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ENSA Tétouan Année universitaire 2018-2019

GC2

Module: Mécanique des sols


Corrigé de la série 2

Questions de cours:
1. La granulométrie et l’indice des vides influent considérablement sur la perméabilité des sols car
ces deux paramètres conditionnent la distribution des pores vides au sein du sol. Ces derniers
forment les interstices à travers lesquels le fluide s’infiltre qui conditionnent la perméabilité du
milieu. La loi empirique de Hazen rend compte de l’influence de la granulométrie à travers le
diamètre efficace D10 et la loi de Kozeny-Carman traduit l’influence de l’indice des vides
2. Les deux principaux essais de laboratoire sont l’essai à charge constante et l’essai à charge
variable. Le premier est adapté aux sols pulvérulents à forte perméabilité. Le deuxième est destiné
aux sols cohérents à faible perméabilité.
3. On sature l’échantillon de sol dans le perméamètre avant de déterminer le coefficient de
perméabilité afin de chasser les bulles dont la présence peut fausser la valeur de la perméabilité
mesurée.
4. Les essais de perméabilité en place dits in-situ sont plus réalistes et bien adaptés à la
caractérisation à grande échelle du sol dans un site donné. Ils permettent d’éviter les problèmes de
remaniement des éprouvettes et limitent le recours à un grand nombre d’essais de laboratoire
lorsqu’on veut rendre compte de la variabilité de la perméabilité dans un terrain hétérogène.
5. L’essai de perméabilité Lefranc est un essai in-situ standard. Il permet moyennant un forage et un
tubage perforé d’injecter ou de collecter le débit en régime stationnaire ou instationnaire sous une
charge hydraulique déterminée. On peut alors estimer la perméabilité globale dite Lefranc à l’aide
d’une corrélation qui intègre les dimensions du manchon perforé utilisé et la configuration de l’essai.

Exercice 1:
L’écoulement est régi par la loi de Darcy, soit v = ki (1). Le débit de percolation est q = vS où S
est l’aire de la section de l’échantillon dans le perméamètre. D’où la vitesse de percolation: v = q / S ,
soit v = 4q /(πd 2 ) . A.N.: v = 0.28cm / s
D’autre part, le gradient hydraulique est i = h / L où L est la hauteur de l’échantillon et h la charge.
A.N.: i = 2.66 .
Par suite d’après (1): k = v / i . A.N.: v = 0.11cm / s

Exercice 2:
Suivant la théorie du perméamètre à charge variable, on applique la loi de Darcy à chaque intervalle
de temps élémentaire t et t + dt : v = ki , ce qui permet de calculer le débit instantané par
Q = Av = kAi où A est l’aire de la section de l’échantillon d’argile dans le perméamètre.
h − h aval
Le gradient hydraulique est donné par: i = amont avec h amont = z et h aval = 0 , en choisissant
L
l’origine des z au niveau de la section avale de l’échantillon et en fixant la pression atmosphérique
z
égale à zéro, voir figure 1. D’où i = .
L
En exprimant la conservation de la masse d’eau (ou ce qui revient au même la conservation du
volume d’eau puisque l’eau est incompressible) durant dt , le débit de percolation est égal à la
variation de niveau dans la burette. Il vient alors: Qdt = −adz où a est l’aire de la section
transversale de la burette.

1
z dz
D’où kA = −a (1).
L dt

Piézomètre
Niveau d’eau
à l’instant t1

z1 Niveau d’eau
à l’instant t2
z(t) a

z2
S L
Trop
q
plein
Excès de
Eau
volume
Base

Figure 1

aL  z 2  a L z 
Par intégration de (1), on obtient: k(t 2 − t1 ) = − ln   , soit k = ln  1  . Mais
A  z1  A (t 2 − t1 )  z 2 
2
πd 2 πD 2 d L z 
a= et A = . Par suite: k =   ln  1  .
4 4  D  (t 2 − t1 )  z 2 
Application numérique: d = 0.17cm ; D = 6.5cm ; L = 2.5cm ; t 2 − t1 = 6 min 35s = 395s ;
h1 = 35 − 3 = 32cm et h 2 = 32 − 2 = 30cm . D’où k = 2.8 ×10−7 cm / s .

Exercice 3:
i n3
La formule de Kozeny-Carman s’écrit: v = (1) où K est la constante de Kozeny, S
η KS2 (1 − n )2
la surface spécifique, n la porosité, i le gradient hydraulique et η la viscosité dynamique de la phase
e
fluide. La relation entre l’indice des vides e et la porosité est donnée par: n = (2). En
1+ e
i 1 e3
substituant (2) dans (1), il vient: v = . D’où le coefficient de perméabilité:
η KS2 1 + e
1 1 e3
k= (3). En changeant d’indice des vides, la nouvelle perméabilité pour le même sol
η KS2 1 + e
1 1 e′3
pris à la même température est: k ′ = (4). En divisant membre à membre (4) par (3), il
η KS2 1 + e′
e′3 (1 + e)
vient k′ = k 3
. A.N.: k = 2.5 × 10−2 cm / s , e = 0.62 , e′ = 0.73 . D’où k ′ = 3.8 × 10−2 cm / s .
e (1 + e′)

2
Exercice 4:
* Considérons un écoulement horizontal (parallèle à la stratification) se produisant dans le terrain
considéré avec le même gradient hydraulique i à la traversée de chaque couche. Les vitesses de
décharges dans chaque couche sont alors: v1 = k1i , v 2 = k 2i et v3 = k 3i .
En considérant le débit qui traverse une tranche de sol vertical de largeur unitaire, on voit que le
débit totale de décharge est: q = q1 + q 2 + q 3 , soit q = v1H1 + q 2 H 2 + q 3 H3 . En définissant la vitesse
H v + H 2 v 2 + H 3 v3
moyenne de décharge par: q = vH = v ( H1 + H 2 + H3 ) , il vient: v = 1 1 . D’où
H1 + H 2 + H3
H k + H 2 k 2 + H 3k 3
v= 1 1 i . Or par définition de la perméabilité horizontale, on a: v = k H i . On
H1 + H 2 + H3
H k + H 2 k 2 + H 3k 3
obtient alors par identification: k H = 1 1 .
H1 + H 2 + H3
H 2k + k
Comme cas particulier, on a ici: H1 = H 2 = H3 = , d’où k H = 1 2 . A.N.: k H = 4 ×10−3 cm / s .
3 3
* Considérons à présent un écoulement vertical (perpendiculaire à la stratification), la conservation
de la masse (équation de continuité) exige que la vitesse de décharge soit la même à la traversée des
différentes couches. D’où: q = q1 = q 2 = q 3 , soit k V i = k1i1 = k 2i 2 = k 3i3 . Mais le gradient
h h +h +h
hydraulique est i = = 1 2 3 où h1 , h 2 et h 3 sont les pertes de charge au travers des
H H
H i + H 2i 2 + H3i3
différentes couches et h la perte de charge totale. D’où v = k Vi = k V 1 1 , soit
H
H (v / k1 ) + H 2 (v / k 2 ) + H3 (v / k 3 ) H
v = kV 1 . Finalement : k V = .
H H1 H 2 H 3
+ +
k1 k 2 k 3
H 3k1k 2
Dans le cas particulier: H1 = H 2 = H3 = , on obtient : k V = . A.N.: k V = 1.4 ×10−3 cm / s
3 k1 + 2k 2
k
* Le rapport des deux conductivités est: H = 2.86 .
kV

Exercice 5:
Lorsque le régime permanent est établi après 24 heures de pompage, la formule de Dupuit donne:
H2 − h 2
Q = πk (1) où Q est le débit pompé, k la perméabilité du massif, H la hauteur de la
ln(R / r0 )
nappe au-dessus du substratum, h la hauteur d’eau dans le puits, R le rayon d’action et r0 = φ / 2 le
rayon du puits.
Dans le cas qui nous intéresse ici, l’équation (1) contient comme inconnue k. Elle est valable pour
ln(R / r0 )
t ≥ 24h (régime permanent). D’où k = Q . A.N.: H = 17 − 4 = 13m , h = 13 − 4 = 9m ,
(
π H2 − h2 )
Q = 5.4m3 / h , R = 15m et r0 = 0.15m . D’où k = 2.5 ×10−3 cm / s .

Exercice 6:
aL  h1 
6.1 Dans le cas d’un perméamètre à charge variable, on a: k = ln   (1). A.N.: a = 1.35cm 2 ,
At  h 2 
A = 14.71cm 2 , L = 20cm , h1 = 160cm , h 2 = 80cm et t = 4 min 25s = 265s . D’où k = 4.8 ×10−3 cm / s .

3
aL  h1 
6.2 Ici l’inconnue est la durée t dans l’équation (1). Elle est donnée par: t = ln   . A.N.:
Ak  h 2 
t = 118.6s .

6.3 Il suffit d’exprimer h 2 en fonction du reste à partir de l’équation (1). Ainsi :


 kAt 
h 2 = h1 exp  −  . A.N.: h 2 = 19.5cm .
 aL 