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La pollution marine

LA POLLUTION DES MERS PAR LE PETROLE

Le pétrole déversé en mer constitue une pollution importante et


préoccupante à l’échelle globale. Sachant que le cinquième de la
production provient des gisements offshores, des accidents surviennent
pendant l'extraction et le transport des hydrocarbures. On estime à six
millions de tonnes par an la quantité d'hydrocarbures introduite dans les
océans par l'activité humaine ce qui constitue par conséquent une cause
fondamentale de la pollution des océans.

Pollution par les


marées noires

Sachant que l'on estime à 6 millions de tonnes d'hydrocarbures


introduites tous les ans dans les océans et qu'une tonne peut recouvrir
environ une surface de 12 kilomètres carré; les océans sont donc
contaminés de façon quasi permanente par un film d'hydrocarbures.
Cette pollution a des effets pernicieux sur les ressources vivantes et on a
démontré une baisse de l'activité photosynthétique des algues et du
phytoplancton.

LE SOUVENIR D'ERIKA

Les grandes marées noires sont des événements spectaculaires et


tragiques, qui jalonnent l'histoire du transport maritime d'hydrocarbures.
Plusieurs grandes catastrophes se sont produites : la plus importante fut
celle de la tête du puits sous marin d'Ixtoc One, dans le golfe du Mexique
où 600 000 tonnes de pétrole brut se sont déversées dans l'océan entre
juin 1979 et février 1980 (soit trois Amoco Cadiz!!), mais il y a eu aussi
en 1967, le Torrey Canyon; en 1978 l'Amoco Cadiz; en 1989, l'Exxon
Valdez et bien sûr Erika en décembre 1999. Elles ont toutes fortement
perturbées la faune et la flore marine.

Nous allons décrire les conséquences engendrées par une marée noire
et comment s'effectue le repeuplement de la flore

Prenons l'exemple tristement célèbre du Torrey Canyon pétrolier


Libérien . Il s’échoua le 18 mars 1967 en début de matinée sur l'une des
Seven Stones, où il déversa ses 118 000 tonnes de pétrole brut
Koweïtien. La nappe toucha les côtes de Cornouailles et les côtes
Françaises en Côte d'Armor et Nord Finistère. Les chercheurs Anglais
estimèrent à 100 000 tonnes d'algues détruites en quelques semaines
par la marée noire, la re-colonisation a été suivie pendant une dizaine
d'années. On a observé des déséquilibres et des fluctuations des
populations au cours du repeuplement des zones « intertidaux », ainsi il
existe une compétition entre les algues calcaires lithothamniées et des
petits crustacés (les chtamales) et des déséquilibres entre les algues
fucus et les animaux qui s'en nourrissent. Il faut attendre une dizaine
d'années avant de retrouver un nouvel équilibre.

Erika un an plus tard :


la vérité !
Les mêmes conséquences ont été observées après le naufrage du
pétrolier géant l'Amoco Cadiz le 16 mars 1978 en face du petit port de
Portsall, à moins de deux miles de la côte nord- ouest du Finistère, où il
y déversa 223 000 tonnes de pétrole léger et 4000 tonnes de fuel lourd
en une douzaine de jours. Les conséquences écologiques de cette
marée noire ont été catastrophiques, une évaluation globale de la
mortalité subie par les espèces marines a été tentée : sur une surface
totale de 220 000 hectares comprenant 50% de substrat rocheux, la
biomasse détruite par la pollution représenterait 260 000 tonnes de poids
frais.

En baie de Morlaix, on a observé une réduction de 20% du nombre


des espèces, de 80% de la densité des individus, de 40% de la
biomasse totale. A la suite d'une telle catastrophe, on observe trois
étapes :

- une phase de destruction des espèces vivantes ;

- puis une phase de stabilisation dont la durée varie de quelques mois


à plus d'un an ;

- et enfin une phase de recolonisation et de restructuration du


peuplement qui
s'étend sur une période de 6 à 10 ans.

Sous nos latitudes, six à sept ans suffisent pour faire disparaître
presque totalement les traces d'une marée noire Mais il existe des zones
où l'arrivée massive de pétrole dans des milieux très protégés reste
polluées à plus long terme. Ainsi 13 ans après l'échouement de l'Amoco
Cadiz, certains marais et quelques vasières n’avaient toujours pas
retrouvé leur repeuplement d'avant la catastrophe

Tous les drames que je viens de vous décrire sont des « accidents ».
Mais la plus grande marée noire de tous les temps n'est pas due à un
accident mais a la folie humaine: LA GUERRE. Elle s'est produite dans
le golfe Arabo-Persique, en 1991, pendant la guerre du Koweït. Les
nappes, provoquées par le naufrage de pétroliers bombardés ou par
l'ouverture volontaire de vannes de grands réservoirs («tactique» mis au
point par les responsables militaires irakiens) atteignent plusieurs
centaines de kilomètres de longueur. On estime que les quantités
d’hydrocarbures répandues peuvent atteindre 1 million de tonnes soit
l'équivalent de quatre fois la quantité déversée par L'Amoco Cadiz.
Dans cette mer peu profonde et fermée que constitue le Golfe, où les
eaux ne se renouvellent que tous les 2 siècles, on peut être certain que
les dégâts se feront sentir longtemps, très longtemps.

Aussi dramatique que soit les conséquences à court terme d'une


pollution par hydrocarbure, il n'y a donc quasiment pas de traces à long
terme. L'étude des repeuplements a permis de mettre en évidence
l'importance de succession des différentes phases permettant le retour
et la restructuration des espèces vivantes et le retour à un nouvel
équilibre des écosystèmes touchés. On estime à 100 000 tonnes de
pétrole qui transite chaque jour au large des côtes Bretonnes. Le
gouvernement français a donc mis en place en 1978 après le drame de
l'Amoco Cadiz un plan de surveillance « le plan POLMAR » qui contrôle
les routes de navigation particulièrement renforcées en Manche pour
lutter contre les pollutions marines et un centre de documentation, de
recherche et d'expérimentation implanté à Brest sur les pollutions
accidentelles des eaux.