Vous êtes sur la page 1sur 2

L’introduction de la visioconférence dans la justice française : comprendre les « vidéo-

audiences » dans une perspective ethnographique

Histoire de l’introduction de ce dispositif

Introduction en France en 2000-2004 : phase d’exception et d’expérimentation

Exception : cas de St Pierre et Miquelon car très peu de magistrat en poste. Trop peu pour être
sûr que la même personne ne préside pas en première et seconde instance. Donc menace d’un
avocat de saisir la CEDH sur cette question. Donc, parmi les solutions envisagées il y avait de
faire venir des magistrats de la capitale. L’autre solution était de faire des audiences pas
visioconférence avec des juges à Paris.

Ensuite, la direction judiciaire a cherché à faire passer un texte de loi pour présenter la chose
comme un traitement exceptionnel mais aussi comme une expérimentation. Ce texte de la loi
a suivi le circuit habituel. Il est passé au CE où il a été vivement débattu. Le CE a soulevé
trois problèmes :

1. Le droit au juge naturel : le naturel inclus une idée de proximité. Donc le CE a


considéré que la visioconférence peut violer le droit au juge naturel en particulier si
c’est une expérimentation. Mais il a considéré que ça peut être une exception pour St
Pierre et Miquelon et seulement si on peut pas envoyer de juge par exemple en raison
d’intempérie (exception secondaire).
2. Le principe de l’égalité des armes
3. Greffe : parce que le projet prévoyait un seul greffe auprès du juge à Paris. Alors que
ce qui se passe doit être consigné dans les deux lieux par deux greffes.

 Expérimentation comme état d’esprit la visioconférence à Saint-Pierre et


Miquelon

Problèmes :
- La question de la place pour intervenir à l’audience (savoir si on est sur un site ou sur
un autre (au tribunal ou à la prison et la place sur le lieux par rapport à la caméra :
écran).
- La transformation du rituel parce que ce n’est pas des lieux de justice traditionnelle.
- Les problèmes techniques

Pour le CE c’est une expérimentation (pendant 4 ans cette technique va être


expérimenté).
Le Ministre de la Justice créer la Mission de modernisation relié au projet « tribunal
du futur » qui doit développer des projets innovants portées par des juridictions
locales. La visioconférence va réapparaitre en particulier à la Cour de St Dennis de la
Réunion. But : limité les frais de mobilité liés aux déplacements des témoins et
démontrer que c’est possible avec la visioconférence en général, donc plus dans un
système d’exception. C’est un problème économique et gestionnaire.

Extrait : le témoin ne voit que le juge et pas toutes les autres personnes.
Comment résoudre le problème ? Est-ce qu’il y a des situations où ça peut être
intéressant ? Oui, pour la question des témoins vulnérables. La personne évite la
pression de la Cour d’Assise. Mais toutes les victimes ne réagissent pas comme ça.
Certaines personnes veulent aller au tribunal et être confronté à l’agresseur. La
visioconférence permet aussi d’assurer l’anonyme.

Autre-extrait : d’abord un plan large et ensuite zoom sur le juge. Donc, il faut un
technicien. Problème de publicité de l’audience. Le témoin ne voit pas le public.
A Dubaï tout le monde voit les audiences en direct.

Accès : c’est public parce que tout le monde peut accéder au lieu. Mais là si on a
plusieurs, il n y a pas de garantie que ces lieux soient accessibles dans un sens
traditionnel.
Modèle anglais, le client se connecte de chez lui, l’avocat de l’étude et le juge du
tribunal (c’est un test).

2007 : généralisation : tous les tribunaux et lieu de juridiction (prison) ont été équipés
pour la visioconférence. Donc, envoyer le matériel. Il n’y a aucune préparation ni
lignes directrices.
Ce qui se développe le plus c’est les comparutions depuis la prison. Donc, il va dans
une salle de visioconférence, il va en vidéo.

- la loi sur les finances


- une demande politique de mesures emblématiques de réduction des coûts pour chaque
ministère.
- Un changement « réactif » du dispositif judiciaire.
- Ministère de la justice : réduire les extractions.
- En permettant des comparutions depuis la prison.
- Une logique « trop down ».

Problème : un dérapage ; perception. La personne ne se comporte de la même manière en


prison qu’au tribunal.

2014-2015
ORFA
CNDA, elle faisait des missions foraines, donc une ou deux fois pas an ils déplacent
tout ce qu’il faut pour tenir des tribunaux pendant 2 à semaines sur place 4 tribunaux.
Pour limiter ses coûts elle s ‘est équipée d’un système de visioconférence.
Problème : difficulté d’apprentissage et peu de méditation.
Ça implique des bouleversements idéologiques. On a une idéologie de coprésence.
Pour communiquer le mieux il faut être ensemble dans le même lieu. Ça implique la
participation.

Au tribunal on comparait corps-présent.


La présence est fragilisée par les technologies et dans le modèle néo libéral.