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Etude technique du raccordement PFE-2010

CHAPITRE II:
Etude technique du raccordement

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Etude technique du raccordement PFE-2010

I. Introduction

Dans le but de favoriser la pénétration de la cogénération au site Tunisien, la STEG a pris


plusieurs initiatives. Parmi lesquelles l’obligation d’achat d’électricité produite par les
producteurs décentralisés ainsi que plusieurs textes et réglementations décrivant les conditions
techniques du raccordement d’une unité de cogénération au réseau public de distribution.
Dans ce chapitre, nous allons détailler les conditions techniques et les contraintes liées au
couplage d’une centrale de cogénération sur le réseau moyenne tension de la STEG en vu
d’identifier les équipements nécessaires pour lier l’unité de cogénération au réseau. Nous allons
aussi faire le dimensionnement des équipements de mesure, de comptage, de synchronisation et
de protection.

II. Cahier des charges de la STEG

Un cahier des charges pour raccorder judicieusement une unité de cogénération au réseau
moyenne tension de la STEG contient, en fait, deux volets : les clauses techniques et les
clauses économiques. Le présent chapitre ne va considérer que les clauses techniques, laissant
le soin au prochain chapitre de développer la partie concernant l’étude économique du
raccordement.
Au niveau Tunisien, les documents techniques établis par le gestionnaire du réseau peuvent
servir de référence pour le matériel à prévoir lors du raccordement.
D’autre part, il est primordial, lors de la rédaction de la demande du raccordement d’une
unité de cogénération au réseau de distribution de la STEG, d’indiquer la catégorie
d’installation de production parce qu’elle influence les hypothèses à retenir pour les études du
raccordement. De plus, l’aspect technique du mode de production impacte fortement les
architectures du raccordement, les équipements et les dispositifs à installer.
Les trois principales catégories pour les installations comprenant un moyen de production
sont [13]:
 la production avec obligation d’achat par le gestionnaire du réseau ;
 la production ou la consommation sur le réseau public selon les moments ;
 l’autoconsommation de l’énergie produite.

La production avec obligation d’achat est la plus adaptée pour plusieurs systèmes de
production voire la cogénération. C’est le mode de production adopté par la société Nejma
Huiles dans son projet.

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III. Les exigences de la STEG

Le raccordement d’un générateur électrique dans une installation électrique alimentée par
le réseau de distribution public nécessite la mise en œuvre de dispositions particulières de
protection.
Ces prescriptions du raccordement décrites par la STEG ont pour objectif de protéger le
bon fonctionnement des réseaux de distribution publics et de promouvoir la sécurité du
personnel qui travaille sur ces réseaux. Ces dernières portent sur la conception de l’installation
elle-même ainsi que sur les caractéristiques du raccordement de l’installation de cogénération
au réseau public de distribution. Les dispositions à prendre dépendent du mode de
fonctionnement de l’installation de cogénération.
D’autre part, l’injection des cogénérateurs de la puissance dans le réseau qui, à l’origine,
n’est pas été conçu pour les accueillir, entraîne l’apparition de phénomènes nouveaux qu’il est
nécessaire de découvrir d’abord, d’étudier, ensuite, en détails.
En se référant à l’arrêté du 24 Décembre 2007 fixant les conditions de raccordement des
unités de cogénération au réseau STEG, les principales prescriptions techniques du
raccordement sont entre autres [1]:

Exigences relatives à la tension


 Variation de la tension ± 7% au maximum de la tension nominale ;
 Distorsions harmoniques selon les normes ;
 Pas de surtension sur le réseau des batteries de condensateurs ;
 Régulateurs de tension pour alternateurs synchrones.

Exigences relatives aux systèmes de protection

 Permettent de découpler l’installation de cogénération en cas d’apparition de défauts.

De plus, l'installation du producteur doit avoir un régime de neutre effectivement mis à la


terre afin de ne pas être en mesure de générer des surtensions sur le réseau de distribution en
présence de défaut phase-terre. Le régime de neutre adopté ainsi est TN (neutre mis à la terre).

IV. Normes et réglementations

Les normes, prescriptions, directives de sécurité et d’hygiène et les règles de l’art à


appliquer lors de la conception, de la réalisation et de l’exploitation des centrales de

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cogénération sont en particulier les prescriptions principales décrites par les normes
internationales ISO et CEI.
Quant au raccordement, les normes et règles techniques nationales, visant à garantir le
respect des règles de l’art, qui doivent être appliquées sont décrites par le premier et l’unique
fournisseur d’électricité en Tunisie : la STEG qui à son tour exige que les installations de
production, de distribution, de transport et de transformation d’énergie électrique ainsi que
leurs annexes doivent être conçues, réalisées, entretenues et exploitées conformément aux
normes, prescriptions et directives de sécurité appliquées en Tunisie (voir annexes).
Les codes et normes suivants font donc partie du cahier des charges de la STEG :

 Normes CEI ;
 Codes et règlements locaux (ceux de l’ANME) ;
 Règlements de la STEG à savoir le décret n°2002-3232 du 3 décembre 2002 relatif aux
conditions techniques de raccordement des installations de cogénération au réseau
public de distribution.
 Les normes d’installation telle que la norme NF C13-100 qui concerne les postes de
livraison MT/BT raccordés à un réseau de distribution et la norme NF C15-100 qui
décrit les règles d’installation électriques à basse tension.

De plus, tous les équipements électriques doivent être conformes aux normes CEI et avec
des certifications CE. Le cogénérateur doit donc se conformer aux normes employées par le
gestionnaire du réseau. Ces normes insistent surtout sur le faite que l’unité de cogénération
n’affecte pas le bon fonctionnement du réseau public et que les installations sont sécuritaires
pour le personnel de la STEG et le public en général.

V. Raccordement au réseau MT de la STEG

V.1. Intégration dans l’installation électrique existante

L’usine est alimentée par le réseau de distribution de la STEG par une ligne MT 30kV et
dispose de trois postes de transformation 30/0.4kV de puissances 1000, 1250 et 1800kVA.
L’installation de cogénération va alimenter un transformateur élévateur de puissance
1600kVA SACEM raccordé directement à cette installation. Suite à une extension des activités
de la société Nejma Huiles, il a fallu installer un nouveau poste de transformation de puissance
630kVA.

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Par la suite, la direction technique de l’usine, et suite à une proposition faite lors d’une
réunion, a décidé de mettre en place ce nouveau poste de transformation sur le même jeu de
barres que les trois autres postes. Ces derniers vont être alimentés par l’énergie produite par
l’installation de cogénération de puissance 1MW. Cette solution va permettre de réduire au
maximum la dépendance de la société à la STEG de point de vue approvisionnement en
électricité et en plus le montant global de l'investissement d'une unité de cogénération accouplé
de ce poste de transformation va être nécessairement moins coûteux qu’installer la
cogénération et le poste de manière séparée. En faite, l’installation commune ne va nécessiter
que l’ajout d’une cellule de protection du transformateur sur le même jeu de barres que les
autres postes alimentés par l’installation de cogénération.
Cette solution a été appréciée par la STEG vu qu’il sera ainsi possible avec cette solution
de faire la relève d’un seul compteur et un seul calcul de la consommation de l’usine et la
production d’énergie par l’unité de cogénération. Les travaux de maintenance et d’entretien
réalisés par le personnel de la STEG du compteur seront ainsi réduits à un seul poste.
L’excédent d’énergie électrique produite par l’installation de cogénération sera vendu à la
STEG. En faite, et vu l’extension prévue des activités de l’usine et l’installation du nouveau
poste de transformation 630kVA, cet excédent ne sera pas trop important et la vente va se faire
uniquement pendant les heures creuses de l’usine où le moteur à gaz ne fonctionne pas en
pleine charge.
V.2. Type du raccordement

Le raccordement se fait, normalement, selon l’un des schémas de principe suivants :

V.2.1. Raccordement en simple dérivation ou antenne

Le raccordement est réalisé selon une structure permettant d’alimenter les charges
raccordées au réseau par une unique canalisation depuis le poste source. Cette structure
montrée dans la figure II.1, appelée également arborescente, est appliquée essentiellement aux
zones de faible densité de charge. Un utilisateur raccordé directement au poste source par une
canalisation dédiée est aussi servi dans une structure en antenne [14].
Ce type d’alimentation est utilisé surtout lorsqu’il s’agit de distributions aériennes rurales,
postes sur poteau et distributions aériennes industrielles.

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Figure II.1 : Raccordement en simple dérivation

V.2.2. Raccordement en coupure d’artère

Le raccordement est réalisé selon une structure permettant d’alimenter les charges
raccordées au réseau en coupure d’artère. Chaque point de charge est alimenté en série sur la
ligne du réseau par l’intermédiaire de deux canalisations. Pour éviter un bouclage entre deux
postes MT, l’une des lignes est exploitée d’une manière permanente par l’un des points de
charges [14].
Le raccordement en coupure d’artère correspond ainsi à faire passer la liaison par le jeu de
barres de l’installation. Ce type de raccordement se compose d’une cellule départ de protection
générale par interrupteur sectionneur accompagné d’un fusible et deux cellules arrivées à
interrupteur sectionneur comme le montre la figure II. 2.

Figure II.2 : raccordement en coupure d'artère

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V.2.3. Raccordement en double dérivation

Le raccordement est réalisé selon une structure permettant d’alimenter les charges
raccordées au réseau en double dérivation. L’alimentation se fait à partir de deux canalisations
distinctes issues du même poste source ou de deux postes sources différents.
Une des deux canalisations alimente en permanence le point de charge, l’autre canalisation
assure la reprise de charge en cas d’indisponibilité de la première [14]. De ce fait, un
verrouillage est installé au niveau de chaque point de charge pour empêcher une alimentation
simultanée par les deux canalisations comme le montre la figure II.3.

Figure II.3 : Raccordement en double dérivation

Quant à la société Nejma Huiles, le raccordement de l’installation de cogénération va se


faire selon un schéma de raccordement en simple dérivation ou en antenne par ligne MT aéro-
souterraine à partir du réseau STEG 30kV situé à proximité de l’usine. Ce type d’alimentation
est peu onéreux mais, présente l’inconvénient qu’en cas d’anomalie sur le réseau,
l’indisponibilité de service électrique peut durer jusqu’à 10 heures. Dans ce cas, il faut faire un
délestage de la charge pour que l’installation de cogénération se charge, uniquement, de
l’alimentation des postes vitaux à l’usine.
V.3. Schéma du raccordement

Définir un schéma de raccordement, c’est faire transiter la puissance de l’installation dans


le respect des engagements qualité de tension et continuité de service du réseau électrique. Le
schéma du raccordement doit être en concertation avec la STEG selon les prescriptions
techniques spécifiques au raccordement d’installation de cogénération fonctionnant en
parallèle sur le réseau.
D’où l’étude du raccordement au réseau public prend en considération entre autres :

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 Les conditions de couplage ;


 La puissance fournie au réseau ;
 L’apport de courant de court-circuit du cogénérateur ;
 Les déséquilibres de tension ;
 Le dispositif de contrôle des conditions de couplage …

Le raccordement électrique se compose ainsi de plusieurs éléments :


 Le câble de puissance et les protections électriques classiques ;
 La protection spécifique à la production d’énergie électrique en parallèle sur le réseau ;
 Le dispositif de synchronisation.

Tous ces éléments sont ainsi résumés dans le schéma de raccordement présenté dans la
figure II.4 avec les dispositifs de mesure, de comptage et de protection etc.
Il est à noter que la structure du raccordement dépend des caractéristiques du réseau aérien
ou souterrain et du degré de continuité de service recherché par l’industriel. A cette fin, la
direction technique de Nejma huiles peut demander une deuxième ligne d’alimentation sur un
réseau adjacent ou même sur un poste source voisin.

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Figure II.4 : Schéma de raccordement sur le réseau électrique MT

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VI. Les équipements à installer

Les équipements nécessaires à la réalisation des travaux de raccordement sont,


principalement, les cellules suivantes :
VI.1. Les cellules
VI.1.1. Cellule d'arrivée

C’est par elle qu'arrive l'énergie au niveau du poste. Sa structure interne comporte un
interrupteur qui permet la coupure de l'énergie dans le poste, un sectionneur, ou les deux,
ensemble dans un seul composant à commande motorisée et un sectionneur pour la prise à la
terre comme le montre la figure II.5.

Figure II.5 : Cellule d’arrivée

VI.1.2. Cellule de comptage

Elle permet d'effectuer la mesure de la tension pour le calcul de la consommation


électrique de l'entreprise. Elle est constituée de : un interrupteur sectionneur, trois fusibles de
36kV/6,3A, trois transformateurs de tension 36kV/100V illustrés tous dans la figure II.6.

Figure II.6 : Cellule de comptage

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VI.1.3. Cellule de couplage

La cellule de protection générale présentée dans la figure II.7 a pour fonction principale la
mesure de l'intensité pour le calcul de la consommation électrique de l'entreprise. Dans sa
structure interne, il y a deux interrupteurs sectionneurs accouplés à deux sectionneurs de mise
à la terre, un disjoncteur et trois transformateurs de protection TC suivant la puissance de la
charge.

Figure II.7 : Cellule de couplage

VI.1.4. Cellule de protection d’un transformateur

Les cellules de départ des deux transformateurs, dont l’une est présentée dans la figure II.8,
chacune d'elle est constituée de : un interrupteur sectionneur, trois fusibles connectée à trois
transformateurs 30/0,4kV de puissances 630, 1000 et 1250kVA.

Figure II.8 : Cellule de protection d’un transformateur

Par la suite, on va détailler les différents dispositifs de mesure, de protection et de


synchronisation utilisés pour faire le raccordement de l’installation de cogénération au réseau.

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Soit la figure II.9 qui explique en détails les éléments déjà cités de la cellule de protection
des transformateurs.

Figure II.9 : Schéma éclaté des différents éléments de la cellule de protection


Avec les codes suivants :
1 : interrupteur sectionneur
2 : verrouillage mécanique
3 : Sectionneur de mise à la terre ou MALT
4 : Voyant (lampe Néon)
5 : Diviseur capacitif
6 : accrochage mécanique
7 : Fusible à percuteur

VI.2. Dispositifs de mesure

Les appareils de mesure et de tarification de l’énergie (compteurs, transformateurs de


mesure etc.) nécessaires à la facturation de l’utilisation du réseau et de la fourniture d’énergie
ainsi que la revente de l’excédent d’énergie électrique produite par l’unité de cogénération sont
déterminés par la STEG.
VI.2.1. Compteurs

En se référant à l’article 20 du deuxième chapitre du décret n° 2002-3232 du 3 décembre


2002 relatif à la cogénération, le gestionnaire du réseau exige l’installation des compteurs
suivants (voir annexes):

 Un compteur d’énergie produite fourni, installé et entretenu par le cogénérateur ;


 Un compteur d’énergie de soutien, fourni et installé par la STEG. L’énergie de soutien
est fournie au cogénérateur à sa demande et à sa charge pour mener les essais de

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démarrage et de test. Elle est facturée conformément aux tarifs de vente d’électricité de
la STEG ;
 Deux compteurs de l’énergie livrée à la STEG fournis et installés par le cogénérateur, à
ses frais, au point de livraison comme le montre la figure II.10. Les deux compteurs
doivent être de type 4 quadrants (actif/réactif, import/export) conformes aux normes en
vigueurs CEI ou Norme Tunisienne, de classe de précision 0.2 s en actif et 2 en réactif.
Un des compteurs est référencé en compteur principal et l’autre en compteur redondant,
dans un procès verbal signé par la STEG et le cogénérateur.
Dans la boîte compteur, un disjoncteur/sectionneur général est aussi installé. Celui-ci veille
à limiter le courant total absorbé par le producteur décentralisé. En effet, le compteur comme
tout autre dispositif électrique a une limite du courant maximal admissible, le disjoncteur
veillera à ce que cette valeur de courant ne soit pas dépassée. La partie sectionneur joue le rôle
de coupe-circuit sur l'ensemble de l’installation.

Figure II.10 : Placement du compteur d’énergie principal

VI.2.2. Transformateurs de mesure (CEI 60044)

Les transformateurs de mesure font l'interface entre le réseau électrique et un appareil de


mesure, un compteur ou un dispositif de protection. Dans notre cas cet appareil de mesure est
un relais ou un compteur d’énergie en basse tension. La puissance disponible au secondaire est
définie en fonction des besoins de cet appareil de mesure [15].
VI.2.2.1. Transformateur de courant

Les caractéristiques générales d’un TC sont : courant primaire assigné, courant secondaire
assigné, rapport de transformation, puissance de précision et classe de précision. Chacune des
caractéristiques : puissance de précision, classe de précision et facteur limite de précision pour
un enroulement protection est fonction des deux autres.
Or, le réseau de distribution MT est le siège d’un courant nominal dont la valeur est donnée
Sn
par la formule suivante: In = U
n 3

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1400 .10 3
A.N : 𝐼𝑛 = = 𝟐𝟕𝐀
30.10 3 3

D’où, nous choisissons la valeur 200-400A pour l’enroulement primaire car c’est la valeur
la plus proche du courant nominal du réseau. Il est à noter que les transformateurs de courant
doivent être capables de supporter sans dommage sous leur tension nominale, les effets
mécaniques et thermiques de court circuit extérieur durant 1s.
En se référant aux normes CEI 60044, pour une tension de service de 30kV et selon le
besoin pour le schéma de raccordement, nous désirons avoir deux TC avec un double primaire
200-400A et trois enroulements secondaires 5A ayant les caractéristiques suivantes :

 5VA 5P20 pour alimenter une unité de protection SEPAM 2000.


 15VA classe 0.5 pour le comptage ;
 Classe X pour une protection de distance ;

Or, trois enroulements dans un même TC est une chose difficile à réaliser, des TC
complémentaires sont donc nécessaires. Ils sont installés en aval du TC à double secondaire.
En contre partie, les normes décrites dans ce cas exigent que la protection de distance doive
être installée au plus près du disjoncteur de la cellule d’arrivée afin d’avoir une zone protégée
maximale, or les TC de classe X sont trop éloignés. La meilleure solution envisagée est
d’utiliser les TC complémentaires (classe X) pour alimenter le SEPAM 2000.
D’où, le TC dédié à la protection de distance (classe X) correspond à 10VA-5P20 sur le
rapport 200/5A [15].
Après tout un raisonnement détaillé par les normes décrites dans ce cas. On aura un TC à
deux enroulements secondaires pour le comptage et la protection de distance et un TC à un seul
enroulement secondaire pour l’alimentation du relais SEPAM 2000 comme le montre la figure
II.11.

Figure II.11 : Transformateurs d’intensité employés

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Ainsi, les transformateurs de courant utilisés ont les caractéristiques électriques suivantes :
Un TC à double primaire et double secondaire

 Un noyau comptage

Enroulement primaire (A) 200-400


Enroulement secondaire (A) 5
Puissance de précision (VA) 15
Classe de précision 0.5
Classe de sécurité 5

 Un noyau protection

Enroulement primaire (A) 200-400


Enroulement secondaire(A) 5
Puissance de précision (VA) 10
Classe de précision 5P20

Un TC à simple primaire et simple secondaire

 5 VA-5P20, pour alimenter une unité de protection SEPAM.

VI.2.2.2. Transformateur de tension

Appelé aussi transformateur de potentiel, c’est un transformateur de puissance dont le


primaire opère à la tension à mesurer qui est 30kV et le secondaire est nominalement à 100V.
Ces transformateurs sont utilisés surtout pour le comptage, c’est pourquoi, il faut qu’ils
soient dotés d’une précision suffisante pour garantir la fiabilité de comptage.
Les transformateurs employés dans le schéma de raccordement doivent être protégés contre
les surcharges et les courts circuits qui peuvent survenir. Pour ce faire nous avons employés des
fusibles et des interrupteurs sectionneurs en amont [16].
Nous avons utilisé des TTs en parallèle pour éviter d’utiliser une protection de chacun à
part, nous aurons, donc, besoin de 6TTs si nous comptons 1 TT par phase. En se référant aux
normes CEI concernant les transformateurs de potentiel, les caractéristiques de ces derniers,
pour une tension de assigné de 36kV sont :
Un TT à simple secondaire mesure c.à.d. contenant un seul noyau comptage :
Enroulement primaire (kV) 30
Enroulement secondaire (V) 100
Puissance de précision (VA) 30
Classe de précision 0.5

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VI.3. Dispositifs de protection

VI.3.1. Protections mises en jeu

L'objectif du raccordement électrique de l'unité de cogénération est d'apporter le courant de


la génératrice vers les charges à l’intérieur de l’usine, avec toutes les protections nécessaires.
Pour ce faire, il faut prévoir les éléments suivants [17]:

 La protection du moteur contre un disfonctionnement interne ou du réseau


électrique et, inversement, la protection des installations internes et du réseau
électrique contre un dysfonctionnement de la cogénération (surcharges, court circuit
etc.) ;
 La protection de découplage permet, au moyen d'une série de relais, de déconnecter
la cogénération du réseau électrique si ce dernier est en surtension ou hors tension.
Dans le premier cas, ce découplage protège la cogénération des surtensions du
réseau électrique. Dans le deuxième cas, il permet au gestionnaire du réseau de
distribution d'y travailler sans aucun risque.
 Le dispositif de synchronisation, qui est relié à la régulation de l'unité de
cogénération d’une part et au réseau électrique d’autre part, permet d'ajuster la
puissance du moteur pour adapter sa vitesse, et donc sa fréquence, ainsi qu’ajuster le
courant d'excitation du moteur pour adapter la tension. Dès que les tensions et les
fréquences sont égales en grandeur et en phase des deux côtés (cogénération et
réseau électrique), le couplage est actionné pour que la cogénération fonctionne en
parallèle avec le réseau ;

Les relais Sepam série 20 ; 40 et 80 satisfassent les fonctions de synchronisation.


Les dispositifs, déjà cités, sont ainsi résumés dans un schéma simplifié dans la figure II.12.

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Figure II.12 : Les différents éléments de protection d’une installation de cogénération

D’autre part, le cogénérateur est responsable de la protection de ses équipements. Il doit


s'assurer que les systèmes de protection sont en nombre suffisant et en mesure de réaliser les
fonctions adéquates pour protéger ses équipements contre tout défaut et toute condition
anormale d'exploitation du réseau et de ses installations. Le cogénérateur doit aussi protéger
correctement ses équipements contre les déséquilibres de tension et du courant résultant de
certaines conditions d'exploitation et du déséquilibre normal des charges (abonnés) voisins
raccordées au réseau de distribution.
VI.3.2. Protection générale

Comme pour tout autre raccordement au réseau de distribution, les installations sont munies
en tête de leur raccordement au réseau de distribution d'un appareil assurant la coupure des
phases en cas de défaut interne pouvant provoquer le dépassement du courant admissible
pendant un temps donné. Les valeurs du courant et de la temporisation sont données par la
STEG.
VI.3.3. Fusibles moyenne tension (CEI 60282)

Ce sont des éléments de protection des circuits électriques. Le calibre du fusible correspond
à la valeur du courant qu'il est censé accepter, en d'autres termes le fusible fond dès que la
valeur du courant qui le traverse dépasse son calibre [18].
Il est à noter que le calibre des fusibles à installer dépend de : la tension de service, la
puissance du transformateur à protéger et de la technologie de ces fusibles (constructeur).

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Concernant le choix des fusibles conformément à la norme CEI 60282, pour une tension de
service de 30kV, le calibre des fusibles choisis en amont des transformateurs de potentiel est de
6.3A. Pour le transformateur 630kVA, le calibre des fusibles choisis et de 16A, Pour le
transformateur 1000kVA, le calibre est de 25A et enfin pour le transformateur 1250kVA, le
calibre des fusibles est de 32A. Ces calibres sont précisés pour des fusibles type FN.
VI.3.4. Interrupteurs sectionneurs

Les interrupteurs sectionneurs satisfont les applications d’interrupteurs par la fermeture et la


coupure en charge de circuits résistifs ou mixtes, résistifs et inductifs, ceci pour des manœuvres
fréquentes. Ils sont composés d'une partie active et d'une commande qui peut être manuelle ou
motorisée lorsqu’on manipule des forts courants [19].
Les interrupteurs sectionneurs sont tous de tension assignée 36kV et de courant permanent
assigné 630A.
VI.3.5. Sectionneurs de mise à la terre ou MALT

On combine souvent les sectionneurs de moyenne tension avec une mise à la terre. Il s'agit
d'un organe de sécurité, dont le but est de fixer le potentiel d'une installation préalablement
mise hors tension, pour permettre l'intervention humaine en toute sécurité sur une installation.
En fonctionnement normal, les MALT sont ouvertes [19].
VI.3.6. Disjoncteurs

Les disjoncteurs assurent la protection d'une installation contre les surcharges, les courts-
circuits, les défauts d'isolement, par ouverture rapide du circuit en défaut. Ils remplissent aussi
la fonction de sectionnement [19].
On choisit l’intensité assignée du disjoncteur juste supérieure à l’intensité d’emploi In de
cet appareil. Généralement, on régle le disjoncteur de calibre In pour obtenir une intensité de
réglage Ir ≈ In .
Pour les trois disjoncteurs situés dans les cellules de couplage, d’arrivée STEG et la cellule
liée au moteur à gaz, ils sont calibrés ainsi suivant le courant nominal du réseau.
Les caractéristiques de ces disjoncteurs sont :

 Courant nominal (A) 630


 Pouvoir de coupure (kA) 15.7
 Tension nominale (kV) 30

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Quant au disjoncteur en aval du moteur à gaz, le courant nominal est donné par la formule:
P 1130 ∗ 103
In = = = 2039A
3 ∗ U ∗ cos Φ 3 ∗ 400 ∗ 0.8
On choisit le courant nominal du disjoncteur exactement supérieur au courant identifié et par la
suite les principales caractéristiques de ce disjoncteur sont :
 Courant nominal (A) 2500
 Pouvoir de coupure (kA) 16.5
 Tension nominale (kV) 30
Pour dimensionner le disjoncteur, il faut calculer le courant de court circuit qu’il doit
supporter et interrompre par la suite.
Après choix du disjoncteur à installer, il faut vérifier la contrainte thermique de ce dernier
donnée par la formule suivante :
2
𝐼𝑐𝑐 ∗ 𝑡 = 𝐾 2 𝑆 2 avec S : section du conducteur et K : une constante donnée par les valeurs
2
suivantes dans notre cas : 𝐼𝑐𝑐 ∗ 𝑡 = 4.6. 1010 𝐴2 𝑠
Tableau II.1 : Valeurs des constantes K [14]

Conducteur isolé au PVC PR


Ame de cuivre 115 143
Ame d’aluminium 74 94

Ainsi, les protections déjà citées peuvent être résumées dans la figure II.13.

Figure II.13: Schéma récapitulatif du transformateur et sa cellule de protection

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VI.3.7. Protection de l’alternateur

VI.3.7.1. Généralités

L’alternateur couplé au moteur produisant l’énergie électrique à partir de l’énergie


mécanique, lui aussi, peut être affecté de défauts de fonctionnement. Ces défauts perturbent son
fonctionnement et parfois le rendent inapte à assurer son service. C’est pour cette raison que les
défauts, ainsi que les conditions anormales de fonctionnement, doivent être détectées le plus
rapidement possible et provoquer la déconnexion de l’alternateur du réseau auquel il est
raccordé.
De nombreux défauts peuvent affecter l’alternateur, et leur énumération, même sans entrer
dans les détails, dépasse le cadre de ce rapport. En effet, les défauts associés à l’alternateur
peuvent être classés en deux catégories : les défauts d’origine interne et ceux d’origine externe.
Le rôle des relais de protection des alternateurs est de détecter, parmi les différents défauts
possibles, ceux d’origine électrique, d’élaborer les actions de signalisation indiquant la
présence d’une anomalie et enfin ouvrir le disjoncteur reliant l’alternateur au réseau.
VI.3.7.2. Les organes de protection électrique de l’alternateur

Il est nécessaire de prévoir toutes les protections nécessaires afin de garantir la continuité de
service de l’alternateur même dans les conditions de fonctionnement les plus défavorables.
Plusieurs protections sont à prévoir contre plusieurs défauts entre autres:
 Surcharges ;
 Courts circuits ;
 Coupures, inversions et déséquilibres de phases…
La protection contre ces différents défauts se fait moyennant des relais. Par exemple, les
relais à maximum de courant à temps dépendant ou temps indépendant, les relais à maximum
d’intensité à fonctionnement instantané, réglés au dessus du courant de démarrage pour la
protection contre les courts circuits entre phases.
Or, l’installation de cogénération qui va débiter 1131kW électrique et 627kW thermique et
qui est fournie par ClarkEergy est bien équipée des accessoires nécessaires à la protection de
cette dernière.

ENIT -39- Nejma Huiles


Etude technique du raccordement PFE-2010

VI.3.8. Protection du transformateur

Conformément aux normes IEC/EN 61558, un transformateur doit être protégé contre les
surcharges et les courts-circuits. Les normes ne spécifient pas la nature du dispositif de
protection et son placement au primaire ou au secondaire du transformateur.
Dans le schéma du raccordement, la protection d’un transformateur se fait moyennant un
combiné interrupteur sectionneur-fusibles.

VI.4. Dispositifs de coupure

Lors des travaux hors tension sur le branchement (point de raccordement entre l’unité de
cogénération et le réseau) ou sur le réseau de distribution, l'installation de cogénération doit être
séparée du réseau par un dispositif de coupure. Cette coupure de sécurité doit être visible,
verrouillable et accessible en permanence au gestionnaire de réseau. Un interrupteur
sectionneur motorisé est recommandé dans ce cas.

VI.5. Dispositifs de synchronisation

L’installation de cogénération ne doit pas induire des perturbations sur le réseau de


distribution en cas de défaut sur cette dernière. De même, si le réseau électrique de distribution
est le siège d’une anomalie, l’installation de cogénération doit pouvoir être séparée du réseau
automatiquement. D’où, la cohabitation entre l’unité de cogénération et le réseau auquel elle est
raccordée nécessite une protection de découplage. Cette dernière a pour rôle de préserver le bon
fonctionnement, la fiabilité et la sécurité du réseau public. Il est à noter que le matériel de
protection utilisé doit être agréé par le gestionnaire du réseau.

VI.5.1. Protection de découplage

VI.5.1.1. Découplage du réseau

La STEG exige au cogénérateur d’ajouter un système de protection de découplage pour


déconnecter l’installation en cas de défauts survenant au réseau public. En effet, si la portion du
réseau au quelle est raccordé le cogénérateur présente une anomalie telle que la tension est
perturbée ou le réseau est hors tension, l’installation de cogénération doit pouvoir être séparée
ou plutôt découplée automatiquement dans les plus courts délais. De ce fait, une protection de
découplage est mise en place; elle peut être placée en amont ou en aval du transformateur de
puissance 1600kVA couplée au moteur à gaz.

ENIT -40- Nejma Huiles


Etude technique du raccordement PFE-2010

La protection de découplage est constituée d'un ensemble de relais. En plus, on propose un


système de découplage tel que la coupure d'un fil du système de protection ou un problème au
niveau de l'alimentation des auxiliaires du système de protection doive toujours provoquer le
déclenchement de l'installation.
Cette protection a pour objet de [20] :
 Permettre le fonctionnement normal des protections et automatismes installés par la
STEG ;
 Eviter le maintien de réseaux séparés sans défaut, afin de ne pas alimenter les autres
utilisateurs à une fréquence et une tension anormales et d'éviter les faux couplages au
moment de la reconnexion de ces réseaux au réseau public de distribution ;
 Déconnecter instantanément les installations de production en cas de défaut survenant
pendant le régime spécial d'exploitation instauré lors des travaux sous tension effectués
sur le réseau de distribution MT.
D’autre part, si en cas de défaut sur l’installation de cogénération, le courant de court circuit
est important, il peut provoquer un disfonctionnement des dispositifs de protection installés par
la STEG dans son réseau de distribution. De ce fait, il faut adapter le temps de réaction de la
protection de découplage avec les autres protections du réseau de distribution avant que ce
dernier ne soit affecté.
Il est à noter que les dispositifs de protection propres à la centrale de cogénération ne
doivent pas arrêter leur fonctionnement dans des conditions moins sévères que celles prévues
par les fonctions de découplage lors des situations dégradées du réseau public de distribution.
Ainsi, nous avons bien détaillé la protection de découplage de la centrale de cogénération
du réseau public, il reste maintenant à décrire la procédure de ré-couplage à nouveau au réseau
une fois le défaut survenant sur ce dernier est éliminé.

VI.5.1.2. Ré-couplage au réseau MT

Une mise en parallèle de l'installation de cogénération avec le réseau de distribution MT de


la STEG est toujours réalisée moyennant un relais synchro-check équipé d'un synchroscope.
Le rôle de synchroscope est de vérifier si la tension donnée par l’unité de cogénération est
en phase, a la même fréquence et la même amplitude que le reste du réseau électrique situé
après la protection générale de l’installation de cogénération.
Si les conditions déjà citées sont remplies et sont stables durant un certain intervalle de
temps, le synchroscope ordonnera à la protection générale de l’unité de cogénération de se
fermer. Ainsi, l’unité de cogénération peut fonctionner en parallèle avec le réseau public.

ENIT -41- Nejma Huiles


Etude technique du raccordement PFE-2010

En se référant au cahier des charges fourni par la STEG, lors de la prise de parallèle, la
tension, la fréquence et l'écart de phase sont tels qu'ils ne provoquent pas de variations brusques
relatives de la tension supérieures à 7 %.
Si la prise de parallèle se répète plusieurs fois par jour, les variations brusques de la tension
seront limitées aux mêmes valeurs que celles requises pour le fonctionnement et définies dans
le paragraphe suivant.
Pendant le fonctionnement, les variations brusques de la tension seront limitées en valeur
relative à 3% au maximum et en fonction de leur fréquence d'apparition à des valeurs
inférieures de façon à ne pas perturber les autres utilisateurs raccordés au réseau. Elles ne
pourront engendrer dans le réseau de distribution la gêne [20].
Ces considérations impliquent que la production décentralisée qui fonctionne en îlotage ne
peut être couplée au réseau qu'après vérification de la tension, de la fréquence et de l'écart de
phase et qu'il ne peut pas être possible d'effectuer une prise de parallèle à un endroit non prévu,
des verrouillages sont ainsi installés pour empêcher cette action.
Après un déclenchement commandé par la protection de découplage dû au système de
synchronisation automatique et lorsque les conditions sont redevenues normales, le ré-couplage
au réseau peut se faire automatiquement. Le système de synchronisation effectue les actions de
réglage citées au tableau II.2 pour réaliser les conditions du couplage au réseau.

Tableau II.2 : Les conditions techniques du raccordement et les actions effectuées

Conditions Actions effectuées


Même ordre des phases Inverser les phases
Tension alternateur = tension réseau Régler le courant d’excitation de
(même valeurs efficaces) l’alternateur
Fréquence alternateur = fréquence
Vitesse de rotation du moteur à gaz
réseau

VI.5. Autres exigences du raccordement

VI.5.1. Télécommande centralisée

La STEG exige que l’installation de cogénération ne doive pas entrainer un


dysfonctionnement de la télécommande centralisée du réseau électrique national. En effet, le
système de télécommande utilise le réseau de distribution pour envoyer aux abonnés les

ENIT -42- Nejma Huiles


Etude technique du raccordement PFE-2010

commandes de changement de tarif et de contrôle de la charge, ceci se fait en injectant des


signaux de basses fréquences au niveau de poste source moyenne tension [23].
Le raccordement de l’installation de cogénération sur le réseau de distribution moyenne
tension de la STEG modifie son impédance et peut aussi perturber la transmission des signaux
de la télécommande centralisée. A cette fin, un filtre spécial ayant pour rôle de filtrer les
signaux de télécommande centralisée absorbés par le cogénérateur, doit être installé par ce
dernier. Un signal de fréquence, de phase et d’amplitude égales au signal mesuré sur le réseau
de distribution moyenne tension est injecté au niveau de point de connexion du cogénérateur
[21].

VI.5.2. Transformateur du raccordement

La puissance de court-circuit qui est ajoutée par l’installation de cogénération doit rester
limitée (article5 du décret n° 2002-3232). En effet, ce supplément de puissance cumulé à la
puissance de court circuit du réseau ne doit pas excéder la capacité des éléments de ce dernier.
Il faut assurer sa compatibilité avec le niveau réel du matériel sinon le raccordement peut
nécessiter des renforcements du réseau exigés par la STEG. A cette fin, une participation
financière du cogénérateur dans ces renforcements peut être demandée.
L’évaluation du raccordement a contribué à l’obligation d’installer un transformateur
élévateur de puissance 1600kVA entre le cogénérateur et le réseau de distribution.
Le transformateur joue ici un rôle dans la transmission des courants homopolaires. Il permet
d’empêcher leur remontée jusqu’au alternateur. Le transformateur filtre la composante
homopolaire qui va déformer le signal débité par le générateur. Les deux transformateurs
utilisés dans le schéma de raccordement ont les caractéristiques suivantes :
 Poste de transformation MT/BT (630kVA SACEM)
Puissance nominale (kVA) 630
Tension de service (kV) 30
Tension assignée (kV) 36
Tension secondaire(V) 400
Couplage Yn Yn à 4 colonnes

 Poste de transformation MT/BT (1600kVA SACEM)


Puissance nominale (kVA) 1600
Tension primaire (kV) 30
Tension assignée (kV) 36
Tension secondaire(V) 400
Couplage Δ/𝑌

ENIT -43- Nejma Huiles


Etude technique du raccordement PFE-2010

VI.5.3. Profil de la tension

Pour garantir la sureté et le bon fonctionnement du réseau de distribution public, il a fallu


installer un ensemble de relais pour faire le contrôle du profil de la tension. Soient les relais :
 Un relais à maximum et minimum de fréquence qui se déclenche spontanément et
instantanément lorsque la fréquence sort des limites de 49 et 51 Hz ;
 Un relais triphasé à maximum de tension qui se déclenche instantanément lorsque la
tension dépasse une limite fixée. La STEG impose, en se référant à la norme CEI 1000,
un taux de distorsion en tension inférieure à 7% ;
 Un relais de tension homopolaire moyenne tension. Le relais est temporisé au dessus du
temps nécessaire à l'élimination normale des défauts à la terre dans le réseau ;
Les valeurs de réglage pour ces trois derniers relais sont fixées par la STEG.

VI.5.4. Alimentation du réseau hors tension

Afin d'assurer la sécurité des employés de maintenance de la STEG et du public en général,


la centrale de cogénération ne doit pas pouvoir alimenter le réseau de distribution lorsqu'il est
hors tension.
La STEG exige que les équipements agrées par elle, c.à.d. qui sont conformes aux normes
nationales, respectent cette condition. En effet, ces équipements doivent être vérifiés pour
certifier qu'ils n'injecteront pas de courant ou de puissance au réseau de distribution tant que ce
dernier n'est pas stabilisé.

VI.5.5. Sélectivité

Le principe de sélectivité logique est utilisé lorsque l’on souhaite obtenir un temps
d’élimination de défaut court. En effet, l’échange d’informations entre les protections
successives permet de supprimer rapidement le défaut.
Les dispositifs de coupure automatique sont coordonnés entre eux de façon à assurer une
élimination du défaut par le dispositif de protection placé immédiatement en amont du défaut.
L’étude de la sélectivité est compliquée et par la suite c’est le fournisseur des équipements
du raccordement qui va se charger du réglage des dispositifs de protection intervenant dans la
sélectivité [22].

ENIT -44- Nejma Huiles


Etude technique du raccordement PFE-2010

VII. Dimensionnement des équipements

Pour amener l’énergie électrique depuis la génératrice vers le circuit électrique, avec toutes
les protections nécessaires, il est primordial de passer par la phase de dimensionnement des
équipements. D’autre part, le dimensionnement d’une telle installation électrique, le choix du
matériel à mettre en œuvre et la détermination des protections des personnes et des biens,
nécessitent le calcul des courants de court-circuit en tout point du réseau. Les méthodes de
calcul font l’objet de plusieurs normes internationales à savoir la norme CEI 60909.
En fait, pour dimensionner l’installation de cogénération, il faut déterminer la capacité de
l’installation à supporter le courant de court circuit, le pouvoir de fermeture des dispositifs de
protection et le pouvoir de coupure de ces derniers.

VII.1. Caractéristiques des câbles

Le transformateur MT/BT de puissance 1600kVA a une tension secondaire à vide de 400V.


La canalisation sortant du moteur à gaz sera donc prévue pour un courant :

Sn 1600 ∗10 3
In = U = Soit In = 2.3kA
20 3 400 3

Pour déterminer la section des conducteurs de phase, il faut prendre en considération


certains facteurs de correction. Ces facteurs tiennent compte du mode de pose, du type de câble
mono ou multiconducteur, de la nature de l’isolant employé, de la façon de groupement des
circuits et de la température ambiante [14].

Soit le coefficient K du circuit. Il est donné par la formule suivante 𝐾 = 𝐾1 ∗ 𝐾2 ∗ 𝐾3 avec :


 𝐾1 : Un coefficient qui mesure l’influence du mode de pose ;
 𝐾2 : Un coefficient qui mesure l’influence mutuelle des circuits placés cote à cote.
 𝐾3 : Un coefficient qui mesure l’influence de la température selon la nature de l’isolant.

Pour le cas de la société Nejma Huiles, il est retenu d’utiliser cinq câbles cuivre isolés PR
(polyéthylène réticulé); ces câbles sont posés sur un chemin de câble. Le mode de pose est ainsi
caractérisé par la lettre de référence F et les coefficients correcteurs sont :

𝐾1 = 1 ; 𝐾2 = 0.75; 𝐾3 = 0.91 (La température ambiante et de 40°C)

ENIT -45- Nejma Huiles


Etude technique du raccordement PFE-2010

 Soit le courant fictif admissible par la canalisation déterminé par :

𝐼𝑛 𝐼𝑛 2300
𝐼𝑧 = 𝐾 = = 1∗0.75.0.91 ≈ 3370𝐴
1 ∗𝐾2 ∗𝐾3 𝐾1 ∗𝐾2 ∗𝐾3

Or, on est dans le cas de cinq conducteurs, donc, on doit diviser le courant par 5. Chaque
conducteur véhicule donc 674A et donc d’après le tableau présenté dans le guide d’installation
électrique de Merlin Gerin, on trouve que la section du conducteur en cuivre utilisé pour la BT
est de 300mm2 .
Pour le câble moyenne tension, de même et après calcul, nous allons utiliser 1 conducteur
par phase de section 50mm2 .

VII.2. Calcul du courant de court circuit

VII.2.1. Intérêt du calcul de courant de court circuit

Toute installation électrique doit être protégée contre les courts circuits. Nous allons
calculer l’intensité du courant de court circuit aux différents étages de l’installation, ceci pour
pouvoir déterminer les caractéristiques du matériel qui doit supporter ou couper ce courant de
défaut.
Pour choisir et régler convenablement les protections, il faut procéder à un calcul détaillé
du courant de court circuit. Ce courant est nécessaire pour déterminer [23]:
 le pouvoir de coupure PdC des appareils de protection ;
 le pouvoir de fermeture des appareils ;
 la tenue électrodynamique des canalisations (les barres et les câbles) et de
l’appareillage ;
 la sélectivité des appareillages.
Le courant de court circuit doit être calculé avec une bonne précision en donnant une marge
de sécurité. Ce courant est indispensable aux choix de la courbe de déclenchement des
disjoncteurs et des fusibles. Les disjoncteurs et les fusibles n’assurent la protection des
personnes que lorsqu’ils sont bien dimensionnés. Le dimensionnement de ces derniers se base
sur le calcul du courant de court circuit.
Rappelons que quel que soit la valeur du courant de ce dernier, la protection doit éliminer le
court circuit dans un temps tc, dit temps de coupure du dispositif de protection, compatible
avec l’échauffement que peut supporter le dispositif, le conducteur ou le jeu de barres.

ENIT -46- Nejma Huiles


Etude technique du raccordement PFE-2010

VII.2.2. Méthode du calcul du courant de court circuit

Il existe plusieurs méthodes de calcul des courants de court-circuit triphasés symétriques.


Parmi ces méthodes, nous pouvons citer la méthode de composition, la méthode des
composantes symétriques et la méthode des impédances qui permet de calculer les courants de
défaut en tout point d’une installation avec une bonne précision. Elle consiste à calculer les
résistances et réactances de la boucle de défaut d’une manière séparée allant de la source
jusqu’au point de défaut; puis à calculer l’impédance correspondante. Le courant de court
Un
circuit est ainsi obtenu par application de la loi d’Ohm : Icc = 3Σ Z

D’où, la méthode des impédances consiste à décomposer le réseau en portions et à calculer,


pour chaque portion R et X, puis les additionner.
Toutes les caractéristiques des différents éléments de la boucle de défaut doivent être
connues (sources et canalisations) [23].

VII.2.3. Détermination des courants du réseau

VII.2.3.1. Calcul du courant nominal

Le courant nominal supporté par les jeux de barres est calculé par la formule suivante :

Sn
In = U
n 3

Avec : In : Courant nominal du réseau ;


Sn : Puissance nominale du réseau ;
Un : Tension nominale du réseau ;
1400 .10 3
A.N : In = 30.10 3 ≈ 27𝐴 or les normes spécifient trois niveaux du courant nominal qui sont
3

400, 630 et 1250A. Pour prendre une marge de sécurité, on prend la valeur 630A.

VII.2.3.2. Calcul du courant de court circuit

Le courant de court circuit est fonction de la tension du réseau d’alimentation. En se


référant aux normes décrites dans ce cas, l’appareillage à moyenne tension doit le supporter
pendant 1s ce qui justifie le choix du temps de coupure des appareils de protection MT.
Le courant de court circuit supporté sur les jeux de barres est calculé par la formule
S cc
suivante : Icc = U
n 3

ENIT -47- Nejma Huiles


Etude technique du raccordement PFE-2010

500 .10 6
A.N : Icc = 30.10 3 = 9.62 kA ≈ 10𝑘𝐴 or les normes spécifient les deux niveaux du courant du
3

réseau les plus proches suivants : 12,5 et 16kA. Pour prendre une marge de sécurité, on prend la
valeur 16kA.

Pour déterminer le courant de court circuit à proximité de l’installation de cogénération, soit


le schéma de raccordement du moteur à gaz au réseau de distribution de la STEG, pouvant ainsi
être généralisée et présentée sous la forme d'un schéma présenté à la figure II.14, dans lequel
nous trouvons les éléments suivants :
 le réseau amont
 le transformateur 30/0.4kV
 les deux disjoncteurs BT et MT
 les câbles

Figure II.14: Schéma de l’unité de cogénération et ses annexes

U0
L’intensité du courant de court circuit se calcule comme suit : Icc =
3Z T

Avec Icc : Courant de court-circuit ;


U0 : Tension entre phases à vide au secondaire du transformateur;

ZT : Impédance totale par phase, en amont du défaut.

ENIT -48- Nejma Huiles


Etude technique du raccordement PFE-2010

2 2
𝑍𝑇 = ( 𝑅) +( 𝑋)
Avec 𝑅 : Somme des résistances

𝑋 : Somme des réactances

 Détermination des diverses impédances de court-circuit


Le facteur de puissance employée à l’usine est de 0.8 or la puissance du moteur à gaz est
P 1130
aux alentours de 1130MW d’où la puissance apparente est Sn = cosn∅ = ≈ 1400kVA
0.8

d’où le choix du transformateur élévateur de puissance apparente de 1600kVA.


 Alternateur
Les principales caractéristiques utilisées figurant dans le calcul du courant de court circuit sont:
 Puissance nominale Sn de la machine synchrone ;
 Réactance subtransitoire 𝑋𝑑" ;
 Facteur de puissance cos 𝜑𝑛 de la machine.
On modélise l’alternateur par une source de tension en série avec une réactance directe XdAlt
𝑼𝒏
Sn=1400 kVA, Un=400V, Ed = , X"d = 0.1p.u,
𝟑

Pour l’alternateur, les valeurs des impédances données par le constructeur sont en pourcentages

et pas en ohms  X"d = 0.1p.u

Un² 400 ²
 XAlt = X"d = 0.1 1400 .10 3 = 11.43 mΩ
𝑆𝑛

 Câble C1 reliant l’alternateur au transformateur


La résistance linéique des lignes aériennes, des câbles et des jeux de barres se calcule par la
formule suivante :

𝐿
𝑅𝑐 = 𝜌 Avec 𝜌 Résistivité
𝑆
𝐿: Longueur de la ligne en m
𝑆: Section des conducteurs en mm²

Pour le câble reliant le moteur au transformateur élévateur (câble en Cuivre) :

La résistivité du cuivre (Cu) est ρ = 22.5mΩmm2 /m

L ≈ 12m et 𝑆 = 5 𝑐𝑜𝑛𝑑𝑢𝑐𝑡𝑒𝑢𝑟𝑠 𝑝𝑎𝑟 𝑝ℎ𝑎𝑠𝑒 ∗ 300𝑚𝑚2 = 1500𝑚𝑚2


L 12
R c1 = ρ = 0.0225 ∗ = 0.18mΩ
S 1500
𝑋𝑐1 : Réactance linéique des conducteurs.

ENIT -49- Nejma Huiles


Etude technique du raccordement PFE-2010

Or, pour les câbles triphasés :

 Les impédances directe et inverse sont égales 𝑋𝑐1 = 0.08. 10−3 ∗ 𝐿 = 0.96mΩ

 Le disjoncteur BT et le disjoncteur MT

La résistance d'un disjoncteur 𝑅𝑑 est souvent négligeable, et sa réactance est supposée


généralement égale à 𝑋𝑑 = 0.15mΩ.

 Transformateur élévateur 30/0.4kV de puissance 1600kVA


Les données nécessaires au calcul sont :
 La puissance nominale 𝑆𝑛
 La tension de court-circuit 𝑈𝑐𝑐
Soient Sn=1600kVA, 30 kV /400V, Ucc(%)=6.5

L'impédance 𝑍𝑠 d'un transformateur vue du secondaire est donnée par la relation :


2
𝑈20 4002 6.5
𝑍𝑠 = ∗ 𝑈𝑐𝑐 = ∗ = 6.5𝑚Ω
𝑆𝑛 1600 ∗ 103 100

Avec 𝑍𝑠 : Impédance du transformateur ramenée au secondaire


𝑈20 : Tension entre phases au secondaire à vide.
𝑆𝑛 : Puissance du transformateur (en VA)
𝑈𝑐𝑐 : Tension de court-circuit

Or les pertes cuivre pour un transformateur SACEM sont données par la fiche technique fourni
par le constructeur:

𝑃 21500
𝑃𝑐𝑢 = 3𝑅𝑠 𝐼𝑛2  𝑅𝑠 = 3𝐼𝑐𝑢2 =3∗2250 2 = 1.415𝑚Ω
2𝑛

Or on a 𝑋𝑠 = 𝑍𝑠2 −𝑅𝑠2 = 6.52 − 1.4152 = 6.35𝑚Ω

 Câble C2 reliant le transformateur au réseau amont


Pour le câble reliant le transformateur au réseau amont (câble en Aluminium) :

La résistivité de l’aluminium (Al) est ρ = 36mΩmm2 /m

L ≈ 15m et 𝑆 = 50𝑚𝑚2
L 15
R c2 = ρ = 0.0360 ∗ = 10.8mΩ
S 50

ENIT -50- Nejma Huiles


Etude technique du raccordement PFE-2010

𝑋𝑐2 : Réactance linéique des conducteurs.


Or, pour les câbles triphasés :

𝑋𝑐2 = 0.08. 10−3 ∗ 𝐿 = 1.2 mΩ

 Le réseau amont

Puisque la puissance du court circuit du réseau STEG est 500MVA, on admet alors que la
résistance du réseau amont est négligé et sa réactance est Xa = 0.35mΩ en se référant au
tableur II.3.

Tableau II.3 : Résistances et réactances du réseau pour différentes valeurs de puissance de


court circuit
Scc en MVA Ra en m Ω Xa en m Ω
125 0,2 1,4
250 0,1 0,7
500 0 0,35

 Calcul du courant de court-circuit


Nous nous intéressons au calcul du courant de court circuit triphasé vu que c’est le courant
le plus fort de point de vue intensité. Malgré que sa probabilité d’occurrence est très faible par
rapport aux autres types de courant de défaut tel que le défaut phase terre dit aussi monophasé,
les jeux de barres et les protections doivent être choisis selon ce courant de défaut prenant ainsi
une marge de sécurité et tenant compte des conditions d’exploitation les plus défavorables.
Nous nous limitons ainsi, au calcul du courant de court circuit triphasé au point M.
Soit le schéma équivalent du circuit :

Xalt M
Ed Zc1 Zd Ztr Zc2 Zd Za
Défaut

Figure II.15 : Schéma équivalent du circuit en aval du moteur

Soient les valeurs des résistances et réactances des différents éléments de l’installation
résumées dans le tableau II.4.

ENIT -51- Nejma Huiles


Etude technique du raccordement PFE-2010

Tableau II.4 : les impédances des différents éléments du circuit an aval du moteur

Elément de l’installation Résistances (𝐦𝛀) Réactances (𝐦𝛀)


Alternateur - 11.43
Câble C1 0.18 0.96
Disjoncteur BT 0 0.15
Transformateur 30/0.4kV 1.415 6.35
Câble C2 10.8 1.2
Disjoncteur MT 0 0.15
Réseau amont 0 0.35
Total 12.40 21.00

𝑍𝑇 = 12.42 +212 = 24.38mΩ

U0 400
Icc= = 3∗24.38∗10 −3
= 9.47 kA
3ZT

Les valeurs normalisées du courant de courant circuit sont, dans ce cas, 12.5kV et 16kV.
Nous avons ainsi choisi la valeur 16kV pour offrir une marge de sécurité.

VIII. Choix des équipements

Lorsqu'il est question de déclenchement instantané, cela signifie qu'aucune temporisation


n'est ajoutée au temps minimum pour effectuer le déclenchement, le temps total ne doit pas
dépasser 0,12 secondes.
En se référant au guide de l’installation électrique de Merlin Gerin et plus précisément la
partie concernant l’alimentation normale par le réseau de 2 ème catégorie, le niveau d’isolement
de l’appareillage en MT est choisi en fonction de la tension nominale du réseau d’alimentation.
En effet, pour une tension nominale du réseau MT de la STEG 30kV, le niveau d’isolement
pour le matériel est de 36kV [14].
Nous présentons, ainsi, les caractéristiques essentielles des câbles en amont et en aval du
transformateur élévateur 1600kVA ainsi que la composition des différentes cellules nécessaires
au raccordement sur le réseau.

ENIT -52- Nejma Huiles


Etude technique du raccordement PFE-2010

 CâbleC1(BT)
Intensité de service(A) 3525
Matériau Cu
Température ambiante (°C) 40
Câble unipolaire ou multipolaire UNI
Nombre de conducteurs par phase 5
Mode de pose chemin de câbles
Nombre de phases 3
Section choisie (mm2) 300
Longueur(m) 12

 CâbleC2(MT)
Intensité de service(A) 30.8
Matériau Al
Température ambiante (°C) 40
Câble unipolaire ou multipolaire UNI
Nombre de conducteurs par phase 1
Mode de pose chemin de câbles
Nombre de phases 3
Section choisie (mm2) 50
Longueur(m) 15

 Cellule d’arrivée
Interrupteur sectionneur tripolaire ISR, à coupure dans le gaz SF6, 630A ;
Organe de manœuvre type C10 ;
Jeu de barres tripolaires 630A ;
Sectionneur de mise à la terre en amont du fusible (facultatif : en aval) ;
3diviseurs capacitifs de détection secteur avec indicateurs de présence tension ;
Verrouillage fonctionnel ISR/ sectionneur de mise à la terre ;
1 disjoncteur à coupure dans le SF6, 630A ;

 Cellule de protection de transformateur


Interrupteur sectionneur tripolaire ISR, à coupure dans le gaz SF6, 630A ;
Organe de manœuvre type C10 ;
Jeu de barres tripolaires 630A ;
Sectionneur de mise à la terre ;
3 coupes circuits à fusibles;
3diviseurs capacitifs de détection secteur avec indicateurs de présence tension ;
Verrouillage fonctionnel ISR/ sectionneur de mise à la terre ;

 Cellule de mesure et comptage


Interrupteur sectionneur ISR, à coupure dans le gaz SF6, 630A ;
Organe de manœuvre type C10 ;
Jeu de barres tripolaires 630A ;
Sectionneur de mise à la terre ;
3diviseurs capacitifs de détection secteur avec indicateurs de présence tension ;
3 coupes circuits à fusibles;

ENIT -53- Nejma Huiles


Etude technique du raccordement PFE-2010

Verrouillage fonctionnel ISR/ sectionneur de mise à la terre ;

 Cellule de couplage
2 interrupteurs sectionneurs tripolaires ISR assurant un double sectionnement ;
Jeu de barres tripolaires 630A ;
1 disjoncteur à coupure dans le SF6 ;
Verrouillage : disjoncteur / interrupteur sectionneur ;
3 transformateurs de protection suivant la puissance de la charge (3TCs) ;
3 transformateurs de comptage de type agrées par la STEG (3TCs) ;

IX. Vérification de l’installation

Avant toute réalisation des travaux d’aménagement de l’unité de cogénération ou du poste


de transformation, le gestionnaire du réseau doit vérifier que l’installation respecte les
prescriptions prévues et les conditions de raccordement décrites par lui, le choix du matériel
ainsi que de son emplacement.
D’autre part, avant la mise en service de l’installation de cogénération, la STEG intervient
dans certains réglages des appareils de protection du cogénérateur afin d’assurer leur
coordination avec les appareils de protection du réseau public puis faire une opération qui
s’appelle plombage pour s’assurer que le gestionnaire de l’installation ne touche pas à ces
réglages.
Le cogénérateur peut accéder aux protections générales de son installation de production
décentralisée, à tout moment en raison des travaux de maintenance et d’entretien.
Il existe une certaine communication entre le distributeur d’énergie et le cogénérateur. En
fait, la STEG doit indiquer certains renseignements à l’industriel qui se propose la mise en
place d’une installation de cogénération, tels que :
 La nature du réseau : aérien ou souterrain;
 Le type d’alimentation : simple déviation, coupure d’artère ou double déviation;
 La puissance et le courant de court circuit.
Pour la réalisation du projet, l’accord de la STEG est nécessaire après avoir fournir à ce
dernier un dossier technique complet contenant tous les détails concernant les travaux de
raccordement allant du plan génie civil, passant par le plan d’implantation pour arriver aux
caractéristiques des équipements à installer.
L’essai de vérification de l’installation de cogénération et son raccordement au réseau
public est nécessaire car il permet de s’assurer du bon fonctionnement des fonctions de
protection intégrées.

ENIT -54- Nejma Huiles


Etude technique du raccordement PFE-2010

IIX. Conclusion

Le présent chapitre a été consacré à l’étude et la description des dispositifs de protection à


mettre en œuvre sur le réseau de distribution et l’installation de cogénération fonctionnant en
parallèle avec le réseau. En plus, nous avons étudié certains équipements de comptage et de
synchronisation en détails pour sentir l’intérêt de leur mise en place.
Ensuite, nous avons opté pour un dimensionnement des équipements à installer en faisant le
calcul du courant de court circuit dans différents étages du schéma de raccordement.
L’étude technique est ainsi achevée, il reste à faire l’étude économique du raccordement au
réseau électrique public.

ENIT -55- Nejma Huiles

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