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Département d’Études Romanes

EPREUVE DE SYNTHESE

Un dossier de 2 documents vous a été remis.

Vous ferez une synthèse de ces documents, en 240 mots environ +/- 10%.
Vous disposez de 120 minutes pour faire votre synthèse et répondre aux 3 questions dans
l’encadré ci-dessous.

Pour réussir votre synthèse, vous dégagerez les idées et les informations essentielles que les
documents contiennent. Ensuite, vous les regrouperez en fonction d’un plan d’ensemble et les
classerez en fonction du thème commun à tous ces documents. Enfin, vous les présenterez
avec vos propres mots, sous forme d’un nouveau texte suivi et cohérent.

N’oubliez pas de donner un titre à votre synthèse.

Répondez aux questions ci-dessous, s.v.p. :

Questions

1. Résumez, en vos propres termes et d’après le D1, la cause essentielle des tendances
actuelles constatées par le rapport de la Commission sur l’avenir de la paternité et de la
maternité. (2-3 lignes) 1p.

2. Evoquez, en vos propres termes et d’après le D2, les causes de la crise actuelle de la
société démocratique. (4-5 lignes) 1,5p

3. Admettez-vous le mariage homosexuel? Apportez au moins 3 éléments d’argumentation


sans reproduire les arguments des deux documents. (10-15 lignes) 2,5 p.
document 1
New-York, le 30 septembre 2006. Les structures familiales et les rôles parentaux sont redéfinis
sans considération suffisante des besoins de l’enfant. Voici l’avertissement d’un rapport tout juste
publié qui décrit les tendances mondiales du droit familial et de la reproduction assistée.
La Révolution parentale: l’émergence d’un conflit mondial entre les droits des adultes et les
besoins des enfants est édité par la Commission sur l’avenir de la paternité et de la maternité. La
commission est un «groupe indépendant et politiquement neutre d’universitaires et de dirigeants»,
actif dans le domaine de la famille selon un communiqué de presse lisible sur le site de l’Institut pour
les Valeurs Américaines. Cet institut, situé à New-York, est l’une des organisations à l’origine de la
commission. L’auteur de ce rapport se nomme Elizabeth Marquardt, elle est membre de la commission
et auteur du livre Entre deux Mondes: La vie intérieure des enfants du divorce. Le rapport montre que
les tendances mondiales du droit et des technologies reproductives redéfinissent la paternité et la
maternité d’une manière qui place les intérêts des adultes avant les besoins des enfants. Le modèle de
famille avec un père et une mère, stipule-il, est transformé pour se conformer au «droit à l’enfant» des
adultes plutôt qu’au besoin des enfants de connaître et d’être élevés, toutes les fois qu’il est possible,
par leur mère et leur père.
La révolution chez les parents décrite dans la publication comprend une vaste gamme de
transformations: des taux de divorce élevés, l’éducation au sein d’une famille mono-parentale, le
recours croissant aux donneurs d’ovule et de sperme, le soutien au mariage homosexuel, des
propositions afin d’autoriser les enfants conçus avec l’aide de donneurs de sperme ou d’ovule à avoir
trois parents légaux. Le rapport donne un certain nombres d’exemples des changements légaux de
large portée dans les familles, souvent introduits avec un minimum de discussions.
Au Canada, la loi autorisant les mariages homosexuels prévoit aussi une disposition qui élimine
le terme «parent naturel» de la loi fédérale, le remplaçant par «parent légal». Avec cette loi, les
prérogatives de définir qui sont les parents d’un enfant sont transvasées précipitamment de la société
civile à l’Etat, avec des conséquences encore inconnues à ce jour.
En Espagne, peu après la légalisation du mariage homosexuel, le gouvernement a changé les
intitulés des certificats de naissance de tous les enfants. Dans le futur, il liront «géniteur A» et
«géniteur B» au lieu de «père» et «mère».
En Inde, les guides de la reproduction technologiquement assistée parus en juin 2005 prévoient
qu’un enfant né avec le recours à du sperme ou à des ovules donnés n’aura pas le moindre droit de
connaître l’identité de ses parents génétiques.
En Nouvelle-Zélande et en Australie, les commissions parlementaires ont proposé l’autorisation
pour les enfants conçus en utilisant des donneurs de sperme ou d’ovule d’avoir trois parents légaux.
Les propositions omettent de prévoir le cas où les trois parents se séparent et se disputent l’enfant.
Aux Etats-Unis et au Canada, des commissions de juristes influents et des professeurs de droit
soutiennent de plus en plus la légalisation de formes de mariages multiples comme la polygynie ou la
polyandrie1, qui induisent des relations intimes entre trois personnes ou plus.
En Irlande, une commission sur la reproduction humaine a proposé que les couples ayant eu un
enfant avec le recours à une mère porteuse en soient automatiquement les parents légaux. La femme
ayant accouché est laissée sans statut légal ni protection au cas où celle-ci changerait d’avis.
La France est un des rares pays résistant à la fièvre du changement des lois de la Famille. Un
rapport parlementaire sur la famille et les droits de l’enfant, paru en janvier dernier estime que «le
désir d’enfant semble être devenu un droit à l’enfant». Le rapport français recommande aussi de ne pas
légaliser les mariages homosexuels. Parmi les raisons avancées, figure l’inquiétude quand à l’identité
1
C’est-à-dire, respectivement, le fait d’avoir une relation légale avec plusieurs femmes ou plusieurs hommes.
et au développement des enfants si la loi rendait possible une situation où il puisse y avoir «deux pères
– ou deux mères –, ce qui n’est biologiquement ni réel ni plausible». Le rapport parlementaire insiste
sur la nécessité d’une justification médicale pour recourir à la procréation assistée et sur le maintien de
l’interdiction des mères porteuses. Antoine Breton, le 17.10.2006, site: news.catholic.org

document 2
[…] Une démocratie authentique n'est possible que dans un Etat de droit et sur la base d'une
conception correcte de la personne humaine. Elle requiert la réalisation des conditions nécessaires
pour la promotion des personnes, par l'éducation et la formation à un vrai idéal, et aussi
l'épanouissement de la «personnalité» de la société, par la création de structures de participation et de
coresponsabilité. On tend à affirmer aujourd'hui que l'agnosticisme et le relativisme sceptique
représentent la philosophie et l'attitude fondamentale accordées aux formes démocratiques de la vie
politique, et que ceux qui sont convaincus de connaître la vérité et qui lui donnent une ferme adhésion
ne sont pas dignes de confiance du point de vue démocratique, parce qu'ils n'acceptent pas que la
vérité soit déterminée par la majorité, ou bien qu'elle diffère selon les divers équilibres politiques. A ce
propos, il faut observer que, s'il n'existe aucune vérité dernière qui guide et oriente l'action politique,
les idées et les convictions peuvent être facilement exploitées au profit du pouvoir. Une démocratie
sans valeurs se transforme facilement en un totalitarisme déclaré ou sournois, comme le montre
l'histoire.
[…] Après la chute du totalitarisme communiste et de nombreux autres régimes totalitaires et de
«sécurité nationale», on assiste actuellement, non sans conflits, au succès de l'idéal démocratique dans
le monde, allant de pair avec une grande attention et une vive sollicitude pour les droits de l'homme.
Mais précisément pour aller dans ce sens, il est nécessaire que les peuples qui sont en train de réformer
leurs institutions donnent à la démocratie un fondement authentique et solide grâce à la reconnaissance
explicite de ces droits. Parmi les principaux, il faut rappeler le droit à la vie dont fait partie intégrante
le droit de grandir dans le sein de sa mère après la conception; puis le droit de vivre dans une famille
unie et dans un climat moral favorable au développement de sa personnalité; le droit d'épanouir son
intelligence et sa liberté par la recherche et la connaissance de la vérité; le droit de participer au travail
de mise en valeur des biens de la terre et d'en tirer sa subsistance et celle de ses proches; le droit de
fonder librement une famille, d'accueillir et d'élever des enfants, en exerçant de manière responsable
sa sexualité. En un sens, la source et la synthèse de ces droits, c'est la liberté religieuse, entendue
comme le droit de vivre dans la vérité de sa foi et conformément à la dignité transcendante de sa
personne.
Même dans les pays qui connaissent des formes de gouvernement démocratique, ces droits ne
sont pas toujours entièrement respectés. Et l'on ne pense pas seulement au scandale de l'avortement,
mais aussi aux divers aspects d'une crise des systèmes démocratiques qui semblent avoir parfois altéré
la capacité de prendre des décisions en fonction du bien commun. Les requêtes qui viennent de la
société ne sont pas toujours examinées selon les critères de la justice et de la moralité, mais plutôt
d'après l'influence électorale ou le poids financier des groupes qui les soutiennent. De telles déviations
des moeurs politiques finissent par provoquer la défiance et l'apathie, et par entraîner une baisse de la
participation politique et de l'esprit civique de la population, qui se sent atteinte et déçue. Il en résulte
une incapacité croissante à situer les intérêts privés dans le cadre d'une conception cohérente du bien
commun. Celui-ci, en effet, n'est pas seulement la somme des intérêts particuliers, mais il suppose
qu'on les évalue et qu'on les harmonise en fonction d'une hiérarchie des valeurs équilibrée et, en
dernière analyse, d'une conception correcte de la dignité et des droits de la personne.
Jean-Paul II, Encyclique Centesimus annus, V, 45-47, Vatican, 1991