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SOMMAIRE

Sociologie Générale.....................................................................................1

Introduction générale : pourquoi s’initier à la sociologie ?...........................1

Partie 1: De la connaissance sociologique aux sociologies contemporaines3

Chapitre 1 : L’invention de la sociologie......................................................3

I- Un contexte historique et idéologique favorable à une réflexion nouvelle sur


l’évolution de la société...............................................................................3

II°- Les trois grands précurseurs: A. Comte, A. De Tocqueville, K. Marx.......7

Chapitre 2 : L’avènement et l’institutionnalisation de la sociologie...........16

Introduction :..............................................................................................16

I- Émile Durkheim : une sociologie du fait social (fiche 10 et 11 + biographie +


règles de la méthode sociologique et la société).......................................17

II- Max Weber : une sociologie de l’activité sociale....................................22

III- naissance d’une sociologie plus empirique aux Etats Unis...................26

Chap. 3 : Les sociologues contemporains..................................................29

Intro :.........................................................................................................29

I°- Le problème de l’articulation entre l’individu et la société....................29

II°- Les sociologies françaises....................................................................32

SOCIOLOGIE GÉNÉRALE
Introduction générale : pourquoi s’initier à la sociologie ?

La sociologie par définition s’intéresse à de nombreux faits de société : le


chômage, l’organisation du travail, la famille, la religion, le suicide, l’échec
scolaire, la délinquance en banlieue. Ces faits de société donnent lieu à de
nombreux commentaires des journalistes, des politiques, et des individus en
général.

On a une impression de familiarité et on se demande pourquoi la sociologie


existe. La sociologie existe et fait l’objet d’un enseignement autonome à
l’université (la 1ère chaire de sociologie à été crée en France en 1913 à la
Sorbonne par Emile Durkhiem). En fait la sociologie ou encore toutes les
questions sociales ne doivent pas se confondre avec l’analyse sociologique
(tout n’est pas sociologique dans le sociale). En effet la réalité est mois facile à
saisir et à expliquer qu’il n’y paraît. La connaissance spontanée et empirique
des phénomènes sociologiques contemporains est souvent faussé par le
manque de connaissances, de recul mais aussi car certains aspects des réalités
sociales sont cachées volontairement ou pas.

3 raisons essentielles de s’initier aux principaux concepts et théories de


l’analyse sociologique :

8 Mieux connaître le monde dans lequel on vit. Faire parti d’une société ne
suffit pas à la connaître, il faut donc passer d’une connaissance
empirique, spontanée liée à l’expérience à une approche globale
rationnelle et scientifique permettant de rompre avec le sens commun et
certaines évidences trompeuses. La sociologie avec d’autres sciences
sociales comme l’économie, la psychologie, l’histoire, la philosophie,
permet de rendre intelligible la société donc de faire des jugements
moins hâtifs et plus fondés et de construire une vision critique et
personnelle de la société dans laquelle on vit.

9 Améliorer la connaissance de soi-même. Les analyses sociologiques


renvoi souvent à notre propre expérience et permettent de mieux
comprendre nos croyances, nos comportements et nos choix. Ex :
l’analyse sociologique de la pratique sportive montre qu’on ne choisis
pas un sport au hasard, l’analyse sociologique du mariage montre qu’on
ne se mari pas au hasard ou un hasard socialement arrangé.

10 Cela aide tous ceux qui ont le pouvoir et ceux qui le détiendrons un jour
afin de se poser les bonnes questions et à trouver un certain nombre de
solutions aux disfonctionnement sociales actuel : délinquance, exclusion
sociale, chômage etc.…

Conclusion :
La sociologie peut donc être d’une grande utilité à condition de faire l’effort
d’acquérir les connaissances conceptuelles, méthodologies et théoriques
nécessaires. Avant d’aborder l’étude des réalités sociales actuelles, il est
indispensable de faire un détour pour étudier les grands fondements de la
sociologie, son histoire et ses principaux fondateurs.

PARTIE 1: DE LA CONNAISSANCE
SOCIOLOGIQUE AUX SOCIOLOGIES
CONTEMPORAINES
Pour être considéré comme une science autonome une discipline doit :

11 Marquer sa singularité par rapport aux autres sciences déjà


institutionnalisées.

12 Démonter son caractère scientifique.

Elle doit donc se doter d’une démarche, d’outils et de concepts qui lui sont
propres. Ce processus de légitimation et d’institutionnalisation se réalise
progressivement, parfois en ordre dispersé, mais bénéficie toujours d’un
contexte favorable et de l’action plus ou moins déterminée des précurseurs et
des fondateurs.

En 1838 Auguste Comte crée le terme de sociologie, et aujourd’hui la


sociologie a définitivement acquis cette reconnaissance scientifique en se
démarquant des autres sciences sociales qui l’on précédée (l’histoire, la
philosophie, la psychologie, l’économie…).

CHAPITRE 1 : L’INVENTION DE LA SOCIOLOGIE.

La sociologie née au XIXème siècle dans un contexte historique particulier avec


de nombreuses mutations économiques, politiques et sociales. Des
intellectuels comme A. Comte, A. de Tocqueville et K. Marx s’interrogent sur la
nature de cette nouvelle société qui émerge. En particulier, ils essayent
d’analyser le passage d’une société traditionnelle (communauté de type rurale)
à une société moderne (individualisme croissant), ils étudient la modernité en
étudiant le fondement du lien social.
I- UN CONTEXTE HISTORIQUE ET IDÉOLOGIQUE FAVORABLE À UNE RÉFLEXION NOUVELLE SUR
L’ÉVOLUTION DE LA SOCIÉTÉ.

La France connaît au XVIIIème et XIXème siècles de profonds changements se


traduisant par un bouleversement d’un ancien ordre social.

A- LE CONTEXTE ÉVÈNEMENTIEL: LA SOCIOLOGIE « FILLE DES RÉVOLUTION »

Il y a eut deux grandes révolutions : la révolution politique (de la monarchie


à la démocratie) ainsi que la révolution industrielle bouleversent l’ancien
ordre social monarchique, ce qui provoque des interrogations sur cette nouvelle
société en construction mais aussi l’apparition de nouveaux problèmes sociaux
(promiscuité et misère urbaine, alcoolisme, prostitution…).

1- Politiquement, la révolution française avec ses idées et ses réformes détruit certains dogmes
et certains équilibres sociopolitiques

a- L’abolition du régime féodal et l’apparition d’une nouvelle stratification sociale


plus fluide

Le régime féodal est très rigide au niveau de la mobilité sociale, le statut


social étant hérité.

La déclaration des droits de l’Homme et du citoyen (article premier : les


Hommes naissent libres et égaux en droit) fait disparaître cette stratification
sociale rigide, le statut social n’est plus assigné à la naissance mais est acquis
en théorie sur les mérites de chacun. Cela provoque l’apparition de nouveaux
rapports entre les catégories sociales naissantes (2 nouvelles classes : la
classe ouvrière et la bourgeoisie).

b - La loi Chapelier et la disparition des groupes intermédiaires et intégrateurs

En juin 1791 cette loi interdit toutes formes de coalitions, ce qui permet
d’abolir les corporations, ainsi que toutes formes d’associations, ce qui
empêche les ouvriers de se former en syndicats.

C’est un contrat léonin : déséquilibré, car un patron se retrouve à discuter avec


un seul ouvrier et non un syndicat. Conséquences : la révolution française
prohibe la constitution de groupes intermédiaire entre l’individu et la société
(que ce soit des syndicats ou toutes autres formes d’association, qui sont
intégrateurs car générateurs de liens sociaux). Il existe deux types de liens :
les liens horizontaux et les liens verticaux.

c- Évolution du droit civil et apparition de nouvelles structures familiales

Un grand bouleversement survient avec la transformation du mariage en 1792,


qui devient alors un contrat civil, pouvant être dans certains cas dissous et
avec des possibilités de remariage, ce qui entraîne l’apparition de nouvelles
structures familiales.

2- Les disfonctionnements sociaux provoqués par la révolution industrielle à l’origine de « la


question sociale »

a- L’urbanisation industrielle et le développement de la misère ouvrière

Des auteurs comme Charles Dickens ou Victor Hugo vont décrire l’aggravation
des conditions de la classe ouvrière par l’industrialisation rapide des sociétés,
on parle de misérabilisme pour leur littérature.

L’industrialisation rapide du XIXème entraine des concentrations urbaines


importantes, qui elles-mêmes causent une montée de la promiscuité et de la
misère (et aussi l’augmentation de la prostitution, de la délinquance, etc. …).
Ces villes et surtout ces quartiers ouvriers, sont présentés par certains comme
l’incarnation de l’enfer et la cause principale de la désorganisation sociale et de
l’isolement de l’individu. Les liens traditionnels de la communauté sont rompus,
l’individu est atomisé (séparé du reste), et l’on assiste à une lutte individuelle
dont la survie de chacun entraine des problèmes sociaux.

b- Le capitalisme industriel à l’origine de la prolétarisation et de la paupérisation


croissante de la classe ouvrière

Progressivement, la Révolution industrielle va profondément modifier les


structures productives, en passant de l’atelier ou encore de la manufacture à
l’usine moderne, où le travail est de plus en plus divisé et où l’on utilise de plus
en plus de machines (machinisme). Ainsi les ouvriers de métier sont expropriés
de leurs qualifications et deviennent des ouvriers spécialisés (O.S.)
interchangeables, et subissent la pression d’une « armée de réserve
industrielle ». Ils sont obligés d’accepter un salaire de subsistance, leur
permettant juste de renouveler leur force de travail. La classe ouvrière et le
salariat se développent, mais les conditions de travail et de vie se détériorent
dans la grande majorité des cas. Cela explique l’apparition des socialistes et
entre autres la théorie de l’exploitation de Marx.

Conclusion sur le contexte événementiel

La révolution française et les deux révolutions industrielles ont sonné le glas


d’une société traditionnelle où la cohésion sociale reposé sur la famille, le terre,
la communauté villageoise, l’église, les corporations (liens sociaux
communautaires).

Un nouvel ordre social doit s’instaurer avec de nouvelles solidarités sociales


permettant de concilier individualisme croissant et cohésion sociale. Repenser
la nature et le fondement du lien social seront les objectifs essentiels des
précurseurs et des fondateurs de la sociologie.

B- LE CONTEXTE IDÉOLOGIQUE : LE TRIOMPHE DE LA « RAISON » ET L’INFLUENCE D’UN COURANT POLITIQUE


CONSERVATEUR SUR LE QUESTIONNEMENT SOCIAL

1- L’avènement de la « raison »ou la volonté d’expliquer le monde sans référence divine

a- le rôle essentiel de la philosophie politique dans l’émergence des sciences


sociales

Le 19ème est le siècle des lumières (Voltaire, Rousseau, Montesquieu…) et ces


penseurs placent la raison au dessus de tout et en particulier au dessus de la
religion. Cet état d’esprit rationalisme a pour origine la redécouverte de la
philosophie politique grec à la renaissance (en pratique avec la traduction des
textes de Platon et Aristote). En effet la réflexion sur la politique est plus
généralement sur l’organisation économique et social et dans le cadre de la
société médiévale. (du 5ème eu 15ème siècle) est neutralisé par la subordination
et toutes les actions humaines à un principe divin. C’est la pensée scolastique
qui désigne l’intégration de la pensée d’Aristote à la morale chrétienne et c’est
St Thomas d’Aquin (1226-1274) qui va développer le Thomisme qui est une
pensée qui conforte la primauté du pouvoir spirituel de dieu sur le pouvoir
temporel.

13 1ère remise en question : qui va se faire par N. Machiavel (1469-1527)


en 1513 avec « Le prince », vas développer une approche pragmatique
et utilitaire de la politique pour être le plus efficace possible. Il cherche à
expliquer le mécanisme de la vie politique de façon scientifique en
s’appuyant sur l’expérience et il est l’abord immorale opportuniste (la
faim justifie les moyens).Il ne nie pas l’importance de la religion mais il
lui reproche que certaines de ces valeurs ne permettent pas de créer un
Etat fort.

14 2ème remise en question : « le Léviathan » en 1651 de T. Hobbes (1588-


1679) qui réalise une présentation systématique de l’autorité
indépendamment de toute réflexion religieuse, il veut déterminer
rationnellement l’organisation politique la plus apte à empêcher les
guerres civiles. Il légitime le pouvoir absolu et le monopole de la violence
légitime entre les mains d’un roi, les Hommes devant renoncer à une
partie de leurs droits naturels.

b- de l’apparition des sciences modernes à la Renaissance au scientisme et


positivisme du 19ème

L’émancipation de la réflexion intellectuelle par rapport à la morale chrétienne


se confirme avec l’apparition des sciences modernes. A partir des travaux de
Galilée (1564-1642) reprenant ceux de Copernic qui avancent que la Terre n’est
pas le centre du monde (c’est l’héliocentrisme qui va supplanter le
géocentrisme) la nature vas perdre partiellement son caractère divin pour
devenir un domaine qu’on peut penser et mesurer, ainsi à la connaissance
religieuse « livresque ». A la connaissance livresque (les saintes écritures plus
l’interprétation religieuse) se substitue une connaissance scientifique faite de
théories et d’observation. La subjectivité est bannie de la recherche et des
mathématiques deviennent les instruments obligés de tout savoir scientifique.

Les travaux des encyclopédistes (« l’encyclopédie » ou encore « le dictionnaire


résonné des sciences, des arts et des métiers » 1751-1773) comme Diderot,
d’Alembert annonce l’émergence du scientisme (courant de pensée (fin 19ème
début 20ème) qui repose sur la foi de la toute puissance des sciences pour
répondre à tout les problèmes humains) et du positivisme (doctrine
philosophique développé par A. Comte considérant que la seule connaissance
est celle des faits et de l’expérience scientifique).

Conclusion sur les méthodes de la sociologie

Les précurseurs de la sociologie et les fondateurs de cette science adhère à


cette en la raison, ils essaient d’appliquer les méthodes des sciences exactes à
l’analyse des phénomènes sociaux en considérant que l’on peut fonder une
science de la société sur le model des science de la nature comme la physique
(A. Comte fait la relation à la physique sociale), la chimie, la biologie et la
médecine (Durkheim fait référence à la normale et à la pathologie). Ils veulent
expliquer l’ensemble du social à l’aide de « lois » comparables à celles des
sciences de la nature.

2°- L’influence des idées politiques : le conservatisme dénonce les disfonctionnement


engendrés par les révolutions et influence les premiers sociologues

Les intellectuels comme De Bonald ou encore De Maistre, ou Taine dénoncent


ces disfonctionnement et revendiquent le retour à une société traditionnel
caractérisant l’ancien régime ce son de véritables contre révolutionnaires qui
défendent des valeurs de la société féodale : religion, respect de la hiérarchie,
communauté villageoise valeurs familiales. Conséquences : des sociologues
comme F. Le Play vont montrer les vertus de la famille souche (parents enfant
oncle, grands parents…) par rapport aux dangers de la famille nucléaire
(parents et enfants)

E. Durkheim préconisait la restauration des corporations.

La sociologie et donc apparue dans un contexte de mutation propice aux


questionnements social ce qui explique que les précurseurs et les fondateurs
sont apparus au 18ème et au 19ème siècle.
II°- LES TROIS GRANDS PRÉCURSEURS: A. COMTE, A. DE TOCQUEVILLE, K. MARX

A°- AUGUSTE COMTE (1798-1857) : LE POSITIVISME ET LA VOLONTÉ DE CRÉER UNE « PHYSIQUE SOCIALE » AFIN
D’ÉTUDIER SCIENTIFIQUEMENT LA SOCIÉTÉ

Ce philosophe français, secrétaire pendant quelques années du conte de St


Simon (c’est un philosophe et économiste hostile aux « oisifs » et qui voulait
confier aux producteurs, industriels, techniciens le soin d’assurer la paix et le
bonheur des peuples et il développe une pensée positive et préconise un
socialisme humanitaire) est l’inventeur du mot sociologie qui vient du latin
socio qui veut dire société et du grec logi qui veut dire science, il invente ce
mot en 1839 pour remplacer l’expression de physique sociale du statisticien
Quetelet et l’expression de physiologie sociale de St Simon . C’est le premier à
avoir conçu la nécessité et la possibilité de créer une nouvelle science sociale.

1°- Le fondateur du positivisme et le précurseur de la démarche hypothético-inductive

Toute acquisition de connaissance doit se réaliser à partir de l’observation des


faits pour en déduire a posteriori l’élaboration d’une théorie. La démarche
hypothético-inductive part des faits pour élaborer des analyses théoriques, à
contrario une démarche hypothético-déductive part d’un système théorique
que l’on va vérifier dans des faits. La sociologie doit avoir ce caractère
rigoureusement positif et scientifique et pour cela être dans un premier temps
une science de l’observation.

2°-La hiérarchie des sciences : la sociologie doit parachever l’évolution des sciences

Dans son cours de philosophie positive (1830-1842) Conte se fixe comme


objectif d’achever l’élaboration des sciences positives en instituant une science
des phénomènes sociaux : la sociologie.

15 Étude de l’Homme : sociologie

16 Étude de l’ordre humain : sociologie et de l’ordre individuel : la morale

Comte considère que cette discipline nouvelle se divise en deux champs


d’investigation :

17 la statique sociale : étude de l’ordre et des déterminants de la cohésion


sociale.

18 la dynamique sociale : étude du progrès de l’esprit humain et des lois de


développement de la société humaine.

Conte ne va développer que la dynamique sociale dans « ses discours sur


l’esprit positif » en 1844 en énonçant la loi des trois « états » ou encore
la loi d’évolution intellectuelle de l’Humanité. Selon cette loi générale et
linéaire toutes les sciences et toutes les sociétés humaines doivent
passer par trois états successifs.

a- L’état théologique ou fictif

Les Hommes donnent des explications surnaturelles aux phénomènes naturels


et sociaux ainsi dans toutes les sociétés traditionnelles et primitives c’est le
divin qui explique le monde et organise la vie sociale.

b- L’état métaphysique ou abstrait

Les agents surnaturels sont remplacés par des forces abstraites, ainsi l’ordre
social n’est plus d’origine divine mais un fait naturel. Cela correspond mieux
aux sociétés européennes de la Renaissance jusqu’au 18ème.

c- L’état positif ou scientifique

Les Hommes à partir de l’observation et à l’aide des mathématiques mettent


en évidence des relations stables entre les phénomènes. Cet état d’esprit
positif correspond aux sociétés basées sur un esprit de science que Comte
souhaite voir émerger et se renforcer, il est donc pour l’application du
positivisme à l’analyse des phénomènes sociaux. Cet état positif est un stade
nécessaire, définitif et stable pour Conte ce qui donne lieu à de nombreuses
critiques sur son point de vue évolutionniste (terme qui désigne toutes les
théories qui postule une évolution linéaire de l’histoire de l’humanité) et
déterministe. Si Comte n’est pas parvenu à élever la sociologie à cette étape
positive il a eut le mérite d’identifier les conditions et les enjeux de l’invention
nécessaire d’une sociologie scientifique.

B°- ALEXIS DETOCQUEVILLE (1805-1859) : UN THÉORICIEN LUCIDE DE LA DÉMOCRATIE UTILISANT UNE SOCIOLOGIE
COMPARATIVE (FICHE 6)

C’est un théoricien de la démocratie avisée, très apprécié aux USA mais


beaucoup moins en France car contre la monarchie.

C’est un contemporain d’A. Comte dont la réputation en France est plus faible
que celle de Durkheim, ce dernier étant le véritable fondateur de la sociologie
en France et qui s’est plus appuyé sur les travaux de Comte. R. Aron, par « les
étapes de la pensée sociologique », souligne son rôle essentiel et ses travaux
vont influencer les recherches de sociologues comme M. Crozier et R. Boudon.
Ce sont des sociologues spécialisés dans la sociologie des entreprises, des
organisations et de la sociologie politique.
1°- Un théoricien de la démocratie libérale

a- L’Amérique : un model de société démocratique conciliant égalité et liberté

Dans ses deux ouvrages « de la démocratie en Amérique » (1835) et « l’ancien


régime de la révolution » (1856) Tocqueville s’interroge sur les conditions de la
pérennisation de la démocratie libérale issue de la révolution. La société
américaine représente pour lui un modèle idéal de démocratie.

19 Une raison historique : l’Amérique est un espace géographique vaste et


surtout vierge de toute organisation économique et sociale

20 Des raisons culturelles : l’Amérique est un pays où les colons puritains


développent un esprit de liberté favorable à la liberté de presse,
d’association.

21 Une raison institutionnelle : caractéristique décentralisation


administrative des pouvoirs system politique fédéral ce qui donne lieu à
une certaine indépendance

Elle concilie liberté et égalité ce qui fait sa force.

b°- l’égalité des conditions s’incarne dans la démocratie

Contrairement à l’ancien régime où les individus naissaient inégaux en droit la


démocratie est caractérisé par « l’égalité des conditions » donc toutes les
positions sociales sont accessible a tout individu en fonction de leurs mérite
respectif une mobilité sociale est donc possible. La mobilité peut être intra ou
inter générationnel ascendante ou descendante. (Le népotisme = piston)

Il dit que dans ces sociétés les gens qui ont du mérite ont la possibilité de
s’élever socialement.

A terme cette fluidité sociale doit entraîner une égalisation des conditions de
vie donc une uniformisation des niveaux et des modes de vie. Cette prévision
s’est confirmée dans la plupart des PDEM (pays développé à économie de
marché) avec le phénomène de la moyennisation surtout pendant les 30
glorieuses cependant depuis les années 80 cette tendance semble s’inverser et
l’aggravation de certaines inégalités sociale provoqué par un chômage de
masse, un partage plus inégalitaire des richesses produites. Aussi certains
sociologues parlent d’un retour des classes sociales et anticipent un conflit
social majeur qui confirmerait la théorie marxiste.

2°- Tocqueville est conscient des dangers de la démocratie


La démocratie n’est pas parfaite, et il met en évidence quatre dangers :

a°- l’inéluctable égalisation des conditions peut déboucher sur l’individualisme


« particulariste »

Chaque individu se sentant de plus en plus autonome et l’égale des autres


risque de se replier sur sa sphère privée (travail, famille, amis) en se coupant
du reste de la société. Ici les liens sociaux horizontaux sont courts et ils sont
privilégiés par rapport au lien social verticale ainsi l’intérêt général peut
disparaître derrière une multiplicité d’intérêts particuliers, cela peut mettre en
péril la constitution d’une société cohérent et intégré. Cet individualisme
particulariste se traduisant par une attitude égoïste peut se combattre par le
développement d’associations au plan local (idée reprise par Durkheim)

b°- une liberté sans limites peut engendre l’anarchie

Dans une démocratie même libérale où on valorise la liberté des individus il est
fondamentale que les individus intériorisent un certain nombre de valeurs (qui
est un grand principe moral, religieux qui orientent et guide le comportement
des individus en société) et un certain nombre de normes sociales (règle de vie
en société plus ou moins institutionnalisé qui vont de la loi à la coutume).
L’apprentissage de ces normes et de ces valeurs se fait dans un processus de
socialisation qui se déroule tout au long de la vie d’un individus de façon plus
ou moins intense et en faisant intervenir différents agents de socialisation.

Cette socialisation est donc un instrument essentiel de la régularisation sociale.

c°- le « despotisme démocratique », conséquence de la passion égalitaire

Citation de Tocqueville « les peuples ont pour l’égalité une passion ardente,
insatiable, éternelle, invincible ; ils veulent l’égalité dans la liberté et si ils ne
peuvent l’obtenir ils la veulent encore dans l’esclavage ». Ainsi les citoyens ont
de plus en plus tendance à s’en remettre à un état tutélaire qui au nom de la
réduction des inégalités réduit les libertés individuelles et pénalise le talent et
le travail, il annonce la critique libérale de l’état providence (welfare state).

L’état gendarme correspond à l’idée libérale (pas d’intervention dans


l’économie, assurer juste la sécurité des personnes, la justice) en contraste
avec l’état providence (la main invisible doit guider les états qui doivent
intervenir dans l’économie pour la réguler) mais il a tendance à démotiver les
personnes a cause de la sécurité sociale. L’égalitarisme est donc liberticide (qui
cherche à réduire les inégalités) lorsque les citoyens laissent le pouvoir entre
les mains de minorités active ou de fonctionnaire ou en se détournant de la
chose publique. Il annonce le danger de la montée de l’abstentionnisme, la
population ne s’intéresse plus à la politique. Le manque de candidat aux
élections locales. Les solutions de Tocqueville sont :

Favoriser la liberté de la presse donc l’expression d’une multitude d’opinion


individuelle

Développer les corps intermédiaires, association, syndicats, partis politiques

d°- la « tyrannie de la majorité » ou les dangers du conformisme

Les dangers du principe :

Ne pas nier ce que pense la minorité

Est-ce que la minorité doit accepter une idée de la majorité qui est dangereuse
pour la société

Le principe majoritaire étant une des règles de fonctionnement essentiel à une


démocratie, la majorité peut ainsi brimer les minorités et restreindre les
libertés individuelles. En se référant systématiquement à l’opinion publique on
fini par perdre une partie de son identité personnelle au profit de
comportement et d’attitudes conformistes (ex : le développement des
sondages d’opinion ce qui entraîne les gens à se conformer) c’est de plus en
plus l’opinion publique qui mène le monde or la majorité peut parfois se
tromper, être excessive ou encore être manipulée. Citation de Tocqueville :
« quand donc je refuse d’obéir à une loi injuste, je ne déni pas à la majorité le
droit de commander, j’en appel seulement de la souveraineté du peuple à celle
du genre humain ». Dans « l’ancien régime et la révolution » (1856) il dénonce
l’évolution politique de le France car la révolution française a finalement
reconduit à un pouvoir centralisateur et omnipotent à l’abris des corps
intermédiaires trop peut nombreux.

3°- Une méthodologie riche et innovante

a- un travail de terrain combinant observation et entretient

Comme un ethnologue qui étudie l’organisation et le fonctionnement des


société primitives, Tocqueville réalise des observations et des entretiens tout
au long de ces voyages et il élabore des grilles d’entretient et prend des notes
méticuleuse et systématiques. Sont travail de terrain est complété par des
études documentaires.

b°- une démarche comparative

En comparent des systèmes politiques différents il vas définir des types


extrêmes ce que M. Weber appellera des idéaux-types (représentations
stylisées de la réalité économique et sociale pour mieux la comprendre ex :
démocratie américaine : type extrême ou idéal d’une société démocratique ; la
démocratie française type extrême qu’il critique de despotisme démocratique).

c°- une posture individualiste annonçant l’individualisme méthodologique et la sociologie


compréhensive

En effet Tocqueville tente d’expliquer le phénomènes collectifs en étudiant les


comportements individuels, ainsi pour comprendre un fait social il recommande
de s’intéresser aux intentions et aux motivation des individus ces derniers
étant influencés dans leurs choix par un certain nombre de contraintes
sociales, Tocqueville a donc influencé la pensée de M. Weber qui développera
une sociologie compréhensive.

C°- KARL MARX (1818-1883) : UN THÉORICIEN PLURIDISCIPLINAIRE QUI ANALYSE LE CHANGEMENT SOCIAL À
TRAVERS SONT MATÉRIALISTE HISTORIQUE ET ANNONCE LA FIN DE L’HISTOIRE. (FICHE 8 ET 9)

Depuis l’effondrement des régimes communistes il est bon temps de laisser


tomber la théorie marxiste et l’œuvre de K. Marx, c’est une erreur car sont
apport est essentiel. Marx est à la fois philosophe, historien, sociologue,
journaliste, et homme politique. Il fait partie des précurseurs. Il est témoin de
tous les bouleversements sociaux, économiques et politiques, aussi pour
expliquer le changement social il va élaborer une grille d’analyse théorique
novatrice (MHD) fondé sur une double rupture par rapport aux propositions
Hégélienne :

Rupture : il ne faut pas expliquer mes transformations de la société par les


idées

L’État n’est pas le garant de l’intérêt général.

Il fait de l’économie la cause fondamentale des autres changements sociaux en


développant une thèse matérialiste et déterministe (opposition avec la thèse
culturaliste de Mark Weber).

1°- L’analyse du changement social à travers le MHD

Marx est fils d’avocat juif converti au protestantisme pour garder son emploie,
il est issu d’une famille relativement aisée mais appartenant a une minorité
opprimée, et est témoin de cette révolution industrielle dans plusieurs pays
(France, Allemagne,…).

Contrairement aux libéraux et surtout aux économistes classiques (Smith


Ricardo, Jean-Baptiste Say et John Stuart Mill) avocat du capitalisme industriel il
en dénonce les excès et les injustices sociales (livres : Le capitale 1867 sous
titre « critique de l’économie politique »). Philosophe de formation, il va poser
les bases d’une science de l’Histoire (socialisme scientifique) et il annonce la
chute du capitalisme et l’avènement du communisme et la fin de l’Histoire (on
qualifie sa pensé de utopiste).

a°- Le matérialisme historique fait de l’économie le facteur explicatif centrale (quest2 du doc
1)

Marx considère que « l’économique » joue un rôle déterminant dans le


mouvement historique donc dans le changement social, en effet pour lui se
sont les conditions matérielles d’existence qui constitue « l’infrastructure de
toute société et conditionne la conscience des hommes »

« l’anatomie de la société civile est à rechercher dans l’économie » « ce n’est


pas la conscience des hommes qui détermine la réalité, c’est au contraire la
réalité sociale qui détermine leur conscience »

b°- Une posture déterministe : l’infrastructure détermine la super structure

La façon dont est produite la vie matériel dépend de la nature des forces
productives (ensemble des moyens matériels le travail et le capital), dépend de
l’état des techniques et des rapports sociaux existant (ensemble des relations
de pouvoir, de propriété et de répartition que les individus et les classes
nouent entre eux dans les processus de production ainsi un mode de
production et la combinaison des forces productives et des rapports de
production. Il constitue l’infrastructure de toute société humaine). Les
superstructures représentent les institutions politiques, sociales, juridiques
d’une société ainsi que ses fondements culturels, moraux et religieux. Cette
superstructure s’élève sur les bases technico-économique de l’infrastructure
fondation réelle de toutes société humaine en schématisant c’est
l’infrastructure qui détermine la super structure on parle donc de matérialisme
déterministe.

Si les phénomènes économiques sont premiers et essentiels les éléments de la


super structure peuvent rétro agir sur la nature des infrastructures.

2°- Les contradictions interne aux modes de production et la lutte des classes explique le
changement social.

a°- La méthode dialectique et l’étude des contradictions interne

La méthode dialectique est une méthode de raisonnement qui consiste à


analyser la réalité par le mouvement de ces contradictions internes et qui
cherche à les dépasser. Ainsi chaque société est caractérisée par un mode de
production donnée définie avant tout par l’état des techniques « le moulin à
bras donneras avec suzerain, le moulin à vapeur donnera une société avec le
capitalisme industriel » mais à un certain moment le progrès des forces
productives este entravé par les rapports de production existant. Ex :

22 La bourgeoisie marchande au 17ème et 18ème siècle qui forte de son


pouvoir économique veut s’émanciper de la tutelle royale. Conséquences
ça entraîne des révolutions et l’arrivée au pouvoir de la démocratie
prônant le libéralisme économique et politique.

23 La baise tendancielle du taux de profit ((plus value (sur travail des


ouvriers)/ v) / (coût du capital/v) + (coût du travail/v) = (pl/v)/(c/v)+1)
liée à l’accumulation du capital va obliger les capitalistes à augmenter le
taux d’exploitation des ouvriers. Ces contradictions internes reflètent le
lus souvent l’opposition entre classe sociales au intérêts divergeant,
entraîne une révolution sociale et le passage à un nouveau mode de
production.

b°- La lutte des classes comme moteur de l’histoire

Cette succession historique des modes de production a donc pour moteur la


lutte entre la classe dominée et la classe dominante qui l’exploite « l’histoire de
toutes société n’a été que l’histoire de la lutte des classes » conséquences : les
classes sociales sont donc pour Marx des acteurs collectifs essentiels qui du fait
de leurs conflits transforment l’organisation économique et politique. Une
classe est définie par trois critères :

Sa place dans les rapports de production, Marx distingue les classes qui
possèdent et celles qui ne possèdent pas les moyens de production c’est ce
qu’il appel la classe « en soi ».

La conscience de classes ou encor le sentiment d’appartenir à un groupe ayant


des intérêts communs à défendre c’est ce qu’il appel la classe « pour soi ».

Des rapports conflictuels entretenus avec les autres classes ainsi conscientes
de leurs intérêts divergeant les classes luttent pour maintenir leur situation ou
changer les choses.

c- Marx : un prophète qui annonce la fin de l’histoire

Si Marx dans ses ouvrages historiques (la lutte des classes en France et le 18
brumaire) distingue 7 et même 8 classes sociales différents : la bourgeoisie
industrielle, financière et commerciale, la petite bourgeoisie artisans et
professions libérales ; la bureaucratie, les paysans, le prolétariat (classe
ouvrière) et le sous prolétariat : il annonce que le capitalisme est voué à la
bipolarisation sociale et inéluctablement doit déboucher sur une révolution
prolétarienne. Le capitalisme sera donc son propre fossoyeur car la baisse
tendancielle du taux de profit ne pourra être compensée que par une
augmentation du taux d’exploitation.

augmenter la plus value absolue en augmentant le travail des ouvriers

augmenter la plus value relative en diminuant les salaires en réduisant le prix


des biens nécessaires à la subsistance des ouvriers (rôle important des
importations) (influence de Riccardo)

arrêter de produire dans les pays industrialisé et se tourner vers les pays
colonisé, donc sur exploitation de la main d’œuvre coloniale

Conséquences :

augmentation du nombre de chômeurs, armée de réserves industrielles

augmentation de l’intensité et ou de la durée de travail

Baisse des salaires

Autant de motif de révolte et de révolution

Marx parle d’une paupérisation absolue de la classe ouvrière qui va


inéluctablement entraîner la révolution car les sociétés industrielles vont se
bipolarisés en deux grandes classes antagonistes. La dictature du prolétariat
imposée par un Etat dirigé par le parti communiste, doit abolir la propriété
privée des moyens de production et instaurer une organisation collectiviste de
la production. Cette phase intermédiaire, le mode de production socialiste doit
permettre le développement rapide des forces productives et l’apparition d’une
société d’abondance où chacun auras selon ses besoins, c’est donc la fin
progressive de la lutte des classes, ces dernières devant disparaître ainsi que
l’Etat, plus d’Etat, plus de classes en lutte c’est donc la fin de l’Histoire et
l’avènement du communisme sorte de paradis terrestre.

Quelques raisons explicatives à l’échec de la prophétie de Marx :

Marx a surtout expliqué les contradictions du capitalisme dénoncé a juste titre


ces injustices sociales, sans vraiment penser les modalités précises, concrètes
et détaillés de la mise en œuvre du socialisme.
Il part du principe que l’abolition de la propriété privé permettra au Hommes de
privilégier l’intérêt collectif avant leurs intérêts personnels, c’est un formidable
pari sur la nature humaine.

Il a négliger les formidables capacité du system capitalisme à se réformer pour


distribuer des « miettes » conséquente de a production. (rôle important de la
théorie keynésienne et du développement de la social démocratie qui a
permis :

Une augmentation de la consommation de masse

Embourgeoisement de la classe ouvrière

La phase socialiste a trop durée et s’est soldée par de nombreux échecs (la
confiscation des libertés individuelles par des Etats policiers unitaire, un faible
développement des forces productives du fait de l’incapacité d’une économie
centralisée à produire des biens et des services pour tous, confiscation d’une
partie de la production par la nomenklatura (liste des gens membre de toutes
les instances politiques)

d°- Une analyse qui reste en partie pertinente malgré la non réalisation de la prophétie de
Marx

Attention :

le triomphe du capitalisme libéral, développement en chine d’un curieux


socialisme de marché, ne doivent pas nous faire oublier les contradictions
internes du capitalisme et les dangers d’une mondialisation beaucoup trop
libéral sans régulation à l’échelle planétaire.

Il ne faut pas oublier Marx et sa théorie dénonçant l’exploitation capitaliste car


les mêmes causes pourraient provoquer les mêmes effets, possibilité
d’exploitation forte des prolétariats de la planète. Mise en garde de Jean Paul II
dans son encyclique « centesimus anus » de 1991, (centième anniversaire
d’une autre encyclique du pape Léon XIII en 1891 « rerum novarum » qui
dénonçait en pleine révolution industriel l’excès du capitalisme sauvage en
rappelant les destination universelles des biens de la terre, la dignité de
chaque être humain et la nécessité d’une justice sociale, il rejette les solutions
socialistes en ventant les mérites de la propriété privée et préconise la
collaboration et non la lutte des classes, mais il prône le droit et le devoir de
l’intervention de l’Etat en faveur des défavorisés et des indigents. JP2 le 1er mai
1991 avec son encyclique propose une relecture éclairante a posteriori de
rerum novarum. Si il constate avec satisfaction la faillite des régimes marxiste
il insiste sur les dangers qu’il y airait de conclure trop rapidement que le
capitalisme ultralibéral constituerait la seule voie d’avenir. Depuis les années
90 arrêt de la moyénnisation qui provoque un mécontentement, l’arrêt de la
moéyennisation phénomène hérité en grande partie de la régulation
monopolistique et fordiste durant les 30 glorieuses avec le renouveau des
inégalités sociales provoqué par une gestion plus libérale de la main d’œuvre
risque de rendre a nouveau pertinente les analyses en termes de classes
sociales. C’est la thèse du sociologue français Louis Chauvel qui parle d’un
retour des classes sociales : les chômeurs, les précaires, tout ceux qui ont une
intégration professionnels difficile pourraient se rejoindre dans une protestation
collective pour contester l’exclusion social engendrée par un capitalisme libéral
non régulé. Critique des alter mondialiste dénonçant l’évolution ultra libérale
de la mondialisation avec l’exploitation de la main d’œuvre du sud qui permet
aussi de réduire les acquis sociaux d’un grand nombre de salariés dans le nord.

Deux enseignements majeurs de la sociologie marxiste :

L’existence des classes est historiquement datée, toute analyse sociologique


de la stratification sociale doit être situé historiquement et ainsi relativisé.

Les classes sociales acquièrent un sentiment d’appartenance en tant que


classe au travers des luttes qu’elles mènent, tout conflit social en plus d’être
facteur de changement et d’innovation social est donc aussi producteur
d’identité sociale pour ceux qui y participent, ex : le conflit de mai 68 qui a
marqué toute une génération, ex : le conflit des infirmières et plus récemment
des intermittents du spectacle.

CHAPITRE 2 : L’AVÈNEMENT ET L’INSTITUTIONNALISATION DE LA SOCIOLOGIE

INTRODUCTION :

Si a la fin du 19ème les bases de la sociologie sont posées avec les travaux de
Comte, de Tocqueville et de Marx ce sont des intellectuels comme Durkheim et
Weber, considérés a posteriori comme les pères fondateurs de la sociologie, qui
vont faire d’elle une science autonome. En effet, en précisant son utilité, son
objet, sa démarche et ses outils, ils vont à la fin 19ème et au début du 20ème
donner naissance à une nouvelle science sociale spécifique, qui sera complétée
par l’apparition d’une sociologie plus empirique aux États-Unis.

I- ÉMILE DURKHEIM : UNE SOCIOLOGIE DU FAIT SOCIAL (FICHE 10 ET 11 + BIOGRAPHIE +


RÈGLES DE LA MÉTHODE SOCIOLOGIQUE ET LA SOCIÉTÉ)

A- L’OBJET D’ÉTUDE DE LA SOCIOLOGIE EST LA « FAIT SOCIAL ».

C’est dans les règles de méthode salique (RMS), 1894, qu’il définie l’objet et
la démarche de la sociologie ainsi que les règles relatives à l’observation des
faits sociaux mais c’est surtout dans « La division du travail social » (DTS),
1893, et « Le suicide », 1897, qu’il illustre ce qu’est la sociologie et la manière
de la pratique.

1- Qu’est ce qu’un fait social ?

a- Définition du fait social.

C’est en répondant à cette question qu’il différencie la sociologie des autres


disciplines, un fait social doit être définie de façon précise et ça n’est pas parce
qu’un fait est général qu’il est social et donc objet d’étude de la sociologie.

Définition RMS : Les faits sociaux sont des manières d’agir, de penser, de
sentir extérieur à l’individu et qui sont doués d’un pouvoir de coercition en
vertu duquel ces faits sociaux s’imposent a lui. Deux caractéristiques
essentielles :

24 L’extériorité par rapport aux consciences individuelles. Les faits


sociaux préexistent avant notre naissance et perdurent après notre mort,
ils n’ont pas besoin de notre présence physique pour se manifester, ils
existent donc indépendamment de ce que nous percevons.

25 Le pouvoir coercitif : les faits sociaux dépassent les volontés


individuelles et exercent une contrainte qui se manifeste par des normes
de pensée et des comportements. Il existe des sanctions sociales diffuses
(réprobation, mise à l’écart, le ridicule…) ou à des sanctions organisées
et l’égale (amendes, peines de prison).

b- Le sociologue doit s’intéresser à la manifestation collective des faits sociaux.

Le sociologue doit étudier le fait social en dehors de son incarnation


individuelle, pour cela il doit utiliser des outils statistiques. Ce qui enseigne le
fait social c’est sa régularité et sa prévisibilité. Il a une existence propre
indépendante de ces manifestations individuelles donc on peut lui donner des
explications sociales (et non psychologique ou individuelle). Ex : le sociologue
s’intéresse au crime, au suicide, au mariage, plus que la personnalité du
concerné, il étudie donc des taux de criminalité, des taux de nuptialité, de
suicide mais aussi l’existence de corrélation entre ces faits sociaux.

2- La distinction entre le « normal » et le « pathologique ».

a- Fait social normal et fait social pathologique.

Définition : un fait social est défini « normal » dans une société donnée
lorsqu’il s’agit d’un fait qui se produit habituellement (fréquence statistique)
dans les sociétés de même type à ce moment considéré. Tous les autres faits
sociaux qui s’écartent trop de cette fréquence d’apparition moyenne sont
pathologiques.

b- L’exemple du crime : un fait « normal ».

Quelque soit les sociétés, il existe un taux de criminalité qui présente une
régularité. C’est donc un fait social « normal », et même utile car il prouve
l’existence de normes et de valeurs qui ne sont transgressées que par une
minorité d’individus. Par contre si le nombre de crimes augmente fortement, on
passe à une situation pathologique que l’on peut expliquer par d’autres faits
sociaux (chômage, inégalité sociale, dégradation de l’enseignement…).

Attention : la normalité sociologique d’un fait social n’explique pas qu’il est
excusable d’où l’expression d’individus normaux psychologiquement.

c- L’étude du suicide : une volonté de démonstration a fortiori.

Durkheim ne choisit pas le suicide au hasard, en effet, ce dernier est souvent


présenté et considéré comme un acte individuel qui s’explique par des raisons
individuelles et souvent psychologiques. Dans son ouvrage, « Le suicide » en
1897, il montre que le suicide peut aussi être étudié sous un angle sociologique
et que les motifs personnels, généralement avancés pour l’expliquer, cachent
souvent des causes sociales qui dépassent les consciences individuelles. Après
avoir défini le suicide : tout cas de mort qui résulte directement ou
indirectement d’un acte positif ou négatif de la victime elle-même et qu’elle
savait devoir produire ce résultat. Il démontre que le suicide est un fait social
par le constat à court terme, en France et dans d’autre pays, ainsi de 1841 et
1869, le taux de suicide varie entre 11,9 et 12,2 % / 100000). Mais sur la
longue période on constate de grandes différences ainsi en 1841 : 28041
suicides, aujourd’hui : 160000 tentatives de suicides et 12000 décès. Quelque
soit la période une société fournit donc normalement son contingent de mort
volontaire et de nombre de suicidé varie peu d’une année à une autre ainsi on
peut prévoir qu’en 2006, il y aura 12000 a peu prés de suicide en France et un
taux de 21 pour 100000. C’est donc bien la preuve que le suicide dépend des
forces extérieures aux individus et en particulier de causes sociales.

B- UNE SOCIOLOGIE DE TYPE HOLISTE.

Dans les RMS, le fait social est considéré comme une partie car il appartient à
un tout et Durkheim fait le choix de pratiquer une sociologie de type holiste.

Définition de « holiste » : c’est un approche qui considère que ce sont les


structures sociales qui influencent et qui expliquent les comportements
individuels cela s’oppose à la démarche individualiste où les phénomènes
collectifs sont les résultats d’action ou de croyance ou d’attitudes individuelle.
Durkheim part du principe que ce ne sont pas les individus qui peuvent
expliquer la réalité sociale mais c’est bien la société qui par l’intermédiaire du
pouvoir de coercition des faits sociaux influencent et expliquent les
comportements individuels.

1- Une sociologie déterministe.

Le sociologue doit donc étudier la société sous un angle macrosociologique en


s’intéressant aux grandes entités sociales (ex : la famille) plutôt qu’aux unités
élémentaires constitutifs de la société que sont les individus. Il faut étudier le
tout et non les parties qui le composent en essayant de faire apparaître des
déterministes sociaux ou encore des causalités sociales.

a- La logique déterministe.

Approche qui met en valeur les contraintes sociales qui pèsent sur les individus
et conditionnent en grande partie leur manière de penser, d’agir et ce même si
ils n’en sont pas conscients.

b- L’exemple du suicide avec la recherche de corélation entre taux de suicide et

Il va s’intéresser à l’age, .En France, il constat que le suicide croit avec l’age,
avec la taille des villes, et plus fort chez les hommes que chez les femmes, plus
fort chez les célibataires que chez les hommes mariés.

c- Le social doit expliquer le social

Le degré de régulation plus ou moins fort de la société détermine deux autres


types de suicide :

26 Le suicide fataliste : il existe dans un groupe lorsque le degré de


régulation est trop fort (ex : le suicide de certains prisonniers qui ne veulent
pas subir le reste de leur peine)

27 Le suicide anomique : société dans laquelle les règles ne sont pas


assez important, un degré trop faible de régulation se traduit par des
passions individuelles qui ne sont pas limité ni régulés du fait de
l’absence de règles ou alors de règles peut claires ou peut précises. Les
individus éprouvent « le mal de l’infini » qui apparaît souvent dans les
crises sociales, économique…

2- L’analyse des fondements et des transformations du lien social


Comment dans une société de plus en plus individualiste où les individus sont
de plus en plus divers car spécialisés, ces derniers parviennent-ils encore à
vivre ensemble de façon solidaire et à constituer une société ? Comment le
« tout » peut-il encore tenir et sur quoi repose la solidarité sociale (en
sociologie moderne = lien social)

a- D’une solidarité « mécanique » à une solidarité « organique »

Dans la division du travail social Durkheim montre que les sociétés


traditionnelles reposent sur une solidarité mécanique car les comportements
individuels et les activités productives sont faiblement différentiés. Les
individus vivent dans des communautés réduites (tribus, villages…) et
adoptent des comportements similaires ici le lien social repose sur la
ressemblance et fonctionne de manière mécanique dans ce type de société le
droit est de type répressif et extrêmement démonstratif avec des sanctions
extrêmement brutales. A contrario dans les sociétés modernes a solidarité
organique la division technique du travail s’est généralisé et approfondie et les
individus ont des activités diverses, ils vivent dans des groupes dense et
mélangés (milieu urbain, villes, autour des usines). Mais paradoxalement il
montre qu’ils sont de plus en plus dépendant les uns des autres du fait de leur
spécialisation, cette solidarité sociale repose donc sur la complémentarité liée
à l’organisation des sociétés.

b-La division du travail au service de ce nouveau lien social

Durkheim s’oppose aux arguments des économistes libéraux comme ceux d’A.
Smith car pour lui les causes de la division du travail ne sont pas a rechercher
dans la volonté égoïste des individus de maximiser leur satisfaction mais dans
l’évolution de la société et en particulier dans l’augmentation de la densité et
du volume des interactions sociales.

Les individus prennent conscience qu’ils constituent les parties d’un même tout
(la société) dont le bon fonctionnement dépend de la cohérence et de la
coopération entre les parties.

La fonction de la division du travail n’est pas uniquement d’augmenter la


productivité du travail et les échanges sa fonction est surtout sociale car elle
vas fonder la solidarité. Contrairement à Smith pour qui individualisme rime
avec égoïsme ce qui est favorable à la croissance et au progrès Durkheim
propose de lutter contre l’égoïsme en renforçant les règles de vie communes
(sociologue de l’ordre social organisation de la société) et en développant
l’attachement de l’individu au groupe, afin de renforcer la lien social et rendre
possible l’harmonie humaine. En effet pour lui le degré supérieur de la morale
s’est l’attachement au tout social et l’existence d’un lien social verticale très
fort entre l’individus et le tout social divinisé, il veut développer une sorte de
religion civique (œuvre :« les formes élémentaires de la vie religieuse »).

II- MAX WEBER : UNE SOCIOLOGIE DE L’ACTIVITÉ SOCIALE

INTRO : ÉTUDE DE LA BIOGRAPHIE DE WEBER

Weber participe en Allemagne au côté de G. Simmer et de F. Tönnis à


l’avènement de la sociologie et ce en pleine querelle des méthodes (expliqué
au verso de la biographie)

Querelles importantes ….

Après des études de droit, d’économie, d’histoire et de théologie Weber


s’intéresse et impose la sociologie, il va fonder avec Tönnis la …..de sociologie.

Weber as commencé à être étudié a partir des années 20 aux états unis avec
des travaux de T. Parsons, il est introduit en France dans les années 30 par R.
Aron, et étudié de façon plus approfondie par Julien Freund.

A°- L’OBJET DE LA SOCIOLOGIE EST L’ACTIVITÉ SOCIALE

Définition : « nous appelons sociologie une science qui se propose de


comprendre par interprétation l’activité sociale, et par la d’expliquer
causalement sont déroulement et ses effets. Nous entendons par activité un
comportement humain, quand et pour autant que l’agent ou les agents lui
attribue un sens subjectif. Et par activité sociale l’activité qui d’après son sens
visé par l’agent se rapporte au comportement d’autrui, par rapport auquel
s’oriente son déroulement… »

Explication :

1- Qu’est-ce qu’une activité sociale ?

a- Caractéristiques

C’est un comportement humain qui a un sens aux yeux de celui qui l’effectue,
elle est subjective puisque relative à un individu, une activité est donc sociale
si elle est porteuse de sens pour son auteur (ex : travailler dur pour s’enrichir,
est une activité sociale, contrairement à des réactions de joie ou de peur face à
un événement particulier……)

De plus l’activité devient sociale lorsque cet actes prend du sens au cour d’une
relation inter personnelle (ex : un comportement religieux comme un
recueillement solitaire n’est pas une activité sociale car elle ne fait pas
intervenir autrui, il n’y a pas de relations inter personnelle, a contrario aller à
une messe d’enterrement est une activité sociale car on veut signifier aux
autres une volonté)

Attention : une activité partagée par plusieurs personnes n’est pas forcément
une activité sociale (ex : la collision entre deux voitures n’est qu’un événement
par contre les gestes et les insultes qu’ils échangent sont des activités
sociales.) Une activité identique de plusieurs personnes n’est pas forcément
une activité sociale (ex : les individus ouvrant leurs parapluie pour faire face à
une averse ou des individus faisant des signes).

Une activité sociale ne doit pas être un comportement complètement


conditionné par les autre (ex : un hooligan injuriant un arbitre ou frappant un
adversaire sous l’influence de la foule et de l’ambiance du stade, ceci est du
ressort de la psychologie sociale qui s’intéresse aux comportements de
personnes au sein d’un groupe)

3 remarques :

28 cette distinction entre activité sociale et activité non sociale est assez
« flottante »

29 la qualification d’un comportement de social ou non dépend moins de la


nature de l’acte que du sens que lui donne un individu, conséquences il
faut donc tenir compte des circonstances dans lesquelles se déroule une
action et les raisons qui pousse les individus à agir.

30 les individus sont pour Weber supposés effectuer des actions qui ont un
sens pour eux et pour les autres, à l’ opposé Durkheim pense que les
individus semblent n’avoir aucune responsabilité car ils sont enfermés
dans des déterminismes sociaux.

b- Les déterminants de l’activité sociale

Il y a 4 comportements :

31 Les comportements traditionnels : qui se font par habitude, par


coutume.
Ex : serrer la main à un individu, dire merci…

32 Les comportements affectueux : qui se font par sentiment ou par


émotion.
Ex : tuer la maîtresse de son mari ici l’individu a peu conscience des raisons
qui le pousse à agir.
Il le fait spontanément presque par réflexe, on est a la limite de l’action
réactionnelle

33 Actions rationnelles en valeur : on a ce type d’action par conviction.


Ex : le sacrifice du kamikaze

34 Actions rationnelles en finalité : on a ce type d’action par


confrontation entre les moyens disponibles et les buts à atteindre.
Ex : l’entrepreneur réduisant ses coûts pour maximiser ses profits, l’étudiant
qui essaye de réaliser des études pour maximiser son futur emploi
Ici les actions sont rationnelles car l’individu à fortement conscience des
motifs qui le pousse à agir.

2- Une science compréhensive.

L’objectif de la sociologie est de comprendre l’activité sociale donc saisir par


interprétation le sens visé par les individus.

a- Une sociologie compréhensive

Weber distingue deux types de compréhension

35 La compréhension actuelle : qui consiste à saisir immédiatement le


sens de l’action au moment de l’acte.

36 La compréhension explicative : qui consiste à reconstituer les


motivations de l’acteur en replaçant son action dans un contexte ex :
pourquoi un individus socialement défavorisé vas choisir des études
courtes au lieux d’études longues, ou encore le choix d’un sport
professionnel au lieu d’un sport amateur.

L’explication sociologique consiste donc à la fois à comprendre par


interprétation (le sociologue interprète ce qu’il voit et ce que l’acteur lui dit car
il ne peut pas totalement se mettre à sa place), et par la suite à expliquer
causalement le déroulement et les effets d’une action sociale.

b- Le concept de l’idéal type

Un idéal type est une construction théorique qui accentue certains traits
d’une réalité souvent complexe pour en faciliter sa compréhension, c’est donc
une abstraction mentale et intellectuelle qui ne reflète pas parfaitement la
réalité tel qu’elle est mais qui permet de la clarifier, de la rendre intelligible.
Ex : les économistes classiques ont inventé l’idéal type de l’homo
oeconomicus, ou encore le marché de concurrence pure et parfaite.

L’idéal type qui est construit par schématisation et accentuation de certains


traits de a réalité afin de faire simple (premier objectif de clarification) et de
rendre compréhensive une réalité trop complexe pour être cerné spontanément
(objectif de visibilité). Il propose d’élaborer des cas limite, saisir des situations
contrastés, et de les confronter à la réalité afin d’analyser les écarts entre la
construction théorique et la réalité. (Méthode différente de Durkheim qui
cherche via les statistiques à mettre en valeur des types moyens c’est à dire
des comportements que l’on observe le plus fréquemment dans la réalité
sociale)

B- UN PENSEUR DU MONDE MODERNE : ORIGINE DU CAPITALISME ET RATIONALISATION DES ACTIVITÉS SOCIALES

Comme les intellectuels de son temps il essaye de comprendre les


bouleversements que connaît l’occident avec les révolutions industrielles et ce
passage agit à la modernité. Cependant contrairement à Marx qui met en avant
des explications d’ordre matérialiste Weber s’interroge sur les fondements
idéologiques de ces mutations et vas développer une thèse plutôt culturaliste.

1- Les origines du capitalisme moderne

a- L’éthique protestante et l’esprit du capitalisme

A l’aide de statistiques et de données historiques Weber démontre que la


morale protestante surtout calviniste coïncide avec l’apparition et le
développement rapide du capitalisme dans certains pays d’occident, il vas
créer deux idéo types :

- l’ascétisme protestant

- l’esprit du capitalisme afin d’en montrer les affinités électives

Ex : la notion calviniste de prédestination : l’homme est sauvé ou alors damné


par dieu et ce quoi qu’il fasse sur terre (différent de la religion catholique) ce
qui entraîne la plongée du calvinisme dans une u=incertitude angoissant et vas
rechercher des signes de sont élection divine, pour cela il vas travailler de
façon acharnée car l’oisiveté est un pêché et ce qui certain c’est que dieu ne
vas pas élire des pêcheurs.

L’ascétisme, pratique d’une vie disciplinée et austère faite de travail, de refus


du lux et de dépenses ostentatoires devient alors une obligation. Or travailler,
gagner de l’argent et le réinvestir systématiquement à la gloire de Dieu plutôt
que de le dilapider constitue des comportements nécessaires au
développement du capitalisme.

Conclusion de Weber : la morale protestante et les comportements qu’elle


induit chez ses pratiquants constituent donc un terreau favorable à l’éclosion et
au développement rapide du capitalisme, par ailleurs ce system économique et
sociale convient aussi aux adeptes de cette religion.

b- Les limites de la thèse culturalise de Weber

Fernand Braudel pense que Le seul facteur explicatif du changement social, ce


dernier aurait seulement voulu montrer l’affinité intellectuelle et existentiel
entre une certaine religion le calvinisme et une certaine conduite économique
le capitalisme. L’étude de Weber a eut le mérite de montrer que l’évolution des
valeurs peut aussi expliquer le changement social. Il ne faut pas opposer
matérialisme et culturalisme mais privilégier des explications interactives des
changements sociaux.

2- La rationalité : le principe essentiel des sociétés modernes

Weber considère comme les autres sociologues de son époque que le


développement de la rationalité est une des expressions essentiels du passage
à la modernité. La bureaucratisation de la société en une des manifestation la
plus pure.

a- La rationalisation des activités humaines

Logique d’action fondée sur la raison afin d’atteindre des objectifs et non une
logique fondé sur un jugement de valeur. Cette rationalité se traduit de trois
manières dans les faits :

les critères de choix se formalisent et s’émancipent des jugements de valeurs


ainsi la notion de calcul et d’efficacité explique un grand nombre de choix
individuels et collectifs

Toutes les sphères de la vie sociale s’autonomisent ou se dégagent des


contraintes morales et religieuses, qui prédominait dans les sociétés
traditionnelles

les rapports sociaux se dépersonnalisent et deviennent de plus en plus formels


(officiels et administratif) ex : l’existence d’organigrammes dans les entreprises
et dans les administration où l’on s’adresse plus à la fonction qu’a l’individus.

b- l’organisation bureaucratique : un phénomène positif de cette rationalisation


III- NAISSANCE D’UNE SOCIOLOGIE PLUS EMPIRIQUE AUX ETATS UNIS

Fin 19ème, les sociologues américains ont moins de problème pour imposer la
sociologie comme une nouvelle science sociale pour deux raisons :

37 un système universitaire plus souple

38 les disciplines sont moins cloisonnées

Donc la sociologie va trouver sa place au côté d’autres sciences nouvelles : la


psychologie sociale, la psychanalyse et l’anthropologie.

Les mentalités aux USA sont très différentes car la société civile ne considère
pas les premiers sociologues comme des théoriciens purs mais comme des
praticiens sociaux au service du progrès social du pays, ce qui va se traduire
par la naissance d’une sociologie de type pragmatique comme l’attestent les
travaux de l’école de Chicago.

A- UN CONTEXTE FAVORABLE À L’ÉMERGENCE D’UNE SOCIOLOGIE PRAGMATIQUE

1- Croissance économique et urbanisation rapide à l’origine de nombreux problèmes sociaux

Les États-Unis connaissent fin 19ème des mutations plus rapides qu’en Europe
ce qui entraine une forte croissance économique ainsi qu’une urbanisation
combinée à de grandes vagues d’immigration. Les migrants essentiellement
ruraux ont de multiples origines et vont s’installer dans des villes en pleine
expansion pour constituer une main d’œuvre relativement docile à une
industrie en voie de taylorisation.

La ville de Chicago en 1840 comptait 4 500 habitants, en 1890 cette ville


comptait 1 100 000 et en 1930 elle comptait 3 500 000 habitants. En 1900
50% de la population été née à l’étranger. Chicago devient la troisième ville
Polonaise, suédoise et allemande de part sa population. Industrialisation
urbanisation rapide immigration entraîne de nombreux problèmes sociaux
(alcoolisme délinquance, mafia…) mais aussi de nombreux conflits raciaux ou
ethniques (en 1886 émeutes raciales) mais aussi des conflits sociaux (1er mai
férié car conflits sociaux en Amérique). Face à tous ces problèmes sociaux, des
fonds privés en provenance des grandes firmes sont allouées à des laboratoires
de recherche en sociologie qui vont réaliser de nombreuses enquêtes de
terrain. Ex : l’université de Chicago crée un département de sociologie en 1892
donc une chaire de sociologie. Rockefeller, qui fait fortune en contrôlant les
transports routiers, investis 45 millions de $ dans le département de sociologie.

2- Une sociologie pragmatique au service de politiques sociales réformiste


Les sociologues américains travaillent sans problème car contrairement aux
européens il ne critique pas la société industrielle naissante et globalement ils
acceptent les valeurs américaines et « l’esprit du capitalisme ».

Les sociologues veulent étudier la société pour mieux pouvoir la réformer et


donc atténuer tout ces problèmes sociaux. Ces premiers sociologues sont de
véritables « ingénieurs du social » dit « social scientists » ou encore de
véritables praticiens sociaux. La sociologie américaine vas donc se focaliser sur
le vécu des acteurs et à surtout des préoccupations microsociologiques faisant
plutôt référence à l’individualisme sociologique (plus proche des idées de Max
Weber et opposition au holisme).

B- LES TRAVAUX DE L’ÉCOLE DE CHICAGO

C’est l’ensemble des recherches et des chercheurs en sociologie de cette


université entre 1915 et 1940. Ne pas confondre avec l’école de Chicago des
économistes monétaristes supervisé par Milton Friedman.

Les principaux sociologues de cette école :

Anderson avec : « le hobo : sociologie du sans abri » 1923

Thrasher avec : « the gang » 1927

Wirth avec «le ghetto » 1937

Thomas et Znaniecki avec une enquête appelée « the polish peasant in Europe
and América »

Johnson avec : « the negro in Chicago »

La sociologie américaine va donc naître dans cette université sous la direction


d’un sociologue Albion Small, il encourage ses étudiants à étudier de façon
empirique leur communauté d’appartenance et de faire de Chicago leur terrain
et leur objet d’étude, c’est lui qui va fonder la sociologie dite urbaine.

1- Une sociologie empirique

Cette sociologie américaine a des référence théorique moins reconnu que la


sociologie européenne (Tarde, ou Simmel) mais elle tire sa spécificité et son
unité de sa méthodologie. Certains considèrent qu’ils ont inventé le métier de
sociologue (de terrain). Deux principes de base prédominent dans toutes leurs
recherches :
- partir du vécu des acteurs afin de comprendre la signification subjective qu’ils
donnent à leurs actes (logique wébérienne)

- tenir compte du contexte dans lequel chacun effectue ses pratiques


quotidiennes car celui ci leur donne un sens.

Ces principes sont appliqués dans le cadre d’un travail de terrain et dans des
enquêtes de communauté (enquête sur les SDF d’Anderson par exemple), ils
vont aussi utiliser d’autres procédés de type qualitatif :

39 les entretiens sont non structurés mais préparés


40 l’observation participante
41 l’analyse de documents personnels
42 l’analyse de documents officiels

2- Une sociologie urbaine

Elle est essentiellement basé sur les travaux des sociologues Part, Burgen et
Mc Kenzie dans « The city » 1925. Ils constatent que la vie moderne est
l’antithèse de la communauté locale rurale où prédomine la ressemblance
sociale et des contacts extrêmement forts entre les individus. Ce travail de
terrain confirme la thèse du durkheim où la réalité se traduit par le passage
d’une solidarité mécanique à une solidarité organique et ces travaux vont
confirmer aussi la thèse de F. Tönnis qui parle d’un passage de la communauté
à la société.

Autre point fort de cette étude : le constat d’une distribution spatiale des
populations et des activités dans l’espace urbain.

Ils utilisent les apports de l’écologie animale et les travaux de Darwin pour
montrer qu’il existe un processus de compétition et de sélection entre individus
et groupe sociaux. Ainsi chaque groupe tente de s’approprier et de préserver
un certain territoire. Cela entraîne une répartition inégalitaire et ségrégative de
l’espace urbain. Chicago est faite d’anneaux concentriques présentant une
certaine homogénéité sociale où plus on s’éloigne du centre plus on monte
dans l’échelle sociale.

Conclusion : l’école de Chicago doit sa renommée à ces procédés


d’investigation novateurs et à ces thèmes qui restent d’une actualité
frappante. Cette sociologie est bien empirique car elle repose sur des
techniques qualitatives et sur des analyses microsociologiques.

CHAP. 3 : LES SOCIOLOGUES CONTEMPORAINS

INTRO :
Dans ces phases d’invention et d’institutionnalisation la sociologie a été
traversée par des conceptions diverses. Mais on insiste souvent et même trop
sur l’opposition entre les approches de Durkheim et de Weber au point de
surestimer et de caricaturer leurs différences. Aujourd’hui la sociologie est
marquée par une grande diversité (voir fiche n°. 2 les principaux sociologues)
et il est donc impossible d’en faire une présentation exhaustive. Cependant il
convient de connaître l’opposition classique entre deux grandes approches
sociologiques :

43 L’individualisme méthodologique

44 L’Holisme

(Fait référence au I°- le problème de l’articulation et le social ainsi qu’a la fiche


n°2 la sociologie entre individualisme méthodologique et holisme) afin de
présenter deux chercheurs français Raymond Boudon et Pierre Bourdieu et
quelques représentants de la sociologie américaine (Howard Becker, Erving
Goffman : interventionnisme symbolique) et l’aspect de l’ethnométhodologie
avec Harolde Garfinkel.

I°- LE PROBLÈME DE L’ARTICULATION ENTRE L’INDIVIDU ET LA SOCIÉTÉ

Jusque dans les années 1990 la sociologie a été divisée en deux grandes
traditions :

45 Wébérienne

46 Durkheimienne

Aujourd’hui cette opposition semble dépassée même si elle reste très présente
dans les esprits et les travaux des sociologues.

A°- LES RELATIONS ENTRE L’INDIVIDUS ET LE SOCIAL : UN DILEMME CENTRALE EN SOCIOLOGIE

Pour expliquer un fait social on peut avancer deux sortes d’arguments


opposés :

47 soit il est le résultat de forces sociales structurantes ou encore


déterminantes, la société impose donc ses contraintes à l’individu

48 soit il est le résultat d’actions individuelles c’est donc l’individus qui est le
responsable du social et à son origine.
Ex : l’existence d’un chômage d’intégration important pour les jeunes,
s’explique pour les uns par un contexte économique et sociale défavorable et
pour les autres par des stratégies individuelles défaillantes deux formations
débouchant sur des « effets pervers » (R. Boudon).

1- L’origine du dilemme : l’opposition entre Weber et Durkheim

Durkheim considère que c’est la société qui influence et détermine les


comportements individuels c’est la sociologie déterministe du fait sociale ou
encore la sociologie de l’agent.

A contrario, Weber part du principe que les décisions individuelles sont à


l’origine des réalités sociales c’est une sociologie compréhensive de l’action
sociale ou encore de l’acteur.

Ces deux conceptions entraînent l’opposition de deux paradigmes qui vont


dominer la sociologie et qui sont fortement contradictoires.

Définition du paradigme sociologique : c’est un model fournissant à l’analyse


son cadre de référence ou encore une manière de voir la réalité servant de
model d’interprétation à la manifestation d’un fait social.

2- Les deux paradigmes : holisme contre individualisme méthodologique

(Étudier fiche n°1 partie 1)

Le paradigme holiste : les structures expliquent les phénomènes sociaux et les


comportements individuels (premier personne qui met en avance le holisme
c’est Marx puis par la suite Durkheim)

Le paradigme individualisme ou encore de l’individualisme méthodologique :


un phénomène collectif est le résultat d’actions, de croyances ou d’attitudes
individuelles (avec Tocqueville et Weber).

Voir tableau : Holisme et individualisme méthodologique

Holisme Individualisme
méthodologique

Conception de la la société détermine et les individus produisent


sociologie contraint les actions la société par
individuelles agrégation d’actions
la société est soumise il n’existe pas de lois
à des lois de de développement
développement et à
des structures

Rôle de la sociologie connaître les lois et les mettre à jour les


structures sociales stratégies des acteurs
et les effets du
partir des contraintes système qui en résulte
sociales pour expliquer
les comportements partir des stratégies
individuelles pour
expliquer le social

L’individu il est conditionné par c’est un être rationnel


sa culture et obéit à qui fait des choix
des logiques qui le stratégiques
dépassent

En France le holisme a dominé jusqu’aux années 80 mais on a assisté à un


retour en force des acteurs (tradition individualiste) à la fin des années 80.

B°- UNE OPPOSITION AUJOURD’HUI DÉPASSÉE.

Ni totalement déterministe, ni totalement individualiste, certains travaux


sociologiques à partir des années 90, essaient de concilier ces 2 approches et
le sociologue français CORCUFF dans son livre « Les nouvelles sociologies »
parle d’approche constructiviste.

1- Des analyses sociologiques plus nuancées

Conscient des limites restrictives des 2 paradigmes qui entraînent une vision
partielle de la réalité, certains sociologues, pour appréhender la réalité sociale
dans toute sa complexité, proposent d’envisager la relation individu - société
comme étant « circulaire ». Il faut penser cette relation de façon interactive.

Exemple : Kaufman avec son « enquête sur les seins nus à la plage », à obtenu
de nombreuses réponses : « chacun fait ce qu’il veut, mais… ». Cela illustre la
dualité de notre société démocratique où l’individu relativement libre doit tenir
compte des normes sociales plus ou moins explicites en vigueur dans la
société.

Comme il est difficile de définir la cause première des faits sociaux


(comportement individuel ou structure sociale), de plus en plus de sociologues
essaient de concilier les 2 approches avec des analyses circulaires.

2- Une sociologie « constructiviste » ?

De nombreux travaux partent aujourd’hui d’une problématique constructiviste :


la réalité sociale est construite par des acteurs individuels et/ou collectifs, sur
la base d’expériences passées (donc intériorisées) et d’expériences présentes
de la vie quotidienne. Ces expériences fonctionnent comme des contraintes
souvent inconscientes. Les individus font n’est en moins des calculs et
prennent des décisions plus ou moins rationnelles.

a- L’exemple de la sociologie d’Anthony Giddens

Dans son ouvrage « La constitution de la société » (1984), ce britannique


montre que les structures sociales conditionnent les actions individuelles qui
elle-même participent à la production de nouvelles structures. La société est
donc à la fois la condition et le produit des actions individuelles. Les choix
vestimentaires ne se font pas de façon automatiques, en effet, on regarde se
qui se fait autour de soi, on s’informe des styles, de la mode et on choisi en
fonction de l’image que l’on veut donner de soi à un moment donné de la vie.
Cette image évolue dans le temps tout en tenant compte du contexte et des
contraintes sociales souvent professionnelles. Ainsi, les individus font preuve
d’une certaine réflexivité.

b- L’exemple de la sociologie de Norbert Elias

Dans son ouvrage « Qu’est ce que la sociologie » (1991), il part du principe que
les catégories d’analyses que sont la société et l’individu sont insuffisantes
pour rendre compte de la complexité du monde social. Il propose de décrire et
d’analyser la vie sociale comme un jeu et considère les individus comme des
joueurs.

Ex : - Comme dans un jeu d’échec, tel un pion, l’action d’un individu va


conditionner en retour l’action des autres pièces donc des autres individus en
interaction.

Comme au foot, le comportement et le mouvement des joueurs ne sont


compréhensibles que dans le contexte du jeu, de plus, chacun en se déplaçant
d’une certaine façon, va influencer à la fois ses partenaires et les adversaires.
Pour Elias, la réalité sociale est composée de configuration c'est à dire « de
figures globales toujours changeantes que forment les joueurs à l’intérieur
desquels se manifestent des relations d’interdépendance ». Le sociologue doit
identifier et caractériser ces configurations.

II°- LES SOCIOLOGIES FRANÇAISES

Après 45, la sociologie française se développe avec les travaux de G. Friedman,


de G. Gurvitch et R. Aaron. A partir des années 60, différents champs
sociologiques vont s’affirmer : sociologie du travail, de la famille, de la religion,
urbaine, de l’école… a la fin des années 80, la sociologie française est
dominées par 4 grandes ténors : Bourdieu, Boudon, Touraine et Crozier.
Cependant, ce sont surtout Bourdieu et Boudon qui vont polariser l’essentiel
des travaux sociologiques.

A- LA SOCIOLOGIE DE PIERRE BOURDIEU (DE L’HABITUS)

Bourdieu (1930-2002) : sociologue français le plus médiatisé mais aussi le plus


contre versé, non seulement dans le débat universitaire mais aussi dans le
débat public.

« Le savant et le politique, essai sur le terrorisme de P. Bourdieu ». En effet


Bourdieu est un sociologue très engagé, il a participé de manière active aux
mouvements sociaux de 1995. Bourdieu a toujours dérangé et a suscité des
réactions extrêmes positives ou négatives. Il a tenté de construire, à partir d’un
triple héritage, Marx, Weber et Durkheim, une sociologie qui lui est propre avec
son vocabulaire, ses concepts qui sont souvent difficilement compréhensibles
aux profanes.

1- Une sociologie de la domination

Pour Bourdieu, la société est un espace où coexiste différents rapports de


dominations. Cependant, ils ne sont pas immédiatement visibles comme ils
pouvaient l’être au temps de la révolution industrielle, essentiellement dans le
domaine économique. L’objectif du sociologue est donc de révéler au grand
jour ces rapports de dominations et de caractériser leurs mécanismes de
fonction. C’est parce que Bourdieu s’est intéressé avant tout aux forces
sociales, qu’il a longtemps été considéré comme un sociologue uniquement
Holiste et pour certain Marxiste. La lecture contemporaine de ses ouvrages doit
nous inciter à une vision plus nuancée des travaux de Bourdieu.

a- L’existence d’un rapport dominant/dominé

Bourdieu part du postulat de départ, que dans toute société il y a des


dominants et des dominés. Le positionnement de l’individu, en tant que
dominant ou dominé, dépend de la situation considérée, des ressources dont il
dispose (capitaux : économique, culturel, social, symbolique) et de la stratégie
qu’il élabore. En effet, l’espace social est organisé en différents champs.

Définition :

C’est un univers relativement homogène et autonome de part ces règles


d’organisation et de fonctionnement. Ex : champ professionnel, artistique,
politique sportif….

Dans le domaine journalistique, les dominants sont représentés par quelques


grands médias et quelques grands journalistes et les dominés sont les
journalistes de base, les pigistes ou encore ceux qui travaillent dans les
journaux marginaux ou à faible diffusion.

La caractéristique première d’un champ, c’est qu’il est avant tout un lieu de
concurrence et de lutte où chacun occupe une place particulière.

b- Des « champs » aux règles du jeu différenciées

La place qui est octroyé à chacun au sein d’un champ déterminé est fonction
du volume de « capitaux » dont il dispose ainsi que de sa composition.

Définition :

Le capital est l’ensemble des ressources matérielles et immatérielles dont nous


disposons pour faire valoir notre place. Bourdieu 2 grands types de capitaux :

49 un capital économique (patrimoine, revenu)

50 un capital culturel objectivé (détention de diplôme) ou pas (les bonnes


manières, richesse du vocabulaire….).

Ce dernier se décompose en capital symbolique (prestige, statut) et en capital


social (connaissance personnelle, réseau relationnel).

Ex : dans les champs littéraires, un fort capital culturel et social est plus utile
qu’un important capital économique pour parvenir au rang des dominants.

Du fait que chaque champ à des règles du jeu différenciées, l’individu, qui est
amené à évoluer au cours de sa vie sur plusieurs champs, ne va pas y occuper
le même rang. Cependant, ces champs sont hiérarchisés, certains offrent plus
de pouvoir et de domination que d’autres. La synthèse de ces différentes
positions occupées dans différents champs constituent une position de classe
qui est soit une position de dominante soit une position de dominés. Chaque
individu à donc une position plus ou moins favorable en fonction « des cartes
qu’il a dans son jeu ».Ainsi, en assimilant le fonctionnement des champs à un
jeu, Bourdieu se détache d’une conception exclusivement Holiste dans la
mesure où il accorde une certaine marge de liberté aux acteurs sociaux. Ces
derniers pouvant déployer certaines stratégies pour améliorer sa position dans
les différents champs. Pour Bourdieu les dominants façonnent l’école selon
leurs normes et leurs valeurs pour assurer la reproduction de leur position
sociale et ainsi, l’institution scolaire, en valorisant certain critère de sélection,
va faire réussir les enfants issus de classes sociales favorisées tout en
permettant de légitimer une société apparemment « méritocratique ».

2- Une sociologie de la distinction

Bourdieu, pour bien prouver l’influence du social sur l’individu, montre que
même les goûts personnels (culinaire, musicaux..), qui sont de l’ordre de
l’intime, sont en réalité le reflet de notre position dans l’espace social (« la
distinction » (1979) critique sociale du jugement). En effet, en fonction de notre
place dans la structure sociale, nos habitus diffèrent. Or ce sont eux qui
déterminent, en grande partie, nos goûts personnels, qui participent à la
définition de notre style de vie.

Définition habitus selon Bourdieu :

Cela désigne tout ce que l’on a acquis et qui s’incarne de façon durable dans
notre corps et esprit sous la forme de disposition permanente, c’et donc un
système de disposition acquise producteur de pratique.

Contrairement à l’habitude, qui est considérée comme répétitive, mécanique et


automatique, l’habitus est producteur et pas seulement reproducteur. En effet,
il parvient, en dépit, des conditionnements successifs que nous subissons, à
créer des comportements nouveaux et différents de ce que l’on a exactement
appris.

Ex : la fréquentation des cinémas, des musées... Ou encore la pratique


sportive, dépendant des préférences des individus. Ces pratiques sont
finalement déterminées par l’habitus lié à l’éducation donc à l’origine classe ce
qui explique pourquoi ces pratiques sont très différentes entre les catégories
sociales.

Dans ce contexte, la logique de distinction consiste à montrer ses différentes,


parfois de manière ostentatoire, à l’égard de ceux qui n’appartiennent pas à sa
classe et en même temps, montrer ses ressemblances vis-à-vis de ses
semblables sociaux. Ce faisant, la distinction renforce la logique de domination
car ses habitudes sont si profondément inscrites dans le psychisme et dans le
corps des individus que ceux-ci finissent par oublier les mécanismes de la
domination. Les membres de la classe dominante trouvant tout naturel de se
maintenir dans une position supérieure.