Vous êtes sur la page 1sur 2

Communiqué de “L’Internationale pour l’Avortement Libre en Equateur”

à l’occasion du 28 septembre: Journée internationale de mobilisation pour le droit à l’avortement

Ensemble pour notre droit à décider,

jusqu’à ce que la dignité soit une habitude.

Celles à l’origine de cette déclaration vivons et habitons à l'extérieur de l'Équateur. Nous sommes des femmes et personnes gestantes, des migrantes, des étudiantes, des doctorantes, des universitaires, des travailleuses non rémunérées pour les tâches et soins domestiques, des salariées, des militantes, qui nous rassemblons pour rejeter publiquement la décision de l'Assemblée nationale équatorienne. Mardi dernier, le 17 septembre 2019, cette instance s’est prononcée contre la dépénalisation de l'avortement en cas de viol, inceste, insémination non consentie et malformations du foetus rendant sa vie non viable dans le cadre des réformes du Code Organique Intégral Pénal (COIP), approuvé en 2013.

Pour la seconde fois, l'Assemblée nationale, nie la possibilité d'élargir les causes de dépénalisation de l'avortement en cas de viol, forçant les filles, les femmes et les personnes capables de gestation à mener à terme une grossesse résultant du viol, permettant à leur corps de passer par un avortement dangereux dont la pratique met en danger leur santé et leur vie. Cette action du pouvoir législatif, fondée sur une justice patriarcale, capitaliste, machiste, raciste, raciste, colonialiste, constitue l'une des expressions les plus évidente de la violence structurelle de l'État envers les femmes, perpétuant la violence, la torture et la mort des filles, adolescentes et femmes. C'est pourquoi, nous exigeons que la décision concernant nos corps et nos vies cesse d'être abordée comme un problème moral religieux car c'est une question de santé publique

et de justice sociale. #MaternitésImposéesTravailForcé

La pénalisation de l'avortement est une violation des droits humains des femmes. Les chiffres sont très clairs : en Équateur, entre 2009 et 2016, 17 448 grossesses sont survenues chez les filles de moins de 14 ans, toutes étant le fruit d'un viol (F. Desafío). Au niveau régional, le pays occupe le troisième plus haut taux de grossesse chez les adolescentes. La naturalisation de la violence sexuelle dans la vie quotidienne ainsi que le cadre juridique défaillant empirent cette situation. Au cours des trois dernières années (INEC : 2019), 13 969 femmes ont été victimes d'abus sexuels et 11 filles sont violées chaque jour.

La criminalisation sociale et juridique de l'avortement n’en réduit pas sa pratique. Les données montrent que les femmes qui ont décidé d'avorter le feront, que cela soit légal ou non: chaque année, 21 939 femmes se rendent aux hôpitaux et dispensaires de santé suite à un avortement. Cela signifie que, dans le pays, 61

femmes avortent chaque jour (Ministère de la Santé Publique). Parmi celles-ci, 26 sont des filles, des ado- lescentes et des jeunes de moins de 24 ans. Ces données, qui ne reflètent que les avortements officielle- ment enregistrés, laissent penser que la criminalisation de l'avortement ne fait qu'augmenter la probabilité de subir des avortements risqués et que ce sont les filles, les adolescentes, les femmes précarisées et racisées (surtout les femmes issues des peuples indigènes et afrodescendantes) qui subissent les conséquences de ces procédures dangereuses pour leur vie et leur santé.

de ces procédures dangereuses pour leur vie et leur santé. #AbortoInseguroMorbiMortalidadSegura Entre 2013 et 2019, il
de ces procédures dangereuses pour leur vie et leur santé. #AbortoInseguroMorbiMortalidadSegura Entre 2013 et 2019, il

#AbortoInseguroMorbiMortalidadSegura

Entre 2013 et 2019, il y a eu 435 poursuites pénales pour avortement au ministère public.100% des femmes poursuivies sont pauvres, 69% ont entre 14 et 19 ans, 40% sont afro-équatoriennes. Ainsi, lorsque l'avorte- ment est criminalisé, la pauvreté l'est aussi. Un avortement sans risque en Équateur est un privilège de classe ; celles qui ont plus de ressources auront un avortement accompagné dans des conditions plus favo- rables, tandis que les plus pauvres seront confrontées à un scénario qui ne garantit pas du tout leur santé et leur vie. Pour cette raison, la criminalisation de l'avortement aggrave ces conditions d'inégalité.

l'avortement aggrave ces conditions d'inégalité. #LasRicasAbortanLasPobresMueren,
l'avortement aggrave ces conditions d'inégalité. #LasRicasAbortanLasPobresMueren,

#LasRicasAbortanLasPobresMueren, #NiMuertasNiPresasPorAbortar.

#AbortoporViolación

#InternacionalAbLibEC

#VetoPresidencial

C’est pourquoi, à partir de ce 28 septembre, nous joignons nos voix et nos plumes depuis plusieurs villes et :

Nous dénonçons l'action des membres de l'assemblée de l'Equateur qui se sont abstenu.e.s, de ceux et celles absent.e.s et de ceux et celles qui ont voté contre le #AvortementPourViol, leurs votes refusant l'accès à un minimum de réparation intégrale, d'autant plus que l'Etat ne garantit pas la protection des femmes. Nous insistons : la décision des députés n'a sauvé aucune vie! Forcer les femmes victimes de violences sex- uelles à poursuivre leur grossesse rend la maternité obligatoire. Cela équivaut à s'opposer à leur droit de décider des manières d'agir face aux conséquences de la violence sur leur corps.

Nous exigeons le Veto Présidentiel. Que le Président Lenín Moreno présente un veto face à la position prise par le pouvoir législatif. Nous exigeons de l'exécutif l'objection d'une loi qui, une fois de plus, expose les filles et les femmes les plus démunies à des grossesses non désirées, à des avortements risqués et à la mortalité, entravant l'accès réel et équitable à la santé.

Nous réclamons que la laïcité de l’État soit respectée. Nous rejetons toute ingérence de l’église dans les débats publics sur la légalisation et la dépénalisation de l'avortement, et dans la conception et l'exécution des politiques publiques en matière de santé sexuelle et reproductive. Nous insistons sur le fait que l'avor- tement est une question de santé publique et de justice sociale. L'État doit garantir la sécurité sanitaire de toutes les femmes qui décident d'interrompre leur grossesse.

Nous demandons de l'État: des services de santé complets, des avortements sûrs, gratuits et légaux pour les filles, les femmes et les personnes capables d’avoir des enfants, les survivantes de violences sexuelles qui ont décidé de manière autonome de ne pas poursuivre leur grossesse. La grossesse forcée, la pénalisa- tion de l’avortement et son refus de le pratiquer constituent, selon le Comité CEDAW, des formes de violence sexiste, de torture et de traitement cruel.

Enfin, nous exhortons tous les collectifs, mouvements, organisations, associations, universitaires et mili- tant.es à soutenir ce mouvement, et faire converger les luttes, car sans la dépénalisation de l'avortement et le plein exercice de nos droits sexuels et reproductifs, les droits des femmes resteraient des mots creux.

les droits des femmes resteraient des mots creux. Mobilisées par la #MareaVerde qui traverse l'Amérique

Mobilisées par la #MareaVerde qui traverse l'Amérique Latine et les Caraïbes, nous continuerons à nous réunir, partout, accompagnant et soutenant à distance l'inépuisable campagne et la lutte menée depuis des années par nos sœurs du pays en faveur de projets de vie émancipateurs et autonomes pour toutes.

Jusqu'à ce que la dignité devienne une habitude ! Ensembles, pour notre droit à décider !

une habitude ! Ensembles, pour notre droit à décider ! L’Internationale pour l’Avortement Libre - Équateur
une habitude ! Ensembles, pour notre droit à décider ! L’Internationale pour l’Avortement Libre - Équateur
une habitude ! Ensembles, pour notre droit à décider ! L’Internationale pour l’Avortement Libre - Équateur

L’Internationale pour l’Avortement Libre

- Équateur

1. Política Intersectorial de Prevención del Embarazo en Niñas y Adolescentes 2018 - 2025.

2. Anuario de Estadísticas de Salud, Camas y Egresos Hospitalarios 2013 al 2017; Instituto Nacional de Estadísticas y Censos,

INEC/Ministerio de Salud Pública del Ecuador.