Vous êtes sur la page 1sur 175

DU M~ME AUTEUR

aux ÉDITIONS SALVATOR. MULHOUSE:

Le Symbole des Apôtres :

INTRODUCTION : La Foi -

L'Existence de Dîeu.

'PREMIÈRE PARTIE: Dieu -

La Providence.

DEUXIÈME PARTIE

: Jésus-Christ -

Le

Fils de Dieu

-

Le Divin Maître.

 

TROISIÈME

PARTIE

:

Les Souffrances

du

Christ -

La

Passion de Jésus.

 

QUATRIÈME PARTIE: La Résurrection -

L'Ascension -

La

Vierge Marie.

CINQUIÈME PARTIE: Le Saint-Esprit -

Catholique.

.

La Sainte Église

SIXIÈME PARTIE: La Communion des Saints -

mission des péchés -

La Vie éternelle.

La Ré-

Les Dix'Commandements de Dieu, en 2 vol.

' Tome

1. '~ Tome

II.

Le Chdst et les.P:roblèmes de notre Temps.

LE SYM BOLE

SIXIÈME

DES APOTRES

PAR.T!E

lA

COMMUNION

DES

SAINTS

lA

RÉMIS S ION

DES

P ÉCH ÉS

LA VIE

ÉTERNELLE

SERMONS

prononcés dans l'église de l'Unive,·sité de Budapest

par S.Exc. Mgr TiHAMER TOTH

Traduits ' par

Évêque de Veszprém

l'Abbé

Marcel

GRAN DCU\ UDON

Licencié ès Lettres

3· É!OITlON

10' MILLE

GRAN DCU\ UDON Licencié ès Lettres 3· É!OITlON 10' MILLE ËDITIONS S.A.LVATOR MULH OUSIi.: ( Hau
GRAN DCU\ UDON Licencié ès Lettres 3· É!OITlON 10' MILLE ËDITIONS S.A.LVATOR MULH OUSIi.: ( Hau

ËDITIONS S.A.LVATOR

MULH OUSIi.:

( Hau t -Rh in)

1947

NlHIL OBSTAT

F. MAINIL, libr. cens.

. IMPRIMATUS. :

7'ornaci, die 14 Septembris 193 8 .

J. LECOUVET, vic.

.

'

1

LA COMMUNION DES SAINTS

MES FRÈRES,

Bien des gens sont embarrassés par l'article de foi auquel nous arrivons dans notre explication du Symbole. Chaque jour pourtant nous répétons cette prière :

« je crois à la communion des saints », mais ce que '. signifie ce dogme, les profondeurs et les sublimités cachées derrière ces mots, beaucoup - hélas 1 - n'en ont pas connaissance. Pourtant quel dommage que cette doctrine de la commun,ion des saints soit cachée comme un diamant inconnu pour bien ' des hommes d'aujourd'hui qui mieux que personne pourraient en comprendre la portée sociale et la force pour la communauté humaine. Le dogme de la communion des saints est le dogme le plus social de la foi cl,lrétienne : il est le dogme de la solidarité .chrétienne. Il . enseigne que nous ne sommes pas faits pour vivre seuls, que nous ne sommes

"

i

6

1

.

LE

SYMBOLE DES

APÔTRES

pas laissés à nous-mêmes, mais qu'à chaque instant dc~ millions et des millions de mains en prières nous

enlacent et nous offrent leur amour èt leur sollicitude. Un père a trois fils. Le premier 'a déjà une excellente , situation, il a atteint son but, il est arrivé; le second

a

obtenu son diplôme, il a passé ses examens, mais

il

n'a pas encore de" place; quant au troisièm'il il va

toujours à l'école il a bien du travail et bien des -efforts devant lui, on ne sait pas ce qu'il deviendra:

mais les trois frères s'aiment, s'aident et s'encouràgent mutuellement. Voilà l'image de la communion des saints.

Par ce mot de « saints », nous entendons non seule- ment les saints canonisés, mais tous les membres ' de l'Église. Ceux qui ont déjà atteint le but forment l'Église triomphante; ceux qui ont subi les épreuves de la mort, mais sont obligés de se purifier des souillures (k péché dans le purgatoire, composent l'Église souf- frante; enfin nous qui travaillons et luttons encore sur la terre, nous sommes les membres de l'Église militante. Et le dogme de la communion des saints veut dite qu'un amour surnaturel et qui triomphe des frontières terrestres unit entre eux les membres de ces trois Églises et les maintient en relations durables et fréquentes. Quelle sublime et consolante pensée surgira dan~

près

notre âme,

le dogme de la communion des saints du point de vue '

de Ct:s trois Églises l

si

nous envisageons d'un

peu

plus

Ct:s trois Églises l si nous envisageons d'un peu plus LA COMMUNION DES SAINTS 7 1

LA

COMMUNION

DES

SAINTS

7

1

L'ÉGLISE MILITANTE.

Nous sommes les « enfants qui vont encore à l'école », nous les chrétiens qui vivons sur la terre et qu'on nomme membres de l'Église militante. Église militante, car il faut lutter sans cesse pour pO'uvoirremplir notre vocation parmi les Ar Nous sommes les membres de ['Église militante. Car nous devons combattre pour le royaume de Dieu, pour l'idéal moral qui rayonne sur nous de la personne du Christ, idéal vers lequel nous marchons, et que nous essayons d'atteindre pas à pas, au prix de bien des . chutes.

: « Vous

n'êtes plus des étrangers, mais les concitoyens des

de la famille de Dieu, édifiés

que vous êtes, sur le fondement des apôtres et des prophètes, dont Jésus-Christ lui-même est la pierre angulaire. C'est en lui que tout l'édifice bien ordonné s'élève, pour former un temple saint dans le Seigneur. C'est en lui que vous aussi, vous êtes édifiés, pour être par l'Esprit-Saint une demeure où Dieu habite ))

saints et , les membres

a) Saint Paul écrit aux fidèle~ d'Éphèse

(Éphésiens, II, 19-22). Le Christ est donc la pierre angulaire et, les fideles, les diverses pierres de l'édifice.

Dans une con,struction chaque pierre renforce l',autre

et le défaut de l'une affaiblit aussi l'autre. b) Dans son épître aux Corinthiens, il utilise une

1

8 LE SYMBOLE

DES

APôTRES

autre comparaison

membres: « De même que le corps est un et a plusieurs membres, et de même que tous les membres du corps, malgré leur nombre, ne forment qu'un seul corps, de même en est-il du Christ. Tous, en effet, nous avons été baptisés dans un seul Esprit, pour former un seul corps» (le Corinthiens XII, 12-13).Il en résulte que ce qu'un membre fait de bien ou de mal favorise ou nuit au corps tout entier. Saint Paul dit encore :

« Que les membres aient également soin les uns des autres. Si un membre souffre, tous les membres souffrent avec lui; si un membre est honoré, tous les membres s'en réjouissent avec lui »(Ie Corinthiens XII, 25-26). B) Quelle sublime indication pour nous qu'en vertu du dogme de la « communion des saints » nous

ne sommes pas abandonnés à nous-mêmes dans nos luttes,

mais que nous sommes aidés et que nous aussi nous pouvons aider les autres.

d'abord

notre Église. Les sources de grâces, les sacrements, toute la liturgie de l'Église, s'es dogmes, ses fêtes, ses

temples, ses prières

humbles prières des religieuses, les mérites des martyrs,

les vertus des saints, tout cela sert à mon salut. Chaque prêtre chaque jour à la messe prie pour nous tous. Songez seulement aux prières de la messe' et des autres offices liturgiques : partout on parle au pluriel, parce qué l'Église veut englober dans ses prières tous ses enfants qui luttent.

: les rapports

entre le

corps et les

'\

a) Qui

sont

ceux

qui

nous

mient?

Tout

tout cela est pour nous. Les

Jl.1ais

nos lreres chrétiens nous viennent aussi en aide .

,1

LA COMMUNION

DES SAINTS

9

Nous prions les uns pour les autres, nous offrons nos bonnes œuvres les uns pour les autres. L'enfant peut prier, jeûner, aller communier, faire des sacrifices pour ses parents, les parents pour leurs enfants, les ami~ pour leurs amis.

b) M ais il en découle un devoir de charité: nous

aussi nous devons aider les autres.

La 'communion des saints entraîne pour conséquence le devoir de la prière, de la charité et de la solidarité. Les catholiques du monde entier forment un seul corps et partout où dans ce corps mystique se produit quelque déchirure, il faut que partout tous les membres la ressentent. Si en Russie les chrétiens sont condamnés à mort, je ne peux pas rester indifférent. Et si je ne puis pas faire autre chose pour mes frères qui souffrent, tout au moins je peux prier pour eux, afin qu'aujour- . d'hui encore se véritient ces paroles de saint Paul :

« Que les membres aient également soin les uns des autres. Si un membre souffre, que tous les membres souffrent avec lui» (le Corinthiens, XII, 25~26).

saints

est également aussi un grand avertissement que nous

n'avons jamais le droit d'oublier :

C) Mais

le

dogme

de

la

communion

des

notre plus grande

se trouve dans cette « union en Dieu l'.

force

Comme il est rj,lry aujourd'hui que l~s hommes se comprennent entr~eux, comme il est rare qu'il y uit entre eux une vraie fraternité et une véritable commu- nauté d'âme! Elles n'existent pas dans les nations ni dans la société ni même bien souvent dans la famille. Mais elles existent dans la « communion des saints ».

i

10

LE

SYMBOLE DES

APÔTnES

Et puisque ni la langue ni la race ni l'origine ni l'incli':

nation réciproque ne peuvent nous unir dans cette

alors que nous reste-t-il

.comme unique lien ?L'union en Dieu. Les hommes

qui vivent avec Dieu sont bons, nobles, disciplinés, indulgents les uns pour les autres, - ils vivent donc

en union. Quel

seront pas unis entre eux, s'ils ne sont pas unis dans le service de Dieu. Quel avertissement pour les parents, les enfants, la société, les peuples! ils ne seront pas remplis d'indulgence, de pardon, de patience, de compréhension, de bonne volonté les uns pour les autres, tant qu'ils ne seront pas unis en Dieu. Voilà les leçons que nous pouvons puiser dans cette idée de l'Église militante.

avertissement pour les époux 1 ils ne

compréhension" idéale

L'ÉGLISE

II

SOUFFRANTE.

La vie

se termine par la mort, mais après la mort arrive le jugement. Les âJlles qui au moment de la mort sont exemptes de péché mortel, mais o~t des péchés véniels et n'ont pas encore fait pénitence pour leurs anciens .péchés, composent l'Église souffrante,: elles vont dans le purgatoire, '~jusqu'à ce qu'elles 'soient devenues

d gnes de la vue de Dieu. Mais quelle sublime doctrine, <-pel avertissement, et aussi quelle consolation dans

Un jour ma lutte sur la terre prendra :Sn

'

LA COMMUNION

DES SAINTS

II

, ce dogme de notre foi que la mort ne rompt pas entre nous les liens de l'amour, que nous pouvons aider nos chers défunts et que nous pouvons continuer à rester en relations avec eux. Nous devons tirer de notre foi en l'Église souffrante un grand avertissement et une grande consolation. A) L'avertissement consiste en ce que nous devons venir en aide par nos prieres et le saint sacrifice de la messe à nos freres qui souffrent dans le purgatoire. a) Je crois à la communion des saints, c'est-à-dire je confesse qu'entre les membres de l'Église vivant encore sur la terre et ceux qui sont déjà glorifiés et arrivés au ciel ainsi qu'entre les membres de l'Église qui expient dans le purgatoire existe un lien mystérieux, une assistance réciproque. Ce dogme de notre foi est comme un anneau immense, comme un circuit élec- trique sans exemple qui réucit l'Église militante, l'Église souffrante et l'Église triomphante, et dans ce circuit circule la plus grande force : la force de l'amour, la force de l'amour qui prie les uns pour les autres, qui aide Il Y a trois provinces daos le ,royaume de Dieu :

celle du ciel, celle du purgatoire et celle de la terre. Mais ces trois contrées ne sont pas séparées les unes des autres. Entre leurs habitants il existe une commu- nication , radiophonique continuelle et incessante sur, la longueur d'onde éternité. Et quelle est cette onde? , La ' sainte messe, la prière, l'expiation, l'aumêne, la mortification et toutes 'les bonnes œuvres. b) Chez nous, quand quelqu'un meurt, les amis envoient des CQuronnes pour signifier qu'ils prennent

12

LE

SYMBOLE

DES

APÔTRES

part à ce deuil. Quelquefois 40 à 50 couronnes arrivent

de fleurs.

C'est certainement une marque d'attention, une belle participation au deuiL;. mais nous savons bien que tout cela ne sert en rien au défunt. Comme il est bien plus chrétien l'usage de èertains pays - de la Suisse par exemple - où les amis du défunt envoient en signe de condoléance une petite carte sur laquelle est indiqué

combien ils ont fait dire de messes Olt combien ils ont fait de bonnes œuvres pour ['âme du défunt! Oui, la foi est

d'aut ant plus vivante qu'on sait mieux ce que c'est que la communion des saints.

Une petite fille avait perdu sa sœur. Lorsque versant des larmes elle demanda après la défunte, ses paren ts pour la consoler lU,i montrèrent le ciel : « Elle est partie au ciel ». Un jour ils passaient dans une rue où un homme vendait de petits ballons de couleur. La petite fille supplia sa mère de lui en acheter un. La mère acquiesça. Mais lorsqu'elle eut mis le ballon dans la main de la fillette, celle-ci le laissa aussitôt s'envoler et le regarda monter vers le ciel. « Mais comment peux-tu être aussi maladroite? -

lui

parti ». « Pas du tout,

- au ciel à ma sœur Marie ». Oui, mes frères, il vaut hi peine d'y réfléchir : les

âmes de.pos disparus vivent réellement et nous pouvons leur envoyer - non pas des ballons de couleur, ni

des fleurs ni des

ne leur plairaient pas, - mais nous pouvons leur envoyer

pour, un enterrement : toute une montagne

dit

la

maman.

A présent

voilà

ton

beau

ballon

répondit la fillette. Je l'ai envoyé

monuments de marbre, ' ces choses-là

!
!

LA

COMMUNION

DES

SAINTS

13

des prières, des messes, des communions, des mortifications,

des bonnes œuvres. Ces choses arrivent sûrement jQsqu'à elles et elles en tirent très · certainement profit. Voilà le grand avertissement que nous donne notre foi en'la communion des saints. B) Mais cette doctrine est aussi pour nous une magnifique consolation aux heures de deuil : nous

continuons à rester en relations avec nos défunts.

a) La foi en la commùnion des saints ôte une épine

aux heures les plus douloureuses de notre vie, aux heures

de deuil. Qu'il est émouvant le moment de la mort! lorsque meurt une mère, un père chéri, un enfant aimé. Mais alors arrive la sainte consolation de notre foi: « Il est mort », c'est-à-dire que l'âme s'est éloignée de la matière et est partie dans un monde nouveau, Comme elle est simple, qu'elle ne se compose pas de plusieurs éléments, elle est partie pour un monde nouveau où il n'y a ni temps ni espace ni corps ni màtière. Mais notre foi nous donne l'assurance que nos morts continuent à vivre en Dieu. « Nos morts vivent en Dieu ». ' Savez-vous ce qui en

résulte? Cette chose qu'ils sont plus près de nous que quand ils étaient en vie. Comment? Eh bien! parce que Dieu est plus près de nous que n'importe quelle autre chose, que nos habits, que notre corps, que notre âme elle-même; nos chers défunts sont donc plus près de nous qu'ils l'étaient durant leur vie. Ah quelle sublime consolation 1

Lorsque l'heure de notre

propre mort . sera arrivée et qu'il nous faudra quitter

ceux que nous aimons, même s'il nous faut laisser sur

Mais il y a encore plus

,:1

l'

1"

1:

DES APôTRES LA III
DES
APôTRES
LA
III

LE

SYMBOLE

COMMUNION

DES

SAINTS

la terre des orphelins ou une épouse, comme elle est réconfortante cette persuasion que les liens ne sont pas rompus entre nous; même de l'autre monde, - même dès le purgatoire - je pourrai implorer pour eux le secours de Dieu avec plus d'efficacité que je le pouvais pendant ma vie terrestre. b) Faut-il vous parler, mes frères, du spirt'tisme? Faut-il vous parler des tables tournantes? De l'évo- cation des esprits dans une mystérieuse obscurité? , Faut-il en parler à ceux qui sont entwrement catho- - liques ? A ceux qui savent ce que leur prêche le dogme de la communion des saints. A savoir que nous ne perdons pas les défunts, mais -que nous demeurons toujours unis à eux. dans la fidélité, l'amour et leur souvenir. Ils ne sont que partis loin des soucis terrestres, des désirs terrestres et de la sphère des sentiments terrestres, mais s'ils ont déposé la matière gr~ssière, ils nous relient à Dieu; Dieu auprès de qui ils sont déjà arrivés ou auprès de qui ils, arriveront après leur purification et auprès de qui un jour nous, les vivants, nous ambitionnons d'arriver. Voilà les sublimes pensées qui jaillissent de la consi- dération de l'Église souffrante.

victorieusement arrivés dans le royaume de Dieu forment l'Église triomphante. A) Qu'il est admirable le sort de ces vainqueurs! a) Hs sont morts eux aussi, comme les autres hommes. Ils ont franchi eux aussi la sombre porte qui conduit dans un monde tout autre, dans un monde ou n'existe ni 'temps ni espace, - et chose merveilleuse:

ils ne se sont pas éloignés de nous, ils sont même plus près de nous que durant leur vie, nous conversons avec eux et nous nous tournons vers eux avec une intime confiance. Il est mort Alexandre le Grand, il est mort César, il est mort Napoléon, ils sont morts les grands hommes et l'homme actuel passe rapidement devant leurs tombeaux de marbre aux lettres d'or, sans leur adresser la parole. Mais nous nous tournons- vers les saints, des siècles encore après leur mort, avec confiance, et nous leur confions des secrets que nous ne dirions à personne sur la terre. b) Les gran'ds de ce monde sont entourés d'honneurs, tant qu'ils sont en vie; mais après leur mort ils sont vite oubliés. - Som)ent personne ne parlait <;les saints pendant leur vie, mais après leur mort leurs noms sont sur des millions de lèvres. Qui con~aissai~ la petite Thérèse de Lisieux durant sa vie et qui ne la connaît pas maintenant qu'elle est morte? Qui parle encore aujourd'hui de Charlemagne, de Pépin le Bref, d'Alaric, de Gengis-Khan, d'Annibal et de mille autres grands de çe monde? Et il y a 700 ans mourait un simple moine franciscain dont des milliers répètent le nom chàque iour : « Saint Antoine de Padoue, priez pour

L'ÉGLISE TRIOMPHANTE.

Mais la victoire est le terme de toutes nos luttes et de toutes nos souffrances purificatrices. Ceux qui sont

,

r6

LE

SYMBOLE

DES

APÔTRES

nous ». Qui espère aujourd'hui encore un secours de la mère des Gracques ou de Cléopâtre ou de la Pom- padour et de tant de femmes fameuses à un titre ou

à un autre de l'histoire du monde? Qui les salue ?

Qui les invoque? Personne. Mais chaque jour des millions et des tnillions adressent leur salutation fervente à une vierge qui vivait il y a 19 siècles à Nazareth: « Je vous salue, Marie! » B) N'avons-nous pas le droit d'être fiers du triomphe '

de tlOS frères dans la foi?

a) L'enfant est fier de la science de son père, - et personne ne le lui reproche. Les descendants sont

fiers de leurs ancêtres, - et personne ne leur en fait un reproche. Une nation est fière de ses grands hommes,

- et personne ne lui en fait un reproche. Pourquoi

alors certains sont-ils offusqués et nous reprochent-ils à nous, catholiques, d'être fiers de nos frères et de nos

sœurs qui ont remporté la victoire par leur foi et leur héroïsme dans leur vie 11lOrale. Car c'est cela la base

du culte des saints qui s'épanouit si magnifiquement chez nous et que certains ne veulent pas comprendre.

b) Dans les vieilles · famj11es on accroche aux murs

les portraits des ancêtres et l'on conserve leurs souve-

nir!!, - et personne ne s'en scandalise. Mais alors de quel droit certains se scandalisent-ils des statues de la

sainte Vierge et des images saintes dont les familles catholiques ~rnent leurs chambres? En effet, même du simple point de vue humain, y a:t:i1 plus gracieuse poésie, plus spirituelle fraîcheur que dans nos images de Marie à la lisière des forêts et au bord des chemins, les statues de saint Antoine de Padoue portant le

chemins, les statues de saint Antoine de Padoue portant le LA COMMUNION DES SAINTS petit Jésus
chemins, les statues de saint Antoine de Padoue portant le LA COMMUNION DES SAINTS petit Jésus

LA

COMMUNION

DES

SAINTS

petit Jésus dans ses bras, l'image de sainte Thérèse de Lisieux entourée de roses. C) « Oui, oui - répondent quelques-uns - nous ne vous repl;ochons pas d'honorer des héros de la foi. Mais vous ne faites pas queles honorer, vous demandez aussi leur aide. Vous leur adressez des prières, vous les mettez à la place de Dieu. A quoi bon demander l'intercession des saints? Pourquoi ne vous adressez- vous pas directement à Dieu tout-puissant? » Nous trouvons ensemble deux objections dans ce reproche : la première vient d'une interprétation erronée, nous n'avons donc pas à nous en défendre; l'autre est exacte, mais elle nous reproche une chose juste et raison1-1able.

. a) Qu'est-ce qui est erroné dans ce reproche? Ceci

que ({ nous mettons les saints à la place de Dieu, que nous 1 leur faisons des prières comme à' Dieu et qu'à cause d'eux nous oublions Dieu lui-même ». Qui ne verrait comme 'cette allégation est sans fondement et de mauvaise foi? Qui ne sait que nous vénérons seulement les saints et .que nous ne les adorons pas et qu'ils ne nous gênent pas dans notre

nous

marche vers . Dieu, mais qu'au contraire ils conduisent vers Dieu. Malheureusement il y a aussi des exagérations et des ,déviations dans le culte des saints, comme peut se déformer dans le monde tout ce qui se trouve entre des mains humaines. Mais

l'Église

elle-même intervient là où se manifestent

ces exagérations et ces déviations à la suite de l'ignorance religieuse. En revanche il est vrai que les hommes

ne savent pas facilement s'adapter à l'état d'âme du

Syrnb. d . Ap.

-

T .

VI

2

\

'

LE SYMBOLÈ

ÙÊS

APÔTRES

prochain et portent facilement des jugements et se scandalisent là même où il faudrait plutôt s'efforcer de comprendre la pensée d'autrui. Par exemple un cultivateur vient trouver son curé et lui dit : « Monsieur le curé, ma vache est malade. Voulez-vous dire une messe en l'honneur de

.

1. saint Antoine de Padoue, pour qu'elle guérisse ». :Le citadin en joint les mains. « N'est-ce pas là une exagération superstitieuse du culte des saints? » Mais celui qui sait ce que signifie une vache pour une famille nombreuse ne se scandalise pas età bon droit.

li Donnez-nous notre pain quotidi~n » voilà ce que le Sauveur nous a 'enseigné, nous avons aussi le droit de prier pour cela. Nous avons aussi le droit de dire:

« délivrez-nous du mal il, - or n'est-ce pas un mal ,pour une·pauvre fami11~ que la maladie de cet animal. b) Il n'y a donc de vrai que la seconde partie de l'objection, que nous demandons aux saints de nous servir d'intermédiaires auprès de Dieu? Oui, c'est exact.

Mais là se cache une vérité d'une psychologie si

~ délicate .que nous devons nous réjouir qu'il en soit aimi. ,

Plu~ l'on sent le vide béant entre la sainteté infinie " de Dieu et notre propre vie pécheresse, plus' nous nous tournons avec raison vers ceux qui se tiennent plus près de Dieu, vers ceux qui se sont' rapp1'Ochés de la sainteté de Dieu, vers les « amis de Dieu », vers les saints. Dieu les exauce plus volontiers, parce qu'ils

beau-

coup mieux prier que nous. Ne nous figurons pas que le saint se met à prononcer

le méritent plus que no~s et parce qu'ils savent

le méritent plus que no~s et parce qu'ils savent LA COMMUNION DES SAINTS devant Dieu un

LA

COMMUNION

DES

SAINTS

devant Dieu un grand discours en notre faveur, ce serait une conception trop humaine. Il suffit qu'il élève son regard vers Dieu et ce regard muet Lui dit :

Seigneur, moi, votre saint, je suis un enfant heureux auprès de vous. Mais venez en aide à tel ou tel de mes frères qui lutte encore dans la vallée de larmes,

afin qu'il vienne lUI aussi jusqu'ici. » Notre Église a soin également que dans nos prières adressées aux saints , nous n'oubliions jamais que c'est Dieu et Dieu seul qui exauce toute prière. Lisez n'importe quelle prière; à quelque saint qu'elle soit adressée, elle se termine toujours ainsi: « Par Jésus- Christ Notre-Seigneur ». Et nous ne cessons pas non plus d'affirmer que la chose la plus importante du culte des saints, c'est l'imitation de leur vie. Nous admirons les saints, - et nous faisons bien; nous demandons leur intercession,

- nous faisons bien encore; mais nous marchons sur

leurs traces et nous imitons la vie des saints, leurs vertus, leur héroïsme, - et c'est ce que nous faisons de mieux, .

c'est là le meilleur « culte des samh ".

Voilà, mes frères, la pensée sublime et rassurante, le conseil et le réconfort qui jaillissent de notre foi en la communion des saints. En vérité, c'est le dogme le plus social qui relie par les liens d'un amour généreux, secourable et réciproque les trois provinces du royaume de 'Dieu. Nous qui combattons encore sur la terre, nous sommes les écoliers du Père céleste : il nous faut

20 ' LE SYMBOLE

DES

APÔTRES

encore beaucoup lutter jus'qu'à ce que nous obtenions le diplôme qui nous donne droit au ciel. Il y a ensuite nos frères' 'qui souffrent dans le purgatoire; ils ont déjà en mains leur diplôme, mais ils attendent encore leur place; ils sont nos CI. diplômés sans situation Il. Et enfini! y a dans le ,ciel ceux qui ont reçu leur nomi- nation pour la vie éternelle: ce sont nos frères victorieux. Et en vérité, je ne vois pas ce qu'il y a de blâmable, quand nous, les enfants de l'Église militante, nous faisons passer nos faibles prières par la main des saints, nos frères victorieux : « Sainte Thérèse de l'Enfant Jésus, saint Émeric, Bienheureuse Vierge Marie, je vous confie le_soin de transmettre ma prière. Otez ce que j'y demande d'inutile; du hàut du bonheur du ciel, vous voyez ce qui m'est le plus nécessaire, ajou~ez­ le et transmettez-la à Dieu. Priez pour nous, samte Mère de Dieu, afin que nous devenions dignes des promesses du Christ Il. Aujourd'hui que l'amour désintéressé, l'aide du prochain, la bonne volonté et l'amitié fidèle deviennent de plus en plus rares, quelle sublime conviction de savoir que le catholique n'est pas laissé à lui-même mais que des millions d'âmes les plus nobles et les

meilleures élèvent pour lui des mains jointes dans la
1. prière vers le Tout-Puissantl Moi aussi je veux être un fils obéissant et un soldat de l'b'glise militante, afin d'être moins longtemps memb:e de ['Église souffrante et de pouvoir d'autant plus Vite entrer dans l'Église triomphante : dans le royaume éternel du Pere céleste. Amen.

[,

1

: dans le royaume éternel du Pere céleste. Amen. [, 1 II LA RÉMISSION DES pÉcIffis

II

LA RÉMISSION DES pÉcIffis ,

MES FRÈRES,

A peine y a-t-il un dogme de la fdi chrétienne qui

soit aussi consolant, aussi encourageant, aussi récon-

nous arrivons aujourd'hui

. fortant

que

celui

auquel

dans notre explication du '('( Credo » :. ('( Je crois à la

rémission des péchés Il. Je crois que dans notre sainte religion le désir perpétuel de l'homme qui soupire sous le poids de ses péchés se trouve apaisé par la délivrance du péché. Si bas que soit tombé l'homme pour s'être insurgé contre les commandements de Dieu, il n'est pas tombé assez bas pour perdre totalement le sens moral, pour ne pa~'entendre à certaines minutes plus calmes et plus pures pleurer en lui-même le désir d'être délivré 1 du péché. Les rites les plus émouvants des anciennes religions païennes font précisément entendre avec plus de force ce cri douloureux : apaiser la divinité que l'homme a offensée par le péché.

l

:1

,

22

LE

SYMBOLE

DES

APÔTRES

Mais si ardent que fût le désir de l'âme humaine d' obtenir la rémission de ses péchés; en dehors de la religion révélée, elle n'a eu aucune garantie de .l'avoir réellement,.Jrouvée. Tout est inutile de 'ce que ' nous faisons, c'est en vain que monte vers le ciel la fumée ' de nos sacrifices expiatoires, c'est en vain que l'âme humaine exhale des sentiments de repentir, tant que du côté de Dieu ne se fait pas entendre la réponse :

j'accepte cette satisfaction et je vous pardonne. La satisfaction humaine finie n'aurait jamais pu effacer les fautes commises contre Dieu infini. Aussi nous fallut-il attendre l'Homme-Dieu, Notre-Seigneur Jésus- Christ dont la mort expiatrice nous permet de dire réellement et avec une absolue certitude: « Je crois à la rémission des péchés. Maintenant je crois que Dieu véritablement nous pardonne ». Quelle réconfortante, quelle consolante doctrine!

que

Celui qui a, ne fut-ce qu'une fois, ' considéré

1 1. le péché existe réellement, et ensuite a appris que

Il. il Y a aussi une rémission des péchés, celui-là n'a pas besoin qu'on lui certifie que cet article de notre foi est réellement l'un de nos dogmes les plus réconfortants et les plus consolants.

l

LE

PÉCHÉ.

Qu'est-ce que le péché? -

dans

la

première

c' est la qU I' >;tiofi que ie

S<:lïllon

mon

pose

d'aujourd'hui.

pa~tie de

LA

RÉMISSION

DES

PÉCHÉS

tout d'abord répondre à ceux qui

nient purement et simplement le péché et en contestent

l'existence .dans le monde.

A) Il

me

faut

a) C'est incroyable. Comment peut-il y avoir des , gens pareils? Malheureusement il y en a. Nous sommes entourés de pseudophilosophes qui se trompent eux- mêmes, qui se plongent jusqu'au cou dans le péché, avalent l'iniquité comme l'eau et en même tenlPS , font ce raisonnement orgueilleux : le péché est un mot qu'on devrait aujourd'hui rayer du dictionnaire. Le péché à proprem~nt parler n'existe pas. Tout au plus pourrait-on dire que l'homme est faible, chancelle, est poussé de côté et d'autre par les passions; il ya donc des ' faiblesses, des imperfections, des passions, des défauts, des défectuosités, - mais il n'y a pas de péché. Quelle tragédie que la vie de bien des hommes! ils sont plongés jusqu'au cou dans le péché et ils nient l'existence du péché! Quelle terrible illusion : le péché fait rage autour de nous, comme un brasier ardent, et il y a des gens pour le nier purement et simplement 1 Des millions de malades, ·de fous, de malfaiteurs, de dégénérés, de meurtriers rendent témoignage jour pour jour à la vérité de ces paroles de l'Écriture: « Le péché est la ruine des peuples» (Proverbes, XIV, 34) - et il y a des hommes qui osent en nier l'existence. Que de larmes, que de sang, que de lamentations, ql!-e de malédictioD,s sont la c()nséquence du péché, - et il y a des hommes qui ne veulent pas en tirer de leçon!

Aujourd'hui il est de mode d'excuser le péché, de

», « le milieu )l. LE SYMBOLE DES APÔTRES l'expliquer et de le rejeter sur

», « le milieu )l.

», « le milieu )l. LE SYMBOLE DES APÔTRES l'expliquer et de le rejeter sur autrui.

LE

SYMBOLE

DES

APÔTRES

l'expliquer et de le rejeter sur autrui. Les anciens accusaient les astres et disaient qu'ils étaient nés « sous une mauvaise étoile ». L'homme actuel accuse « sa

complexion », «l'atavisme », « s~sancêtres

i< C'est ma nature qui est ainsi », « ce sont des penchants héréditaires », « c'est mon entourage et mes conditions de vie qui m'ont amené là » voilà les excuses que l'on entend.

b) Mes frères, nous aussi nous connaissons les lourdes lois de l'hérédité, - mais nous ne leur imputons pas , toute perversité. Le christianisme sait encore que l'édu- cation faussée ou négligée et un entourage mauvais peuvent beaucoup amoindrir la liberté de notre volonté, donc aussi notre responsabilité, - mais nous ne pouvons pas nier que nous aussi nous sommes plus ou moins responsables de nos actes. En dépit de tout atavisme et de toute prédisposition, en dépit de tout mauvais entourage et de toute éducation négligée, elles restent vraies, ces paroles de saint Jean:

Si nous disons que nous sommes sans péché, nous nous trompons nous-mêmes, et la vérité n'est point en nous» (le S. Jean, l, 8).

, Et elle reste également vraie, cette réflexion d'un écrivain autrichien : « Observez seulement quand un adulte regarde un enfant dans les yeux, comme son visage s'éclaire tout d'un coup, tandis que quand un enfant regarde dans le~,yeux une grande'~'personne, comme il devient grav( Quelle en est la cause? C'est que l'adulte Jette un regard en arrière sur le paradis qu'il a perdu, tandis que le petit enfant aperçoit un monde de tristesse et de péché qui l'effraye» (Rosegger).

Le

péché

LA

RÉMISSION

est ,donc

une

DES

PÉCHÉS

25

réalité;

malheureusement

une indéniable et triste réalité.

B) Il ne peut pas en être autrement aux yeux

de

celui qui a une religion et croit en Dieu. Il ne peut

pas nier l'existence du péché, il sait que le péché est une affreuse réalité, une chose teniblement tragique.

a) Lorsqut1 la volonté humaine résiste consciemment à la volonté de Dieu, c'est un plus grand malheur que n'importe quel autre qui puisse frapper l' homme sur la

terre. Si je me brise un pied, c'est une grande souffrance; si je perds ma fortune" c'est une grande épreuve; si , mon ami le plus cher vient à mourir, c'est un grand malheur, - mais tout cela ne touche pas mon âme dans ses relations avec Dieu. Mais quand arrive le péché; il ruine tout, il détruit tout. Il y a deux volontés en présence: la petite et misérable

volonté humaine en face de la volonté divine infinie. Deux esprits sont en présence: l'esprit créé de l'homme en face de l'Esprit créateur infini. Deux royaumes sont en présence: l'homme révolté lève la main contre '

b) Voulez-vous savoir ce que c'est que le péché ? Songez

seulement à ce qu'est Dieu. Dieu est le soleil vivifiant de l'âme, - et le péché est le nuage qui cache le,soleil à l'âme. Dieu est le centre magnétique de l'âme, - le péché est le poids qui l'attire en bas, loin de ce centre de vie, Dieu est la source de toute joie - « Vous nous avez créés pour vous, Seigneur, et notre cœur est inquiet, jusqu'à ce qu'il se repose en vous» (saint Augustin) -

le Dieu vivant.

Seigneur, et notre cœur est inquiet, jusqu'à ce qu'il se repose en vous» (saint Augustin) -

1

~~l'

26

LE

SYMBOLE

DES

APôTRES

le péché est ce qui ne nous laisse pas reposer dans le Seigneur. Comme un monstrueux ' poids de plomb, le péché pèse sur notre âme et l'attire vers le bas, dans l'abîme. Qui n'a pas encore éprouvé cette sensation? Qui n'a pas encore senti qu'être homme c'est être faible? De même qu'au dégel du printemps une boule de

neige roule sur 'la pente de la montagne et grossit de plus en plus, jusqu'à ce que finalement elle devienne une avalanche qui ravage tout avec un bruit de -tonnerre '

- de même au printemps de la création le péché s'est

mis en marche sur la route de l'humanité et depuis,

comme une avalanche dévastatrice, il a ' entraîné dans la ruine morale des ' millions d'hommes, jusqu'à ce

qu'un jour

par deux poutres en forme de croix, il y a dix-neuf siècles : la croix ensanglantée du Christ qui se dressait vers le ciel.

Et depuis, la puissance tyrannique du péché est brisée chez celui qui veut s'en affranchir. Depuis, il n'est plus l'esclave du péché, celui qui ne veut pas l'être. Depuis, nous pouvons faire cette prière avec une foi consolante : « Il y a une rémission des péchés. Je crois à la rémission des péchés )). Est-ce une réalité ou bien un rêve? Est-ce la vérité ou bien sommes-nous le jouet d'un mirage de notre imagination? Est-il bien vrai qu'il y ait une rémission des péchés? 'Être homme veut dire tomber. Mais sommes-nous obligés de rester par terre? Pouvons-nous nous relever? Pouvons-nous être purifiés? Y a-t-il une rémission des péchés?

cette avalanche du péché se trouva arrêtée

LA

HÉlVIlSSION

DES

PÉCHÉS

II

LA

RÉMISSION

DES

PlkHÉS.

Il y a une rémission des péchés. Ce sont les souffrances de Notre-Seigneur Jésus-Christ qui l'ont apportée. Le fleuve de sang qui a jailli de son Cœur ouvert sur la croix coule depuis sur le monde et le lave, le réchauffe, le. purifie : depuis, il y a une rémission des péchés

A) Lorsque Notre-Seigneur Jésus-Christ parle de la

rémission des péchés, comme sa langue est riche en images, comme elle est féconde en comparaisons, comme elle est ,inépuisable dans ses maximes. C'est compréhensible. En effet Il est venu pour cela sur la terre, c'était le but de toute sa vie terrestre. Un jour Il se compare au bon pasteur dont une brebis s'est égarée et qui quitte les quatre-vingt-dix- neuf autres pour aller à la recherche de la brebis perdue. Et quand il la retrouve, il s'écrie : ' «,Réjouissez-vous avec moi, parce que j'ai trouvé ma brebis qui était perdue. Ainsi je vous le dis, il y aura plus de joie dans le ciel pour un pécheur qui se repent, que pour quatre- vingt-dix-neuf justes qui n'ont pas besoin de pénitence )) (8. Luc, xv, 6-7). Non seulement' Dieu n'est pas fâché après la brebis perdue, puis retrouvée, mais Il la rapporte avec joie au bercail. Non seulement Il ferme les yeux sur les , péchés des pécheurs, non seulement Il les couvre,

mais Il

les efface

Si

bien que

le

pécheur converti

28 LE SYMBOLE DES APôTRES LA RÉMISSION DES PÉCHÉS 2 9 'devient devant Dieu aussi

28 LE SYMBOLE DES

APôTRES

LA

RÉMISSION

DES

PÉCHÉS

29

'devient devant Dieu aussi juste que l'homme innocent. Et dans le passage suivant de l'évangile Notre- Seigneur décrit le souci d'une femme q'ui cherche avec soin la pièce de monnaie perdue dans sa chambre et qui se réjouit, quand elle la retrouve (8. Luc, xv, 8 et suiv.). Une autre fois le Sauveur se désigne sous le nom de médecin : I( Ce ne sont pas ceux qui se portent bien qui ont besoin de médecin, mais les malades; je ne suis pas venu appeler les justes, mais les pécheurs Il . (S. Marc, II, 17). Puis c'est au paralytique, à Madeleine la pécheresse, à la femme surprise en adultère qu'Il adresse des paroles de pardon. Il raconte aussi la parabole émou- vante et édifiante de l'enfant prodigue. Et même à, sa mort ses dernières paroles furent un cri de pardon :

nous baptiser de nouveau avec les larmes du r~pentir Il . (S. Bernard).

Notre grand Pazmany a une comparaison, bien intéressante - peut-être un peu exagérée,'" - par laquelle il compare l'homme qui fuit devant la voix de sa conscience à u~e vieille femme. Auparavant elle aimait son miroir - dit Pazmany - mais depuis , qu'elle a découvert de vilaines rides sur son visage, elle l'a cassé et voudrait supprimer tous les miroirs. Le pécheur non plus n'aime pas regarder dans les profondeurs de son âme, parce qu'il y verrait la laideur de ses propres péchés. Les grands pécheurs n'aiment pas de se confesser, tout comme les personnes laides n'aiment pas de se regarder dans un miroir. Mais la réciproque aussi est vraie : celui qui se confesse fréquemment et avec joie ne peut pas être un homme laid et désordonné, parce que la confession est un grand nettoyage. b) Mais elle est encore davantage: elle est un réveil de l'âme après un cauchemar (mais ce n'était pas un rêve, c'était une douloureuse réalité), une sensation de déli- t'rance d'un lourd fardeau.

Sur les montagnes de la vie roulent sans cesse des avalanches dévastatrices, des blocs de rochers, des éboulements écrasent de leur masse les âmes. Ah! quelle bénédiction de pouvoir nous en dégager, de pouvoir soulever cette masse de pierres, de n'être pas obligés de traîner toute une vie avec nous ce qui a roulé sur nous. On connaît des cas émouvants où l'âme soupire

« En vérité je te le dis, tu seras aujourd'hui avec moi dans le paradis Il (S. Luc, XXIII, 43). Après tout cela nous pouvons réellement faire avec joie cette prière : Je crois à la rémission des péchés.
1

Je crois que je ne suis pas obligé de traîner éternel- lement avec moi le triste fardeau du péché. E) Après tout ce que je vien.s de dire, je comprends déjà ce que c'est que le ~acrement de pénitence. a) Qu'est-ce que la confession? Un grand nettoyage. On ouvre les portes ' et les fenêtres, tous les coins sont balayés, o'nr-ôte la boue et les saletés, on reinet tous les meubles en place et ensuite on respire l'air pur et frais. «Les larmes du repentir sont comme le baptême; et parce qu'on ne peut pas recommencer ' le sacre- ment de baptême, nous devons pour ainsi dire

de toutes ses forces après le

-

.

Dieu qu'elle a perdu. J'ai

,

LE

SY MBO L E

Dl,S

APÔTRES

entendu parler d'un h.omme qui n'avait pas reçu l'abs.oluti.on de ses péchés. C'est terrible rien que de le dire: il n'a pas reçu l'abs.oluti.on. Quel genre de péché était-ce d.onc qu'il n'en ait pas .obtenu l'abs.oluti.on? C'est le péché d.ont .on ne se repent pas. Le péché qu'.on ne veut pas aban- d.onner. Si quelqu'un vit dans des c.onditi.ons c.oupables, s'il n'est pas marié c.onf.ormément aux l.ois de Dieu et s'il ne veut pas cesser ces relati.ons. P.our celui-là il n'y a ni c.onfessi.on ni abs.olution. Et savez-vous ce qu'a fait le malheureux, quand il n'a plus pu supp.orter les rem.ords de sa c.onscience? Il alla passer l'été dans un village serbe et alla c.ommunier dans une église schismatique serbe - de manière. à apaiser son âme inquiète. Sans d.oute ce n'était qu'une illusi.on, de la p.oudre aux yeux, un leurre; mais n'est-ce pas une preuve criante c.omme n.otre âme s.oupire après le pard.on divin 1 Quelle j.oie, quel réveil, quelle délivrance, .l.orsque n.ous p.ouv.ons dire en confession: C'est vrai, Seigneur, j e sui s un grand pécheur, mais est-ce que le r.oi David ne l'était pas aussi et Dieu a pard.onné à ses larmes. Et Mad~leine, l.orsqu'elle se prosternait à vo~ pieds et il a été pardonné à son repentir. Et Pierre, et cepen- dant Vous avez pard.onné à ses pleurs. Auj.ourd'hui

aussi elles' sont vraies,

par le r.oi pénitent : « Seigneur, V.ous ne mépriserez pas un cœur contrit et humilié» (Psaume L, 19). La c.onfessi.on est réellement une grande délivrance. c) Mais elle est enc.ore autre ch.ose : une soupape de

les paroles dites à v.otre sujet

: une soupape de les paroles dites à v.otre sujet LA RÉMISSION DES PÉCHÉS sûreté, un

LA

RÉMISSION

DES

PÉCHÉS

sûreté, un bureau d'assurance sur la vie, un bain apaisant pour ['âme. Que de d.ouleurs' amères, de décepti.ons, de chutes, de mal entendus, de luttes m.orales boule- ,versent n.otre vie et nous jettent à terre découragés, - mais la confessi.on app.orte s.on dérivatif à cette tension de l'âme. Qui n'a pas enc.ore senti c.omment après une b.onne c.onfessi.on l'â~e est devenue plus gaie, plus f.orte, plus apte à la lutte 1 Que de f.ois il s'est pr.oduit p.our n.ous quelque ch.ose de semblable à ce qui est arrivé au plus grand des H.ongr.ois, le c.omte Étienne Széchenyi. C'était en 1819, Széchenyi al.ors âgé de 28 ans, v.oyageait en Italie. Il fit sa c.onfessi.on pascale à Catane, puis alla à la mer p.our s'y baigner et peu s'en fallut qu'il ne se n.oyât. « L'eau était très f.ortement agitée, écrit-il dans s.on J.ournal. Une gr.osse vague me jeta c.ontre un r.ocher, si bien que je perdis presque connaissance Aucune aide dans le v.oisinage. Je tâchai de nager vers la digue, mais le c.ourant me rejetait c.ontre le r.ocher avec tant de f.orce que j'aurais eu la tête brisée si je n'avais pas étendu mes mains en avant. Mes .ongles se cassèrent et je fus de n.ouveau précipité dans l'eau pr.of.onde. Je voyais nettement le danger de me noyer, mais la pensée qu'une demi-heu re aupa ravant je m'étais .offert en sacrifice à Dieu me fut une douce c.ons.olàtion. Je suis donc en règle, pensai-je en moi-' même et je sentis que ce serait de la lâcheté de me rendre aussi facilement. Ayant retrouvé entièrement ma présence d'esprit, de toutes mes f.orc~sje m'écartai de ce r.ocher dangereux et je nageai vers la pleine mer

.où je fus h.ors ~e péril et pus attendre la

p e tite ba rq ue

DES APôTRES » (Friedrich, 71). 3 2 LE' SYMBOLE de sauvetage. J'avais déjà été plusieurs

DES

APôTRES

» (Friedrich,

71).

3 2

LE' SYMBOLE

de sauvetage. J'avais déjà été plusieurs fois en danger de mort, mais jamais je ne serais parti dans l'autre

monde aussi satisfait et aussi heureux

Vie d'Étienne Széchenyi, l,

Un tel état d'esprit met en vive lumière ce passage bien connu de la Sainte Écriture : « De même que par un seul homme le péché est entré dans le monde, et

passé dans

par le péché la mort

de même la mort a

tous les hommes, parce que tous ont péché n (Romains, v, 12). Suivant la Sainte Écriture, la cause de la mort, la cause de toutes les souffrances, de tous ' les maux, de toutes les maladies,' c'est le péché. Mais s'il est vrai ' que le péché est la source de la maladie, il doit aussi

être vrai que la rémission des péchés est la source de la

santé. C'est le péché qui donne naissance à l'inquiétude qui ronge les âmes, c'est la rémission des péchés qui apaise cette inquiétude. Si le péché est le ver qui ronge l'arbre de l'âme, la rémission des péchés est la rosée qui fait fleurir l'arbre de l'âme. Si le péché produit une psychose morbide et la neurasthénie, le confes- sionnal est un cabinet de psychothérapie de premier ordre. S'il est vrai que la neurose n'est essentiellement pas autre chose qu'un déséquilibre du système nerveux, alors nous comprenons que le pécheur tombe si aisé- ment dans cè'trouble maladif, car l'Écclésiaste disait , déjà: «Craignez Dieu et observez ses commandements,

car c'est là tout l'homme n (XII, 13). Celui qui n'observe pas les commandements de Dieu ' n'est, donc pas un

,

.'

'"

J

:

homme « total Il, un homme « bien
1

~:

'1

:1

.

portant n; en revanche

celui qui se confesse souvent et joyeusement ne peut

pas avoir l'âme aigrie, ne peut pas être pessimiste.

LA

RÉMISSION

DES

PÉCHÉS

33

Voilà les relations indéniables qui existent entre la confessIon et la santé.

e) A celui qui a bien réfléchi sur ces choses on n'est pas obligé de lui commander d'aller se confesser, on n'est pas obligé de l'encourager davantage à aller se confesser fréquemment, car c'est avec joie qu'il

cherchera l'occasion de purifier de ' plus en plus souvent son âme.

les

a)

L'Église

prescrit,

fidèles

s'approchent

 

,-

comme

minimum,

que

tous

du

sacrement

de

pénitence

au moins une fois chaque année.

Quelle douleur de voir qu'il y a encore des hommes pour lesquels c'est encore trop et qui n'observent pas cet ordrel

« Dites-moi, avez-vous fait cette année votre confes- sion pascale?

-

Sûrement non. Vous savez, la confession m'agite '

- Elle vous agite? Et quand vous vous êtes

toujours beaucoup.

refroidi,

- En voilà une question. Qu'est-ce qui vous passe par l'esprit? Qu'est-ce que je fais? Je prends une

tasse de thé bien chaud et j'avale un cachet d'aspirine.

qu'est-ce que vous faites?

- Dites-moi, cela ne vous agite pas?

- Et comment?

- Eh bien, vous voyez! Pour vous débarrasser d'un

rhume, vous êtes prêt à prendre un excitant; mais pour vous débarrasser du péché, vous ne voulez pas Du reste j'ai un moyen sûr pO\lr que la confession ne vous excite pas: n'allez pas vous confesser une seu~e

Symb. d. Ap.

-

~'. VI

3

,i,

,

l'

,i, , l' 3 4 LE SYMBOLE DES APÔTRES fois dans l'année, mais plus souvent. Plus

34

LE

SYMBOLE

DES

APÔTRES

fois dans l'année, mais plus souvent. Plus vous Irez fréquemdient, moins vous serez agité)J. '" h) En vérité, celui qui veut mener une vie réellèment chrétienne se confesse souvent et ne se contente pas d'une seule confession par an. C'est avec joie que nous pouvons constater combien il y a de chrétiens, et comme leur chiffre grandit sans cesse, qui viennent se confesser plusieurs fois dans l'année et même chaque mois, parce qu'ils savent que la confession fréquente rafraîchit et embellit leur âme et lui communique un charme

nierveilleux~

Aujourd'hui - grâce à Dieu - le temps est passé pù la confession fréquente suscitait l'étonnement ou peut-être même scandalisait. « Voyez combien il doit avoir de péchés pour aller si souvent se confesser! Moi, je n'y vais qu'une fois par an )J - disaient ceux qui jugent à la légère . ,Pourtant ils auraient dû se faire cette réflexion: quel est donc le plus sale, celui qui se ' lave tous les jours ou celui qui se lave une seule fois dans l'année? Sans doute, il y a de ces ménagères qui ne balayent que quand une montagne de saleté est dans la chambre; les autres par contre essuient trois fois par jour la fine poussière du piano et trouvent toujours quelque chose à nettoyer. Celui qui se confesse souvent ressemble à une ména- gère à l'œil perçant et à l'âme délicate dont l'instinct de propreté ne s'offusque pas seulement .des montagnes de saleté, ' mais voudrait être débarrassée même de la poussière; il se confesse souvent, non pas parce qu'il a beaucoup de Péchés, mais justement pour ne pas avoir beaucoup de péchés.

LA

RÉMISSION

DES

PÉCHÉS

35

Mes frères, il a été question dans le sermon de ce jour d'une chose bien triste, de la grande tragédie humaine, du péché; Mais il a encore été question de '

la grande miséricorde de Dieu: la rémission des péchés. Tomber est humain; se relever appartient 'à' la misériCorde de Dieu. Nous pouvons tous tomber - c'est le tragique de la vie humaine; mais nous pouvons tous aussi nous relever - c'est la consolation de la foi chrétienne. Si nous nous repentons, ne craignons

rien

nous confessons nos péchés, Dieu est fidèle et juste, pour nous pardonner et nous purifier de toute iniquité Il (le S. Jean, l, 9). Sans doute, n'oublions pas que la première condition de toute rémission des péchés est celle-ci : nous corriger" changer de vie. Agenouillons-nous donc avec joie au confessionnal, puis relevons-nous l'âme soulagée, mais ensuite - respectons notre âme ainsi purifiée. Votre âme est'un miroir qui reflète l'image de Dieu - ne l'obscurcissez pàs. Votre âme est un vase précieux - ne le brisez pas. Votre âme est une harpe sur laquelle les doigts de , Dieu jouent une merveilleuse mélodie - ne.la désac-

cordez pas

:

le

sang du

Christ est

plus fo r t que tout. « Si

pas : le sang du Christ est plus fo r t que tout. « Si '

'

Votre âme est un oiseau craintif -

ne l'épouvantez

pas.

-'i

i'

LE

SYMBOLE

DES

APÔTI~ES

-'i i' LE SYMBOLE DES APÔTI~ES Votre âme est une source cristalline - ne la souillez

Votre âme est une source cristalline - ne la souillez

pas. Votre âme est une fleur blanche comme la neige et pleine de fraîcheur - ne la jetez pas dans la boue. Votre âme est une flamme - ne l'éteignez pas. Votrç âme soupire après Dieu - ne l'étouffez pas.

Votre âme

votre âme est l'enfant chéri de Dieu, .

,un ange descendu du ciel - vivez donc, me!' frères,

de manière à pouvoir un jour retourner dans le royaume de

Dieu. Amen.

pouvoir un jour retourner dans le royaume de Dieu. Amen. r III LE SACREMENT DE PÉNITENCE

r

III

LE SACREMENT DE PÉNITENCE

MES

FRÈRES,

Depuis que le premier couple humain est tombé dans le péché, l'histoire de l'humanité n'est plus que le désir ardent de l'affranchissement du péché" de la purification. Quand nous étudions l'histoire de l'anti- quité, nous avons le cœur se!ré en voyant comment les païens, les hommes d'avant le Christ cherchaient cet affranchissement -du péché. Comme ils faisaient de nombreuses ablutions, comme ils immolaient leurs plus beaux animaux, comme ils allaient jusqu'à brûler leurs propres enfants, pour se réconcilier avec la divinité offensée. Et ce que l'homme avait toujours èherché, mais n'avait pu trouver, devint une réalité bénie dans le christianisme. Le péché est une offense, une révolte si .monstrueuse contre Dieu que l'homme laissé à lui~même n'aurait jamais pu le réparer par ses propres forces; mais \ le Fils de Dieu est venu : parmi nous;

,

LE

SYMBOLE

DES

APÔTRFS

par sa mort Il a vaincu le ,péché et celui qui devient

participant des mérites du Christ est pour ainsi dire
"

vainqueur du péché, purifié du péché : Dieu lui a pard<J,Pné ses péchés. Le péché est un malheur si intolérable, un tourment si torturant, une malédiction si angoissante que l'homme respire involontairement, lorsqu'il entend parler de pardon des péchés et qu'il répète de tout cœur cet article de notre foi: « Je crois à la rémission des péchés ». Mais pour obtenir la rémission des péchés il faut remplir certaines conditions, il faut la réception du sacrement de pénitence, - et c'est là que certains se mettent à critiquer sans comprendre. Pourquoi n'admettrais-je pas la rémission des péchés? Seulement je voudrais discuter avec Dieu, en tête à tête avec Dieu et non , pas me confesser. Non, non; pas cela, me confesser! C'est un devoir malaisé. Un geste superflu. Je n'en vois pas la nécessité. Nous allons donc tâcher dans le sermon d'aujourd'hui de répondre à ces deux questions : La confession est- elle réellement nécessaire pour obtenir la rémission de ses péchés? Le Christ a-t-il réellement institué

l"

,.

la confession?

Et nous verrons que 1. Notre - Seigneur

Jésus-Christ a

réellement instit~é la confession. II

La '

confession répond éminemment à la nature humaine et III. Elle est un véritable bienfait pour l'humanité~

,

Elle est un véritable bienfait pour l' humanité~ , C'EST LE LE SACREMENT DE PÉNI1'liNCE

C'EST

LE

LE

SACREMENT

DE

PÉNI1'liNCE

 

1

CHRIST

QUI

A

INSTITUÉ

fLA

39

CONFESSION.

La confession est nécessaire pour obtenir le pardon du péché, car c'est la volonté de Notre-Seigneur Jésus-Christ qui a institué le sacrement de pénitence. A) Notre-Seigneur Jésus-Christ est mort pour nous il y a 19 siècles et par sa mort Il nous a rachetés du péché. Mais immédiatement se pose cette question :

Comment actuellement puis-je participer au trésor de la rédemption que le Christ a amassé pour le monde par ses souffrances? Quels sont les moyens qui amèneront dans mon âme les 'mérites de la Rédemption?

a) Le premier de ces moyens est le baptême. Quand

nous recevons le baptême, nous devenons d'une manière mystérieuse membres du corps du Christ et en considération de Ses mérites, Dieu nous pardonne tous nos péchés. Mais le Sauveur savait bien que l'homme tombe facilement. Il savait qu'après le baptême nous aurions de nouveau besoin d'un moyen pour effacer le péché

et c'est pourquoi Il a donné un autre pouvoir à ses apôtres: le sacrement de pénitence, où par l'entremise ' du confesseur nous obtenons le pardon de nps péchés.

b) « Mais pourquoi un intermédiaire? - pourrait-on

dire. "Dieu ne pourrait-Il pas aussi bien ''''pardonner

les péchés, si je m'en repentais en moi-même dans le silence? Ou bien si nous nous réunissions à l'église et

,.
,.

1

i

,

"II

l,

,

'II

1

1 i , "II l, , 'II 1 LE SYMBOLE DES APôTRES récitio~s des paroles de

LE

SYMBOLE

DES

APôTRES

récitio~sdes paroles de repentir? Pourquoi l'intermé- diaire d'un prêtre? Pourquoi la confession au prêtre? » Eh bien 1 demandez-le à Notre-Seigneur! C'est Lui qui en a ainsi décidé. Demandez-Lui pourquoi! N'est -il pa~ tout naturel que la partie offensée décide la manière 'dont il faudra lui rendre raison. Je ne me confesse pas à un prêtre - disait un jour un homme à son épouse qui voulait le décider à se confesser. Moi non plus - répondit doucement la femme. Toi non plus? Mais tu vas te confesser tous les mois à un prêtre. Et toi, tu ne vas peut-être pas tous les jours au télé- phone? Mais est-ce au téléphone qùe tu parles de tes affaires ou bien à ceux à qui tu téléphones? Je vais de la même manière me confesser au prêtre : il n'est que le remplaçant, le représentant, l'instrument. Et Dieu a le droit de déterminer cet instrument. Si tu ne veux pas avoir 'recours à cet instrument, tu te feras du tort à toi-même, exactement comme si tu ne voulais pas te servir du téléphone. C'est vrai, Notre-Seigneur Jésus-Christ pourrait nous faire participer directement aux mérites de la Rédemption. Mais Il ne l'a pas voulu. Ni dans la rémission des péchés ni ailleurs. Et n'est-ce pas un procédé singulier que quelqu'un ne se confesse pas, mais s'arrange « en tête à tête » avec Dieu? alors pourquoi ne pas se baptiser soi-même? Pourquoi faut-il le prêtre? Pourquoi faut-il un ministre de la confirmation? Et il n'en faudrait pas pour le sacrement de pénitence?

LE

SACREMENT

DE

PÉNITENCE

1 B) Celui qui connaît l'Évangile ne peut douter un seul instant que Notre-Seigneur Jésus-Christ a réellement institué le sacrement de pénitence pour la rémission des péchés;

a) Comme il est émouvant le moment où Notre -

Seigneur Jésus-Christ le jour de sa résurrection, au soir

de Pâques, apparut pour la première fois à ses apôtres! Quelles seront les premières paroles qu'Il leur adres-

sera? Quel sera l'important message qu'Il va éommu'" niquer à l'humanité après sa résurrection? Les Évangiles décrivent en détail cette scène où le Sauveur confère aux apôtres le pouvoir de remettre les péchés.

, « La paix soit avec vous )l - tel est le salut du Màître

à ses apôtres. « La paix soit avec vous ». La paix que je veux donner aux âmes, je veux la leur donner par la rémission des péchés. Et Il leur montre ses plaies; Il veut par là les avertir de .relever les pécheurs avec le même amour qu'Il 'a Inontré par sa mort. Puis Il leur dit : « Comme mon Père m'a envoyé, moi aussi je vous envoie» (S. Jean, xx, 21). Avez-vous entendu, mes frères? De même que le Père a envoyé le Christ, Lui aussi envoie à présent

les apôtres. Or nous savons comment et pourquoi le Père L'a envoyé. Notre-Seigneur Jésus-Christ s'est en effet appliqué les paroles suivantes d'haïe: « L'Esprit du Seigneur est sur moi, parce qu'il m'a consacré

pour porter ' la bonne nouvelle aux

pauvres, et il m'a envoyé guérir ceux qui ont le cœur brisé » (S. Luc, IV, 18). Et c'est p'our cela qu'Il envoie

par son onction,

à présent les apôtres.

LE

SYMBOLE DES

APôTRES

« Après ces paroles, il .soufRa sur eux et leur dit :

Recevez le Saint-Esprit. Ceux à qui vous remettrez leurs péchés, ils leur seront remis; et ceux à qui vous les retiendrez, ils leur seront retenus» (S. Jean, xx,

22 -23)·

, Aurait-Il pu parler plus clairement? Il Y a dans la Sainte Écriture des phrases difficiles à comprendre et qu'il faut expliquer, - mais il ne s'y trouve peut-être pas un passàge plus clair que cel~i-ci. Ces paroles sont si connues, on les a si souvent entendues, - cependant comme on pourrait' les méditer 1 Les méditer et - les admirer. Oui, les

admi,rer~ Car - humainement

pouvait vraiment pas attendre du Christ ressuscité. Qu'aurions-nous attendu, humainement parlant, du Christ qui avait triomphé de ses ennemis et apparaissait pour la première fois dans l'éclat de sa victoire sur la mort au milieu des apôtres craintifs et démoralisés? Qu'aurions-nous attendu? Qu'Il parlât avec un enthou- siasme de triompllateur, car Il était de nouveau en vie, car le ,mal ne Uavait pas vaincu. Nous aurions attendu qu'Il ouvrît la bouche pour prononcer des paroles de vengeance et de châtiment : Maintenant tremblez, Pilate, Hérode, Caïphe, peuple pervers et vous pécheursJ Oui, - c'est àinsi que nous aurions pensé. Et le Christ vainqueur ouvre en effet la bouche et prononce « sa vengeance » : « Les péchés seront remis à ceux à qui vous les remettrez .». Voilà la vengeance sublime du Christ victorieux. Et depuis, chaque fois qu'un prêtre lève les mains et fait un signe de croix en disant

parlant - on ne les

et fait un signe de croix en disant parlant - on ne les LE SACREMENT DE

LE SACREMENT

DE - PÉNITENCE

~

43

sur nous: « Ego te absolvo a peccatis tuis », «je t'absous de tes péchés », retentit comme un écho dans le ciel :

« Tes péchés te sont remis ». b) Cependant -:- pourrait-on dire - il n'est nullement question ici de confesser ses péchés, mais seulement de leur pardon. Où est -il ordonné de se confesser? Or la confession est réellement comprise dans ces paroles QU Christ : « Ceux à qui vous remettrez les

péchés

veut dire : examinez les pécheurs pour chaque , cas

particulier. Ne leur donnez pas aveuglément l'abso-

lution, mais suivant les dispositions d'âme de chacun en partiéulier. Dans des circonstances extraordinaires, les souverains proclament une amnistie; mais elle

n'est pas accordée aveuglément à

à fond les dossiers des coupables et leurs dispositions

actuelles, leur conduite en prison, leur repentir, leur

dessein de s'améliorer

publie continuellement une amnistie, mais Il confie à ses prêtres le soin d'examiner et de déterminer ceux

qui en sont dignes. Et il ne suffirait aucunement de réciter en commun et en public le « Je confesse à Dieu» : « Nous recon- naissons que nous sommes pécheurs; Seigneur, par- donnez-nous 1 li Ce n'est réellement pas suffisant ' pour prononcer un jugement. Les apôtres devaient rendre une sentence : ou bien pardonnez les péchés

ou bien ne ,le fai,tes pas. Mais

:

»,

« ceux

à

qui vous les

retiendrez

» Cela

chacun; on ·examine

Notre-Seigneur Jésus-Christ

on ne.~peut le faire

consciencieusement"qu'en jetant un coup d'œil dans les âmes. Si le Christ n'avait donné à ses apôtres que le pouvoir de pardonner les péchés, alors il aurait suffi

"

" HUMAINE. dl l' " 4 4 d'une accusation générale. Mais Il a dit aussi de

HUMAINE.

dl

l'

"

44

d'une accusation générale. Mais Il a dit aussi de les retenir à certains; aussi l'Église exige-t-elle de chacun une accusation particulière que nous appelons confession.

LE

SYMBOLE

DES

APÔTRES

",

Il

RÉPOND

A

LA

CON F ESSION

LA

NATURE

j' I

,1:

, ';1

Après avoir vu clairement que la confession répond réellement à la volonté du Christ, nous n'avons pas ,le droit de négliger une seconde circonstance. Celle-ci notamment que Notre-Seigneur, en nous faisant une obligation de la confession, a donné satisfaction à un désir naturel qui vit au fond de l'âme humaine. La nature humaine aussi exige la confession et en demande la possibilité. a) Si le Christ n'avait pas prescrit la confession, un saint et profond désir du cœur humain serait demeuré massouvt.

En effet le cœur humain désire soulagement et

" apaisement en s'épanchant et en se confiant à d'autres. , Quelle chose terrible que de porter en secret un lourd fardeau l ,II Y a de quoi en perdre la raison. N'avez-vous pas entendu parler de ce meurtrier qui après de longues années s'est présenté de lui-même au commissariat de police : « Je suis un assassin. Mais je n'en puis pl~s. Faites de moi ce que vous voulez ll. A l'occasion d'une visite de malade, Gœthe disait:

n:

.

.

l

,

I

ri

i

« Autrefois (c'est-à-dire: au temps du catholicisme)

LE

SACREMENT

DE

PÉNIT ENCE

45

on pouvait confier à autrui (c'est-à-dire: ,aux prêtres) le soin de soulager sa conscience. Mais à présent chacun est obligé de porter lui-même le poids de sa conscience et perd ainsi la force d'être en harmonie avec soi-même. On n'aurait jamais dû ôter aux hommes la confession ll.

b) En vérité, la confession est un moyen si remar -

quable pour une vie sérieusement religieuse et l'édu- , cation de l'âme qu'actuellement des sectes qui se sont

cette institution qu' elles

avaient supprimée. Chaque fois que je rencontre quelqu'un qui gémit sous le poids des graves problèmes de la vie, mais n'a

pas l'habitude de se confesser, je songe à Clément Brentano, le célèbre écrivain allemand, qui cherchait un apaisement dans ses doutes spirituels, mais n'en trouvait pas. La fille d'un pasteur protestant, Louise Hensel - qui plus tard devint catholique - dit ~n jour au jeune désespéré : « Vous êtes pourtant catho- lique. Vous êtes heureux. Vous avez la confession ». Et Brentano écrivait plus tard avec honte : « II a fallu que la fille d'un pasteur protestant me donnât le conseil d'aller me confesser ». Le 17 février 1817 il fit devant le curé de Sainte Hedwige à Berlin une confes- sion générale. Après la confession le prêtre embrassa son péniten~ qui avait les larmes aux yeux et dont la confession avait fait un homme nouveau : le désespéré

séparées

de

nous

réclament

devenait

le chantre enthousiaste des souffrances du

Christ.

Autrefois on accusait la confession' d' être « un

chevalet de torture ll,

une (( boucherie spirituelle ». M a is aujourd'hui les

urie (( chambre de supplice »,

.

LE

SYMBOLE

DES

APÔTRES

constatations psychologiques les plus modernes pren- nent la défense de la confession et louent hautement la divine pédagogie de l'Église catholique. En effet n'est-ce pas l'honneur du catholicisme d'avoir fait une obligation de confesser au prêtre les péchés, qui pèsent d'un si grand poids sur nos âmes" et cela des siècles avant que la psychologie moderne n'ait connu l'existence de ce fait. Quel fait? Que les événements et les secrets importants com- primés au dedans de nous sont comme des bêtes féroces enfermées dans une cave qui rugissent dans les profondeurs de notre · âme, la rongent et nous ëonduisent à une dépression nerveuse totale, et que nous ne pouvons pas retrouver le calme, tant que nous ne les avons pas communiqués à d'autres.

,

III

LA CONFESSION EST UN GRAND BIENFAIT POUR L'HUMANITÉ

Mais s'il en est ainsi, alors nous avons le droit, en nous appuyant sur cette constatatioI). de la psychologie la plus moderne, d'affirmer, que la confession est un grand bienfait -pour l'humanité. A) Un bienfait pour l'individu, et B) 'un bienfait pour la société. A) La confession est d'une telle utilité spirituelle pour l'individu que nous devons en être profondément reconnaissants à notre sainte religion.

LE SACREMENT

DE

PÉNITENCE

47

a) Sans doute, l'aveu de nos péchés est toujours une tâche difficile et pénible, mais n'oublions pas les nombreux avantages qui en découlent. Ainsi par exemple, dans cette confession obligatoire de nos péchés se trouve une force qui nous détourne du péché. Dans bien des tentations nous trouvons l'énergie de résister, en nous disant : Je ne le ferai pas, car il me serait pénible de le confesser. Ensuite l'homme est toujours favorablement disposé pour lui-même. Quel bienfait que je puisse découvrir les plaies de mon âme à quelqu'un - àun père spirituel versé dans les choses de l'âme et obligé . au secret jusqu'à la tombe -, qui sait juger impartialement et indiquer les défauts qui commencent et peuvent plus tard revêtir un caractère dangereux ou bien m'avertir sérieusement de la nocivité de telles habitudes que le jugement indulgent de l'amour-propre nous montre entièrement innocentes. N'oublions pas non plus que l'humiliation qui accompagne l'aveu du péché est une partie de la péni- tence et de la satisfaction. ({ Je n'entrerai pas dans la chambre de torture qui s'appelle le confessionnal» - disent les gens super- ficiels. Mais n'est-il pas curieux que ceux qui parlent ainsi ne vont justement pas se confesser. Or ils ne sont pas 'qualifiés pour juger de ce qu'ils ne connaissent pas. Si ceux qui se confessent fréquemment . parlaient ainsi, je pourrais les croire. Mais précisément ceux-ci jugent autrement. Pour eux, la confession n'est pas un supplice, mais le geste le plus saint, le plus profond, le plus bienfaisant pour leur âme. Elle est réellement

LE

SYMBOLE

DES

APôTRES

'

le renouvellement quotidien de la légende du crucifix de Würzbourg.

crucifix

remarquable. Les bras du Sauveur en croix ne sont pas étendus, mais avancés et joints. Voici ce que la légende raconte au sujet de ce crucifix. Lorsque les Suédois prirent Würzbourg et commencèrent le pillage, un soldat pénétra de nuit dans l'église et voulut enlever de la tête du Sauveur sa couronne d'or. Mais qu'arriva-t-il? Les bras du Christ se détachèrent de la croix, entourèrent le misérable et le tinrent fortement. Le lendemain matin on trouva le malheureux dans les bras du Sauveur, le visage baigné de larmes, le cœur plein de repentir. Il rentra en lui-même, fit pénitence et devint catholique.

Mais ce qui n'est qu'une légende se réalise jour pour jour dans la confession par la miséricorde de

Dieu : Il prend le pécheur dans ses bras et ne le lâche pas, tant qu'il ne se convertit pas, tant ' qu'il ne lave pas ses péchés dans ses larmes.

Il n'y a pas de confesseur qui n'ait vu une fois dans S;.l vie cet instant grandiose où un homme qui ne se confessait plus depuis 'longtemps, depuis des années, des dizaines~d'années, se décide enfin sous le coup de la souffrance, à l'occasion d'un deuil ou d'unè-'mission, à se confesser et s'agenouille au confessionnal, le cœur

,

b) Il y ' a dans une église de Würzbourg un

.

battant bien fort

fermée s'ouvre pour l'aveu de ses fautes, les larmes de repentir se mettent à couler et quand à la fin de sa . confession il se relève, il lui ' semble que son cœur va éclater de joie: Dieu soit béni de m'avoir fait cette grâce.

niais

dès que cette bouche longtemps

LE

SACREMENT

DE

PÉNITENCE

4-9

B) Mais la confession n'est pas seulement un

bienfait pour l'individu, elle l'est encore pour toute la '

société. ,

a) Le symptôme le plus alarmant qui . se rencontre dans l'homme d'aujourd'hui c'est que chez lui la conscience de sa culpabilité s'est obnubilée en même temps que s'est affaibli le dçsir de la purification. Depuis qu'a eu lieu le péché du premier couple humain, tous les hommes - la Vierge Marie exceptée - ont péché. Personne parmi nous ne peut dire: 'Je suis pur ' de tout péché. La question décisive est donc de savoir si l'on se sent pécheur, si l'on est convaincu de sa culpa,bilité, si l'on s'en inquiète et si l'on voudrait s'en affranchir. 1 Et si le monde actuel sait encore ce que c'est que le ' péché, ce que c'est que l'examen de conscience, ce que c'est que la contrition, ce que c'est que la satisfaction, i~ le sait par notre sacrement de pénitence. Le confessionmtl sera un jour ou l'autre le seul rempart de la morale chrétienne, le défenseUr de l'indissolubilité du mariage, du droit de l'enfant à la vie, de la pureté des mœurs, de l'innocence de la jeunesse. En vérité il n'y a pas d'exagération à soutenir que l'état, la collectivité, la société, la vie humaine doivent leur plus précieuse valeur morale à la force vivifiante et moralisatrice du confessionnal. b)"Ah! si tous les hommes allaient à confesse, comme la société ne serait pas menacée par le bouleversement et le désordre des esprits dans lesquels elle se traîne actuellement. L'âme humaine a des profondeurs et des abîmes effrayants, dont l'obscurité et la saleté ne

Symh. rl.

Ap,

-

cr,

YI

4

l,

50

LE

SYMBOLE

DES

APÔTRES

peuvent disparaître que par la grâce du sacrement de pénitence.

: quelle

tranqulilité pour ses parents que le premier moyen

Regardez ce petit enfant qui se confesse

d'éducation du monde soit à l'œuvre dans cette âme 1
1 Regardez cet adolescent qui se confesse : quelle

fo :ce victorieuse il acquielt contre les tragiques exigences des instincts désordonnés et tumultueux

des jeunes années! Regardez votre épouse, quand elle se confesse : ne devient-elIe pas plus aimable, plus attentionnée, plus ponctuelle à la maison? Regardez votre époux quand il se confesse : cette démarche ne fortifie-t-elle pas votre confiance et votre affection envers lui?

quelle

Regardez le pauvre, quand il se confess~ fo rce de résistance il reçoit pour les heures

de dénuement et de tentation 1 Regardez le riche, quand il se confesse et qu'il est obligé de s'agenouiller, lui qui n'a l'habitude de courber la tête devant personne 1 Regardez le malade, quand il se confesse et prépare son âme pour l'heure de la reddition des comptes 1 Regardez l'homme bien portant, quand il se confesse et reçoit l'avis de ne pas se laisser conduire sur les chemins de la frivolité par l'excès de ses forces vitales 1 Regardez le désespéré, quand il se confesse -.J oh, oui 1 il Y' t!n a souvent qui s'agenouillent au confes- sionnal, l'âme remplie du plus sombre désespoir, mais ils se relèvent plus forts et recommencent la lutte de la vie. La statistique assure que là où on pratique

pénibles

. LE

SACREMENT

DE

PÉNITENCE

la confession, le nombre des suicides est plus faible. Mais si la statistique n'est pas capable de le démontrer, nous pouvons ajouter avec raison: là où on se confesse, le nombre~des criminels est plus petit; où on se confesse, .le nombre des familles désunies est plùs petit; où on se confesse, le nombre des hôpitaux, des prisons et des asiles d'aliénés est plus petit, car aujourd'hui encore se réalisent à la lettre ces paroles de l'Écriture :

« Heureux ceux qui lavent leurs robes dans le sang

. de l'Agneau » (Apocalypse,

XXII,

14).

Mes frères, dans l'église Saint-Jean à Tolède sont suspendues de nombreuses chaînes : ce sont les chaînes des anciens esclaves chrétiens qui avaient été délivrés de la dure captivité des Sarrasins. Si on pouvait sus- pendre au-dessus de nos confessionnaux la multitude de chaînes des esclaves du démon qui ont été ôtées •aux âmes, on ne verrait plus les confessionnaux derrière leur nombre immense. Et maintenant répondez, mes frères, à cette dernière question:

y a-t-il quelqu'un qui ait peur de la confession? Ya-:-t-il quelqu'un qui ne remercie pas Notre- Seigneur à genoux de ce don sublime du jour de Pâques?

y a-t-il encore quelqu'un qui n'accepte pas ces paroles de saint Paul : « Approchons-nous donc avec assurance du trône de la grâce, afin d'obtenir miséri- corde » (Hébreux, IV, 16)? Et qui n'accepte pas ces

,1

LE SYMBOLE

DES

APôTRES

paroles de saint Jean : « Si nous confessons nos péchés, Dieu est fidèle et juste pour nous les pardonner, et pOlIr nous purifier de toute iniquité» (le S. Jean, I, 9)? Amen.

purifier de toute iniquité» (le S. Jean, I, 9)? Amen. IV LA BONNE CONFESS'ION MES FRÈRES,

IV

LA BONNE CONFESS'ION

MES

FRÈRES,

la guerre . de Hollande, un officier

français vint trouver le grand archevêque de Cambrai,

Fénelon.

front.

Au moment de

-

Dans

quelques

jours je

dois

partir

au

Je sens que je ferais bien de mettre mon âme en règle et de me confesser. Mais auparavant vous seriez bien aimable de me prouver que Dieu a réellement institué

la confession.

répondit l'archevêque, j'y suis prê .

Mais nous choisirons le chemin le plus court : con- fessez-vous d'abord et ~nsuite Je vous en dirai les

raisons. L'officier chercha à s'esquiver:

- Monsieur,

J

- Mais ce serait commencer à l'envers.

- C'est possible. Mais croyez-en mon âge et mon

expérience.

Confessez-vous d'abord.

- Le militaire s'agenouilla et commença sa con- .fession. Et à mesure qu'il ouvrait davantage les profon-

" ,

.

54

'. ~J.'
'. ~J.'

LE

SYMBOLE

DES

APÔTRES

cleurs de son âme et qu'une conversation plus chaude se ' pciursuivaif . ave<;parchevêque, l'émotion et le soulagement . mè~v~illeux de l'âme du pénitent se traduisaient par des larmes. Après l'absolution l'archevêque demanda :

- Dois-je encore vous ' dire les raisons de la confession?

- Je vous remercie - dit l'officier, le cœur plein de gratitude, - .à présent j'en sens personnellement l'utilité. C'est la vérité, mes frères. On ne sent peut-être jamais mieux qu'après une bonne confession la valeur de ces mots de Notre-Seigneur Jésus-Christ: « Venez à moi, vous tous qui êtes fatigués et ployés sous le fardeau, et je vous soulagerai» -(S. Matthieu, XI, 28). Sans doute cette réconciliation vivifiante exige de l'âme certaines conditions; il y a des conditions pour recevoir avec fruit le sacrement de pénitence. Il y a quatre conditions, mais elles ne sont pas aussi difficiles qu'on le pense de loin. Quelles sont ces quatre condi- tions ? Il faut se confesser 1. avec foi, Il. a7Jec contrition, III. avec sincérité, IV. avec une âme pénitente.

IL FAUT

SE

l

CONFESSER

AVEC

FOI.

A) La premlere condition est donc que nous nous

" agenouillons avec un grand esprit de foi au confessionnal.

:

'

LA

BONNE

CONFESSION

55

Avec foi en Notre-Seigneur Jésus-Christ qui est mort "

pour nous racheter de nos péchés.

- Vous n'allez pas vous confesser cette année? -

demandai-je à quelqu'un qui, je le sais, ne s'est plus

confessé depuis longtemps.

- Non; parce que je suis trop loyal pour oser y

aller, '

- Je ne comprends pas. Vous allez à l'église; vous

priez; dans votre famille c'est une vieille tradition que de respecter la religion; vous jouez même un rôle

éminent dans le mouvement catholique - mais vous n'allez pas vous confesser? N'êtes-vous donc pas catholique?

- Oui et non. J'aimerais à l'être tout entier, à l'être

Si seulement j'étais tout à fait

sûr dans

en tout, mais ma foi

,

ma foi.

- Tout à fait sûr? Comment sûr?

- Aussi sûr que 2

X

2

=

4.

- Ah !mais c'est une erreur fondamentale. La certitude

mathématique vaut pour le domaine des mathéma-

tiques; les autres domaines ont d'autres certitudes. La certitude de la foi est une certitude morale et logique. Vous ne voulez reconnaître que la certitude mathéma-

tique? Eh bien!

della Sedia Il de Raphaël est ,belle. Et prouvez-moi

par les~mathématiques que ce tableau est plus beau

qUe l' « Assomption )1 de Murillo.

- Oui, vous avez raison, répond mon interlocuteur,

- , mais si du moins j'étais assez loin pour n'avoir plus ni doute ni problème ni mystère inexplicable

prouvez-moi par elle que la « Madonna

.

dans ma foi.

.

/

1

I

:

l.

",

,.",

il'

,.

1 I : l. ", ,.", il' ,. . LE SYMBOLE DES APôTRES Vous demandez quelque

.

LE

SYMBOLE

DES

APôTRES

Vous demandez quelque chose d'impossible. Le monde entier autour de nous est un mystère, comprenez bien, le monde visible et matériel qui nous entoure. Et à présent vous voulez que dans votre foi en un monde spirituel et au-dessus de la matière il

ne reste aucune obscurité?

croire pour pouvoir aller

me confesser tranquillement, loyalement?

- Croyez-vous en Jésus- Christ, le Fils de Dieu?

dans

--,. Certainement. les ténèbres.

- Croyez-vous à tout ce qué le Christ a enseigné?

Seulement

ma foi chancelle quelquefois.

- Alors récitez le Credo. Et dites à Notre-Seigneur

ce que le père de l'enfant malade disait en pleurant:

(( Je crois, Seigneur, mais aidez mon incrédulité » (8. Marc, IX, 23). Dites-le - et alors agenouillez-vous avec foi au confessionnal. B) Mais c'est trop demander aujourd'hui, qu'un homme s'agenouille devant un autre homme, dans un confessionnal incommode et étroit et se confesse, , confesse tout avec sincérité. Demander pareille chose

.

- Mais que me faut-il

Sans

lui

l'humanité serait

- Oui.

Du

moins je

veux le

croire'.

au siècle

de

l'aviation

au

siècle

de

la radio

 

au

siècle des soviets 1

 

-

Eh,., bien!

vous

voyez,

justement ce

qu'il

y

a

d'incompréhensible, de remarquable dans cette chose,

c'est que cette institution qui exige cette grande humiliation, la confession, n'a pas encore disparu, n'est pas tombée en oubli, est même davantage en vigueur aujourd'hui qu'à n'importe quel moment

tA

BO NNE

CONFESSION

57

des 19 siècles d'histoire de l'Église; c'est pour moi le signe indubitable de son origine divine. Elle est si merveilleuse, si incroyable, si hardie qu'un homme n'aurait jamais eu cette idée. La" confession est. une entreprise hardie, car il fallait lui trouver un pénitent et un confesseur. a) Il fallait trouver un pénitent à l'âme humble et sincère. Il faut que l'homme orgueilleux, suffisant, renfermé, s'agenouille devant un autre homme, devant le confesseur qui tient la place du Christ. Et il faut se confesser. Dire tout. Avec sincérité. Même les gros . péchés. Même les péchés humiliants, secrets. Et personne ne peut s'en dispenser, qu'il soit roi, savant, riche, pauvre, prêtre, pape, vieux, jeune - peu importe : tous sont obligés de se confesser. b) Mais ce n'est pas encore assez : il faut trouver ' aussi un confesseur approprié. Un homme qui ne se lasse pas. Un cœur plein de compassion, taritôt brûlant comme le feu, tantôt froid comme la glace : brûlant à l'égard des pécheurs, glacé à l'égard des péchés. Oes lèvres qui parlent et qui savent se taire. : qui parlent quand il est assis au confessionnal et restent muettes comme la tombe, dès qu'il en est sorti. Une âme profonde comme un lac de montagne : jetez-y quelque chose, elle disparaît dans ses profondeurs sans éveiller l'écho. Ah! Seigneur, est-ce que Vous ne connaissiez pas l'homme, lorsque Vous avez institué ce sacrement? Lorsque Vous l'avez institué, né craigniez-vous pas que beaucoup ne veuillent pas y recourir? L'homme terre à terre est si craintif. Mais Notre-Seigneur,

\

.

}

.".

",

58

LE

S1'lVIBOLE

DES

APÔTRES

l'histoire, le passé; le présent, des millions de pénitents agenouillés_ avec un cœur bien humble disent le contraire. Dites-moi, pouvez-vous maintenant vous' agenouiller avec foi, avec une foi qui repose sur la miséricorde d~ Christ pardonnant les péchés? Oui, je veux essayer.

IL

FAUT

SE

Il

CONFESSER

AVEC

CONTRITION.

M ais alors agenouillez-vous au confessionnal avec un cœur rempli de contrition. Oui, nous nous confessons

à genoux et non pas debout, car la position à genoux est un geste de demande du pardon et de contrition. Cependant ne craignez pas que la confession soit A) difficile ou bien B) A) Quand vous allez vous confesser, rappelez-vous l'amour et les souffrances du Christ qui nous ont procuré le salut et que cette pensée allume en vous la flamme du repentir. Quand vous allez vous confesser, songez à la Passion et au sang du Christ; au sang que les affres Cie l'agonie ont fait couler sur le visage du Sauveur au jardin des Oliviers; au sang qui a jailli de son front sous la couronne d'épines; au sang que les coups' de fouet ont fait ruis- seler sur ses épaules; au sang que les clous ont fait sortir de ses mains et de ses pîeds; au sang qui s'est échappé comme un torrent de son Cœur grand ouvert.

LA

BONNE

CONFESSION

59

Songez au Sauveur inondé de sang et dites-Lui au

confessionnal: Mon Père, voilà ce que j'ai été jusqu'à

instable, insupportable, hideux, pécheur

- mais maintenant élevez-moi vers Vous pour que

je puisse être désormais fort, persévérant, patient, saint: pour que je puisse être votre enfant à l'âme

pure et heureux. Celui qui sait se confesser ainsi est sûr d'avoir la foi, d'avoir l'humilité et d'avoir la contrition: car sans la contrition il n'y a pas de pardon.

ne craignez Tien de cette attitude humble et

présent: faible

B) Et

repentante pour votre prestige, votr~ situation, votre

dignité.

Le 7 février 1934, après quarante-huit années de fonctions, prenait sa retraite le Dr Victor Westermayer, président de Chambre àla cour de cassation de Buda- pest. Le discours d'adieu qu'il adressa à ses collègues du tribunal devrait être affiché pour servir d'exemple dlllS tout le pays. Permettez-moi de vous enlire quelques phrases. « Aujourd'hui j'ai présidé pour la dernière fois la

séance du tribunal huit années que j'ai

l'institution du mariage et sa dignité ~àcrainentelle, et partout où il en a été besoin, a puni impitoyablement l'immoralité, - placé la dignité de la femme vertueuse sur le haut piédestal ,qui lui convient, fortifié les lois divines et humaines qui règlent l'amour des parents et des enfants, déclaré la guerre aux idées légères et frivoles, offert une protection puissante à la femme vertueuse contre la séduction. Je remercie le Tout-

Notre tribunal, au cours dès passées avec v~us a défendu

60

LE

SYMBOLE

DES

APÔTRES

Puissant de ce que ce développement du droit s'est réalisé sous ma présidence et en même temps est attaché à mon nom. En tant que cath(J1ique pratiquant, je suis allé ce matin me confesser et communier et j'ai demandé au Bon Dieu de me pardonner les erreurs dans lesquelles j'ai pu tomber, malgré ma bonne volonté au cours de ma carrière judiciaire de 48 ans. C'est ainsi que je me présente purifié devant vous, je demande au Dieu Tout-Puissant de bénir le tribunal, notre cher premier président, mes chers collègtIes et chaque membre de la cour ». Voilà comment un vieux juge a fait ses adieux : par la confession, la communion et une humble prière. Dites-moi : sa dignité a-t-elle éprouvé quelque dommage de cet acte d'humilité religieuse? Ne s'est-il pas plutôt magnifiquement grandi devant nous, en sachant s'humilier devant Dieu?

TL FAUT

SE

IIIIl

CONFESSER

AVEC

SINCÉRITÉ.

A) Une telle âme remplit aussi la troisième condition d'une bonne confession : il faut tout dire avec franchise. a) Prenez garde, mes frères, d'essayer vous aussi de vous confesser comme ces deux soldats souffrant à une jambe qui vinrent un jour se faire soigper par le médecin. Le traitement n'allait naturellement pas sans douleur. L'un gémissait très fort quand on lui massait sa jambe,

\

LA

BONNE

CONFESSION

61

, et était d'autant plus étonné de ce que son camarade restait tout à fait calme, sans 'sauter en l'air, lorsqu'on le frictionnait.

- Dis donc, camarade, comment peux-tu faire? - lui demanda-t-il après le traitement.

-- Hé l, moi je suis un malin, - répondit l'autre -

ce n'était pas la jambe malade que je présentais, mais

la bonne N'agit-il pas de même celui - qui va se confesser et ne découvre pas franchement son mal, le péché? L'aveu est déjà la moitié de la guérison, tandis que le péché caché continue à ronger l'âme, à la ~orturer et à l'inquiéter, comme une écharde cachee dans

une plaie.

_ Ne soyons pas d'une timidité déraisonnable.

.

OUl,

nous

mais quand nous avons été -assez malheureux pour y tomber, du moins n'ayons pas honte de le confesser

devons avoir honte de commettre le péché;

avec franchise. b) Les anciens avaient une légende au sens profond

sur

nous pouvons en tirer d'utiles leçons. Un confesseur remarqua à sa grande surpnse, dIt

la

confessionnal.

le

diable

et le confessionnal; aujourd'hui encore

légende,

que le démon tournait autour de son

-

Que cherches-tu ici? lui demande le confess~ur.

-

' Je

rends aux gens

ce

que je leur ai dérobé, -

répondit le démon.

- Tu as dérobé quelque chose? Qu'est-ce que tu leur as dérobé?

le

-

La

honte.

L,orsqu'ils

voulaient

commettre

1

.0 .•••

'.

62

LE

SYMBOLE

DES

APÔTRES

péché, je la leur ai ôtée, pour qu'ils n'aient pas honte

de le

aient honte de le confesser.

fai t e; mais à présent, je la leur rends, pour qu'ils

Mes frères,~ faites attention ce n'est malheu-

se

produit facilement. C'est vrai : l'aveu' de ses péchés est réellement un exercice d'humilité et une tâche désagréable, mais le confesseur le sait bien et dans son cœllr s'éveille un amour qui comprend, lorsqu'il voit la crainte et l'angoisse du pénitent. En effet, plus grande est la crainte du pénitent, plus grand doit être l'amour du confesseur. Et ce sentiment d'angoisse a aussi Une valeur : il est le signe de notre repentir, de ce que maintenant la malignité de nos péchés se manifeste clairement enfin à notre conscience. ' B) Mais pour ne pas nous rendre trop difficile la sincérité totale, la parfaite franchise qu'exige h con- fession, l'Église par un sentiment de grande délicatesse, prescrit ~ confesseur par le sceau du , secret sacra- m,!nteZ, 'un silence total, un silence de tombe, tel que le monde n'en connaît pas de semblable. , \ , a) En effet, si Notre-Seigneur avait déclaré qu'on ne pourrait être absôus de ses péchés qu'après les avoir 'confessés à haute 'voix devant les fidèles en pleine église, c'eût été une exigence pénible 'et douloureuse, mais on la comprendrait: il s'agit d'être délivré de ses péchés. Pourtant Notre-Seigneur Jésus-Christ dans sa délicatesse 'n'a pas voulu nous mettre à si lourde épreuve. Il demande seulement que nous disions tout avec\ franchise à un seul homme, et cela doucement,

reusement pas une légende,

mais une réalité qui

LA

BONNE

CONFESSION

à voix basse, pour que personne n'entende, et en même temps Il impose au confesseur le secret le plus rigoureux tel qu'il ne puisse jamais dire à personne une syllabe des péchés qu'on lui a accusés.

b) Et Notre-Seigneur veille avec un soin merveilleux

sur l'intégrité du seCret de la confession. Car c'est ainsi seulement qu'on peut comprendre qu'on n'ait jamais entendu dire qu'il ait été violé. Les prêtres sont aussi des hommes et ils ne restent pas exempts des faiblesses de la nature humaine. Lorsqu'on devient vieux, on devient facilement comme un enfant qui jase et bavarde, - mais personne ne peut montrer un prêtre qui dans son grand ,âge aurait blessé le secret de la confession. Le prêtre aussi peut être victime du sort, son esprit peut s'obscurcir et il peut être envoyé dans un asile 'd'aliénés, - mais ici aussi on ne peut pas en trouver un seul qui, dans son état de démence, ait blessé le secret de la confession. Un prêtre peut être .victime de la plus épouvantable tragédie : il peut perdre la foi, la moralité et le Christ et comme Je traître Judas devenir apostat; mais même alors on n'en connaît pas un qui soit tombé assez bas pour avoi~abusé des secrets jadi~confiés en confession. En vérité, Notre-Seigneur Jésus-Christ veille avec un soin particulier à la sauvegarde du sceau de la confession, afin que nous ayons tous le courage de parler avec franchise.

,

.il

l,

1,.

1

t

LE

SYMBOLE

DES

1\PÔTHES

IL

FAUT

SE

CONFESSER

IV

AVEC

UNE

AME

PFNITENTF

Enfin la dernière condition pour une bonne con- fession : z1 faut se confesser avec une âme pénitente. A) Le signe de cet état d'âme c'est quand, après la confession, on offre à Dieu que ['on a offensé une satisfaction.

Qu'est-te que cette satisfaction? Est-ce que le Christ n'a pas satisfait pour nos péchés? - demande-t-on. Oui, le Christ a satisfait. Une seule goutte de son sang

aurait suffi pour les péchés du monde entier. Mais cependant il convient que nous aussi nQus satisfassions pour nous-mêmes. Aussi acquittons-nous bien exacte- ment des prières prescrites après la confession ou faisons d'autres bonnes œuvres.

Mais surtout acceptons comme pénitence les difficultés

de la vie et efforçons-nous de tirer profit des peines et de toutes les souffrances pour effacer nos anciens

mari est

mort

rien ne

péchés. Votre existence est difficile

votre mariage

est malheureux

vous réussit

une longue maladie vous retient au lit - avec tout

cela vous pouvez expier, vous pouvez effacer les peines dues à vos anciens péchés. Quel magnifique esprit de pénitence il a, celui qui peut dire avec saint Augustin:

« Seigneur, brûlez, coupez, frappez, seulement

épargnez-moi dans l'éternité ».

votre

vos enfahts vous fqnt du

o.tl agit mal

envers vous

des ennemis envieux vous calomnient

agit mal envers vous des ennemis envieux vous calomnient LA BONNE CONFESSION B) Mais il y

LA BONNE CONFESSION

B) Mais il y a encore une autre satisfaction de valeur :

l'amendement.

Amendez-vous et persévérez. Que votre vie ne soit pas une série de chutes perpétuelles. Écoutez le Christ vous répéter toujours : « Allez et ne péchez plus ». Il guérit le paralytique, mais ensuite Il lui dit: «Te voilà guéri; ne pèche plus» (S. Jean, v, 14). Il pardonne .à la femme adultère, mais Il lui dit: «Allez et ne péchez , plus» (S. Jean, VIII, II). J'ai indiqué déjà l'importance de la contrition. Sans contrition pas de pardon. Un signe certain de la valeur de notre contrition, c'est

notre amendement après la confession. Celui qui retombe sans combattre dans son ancien péché n'a pas eu une véritable contrition. Ne vous effrayez pas 1 J'ai dit: « sans combattre ». En effet celui qui lutte contre ses défauts avait la contrition. Ceux qui veulent sérieusement se corriger n'ont rien à craindre; ceux qui, avec foi, avec contrition, avec franchise et désir de se corriger, ont lavé leur âme dans le sacrement de pénitence.

Mes frères, au chapitre VIII de son évangile, saint Matthieu décrit d'une façon intéressante comment le Sauveur guérit un lépreux de sa terrible maladie. « Seigneur, si vous voulez, vous pouvez me guérir»

- deman.dait le malade sur un ton suppliant à Notre- Seigneur." Jésus étendit la main, le t~ucha et dit Il:

Symb. d. Ap.

-T. VI

5

·1

.

i

66 LE SYMBOLE

DES

APôTRES

«Je le veux, sois guéri)). Et à l'instant sa lèpre fut guérie.

Alors Jésus lui dit: «

la loi de Moïse, on amenait aux prêtres les malades soupçonnés de lèpre, pour que, s'ils les trouvaiep.t réellement lépreux, ils les missent à l'écart des gens bien portants; par contre si un de .ces malades guéris- sait, le prêtre devait ~galement constater s'il pouvait retourner parmi les hommes et après certaines céré- monies, il était rendu à la société des gens en bonne santé.

te montrer au prêtre)). D'après

va

« Va et montre-toi au prêtre Il,

-

Notre-Seigneur _

a certainement promulgué cette loi dans un sens plus

,haut, plus noble, plus spirituel dans le Nouveau .Testament, lorsqu'Il a institué le sacrement de péni- tence. « Seigneur, si Vous le voulez, Vous pouvez me purifier )), - c'est avec une âme pleine de foi et d'humi- lité que nous nous agenouillons en confession devant le représentant du Christ. Et le Seigneur a voulu que nous montrions notre âme malade au prêtre par un aveu sincère de nos fautes. Et il élève sur nous la 'main, comme le Christ l'a fait sur le malade, mais

il ne dit pas ce que Notre-Seigneur a dit: « Je le veux,

soyez purifiés Il, mais après l'aveu des péchés il dit :

« Que Notre-Seigneur Jésus-Christ vous absolv:e et moi je vous absous en veltu de Ses pouvoirs au nom

du Père et du Fils et du Saint-Esprit »'" Aussi quand je me confesse, le monde entier disparaît autour de moi, je ne vois ni l'église ni le confessionnal

y est assis '- je suis uniquement devant

ni le prêtre qui

le Christ : je lui dis mes péchés, j'écoute ses paroles, .je lui ouvre mon âme et son sang coule sur moi, il

LA

BONNE

CONFESSION

lave, il brûle, il purifie, il fortifie, il embellit mon âme qui lutt~.mon âme lasse et déchirée. Puis je me lève et j'éprouve une sensation de joie infinie, de soulagement et de bonheur. C'est comme

si un rocher immense s'écartait de moi.

.

Peut-êl:!e ,qu'au dehors c'est l'hiver rude et glacé, _ mais dans mon âme brille un rayon de soleil de mai. Peut-être qu'au dehors il fait nuit noire - mais dans mon âme se lève l'aube d'une vie nouvelle. Je m'agenouille sur un banc de l'église, je plonge mon front dans mes mains et mon âme inondée de bonheur ne peut que balbutier ces quelques mots :

Je vous remercie, Seigneur, de m'avoir purifié. Je vous

remercie,

Seigneur, de nous avoir donné la sainte C()n-

fession. Amen.

v

t( ET YOUS, POURQUOI NE VOUS CONFESSEZ-VOUS PAS? »

MES

FRÈRES,

Ici ou là vit quelqu'un qui occupe une haute situation:

1~

il est père de quatre gentils enfants, c'est un homme

1 d'action éminent, il a une belle vie de famille, tout le monde le respecte ~omme fonctionnaire distingué, comme patriote enthousiaste et comme père de famille dévoué.

est catholique, les enfants sont

'h

Toute

la

famille

;;

~:

particulièrement pieux. Le père tient beaucoup à une éducation irréprochable. Le vendredi la viande ne paraît pas sur la table, le dimanche. on va ense~ble à la messe, avant les repas on fait le slgne de la cro.lx mais il y a un mystère que personne n'a encore éclalrcl :

ce père de famille ne s'est plus confessé depuis 23 ans, depuis son ' mariage. C'est un ?on époux,ft< un ~ère dévoué, un excellent fonctionnalre, un homme lrré- prochable, il se dit lui-même catholi~ue,.-: mai~ il . ne s'est pas confessé depuis 23 ans et n a pas 1 mtentlOn

«ET vous, POURQUOI NE vous CONFESSEZ-VOUS PAS? li

6<)

de le faire. Ses enfants se confessent tous les mois, - il en est content. Sa femme va communier tous les premiers vendredis du mois, - il ne s'en plaint pas. Mais luik ,ne veut pas se confesser. C'est-à-dire que cette expression « il ne veut pas Il n'est pas tout à fait exacte. Il n'a même plus de volonté sur ce point. Tout simplement il ne se confesse pas. Pourquoi ne se confesse-t-il pas? Parce qu'il ne s'est pas confessé l'année dernière. Et pourquoi ne s'est-il pas confessé l'an dernier? Parce qu'il ne s'est plus confessé depuis vingt-trois ans. D'abord c'est par commodité, par paresse, par légèreté qu'il a manqué à la confession pascale, mais ensuite il s'est habitué

à cette attitudé, la force de l'habitude l'enfonce toujours

davantage dans la fosse

des raisons 'pour ne plus aller seconfesser. QueUes raisons? Celles dont je vais parler à présent. Car -:- malheu-, reusement - il n'y a pas qu'une âme aussi glacée pour vivre parmi nous. Il y a des hommes qui pour rien au monde ne renieraient leur foi catholique, - mais ne vivent pas en conséquence. Des hommes qui ' viennent à l'église, font leurs prières, n'ont peut-être pas de péchés graves, - mais ne se confessent pas, parce qu'ils sont écrasés par le poids de l'atmosphère glaciale d'un monde qui depuis des dizaines d'années se moque de la religion. Dans les trois sermons précédents il a été question de la confession, mais je parlais à ceux qui ont l'habitude de se confesser. J'adresse l'instruction d'aujourd'hui à ceux qui n'ont plus l'habitude de se confesser.

aujourd'hui peut-être a-t-il

LB SYMBO LE

D ES

APÔTR ES

Je vous en supplie de tout' mon cœur, mes frères qui m'écoutez à la radio et qui depuis longtemps ne vous êtes pas confessés, réfléchissez tranquillement avec moi à l'inanité de toutes vos objections, de vos prétextes et de vos excuses. Réfléchissez avec moi à tout cela, et ,finalement vous aussi vous irez de nouveau vous confesser.

'!

JE

N ' AI

1

P AS

DE

P ÉCHÉS

) .

Tout 'd'abord il me faut songer aux hommes qui

proclament d'eux-mêmes, qu'ils - ne sont pas

hommt';s. En effet c'est à peu près ce que signifie ce qu ' il s disent: « Moi, je ne vais pas me confesser, car

qu'est -ce que je confesserais, pùisque.le n'ai

Je n'ai ni tué ni volé )). A) Me s frères, « Vous n'avez pas de péchés? ))

pas de péchés?

des !

Vous

n'êtes

donc pas des hommes?

Car

personne -

sauf la Vierge Marie - pourrait parler ainsi. «Pas de péchés?)) Vous n'êtes donc pas des hommes? Car si vous étiez des hom mes, elle vaudrait aussi pour VO US cette constatation d~ saint Jean: « Si nous disons que nous sommes sans péché, nous nous trompons nou s-mêmes, et la vérité n' es t pas en nOUSl) (le S. Jean,

l,

8).

. « Pas.,de péchés 1 li Sans doute, quand quelqu'un ne s'est pas confessé depuis des années, il croit fac il e- ment qu'il n'a pas de péchés. Celui qui depuis des

ment qu'il n'a pas de péchés. Celui qui depuis des « ET VOUS, PO U RQUOI

« ET VOUS, PO U RQUOI NE VOUS CONFE SSEZ - VOUS PAS? "

71

années circule en guenilles et avec des souliers crottés n'éprouve pas le besoin de se donner un coup de brosse. oc Pourquoi irais-je à confesse, puisque je n'ai ni tué

ni volé? )) , Mais lisez

du mauvais riche. Il mangeait, il buvait, il était orgueil-

leux et impitoyable, - et pas autre chose. Il n'avait ni tué ni volé; on dirait aujourd'hui: c'était un hono- rable gentleman. Et finalement? « Le riche mourut et fut précipité en enfer )) (S. Luc, XVI, 22). Pourtant il n'avait ni tué ni volé. Et l'enfant prodigue d'une autre parabole de Notre-Seigneur" avait-il tué ou volé? (S. Luc, XV, 11 - 32). Non. Et sont-ils aussi des assassins ceux qui n'ont pas donné à manger et à boire aux pauvres de Jésus-Christ et entendront pourtant au jour du Jug e ment: « Retirez - vous de moi, maudits )) (S. Matthieu, XXV, 41). B) Le cœur humain se trompe si facilement/ Je me flatte, et je rêve que je suis bon. Mais si on s'examine sincèrement, alors que de taches, de défauts, d'imper- fections, de péchés! Que d'orgueil et de vanité, que d'arrogance et de ' manque de cœur, que dé caprices, d'entêtement et de susceptibilité, que de brusquerie et d'égoïsme! Peut-être ne faisons-nous pas de péché (grâce à Dieu) par méchanceté, mais combien par ,faiblesse 1 Que de sautes d'humeur, d'ombrage, de jugements téméraires, que de coups d'épingle - c'est-à-dire de péchés de la langue 1 « "Je ne · connais pas le cœur d'un scélérat, mais seulement celui d'un honnête homme, et c'est affreux )),

- a dit quelqu'un et combien il avait raison! Ah!

si nous voulons être sincères, il nous faut dire chaque

seulement ce que l'Évangile r écrit

1

1~1

1··

r

,

1

l

:1

LE

SYMBOL,E DES

APôTRES

jour:

l'avoue, j'ai

péché, j'ai beaucoup péché. Nous vivons dans une atmosphère délétère,

cœur est une éponge, notre sang est gâté, nos pensées

notre

:

Mea

culpa,

mea

culpa.

Oui, je

sont impures, la flamme de la concupiscence brûle

et vous dites que vous n'avez

, dans nos veines, pas de péché?

-

II

« LA CONFESSION

EST

UNE

INVENTION

HUMAINE

».

ne parlerai pas ainsi. Je reconnais

devant Dieu que je suis même un grand pécheur. Mais je n'irai pas me confesser.

- Mais vous aviez dit que vous aviez de la religion.

- J'en ai aussi. Seulement - savez-vous, - pas

au dehors. Je n~err observe pas les rites extérieurs.

- Eh bien 1 je

L'intérieur voilà

le principal, et

non pas ' les formes

extérieures. ,

- Vous avez raison : l'intérieur est le principal

et non pas les formes extérieures. Mais si vous regardez

comme choses extérieures ce que le Christ a institué et si vous croyez qu'on peut se sauver sans cela, alors pourquoi le Christ est-~i 'venu parmi nous? Or c'est Lui qui a institué les sacrements, c'est Lui qui a institué aussi la

- Non, ce n'est pas Lui qui a institué la confession.

Ce sont les pTêtres qui l'ont inventée.

-

- Ah! Répondez alors à ces deux questions: A) Qui

l'a inventée? et B) pourquoi a-t-elle été inventée?

« ET VOUS, POURQUOI NE vous CONFESSEZ - VO US PAS? lt

73

A) Qui a inventé la confession, quel est l'homme qui

a fait cette invention? Ne voyez-vous pas que si la confession était une invention humaine, !l y a longtemps qu'elle aurait disparu? En effet elle est si pénible, si désagréable, si contraire aux inclinations humaines. Et que voyons-nous? Elle existe · depuis dix-neuf siècles, en dépit des passions humaines. C'est là un fait inconcevable, incroyable - comment dirai-je? - impossible, humainement parlant. Et cependant c'est ainsi. « Un homme a inventé la confession? » Dites-moi

son nom, je vous prie. Un homme aurait eu l'idée d'exiger pareille chose? Imaginez seulement ce qui arriverait, si, en ce moment, pour la première fois, je vous annonçais qu'il faut se confesser. Eh bien! je devine quelle serait votre r~ponse. « Ce discours est dur et qui peut l'entendre? » Et pourtant la con- fession existe et aujourd'hui encore elle est en vigueur. « Elle est en vigueur» - non ce n'èst pas le mot qui convient. Elle est aimée. On se confesse de nos jours plus que jamais au cours des dix-neuf siècles d'existence de l'Église. Expliquez-moi ce fait, si vous pouvez. Mais si vous

simple

existence de la confession est déjà une certitude qu'elle

ne le pouvez ' pas, alors , reconnaissez que la

nous vient du Christ.

« Ce sont les prêtres qui ont inventé la confession )J . Alorseux au moins ne se confessent pas, n'est-ce pas? Car ce serait une chose tout 'à fait curieuse que nous nous prescrivions à nous-mêmes - si cela dépend de nous - un commandement ~ussi pénible. Or les

'.

74 LE

SYMBOLE

DES

APÔ m .ES

prêtres aussi se confessent. Et les religieux aussi. Et les évêques aussi et les cardinaux également. Le pape lui-même se confesse comme n'importe quel

autre fidèle

question suivante : Si les

prêtres ont inventé la confession, pourquoi l'ont-ils inventée? L'homme d'ordinaire n'invente 'quelque chose que pour en tirer profit - c'est clair. Pourquoi ont-ils inventé la confession?, Quel profit en retirent-ils? Tout d'abord je n'ai pas besoin de vous dire que nous n'en tirons aucun avantage matériel. Jamais personne n'a versé même un centime pour se confesser. Si la confession n'a pas été inventée pour un profit matériel, alors c'est certainement comme « distraction », pour « le plaisir » qu'il y a à confesser? Ne m'en veuillez pas, mes frères, si je vais vous parler peut-être de façon trop humaine; mais c'est s('ul ement ainsi qu'on peut montrer clairement l'absur- dité de cette affirmation que la confession a été inventée par les prêtres. Regardez seulement un confessionnal, peut-il y avoir grand plaisir à être assis pendant des heures d ;1ns cette cage 'étroite et mal commode et à écouter pendant des heures avec une attention soutenue le chuchotement de pénitents se confessant à voix basse, quelquefois à peine perceptible, souvent en langue étrangère? Ici dans la capitale, on se confesse en hongrois, 'en allemand, en français; et ensuite il failt se former une opinion pleine _de respo,nsabilité S1.:f les pécves ainsi chuchotés, s'ils sont graves ou non,

de l'Église.

se

pose la

B)

Mais ici

sont graves ou non, de l'Église. se pose la B) Mais ici « ET VOUS, POURQUOI

« ET VOUS, POURQUOI NE VOUS CONFESSEZ-VOUS PAS?»

75

et pendant des heures l'âme du prêtre est envahie par les flots tumultueux des plus noirs péchés, et il parle à tous avec charité, il relève ceux qui désespèrent, il donne des avertissements aux présomptueux, il excite les tièdes à se repentir, il écoute d'un cœur patient et qui - comprend les lamentations interminables croyez-moi, mes frères, si cela dépendait des prêtres, . ils n'auraient certainement pas inventé la ~onfession. Je vous en prie de nouveau, ne vous' scandalisez pas de ce ,que je vous dis : si les prêtres avaient dû inventer la confession, il n'yen aurait plus depuis longtemps: Oui, ils sacrifient avec joie leur temps et leur santé à la confession, parce qu'ils savent qu'il n'y a pas de tâche sacerdotale plus bienfaisante que celle que le Christ leur a confiée dans la confession. Mais certainement il n'yen a pas de plus fatigante. Et je puis bien dire qu'après quelques heures passées au confessionnal le prêtre n'est pas moins fatigué que le cultivateur qui a labouré un champ. Et je ne vous ai pas parlé de la confession des malades. Que de fois le prêtre catholique est réveillé la nuit pour aller confesser un malade 1 Que de refroidis- ' sements, que ' de maladies chroniques contractées, pendant les heures de voyage pour aller chez un

malade dans un lointain

contagieuses et que de vies sacrifiées durant ce ministère 1 (c Ce sont les prêtres qui ont inventé la confession? » Ce n~est pas vrai. Ce ne sont pas les prêtres qui l'ont inventée. Mais quand on dit: « C'est un prêtre qui a inventé la confession », c'est la sainte réalité: c'est un

hameau 1 Que

de

maladies

LE

SYMBOLE

DES

APôTRES

prêtre, le seul

Jésus-Christ qui a pris pitié de nos âmes gémlSsant dans le péché.

Grand Prêtre éternel, Notre-Seigneur

III

li JE NE ME CONFESSE PAS A UN HOMME ll.

' Mais quand quelqu'un commence à s'apercevoir que cet argument est insoutenable, rapidement il a recours à une nouvelle arme : « Je ne vais ' pas me confesser, parce que le prêtre n'est qu'un homme" or moi je ne me confesse pas à un homme. Dieu seul

peut remettre les péchés, ne me confesse donc qu'à Dieu et non pas à un prêtre qui a peut-être plus de péchés que moi ».

A) C'est la Sainte Écriture qui donne la première

réponse à celui qui « ne veut pas se confesser à un homme ». Écoutez seulement. Il y a des siècles vivait en Syrie un général vaillant et victorieux, riche, considéré, honoré par tout le peuple à cause de ses succès, - mais il fut un jour atteint d'une horrible maladie : il devint lépreux. Sa richesse ne lui servait de rien, la science des médecins était -impuissante : personne ne pouvait lui venir en aide.

Mais un jour une nouvelle servante entra dan,s sa maison, c'était une jeune juive qui avait été prise au cours d'une razzia. Lorsque la nouvelle servante vit la maladie de son maître, elle lui dit que dans son

« ET VOUS, POURQUOI NE VOUS CONFESSEZ-VOUS PAS?'»

77

pays il y avait un prophète du n;m d'Élie qui faisait des miracles et qui certain,ement pourrait guérir la maladie de son maître. Il n'en fallut pas davantage au paavre malade. Avec une foule de présents, une nombreuse suite, des chevaux et des voitures il se mit en route pour aller trouver le prophète. Mais vous pouvez -imaginer sa déception et son indignation, lorsque le prophète ne le fit même pas entrer dans sa demeure, lui, le puissant seigneur devant qui tout le mond~ s'inclinait, mais se contenta de lui faire dire: « Va te baigner sept fois dans le Jourdain et ton corps retrouvera la santé et sera purifié» (lIe Livre des Rois, V, 10). , Naaman, - ainsi s'appelait le général - se fâcha. - J'ai eu tort de venir ici. Pour recevoir une humiliation pareille. Il n'est même -pas sorti jusqu'à moi. Et je dois me baigner clans le Jourclain. Comme s'il n'y avait pas dans mon pays des cours d'eau bien plus importants 1 Retournons à la maison. Heureusement que _ses serviteurs furent plus pon- dérés et lui dirent : Maître, si le prophète vous avait prescrit quelque chose de pénible, ne l'auriez-vous pas fait, pour retrouver la santé? Puisqu'il ne vous prescrit maintenant que peu de chose, faites-le : allez vous baigner dans le Jourdain. Le général s'apaisa. Il avait commencé par se moquer du remède, recommandé par le prophète; il souffrit dans'- son orgueil d'être-'obligé de s'humilier; mais finalement il obéit, il se plongea dans le Jourdain et "'- il sortit de l'eau complètement guéri. Mes frères, seules les personnes, seuls les noms

Jourdain et "'- il sortit de l'eau complètement guéri. Mes frères, seules les personnes, seuls les

/

LE

SYMBOLE

DES

APÔTRl!S

ent changé, - mais l'histoire reste la même. C'est nous qui tenons la place du général, le confesseur remplace le prophète Élie et l'eau du Jourdain c'est le sacrement de pénitence. Allez baigner votre âme dans les flots de grâces de la confession et voûs sereZ purifiés - nous dit l'Église aujourd'hui encore. (; AlI ~rnous confesser ? Alors nous serons purifiés? Est-ce que les confesseurs ne sont pas des hommes ccmme nous? Ne sont-ils pas aussi des pécheurs? et peut-être même de plus grands pécheurs que nous? » Mais je demande à celui qui s'indigne ainsi: Dites- moi, est-ce que la miséricorde divine aurait pu instituer une manière plus facile, plus simple de remettre les péchés que celle-ci? Vous devez dire vos péchés d'une âme contrite à un serviteur de Dieu qui vous écoute et reste ,muet comme une tombe, sans pouvoir jamais dire à personne un seul mot des péchés qui ont été accusés, et lorsqu'il a prononcé sur vous la formule de, l'absolution, vous pouvez être tout à fait sûrs que Dieu aussi vous a pardonné. « Allez vous baigner dans la grâce de la pénitence et votre âme retrouvera la santé et sera purifiée ». B) «Moi, je ne me confesse qu'à Dieu» - dit;ez-vous peut-être encore. «Pourquoi un intermédiaire humain? Je dis à Dieu mes péchés : c'es~ Lui qui me jugera ».

C'est' un raisonnement plausible en apparence, mais non moins erroné que le précédent. C'est tout à fait comme si un malfaiteur protestait contre les débats du tribunal' en disant : 'Il n'y a que le roi qui

~BT VOUS, POURQUOI NE VOUS CONFESSEZ-V(HJS PAS? ))79

puisse me juger. Pourquoi un intermédiaire humain; '

un juge. Que le roi me juge

Mais nous savons bien que dans les tribunaux le , roi donne le droit de\.;ager à des juges qui proclament ainsi leur sentence : « Au nom de Sa Majesté, le Roi )). Or il en est de même dans la confession; ce jugement de l'âme qui a été confié par le Fils de Dieu aux juges des âmes, les prêtres. Ceux-ci prononcent ainsi leur sentence : « Que Notre-Seigneur Jésus-Christ vous absolve et moi je vous absous de vos péchés en vertu de son autorité ».

Enfin ce n'est pas l'offenseur qui détermine la façon dont doit être réglée la satisfaction, mais l'offensé. Et si Dieu a voulu fixer ainsi le mode de rémission des péchés, tout raisonnement humain contraire est vain. C) « Le prêtre aussi n'est qu'un homme, et je ne me confesse pas à u~ homme» - disent certains, ordinaire- ment ceux qui en dehors du confessionnal - malheu- reusement --'- ont l'habitude de se confesser, souvent même tout haut. Ils auraient honte d'entrer au confes- sionnal, mais en revanche, en chemin de fer, ' au restaurant, en société, ils se glorifient 'avec une ,impu- dence provocante et à voix haute de leurs actes scanda- leux et de leurs aventures pécheresses, au poiut d'en

/

rendre malades les gens de bien

Mais ils « ne se

confessent pas à un homme ». « Le prêtre aussi n'~st qu'un

homme, il a aussi

des péchés, peut-être" même plus que moi. » Est-ce vrai? Hélas! il est possible que ce soit vrai. Le prêtre aussi est un homme. Il peut être victiIlle de la faibl esse

humaine, tout comme Judas en a été victime; lui

Le prêtre aussi est un homme. Il peut être victiIlle de la faibl esse humaine, tout

80

LE

SYMBOLE

DES

APÔTRES

aw;si aura à répondre pour sa propre vie, mais qu'est-ce que cela a à faire avec la confession? Le confesseur n'a pas le pouvoir d'absoudre du péché, parce qu'il est un grand saint, mais parce qu'il est devenu par son ordination le canal de la grâce divine. Que ce canal soit de bois, d'or, de cuivre ou d'argent, cela n'a pas d'importance; mais bien ce qui y coule. Et la grâce du Christ, sa miséricorde qui pardonne, je l'obtiens à chaque confession bien faite, indépen- . damment de l'état d'âme du confesseur.

LES

BIENFAITS

IV

DE

LA

CONFESSION.

Mais si nous admettons d'un cœur plein d'humilité

que Dieu a voulu accorder de cette manière la rémission des péchés, nous avons le droit de nous demander pourquoi Il l'a voulue ainsi et pourquoi Il l'a attachée à la confession.

Et nous arrivons à ces valeurs grandioses,' à ces

valeurs hautement éducatrices qui proviennent de la confession obligatoire du péché.

A) Tout d'abord la confession est le commencement

de l'amendement. Nous sommes obligés de reconnaître nos défauts. II Vous reconnaissez-vous coupable? » - telle est la prèînière question d'un juge de la terre à l'accusé. Tant que celui-ci nie, la marche du procès

ne peut progresser.

que celui-ci nie, la marche du procès ne peut progresser. . , « ET VOUS, POURQUOI
que celui-ci nie, la marche du procès ne peut progresser. . , « ET VOUS, POURQUOI

.

,

« ET VOUS, POURQUOI NE VOUS CONFESSEZ-VOUS PAS ?,»

81

Eh bien 1 ici nous ne nions pas. Ici nous baissons la tête et nous reconnaissons 'avec émotion que la faible nature humaine ou une fausse philosophie nous a séduits à certains instants, mais à présent nous voyons qu'il y a au-dessus de nous un ordre moral. On peut agir contre lui, mais il faut ensuite une expiation. C'est pourquoi la confession est aussi un excellent moyen d'i ntimidation. Le chrétien sait bien qu'il est obligé de confesser tout péché grave. Et 'souvent dans

la tentation

pensée

'

de le confesser .

il

trouve '

la force de résister par cette pas, car ce me serait pénible

:

Je

ne le ferai

B) La confession est encore le plus préciel!x moyen

d'éducation « Connais-toi toi-même » - ordonnait déjà l'oracle de Delphes. 'En vérit~ la connaissance de soi-même est de grande valeur. On peut être malade et ne pas le savoir : voilà le danger. Car celUI qlU connaît sa maladie s'en occupe, il cherche le chemin dela guérison. On peut être jusqu'au cou dans le péché et ne pas le savoir: .c'est la ruine. Car .celui qui connaît la maladie de son âme, ses défauts, ses péchés, tout au moins n'y vivra pas tranquillement; or celui qui

s'en rend compte est déjà sur le chemin de l'amélioration. La confession est donc un moyen de premier ordre pour apprendre à se connaître soi-même. L'homme est indulgent et bienveillant pour lui-même; nous excusons' facilement nos défauts. Mais en confession il nous faut tout dire avec franchise au confesseur et son jugement· expérimenté et impartial nous réveille de notre propre illusion. Où y a-t-il dans le monde

Sym b . d.

Ap .

-

T .

VI

6

SYMBOi

Ë

DÉS APÔTRES

une institution qui enseigne avec autant de succès le bien, l'honnêteté et l'obéissance au devoir? C) Mais nous pouvons encore 'dire que la confession

est la plus ancienne et la plus utile méthode de psycha-

nalyse. La science médicale actuelle se sert pour la guérison des maladies nerveuses de l'analyse psychique. Elle consiste essentiellement dans ce fait ' que les images retenues dans le subconscient, comme des fau ves enfermés dans une cage, se livrent à une tâche de destruction dans l'âme et que pour leur faire perdre .leur force nocive il nous faut y faire attention. Bien des abus se sont produits avec cette méthode; mais ce qu'il y a de bon, la religion catholique s'en sert depuis déjà 19 siècles dans le sacrement de pénitence. C'est là réellement qu'il faut descendre dans les profondeurs de l'âme, c'est là réellement que nous devons découvrir tous nos secrets, pour pouvoir ensuite goûter les joies d'un grand soulagement spirituel. La confession est réellement un grand soulagement spirituel. Et non seulement parce qu'elle nous ôte nos péchés, mais aussi parce qu'elle enlève la masse des fardeaux et des amertumes de la vie.

de

d'amertumes

aujourd'hui 1 Mais comme les hommes sont peu compatissants! Chacun a assez de sa propre .peine, que lui importe celle des autres? Qui ne voit dans

ne voit combien

Que

de

déceptions,

peines

et

quel '- monde nous vivons! Qui

d'hommes sont brisés par la vie! Et qui peut leur donner le courage de reprendre la lutte? Que de cœurs qui saignent parmi nous! Et qui adoucira leurs souffrances? Que d'âmes bouleversées parmi nous! Et qui calmera ,

(\ ET VOUS, POURQUOI NE VOU S CO NFESSE Z- VO US l'AS?»

83

les vagues de leurs passions? ' Voici le seul remède qui est la source des plus hautes consolations. Voici l'unique ' endroit où l'âme humaine endolorié peut épancher ses chagrins. Mais c'est là l'explication de ce fait indéniable que le nombre des suicides est le plus faible chez les catholiques. En réalité, s'il n'y

on pourrait

appeler tranquillement la confession le systeme le plus efficace d'assurance SUT la vie.

avait pas à craindre d'être mal compris,

01«

'*'

Et maintenant je vous remercie, mes frères, de ne pas avoir tourné le bouton de votre radio et de m'avoir écouté jusqu'au bout. Mais en guise d'adieu je vous demande encore une fois : Dites-moi, n'irez-vous '