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UNIVERSITE D’ABOMEY CALAVI

= ===========

FACULTE DES SCIENCES AGRONOMIQUES

==============

DEPARTEMENT DE PRODUCTION VEGETALE

Influence du mode de plantation sur la production de


Sesamum radiatum (Lin.) Thonn. (Pedaliaceae) et de
Justicia tenella T. Anderson (Acanthaceae), deux
légumes feuilles traditionnels au Bénin

THESE
Pour l’obtention du Diplôme d’Ingénieur Agronome

Option : Sciences et Techniques de Production Végétale (STPV)

Présentée et soutenue par :

Armel Frida DOSSA

Le 19 DECEMBRE 2011

Superviseur:: Prof. Dr. Ir.


Ir AHOHUENDO Bonaventure

Composition du Jury

Président : Prof. AHANCHEDE Adam

Rapporteur : Prof. Dr. Ir. AHOHUENDO Bonaventure

Examinateur : Prof. DANSI Alexandre

Examinateur : Dr. ASSOGBA-Komlan


ASSOGBA Françoise
UNIVERSITY OF ABOMEY-CALAVI
ABOMEY
============

FACULTY OF AGRICULTURALSCIENCES

==============

DEPARTEMENT OF SCIENCES AND

TECHNIQUES OF CROPS PRODUCTION

Influence of the planting mode on the production of


Sesamum radiatum (Lin.) Thonn. (Pedaliaceae) and
Justicia tenella T. Anderson (Acanthaceae), two
traditional leafy vegetables in Benin

THESIS
Submitted to obtain, the degree of “Agricultural Engineer “

Option: Crop Sciences

Presented by:
Armel Frida DOSSA

On december, 19th 2011

Supervisor: Prof. Dr. Ir.. AHOHUENDO C. Bonaventure

Members of the Jury

Chairman : Prof. AHANCHEDE Adam

Reporter : Prof. Dr. Ir. AHOHUENDO Bonaventure

Examiner : Prof. DANSI Alexandre

Examiner : Dr. ASSOGBA-Komlan


ASSOGBA Françoise
CERTIFICATION

Je certifie que ce travail a été conduit, sous ma supervision, par


l’étudiante DOSSA Armel Frida de la Faculté des Sciences Agronomiques de
l’Université d’Abomey- Calavi (FSA/UAC), Option Sciences et Techniques de
Production Végétale (STPV).

Le superviseur

Prof. Dr. Ir. Bonaventure AHOHUENDO

Enseignant chercheur à la FSA/UAC


DEDICACES

Dieu Tout-Puissant

Tu es l’alpha et l’oméga de ce travail qui est l’expression de ton amour pour tes enfants. Je ne suis que l’inutile
artisan à cette œuvre que tu n’as jamais cessé d’inspirer, de protéger. A présent reçois toute ma vie comme une
éternelle offrande à ta gloire pour que je sois un bon Agronome. Amen.

Tous les chercheurs

Tous ceux qui œuvrent pour la valorisation des espèces végétales de l’Afrique, Courage, volonté et notre espoir
de garantir la sécurité alimentaire en Afrique et dans le monde entier nous sera permis.

Mon cher père, Richard DOSSA

Papa, tu as toujours pris à cœur ma scolarisation et tout ce qui concerne mon éducation civique et morale. Ta
rigueur et ton constant soutien m’ont aidé à toujours rechercher la perfection que je n’ai pas encore atteinte.
J’espère que tu seras toujours fier de moi malgré les imperfections de ce travail.

Ma chère mère, Lucienne Grace QUENUM

Maman, tu t’es toujours sacrifiée pour mon éducation malgré toute la charge que tu portes. Tu m’as toujours
protégé, conseillé et aimé malgré mes défauts. Le chemin est encore très long et j’ai encore besoin de toi pour
veiller sur moi. Que l’Eternel Dieu t’accorde la grâce de bénéficier longtemps des fruits de tes efforts.
REMERCIEMENTS

La réalisation de ce document n’aurait pas été possible sans le concours de certaines personnes. C’est
un immense bonheur pour nous de leur témoigner notre profonde gratitude. J’adresse ma gratitude à:

- Prof. Dr. Ir Bonaventure qui nous a fait un grand honneur en surveillant ce travail. Nous avons toujours
admiré votre simplicité et votre amour pour le travail bien fait. Vous avez dirigé notre travail sans aucune
résignation. Que Dieu vous bénisse. Profond respect.

- Dr. Ingénieur Léonard AHOTON, Enseignant chercheur à la FSA qui, malgré ses multiples occupations m’a
conseillé pour l’amélioration de ce travail. Puisse le Seigneur le comble de toutes les grâces et bénédictions.

- Mr ACODJI, professeur en écologie appliquée à la Faculté des Sciences Techniques Appliquées


(FAST/UAC) pour m’avoir aidé à atteindre ce niveau et la qualité de l’enseignement qu’il m’a donné. Puisse le
Seigneur le comble de toutes les grâces et bénédictions.

- Tous les enseignants de la FSA et en particulier aux enseignants du département des sciences
et Techniques de Production Végétale pour la qualité de l’enseignement qu’ils nous ont donné.

- Mes frères Léandre, Carlos, Ghislain et mes sœurs Lydia, Mireille, Christelle, pour votre soutien et votre
affection qui ne m’ont jamais manqué tout au long de cette étape de ma vie. Que Ce travail qui est aussi
le vôtre nous unisse davantage. Je demande à l’éternel des armées de protéger et bénir tous vos
projets actuels et futurs.

- Mes collègues de la 35ème promotion de la Faculté des Sciences Agronomiques, Nous avons toujours
été unis dans toutes les difficultés que nous avons endurées, mais aussi dans les moments joyeux que
nous avons partagés. Bonnes carrières à vous.

- Mr NOUATIN KANMAKO Spéro, dont le soutien et l’affection ne m’ont jamais manqué tout au long de
cette étape de ma vie. Je demande à l’éternel des armées de protéger et de bénir tous tes projets
actuels et futurs.

- Mrs Séraphin ATTINDEGLA, Jeannot HOUNTONDJI, Brice MENSAH, recevez à travers ce travail
l’expression de mon grand attachement à vous et à mes neveux Yin, Eliel et Salvator .Que le seigneur
vous rende au centuple tout ce que vous avez fait pour moi.

- Tous mes frères et sœurs de la chorale Sainte Joséphine BAKHITA de la paroisse Sainte THERESE de
l’enfant JESUS et de la Sainte Face pour votre assistance. Que le tout Puissant vous bénisse.

- Mr HOUNDJI Isidore, ouvrier à la ferme de la FSA qui m’a assisté tout au long de ce travail. Que le
Seigneur le comble de tous ces bienfaits.

- Mr Albert ETEKA, doctorant dans le projet (6 AVG) chargé de la domestication des LFT. Son sens de
collaboration, sa disponibilité et ses conseils très constructifs méritent d’être loués.

- Mes amis : Géchonias FANTOGNON, Lesline DELHOU, Flora ATACHO, Amélia HOVEHISSI, Pacem
KOTCHOFA, Mireille DOUKPO ,Vital TCHIBOZO, Marius ANATO, Tatiana FANTODJI, Sandrine HANOU,
Ahogbèmè AISSE, Marlène TCHEGNON, Théodora ADJADEME , Lucrèce ABAYI, Rose FASSINOU , Janvier
SESSOU pour votre amitié et pour vos différents apports. Que l’éternel renforce nos amitiés.
- Madame NOUATIN Francisca et ses enfants Ulrich, Edwige, Andréa, Peace pour vos prières et vos soutiens.
Que le tout Puissant comble toute votre famille de ses bienfaits.

- Mr Guy KODJOGBE pour son assistance et ces conseils pour l’amélioration de la qualité de ce travail. Que
dieu te le rend au centuple et que tous tes projets deviennent réalité.

- Mr KOUELO Félix dont les différents qui n’a ménagé aucun effort pour m’aider à parfaire ce travail. Que tous
tes projets deviennent réalités.

.
Table des matières
CERTIFICATION ................................................................................................................................... i

Liste des tableaux ................................................................................................................................... vii


Liste des figures ..................................................................................................................................... viii
Liste des annexes .................................................................................................................................. viii
Résumé.....................................................................................................................................................x
Abstract ................................................................................................................................................... xi

LISTE DES SIGLES ET ABREVIATIONS .................................................................................................. xii

1. Introduction ............................................................................................................................................1

1.2. Contexte de l’étude .......................................................................................................................... 2

1.3. Objectifs .......................................................................................................................................... 3

2. Revue de littérature.................................................................................................................................1

2.1. Généralités sur les légumes feuilles traditionnels ................................................................................ 4

2.1.1. Diversité des légumes tropicaux ................................................................................................. 4

2.1.2 Importance des légumes feuilles traditionnels ............................................................................... 5

2.1.4. Récents résultats de recherches sur les légumes feuilles traditionnels......................................... 11

2.2. Connaissance sur les deux légumes feuilles ..................................................................................... 12

2.2.1. Sesamum radiatum ................................................................................................................. 12

2.2.1.1. Systématique et description ............................................................................................... 12

2.2.1.2- Origine et dispersion géographique .................................................................................... 13

2.2.1.3 Ecologie de Sesamum radiatum Schum et Thonn ................................................................. 13

2.2.1.4. Importance de Sesamum radiatum ..................................................................................... 13

2.2.2. Justicia tenella ........................................................................................................................ 14

2.2.2.2. Origine et dispersion géographique .................................................................................... 14

2.2.2.3. Ecologie........................................................................................................................... 15

2.2.2.4. Importance ....................................................................................................................... 15

2.2.2.5. Pratiques culturales .......................................................................................................... 15

3. Matériel et méthodes.............................................................................................................................19

3.1. Matériel ......................................................................................................................................... 19


3.1.1. Matériel végétal ....................................................................................................................... 19

3.1.2. Matériel technique ................................................................................................................... 19

3.1.3. Autre matériel utilisé ................................................................................................................ 20

3.2. Méthodologie ................................................................................................................................. 20

3.2.1. Présentation du milieu d’étude .................................................................................................. 20

3.2.2. Dispositif expérimental des essais............................................................................................. 22

3.2.3. Opérations culturales ............................................................................................................... 24

3.2.4. Collecte des données .............................................................................................................. 26

3.2.5. Analyse des données............................................................................................................... 27

4 Résultats ..............................................................................................................................................28

4.1. Effet de la récolte des feuilles sur la croissance végétative des plants de S. radiatum........................... 28

4.2. Effet des dates de plantation sur le rendement en feuilles des plants de S .radiatum ............................ 29

La figure 5 montre le cumul des récoltes et l’évolution du rendement en feuilles (Kg/ha) de chaque traitement
en fonction des récoltes. L’analyse de ce graphe montre en générale que le rendement en feuilles S .radiatum
diminue de la première à la quatrième récolte. Il ressort donc de ces observations qu’il existe des différences
significatives entre les traitements ainsi qu’une différence hautement significative pour le cumul des récoltes.
Le traitement 35 JAS s’est révélé être le plus productif pour toutes les récoltes sauf à la première récolte et le
moins productif a été celui de 25 JAS. Le classement par le test de Student-Newman-Keuls permet de classer
les différents traitements en deux classes à la première récolte, (35 JAS, 20 JAS, 25 JAS, 30 JAS et le semis
direct) à la troisième récolte (20 JAS, 30 JAS, semis direct, 25 JAS et 35 JAS, 20 JAS, 30 JAS, semis direct)
et à la quatrième récolte (20 JAS, semis direct, 25 JAS et 35 JAS, 30 JAS, 20 JAS, semis direct)................ 29

4.3. Effet des dates de plantation sur le rendement en tiges des plants de S. radiatum ............................... 30

4.4. Effet de la récolte des feuilles sur la croissance végétative des plants de J. tenella .............................. 31

Le nombre moyen de plants de Justicia. tenella vivants après chaque coupe de la première à la quatrième
récolte est représenté par la figure 7. il ressort de l’analyse de l’histogramme qu’il n’existe aucune différence
significative entre les différents traitements aux première, deuxième et quatrième récoltes à l’exception de la
troisième récolte au niveau duquel il a été observé une différence significative. Un seul groupe peut être
différencié après le test de Student Newman-Keuls. ................................................................................ 31

4.5. Effet des dates de plantation sur le rendement en feuilles des plants de J. tenella................................ 32

5. Discussion ...........................................................................................................................................34

6. Conclusion ...........................................................................................................................................38

7. Références bibliographiques ..................................................................................................................39

8. Annexes ..............................................................................................................................................47
Liste des tableaux
Tableau 1 : Nombre moyen de plants de S. radiatum vivants après chaque récolte en 2010…………34

Tableau 2 : Nombre moyen de plants de S. radiatum vivants après chaque coupe en 2011………….35

Tableau 3 : Rendement en feuilles des plants de Sesamum radiatum en 2010………………………….37

Tableau 4 : Rendement en feuilles des plants de Sesamum radiatum en 2011………………………….39

Tableau 5 : Rendement en tiges des plants de Sesamum radiatum en 2010……………………………..41

Tableau 6 : Rendement en tiges des plants de Sesamum radiatum en 2011……………………………43

Tableau 7 : Nombre de plants de J. tenella vivants à chaque récolte en 2010…………………………...45

Tableau 8 : Nombre de plants de Justicia tenella vivants à chaque récolte en 2011…………………..46

Tableau 9 : Rendement en feuilles des plants de Justicia tenella par récolte en 2010…………………48

Tableau 10 : Rendement en feuilles des plants de Justicia tenella 2011…………………………………50

Tableau 11 : Rendement en tiges de Justicia tenella par récolte en 2010………………………………52

Tableau 12 : Rendement en tiges des plants de Justicia tenella par récolte en 2011…………………54
Liste des figures
Figure 1 : Hauteur des pluies enregistrée à la station de IITA-Bénin en 2011…………………………...21

Figure 2 : Températures et Humidités relatives enregistrées à la station de l’IITA-Bénin en 2011……21

Figure 3 : Dispositif expérimental de l’essai conduit sur Sesamum radiatum……………...………………23

Figure 4 : Dispositif expérimental de l’essai conduit sur Justicia tenella…………………………………..24

Figure 5 : Nombre moyen de plants de Sesamum radiatum vivants après chaque coupe de la première
à la quatrième récolte…………………………………………………………………………………………….28

Figure 6 : Cumul des récoltes et l’évolution du rendement en feuilles de chaque traitement en fonction
des récoltes……………………………………………………………………………………………………….29

Figure 7 : Cumul des récoltes et l’évolution des rendements en tiges des différents traitements de
Sesamum radiatum ……………………………………………………………………………………………..30

Figure 8 : Nombre moyen de plants de Justicia. tenella vivants après chaque coupe de la première à la
quatrième récolte…………………………………………………………………………………………………31
Figure 9 : Cumul des récoltes et l’évolution du rendement en feuilles de chaque traitement en fonction
des récoltes………………………………………………………………….…………………………………….32

Liste des annexes

Annexe 1: Analyse de la variance du rendement en feuilles de J. tenella, 1e récolte

Annexe 2: Analyse de la variance du rendement en feuilles de J. tenella, 2e récolte

Annexe 3: Analyse de la variance du rendement en feuilles MP J. tenella, 3e récolte

Annexe 4: Analyse de la variance du rendement en feuilles de J. tenella, 4e récolte

Annexe 5: Analyse de la variance cumul des récoltes du rendement en tige de J. tenella

Annexe 6: Analyse de la variance du rendement en tiges J. tenella, 1e récolte

Annexe 7: Analyse de la variance du rendement en tiges J. tenella, 2e récolte


Annexe 8: Analyse de la variance du rendement en tiges J. tenella, 3e récolte

Annexe 9: Analyse de la variance du rendement en tiges J. tenella, 4e récolte

Annexe 10: Analyse de la variance cumul des récoltes du rendement en J. tenella, 4e récolte

Annexe 11: Analyse de la variance du rendement en feuilles de S. radiatum, 1e récolte

Annexe 12: Analyse de la variance du rendement en feuilles de S. radiatum, 2e récolte

Annexe 14: Analyse de la variance du rendement en feuilles de S. radiatum, 4e récolte

Annexe 15: Analyse de la variance du cumul des récoltes en feuilles de S. radiatum

Annexe 16: Analyse de la variance du rendement en tiges de S. radiatum, 1e récolte

Annexe 17: Analyse de la variance du rendement en tiges de S. radiatum, 2e récolte

Annexe 18: Analyse de la variance du rendement en tiges de S.radiatum, 3e récolte

Annexe 19: Analyse de la variance du rendement en tiges de S.radiatum, 4e récolte

Annexe 20: Analyse de la variance du cumul des récoltes de en tiges S .radiatum

Annexe 21: Analyse de la variance du taux de reprise de J. tenella, 1e récolte

Annexe 22: Analyse de la variance du taux de reprise de J. tenella, 2e récolte

Annexe 23: Analyse de la variance du taux de reprise de J. tenella, 3e récolte

Annexe 24: Analyse de la variance du taux de reprise de J. tenella, 4e récolte


Résumé

Les légumes feuilles traditionnels sont des plantes cultivées et semi- cultivées ou sauvages qui sont
socialement acceptées. Ils possèdent des valeurs écologiques, sociales et culturelles contribuant ainsi
à la sécurité alimentaire dans leurs zones de production. Cependant très peu sont étudiés et souvent
négligés par la recherche. En vue de la domestication de deux espèces de légumes feuilles
traditionnels Sesamum radiatum et Justicia tenella, des essais ont été conduits pour rechercher le
mode de plantation permettant de maximiser le rendement des deux espèces et pour évaluer le nombre
de jours que les plantules des deux légumes feuilles doivent passer en pépinière avant d’être repiqués.
Dans un dispositif de Bloc Aléatoire Complet (BAC) à quatre répétitions, cinq (5) traitements sont testés
pour chacune des deux espèces. Le semis direct (T5) a été effectué le même jour que la mise en
pépinière, et 20, 25, 30 et 35 jours après la mise en pépinières les plantules ont été repiquées. Après
chaque coupe les échantillons de feuilles et tiges séparées sont envoyés à l’étuve pour déterminer le
rendement en matière sèche.
Les résultats ont révélé que les plants de S. radiatum et J. tenella peuvent subir, au minimum, quatre
récoltes successives des feuilles au cours de leur cycle végétatif. Les plants repiqués à 35 jours après
la mise en pépinière sont plus performant que les autres traitements avec les meilleurs taux de reprise
et des rendements en matière sèche plus élevés. Le semis direct peut être réalisé au niveau des deux
espèces et les plants d’âge de 20, 25 et 30 jours peuvent être repiqués pour la production de feuilles.
Le rendement en feuilles est supérieur au rendement en tige tant chez Sesamum radiatum qu’au niveau
de J. tenella. Ces résultats permettent de conclure que la production de feuilles et tige de S. radiatum et
de J. tenella peut se faire par semis directe ou par repiquage des plantules de 20 à 35 jours.

Mots clés: Légumes feuilles traditionnelles, Sesamum radiatum, Justicia tenella, Mode de plantation.
Abstract

Tradtional leafy vegetables are cultivated plants and semi- cultivated or wild that are socially accepted.
They present ecological, social and cultural values contributing to the food security thus in their zones
production. They constitute this fact a source important of jobs and incomes for the producers. Are
studied however very little and often neglected by research. For it some of these resources are in way
disappearance because of their overexploitation. In view of the domestication of two species of
vegetables leaves S. radiatum and J. tenella, some tests have been done to search for the method of
plantation permitting to maximize the yield of the two species and to value the number of days that the
palnts of the two leafy vegetables must pass in tree nursery before planted out.

In a device Block uncertain suit to four repetitions, five treatments are tested for each of the two
species. The direct seedling has been done the same day that the tree nursery, and 20, 25, 30, 35 days
after seedling respectively T1 treatment, T2, T3, T4 the plants has been planted out. After every cut the
samples of leaves and stems separated are sent to the sterilizer to determine the yield in dry matters.

The results revelated that the rate of resumption of the plantation after every cut is 100% for S. radiatum
and superior to 85% for J. tenella to the level of all treatments. The direct seedling can be achieved to
the level of the two species and the plantation of age of 20, 30 and 35 days can be planted out for the
production of leaves. The yield in leaves is so much superior to the yield in stem at S. radiatum that to
the level of J. tenella. These results permit to conclude that the production of leaves ant stem of S.
radiatum and J. tenella can make it self by direct seedling or by piking out of the of the plants of 20 on
35 days.

KEY words: Traditional leafy vegetables, sesamum radiatm, Justicia tenella, method of plantation.
LISTE DES SIGLES ET ABREVIATIONS

BAC : Bloc Aléatoire Complet


CM : Carré Moyen
Cm : centimètre
CTA : Centre Technique de coopération Agricole et Rurale
CV : Coefficient de Variation
ddl : degré de liberté
ENSCONET : European Native Seed Conservation Network
FAO : Organisation des Nations Unies pour l’Agriculture
FSA : Faculté des Sciences Agronomiques
ha : hectare
IITA : Institut International pour l’Agriculture Tropicale
IPIGRI : lnstitut International des Ressources Génétiques
JAS : Jours Après Semis
Kg : Kilogramme
LFT : Légumes Feuilles Traditionnels
MP : Mode de Plantation
Ms : Matière sèche

OMS: Organisation Mondiale de la Santé

PADAF: Pennsylvania Dietetic Association Foundation

PROSEA: Plant Resources of South–East Asia


PROTA : Ressources végétales de l'Afrique Tropicale
R30 : Repiquage après 30 jours de semis en pépinière
R35 : Repiquage après 35 jours de semis en pépinière
SCE : Somme des Carrés des Ecarts
TE : Teneur en Eau
UAC : Université d’Abomey.Calavi
CHAPITRE I :
INTRODUCTION GENERALE
1. Introduction

1.1. Problématique

Les légumes feuilles traditionnels sont restés longtemps marginalisés par les recherches, mais
demeurent ancrés dans les habitudes alimentaires des pays d'Afrique, des Caraïbes et du Pacifique. En
effet, les études effectuées en Afrique du sud en 2006 ont montré que la connaissance sur les légumes
feuilles traditionnels sont positivement corrélées avec l’âge et que cette connaissance peut être perdue
dans un futur proche si des efforts ne sont pas déployés pour éduquer les jeunes générations sur
l’importance de ces légumes (Modi et al., 2006). Selon Diouf et al. (2007) une bonne part de ces
informations est détenue par les femmes et échappe ainsi en grande partie au public et de ce fait
tendent à se perdre. En dépit des importances économique, nutritionnelle et médicinale des légumes
feuilles, la modernisation de l’agriculture caractérisée par l’utilisation de nouvelles variétés plus
homogènes et à haut potentiel de rendement a conduit les paysans à abandonner les variétés
traditionnelles au profit des variétés améliorées le plus souvent exotiques (Guarino et al., 1995). Ainsi la
modernisation et l’uniformisation de l’alimentation humaine, le non prise en compte des savoirs et
savoir-faire traditionnels mettent en danger la diversité et l’usage des légumes feuilles (CGRAI, 1994).
Cette évolution touche également les pays en développement et le Bénin en particulier, entraînant des
risques à la fois d’appauvrissement génétique, mais aussi de dépendance économique et de perte
d’identité sociale. En plus de ce fait social ces légumes dits sauvages ou traditionnels au nombre
desquels on peut citer Sesamum radiatum et Justicia tenella sont menacés de disparition en raison de
la combinaison des effets de changements climatiques, le développement (urbanisation) qui détruit tout
sur son passage ainsi que l’habitat des souches traditionnelles, leurs cueillettes répétées, la
déforestation, des feux de végétation (Diouf et al., 2003 ; Achigan–Dako). Aussi l’accès à des
semences de qualité et en quantité est-il un problème vu que très peu d’études ont été faites sur ces
légumes traditionnels et que les agents de vulgarisation agricole sont à même de donner des conseils
sur les légumes exotiques mais pas sur les méthodes de production des légumes traditionnels du fait
de l’inexistence d’itinéraires techniques adéquats.
Les légumes feuilles traditionnels (LFT) désignent les espèces végétales cultivées ou sauvages,
originaires de l’Afrique (ou qui s’y sont naturalisées) dont les feuilles sont utilisées dans l’alimentation
(Shippers, 2004 ; Ogoye, 2003). Les légumes feuilles traditionnels occupent une place de choix dans
les systèmes de cultures des zones tropicales du fait de certaines de leurs propriétés que sont leur
croissance rapide, leur productivité et leur valeur nutritive (Westphal et al., 1985). Ils sont d’importantes
sources de vitamines (A, B, C), d’oligo-éléments, de protéines, de fibres et de glucides (Stevels, 1990 ;

1
Mnzava, 1997 ; Chweya et Eyzaguirre, 1999) et contribuent de ce fait à l’amélioration de l’état
nutritionnel des populations rurales et urbaines(Adéoti et al., 2011). En plus de ces valeurs nutritives,
les LFT sont disponibles et à faible coût de production (Westphal et al., 1985), possèdent des vertus
médicinales et sont utilisés pour soigner plusieurs maladies (paludisme, diarrhée, parasites intestinaux,
diverses infections, etc.). Des prospections récentes effectuées sur toute l’étendue du territoire national,
187 espèces de LFT dont 18 d’intérêt national et régional ont été recensées ; parmi celles-ci, il y a
Sesamum radiatum Thonn et Justicia tenella (Nees) T. Anders (Dansi et al., 2008). Sesamum radiatum
et J. tenella sont rencontrés partout en Afrique (Shippers, 2000), où ils sont retrouvés soit à l’état
sauvage et/ou cultivé. Au Bénin, Sesamum radiatum est surtout rencontré dans les régions centrale et
septentrionale, alors que J. tenella est surtout rencontré et utilisé au Nord du pays (Dansi et al., 2008).
Les feuilles de J. tenella sont consommées comme épinard et sont aussi utilisées pour traiter les maux
cardiaques, la diarrhée, la fièvre et l’indigestion (Denton, 2004 ; Dansi et al., 2008) ; elles possèdent
aussi des propriétés anti-inflammatoires et sont aussi utilisées comme antidépressifs. Quant à S.
radiatum, une infusion froide des feuilles se boit pour faciliter l’accouchement (Bedigian, 2004 ; Konan
et al., 2008).

1.2. Contexte de l’étude

Du fait de leur surexploitation, un nombre important de ressources phytogénétiques sont en voie de


disparition et face au contexte actuel de crise alimentaire généralisée, il devient impérieux dapporter
des solutions durables en vue de préserver la biodiversité des espèces tout en contribuant à la sécurité
alimentaire et nutritionnelle des communautés, surtout que la plupart des informations sont détenues
par les femmes et ne sont donc pas généralement accessibles au public. Les besoins de conservation
(in situ ou ex situ) et d’utilisations ultérieures (alimentaire, pharmacognosie) des légumes feuilles
requièrent un accroissement de la quantité et de la qualité des semences ainsi qu’une meilleure
connaissance scientifique de ces légumes feuilles. Dès lors, la régénération (ou multiplication) et la
caractérisation deviennent des étapes nécessaires à tout processus d’utilisation ultérieure de ces
légumes. Ainsi, un programme de recherche sur les légumes feuilles traditionnels, financé par le
Conseil Scientifique de l’Université d’Abomey Calavi (UAC), a été élaboré. Ce programme s’intéresse à
la diversité génétique, la domestication et la conservation des ressources de quatre légumes feuilles
traditionnels au Bénin, à savoir Ceratotheca sesamoides, Sesamum indicum, Acmella uliginosa et
Justicia tenella. Plus spécifiquement, le programme vise à augmenter la productivité, l’utilisation et la
conservation de ces légumes; à étudier la variabilité génétique et biochimique au sein des quatre
espèces, puis les implications sur leur sélection et leur amélioration variétale. Il s’intéresse également à

2
la taxonomie locale de ces espèces en liaison avec les groupes socio-ethniques et les éléments
géomorphologiques, la biologie de développement des différentes espèces et leur régime de
reproduction. Depuis 2008, trois thèses de doctorat ont été entamées (dont une a été déjà soutenue) et
plusieurs mémoires d’ingénieur agronome et de DEA ont été réalisés dans le cadre dudit programme
afin de promouvoir la culture et l’utilisation de ces quatre légumes feuilles traditionnels consommés au
Bénin.
Les travaux du présent mémoire s’inscrivent dans le cadre de l’‘’Etude des possibilités de domestication
de deux légumes-feuilles traditionnels au Bénin (Sesamum radiatum et Justicia tenella)’’. Des
expérimentations sous gestion chercheur ont été déjà réalisées pour étudier les aspects tels que : les
conditions de germination des semences, la production de semences de S. radiatum et de J. tenella, les
densités de semis, la hauteur de coupe, les périodes et les fréquences de coupe adéquates pour une
production optimale de ces légumes. Dans le souci de confirmer ou d’infirmer certains résultats déjà
obtenus et d’intégrer effectivement ces espèces dans les systèmes de cultures des producteurs et des
maraîchers pour une valorisation appropriée, il importe d’apporter des réponses à la question de savoir:
quelles sont les techniques appropriées pour une meilleure conduite de ces deux cultures encore à
l’état sauvage ?

1.3. Objectifs

L’objectif global poursuivi au cours de cette étude est de déterminer les méthodes culturales permettant
une meilleure expression du potentiel génétique de Justicia tenella et de Sesamum radiatum.

Plus spécifiquement il s’agit de déterminer le mode de plantation le plus approprié à chacune des 2
espèces de légumes feuilles.

3
CHAPITRE II :
REVUE DE LITTERATURE

1
2. Revue de littérature

2.1. Généralités sur les légumes feuilles traditionnels

2.1.1. Diversité des légumes tropicaux

Les légumes d’Asie et d’Afrique concernent environ 884 et 1025 espèces cultivées ou sauvages
respectivement (PROSEA, 1993 ; PROTA, 2004). Sur les 275 espèces légumières les plus importantes
d’Afrique tropicale, 207 sont consommées pour leurs feuilles, plus de 31 sont connues et utilisées à
diverses fins racines ou tubercules comme le manioc (Manihot esculenta) ou le taro (Colocasia
esculenta) fruits comme l’aubergine africaine (Solanum aethiopicum) ou le baobab (Adansonia digitata),
et dont les feuilles restent soit très appréciées, soit un appoint alimentaire non négligeable. Parmi les
45.000 espèces végétales présentes en Afrique sub-saharienne, environ un millier peut être
consommées comme légumes feuilles (Maundu et al., 1999).
Des études ethnobotaniques sur les légumes feuilles traditionnels ont été réalisées dans certains pays
africains (Botswana, Cameroun, Kenya, Sénégal, Togo, Zimbabwe) dans le cadre d’un projet initié par
l’lnstitut International des Plantes Ressources Génétiques (IPGRI) (Chweya & Eyzaguire, 1999). Les
résultats de ces études ont montré que l’Afrique est le réservoir d’une forte diversité de légumes feuilles
traditionnels. Mais le nombre de légumes feuilles locaux consommés habituellement varie d’un pays à
un autre. Au Botswana et au Cameroun, 62 et 67 espèces de légumes feuilles ont été respectivement
identifiées (Matlhare et al., 1999 ; Poubom et al., 1999). Au Sénégal, plus de 1500 espèces ont été
dénombrées mais seulement 38 sont régulièrement consommées (Diouf et al., 1999). Au Zimbabwe et
au Kenya, respectivement 36 et 220 espèces de légumes feuilles ont été dénombrées (Ngwerume et
Mvere, 1999 ; Maundu et al., 1999). Les travaux réalisés par Batawila (2005) montrent que la
végétation togolaise est riche en plantes légumières. En dehors des espèces cultivées, 105 espèces
légumières regroupées en 82 genres et 45 familles font l’objet de cueillette dans les différentes
formations végétales, les champs et les jardins de case localisés dans les différentes aires
ethnoculturelles du Togo. Au Bénin, un nombre remarquable de légumes feuilles traditionnels (LFT) est
consommé. Dansi et al. (2008) ont rapporté un total de 187 espèces de légumes feuilles traditionnels
dont 47 sont cultivés et 140 demeurent à l’état sauvage.
De nombreuses espèces de légumes feuilles traditionnellement consommées sont encore sous
exploitées, comme les morelles (Solanum spp.), les amarantes (Amaranthus spp.), les corètes
(Corchorus spp.), les ndoles (Vernonia spp.), les spiderplants (Cleome spp.), les feuilles de baobab, de
racines et tubercules (manioc, taro, macabo), de niébé (Vigna unguiculata), de crotalaires (Crotalaria
spp.), d’oseilles (Hibiscus et Rumex spp.)(Dansi et al., 2008).

4
En Afrique, l’IPGRI tente de sauvegarder cette diversité à travers la promotion de l’utilisation de ces
espèces (Bettencourt et Konopka, 1990 ; Harvest, 2001) plutôt que par une politique de collection-
conservatoire de type européen (Lebeda et Boukema, 2001). C’est pourquoi le maintien de la cuisine
traditionnelle représente un enjeu socio-économique, mais aussi stratégique et écologique.

2.1.2 Importance des légumes feuilles traditionnels

 Importance agronomique

Les légumes feuilles traditionnels sont importants car ils sont disponibles (mais ils deviennent de plus
en plus rares), adaptés aux conditions agro-écologiques des zones tropicales et ne nécessitent presque
pas de coût de production (Westphal et al., 1985). Les légumes feuilles traditionnels tolèrent plus les
stress biotiques et abiotiques que les légumes feuilles exotiques (Chweya et Eyzaguire, 1999).
Contrairement aux légumes fruits tels que la tomate, les légumes feuilles résistent mieux aux fortes
pluies et sont moins exigeants en eau (Kahane et al., 2005). Très peu exigeants en intrants agricoles,
ils sont faciles à produire et restent une alternative à la portée des populations vulnérables. Aussi les
LFT sont-ils très utiles pour des raisons écologiques car ces plantes augmentent la productivité des
cultures, conservent le sol et améliorent sa fertilité. Beaucoup de plantes traditionnelles telles que la
citrouille, la patate douce et les haricots, sont cultivées en association avec le maïs ou d’autres cultures
céréalières pour servir de barrière écologique aux maladies (FAO, 2002). Quand on utilise les légumes
traditionnels comme cultures de couverture, ils aident aussi à empêcher l’érosion du sol, à réduire
l’évaporation et à étouffer les mauvaises herbes. Du point de vue de la restitution de la fertilité des sols,
cultivés comme engrais vert et enfouis dans la terre lors du labour, les légumes feuilles traditionnels
augmentent la teneur en matière organique du sol et améliorent sa structure après leur décomposition
(FAO, 2002). Il a été démontré que les légumes plantés sur un sol dans lequel la matière organique
avait été enfouie donnaient un meilleur rendement que les mêmes légumes plantés sur un sol dans
lequel aucune matière organique n'avait été enfouie (Tim, 2005). Les légumes feuilles procurent une
plus grande production par unité de surface dans un délai relativement court par rapport aux céréales
(Watson et Eyzaguire, 2002). De plus, ils sont très peu sensibles aux maladies et aux problèmes
causés par les insectes (George et al., 2002).

 Importance nutritionnelle

5
Les légumes feuilles traditionnels sont riches en protéine et peuvent contribuer à assurer la sécurité
alimentaire des populations pauvres (Jansen et al., 2004). En Afrique du Sud ces derniers sont utilisés
comme une source de nutriments pendant la saison sèche, avant que les légumes feuilles cultivés ne
soient disponibles sur le marché (Modi et al., 2006). Les légumes feuilles peuvent aussi de part leur
composition constituer un complément appréciable de calories, de vitamines, de fibres et de sels
minéraux (Ern, 1979). Les légumes feuilles traditionnels sont généralement plus riches en éléments
minéraux, vitamines et facteurs nutritionnels, sans présenter de facteurs antinutritionnels rédhibitoires
(Bailey, 2003). Les légumes feuilles tropicaux apportent 10 à 100 fois plus de micronutriments que la
laitue, le chou ou le poireau. Les richesses en fer, vitamines A et C correspondent à des enjeux de
santé particulièrement significatifs dans les pays où l’on compte de nombreux cas d’anémies causés
par le paludisme, et de déficience immunitaire. Ils apparaissent aujourd’hui comme des légumes
importantes dans la lutte contre la «faim cachée » c’est-à-dire les carences en micronutriments comme
la vitamine A et les minéraux dont le fer, qui prévient l’anémie (Dansi et al., 2008), surtout dans les pays
subsahariens où les populations souffrent d’anémies fréquentes causées par le paludisme (OMS,
1972). Les fortes concentrations minérales assimilables alliées aux faibles teneurs en substances anti-
nutritionnelles (acides phytique ou tannique, oxalates) en font de recommandables suppléments
diététiques (Akindahunsi et Salawu, 2005). Ils constituent les sources précieuses de vitamines telles
que le carotène, la riboflavine, la thiamine et l’acide ascorbique (Waithaka et Chweya 1991). Par
exemple les feuilles de Manihot esculenta, Moringa oleifera et de Vigna inguiculata sont de nombreuses
sources de vitamine C. Selon Okigbo (1990) l’insuffisance de légumes feuilles dans l’alimentation des
populations des zones de savane sèche est l’une des causes du déficit en vitamine A chez celles-ci.
De nombreux minéraux nécessaires au fonctionnement de l’organe peuvent être apportés par les
légumes feuilles. Les minéraux les plus importants retrouvés dans les légumes feuilles sont le calcium,
le fer et le phosphore. En effet, 100 g de feuilles de Moringa oleifera, suffit pour satisfaire les besoins en
vitamine A d’un enfant, lui fournissent journellement 4 à 7 mg de fer et est d’une contribution
considérable à l’apport recommandé pour un adulte (Diouf et al., 1999). Une quantité de 100 g de
Moringa oleifera couvre largement les besoins en vitamine C des personnes de tous les groupes d’âges
et est même suffisante en tenant compte d’une perte de 50% pendant la préparation (Stevels, 1990).
Les légumes feuilles issus de lianes, de tubercules ou d’arbres, apportent aux populations qui n’ont à
leur disposition que peu de viande ou de poisson, des protéines indispensables, surtout aux femmes
enceintes ou allaitantes et aux enfants en bas âge ou en période de croissance (Tirilly et al., 1999) ;
par exemple les feuilles de baobab, de manioc et de niébé contiennent respectivement 12,5%, 36,8%
et 30,6% de protéine (Maundu et al., 1999). Les légumes feuilles contiennent très peu de lipides
néanmoins ils apportent à l’organisme la quantité indispensable de lipides qu’il faut. Par exemple, il est

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observé une faible teneur soit 4,0% et 5,8% de lipide respectivement dans les feuilles d’Amaranthus
hybridus L et de Celosia ragentea (Grubben, 1975). Les légumes feuilles interviennent dans la
protection contre le cancer, la baisse du taux de cholestérol sanguin et la réduction de la glycémie chez
les diabétiques (Seck, 2008).

 Importance économique

 Zone rurale

La plupart du temps, les légumes feuilles tropicaux sont produits en zone urbaine ou périurbaine, moins
fréquemment en zone rurale où des bassins se spécialisent en intégrant toute la filière ; par exemple la
zone des ‘’Bamiléké’’ au sud-ouest du Cameroun approvisionne Yaoundé et Douala en morelle noire
(Solanum americanum) (Dongmo et al., 2005). Cette production valorise des zones inondables,
rarement propices à d’autres utilisations, et procure un revenu rapide à de petits producteurs sans
investissements. Les femmes se regroupent parfois pour cultiver les légumes feuilles dans les bas-
fonds (Adjatin, 2006). Les légumes feuilles jouent un rôle central dans la lutte contre la pauvreté par
deux mécanismes : souvent issus de cueillettes ou cultivés dans des zones marginales (bas-fonds,
marécages), leur production est assurée plutôt par de petits agriculteurs marginalisés pour lesquels
simultanément ils contribuent à l’équilibre nutritionnel et procurent par leur vente de petits revenus
(Gockowski, 2003). Dans les zones rurales, la production agricole est beaucoup plus tournée vers les
cultures vivrières qui sont plus demandées sur le marché et plus rentables, ainsi les légumes feuilles
produits ou cueillis en grande partie (90%) sont destinés à l’autoconsommation et le reste est vendu
sur les marchés locaux et environnants (Assogba-Komlan et al., 2007). Dès les premières pluies, les
producteurs abandonnent la culture des légumes dans les bas-fonds à d’autres fins agricoles à la
recherche de gros bénéfices. En saison pluvieuse, les prix des légumes feuilles frais baissent
considérablement sur le marché (Matlhare et al., 1999). Des recherches menées sur deux marchés
ruraux (Kiboswa et Chavakali) au Kenya ont montré que les légumes feuilles traditionnels représentent
20% des denrées vendues et contribuent pour 10% aux revenus générés par les denrées vendues sur
ces marchés (Abukutsa, 2007). Au Sénégal, ils contribuent au budget familial de certains agriculteurs à
hauteur de 50 à 85%. Les légumes locaux constituent davantage une source particulière de revenus
pour les pays sub-sahariens du fait qu’ils coûtent souvent plus chers sur les marchés locaux et
régionaux (Batawila et al., 2005).
Le commerce des légumes feuilles dans les zones rurales n’est pas très florissant compte tenu des
difficultés que rencontrent les producteurs. Sur les marchés locaux, la demande en légumes feuilles est

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faible vu que chaque ménage tend à assurer plus ou moins ses propres besoins en légumes feuilles
(Maundu et al., 1999). L’inexistence des axes routiers a favorisé l’agriculture périurbaine au détriment
de l’agriculture rurale. Une autre contrainte majeure est la difficulté de conservation post-récolte. Les
légumes feuilles sont hautement périssables et leur non écoulement entraîne des manques à gagner et
de lourdes pertes financières.

 Zones urbaine et périurbaine

L’agriculture périurbaine a une importance vitale pour la sécurité alimentaire en Afrique subsaharienne
à cause de son rôle dans l’approvisionnement des villes en produits agricoles et la lutte contre le
chômage. Les légumes feuilles jouent un rôle économique dans la stratégie de sécurité alimentaire des
populations urbaines, dans la mesure où ils sont produits et sont écoulés sur les marchés toute l’année,
même pendant les périodes de soudure. Ils s’échangent à petits prix, poussent très rapidement, au bord
des rues, et sans intrants. Par ailleurs, la commercialisation des légumes feuilles traditionnels fait
l’objet généralement de circuits courts (Moustier et Fleury, 2004), aux conditions d’accès nécessitant
peu de moyens, et générant de ce fait de nombreux emplois pour des populations marginalisées des
villes. La consommation journalière de légumes varie d’un pays à l’autre et d’une saison à l’autre. En
effet, en saison sèche, elle avait été estimée à 80 g au Sénégal et au Burkina-Faso alors qu’en
Mauritanie, elle est de 65 g en milieu urbain et de 16 g en milieu rural (Diouf et al., 1999). Aussi
Oguntona (1998) a-t-il mentionné une consommation de 65 g par jour dans l’Ouest du Nigéria alors
qu’elle serait comprise entre 19 et130 g / jour durant les mois de Mai à Juillet où la production en
légumes atteint son maximum. Au Bénin, la consommation annuelle par personne en légumes feuilles
serait passée de 6 kg en 1975 à 12 kg en 1997 (Grubben, 1975 ; Mbaye et al., 2000). La corrélation
entre la population grandissante et la consommation n’est pas sans effet sur l’économie. En effet, Diouf
et al. (1999) rapportent que les légumes feuilles traditionnels sont fortement consommés (23 g/
personne /j.) et peuvent contribuer jusqu’à 100% dans le revenu de certains ménages sénégalais. Les
enquêtes socio-économiques conduites en 2003 montrent qu’au sud Bénin, environ 85 000 emplois
directs et indirects ont été créés dans le secteur du maraîchage en 2002 (Assobga-Komlan, 2003).
Dans la ville de Cotonou, le revenu net global de l’ensemble des maraîchers est de l’ordre de 30
millions de FCFA par an en dehors de leur propre consommation (Assobga-Komlan, 2007). De plus
Assogba-Komlan (2003) estime que le revenu des maraîchers peut atteindre 16,395 millions de FCFA
par hectare soit 4,31 milliards pour les 236 hectares exploités en 2002. Les avantages liés à la
production des légumes dans les zones périurbaines sont surtout la facilité de l’accès au marché,

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l’accès aux intrants et aux sous-produits agro-industriels, tels que les drèches de brasserie, et les
fientes de volaille.
Aussi, l’intensification de la culture des légumes sur la périphérie urbaine, a-t-elle des bénéfices
indirects sur l’environnement, par exemple la réduction de la pression sur les marges forestières et ce
faisant la diminution de la déforestation due à l’agriculture itinérante sur brûlis. Les maraîchers des villes
sont par exemple situés à proximité des marchés si bien que le transport et l’écoulement de la
production ne constituent plus de soucis majeurs (Grubben, 1971 ; Moustier et Pagès, 1997). Les
grossistes viennent eux-mêmes s’approvisionner dans les jardins. Cette proximité du marché engendre
un faible coût de transport des produits et un accès facile aux informations commerciales. Toutes
pratiques agricoles n’étant pas sans difficulté, il existe un manque d’organisation de la production, de la
commercialisation des légumes feuilles, qui souffrent aussi de la concurrence des légumes exotiques.
Parmi les contraintes majeures liées à la pratique de l’agriculture périurbaine, il y a les nuisibles des
plantes, le manque de crédit et une manque d’assistance continue des services de vulgarisation. On
note aussi les problèmes liés aux résidus des pesticides dans les aliments car les producteurs,
généralement ne sont pas informés ou ne respectent souvent pas les délais d’attente entre la dernière
application du pesticide et la récolte ce qui entraine des risques de pollution du sol, de l’air, de l’eau, et
de santé publique.

 Importance socio culturelle

Les légumes feuilles sont largement utilisés pour la préparation des mets, chaque légume apportant
une caractéristique à la sauce : Vernonia hymenolepis pour le ndolé camerounais, les brèdes mafanes
(Acmella oleracea) accompagnant le romazav malgache, les sauces burkinabés à base de feuilles
locales. Les plats traditionnels ont une fonction sociale en Afrique, réunissant la famille et les amis
autour du repas, à l’occasion de fêtes ou de cérémonies, marquant l’appartenance à un groupe, une
ethnie, une identité culturelle. Le changement d’habitude alimentaire surtout en ce qui concerne les
légumes feuilles marque souvent une différence de statut social : l’abandon des féculents vivriers et
légumes traditionnels au profit du riz, du pain, de viandes blanches, s’observent en conditions urbaines
plutôt qu’en zone rurale, et entraînent souvent des déséquilibres de la ration alimentaire (transition
nutritionnelle stigmatisée par Maire et Delpeuch, 2004 aboutissant à des carences vitaminiques ou
minérales, à l’obésité et à des risques vasculaires accrus). Les légumes feuilles sont rarement
consommés seuls, alors que les européens sont adeptes des légumes préparés à la vapeur, des poêlés
de légumes, ou de légumes en crudité. Cette combinaison indissociable d’un plat glucidique et d’une
sauce à base de légumes a des significations sociales et économiques, mais aussi nutritionnelles

9
(Gockowski et al., 2003). L’utilisation de recettes traditionnelles pour la préparation de ces légumes
(préparation à chaud, incorporation d’huiles végétales) augmente elle-même la disponibilité de ces
micronutriments (McLaren et Frigg, 2002). Les populations ont recours aux légumes feuilles
traditionnels non seulement pour assurer leur survie mais aussi à des fins culturelles. Sur le plan
culturel, il existe des interdits, des rituels ou certaines anecdotes liées à la consommation de certains
légumes feuilles. Batawila (2005) rapporte que chez les Mossi au Togo, des rituels précèdent la
consommation des feuilles d’Adansonia digitata. Selon les Kabyè de la région Nord-Togo, les feuilles de
Bombax costatum et de Ceratotheca sesamoides anéantissent les pouvoirs mystiques et ne doivent
pas être consommées par les hommes qui en possèdent. Dans l’aire culturelle Watchi au sud-est du
Togo, les adeptes du fétiche Tchabaga ne consomment pas du Corchus aestuans L. tandis qu’au
Bénin, Lactuca taraxacifolia est formellement interdit aux adeptes du fétiche Sakpata (Dieu de la terre).
Au nord du Bénin, Ceratotheca sesamoides est interdit aux hommes qui ont des pouvoirs surnaturels
(Dansi et al., 2008). Selon les sages, ce légume réduit la puissance des pouvoirs occultes. Sa
consommation est aussi interdite aux chasseurs qui utilisent les flèches. Il les rendrait maladroits en
réduisant leur acuité visuelle (Dansi et al., 2008).

 Importance médicinale

Partout dans le monde et en particulier en Afrique de l’Ouest un nombre important de légumes feuilles
est reconnu pour leur utilité et qualifié d’avoir des vertus thérapeutiques (Chweya and Eyzaguirre, 1999;
Shippers, 2004; Dansi et al., 2008). Des extraits de Ceratotheca sesamoïdes se sont révélés efficaces
contre le virus de la rougeole au Nigéria. Il est aussi utilisé pour son activité anti-oxydante,
inflammatoire, anti hypertensive, cytotoxique et insecticide (PROTA, 2004). La grande morelle au Kenya
est utilisée contre les maux de ventre, l’ulcère et les problèmes de dents (Njau et al., 2007).
Beaucoup de légumes feuilles possèdent des vertus médicinales et peuvent servir d’alicament. En effet,
leur consommation (sous forme de sauce) pourrait permettre de prévenir ou de traiter beaucoup de
maladies ainsi que des insuffisances nutritionnelles. Par exemple les feuilles de Moringa oleifera sont
efficaces contre l’anémie, le diabète et l’hypertension artérielle ; l’infusion des feuilles de bissap
(Hibiscus sabdariffa) peut être utilisée en lutte préventive contre le paludisme. Les feuilles de
Cerathoteca sesamoides, Adansonia digitata, Corchorus tridens, Cassia tora, Hibiscus sabdariffa et
Vigna unguiculata sont utilisées contre la constipation (Diouf et al., 1999). Le jus des feuilles de
Jacquemontia tamnifolia est absorbé comme antidote pour traiter les morsures de serpents et l’infusion
de ses feuilles est utilisées pour soigner les plaies (Grubben et al., 1975). Au Congo, les jeunes feuilles
de Corchorus olitorius sont utilisées contre les troubles cardiaques (Grubben et al., 1975). La

10
macération des feuilles de Ceratotheca sesamoides facilite l’accouchement et traite la conjonctivite
(Dansi et al., 2008). Une infusion froide des feuilles de Sesamum radiatum facilite la délivrance chez la
femme enceinte (Dansi et al., 2008). Au Kenya, les feuilles de Basella alba sont utilisées pour traiter les
maux de ventre et la constipation après l’accouchement. Les feuilles de Talinum triangulare sont
utilisées pour soigner la rougeole au Cameroun (Grubben et al., 1975).

2.1.4. Récents résultats de recherches sur les légumes feuilles traditionnels

Depuis la Conférence de Rio de Janeiro en 1992 sur la biodiversité, et le sommet de Leipzig en


Allemagne en 1996 sur les ressources agricoles et alimentaires, plusieurs institutions de recherche se
préoccupent de plus en plus de ces espèces d’importance économique ou culturelle. A partir de ce
moment, il est noté un regain d’intérêt pour la connaissance de la diversité biologique, les
caractéristiques alimentaires, nutritionnelles et thérapeutiques des ressources végétales locales encore
disponibles dans diverses écorégions. Au Sénégal, la caractérisation agromorphologique d’Hibicus
sabdariffa, de Vigna unguiculata, Amaranthus spp et de Moringa oleifera a montré que 35% de ces
accessions sont constituées de doublons et que 57% d’entre elles sont sous haute menace d’érosion
génétique (Diouf et al., 2007). Au Kenya, pour réduire les problèmes liés à la quantité et qualité de
semences que rencontrent les paysans, des structures de production de semences et des jardins
botaniques ont été mises en place suite à des collectes (Onyango, 2007). Omoregie (2010) affirme
qu’une hauteur de coupe de 40 cm au niveau du collet permet une bonne repousse de Laminaria
pallida et donc serait une bonne technique de récolte pour la préservation de cette espèce. Au Bénin,
les travaux effectués sont plus basés sur quatre légumes feuilles. Ainsi, les travaux sur la germination
de J. tenella Acmella uliginosa Sesamum radiatum et de Ceratotheca sesamoides ont montré que les
graines J. tenella ne présentent pas de dormance, que les graines sans aigrette d’Acmella uliginosa ont
un taux élevé de germination (>85%) contrairement aux graines à aigrette dont le taux de germination
reste inférieur à 20% et que le taux de germination de Sesamum radiatum et de Ceratotheca
sesamoides est très faible (<15%) (Etèka et al 2010). Pour les méthodes culturales, ce sont les
écartements de 15 cm x 15 cm, une hauteur de coupe de 15 cm et une fréquence de récolte toutes les
trois semaines qui donnent le meilleur rendement pour S. radiatum (Dabade, 2008). En ce qui concerne
l’espèce Justicia tenella, une étude sur l’analyse de croissance de l’espèce révèle qu’à partir de la
septième semaine après repiquage, les feuilles n’augmentent plus pratiquement de surface (Dabade,
2008). Les recherches menées par Adéoti et al., (2009) en tenant compte de la distribution
géographique des espèces, du sol et du climat ont conduit à la sélection du nord-est et du nord-ouest
du Bénin comme les régions appropriées à la conservation in situ de S. radiatum, J. tenella, Acmella

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iluginosa et Ceratotheca sesamoides. D’après une étude sur les ravageurs de J. tenella et S. radiatum,
trente et une espèces d’insectes réparties dans 5 ordres ont pu être identifiées suivant le cycle végétatif
des deux espèces de légumes feuilles traditionnels. Sur Sesamum radiatum et Justicia tenella, les
principaux insectes recensés sont: Lagria villosa, Lilioceris livida (Dalman), Lema sp, Ootheca mutabilis
(Sahlberg) (Coléoptères), Marasmia trapezalis (Lépidoptère) et Halticus tibialis (Homoptère). Par
ailleurs, les insectes tels que Anomala plebeja (Olivier) (Coléoptère) ; Atelocera spinulosa (Palisparot),
Coridius sp, Eysarcoris sp, Agonoscelis versicolor (Fabricius), Aspavia acuminita (Montandon), Aspavia
armigera (Fabricius), Cletus fuscescens (Walker) (Hétéroptère) ; Chrotogonus hormalodemus
(Blanchard), Catantops stramineus (Walker), Humbe tenuicornis (Schaum) (Orthoptères) sont
spécifiques à Sesamum radiatum, alors que Nisotra dilecta (Dalman) est spécifique à Justicia tenella
(Adjaito, 2008).

Grubben(1975) a montré l’existence d’une diversité intra spécifique au sein des amarantes cultivées
dans le sud Bénin. Assogba-Komlan (2003) a signalé la présence d’éléments antinutritionnels tels que
les nitrates, les résidus de pesticides, les métaux lourds et des glucosides cyanogènes dans les feuilles
de la grande morelle (Solanum macrocarpon L.) et celles d’autres légumes du type européen comme le
chou (Brassica oleracea L.) cultivés sur les sites maraîchers de Cotonou. Assogba-Komlan (2007)
montre que les pratiques actuelles sur les légumes feuilles participent non seulement à détériorer leur
qualité nutritionnelle mais aussi à la dégradation de l’environnement.

2.2. Connaissance sur les deux légumes feuilles

2.2.1. Sesamum radiatum

2.2.1.1. Systématique et description

Le sésame appartient à l’ordre de Scrophulariales, à la famille des Pedaliaceae et au genre Sesamum.


Le genre Sesamum comprend environ 36 espèces dont les plus répandues sont : le sésame blanc
(Sesamum indicum) et le sésame noir (Sesamum radiatum). En général, les sésames sont des herbes
saisonnières à port dressé ou buissonnant. Sesamum radiatum est une plante herbacée annuelle
(Falusi et al., 2003 ; Bedigian, 2004) dont le développement est érigé (Bedigian, 2004 ; Falusi et al.,
2003). Elle peut atteindre 120 à 150 cm de hauteur (Bedigian, 2004). La tige de S. radiatum peut être
simple ou ramifiée, pubescente glanduleuse (Bedigian, 2004). Les feuilles ont des formes variables
selon leur position sur la plante. En effet, les feuilles sont opposées ou alternes dans la partie
supérieure de la plante (Bedigian, 2004), simples (Bedigian, 2004) ; stipules absentes ; pétiole
atteignant 2,5 cm de long chez les feuilles inférieures, court chez les feuilles supérieures ; limbe

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lancéolé à ovale ou elliptique cunéiforme à obtus à la base, aigu à l’apex, grossièrement denté chez les
feuilles inférieures, habituellement entier chez les feuilles supérieures (Bedigian, 2004).
Sesamum radiatum est diploïde (2n=64) (Bedigian, 2004). Les fleurs de couleur variable ont une forme
de cloche allongée. Elles sont solitaires à l’aisselle des feuilles bisexuées et zygomorphes (Bedigian,
2004). Le fruit est une capsule oblongue, longue et mince contenant de nombreuses graines (Bedigian,
2004). Sesamum radiatum se distingue de S. indicum par la forme du fruit, la pointe terminale est
divisée. Les graines à contour obovales (Bedigian, 2004) sont striées, le plus souvent de couleur
sombre. Cette dernière caractéristique confère au S. radiatum le nom du sésame noir.

2.2.1.2- Origine et dispersion géographique

Sesamum radiatum est d’origine africaine et a déjà connu un début de culture (Bedigian, 2004).
Cependant, il se trouve à l’état sauvage en Afrique centrale et occidentale, où il est également cultivé à
petite échelle (Bedigian, 2004). Il est quelque fois cultivé en Asie tropicale (Bedigian, 2004). Par
ailleurs, au Nigéria trois espèces, Sesamum alatum (Thonn), Sesamum indicum L. et Sesamum
radiatum Schum et Thonn, sont largement cultivées (Falusi et al., 2003).

2.2.1.3 Ecologie de Sesamum radiatum Schum et Thonn

Sesamum radiatum s’adapte à une grande variété d’habitats, mais se trouve le plus communément en
savane (Bedigian, 2004). Il occupe des lieux ouverts où peu d’autres plantes herbacées poussent
(Bedigian, 2004). Il résiste mal à l’ombrage (Bedigian, 2004). Par ailleurs, les sésames ont peu
d’exigences sur la qualité des sols. Ainsi, il se retrouve sur des sols appauvris en éléments nutritifs. Il
pousse dans des endroits sableux, rocailleux ou graveleux (Bedigian, 2004). Il tolère bien la sécheresse
(Bedigian, 2004) et la chaleur.

2.2.1.4. Importance de Sesamum radiatum

Sesamum radiatum a plusieurs usages médicaux et cosmétiques (Bedigian, 2004). Toutes les parties
de la plante sont utiles. Dans le Sud-Ouest du Nigeria, la décoction des feuilles est utilisée pour le
traitement des ecchymoses ou des peaux éclatées et des douleurs : l’infusion des feuilles dans l’eau
chaude est utilisée pour le traitement de l’inflammation des membranes de la bouche. L’infusion froide
se boit pour faciliter l’accouchement (Bedigian, 2004). Selon les mêmes auteurs, la décoction des
feuilles et des racines est efficace contre la varicelle et la rougeole. Des études ont montré que les
feuilles de sésame peuvent être utilisées pour traiter le muguet (candidose causée par le champignon
Candida albicans) ; l’infection par le staphylocoque, l’obésité et l’infertilité. En outre, le filtrat des feuilles
de S. radiatum écrasées se boit pour lutter contre la métrorragie (Bedigian, 2004). Une macération de
13
tiges feuillées fraîches est absorbée comme antidote des piqûres de scorpion ; appliquée en externe,
elle soigne les foulures (Bedigian, 2004).
Par ailleurs, les légumes sont d’importantes sources de vitamines, des minéraux et autres nutriments
pour les populations rurales. Les feuilles fraiches de Sesamum radiatum constituent un légume très
apprécié par les populations du Nord-Bénin (Adjatin, 2006). Quelques fois, Sesamum radiatum est
cultivé pour ses graines ; celles-ci se consomment entières, grillées ou écrasées en pâte (Bedigian,
2004). La plante de sésame (Sesamum radiatum) en particulier les graines, l’huile et les feuilles sont
consommées localement comme aliment de base par les agriculteurs du Sud-Ouest et du Centre du
Nigéria (Falusi et al., 2003).

2.2.2. Justicia tenella

2.2.2.1. Systématique et description

Justicia tenella est de la famille des Acanthaceae, embranchement des Spermaphytes. En français, on
l’appelle Justicia ou tettu ainsi qu’en anglais. Tettu est une plante herbacée annuelle atteignant 2 m de
haut, qui peut être cultivée de façon pérenne. Il a une tige anguleuse, glabre à pubescente dont la
partie basale souvent enflée porte des racines aériennes. Les feuilles sont opposées décussées,
simples, presque glabres à densément pubescentes. L’inflorescence est un épi axillaire ou terminal
congestionné, ne portant que quelques fleurs, à bractées étroites. Les fleurs sont bisexuées, sessiles,
zygomorphes, pentamères, habituellement pourpres, parfois blanches. Les fruits sont des capsules
ovoïdes à ellipsoïdes. La plantule est à germination épigée (Denton, 2004). La floraison a lieu à la fin de
la saison des pluies et au début de la saison sèche. La production des pousses se concentre à la base
de la plante à 10–15 cm au-dessus de la surface du sol et elle se poursuit après la floraison.

2.2.2.2. Origine et dispersion géographique


Justicia tenella est présent à l’état sauvage depuis le Sénégal et la Gambie jusqu’à l’Erythrée, l’Ethiopie
et la Somalie, mais ne dépasse pas la République Démocratique du Congo (RDC), le Kenya et
l’Ouganda vers le sud. Il est cultivé dans les jardins familiaux en Afrique de l’Ouest et Centrale, en
particulier en Guinée, en Sierra Léone, au Ghana, au Togo, au Bénin, au Nigéria, au Cameroun et en
RDC (Denton, 2004).

14
2.2.2.3. Ecologie

Justicia tenella est présent dans un grand nombre d’habitats différents, du niveau de la mer jusqu’à
2600 m d’altitude, dans les forêts et les zones de savane sèche. On peut le rencontrer sur des sols
sableux et limoneux, mais, il lui faut un sol riche en humus avec un léger ombrage pour une croissance
optimale. Il pousse bien avec une pluviométrie annuelle variant de 1000–2000 mm, des températures
diurnes de 25–35°C et nocturnes de 20–27°C ; il ne tolère pas les températures basses (Denton,
2004).

2.2.2.4. Importance
En Afrique tropicale, les feuilles tendres et légèrement gluantes de Justicia tenella sont des légumes-
feuilles appréciés; on les cuit également en soupes ou en ragoûts. Dans la préparation de soupes, on y
ajoute parfois des feuilles de patate douce. Dans l’ouest du Cameroun, les feuilles de Justicia tenella
sont ajoutées à la soupe d’arachide. Parfois, Justicia tenella est également utilisé comme plante
fourragère et cultivée comme plante ornementale. Les feuilles sont utilisées pour le traitement des
blessures et, mélangées avec de l’huile et du sel, elles sont consommées pour traiter les troubles
cardiaques (Denton, 2004).
Au Ghana et au Togo, une décoction de feuilles est administrée aux enfants pour le traitement de
l’indigestion (Denton, 2004). Au Bénin, dans la partie nord-ouest, les feuilles de Justicia tenella sont très
appréciées par la population pour le goût de la sauce à base de ses feuilles (Dansi et al., 2008).

2.2.2.5. Pratiques culturales

 Densité et méthodes culturales

Il est important, pour obtenir un taux de rendement élevé, de choisir un écartement et une méthode de
récolte adéquate (arrachage ou coupes répétées) et d’éviter la floraison précoce (Westphal et al.,
1985). Les densités de culture des légumes feuilles tropicaux ont fait l’objet de très peu d’études. Les
essais de densité ont porté seulement sur quelques légumes dont notamment l’amarante et le gombo.
Enyi (1965) a utilisé trois différentes densités : 23 cm x 23 cm ; 46 cm x 46 cm ; 46 cm x 92 cm dans
ses travaux sur l’effet de la hauteur et de la fréquence de coupe sur la croissance et le rendement de
l’amarante. De ces travaux, il ressort (1) que le rendement final après plusieurs coupes était le plus
élevé pour l’écartement le plus serré (forte densité), (2) qu’une faible densité de culture et une première
coupe à un niveau très bas (8cm) retardent la floraison et (3) qu’une fréquence des coupes toutes les
trois semaines donnait un rendement meilleur que la coupe toutes les deux semaines. Grubben (1975)

15
a réalisé deux types d’essais sur la densité de culture de l’amarante. Le premier essai avait porté sur
l’écartement pour la récolte par arrachage et le second, sur l’écartement pour la récolte par coupes
successives. Le premier essai a permis à Grubben de conclure que les plus hauts rendements ont été
obtenus de l’écartement le plus serré (7,5 cm x 7,5 cm = 178 plantes / m2). Du second essai qui en
réalité, est un essai factoriel avec comme facteurs outre la densité, la hauteur et la fréquence de coupe,
il ressort que (1) l’écartement pour la récolte par coupes successives de l’amarante donne les meilleurs
rendements entre 159 cm x 15 cm et 20 cm x 20 cm, (2) que la meilleure hauteur de coupe est
comprise entre 20-25 cm et (3) que la coupe à des intervalles de deux semaines rapporte moins en trois
récoltes que la coupe à des intervalles de trois semaines en deux récoltes. Par ailleurs, les
expérimentations de Grubben (1975) ont confirmé la constatation d’Enyi (1965) que la coupe à un
niveau très bas retarde l’apparition d’inflorescences. Mais, contrairement à Enyi (1965), Grubben (1975)
rapporte que c’est plutôt une forte densité (écartement serré) qui retarde la floraison. Toujours dans ses
travaux sur l’amarante, Grubben (2004) confirme qu’on peut pratiquer une densité de plantation jusqu’à
180 plantes / m2 en vue d’une récolte par arrachage ou par coupe unique. Toutefois, il signale que des
essais au champ dans plusieurs pays ont démontré l’avantage d’un espacement plus grand, à environ
100 plantes / m2. Le rendement est un peu inférieur mais le besoin en main- d’œuvre pour le repiquage
est bien plus faible. Dembélé et al. (1991) dans leur étude sur la culture du gombo ont montré que le
nombre de fruits par pied est inversement proportionnel à la densité. Mais les rendements sont
proportionnels à la densité du moins jusqu’à une densité de 87.500 plants / ha. Ils ont recommandé des
densités optimales de 75.000 plants / ha (80 cm x 16 cm).
En Tanzanie, les rendements les plus élevés en culture pure de S. indicum sont obtenus avec des
écartements oscillant entre 170.000 et 200.000 plantes / ha. (Mkamilo et Bedigian, 2007). Les jeunes
plants de S. radiatum sont repiqués à un écartement d’environ 15 cm (Bedigian, 2004). C’est cette
même densité (15 cm x15 cm) qui a été utilisée par Auwalu et al., (2007) dans leur essai sur l’influence
de l’azote du phosphore et de la saison sur la productivité de S. radiatum. Les plantes sont écimées
pour stimuler la croissance de nouvelles pousses. Dans leur seconde année, les plantes peuvent être
coupées à une hauteur de 2-5 cm pour favoriser la production de nouvelles pousses. Les premières
feuilles peuvent se récolter 8 – 10 semaines après semis (Bedigian, 2004). Mais selon Auwalu et al.
(2007), les feuilles sont récoltées 6 – 8 semaines après levée par arrachage ou par coupes
successives. On peut récolter tous les 7 – 10 jours (Bedigian, 2004).
Les graines de J. ladanoides peuvent être semées en lignes écartées de 40 – 50 cm. Les jeunes plants
sont démariés laissant 30 - 40 cm entre les plantes sur la ligne. La première coupe se fait à une hauteur
de 5 – 6 cm au - dessus du sol lorsque la hauteur de la plante est de 20 - 25 cm. La récolte peut être
effectuée à des intervalles de 10 jours (Denton, 2004).

16
 Fertilisation

Les légumes feuilles contiennent de nombreux éléments nutritifs, ce qui signifie qu’ils épuisent le sol en
prélevant l’azote, le phosphore, le potassium et autres minéraux tels que le magnésium, le calcium et le
fer (Diouf et al., 1999). Des essais de fertilisation ont été réalisés sur quelques légumes tropicaux. Ainsi,
sur sols pauvres, on recommande pour l’amarante, une application de 400kg / ha de NPK 10-10-20 en
complément de 25 tonnes d’engrais organique (Grubben 2004). Des travaux de Lawani (1985), sur les
essais de fertilisation de Corchorus olitorius, il ressort que les meilleurs rendements sont obtenus avec
une application de 20 tonnes de fiente de volailles +30kg N + 27kg P+ 50kg K par hectare.
Sesamum radiatum répond bien à l’engrais (Bedigian, 2004). Sur une culture de S. indicum, l’apport
non seulement d’azote mais aussi de phosphore est essentiel sur les sols pauvres. En revanche, le
potassium l’est rarement (Mkamilo et Bedigian 2007). Les mêmes auteurs rapportent que lorsque S.
indicum est cultivé à grande échelle, des mélanges NKP de 5 :10 : 5 :12 : 12 : 6 et 10 :14 :10 à raison
du 500 – 700 kg par ha sont couramment employés lors du semis et qu’en Tanzanie, des apports de 20
– 30 kg de N et de 10 – 15 kg de P par hectare permettent de tirer un beau bénéfice économique.
Auwalu et al. (2007) préconisent une application de 30 kg N et 15 Kg P par hectare pour une meilleure
productivité de Sesamum radiatum. Une fumure organique et de l’engrais (par exemple NPK 10 – 10 –
20) sont bénéfiques pour une bonne croissance végétative de Justicia ladanoides (Denton, 2004). Les
légumes feuilles traditionnels sont généralement cultivés dans les jardins de case où les sols sont
enrichis par les ordures ménagères et le fumier des animaux domestiques (Maundu et al., 1999 ;
Adjatin, 2006).

 Maladies et ravageurs

Justicia ladanoides ne souffre pas de maladies et de ravageurs importants (Denton, 2004). L’aphyllodie
(maladie mycoplasmique) et la fasciation de la tige apparaissent chez les espèces sauvages de
Sesamum. Les larves d’une pyrale endommagent les extrémités des plantes. Toutefois, des résistances
à Antigastra catalaurnalis (pyrale du sésame) au nématode à galles (Meloïdogyne incognita) au
Phytophtora, à la fusariose, à la brûlure des feuilles et à la fonte de semis, ont été signalées chez
Sesamum radiatum (Bedigian, 2004).

17
18
CHAPITRE III :
MATERIELS ET METHODES

18
3. Matériel et méthodes

3.1. Matériel

3.1.1. Matériel végétal


Les graines de S. radiatum et de J. tenella proviennent des parcelles de production de semences des
deux légumes du site expérimental de l'Institut International d’Agriculture Tropicale (IITA) (Photos 1).

Plants de Sesamum radiatum Plants de Justicia tenella

Semences de Sesamum radiatum Semences de Justicia tenella

Photos 1 : Plants et semences de Sesamum radiatum et de Justicia tenella.

3.1.2. Matériel technique

Il est constitué :
- d’enveloppes et de sachets en polyéthylène pour la récolte et le transport des échantillons ;
- d’un appareil photo numérique pour la réalisation des photos ;

19
- de houes, de tuyaux, de coupe-coupe, d’arrosoir, de cordeaux et d’un décamètre pour la mise en
place et l’entretien des essais ;
- d’une étuve pour la détermination de la teneur en eau des échantillons.

3.1.3. Autre matériel utilisé

Il a été utilisé :
- du grillage pour clôturer les parcelles expérimentales afin d’éviter l’accès du site expérimental aux
animaux, notamment aux lapins, qui détruisent les plants de J. tenella.
- des engrais minéraux, l’urée contenant 46% d’azote et l’engrais NPKBS de formule 14 : 23 : 14 : 5 :
1 ; et organique constitué des fientes de volailles pour la fertilisation des plants.

3.2. Méthodologie

3.2.1. Présentation du milieu d’étude

 Site expérimental

Les essais ont été conduits à la ferme d’application et de production de la Faculté des Sciences
Agronomiques de l’Université d’Abomey- Calavi (FSA/UAC) de juin à octobre 2011 au sud-Bénin (06°C
24’N, 02°C20’E).
La zone d’étude est caractérisée par un climat de type subéquatorial, avec deux saisons pluvieuses et
deux saisons sèches. La première saison pluvieuse couvre les mois d’avril à juillet et la seconde, les
mois de septembre à novembre. Ces deux saisons pluvieuses sont séparées par une saison sèche
d’environ six semaines. La grande saison sèche s’étend de novembre ou décembre à mars ou avril.
La pluviométrie totale enregistrée sur le site expérimental est de 1 198 mm 2011 (ADRAO, 2011) avec
un pic de 368,9 mm en juin 2011 (Figure 1). La température moyenne a été de 27,36°C ; le mois de juin
ayant été le moins chaud avec 26,9°C. Les valeurs moyennes de l’humidité relative mensuelle ont varié
entre 71,12 et 84,53 % (Figures 2 ).

20
Figure 1 : Hauteurs des pluies enregistrées à la station de l’IITA-Bénin en 2011

Figure 2 : Températures et Humidités relatives enregistrées à la station de l’IITA-Bénin en 2011.

21
3.2.2. Dispositif expérimental des essais

Deux essais ont été installés relativement aux deux légumes feuilles en étude.
Pour étudier l’influence du mode de plantation sur la productivité de Sesamum radiatum, le dispositif
expérimental adopté est le bloc aléatoire complet avec 4 répétitions. Chaque modalité de semis est
considérée comme un traitement. Ainsi, il y a eu 5 traitements qui se présentent comme suit :

− T1 : repiquage à 20 jours après semis en pépinière ;

− T2 : repiquage à 25 jours après semis en pépinière ;

− T3 : repiquage à 30 jours après semis en pépinière ;

− T4 : repiquage à 35 jours après semis en pépinière ;

− T5 : semis direct réalisé le même jour que la pépinière.

22
1m
Bloc1 Bloc2 Bloc3 Bloc4

T4 T5 T5 T4

0,5m T5 T1 T1 T2

T1 T3 T4 T3

T3 T2 T3 T1

T2 T4 T2 T5
1m

1,5m

Figure 3 : Dispositif expérimental de l’essai conduit sur Sesamum radiatum.

Par rapport aux essais avec J. tenella, le dispositif expérimental adopté est le bloc aléatoire complet, et
chaque modalité de semis est considérée comme un traitement. Il y a eu 5 traitements qui se
présentent comme suit :

T1 : repiquage à 20 jours après semis en pépinière ;


T2 : repiquage à 25 jours après semis en pépinière ;
T3 : repiquage à 30 jours après semis en pépinière ;
T4 : repiquage à 35 jours après semis en pépinière ;
T5 : semis direct.

23
Bloc1 1m Bloc2 Bloc3 Bloc4

T5 T3 T2 T5

0,5m
T4 T4 T3 T3

T2 T2 T5 T2

T3 T1 T4 T1

T1 T5 T1 T4
1m

2m

Figure 4 : Dispositif expérimental de l’essai conduit sur Justicia tenella en 2011.

3.2.3. Opérations culturales

Avant la mise en place des essais, les parcelles d’expérimentation ont été défrichées à la houe, puis
nettoyées. Ensuite, il y a eu le piquetage, le morcellement des planches et le traçage des allées. Le site
expérimental a couvert une superficie totale de 270 m2 (20 m x 13,5 m).

Les dimensions des planches ont été de 1,5 m×1 m dans l’essai sur S. radiatum, alors que dans l’essai
sur J. tenella, les planches ont mesuré 2 m×1 m.

 Réalisation de la pépinière

Sur le site expérimental, deux planches mesurant chacune 5 m2 (5 m×1 m) ont été délimitées pour la
réalisation des pépinières. Après le semis, le paillage des planches a été fait avec des branches de
palmier à huile, suivi d’un arrosage approprié des planches.

24
Le semis a été réalisé respectivement à la volée le 3 juin et le 07 juin 2011d pour S. radiatum et pour
J. tenella.

 Entretien de la pépinière

L’entretien a consisté à des arrosages réguliers des planches, en fonction de l’humidité du sol. Pour
éviter la compétition entre les mauvaises herbes et les plantules, des désherbages manuels des
planches ont été réalisés. Dès la levée des plantules au quatrième jour après le semis, le paillage a été
supprimé, et une ombrière a été construite pour protéger les plantules de l’ensoleillement. L’ombrière a
été éclaircie progressivement jusqu’à sa suppression totale au 15ème jour après le semis. Ni fumure
d’entretien, ni traitements phytosanitaires n’ont été réalisés en pépinière.

 Repiquage

Les repiquages des plants des deux légumes ont été effectués les 20, 25, 30 et 35 jours après le semis
aux écartements de 25 cm x 25 cm et à un plant par poquet. Le semis direct a été aussi démarié à 1
plant par poquet 15 jours plus tard. Le même écartement a été adopté pour le bouturage.
Après un arrosage approprié de la pépinière juste avant la transplantation, les jeunes plants vigoureux
ont été arrachés avec précaution, puis mis dans les trous de repiquage sur les planches préparées à
cet effet. Au total sur chaque planche il a eu 35 plants pour S. radiatum et 50 plants pour J. tenella.

 Réalisation du semis direct

Les lits de semis ont été confectionnés préalablement juste après le morcellement de la parcelle. Le
semis a été réalisé sur toutes les planches le même jour que la pépinière après l’arrosage des
planches. Après la matérialisation des poquets, les graines sont semées sur les planches de culture à
raison de 6 graines par poquet et à un écartement de 25 cm × 25 cm. Ensuite, les poquets sont fermés
avec de la terre puis les planches sont arrosées finement pour éviter le ruissellement de l’eau. Quinze
jours plus tard, le semis direct a été démarié à 1 plant par poquet.

 Entretien des planches

Afin de mettre les plants des deux espèces de légume dans des conditions favorables de
développement, juste après le repiquage et le semis direct les planches ont été régulièrement arrosées
sans abîmer les plants ni les planches. La fréquence de l’arrosage est de deux fois ou une fois par jour
jusqu’à la reprise totale des plants compte tenu des jours de pluie. Celle-ci est passée progressivement
et surtout les jours de pluie abondante à trois fois par semaine, 21 jours après le semis. Pour limiter les

25
risques phytosanitaires et maintenir les planches et les allées dans un bon état de propreté le
désherbage est manuel et a lieu toutes les trois semaines tout au long du cycle cultural. Afin d’ameublir,
aérer le sol et éviter le ruissellement sur les planches, chaque désherbage est suivi d’un binage et du
redressement des planches pour éviter l’effet de l’érosion.
Les fumures organique (fientes de poulet) et minérale (NPKSB) ont été appliquées pour tous les
traitements à raison de 6 700 kg/ha et 100 kg/ha, respectivement pour les fientes et l’engrais minéral.
Les applications ont eu lieu pour le semis direct 25 jours après le semis, et pour les plants repiqués, les
20, 25, 30 et 35 jours après le repiquage (JAR), soit trois semaines après l’installation de chaque
traitement.

3.2.4. Collecte des données

Chez S. radiatum, la collecte des données a débuté pour le traitement ‘’semis direct’’ 46 jours après
semis. En ce qui concerne les autres unités expérimentales les coupes ont débuté six semaines après
le repiquage, puis toutes les trois semaines. Toutes les coupes ont été réalisées à un niveau de 15 cm
à partir du collet pour favoriser les nouvelles reprises.

Pour tous les traitements concernant J. tenella, la 1ère coupe a été faite 6 semaines après repiquage,
puis après toutes les trois semaines.
Après chaque coupe, à l’aide d’une balance électronique les plants récoltés sont pesés pour
l’estimation de la matière sèche. Après chaque coupe les feuilles sont séparées des tiges et ces deux
parties de la plante sont pesées séparément puis mises à l’étuve pendant une durée de 72 heures à
80°C.
Les données recueillies concernent :
- le nombre de plants vivants sur chaque parcelle après chaque coupe ;
- le poids total de la biomasse aérienne (tiges + feuilles) sans les plants de bordure sur chaque
parcelle ;

- le poids des feuilles et des tiges d’un échantillon de 3 plants pris sur les diagonales de chaque
parcelle ;
- le poids de la matière sèche.

Pour la détermination de la teneur en eau (base humide), la formule utilisée est la suivante :

PI = Poids initial des feuilles/tiges

26
PF = Poids final des feuilles/tiges après séchage à l’étuve.

Photos 2: Collecte des feuilles (à gauche) sur les tiges (à droite) de Justicia tenella.

3.2.5. Analyse des données

L’analyse statistique des données a été faite avec le logiciel MINITAB. Les comparaisons statistiques
ont été faites au moyen d’une analyse de variance. Le test de Newman Keuls a permis de séparer les
moyennes au risque de 0,1%, 1% et 5%.
En vue de respecter les règles nécessaires pour l’analyse de variance notamment celles relatives à
l’égalité de variance, et à la normalité de la distribution de l’erreur expérimentale, les données sur le
rendement de la matière sèche des tiges de J. tenella obtenues à la deuxième récolte ont subi une
transformation Log (x), x étant le rendement. Les comparaisons statistiques ont été faites au moyen
d’une analyse de variance utilisant le GLM ANOVA Procedure. Lorsque cette analyse révèle des
différences significatives, le test de Student-Newman-Keuls a permis de séparer les moyennes au
risque de 0,1%, 1% et 5%.

Au niveau des résultats, ce sont les moyennes non transformées qui ont été présentées.

27
CHAPITRE IV : RESULTATS

27
4 Résultats

4.1. Effet de la récolte des feuilles sur la croissance végétative des plants de S.
radiatum.

Il y a eu quatre récoltes au total qui ont été effectuées sur les plants de S. radiatum dans tous les
traitements de l’essai, et à chaque récolte toutes les feuilles et une portion de la tige ont été coupées.
Le nombre moyen de plants de S. radiatum vivants après chaque coupe de la première à la quatrième
récolte est représenté par la figure 5. L’analyse de variance du taux de reprise des plants révèle qu’il
n’existe aucune différence significative au seuil de 5% entre les différents traitements durant toute
l’expérimentation. Néanmoins, le traitement 35 JAS s’est révélé comme étant celui dont les plants ont
montré les meilleurs taux de reprise à la première récolte comparativement aux plants issus du semis
direct qui ont montré les plus faibles taux de reprise.

Figure 4 : Nombre moyen de plants de S. radiatum vivants après chaque coupe de la première à la
quatrième récolte

NB : les pourcentages calculés à la deuxième récolte sont basés sur les plants survivants de la
première récolte.

28
4.2. Effet des dates de plantation sur le rendement en feuilles des plants de
S .radiatum

La figure 5 montre le cumul des récoltes et l’évolution du rendement en feuilles (Kg/ha) de chaque
traitement en fonction des récoltes. L’analyse de ce graphe montre en générale que le rendement en
feuilles S .radiatum diminue de la première à la quatrième récolte. Il ressort donc de ces observations
qu’il existe des différences significatives entre les traitements ainsi qu’une différence hautement
significative pour le cumul des récoltes. Le traitement 35 JAS s’est révélé être le plus productif pour
toutes les récoltes sauf à la première récolte et le moins productif a été celui de 25 JAS. Le classement
par le test de Student-Newman-Keuls permet de classer les différents traitements en deux classes à la
première récolte, (35 JAS, 20 JAS, 25 JAS, 30 JAS et le semis direct) à la troisième récolte (20 JAS, 30
JAS, semis direct, 25 JAS et 35 JAS, 20 JAS, 30 JAS, semis direct) et à la quatrième récolte (20 JAS,
semis direct, 25 JAS et 35 JAS, 30 JAS, 20 JAS, semis direct).

Cumul
4000 a
3500
3000 b
b b
2500
b
2000
1500 Cumul
1000
500
0
20 JAS 25 JAS 30 JAS 35 JAS Semis
Direct

Figure 5 : Cumul des récoltes et l’évolution du rendement en feuilles de chaque traitement en fonction
des récoltes

29
4.3. Effet des dates de plantation sur le rendement en tiges des plants de S.
radiatum
Le cumul des récoltes et l’évolution des rendements en tiges (Kg/ha) des différents traitements de
Sesamum radiatum sont représentés par la figure 6. Il ressort des résultats ce qui suit : le rendement
en tiges des plants de S. radiatum de la première à la deuxième récolte a diminué considérablement
sans connaitre évolution de la deuxième à la quatrième récolte. L’analyse statistique révèle qu’il n’y a
pas de différence significative entre les différents traitements aux deuxième, troisième et quatrième
récoltes par contre une différence très hautement significative au seuil de 0,1% est observée à la
première récolte. L’analyse de variance du cumul des récoltes révèle une différence très hautement
significative au seuil de 0,1% entre les différents traitements. Le meilleur rendement en biomasse tige
est celui du traitement semis direct malgré qu’elle ait moins produit que tous les autres traitements aux
deuxième, troisième et quatrième récoltes. Il est à noter que le traitement 35 JAS s’est révélé être plus
productif de la deuxième à la quatrième récolte, et celui le moins productif est le traitement 25 JAS. De
ce qui précède le classement après le test de student Newman-Keuls permet de distinguer 2 groupes
pour la première récolte (semis direct et 35 JAS, 30 JAS, 25 JAS, 20 JAS), la deuxième récolte (30
JAS, 20 JAS, semis direct, 25 JAS et 35 JAS, 30 JAS, 20 JAS, semis direct), et la troisième récolte
(semis direct, 30 JAS, 25 JAS, 20 JAS et 35 JAS).

Cumul
1800 a
1600
1400 b
1200 bc
1000 bc
c
800 Cumul
600
400
200
0
20 JAS 25 JAS 30 JAS 35 JAS Semis Direct

Figure 6 : Cumul des récoltes et l’évolution des rendements en tiges des différents traitements de
Sesamum radiatum

30
4.4. Effet de la récolte des feuilles sur la croissance végétative des plants de J.
tenella

Le nombre moyen de plants de Justicia. tenella vivants après chaque coupe de la première à la
quatrième récolte est représenté par la figure 7. il ressort de l’analyse de l’histogramme qu’il n’existe
aucune différence significative entre les différents traitements aux première, deuxième et quatrième
récoltes à l’exception de la troisième récolte au niveau duquel il a été observé une différence
significative. Un seul groupe peut être différencié après le test de Student Newman-Keuls.

Figure 7 : Nombre moyen de plants de Justicia. tenella vivants après chaque coupe de la première à la
quatrième récolte

NB : les pourcentages calculés à la deuxième récolte sont basés sur les plants survivants de la
première récolte.

31
4.5. Effet des dates de plantation sur le rendement en feuilles des plants de J.
tenella
La figure 8 montre le cumul des récoltes et l’évolution du rendement en feuilles (Kg/ha) de chaque
traitement en fonction des récoltes. L’analyse de ce graphe montre en générale que le rendement en
feuilles de Justicia tenella diminue de la première à la quatrième récolte au niveau de tous les
traitements. A l’exception de la troisième récolte qui a révélé une différence non significative entre les
traitements, une différence significative est observée à la deuxième récolte, à la quatrième récolte une
différence hautement significative et une différence très hautement significative est observée à la
première récolte. L’analyse statistique du cumul des récoltes révèle une différence non significative
entre les traitements. Le classement des traitements après le test de Student Newman-keuls permet de
répartir la première récolte en deux classes (20 JAS, 25 JAS, semis direct et 30 JAS, 35 JAS) ainsi que
la quatrième récolte (25 JAS, 30 JAS, semis direct, 35 JAS et 20 JAS). Le traitement 20 JAS s’est
révélé être plus productif de la deuxième jusqu’à la quatrième récolte bien qu’il était le moins productif
dès la première récolte. La production en feuilles du traitement 35 JAS a été significative à toutes les
récoltes et le traitement le moins productif est celui de 25 JAS. Le cumul des récoltes a révélé une
différence non significative entre les différents traitements.

Cumul
4500 a a a
4000 a
a
3500
3000
2500
2000 Cumul
1500
1000
500
0
20 JAS 25 JAS 30 JAS 35 JAS Semis Direct

Figure 8 : Cumul des récoltes et l’évolution du rendement en feuilles de chaque traitement en fonction
des récoltes

32
4.6. Effet des dates de plantation sur le rendement en tige des plants de J. tenella

La figure 9 montre le cumul des récoltes et l’évolution du rendement en tiges (Kg/ha) de chaque
traitement en fonction des récoltes. L’analyse de ce graphe montre en générale que le rendement en
tiges de Justicia tenella diminue progressivement de la première à la quatrième récolte au niveau de
tous les traitements. Les résultats statistiques montrent qu’une différence significative est observée
entre les traitements à la quatrième récolte, des différences hautement significatives sont observées à
la première, deuxième et troisième récolte. L’analyse du cumul des récoltes a montré qu’il n’y a pas une
différence significative entre les différents traitements. Le traitement le plus productif est celui de 30
JAS et le moins productif est le semis direct. Le test de Student Newman-Keuls permet de différencier
trois groupes à la 1e récolte (20 JAS, semis direct, 25 JAS- semis direct, 25 JAS, 30 JAS- 25 JAS, 30
JAS, 35 JAS) , trois groupes à la 2ième récolte (25 JAS, 35 JAS- 35 JAS, semis directe,20 JAS- semis
direct, 20 JAS, 30 JAS) et deux groupes à la 3e récolte (30 JAS, semis direct, 25 JAS,35 JAS- 20 JAS).

Cumul
4500 a a a
4000 a
a
3500
3000
2500
2000 Cumul
1500
1000
500
0
20 JAS 25 JAS 30 JAS 35 JAS Semis Direct

Figure 9 : Cumul des récoltes et l’évolution du rendement en tiges de chaque traitement en fonction
des récoltes

33
5. Discussion

Très peu de travaux de recherche ont été consacrés aux deux légumes, Sesamum radiatum et Justicia
tenella, et la présente étude apporte les premières informations sur le rendement en feuilles, en tiges
des plants des deux espèces au Bénin. A l’instar d’autres légumes traditionnels comme l’amarante
(Amaranthus cruentus), le crin-crin (Corchorus olitorius), la morelle (Solanum macrocarpum), etc., les
feuilles de ces légumes sont régulièrement prélevées par les populations rurales au cours du cycle
végétatif de la plante. Après les prélèvements d’organes, les plants sont laissés sur place pour la
repousse.
Les résultats obtenus à l’issue de l’étude montrent que les plants de S. radiatum peuvent subir, au
minimum, quatre récoltes successives des feuilles au cours de leur cycle végétatif, puisque, à
l’exception de la quatrième récolte, il n’y a pas eu de différence significative entre les plants des
différents traitements en ce qui concerne le nombre de plants vivants après chaque récolte ; les
différentes récoltes des feuilles n’ont donc pas affecté la croissance des plants. Aussi le nombre de
jours des plants à la pépinière avant d’être repiqué n’influe pas sur la résistance des plantes aux
coupes successives. Ces résultats sont conformes à ceux de Kakpo (2011) pour qui le taux de reprise
pour le traitement le plus résistant (35 JAS) est 96,75%. En maraîchage l’apport régulier de l’eau
constitue un facteur très décisif pour la culture des espèces, et l’influence négative du stress hydrique
sur la croissance végétative de diverses espèces légumières et fourragères a été déjà rapportée
(Chebbi et al., 1995 ; Ohashi et al., 2000 ; Léfi et al., 2004). Les conditions climatiques qui ont prévalu
pendant les essais indiquent que les plants de S. radiatum ont bénéficié d’un apport régulier d’eau au
cours de la culture. En plus de l’eau apportée par les pluies, les plants ont reçu un apport régulier d’eau
par arrosage. Toutes ces conditions ont contribué à favoriser la reprise et la croissance des plants,
surtout qu’en dehors de la fumure de fond apportée au démarrage de l’essai, aucun autre apport
d’engrais n’a eu lieu, et il n’existe actuellement aucune formule spécifique d’engrais pour la fumure des
légumes feuilles traditionnels.
En effet le taux de mortalité élevé (50%) observé au niveau des plants du semis direct après la
première récolte pourrait s’expliquer par l’attaque de ces derniers par un agent pathogène. A six
semaines après semis, quelques jours avant la première récolte les plants ont été assujettis à l’attaque
d’un champion du genre Fusarium qui a inhibé leur croissance et développement. Cette observation au
champ confirme l’affirmation de Denton (2004) selon laquelle Sesamum radiatum souffre de maladies
et de ravageurs importants. Aussi cela révèle les problèmes phytosanitaires qui est une des contraintes
majeurs qui limite la production des légumes feuilles dans le sud du Bénin (Assogba et al., 2007). Après
la première récolte, les plants repiqués à 35 jours en majorité (93,33%) malgré l’attaque parasitaire

34
n’ont pas perdue leur vigueur contrairement aux plants semés directement qui ont connu une perte de
(50%) de leur population. Cela pourrait s’expliqué par le fait que la première coupe des plants du semis
direct coïncidait avec le début de l’attaque parasitaire. Ainsi donc ces plants se sont retrouvés dans une
dualité de fonction c’est à dire assurer la repousse et lutter efficacement contre l’agent pathogène, ce
qui ne leur a pas permis de résister à la coupe.

Pour ce qui est des rendements en feuilles, ils sont variables d’un traitement à un autre et d’une récolte
à une autre. A chaque récolte on note une différence significative entres les traitements. En générale
pour tous les traitements le rendement à la première récolte est 2 à 9 fois plus élevé que le rendement
à toutes les autres récoltes. Ce grand écart observé au niveau des rendements pourrait s’expliqué
d’une part par le taux de mortalité élevé après la première coupe et d’autre part par la floraison précoce
de ces derniers suite à l’attaque parasitaire. En effet l’une des réactions des espèces végétales dans
les conditions de stress biotique comme abiotique, est la sauvegarde de leur espèce qui s’exprime par
la floraison. L’apparition importante de fleurs tend à réduire la production en feuilles et tiges de la plante
ainsi que la qualité du produit récolté. Ainsi Comme Westphal et al (1985) l’on si bien signalé, le
maraîcher doit rechercher les méthodes culturales permettant à la fois de maximiser le rendement et de
retarder la floraison. De même compte tenue des pertes (quantité et qualité) énormes en rendement
qu’occasionnent les parasites et les ravageurs les maraichers doivent faire recours à la gestion intégrée
des nuisibles (James et al., 2010). Les faibles rendements (160 à 2017Kg/ha) noté au niveau de cet
essai (2011) de la deuxième à la quatrième récolte comparativement aux résultats de Kakpo (2011)
dont les rendements observés varient de 638,75 à 2252 Kg/ha sont liés à l’attaque parasitaire. En
dehors du traitement 35 JAS, la récolte totale en feuilles ne montre pas de différence statistique entre
les différents traitements, malgré les différences significatives obtenues au cours des récoltes
successives. Au regard de ce constat, pour la culture de S. radiatum, il est impérieux d’opérer un choix
de traitement en fonction, d’une part, du nombre de coupes à effectuer et, d’autre part, des
considérations économiques liées à chaque traitement et les flux du marché. Le traitement 25 JAS est
moins productif que tous les autres traitements. Par contre 35 JAS est très intéressant à toutes les
récoltes avec une grande potentialité à résister aux attaques parasitaires et aux coupes successives.
Les résultats obtenus montrent bien que, contrairement aux observations de Kakpo (2011) le traitement
35 JAS peut être recommandé. Aussi le traitement semis direct malgré le taux de mortalité élevé
enregistré à son niveau peut être recommandé, ce résultat confirme celui de Kakpo (2011). De la
deuxième à la quatrième récolte on remarque une constance des rendements qui sont très
appréciables au niveau de tous les traitements ; l’attaque parasitaire n’avait elle pas survenu que peut
être il n’y aurait pas eu une grande différence entre les traitements comme l’indique l’analyse statistique

35
du cumul. Ce constat nous amène à dire qu’en plus du taux de mortalité la différence pourrait
s’expliquer par un facteur dépendant de la potentialité à s’exprimé des plants au niveau de chaque
traitement.

Parallèlement au rendement total en feuilles, il n’existe aucune différence significative entre les
différents traitements pour ce qui concerne le rendement total en tiges en dehors du semis direct. En
comparant les rendements en feuilles et en tiges, il est facile de constater que le rendement en feuilles
a varié de 1875 à 3719 kg/ha contre 820,8 à 1688,2 kg/ha pour les tiges et la proportion de feuilles par
rapport à la biomasse aérienne a varié 54,71 à 82,35 % selon le traitement. Conformément aux
résultats de Kakpo (2011) la proportion des feuilles chez S. radiatum est donc plus élevée par rapport
aux tiges. La partie recherchée étant les feuilles, le choix du matériel doit privilégier le traitement qui
développe moins les tiges au profit des feuilles.

En ce qui concerne le nombre de plants vivants à chaque récolte chez Justicia tenella, le nombre de
jours des plants à la pépinière avant d’être repiqué n’influe par sur la résistance des plantes aux coupes
successives. Ces résultats sont confirment ceux de Kakpo (2011) pour qui le taux de reprise varie de
56,75% à 84,75 %; le taux de reprise à ce niveau un peu bas s’explique par le fait que l’essai à été mis
en place dans le mois de juillet 2010 où la hauteur de pluie est relativement bas (125 mm). En général
le taux de reprise après chaque coupe est supérieur à 95% sauf à la quatrième récolte. Cette légère
baisse de vigueur au niveau des plants pourrait s’expliquer par un épuisement des éléments nutritifs
présents au niveau du sol vu qu’aucun apport de fertilisants n’est fait après chaque coupe. Presque à
toutes les coupes le traitement 35 JAS s’est montré plus performant.

Pour le rendement en feuille, selon le cumul des récoltes tous les traitements sont égaux. Ainsi le
nombre de jours des plants avant le repiquage n’influe pas sur le rendement. Néanmoins si l’on devait
s’arrêter à la première récolte le premier choix serait porté sur 35 JAS puis le second sur 30 JAS. Les
plants repiqué à 20 jours après semis peuvent être aussi recommandé puisse que malgré leur
rendement très faible comparativement aux autres traitements à la première récoltes ont été plus
productif à toutes les autres récoltes. En générale à partir de la troisième récolte le rendement des
feuilles n’augmente plus. Ces résultats confirment ceux de Dabadé (2008) pour qui au-delà de 7
semaines la surface des feuilles de Justicia Tenella n’augmente plus. En effet d’un traitement à un autre
et d’une récolte à une autre le rendement varie. Ce constat amène à opérer un choix de traitement en
fonction, d’une part, du nombre de coupes à effectuer et, d’autre part, des considérations économiques
liées à chaque traitement et la demande sur le marché. Le très faible rendement enregistré à la
première récolte pour 20 JAS pourrait s’expliquer par la difficulté que les plants ont eut pour amorcer
leur développement juste après leur repiquage contrairement aux autres traitements au niveau

36
desquels une bonne reprise a été observée. Le rendement en tige évolue proportionnelle au
rendement en feuilles d’un traitement à un autre et selon le cumul le nombre de jours à la pépinière
n’influence pas le rendement. La comparaison des deux cumuls (rendement feuilles et rendement
tiges), nous montre que le rendement des feuilles varie de 3462 à 4228 kg/ha contre 801,6 à 1135 kg/
ha pour les tiges. Les extrêmes sont respectivement les traitements semis direct – 35 JAS, et Semis
direct - 30JAS, pour les feuilles et les tiges. Le pourcentage des feuilles par rapport à la biomasse
aérienne varie de 55 à 84,61 % selon le traitement. La proportion des feuilles chez J. tenellla est donc
plus élevée par rapport aux tiges. Cependant, à l’analyse des résultats issus de cet essai, pour la
production de feuilles de ce légume, l’usage de plants issus de pépinière ou du semis direct des graines
paraissent plus profitables. Aussi, compte tenu de l’importance de la biomasse des tiges, ces dernières
doivent-elles être retournées aux champs ou dans les jardins de case afin de restituer au sol sa fertilité
(Floquet et Mongbo, 1998).

37
CHAPITRE V :
CONCLUSION ET SUGGESTIONS

38
6. Conclusion

Il ressort de la présente étude que pour maximiser la production en feuilles et tiges de Sésamum
radiatum, on peut procéder au semis direct ou au repiquage. La même observation été faite du point de
vue production en feuilles et tiges pour Justicia tenella. En tenant compte du nombre de jours à la
pépinière, des plants de 20, 30 et 35 jours peuvent être repiqués pour la production des deux espèces.
En effet, les plants repiqués à 35 jours donnent les meilleurs rendements en feuilles et en tiges chez S.
radiatum et J. tenella. Aussi a-t-il été constaté que pour ce traitement, le rendement de ces deux
espèces est constant dans le temps et leurs plants sont plus résistants aux attaques parasitaires et aux
coupes successives. L’option de récoltes avec coupes successives est requise puisse que après
chaque coupe, le taux de reprise des plants est 100% pour S. radiatum et supérieur à 85% pour J.
tenella au niveau de tous les traitements.

Toutefois, la mise en culture des deux espèces de légumes feuilles étudiés pose quelques
interrogations :
- quelle est l’influence de l’environnement sur le développement et croissance des plants de S.
radiatum et J. tenella lorsque l’on sait que ces espèces ne sont pas rencontrées au Sud-Bénin où a
été implanté notre site expérimental ?
- quelle est l’influence des nuisibles notamment des pathogènes sur le développement des plants
des deux légumes ?
- l’attaque parasitaire n’avait- elle pas survenu, les traitements seraient-ils différents les uns des
autres ?
- le rendement en feuilles obtenu avec les plants repiqués à 35 jours, est-il économiquement
rentable ?
- etc.
Au regard de toutes ces interrogations et des résultats obtenus nous suggérons :
- que des essais soient repris dans les zones de prédilection des deux espèces, plus spécifiquement
au Centre et au nord du Bénin pour étudier l’influence des facteurs environnementaux sur la
croissance et développement de ces espèces.
- que des essais soient faites pour évaluer l’impact des attaques parasitaires sur la croissance et
développement des deux espèces, leur rendement, et sur la qualité nutritionnelles des feuilles
attaquées.
- que des essais soient conduits pour mieux apprécier le comportement des deux légumes feuilles
traditionnels au-delà de quatre coupes successives.

38
7. Références bibliographiques

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Stevels,1985: Cultures vivrières spéciales avec référence spéciale au Cameroun. Gils Meens.Pudoc,
Wageningen, the Netherlands.

46
CHAPITRE VI : ANNEXES

46
8. Annexes

Annexe 1: Analyse de la variance du rendement en feuilles J. tenella, 1e récolte

Source Ddl SCE CM Fc


Model 4 6409548 1602387 10.45
Erreur 15 2300571 153371
Total 19 8710119

Annexe 2: Analyse de la variance du rendement en feuilles J. tenella, 2e récolte

Source Ddl SCE CM Fc


Model 4 2085183 521296 3.51
Erreur 15 2225529 148369
Total 19 4310712

Annexe 3: Analyse de la variance du rendement en feuilles MP J. tenella, 3e récolte

Source Ddl SCE CM Fc


Model 4 1621433 405358 2.90
Erreur 15 2093990 139599
Total 19 3715424

Annexe 4: Analyse de la variance du rendement en feuilles J. tenella, 4e récolte

Source Ddl SCE CM Fc


Model 4 911780 227945 6.55
Erreur 15 522180 34812
Total 19 1433960

47
Annexe 5: Analyse de la variance cumul des récoltes du rendement en tige J. tenella

Source Ddl SCE CM Fc


Model 4 2177696 544424 0.78
Erreur 15 10457817 697188
Total 19 12635513

Annexe 6: Analyse de la variance du rendement en tiges J. tenella, 1e récolte

Source Ddl SCE CM Fc


Model 4 450321 112580 6.40
Erreur 15 263657 17577
Total 19 713978

Annexe 7: Analyse de la variance du rendement en tiges J. tenella, 2e récolte

Source Ddl SCE CM Fc


Model 4 376244 94061 5.25
Erreur 15 268975 17932
Total 19 645219

Annexe 8: Analyse de la variance du rendement en tiges J. tenella, 3e récolte

Source Ddl SCE CM Fc


Model 4 298559 74640 7.68
Erreur 15 145868 9725
Total 19 444427

48
Annexe 9: Analyse de la variance du rendement en tiges J. tenella, 4e récolte

Source Ddl SCE CM Fc


Model 4 48167 12042 3.53
Erreur 15 51116 3408
Total 19 99283

Annexe 10: Analyse de la variance cumul des récoltes du rendement en J. tenella, 4e récolte

Source Ddl SCE CM Fc


Model 4 429742 107435 2.51
Erreur 15 642073 42805
Total 19 1071815

Annexe 11: Analyse de la variance du rendement en feuilles S. radiatum, 1e récolte

Source Ddl SCE CM Fc


Model 4 1584086 396022 4.58
Erreur 15 1297286 86486
Total 19 2881372

Annexe 12: Analyse de la variance du rendement en feuilles ,S.radiatum 2e récolte

Source Ddl SCE CM Fc


Model 4 857947 214487 4.73
Erreur 15 680121 45341
Total 19 1538068

Annexe 13: Analyse de la variance du rendement en feuilles S.radiatum, 3e récolte

Source Ddl SCE CM Fc


Model 4 711333 177833 3.85
Erreur 15 692651 46177
Total 19 1403984

49
Annexe 14: Analyse de la variance du rendement en feuilles S. radiatum, 4e récolte

Source Ddl SCE CM Fc


Model 4 691800 172950 4.53
Erreur 15 573242 38216
Total 19 1265043

Annexe 15: Analyse de la variance du cumul des récoltes en feuilles S. radiatum

Source Ddl SCE CM Fc


Model 4 7097011 1774253 5.42
Erreur 15 4906710 327114
Total 19 12003721

Annexe 16: Analyse de la variance du rendement en tiges S. radiatum, 1e récolte

Source Ddl SCE CM Fc


Model 4 2266648 566662 21.24
Erreur 15 400260 26684
Total 19 2666908

Annexe 17: Analyse de la variance du rendement en tiges S. radiatumenella, 2e récolte

Source Ddl SCE CM Fc


Model 4 47927 11982 2.99
Erreur 15 60188 4013
Total 19 108115

Annexe 18: Analyse de la variance du rendement en tiges S.radiatum, 3e récolte

Source Ddl SCE CM Fc


Model 4 59935 14984 5.90
Erreur 15 38102 2540
Total 19 98037

50
Annexe 19: Analyse de la variance du rendement en tiges S.radiatum, 4e récolte

Source Ddl SCE CM Fc


Model 4 40941 10235 3.03
Erreur 15 50669 3378
Total 19 91610

Annexe 20: Analyse de la variance du cumul des récoltes en tiges S .radiatum

Source Ddl SCE CM Fc


Model 4 1854569 463642 9.77
Erreur 15 712049 47470
Total 19 2566618

Annexe 21: Analyse de la variance du taux de reprise J. tenella, 1e récolte

Source Ddl SCE CM Fc


Model 4 3.47 0.87 0.25
Erreur 15 52.11 3.47
Total 19 55.58

Annexe 22: Analyse de la variance du taux de reprise J. tenella, 2e récolte

Source Ddl SCE CM Fc


Model 4 0.0000000 0.0000000
Erreur 15 0.0000000 0.0000000
Total 19 0.0000000

Annexe 23: Analyse de la variance du taux de reprise J. tenella, 3e récolte

Source Ddl SCE CM Fc


Model 4 23.66 5.91 0.92
Erreur 15 96.19 6.41
Total 19 119.84

51
Annexe 24: Analyse de la variance du taux de reprise J. tenella, 4e récolte

Source Ddl SCE CM Fc


Model 4 42.9 10.7 0.20
Erreur 15 798.4 53.2
Total 19 841.2

Annexe 25: Analyse de la variance du taux de reprise S. radiatum, 1e récolte

Source Ddl SCE CM Fc


Model 4 4213 1053 3.05
Erreur 15 5187 346
Total 19 9400

Annexe 26: Analyse de la variance du taux de reprise S. radiatum 2e récolte

Source Ddl SCE CM Fc


Model 4 0.0000000 0.0000000
Erreur 15 0.0000000 0.0000000
Total 19 0.0000000

Annexe 27: Analyse de la variance du taux de reprise S. radiatum, 3e récolte

Source Ddl SCE CM Fc


Model 4 0.0000000 0.0000000
Erreur 15 0.0000000 0.0000000
Total 19 0.0000000

Annexe 28: Analyse de la variance du taux de reprise S. radiatum, 4e récolte

Source Ddl SCE CM Fc


Model 4 0.0000000 0.0000000
Erreur 15 0.0000000 0.0000000
Total 19 0.0000000

52