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Un Peuple - Un But – Une Foi

MINISTERE DE L’ECONOMIE DES FINANCES


ET DU PLAN

DIRECTION GENERALE DE LA PLANIFICATION ET

DES POLITIQUES ECONOMIQUES

DIRECTION DE LA PREVISION ET DES


ETUDES ECONOMIQUES

Document d’Etude N° 37

IMPACTS D’UNE AMELIORATION DE LA


PRODUCTIVITE DU SECTEUR INFORMEL
SUR L’ECONOMIE SENEGALAISE

DPEE/DEPE @ Janvier 2018


IMPACTS D’UNE AMELIORATION DE LA PRODUCTIVITE DU SECTEUR
INFORMEL SUR L’ECONOMIE SENEGALAISE

Par Arona BA et Dame THIAM1


Janvier 2018

Résumé
Ce document analyse l’influence du secteur informel sur l’économie sénégalaise. Un modèle DSGE à deux
secteurs est utilisé pour les simulations. Des chocs déterministe et aléatoire de productivité du secteur informel
sont simulés. Les résultats ont montré qu’à la suite d’une hausse annuelle de 5% de la productivité du secteur
informel sur 10 années, la production agrégée devrait augmenter en moyenne de 2%, celle du secteur informel
augmenterait de 4,9% alors que celle du secteur formel ne serait quasiment pas affectée. L’impact sur la
productivité de l’économie serait positif eu égard au poids prépondérant de l’informel. Il s’ensuivrait une hausse
de la consommation finale des ménages et une baisse du niveau général des prix. Les résultats des simulations du
choc aléatoire ont montré que les prix à la consommation seraient plus sensibles à l’amélioration de la productivité
du secteur informel et devraient répondre instantanément aux chocs pouvant atteindre une baisse maximale de
12,27%. En outre, tous les autres agrégats auraient sensiblement répondu aux chocs, même si pour certaines
variables telles que l’emploi, la production du secteur formel et les recettes de l’Etat les réponses s’amortiraient
au bout d’une courte période.

Mots clés : secteur informel, DSGE, productivité, secteur formel, choc déterministe, choc aléatoire.
Classification JEL : D29, G13, D24, G17.

Abstract
This paper assesses the effects of informal sector on senegalese economy using a two sectors-DSGE model. Both
a deterministic and random productivity shocks on the informal sector are simulated. On the one hand, the results
show that following a 10 years period, the deterministic shock would lead to a 2.0% increase in aggregate output
while the informal sector output would grow by 4.9% and that of the formal sector by 0.1%. Furthermore, the
shocks would impact positively household’s consumption and would reduce prices but would deteriorate trade
balance. On the other hand, the random shock show that consumer prices are more sensitive to the improvement
of productivity in the informal sector and respond instantly to reach a maximum decrease of 12.27%. In addition,
all other aggregates have responded significantly to shocks, although for some variables such as employment,
formal sector output and government revenues would mitigate in the short run.

Keywords: informal sector, DSGE model, productivity, formal sector, deterministic shock, random shock.
JEL Classification: D29, G13, D24, G17.

1
Statisticiens Economistes à la Direction de la Prévision et des Etudes Economiques (DPEE) de la Direction
Générale de la Planification et des Politiques Economiques (DGPPE) du Ministère de l’Economie, des Finances
et du Plan de la République du Sénégal. Contact: arba@minfinances.sn, dthiam@minfinances.sn.

2
1. Introduction

Des activités économiques informelles existent dans tous les pays du monde sous des formes et
proportions différentes selon les régions, les cultures et/ou les réalités socioéconomiques.
Toutefois, elles sont généralement peu répandues dans les pays développés contrairement à
ceux en développement où elles sont au cœur du fonctionnement des économies. Le concept de
« secteur informel » a intéressé les chercheurs dès les années 70 à travers notamment les travaux
de Keith Hart sur le Ghana et ceux du BIT sur le Kenya. Keith hart (1973) faisait allusion au
revenu informel pour caractériser le secteur alors que le BIT se référait aux entreprises
informelles en adoptant une définition conceptuelle et statistique lors de la 15ème Conférence
internationale des statisticiens du travail en 1993 à Genève. Il définit le secteur informel comme
étant «Un ensemble d’unités produisant des biens et des services en vue de créer des emplois
et des revenus pour les personnes concernées. Ces unités, ayant un faible niveau
d’organisation, opèrent à petite échelle et de manière spécifique, avec peu ou pas de division
entre le travail et le capital en tant que facteurs de production. Les relations de travail,
lorsqu’elles existent, sont surtout fondées sur l’emploi occasionnel, les relations de parenté ou
les relations personnelles et sociales plutôt que sur des accords contractuels comportant des
garanties en bonne et due forme ». Elle se traduit en statistique par : « Un ensemble d’unités de
production informelles (UPI) qui, au sein du Système de comptabilité nationale (SCN),
constituent un élément du secteur institutionnel des ménages, en tant qu’entreprises
individuelles produisant, au moins en partie, pour le marché ». Au Sénégal, l’ANSD considère
le secteur comme étant « L’ensemble des unités de production dépourvues de Numéro
d’Identification Nationale des Entreprises et Associations (NINEA) et/ou de comptabilité écrite
formelle». Cette définition de l’ANSD est retenue dans le cadre de cette étude.

La prolifération des activités informelles dans les pays en développement est imputable au
boom démographique, au manque de qualification, à la faible capacité de recrutement du
secteur privé formel, à certaines politiques d’emploi et de formations inadaptées, aux lourdeurs
administratives, etc. Aussi, l’augmentation fulgurante des populations en âge de travailler, dans
beaucoup de pays, dépasse largement celle de l’offre d’emploi formel. Le secteur informel
contribue à plus de 30% du PIB, selon Schneider (2002) et Enste (2000), dans les pays en
développement et à plus de 45% en Afrique. En dépit de leur importance dans la formation du
PIB, les Unités de Production Informelle (UPI) se caractérisent par des niveaux de productivité
généralement faible dus au manque d’infrastructures adéquates, à la difficulté d’accès au

1
financement et aux intrants et à la faiblesse du capital. En outre, pour satisfaire la demande des
clients dont généralement le pouvoir d’achat est faible, les UPI offrent des produits dont elles
cherchent à maitriser les coûts en évitant particulièrement de supporter certaines charges
formelles. Ainsi, le développement du secteur conduit à une concurrence déloyale subie par les
entreprises formelles. De ce fait, la part importante du secteur dans la formation du PIB
n’explique pas forcément son impact positif sur la croissance économique car son existence
hypothèque parfois les investissements du secteur formel et l’emploi. Néanmoins, il permet aux
populations de trouver une source de revenu pour pouvoir financer leurs besoins de subsistance
et de satisfaire la demande des ménages à faible revenu. En outre, certaines UPI réalisent parfois
des profits supérieurs à ceux des entreprises du formel sans honorer l’impôt et la cotisation
sociale. C’est pourquoi, une frange importante de la population non pauvre s’active dans
l’informel.

Par ailleurs, la fiscalisation du secteur informel est une préoccupation majeure de beaucoup de
décideurs des pays en développement afin de capter un manque à gagner en termes de recettes
fiscales et de répondre à la question d’équité et de justice sociale. Cependant, la taxation des
UPI peut conduire à une réduction de revenus généralement très faibles et par conséquent
aggraverait les conditions de vie des plus pauvres. En revanche, dans beaucoup de pays en
développement où le secteur informel occupe une place importante dans la création de la valeur
ajoutée, il ne contribue pas ou peu aux recettes fiscales alors que les marges de manœuvre
budgétaires sont très faibles et les besoins de financement des projets de développement
importants. Ainsi, le secteur informel peut être une des contraintes majeures de l’élargissement
de l’assiette fiscale des pays en développement où les Etats tentent de les lever à travers
beaucoup de programmes d’incitation au recouvrement. Toutefois, la fiscalisation du secteur
informel est difficile à mettre en œuvre dans les PED dans la mesure où la légitimité et la bonne
gouvernance des pouvoirs publics sont parfois remises en cause. En outre, les ressources
fiscales issues du secteur informel sont très faibles car généralement les bases d’imposition sont
étroites et que ces mesures de taxation n’améliorent pas souvent les conditions de vie des
populations les plus pauvres.

Au Sénégal, le secteur informel représente 41,6% du PIB et emploie environ 48,8% de la


population active occupée selon les chiffres l’Enquête Nationale sur le Secteur Informel au
Sénégal (ENSIS) réalisée en 2011 par l’ANSD. Le salaire annuel moyen perçu par un employé
du secteur s’élève à 505 805 FCFA, soit un salaire mensuel de 42 150 FCFA. Ces statistiques
montrent que le secteur informel fait partie intégrante de l’économie sénégalaise en termes de

2
créations de valeur ajoutée et d’emploi. Toutefois, la moitié de la population active occupée
perçoit un revenu moyen très faible. Fort de ce constat, le pays ambitionne aujourd’hui de
réaliser une transformation structurelle de l'économie qui représente le premier axe de son
document de politique économique et sociale, le Plan Sénégal Emergent (PSE), afin de
promouvoir une croissance durable, inclusive et des emplois décents. La réussite de cet objectif
passe nécessairement par une diversification des sources de croissance. Ainsi, les UPI peuvent
jouer un rôle déterminant dans le processus de transformation structurelle de l’économie, et la
réduction de la pauvreté. Par ailleurs, le secteur informel sénégalais ne contribue qu’à hauteur
de 3% des recettes fiscales intérieures en dépit de la mise en place de la Contribution Globale
Unique (CGU) et du régime du bénéfice réel afin de simplifier le traitement fiscal des activités
informelles. L’application de ces innovations n’a pas permis à l’administration fiscale
d’atteindre les objectifs escomptés. A cet égard, le diagnostic du secteur, à travers son influence
sur les indicateurs macroéconomiques et budgétaires, serait une préalable et d’une importance
capitale pour mieux maîtriser les rouages des activités informelles.

Cette étude entre dans ce cadre et ambitionne d’évaluer les effets d’une amélioration de la
productivité du secteur informel sur l’économie sénégalaise. Il s’agit de déterminer l’impact sur
la croissance économique, l’emploi, la pauvreté et les recettes fiscales.

La suite du document est organisée en cinq sections. La première est réservée à la revue de la
littérature qui documente l’état de la recherche sur la question. La méthodologie basée sur les
DSGE est élaborée dans la deuxième partie. Ensuite, les faits stylisés sur la relation entre les
secteurs informel et formel et les caractéristiques du secteur informel sont présentés dans la
troisième section. L’analyse et l’interprétation des résultats font l’objet de la quatrième section.
Enfin, dans la dernière section, les principales conclusions et les recommandations sont tirées.

2. Revue de la littérature

La question de l’impact du secteur informel sur l’économie a, depuis longtemps, intéressé les
chercheurs. Dans la littérature théorique trois positions se dégagent quant à la présence du
secteur informel et de son influence sur le secteur formel et sur l’économie de manière générale.
Selon l’approche « dualiste », soutenue par des auteurs comme Lewis (1954), Harris et Todaro
(1970), le secteur informel est une composante résiduelle dont l’existence s’explique par le fait
que le secteur formel n’est pas capable d’absorber tout le stock de travail disponible. Ainsi, le
secteur informel n’entretient pas de relation avec celui du formel et n’est en ce sens pas un frein
au développement. Par contre, l’approche « structuraliste » met en évidence une relation

3
d’interdépendance entre les deux secteurs. Les auteurs de cette approche notamment LeBrun et
Gerry, (1975) et Moser (1978) soutiennent que le secteur informel se comporte comme un
subordonné en fournissant du travail et des produits à bon marché, ce qui accroît la compétitivité
de l’économie. Enfin, la troisième approche dite «légaliste» ou «orthodoxe» considère le secteur
informel comme de petites entreprises qui préfèrent évoluer dans ce domaine pour se dispenser
de payer les taxes afin de diminuer les coûts de production (De Soto, 1989), ce qui leur permet
de concurrencer les entreprises évoluant dans le secteur formel.

Sur le plan empirique, la majeure partie des études conclut à un impact négatif du secteur
informel sur l’activité des entreprises formelles (Loayza, 1997 ; Gonzales et Lamanna, 2007),
Hudson et al, 2012, Friesen et wacker, 2013). Par contre Kim et Kang (2009) et Ali et Najman
(2014) prouvent que dans certains cas spécifiques, la présence du secteur informel peut être
bénéfique à des entreprises formelles particulières. En effet, en plus de l’impact de la
concurrence du secteur informel, ces auteurs se sont intéressés aux caractéristiques des
entreprises formelles qui sont plus susceptibles d’être impactées par cette concurrence. Les
modèles utilisés dans la littérature sont notamment des régressions linéaires simples, des
régressions de données de panel, des régressions probit ou logit et des modèles d’équilibre
général.

L’étude réalisée par Loayza (1997) en Amérique Latine indique que le secteur informel agit
négativement sur la croissance économique. En effet, en utilisant un modèle macro-
économétrique de croissance endogène, l’auteur montre que l’augmentation de la taille du
secteur informel nuit à la croissance en réduisant la disponibilité des services publics ou en
augmentant l’utilisation de manière inefficace de certains services publics.

Gonzalez et Lamanna (2007) et Hudson et al (2012) ont étudié l’impact de la présence du


secteur informel en utilisant des modèles de régression probit. Ainsi, les premiers auteurs
montrent que pour un échantillon de 14 pays d’Amérique latine, les entreprises formelles qui
ressemblent le plus à celles évoluant dans le secteur informel sont les plus susceptibles d’être
impactées par cette concurrence. Dans la même lancée, Hudson et al. (2012) trouvent que pour
les économies de l’Europe du Sud-Est, l’impact du secteur informel est négatif sur le niveau
des salaires et que les petites entreprises rurales et domestiques sont les plus susceptibles d’être
affectées. De même, Friesen et Wacker (2013) ont utilisé un modèle logit ordonné sur un panel
de 114 pays en développement pour montrer que les entreprises formelles qui souffrent le plus
de la concurrence du secteur informel sont celles qui ont des contraintes financières.

4
A l’inverse, selon Kim et Kang (2009) et Ali et Najman (2014) la concurrence du secteur
informel a un impact positif sur la croissance des entreprises formelles. En effet, Kim et Kang
(2009) ont utilisé des modèles de régression sur données de panel pour le cas de la Russie, ils
concluent que l’économie informelle agit positivement sur la croissance des petites entreprises
formelles. De plus, ils montrent que les entreprises informelles ont tendance à se formaliser
avec le temps. Ali et Najman (2014) ont utilisé la même méthodologie et leur étude a abouti à
la même conclusion à partir d’un panel de 31 pays d’Afrique subsaharienne. Ces auteurs
trouvent que l’intensité de la concurrence du secteur informel a un impact positif sur la
productivité des entreprises formelles de manière générale. Néanmoins, cet impact est différent
selon la taille de l’entreprise. En effet, les petites et moyennes entreprises formelles sont
affectées négativement par la concurrence, alors que l’impact sur les entreprises de grandes
tailles est positif.

D’autres auteurs ont utilisé des modèles plus élaborés comme les modèles d’équilibre général
calculable. Ces modèles sont plus adaptés pour mettre en évidence les canaux de transmission
et saisir les effets indirects du secteur informel sur l’économie, (Traoré et al. 2015). Ainsi,
Raihan (2010) a tenté d’explorer les liens entre le secteur informel et l’économie nationale en
termes de croissance, d’emploi et de réduction de la pauvreté au Bangladesh. En utilisant un
modèle d’équilibre général calculable, l’auteur montre que la croissance dans le secteur formel
entraîne aussi une croissance dans le secteur informel et avec des effets positifs sur le bien-être
et la pauvreté des ménages. Pour leur part, Alia et al. (2011) se sont intéressés aux effets des
politiques économiques sur la performance du secteur informel et la pauvreté au Cameroun.
Les auteurs ont utilisé un modèle d’équilibre général calculable et leurs principaux résultats
indiquent que l’investissement dans le secteur informel a un effet positif sur la performance de
ce secteur et permet aussi de diminuer la pauvreté des ménages évoluant dans ce secteur.
Cependant, il a un effet contraire sur le secteur formel. Par ailleurs, la hausse des salaires et la
réduction du taux de taxe à l'importation seraient bénéfiques pour le secteur formel, mais moins
favorables au secteur informel. Plus récemment, Traoré et al (2015) ont analysé l'impact sur le
revenu, l'emploi et la croissance des politiques publiques visant à améliorer l'accès au capital et
à la liquidité de l'économie informelle au Burkina Faso. Les auteurs ont considéré trois secteurs
dans l’économie : formel, informel et secteur agricole. A l’aide d’un modèle MEGC, ils
montrent qu’une augmentation de 10% du stock de capital dans le secteur informel conduit à
une contraction des secteurs formel et informel et un accroissement du secteur agricole. Ce qui
fait que l’impact du secteur informel sur l’économie de manière générale est négatif. Par

5
ailleurs, les auteurs montrent aussi qu’une augmentation de 10% des transferts publics destinés
aux ménages informels n'améliore que les revenus de ces derniers mais entraîne un effet
d'éviction sur l'investissement public conduisant à des retombées négatives sur tous les secteurs,
le revenu et le PIB.

Aussi, l’influence du secteur informel sur l’économie peut être appréhendée en s’intéressant au
rôle des entreprises formelles et informelles dans le processus de développement. Ainsi, La
Porta et Shleifer (2008) ont fait une comparaison des entreprises formelles et informelles sur
un panel de pays en développement dont le Sénégal. Ces auteurs remarquent que les entreprises
informelles sont généralement de tailles petites et extrêmement improductives comparées à
celles qui évoluent dans le secteur formel. Ils expliquent ce résultat par le niveau d’instruction
très élevé des dirigeants d’entreprises formelles et leur accès au financement extérieur, ce qui
manque dans le secteur informel. Dans le même registre, Maiti et al. (2009) ont étudié la
productivité du travail dans les secteurs formel et informel pour le cas de l’Inde. En utilisant
une régression sur données de panel, ils montrent qu’une hausse du salaire n’assure pas
nécessairement une plus forte productivité dans le secteur formel, alors que pour le secteur
informel celle-ci permet d’améliorer la productivité du travail.

La fiscalité et le secteur informel a été analysé par Diagne et Thiaw (2008). Ces auteurs ont
utilisé un modèle de systèmes d’équations probit sur les données du Sénégal et montrent que
les recettes théoriquement dues par le secteur informel représentent 3% de leur chiffre
d’affaires. En ce qui concerne les déterminants de la propension des unités de productions à
évoluer dans le secteur informel, il ressort de cette étude que la présence des agents de
l’administration fiscale ainsi que l’information agissent positivement sur celle-ci. Par contre, le
niveau d’éducation, l’âge du chef d’entreprise, le taux d’imposition ainsi que la taille de
l’activité impactent négativement sur la propension de l’entreprise à s’enregistrer de manière
formelle.

3. Faits stylisés

L’économie sénégalaise est caractérisée par une forte présence d’activités informelles dans
plusieurs secteurs. En effet, elles créent une importante valeur ajoutée et utilisent une bonne
partie de la population active. Le poids du secteur informel2 dans la production nationale est
estimé à 40% en 2010 (Enquête Nationale sur le Secteur Informel au Sénégal(ENSIS) de 2011).

2
Secteur informel non agricole : secteur informel hors agriculture, élevage, pêche, chasse et forêt

6
Les employés du secteur informel représentent plus de 2 000 000 de personnes soit 48,8% de
la population active occupée avec une masse salariale de plus de 600 milliards de FCFA. Les
Unités de Production Informelles (UPI) contribuent à plus de la moitié du PIB. Cependant, le
salaire moyen mensuel d’un travailleur du secteur informel est estimé à 45 000 FCFA par
individu, ce qui reflète une faiblesse des revenus, malgré le poids dans l’économie. En outre,
les UPI rencontrent de sérieuses difficultés dans leurs activités notamment la précarité, le
manque de financement formel, le problème d’écoulement de leurs produits, etc.

3.1. Le poids du secteur informel

Au Sénégal, le secteur informel a créé en moyenne 55% de la valeur ajoutée brute entre 1980
et 2014 (Figure 1). Son poids dans la valeur ajoutée est un peu plus élevé (57% en moyenne)
durant les périodes 1984-1991 et 1995-2002. Depuis 2002, il s’est stabilisé autour de 54%. En
outre, les UPI utilisent la presque totalité de la main d’œuvre non qualifiée et une partie de celle
qualifiée. De plus, la rémunération des facteurs de production du secteur informel est en
moyenne très faible comparée à celle du secteur formel. Par exemple, la consommation
intermédiaire dans le secteur formel représente 57% de la production, contre 34% dans le
secteur informel (voir Figure 1).

Figure 1 : Répartition de la valeur ajoutée (%) et la consommation


intermédiaire entre les deux secteurs
60%
60%
VA CI
55% 50%
40%
50% 30%

45% 20%
10%
40% 0%
1980
1983
1986
1989
1992
1995
1998
2001
2004
2007
2010
2013

1995

2007
1980
1983
1986
1989
1992

1998
2001
2004

2010
2013

secteur formel secteur informel sectur formel secteur informel

Source : ANSD
La figure 2 montre que les charges de personnel du secteur formel sont largement plus lourdes
que celles du secteur informel. Dans le secteur formel, les salaires représentent 46% en
moyenne de la valeur ajoutée alors que dans l’informel, 4% seulement de la valeur ajoutée sont
alloués aux salaires. En effet, le secteur informel est généralement composé en grande partie de
travailleurs indépendants et de salariés faiblement rémunérés.

7
L’impôt sur les bénéfices (Figure 2) payé par les entreprises du secteur informel ne représente
en moyenne que 2% de leur valeur ajoutée brute. Ainsi, le secteur informel n’apporte pas une
contribution considérable dans les recettes fiscales. En effet, les entreprises du secteur informel
sont souvent inconnues au niveau de l’administration fiscale et les entrepreneurs font souvent
des sous-déclarations. Même si, depuis plusieurs années l’Etat tente d’inciter les UPI à
s’acquitter de leurs impôts à travers le régime du bénéfice réel et la Contribution Globale
Unique (CGU), les recettes recouvrées sont loin d’atteindre les niveaux escomptés. Ainsi, des
mesures sont à envisager pour mieux comprendre les activités du secteur afin d’adopter un
programme optimal de fiscalisation des UPI sans compromettre leurs activités.

Figure 2 : Charge de personnel et impôt sur les bénéfices du secteur informel.


60% 3,00%
50% 2,50%
40%
2,00%
30%
1,50%
20%
1,00%
10%
0,50%
0%
0,00%
1986
1980
1983

1989
1992
1995
1998
2001
2004
2007
2010
2013

sectur formel secteur informel

Source : ANSD
Par ailleurs, en termes de structure, le secteur informel est largement dominé par le commerce
qui réalise 64% du chiffre d’affaire et 37% de leur valeur ajoutée. En outre, l’ensemble des
services créent environ 72% de la valeur ajoutée du secteur informel suivi par le secondaire
avec 27,4%. Ce dernier est dominé par les industries alimentaires et le BTP qui ont créé
respectivement 35,4% et 34,6% de la valeur ajoutée du secteur. Concernant, les industries
alimentaires informelles, leurs activités sont dominées par la transformation des produits
halieutiques et la fabrication de glace. Pour ce qui est du BTP, la présence de l’informel se fait
ressentir dans toute la chaine des activités de construction.

8
Tableau 1 : Structure du secteur informel par branche d’activité
(%).
Secteur et branches Structure Chiffre valeur
d’activités des UPI d’affaires Production ajoutée
Industrie 16,2 20 38 27,4
Industries Extractives 0,6 0,9 2 1,8
Industries
Alimentaires 2 9,7 17,7 9,7
Autres industries 6,6 3,8 8 6,4
Bâtiments et travaux
publics 6,9 5,6 10,3 9,5
Commerce 56,2 64 29,8 37,5
Service 27,6 16 32,2 35,1
Restaurant et hôtel 1,7 1,5 3,2 2,6
Transport 4,8 3,9 7,8 6,7
Autres services 21,2 10,6 21,3 25,9
Source: ANSD

La masse salariale des services représente 70% de celle du secteur informel, dont 30% pour le
commerce (figure 3). La branche des BTP représente plus de 12% de la masse salariale, les
industries alimentaires 8,3% et celles non alimentaires 6,8%. Ces statistiques montrent que le
commerce informel constitue l’une des principales sources de revenu des acteurs du secteur.
Toutefois, il existe des disparités dans le secteur commercial informel entre le gros de l’informel
qui enregistre souvent des chiffres d’affaire colossaux tandis que le petit commerce et les
marchands ambulants sont faiblement dotés en capital.

Figure 3 : Répartition de la masse salariale par secteur d’activité


(%)
35
30
25
20
15
10
5
0

Source: ANSD
Par ailleurs, les ménages constituent les principaux clients des UPI, soient 91,9% et sont à
99,2% de nationalité sénégalaise. Pour ce qui est des fournisseurs, les UPI traitent à 94,7% avec
des entreprises nationales mais ne travaillent pas souvent avec les grandes entreprises

9
manufacturières. Par ailleurs, 48,4% des fournisseurs s’activent dans le secteur du commerce.
Ce qui montre que le secteur informel est exclusivement tourné vers le marché intérieur.

3.2.Financements des UPI et difficultés rencontrées.


 Financements des UPI

Les UPI utilisent principalement leur épargne propre pour financer leurs activités (70% des
UPI) ou des prêts auprès de particuliers et/ou membres de la famille (18,1% des UPI). Elles
font peu recours aux banques et aux institutions de microfinance pour l’installation de leur
capital. Ainsi, le développement du secteur n’est pas favorisé par le système financier formel.
Néanmoins, même si la proportion demeure faible, plus de 30% des entreprises du secteur
informel font recours aux banques ou aux institutions de microfinance pour financer leurs
investissements et plus de 20% d’entre elles sont financées par leur fournisseur, ce qui témoigne
l’importance des grandes entreprises dans le fonctionnement des UPI.

Figure 4 : Source de financement de l’installation du capital et de l’investissement des


UPI
120 120
Installation du Capital Investissement
100 100
80 80
60 60
40 40
20
20
0
0

oui non oui non

Source: ANSD

 Difficultés rencontrées

Les UPI rencontrent de sérieuses difficultés, aussi bien conjoncturelles que structurelles. En ce
qui concerne, les problèmes d’ordre conjoncturel, 60,4% des UPI déclarent être confrontées au
manque de clientèle. En effet, les produits du secteur informel ne sont pas souvent de bonne
qualité ou sont parfois prohibés suscitant un manque de confiance de la part des
consommateurs. En outre, les UPI évoluent dans un environnement fortement concurrentiel qui

10
affecte négativement l’écoulement des produits. A cet égard, 40% d’entre elles déclarent avoir
subis une forte concurrence sur le marché. Par ailleurs, il existe au sein du secteur informel un
système de marchandage source d’asymétrie d’information qui perturbent le bon
fonctionnement des marchés.

Figure 5 : Difficultés Conjoncturelles des UPI


100
80
60
40
20
0
oui non oui non oui non
Approvisionnement Ecoulement de la Ecoulement de la
en matières production production (trop de
premières (quantité (manque de concurrents)
et qualité) clientèle)

Source: ANSD

Pour ce qui est des difficultés structurelles, il est indiqué, à travers la figure 8, que les UPI
rencontrent des problèmes d’accès au crédit (27,3%), de manque de local adapté (19,2%), de
règlementation trop contraignante (19,1%) et des taxes et impôts trop élevés (15,4%). Ainsi,
l’amélioration de l’environnement des affaires doit pouvoir contribuer à faciliter l’accès des
UPI aux services publics, au financement et l’adoption d’un régime fiscal incitatif.

Figure 6 : Difficultés Structurelles des UPI


100
80
60
40
20
0
oui non oui non oui non oui non
Difficulté Manque de Taxes et impôts Règlementation
d'accès au local adapté trop élevés trop
crédit contraignante

Source: ANSD
3.3.Caractéristiques sociodémographiques des acteurs du secteur informel
 Entrepreneurs

La plupart des entrepreneurs du secteur informel sont de sexe masculin (80%). Toutefois, dans
certains sous-secteurs, les femmes dominent largement. Il s’agit notamment de la fabrication
de glace (89,2%), la restauration et l’hôtellerie (61,2%) et la fabrication de produits alimentaires
(52%). Par ailleurs, selon l’âge, les entrepreneurs du secteur informel ont en moyenne 40 ans.

11
En ce qui concerne le niveau d’instruction des chefs d’UPI, la plupart d’entre eux ont au plus
un niveau d’étude primaire. En effet, 27,7% des chefs d’UPI n’ont aucune instruction et 28,2%
se sont limités aux études primaires. Les statistiques ont aussi montré que 18% des chefs d’UPI
ont un niveau d’étude secondaire et 16% sont des arabisants. A cet égard, une bonne partie des
chefs d’UPI savent lire et écrire.

Par ailleurs, la quasi-totalité des UPI sont détenues par des individuels, soit 98,4%. En ce qui
concerne les copropriétaires, il a été estimé à 3,6% de copropriétaires par UPI. Toutefois, la
plupart des copropriétaires sont des membres d’une même famille.

 Travailleurs

Au Sénégal, il existe en moyenne trois travailleurs par UPI en 2010. Les employés de sexe
masculin constituent 82,2% de l’ensemble des travailleurs. Toutefois, comme au niveau des
chefs d’UPI, dans certains secteurs tels que la fabrication de glace, les industries alimentaires
et la restauration et l’hôtellerie, les femmes sont plus nombreuses.

Au niveau sectoriel, le commerce est le plus important pourvoyeur d’emploi avec plus de 30%
des travailleurs du secteur informel suivi du BTP (11%). Les industries n’emploient que 18%
des travailleurs du secteur, alors que l’ensemble des services utilisent plus de 80% des actifs
occupés. Cependant, en termes d’intensité de la main d’œuvre les secteurs industriel et du BTP
sont au niveau de plus de 4 alors que le commerce n’est qu’à 1,8. En effet, ils ont plus besoin
de main d’œuvre pour leurs travaux que le commerce dans lequel un seul individu peut gérer
toute une activité.

L’âge moyen des travailleurs du secteur informel est plus faible que celui des entrepreneurs. Il
tourne autour de 35 ans. Toutefois, la moitié des travailleurs ont une moyenne d’âge de 32 ans
et les hommes sont moins âgé que les femmes de 2 ans. En moyenne, les travailleurs du secteur
informel sont très jeunes dans la mesure où 67% des travailleurs sont dans la tranche d’âge 15
à 35 ans et qu’il existe 4% d’entre eux qui ont moins de 15 ans. Cette situation qui montre,
néanmoins, l’existence du travail des enfants dans le secteur informel. De plus, les travailleurs
du secteur du BTP sont les moins âgés (en moyenne 30 ans), alors que ceux des industries
extractives sont les plus âgés (moyenne d’âge de 40 ans).

Les employés du secteur informel ont un niveau d’éducation pour la plupart ne dépassant pas
le primaire, soit 64%. Plus de 20% d’entre eux n’ont aucun niveau d’instruction.

12
4. Méthodologie

Dans cette étude, le choix méthodologique est porté sur le modèle DSGE. En effet, ce type de
modèle permet de décrire les comportements des agents économiques (ménages, firmes, Etat)
et leurs interrelations sur plusieurs périodes dans le cadre d’équilibre général dynamique. De
plus, il permet de faire des chocs aléatoires sur les variables exogènes pour expliquer les
fluctuations de l’économie à travers la sensibilité des agrégats. Ainsi, des chocs seront simulés
sur la productivité des entreprises du secteur informel qui peuvent être à la fois déterministe
et/ou aléatoire car dépendant souvent d’aspects non contrôlés. En effet, les Unités de Production
Informelles (UPI) ne maitrisent pas souvent leur clientèle pour établir leur niveau de production
au préalable. Elles ne peuvent pas identifier tous leurs concurrents sur le marché informel afin
de contrôler l’évolution de leur part et fixer les prix de vente des produits. Des chocs de
productivité déterministes permettront de saisir l’impact de certains programmes de formation
et de sensibilisation sur le niveau de qualification des travailleurs du secteur. Les politiques
d’incitation à la formalisation peuvent également agir sur la productivité des UPI qui utilisent
par ailleurs certains biens publics à travers des externalités positives pour améliorer leur
productivité. L’octroi de prêt bonifié à travers la microfinance peut également jouer un rôle
important dans la productivité du capital qui généralement est très faible.
Les modèles DSGE constituent un prolongement des modèles du cycle réel (RBC) développés
par les néoclassiques. Cependant, ces modèles ne tenaient pas compte les cycles d’évolution de
certains agrégats macroéconomiques tels que l’emploi et les prix. Cette insuffisance a conduit
progressivement les économistes issues de la nouvelle macroéconomie keynésienne à introduire
dans les modèles du cycle réel des imperfections de marché et des rigidités réelles et nominales.
Ainsi, dans cette étude pour être un peu plus proche de la réalité, un modèle DSGE de la
nouvelle macroéconomie keynésienne d’économie ouverte est utilisé avec deux secteurs.

 Le comportement des ménages

Dans ce modèle, le ménage représentatif procède d’abord à la maximisation de l’utilité que lui
procure la consommation et le loisir sous la contrainte budgétaire. Pour modéliser les
préférences des ménages, la fonction d’utilité de type Stone Geary est utilisée afin de cerner
dans un contexte de pays en développement le caractère peu volatile de la consommation des
ménages qui cherchent d’abord à satisfaire un minimum vital. Ainsi, la différence entre la
consommation courante et celle incompressible représente l’utilité que lui procure la
consommation.

13
Le ménage est supposé détenir le capital. Ainsi, ses ressources sont composées essentiellement
des dividendes, des revenus salariaux, du rendement du capital afin de financer les dépenses de
consommation, d’investissement et d’impôt.

La fonction d’utilité est représentée par l’expression suivante :

𝑈(𝐶𝑡 , 𝐿𝑡 ) = log(𝐶𝑡 − 𝐶 𝑚 ) + 𝛾 log(1 − 𝐿𝑡 )

La contrainte budgétaire du ménage représentatif est décrite dans l’équation suivante :

𝐹 𝐹 𝐼
(1) (1 − 𝐼𝑆)𝜋𝑡𝐹 + 𝜋𝑡𝐼 + ((1 − 𝐼𝑅)𝑤𝑡𝐹 + 𝑤𝑡𝐼 )𝐿𝑡 + 𝑟𝐾𝑡 𝐾𝑡 + 𝑟𝐾𝑡 𝐾𝑡𝐼 + 𝑑𝑡 + 𝑇𝑅𝐺𝑡 = (1 +
𝑇𝑉𝐴)𝑃𝑡 𝐶𝑡 + 𝐼𝑡 + 𝐶𝐴𝑡 + (1 + 𝑟𝑡−1 )𝑑𝑡−1 + 𝐶𝐺𝑈𝑡
𝐹 𝐹 𝐼
(2) 𝑟𝐾𝑡 𝐾𝑡 = 𝑟𝐾𝑡 𝐾𝑡 + 𝑟𝐾𝑡 𝐾𝑡𝐼

𝐶 𝑚 : consommation minimum ; 𝐿𝑡 : offre de travail, 𝛾 : poids du loisir ; 𝜋𝑡 : dividendes ; 𝐼𝑆 :


impôt sur les sociétés ; 𝐼𝑅 : impôt sur le revenu ; 𝑤𝑡 : salaire réel ; 𝑟𝐾𝑡 : rendement du capital
𝑆
physique privé; 𝑟𝐾𝑡 : rendement du capital du secteur 𝑆 ; 𝐾𝑡𝑆 : capital physique du secteur 𝑆 ; 𝐾𝑡 :
capital physique privée ; 𝐼𝑡 : investissement ; 𝐶𝐴𝑡 : coût d’ajustement; 𝐶𝐺𝑈𝑡 , contribution
globale unique; 𝑑𝑡 : la dette supportée par les ménages ; 𝑟𝑡 : représente le taux d’intérêt sur la
dette.

Les stocks de capitaux privés et les demandes d’investissement pour chaque secteur sont
obtenus à partir des équations suivantes :

(3) 𝐾𝑡𝐹 = 𝛽𝑘 𝐾𝑡
(4) 𝐾𝑡𝐼 = (1 − 𝛽𝑘 )𝐾𝑡
(5) 𝐼𝑡𝐹 = 𝛽𝑖 𝐼𝑡
(6) 𝐼𝑡𝐼 = (1 − 𝛽𝑖 )𝐼𝑡

𝛽𝑘 et 𝛽𝑖 les parts respectifs du capital et de l’investissement du secteur informel sur le capital


privé total et l’investissement privé total. La dynamique du capital privé agrégé est régie par
l’équation suivante :

(7) 𝐾𝑡+1 = 𝐼𝑡 + (1 − 𝛿 )𝐾𝑡

𝛿 , 𝜏: dépréciation du capital privé, part de l’investissement du secteur informel.

Il est supposé que l’investissement comprend des coûts d’ajustement ou coûts d’installation
du capital que l’entreprise supporte à chaque fois qu’elle décide de le renouveler.

14
Les coûts d’ajustement du capital sont spécifiés par les expressions suivantes :

𝜑(𝐼𝑡𝐹 )2
(8) 𝐶𝐴𝐹𝑡 = 2𝐾𝑡𝐹

𝜑(𝐼𝑡𝐼 )2
(9) 𝐶𝐴𝐼𝑡 = 2𝐾𝑡𝐼

(10) 𝐶𝐴𝑡 = 𝐶𝐴𝐹𝑡 + 𝐶𝐴𝐼𝑡

𝜑 > 0 : est le paramètre du coût d’installation du capital

La relation entre le taux d’intérêt 𝑟𝑡 et la dette est la suivante :

(11) 𝑟𝑡 = 𝑟̅ + 𝜎(𝑒𝑥𝑝(𝑑𝑡 − 𝑑̅) − 1)

𝑟̅ : partie exogène du taux d’intérêt; 𝜎 : poids de la dette sur le taux d’intérêt et 𝑑̅ : niveau de
dette minimal qui maintient le taux d’intérêt constant.

Le premier programme du ménage est de maximiser l’espérance de son utilité inter temporelle.

max {𝐸0 [∑ 𝛽 𝑡+𝑖 (log(𝐶𝑡+𝑖 − 𝐶 𝑚 ) + 𝛾 log(1 − 𝐿𝑡+𝑖 ))]}


𝐶𝑡 ,𝐾𝑡 ,𝐼𝑡 ,𝑑𝑡
𝑖=0

Sous contrainte

(1) ; … ; (11)

Par conséquent le lagrangien du problème du consommateur devient :

𝐿0 = 𝐸0 [∑ 𝛽 𝑡+𝑖 (log(𝐶𝑡+𝑖 − 𝐶 𝑚 ) + 𝛾 log(1 − 𝐿𝑡+𝑖 ))]


𝑖=0

+ 𝜆𝑡+𝑖 [𝑑𝑡+𝑖−1 (1 + 𝑟𝑡−1 ) + (1 + 𝑇𝑉𝐴)𝑃𝑡+𝑖 𝐶𝑡+𝑖 + 𝐼𝑡+𝑖 + 𝐶𝐴𝑡+𝑖 + 𝐶𝐺𝑈𝑡+𝑖


𝐹 𝐼 𝐹 𝐼
− (1 − 𝐼𝑆)𝜋𝑡+𝑖 + 𝜋𝑡+𝑖 − ((1 − 𝐼𝑅)𝑤𝑡+𝑖 + 𝑤𝑡+𝑖 ) 𝐿𝑡+𝑖 − 𝑟𝐾(𝑡+𝑖) 𝐾𝑡+𝑖 −𝑑𝑡+𝑖

− 𝑇𝑅𝐺𝑡+𝑖 ] + 𝜇𝑡+𝑖 [𝐼𝑡+𝑖 + (1 − 𝛿)𝐾𝑡+𝑖 − 𝐾𝑡+𝑖+1 ]

Le programme d’optimisation de l’utilité du ménage permet d’obtenir la relation d’arbitrage


intra temporel entre le loisir et la consommation, l’Equation d’Euler, la dynamique du Q de
Tobin et l’expression du bénéfice marginal de l’investissement.

𝛾 (𝐶𝑡 −𝐶 𝑚 ) (1−𝐼𝑅)𝑤𝑡𝐹 +𝑤𝑡𝐼


(12) =
1−𝐿𝑡 (1+𝑇𝑉𝐴)𝑃𝑡

15
𝜑𝐼𝑡
(13) 1 + = 𝑞𝑡
𝐾𝑡

𝑞 1 𝜑 𝐼 2
𝑡
(14) 𝑃 (𝐶 −𝐶 = 𝛽𝐸 [𝑃 (𝑟 − 2 (𝐾𝑡+1 ) + 𝑞𝑡+1 (1 − 𝛿))]
𝑡 𝑡
𝑚)
𝑡+1 (𝐶𝑡+1 −𝐶 𝑚 ) 𝐾(𝑡+1) 𝑡+1

1 𝛽(1+𝑟𝑡 )
(15) 𝑃 (𝐶 −𝐶 𝑚) = 𝑃 𝑚)
𝑡 𝑡 𝑡+1 (𝐶𝑡+1 −𝐶

Ensuite, le ménage procède à un arbitrage entre la demande de biens produits par le secteur
informel et/ou ceux produits par le secteur formel afin de déterminer leurs demandes optimales
pour chaque secteur. Ensuite, puisqu’ils préfèrent la variété, ils déterminent le panier de biens
différenciés qui constituent leur consommation pour chaque secteur.

Le ménage détermine d’abord les demandes de biens produits par les deux secteurs à travers le
programme suivant.

𝑀𝑖𝑛𝐶𝑡𝐹,𝐶𝑡𝐼 {𝑃𝑡 𝐶𝑡 = 𝑃𝑡𝐹 𝐶𝑡𝐹 + 𝑃𝑡𝐼 𝐶𝑡𝐼 }

Sous la contrainte de
𝜇
1 𝜇−1 1 𝜇−1 𝜇−1
𝐶𝑡 = [𝜔 𝜇 (𝐶𝑡𝐹 ) 𝜇 + (1 − 𝜔)𝜇 (𝐶𝑡𝐼 ) 𝜇 ]

La résolution du programme de maximation permet d’obtenir les demandes optimales et le prix


composite des biens à travers les expressions suivantes :

𝑃 −𝜇
(16) 𝐶𝑡𝐹 = 𝜔 [𝑃𝐹𝑡 ] 𝐶𝑡
𝑡

𝑃 −𝜇
(17) 𝐶𝑡𝐼 = (1 − 𝜔) [𝑃𝑡𝐼] 𝐶𝑡
𝑡

(18) 𝑃𝑡 = [𝜔(𝑃𝑡𝐹 )1−𝜇 + (1 − 𝜔)(𝑃𝑡𝐼 )1−𝜇 ]1−𝜇

𝐶𝑡 : consommation totale des ménages, 𝐶𝑡𝑆 : consommation en biens produits par le secteur 𝑆,
avec 𝑆 = 𝐼, 𝐹, 𝑃𝑡 : prix composite des biens à la consommation, 𝑃𝑡𝑆 : prix des biens à la
consommation produits par le secteur 𝑆, 𝜔 : part des dépenses de consommation en biens
produits par le secteur formel, 𝜇 : élasticité prix de la demande des ménages en biens produits
par les deux secteurs.

Enfin, il cherche à minimiser ses dépenses de consommation en procédant à un arbitrage sur la


quantité de biens 𝑖 issue des deux secteurs qui constituent son panier de biens. Le programme
d’optimisation est le suivant :

16
1
𝑀𝑖𝑛𝐶𝑖𝑡𝑠 ∫ 𝑃𝑖𝑡𝑠 𝐶𝑖𝑡𝑠 𝑑𝑖
0

Sous la contrainte de
1 𝜀−1 𝜀
𝐶𝑡𝑠 = [∫ 𝐶𝑖𝑡𝑠 𝜀 𝑑𝑖]𝜀−1
0

𝑃𝑠
Il s’en déduit la demande en bien 𝑖, 𝐶𝑖𝑡𝑠 = [ 𝑃𝑖𝑡𝑠 ]−𝜀 𝐶𝑡𝑠 , avec 𝐶𝑡𝑠 la consommation globale en bien
𝑡

fabriqué par les firmes du secteur 𝑠, 𝐶𝑖𝑡𝑠 la consommation en bien 𝑖, 𝑃𝑖𝑡𝑠 le prix du bien 𝑖 et 𝑃𝑡𝑠
le prix composite à la consommation en biens produits par le secteur 𝑠.

 Firmes et facteurs de production

Les deux secteurs sont représentés chacun par une firme représentative dont les productions
agrégées sont spécifiées à travers des fonctions de type Cobb Douglas à rendement constant.
Par ailleurs, les dépenses publiques impactent différemment les deux secteurs. Le capital public
est utilisé par les deux secteurs dans le processus de production avec des proportions différentes.
Toutefois, les dépenses publiques courantes agissent sur la productivité des deux firmes. Les
décisions de production des deux secteurs dépendent de la demande disponible formulée par
les ménages. Ainsi, la concurrence entre les deux secteurs est arbitrée par la demande des
ménages. Les fonctions de productions sont spécifiées par les expressions suivantes :

𝜂
(19) 𝑌𝑡𝐹 = 𝐴𝐹𝑡 (𝐾𝑡𝐹 )𝛼𝐹 (𝐿𝐹𝑡 )1−𝛼𝐹 𝐾𝐺𝑡 𝐹
𝜂
(20) 𝑌𝑡𝐼 = 𝐴𝐼𝑡 (𝐾𝑡𝐼 )𝛼𝐼 (𝐿𝐼𝑡 )1−𝛼𝐼 𝐾𝐺𝑡 𝐼
(21) 𝑌𝑡 = 𝑌𝑡𝐼 + 𝑌𝑡𝐹

𝑌𝑡 : production globale, 𝑌𝑡𝑆 : production des entreprises du secteur 𝑆 , 𝐴𝑡𝑆 productivité globale
des facteurs des entreprises du secteur 𝑆, et 𝐾𝐺 le capital physique du secteur public, 𝛼𝑆
l’élasticité de la production par rapport au capital de la firme du secteur 𝑆.

Chaque firme maximise son profit afin de déterminer les coûts de facteurs. Il est supposé une
concurrence monopolistique dans chaque secteur. Le premier programme de la firme est de
maximiser son profit pour déterminer les coûts de facteurs.

𝜂 𝑆
𝑀𝐴𝑋(𝜋𝑡𝑆 )𝑌 𝑆 ,𝐿𝑆 ,𝐾𝑆 = 𝑃𝑡𝑆 (𝑌𝑡𝑆 ) 𝐴𝑡𝑆 (𝐾𝑡𝑆 )𝛼𝑆 (𝐿𝑆𝑡 )1−𝛼𝑆 𝐾𝐺𝑡 𝑆 − 𝑤𝑡𝑆 𝐿𝑆𝑡 − 𝑟𝐾𝑡 𝐾𝑡𝑆 , 𝑠 = 𝐼, 𝐹
𝑡 𝑡 𝑡

𝜀𝑠 −1 𝜂
(22) (1 − 𝛼) 𝜀𝑠
𝑃𝑡𝑆 𝐴𝑡𝑆 (𝐾𝑡𝑆 )𝛼𝑆 (𝐿𝑆𝑡 )−𝛼𝑆 𝐾𝐺𝑡 𝑆 = 𝑤𝑡𝑆

17
𝜀𝑠 −1 𝜂 𝑆
(23) 𝛼 𝑃𝑡𝑆 𝐴𝑡𝑆 (𝐾𝑡𝑆 )𝛼𝑆 −1 (𝐿𝑆𝑡 )1−𝛼𝑆 𝐾𝐺𝑡 𝑆 = 𝑟𝐾𝑡
𝜀𝑠

𝑆 𝜀𝑠 −1
𝑤𝑡𝑆 , 𝑟𝐾𝑡 et représentent respectivement le taux de salaire de la firme du secteur 𝑠, la
𝜀𝑠

rémunération du capital privé du secteur 𝑠 et l’inverse du markup réalisé par la firme. 𝛼𝑆 , 𝜂𝑆 ,


sont respectivement l’élasticité du capital privé et celle du capital public et 𝜀𝑠 l’élasticité-prix
de la demande du bien 𝑖 fabriqué par le secteur 𝑠.

Les firmes maximisent également leur profit en tenant compte de la demande des ménages afin
de déterminer leur prix d’équilibre.

𝜀𝑠
(24) 𝑃𝑖𝑡𝑆 = 𝑆
𝐶𝑚𝑖𝑡
𝜀𝑠 −1

Pour chaque secteur, les firmes représentatives sont identiques ; alors à l’équilibre tous les prix
de tous les biens différenciés s’égalisent.

𝜀𝑠
(25) 𝑃𝑖𝑡𝑆 = 𝑃𝑡𝑆 = 𝜀 𝐶𝑚𝑡𝑆 avec 𝐶𝑚𝑡𝑆 le coût marginal nominal de la firme représentative
𝑠 −1

du secteur s.

La productivité globale des facteurs des firmes est affectée par les dépenses publiques et un
choc aléatoire temporaire.

𝐺
(26) 𝐴𝑡𝑆 = ̅̅
𝐴̅̅𝑆 [ 𝐺𝑡̅ ]𝜅 𝑒𝑥𝑝(𝑍𝑡𝐹 )

κ élasticité de la PTF par rapport aux dépenses du gouvernement. Les technologies sont
soumises à des chocs aléatoires temporaires 𝑍𝑡𝐹 , 𝑍𝑡𝐼 qui suivent chacune un processus
autorégressif d’ordre 1. 𝐺𝑡 : dépenses publiques, 𝐺̅ , dépenses publiques courantes à l’état de
référence.

𝐹
(27) 𝑍𝑡𝐹 = 𝜌𝑧 𝐹 𝑍𝑡−1 + 𝜖𝑧𝑡𝐹
𝐼
(28) 𝑍𝑡𝐼 = 𝜌𝑧 𝐼 𝑍𝑡−1 + 𝜖𝑧𝑡𝐼

𝜌𝑧 : paramètre de persistance, 𝜖𝑧𝑡 : processus aléatoire.

 Gouvernement

La contrainte budgétaire du gouvernement est respectée, les dépenses publiques sont financées
par les recettes de TVA, l’impôt sur les salaires, l’impôt sur les sociétés, la contribution globale
unique du secteur informel, les dons et la dette. Elle est représentée par l’équation suivante :

18
(29) 𝐺𝑡 + 𝑇𝑅𝐺𝑡 = 𝑇𝑉𝐴 ∗ 𝐶𝑡 + 𝐼𝑅𝑤𝑡𝐹 𝐿𝐹𝑡 + 𝐼𝑆𝜋𝑡𝐹 + 𝐶𝐺𝑈𝑡

La dynamique du capital de l’Etat est donnée par la relation suivante :

(30) 𝐾𝐺𝑡+1 = (1 − 𝛿𝑔)𝐾𝐺𝑡 + 𝜓𝐺𝐾𝑡

𝛿𝑔 représente la dépréciation du capital public, 𝐺𝐾𝑡 , dépenses publiques d’investissement. 𝜓 le


paramètre d’efficience des dépenses publiques d’investissement.

 Reste du monde

Dans ce modèle, le comportement du reste du monde vis-à-vis de l’économie domestique est


représenté par l’offre extérieure des firmes (les exportations) et la demande étrangère des
ménages (les importations). Les firmes vont arbitrer entre vendre sur le marché domestique
et/ou sur le marché international. Toutes les firmes ont la possibilité de vendre sur le marché
mondial. Ainsi, le programme de la firme du secteur 𝑆 (formel ou informel) est de maximiser
sa production sous la contrainte de la fonction CET entre l’offre domestique et l’offre étrangère.

𝑀𝐴𝑋(𝑃𝑌𝑡𝑆 𝑌𝑡𝑆 )𝑋 𝑆 ,𝑌𝐷𝑆 = 𝑃𝑋𝑡𝑆 𝑋𝑡𝑆 + 𝑃𝐷𝑡𝑆 𝑌𝐷𝑡𝑆


𝑡 𝑡

Sous la contrainte de
𝜎𝑋𝑆
1 𝜎𝑋𝑆 −1 1 𝜎𝑋𝑆 −1 𝜎𝑋𝑆 −1
𝜎𝑋𝑆
𝑌𝑡𝑆 = 𝐵𝑋𝑆 [𝜔𝑋𝑆 𝑋𝑡𝑆 𝜎𝑋𝑆 + (1 − 𝜔𝑋𝑆 )𝜎𝑋𝑆 𝑌𝐷𝑡𝑆 𝜎𝑋𝑆 ]

𝑋𝑡𝑆 : exportations, 𝑌𝐷𝑡𝑆 : offre domestique, 𝐵𝑋𝑆 : paramètre d’échelle, 𝜎𝑋𝑆 : élasticité prix de
l’offre des entreprises du secteur 𝑆, 𝜔𝑋𝑆 : part des exportations dans l’offre globale des
entreprises du secteur 𝑆, 𝑃𝑋𝑡𝑆 : prix des biens exportés par le secteur 𝑆, 𝑃𝐷𝑡𝑆 son prix bien
domestique.

Il découle de ce programme les offres optimales sur les marchés étranger et domestique,
l’équation d’arbitrage entre les deux offres et l’équation du prix composite de l’offre globale.

𝜎𝑋𝑆
𝑃𝑌 𝑆
(31) 𝑋𝑡𝑆 = 𝜔𝑋𝑆 (𝑃𝑋𝑡𝑆 ) 𝑌𝑡𝑆
𝑡
𝜎𝑋𝑆
𝑃𝑌 𝑆
(32) 𝑌𝐷𝑡𝑆 = (1 − 𝜔𝑋𝑆 ) (𝑃𝐷𝑡𝑆 ) 𝑌𝑡𝑆
𝑡

(33) 𝑃𝑌𝑡𝑆 = [𝜔𝑋𝑆 (𝑃𝑋𝑡𝑆 )1−𝜎𝑋 + (1 − 𝜔𝑋𝑆 )(𝑃𝐷𝑡𝑆 )1−𝜎𝑋𝑆 ]1−𝜎𝑋𝑆

19
Par ailleurs, les entreprises vont arbitrer entre la demande de biens domestiques et celle de biens
importés à travers une fonction CES en procédant à une minimisation de leurs dépenses. Le
programme est décrit de manière suivante :

𝑀𝐼𝑁(𝑃𝑡𝑆 𝑋𝑇𝐷𝑡𝑆 )𝑀𝑆 ,𝐷𝐷𝑆 = 𝑃𝑀𝑡𝑆 𝑀𝑡𝑆 + 𝑃𝐷𝑡𝑆 𝐷𝐷𝑡𝑆


𝑡 𝑡

Sous la contrainte de
𝜎𝑀𝑆
1
𝜎𝑀𝑆 −1 1 𝜎𝑀𝑆 −1 𝜎𝑀𝑆 −1
𝜎𝑀𝑆
𝑋𝑇𝐷𝑡𝑆 = 𝐵𝑀𝑆 [𝜔𝑀𝑆 𝑀𝑡𝑆 𝜎𝑀𝑆 + (1 − 𝜔𝑀𝑆 )𝜎𝑀𝑆 𝐷𝐷𝑡𝑆 𝜎𝑀𝑆 ]

𝑋𝑇𝐷𝑡𝑆 : demande globale du secteur 𝑆, 𝑃𝑡𝑆 : prix composite de la demande globale, 𝑀𝑡𝑆 :
importation, 𝐷𝐷𝑡𝑆 : demande domestique, 𝐵𝑀𝑆 : paramètre d’échelle, 𝜎𝑀𝑆 : élasticité prix de la
demande entre celle domestique et celle importée, 𝜔𝑀𝑆 : part des importations dans la demande
globale, 𝑃𝑀𝑡𝑆 : prix des biens importés, 𝑃𝐷𝑡𝑆 : prix des biens domestiques.

La résolution de ce programme permet d’obtenir les demandes domestique et étrangère et


l’équation du prix composite de la demande globale des ménages.

−𝜎𝑀𝑆
𝑃𝑆
(34) 𝑀𝑡𝑆 = 𝜔𝑀𝑆 (𝑃𝑀𝑡 𝑆 ) 𝑋𝑇𝐷𝑡𝑆
𝑡
−𝜎𝑀𝑆
𝑃𝑆
(35) 𝐷𝐷𝑡𝑆 = (1 − 𝜔𝑀𝑆 ) (𝑃𝐷𝑡 ) 𝑋𝑇𝐷𝑡𝑆
𝑡

(36) 𝑃𝑡𝑆 = [𝜔𝑀𝑆 (𝑃𝑀𝑡𝑆 )1−𝜎𝑀𝑆 + (1 − 𝜔𝑀𝑆 )(𝑃𝐷𝑡𝑆 )1−𝜎𝑀𝑆 ]1−𝜎𝑀𝑆


 Condition d’équilibre

Dans ce modèle, l’offre globale est égale à la demande globale. En outre, pour chaque secteur,
l’offre globale des entreprises est égale à sa demande.

(37) 𝑃𝑡𝐹 𝑋𝑇𝐷𝑡𝐹 = 𝐶𝑡𝐹 + 𝐼𝑡𝐹 + 𝐶𝐴𝐹𝑡 + 𝛽𝐺 𝐺𝑡


(38) 𝑃𝑡𝐼 𝑋𝑇𝐷𝑡𝐼 = 𝐶𝑡𝐼 + 𝐼𝑡𝐼 + 𝐶𝐴𝐼𝑡 + (1 − 𝛽𝐺 )𝐺𝑡
(39) 𝑌𝐷𝑡𝑆 = 𝐷𝐷𝑡𝑆
5. Calibrage, résultats et interprétations
5.1.Calibrage3

Le calibrage qui consiste à initialiser toutes les variables et paramètres du modèle pour obtenir
un premier état de référence devait servir de base de comparaison aux résultats des simulations.
Afin de faciliter la lecture et le maniement des données, toutes les variables sont rapportées au

3
Les résultats du calibrage sont joints en Annexe.

20
PIB ; ce dernier est initialisé à l’unité. Certaines données ont été calibrées à partir de l’Enquête
Nationale sur le Secteur Informel au Sénégal (ENSIS 2011). Il s’agit des parts du niveau de
production, d’investissement, des exportations et des importations de chacun des deux secteurs.
La consommation minimale est obtenue à partir de l’Enquête de Suivi de la Pauvreté au Sénégal
(ESPS II 2011) en considérant le niveau de consommation du quintile le plus pauvre.

Les Données de la Comptabilité Nationale (TES) et du Tableau des Opérations Financière de


l’Etat (TOFE) ont permis d’initialiser la consommation globale des ménages, l’investissement
privé, les dépenses publiques, la dette de l’économie, les différents types de taux de taxe à savoir
la TVA, l’impôt sur le revenu, l’impôt sur les sociétés, les droits de douanes et la Contribution
Globale Unique (CGU) du secteur informel. Il est considéré que huit heures par jour constituent
l’offre de travail moyenne dans chaque secteur. Tous les prix des biens sont initialisés à l’unité.

Dans le modèle, de nombreux paramètres sont tirés de la littérature économique. Il s’agit des
élasticités, des paramètres d’échelle, les dépréciations des capitaux privée et public, le
paramètre du coût d’ajustement, le paramètre du taux d’escompte. Ces données ont été calibrées
à partir des documents de Diagne et al (2016), Dumont et Mesple-somps (2000) Estache et
Muñoz (2007), DPEE (2014), FMI (2015) et Diagne et al. (2014). Les autres variables telles
que le stock de capital, la consommation en biens produits par chacun des secteurs, le coût
d’ajustement, les variables du commerce extérieur, le paramètre du taux d’intérêt, le paramètre
du loisir, la rémunération du coût des facteurs sont obtenus à partir des équations du modèle à
l’état régulier et des conditions de premier ordre des différents programmes d’optimisation du
modèle.

5.2.Résultats et interprétations4

L’impact de la présence du secteur informel sur l’économie sénégalaise a été évalué à travers
un modèle DSGE. Dans un premier temps, un choc déterministe d’une hausse annuelle de 5%
de la productivité du secteur informel pendant dix ans est simulé. Ensuite, un choc aléatoire
positif de 5% de la productivité du secteur informel est simulé pour évaluer la sensibilité de
l’économie à travers les réponses impulsionnelles des agrégats macroéconomiques. Les impacts
sont recueillis sur la production du secteur formel, les recettes publiques, la croissance
économique, le commerce extérieur, l’emploi et la consommation des ménages.

4
Les graphiques des fonctions de réponses impulsionnelles sont joints en annexe

21
 Système productif

Les résultats de la simulation montrent qu’un choc positif de productivité de 5% dans le secteur
informel entrainerait une hausse de la production dans ce secteur. En effet, la production du
secteur informel croîtrait de 4,9% en moyenne sur les dix années de simulations. Pour ce qui
est du secteur formel, toutes choses égales par ailleurs, une très légère diminution de la
production, en moyenne de 0,1% sur la même période serait constatée. Cette diminution de la
production du secteur formel proviendrait de la concurrence exercée par le secteur informel. Ce
dernier se retrouverait avec une augmentation de sa productivité, impactant positivement sur sa
part de marché. Toutefois, l’impact global sur la productivité de l’économie serait positif eu
égard au poids prépondérant de l’informel. De manière globale, la production totale de
l’économie augmenterait de 2,0% en moyenne sur les dix années de simulations.

En ce qui concerne le choc aléatoire, une augmentation de 5% de l’amplitude de la productivité


du secteur informel se transmettrait immédiatement sur l’économie de façon générale et
particulièrement sur la production du secteur informel avec une amplitude maximale de 9%
mais ne s’amortirait qu’au bout de 20 ans. Par contre, la variabilité de la production du secteur
formel baisserait très légèrement de 0,2% et s’amortirait au bout de 4 ans.

Figure 7: Evolution de la production dans l’économie (en %) suite au choc déterministe

6,00
5,00
4,87 4,88 4,88 4,89 4,90
4,91
4,00
3,00 2,30
2,23
1,73 1,85 1,97 2,09
2,00
1,00
0,00
-1,00 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10
formel informel total

Source : calculs des auteurs


 Emploi

Le secteur informel est considéré comme ayant un fort impact sur la création d’emplois. En
effet, selon Mbaye (2014), le secteur informel représente plus de 90% des emplois
nouvellement créés dans les pays à revenu faible. Néanmoins, les résultats des simulations
montrent qu’un choc positif de 5% de productivité dans le secteur informel aurait pour
conséquence une légère diminution de 0,3% en moyenne de l’emploi sur les 10 années de

22
simulation. Ce résultat pourrait s’expliquer par la diminution de la demande de main d’œuvre
dans le secteur formel.

Les résultats obtenus à partir du choc aléatoire confirment une lègère baisse de l’emploi à
hauteur d’amplitude maximale de 0,35% et un amortissement au bout de l’année qui suit. Cela
montre que la productivité du secteur informel n’impacte pas le niveau d’emploi. En effet, les
travailleurs sont souvent sous employés dans l’informel. Ainsi, des gains de productivité dans
ce secteur ne génèrent pas nécessairement de nouveaux emplois mais renforcent le taux
d’utilisation de la main-d’œuvre qui y évolue. A la limite, une meilleure productivité pourrait
« chasser » les travailleurs les moins productifs du secteur informel.

Figure 11 : Evolution de l’emploi (en %)

0,320
0,318
0,316
0,314
0,312
1 2 3 4 5 6 7 8 9 10
Source : calculs des auteurs
 Prix à la consommation des biens

Le choc positif de productivité aux niveaux des unités de productions informelles aurait pour
conséquence une baisse du niveau des prix dans ce secteur. Le prix des biens produits par ce
secteur baisseraient en moyenne de 5,9% sur les dix années de simulations. Cette baisse des
prix serait liée à la forte hausse de la production des entreprises informelles. Dans le secteur
formel, l’analyse des résultats indique une hausse du niveau des prix suite au choc. En effet, le
niveau des prix devrait légèrement augmenter (0,5% en moyenne sur la même période). Ce
résultat s’expliquerait par la légère baisse de la production des unités formelles. Par ailleurs, le
niveau général des prix à la consommation diminuerait en moyenne de 2,2%.

Pour ce qui est du choc aléatoire, les prix à la consommation des biens produits par le secteur
informel auraient instantanément baissé. Cette diminution pourrait atteindre un niveau maximal
de 30,42%. En outre, le choc se traduirait par une réponse positive des prix à la consommation
des biens produits par le secteur formel et pouvant atteindre une variabilité de 2,65%. Les chocs
sur les prix se stabiliseraient au bout de 26 ans pour les produits du secteur informel et 16 ans
pour ceux du secteur formel. Un choc de productivité du secteur informel impacterait plus sur
le niveau de prix et encouragerait la consommation des produits de l’informel.

23
Figure 10 : Evolution des prix à la consommation (en %)
2,0
0,0
-2,0 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10

-4,0
-6,0
-8,0
formel informel agrégée
Source : calculs des auteurs
 Consommation finale

La demande de consommation finale des ménages adressée aux secteurs évoluent notamment,
selon la disponibilité de celle-ci et de son prix. Suite au choc de productivité, on note une
augmentation de la consommation finale dans les secteurs formel et informel. En effet, la
consommation finale des secteurs formel et informel augmenterait respectivement en moyenne
de 0,7% et de 4,0%. Concernant le secteur informel, l’augmentation de la consommation
adressée à ce secteur résulterait de la hausse de la production. Par contre, au niveau du secteur
formel, la hausse de la consommation finale proviendrait du marché extérieur. En effet, ce
secteur subirait une concurrence accrue au niveau local sur le plan de la production au point
d’importer davantage pour écouler des produits sur le marché local entrainant ainsi une hausse
de la consommation finale adressée à ce secteur.

Pour ce qui est du choc aléatoire, la variabilité de la consommation des produits du secteur
informel aurait augmenté considérablement et pourrait atteindre une amplitude maximale de
7,1%, alors que celle de la consommation des produits du secteur formel connaitrait une hausse
de 1,76%. La sensibilité de la demande des produits du secteur formel s’amortirait au bout de
13 ans. Cela montre que l’augmentation de la consommation des produits du secteur formel
serait due à la hausse des importations du secteur formel car leur production domestique aurait
baissé mais leur offre globale aurait sensiblement augmenté

Figure 9 : Evolution de la consommation finale des ménages selon le secteur d’origine

6,00

4,00

2,00

0,00
formel informel total
1 2 3 4 5 6 7 8 9 10

Source : calculs des auteurs

24
Recettes publiques

La préférence des acteurs d’évoluer dans le secteur informel est parfois attribuée à une volonté
d’échapper au paiement des taxes. La figure ci-dessus montre l’évolution des recettes publiques
suite à un choc positif de 5% de la productivité du secteur informel.

Figure 8: Evolution des recettes publiques (en %)

0,6
0,4
0,2
0,0
-0,2 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10

-0,4

Source : calculs des auteurs


Les recettes devraient connaitre une baisse de 0,3% la première année. Cette situation pourrait
s’expliquer par la baisse de la production du secteur formel qui est la principale source de
collecte d’impôts directs. Par la suite, à la faveur notamment de l’adaptation des services
fiscaux, les recettes publiques devraient augmenter de 0,3% en moyenne sur les neuf années
suivantes. Ce résultat serait imputable à la hausse de la consommation finale qui est la principale
base des recettes de TVA.

Le choc aléatoire se traduirait par un effet positif sur la variabilté des recettes de façon générale
mais l’amplitude maximale serait très faible (0,06%) et s’amortirait au bout de 3 ans.

 Commerce extérieur

Pour ce qui est du commerce extérieur, les résultats des simulations montrent que le choc de
productivité du secteur informel agirait positivement sur les exportations du secteur formel et
sur sa demande en biens d’équipements et en produits intermédiaires. Cette situation signifierait
que le secteur formel, échangeant davantage avec l’extérieur, baisserait sa part de marché au
niveau local au profit du secteur informel qui verrait sa production augmenter suite à ce choc
de productivité. Par contre, l’impact de ce choc sur le commerce extérieur du secteur informel
serait négatif. Le secteur informel gagnerait de nouvelles parts de marché au niveau local et

25
diminuerait ses échanges avec l’extérieur5 notamment ses importations qui en constituent
l’essentiel.

S’agissant du choc aléatoire, une augmentation de 5% de la productivité conduirait à une baisse


de la sensibilité des exportations du secteur informel et une hausse de celle du secteur formel
avec des amplitudes maximales respectives de 0,01% et 0,05%. Les réponses au choc
s’amortiraient au bout de 2 ans pour les exportations du secteur informel et 8 ans pour celle du
secteur formel. Pour ce qui est des importations, les résultats ont montré une baisse au niveau
du secteur informel avec une variabilité de 1,49% et une hausse au niveau du secteur formel
d’amplitude maximale 1,68%. Ces résultats montrent qu’une augmentation de la productivité
du secteur informel pourrait avoir un effet dépressif sur le secteur formel, notamment sur le
marché domestique. En effet, une amélioration de la productivité du secteur informel pourrait
réduire la part de la demande locale satisfaite par l’appareil productif formel.

Figure 12 : Evolution des variables du commerce extérieur (en %)


exportations importations
5,00
5,00

0,00
0,00
1 2 3 4 5 6 7 8 9 10
1 2 3 4 5 6 7 8 9 10
-5,00 -5,00

-10,00
-10,00
formel informel total formel informel total

Solde Commercial
-0,200
1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12
-0,205

-0,210

-0,215

Source : calculs des auteurs

6. Conclusion et Recommandations

Le secteur informel représente plus de 55% de la valeur ajouté en moyenne sur la période 1980-
2014. Cette présence marquée du secteur informel dans l’économie sénégalaise pourrait

5
La part du secteur informel dans les échanges extérieurs est faible (FAITS STYLISES).

26
constituer un frein à la croissance du PIB, mais également au recouvrement des recettes
publiques.

L’objectif de cette étude est de déterminer les impacts d’une amélioration de la productivité du
secteur informel sur l’économie sénégalaise. Un modèle DSGE calibré sur l’économie nationale
a été utilisé pour simuler l’impact de choc déterministe et aléatoire d’une hausse annuelle de
5% de la productivité dans le secteur informel pendant dix ans. Les impacts sont recueillis sur
la production du secteur formel, les recettes publiques, la croissance économique, le commerce
extérieur, l’emploi, les prix et la consommation finale des ménages.

Les résultats des simulations ont montré que suite au choc déterministe, la production agrégée
devrait augmenter en moyenne de 2,0% sur les dix années de simulations. Cette augmentation
serait issue principalement de celle du secteur informel qui croitrait de 4,9%. Par contre la
production du secteur formel diminuerait très légèrement en moyenne de 0,1% sur la même
période. Le niveau général des prix devrait baisser de 2,2% en moyenne. Les résultats ont
également montré que les recettes publiques diminueraient la première année suivant le choc
mais cette diminution serait suivie d’une hausse de celle-ci sur les années suivantes à la faveur
notamment de redéploiement de l’activité et grâce à l’adaptation dynamique des services
fiscaux. Pour ce qui est de la consommation finale, elle augmenterait en moyenne de 2,1% sur
la période de simulations. Concernant les résultats sur le commerce extérieur, on noterait une
orientation du secteur formel vers le marché extérieur, ce qui consoliderait la présence du
secteur informel dans le marché local. Il ressort également des résultats qu’un choc positif de
5% sur la productivité du secteur informel devrait avoir un impact négatif sur l’emploi. En effet,
l’emploi diminuerait légèrement de 0,3% en moyenne sur la période de simulation.

Par ailleurs, les résultats des simulations du choc aléatoire ont montré que les prix à la
consommation seraient plus sensibles à l’amélioration de la productivité du secteur informel et
répondraient instantanément aux chocs. En outre, tous les autres agrégats répondraient
sensiblement aux chocs, même si pour certaines variables telles que l’emploi, la production du
secteur formel et les recettes de l’Etat les réponses s’amortissent au bout d’une courte période.

Ces résultats interpellent l’Etat dans la mesure où la formalisation des unités de productions
informelles permettrait d’augmenter sensiblement les recettes publiques. Ainsi, un choc de
productivité pourrait agir positivement sur la production de manière globale. A cet égard,
l’amélioration de la productivité du secteur informel doit être accompagnée de mesures
d’incitation à la formalisation des UPI afin de limiter les conséquences sur les activités des

27
entreprises du secteur formel et sur l’emploi. L’Etat pourrait renforcer les formations en
collaboration avec les chambres de commerce, les chambres de métier ou au niveau des
associations des travailleurs du secteur informel pour améliorer la capacité entrepreneuriale
dans ce secteur. L’Etat pourrait également utiliser les mécanismes de financement à travers
surtout le FONGIP et la BNDE pour accompagner les entreprises prêtes à se formaliser. L’Etat
pourrait, en outre, réserver un traitement particulier à certains du gros de l’informel qui sont
souvent les principaux concurrents des entreprises du secteur formel en essayant d’améliorer
leur productivité tout en les incitant à se formaliser.

Par ailleurs, les résultats des simulations ont montré qu’un choc de productivité dans le secteur
informel affecterait faiblement l’emploi, même si celui-ci a un impact positif sur la
consommation par le canal des prix. Ainsi, l’Etat devrait davantage promouvoir l’innovation
technique pour consolider le secteur formel, mais en même temps soutenir l’implantation de
nouvelles unités de production afin de développer la culture d’emploi formel dans tous les
secteurs.

28
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31
Annexes

A. Méthodologie

Démonstrations mathématiques de quelques éléments de la Méthodologie

 maximisation de l’utilité intertemporelle du ménage ricardien


max {𝐸0 [∑ 𝛽 𝑡+𝑖 (log(𝐶𝑡+𝑖 − 𝐶 𝑚 ) + 𝛾 log(1 − 𝐿𝑡+𝑖 ))]}


𝐶𝑡 ,𝐾𝑡 ,𝐼𝑡 ,𝑑𝑡 ,𝐿𝑡
𝑖=0

Sous contrainte

(1 − 𝐼𝑆)𝜋𝑡𝐹 + 𝜋𝑡𝐼 + ((1 − 𝐼𝑅)𝑤𝑡𝐹 + 𝑤𝑡𝐼 )𝐿𝑡 + 𝑟𝐾𝑡 𝐾𝑡 + 𝑇𝑅𝐺𝑡 + 𝑑𝑡


= (1 + 𝑇𝑉𝐴)𝑃𝑡 𝐶𝑡 + 𝐼𝑡 + 𝐶𝐴𝑡 + (1 + 𝑟𝑡−1 )𝑑𝑡−1 + 𝐶𝐺𝑈𝑡

𝐾𝑡+1 = 𝐼𝑡 + (1 − 𝛿 )𝐾𝑡
𝜑𝐼𝑡2
𝐶𝐴𝑡 =
2𝐾𝑡

Par conséquent le lagrangien du problème du consommateur devient :

𝐿0 = 𝐸0 [∑ 𝛽 𝑡+𝑖 (log(𝐶𝑡+𝑖 − 𝐶 𝑚 ) + 𝛾 log(1 − 𝐿𝑡+𝑖 ))]


𝑖=0

+ 𝜆𝑡+𝑖 [(1 + 𝑇𝑉𝐴)𝑃𝑡+𝑖 𝐶𝑡+𝑖 + 𝐼𝑡+𝑖 + 𝐶𝐴𝑡+𝑖 + (1 + 𝑟𝑡+𝑖−1 )𝑑𝑡+𝑖−1 + 𝐶𝐺𝑈𝑡+𝑖


𝐹 𝐼 𝐹 𝐼
− (1 − 𝐼𝑆)𝜋𝑡+𝑖 − 𝜋𝑡+𝑖 − ((1 − 𝐼𝑅)𝑤𝑡+𝑖 + 𝑤𝑡+𝑖 )𝐿𝑡+𝑖 − 𝑟𝐾(𝑡+𝑖) 𝐾𝑡+𝑖 − 𝑇𝑅𝐺𝑡+𝑖

− 𝑑𝑡+𝑖 ] + 𝜇𝑡+𝑖 [𝐼𝑡+𝑖 + (1 − 𝛿)𝐾𝑡+𝑖 − 𝐾𝑡+𝑖+1 ]

 Choix de 𝐶𝑡
𝜕𝐿0 1 1
= 𝐶 −𝐶 𝑚 + 𝜆𝑡 (1 + 𝑇𝑉𝐴) = 0, donc 𝐶 −𝐶 𝑚 = −𝜆𝑡 (1 + 𝑇𝑉𝐴)𝑃𝑡
𝜕𝐶𝑡 𝑡 𝑡

 Choix de 𝐿𝑡
𝜕𝐿0 𝛾 𝛾
= − 1−𝐿 − 𝜆𝑡 ((1 − 𝐼𝑅)𝑤𝑡𝐹 + 𝑤𝑡𝐼 ) = 0, donc, 1−𝐿 = −𝜆𝑡 ((1 − 𝐼𝑅)𝑤𝑡𝐹 + 𝑤𝑡𝐼 )
𝜕𝐿𝑡 𝑡 𝑡

En combinant les deux équations précédentes, l’arbitrage intertemporel entre le loisir et la


consommation est spécifié par l’expression ci-dessous.

32
𝛾 (𝐶𝑡 −𝐶 𝑚 ) (1−𝐼𝑅)𝑤𝑡𝐹 +𝑤𝑡𝐼 )
=
1−𝐿𝑡 (1+𝑇𝑉𝐴)𝑃𝑡

 Choix par rapport à 𝐼𝑡


𝜕𝐿0 𝜑𝐼𝑡 𝜑𝐼𝑡
= 𝜆𝑡 + 𝜆𝑡 + 𝜇𝑡 = 0, donc 𝜆𝑡 (1 + ) = −𝜇𝑡
𝜕𝐼𝑡 𝐾𝑡 𝐾𝑡

𝜑𝐼𝑡 𝜇
Par conséquent, 1 + = 𝑞𝑡 avec 𝑞𝑡 = − 𝜆𝑡
𝐾𝑡 𝑡

 Choix de 𝐾𝑡+1

𝜕𝐿0 𝜕𝐿0 𝜑 𝐼𝑡+1 2


+ = −𝜇𝑡 − 𝛽𝐸 (𝜆𝑡+1 𝑟𝐾(𝑡+1) − 𝜆𝑡+1 ( ) + 𝜇𝑡+1 (1 − 𝛿)) = 0
𝜕𝐾𝑡 𝜕𝐾𝑡+1 2 𝐾𝑡+1

Donc
𝜑 𝐼𝑡+1 2
𝜆𝑡 𝑞𝑡 = 𝛽𝐸(𝜆𝑡+1 𝑟𝐾(𝑡+1) − 𝜆𝑡+1 ( ) + 𝜆𝑡+1 𝑞𝑡+1 (1 − 𝛿))
2 𝐾𝑡+1

1
On remplace 𝜆𝑡 , par − (1+𝑇𝑉𝐴)𝑃 (𝐶 −𝐶 𝑚 ), ainsi :
𝑡 𝑡

𝑞𝑡 1 𝜑 𝐼 2
= 𝛽𝐸 [(1+𝑇𝑉𝐴)𝑃 (𝐶 (𝑟 − 2 (𝐾𝑡+1 ) + 𝑞𝑡+1 (1 − 𝛿))], c’est
(1+𝑇𝑉𝐴)𝑃𝑡 (𝐶𝑡 −𝐶 𝑚 ) 𝑡 𝑡+1 −𝐶 𝑚 ) 𝐾(𝑡+1) 𝑡+1

l’équation d’Euler.

 Choix de 𝑑𝑡

𝜕𝐿0 𝜕𝐿0
+ = 𝜆𝑡 + 𝜆𝑡+𝑖 𝛽(1 + 𝑟𝑡 ) = 0
𝜕𝑑𝑡 𝜕𝑑𝑡+1

1
En remplaçant 𝜆𝑡 par − (1+𝑇𝑉𝐴)𝑃 (𝐶 −𝐶 𝑚 ), il s’en déduit :
𝑡 𝑡

1 𝛽(1 + 𝑟𝑡 )
=
(1 + 𝑇𝑉𝐴)𝑃𝑡 (𝐶𝑡 − 𝐶 ) (1 + 𝑇𝑉𝐴)𝑃𝑡+1 (𝐶𝑡+1 − 𝐶 𝑚 )
𝑚

 Demandes optimales des ménages pour chaque secteur

𝑀𝐴𝑋(𝑃𝑡 𝑌𝑡 )𝑋𝑡,𝑌𝐷𝑡 = 𝑃𝑋𝑡 𝑋𝑡 + 𝑃𝐷𝑡 𝑌𝐷𝑡


Sous la contrainte de

33
𝜎𝑋
1 𝜎𝑋 −1 1 𝜎𝑋 −1 𝜎𝑋 −1
𝜎 𝜎 𝜎
𝑌𝑡 = 𝐵𝑋 [𝜔𝑋𝑋 𝑋𝑡 𝑋 + (1 − 𝜔𝑋 )𝜎𝑋 𝑌𝐷𝑡 𝑋 ]

𝜎𝑋
1 𝜎𝑋 −1 1 𝜎𝑋 −1 𝜎𝑋 −1
𝜎𝑋 𝜎 𝜎
𝐿0 = 𝑃𝑋𝑡 𝑋𝑡 + 𝑃𝐷𝑡 𝑌𝐷𝑡 − 𝜆𝑡 (𝑌𝑡𝐹 − 𝐵𝑋 [𝜔𝑋 𝑋𝑡 𝑋 + (1 − 𝜔𝑋 )𝜎𝑋 𝑌𝐷𝑡 𝑋 ] )

𝜕𝐿0 1 1 1

= 𝑃𝑋𝑡 − 𝜆𝑡 𝜔𝑋 𝜎𝑋 (𝑋𝑡 ) 𝜎𝑋 (𝑌𝑡 )𝜎𝑋 = 0
𝜕𝑋𝑡

𝜕𝐿0 1 1 1

= 𝑃𝐷𝑡 − 𝜆𝑡 (1 − 𝜔𝑋 )𝜎𝑋 (𝑌𝐷𝑡 ) 𝜎𝑋 (𝑌𝑡 )𝜎𝑋 = 0
𝜕𝑌𝐷𝑡

On a :

1 1 𝜎𝑋
𝜆𝑡 𝜔𝑋 𝜎𝑋 (𝑌𝑡 )𝜎𝑋
𝑋𝑡 = ( )
𝑃𝑋𝑡

1 1 𝜎𝑋
λt (1 − 𝜔𝑋 (Yt )σX )σX
𝑌𝐷𝑡 = ( )
PDt

En remplaçant ces expressions dans la fonction CES on obtient :

𝜎𝑋
1 1 𝜎𝑋 −1 1 1 𝜎𝑋 𝜎𝑋 −1
1 1
𝜎𝑋 𝜆𝑡 𝜔 𝜎𝑋 (𝑌𝑡 )𝜎𝑋 λt (1 − 𝜔𝑋 (Yt )σX )σX
𝑌𝑡𝐹 = 𝐵𝑋 [𝜔𝑋 ( ) + (1 − 𝜔𝑋 )𝜎𝑋 ( ) ]
𝑃𝑋𝑡 PDt

Ce qui donne :

𝜆𝑡 = 𝑃𝑡 = 𝐵𝑋 [𝜔𝑋 (𝑃𝑋𝑡 )1−𝜎𝑋 + (1 − 𝜔𝑋 )(𝑃𝑌𝑡 )1−𝜎𝑋 ]1−𝜎𝑋

34
En remplaçant l’expression de 𝑃𝑡 dans les équations d’offres domestique et étrangère on
obtient:

𝑃𝑡 −𝜎𝑋 𝐹
𝑋𝑡 = 𝜔𝑋 [ ] 𝑌𝑡
𝑃𝑋𝑡

𝑃𝑡 −𝜎𝑋 𝐹
𝑌𝐷𝑡 = (1 − 𝜔𝑋 ) [ ] 𝑌𝑡
𝑃𝑌𝑡

En ce qui concerne la demande étrangère et la demande domestique on obtient :

𝑀𝐼𝑁(𝑃𝑡 𝑋𝑇𝐷𝑡 )𝑀𝑡,𝐷𝐷𝑡 = 𝑃𝑀𝑡 𝑀𝑡 + 𝑃𝐷𝑡 𝐷𝐷𝑡


Sous la contrainte de
𝜎𝑀
1 𝜎𝑀 −1 1 𝜎𝑀 −1 𝜎𝑀 −1
𝜎𝑀 𝜎 𝜎
𝑋𝑇𝐷𝑡 = 𝐵𝑀 [𝜔𝑀 𝑀𝑡 𝑀 + (1 − 𝜔𝑀 )𝜎𝑀 𝐷𝐷𝑡 𝑀 ]

𝜎𝑀
1 𝜎𝑀 −1 1 𝜎𝑀 −1 𝜎𝑀 −1
𝜎𝑀 𝜎 𝜎
𝐿0 = 𝑃𝑀𝑡 𝑀𝑡 + 𝑃𝐷𝑡 𝐷𝐷𝑡 − 𝜆𝑡 (𝑋𝑇𝐷𝑡 − 𝐵𝑀 [𝜔𝑀 𝑀𝑡 𝑀 + (1 − 𝜔𝑀 )𝜎𝑀 𝐷𝐷𝑡 𝑀 ] )

𝜕𝐿0 1 1 1

= 𝑃𝑀𝑡 − 𝜆𝑡 𝜔𝑀 (𝑀𝑡 ) 𝑀 (𝑋𝑇𝐷𝑡 )𝑀 = 0
𝜎𝑀 𝜎
𝜕𝑋𝑡

𝜕𝐿0 1 1 1

= 𝑃𝐷𝑡 − 𝜆𝑡 (1 − 𝜔𝑀 )𝜎𝑋 (𝑌𝐷𝑡 ) 𝜎𝑀 (𝑌𝑡𝐹 )𝜎𝑀 = 0
𝜕𝐷𝐷𝑡

On a :

1 1 𝜎𝑀
𝜆𝑡 𝜔𝑀 𝜎𝑀 (𝑋𝑇𝐷𝑡 )𝜎𝑀
𝑀𝑡 = ( )
𝑃𝑀𝑡

1 1 𝜎𝑀
λt (1 − 𝜔𝑀 )σM
(𝑋𝑇𝐷𝑡 )𝜎𝑀
𝐷𝐷𝑡 = ( )
𝑃𝐷𝑡

En remplaçant ces expressions dans la fonction CES on obtient :

35
1 1 𝜎𝑀 −1
1
𝜎𝑀 𝜆𝑡 𝜔𝑀 𝜎𝑀 (𝑋𝑇𝐷𝑡 )𝜎𝑀
𝑋𝑇𝐷𝑡 = 𝐵𝑀 [𝜔𝑀 ( )
𝑃𝑀𝑡

𝜎𝑀
1 1 𝜎𝑀 𝜎𝑀 −1
1 λt (1 − 𝜔𝑀 (𝑋𝑇𝐷𝑡 )σM )𝜎𝑀
(1 ) 𝜎
+ − 𝜔𝑀 𝑀 ( ) ]
𝑃𝐷𝑡

Ce qui donne :

𝜆𝑡 = 𝑃𝑡 = 𝐵𝑀 [𝜔𝑀 (𝑃𝑀𝑡 )1−𝜎𝑀 + (1 − 𝜔𝑀 )(𝑃𝐷𝑡 )1−𝜎𝑀 ]1−𝜎𝑀

En remplaçant l’expression de 𝑃𝑋𝑇𝑡 dans les équations d’offres domestique et étrangère on


obtient:

−𝜎𝑀
𝑃𝑡
𝑀𝑡 = 𝜔𝑀 ( ) 𝑋𝑇𝐷𝑡
𝑃𝑀𝑡

−𝜎𝑀
𝑃𝑡
𝐷𝐷𝑡 = (1 − 𝜔𝑀 ) ( ) 𝑋𝑇𝐷𝑡
𝑃𝐷𝑡

−𝜎𝑀
𝑀𝑡 1 − 𝜔𝑀 𝑃𝑀𝑡
= ( )
𝐷𝐷𝑡 𝜔𝑀 𝑃𝐷𝑡

 Minimisation des dépenses de consommation des ménages


1
𝑀𝑖𝑛𝑐𝑖𝑡 ∫ 𝑃𝑖𝑡 𝐶𝑖𝑡 𝑑𝑖
0

Sous la contrainte de
1 𝜀−1 𝜀
𝐶𝑡 = [∫ 𝐶𝑖𝑡𝜀 𝑑𝑖]𝜀−1
0

1 1 𝜀−1 𝜀
𝐿0 = ∫ 𝑃𝑖𝑡 𝐶𝑖𝑡 𝑑𝑖 + 𝜆 (𝐶𝑡 − [∫ 𝐶𝑖𝑡𝜀 𝑑𝑖]𝜀−1 )
0 0

36
𝜀
−1
𝜕𝐿0 𝜀 𝜀 − 1 𝜀−1 −1
1 𝜀−1 𝜀−1
= 𝑃𝑖𝑡 − 𝜆 𝐶𝑖𝑡𝜀 [∫ 𝐶𝑖𝑡𝜀 𝑑𝑖] =0
𝜕𝐶𝑖𝑡 𝜀−1 𝜀 0

1
1 𝜀−1 𝜀−1 1 1 −𝜀
− 1 − 𝑃
𝑃𝑖𝑡 − 𝜆𝐶𝑖𝑡 [∫0 𝐶𝑖𝑡𝜀
𝜀
𝑑𝑖] = 0, 𝑃𝑖𝑡 − 𝜆𝐶𝑖𝑡 𝐶𝑡 𝜀 = 0, 𝜀
𝐶𝑖𝑡 = [ 𝜆𝑖𝑡] 𝐶𝑡 , en remplaçant

𝜀−1 𝜀 1−𝜀 𝜀−1 𝜀


1 1 𝑃
l’expression suivante dans 𝐶𝑡 = [∫0 𝐶𝑖𝑡𝜀 𝑑𝑖]𝜀−1 , on obtient 𝐶𝑡 = [∫0 [ 𝜆𝑖𝑡] 𝐶𝑡 𝜀 𝑑𝑖]𝜀−1 , d’où
1 −𝜀 1 𝜀
1 1
𝐶𝑡 = 𝐶𝑡 [𝜆] [∫0 𝑃𝑖𝑡 1−𝜀 𝑑𝑖]𝜀−1 , par conséquent 𝜆 = [∫0 𝑃𝑖𝑡 1−𝜀 𝑑𝑖]1−𝜀 , ainsi le 𝜆 n’est rien

d’autre que le prix composite de la consommation des ménages dénommé 𝑃𝑡 .

𝑃 −𝜀
En conclusion, nous avons : 𝐶𝑖𝑡 = [ 𝑃𝑖𝑡] 𝐶𝑡
𝑡

 Maximisation du profit pour trouver les coûts des facteurs


𝜂
𝑀𝐴𝑋(𝜋)𝑌,𝐿𝑡,,𝐾𝑡 = 𝑃𝑡 (𝑌)𝐴𝑡 𝐾𝑡𝛼 𝐿1−𝛼
𝑡 𝐾𝐺𝑡 − (𝑤𝑡 𝐿𝑡 − 𝑟𝐾𝑡 𝐾𝑡 )

Les conditions de premier ordre donnent :

𝜕𝜋𝑡 𝜂 𝜕𝑃𝑡 (𝑌𝑡 ) 𝜕𝑌𝑡 𝜂


= (1 − 𝛼)𝑃𝑡 (𝑌)𝐴𝑡 𝐾𝑡𝛼 𝐿−𝛼
𝑡 𝐾𝐺𝑡 + 𝐴 𝐾 𝛼 𝐿−𝛼 𝐾𝐺𝑡 − 𝑤𝑡 = 0
𝜕𝐿𝑡 𝜕𝑌𝑡 𝜕𝐿𝑡 𝑡 𝑡 𝑡

𝜕𝑌 𝜂 𝜂
En remplaçant 𝜕𝐿𝑡 par (1 − 𝛼) 𝐴𝑡 𝐾𝑡𝛼 𝐿−𝛼 𝛼 −𝛼
𝑡 𝐾𝐺𝑡 et en factorisant par (1 − 𝛼)𝑃𝑡 (𝑌)𝐴𝑡 𝐾𝑡 𝐿𝑡 𝐾𝐺𝑡
𝑡

on obtient :

𝜕𝑃𝑡 (𝑌𝑡 )
𝜂 𝑃𝑡
(1 − 𝛼)𝑃𝑡 (𝑌)𝐴𝑡 𝐾𝑡𝛼 𝐿−𝛼
𝑡 𝐾𝐺𝑡 (1 + ) − 𝑤𝑡 = 0
𝜕𝑌𝑡
𝑌𝑡

𝜕𝑃𝑡
𝑃𝑡 1
On sait que 𝜕𝑌𝑡 = − 𝜖 avec 𝜖 élasticité prix de la demande, ainsi on obtient:
𝑌𝑡

𝜂 1
𝑤𝑡 = (1 − 𝛼)𝑃𝑡 𝐴𝑡 𝐾𝑡𝛼 𝐿−𝛼
𝑡 𝐾𝐺𝑡 (1 − )
𝜖

Avec le même raisonnement, on a :

𝜂 1
𝑟𝐾𝑡 = 𝛼𝑃𝑡 𝐴𝑡 𝐾𝑡𝛼−1 𝐿1−𝛼
𝑡 𝐾𝐺𝑡 (1 − )
𝜖

37
 Demandes optimales des ménages pour chaque secteur

𝑀𝑖𝑛𝐶𝑡𝐹,𝐶𝑡𝐼 {𝑃𝑡 𝐶𝑡 = 𝑃𝑡𝐹 𝐶𝑡𝐹 + 𝑃𝑡𝐼 𝐶𝑡𝐼 }

Sous la contrainte de
𝜇
1 𝜇−1 1 𝜇−1 𝜇−1
𝐶𝑡 = [𝜔 𝜇 (𝐶𝑡𝐹 ) 𝜇 + (1 − 𝜔)𝜇 (𝐶𝑡𝐼 ) 𝜇 ]

𝜇
1 𝜇−1 1 𝜇−1 𝜇−1
𝐿0 = 𝑃𝑡𝐹 𝐶𝑡𝐹 + 𝑃𝑡𝐼 𝐶𝑡𝐼 − 𝜆𝑡 (𝐶𝑡 − [𝜔 𝜇 (𝐶𝑡𝐹 ) 𝜇 + (1 − 𝜔)𝜇 (𝐶𝑡𝐼 ) 𝜇 ] )

𝜕𝐿0 1 1 1
𝐹 −
= 𝑃 − 𝜆 𝜔 𝜇 (𝐶 𝐹 ) 𝜇 (𝐶 )𝜇 = 0
𝑡 𝑡 𝑡 𝑡
𝜕𝐶𝑡𝐹

𝜕𝐿0 1 1 1
𝐼 −
= 𝑃 − 𝜆 (1 − 𝜔) 𝜇 (𝐶 𝐼 ) 𝜇 (𝐶 )𝜇 = 0
𝑡 𝑡 𝑡 𝑡
𝜕𝐶𝑡𝐼

On a :

1 1 𝜇
𝜆𝑡 𝜔 (𝐶𝑡 )
𝜇 𝜇
𝐶𝑡𝐹 = ( )
𝑃𝑡𝐹

1 1 𝜇
𝜆𝑡 (1 − 𝜔)𝜇 (𝐶𝑡 )𝜇
𝐶𝑡𝐼 = ( )
𝑃𝑡𝐼

En remplaçant ces expressions dans la fonction CES on obtient :

𝜇
1 1 𝜇−1 1 1 𝜇−1 𝜇−1
1 𝜆 𝜔 𝜇 (𝐶 )𝜇 1 𝜆𝑡 (1 − 𝜔)𝜇 (𝐶𝑡 )𝜇
𝑡 𝑡
𝐶𝑡 = [𝜔 𝜇 ( ) + (1 − 𝜔)𝜇 ( ) ]
𝑃𝑡𝐹 𝑃𝑡𝐹

Ce qui donne :

𝜆𝑡 = 𝑃𝑡 = [𝜔(𝑃𝑡𝐹 )1−𝜇 + (1 − 𝜔)(𝑃𝑡𝐼 )1−𝜇 ]1−𝜇

38
En remplaçant l’expression de 𝑃𝑡 dans les équations de demandes on obtient les demandes
optimales suivantes :

−𝜇
𝑃𝑡
𝐶𝑡𝐹 = 𝜔 [ 𝐹] 𝐶𝑡
𝑃𝑡

−𝜇
𝑃𝑡
𝐶𝑡𝐼 = (1 − 𝜔) [ 𝐼 ] 𝐶𝑡
𝑃𝑡

B. Calibrage

Annexe : Résultats du calibrage


Variables endogènes Variables exogènes
Production 1 Consommation minimum 0,05
Production du formel 0,63 Contribution Globale Unique (CGU) 0,0001
Production de l’informel 0,37 Prix des biens à l’export et à l’import 1
Salaire secteur informel 0,54 Paramètres
Salaire secteur formel 0,31 Elasticité de la production formelle par rapport au capital 0,36
Rémunération du capital 0,36
0,03 Elasticité de la production informelle par rapport au capital
du formel
Rémunération du capital
0,11 Elasticité de la production formelle par rapport au capital public 0,12
de l’informel
Elasticité de la production informelle par rapport au capital
Stock de capital du formel 2,70 0,08
public
Stock de capital de
0,53 Facteur d'escompte 0,98
l’informel
Stock de capital public 2,64 Part de l’investissement du secteur formel 0,83
Profit des entreprises du
0,35 Dépréciation du capital public 0,025
formel
Profit des entreprises de
0,20 Dépréciation du capital privé 0,03
l’informel
Consommation finale 0,78 Elasticité prix de la demande des biens domestique 1,8
Consommation de
0,63 Part des dépenses publiques pour le formel 0,93
produits de l’informel
Consommation de
0,15 Paramètre du coût d’ajustement 2
produits du formel
Elasticité prix de la demande des ménages en biens produits par
Offre de travail 0,33 0,5
les deux secteurs
Investissement du formel 0,08 Efficience des dépenses publiques d’investissement 0,6
Investissement de Elasticité de la PTF du formel par rapport aux dépenses
0,02 0,3
l’informel publiques
Elasticité de la PTF de l’informel par rapport aux dépenses
Investissement public 0,11 0,1
publiques
Dépenses publiques Part des dépenses de consommation en biens produits par le
0,19 0,54
courantes secteur formel
Dépenses publiques
Taxe sur la valeur ajoutée 0,06
totales
Recettes du
0,30 Impôt sur le revenu formel 0,14
gouvernement
Transferts du
0,26 Impôt sur les bénéfices du secteur formel 0,08
gouvernement au ménage
Dette de l’économie 0,1 Taux de taxe à l’importation 0,18
Taux d’intérêt de la dette 0,12 Poids du loisir sur la fonction d’utilité du ménage 0,67

Q de Tobin 0,015 Paramètre du taux d’intérêt 0,016

39
Coût d’ajustement du
Part des exportations du formelles sur l’offre globale 0,11
capital de l’informel 1,06
Coût d’ajustement du
Part des exportations de l’informelle sur l’offre globale 0,08
formel 4,7 e-4
Exportation du formel 0,024 Part des importations du formelle sur la demande globale 0,28

Exportation de l’informel 0,06 Part des importations de l’informelle sur la demande globale 0,07

Importation du formel 0,003 Elasticité prix de la demande de produits étrangers 2

Importation de l’informel 0,22


Demande domestique
formel 0,02
Demande domestique
inforrmel 0,56
Offre domestique formel 0,36

C. Résultats du choc aléatoire

Graphiques des fonctions de réponse impulsionnelle

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41
42
43