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La vaccination antigrippale à l’officine

La vaccination antigrippale - Synthèse de la formation

Plan de la formation
• Introduction
• Les principes de la vaccination
• Les objectifs de la couverture vaccinale
• Les caractéristiques des vaccins grippaux
• Contre-indications, effets indésirables et efficacité du vaccin
• Modalités de l’administration du vaccin
• Informations disponibles autour de la vaccination
• Test de connaissances
• Ressources documentaires
• Conclusion

Introduction
La vaccination permet de lutter efficacement contre diverses maladies infectieuses,
comme la grippe. Fondée sur la mise en mémoire par l’organisme d’anticorps, cette
thérapeutique permet de se protéger soi-même ainsi que son entourage.

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Rappel sur l'immunité

Système immunitaire

L’homme est doté d’un système immunitaire, qui reconnait et tolère ses éléments
constitutifs = le soi. Il rejette tout ce qui lui est étranger = le non-soi.

Un antigène est une substance qui, introduite dans l’organisme, provoque une
réponse du système immunitaire.

Un anticorps est une protéine (immunoglobuline) produite par l’organisme en


réponse à une stimulation par un antigène. Mis en présence de l’antigène, qui a induit
sa formation, l’anticorps a la propriété essentielle de se combiner spécifiquement
avec lui.

Réponse immunitaire

Lors d’une maladie infectieuse, l’antigène peut être :

- Un agent infectieux complet.

- Une de ses parties.

- Un de ses produits.

La réponse immunitaire peut s’exprimer :

- Par la production d’anticorps spécifiques.

- Par la production de cellules spécifiques.

- Par l’absence de réponse immunitaire : phénomène de tolérance.

L’immunité est la capacité que possède un organisme de se défendre, en particulier


lors d’agression par un agent infectieux, comme la grippe.

L’immunité naturelle est innée et résulte d’un ensemble de mécanismes qui


empêchent la pénétration ou la prolifération d’agents infectieux dans l’organisme.

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L’immunité passive

- L’immunité acquise passive, résulte du transfert d’anticorps formés dans un autre


organisme chez un individu donné. Il s’agit de protection de durée limitée. Exemple :
vaccination tétanique post-exposition.

- L’immunité acquise passive naturelle se retrouve chez les bébés.


Ils bénéficient des anticorps de leur mère transmis par le placenta ou le lait maternel.
C’est une immunité qui disparaît au cours de la première année
de vie.

- L’immunité acquise passive artificielle se retrouve lorsqu’un organisme bénéficie


d’anticorps produits par un autre organisme humain. C’est l’exemple de la protection
fournie par les immunoglobulines.

L’immunité active

- L’immunité acquise active est le résultat de la mise en jeu du système immunitaire


de l’organisme lors d’un contact avec un antigène.

- L’immunité acquise active naturelle résulte d’une infection. Le degré et la durée


de la protection sont variables d’une maladie à l’autre. Il y a parfois nécessité de
vacciner à nouveau les patients ayant développé la maladie.

- L’immunité acquise active artificielle résulte de l’immunisation. Elle est


provoquée par la vaccination sans les conséquences et les complications possibles
de la maladie.
Elle exploite les caractéristiques du système immunitaire à des fins préventives.

L’immunisation

L’immunisation est l’action conférant l’immunité, soit par injection d’antigènes


(immunisation active) soit par injection de sérum contenant des anticorps spécifiques
(immunisation passive).

La primo-immunisation ou l’immunisation primaire sont les doses d’un même produit


biologique que l’on doit administrer à un sujet qui n’y a jamais été exposé pour obtenir
une immunité adéquate.

L’immunisation de base est constituée de l’ensemble des immunisations


recommandées ou considérées comme essentielles dans les programmes de santé
publique. On peut citer en exemple pour la France : la diphtérie, le tétanos, la
poliomyélite, la coqueluche, la rougeole, la rubéole, les oreillons, Haemophilus
influenzae de type b, le méningocoque G, le pneumocoque et de façon saisonnière
la grippe.

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Les principes de la vaccination

Mécanismes de la vaccination

L’injection d’un vaccin pour la première fois entraîne, selon le sujet et après une
période de latence plus ou moins longue, la formation d’anticorps à un taux faible.

Lors d’un contact ultérieur avec le même antigène, la réponse est plus rapide et
plus intense. Cette réaction est due à la présence de cellules sensibilisées ayant
gardé la mémoire antigénique.

Après pénétration de l’antigène dans l’organisme, une réponse immunitaire


humorale et/ou cellulaire se déclenche. Elle suppose l’intervention de plusieurs
cellules immunologiquement compétentes permettant d’organiser cette réponse.

Les macrophages jouent un rôle important dans le déclenchement des réponses


immunitaires en dehors de toute spécificité antigénique. Ils peuvent rendre
reconnaissables les antigènes par les lymphocytes B.

Les macrophages participent à la réponse immunitaire grâce à des produits de


sécrétion (prostaglandines et interleukine) actifs sur les lymphocytes T et reçoivent
des informations de ces lymphocytes par l’intermédiaire des lymphokines qui leur
confèrent une activité cytolytique ou suppressive.

Les lymphocytes sont les composants spécifiques cellulaires du système


immunitaire.

Les lymphocytes T sont responsables de l’immunité à médiation cellulaire. Ils


possèdent à leur surface des antigènes caractéristiques. Ils ne portent ni ne
sécrètent de grandes quantités d’anticorps et agissent par contacts cellulaires directs
pour détruire l’antigène.

Les lymphocytes B prolifèrent sous l’influence de stimulations antigéniques


induisant la formation d’anticorps spécifiques (immunoglobulines IgM, IgG…). Ils
peuvent se différencier en plasmocytes responsables de la synthèse et de l’excrétion
d’un grand nombre de ces anticorps.

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+ INFO
La réponse primaire comprend trois périodes :
- La période de latence, entre l’injection vaccinale et l’apparition des anticorps
sériques (entre 24 heures et deux semaines).
- La période de croissance, le taux d’anticorps croit de façon exponentielle. La
production d’anticorps IgM précède celle des IgG. Le taux d’anticorps peut rester
élevé en plateau pendant quelques jours puis décroit rapidement.
- La période de décroissance, le taux d’anticorps diminue d’abord rapidement puis
lentement, la décroissance est plus ou moins longue, les IgA et les IgM ont un taux
qui diminue plus vite que les IgG.

La réponse secondaire correspond à la réaction suite à la réintroduction de l’antigène


après un délai convenable.

Elle est caractérisée par la rapidité d’apparition des anticorps spécifiques et en quantité
importante.

Le taux maximum d’anticorps est atteint en quelques jours.

La phase de décroissance est prolongée par rapport à la réponse primaire.

La durée de vie des anticorps produits sera plus longue.

+ INFO

La réintroduction de l’antigène après un délai convenable déclenche une réponse de type


secondaire, caractérisée à la fois par la rapidité d’apparition des anticorps spécifiques et la
quantité importante des anticorps sécrétés qui sont d’emblée de type IgG.
Le taux maximum d’anticorps est atteint en quelques jours. La phase d’augmentation
reste exponentielle mais sa croissance est plus rapide, alors que la phase de décroissance
est prolongée.
Les rappels de vaccins déclenchent donc une réponse rapide, intense. La durée de vie
des anticorps produits sera plus longue et parfois ceux-ci pourront persister indéfiniment
dans l’organisme.

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Les objectifs de la couverture vaccinale

Immunité de groupe

Rôle

Il s’agit d’une notion primordiale en matière de santé publique dans la protection


apportée par les vaccins. Elle traduit le fait qu’une maladie contagieuse s’étiolera
pourvu qu’une proportion assez nombreuse de personnes ne puisse la transmettre.
Le phénomène d’immunité de groupe permet d’arrêter la propagation d’une
maladie contagieuse au sein d’une population mais seulement si un nombre
significatif de personnes accepte de se vacciner et donc d'être immunisé contre la
maladie.
Entre les individus contagieux et les personnes à risque car non-immunisées, les
personnes vaccinées vont former une « barrière » protectrice en empêchant la
propagation du pathogène.

Fonctionnement

Plus le nombre de non-immunisés est élevé, moins cette barrière est efficiente et
plus les non vaccinés risquent d’être infectés. On peut observer l’apparition des
effets de cette « barrière immunologique » lorsque 80 % d’une communauté est
vaccinée.
Mais ce pourcentage varie en fonction de la pathologie. En effet plus la maladie est
contagieuse, plus le pourcentage de la population vaccinée doit être important pour
que l’immunité de groupe fonctionne.
Les manifestations cliniques liées à ces maladies infectieuses sont beaucoup plus
sévères pour les personnes non vaccinées avec un taux de mortalité d’environ 4 %
contre 0,2 % pour le groupe des vaccinés, soit un facteur 20.

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Paliers d’immunité

Le R0 représente le nombre moyen d’infection secondaire produit par un premier cas


au sein d’une population non immunisée. Il est déterminant dans la fixation des
objectifs de couverture induisant une immunité de groupe.

La couverture vaccinale

La couverture vaccinale correspond à la proportion de personnes vaccinées dans une


population à un moment donné.
Il s’agit du rapport entre le nombre de personnes correctement vaccinées sur le
nombre total de personnes qui auraient dû l’être dans la même population.
La mesure de la couverture vaccinale d’une population permet de vérifier si les
dernières recommandations ont été mises en pratique.
Pour la grippe, on surveille en particulier les groupes des personnes ciblées par les
campagnes vaccinales.

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La couverture vaccinale de la grippe en France

Données

Evolution

On constate sur les chiffres de la Caisse Nationale d’Assurance Maladie une


diminution de la proportion de personnes de plus de 65 ans qui se vaccinent et
une stagnation dans la population des personnes définies comme « à risques ».
Il faut par ailleurs rappeler que nous sommes assez loin de l’objectif de couverture
sur l’ensemble de ces deux populations, qui est de 75% (nécessaire pour bénéficier
d’une protection collective suffisante). L'analyse de la couverture vaccinale chez les
sujets qui sont considérés comme prioritaires à la vaccination montre que la gratuité
à elle seule ne suffit pas à les amener à se faire vacciner. Les conseils des
professionnels de santé, la gravité de la maladie, surtout chez les plus âgés, sont
d'autres facteurs qui conditionnent la décision de se faire vacciner.

Amélioration

Près d’un tiers des 65 ans et 60% des moins de 65 ans présentant un risque ne sont
pas vaccinés. Afin d’améliorer la couverture, il est important d’identifier chez les
patients, leurs principaux freins et de savoir y répondre.
« Je n’ai pas envie de me faire vacciner tous les ans »
Le vaccin est adapté chaque année aux virus de la grippe circulant, l’injection
de l’an dernier ne peut pas vous assurer une protection d’une année sur l’autre.
« Je suis encore trop jeune pour me faire vacciner »
Il n’y a pas d’âge pour se faire vacciner, le vaccin est même plus efficace chez
les personnes non à risque.
« J’ai peur des effets secondaires du vaccin »
Les effets secondaires comme la fièvre ou un symptôme pseudo-grippal sont
normaux dans les heures suivant l’injection. Ils témoignent que le corps réagit.
« Je pense avoir peu de risques de l’attraper »
La grippe est un virus qui s’attrape facilement car il est véhiculé par les fines
gouttelettes de notre salive et ce même 24h avant les premiers symptômes.
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Les recommandations

L’objectif de la vaccination est de protéger les populations pour lesquelles la grippe


présente un réel danger de complications.
Les personnes ciblées par les campagnes vaccinales sont les plus fragiles à
risques de complications graves.
L’amélioration de la couverture vaccinale a pour but de diminuer le nombre de décès
« évitables ».
En 2017-2018 on a recensé 2915 cas graves admis en réanimation. 93% de ces cas
concernent des patients de 65 ans et plus.

Les caractéristiques des vaccins grippaux


Principales caractéristiques
Chaque année, la composition du vaccin est mise à jour par rapport aux
souches circulante. La dernière composition comportait quatre souches de virus,
il est dit quadrivalent. Il possède une souche des virus influenza A (H1N1),
influenza A (H3N2), influenza B (lignée Victoria) et influenza B (lignée
Yamagata).

Les vaccins peuvent être de deux types :


- « vivants atténués », possédant un pouvoir pathogène atténué par différents
procédés afin de ne pas provoquer la maladie (exemple : Fluenz Tetra)
- « inactivés », contenant l’agent infectieux non pathogène mais pouvant entrainer
une réponse immunitaire (exemple : Vaxigrip, Influvac….).

Les vaccins inactivés dits fragmentés (exemple : Vaxigrip…) contiennent des


antigènes de surface (neuraminidase et hémagglutinine) mais également des
antigènes internes du virus grippal (nucléoprotéines, protéine matricielle).

Les vaccins inactivés à sous-unités (exemple : Influvac) possèdent par le biais


d’une étape de purification supplémentaire uniquement les antigènes de surface
(neuraminidase et hémagglutinine).

Variations annuelles Modalités de production


La composition du vaccin est décidée une fois par an au cours de réunions
d’experts des centres mondiaux de référence.

Les résultats des isolements les plus récents et l’identification précise des virus
sont pris en compte.

Au premier trimestre, l’OMS en février retient les types et les variants au degré
d’évolution antigénique le plus fort.

Les recommandations sur ce vaccin diffèrent entre l’hémisphère nord et le sud.


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+ INFO
Composition du nouveau vaccin pour la saison 2019-2020 pour l’hémisphère
nord :
Les prochains vaccins tétravalents contre la grippe saisonnière devront contenir
les souches suivantes :

- A/Brisbane/02/2018 (H1N1)pdm09 (nouvelle souche)


- A/Kansas/14/2017 (H3N2) (nouvelle souche)
- B/Colorado/06/2017 (lignée B/Victoria/2/87) (sans changement)
- B/Phuket/3073/2013 (lignée Yamagata/16/88) (sans changement).

Modalités de production

La première opération consiste à transformer, par recombinaison, les souches


naturelles sauvages en souches différentes mais possédant un bon potentiel de
multiplication tout en gardant leur antigénicité spécifique.
Le seul support de multiplication reste l’œuf de poule embryonné (on utilise des
œufs embryonnés de 11 jours).
Après vérification que chaque embryon est vivant, on injecte une suspension de
virus recombinants.
Après incubation de 48 à 72 heures à une température de 33 à 38°C, le liquide
allantoïque riche en particules virales mais aussi en impuretés est récupéré par
aspiration et le reste de l’œuf est incinéré. Durant cette étape, le risque de
contamination est très important. Ces prélèvements sont donc automatisés.

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Le liquide allantoïque ainsi prélevé est clarifié puis concentré (filtration,
chromatographie, précipitation). C’est à ce stade que le virus est inactivé, les
particules virales sont purifiées et les antigènes viraux sont isolés des protéines
aviaires par ultracentrifugation.
En effet les protéines telle que l’ovalbumine doivent être séparées, afin d’éviter
le risque allergisant (exemple : Vaxigrip ne contient pas plus de 0,05 microgramme
d’ovalbumine par dose).
La dernière étape de fabrication comporte une filtration stérilisante, on obtient un
ensemble monovalent correspondant à une souche de virus. Ces opérations sont
effectuées sur trois chaines différentes qui correspondent aux deux types de virus
A et au virus B.

+ INFO
Il faut pouvoir disposer d’une quantité importante de virus pour préparer une dose.
Une seule campagne de vaccination en France nécessite de 20 à 30 millions
d’œufs.
Si le process inclut une recombinaison adéquate, le virus multiplié dans le liquide
allantoïque, récolté puis clarifié peut donner directement un virus atténué utilisé
par exemple dans le vaccin contre la grippe Fluenz Tetra.

Après titrage par le sérum test préparé par l’OMS afin de calibrer le dosage en
hémagglutinine (dose habituelle de 15 microgrammes par dose), le mélange des
souches est effectué.
Pour chaque souche entrant dans la composition du vaccin, on dispose alors d’un
mélange trivalent. Le vaccin est enfin introduit dans les seringues, puis soumis aux
contrôles qualité. A tous les stades de la production, des contrôles de stérilité ont
lieu et les contrôles sur le produit fini correspondent aux spécifications décrites dans
la Pharmacopée européenne.
Comme tout nouveau médicament, le vaccin grippal doit obtenir une AMM, via
une procédure exceptionnellement accélérée par toutes les autorités réglementaires
de chaque pays.
Une étude clinique et des contrôles d’innocuité sont obligatoirement exécutés.
L’étude de tolérance et la vérification du pouvoir immunogène du vaccin sont
les deux étapes indispensables pour la délivrance d’une AMM.

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Les différents vaccins disponibles

Généralités

L’ensemble des vaccins grippaux actuellement disponibles ne possèdent pas


d’adjuvant dans leur composition.
Adjuvants : Pour la majorité des vaccins inactivés (ne comportant pas de microbe
vivant), la présence d’adjuvants est indispensable pour permettre une réponse
immunitaire entraînant une protection. L’ajout d’adjuvant dans les vaccins permet,
par ailleurs, de diminuer la quantité d’antigènes par dose vaccinale, et de réduire le
nombre d’injections.
Ils peuvent contenir des solutions tampon et des traces de produits liés au processus
de fabrication (ovalbumine…)
Les vaccins doivent être conservés à l’abri de la lumière, à une température
comprise entre +2°C et +8°C, ils ne doivent pas être congelés, les vaccins doivent
être placés dans le corps du réfrigérateur et non dans la porte.

Vaccins inactivés

Les vaccins inactivés disponibles se présentent sous la forme d’une suspension


injectable en seringue pré-remplie, injectable par voie intra-musculaire (+/- sous
cutanée profonde).

Trivalent Tétravalent
à virion fragmenté : à virion fragmenté :
- Vaxigrip, SANOFI PASTEUR - Fluarixtetra, GSK

- Immugrip, PIERRE FABRE - Vaxigriptetra, SANOFI PASTEUR

à antigènes de surface : à antigènes de surface :


- Influvac, MYLAN - Influvac tetra MYLAN

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Vaccins attenué
Un vaccin atténué est actuellement disponible. Il se présente sous la forme d’une
suspension pour pulvérisation nasale. Indiqué chez l’enfant et l’adolescent de 24
mois à 18 ans, il ne bénéficie pas d’une prise en charge par l’assurance maladie.

Tétravalent
- Fluenz Tetra, MEDIMMUNE

Comparatif

Trivalent ou tétravalent ?
Les vaccins tétravalents possèdent une souche supplémentaire d’influenza B
(recommandation OMS, mais pas jugé plus efficace par le haut conseil de la santé
publique en France). Le vaccin tétravalent doit être injecté en intramusculaire
uniquement (donc non recommandé chez les hémophiles et les patients sous
anticoagulants).

Injection ou pulvérisation ?
La spécialité (Fluenz Tetra) permettant une pulvérisation du virus par voie nasale,
permet une inoculation moins invasive auprès du public cible (enfant et
adolescent de 24 mois à 18 ans). De plus ce type de voie d’administration permet
une réaction immunitaire systémique et locale au niveau de la muqueuse. Cette
spécialité n’est pas remboursée.

Virions fragmentés ou antigènes de surface ?


Les vaccins inactivés possèdent tous d’un bon pouvoir immunogéne, la
spécialité utilisant uniquement les antigènes de surface met en avant la plus grande
spécificité due à la présence exclusive de ces antigènes de surface (neuraminidase
et hémagglutinine).

Evolution

Même si le vaccin grippal offre une efficacité globalement satisfaisante, la voie


d'administration du vaccin fait l’objet de recherches. L’objectif pour les chercheurs
est de parvenir à mettre au point des vaccins ayant une efficacité accrue.

La mise au point de vaccins susceptibles d’induire les trois types de réponse


immunitaire (humorale, cellulaire et sécrétoire) constitue un objectif majeur des
chercheurs.
Certaines études ont montré qu’en fonction du mode d’infection de l’organisme par
certains agents pathogènes, les vaccins agiraient beaucoup mieux s’ils étaient
administrés par voie muqueuse au niveau des sites d’infection car ils produisent à
la fois une réponse locale et systémique.

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Efficacité du vaccin, effets indésirables et contre-indications

Efficacité du vaccin

L’efficacité de la vaccination est établie mais la couverture à 100 % n’existe pas.

On estime que le vaccin antigrippal est efficace au moins dans 80 % des cas.

Le vaccin protège contre certaines souches de la grippe.

La gravité et la fréquence des complications sérieuses chez des personnes infectées


par une autre souche de la grippe sont réduites.

Il existe plusieurs niveaux d’appréciation de l’efficacité vaccinale, on peut


mesurer la prévention de l’infection, de la maladie, des complications graves, des
décès par grippe ou par ses complications.

L’apparition des anticorps commence vers le quatrième jour mais la protection


devient réellement efficace vers le dixième ou le quinzième jour. La
persistance des anticorps varie de 5 à 24 mois selon les individus.

La montée des anticorps est retardée à 4 ou 5 semaines chez l’enfant de moins de


deux ans.
Les doses optimales de vaccins administrés sont de l’ordre de 15 µg
d’hémagglutinine de chaque souche. Aucune relation effet/dose sur la
séroconversion n’a été remarquée selon les études réalisées.

Quand le vaccin et les souches circulantes sont similaires, les taux de protection
par l’immunisation approchent de 90% chez les adultes jeunes en bonne santé.
Selon la synthèse de vingt études : la vaccination antigrippale est associée à 56%
de réduction de pneumonies, 48 % de réduction d’hospitalisations, 68 % de
réduction de mortalité.

Chez les patients âgés (études sur des résidents d’institution), la fréquence et la
gravité des infections augmentent avec l’âge en raison de la dégradation de la
filtration des voies aériennes supérieures et d'une diminution des fonctions liées aux
lymphocytes. C’est surtout l’acquisition d’une immunité nouvelle et non la capacité
des cellules à mémoire qui est touchée.

Ces altérations immunitaires sont aggravées par les maladies sous-jacentes :


plus de 85 % des personnes âgées ont une ou plusieurs maladies chroniques ou
dégénératives, les dénutritions (carences protéino-énergétiques fréquentes)
associée à la sarcopénie vont entraîner un déficit immunitaire.

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Chez les patients âgés l’efficacité clinique de la vaccination antigrippale est
supérieure à l’effet attendu.

Chez l’enfant, le vaccin antigrippal est proposé dès l’âge de 6 mois, mais ses
indications sont réservées aux enfants à risques : insuffisance respiratoire et
affections broncho-pulmonaires chroniques, cardiopathie, néphropathie chronique
grave, hémoglobinopathie, diabète, nécessité de prise prolongée d’aspirine.

Avant l’âge de 6 mois, les anticorps maternels transplacentaires et/ou la


vaccination proposée aux femmes enceintes (deuxième et troisième trimestres) peut
assurer la protection.

Effets indésirables
Les effets indésirables liés à la vaccination grippale sont généralement peu graves
et bénins. Ils sont néanmoins un facteur déterminant dans l’attitude négative de la
population vis à vis de la vaccination.

Douleur au point d’injection (rougeur, induration, ecchymose)


Fièvre et nausée
Symptômes d’allure grippale (réaction fébrile et céphalées)

Réactions de type allergique rares


Cas d’encéphalopathies et de convulsions rarement décrites.
Exceptionnellement vascularite.

L’administration prophylactique de médicaments antipyrétiques au moment de


la vaccination ne doit pas être recommandée en routine car la réponse des
anticorps à plusieurs antigènes vaccinaux est réduite.

Les pharmaciens ont l'obligation de signaler tout effet indésirable suspecté d’être dû à
l’administration du vaccin au centre régional de pharmacovigilance dont il dépend.

La déclaration est immédiate sur le site signalement-sante.gouv.fr.

Elle devra comporter au minimum les informations suivantes :


- une source identifiable (le notificateur),
- un patient identifiable,
- le nom du produit suspecté et le numéro de lot,
- la nature de l’effet indésirable.

En pratique, pour être évalué correctement, le dossier comprendra des informations sur le
patient (sexe, âge, poids, taille, département de résidence, antécédents, profession, etc...),
les médicaments pris (dénomination, numéro de lot, posologie, voies d’administration, date
de début et de fin de traitement, indication etc...), l’effet indésirable (description, date
d’apparition, évolution etc...)
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Contre-indications et précautions d’emploi
Contre-indications

La vaccination est un acte médical qui engage la responsabilité du prescripteur


et de la personne qui pratique l’injection. L’acte vaccinal doit être expliqué et
consenti. On doit veiller à ce que le patient soit conscient des bénéfices qu’il peut
en attendre mais aussi des risques qu’il encourt.
- Le vaccin peut être administré en cas d’allaitement.
- Il existe des hypersensibilités aux substances actives, à l’un des excipients
(mercurothiolate), aux œufs (protéine de l’œuf=ovalbumine), et aux protéines de
poulet.
- La vaccination doit être différée en cas de maladie fébrile ou d’infection aigue.
- L’anaphylaxie est la complication majeure mais exceptionnelle de la
vaccination.

Il existe relativement peu de contre-indications à la vaccination, contrairement à ce


que laissent penser certaines idées reçues.
L’asthme, l’eczéma, les dermatoses chroniques, les affections chroniques cardiaques,
respiratoires, rénales, hépatiques, les séquelles neurologiques, le diabète, la malnutrition,
la prématurité ne constituent pas des contre-indications.

Interactions

Le vaccin antigrippal peut être administré en même temps que d’autres vaccins.
Cependant, les injections doivent être pratiquées sur deux côtés différents (droit et gauche)
et il faut noter que les effets secondaires peuvent alors être intensifiés.
Si le patient est sous traitement immunosuppresseur la réponse immunitaire peut être
diminuée.
Après la vaccination grippale, il a été observé des réponses faussement positives aux
tests sérologiques utilisant la méthode ELISA pour détecter des anticorps contre HIV1,
hépatite C, et surtout HTLV1(virus T-lymphotropique humain), ces réactions transitoires
seraient dues à la réponse IgM induite par la vaccination.

Précautions d’emploi

Comme avec les injections en voie intramusculaire, ce vaccin doit être administré avec
précaution chez les sujets présentant une thrombocytopénie ou un trouble de la
coagulation (injection en sous cutanée), car des saignements peuvent survenir suite
à l'administration.

Chez la femme enceinte : les vaccins inactivés n'ont pas montré de toxicité chez le foetus.
Cette population fait partie des cibles de la recommandation.
Il ne sera que fortement indiqué chez les femmes présentant des facteurs de haut risque
(altération des fonctions cardiaques, pulmonaires ou immunitaires).

Le vaccin est généralement administré après le premier trimestre mais les


recommandations depuis 2012, le préconisent quel que soit le trimestre de la grossesse afin
de diminuer les épisodes infectieux au cours de celle-ci.

Des évanouissements, en réaction psychogène à l’injection, peuvent survenir après ou


avant l'administration. Une salle correctement équipée et non encombrée permettra de
prévenir toute blessure due à ces syncopales.
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Modalités de l’administration du vaccin
Les modalités de l’injection

La seringue doit être agitée et réchauffée à température ambiante si nécessaire


Le vaccin ne doit pas être injecté si des particules étrangères sont présentes dans la
suspension.
La voie à privilégier est l’intramusculaire (ou sous-cutanée profonde) dans le
muscle deltoïde.
Les hémophiles ou les patients sous anticoagulants doivent être vaccinés par voie
sous-cutanée (car risque de saignement en IM).

Les modalités de l’injection chez l’enfant


- Chez les nourrissons (à partir de 6 mois) à risque, le schéma vaccinal est :
2 doses de 0,25 ml à un mois d’intervalle en primovaccination (IM, SC) puis une
dose de 0,25 ml en rappel annuel.

- De 3 à 8 ans : 2 doses de 0,5 ml à un mois d’intervalle en primo vaccination


puis 1 dose de 0,5 ml en rappel annuel.

- A partir de 9 ans : 0,5 ml en une injection annuelle.

- Il est conseillé de les vacciner entre mi-octobre et fin novembre avec la seconde
dose administrée avant décembre pour qu’un taux d’anticorps efficace soit obtenu
à temps.

- Pour les enfants de 6 à 12 mois, administration IM dans la partie antérolatérale


de la cuisse de préférence.

- Pour les enfants de 12 à 35 mois, l’administration intramusculaire se fait de


préférence dans la partie antérolatérale de la cuisse (ou le muscle deltoïde si la
masse musculaire est suffisante).

Informations disponibles autour de la vaccination

Le site vaccination-info-service est destiné aux professionnels de santé.

Le calendrier vaccinal annuel est un document de référence autour des


recommandations en vigueur.

Le Cespharm regroupe sur son site les outils créés par les organismes officiels.

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