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L’Homme

Revue française d’anthropologie


171-172 | 2004
Musique et anthropologie

Glossaire
Termes ethnomusicologiques et termes organologiques

Édition électronique
URL : http://journals.openedition.org/lhomme/24959
DOI : 10.4000/lhomme.24959
ISSN : 1953-8103

Éditeur
Éditions de l’EHESS

Édition imprimée
Date de publication : 1 décembre 2004
Pagination : 409-419
ISSN : 0439-4216

Référence électronique
« Glossaire », L’Homme [En ligne], 171-172 | 2004, mis en ligne le 01 janvier 2006, consulté le 19 avril
2019. URL : http://journals.openedition.org/lhomme/24959 ; DOI : 10.4000/lhomme.24959

© École des hautes études en sciences sociales


Glossaire
Termes ethnomusicologiques et termes organologiques *

A DDITIF (rythme) A KSAK (rythme)


Système rythmique bichrone caractérisé par
Qualifie un système qui procéde par succession l’usage de deux unités de durée – une brève et
de groupements différents s’ajoutant sans être une longue – dont la brève vaut non pas la moi-
obligatoirement prévisibles. Ainsi un cycle à 9 tié mais les deux tiers de la longue. Exemple :
temps est construit, par exemple, par ajouts de si la brève est représentée par une croche,
2 + 3 + 2 + 2 et non par division de neuf par trois la longue le sera par une croche pointée. Ces
(9/3), qui relèverait du système divisif *. valeurs inégales sont regroupées en mesures
binaires ou ternaires, simples ou composées, qui
<—> DIVISIF (rythme).
se répètent de manière cyclique et sont généra-
Aérophone lement liées à la danse.
• Formulation établie par Constantin Brailoiu,
—> Classification organologique. « Le rythme aksak », Revue de musicologie, 1951 :
5-42 (republié in Constantin Brailoiu, Problèmes
d’ethnomusicologie, textes réunis et préfacés par
* Établies, définies et vérifiées par des collabora- Gilbert Rouget, Genève, Minkoff Reprint,
teurs à ce numéro ainsi que par des membres du 1973 : 301-340).
Laboratoire d’ethnomusicologie du Musée de
l’Homme, les entrées ethnomusicologiques du A MBITUS
glossaire ont toutefois été choisies, retenues et Étendue définie par l’écart entre le son le plus
mises en page par la Rédaction de L’Homme, tout
comme les entrées organologiques mais qui, com- grave et le son le plus aigu d’une mélodie.
posées ci-dessous en bas de casse (exemple :
Aérophone, à la différence des entrées ethno-
Anche
musicologiques composées en petites capitales, Languette élastique mise en vibration par l’in-
exemple : ANTIPHONIE) et insérées à leur place sufflation et dont les mouvements ouvrent et
alphabétique, sont dues, quant à elles, à Monique obturent de façon périodique l’accès du flux
Brandily. d’air au tuyau sonore. Quand elle est découpée
Ont été privilégiés, bien sûr, les termes figurant dans la paroi elle-même, elle est dite idio-
dans les articles présentés dans cette publication, et glotte* ; quand elle est rapportée et faite éven-
ajoutés ceux couramment utilisés en ethnomusico-
tuellement d’une matière différente, on la dit
logie lorsqu’ils sont propres à la discipline ou bien
employés dans un autre sens qu’en musicologie hétéroglotte*. Trois catégories : anches libres,
classique. anches battantes, anches lippales.
Les mots suivis d’un astérisque (*) apparaissant Anches libres : la partie vibrante, légèrement
dans une définition, renvoient à des entrées parti- plus petite que la fenêtre, passe de part et d’autre
GLOSSAIRE

culières du glossaire ; ceux précédés d’une flèche de celle-ci (exemples : harmonica, accordéon,
(—>) en fin d’article signalent les corrélats [lesquels orgue à bouche).
sont séparés, lorsqu’ils sont multiples, par un Anches battantes : l’orifice est fermé à chaque
losange (◊) ] ; ceux précédés d’une double flèche période et le flux d’air est donc intermittent.
(<—>) indiquent les antonymes ; les « puces » (•) Elles peuvent être simples (exemples : clari-
placée en début de ligne appellent des références nette*, saxophone) ou doubles (exemple : haut-
bibliographiques. bois*).

L ’ H O M M E , « M u s i q u e e t a n t h r o p o l o g i e » , 171-172 / 2004, pp. 409 à 420


Anches lippales ou membraneuses ou natu- Cithare
relles : ce sont les lèvres du musicien qui font
Le plan des cordes, pincées ou frappées, dans de
office d’une anche double en vibrant lorsqu’il
410 insuffle l’instrument (exemples : trompe* et rares cas frottées (exemples : certains psalté-
trompette). rions), est parallèle au support qui ne comporte
pas de manche et qui peut être de formes très
ANTIPHONIE diverses : en radeau, en cuvette, tubulaire, sur
Procédé d’exécution responsorial* faisant inter- bâton, trapézoïdal.
venir deux chœurs. —> Cordophone (classification organolo-
—> RESPONSORIAL. gique*) ◊ Kanoun ◊ Qin.

Arc musical Clarinette


Une corde tendue sur un support flexible et Caractérisée par une anche* simple battante et
courbe, muni ou non de résonateurs. Dans les un tuyau de perce cylindrique (quelques ins-
arcs-en-bouche, c’est la bouche du musicien truments font exception à ce dernier critère).
qui sert de résonateur (exemple : chipandani). Les clarinettes traditionnelles sont terminales
La corde, parfois divisée en deux segments, est ou traversières et leur anche est souvent de type
frappée, frottée ou pincée. Quand plusieurs idioglotte*. Un certain nombre d’entre elles
arcs sont réunis dans un résonateur unique sont polycalames i. e. à plusieurs tuyaux dont
l’instrument est nommé « pluriarc ». l’un peut être à son fixe et constitue un bour-
don. Depuis l’Antiquité on connaît de nom-
—> Cordophone (classification organolo- breux exemples de clarinettes-doubles mais il
gique*). existe aussi des clarinettes triples comme les
launeddas en Sardaigne.
—> Aérophone (classification organolo-
B OURDON gique*).
Dans une musique polyphonique*, partie
tenue sur un son continu ou intermittent, sur Classification organologique
un ou deux degrés voisins (bourdon oscillant) ; La classification la plus utilisée en ethnomusi-
dans un registre souvent grave. cologie se réfère pour l’essentiel à celle de Erich
M. von Hornbostel & Curt Sachs. Le critère
Bruiteur principal sur laquelle elle est fondée est le maté-
Accessoire sonore qui contribue à la coloration riau dont la vibration génère le son et qui déter-
ou à l’indétermination du son principal émis mine un clivage de premier niveau en quatre
par l’instrument (exemples : plaques et anneaux classes :
métalliques fixés sur les manches des harpes I – Idiophones : la matière de l’instrument lui-
arquées). Ne pas confondre avec résonateur. même, grâce à son caractère solide et élastique,
produit le son sans avoir recours à des mem-
branes ou à des cordes tendues. Exemples :
C ANON cloches*, gongs*, xylophones*, lamellophones*,
etc.
Procédé polyphonique* caractérisé par la réité- II – Membranophones : le son est engendré par
ration stricte d’une mélodie selon un décalage la vibration de membranes tendues. Exemples :
temporel constant. tambours*.
C ANTILLATION III – Cordophones : une ou plusieurs cordes
tendues entre deux points fixes. Exemples :
Déclamation d’un texte souvent religieux. cithares*, luths*, lyres*, harpes*, etc.
Proche de la psalmodie*. IV – Aérophones : l’élément vibrant est un
volume d’air généralement confiné dans l’instru-
C ENT ment muni ou non d’une anche* (à l’exception
Unité de mesure des intervalles (1200 cents = de quelques instruments dits « à air libre » qui
une octave ; 1 cent = un centième de demi-ton font vibrer l’air ambiant comme le rhombe*).
tempéré). Exemples : flûtes*, clarinettes*, trompes*, etc.
V – Instruments à ondes électriques : cette
C HROMATISME cinquième classe doit être ajoutée pour inclure
Progression par demi-tons dans la musique les instruments modernes.
tonale ou par micro-intervalles dans différentes Cette classification est régie par le système déci-
musiques traditionnelles. mal qui permet d’introduire des subdivisions

Antiphonie
aussi nombreuses que nécessaires prenant en IIIe millénaire avant notre ère. Elles restent
compte des critères relatifs aux particularités de largement répandues dans les musiques tradi-
facture et aux modes de mise en vibration. tionnelles d’Asie. Exemples : châp en Thailande 411
• Erich M. von Hornbostel & Curt Sachs, et au Viêt-Nam où les petites cymbales de funé-
« Systematik der Musikinstrumente », Zeit- railles châp bat sont faites dans un alliage de
schrift für Ethnologie, 1914, XLVI : 553-590. cuivre et d’argent. Les cymbales d’orchestre
Traduction anglaise et notes de A. Baines & K. modernes sont généralement composées d’un
Wachsmann : « Classification of Musical Instru- alliage de cuivre et d’étain suivant une propor-
ments », The Galpin Society Journal, Londres, tion de 80 % -20 %. Certaines d’entre elles sont
XIV/3, march 1961 : 3-29. Republié in Helen
placées sur un pied ou suspendues à la manière
Myers (ed.) : Ethnomusicology. An Introduction,
« The New Grove Handbooks in Music », des gongs*.
London, The Macmillan Press Ltd, 1992 : 444- —> Idiophone (classification organolo-
461. [Voir aussi l’entrée « Classification », The gique*).
New Grove Dictionary of Musical Instruments (edi-
ted by Stanley Sadie), London, Macmillan Press
Ltd., 1984 (3 volumes).] DASTGAH
• Margaret J. Kartomi, On Concepts and Système modal en Iran et en Azerbaïdjan basé
Classification of Musical Instruments. Chicago, sur la notion de maqam*.
The University of Chigaco Press, 1990
(« Chicago Studies in Ethnmusicology »). D EGRÉ
Cloche Élément constitutif d’une échelle* des hau-
teurs.
Objets de formes très diverses mais toujours
concaves. On les met en vibration en les frap- D IPHONIQUE (chant)
pant à leur périphérie (à l’inverse des gongs* Émission simultanée d’un son fondamental en
frappés au centre) au moyen d’un battant qui bourdon* et d’une mélodie constituée de cer-
est soit interne soit externe. Les dimensions tains de ses harmoniques* sélectionnés par le
sont aussi variées que les formes et vont de la chanteur.
petite clochette à l’instrument monumental qui
peut peser plusieurs tonnes. Les matériaux DIVISIF (rythme)
principalement utilisés sont les métaux (cuivre, Qualifie un système dont les segments ryth-
fer, bronze, etc.) et le bois. Quelques exem- miques (unités de durée ou mesures) se
plaires connus en porcelaine (Asie) ou en ivoire construisent par division ou par multiplication
(Afrique) sont exceptionnels. de leurs éléments.
—> Idiophone (classification organolo- <—> ADDITIF (rythme).
gique*).
DYNAMIQUE
Conque Rapports de volumes sonores dans un énoncé
—> Aérophone (classification organolo- musical. On peut mesurer la dynamique en
gique*) ◊ Trompe. décibels ou la décrire de manière qualitative.

C ONTREPOINT
Principe de superposition de deux ou plusieurs
parties vocales et/ou instrumentales dont les
E NFANTIN (rythme)
Qualifie un système mesuré binaire dont les séries
lignes mélodiques sont à la fois distinctes et s’imposent au texte versifié chanté, récité ou
interdépendantes. Ces parties sont hiérarchi- scandé. Le plus souvent, la série de huit unités de
sées ou non et souvent rythmiquement diffé- temps concerne un nombre de syllabes variable,
renciées. huit, six ou quatre (catalectique ou non).
Cordophone • Formulation établie par Constantin Brailoiu,
—> Classification organologique. « Le rythme enfantin », in Les Colloques de
Wégimont, Paris, Bruxelles, Elsevier, 1956 : 5-
Cymbales 37. (Version très légèrement remaniée et repu-
GLOSSAIRE

bliée sous le titre « La rythmique enfantine.


Deux disques métalliques concaves sont entre- Notions liminaires », in Constantin Brailoiu,
choqués l’un contre l’autre (concussion). Problèmes d’ethnomusicologie, textes réunis et
Probablement d’origine asiatique, faites de préfacés par Gilbert Rouget, Genève, Minkoff
bronze, elles sont attestées en Inde dès le Reprint, 1973 : 265-299).

Enfantin (rythme)
É CHELLE F ONDAMENTAL
Ensemble des hauteurs utilisées dans une mélo- —> HARMONIQUES.
412 die. Elle est caractérisée par le nombre de
degrés compris dans une octave et par l’inter-
valle qui sépare chacun des degrés. Selon le F ORMANTS
nombre de degrés de l’échelle, on appose les
Fréquences renforcées généralement par la
préfixes bi-, tri-, tétra-, penta-, hexa-, hepta-,
dimension et la forme de résonateurs qui ont
à « -tonique », « -phonique ». Pour certains cher- donc une influence sur le timbre* du son émis
cheurs, l’emploi du suffixe -tonique renvoie à par la voix ou par l’instrument.
un système, alors que celui de -phonique ren-
voie au simple décompte des hauteurs. Ajoutées
à la fin ou au début de ces caractérisations des G LISSANDO
échelles, des précisions peuvent aussi être don- Il parcourt le continuum sonore sans le décou-
nées concernant certains types d’intervalles uti- per en unités discrètes ; en cela il se distingue
lisés : hémitonique ou anhémitonique qualifient du chromatisme.
des échelles respectivement avec et sans demi-
tons ; le préfixe équi- indique l’égalité des inter- G IUSTO SYLLABIQUE
valles à l’intérieur de l’échelle. Qualifie un système rythmique étroitement lié
à la métrique poétique : les deux valeurs de
É QUI -, PENTAPHONIQUE , PENTATONIQUE , durées, brève et longue, sont dans un rapport
HEPTAPHONIQUE , HEPTATONIQUE , etc. de simple au double ; constitués de deux ou
—> ÉCHELLE. trois de ces durées, les groupes rythmiques se
succèdent librement.

F AUSSET (voix de) • Formulation établie par Constantin


Brailoiu, « Le giusto syllabique. Un système
Émission dans le registre aigu obtenue par un rythmique populaire roumain », Annuario
geste phonatoire particulier agissant à la fois sur musical, 1951, VII :117-158 (version revue
et corrigée de l’étude parue en 1948 ; repu-
la tension et l’allongement des cordes vocales
bliée in Constantin Brailoiu, Problèmes
(qui fonctionnent comme une anche* double) d’ethnomusicologie, textes réunis et préfacés
et sur la forme et le volume des cavités servant par Gilbert Rouget, Genève, Minkoff
de résonateurs. L’alternance rapide entre ce Reprint, 1973 : 151-194 ).
registre (dit aussi « voix de tête ») et celui dit
« voix de poitrine » caractérise la technique du Gong
jodel* (ou yodel*). Disque en métal qui porte, en général, une pro-
tubérance centrale et dont les bords sont légè-
Flûte rement repliés. On le met en vibration en le
L’air projeté contre une arête, vive ou en biseau, frappant à l’aide de mailloches dans la partie
est confiné dans l’instrument. Le corps peut en centrale (à la différences des cloches* qui sont
être constitué d’un tuyau simple ou compor- frappées à leur périphérie). Les gongs, de tailles
tant divers aménagements : trous de jeu, bec, diverses, sont largement utilisés dans les
etc. Selon l’endroit où se situe l’insufflation, les musiques d’Asie et d’Indonésie (exemple : dans
flûtes sont dites terminales ou traversières. Le les gamelans) souvent en ensembles disposés sur
récipient où l’air vibrant est confiné peut être des supports verticaux ou horizontaux.
en matériaux très variés. La forme est égale- —> Idiophone (classification organolo-
ment diversifiée. Exemples : les flûtes globu- gique*).
laires présentes dans de nombreuses traditions.
Grelot
—> Aérophone (classification organolo-
Objet creux sphérique ou de forme proche de
gique*).
la sphère. Le plus souvent en métal il en existe
Flûte polycalame aussi en matériaux végétaux. Lorsqu’il est
secoué l’objet placé à l’intérieur (bille, perle,
Elle comporte plusieurs tuyaux. Exemple : cailloux, etc.) le fait résonner en heurtant la
syrinx ou flûte de Pan. paroi qui est fendue ou percée de trous. Il pro-
—> Aérophone (classification organolo- duit un bruit non accordé musicalement et
gique*). constitue souvent un accessoire rythmique qui

Échelle
souligne les mouvements des danseurs comme de l’Ouest avec ses vingt et une cordes.
le font différents hochets* ou sonnailles*. Actuellement, un certain nombre d’auteurs ont
—> Idiophone (classification organolo- tendance à préférer au terme harpe-luth celui 413
gique*). de harpe-à-chevalet ou harpe-à-pique.
Guqin —> Cordophone (classification organolo-
—> Qin. gique*).
Hautbois
HARMONIQUES (sons) Caractérisé par une anche* double et un tuyau
de perce conique (sauf quelques hautbois qui
Série discrète de composantes d’un son pério-
sont de perce cylindrique). Dans de nom-
dique dont les fréquences respectives sont des
breuses cultures qui n’utilisent pas le tour, la
multiples entiers de la fréquence la plus grave
forme générale conique est obtenue par la jux-
dite « fondamental ». Les composantes dont les
taposition de plusieurs segments de diamètres
fréquences ne sont pas des multiples entiers du
inégaux. Exemple : en Afrique saharienne et
fondamental ne font pas partie de la série har-
subsaharienne. Ce sont en général des instru-
monique. Elles sont nommées « partiels »*.
ments de musiciens professionnels qui prati-
Harpe quent la technique de la respiration circulaire*.
Instrument à cordes pincées. Le plan défini par —> Aérophone (classification organolo-
l’ensemble des cordes est perpendiculaire à la gique*).
table. Les harpes traditionnelles ont une caisse H ÉMIOLE
de résonance généralement en bois recouvert de
peau et de forme allongée parfois hémisphé- Substitution de valeurs de durées binaires et
rique (exemples : harpes-fourchues). Elles com- ternaires sans changement de la pulsation de
portent un manche arqué ou coudé. Les cordes base, par exemple entre deux noires pointées et
(dont le nombre peut aller jusqu’à dix ou trois noires.
douze) sont tendues, parallèlement ou en éven- Hétéroglotte
tail, entre le cordier (souvent fixé à la table)
placé dans l’axe du manche auquel elles sont —> Anche.
liées par des ligatures, avec ou sans chevilles. H ÉTÉROPHONIE
Elles sont jouées à vide.
Chanter ou jouer presque la même chose, par
—> Cordophone (classification organolo- exemple en fonction de particularités vocales
gique*). ou instrumentales, chacun gardant la liberté
Harpe-cithare de s’écarter systématiquement de l’unisson.
Certains chercheurs étendent le sens de ce
L’instrument se présente comme une cithare- terme à des pratiques de production sonore
sur-bâton dont les cordes (idioglottes*) soule- simultanée où chacun cherche à se démarquer
vées par un chevalet central définissent un plan des autres.
perpendiculaire au support, trait caractéristique
des harpes. L’exemple le plus connu est le mvet Hochet
qui accompagne la récitation de l’épopée du Objet creux fermé réalisé dans des matériaux
même nom dans plusieurs régions d’Afrique très divers et de formes multiples. Il contient
centrale. des grenailles, des graines, des graviers qui
—> Cordophone (classification organolo- bruissent en frappant la paroi lorsqu’on le
gique*). secoue, ce qui le rapproche du grelot*. Dans les
cas où les objets percutants sont fixés à l’exté-
Harpe-luth rieur du corps sonore, souvent maintenus par
Un chevalet vertical (à trous ou à encoches par un filet, l’instrument est appelé hochet-son-
où passent les cordes) est posé sur la table per- naille.
pendiculairement à l’axe de l’instrument —> Idiophone (classification organolo-
comme celui d’un luth*, et non pas longitudi- gique*).
GLOSSAIRE

nalement comme celui d’une harpe. Dans cer-


taines harpes-luths, les cordes sont disposées en H OMOPHONIE
deux séries parallèles dont les plans respectifs 1. Du grec homophonia, chant à l’unisson
sont perpendiculaires à la table. L’exemple (actuellement désigné plutôt par le terme
le plus connu en est la kora des griots d’Afrique monophonie*).

Homophonie
2. Différentes parties vocales ou instrumen- Les cordes, en boyau, en métal ou en nylon, sont
tales progressant sur le même rythme par disposées par groupes de trois accordés à l’unis-
414 accords successifs. son. Leur nombre total a varié selon les époques
et les régions ; actuellement il est compris entre
H OMORYTHMIE 72 et 78. Le musicien pince les cordes à l’aide
Procédé selon lequel toutes les parties superpo- d’onglets qu’il passe à l’index de chacune de ses
sées d’une pièce musicale progressent selon le mains jouant à une octave l’une de l’autre. Des
même rythme. Il s’agit d’un cas particulier de plaquettes pliantes placées près du cheviller per-
l’homophonie*. mettent de hausser ou de baisser la hauteur de
chaque groupe de cordes d’un quart de ton en
H OQUET fonction du mode* qu’on interprète.
Procédé qui consiste à distribuer les hauteurs —> Cordophone (classification organolo-
d’une ligne mélodique entre plusieurs voix ou gique*).
instruments, de telle manière que chaque chan-
teur ou musicien produise un son ou un court
motif en alternance rapide avec les autres. L amellophone
—> Idiophone (classification organologique*)
Idioglotte ◊ Sanza.

—> Anche. L ANGAGE TAMBOURINÉ


Idiophone Pratiqué surtout dans les régions dont la langue
présente des tons distinctifs auxquels se réfère
—> Classification organologique. l’expression instrumentale. Les tambours de
I MPROVISATION bois* sont largement utilisés pour cet usage
mais les tambours à membrane* également,
Musique faite dans l’instant où elle est pratiquée
éventuellement par paires. Exemple : atumpan
au cours de la performance. En ceci elle se dis-
ou atukpani des populations akan d’Afrique
tingue de la composition, musique pensée avant
occidentale.
d’être pratiquée, éventuellement par une per-
sonne autre que le musicien exécutant. Luth
L’improvisation – comme la composition – ren-
Instrument à cordes pincées tendues parallèle-
voie à des références ou des modèles, mais elle
ment à la table. La caisse de l’instrument,
donne une place plus ou moins importante à des
munie d’un manche (avec ou sans chevilles), est
éléments optionnels (modules et leurs combi-
en bois, en calebasse ou en métal, recouverte de
naisons, par exemple). L’improvisation est tota-
peau.
lement exclue de certaines musiques rituelles qui
sont l’objet d’un travail poussé de mémorisation —> Cordophone (classification organolo-
(exemple : chants d’initiation au Bénin). gique*).
—> VARIATION. Lyre
I SOCHRONE Instrument à cordes pincées dont la caisse de
résonance comporte deux montants latéraux qui
De même durée (à propos de valeurs de durée, supportent un joug horizontal. Les cordes, dis-
d’une pulsation ou de la durée globale d’un posées parallèlement à la caisse de résonance,
cycle rythmique). sont tendues entre celle-ci et le joug auquel elles
I SOMÉTRIQUE sont ligaturées ou, plus rarement, chevillées.
Considéré comme d’origine mésopotamienne,
De même mètre.
l’instrument y est très présent depuis le IIIe mil-
—> MÈTRE MUSICAL. lénaire avant notre ère. Instrument prestigieux
dans les régions méditérannéennes au temps de
J ODEL l’Antiquité grecque, il en est aujourd’hui dis-
paru. Actuellement, il reste en usage sous des
—> YODEL. formes, des noms et des dimensions différentes
au sud de l’Irak, dans la péninsule arabique et en
Kanoun ou Qanun Afrique orientale, notamment en Éthiopie.
Cithare* orientale à caisse plate, en bois, de —> Cordophone (classification organolo-
forme trapézoïdale comprenant un angle droit. gique*).

Homorythmie
M ODE
M AQAM 1. Échelle* souvent hiérarchisée, parfois com-
—> MODE. binée avec un parcours et des formules 415
mélodiques, pouvant servir de base à l’improvi-
Mbira sation*. Dans certaines cultures, cette combi-
—> Idiophone (classification organolo- natoire s’étend à l’utilisation d’autres procédés :
gique*) ◊ Sanza. ornementations, notes d’appuis, etc. Histori-
quement, les modes étaient souvent associés à
MÉLISMATIQUE des notions telles qu’état d’esprit, saison, heure,
Adjectif dérivé de mélisme. Mélismatique couleur, etc. Exemples : raga* en Inde, maqam*
désigne un procédé vocal par lequel une seule au Mashrek, modes grecques. Considérés
syllabe est chantée sur plusieurs degrés (exemple : comme des archétypes et/ou des référents, les
chant grégorien). modes, lorsqu’ils existent, peuvent constituer
un système classificatoire propre à chaque
<—> SYLLABIQUE. culture.
Membranophone 2. Dans la musique tonale occidentale le terme
mode sert à distinguer la gamme majeure de la
—> Classification organologique. gamme mineure.
MESURÉE (musique) M ONNAYAGE
1. Musique basée sur une pulsation* régulière Procédé consistant à subdiviser une durée quel-
explicite ou implicite, fondée sur un schéma conque en une série équivalente de valeurs plus
accentuel régulier, donc prévisible. brèves. Exemple : deux croches ou quatre
2. Fondée sur la périodicité d’une formule double-croches remplaçant une noire.
rythmique isochrone* constituée d’un ou plu- M ONODIE
sieurs segments.
Mélodie vocale ou instrumentale en solo
<—> NON MESURÉE (musique). accompagnée ou non.
M ÈTRE MUSICAL M ONOPHONIE
Terme emprunté à la prosodie. Désigne le Procédé selon lequel plusieurs personnes chan-
schéma (obtenu par l’analyse) de la structure tent à l’unisson.
d’un vers ou d’une mélodie et de ses éléments —> HOMOPHONIE.
constitutifs en fonction de leur récurrence le
plus souvent régulière. C’est ce qu’exprime la Mrdangam (Mridangam)
convention adoptée dans le solfège occidental —> Membranophone (classification organo-
pour la notation des musiques mesurées*. logique*) ◊ Tambour.
Exemples : 6/8, 3/4, 2/4, etc., qui indiquent le
nombre d’unités de temps et la valeur de ces
unités tout en impliquant l’accentuation. Il
peut s’exprimer par des gestes, pas de danse, N ON MESURÉE (musique)
frappements de mains, etc., ou, dans les trans- Qualifiée par les définitions de la musique
criptions, par des barres de mesure. mesurée* en négatif. Pour l’essentiel, absence
du retour périodique de segments égaux ou
Mirliton bien d’une formule rythmique isochrone. Dans
Membrane très mince (vessie de poisson, cocon de nombreuses traditions, la fin de la partie
d’araignée, voire papier à cigarette) mise en non mesurée (taqsim*, alap en Inde, etc.) est
vibration quand le support auquel elle est fixée marquée par l’entrée des percussions.
entre lui-même en vibration. Exemples : réso- <—> MESURÉE (musique).
nateurs de xylophones. Rarement instrument à
part entière, il fait partie des accessoires sonores
GLOSSAIRE

adjoints à d’autres instruments dont il modifie


le timbre. O rganologie
—> Membranophone (classification orga- Étude générale des instruments de musique.
nologique*). —> Classification organologique.

Organologie
O STINATO ments de mains, de pieds, etc. La pulsation
Bref motif mélodico-rythmique répété tout au peut dans certains cas être subdivisée en valeurs
416 long d’une pièce musicale. La combinaison de binaires ou ternaires.
plusieurs ostinatos est appelée multi-ostinato.
Q in ou guqin
Longue cithare* chinoise (environ 120 cm de
P ARALLÉLISME long) en bois. Le fond est plat et le dessus
Procédé consistant à superposer deux (ou plu- bombé. Traditionnellement les sept cordes
sieurs) parties à intervalle constant ou presque étaient en soie ; actuellement elles sont parfois
constant, l’échelle* utilisée rendant parfois en cuivre. Le qin, instrument noble attesté
nécessaires certains écarts à l’intervalle domi- depuis environ 3000 ans, est l’un des plus
nant. anciens instruments de l’Extrême-Orient, dont
chaque partie recèle une charge symbolique très
PARTIELS importante. De nombreuses autres cithares
—> HARMONIQUES (sons). asiatiques, comportant quelques différences de
facture mais de types voisins, en dérivent
P ENTACORDAL comme, par exemple, le koto japonais, le kaya-
Échelle* comprenant cinq degrés* compris kum de Corée, le dan-tranh vietnamien, entre
dans l’ambitus* d’une quinte. autres.
—> Cordophone (classification organolo-
P ENTAPHONIQUE gique*).
—> ÉCHELLE.
P ENTATONIQUE R abab (rubab, rebab, rababa)
—> ÉCHELLE. Terme arabe désignant le plus généralement
une vièle*, sauf au Moyen-Orient
P OLYMUSIQUE (Afghanistan, Pakistan, Inde du nord) où il
Néologisme employé pour qualifier la pratique s’agit d’un luth* et en Érythrée ainsi qu’en
simultanée non coordonnée de productions République démocratique du Congo (ex-Zaïre)
sonores émanant de sources différentes. Par où il s’agit d’une lyre*.
exemple, deux orchestres jouant sur un même —> Cordophone (classification organolo-
espace et dans un même temps des pièces diff- gique*).
férentes en s’ignorant mutuellement.
R AGA
P OLYPHONIE —> MODE.
Dans son acception la plus large, combinaison
de plusieurs parties instrumentales et/ou R ECTO TONO
vocales intentionnellement structurées entre Énoncé musical sur une hauteur de son
elles et s’écartant de l’unisson. On distingue constante
plusieurs procédés polyphoniques : bourdon*,
contrepoint*, homophonie-2*, hétérophonie*, R ESPIRATION CIRCULAIRE
hoquet*, parallélisme*. Technique utilisant la cavité buccale comme
réserve d’air. Le musicien maintient la pression
P OLYRYTHMIE en aspirant l’air par le nez ce qui permet d’in-
Superposition de deux ou plusieurs rythmes de suffler l’instrument de façon continue. L’objectif
structures différentes et dont la battue n’est pas est d’obtenir un son ininterrompu comparable à
la même. celui des instruments à réserve d’air extérieure
dont les plus connus sont les cornemuses. Cette
P SALMODIE technique est la cause d’une distension des joues
Style de chant à ambitus* réduit utilisé pour caractéristique chez la plupart des musiciens tra-
énoncer différents textes sacrés et en assurer la ditionnels qui la pratiquent.
prononciation efficace.
R ESPONSORIAL (alterné)
P ULSATION Terme général pour désigner un procédé d’exé-
Unité rythmique régulière sous-entendue. Elle cution, le plus souvent vocal, caractérisé par
est susceptible d’être exprimée par des batte- l’alternance entre deux exécutants : le plus sou-

Ostinato
vent un ou une soliste et un chœur.
L’alternance entre deux chœurs est nommé T abla
antiphonie*. Instrument de l’Inde composé d’un tambour*
417
—> ANTIPHONIE. et d’une timbale* appariés.
—> Membranophone (classification organo-
Rhombe logique*) ◊ Timbale.
Plaquette tournoyante en bois, en os ou en TAKSIM ou TAQSIM
métal. L’un des rares aérophones dits « à air
libre » parce qu’ils mettent en vibration non l’air Prélude instrumental non mesuré dans le
confiné dans un tuyau mais l’air ambiant. La monde turco-arabe.
plaquette est percée d’un trou où passe une —> NON MESURÉ (musique).
ficelle permettant de la faire tournoyer tandis
qu’elle pivote simultanément sur elle-même. Tambour
Attesté depuis la préhistoire, le rhombe est lié Le son est produit par la mise en vibration de
traditionnellement à des fonctions rituelles à membranes fortement tendues sur des corps de
cause des sonorités étranges qu’il produit. En résonance de formes complexes et très diversi-
Europe, il ne subsiste que comme jouet d’enfant. fiées qui amplifient et modifient le son initial.
—> Aérophone (classification organolo- Divers accessoires peuvent s’y ajouter : brui-
gique*). teurs*, mirlitons*, pastilles de goudron alour-
dissant la peau, cordelettes tendues tout contre
la membrane (timbres*) qui grésillent quand
celle-ci vibre (exemples : nombreux tambours
S anza sur cadre). Quelques critères usuels permettent
d’opérer des distinctions à l’intérieur de ce foi-
Jeu de languettes pincées, accordées musicale- sonnement d’instruments :
ment, fixées sur des supports divers. Elles sont 1. Le nombre de peaux, une seule (exemple : dar-
en métal, ou en matière végétale. C’est un ins- bouka) ou deux (exemple : mrdangam) sur un
trument propre à l’Afrique où il porte des noms seul corps. Ce nombre de peaux à la disposition
qui varient selon les régions. Exemples : sanzi, du tambourinaire peut être augmenté grâce au
mbira*, etc. En ethnomusicologie, ces instru- regroupement de plusieurs corps juxtaposés,
ments sont désignés globalement sous le terme trois, quatre ou davantage, liés entre eux ou non.
lamellophones*. Le cas de figure le plus fréquent est la paire. On
considère assez généralement que, dans ces cou-
—> Idiophone (classification organolo- plages, l’un des instruments est la voix mascu-
gique*) ◊ Mbira. line et l’autre la voix féminine.
2. La forme du corps (tubulaire, en gobelet, en
S ONAGRAMME sablier, etc.) et la matière qui le compose (bois,
Représentation graphique à l’aide d’appareils poterie, etc.).
électro-acoustiques (exemple : sonagraphe) du 3. Le mode d’attache des peaux (lacées, collées,
spectre du son analysé. Elle fait apparaître les clouées, etc.).
harmoniques*, les formants* et les transitoires*, 4. Le mode de frappe quand on le connaît (à
ainsi que les durées, les hauteurs et les timbres*. mains nues, à l’aide de battes diverses).
—> Membranophone (classification organo-
Sonnailles logique*).
Objets en matières diverses (végétaux, métal, Tambour à friction
etc.) qui s’entrechoquent pour produire des
« grappes » de sons. Ce sont des accessoires La mise en vibration de la membrane se fait par
annexés à différents instruments ou attachés au frottement soit direct, soit au moyen de dispo-
corps des danseurs comme certains hochets*. sitifs variés. Exemple : kwita ou pwita d’Afrique
centrale.
—> Idiophones (classification organolo-
—> Membranophone (classification organo-
gique*).
logique*).
GLOSSAIRE

S YLLABIQUE Tambour à tension variable


Procédé dans lequel chaque syllabe correspond Le corps du tambour plus large aux extrémités
à un degré* de la mélodie. qu’en sa partie médiane laisse suffisamment de
<—> MÉLISMATIQUE. jeu au laçage assurant la tension de la peau pour

Tambour à tension variable


qu’il soit possible, en le serrant, de modifier la —> Membranophone (classification organo-
tension de l’ensemble et la hauteur du son. logique*).
418 Exemples : kotsuzumi (Japon), tama (Afrique
occidentale). T ÉTRACORDAL
—> Membranophone (classification organo- Échelle* comprenant quatre degrés* compris
logique*). dans l’ambitus* d’une quarte.

Tambour de bois T ÉTRAPHONIQUE


C’est le corps de l’instrument lui-même, sou- —> ÉCHELLE.
vent de grande taille, qui est frappé. Parfois T ÉTRATONIQUE
nommé tambour à lèvres ou tambour à fente
l’amincissement de l’un des côtés de l’ouver- —> ÉCHELLE.
ture permet d’obtenir deux sons de hauteurs Timbale
différentes. Ce sont les instruments privilégiés
des langages tambourinés*. Certains de ces Une seule membrane tendue sur un corps de
tambours, nommés tambours xylophones, per- résonance fermé, de forme hémisphérique ou
mettent d’obtenir plus de deux hauteurs de son ovoïde, en bois, en calebasse, en poterie ou en
grâce à la présence de lames ménagées dans la métal. Jouées par paires et associées à de
paroi de bois ou de bambou. Exemple : keñde longues trompes elles font souvent partie des
des Kissi d’Afrique occidentale. orchestres de cour, notamment dans la zone
sahélo-soudanaise.
—> Idiophone (classification organolo-
gique*). —> Membranophone (classification organo-
logique*).
Tambour de bronze T IMBRE
La caisse en métal ne porte pas de membrane, 1. S’applique à un son vocal ou instrumental,
elle est frappée directement. L’instrument, en se référant à son aspect qualitatif de façon
attesté dès avant notre ère, est en usage en Asie littéraire et subjective. On parle par exemple
et en Indonésie, parfois en ensembles pouvant d’un timbre chaud, blanc, clair, voilé, etc. Une
atteindre seize instruments. Exemple : hpà-si approche plus objective est maintenant rendue
des Karen de Birmanie. possible au moyen d’appareils de laboratoire
—> Idiophone (classification organolo- capables d’analyser les caractéristiques phy-
gique*). siques d’un son.
Tambour d’eau 2. S’appliquant à la facture instrumentale,
désigne un accessoire musical : une ou deux
Une demi-calebasse hémisphérique retournée fines cordelettes, fixées tout contre une mem-
sur un plan d’eau est frappée avec des baguettes brane, qui émettent une sorte de grésillement
ou des battes dont l’extrémité est rembourrée. quand cette membrane entre en vibration et
Depuis quelques années on les voit fréquem- génèrent un son plus ou moins nasillard. C’est
ment remplacées par des tongs. En Afrique un procédé fréquemment utilisé sur différents
occidentale certains sont jumelés et accordés. types de tambours, notamment des tambours
La hauteur du son étant fonction de la dimen- sur cadre*.
sion des calebasses.
—> Idiophone (classification organolo- T RANSCRIPTION
gique*). Représentation visuelle des éléments sonores
d’une musique et de leur organisation à des fins
Tambour sur cadre d’analyse. Ces représentations prennent des
Le plus souvent à une seule membrane tendue formes diverses : notations sur portée avec
sur un cadre, souvent circulaire, muni ou non quelques aménagements, tablatures, chiffrage,
de cymbalettes. Le critère adopté pour qualifier graphiques réalisées par divers appareils d’analyse
un instrument : tambour sur cadre, et non du son (exemple : sonagramme*), etc. Il est par-
tubulaire, est que la profondeur soit inférieure fois nécessaire d’inventer des graphies particu-
au rayon. Certains sont à deux peaux et de lières adaptées à la représentation de systèmes
forme carrée ou encore circulaire ou octogonale musicaux spécifiques. Ces notations, même celles
(attestés dans différents écrits du Xe siècle, ils qui sont sur portée, n’ont pas le même objectif
subsistent dans quelques régions : Maroc, que les partitions de musique occidentale desti-
Algérie, Irak, etc.). nées avant tout à la lecture rapide et à l’exécution.

Tambour de bois
T RANSITOIRES par le frottement d’un archet, dans le cas le plus
Brefs phénomènes sonores liés à l’attaque et à général (la vielle-à-roue est un cas particulier de
l’extinction des sons. Ils sont chargés d’une vièle). En Afrique, notamment, les vièles com- 419
information considérable. Sur un sonagramme* portent souvent une seule corde écartée de la
ils permettent, à eux seuls, de différencier les table par un chevalet qui y est posé sans fixa-
instruments émetteurs indépendamment du tion. En Asie du Sud-Est, dans certaines petites
spectre. vièles à deux cordes, la mèche de l’archet est
passée entre les deux cordes. Exemple : pan hu
T RICORDAL ou banhu (Viêt-Nam). En Asie du Sud cer-
Échelle* comprenant trois degrés* compris taines vièles comportent des cordes sympa-
dans l’ambitus* d’une tierce. thiques que l’on ne touche pas avec l’archet et
qui vibrent quand la corde mélodique, à
Trompe laquelle chacune d’elles correspond, entre elle-
Tuyaux de formes complexes. L’accès du flux même en vibration. Exemple : sârangi (Inde du
d’air passe par les lèvres de l’exécutant (anche Nord).
lippale*) qui vibrent et jouent le rôle d’une —> Cordophone (classification organolo-
anche double*). Les trompes sont dites traver- gique*).
sières ou terminales selon l’emplacement de
l’embouchure (aménagée ou non). Leurs
dimensions peuvent varier d’une longueur de
quelques centimètres à plusieurs mètres.
X ylophone
Exemples : les trompes téléscopiques en métal Le son est produit par des lames de bois mises
des orchestres de cour soudanais ou des moines en vibration par frappement (y font exception
tibétains, les trompes d’écorce de la tradition quelques exemples asiatiques comportant des
suisse. La diversité des matériaux utilisés est bambous semi-cylindriques au lieu de lames).
remarquable. En plus du métal et de l’écorce Les lames peuvent être simplement posées sur
déjà mentionnés, on en trouve en ivoire, en une fosse creusée dans le sol ou sur les jambes
bois, en cornes. Elles sont souvent anthropo- du musicien mais, dans la majorité des cas, la
morphes. Les conques*, faites dans une grosse facture de l’instrument relève d’une technique
coquille, font partie de la famille des trompes. très sophistiquée. Les procédés de réglage des
—> Aérophone (classification organolo- hauteurs et des timbres sont multiples : choix
gique*). des matériaux, profil des lames, épaisseur,
charge de cire pour modifier les hauteurs, réso-
T UILAGE nateurs en calebasse de formes variées, fixation
Se produit dans une exécution alternée quand plus ou moins rigide sur des cadres très élabo-
le second énoncé commence avant que le pre- rés, etc. Ces instruments complexes sont par-
mier ne soit achevé. La fin de l’un est donc fois réservés à des musiciens professionnels
recouverte par le début de l’autre. Ce chevau- castés. Exemples : les bala joués en ensembles
chement souvent très bref est parfois prolongé de trois instruments des griots malinkés.
jusqu’à constituer une polyphonie* élémen- —> Idiophone (classification organolo-
taire. gique*).

V ARIATION Y ODEL
Procédé de construction d’une pièce musicale Technique vocale qui consiste à chanter en
selon lequel un thème ou un module est sans alternant rapidement la voix de tête et la voix
cesse transformé, tout en restant reconnais- de poitrine en corrélation avec le passage de
sable. voyelles d’avant à voyelles d’arrière. On uti-
—> IMPROVISATION. lise donc simultanément les oppositions de
hauteur et de timbre. Exemples : les Pygmées
Vièle d’Afrique centrale, les montagnards européens
du Tyrol.
GLOSSAIRE

Le corps, qui peut être identique à celui d’un


luth*, est équipé de cordes mises en vibration —> JODEL

Yodel