION
Dans ce travail, nous avons étudié les différentes traitements de lixiviat .ils ont été
employées pour l’élimination des polluants chimiques et microbiologiques .Le plus
grand risque lié à la production de lixiviats est la contamination de la nappe
phréatique .Cela peut avoir pour conséquence la pollution des puits d’eau de
consommation.

Le Maroc, fait face au problème de traitement du lixiviat. Peu d’actions sont réalisées pour
traiter les lixiviats à cause de la jeunesse des sites d’enfouissement au Maroc et du manque
d’études réalisées dans ce domaine.Le lixiviat brut contient une forte charge organique en
termes de DCOt et de DBO5. D’autres paramètres chimiques sont enregistrés en teneurs
excessives comme les matières en suspensions (valeur moyenne de 5 500 mg/l). La charge
microbienne trouvée dans le lixiviat brut est très élevée, surtout pour les germes de
pollution fécale et les bactéries sulfitoréductrices qui résistent aux conditions hostiles du
milieu. Le traitement du lixiviat par coagulation-floculation n’a pas abouti à des résultats
satisfaisants en termes d’abattement des paramètres physico-chimiques et microbiologiques

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électrocoagulation des lixiviats du CET de Ouled Faye"t. Mémoire d’ingénieur.
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Projet de fin d’étude


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