Vous êtes sur la page 1sur 74

La microscopie électronique

Le Microscope Electronique à Balayage


( scanning microscope)

Béatrice Fernandez
Nathalie Quellard
Ingénieurs hospitaliers: unité de pathologie ultrastructurale
et expérimentale du CHU de Poitiers
Rappels
Le pouvoir séparateur d'un microscope optique est limité par la longueur
d'onde de la lumière visible
L'utilisation de particules accélérées de plus courte longueur d'onde associée
permet d'augmenter le grossissement. Le choix d'électrons accélérés, pour
produire un rayonnement de courte longueur d'onde, est déterminé par
plusieurs critères :
- masse faible de ces particules qui peuvent être accélérées et focalisées au
moyen de champ électrique ou magnétique
- une source d'électrons est aisée à mettre en œuvre
-Les effets délétères des électrons avec la matière est plus faible que pour des
particules plus lourdes et production de signaux intéressants
Analogie avec avec le microscope photonique
Nous avons vu que la microscopie électronique en transmission était très proche
de la microscopie photonique conventionnelle.
En microscopie photonique on utilise des photons
En microscopie électronique on utilise un faisceau d'électrons
Il existe deux types de fonctionnement des microscopes
En transmission : ils ne permettent d'observer que des échantillons d'épaisseur
suffisamment faible pour être transparents aux photons ou aux électrons
L'image peut être obtenue globalement (en totalité), c’est-à-dire par la
formation simultanée de tous les points images. C’est la manière de formation
de l’image rétinienne, de projection sur un écran ou une plaque photographique,
de la microscopie optique conventionnelle, etc.

En réflexion : opèrent à la surface d'objets massifs , le faisceau est réfléchi à


la surface de l'échantillon;
L'image peut être obtenue séquentiellement, c’est-à-dire par l’enregistrement
point après point des éléments images suivant une trame définie. Cette
technique est devenue classique depuis le développement de la télévision
Ces microscopes sont dits à balayage
On devrait plutôt parler plus généralement de microscopie par sonde (optique,
électronique ou corpusculaire) effectuant un examen un examen point par point
de l'échantillon
Microscopie Electronique à Balayage
Le microscope à balayage est surtout utilisé, en biologie, dans le domaine de
la recherche. Un MEB va permettre d'observer la topographie de surface
d'échantillons massifs en balayant cette surface à l'aide d'une sonde (ici un
faisceau électronique) et en analysant les informations obtenues.
Il permet de visualiser les échantillons en 3 dimensions.
Il donne des informations sur les relations entre les différentes
structures du tissu
On peut également obtenir une image de composition du matériel étudié
Il permet l'observation d'objet macro et microscopiques
Le détail minimum obtenu dépend de la taille de la sonde.
La taille de cette sonde est conditionnée par les aberrations optiques du
microscope
L'aberration la plus visible pour l'utilisateur est l'astigmatisme.
=> On corrige en même temps que l'on effectue la mise au point
L'aberration sphérique dépend directement de la construction des
lentilles.
L'aberration chromatique est déterminée par le type de source
d'électron, donc à l'achat du microscope.
La diffraction détermine les plus petits diaphragmes utilisables
Historique:
1931 Ruska et Knoll utilisent pour la première fois le terme de microscope
électronique
1938 Manfred von Ardenne met au point un microscope utilisant un faisceau
d’électrons qui balaie un échantillon très fin
1942 Vladimir Zworykin : microscope électronique analysant une surface
opaque
1952Richard Oatley et Ken Sander construisent le premier MEB « effet 3D »
1960 Everhart et Thornley inventent le detecteur d’electrons secondaires et
retrodiffusés toujours utilisé
Microscope à Balayage
Principe du MEB
Ce n’est pas proprement dit un microscope conventionnel dans le sens optique
du terme:
Il n’y a pas formation d’une image par une lentille objectif (comme cela est
le cas en microscopie optique et en microscopie électronique en
transmission).
Ici, l’image est formée de façon séquentielle en balayant la surface de
l’échantillon par un faisceau d’électrons et en recueillant
soit les électrons secondaires.
soit les électrons rétrodiffusés

Description du MEB
La technologie en microscopie photonique ou électronique comporte deux
aspects distincts:
La formation du faisceau (photonique , électronique)
La formation de l'image

La formation du faisceau utilise la même technologie que pour la microscopie


électronique en transmission.
Canon
ROLE: Le canon permet d' extraire les électrons d'un matériau puis de les
accélérer
Partie du microscope contenant la source d’illumination, il comprend:
1 La cathode
Production par effet thermoionique
filament de tungstène ou LaB6 =>production d'électrons par effet thermo
ionique Le filament est chauffé à 2800°C. Il émet des électrons dans toutes les
directions.
Production d'électrons par effet de champ
On utilise une cathode métallique en forme de pointe très fine et on applique
une tension de l'ordre de 3 000 à 7 000 volts entre la pointe et l'anode
extractrice. On produit ainsi, par "effet de pointe", un champ électrique très
intense, de l'ordre de 107 V.cm-1, à l'extrémité de la cathode. Les électrons
sont alors émis par effet tunnel à travers le mur de potentiel qui les maintient
dans la pointe. (le flux d'électrons est très nettement supérieur. Les électrons
semblent provenir d'une petite zone au centre de la pointe)
I
2 L’anode
Elle est à un potentiel nul. Il y a une différence de potentiel (haute tension )
entre l’anode et la cathode de 1 à 30k. Les électrons émis par la cathode sont
attirés par l’anode à une vitesse proportionnelle à la DDP entre la cathode et
l’anode.
3 Le wehnelt
Entre la cathode et l’anode on a le wehnelt qui est à un potentiel un peu plus
électronégatif que la cathode, il repousse les électrons émis par le filament
pour qu’ils convergent vers son orifice central
Les électrons sont ainsi repoussés vers le centre du wehnelt et vont
vers l’anode. On obtient un faisceau d’électrons.
Plus ce faisceau est fin et accéléré (selon la DDP entre anode et
cathode) plus il est pénétrant , plus il est ponctuel donc destructeur.
Colonne MEB JSM840
Colonne(formation du faisceau)
Elle abrite les lentilles électromagnétiques. Ce sont des solénoïdes constitués
d’un noyau en fer doux évidé au centre. Le courant électrique crée un champ
électromagnétique dans l’entrefer de la lentille. La variation du courant dans le
bobinage fait varier la convergence de la lentille. Un jeu de lentilles
''condenseur'' focalise le faisceau sur un diaphragme.
Une deuxième lentille ''objectif'' refocalise ce faisceau sur l'objet en un spot
très fin (<15 à 200 Å)
Sa géométrie est particulière car elle abrite le déflecteur de balayage.
Rôle du déflecteur
Celui-ci comporte des bobines électromagnétiques qui assurent le déplacement
du faisceau électronique selon deux axes perpendiculaires X et Y.
Ce balayage est synchronisé avec celui d’un écran cathodique de visualisation
(type moniteur télé).
Le balayage est restitué sur l'écran point par point sur une ligne horizontale et
ligne par ligne sur un plan vertical. (X,Y)
Le système de vide:
Comme dans le cas du microscope électronique en transmission, le microscope
à balayage est équipé d’un système d’évacuation pour produire un vide stable
de l’ordre de 10-4 Pascal (10-9 atm).

Ce vide permet de conserver un faisceau de bonne qualité et évite la


contamination de l’échantillon mais nécessite une dessiccation de l’échantillon
(absence totale de liquide).
Formation de l'image
Le faisceau d'électron (ou sonde) est focalisé sur l'objet par la lentille
objectif Un diaphragme au centre de la lentille module la profondeur de
champ.
Ces électrons incidents arrivant sur l’échantillon entraînent :
•L’éjection d’électrons secondaires (de faible énergie)
•L’émission de rayons X caractéristique de la nature chimique de l’échantillon.
•Peuvent pénétrer l’échantillon et être déviés par certains atomes lourds ils
ressortent avec une énergie importante
Interaction élastique électron-
matière énergie = énergie du
faisceau incident (caractéristique
de ce faisceau)

Interaction inélastique
électron-matière => éjection
d’un électron secondaire:
électrons énergie <énergie des e- du
de Auger
cathodoluminescence faisceau incident

interaction entre le
faisceau d’électrons et la
surface de l’échantillon
Certains électrons sont diffusés de
manière élastique, c'est-à-dire en
conservant leur énergie cinétique ;
se sont les électrons dits
"rétrodiffusés" (back-scattered
electrons).

Au cours du choc, certains


électrons primaires cèdent une
partie de leur énergie cinétique aux
atomes, provoquant l'ionisation de
l'atome par éjection d'un électron
dit "secondaire".

L'énergie des électrons secondaires


étant faible (typiquement quelques
dizaines d'eV), seuls les électrons
venant des couches superficielles
ressortent de la matière.

L'atome ainsi ionisé se désexcite ;


un électron d'une couche supérieure
descend occuper la place laissée
vide, ce qui provoque soit l'émission
d'un photon X (émission
Interaction électrons/matière : rayonnements émis par secondaire), soit d'un électron
les atomes sous un faisceau d'électrons Auger.

.
Poire de diffusion des électrons dans
l ’échantillon
Origine du signal
1 Les électrons secondaires:
Un électron primaire (du faisceau incident)cède une partie de son énergie à
un électron peu lié, de la bande de conduction d'un atome de l'échantillon.
Cela provoque une ionisation par éjection de l'électron secondaire.
Ces électrons ont une faible énergie cinétique (interaction inélastique) et
doivent être arrachés très près de la surface pour pouvoir ressortir de
l’échantillon. Ils sont très dépendants de la topographie de l'échantillon
2 Les électrons rétrodiffusés
Les électrons rétrodiffusés sont des électrons issus du faisceau primaire et
réémis dans une direction proche de leur direction d’origine après collision
avec les noyaux des atomes de l’échantillon. Ils sont réémis avec une énergie
identique (choc élastique). Les atomes les plus lourds réémettent plus
d’électrons que les atomes légers. Le taux de rétrodiffusés est donc une
fonction croissante du numéro atomique Z de l’échantillon.. Leur énergie
importante leur permet d’échapper à l’attraction du collecteur d’électrons
secondaires.
Ils seront captés par les bords d’un scintillateur annulaire ( au milieu
passeront les électrons primaires) puis par un photomultiplicateur afin de
construire une image lors du balayage Ils apportent une information de
profondeur.
La détection d’électrons rétrodiffusés permet d’obtenir une information sur
la composition chimique et donc d’observer l’homogénéité chimique de
l’échantillon.
Un élément lourd apparaîtra plus brillant qu’un élément léger (C,N,O) sur une
image en rétrodiffusé.
Nous obtenons alors un contraste de composition
Images données par les électrons rétrodiffusés

Exemple d’une image de composition.


a. Soudure de BGA (©Sony Alsace - Engineering center)
b. Préforme (or, étain) recuite qui sert à braser la diode laser

G uilla um e L A T H U S
J E O L E uro pe S A
3 les photons et électrons Auger :
Un électron primaire, du faisceau incident, peut ejecter un électron d'une
couche profonde d'un atome de l'échantillon.Cet atome passe dans un état
excité et "cherche" à repasser à l'état fondamental d’équilibre par émission:
•Soit d’électrons Auger
•Soit de rayonnements X caractéristiques de l’atome excité
•Soit émission de lumière de longueurs d’ondes visibles sur certains matériaux
: cathodoluminescence.
Les électrons Auger possèdent une très faible énergie et sont
caractéristiques de l'atome qui les a émis. Ils permettent ainsi d'obtenir
des informations sur la composition de l'échantillon et plus particulièrement
de la surface de l'échantillon ainsi que sur le type de liaison chimique, dans la
mesure évidemment où le MEB est équipé d'un détecteur d'électrons
réalisant une discrimination en énergie. Ce sont des MEB spécialisés qui sont
équipés d'analyseurs en énergie. On parle alors d'« analyse Auger » ou de
« spectrométrie Auger ».
Le niveau de vide des microscopes électroniques Auger doit être bien meilleur
que pour les MEB ordinaires, de l'ordre de 10-10 Torr ( environ 10-13 atm).
Analyse X :

le faisceau d'électrons est suffisamment énergétique pour ioniser les


couches profondes des atomes. Lors de la désexcitation, le remplissage de
l'ordre énergétique de la structure électronique, se produit avec émission de
rayons X. L'analyse des ces rayons permet d'obtenir des informations sur la
nature chimique de l'atome.En détectant ces rayons X, on peut identifier les
éléments contenus dans l’échantillon (analyse qualitative), mais on peut aussi
déterminer la concentration de ces mêmes éléments (analyse quantitative).

Cathodoluminescence :
certains matériaux sulfures oxydes ou semi-conducteurs émettent des
photons (ultraviolet, visible) lorsqu’ils sont bombardés par le faisceau
d'électrons. Le spectre obtenu dépend du matériau étudié et de sa pureté
(détection d’impuretés).
Exemple de spectre de raies analyse EDX

L’impact d’un électron primaire de haute énergie peut ioniser un atome au


niveau d’une couche électronique interne, ce qui s’accompagne de l’émission de
rayons X dû à la désexcitation de l’atome. L’énergie des rayons X émis lors de
la désexcitation des atomes dépend de leur nature chimique. Un spectre de raies
caractéristiques des éléments présents dans l’échantillon peut être enregistré
Détection des électrons secondaires
Les électrons secondaires sont captés par le collecteur: constitué d’un
scintillateur et d’un photomultiplicateur (ces électrons donnent un signal trop
faible pour être détecté directement). Le scintillateur entouré d’une grille
chargée positivement (formant une cage de faraday), « absorbe » les électrons
secondaires et restitue une partie de leur énergie sous forme de photons.
Ces photons sont conduits par une fibre optique qui les canalise vers le
photomultiplicateur. Ils frappent la cathode photosensible qui émet alors des
électrons, ces électrons sont amplifiés de dynode en dynode et attirés par
l’anode.
Ils sont multipliés (gain de l’ordre de 106) et représentent alors, un signal
électrique d'intensité détectable
Photomultiplicateur

scintillateur
Restitution du signal (électrons secondaires)
A la sortie du photomultiplicateur, le courant va moduler l’intensité du
faisceau d’un oscilloscope, et donc permettre la visualisation de l’image de
l’échantillon en restituant des photons lors de l’excitation de son écran
fluorescent (télé) Cet oscilloscope cathodique est synchronisé avec le balayage
de l’échantillon
Les reliefs de cette image en 3D correspondent à des différences d’émission
d’électrons secondaires. Ceux-ci seront plus facilement arrachés au niveau les
pics de la surface de l’échantillon et donneront des zones lumineuses. Les creux,
moins exposés, apparaîtront plus sombres.

On a une relation entre un point de l’échantillon et un point de l' écran.


mr.gnmeba.free.fr/tutorial/tutorial_meb.htm

La Microscopie Electronique à Balayage


auteur : Jacky Ruste
GROSSISSEMENT
Le grossissement obtenu est le rapport des dimensions des surfaces
balayées sur l’échantillon et sur l’écran.
En microscopie à Balayage classique il va de X400 à X30 000 beaucoup
plus pour les MEB équipés de canons à effet de champ.

RESOLUTION
La résolution se situe entre celle de la microscopie optique et celle de la
microscopie électronique en transmission. Elle est de l’ordre de 20 nm
Conservation des images
La mémoire visuelle est subjective, insuffisante et difficile à communiquer.
Le spécialiste qui travaille au microscope électronique doit enregistrer son
observation en prenant un cliché photographique sur une pellicule sensible
aux photons.
Ce document peut être agrandi et révéler des détails qui avaient échappés
à l’observation à l’écran, il permet de faire des montages.
On peut également numériser ces images pour les analyser
Le MEB permet l'analyse d'échantillon de volume très variable
On peut observer des échantillons de qq mm3 à plusieurs cm3.
L'introduction de l'objet dans le vide nécessite une préparation rigoureuse du
matériel biologique (fixation dessiccation)
L'energie du faisceau d'électrons se diisipe essentiellement sous forme de
chaleur => effet délétère sur échantillon qui doit être conducteur ou rendu
conducteur (métallisation)
Sur quels échantillons peut-on travailler:
En microscopie à balayage conventionnelle on va s'intéresser à la surface de
l’objet et aux interactions entre les différents éléments qui compose l'objet à
étudier.
Le volume de la chambre est le facteur limitant de la taille de l’échantillon. On
peut travailler sur des échantillons biologiques: Pollen,
cellules, insectes, organes etc.. Ou sur
d'autres matériaux: Poudres,
polymère, cristaux etc
On pourra
également étudier des cellules sur leur support de culture par exemple
Préparation des échantillons
1 Fixation:
Elle se fait classiquement aux aldéhydes (voir chapitre TEM).
•Lavages en PBS suivis éventuellement d’un rinçage rapide à l’eau distillée
(pour éviter les précipités salins)
•Déshydratation en bains d’acétone en concentration croissante dans l’eau
jusqu’à acétone pure. Les échantillons sont placés dans le vide à l’intérieur
de la colonne, ils ne doivent renfermer aucun liquide et doivent donc subir
une dessiccation.
2 Dessiccation:
Elle consiste à élimer tout liquide contenu dans l'échantillon à étudier.
Dans le vide de l'appareil un liquide s'évaporerait immédiatement
⇒Souillures
⇒ effondrement des structures biologiques
Il existe plusieurs méthodes de dessiccation:
•La dessiccation à l'air : la plus simple et la moins onéreuse.
Elle est suffisante pour des échantillons très peu hydratés et dont les parois
sont suffisamment rigides par exemples les pollens les grains de sable
certaines poudres etc… ( ne pas oublier de mettre l'objet à l'abri des
poussières).
Elle peut être complétée par un passage dans une enceinte sous vide.
Inconvénients:
On effectue un séchage à l'air lorsque le taux évaporation de l'eau de l'eau
contenue dans l'objet est supérieur au taux de condensation.
On a des forces de tension de surface qui interviennent entre la phase liquide
et gazeuse d'un corps.
L'eau a une tension de surface très élevée aux conditions ambiantes de t° et à
pression atmosphérique
L'élimination de l'eau liquide par évaporation, d' un échantillon biologique très
hydraté va entraîner un effondrement des parois cellulaires et donc une
déformation de la surface de l'objet.
•Dessiccation à l'air après substitution
Si on substitue à l'eau, un solvant de tension de surface de moindre valeur, on
peut diminuer les problèmes liés à la dessiccation à l'air.
C'est pourquoi on a intérêt à faire précéder la dessiccation à l'air par une
déshydratation classique à l'acétone ou à l'éthanol.
Notion de tension de surface (tension superficielle)
Dans une molécule d'eau, un atome d'oxygène est lié à deux atomes
d'hydrogène par des liaisons de covalence mettant en jeu un doublet
d'électrons. L'angle O-H-O est environ de 105°. La molécule est électriquement
neutre mais est polarisée car la densité d'électrons est plus grande près du
noyau d'oxygène que près des noyaux d'hydrogène. Lorsque deux molécules
d'eau sont en présence, elles ont tendance à s'unir par une liaison
électrostatique (liaison hydrogène) entre un noyau d'hydrogène chargé
positivement et le nuage électronique entourant le noyau d'oxygène.
A 20°C les molécules d'eau s'assemblent en moyenne par 6 et l'eau se comporte
comme un polymère
Les molécules d'un liquide (et en particulier de l'eau) se comportent de manière
très différente selon qu'elles sont au sein du liquide ou en surface à l'interface
liquide-gaz. (air)
Au sein du liquide les molécules subissent l'interaction de leurs voisines et la
résultante des forces est nulle.
En surface elle perdent la moitié de leurs voisines et au dessus d'elles se
trouvent l'air pour lequel elles ont peu d'affinité, la résultante des forces est
dirigée vers le liquide.

Les molécules de la surface se


comportent comme une "peau"
confinant le liquide.
Elles forment la plus petite surface
possible entourant le liquide
(gouttelettes)
La tension superficielle est la force par unité de longueur exercée par
la surface.
F
r =
L
Elle correspond à l'accroissement d'énergie dW nécessaire pour
augmenter la surface de dS
dW
r =
dS

Tension de surface
Quelques valeurs pour l'eau
Acetone à 20°C:
Température °C 0 10 15 20 25 23.7 mN.m-1
tension Ethanol à 20°C :
superficielle 22.3 mN.m-1
de l'eau mN.m -1 75,6 74,9 74,2 73,5 72
Le trichlorotrifluoroéthane a une faible tension superficielle. Il est miscible à
éthanol et donc utilisé entre la déshydratation classique et un séchage
terminal à l'air donne de très bons résultats sur des étalements de cellules
isolées (bactéries spermatozoïdes…).
Toutefois ce solvant est dangereux pour l'environnement
Dessication par contournement du point critique (passage dans l’appareil à
point critique):
Si on laisse sécher à l'air ( conditions ambiantes de T° et de pression), on
supprime l'eau d'une structure hydratée, cette structure se déforme, si l'eau
s'évapore violemment la structure s'effondre. Le point critique d'un corps est
une notion liée aux transitions de phase. Un corps se présente à l'état solide
liquide ou gazeux selon les conditions de température et de pression dans
lesquelles il se trouve. Il peut exister des conditions de température et de
pression telles qu'il se trouve à la fois dans plusieurs etats. Au point triple, on
trouve les 3 états solide liquide gazeux. Au point critique: on trouve l'état
liquide et gazeux à la fois.Ce point est caractérisé par des valeurs de t° et
pression pour lesquels ce corps est à la fois liquide et gazeux. La valeur des
forces tension à l'interface liquide gaz devient nulle au point critique.
Pression Diagramme de phases d’un corps
fusion solidification

SOLIDE LIQUIDE
GAZ
Point critique
condensation
vaporisation

Point triple

sublimation solidification

L' idéal serait de pouvoir obtenir les valeurs du point critique de l'eau de
façon à évaporer celle-ci sans risquer de déformer l'échantillon.
Point critique de l'eau:
T° = 376°C pression: P =221 bar
Impossible
On va chercher un autre solvant dont les valeurs de point critique sont plus
faciles à atteindre

Diagramme
des phases
de l’eau
L'appareil permet d’obtenir ces conditions de température et de pression
pour le CO2 .
On va donc substituer le milieu intérieur de la cellule par du CO2 liquide.
Le CO2 liquide n’est pas miscible à l’eau,cette étape ne peut avoir lieu
directement:

Le CO2 liquide est totalement miscible à l'acétone (et à l'acétate d'amyle)


on effectuera donc une première substitution de l'eau par de l'acétone
jusqu'à l'acétone pure .
Inconvénients:
Certains composés sont solubles dans le CO2 :
Stéroïdes
Carotèneoïdes
L'acétone est un solvant des lipides
Il faut en tenir compte pour des objets très riches en graisses (cerveau par
exemple)
Les échantillons déshydratés sont transférés dans l’appareil, dans l’acétone
pure et la température de enceinte est abaissée. Le CO2, liquide à 8°C, est
miscible à l’acétone qui imprègne le milieu cellulaire.
On remplace progressivement l’acétone par le CO2 liquide et on amène la
préparation au point critique du CO2 (T° 31°C Pression 73.8 bars = environ
73 atm). On dépasse ces valeurs.
On ramène très progressivement la préparation aux valeurs ambiantes de
température et de pression en évacuant le CO2 gazeux. La préparation est ainsi
desséchée sans altération du volume

Métallisation
L’interaction entre les électrons et la matière conduit à des accumulations de
charges à sa surface.
Ces charges sont évacuées vers la masse si l’échantillon est conducteur.
Si l’échantillon est isolant ou n’est
pas assez conducteur, l’accumulation de charges déforme le faisceau
d’électrons entraînant une élévation de température à l’endroit de l’irradiation,
ce qui peut endommager les objets biologiques. Pour remédier à cet
inconvénient on le rend conducteur en le recouvrant d’une fine couche d’or (25 à
30nm)
Métalliseur
Principe:
Dans l’enceinte, une pompe primaire fait le vide (5.10-3mbar) L’air résiduel est
remplacé par de l’argon.
On applique une DDP entre l’anode (échantillon) et la cathode (cible d’or).
On obtient un plasma d'argon fortement ionisé:
Les électrons libres sont entraînés en spirale par un système magnétique et
entrent en collision avec les atomes d’argon.
Chaque collision éjecte un électron de l’atome d’argon qui devient positif. Cet
électron rencontre à son tour un autre atome d’argon. (réaction en chaîne)
Les ions argon sont accélérés vers la cathode qu’ils bombardent, arrachant ainsi
des atomes de métal qui forment un nuage diffus.

Les atomes d’or atteignent le spécimen dans toutes les directions et se


condensent dessus.Ainsi même les échantillons très fissurés sont recouverts
d’un film conducteur.
Installation de l'objet sur le support d'observation:
Une lamelle sur laquelle on a effectué un étalement sera collée sur un plot
métallique (adhésif double face) Il faudra assurer la conduction à l'aide
d'un point de laque conductrice
Pour les très petits échantillons ou les poudres il existe un adhésif double
face conducteur dans le commerce.
Les « grosses » pièces seront collées directement sur un support
métallique par une laque conductrice, il faut veiller à bien repérer les
faces de l'objet. Le matériel est prêt à être observé au microscope JSM
840.

Les échantillons très hygroscopiques doivent être conservés dans le vide


en attendant leur observation.
Technique
possible fixation
g lu ta r a ld é h y d e
2 h à 4 ° C o u M ic r o o n d e s

Sur 1 journée déshydratation


a c é to n e (b a in s d e s o lu tio n c r o is s a n te )

au minimum
dessication
a p p a re il à p o in t c r itiq u e
C O2 liquide

métallisation

observation
J S M 8 40
Echantillon Coupe uf
in toto

Image de composition:
électrons rétrodiffusés Etude de l’ultrastructure
Topographie de surface:
Electrons secondaires

Échantillon non Échantillon conducteur:


conducteur
Ex Pièce métallique
Échantillon hydraté

dessiccation
Echantillon sec
(pollen poudre) métallisation

Observation MEB Observation MET


Cheveu
REIN de souris tubes collecteurs

10µm
Tubes rénaux
Tubes collecteurs
Glomérule de souris
podocytes
Cellule tubulaire
proximale en
culture
G=5.500
Cellule tubulaire
proximale
G=8.000
Capillaire
Hématies
Hématies
Lymphocytes
Lymphocyte
Lymphocyte
Plaquette
Réseau de fibrine
Moelle osseuse
Moelle osseuse
Bilophila
Spermatozoïdes
CRISTAUX D’IMMUNOGLOBULINE
100µm
PUCERON
Œil d’insecte
MERCURE
POLLEN

10µm
pollen
Cristaux de
phosphate
Conversion des unités de pression

1k
gp o id
s
a t
m
P
as
cal bar m-2 ou a
c t (
a
tmosp
hère
)
1
Pas
cal 1 0 -5
1.1 1,0
19
7.10 -
5 9
,8
69
2.1
0 -
4

1
ba
r 05
1.1 1  1,0
1
97 9
,8
69
2.1
0 -
1

1k
gpo
id
s
m-2 ou a
c t 9
,8
06
7.10 4 9
,8
06
7.10 -
1 1 9
,6
78
4.1
0 -
1

1a t
m
(
a
tmosp
hère
) 1,0
13
3.10 5 1,0
13
3 1,0
33
3 1
1
,3
33
2.10 2 1
,3
33
2.10 -
3 1,3
59
5.10 -
3 1,3
15
8.1
0 -
3
1
to
rr
1
mba
r 02
1.1 0 -3
1.1 1,0
19
7.10 -
3 9
,8
69
2.1
0 -
4

3
,3
86
.10 3 3
,3
86
.10 -
2 3
,4
53
.10 -
2 3
,3
45
.1
0 -
2
1
in
chH
g
6
,8
94
8.10 3 6
,8
94
8.10 -
2 7
,0
30
6.1
0 -
2 6
,8
04
6.1
0 -
2
1
PSI

torr mbar inc


h Hg PS I
7
,5
00
6.10 -
3 0 -2 
1.1 2
,9
53
.10 -
4 1,4
50
3.1
0 -
4
1
Pas
cal
7
,5
00
6.10 2 03
1.1  2
,9
53
.10 1 1,4
50
3.1
0 1
1
ba
r
1k
gpo
id
s
m-2 ou a
c t 7
,3
55
6.10 2 9
,8
06
8.10 2 2
8,9
6 14
,2
2
1a t
m
(
a
tmosp
hère
) 7
60 10
13 2
,9
95
.1
0 1 1,4
22
47
.10 1

1 1,3
33
2 3
,9
37
.10 -
2 1,9
33
7.1
0 -
2
1
to
rr
7
,5
00
6.10 -
1 1 0
,0
29
53 1,4
50
3.1
0 -
2
1
mba
r
2
,5
40
.10 1 3
,3
86
.10 1 1 4
,9
10
.10 -
1
1
in
chH
g
5
,17
1
5.10 1 6
,8
94
7.10 1 2
,0
41 1
1
PSI