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Cours de lexicographie S2 MR.

Zohir
Groupes : 5 & 6

La lexicographie
I- Introduction :

La lexicographie est la technique de la confection (fabrication) des dictionnaires. Ces techniques sont apparait dans la
première moitié du 16éme siècle, par le domaine français. Elles répondaient avant tout aux besoins des traducteurs (des
langues classiques et des langues étrangères). Le lexicographe (auteur des dictionnaires) ne peut traiter du lexique s'il ne
possède pas la compétence du lexicologue. Et, le lexicologue ne peut pas se passer des instruments de documentation que
constituent les dictionnaires.

II- Chronologie (ou historique) des principaux dictionnaires :

Dans l'antiquité, on a élaboré des glossaires : des ouvrages qui expliquaient les mots peu connus ou viellaient des textes ;
une glose, c'est-à-dire un article de glossaire, proposé des synonymes et quelques explications supplémentaires. Les
dictionnaires sont apparus en France quand le lexique à commencer à devenir celui d'une langue commune, une langue
écrite de plus en plus souvent, et une langue d'Etat. Jusqu'alors, il n'y avait qu'une série de dialecte, et le lexique se
transmettait oralement. Dès que la langue est devenue commune, son lexique s'est élargi considérablement et la transmission
orale ne suffisait plus. Il a fallu alors élaborer des ouvrages qui serviraient de dépôt de la langue officielle. Les pouvoirs
publiques, y avait intérêt, et ils ont décidé d'en favoriser l'élaboration et la diffusion, ce qui a été faciliter par l'imprimerie
(15éme siècle). Le 1er lexicographe français fût Robert Estienne au 16éme siècle.

Le 17éme siècle, apparurent successivement :

 le Dictionnaire Universel de Furetière ; on peut le considérer comme un des premiers dictionnaires de types
encyclopédiques, car il est l'inventaire de plus riche des lexiques de cette époque.
 Le Dictionnaire de l'Académie Française qui rassemble les mots de la langue polie.
 Le Dictionnaire des Arts et des Sciences de Thomas Corneille, qui recueil des Archaïsmes et des Vulgarismes que
l'académie écarte.

Au 18éme siècle, on assiste à l'apparition de l'Encyclopédie aux dictionnaires résonnés des sciences, des arts, et des
métiers, publiés sous la direction de Diderot. C'est un travail collectif d'une équipe de savants qui cherchent à faire le point
du savoir universel.

Au 19éme siècle, les principaux dictionnaires sont :

 Le Dictionnaire de la Langue Française d'Emile Littré. On y trouve l'étymologie [origine d'un mot], l'historique du
mot, les citations d'auteur du 17éme siècle et 18éme siècle, viennent appuie les définitions.
 Le Grand Dictionnaire Universel du 19éme siècle de Pierre LAROUSS. C'est une extraordinaire encyclopédie du
19éme siècle.

Au 20éme siècle, on peut citer :

 Le Dictionnaire étymologique de la langue française.


 Le Grand LAROUSS encyclopédie.
 Le dictionnaire de la langue française de Paul Robert.

Le Petit Robert est un abrégé du Grand Robert (7 volumes). La première parution date de 1967. C'est un dictionnaire
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alphabétique et analogique. Analogique veut dire qu'il donne pour chaque terme l'ensemble des mots qui lui sont proche
par le sens (semblable ou contraire), y comprend les mots courants, les mots scientifiques et techniques, les mots
régionaux répandus, et les néologismes. Il appui ses définitions par des exemples littéraires, empruntés à des auteurs du
19éme et de 20éme siècle. En plus, dans ces articles, il adopte en général un plan historique : il donne les acceptions
[sens] des termes suivant l'ordre chronologique de leur apparition.

- Le Dictionnaire de Français Contemporain de Jeans Dubois : Le DFC est un dictionnaire pédagogique qui se veut un
outil destiner à l'apprentissage de la langue française contemporaine. Il ne prend pas en considération les informations
historiques et étymologiques, les mots archaïses, ou les vocabulaires très spécialisés. Il refuse la primauté de l'écrit, du
littéraire pour s'en tenir à l'usage parlé de la langue. Il se détourne donc de la citation littéraire.

III- Les différents types de dictionnaires :

1. Les Dictionnaires Généraux - Dictionnaires Spécialisés :

Il existe des dictionnaires qui se réduisent à un problème linguistique particulier : ce sont des dictionnaires spécialisés.

Exemples :
 Le Dictionnaire des Synonymes.
 Le Dictionnaire Etymologique.
 Le Dictionnaire du Français Classique.
 Le Dictionnaire de l'Orthographe.
 Le Dictionnaire de la Ponctuation.
Les dictionnaires généraux décrivent soit les emplois de tous les mots inventoriés dans la langue (Ex: Le Robert) soit les
emplois des seuls mots donnés comme d'usage contemporain (Ex: DFC).

2. Les Dictionnaires de Langue et les Encyclopédies :


 Dictionnaire de Langue : Cette bipartition des dictionnaires en dictionnaires de langue et en encyclopédie à
substituée depuis Diderot. Les Dictionnaires de langue renseigne le lecteur sur un ensemble d'éléments
linguistique : l'origine, la forme, la prononciation, les constructions admises, les niveaux de langue spécifiques de
chaque mot présenté, les différents sens du mot, accompagné d'exemple, de citation littéraire, etc.
 Dictionnaire Encyclopédique : Les dictionnaires encyclopédiques décrivent les objets ou les êtres et au besoin des
mondes, il y a des illustrations (images, cartes, etc..); ce qui n'est pas conservable (possible) dans un dictionnaire de
langue. Il y a des noms propres mais il n'y a pas des termes grammaticaux.
3. Les Dictionnaires Unilingues et Dictionnaires Bilingues :

Le dictionnaire unilingue décrit les mots d'une seule langue alors que le dictionnaire bilingue concerne la langue et son
apprentissage aux moyens d'une autre langue mieux connue.

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La Définition Lexicographique
I- Généralités :

Le dictionnaire répond aux besoins d'un usagé embarrassé par le décodage d'un discours dont il ne possède pas
entièrement le vocabulaire. Cependant, le dictionnaire simule des situations de totale incompétence de l'usage puis qu'il ne
laisse aucun mot de langue sans définition.

La définition doit être une phrase incomplète mais rédigée, un syntagme conforme aux règles syntaxique de la langue,
fonctionnellement équivalent, donc relevant de la même partie de discours que le définit. Un substantif se définit par un
substantif, un verbe par un verbe, accompagné de détermination un adjectif et un adverbe par autre adjectif, un autre
adverbe, on des périphrases de valeurs syntaxiques équivalentes.

La définition lexicographique est souvent contrainte par le but pédagogique du dictionnaire. Elle doit être courte et
intelligible (qu'on peut comprendre).

B. Fradin et J.M Maraudin proposent la définition suivante de « acheter » : « donner de l'argents à quelqu'un pour que
quelqu'un acquière quelque chose ayant une valeur convenue ». Cette définition, sémantiquement exacte mais pas recevable
par le lexicographe, parce que trop longue et peu intelligible. D'où la solution du Petit Robert : « Acheter : acquérir contre
paiement ».

La définition doit couvrir tout le définit et rien que le définit. On doit pouvoir reprendre une définition et selon la règle de
commuabilité, la transposé telle qu'elle, dans un discours sans qu'il y est d'ambiguïté (confusion), à le compliqué : En ce qui
concerne le classement des définitions, on va du sens le plus ancien au plus récent si le plan historique est privilégié (Ex: Le
Robert); ou bien on choisit l'ordre prouvable de fréquence dans la langue quotidienne, si le point de vue est contemporain
(Ex: le DFC).

II- La définition linguistique et la définition encyclopédique :

La définition linguistique, décrivant les signifiés d’un mot, possède d’une analyse sémantique inspirée de cette
que pratique le lexicologue. Elle aboutit à la description d’un sémème, dont les séances sont, par définition,
différentiateurs. Elle vise à établir la valeur du mot en langue. En d’autres termes, la définition linguistique ne
retient que ce qui est utile pour le fonctionnement correcte du langage et non ce qui est nécessaire pour la
connaissance exhaustive (complète) du type référent [l’objet qu’on voit] auquel renvoi le mot.

La définition encyclopédique, décrivant la classe de référent désigné par le mot, procède d’une analyse
sémiologique. Elle accueillera donc ce que le linguiste considère comme un ensemble de virtuèmes (ou traits
sémantiques non-pertinents), et, aux besoins, s’accompagnera d’une présentation graphique ou photographique
de l’objet.

III- Les différents types de définition linguistique :

On peut considérer qu’il y a 3 types principaux de définitions :

1 La définition Nominale :

Elle est appelée la définition par un synonyme ou par un antonyme. Ce type de définition soulève la méfiance
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des lexicographes, car par ce procédé, on peut aboutir à un cercle vicieux.

(Geôle = prison = cachet / impossible = qui n’est pas possible [DFC] / prompt = qui n’est pas lent [DFC] / sec =
sans humidité) → Définitions par antonyme.

2 La définition Relationnelle :

Ce type de définition consiste à renvoyer l’usage à un mot de bas.

(Jardinet = petit jardin / le suffixe « et » signifie petit).


(Feuillu = qui a des feuilles [définition relationnelle – relation d’appartenance]).
(Aileron = l’extrémité de l’ail d’un oiseau [relation du tout à la partie]).
3 La définition Logique (ou par compréhension) :
Elle met en œuvre les données de la sémantique fondée sur la distinction entre le genre et les marques spécifiques.
(Baleine = poisson de mer, de grandeur extraordinaire [Dictionnaire de l’Académie Française])
→ « poisson » est le genre. « De mer, de grandeur extraordinaire » sont des traits spécifiques.
(Giboulée = phénomène naturel qui se réduit à des coups de vent passagers avec de petites averses [pluie] et de
petites grêles [glace], qui est bientôt suivit d’une éclaircie et qui survient [arrive] au printemps).

Des définitions génériques les plus fréquentes sont pour les termes concrets : Appareils, objets, instruments,
plantes, etc. Pour les termes abstraits, on a par exemple : Phénomène, doctrine, sentiment, etc.

BIBLIOGRAPHIE

H. Mitterand : Les mots français


J. Picoche : Récits de lexicologie française.
E. Genouvrier et J. Peytard : Linguistique et Enseignement du français.
Obadia et Dascotte : Le lexique.

Exercice 1 : Précisez la nature des définitions suivantes :


Rouge : qui est de la couleur du sang, du rubis, du coquelicot [‫]النعمان‬.
Falot : insignifiant.
Bouleau : arbre des régions froides et tempérées, a écorce blanche, a petites feuilles...
Mouise : misère, pauvreté.
Inexistence : fait de ne pas exister.

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Correction :
Rouge → définition par extension parce qu’on cite dans la définition des mots qui ont les mêmes
caractéristiques que celles du mot défini.
Falot → définition nominale par synonyme.
Explication telle que celle de la
Bouleau → définition logique ou par compréhension.
définition de « rouge » au-dessus ↑
Mouise → définition nominale par synonyme.
Inexistence → définition nominale par antonyme.

Exercice 2 : Précisez la nature des définitions suivantes :


Aristocratique : qui appartient à l’aristocratie, à la classe noble.
Ignominie : déshonneur extrême, causé par un outrage [attaque] public.
Fadeur : caractère de ce qui est fade [manque de saveur, de goût].
Inattention : distraction
Correction :
Aristocratique → définition relationnelle (relation d’appartenance).
Ignominie → définition logique. Avec des explications
Fadeur → définition relationnelle.
Inattention → définition nominale par synonyme.

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L’Exemple
I- Définition :
Selon « le Petit Robert » l’Exemple est : « passe d’un texte, phrase ou membre de phrases que l’on cite à
l’appui d’une explication pour illustrer l’emploi d’un fait linguistique ». Tous les types des dictionnaires peuvent
comporter une explication et des donnés initiales sous forme d’Exemple, à l’exception d’une encyclopédie.
L’Exemple peut être considéré comme faisant partie de l’Article, comme l’élément complémentaire de la
définition. Il arrive que la définition soit difficile à comprendre, l’Exemple donnera alors le déclique pédagogique
qui permettra de comprendre. L’Exemple n’est pas une définition, mais une manière de manifester du sens. Il se
trouve parfois ressemblé à une définition. Les informations que donne l’Exemple sont de nature très variable.
Certaines doivent compléter la définition et la rendre plus compréhensive, et d’autres sont destinés à montrer
comment le mot s’insert dans une phrase, c’est-à-dire son fonctionnement.
II- La nature de l’Exemple :
Le dictionnaire est le recueil le plus marqué de la culture véhiculée par une langue. Les énoncés qu’on peut lire
dans un dictionnaire sont, soit des citations, soit des exemples forgés par les lexicographes eux-mêmes.
1 Citation :
Dès le 17éme siècle, l’envoie apparaître dans le dictionnaire français les fragments observés du discours, appelé
« Citation ».
Selon « le Petit Robert », la Citation est un « passage cité d’un auteur, d’un personnage célèbre (généralement
pour illustrer ce que l’on avance [dit]).
- Voltaire a mit l’accent sur l’importance de la Citation en disant : « Un dictionnaire sans citation est un
squelette [‫]هيكل عضمي‬.
Exemples :
 Sous l’entrée « rire », le Petit Robert utilise la citation suivante : « le rire est le propre de l’Homme » – F.
Rebelais .
 Sous l’entrée « raison », on a la citation : « le cœur a ses raisons que la raison ne connait pas » – Pascal.
Les exemples, éléments du discours non-accordés, sont à distinguer des éléments codés : proverbe, locution, etc.
2 Les éléments codés :
- Le proverbe :
C’est une expression métaphorique qui exprime la sagesse populaire.
Exemples :
 Sous l’entrée « semer », le Petit Robert cite le proverbe suivant : « qui sème le vent, récolte la tempête ».
 Sous l’entrée « caravane », le Petit Robert cite le proverbe suivant : « les chiens aboient, et la caravane
passe ».

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- La locution :
Selon Pierre Guiraud : « une locution est une expression d’origine marginale – le petit souvent technique, mais
dialectale, argotique ou affective, stylistique – qui est passée dans a langue commune avec une valeur
métaphorique et s’y est conservée sous une forme figée et hors de l’usage normal ». {P. Guiraud – les Locutions
françaises. Paris : PUF 1967, page 7}.

Les locutions se définissent par trois caractères : Unité de forme et de sens ; écart de la norme grammaticale ou
lexicale ; et valeurs métaphoriques particulières. Les mots d’une locution, à force d’être employés ensemble pour
expression d’une même idée, perdent tout autonomie [indépendance], et ne peuvent plus se séparer et n’ont de
sens que par leur réunion. Issues de la vie quotidienne et de la vie sociale, les locutions puisent leur origine dans le
fond socioculturel de la langue française. Elle reflète la réalité de la vie sociale au moyen d’une image,
c’est-à-dire d’une comparaison ou d’une métaphore.
Exemples :
 Faire la barbe à quelqu’un : se moquer de lui.
 Couper l’herbe sous les pieds de quelqu’un : le devancer dans une action, le supplanter [le remplacer].
Exercices : Précisez la nature des éléments d’ordre culturel suivant :
1. « l’homme est un réseau [plante] pensant ». (Pascal)
2. Faire contre mauvaise fortune bon cœur : se résigner.
3. « plus faire douceur que violence ». (La Fontaine)
4. Fendre le cœur : faire la peine [chagriner].
5. Gagne son pain à la sueur de son front : gagner sa vie en travaillant.
6. Faire pied de nez à quelqu’un : se moquer de lui.
7. Baisser les bras : renoncer, ne plus lutter, céder…
8. Nul n’est prophète en son pays : nul n’est apprécié à sa juste valeur dans son milieu habituel.
9. « jamais on ne coron le peuple, mais souvent on le trompe » (Roseau)
10. Le malheur des uns fait le bonheur des autres.
Correction :
1. Citation littéraire.
2. Locution.
3. Citation littéraire.
4. Locution.
5. Locution (proverbiale).
Avec des explications
6. Locution.
7. Locution.
8. Proverbe.
9. Citation.
10. Proverbe.

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L’Entrée (Adresse) des Dictionnaires


I- Définition :
On appel « Entrées » ou « Adresses » les mots en caractère gras, voire en typographie différente (petites
majuscules). Qu’on va chercher par ordre alphabétique et sur les quels portent les articles. Il s’agit normalement
de mot graphique entier. Les parties du mot où les séquences plus longues (groupes de mots) n’y ont pas leur
place. Cependant, on trouve des préfixes ou suffixes pace qu’il s’agit d’éléments entrant dans la formation de
nombreux mots. On trouve aussi des lettres, quand elles ont une utilisation particulière, comme X et Y en
mathématique.
1. Le cas des mots composés :
Le lexicographe écrasé par un matériel trop souvent hétérogène et toujours énorme, ne peut accepter de
multiplier le nombre des entrées, méthodes couteuses et critiquables, ainsi une lexie comme ‘’point’’. Par
exemple : fournit près de vingt mots composés ; point de repère, point d’attache, point faible, point de mire, point
mort, bon point, point d’orgue, point-virgule, deux-points, etc.
o « point de vue » est devenu une entrée dans le Micro-Robert.

→ Une solution, pratiquée dès 17éme siècle, consiste à faire de certains mots composés des sous-adresses. Ainsi
Furetière en 1690, présente « bois de charronnage » sous « charronnage ». Il présente aussi « garde-chasse »
sous « chasse ». Et aussi « chaudes-larmes » et « faire-chaud » sous l’entrée « chaud », etc.
Ce procédé, souvent repris, et raisonnable, et mériterait d’être appliquer d’une manière systématique, en
réservant cette présentation pour le syntagme considérés comme lexicalisés. Mais la fréquence de certains
composés est elle qu’il acquière une pleine autonomie par rapport au mot qu’il est en pose. On ne peut les
ranger dans l’un ou l’autre des articles consacrés à leur composant. On se doit de les lexicalisés, c’est-à-dire de
les enregistrés comme entrée. C’est le cas, par exemple, de « chemins-de-fer » que l’on trouve sans la plupart
des dictionnaires sous le mot « chemin ». Il faudrait le statut d’entrée à « deux-roues » [vélo] comme à
« poids-lourd » [camion]. On a conféré à « pomme-de-terre » son autonomie lexicographique, il faut en faire
autant pour « pomme d’Adam », « pomme de pin » ou même « pomme d’arrosoir ».
2. Le cas des sigles :
Selon le Petit Robert, le sigle est une « initiale » ou « une suite d’initiale d’abréviation ».
Exemples :
O.N.U : Organisation des Nations Unis.
H.L.M : Habitation à Loyer Modéré.
Les aronismes sont des sigles que l’on prononce comme des mots ordinaires sont les épelés.
Exemples :
SIDA : Syndrome de l’Immune Déficience Acquise.
AFAT (ou les afats) : Auxiliaire Féminin de l’Armée de Terre.
La réduction est un processus qui se retrouve dans beaucoup de langues. La forme réduite acquière le plus
souvent une autonomie par rapport à la forme dont elle est issue et qui relève du néologisme [ les nouveaux mots qui
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entrent dans la langue].

Les sigles sont désormais de véritables noms communs, précédés comme les autres, d’un article défini ou
indéfini, masculin ou féminin. Il est symptomatique que les plus usuels soient entrain de perdre, dans la graphie
courante, les points qui séparent les lettres qui les composent.
Il est à noter que bon nombre de sigles donne lieu à des dérivés enregistrés dans la langue courante.
Exemples :
C.G.T : Confédération Générale du Travail = Un cégétiste.
O.N.U : Organisation des Nations Unis = Un onusien.
E.N.A : Ecole National d’Administration = Un énarque.
Dans le dictionnaire, chaque sigle est suivit de son développement, et ce dernier, d’une traduction littéraire [ mot à
mot].

Le Quid de 1988 récence plus de 1300 sigles dont près d’un tiers sont « Anglo-américains ». Le dictionnaire le
plus pauvre en sigles est notamment en entrée indépendante de sigles est le Lexis, suivit de près par le Trésor de la
langue française. Le Grand Robert est nettement plus riche de ce point de vue que le Petit Robert.
3. Le cas de polymorphe [poly = plusieurs] – [morphe = forme] :
Il faut rappeler encore le problème des mots polymorphe (œil – yeux), (fou – folle), (le – la – l’), celui des
formes dites contractées et élidées (au → à + le), celui des flexions, en particulier du verbe et de substantif
(chasseur – chasseuse) pour avoir une idée des problèmes que pose une nomenclature [liste des mots définis] du
dictionnaire. Le verbe est signalé sous une forme arbitraire, l’infinitif. Quant aux variantes des types « beau =
bel » le lexicographe se borne généralement à signaler la moins courante (ou la moins acceptée) en renvoyant à
l’autre.
Exemple :
Furetière à « col », se donne à écrire : « voyez cou ».
A « cet » et « cette », pronom démonstratif, c’est la même chose que « ce ».
Près de 300 ans après, le Petit LAROUSS enregistre l’éclatement de « col » et « coup » qui correspondent de nos
jours à deux sémèmes distincts [différents] ; pour « cet » il renvoi encore à « ce ».
4. Les Néologismes et les Archaïsmes :
Il est extrêmement difficile, voire impossible de dénombrer [compter] les mots qui composent le lexique d’une
langue. Pour la raison que le nombre de ces mots, tout en étant finis, est sujet à des enrichissements et à des
appauvrissements, donc illimités. Le dépouillement de plusieurs éditions successives de Petit LAROUSS a bien
montré à quelle vitesse se renouvelle le lexique d’une langue : appauvrissement dû à la désuétude [vieux] de
certains mots, enrichissement dû à l’emprunt et à la création de néologisme.
5. Les parlers divers :
Certains sous ensemble du grand ensemble que constitue le lexique d’une langue, sujets à des phénomènes de
proliférations intenses compliquent tout spécialement la tâche de lexicographie : d’abord les parlers populaires
qui pénètrent le français de toute part, le français régional, l’argot, ensuite les vocabulaires spécialisés mes
métiers, des techniques et des sciences. Dans ces conditions, les dictionnaires les plus ambitieux en peuvent
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donner une image approchée mais toujours incomplet de cette réalité immense et mouvant qu’est le lexique.

II- L’Article du Dictionnaire :


Selon Jean Dubois : « l’Article du dictionnaire est un énoncé dont le sujet est l’entrée et dont le prédicat est la
définition » {introduction à la lexicographie. Page 95}.
En ce qui concerne le contenu d’un Article, en dictionnaire de langue donnera les indications suivantes :
 L’orthographe ou les orthographes différentes.
 La ponctuation (API).
 La catégorie grammaticale.
 L’étymologie [origine du mot] avec la date d’apparition du mot.
 Une série de définitions.
 Des exemples, qui peuvent être courant ou littéraire, avec des expressions stéréotypées (locution, proverbe,
etc.) quand il y en a.
 Des emplois (des registres) techniques, scientifiques, etc.
 Des niveaux de langue.

Le dictionnaire fournit aussi des synonymes, et souvent des antonymes et des homophones à la fin de l’Article.
Certains dictionnaires y rajoutent les mots de la famille (dans LAROUSS, comme le DFC ou le Pluri-dictionnaire,
les mots de la famille sont intégrés à l’Article).
III- La question de l’homonymie et la polysémie :
Les progrès de la science étymologique conduisent à multiplier les homonymes. On trouve chez
Furetière : « chaton = petit chat {latin}. ‘’Chaton’’ signifie aussi l’endroit où l’on enchâsse une pierre précieuse
{germain} ». A partir du moment où le rédacteur sait que « chaton » de bague vient d’un radical germanique, et non
de « chat », le traitement homonymique, ont deux entrées est inévitable. Tous les dictionnaires modernes font un
seul mot des substantifs « sens », bien que pour ce dernier sémème « direction » ne procède pas normalement du
latin « sensus » comme les autres acceptions. Dans le Petit Robert, on trouve deux entrées « sens » :

1 : sens → {latin} sensus [‫]الحواس‬


2 : sens → {germain} sinno : direction = ‫االتجاه‬

IV- Le classement des Entrées :

- Le classement par ordre alphabétique demeure le plus commode et le plus rigoureux.


- Le classement des mots en ordre inverse, où la dernière lettre du mot dirige la procédure de rangement. Ces
dictionnaires « inverses » permettent le développement des recherches sur la formation des mots composés et
la suffixation.
- Le classement fondé sur l’étymologie consiste à regrouper tous les mots d’une même famille autour du mot
primitif. C’est ce classement que l’on trouve dans la première édition du dictionnaire de l’Académie (1694),
c’est celui que suivent de nombreux dictionnaires étymologiques.

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Exercices :
1. Soient les abréviations suivantes :
Cafète, info ou infos, Resto ou restau, manif.
a) Reconstituez les expressions d’où dérivent ces abréviations.
2. Soient les sigles suivants :
SDN, UNESCO, LASER, BCG, PDG.
a) Reconstituez les expressions d’où dérivent ces sigles.
b) Quels sont les sigles qui forment des acronymes ?
c) Ces sigles, constituent-ils des Entrés dans les dictionnaires ?
3. Les mots composés suivants sont-ils enregistré sous forme d’Entrées dans le dictionnaire de la langue ?
Garde-champêtre, croix de guerre, garde-à-vous, oreille de souris, assistante sociale, fer à cheval, casse-tête, cerf
volant.
Correction :
1. La cafète : abréviation vient du mot [Cafétéria], dont le sens : un lieu public où on peut avoir un café,
boisson, gâteaux, etc.
→ Cette abréviation familière est signalée dans l’Article consacré à l’Entrée ‘’Cafétéria’’.
Info ou infos : abréviation vient du mot [information(s)], dont le sens : renseignements sur quelqu’un ou
quelque chose.
→ Cette abréviation familière constitue une Entrée dans le Micro Robert.
Resto ou restau : abréviation vient du mot [restaurant], dont le sens : un lieu où on peut manger contre
paiement.
→ Cette abréviation familière est une Entrée dans le Micro Robert.
Manif : abréviation vient du mot [manifestation], dont le sens : démonstration collective publique ou
organisée d’une opinion ou d’une volonté.
→ Cette abréviation familière est signalée dans l’Article consacré à l’Entrée ‘’manifestation’’.
2. SDN : Société Des Nations Unis {remplacée actuellement par l’ONU}
→SDN ne constitue pas une Entrée, elle est signalée dans l’Article consacré à l’Entrée ‘’Société’’.
UNESCO : Organisation des Nations Unis pour l’Education, la Science et la Culture.
→ voir l’Entrée ‘’Organisation’’. C’est un acronyme.
Laser: Light Amplification by Stimulated Emission of Radiation (Anglais).
→ Cela constitue une Entrée. C’est un acronyme.
BCG : Bacille Bilié de Calmette et Guérin = [vaccin antituberculeux]
→ C’est une Entrée dans le Robert.
PDG : Président-directeur général.
→ C’est une Entrée dans le Micro Robert.
3. Garde-champêtre : agent de force public, préposé à la garde des propriétés rurales dans une commune.
→ C’est signalé sous l’Entrée ‘’Garde’’.

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Croix de guerre : médaille de distinction.


→ C’est une Entrée dans le Petit Robert.
Oreille de souris : une plante qui a des fleurs blanches, bleues et parfois roses.
C’est dit aussi : [myosotis] et [l’herbe de l’amour].
→ C’est signalé sous l’Entrée ‘’Oreille’’.
Assistante Sociale : personne chargée de remplir un rôle social (aide matériel, médical, et moral) auprès de ceux
qu’ont en besoin.
→ C’est signalé sous l’Entrée ‘’Assistante’’.
Fer à cheval : un demi cercle de métal dont on garnie le dessous de sabot de certains équidés. En France, c’est un
symbole de la chance.
→ C’est signalé sous l’Entrée ‘’Fer’’.
Casse-tête : un travail fatiguant.
→ C’est une Entrée.
Cerf-volant : un grand insecte qui vole
→ C’est une Entrée.
Son deuxième sens est : Une légère carcasse sur la quelle on tend un papier fort ou une étoffe et qui peut s’élever
en l’air lorsqu’on l’attire face au vent [‫]الطائرة الهوائية‬

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Le dictionnaire bilingue
I. La langue parlée :
En premier lieu, il faut faire place à la langue parlée, qui est souvent une langue familière ou, si l’on préfère,
populaire et même argotique, mais qui est en fait celle de tout le monde ; une langue, on le sait, extrêmement riche
en locutions, expressions et formules imagées, pour ne pas parler des abréviations d’usage courant et des dérivés
de sigle. Il importe aussi des donnés au dictionnaire bilingue, une sortie de dimension sonore en y introduisant la
transcription phonétique de toutes les entrées, la clé de lecture de cette transcription étant fournie par l’Alphabet
Phonétique Internationale (API).
II. Les acceptions des entrées :
En premier lieu, il s’agit de présenter les différentes acceptions d’un mot, en partant de la plus usuelle,
c’est-à-dire celle qui revient le plus fréquemment dans l’usage, jusqu’à la plus rare. A chacune de ces acceptions
correspond souvent une traduction, c’est-à-dire le mot représentée par un ou plusieurs exemples appropriés.
Exemple 1 :
Des deux acceptions du mot « trousseau », celle qu’on traduit par ‘’mazzo’’ (un trousseau de crêt), et celle
qu’on traduit par ‘’corrado’’ (le trousseau de la manière), la première acception est la plus usuelle.
La même règle s’applique également aux différentes formes grammaticales que peut assumer un mot.
Exemple 2 :
La forme pronominale du verbe « promener » {passegiare [é]}, a de toute évidence une fréquence nettement
plus élevée que la forme transitive {portere [é] a spasso}. Aussi doit être placée en tête de l’Article. En fin, la
fréquence de certains composés est elle qu’il acquière une pleine autonomie par rapport au mot qu’il est compose.
On ne peut les ranger dans l’un ou l’autre des Articles consacrés à leurs composants. On se doit de les lexicalisés,
c’est-à-dire de les enregistrés comme des entrées (Exemple : chemin-de-fer {ferrovia}).
III. Les langues de spécialité :
Les termes d’origine scientifique et technique, qui font désormais partie du bagage lexicale commun,
appartiennent à la langue courante. Il va de soi due la diffusion croissante de l’instruction générale et de la culture
favorisent de plus en plus cette sorte d’osmose [mélange], de passage de la terminologie scientifique et technique
à la langue usuelle. Dans le corps du dictionnaire, la distinction entre la langue courante et la langue scientifique et
technique et très nette : pour tous les mots appartenant à cette dernière est indiqué le secteur dont il relève.
IV. La langue archaïque :
A la langue courante et à la langue scientifique et technique s’ajoute encore la langue archaïque. Le lexique,
très restreins, on peut l’emprunter dans une large mesure au dictionnaire de la langue française classique de
Laganne et Dubois. En fait, il est surtout constitué par les acceptions archaïques de mots appartenant à la langue
courante, acceptions toujours précédées d’une éloquente croix mortelle qui en signale la description. L’insertion
de ce supplément du lexique dans le dictionnaire peut faciliter des étudiants et lycéens aux prises avec des textes
classiques.

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V. Les noms propres :


Les noms propres ne sont pas insérés dans le corps même du dictionnaire. Ils sont traités à part. Cela consiste à
faire un véritable dictionnaire dans le dictionnaire. On remarquera que les noms propres, en particulier les
toponymes, ne sont pas toujours traduisibles. Seuls les noms de régions, de principales villes, des grands fleuves
et des montagnes, ont une traduction.
Exemples :
La Provenza {la Provence}
L’Alzaria {l’Alsace} Origine italien
La Normenda {La Normandie}
En ce qui concerne les noms des personnes, on remarquera que presque tous les prénoms ont un équivalent
dans l’autre langue. Rare sont les exceptions : Concetta et Onofrio sont intraduisibles de même que Solange,
Thierry ou Chantal. Il n’en va pas de même, on s’en doute, pour les patronymes pour noms de familles. Rare sont
ceux qui ont été francisés ou italianisés. Cela est arrivé uniquement à de grands artistes, écrivains ou penseurs.
C’est ainsi que Descartes devient Cartesio, que Petrarca devient Pétrarque.
VI. Les niveaux de langue :
Les auteurs des dictionnaires monolingues et bilingues, sont d’accord sur un point important : la nécessité de
préciser, s’il y a lieu, le niveau de langue dont relève un mot, une acception ou une locution. Cette indication, fort
utile lorsqu’il s’agit de sa propre langue qu’on se connait jamais assez bien, devient indispensable lorsqu’on a
affaire à une langue étrangère que l’on est entrain d’apprendre.

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Les champs
I. Définition :

1. Le champ Notionnel ou Conceptuel :


On le définit sur une base extralinguistique, exemple : le champ notionnel des animaux domestiques.
2. Le champ Sémantique :
Le point de départ est un mot dont on recherche le ou les sens (ce que l’on nomme ordinairement des
différentes acceptions).
3. Le champ Lexical :
Les champs lexicaux sont des ensembles des mots qui se regroupent pour signifier une certaine expérience :
création d’une technique, désignation d’une activité pratique ou notionnelle.
L’étude d’un champ lexical peut se faire d’un point de vue historique (analyse diachronique) ou d’un point de
vue statique (analyse synchronique) ; elle peut visée un vocabulaire concret ou abstrait.

 Analyse diachronique :
Le linguiste P.J. Wexler a étudié la formation du vocabulaire des chemins-de-fer en France.
- On a procédé par emprunt à la terminologie des techniques voisines : transports (fourgon, tombereau,
tilbury) ; navigation fluviales (canal sec, remorqueur, gare) ; industries (une galerie, coulisses, chauffeurs,
mécaniciens).
- Après le succès des chemins-de-fer en Angleterre, les techniciens émettent alors, ou moins pour le
lexique, les réussites anglaises. Le résultat est une introduction massive et constante de mots anglais dans
le lexique français : l’locomotive, train, convoi, etc.
- La formation du vocabulaire de ‘’l’aviation’’ (étude de L. Guilbert). Avant que l’apparaisse le terme de
dénomination qui s’imposera dans la langue commune, ‘’avion’’ (18 avril 1890), un foisonnement de
néologisme recouvre le champ lexical : aéronef, iptéronef, aéromotive, machine volante à aile, appareil
iptéro-mécanique.
 Analyse synchronique :
Il s’agit dans ce type de démarche de voir comment, à un moment donné de l’Histoire, un ensemble de mots se
distribue pour désigner certains objets ou certaines notions. Ainsi J. Dubois, dans sa thèse : « Le vocabulaire
politique et social en France de 1869 à 1872 », étudie des centaines de mots qui entrent dans 5408 contextes
dûment répertoriés et datés à partir de vaste et nombreux dépouillement (650 auteurs de livres ou discours, 250
périodiques [revus]). J. Dubois montre que l’ensemble du champ lexical s’organise autour de relations diverses,
telles que les oppositions, les identités, les associations :
- Les oppositions : (création / liberté) ; (révolution / aristocratie) ; (classe riche / classe pauvre) ; (supérieur
/ inférieur) ; (classe bourgeoise / classe populaire).
- Les identités rapprochent des mots : « avènement des masses, des prolétaires, des travailleurs »,
«
affranchissement des travailleurs, du travail, des masses », les mots qui entrent, dans les compléments des
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mots sont équivalent les uns les autres.


- Les associations : sont des relations que le contexte instaure : des mots fréquemment proches dans la
phrase établissent entre eux des combinaisons privilégiers ; ainsi ‘’révolution’’ s’associe à ‘’progrès’’ à
‘’socialisme’’ ; ‘’ouvriers’’ s’associe à ‘’travailleurs’’ à ‘’salariés’’ à ‘’pauvres’’ etc.

→ Remarque :

Dans un champ lexical, les valeurs sémantiques des mots s’établissent en fonction des autres mots de la
langue. Le sens d’un mot ne se lit qu’au travers de la grille de structure.

 Analyse sémantique :

Comme la phonologie de l’école de Prague qu’en il dégage des traits pertinents (ce qui permet de
distinguer des phénomènes entre eux).
L’analyse sémique essaie de ramener les signifiés (sens) à des faisceaux de traits élémentaires, on les
appels « les sèmes ». B. Pottier, dans son étude : « vers une sémantique moderne », pose que tout monème est
un ensemble de traits sémantiques ou sèmes.
Monème : la plus petite unité du sens. Les monèmes se posent les unes aux autres grâce à leurs sèmes
différents. L’ensemble des sèmes constituent un sémème, si on essaye d’analyser la substance sémantique du
lexème.
Exemple :
‘’Chaise’’ : On peut dire qu’il est composé de quatre sèmes :
S1 = Pour s’asseoir.
S2 = Sur pied.
S3 = Pour une personne.
S4 = Avec dossier.
Le sémème ‘’S’’ est donc l’ensemble de S1, S2, S3, S4.
Le lexème ‘’Fauteuil’’ comporte un sème supplémentaire S5 = Avec bras. On peut comparer plusieurs
sémèmes entre eux et voir quel sème ils ont en commun.
Les sèmes ‘’S1’’ pour s’asseoir et ‘’S2’’ sur pied ; sont commun aux sémèmes de tabouret, chaise,
fauteuil, canapé. Le lexème composé des sèmes S1 et S2 existent en français : On dira que ce sème est
l’archisème, le lexème, constituant l’ensemble cité, cela veut dire que toutes chaises, tout fauteuil ; est un
siège. L’archilexème correspond l’archisémème.
Un classème : « ne se définit pas uniquement au niveau de ses composantes singulières sème qui lui son
propre », il est marqué également par ses relations avec des classes sémantiques très générales. Par exemple :
Le lexème ‘’chien’’ comme le lexème ‘’homme’’ appartiennent à la classe des animés et l’on peut compter
comme un trait constitutif de la substance sémantique du lexème : la classe animée, ce trait portera le monde
classème.
Virtuèmes : ce sont des sortes de sèmes mais on ne le donne pas, généralement, le mot de sèmes mais de
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traits, dans la phrase qu’on peut dégager, on peut estimer que chaque lexie a un certain nombre de virtualité
combinatoire qu’on peut appeler ces virtuèmes, qui vont déterminer le sens des énoncés. Exemple : (de
Bernard Pottier : « je vais vous présenter une cuisinière ». Telle que la phrase reste ambigüe car « de quelle
cuisinière s’agit-elle ? La lexie ‘’cuisinière’’ peut appartenir à la classe sème animée ou inanimée. La
cuisinière rousse « une personne » (les cuisinières animées). La cuisinière émaillée [‫ ]مريضة بالزكام‬désigne un
objet matériel.
Tout un mot qui n’appartient à la grammaire c’est un lexème. Soit l’énoncé : ‘’il s’est assit dans un fauteuil
de PDG’’ ; la signification (sens) de fauteuil inclut l’idée de situation sociale élevée, idée qui sera absente
dans d’autres emplois des signes ; les sèmes virtuels s’actualisent selon les emplois ou ‘’contextes’’.
Exemple : Les vacances d’été s’approchent. Le contexte : c’est l’ensemble des mots qui viennent avant et
l’ensemble des mots qui viennent après.
Pour B. Pottier, le sémème se compose d’un sémantème : « ensembles des sèmes spécifiques », d’un
classème « de sèmes génériques » et éventuellement d’un virtuème « ensemble de sèmes virtuèmes ».
Sémantème « des sèmes spécifiques », classème « des sèmes génériques », ‘’amiral’’ sème générique « un sème
commun ».
Exercice :
1. Faites l’analyse sémique des mots suivants :
Paquebot, Cargo, Péniche, Yacht [yoct].
2. Faites l’analyse sémique des mots suivants :
Dévisager, toiser, lorgner, reluquer.
Correction 1: voir le tableau 1 au-dessous
Paquebot: nom, masculine : grand navire de transport de passagers.
S1 S2

Cargo : nom, masculin : navire destiné au transport des marchandises.


S2

Péniche : les péniches servent à transporter les marchandises sur les fleuves et les canaux de long bateau.
Yacht [jɔt] : grand navire de plaisance à voiles ou à moteur.
Correction 2 : voir le tableau 2 au-dessous
Dévisager : verbe, transitif : regarder quelqu’un avec attention, avec insistance.
Toiser : verbe, transitif : regarder avec mépris.
Lorgner : verbe, transitif : observer de façon particulière (avec insistance de côté…)
2. Fig. : Convoiter (quelque chose) = [‫]يبتغي ملك غيره‬
Reluquer : verbe, transitif : regarder du coin de l’œil, avec convoitise [‫]الطمع‬

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Tableau 1 :

Sèmes Moyen de Transport des Transport des


Lexème Par mer Fluvial De plaisance
transport passagers marchandises
s

Paquebot + + - + - -
Cargo + + - - + -
Péniche + - + - + -
Yacht + + - + - +

Sème Sèmes spécifiques


générique

L’archilexème est : Bateau.

L’archisémème est : Moyen de transport.

Tableau 2 :

Sèmes Avec Avec De façon


Lexème Regarder Avec dédain
insistance curiosité particulière
s

Dévisager + + - - -
Toiser + - + - -
Lorgner + + - - +
Reluquer + - - + +

Sème Sèmes spécifiques


générique

L’archilexème est : Regarder.

L’archisémème est : Regarder.

 Le Sens : le sens d’un mot est complexe. Il renvoie au contexte, à la référence, au sujet, au système de la langue, …
 Le Contexte : le contexte est l’entourage linguistique du mot. Il permet d’attribuer un sens plutôt qu’un autre au mot.
 C’est le cas du mot polysémique et des homographes (qui écrivent de la même façon mais ont un sens différant).

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Exemple 1 : ‘’pièce’’ « j’ai mis une pièce1 à ton veston » (- 1Pièce de tissu).
Exemple 2 : le mécanicien a changé une pièce2 (- 2un élément de voiture).
Le porc mange des sons [‫( ]النخالة‬le contexte a permit de dégager le prononcé).
J’aime le son [un bruit] du coq.
II. Le contexte :
1. Le signifié et le référent :
- On distingue le référent d’un signe et son signifié, et son sens. Un référent renvoie à un objet du monde, du
domaine, etc.… linguiste. Exemple : arbre
- Pour référer à des objets, la langue dispose de divers moyens : description définie, article défini + nominal :
ta femme nom propre « Charles, Marseille », démonstratif « ce chien », les déterminants « un tour ».
Les dectiques [pronoms personnels]: Je – Tu
Le signe : (un mot # signe de la séméiologie)
- Les rapports entre les réalités extralinguistiques, les concepts [référents] et les unités lexicales [les mots] ont
été illustrés par le triangle sémiotique d’Ogden et Richard :

Référence (sens, concept)

Symbole (mot) Référent (chose)

Le mot peut envoyer au sens par l’intermédiaire de ses Stems : élimine le concept en l’identifiant avec le sens.

Sens

Interprète
Exprime

Symbole (mot) Référent (chose)


Désigne →

Il pense que le mot en tant que forme signifiante, a deux fonctions : il exprime le sens et désigne la chose, le sens
a sont tour est une interprétation subjective de la chose.

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Klaus Heger propose une variante trapèze [‫{ ]مستطيل‬adjectif, trapèze}, lui permettant l’introduction de nouvelles
distinctions :

Signifié Signification Concept


Extraordinaire
Monème

Réalité
Signifiant

Les mots composés peuvent avoir plusieurs monèmes, les mots simples ne peuvent avoir qu’un seul monème.

Le sens par rapport à la chose, au référent.

Le sens d’un mot est défini aussi par rapport aux autres mots qui l’entour dans les énoncés : le contexte ; il
dépend également des sens des autres mots, quand n’aurait pu employer à la même place. Exemple : le sens du
‘’chien’’ dépend de ses rapports avec ‘’chienne’’ ; ‘’chiot ‘’, ‘’lice’’, ‘’carnau’’, ‘’roquet’’, ‘’cabot’’, ‘’cerbère’’,
‘’clébard’’, ‘’toutou’’, etc. Le signifie de ‘’chien’’ est ce que les signifiés des mots ci-dessus ne sont pas ; il est un
ensemble de traits sémantiques qui caractérisent ‘’chien’’ par rapport aux autres mots de la langue qui désignent
la même réalité, le même objet. Le signifié de ‘’Calot’’ comporte un trait péjoratif, déprécatif grâce auquel
‘’Calot’’ s’oppose à ‘’chien’’, bien que ce trait n’a pas d’existence dans le référent lui-même. On peut donc dire
que le sens se définie par la place des signes dans le système (la langue). La signification d’unité linguistique et
son signifié ; son sens, c’est la valeur précise qu’acquière le signifié abstrait dans un contexte, une situation, une
langue, un sujet unique.

ATTENTION :
 Ce cours est fait volontairement par M.Akkabi, pour aider les étudiants à mieux suivre le professeur et ne pas pour lui couper la
parole !
 Suivez vos cours et soyez présent tant que possible en classe, il y a toujours des changements.
 Vous pouvez rencontrer des fautes d’orthographe et/ou autres. Vérifiez bien !
 Vers la fin du semestre, le prof peut décider de vous rajouter des cours de S3, ce que je n’ai pas fait sur ce corpus parce que je
voulais que vous vous concentriez mieux sur le S2 et réussir votre semestre.
 *Je prends mes responsabilités de ce que j’ai écrit là, et non pas ce qu’on peut modifier ailleurs.

Bon courage à tous/toutes.


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