Vous êtes sur la page 1sur 5

EXPOSÉ DE MÉTHODOLOGIE – CORTE 2

LA MÉTHODOLOGIE DIRECTE

Créateur : Christian Puren


Epoque de création : Répandue en France et en Allemagne à la fin du
19ème siècle et au début du 20ème siècle, la méthode directe apparue
officiellement en 1901.

Motif : Elle résulte d’une évolution interne de la méthodologie


traditionnelle et de la méthode naturelle qui a anticipé certains de ses
principes. Cette méthode trouve sa place dans le mouvement de réforme
contre la grammaire –traduction.

1. CONCEPTION DE L’APPRENTISSAGE ET DE LA LANGUE

La MD conçoit l’apprenant comme une personne active et non un


simple réceptacle de connaissance. La MD s’inspire de l’approche
naturelle où l’apprentissage d’une LE est fondée sur l’observation de
l’acquisition de la LM par l’enfant. Elle se base sur l’hypothèse suivante :
pour acquérir une langue, il faut avoir quelqu’un à qui s’adresser, avoir
quelque chose à lui dire et avoir le désir de comprendre l’autre et de se
faire comprendre. La MD emprunte aussi à la théorie de
l’associationnisme qui réduit le fonctionnement général de l’esprit par
des mécanismes d’associations d’idées. Ici, l'apprentissage, en
particulier l'accès au sens, se fait par association d'image et de sens, de
mot et sons.

2. VISION DE L’APPRENTISSAGE ET DE L’ENSEIGNEMENT

La méthodologie directe constituait une approche naturelle de


l’apprentissage d’une langue étrangère fondée sur l’observation de
l’acquisition de la langue maternelle par l’enfant.

Les principes fondamentaux qui la définissent sont:


L’enseignement des mots étrangers sans passer par l’intermédiaire de
leurs équivalents français. Le professeur explique le vocabulaire à l’aide
d’objets ou d’images, mais ne traduit jamais en langue maternelle.
L’objectif est que l’apprenant pense en langue étrangère le plus tôt
possible.

L’utilisation de la langue orale sans passer par l’intermédiaire de sa forme


écrite. On accorde une importance particulière à la prononciation et on
considère la langue écrite comme une langue orale “scripturée”.

L’enseignement de la grammaire étrangère se fait d’une manière inductive


(les règles ne s’étudient pas d’une manière explicite). On privilégie les
exercices de conversation et les questions-réponses dirigées par
l’enseignant.

3. ROLE DE L’ENSEIGNANT :

 Il fait accéder au sens, par des supports, des mimes, des


paraphrases.
 Il sollicite constamment l’intuition des apprenants par des
interrogations incessantes.
 Il sert de modèle linguistique par ses énoncés que les apprenants
doivent imiter. Il insiste sur la correction phonétique des énoncés
produits.

ROLE DE L’APPRENANT :

 Réagit aux interrogations des enseignants


 Saisit par intuition le sens et les régularités syntaxiques
 Imite les productions des enseignants
 Répète intensivement les structures syntaxique jusqu’à
l’automatisme
4. CONTENU ENSEIGNÉ :

Utilisation exclusive de la langue cible.

 Enseignement du vocabulaire et des structures pour une utilisation


quotidienne.
 Enseignement inductif de la grammaire.
 Développement progressif et progressif des compétences en
communication orale par l'échange de questions et de réponses
entre enseignants et élèves.
 Introduction orale de nouveaux contenus d'enseignement.
 Utilisation de démonstrations, d'objets et de dessins dans
l'introduction d'un vocabulaire concret, et association d'idées dans
l'introduction d'un vocabulaire abstrait.
 Enseignement de l'expression et de la compréhension orale.
 L'accent est mis sur la prononciation et la grammaire.

Contenu
 Presentation de la langue

La langue est présentée sous forme de dialogues fabriqués ou de textes


littéraires.

 Accès au sens de la langue cible :

La méthodologie est dite « directe » parce qu’elle interdit l’accès au sens


par la traduction. Cette interdiction de la traduction impose à l’enseignant le
recours à des objets, des images, le détours par des gestes et des mimes.
Elle mobilise chez l’apprenant l’intuition (association entre les séquences
sonores de la LE et la réalité montrée). Cependant l’opinion des
méthodologues directs sur l’utilisation de la langue maternelle divergeait :
certains étaient partisans d’une interdiction totale (thèse adoptée dans
l’Instruction de 1908), tandis que la plupart étaient conscients qu’une telle
intransigeance serait néfaste et préféraient une utilisation plus souple de la
méthode directe.
 Enseignement de la grammaire :

L’enseignement de la grammaire étrangère se fait d’une manière inductive


et implicite (les règles ne s’étudient pas d’une manière explicite). On
privilégie les exercices de conversation et les questions-réponses dirigées
par l’enseignant.

 Enseignement du lexique :

Le vocabulaire occupe une place plus importante que la grammaire. La


MD, qui se donne pour but, non une connaissance métalinguistique de la
LE, mais une pratique effective de cette langue, s’appuie sur des situations
qui vont en s’élargissant de l’univers de la classe au monde extérieur
introduit dans la classe grâce à des tableaux muraux. L’enseignement du
lexique, axé principalement sur un lexique de tous les jours, se fait d’une
manière arbitraire et intuitive avec souvent une inflation de termes. Les
images et objets de l’environnement servent surtout à présenter le sens
des mots concrets, alors que les mots abstraits sont enseignés par
association avec les mots déjà connus. A la différence de la MT, les mots
sont appréhendés globalement au sein des phrases « (l’élève) apprendra
toujours le sens du mot par la phrase et non le sens de la phrase par les
mots » (Puren, 1988 : 148). Il s’agit donc d’une approche globale du sens.

 Progression adoptée :

Le contenu est agencé par terme, du connu à l’inconnu, du concret à


l’abstrait, du simple au compliqué, du particulier au général.

 Schéma de classe :

Il n'existe pas un schéma prédéfini mais quelques constantes sont à noter :

 Jeux de questions-réponses
 Manipulations implicites de structures syntaxiques
 Passage à l’écrit tardif
5. MATÉRIEL UTILISÉ :

Le matériel reste quelque peu limité, car l’enseignant utilise


l’environnement immédiat de la classe, on a recours à tout ce qui peut
permettre de montrer, de nommer et d’expliquer sans traduire. C’est-à-dire
les gestes, les mimiques, les objets, les dessins. Et bien évidemment la
langue étrangère elle-même.

6. TYPES D’ACTIVITÉS :

La langue s'apprend en imitant un modèle linguistique et en mémorisant


des phrases et de petits dialogues ; le lexique s'acquiert par des
associations et les règles grammaticales sont induites par l'observation
d'exemples.

Activités d’enseignement :

 Questionnements et conversations
 Traitement de l’erreur
 L’erreur est évitée et l’autocorrection privilégiée