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Filière Génie Civil 2018-2019

GC2

Géotechnique II

Chapitre 8:
Fondations profondes

Khamlichi Abdellatif

1
Plan
• Introduction
• Définition du pieu et terminologie
• Comportement mécanique et sollicitations
• Exemples de pieux
• Comportement sous charge axiale
• Comportement sous sollicitations transversales
• Actions hydrodynamiques
• Etats limites ultimes: justification des fondations profondes à faire
(norme NF P 94 – 262)
• Etats limites ultimes: expressions générales des combinaisons d’actions
(norme NF P 94 – 262)
• Facteurs partiels pour la vérification des états limites pour les structures (STR)
et géotechnique (GEO) (norme NF P 94 – 262)
• Facteurs partiels pour la vérification de l’état limite ultime de soulèvement global
(UPL) (norme NF P 94 – 262)
• Etats limites ultimes: efforts dus au frottement négatif et à la poussée
transversale par déplacement du sol (norme NF P 94 – 262)
2
Plan
• Cumul des frottements négatifs et des charges dues aux actions variables
(norme NF P 94 – 262)
• Etat-limite de portance (norme NF P 94 – 262)
• Etat-limite de traction (norme NF P 94 – 262)
• Résistance aux charges transversales (norme NF P 94 – 262)
• Résistance structurale (norme NF P 94 – 262)
• Stabilité générale (norme NF P 94 – 262)
• Etats limites de service: expressions générales des combinaisons d’actions
(norme NF P 94 – 262)
• Mobilisation du terrain par une fondation profonde soumise à une charge axiale
(norme NF P 94 – 262)
• Déplacement et déformation d’une fondation profonde (norme NF P 94 – 262)
• Evaluation du frottement négatif sur une fondation profonde
(norme NF P 94 – 262) Annexe H
• Fonction représentative du déplacement du sol en considérant celui-ci comme
une action (norme NF P 94 – 262) Annexe K

3
1 Introduction

On présente le calcul géotechnique des fondations profondes selon l’Eurocode 7


(NF EN 1997-1) et la norme française NF P94-262.

La démarche est conforme aux principes du calcul aux états limites avec facteurs
partiels définis dans la norme NF EN 1990 et son annexe NF EN 1990/NA.

La multitude des cas de vérification et des méthodes recommandées ne permet


pas de faire une présentation exhaustive du calcul aux états limites des fondations
profondes.

Au niveau application, il y a lieu de faire appel à des programmes automatiques


pour procéder à toutes les justifications requises pour une fondation profonde.

4
2 Définition du pieu et terminologie
B

tête

Fondation profonde si:


D/B >10 et D > 3 m Couche de
sol médiocre
fût

h: ancrage dans la couche


résistante, minimum 3B
Couche de sol
h d'ancrage

pointe 5
2 Définition du pieu et terminologie

Etapes d'exécution d'un pieu foré

6
2 Définition du pieu et terminologie

Termes et définitions sur un exemple de pieu foré en béton armé

7
2 Définition du pieu et terminologie

Pieu: élément structurel élancé placé dans le terrain, pour transférer à celui-ci les
actions qui lui sont transmises par la structure portée ou par le terrain environnant.
Il peut être préfabriqué ou réalisé en place et être mis en œuvre par forage, par
fonçage, par vibrage, par battage, par vissage ou par vérinage.

Barrette: élément de paroi moulée ou ensemble d'éléments de paroi moulée


interconnectés (par exemple en forme de L, de T ou cruciforme) et bétonnés
simultanément.

Puits: fondation profonde ou semi-profonde, de diamètre d’ordre métrique, creusée


à la pelle ou à la benne preneuse.

Micropieu: pieu de petit diamètre (inférieur ou égal à 300 mm), généralement


réalisé avec des techniques particulières.

Pieu foré: fondation profonde réalisée par forage ou par excavation manuelle (par
exemple un pieu ou un micropieu foré, une barrette, un puits, etc.).

8
3 Comportement mécanique et sollicitations

Chargement Chargement
centré comprimé horizontal

9
3 Comportement mécanique et sollicitations

Charge limite de frottement latéral: Qu

Qs = P Σqsi hsi

P: périmètre du pieu
hsi : épaisseur de la couche i
qsi : frottement latéral unitaire de la couche i
Qs

Charge limite de pointe:

Qp = qp A

A : section du pieu
Qp
qp : contrainte limite sous la pointe

10
3 Comportement mécanique et sollicitations

Evolution de la résistance de pointe qu en fonction de la profondeur


d’enfoncement du pieu 11
3 Comportement mécanique et sollicitations

1 Le mécanisme de rupture vu en fondations


q u = γ 2 BN γ + γ1Df N q + cN c superficielles n'est pas adéquat.
2
Contradiction avec l'expérience!
12
3 Comportement mécanique et sollicitations

Mécanisme de rupture local caractéristique


des fondations profondes

13
3 Comportement mécanique et sollicitations

Qp → 0

Trois modes de fonctionnement des pieux


14
3 Comportement mécanique et sollicitations

Frottement négatif
15
3 Comportement mécanique et sollicitations

16
4 Exemples de pieux
Les pieux forés

Exemples de pieux forés circulaires

17
4 Exemples de pieux
Les pieux forés

Les pieux forés sont réalisés par extraction du sol, puis par mise en place d'une
cage d'armatures et bétonnage de l'excavation. Plusieurs méthodes existent:

La tarière fonctionne comme un tire-bouchon. Elle s'enfonce dans le sol par


rotation et remonte le sol par cisaillement. Technique utilisable pour les sols
tendres.

18
4 Exemples de pieux
Les pieux forés

La benne fonctionne comme un taille-crayon à réservoir en coupant le sol par


rotation et en le stockant directement dans sa partie supérieure. Utilisable pour
les sols tendres.

19
4 Exemples de pieux
Les pieux forés

La grappin est une mâchoire métallique qui détruit le sol par poids. Il est laissé
tombé en chute libre dans le forage, arrivé au fond du forage les mâchoires se
referment sur le sol qui est ensuite remonté. Utilisable pour des terrains durs.

20
4 Exemples de pieux
Les pieux forés

Le trépan détruit le sol mais ne peut pas le remonter. Il est utilisé en général pour
détruire des passages rocheux dans le terrain.

21
4 Exemples de pieux
Les pieux forés

Le carottier fonctionne comme un poinçon en cisaillent le sol par rotation et en le


remontant par adhérence. Utilisable en terrains tendres et adhérents (argileux).

22
4 Exemples de pieux
Les pieux forés

23
4 Exemples de pieux
Les pieux forés

24
4 Exemples de pieux
Les pieux forés

25
4 Exemples de pieux
Les pieux forés

26
4 Exemples de pieux
Les pieux forés

27
4 Exemples de pieux
Les pieux forés

28
4 Exemples de pieux
Les pieux forés

29
4 Exemples de pieux
Les pieux battus

Exemples de pieux battus en béton et en acier

30
4 Exemples de pieux
Les pieux battus

31
4 Exemples de pieux
Les pieux battus

32
4 Exemples de pieux
Les pieux battus

Fondation sur pieux HP ArcelorMittal (Sheet Piling)

33
4 Exemples de pieux
Les pieux pilonnés

34
4 Exemples de pieux
Les pieux pilonnés

35
4 Exemples de pieux
Les pieux vissés

Exemples de techniques de pieux réalisés par vissage

36
4 Exemples de pieux
Les pieux vissés

Exemple de pieux vissés

37
4 Exemples de pieux
Les pieux vissés

Machine pour enfoncer les pieux vissés de fonda pieux

38
4 Exemples de pieux
Les micropieux

Exemples de micropieux forés avec injection d'un coulis de scellement

39
4 Exemples de pieux
Les micropieux

40
4 Exemples de pieux
Les micropieux

Montpellier - Viaduc Alphonse Loubat - Fondation sur micropieux

41
4 Exemples de pieux
Les puits

Par définition, les puits sont des fondations creusées à la main. Les moyens de
forage exigent la présence d'hommes au fond du forage.

Les puits de section circulaire ont un diamètre égal à 1.20 m.

Les puits de section quelconque ont une largeur minimal de 0.80m et une
section de 1.1m2.

La profondeur est en général inférieure à 8m.

Ces dimensions doivent permettre aux ouvriers de travailler en fond de fouille.

La fondation par puits est choisie lorsque:


- la couche superficielle présente une résistance insuffisante;
- les charges sont importantes et concentrées.

42
4 Exemples de pieux
Les barrettes
Il s'agit d'un type de pieux forés et moulés dont les caractères distinctifs concernent
la forme et le mode de forage.

On utilise d'habitude des outillages de forage à benne ou de type hydrofraise dont


les dimensions sont standards:
- largeur: 0.52, 0.62, 1.02, 1.22, 1.52m
- ouverture: 1.80, 2.20, 2.70, 3.00m

Exemples de barrettes en béton 43


4 Exemples de pieux

44
5 Comportement sous charge axiale

X : charge appliquée (kN) – Y : Enfoncement du pieu (m)

Essai de chargement statique de pieu

45
5 Comportement sous charge axiale
Essai de chargement statique d'un pieu sous compression axiale Norme NF 94-150-1
(1999)

Essai à charges contrôlées, par paliers de fluage, qui consiste à mettre en charge
par incléments ∆Q=0.1Qmax jusqu'à Qmax.

Il permet de déterminer la charge limite conventionnelle QLe et la charge de fluage


conventionnelle Qce.

Pendant chaque palier de fluage de durée 60mn, on enregistre le déplacement en


tête du pieu en maintenant la charge constante.

Pour chaque palier Qn, on détermine la pente αn (Valeur à 10mn).

La charge critique de fluage est déterminée par la construction effectuée sur la


courbe de αn en fonction de la charge de palier Qn.

46
5 Comportement sous charge axiale
Essai de chargement statique d'un pieu sous compression axiale Norme NF 94-150-1
(1999)

Droites de stabilisation
X : Temps (min)
Y : Enfoncement du pieu (mm/h)

Droites et courbes de fluage des 2ème, 5ème, 7ème et 9ème palier 47


5 Comportement sous charge axiale
Essai de chargement statique d'un pieu sous compression axiale Norme NF 94-150-1
(1999)

X : charge appliquée (kN)


Y : vitesse d’enfoncement (mm)

Détermination de la charge critique de fluage Qce


48
5 Comportement sous charge axiale
Essai de chargement statique d'un pieu sous compression axiale Norme NF 94-150-1
(1999)

Essai de chargement de pieu; courbe effort déplacement en tête


49
5 Comportement sous charge axiale
Essai de chargement statique d'un pieu sous compression axiale Norme NF 94-150-1
(1999)

La charge limite QLe ou Qu correspond à la rupture du sol et se produit pour un grand


déplacement.

La charge limite est équilibrée par deux réactions limites: la résistance de pointe
qu qui donne la charge limite de pointe Qpu=quA et le frottement latéral qs qui donne
la charge limite de frottement latéral Qsu=qsπBD.

QLe = Qpu + Qsu

Pour atteindre la charge limite, le pieu s'est déplacé en tête de st pour mobiliser le
frottement et de sp (st<sp) pour mobiliser la résistance de pointe; déplacement compté
relativement à la surface du sol.

Les expériences montrent que le chargement progressif du pieu mobilise d'abord le


frottement latéral puis l'effort de pointe. On peut estimer en première approximation
qu'il faut 5mm pour atteindre le fortement latéral limite et de l'ordre de 50mm pour
atteindre la résistance de pointe limite.
50
5 Comportement sous charge axiale

En général, compte tenu des coefficients de sécurité appliqués aux résistances


limites, le pieu sous les charges de service travaillera essentiellement au
frottement latéral et peu en pointe.

51
5 Comportement sous charge axiale

X : charge en tête du pieu (kN) – Y : Profondeur (m)

Evolution des efforts avec la profondeur dans un pieu soumis


à un chargement progressif statique par paliers
52
6 Comportement sous sollicitations transversales

Fc: contre butée – Fp: butée

Mobilisation de la réaction transversale du terrain en fonction


de la profondeur dans le cas d’un pieu court

53
6 Comportement sous sollicitations transversales

p : pression de réaction (Pa) – y : déplacement relatif


horizontal (m) – P : force répartie sur le pieu (N/m) (P=pB)
(réaction transversale) – Es: Module de réaction (Pa)

Courbes de mobilisation de la réaction transversale sur un pieu

54
6 Comportement sous sollicitations transversales

g(z): déplacement libre du sol


y(z): déplacement avec le pieu
∆y = y(z) – g(z)

Mobilisation de la réaction transversale du terrain dans


le cas d'un déplacement d'ensemble de celui-ci
55
7 Actions hydrodynamiques

Effets hydrodynamiques du courant

F = kρw hBv 2

k prend les valeurs suivantes :


- 0.72 si la section plane de l'obstacle est carrée ou rectangulaire,
- 0.35 si la section plane de l'obstacle est circulaire.
56
7 Actions hydrodynamiques

Représentation des niveaux d’eau EB, EF, EH et EE

57
8 Etats limites ultimes: justification des fondations profondes à faire
(norme NF P 94 – 262)

58
8 Etats limites ultimes: justification des fondations profondes à faire
(norme NF P 94 – 262)

Portance Résistance Déplacement


de traction en tête

59
8 Etats limites ultimes: justification des fondations profondes à faire
(norme NF P 94 – 262)

Résistance structurale

60
9 Etats limites ultimes: expressions générales des combinaisons
d’actions (norme NF P 94 – 262)
Combinaison d’actions fondamentales (situations durables et transitoires) pour
les ELU STR et GEO:

 
E d = E ∑ γ Gj,sup G kj,sup "+ "∑ γ Gj,inf G kj,inf "+ "γ Q,1Q k,1 "+ " ∑ γ Q,i ψ 0,i Q k,i  (1)
 j≥1 j≥1 i >1 

Combinaison d’actions accidentelles (situations accidentelles) pour les ELU:

 
E d = E ∑ G kj,sup "+ "∑ G kj,inf "+ "A d "+ (ψ1,1ouψ 2,1 ) Q k,1 "+ " ∑ ψ 2,i Q k,i 
 j≥1 j≥1 i >1 

Pour des situations de projet sismiques, il convient de déterminer la valeur


de calcul de l’effet des actions sur les fondations profondes de la structure
étudiée à partir de la relation (3.17) présentée dans l’article 3.2.4 de la norme NF
EN 1998-1.

''+'' signifie « doit être combiné à »


61
9 Etats limites ultimes: dispositions applicables au calcul des
fondations profondes (norme NF P 94 – 262)
Pour la vérification des états-limites ultimes GEO ou STR dans des situations de
projet durables ou transitoires, il convient de déterminer les sollicitations de calcul
à partir de l’expression suivante:

 
E d = E ∑ γ Gj,sup G kj,sup "+ "∑ γ Gj,inf G kj,inf "+ "[ γ sn G sn ]"+ " γ sp G sp ""+ "γ Q,1Q k,1 "+ " ∑ γ Q,i ψ 0,i Q k ,i 
 j≥1 j≥1 i >1 

Cette expression correspond à la combinaison des actions de l'expression (1), en


isolant les actions de frottement négatif Gsn (car elles ne se cumulent pas
intégralement avec celles dues aux actions variables) et les actions de poussée
transversales Gsp du terrain compte tenu de leur caractère particulier (Clause
5.1.3.3(3)).
Les règles de cumul du frottement négatif et des actions variables sont précisées
dans l’article 7.3.3

62
9 Etats limites ultimes: dispositions applicables au calcul des
fondations profondes (norme NF P 94 – 262)

- Dans une combinaison donnée, Gkj,sup et Gkj,inf désignent des actions d'origine
et de natures différentes, ce qui exclut de partager une même action entre les
deux parties. Par exemple, on ne peut pas affecter à un même sol deux masses
différentes selon que l'on évalue une action de poussée ou une action pondérale.

- Les niveaux de l'eau, choisis dans le cadre des situations définies à l'article 7.1
de la norme NF P 94 – 262 doivent correspondre à une probabilité d'occurrence
faible, et que les actions de l'eau (5.1.5) relèvent des actions permanentes.

63
9 Etats limites ultimes: dispositions applicables au calcul des
fondations profondes (norme NF P 94 – 262)
Pour la vérification des états-limites ultimes GEO ou STR dans des situations de
projet accidentelles, il convient de déterminer les sollicitations de calcul à partir
de l’expression suivante:

 
E d = E ∑ G kj,sup "+ "∑ G kj,inf "+ "[ G sn ] "+ " G sp "+ "(ψ1,1 ou ψ 2,1 )Q k,1 "+ " ∑ ψ 2,i Q k,i 
 j≥1 j≥1 i >1 

- Le frottement négatif Gsn ne se cumule pas intégralement avec les actions


variables et les actions de poussée transversales Gsp du terrain compte tenu de
son caractère particulier. Les règles de cumul du frottement négatif et des actions
variables sont précisées dans l’article 7.3.3.
- Les valeurs des coefficients Ψ1 et Ψ2 sont inférieures à 1 pour tenir compte de la
probabilité de combinaison des actions variables. Elles sont données pour les
charges usuelles aux endroits appropriés de la norme NF EN 1990.

64
9 Etats limites ultimes: dispositions applicables au calcul des
fondations profondes (norme NF P 94 – 262)

Pour la vérification des états-limites ultimes (UPL) dans des situations de projet
durables ou transitoires, il convient de déterminer les sollicitations de calcul à
partir de l’expression suivante:

 
E d = E ∑ γ Gj,dst G kj,dst "+ "∑ γ Gj,stb G kj,stb "+ "γ Q,1Q k,1 "+ " ∑ γ Q,i ψ 0,i Q k,i 
 j≥1 j≥1 i >1 

- Cette expression tient compte du caractère particulier de ce mode de rupture par


soulèvement hydraulique global.
- Les valeurs des coefficients Ψ0 sont inférieures ou égales à 1 pour tenir compte
de la probabilité de combinaison des actions variables. Elles sont données pour
les charges usuelles aux endroits appropriés de la norme NF EN 1990
- Sauf spécification contraire, il est loisible d’affecter globalement, à l’ensemble des
actions variables défavorables transmises par le terrain, un produit γQ,1Ψ0,1 égal
à 1.35.

65
9 Etats limites ultimes: dispositions applicables au calcul des
fondations profondes (norme NF P 94 – 262)

Pour la vérification des états-limites ultimes de stabilité générale du site, il convient


de déterminer les sollicitations de calcul à partir de l’expression suivante:

 
E d = E ∑ γ Gj,sup G kj,sup "+ "∑ γ Gj,inf G kj,inf "+ "γ Q,1Q k,1 "+ " ∑ γ Q,i ψ 0,i Q k,i 
 j≥1 j≥1 i >1 

- L'effet des actions de frottement négatif Gsn et de poussée transversales Gsp


dues à un déplacement d'ensemble du terrain ne sont pas à considérer.

66
10 Facteurs partiels pour la vérification des états limites pour les
structures (STR) et géotechnique (GEO) (norme NF P 94 – 262)

Facteurs partiels pour les actions ou les effets des actions

67
10 Facteurs partiels pour la vérification des états limites pour les
structures (STR) et géotechnique (GEO) (norme NF P 94 – 262)

Facteurs partiels pour les paramètres du sol

68
10 Facteurs partiels pour la vérification des états limites pour les
structures (STR) et géotechnique (GEO) (norme NF P 94 – 262)

Facteurs partiels de résistance pour la portance et la résistance de traction


des pieux

69
10 Facteurs partiels pour la vérification des états limites pour les
structures (STR) et géotechnique (GEO) (norme NF P 94 – 262)

Facteurs partiels de résistance pour la portance et la résistance de traction


des pieux

70
10 Facteurs partiels pour la vérification des états limites pour les
structures (STR) et géotechnique (GEO) (norme NF P 94 – 262)

Facteurs partiels de la résistance des terres pour la stabilité générale

71
11 Facteurs partiels pour la vérification de l’état limite ultime de
soulèvement global (UPL) (norme NF P 94 – 262)

Facteurs partiels pour les actions

72
11 Facteurs partiels pour la vérification de l’état limite ultime de
soulèvement global (UPL) (norme NF P 94 – 262)

Facteurs partiels pour les paramètres des sols et les résistances

73
12 Etats limites ultimes: efforts dus au frottement négatif et à la
poussée transversale par déplacement du sol (norme NF P 94 – 262)

Clause 5.1.3.3

- Les efforts dus au frottement négatif sur une fondation sur pieux ou sur une partie
de structure remblayée doivent être évalués suivant un modèle approprié (Annexe H)
et être introduits dans les calculs en tant que valeur caractéristique représentative de
l'action correspondante.

- Les poussées transversales agissant sur une fondation sur pieux ou sur une
partie de structure remblayée doivent être évaluées à partir d'une fonction
représentative du déplacement du sol en considérant celui-ci comme une action
(Annexe K).

- Les efforts dus au frottement négatif et aux poussées transversales doivent


être traités comme des actions permanentes dans les combinaisons d'actions.

74
12 Etats limites ultimes: efforts dus au frottement négatif et à la
poussée transversale par déplacement du sol (norme NF P 94 – 262)

Pour la vérification des états-limites ultimes GEO ou STR dans des situations de
projet durables ou transitoires, lorsqu'il y a lieu de prendre en compte des actions
de frottement négatif ou de poussées transversales, il convient d'adopter les valeurs
de facteurs partiels suivantes:

γsn vaut 1.35 ou 1.125, sa valeur étant choisie de manière à obtenir l'effet le plus
défavorable (Sections 7.3.3 et 8.8);

γsp vaut 1.35 ou 0.675, sa valeur étant choisie de manière à obtenir l'effet le
plus défavorable (Sections 7.3.3 et 8.8).

75
13 Cumul des frottements négatifs et des charges dues aux actions
variables (norme NF P 94 – 262)

A défaut de modèle plus représentatif, pour les justifications dans lesquelles l'effort
normal présente un caractère défavorable vis-à-vis de la compression, on retient la
valeur de calcul suivante:

Fd = max {G sn;d ; Q′d } + G′d

Fd est la valeur de calcul de la force à considérer;


Gsn;d est la valeur de calcul du frottement négatif ;
G’d est la valeur de calcul de l'effort normal dû aux actions permanentes (hormis
le frottement négatif) à laquelle il peut être ajouté les valeurs des parts quasi
permanentes des actions variables ;
Q’d est la valeur de calcul de l'effort normal dû à la part variable des actions variables
sur ce même élément (la part quasi permanente des actions variables est inclue dans
la valeur de G’d).

A défaut de modèle plus représentatif, pour les justifications vis-à-vis desquelles


l'effort normal présente un caractère favorable, on admet que l'effort normal engendré
par le frottement négatif sur les éléments de fondation est nul. 76
14 Etat-limite de portance (norme NF P 94 – 262)

La valeur de calcul de la portance Rc;d doit être déterminée au moyen de l'une des
formules suivantes:
 R c;k
 γ
 t
R c;d = 
 R b;k + R s;k = R + R
 γ b γs
b;d s;d

Rc;d est la valeur de calcul de la portance du terrain sous une fondation profonde;
Rc;k est la valeur caractéristique de la portance du terrain sous une fondation profonde;
Rb;k est la valeur caractéristique de la résistance de pointe d’une fondation profonde;
Rs;k est la valeur caractéristique de la résistance de frottement axial d’une fondation
profonde;
γt ;γb ;γs sont les facteurs partiels respectivement pour les résistances Rc;k, Rb;k
et Rs;k (voir diapositives 51 et 52).

77
14 Etat-limite de portance (norme NF P 94 – 262)
La valeur de calcul de la portance Rc;d peut être déterminée en utilisant plusieurs
procédures:
- Méthode de calcul à partir d’essais de pieux;
- Procédure du «pieu modèle»;
- Procédure du «modèle de terrain».
Seule la procédure modèle de terrain sera considérée ici:

R b;k = A b q b;k et R s;k = ∑ As;i q s;i;k


i

qb q s;i
q b;k = et q s;i;k =
γ R;d1γ R;d2 γ R;d1γ R;d2

qb désigne la valeur de la pression résistante limite à la base d'une fondation


profonde;
qs;i désigne la valeur de frottement axial unitaire limite de la fondation profonde
pour la ième couche de terrain;
qb;k désigne la valeur caractéristique de la pression résistante limite à la base
d'une fondation profonde;
qs;i ;k désigne la valeur caractéristique de frottement axial unitaire limite de la
fondation profonde pour la ième couche de terrain. 78
14 Etat-limite de portance (norme NF P 94 – 262)
La méthode pressiométrique

Les valeurs qb et qs,i sont déterminées à partir de valeurs représentatives de pression


limite pL, conformément à l’article 2.4.5.2 de la norme NF EN 1997-1.

La portance limite en compression Rc d'une fondation profonde isolée est


déterminée à partir de l'expression générale suivante:

Rc = Rb + Rs

Rc est la valeur de la portance de la fondation profonde;


Rb est la valeur de la résistance de la pointe de la fondation profonde;
Rs est la valeur de la résistance de frottement axial de la fondation profonde;
q0 est la contrainte totale verticale existant dans le terrain au niveau de la
base du pieu au moment des travaux.

79
14 Etat-limite de portance (norme NF P 94 – 262)
La méthode pressiométrique

L'effort limite mobilisable dû au terme de pointe d'une fondation profonde est


calculé à partir de l'expression générale suivante :

R b = Abqb
Rb est la valeur de la résistance de pointe d’une fondation profonde;
Ab est la surface de la base de la fondation profonde (Article A.10);
qb est la valeur de la pression de rupture du terrain sous la base du pieu.

La valeur de la pression de rupture du terrain sous la base de la fondation profonde


est calculée à partir de l'expression générale suivante:

q b = q0 + k p p*Le
kp est le facteur de portance pressiométrique en tenant en compte des clauses de
l’article A.10;
p*Le est la pression limite nette équivalente;
q0 est la contrainte totale verticale existant dans le terrain au niveau de la base du
pieu au moment des travaux. 80
14 Etat-limite de portance (norme NF P 94 – 262)
La méthode pressiométrique

Dans le cas d'une formation porteuse homogène, la valeur de la pression limite nette
équivalente doit être déterminée à partir du profil des pressions limites nettes
considéré comme représentatif en utilisant l'expression générale suivante :

1 D+3a *
p*Le =
b + 3a ∫D−b
pL (z)dz

D est la profondeur de la fondation;


B est la largeur du pieu .

a = max {0.5B;0.5}
b = min {a,h}

h est la hauteur du pieu contenue dans


la formation porteuse.

81
14 Etat-limite de portance (norme NF P 94 – 262)
La méthode pressiométrique

Le facteur de portance dépend de la hauteur d’encastrement effective Def définie


selon la règle suivante:

1 D
Def =
p*Le
∫D−h D
p*L (z)dz

hD désigne une longueur égale à 10B;

L’encastrement effectif est égal à Def/B où B est la plus petite dimension de la fondation
- lorsque l’encastrement effectif Def/B est supérieur à 5:

k p (Def / B) = k pmax

- lorsque l’encastrement effectif Def/B est inférieur à 5:

k p (Def / B) =1.0 + 0.2×(k pmax −1.0)× (Def / B)

82
14 Etat-limite de portance (norme NF P 94 – 262)
La méthode pressiométrique

83
14 Etat-limite de portance (norme NF P 94 – 262)
La méthode pressiométrique

84
Extrait du Tableau A.1 de la norme NF P 94 – 262
14 Etat-limite de portance (norme NF P 94 – 262)
La méthode pressiométrique
Résistance de frottement axial

L'effort limite mobilisable par frottement axial sur la hauteur concernée du fût de
la fondation profonde est calculé à partir de l'expression générale suivante:

D
R s = P ∫ q s (z) dz
0

Rs est la valeur de la résistance de frottement axial d’une fondation profonde;


P est le périmètre du fût du pieu;
D est la longueur de la fondation contenue dans le terrain.

85
14 Etat-limite de portance (norme NF P 94 – 262)
La méthode pressiométrique
Résistance de frottement axial

La valeur du frottement axial unitaire limite à la profondeur z est déterminée à


partir de la relation suivante:

(
q s (z) = α pieu −sol fsol p*L (z) )
αpieu,sol est un paramètre adimensionnel qui dépend à la fois du type de pieu
et du type de sol, il est défini dans le tableau F.5.2.2;
fsol est une fonction qui ne dépend que du type de sol et des valeurs de pL.

( )=(
fsol p*L ap*L )(
+ b 1− e − cp*L
)

86
14 Etat-limite de portance (norme NF P 94 – 262)
La méthode pressiométrique

Extrait du Tableau F.5.2.1 de la norme NF P 94 – 262 87


14 Etat-limite de portance (norme NF P 94 – 262)
La méthode pressiométrique

88
14 Etat-limite de portance (norme NF P 94 – 262)
La méthode pressiométrique

fsol

p*L

89
14 Etat-limite de portance (norme NF P 94 – 262)
La méthode pressiométrique

Extrait du Tableau F.5.2.3 de la norme NF P 94 – 262 90


14 Etat-limite de portance (norme NF P 94 – 262)
La méthode pressiométrique

91
14 Etat-limite de portance (norme NF P 94 – 262)
La méthode pénétrométrique

Les valeurs qb et qs,i doivent être déterminées à partir de valeurs représentatives


ou caractéristiques de résistance à la pénétration qc, conformément à l’article 2.4.5.2
de la norme NF EN 1997-1.

Résistance de pointe

q b = q 0 + k c q ce

qb est la valeur de la pression de rupture du terrain sous la base du pieu;


kc est le facteur de portance pénétrométrique;
qce la résistance à la pénétration équivalente;
q0 est la contrainte totale verticale existant dans le terrain au niveau de la
base du pieu au moment des travaux.

92
14 Etat-limite de portance (norme NF P 94 – 262)
La méthode pénétrométrique

1 D + 3a
q ce =
b + 3a ∫D − b
q cc (z)dz

qcc(z) est le profil pénétrométrique corrigé (Résistance de pointe écrêtée à 1.3qcm);


B est la largeur de la fondation profonde;
h est la hauteur de la fondation profonde contenue dans la formation porteuse;
D est la longueur de la fondation contenue dans le terrain.

B 
a = max  ;0.5m 
2 
b = min {a; h}

1 D + 3a
q cm =
b + 3a ∫D − b
q c (z)dz

93
14 Etat-limite de portance (norme NF P 94 – 262)
La méthode pénétrométrique

q cc

B 
a = max  ;0.5m 
2 
b = min {a; h}

94
14 Etat-limite de portance (norme NF P 94 – 262)
La méthode pénétrométrique
Le facteur de portance kc dépend de la hauteur d’encastrement effective
Def définie selon les règles suivantes:

1 D
Def =
q ce ∫D−h D
q c (z)dz

hD désigne une longueur égale à 10B.

Voir Annexe B

95
14 Etat-limite de portance (norme NF P 94 – 262)
La méthode pénétrométrique

96
14 Etat-limite de portance (norme NF P 94 – 262)
La méthode pénétrométrique

97
Extrait du Tableau A.1 de la norme NF P 94 – 262
14 Etat-limite de portance (norme NF P 94 – 262)
La méthode pénétrométrique
Résistance de frottement axial

La valeur du frottement axial unitaire limite à la profondeur z est déterminée à


partir de la relation suivante:

D
R s = P ∫ q s (z) dz
0

Rs est la valeur de la résistance de frottement axial d’une fondation profonde;


P est le périmètre du fût du pieu;

98
14 Etat-limite de portance (norme NF P 94 – 262)
La méthode pénétrométrique
Résistance de frottement axial

La valeur du frottement axial unitaire limite à la profondeur z est déterminée à


partir de la relation suivante:

q s (z) = α pieu −sol fsol q c (z)

qc(z) est la résistance à la pénétration lissée à la profondeur z;


αpieu,sol est un paramètre adimensionnel qui dépend à la fois du type de pieu
et du type de sol, il est défini dans le tableau G.5.2.2;
fsol est une fonction qui ne dépend que du type de sol et des valeurs de qc.

(
fsol ( q c ) = ( aq c + b ) 1 − e− cqc )
99
14 Etat-limite de portance (norme NF P 94 – 262)
La méthode pénétrométrique

Extrait du Tableau G.5.2.1 de la norme NF P 94 – 262 100


14 Etat-limite de portance (norme NF P 94 – 262)
La méthode pénétrométrique

101
14 Etat-limite de portance (norme NF P 94 – 262)
La méthode pénétrométrique

102
14 Etat-limite de portance (norme NF P 94 – 262)
La méthode pénétrométrique

Extrait du Tableau G.5.2.3 de la norme NF P 94 – 262 103


14 Etat-limite de portance (norme NF P 94 – 262)
La méthode pénétrométrique

104
15 Etat-limite de traction (norme NF P 94 – 262)

Résistance de traction d'une fondation profonde isolée

Pour démontrer qu'une fondation profonde isolée supportera la traction de calcul


avec une sécurité adéquate vis-à-vis d'une rupture par défaut de résistance à la
traction du terrain, l'inégalité suivante doit être satisfaite pour tous les cas de charge
et de combinaisons de charge à l'état-limite ultime:

Ft;d ≤ R t;d

Ft;d est la valeur de calcul de la charge de traction axiale sur une fondation profonde;
Rt;d est la valeur de calcul de la résistance de traction d’une fondation profonde.

105
15 Etat-limite de traction (norme NF P 94 – 262)

La valeur de calcul de la résistance de traction Rt;d doit être déterminée à partir


de la formule suivante:

R t;k
R t;d =
γ s;t

Rt;k est la valeur caractéristique de la résistance de traction de la fondation profonde;


γs;t est le facteur partiel pour la résistance Rt;k (diapositives 51 et 52).
La résistance limite de traction Rt d'un pieu isolé est déterminée à partir
de l'expression générale suivante:

R t = Rs

Diapositive 67 et 80

106
15 Etat-limite de traction (norme NF P 94 – 262)

Il faut aussi vérifier:


- Résistance de traction d'un groupe de fondations profondes
(page 77 de la norme)

107
16 Résistance aux charges transversales (norme NF P 94 – 262)

La vérification d’une fondation profonde isolée ou d’un groupe de fondations profondes


doit être effectuée à l’ELU et à l’ELS.

108
17 Résistance structurale (norme NF P 94 – 262)

La résistance structurale d'une fondation profonde doit être vérifiée tant pendant
les phases de construction qu'une fois l'ouvrage achevé.

Pour démontrer que la résistance structurale d'une fondation profonde est assurée
avec une sécurité adéquate, on doit vérifier que la résistance du matériau constitutif
de la fondation profonde est suffisante pour supporter les effets des actions (effort
tranchant maximal, moment fléchissant maximal, effort normal maximal) qui lui sont
appliquées (page 85).

109
18 Stabilité générale (norme NF P 94 – 262)

La stabilité générale de la fondation doit être assurée tant pendant les phases de
construction, qu'une fois l'ouvrage achevé. Il est aussi nécessaire de vérifier, lorsque
c'est pertinent, le mode de rupture par instabilité générale du site pendant la réalisation
des travaux et au cours de la vie de l'ouvrage porté (état limite ultime de type GEO).

La vérification de la stabilité générale du site doit être effectuée conformément aux


dispositions de la norme NF EN 1997-1 (page 90 de la norme)

110
19 Etats limites de service: expressions générales des combinaisons
d’actions (norme NF P 94 – 262)
Pour les combinaisons caractéristiques, la combinaison d’actions suivante
doit être prise en compte:

 
E d = E ∑ G kj,sup "+ "∑ G kj,inf "+ "Q k,1 "+ " ∑ ψ 0,i Q k,i 
 j≥1 j≥1 i >1 

Pour les combinaisons fréquentes, la combinaison d’actions suivante doit être


prise en compte:
 
E d = E ∑ G kj,sup "+ "∑ G kj,inf "+ " ψ1,1Q k,1 "+ " ∑ ψ 2,i Q k,i 
 j≥1 j≥1 i>2 

Pour les combinaisons quasi-permanentes, la combinaison d’actions suivante doit


être prise en compte
 
E d = E ∑ G kj,sup "+ "∑ G kj,inf "+ "∑ ψ 2,i Q k,i 
 j≥1 j≥1 i≥1 
111
20 Mobilisation du terrain par une fondation profonde soumise à une
charge axiale (norme NF P 94 – 262)
Le niveau de sollicitation du terrain par une fondation profonde en service doit être
compatible avec les exigences de déplacement axial de la fondation profonde soumise
à une charge axiale.
Il convient de vérifier que la mobilisation du terrain demeure inférieure, selon le cas,
à la valeur de calcul de la charge de fluage de compression Rc;cr;d ou de traction
Rt;cr;d. L'inégalité suivante doit être satisfaite:

R c;cr;k
Fd ≤ R c;cr;d =
γ cr
R t;cr;k
Fd ≤ R t;cr;d =
γ s;cr

Fd est la valeur de calcul à l'ELS de la charge axiale transmise par le pieu au terrain;
Rc;cr;d est la valeur de calcul de la charge de fluage de compression;
Rc;cr;k est la valeur caractéristique de la charge de fluage de compression;
Rt;cr;d est la valeur de calcul de la charge de fluage de traction;
Rt;cr;k est la valeur caractéristique de la charge de fluage de traction;

112
20 Mobilisation du terrain par une fondation profonde soumise à une
charge axiale (norme NF P 94 – 262)
Les valeurs caractéristiques des charges de fluage de compression Rc;cr;k et de
traction Rt;cr;k d'une fondation profonde soient évaluées à partir des valeurs
caractéristiques des résistances de pointe Rb;k et de frottement axial Rs;k par
les relations suivantes :
- pour les éléments de fondation mis en œuvre sans refoulement du sol
(Réalisation par exécution d'un forage ou d'une excavation, et en particulier les pieux
forés, les barrettes et les puits)

R c;cr;k = 0.5R b;k + 0.7R s;k


R t;cr;k = 0.7R s;k

- pour les éléments de fondation mis en œuvre avec refoulement du sol (mis en place
dans le sol par battage ou fonçage, et en particulier les pieux préfabriqués battus en
béton armé ou en métal, ainsi que certains pieux, totalement ou partiellement exécutés
en place)
R c;cr;k = 0.7R b;k + 0.7R s;k
R t;cr;k = 0.7R s;k
113
20 Mobilisation du terrain par une fondation profonde soumise à une
charge axiale (norme NF P 94 – 262)

114
21 Déplacement et déformation d’une fondation profonde
(norme NF P 94 – 262)

Lorsque des limitations de déplacement sont imposées par la structure portée,


le déplacement de la fondation profonde doit être évalué (page 94).

Pour les combinaisons à l’ELS quasi permanent ou caractéristique, les valeurs


maximales des lois d’interaction locales utilisées sont limitées à des valeurs
correspondant au niveau r1 (Annexe I). Cette vérification a pour objectif de contrôler
l’adéquation entre le déplacement de la fondation profonde et de la structure portée
et de limiter les phénomènes de fluage (page 95).

115
22 Evaluation du frottement négatif sur une fondation profonde
(norme NF P 94 – 262) Annexe H

La présente annexe s'applique au calcul du frottement négatif sur une fondation


profonde traversant un sol compressible soumis à l'action pondérale d'un remblai.

Elle ne s'applique normalement pas aux autres cas, lorsque le phénomène


de frottement négatif est induit par :
- le rabattement d'une nappe;
- des sols lâches qui tassent par saturation ou par densification sous des effets
sismiques.

116
22 Evaluation du frottement négatif sur une fondation profonde
(norme NF P 94 – 262) Annexe H

Le frottement négatif sur une fondation profonde doit être calculé à partir de
l'expression générale:

K(z) tan [ δ(z) ] σ′v (z) dz


hj
G sn = P ∫
h j−1

P est le périmètre du pieu;


σ'v(z) est la contrainte verticale effective à long terme à la profondeur z, au
contact de la fondation profonde, tenant compte de la perturbation engendrée
par l'accrochage du sol autour de celle-ci;
K(z) est le rapport entre la contrainte horizontale effective et la contrainte verticale
effective;
tan [δ(z)] est un coefficient de frottement dont la valeur dépend de la nature du
contact sol-paroi où δ est l'angle de frottement du contact terrain-élément
de fondation;
h est la hauteur de l'élément de fondation sur laquelle agit le frottement négatif.

117
22 Evaluation du frottement négatif sur une fondation profonde
(norme NF P 94 – 262) Annexe H
En pratique, on doit considérer le produit K tanδ comme un terme dont les deux
facteurs sont indissociables.

118
22 Evaluation du frottement négatif sur une fondation profonde
(norme NF P 94 – 262) Annexe H

Dans le cas où le frottement négatif est engendré par une surcharge uniforme
indéfinie qo, σ'1(z) a pour expression:

σ1′ (z) = q 0 + γz

γ étant le poids volumique du sol, éventuellement déjaugé.

σ'1(z) est la contrainte verticale effective "non perturbée" correspondant à celle


qui règnerait dans le sol en l'absence de l'élément de fondation, ce terme doit
être calculé dans l'axe de l'élément de fondation en tenant compte des
différentes surcharges (généralement constituées par des remblais) disposées
au voisinage de l'élément considéré;

119
22 Evaluation du frottement négatif sur une fondation profonde
(norme NF P 94 – 262) Annexe H
La valeur de σ'v(z) résulte du bilan des efforts verticaux appliqués au sol et
à l'élément de fondation à la profondeur z.
Les couches successives de terrain sont découpées en tranches suffisamment
fines pour que l'on puisse considérer que la variation de σ'v(z) a une valeur
constante le long de l'axe de l'élément de fondation dans chacune des
tranches.
Le calcul de σ'v(z) le long de l'élément de fondation s'effectue de proche en proche
aux frontières entre tranches, du haut vers le bas, en partant de la valeur en tête
de la première couche (généralement constituée par un remblai), cette valeur
étant connue et généralement nulle.
  ∆z j

 L0 dσ1′ − σ′v (z j )

 
 1 − e si µ(λ ) ≠ 0
L0
 dz  
σ′v (z j+1 ) − σ′v (z j ) =   
 dσ′
∆z j 1 si µ(λ) = 0
 dz

λ2 R P
µ(λ ) = L0 = R=
1+ λ µ(λ)K tan δ 2π
R est le rayon d'un pieu circulaire ou lorsque la section n'est pas circulaire, 120
le rayon de l'élément circulaire de même périmètre.
22 Evaluation du frottement négatif sur une fondation profonde
(norme NF P 94 – 262) Annexe H

λ est un coefficient caractérisant l'amplitude de 'accrochage du sol autour


de l'élément de fondation;

La valeur de λ résulte d'une corrélation avec le terme K tanδ établie à partir


de résultats expérimentaux:

 1
 0.5 + 2K tan δ si K tan δ ≤ 0.150

λ = 0.385 − K tan δ si 0.150 ≤ K tan δ ≤ 0.385
0 si 0.385 ≤ K tan δ

121
22 Evaluation du frottement négatif sur une fondation profonde
(norme NF P 94 – 262) Annexe H

La hauteur d'action du frottement négatif est généralement prise égale à la plus


faible des deux valeurs h1 et h2 définies ci-après :
- h1 est la profondeur où la contrainte de calcul σ'v(z) devient égale à la contrainte
σ'v0(z) préexistante dans le terrain avant exécution de la fondation et mise en place
de la surcharge ;
- h2 correspond au niveau où le tassement restant à acquérir par le sol après
exécution de la fondation, calculé sans tenir compte de celle-ci, devient égal
à B/100.

B est la plus petite largeur ou diamètre de la section de la fondation profonde.

122
22 Evaluation du frottement négatif sur une fondation profonde
(norme NF P 94 – 262) Annexe H

Le frottement négatif total agissant sur une fondation profonde pieu isolé est la
somme, sur la hauteur d'action de celle-ci, des termes élémentaires calculés
dans chaque intervalle où K tanδ est constant, par les expressions suivantes:

G nj =
PR
µ(λ j )
{ }
σ1′ (h j ) − σ′v (h j )  − σ1′ (h j−1 ) − σ′v (h j−1 )  si µ(λ) ≠ 0

hj
G nj = P K tan δ ∫ σ1′ (z)dz si µ(λ) = 0
h j−1

Gnj est le frottement négatif dans la couche j ;


hj et hj-1 sont les cotes de la couche j

La valeur du frottement négatif doit être bornée à la valeur de frottement axial


unitaire

123
22 Evaluation du frottement négatif sur une fondation profonde
(norme NF P 94 – 262) Annexe H

Pour évaluer le frottement négatif sur un élément quelconque d'une fondation


complète, on doit distinguer le cas d'une file unique de celui de plusieurs
files et déterminer les paramètres suivants:
- la valeur du frottement négatif sur l'élément considéré, supposé isolé.
- la valeur du frottement négatif sur l'élément considéré, supposé au sein d'un
groupe illimité d'éléments identiques, et dont le mode de calcul est indiqué dans
l’article H3.2 de l'Annexe H.

124
23 Fonction représentative du déplacement du sol en considérant celui-
ci comme une action (norme NF P 94 – 262) Annexe K

Les présentes règles concernent l'évaluation du déplacement horizontal d'une


couche compressible soumise à une charge dissymétrique de remblai.
- Ce déplacement horizontal, noté g(z), intervient dans la justification des éléments
d'une fondation profonde traversant la couche compressible.
- Le déplacement ainsi évalué représente le déplacement « libre » du sol en
l'absence de la fondation.
-Tout ou partie de ces règles sont à appliquer en l'absence d'indications plus
précises (mesures sur le site, mesures lors de cas d'études analogues, études
spécifiques, etc.).
- En toute rigueur, la présence de la fondation modifie la répartition et l'amplitude
des déplacements du sol, mais il n'existe à l'heure actuelle aucune méthode
simple pour tenir compte de cette interaction.

125
23 Fonction représentative du déplacement du sol en considérant celui-
ci comme une action (norme NF P 94 – 262) Annexe K

Principe de la méthode:
La méthode s´applique à une couche compressible d'épaisseur D chargée par
un remblai de hauteur H, de poids volumique γr, et d'angle de talus β.

Déplacement du sol en pied de talus

126
23Fonction représentative du déplacement du sol en considérant celui-
ci comme une action (norme NF P 94 – 262) Annexe K

On admet que le déplacement horizontal du sol exprimé en fonction de la profondeur


z dans le sol compressible et du temps t est de la forme:
z
g(z, t) = G(Z)g max (t) avec Z =
D
Les courbes G(Z) sont données, selon le cas,
par l'une des deux expressions suivantes:
- courbe 1:
G(Z) = 1.83 Z3 - 4.69 Z2 + 2.13 Z + 0.73
- courbe 2:
G(Z) = -2.0 Z3 + 1.5 Z + 0.5

On utilise la courbe 1 dans le cas général.


La courbe 2 est utilisée lorsqu'il existe en surface, sur une hauteur significative
(≥ 0.3 D), une couche moins déformable que les couches profondes. 127
23 Fonction représentative du déplacement du sol en considérant celui-
ci comme une action (norme NF P 94 – 262) Annexe K

La valeur gmax(t) est obtenue à partir de l’expression suivante:

g max (t) = g max (0) + ∆g max (t)

t = 0 correspond à la fin de construction du remblai.

 4.85
8− m  f −1.15 pour 1.1 ≤ f ≤ 3
g max (0) = D λ1 (f ) pour 1 ≤ m ≤ 8 λ1 (f ) = 
7 1.4 pour f ≥ 0
 f

m et f sont deux paramètres adimensionnels (voir diapositive suivante).

128
23 Fonction représentative du déplacement du sol en considérant celui-
ci comme une action (norme NF P 94 – 262) Annexe K

Cohésion moyenne:
1 D
D ∫0
cu = c u (z) dz

Paramètre adimensionnel:

(π + 2)cu
f=
γrH

paramètre caractérisant à la fois la position du pieu par rapport à la crête


du remblai et la pente du talus β'

1 + sin 2 β′ 0 ≤ β′ ≤ π / 2
m=
sin β′

129
23 Fonction représentative du déplacement du sol en considérant celui-
ci comme une action (norme NF P 94 – 262) Annexe K

On admet que ∆gmax(t) est relié aux tassements calculés dans l'axe du remblai,
en section courante, par la relation suivante :

∆g max (t) = Γ [s(t) − s(0)]

s(0) est le tassement à la fin de la construction du remblai;


s(t) est le tassement à l'instant t.

Γ est un coefficient déterminé expérimentalement à partir de mesures sur


différents sites.

130
23 Fonction représentative du déplacement du sol en considérant celui-
ci comme une action (norme NF P 94 – 262) Annexe K

131
23 Fonction représentative du déplacement du sol en considérant celui-
ci comme une action (norme NF P 94 – 262) Annexe K

Détermination de g(z) dans la couche compressible:

Cas ou la fondation est réalisée avant le remblai (Cette manière de faire, fortement
déconseillée, peut être rendue nécessaire par les impératifs du chantier):
dans ce cas, le déplacement à prendre en compte est le déplacement total
entre l'état initial et l'instant = ∞, soit :

g(z) = G(Z)g max (∞)

Cas ou la fondation est réalisée après le remblai: dans ce cas, le déplacement


à prendre en compte est le déplacement entre les instants t = t1 de
réalisation de la fondation et t = ∞, soit:

g(z) = G(Z)Γ [s(∞) − s(t1 ) ]

132
23 Fonction représentative du déplacement du sol en considérant celui-
ci comme une action (norme NF P 94 – 262) Annexe K

Détermination de g(z) dans le remblai:

Que ce soit entre le pied et la crête du remblai, c'est à dire lorsque β ≤ β' ≤π/2
ou à l'intérieur du remblai, c'est à dire lorsque β' ≥π/2), on admet que g(z)
pour z < 0 est une fonction linéaire de z déterminée par :
- la valeur g(0) en surface du sol compressible ;
- la valeur g(-H) correspondant à la surface haute du remblai.
NOTE 1 – Pour l'étude des mouvements du remblai, on étend le domaine de
validité de β' à β' > π/2.

133