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Durabilité des matériaux et

réhabilitation des structures

-2017-2018
Chap 3: Auscultation et Diagnostic
Auscultation et Diagnostic
Analogie avec la médecine:
Auscultation et Diagnostic
Evaluation de l’état de la structure:

 le choix de la procédure de réparation doit être fondé sur une étude préalable de
l’état de la structure. Cette étude comprend des opérations de préparation, une
inspection de routine, des essais complémentaires, l’évaluation des résultats et
l’estimation de l’état de l’ouvrage.

 Les critères adoptés pour évaluer l’état d’un ouvrage sont variables (nature de la
structure, exposition, âge ...), il n’est pas possible d’énumérer tous les essais à
effectuer.

 L’évaluation doit permettre en fin de compte d’estimer l’ampleur des


dégradations, d’en identifier les causes avec précision et de proposer la méthode
de réparation ou de protection la plus appropriée.
Auscultation et Diagnostic
Etapes de programme:
Auscultation et Diagnostic
Etapes de programme:
Auscultation et Diagnostic
Etapes de programme:
Auscultation et Diagnostic
A. Anamnèse:
 Elle correspond à la collecte des données et des informations sur la structure,
notamment sur son histoire, son environnement, ses matériaux de construction et
les interventions antérieures (Acun et al. 2006).

 La collecte des informations doit prendre en compte au minimum :


 l’approche conceptuelle initiale
 l’environnement, y compris l’exposition antérieure à des polluants divers
 les conditions qui ont présidé à la construction (conditions climatiques, par exemple)
 l’historique de la structure
 les conditions d’utilisation (charges, …)

 Sources d’informations: maître d’ouvrage ou propriétaire / des sources officielles


comme le cadastre.
 Il est conseillé d’effectuer une première visite de l’ouvrage afin d’examiner la
situation dans laquelle les travaux d’inspection pourront se dérouler.
Auscultation et Diagnostic
A. Anamnèse:
Auscultation et Diagnostic
A. Anamnèse:

Un monument peut lui aussi avoir


un carnet de santé ! ^_^
Auscultation et Diagnostic
B. Auscultation et diagnostic:
Auscultation et Diagnostic
B. Auscultation et diagnostic:
1) Inspection visuelle
 Répertorier et à cartographier les différents matériaux de construction
Auscultation et Diagnostic
B. Auscultation et diagnostic:
1) Inspection visuelle
 Répertorier et à cartographier les différents désordres visibles sur la construction:
décolorations, érosion, fissures, déformations, dislocations, corrosion…

(Al-Omari et al. 2014).


Auscultation et Diagnostic
B. Auscultation et diagnostic:
1) Inspection visuelle
 Evaluer l’ampleur des zones dégradées.

(Hüpers et al 2005)

(Fitzner 2001)
Auscultation et Diagnostic
B. Auscultation et diagnostic:
1) Inspection visuelle
 Evaluer l’ampleur des zones dégradées.

(Godart 2014)
Auscultation et Diagnostic
B. Auscultation et diagnostic:
1) Inspection visuelle
 Identifier les conditions d’exposition qui ont pu engendrer des désordres:
ruissellement, salage, eaux usées…

 Sélectionner les essais à réaliser en fonction des constatations: suivi des fissures?
Essai de dureté (problème d’adhérence)?
 Déterminer les zones qui feront l’objet de mesures complémentaires:
prélèvements? analyse minéralogique?
Auscultation et Diagnostic
B. Auscultation et diagnostic:
1) Inspection visuelle
Au cours de l’inspection visuelle, l’attention devra être attirée par :
 les changements de teinte (traces de rouille, par exemple):
 Les taches d’humidité peuvent constituer des zones privilégiées de corrosion dès que la
carbonatation atteint les armatures.
 L’accumulation d’humidité aura également une influence sur un éventuel traitement
ultérieur, dans la mesure où elle s’opposera à l’adhérence de couches de protection.
 Si les traces de rouille épousent parfaitement le tracé des armatures, il y aura lieu de
contrôler le potentiel de corrosion de l’acier.
 Si les traces de rouille sont de faibles dimensions, elles peuvent être dues à de petits
fils de ligature ou la présence de granulats ferrugineux.
 Contrôler si le tachage ne s’étend pas jusqu’aux armatures et envisager l’éventualité
d’une contamination par les chlorures.
Auscultation et Diagnostic
B. Auscultation et diagnostic:
1) Inspection visuelle
Au cours de l’inspection visuelle, l’attention devra être attirée par :
 la présence de fissures et l’allure du tracé des fissures:
 On estime que la durabilité n’est pas compromise lorsque les fissures ont moins de 0,3
mm d’ouverture.
 Certaines fissures résultent de problèmes rencontrés en cours d’exécution (dessiccation
prématurée de la surface, retrait précoce, …) et restent stables après leur apparition.
 D’autres fissures surviennent après plusieurs années et continuent à évoluer dans le
temps (réaction alcalis-granulats, fissures de dilatation, …).
 L’examen des fissures peut être utilement complété par un schéma (forme des fissures,
largeur, direction et localisation, quand?).
Auscultation et Diagnostic
B. Auscultation et diagnostic:
1) Inspection visuelle
Au cours de l’inspection visuelle, l’attention devra être attirée par :
 la présence d’armatures dénudées:
Les désordres se manifestent souvent par la mise à nu des armatures rouillées. Deux
facteurs peuvent provoquer ce phénomène :
 soit que le béton ait commencé à se disloquer en raison de la corrosion des armatures et
de l’accroissement de volume qui en résulte,
 soit que les armatures se soient mises à rouiller au contact de l’air qui s’est introduit
dans l’ouvrage après sa fissuration.
Auscultation et Diagnostic
B. Auscultation et diagnostic:
1) Inspection visuelle
 Rapport d’inspection
• Les résultats de l’inspection visuelle doivent être consignés rigoureusement dans un
rapport d’inspection. Il est conseillé de rassembler les résultats sous forme de
schémas étayés par des documents photographiques.
• Le rapport d’inspection ainsi établi pourra aussi se révéler utile lors de l’élaboration
d’un éventuel programme d’entretien ou de réparation.
Auscultation et Diagnostic
B. Auscultation et diagnostic:
2) Essais de base
Plusieurs essais doivent venir compléter l’inspection visuelle. Il est évident que les premières
conclusions apportées par cette visite seront déterminantes dans le choix des zones qui
devront faire l’objet d’un examen plus poussé et des essais à effectuer.
 Localisation des défauts d’adhérence
 Grâce au son rendu, le sondage des surfaces au moyen d’un marteau permet de déceler des
zones présentant des cavités.

Martèlement d’une colonne d’un pont


Auscultation et Diagnostic
B. Auscultation et diagnostic:
2) Essais de base
 Dureté de surface
 La dureté de surface du béton est déterminée à l’aide du scléromètre (ou marteau Schmidt)
conformément à la norme EN 12504-2.
 Principe de l’essai: mesure du rebond d’une masse déterminée, projetée sur une surface
avec une force connue. Une surface dure absorbe moins d’énergie lors de l’impact et
renvoie la masse plus loin.
 Avant d’effectuer les mesures, on débarrassera une zone suffisamment étendue (environ
300 mm x 300 mm) de toute souillure, peinture, enduit ou élément désolidarisé. La peau
du béton friable doit être meulée.
 Sur un béton relativement jeune (quelques mois), on a une bonne corrélation avec la
résistance réelle en compression.
Auscultation et Diagnostic
B. Auscultation et diagnostic:
2) Essais de base
 Dureté de surface
 Duromètre
Le principe repose sur la méthode dynamique (rebond). Une déformation de la surface
entraînant une perte d’énergie cinétique se produit. Cette perte d’énergie est détectée par une
comparaison des vitesses vi et vr lorsque le corps de frappe se trouve à une distance précise
de la surface pour la phase d’impact et la phase de rebond du test.

30
25 y = -0,08x + 46,76
R² = 0,95
20
Porosité (%)

15
10
5
0
250 300 350 400 450 500 550
Dureté (HL)
Blanchâtre Intermédiaire Jaunâtre
Auscultation et Diagnostic
B. Auscultation et diagnostic:
2) Essais de base
 Localisation des armatures et détermination de leur enrobage
 On utilise le pachomètre pour localiser les armatures et évaluer leur enrobage.
 Principe de fonctionnement: émission d’un flux magnétique par l’appareil et détection de
la diffusion de ce champ magnétique ainsi que les modifications de la résonance
magnétique induite par la présence d’aciers.
 Possibilité de localiser des armatures jusqu’à une profondeur d’environ 10 cm en
déplaçant le capteur du pachomètre sur la surface du béton.
 Les fissures qui suivent le tracé des armatures seront considérées comme suspectes, car il
est fort probable qu’elles soient provoquées par la corrosion.
Auscultation et Diagnostic
B. Auscultation et diagnostic:
2) Essais de base
 Profondeur de carbonatation
 La détermination de la profondeur de carbonatation s’effectue en vaporisant, sur une
surface de rupture fraîche, une solution de phénolphtaléine. Le béton sain vire au rose,
tandis que les zones carbonatées restent incolores.
 Pour limiter au maximum les dégâts pendant l’inspection, on peut se contenter de forer de
petits trous de 6 à 8 mm de diamètre et mettre la poudre de forage en contact avec la
solution de phénolphtaléine
Auscultation et Diagnostic
B. Auscultation et diagnostic:
2) Essais de base
 Profondeur de carbonatation
 Le coefficient de carbonatation k0 d’une structure est déterminé, pour chaque composition
de béton et chaque exposition, en se basant sur la profondeur de carbonatation mesurée et
sur l’âge du béton au moment de la mesure, soit :

où :
 D0 = la profondeur de carbonatation, mesurée en mm
 k0 = une constante dépendant de la qualité du béton, de l’exposition, etc., exprimée en (mm/ 𝑎𝑛𝑠 )
 t0 = l’âge du béton au moment de la mesure, exprimé en années.
 Prévision: à quel moment t1 (exprimé en années) le front de carbonatation atteindra les
armatures et déclenchera leur corrosion ?

 Dw = l’épaisseur d’enrobage des armatures, exprimée en mm


 k0 = le coefficient de carbonatation issu de la mesure précédente, exprimé en (mm/ 𝑎𝑛𝑠 )
Auscultation et Diagnostic
B. Auscultation et diagnostic:
2) Essais de base
 Teneur en chlorures
 Des analyses chimiques en laboratoire sur des échantillons prélevés in situ, permettent de
déterminer la teneur en chlorures par rapport à la masse totale de béton.
 Pour la conversion en teneur par rapport à la masse de ciment, la proportion du ciment se
situe entre 6 et 8 pour un béton ordinaire. La valeur obtenue est ensuite comparée avec la
valeur critique.
 L’étude d’échantillons prélevés à différentes profondeurs permet de savoir l’origine des
chlorures (mélangés au béton dès le début de la construction? pénétration par la suite.?)
Auscultation et Diagnostic
B. Auscultation et diagnostic:
2) Essais de base
 Mesure des largeurs de fissuration
 Paramètres importants de fissures: largeur, emplacement et évolution .
 Vérification du caractère évolutif d’une fissure:
 Méthode qualitative: application d’un témoin ( témoin de plâtre par exemple…)
 Méthode quantitative: utilisation d’une jauge d’extension ou de déplacement d’un
fissuromètre.
 …
Auscultation et Diagnostic
B. Auscultation et diagnostic:
2) Essais de base
 Cohésion superficielle du béton
 l’essai s’effectue in situ sur des zones, choisies en se basant sur les informations recueillies
lors de l’inspection visuelle ou sur les résultats des essais de dureté superficielle.
 Etapes:
 Percer le béton jusqu’à une profondeur de 15 mm au moyen d’un foret de 50 mm de
diamètre intérieur,
 Coller sur l’ouverture une pastille en acier de 50 mm de diamètre et d’au moins 30 mm
d’épaisseur
 Exerce une force de traction augmentant au maximum de 0,5 N/mm² par seconde.
Auscultation et Diagnostic
B. Auscultation et diagnostic:
2) Essais complémentaires
 Mesure de vitesse ultrasonore
La mesure consiste à déterminer le temps nécessaire pour qu’une onde ultrasonore parcoure
un échantillon de longueur connue.
• Etapes:
• Tarage
• Mesure du temps que met l’impulsion pour passer de l’émetteur au récepteur
Auscultation et Diagnostic
B. Auscultation et diagnostic:
2) Essais complémentaires
 Mesure de la corrosion
 Détermination de l’état de corrosion de l ‘acier dans le béton : mesure du potentiel de
corrosion (Ec) par rapport à un potentiel d’une électrode de référence
Auscultation et Diagnostic
B. Auscultation et diagnostic:
2) Essais complémentaires
 Détermination de la résistance à la compression
 Détermination de la masse volumique
 Détermination de l’absorption d’eau
 Analyse pétrographique: L’examen fournit des indications quant à la présence de fissures,
d’ettringite ou d’une réaction alcalis-granulats. Il peut également apporter quelques
données indicatives concernant la composition du béton, les granulats, le type de ciment,
le facteur eau/ciment et la porosité.
Maison de Vénus à Volubilis
Maison:
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Pierres:

Grey massive limestone Beige-yellowish calcarenite


25% 70%
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Distribution des pathologies
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Pathologies
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Caractérisation de la pierre saine:
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Caractérisation des pierres dégradées:
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Caractérisation des pierres dégradées:
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Caractérisation des pierres dégradées:

Measured ions content (%)


Sample
Cl - NO3- SO42- Na+ Mg2+ K+ Ca2+

<0.01 <0.01 0.23 0.01 <0.01 <0.01 0.11


QS

0.02 0.01 3.55 0.01 0.01 0.01 1.99


Sc

1.03 0.14 0.09 0.42 0.07 0.02 0.57


S

0.76 0.04 0.17 0.36 0.03 0.02 0.28


A

0.01 <0.01 0.43 0.01 <0.01 0.01 1.17


L