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D IVISIBILITÉ DANS Z ET CONGRUENCES

I Diviseurs et multiples d’un entier relatif


Définition 1

Soit a et b deux entiers relatifs. Dire que a divise b signifie qu’il existe un entier relatif k tel
que b = ka. On dit également que b est un multiple de a. On note parfois a|b.

Exemple : 50 = 5 × 10 donc 5 divise 50 ou 50 est un multiple de 5.


Remarques :
1. Tout entier relatif est un diviseur de 0 et 0 n’a qu’un seul multiple mais il ne divise aucun entier
relatif non nul.
2. Pour tout entier b non nul, l’ensemble des multiples de b est infini.
3. Tout entier relatif b non nul admet au moins pour diviseurs : 1 ; −1 ; b et −b. Cette liste est
réduite à deux éléments si b = 1 ou si b = −1 !

Propriété 1

Soit a et b deux entiers relatifs.

a divise b ⇔ a divise − b
⇔ −a divise b
⇔ −a divise − b

Preuve

a divise b ⇔ il existe un entier relatif k tel que b = ka


⇔ −b = (−k)a
⇔ b = −(−k)a
⇔ −b = k(−a)

1
Par conséquent b et −b ont les mêmes diviseurs. C’est la raison pour laquelle on ne s’intéressera très
souvent qu’aux diviseurs positifs (ceux de N).

Propriété 2

Soit a et b deux entiers naturels non nuls. Si a divise b alors a ≤ b.

Preuve

a divise b. Il existe donc un entier naturel (puisque a et b sont strictement positifs) non nul
tel que b = ka. Cela signifie par conséquent que k ≥ 1.
On multiplie cette inégalité par a. On obtient alors ka ≥ a soit b ≥ a.

Remarque : Cela signifie donc que l’ensemble des diviseurs de tout entier naturel b est fini.
Si un entier naturel n divise b alors 1 ≤ n ≤ b.
Exemple : L’ensemble des diviseurs de 8 dans N est {1; 2; 4; 8} auxquels on doit rajouter leurs opposés
pour obtenir ceux dans Z.

Propriété 3

Soit a et b deux entiers relatifs non nuls. Si a divise b et b divise a alors a = b ou a = −b.

Preuve

a divise b donc il existe un entier relatif k non nul tel que b = ka.
b divise a donc il existe un entier relatif k 0 non nul tel que a = k 0 b.
Par conséquent b = ka = kk 0 b. b étant non nul, on a alors kk 0 = 1.
k et k 0 sont donc des diviseurs de 1. Il n’y a que deux possibilités :
— k = k0 = 1
— k = k 0 = −1

Propriété 4

Soit a, b et c trois entiers relatifs.


Si a divise b et b divise c alors a divise c.

2
Preuve

a divise b : il existe donc un entier relatif k tel que b = ka.


b divise c : il existe donc un entier relatif k 0 tel que c = k 0 b.
Par conséquent c = k 0 b = kk 0 a. kk 0 est un entier relatif. Donc a divise c.

Cela signifie donc que a divise tous les multiples de b.


Exemple : 4 divise 12 et 12 divise 120. Donc 4 divise 120.

Propriété 5

Soit a, b et c trois entiers relatifs.


Si a divise b et c alors, pour tous entiers relatifs u et b, a divise ub + vc (en particulier b + c
et b − c).

Preuve

a divise b : il existe donc un entier relatif k tel que b = ka.


a divise c : il existe donc un entier relatif k 0 tel que c = k 0 a.
Or ub + v x = uka + vk 0 a = (uk + vk 0 )a.
uk + vk 0 est un entier relatif. Donc a divise ub + vc.
Pour les cas particulier, il suffit de prendre u = v = 1 ou u = 1 et v = −1.

Exemple : Soit a et b deux entiers relatifs. Si a divise 2b + 5 et 3b − 1 alors a divise 17.


En effet a divise 3(2b + 5) − 2(3b − 1) = 17.

II Division euclidienne
Théorème 1 (division euclienne dans N)

Soit a et b deux entiers naturels tels que b 6= 0.


Il existe un unique couple (q; r ) d’entiers naturels tel que
(
a = bq + r
et 0 ≤ r < b

Exemple : 23 = 3 × 7 + 2

3
Preuve

Existence : On appelle E l’ensemble des entiers naturels n tel que nb ≥ a.


Puisque b ≥ 1 on a (a + 1)b ≥ a + 1 > a. L’ensemble E n’est donc pas vide.
Un ensemble d’entier naturel non vide possède un plus petit élément. Soit donc q le plus
petit entier naturel tel que qb ≤ a < (q + 1)b.
Posons maintenant r = a − bq. Puisque qb ≤ a on a r ≥ 0.
Puisque a < (q + 1)b on a r = a − qb < b.
On a trouvé un couple d’entier (q; r ) tel que a = bq + r et 0 ≤ r < b.
Unicité : Supposons qu’il existe deux couples (q; r ) et (q 0 ; r 0 ) tels que :

a = bq + r = bq 0 + r 0 (1)
0
0 ≤ r < b et 0 ≤ r < b (2)

De (1) on en déduit que :


b(q 0 − q) = r − r 0 (3)
q 0 − q est un entier donc r − r 0 est un multiple de b
De (2) on en déduit que −b < −r 0 ≤ 0. On a également 0 ≤ r < b.
En additionnant ces inégalités, on obtient alors −b < r − r 0 < b.
r −r 0 est donc un multiple de b compris strictement entre −b et b. Ce ne peut par conséquent
n’être que 0.
Donc r = r 0 et en reportant dans (3), on obtient que b(q 0 − q) = 0. Puisque b 6= 0 cela signifie
que q 0 − q = 0 soit q = q 0 .
Le couple (q; r ) est bien unique.

a ³a´
Remarque : q correspond à la partie entière de notée E .
b b
On peut étendre à Z le principe de division euclidienne.

Théorème 2 (division euclidienne dans Z)

Soit a et b deux entiers relatifs tels que b 6= 0.


Il existe un unique couple (q; r ) d’entiers relatifs tel que
(
a = bq + r
et 0 ≤ r < |b|

Définition 2

Le nombre a est appelé le dividende, b le diviseur, q est le quotient et r le reste.

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Exemple : On souhaite effectuer la division euclidienne de −42 par 4.
42 = 10 × 4 + 2 et 0 ≤ 2 < 4. Donc −42 = −10 × 5 − 2. Mais −2 n’appartient pas à [0; 4[.
−42 = −10 × 4 − 4 + 4 − 2 = (−10 − 1) × 4 + 2 = −11 × 4 + 2 et 0 ≤ 2 < 4.

Propriété 6

Soit a et b deux entiers relatifs tels que b 6= 0.


b divise a ⇔ le reste de la division euclidienne de a par b est nul.

Propriété 7

Soit b un entier naturel tel que b ≥ 2.


Tout entier relatif a peut s’écrire sous la forme a = bq + r avec q ∈ Z et r ∈ {0; 1; . . . ; b − 1}.

Exemple : Tous les entiers s’écrivent sous l’une des deux formes : 2n ou 2n + 1.

III Nombres premiers


Définition 3

Un nombre premier est un entier naturel n qui admet exactement deux diviseurs positifs
distincts : 1 et n.
Un nombre qui n’est pas premier est dit composé.

Exemple : 2, 5, 7, 11 sont des nombres premiers.


1 n’est pas premier car il n’est divisible que par lui-même. Il n’est pas non plus composé.
4, 6, 25 sont composés.

Propriété 8

tout entier naturel n supérieur ou égal à 2 admet au moins un diviseur premier.

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Preuve

Soit n un entier supérieur ou égal à 2.


— Si n est un nombre premier, alors il admet exactement un diviseur premier.
— Si n n’est pas premier. Il admet donc au moins un diviseur positif d différent de 1 et
de lui-même.
L’ensemble des diviseurs de n n’est pas vide (il y a au moins d ). Il admet donc un plus
petit élément p tel que 1 < p < n.
Supposons que p ne soit pas premier. Il admet alors un diviseur q tel que 1 < q < p.
Mais q serait par conséquent également un diviseur de n plus petit que p. Ce qui est
absurde !

Propriété 9

Soit n un entier naturel composé supérieur ou égal à 2. Il admet au moins un diviseur pre-
p
mier p tel que p n.

Preuve

Soit n un nombre composé et p son plus petit diviseur supérieur à 1. D’après la propriété 8
p est un nombre premier.
Il existe de plus un entier naturel q tel que n = q p et 1 < p ≤ q < n.
p
Par conséquent p 2 ≤ pq soit p 2 ≤ n et donc p ≤ n.

Propriété 10 (contraposée)

Oit n un entier supérieur ou égal à 2.


p
Si n n’admet aucun diviseur premier p tel que 2 ≤ p ≤ n alors n est un nombre premier.

p
Exemple : 173 ≈ 13, 2 et 173 n’est divisible par aucun des nombres premiers suivants : 2, 3 ,5, 7, 11,
13.
173 est donc premier.

Théorème 3

Il existe une infinité de nombres premiers.

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Preuve

Raisonnons pas l’absurde.


Supposons qu’il existe un nombre fini de nombres premiers. Soit p le plus grand d’entre eux.
On appelle N le produit de tous ces nombres premiers : N = 2 × 3 × 5 × . . . × p.
Alors N + 1 étant supérieur à p, il admet un diviseur premier q (appartenant à {2; 3; 5; . . . ; p}.
Comme q divise N + 1 et le produit 2 × 3 × . . . × p = N (c’est l’un d’entre eux !), il divise égale-
ment leur différence, c’est-à-dire 1. Ceci est absurde puisque q est un nombre premier.
L’hypothèse faite au départ est donc fausse. Il existe donc une infinité de nombres premiers.

Théorème 4 (décomposition en facteurs premiers)

Soit n un entier naturel tel que n ≥ 2. Il existe une unique décomposition de n en produit de
nombres premiers sous la forme n = p 1 α1 p 2 α2 . . . p k αk où
— k est un entier naturel non nul
— p 1 , p 2 , . . . , p k sont des nombres premiers tels que 1 < p 1 < p 2 < . . . < p k
— α1 , α2 , . . . , αk sont des entiers naturels non nuls.

Preuve

Nous ne prouverons que l’existence. L’unicité sera admise.


Pour tout entier n non nul, notons P n la propriété "il existe un entier naturel k non nul, des
nombres premiers 1 < p 1 < p 2 < . . . < p k et des entiers naturels non nuls α1 , α2 , . . . , αk tels
que n = p 1 α1 p 2 α2 . . . p k αk " et raisonnons par récurrence
Initialisation : 2 = 21 . La propriété est vraie au rang 2.
Hérédité : Supposons la propriété vraie jusqu’au rang n.
n + 1 admet au moins un diviseur premier p tel que 1 < p ≤ n + 1. Il existe donc un entier
naturel non nul q tel que n + 1 = q p et 1 ≤ q < n + 1.
— Si p = n + 1 (et donc q = 1) alors n + 1 est premier et n + 1 = (n + 1)1 . La propriété P n+1
est donc vraie.
— Si p 6= n + 1 alors q > 1. On applique l’hypothèse de récurrence et
q = p 1 α1 p 2 α2 . . . p k αk .
Par conséquent n + 1 = p × p 1 α1 p 2 α2 . . . p k αk .
Si p est l’un des p i alors on incrémente de 1 l’exposant αi sinon on range les nombres
premiers p, p 1 , p 2 , . . . , p k dans l’ordre croissant et on obtient une décomposition en
facteurs premiers.
Conclusion : La propriété est vraie au rang 2. En la supposant vraie jusqu’au rang n, elle est
encore vraie au rang suivant. Elle est donc vraie pour tout entier naturel supérieur ou égal à
2.

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Exemple : 121 968 = 24 × 32 × 7 × 112

Propriété 11

Soient n un entier strictement supérieur à 1 dont la décomposition en facteurs premiers est


n = p 1 α1 p 2 α2 . . . p k αk et d un entier naturel.
d est un diviseur de n si, et seulement si, d peut s’écrire sous la forme d = p 1 β1 p 2 β2 . . . p k βk
où pour tout i ∈ {1; 2; . . . ; k} 0 ≤ βi ≤ αi .

Propriété 12

Soit n un entier strictement supérieur à 1 dont la décomposition en facteurs premiers est


n = p 1 α1 p 2 α2 . . . p k αk .
Le nombre de diviseurs positifs de n est (α1 + 1)(α2 + 1) . . . (αk + 1)

Exemple : 121 968 possède donc (4 + 1) × (2 + 1) × (1 + 1) × (2 + 1) = 90 diviseurs positifs.

IV congruences
Définition 4

Soient n un entier naturel tel que n ≥ 2 et a, b deux entiers relatifs. On dit que a est congru
à b modulo n lorsque a − b est un multiple de n. On note alors a ≡ b [n]

Remarque : Il existe alors un entier relatif k tel que a − b = kn.


Exemple : 58 − 7 = 51 = 3 × 17 donc 58 ≡ 7 [3]

Propriété 13

Soient n un entier naturel tel que n ≥ 2 et a, b deux entiers relatifs.


a ≡ b [n] ⇔ a et b ont le même reste dans la division euclidienne par n.

8
Preuve

On a a = qn + r et b = q 0 n + r 0 avec q et q 0 entiers relatifs et r et r 0 entiers naturels tels que


0 ≤ r < n et 0 ≤ r 0 < n.
On a donc, par soustraction : a − b = n(q − q 0 ) + r − r 0 .
— Supposons que a ≡ b [n] alors a − b est un multiple de n par conséquent r − r 0 est un
multiple de n. De plus on sait que −n < r − r 0 < n. Le seul multiple de n qui convient
est donc 0 et r = r 0 .
— Supposons, que r = r 0 alors on a a − b = n(q − q 0 ) et a ≡ b [n].

Exemple : 58 = 3 × 19 + 1 et 7 = 3 × 2 + 1 donc 58 ≡ 7 [3].

Propriété 14

Soient n un entier naturel tel que n ≥ 2 et a un entier relatif.


a ≡ 0 [0] ⇔ a est divisible par n.

Propriété 15

Soient n un entier naturel tel que n ≥ 2 et a, b, c trois entiers relatifs.


1. a ≡ a [n]
2. a ≡ b [n] ⇔ b ≡ a [n]
3. Si a ≡ b [n] et b ≡ c [n] alors a ≡ c [n]

Preuve

1. a − a = 0 = 0 × n donc a ≡ a [n]
2. a ≡ b [n] si, et seulement si, il existe k ∈ Z tel que a − b = kn si, et seuelement si, il
existe k ∈ Z tel que b − a = −kn. Par conséquent a ≡ b [n] ⇔ b ≡ a [n]
3. Si a ≡ b [n] alors a et b ont le même reste dans la division euclidienne par n.
Si b ≡ c [n] alors b et c ont le même reste dans la division euclidienne par n.
Cela signifie donc que a et c ont le même reste dans la division euclidienne par n,
c’est-à-dire que a ≡ c [n].

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Propriété 16 (opérations)

Soient n un entier naturel tel que n ≥ 2 et a, b, a 0 et b 0 des entiers relatifs.


Si a ≡ a 0 [n] et b ≡ b 0 [n] alors :
1. a + b ≡ a 0 + b 0 [n]
2. a − b ≡ a 0 − b 0 [n]
3. ab ≡ a 0 b 0 [n]
p
4. Pour tout entier naturel p non nul a p ≡ a 0 [n]

Preuve

On a a = a 0 + kn et b = b 0 + kn (k ∈ Z et k 0 ∈ Z).
1. Donc a + b = a 0 + b 0 + (k + k 0 )n par conséquent a + b ≡ a 0 + b 0 [n]
2. a − b = a 0 − b 0 + (k − k 0 )n par conséquent a − b ≡ a 0 − b 0 [n]
3. ab = (a 0 + kn)(b 0 + k 0 n) = a 0 b 0 + (a 0 k 0 + b 0 k + kk 0 n)n donc ab ≡ a 0 b 0 [n]
4. Procédons par récurrence.
p p
Initialisation : Si p = 1 alors a p = a et a 0 = a 0 on a bien ainsi a p ≡ a 0 [n]
p
Hérédité : Supposons la propriété vraie au rang p : a p ≡ a 0 [n]
p p+1
Alors a p+1 = a × a p ≡ a 0 a 0 [n] d’où a p+1 ≡ a 0 [n]

Conclusion : La propriété est vraie au rang 1. En la supposant vraie au rang p elle est
encore vraie au rang suivant.
p
Pour tout entier naturel p non nul, on a donc a p ≡ a 0 [n].

p
Attention : ce n’est pas parce que a p ≡ a 0 [n] pour un entier naturel p non nul que a ≡ a 0 [n]
Exemple 1 : On veut résoudre dans Z l’équation 4x ≡ 3 [5].
On va procéder par disjonction de cas, en envisageant toutes les congruences modulo 5 possibles.

x est congru à modulo 5 0 1 2 3 4


4x est congru à modulo 5 0 4 3 2 1

On a donc 4x ≡ 3 [5] ⇔ x ≡ 2 [5].


Les solutions de l’équation sont donc les entiers relatifs de la forme 2 + 5k avec k ∈ Z.
Exemple 2 : 2016 = 5 × 403 + 1 donc pour tout n ∈ N∗ 2016n ≡ 1 [5]

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