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Chapitre 1 : Approche conceptuelle de l’incitation et généralité sur

l’investissement

Section 1 : Approche conceptuelle de l’incitation :

Conceptuellement, l’incitation est une mesure spécifique des problèmes économiques


non obligatoires cherchant à obtenir des agents économiques qu’elle vise, un comportement
déterminé, non souhaité par eux ou qu’ils n’ont pas idée d’adopter au moins au départ, en
échange d’un ou plusieurs avantages (Quiers, 1978). C’est donc dans cet ordre d’idée que la
politique fiscale d’incitation entend orienter, réguler, promouvoir l’activité économique et
encourager ou dissuader les comportements ou activités jugées souhaitables ou non (Rassat,
1989).

L’incitation à l’investissement dans la politique fiscale, ce fait à travers la panopolie de


mesures susceptibles de procurer à l’entreprise qui les sollicites un avantage temporaire ou
définitif (Penglaou, 1982).

Nous disons par des avantages temporaires, tout ce qui concerne l’allègement de la
charge fiscale obtenu à travers, d’une part, l’anticipation de certaines charges qui minorent le
montant de l’impôt sur le résultat et d’autre part, l’exonération exceptionnelle de certains
produits. L’avantage définitif c’est quand en réduit le montant de l’impôt en augmentant la
base imposable de manière directe ou indirecte, à titre d’exemple des taux d’impôt réduits,
déclaration seulement de la cotisation minimale en cas de déficit.1

1
Aboubakr Mfopain ; Le choix des incitations fiscales par les entreprises ; Page 2.

1
Section 2 : le concept d’investissement et ses types :

1. Concept d’investissement2
Selon l'économiste autrichien Eugen, le capital est l'ensemble des biens indirects ou
intermédiaires qui, à travers des détours productifs moyennant une dépense de temps, ont la
vertu de rendre plus productif le travail. Fabriquer des machines demande du temps et du
travail et repousse à plus tard la production de biens de consommation qui auraient pu être
immédiatement disponibles, mais ce détour de production permettra par la suite d'obtenir une
quantité supérieure de ces biens de consommation. En effet, l’exemple de Robinson sur son
île est souvent mis en avant. Robinson a besoin d'eau, et il doit chaque jour parcourir un long
chemin pour se rendre près d'une petite rivière où il pourra en obtenir. Il décide un jour de
construire un petit aqueduc qui amènera directement l'eau près de son habitation. Tout le
temps qu'il passe à le construire est un détour de production : il sacrifie du temps aujourd'hui
pour en gagner plus demain, en évitant d'avoir à faire quotidiennement le chemin entre son
lieu de résidence et la petite rivière. Le détour de production sera rentabilisé si le temps
finalement gagné est supérieur au temps passé à construire l'aqueduc.

Pour l'école autrichienne, dont Eugen est l'un des représentants les plus fameux,
l'investissement se caractérise par le fait qu'il allonge le processus de production. Lorsque
Robinson découvre l'idée du seau, plus plausible que l'aqueduc, il doit détourner une partie de
ses efforts pour fabriquer des seaux : c'est pourquoi on parle d'un détour de production. Par la
suite, la production d'eau devra toujours passer par cette étape supplémentaire (la fabrication,
l'entretien et le remplacement des seaux). Si Robinson effectue ce détour de production, c'est
qu'il sait qu'il lui est profitable : il produira son eau plus vite grâce à son seau la productivité a
augmenté, et ce même en comptabilisant le temps nécessaire à la construction et à l'entretien
du seau. Par conséquent, on peut penser que Robinson ne décide de construire son seau que si
la rivière est suffisamment éloignée pour que la perte de temps nécessaire à la fabrication soit
rentable.

Le concept de l’investissement recouvre des notions diverses. On distingue


généralement trois conceptions de l’investissement : comptable économique et financière.

• D’un point de vue comptable, l’investissement désigne toute dépense engagée dans
l’acquisition d’une immobilisation qu’elle soit corporelle, incorporelle ou financière. Il
s’agit d’une conception restrictive dans laquelle ne sont considérés comme des

2
Mohamed MOUNIR, Finance d’entreprise, P.308-311

2
investissements que les éléments inscrits dans les comptes de la classe 2 du plan
comptable (actif immobilisé). Sont ainsi exclues les dépenses destinées à couvrir le
besoin en fonds de roulement, ou à la formation du personnel et qui constituent de
véritables investissements.
• Dans la conception économique, l’investissement correspond à l’acquisition ou la
création d’un capital fixe, il s’agit de toute dépense engagée pour acquérir un bien
matériel durable destiné à augmenter ou à moderniser le capital technique des unités
de production. Dans cette approche restreinte, le terme investissement ne recouvre que
les actifs durables utilisés par les entités économiques dans leur processus de
production. Sont ainsi exclues les dépenses engagées pour l’acquisition de biens à
caractère immatériel et les autres dépenses qui participent à la création de richesse
(formation, recherche,…).
• Dans la conception financière, que nous adopterons dans ce qui suit, l’investissement
est toute dépense engagée dans le présent en vue de réaliser des gains futurs sur
plusieurs périodes. Cette définition qui se caractérise par sa simplicité, permet
d’élargir le champ de l’investissement à toutes les dépenses qui constituent des
immobilisations de capitaux dont l’objectif est la réalisation de gains étalés dans le
temps. Ainsi, à titre d’exemple, une dépense en formation représente un
investissement, de même qu’une importante campagne de publicité ou une dépense
destinée à la recherche et développement.

La définition financière de l’investissement renvoi à trois notions fondamentales :

-La notion flux : l’investissement est un ensemble de flux. Son évaluation consistera donc, à
comparer les flux positifs et négatifs qu’il génère. L’investissement n’est faisable que dans le
cas où il se traduit par un enrichissement net de l’investisseur, c’est-à-dire lorsque le total des
flux positifs qu’il dégage est supérieur au total des flux négatifs engagés pour sa réalisation.
-La notion temps : la dépense d’investissement est engagée dans le présent, soit de façon
immédiate (lorsqu’il s’agit de l’acquisition d’un matériel par exemple), soit sur une courte
période ( dans le cas d’une construction ou de la mise en place d’une unité de production).
Alors que les gains attendus sont réalisés dans le futur. Le présent est certain, la dépense
d’investissement se caractérise par sa certitude, tandis que les gains futurs sont aléatoires.
La notion de risque : l’incertitude du futur et les aléas liés à l’évolution des variables internes
à l’entreprise et des facteurs environnementaux sont à l’origine du risque qui caractérise tout
projet d’investissement quelles que soient sa nature et sa taille. Par conséquent, la rentabilité

3
attendue de l’investissement doit couvrir, non seulement le sacrifice lié à l’immobilisation de
l’argent dans le projet, mais également le risque supporté par l’investisseur.

2. Typologie des investissements :


Pour des raisons de simplification, on procède à des classifications des investissements selon
leur taille, leur nature ou selon l’objectif qui leur est assigné. De nombreuses typologies sont
proposées sur la base de ces critères.

Selon la nature du projet on distingue :

-Les investissements corporels qui correspondent à l’acquisition d’actifs corporels


indispensables à des activités de production ou de commercialisation de biens ou de services,
tels que : les locaux, les terrains, les équipements, le matériel informatique, le matériel
roulant…
-Les investissements incorporels qui concernent l’acquisition ou la création d’actifs
immatériels tels que ; les brevets , le fonds commercial et les dépenses en recherche et
développement…
Les investissements financiers qui correspondent à des participations durables dans d’autres
sociétés ou à l’acquisition de portefeuilles de valeurs mobilières ou de créances durables.
- Les investissements humains qui correspondent en général à la formation du personnel en
vue d’acquérir les compétences nécessaires à une activité donnée ou en vue d’améliorer les
compétences acquises.
Selon l’objectif de l’entreprise ; les catégories suivantes sont généralement proposées :
- Les investissements de renouvellement ou de remplacement qui visent à remplacer les
équipements existants lorsque ceux-ci sont totalement amortis ou ils n’arrivent plus à assurer
le niveau de production requis. L’objectif est le maintien du potentiel productif de
l’entreprise.
-Les investissements de modernisation qui consistent à acquérir des équipements plus
sophistiques dans l’objectif d’améliorer la productivité de l’entreprise et lui permettre de faire
face à la concurrence.

-Les investissements d’expansion (ou de capacité) dont l’objectif est d’augmenter la capacité
de production ou de commercialisation de l’entreprise pour répondre à une demande
croissante.
-Les investissements de diversification réalisés dans le but d’augmenter le portefeuille

4
d’activités de l’entreprise en optant pour un métier différent du sien. Tel est le cas, à titre
d’exemple, d’une société de transport touristique qui investit dans l’hôtellerie.

Les investissements d’innovation : il s’agit d’investissements rares dont l’objectif est le


lancement de nouveaux produits ou de nouveaux services.

Signalons que d’autres catégories d’investissement peuvent être distinguées telles que :
-Les investissements dits de prestige qui visent à améliorer l’image de marque ou la notoriété
de l’entreprise.

-Les investissements sociaux dont l’objectif est l’amélioration des conditions de travail du
personnel (restauration, loisirs,…) .

Les investissements à caractère obligatoire qui n’obéissent pas à la logique de la rentabilité,


destinés à la protection de l’environnement ou au respect des normes d’hygiène ou de sécurité
au sein de l’entreprise…

Il est à noter que la politique d’investissement de l’entreprise s’inscrit dans sa stratégie


globale qui peut être une stratégie offensive impliquant un niveau de risque important
(innovation, croissance, internationalisation…) ou une stratégie défensive qui vise à garder le
positionnement de l’entreprise sur son marché et qui implique un niveau de risque modéré
(renouvellement, modernisation,…).

Par ailleurs, certaines typologies adoptées pour la classification des investissements peuvent
être retenus pour classer les désinvestissements. On peut en effet, distinguer les
désinvestissements corporels (cession de terrains, d’équipement,..) des désinvestissements
incorporels (cession de brevet, de fond commercial…) ou financiers (cessions de titre de
participation…).

3. L’approche théorique de l’incitation

5
Section 3 : les incitations à l’investissement accordé par l’Etat :

1. Climat des affaires : 3


Aujourd’hui, le Maroc a pu améliorer de 9 places son classement dans le Doing
Business 2019 de la banque mondiale.

Dans la région Afrique du Nord et Mena, le Maroc s'est classé deuxième dans ce
rapport, considéré comme le document de référence sur l’environnement des affaires dans le
monde, derrière les Emirats Arabes Unis (11ème à l’échelle mondiale) et devant le Bahrein
(62ème).

En Afrique, le Royaume arrive au troisième rang derrière les Iles Maurice (20) et le
Rwanda (29). Ces performances sont le résultat des réformes audacieuses et mesures prises
par les pouvoirs publics au profit du secteur privé et de l’entreprise, et qui s'inscrivent dans le
cadre du Comité national de l’environnement des affaires.

Ainsi, dans la catégorie création d’entreprise, la Maroc a progressé d’une place par
rapport à l’année précédente en passant du 35ème au 34ème rang, et de 42 places par rapport
à l’édition du rapport de 2010.

Par rapport aux 7 pays africains retenus pour la comparaison, le Maroc reste le seul qui
a pu améliorer son classement en matière de création d’entreprises par rapport à son
classement neuf ans auparavant, mais reste devancé par l’Ile Maurice (21ème).

Aussi, par rapport aux 7 pays de la région MENA, le Maroc améliore significativement
son classement sur cet indicateur (+42 places), suivi d’Oman (+25 places) et des Emirats
Arabes Unis (+10 places).

En effet, la création d’une entreprise au Maroc s’est fortement améliorée ces dernières
années et ne nécessite actuellement que 9 jours en moyenne (12 en 2009) pour accomplir 4
procédures (6 en 2009), pour un coût d’environ 3,7% du capital par habitant (4 fois moins
chère qu’en 2009), et sans obligation pour lui d’apporter un capital au préalable, selon le
communiqué.

3
Rapport doing business 2018

6
Les bonnes performances du Maroc concernent également les indicateurs Octroi de
permis de construire (18ème rang mondial), Raccordement à l’électricité (59ème) et
Transfert de propriété, qui a vu le Maroc réaliser un progrès exceptionnel de 18 places par
rapport à l’année précédente en passant du 86ème au 68ème rang, et de 55 places par rapport
à l’édition de Doing Business de 2010.

Il en est de même pour l’indicateur Paiement des taxes et impôts qui a vu le Maroc
maintenir son classement au 25ème rang mondial après une série d’améliorations depuis
l’édition 2010 du rapport ayant permis de réaliser un saut important de 100 places, ce qui
témoigne des efforts ayant été entrepris en la matière ces dernières années, ajoute le
communiqué.

Concernant l’indicateur Exécution des contrats, le Maroc enregistre une progression


globale de 40 places sur la période des éditions 2010-2019 en conséquence d’une série de
réformes entreprises en la matière ces dernières années.

Avec ces résultats, le Maroc avance à grands pas vers la réalisation de l’objectif tracé
dans le programme du gouvernement visant à intégrer le top 50 des meilleures économies
mondiales dans le domaine de l’amélioration du climat des affaires à l’horizon 2021.

Un plan d’action pluriannuel a été arrêté dans ce cadre en vue de poursuivre


l’amélioration du climat des affaires à travers la simplification et la dématérialisation de
plusieurs procédures administratives concernant les entreprises, dans le cadre du Comité
national de l’environnement des affaires.

Et dans ce contexte, le Maroc a adopté depuis 2018 des réformes principales pour
poursuivre l’amélioration de la position du Maroc dans l’optique d’atteindre le top 50 d’ici
2020 :

- La réforme du livre V du code du commerce.

- La réduction des coûts de la création de l’entreprise grâce à l’exonération des droits


d’enregistrement.

- L’amélioration de CasaUrba 2.0 pour les permis de construction.Malgré toutes les


critiques du monde, CasaUrba a permis d’améliorer les choses. Bien entendu, au
démarrage de tout système, il y a des choses à améliorer. Mais il y a aussi une part de
résistance au changement.
7
- Sur le commerce international, des réformes sur le port Tanger Med (Scanners,
aménagement des espaces physiques d’exportation) et les réformes de dématérialisation
portées par l’administration des douanes qui a pour objectif d'atteindre zéro papier
import/export.

- La simplification des procédures de transfert de la propriété réalisée par la conservation


foncière.

- La réduction de la durée et des prix du branchement au réseau électrique (surtout à


Casablanca).

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2. Les incitations fiscales :
En plus des exonérations fiscales octroyés dans le cadre du droit commun, la réglementation
marocaine prévoit des avantages spécifiques d’ordre financier, fiscal et douaniers accordés
aux investisseurs dans le cadre de conventions ou contrats d’investissement à conclure avec
l’Etat sous réserve de répondre aux critères requis ;

Il s’agit :

➢ La contribution de l’Etat à certaines dépenses liées à l’investissement : Fond de


développement industrielle et de l’investissement.
➢ La contribution de l’état à certaines dépenses pour la promotion de l’investissement
dans des secteurs industriels déterminés et le développement des nouvelles
technologies : Fond Hassan II pour le développement Economique et social.
➢ L’exonération des droits de douane dans le cadre de l’article7.I de la loi de finance
n°12/98.
➢ L’exonération de la TVA à l’importation dans le cadre de l’article 123-22°-b du Code
Général des Impôts (CGI)

Ces quatre avantages peuvent être cumulables, et sous certaines conditions, au titre d’un
même projet d’investissement pour plus d’information sur chacun de ces avantages on va les
expliquer un par un en détails.

I. Exonération du droit d’importation :

Les entreprises qui s’engagent à réaliser un investissement portant sur un montant égal
ou supérieur à 100 millions de dirhams peuvent bénéficier, dans le cadre de conventions à
conclure avec le gouvernement, de l’exonération du droit d’importation applicable aux biens
d’équipement, matériels et outillages nécessaires à la réalisation de leur projet et importés
directement par ces entreprises ou pour leur compte.

Cette exonération est également accordée aux parties, pièces détachées et accessoires
importés en même temps que les biens d’équipements, matériels et outillages auxquelles ils
sont destinés.

L’investissement doit être réalisé dans les 36 mois qui suivent la date de la signature de
la convention précitée.

9
II. Exonération de la TVA :
Bénéficient de l’exonération de la TVA à l’importation les biens d’équipement,
matériels et outillages nécessaires à la réalisation des projets d’investissement portant sur un
montant égal ou supérieur à 100 millions de dirhams, dans le cadre d’une convention conclue
avec l’Etat, acquis par les assujettis pendant une durée de 36 mois à compter du début
d’activité.
Cette exonération est accordée également aux parties, pièces détachées et accessoires
importés en même temps que les équipements précités.

3. Le système des subventions des investissements et la charte d’investissement


1) Fonds de Développement Industriel et de l’investissement : 4

Ce sont des aides directes accordées aux écosystèmes industriels.

Cadre référentiel :

Le fond de Développement Industrielle et des Investissement (FDII), crée par la loi de


finances 2015 et doté d’une enveloppe financière de 20 milliards de DH à l’horizon 2020.
Le manuel des procédures relatif aux aides directes accordées aux écosystèmes industriels
établi par le Ministère chargé de l’Industrie et le Ministère de l’Economie et des Finances
dans le cadre de la mise en œuvre du « Plan d’Accélération Industrielle 2014-2020 ».

Condition d’application :

Signature d’une convention d’investissement dans le cadre des contrats de performance


écosystème/conventions Offset signés entre l’Etat et ses partenaires.

Critères d’éligibilité :

Peuvent bénéficier du FDII deux catégories de projets « Stratégique » et « Structurant ».

1-1 Catégorie « Projet stratégique »


a) Projet « Locomotive »

Projet porté par un acteur clé qui vise l’expansion et le développement de ses activités
ayant un impact significatif et structurant sur le tissu de ses fournisseurs ou ses clients et
permettant d’améliorer la compétitivité globale de son écosystème et son ancrage en
profondeur au Maroc.

4
https://www.invest.gov.ma/index.php?Id=34489&lang=fr

10
Seuils d’éligibilité :

Investissement supérieur à 50 MDH HT ou création d’au moins de 200 emplois stables.

b) Projet « Donneur d’ordres »

Projet porté par un donneur d’ordres adjudicataire d’une commande publique qui vise à
réaliser des mesures de compensation industrielle ayant un impact économique important en
termes, notamment, d’investissement direct ou en joint-venture, de formation, de R&D ou de
transfert de technologie.

Seuil d’éligibilité :

Une commande publique d’au moins 200 MDH HT

1-2) Catégorie « projet structurant »

a) Projet « Pionnier »

Projet qui vise le développement d’une activité n’ayant jamais été réalisé au Maroc ou
complétant la chaine de valeur d’une filière dans le cadre d’un écosystème.

b) Projet « Valorisation des ressources »

Projet permettant la valorisation des ressources naturelles et déchets valorisables qui


contribue à la création de la valeur ajoutée.

c) Projet « Intégration locale »

Projet porté par un donneur d’ordres qui vise à développer ses activités pour son
sourcing depuis le Maroc ou un acteur industriel basé au Maroc permettant d’améliorer le
taux d’intégration locale.

d) Projet « Sourcing »

Projet porté par une entreprise locale qui vise à se qualifier pour assurer le sourcing des
donneurs d’ordres soit au niveau local soit à destination des sites internationaux.

e) Projet de centre d’ingénierie et R&D

Projet ayant pour vocation la création de centres de conception, de développement, de


tests et des essaies au profit des filières industrielles.

Seuil d’éligibilité pour les projets de la catégorie « Projet Structurant »

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Investissement supérieur à 20 MDH HT ou Création d’au moins 50 emplois stables.

Avantage :

a) Une prime globale à l’investissement matériel et immatériel pouvant aller jusqu’à 30%
du montant total d’investissement hors taxes. Cette prime peut couvrir les rubriques
suivantes :
-Coût d’acquisition ou de location du foncier, des bâtiments professionnels et
équipement industriels.
-Frais d’assurance technique.
-Dépenses relatives à la recherche et développement, à l’innovation/création ( y
compris les frais de développement de nouveaux modèles/collections, prise en charge
des salaires des compétences, frais de contrôle et tests, achats de collection, expertise
externe liée à l’innovation et à la créativité).
-Frais d’amorçage pour les trois premières années suivant le démarrage effectif de
l’activité.
b) Une prime de croissance à l’export pouvant aller jusqu’à 10% du chiffre d’affaires
additionnel à l’export.
c) Une prime annuelle de substitution aux importations :
Les entreprises faisant partie d’un écosystème ayant transféré au moins 60% des
achats de leurs intrants initialement réalisés à l’étranger vers des fournisseurs
industriels installés au Maroc peuvent bénéficier d’une prime annuelle de substitution
aux importations pouvant aller jusqu’à 2% de ses achats.
d) Une aide annuelle d’installation au Maroc :
Les entreprises étrangères non basées industriellement au Maroc, clientes des
entreprises relevant d’écosystème ayant fait l’objet de contrat de performance, qui
ouvrent des bureaux de représentation au Maroc, peuvent bénéficier, sur la période
2015-2020, d’une aide annuelle d’incitation à l’installation au Maroc pouvant aller
jusqu’à 2% du chiffres d’affaires annuel additionnel généré par ses commandes
adressées au Maroc.

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2) Aides directes accordées dans le cadre de la charte d’investissement

Cadre référentiel :

Le Fond de Développement Industriel et l’Investissement (FDII) couvre les opérations


relatives à la prise en charge par l’Etat du coût de certains avantages accordés aux
investisseurs, qui répondent aux critères et ce, conformément à la charte de l’investissement et
ses décrets d’application (décret n°2-15-625 modifiant le décret n°200-895 pris pour
l’application des articles 17 et 19 de la loi cadre n° 18-95 formant charte de l’investissement).

Condition d’application

Signature d’une convention d’investissement avec l’Etat.

Critère d’éligibilité :

Le projet d’investissement doit répondre à au moins un des critères suivants :

➢ Investir un montant égal ou supérieur à 100 millions de DH.


➢ Créer un nombre d’emplois stables égal ou supérieur à 250
➢ Être réalisé dans l’une des provinces ou préfectures prévues par le décret n°2-98-520
du 5 rabi I 1419(30juin 1998).
➢ Assurer un transfert de technologie.
➢ Contribuer à la protection de l’environnement

Avantage :

Appui foncier : participation de l’Etat aux dépenses relatives à l’acquisition du terrain


nécessaire à la réalisation du programme d’investissement dans la limite de 20% de coût de ce
terrain.
Infrastructure externes : participation de l’Etat aux dépenses d’infrastructures externes
nécessaires à la réalisation dudit programme dans la limite de 5% du montant du programme
d’investissement. Toutefois, ce taux peut atteindre 10% lorsqu’il s’agit d’un investissement
dans le secteur de la filature, du tissage ou de l’ennoblissement de textile.
Formation professionnel : Participation de l’Etat aux frais de la formation professionnelle
prévue dans le programme d’investissement dans la limite de 20% de cout de cette formation

Les avantages prévus par le présent peuvent être cumulés sans toutefois que la
participation totale de l’Etat dépasse 5% du montant global du programme d’investissement.
Toutefois, dans le cas où le projet d’investissement est prévu dans une zone suburbaine ou

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rurale, ou lorsqu’il s’agit d’un investissement dans le secteur de la filature, du tissage ou de
l’ennoblissement du textile, cette participation de l’Etat peut atteindre 10% du montant global
du programme d’investissement.

3) Fond Hassan II :

Cadre référentiel :

Convention-cadre relative à l’appui à l’investissement industriel signée, en date du 15


mars 2016, par le Fond Hassan II, le ministère chargé de l’Industrie de l’Economie et des
Finances.

Condition d’application :

Signature d’un contrat d’investissement avec le Fond Hassan II.

Critère d’éligibilité :

Peuvent bénéficier de la contribution du Fond Hassan II , les nouveaux projets


d’investissement (création ou extension) dont le montant total d’investissement est supérieur à
10 millions de DH HT( hors droit d’importation et taxes) et à la condition que le montant de
l’investissement en biens d’équipement soit supérieur à 5 millions de DH HT (hors droit
d’importation et taxes)et présentés par les investisseurs ayant le statut de la société dans les
secteurs suivants :

a) Industrie automobile, aéronautique et électronique :


➢ La fabrication des équipements pour l’industrie automobile.
➢ La fabrication d’équipement pour l’industrie aéronautique.
➢ La fabrication d’outils et de moules pour l’industrie automobile et pour
l’industrie aéronautique.
➢ La maintenance aéronautique et le démantèlement des avions.
➢ La fabrication de composants d’ensembles et de sous-ensembles électroniques.
b) Industrie chimique-para chimique :
➢ La fabrication des produits cosmétiques et la fabrication d’extraits naturels .
➢ Le recyclage des déchets métalliques et plastiques.
➢ La valorisation de l’élément phosphore (phosphates).
c) Industrie pharmaceutique :

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➢ La recherche de nouveaux médicaments innovateurs ayant un potentiel
thérapeutique luttant contre les maladies graves.
➢ La fabrication de médicaments innovants, génériques ou bio similaires ayant
une haute valeur ajoutée sur le plan économique et thérapeutique.
d) Activités de fabrication liées à la nanotechnologie, à la microélectronique et à la
biotechnologie.

Avantages :

Aides financières, au titre des bâtiments et au titre des équipements, plafonnés à 15M de
l’investissement total et à 30 millions de DH comme suit :

Bâtiment professionnel :

a) Cas de l’acquisition du foncier et construction des bâtiments :

100% du coût d’acquisition du foncier et de construction des bâtiments.

b) Cas de l’acquisition des bâtiments :

10% du coût d’acquisition des bâtiments professionnels.

c) Cas de location du foncier et construction des bâtiments :

100% du coût de loyer du foncier calculé sur la base des 6 premières années et d’un loyer
maximum de 7.5 DH HT/m2 mois et dans la limite d’une contribution unitaire maximale de
540 DH par m2 couvert des bâtiments construits, ou bien 10% du coût de construction de
bâtiments.

d) Cas de location des bâtiments :

100% du coût de loyer des bâtiments professionnels calculé sur la base des 2 premières
années et d’un loyer maximum de 30 DH HT/m2/mois

Bien d’équipements neufs :

Contribution maximale de 20% du coût d’acquisition des biens d’équipements neufs (hors
droits d’importation et taxes)

Les projets d’investissement éligibles dans les activités de fabrication d’équipement pour
l’industrie automobile peuvent bénéficier d’une contribution maximale de 20% à l’acquisition

15
des biens d’équipement usagés importés utilisés dans les métiers de l’emboutissage, de
l’injection plastique, de fabrication d’outils et de moules.

4) Fond MDM Invest :


Objectifs :
Promouvoir les investissements des Marocains résidant à l’étranger au Maroc
Développer le tissu des PME notamment au niveau local et régional.
Eligibilité :
Projet dont l’investissement est supérieur à 1 M DHS peuvent bénéficier de la contribution de
MDM Invest, les promoteurs remplissant les conditions suivantes :

➢ Marocain résidant à l’étranger justifiant d’un titre de séjour ou d’une pièce d’identité
étrangère ou d’une carte consulaire valide.
➢ Un Marocain ayant résidé à l’étranger et effectué un retour au Maroc durant une
période maximale d’une année avant la date de dépôt du projet d’investissement.
➢ Un MRE seul, ou associé) des investisseurs MRE, marocains ou étrangers
proportionnellement a sa part dans le capital.

Financement des projets d’investissements :


Les projets nouveaux ou d’extension promus par les MRE sont financés dans les
proportions suivantes :

Les projets promus par les MRE sont financés dans les proportions ci-après :

➢ Apport en fond propres de la part du MRE : 25% au minimum du montant total du


projet d’investissement, sous forme d’un apport en devises à verser dans un compte en
dirhams dédié au projet. Peut également être pris en compte au titre de cette quote-part
l’apport en devises provenant d’un compte en dirhams convertibles ou d’un compte en
devises.
➢ Fonds MDM invest : 10% du montant de la quote-part des MRE dans le projet, sous
forme d’une contribution non remboursable, avec un plafond de 5 millions de dirhams.
➢ Le reliquat peut être financé soit par un crédit bancaire soit par tout autre apport en
numéraire.

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Le MRE peut solliciter le « Fond MDM-Invest » même pour les projets d’investissement
sanas recours au crédit.

Secteurs d’activités
Les secteurs d’activités éligibles à ce mécanisme sont fixés comme suit : industries et
services liés à l’industrie, l’éducation, l’hôtellerie et la santé.:

5) Casablanca finance city :

Avantages
Critères d’exigibilité Conditions
Fiscalité Change

17
Etre en conformité Installation dans la Impôt sur les sociétés : Régime de convertibilité
avec la législation place financière. qui garantit le transfert
Pour les sociétés de
applicable aux des rémunérations due
Obtention de l’accord services ayant le statut
entreprises financières au titre des contrats
d’exercice de la « CFC ».
ou non financières d’assistance technique
commission sur
telles que définies par -Exonération totale étrangère et de services
proposition du
la loi n°10 relative au durant les 5 premiers fournis par des
« Moroccan Financial
statut de « Casablanca exercices consécutifs à prestataires étrangers et
Board ».
Finance City » compter du premier la réalisation librement
exercice d’octroi du des transferts relatifs
Réaliser des activiés
statut précité. aux Operations
avec des entreprises
non résidentes ayant la -Imposition au taux suivantes : La

personnalité morale. réduit de 8,75% au-delà participation des filiales


de cette période. Ces aux frais de gestion, des
Se conformer à la
mêmes avantages sont frais de siège, des
législation et à la
accordés auxdites royalties et des frais de
réglementation en
sociétés au titre des plus- recherche et
vigueur relatives au
values nettes de sources développement liés à
commerce extérieur et
étrangères qu’elles l’activité des entités
au change ayant le statut « CFC »
réalisent.

-Pour les sièges Les frais facturés par la


régionaux et maison mère, y compris
internationaux ayant le ceux liés à la mise à
statut de CFC : disposition de
personnel ; Les frais liés
-Imposition au taux
aux services mutualisés
réduit de 10% à compter
entre filiales et maisons
du premier exercice
mères tels les frais
d’octroi de ce statut
afférents aux services
- Le montant de l’impôt informatiques, les frais
dû ne peut être inférieur liés à la gestion des
à une cotisation ressources humaines,
minimale égale à 5% des aux services de

18
charges de comptabilité/finance et
fonctionnement desdits les frais de formation
sièges (Instruction générale des
opérations de change du
Impôt sur le revenu :
31/12/2012)
Imposition au taux
spécifique de 20% (non
libératoire) pour les
revenus salariaux perçus
par le personnel
marocain et étranger des
sociétés installées dans la
place financière de
Casablanca (pour une
période maximale de 5
ans à compter de la date
de prise de fonction du
salarié).

Droits
d’enregistrements :

Exonération des actes de


constitution et
d’augmentation de
capital.

19
6) Zone franche :

Avantage :
Critères
Conditions Droits de
d’exigibilité : Fiscalité Change
douane

Au moins 70% Autorisation Exonération -Impôt sur les Aucune restriction


du chiffre du wali ou illimité de sociétés : 0% en matière de
d’affaires doit gouverneur droits de pendant 5 ans, puis rapatriement de
être réalise à sur avis douane. 8.75% pendant capitaux et de
l’export conforme de 20ans. convertibilité.
Procédures
la -Impôt sur le
douanières Transactions en
commission revenu : 100%
simplifiées devise étrangères
locales des pendant 5ans, puis
libres.
zones réduction d’impôt
franches de 80% pendant 20 Possibilité
d’exportation ans (au titre des d’utilisation des

revenus dirhams billets de

professionnels) banque pour


procéder à des
-Taxe
règlements
professionnelle :
uniquement au
Exonération
profit des résidents
pendant 15ans.
au titre des
-Taxe sur la valeur dépenses
ajoutée : suivantes :
Exonération
-Salaires et autres
illimitée au titre des
émoluments sans
produits livrés et les
limitation du
prestations de
montant.
services rendues aux
-Frais de transport,
zones franches
de réparation, de
d’exportation et
travaux et
provenant du
fourniture de

20
territoire assujetti. produits en
provenance du
-Droits
territoire assujetti
d’enregistrement :
et ce, dans la limite
Exonération des
de 5000 Dirhams
actes de constitution
par an et par
et d’augmentation
opérateur.
de capital
N.B : Les dirhams
introduits dans ces
zones doivent
provenir seulement
de comptes
étrangers en
dirhams
convertibles ou en
devise ouvert
auprès des banques
intermédiaires
agréées au nom des
opérateurs installés
dans ces zones
(Instruction
générale des
opération de
change du
31/12/2012)

21
Section 4 : Situations de financement de l’investissement

Fonds de garantie français en faveur du Maroc


Objet

Garantir les crédits octroyés auprès des Banques pour les projets de mise à niveau des PME.
Ce fonds est géré par l’Agence Française de développement (AFD) en coopération avec la
CCG
Critères d'éligibilité

Sont éligibles à ce fonds de garantie les entreprises de droit marocain :

• Ayant une activité effective d'au moins 30 mois


• Ayant une stratégie de développement à moyen et long terme
• Présentant un programme d'investissement dans un secteur concerné par la politique de
mise à niveau industrielle
Conditions de financement

Prêts éligibles à la garantie du fonds :


• Crédit bancaire : montant minimum de 2 million de dirhams
• Taux d'intérêt : librement négociable avec la banque
• Durée maximum : 12 ans
• Différé de remboursement : 3 ans maximum

Sont exclus de la garantie de ce fonds les crédits de restructuration purement financière.


Conditions de garantie

• Quotité de la garantie : 50% du crédit avec un montant maximum garanti de 17 millions


de DH ou sa contre valeur en Euros
• Commission de garantie : 2,5% du montant garanti du crédit
• Sûretés fixées en fonction du risque évalué par la banque et l’AFD (Agence Française de
développement)
Procédure d'octroi de la garantie

Les entreprises éligibles doivent soumettre un projet d'investissement à l'une des


banques intervenantes, qui transmet après analyse, une demande de garantie au Secrétariat du
Fonds chargé de l'instruction des dossiers.

Délai d'instruction : 20 jours ouvrables à compter de la réception du dossier complet

22
Chapitre 2 : Etude comparative entre le Maroc, la Tunisie et la Turquie
en matière d’incitation à l’investissement

Section 1 : présentation des paramètres de comparaison pour les pays objet


de l’étude et des résultats ;
L’objectif de notre travail est d’essayer de relever à travers une étude le pays le plus
incitatif à l’investissement dans le nord Afrique, nous se limitons seulement sur le pays voisin
la Tunisie et aussi la Turquie mais juste pour mieux se comparer et relever les points faibles à
améliorer pour attirer plus d’investisseur et encourager l’entrepreneuriat dans le pays
marocain.

La problématique des incitations ne date pas d’aujourd’hui mais de plusieurs décennies,


plusieurs auteurs ont traité ce concept, et c’est ceux que nous avons cités auparavant dans le
premier chapitre 1▲, et qui ont présenté les facteurs qui peuvent inciter à investir, qui se font
soit sous forme des incitations fiscales, soit selon le climat du pays. Nous avons aussi fait la
liaison entre la compétitivité d’un pays et les incitations à l’investissement surtout dans la
politique fiscale c’est une approche qui a été fait par (Debonneuil et fontagné, 2003)5.

En ce qui concerne l’effet de la fiscalité sur la décision d’investissement, sa fait


plusieurs années des mesures fiscales ont influencés plus ou moins directement les décisions
d’investissement des entreprises au cours de cette période. Ce sont :
• Les modifications du régime de déductibilité de la TVA sur l’investissement ;
• Les modifications du taux d’imposition du bénéfice des sociétés ;
• Les augmentations des taux de cotisation sociale à la charge des employeurs, qui
accroissent le cout relatif du travail par rapport au capital ;
• Le changement des règles d’amortissement ;
• La mise en place des déductions fiscales pour l’investissement.

Donc ces mesures ont un impact sur le cout de capital de l’investissement, et


indirectement sur les ressources d’autofinancement. Donc le régime fiscal influence de
manière directe et indirecte l’économie d’un pays, en baissant le pourcentage des
investissements et automatiquement les recettes fiscales de l’État (imposition des sociétés et
imposition des revenus), la baisse des investissements est due à l’influence des profits
réalisés, et le cout du capital élevé.

5
Raphaël Chiappini ; « les indices composites sont-ils de bonnes mesures de la compétitivité des pays ? »

23
Pour enrichir ce travail, on s’est basé sur plusieurs rapports et données communiqués
par les organismes compétents, et nous allons faire cette comparaison sur la base d’une série
temporelle (la période de 2010-2018), pour constater l’évolution, à vrai dire les améliorations
qui ont été faite et les points qui restent à améliorer.

Comme nous avons déjà présentés dans la première partie, il y a trois facteurs qui incite
à l’investissement à savoir le climat des affaires, les incitations fiscales et le système de
subventions des investissements, nous allons se focaliser juste sur les deux premiers facteurs
pour relever en détails les variables en question et analyser de près leur évolution.

Commençons tout d’abord par le climat des affaires, parmi les variables qui influence le
climat des affaires nous avons :

1. L’indice de corruption6, en effet, malgré́ des actions de lutte contre la corruption à


travers le monde, la plupart des pays progressent trop lentement, on constate ainsi que
nombreux sont ceux qui n’ont fait que peu ou pas de progrès au cours des six dernières
années. Cet indice se publie chaque année par L’ONG transparency international, et il
classe les pays selon une notation de (0 pour les plus corrompus à 100 pour les pays
les plus éthiques) et d’un rang : plus le pays a un rang élevé, plus il serait corrompu,
selon l’ONG. Pour les pays faisant objet de notre étude l’évolution de cet indice est
comme suit :

Indice de perception de corruption


100

80

60

40

20

0
maroc tunisie turquie

2010 2018

Source : propre à l’auteur ; données de transparency

6
Rapport de transparency

24
2. Le climat des affaires7 : se publie chaque année dans le rapport doing business de la
banque mondiale comme il a été expliquer dans la première partie :

rang du climat des affaires (1-190)


190
170
150
130
110
90
70
50
30
10
2010 2018

maroc tunisie turquie

Source : propre à l’auteur ; données du rapport de doing business

D’après ce graphique on constate que les deux pays du nord d’afrique le Maroc et la Tunisie
ont fait beaucoup d’amélioration pour faciliter et faire un bon climat des affaires, ce qui est
prouvé leur positionnement, en passant du 128ème rang à 69 ème rang pour le Maroc, la
Tunisie de 73ème rang à 60 rang, par contre on constate pour la Turquie sa situation s’est
dégradé en 2018.

7
Rapport doing business

25
3. D’autres variables ont été relever du rapport PWC8 à savoir :
Le Taux total d’imposition à souligner le fait qu’il ne comprend pas juste les taxes, mais
aussi des cotisations sociales obligatoires. Puisqu’on parle d’un point de vue mondial, le taux
d’imposition total sera égal au rapport entre la valeur globale de l’imposition et le PIB du
pays.
Le nombre d’impôt à payer qui constitue un élément important en matière d’incitation
fiscale à l’investissement plus en réduit le nombre d’impôt et réforme les taux d’imposition
cela encourage l’investissement.
Et aussi le temps nécessaire pour le paiement d’impôt, dans ce sens les pays cherchent à
faciliter le paiement à travers la digitalisation pour réduire le temps.

comparaison en matière de fiscalité pour 2018


3,5
3
2,5
2
1,5
1
0,5
0
TOTAL TAX AND temps nécessaire pour le nombre d'impôt
CONTRIBUTION RATE paiement d'impôt

MAR TUN TUR

Source : propre à l’auteur, données PWC 2018

Pour la présentation de ce graphique, nous avons fait un scoring de 1 pour les pays qui
utilise un système fiscal rigide, à 3 pour ceux qui adopte un régime souple. Et donc nous
constatons que le Maroc fait plus d’effort pour améliorer sa position au niveau de la zone
MENA ainsi qu’au niveau mondiale, grace aux réformes effectuées chaque année.

D’autres variables ont été relevé du rapport annuel du Forum économique mondiale, et qui
peuvent être inclus comme variable incitatives à l’investissement à savoir :

4. La dominance du marché
5. Les tarifs douaniers
6. Qualité des infrastructures
7. La qualité des services des administrations en matière de création d’entreprise

8
Rapport Paying Taxes PWC.

26
8. Le service de la police en matière de sécurité du royaume et des circulations
commerciales

Nous allons se concentrer donc juste sur l’état du Maroc pour observer l’amélioration,
l’interpréter et donner par la suite des recommandations : les données ont été codé avec un
scoring de 1 à 3, et on s’est basé sur un échantillon de trois pays, donc 1 pour les pays faibles
en matière d’incitation à l’investissement et 3 pour les pays fort. Et puisque nous présentons
juste les résultats pour le Maroc, donc 1 signifie des faibles contributions ou réformes de la
part du pays dans le sens d’améliorer ces variables pour mieux inciter à l’investissement, et
cela n’empêche par que pour les variables qui constituent des points forts pour le pays,
doivent subir des réformes pour améliorer le positionnement au niveau mondial et non
seulement au niveau de l’Afrique. Et ce que nous constatons d’après le graphique, c’est que le
Maroc s’est beaucoup amélioré pendant cette période de 2010 à 2018, grâce aux réformes
fiscales, sans oublier les assises fiscales qui ont été dérouler le 03 et le 04 mai de l’année en
cours, vont aussi mieux améliorer ces variables et bien évidement il se peut qu’il y ait de
nouvelles variables incitatives à l’investissement.

Présentation des variables incitatives à l'investissement pour le


Maroc
3,5
3
2,5
2
1,5
1
0,5
0

2010 2018

Source : propre à l’auteur9

9
Données du forum économique mondial, PWC, transparency et doing business

27
Recommandations et conclusion

A la fin de ce travail, nous désirons le conclure par ce qui a été recommandé par les
assises fiscales dans la partie qui concerne l’investissement, et nous citons à titre d’exemple :

• Le renforcement et le développement des mécanismes d’autofinancement des


entreprises ;
• L’institution des mesures pour le soutien des startups en matière d’innovation et
de la recherche et développement ;
• Encourager l’épargne à long terme pour soutenir le financement des
investissements productifs ;
• Adapter le régime de l’autoentrepreneur à la réalité économique ;

Nous constatons à la fin qu’il y a plusieurs facteurs qui influencent l’investissements et


qui ne sont pas négligeable que les administrations compétentes doivent les prendre en
considération pour améliorer de mieux le positionnement dans la région MENA ou à l’échelle
mondiale, d’une part pour améliorer l’activité économique et d’autre part pour être plus
compétitif et attirer plus d’investisseurs étrangers que local.

28
Bibliographie
Le choix des incitations fiscales par les entreprises. Mfopain, Aboubakar. 2007. s.l. : cairn, 2007. ISSN
1160-7742.

L'effet des incitations fiscales sur l'investissement . Pierre-Alaine Muet, Sanvi Avouyi-Dovi. 2018. s.l. :
revye de l'OFCE, 2018.

mondiale, Banque. 2018. Global competitiveness report. 2018.

Mounir, Mohamed. 2019. finance d'entreprise. 2019.

PWC. 2018. Paying taxes. 2018.

Taverdet-Popiolek, Nathalie. 2006. Guide de choix d'investissement. 2006.

29
Table des matières
Chapitre 1 : Approche conceptuelle de l’incitation et généralité sur l’investissement ....................... 1
Section 1 : Approche conceptuelle de l’incitation :............................................................................. 1
Section 2 : le concept d’investissement et ses types : ........................................................................ 2
1. Concept d’investissement ...................................................................................................... 2
2. Typologie des investissements : ............................................................................................. 4
3. L’approche théorique de l’incitation...................................................................................... 5
Section 3 : les incitations à l’investissement accordé par l’Etat :........................................................ 6
1. Climat des affaires : ............................................................................................................... 6
2. Les incitations fiscales : .......................................................................................................... 9
3. Le système des subventions des investissements et la charte d’investissement .............. 10
Section 4 : Situations de financement de l’investissement............................................................... 22
Fonds de garantie français en faveur du Maroc.................................................................................... 22
Chapitre 2 : Etude comparative entre le Maroc, la Tunisie et la Turquie en matière d’incitation à
l’investissement .................................................................................................................................... 23
Section 1 : présentation des paramètres de comparaison pour les pays objet de l’étude et des
résultats ; ........................................................................................................................................... 23
Recommandations et conclusion ...................................................................................................... 28
Bibliographie.......................................................................................................................................... 29

30