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I.

Déé céntralisation ét gouvérnancé térritorialé


1. Procéssus dé déé céntralisation
La consécration de la démocratie, le renforcement des droits de l’Homme et l’élargissement des
libertés publiques et individuelles sont sans conteste des chantiers majeurs du projet de société
moderne, démocratique et solidaire, initié et porté par Sa Majesté le Roi Mohammed VI que Dieu
l’Assiste où le Maroc a enregistré au cours des dernières années de grandes avancées.

De même, la consolidation du processus de décentralisation qui constitue un choix irréversible et


participe d’une volonté affirmée d’ancrer la pratique de démocratie de proximité, d’agir au plus près
des populations et de promouvoir une participation citoyenne à la gestion des affaires locales, a été
un centre d’intérêt constant.

A. 1959-1976: Instauration dés principalés basés dé la déé céntralisation


Le Maroc est un pays de longue tradition communale. Les historiens font d’ailleurs remonter les
origines de la décentralisation à la nuit des temps et évoquent à ce titre les statuts coutumiers et les
modes d’organisation communautaires ayant prévalu jusqu’à l’avènement des régimes municipaux
sélectifs initiés sous le protectorat.

S’il était question de retenir un événement qui a fait date dans l’histoire de la décentralisation au
Maroc c’est bien à l’année 1959 que les pensées se référeraient. Cette année est à marquer d’une
pierre blanche en ce sens qu’elle a vu se poser les premiers jalons de la nouvelle organisation
communale notamment à travers la promulgation du dahir du 2 décembre 1959 portant division
administrative du Royaume et créant 801 communes urbaines et rurales pour la première fois sur une
base territoriale généralisée. L’année 1960 est venue avec son lot de réformes et fut véritablement
l’an numéro un de la décentralisation au Maroc. En effet, c’est précisément le 23 Juin 1960 que la
première charte communale fut adoptée annonçant un régime initiatique du processus de
décentralisation avec une sphère de compétences naturellement restreintes, un exécutif bicéphale et
une tutelle poussée.

Ce processus fut conforté par la première constitution dont s'est doté le royaume en 1962 ; celle-ci
présente d’ailleurs le double avantage d’avoir consacré l'existence des collectivités locales et ouvert de
nouvelles perspectives de décentralisation par la création d’une nouvelle collectivité locale à savoir la
préfecture ou la province.

Dès 1975, Feu Sa Majesté Le Roi Hassan II que Dieu aie son âme annonçait sa volonté d'élargir les
attributions et les responsabilités des élus et de dédier davantage de moyens aux édiles locaux
promettant ainsi une nouvelle étape de renforcement de la démocratie locale. Une année plus tard fut
abrogée la première charte communale et mis en place un cadre renouvelé de la pratique municipale.

Avec l’adoption de la charte communale de 1976, c’est un tournant historique et une nouvelle étape
de la décentralisation qui fut amorcée. Les compétences de la commune, cellule de base d’exercice de
la démocratie de proximité, ont été largement étendues, son rôle économique, social et culturel
expressément prononcé, son régime bicéphale aboli, et la pratique de tutelle relativement assouplie.
Par ailleurs, la compétence générale attribuée à la commune et l’affirmation de son rôle économique
constituent, à ne point en douter, les aspects les plus saillants de cette réforme.

Au delà des compétences élargies transférées par la nouvelle charte, celle-ci a value aussi par le fait
qu'elle eu suscité de puis l'intérêt pour la gestion de la chose locale que traduit d'ailleurs le train de
réformes qui l'ont suivi, allant dans le sens du renforcement des moyens de la décentralisation
notamment à travers les transferts de la TVA, l'adoption d'une fiscalité locale et la rétrocession
d'impôts d'Etat aux collectivités locales.
B. 1992-2002: La Réé gion, uné nouvéllé Colléctivitéé Localé ét adoption d'uné
nouvéllé charté communalé
L'année 1992 a été marquée par deux événements importants à savoir la réfection de la carte
communale permettant la création de 668 nouvelles communes et l’érection par le constitution révisée
en cette même année de la région en collectivité locale.

La refonte de la charte communale en 2002 a constitué un chantier majeur venu dans le sillage des
changements profonds imprimés au Maroc par SA MAJESTE le ROI Mohammed VI. Elle a marqué un
saut qualitatif dans le processus de décentralisation et annoncé une nouvelle étape caractérisée par :

* la clarification et la restructuration des grilles de compétences des assemblées,


* l’amélioration du statut de l’élu territorial,
* la recomposition des organes internes, la redéfinition de leur rôle et de leurs rapports,
* l’allégement des contrôles de tutelle et le retour à l’unité de a ville.

C. 2009: Améé lioration dé la gouvérnancé localé ét modérnisation dé la géstion


financiéè ré dés colléctivitéé s localés

L’année 209 a connu un renforcement de la décentralisation. Inspiré des Hautes Directives Royales
contenues dans le Discours d’Agadir du 12 décembre 2006 à l’occasion de la tenue des Rencontres
Nationales des Collectivités Locales, le Maroc a engagé une réforme de la charte communale
accompagnée d’une refonte de la loi sur l’organisation des finances locales. Ce pack de réformes
s’inscrit dans le cadre de la traduction des Hautes directives et la volonté Royales de faire des
collectivités locales de véritables leviers pour réaliser l'essor économique et social, favoriser
l'avènement d'une citoyenneté digne et responsable et assurer l’affermissement de la démocratie
participative, en levant toutes les entraves d'ordre organisationnels et financiers qui seraient de nature
à l’affecter.

Réforme de la charte communale: Le principales réformes ont concerné les domaines du renforcement
des dispositifs de coopération et de partenariat, la modernisation de la gestion financière des
collectivités locales et l’adaptation des outils de gestion du patrimoine communal.
Ces réformes ont pour objectifs:
* La création des conditions de formation de majorités au sein des conseils et leur stabilisation autour
des présidents par l’adoption d’un scrutin à trois tours pour l’élection de ces derniers ;

* La précision des règles de fonctionnement des commissions du conseil et leurs domaines


d’intervention élargis notamment au développement humain et à la gestion des services publics
locaux ;
* L'amélioration du statut de l’élu en instituant la possibilité d’exercice à plein temps du mandat de
président pour les fonctionnaires et agents de l’Etat et en élargissant le bénéfice du régime
indemnitaire aux présidents des commissions ;

* le renforcement du rôle de l’administration locale en revisitant les attributions du secrétaire


général ;

* L'amélioration de la gestion des grandes agglomérations en consacrant le principe de l’unité de la


ville et en
clarifiant les domaines de compétences des conseils d’arrondissements;

* Le renforcement des dispositifs de coopération et de partenariats afin d’outiller les grandes villes
pour une gestion
rationalisée des services publics locaux, des équipements communaux et des réseaux divers, à
travers la création des groupements d’agglomérations et des sociétés de développement local;
* L'introduction des outils de régulation pour une gestion encadrée, efficace et coordonnée des
services publics, laquelle touche aux différents aspects de normalisation, de coordination, aux règles
de fixation de la tarification, aux modalités d’appui de l’Etat et au suivi de la qualité du service rendu à
l’usager.

Loi sur l’organisation des finances locales: la nouvelle loi apporte des innovations majeures allant dans
le sens de :
* L'allègement de la tutelle par la limitation des actes soumis à l’approbation préalable, la précision
de ses domaines et de son objet et par la suppression de la tutelle à priori exercée par le ministère
des finances;

* l’assouplissement des règles et des procédures afférentes au cadre budgétaire pour consacrer
l’autonomie des conseils et la responsabilité des ordonnateurs et permettre l’adaptation du budget en
cours d’année;

* La rationalisation de la gestion des finances locales par :

- L’encouragement à la réalisation de programmes pluriannuels inscrits dans le cadre du plan de


développement communal ;

- L'instauration de procédures et de mécanismes de règlement des situations de blocage


résultant de la non adoption du budget ou du refus de vote du compte administratif ;

- L’inscription, dans un calendrier précis, des opérations de préparation, de vote et d’adoption du


budget de manière à garantir son exécution au début de l’exercice budgétaire ;

- Et l’instauration du contrôle de gestion et d’audit des collectivités locales.

D. 29 juillét 2011: vérs uné nouvéllé éé tapé dé déé véloppémént dé la déé céntralisation
ét dé la réé gionalisation au Maroc
Devant les évolutions importantes qu'a connues le Maroc en matière de décentralisation, la volonté de
sa Majesté le Roi Mohammed VI vient pour donner un nouvel élan à ce processus à travers la
promulgation de la nouvelle constitution en date du 29 Juillet 2011 qui trace de nouvelles perspectives
de la régionalisation avancée.

C'était l'aboutissement des réformes et expériences accumulées par notre pays depuis plus d'un demi
siècle. Il était donc nécessaire de passer à une nouvelle phase de décentralisation et démocratie
locale, fondée sur l'appui de l'autonomie des collectivités territoriales administrativement et
financièrement, et l'exercice de leurs compétences dans le cadre de la libre administration avec le
renforcement des règles de gouvernance locale.

La nouvelle constitution a apporté des principes nouveaux et des changements profonds en ce qui
concerne la décentralisation, notamment:

* Le rôle prééminent de la région par rapport aux autres collectivités territoriales dans les
opérations de la préparation et suivi des programmes de développement régional et les schémas
régionaux d'aménagement du territoire et ce, dans le cadre du respect des compétences propres de
ces collectivités,

* Le principe de la libre administration de l'affaire locale et les règles de


gouvernance pour l'application de ce principe ainsi que les dispositions du contrôle et de la reddition
des comptes,

* L'encouragement de la coopération et du partenariat et la mise en place de groupements de


communes pour la réalisation des projets de développement, la mutualisation et la solidarité entre
les communes,
* l'adoption de l'élection des conseils des Régions au suffrage universel direct,

* L'octroi du droit de l'exécution des délibérations des conseils des collectivités territoriales aux
²présidents des conseils élus,

* La fixation de trois types de compétences des collectivités territoriales, sur la base du principe de
subsidiarité, à savoir des compétences propres, des compétences partagées avec l'Etat et des
compétences qui leur sont transférables par ce dernier,

* La consécration aux collectivités territoriales d'un système de ressources financières propres et de


ressources financières affectées par l'Etat, pour leur permettre d'exercer leurs compétences.

E. 2015: Vérs uné réé gionalisation avancéé é

Afin d’atteindre un développement régional intégré et durable et en vue de contribuer à la


modernisation des structures de l’Etat et d’accroitre son efficience et son efficacité pour les services
rendus aux citoyennes et citoyens, les nouvelles lois organiques relatives aux collectivités territoriales
sont venues pour dessiner une nouvelle architecture territoriale du Maroc basée sur la régionalisation
avancée et sur des fondements constitutionnels.

Cette régionalisation avancée est intervenue après des accumulations politiques et de grandes
réalisations économiques et sociales dans divers domaines au cours des dernières années.