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La

Dernière
Aube
La
Dernière
Aube

Stéphane Grare
Les bouquins d’Eloane
N° ISBN 978-2-9564460-5-7
Dépôt légal Novembre 2019
Tome III
À vous chers lecteurs, vous qui me découvrez, ne soyez pas
étonnés de ce que vous lirez, de ce que vous découvrirez. Je ne
peux que vous remercier du temps que vous m'accordez.
À vous chers parents, Maman, Papa, vous qui me
connaissez, j'espère seulement que vous me comprendrez.
Il y a des histoires que l'on voudrait raconter parce qu’on
les trouve belles, même si elles sont tristes. Les contes de fées
ne sont que des histoires inventées, ce n'est pas la réalité, et
pourtant, la mienne avait si bien commencé. J'aurais aimé
qu’elle soit comme toutes les autres, mais si je verse des
larmes, c’est qu’elle ne s’est pas terminée comme je l’aurais
souhaitée. Le combat était trop difficile, il n'y avait pas
d'autres issues, personne ne pouvait en réchapper, personne
ne pouvait gagner. Elle était la lumière, j’étais l’ombre.

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Chapitre 1
Il Était Une Fois…

Et si à cet instant je me souvenais du passé, il était une fois un


jeune garçon qui rêvait de rencontrer l’amour, le vrai, est-ce que ce
serait se rappeler de souvenirs douloureux ? Non, détrompez-vous.
Rien ne peut plus m’atteindre désormais, même pas la mort, pas
après tout ce que j’ai enduré, pas après tout ce que j’ai traversé.
Je me tiens là, juste devant lui, comme chaque semaine pour une
séance de plus, une séance de trop. De même que d’habitude, il me
pose tout un tas de questions, en quoi cela pourrait-il bien
m’aider ? Cette séance sera sûrement la dernière. De toute façon, le
psychologue ne me comprend pas, ne m’écoute pas, mais qui le
peut vraiment ? Personne. Tout comme lui, les gens restent sourds
à mes appels au secours. Ils l’ignorent tous, je suis déjà mort. Je ne
serai plus jamais celui que j’ai été, c’était une autre vie, un autre
moi. C’est néanmoins une vie que j’essaye d’oublier, mais pour me
soigner, il me demande de m’en rappeler. Alors que je suis allongé
sur un canapé, le psychologue tente, une fois de plus, mais non
moins difficilement, de me faire raconter des évènements que je
voudrais tant enterrer.
– Au programme de notre séance d’aujourd’hui, nous allons
repartir du commencement. Parlez-moi de votre passé, par où tout
cela a commencé ?
– Je vous en ai déjà parlé, vais-je recommencer sans fin ?
– Faites-moi confiance.
D’un soupir, je me décide.
– Les années de mon enfance étaient belles, mais le temps a passé,
les choses ont changé et se sont gâtées. J’étais tombé sans le savoir,
tout le monde me piétinait sans peut-être le vouloir.
– À quelle année remontent ces faits ?
Je souffle, mais lui réponds quand même.
– Oh, ça remonte à loin, j’étais au collège, les autres se moquaient
de moi.
– C’est une période lointaine, en effet. D’après ce que vous m’aviez
dit dans les séances précédentes, vous vous en êtes sorti en vous
inventant un monde à vous, un monde qui vous éloignait d’une
réalité qui vous tourmentait ?

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– Face à mes camarades de classe, je ne voyais pas d'autres issues.
Ce monde n'a jamais été fait pour moi alors forcément, enfant, je
m'en suis inventé un autre…
– Je comprends.
– C’était la seule issue que j’entrevoyais, en même temps, j’ai
toujours été un être très rêveur. Plus la société me rejetait, plus je
m’évadais dans ce monde imaginé.
Oui, je m’enfuyais dans les rêves afin d’y concevoir un univers
enchanteur aux mille couleurs dans lequel je trouvais le bonheur. Je
rêvais d’un monde meilleur, un monde sans chagrin pour fuir mon
quotidien, un monde plein d'illusions où je laissais parler mon
imagination. C’était une bulle dans laquelle je m’enfermais, une
sphère qui me protégeait de toutes leurs méchancetés.
– Qu’est-ce que vous recherchiez exactement dans vos rêves, à quoi
vous pensiez ?
– À travers mes pensées, dans cette sphère comme je l’appelais,
mon cœur cherchait l’amour. Si je le trouvais à travers l’imaginaire,
je devais bien me l’avouer, jamais il ne viendrait dans la réalité, qui
aurait bien pu aimer un être que tout le monde rejetait ?
Parler, parler, c’est tout ce que nous faisons pendant les
consultations, ça m’énerve, j’ai les nerfs. Pourquoi remonter si loin,
pourquoi parler du passé ? C’est une perte de temps, personne ne
peut m’aider. Bien que tout cela m’exaspère, je continue malgré
moi de lui raconter mon histoire, le regardant griffonner je ne sais
quoi sur son carnet.
– Le soir, lorsque je m’endormais, je me retrouvais au beau milieu
de mon rêve et oui, à cet âge-là déjà, je rêvais à l’amour.
Tandis que je termine ma phrase, le psychologue me regarde. Je
me demande bien ce qu’il peut penser de moi, de tout ça. Il écrit,
ignorant que le tapotement de son stylo sur la feuille de papier me
perturbe. Il n’y a pas que ce bruit qui me dérange, il y a aussi toutes
ses interrogations qui me martèlent l'esprit. Que peut-il bien
marquer comme ça ? Alors que je me questionne, il me demande :
– Mais vous n’étiez donc pas seul dans ce rêve ?
D’un ton plus ferme, je lui réponds :
– Non, il y avait mon être aimé, celle que je désirais tant rencontrer.
Chaque soir, je la rejoignais pour m’échapper de la réalité.
Est-ce qu’il m’écoute seulement ? Lorsqu’il n’écrit pas, je le
regarde mastiquer son stylo. Ce n’est pas la première fois que je le

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vois bêtement faire ça, mais c’est bien la première fois que je suis
autant perturbé par ces petits craquettements que j’entends.
– Une de vos camarades peut-être ?
– Sûrement pas !
Alors que je lui réponds par la négation, je continue de le
regarder mâcher son stylo, agacé par ces bruissements de
mastication qui me martèlent l’esprit.
– Une personne imaginée donc ?
– Oui, juste quelqu’un de rêvé, voilà !
Il ne doit pas se rendre compte du bruit qu’il fait, c’est pénible.
Pourquoi ces sons me paraissent-ils si inaudibles ? Irrité, je me lève
brusquement du canapé, le psychologue étonné me regarde. Les
deux mains sur la tête comme pour m’arracher les cheveux, je me
calme et lui dis :
– Merci de vouloir m’aider comme vous essayez de le faire depuis
toutes ces séances passées, mais franchement, je ne vois pas où
tout cela va nous mener.
Mes mains tremblent, ce n’est pas les nerfs, juste la situation
dans laquelle je me trouve qui m’oppresse. Le psychologue tente de
me canaliser comme il le peut :
– Non, au contraire, poursuivez, c’est important pour votre
thérapie. Allez, rallongez-vous et détendez-vous.
Doucement, je tente de me calmer, de m’apaiser. Comme le
psychologue me le demande, je me rallonge sur le canapé même si
je suis las de lui parler.
– Le collège n’a pas été une période évidente pour vous, poursuivit-
il comme pour rompre ce moment de silence. La recherche d’un
amour imaginaire était comme une clé qui vous consolait face à ce
rejet que vous subissiez.
Je n’ai plus envie de discuter, je veux juste m’en aller. De son
côté, il continue de m’interroger.
– Comment s’est passée votre entrée au lycée ?
Puisque je ne lui réponds pas, lentement, il me répète :
– Comment s’est passée votre entrée au lycée ?
Après un instant de silence, je me résous à lui répondre.
– Rien ne s’est arrangé contrairement à ce que je pensais. Mon
entrée au lycée fût tout aussi compliquée que les années passées et
mon rêve, lui, ne cessait de grandir.
Les rêves étaient tout ce que j’avais pour me raccrocher à la vie,
mais aujourd’hui je n’ai plus rien, même pas les rêves. Alors que le

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psychologue prend des notes, de nouveau, il s’arrête d’écrire et
mâche son stylo.
– Arrêtez de faire ça.
– Pardon ?
Il recommence ! Je le regarde fixement agir sans ne rien dire, il
comprend vite.
– Oh ça ? Excusez-moi, cela m’arrive parfois. Poursuivons, je vous
prie.
Qu’est-ce qu’il peut m’énerver avec son petit sourire et sa petite
cravate orange. Je devrais lui dire qu’elle n’est pas du tout assortie
avec sa chemise bleue et sa veste grise, un bleu plus clair serait
plus approprié. Oui, un bleu clair comme l’était le ciel dans tous ces
rêves. Il poursuit :
– Mais cette situation n’a pas duré ?
– Non, en effet.
– Comment a-t-elle pris fin ?
– Parfois, la réalité rejoint vos rêves quand votre sommeil est
troublé, le mien l’était à cause des moqueries que l'on m’infligeait.
– C’était la fin du rêve ? me demanda-t-il comme s’il était surpris.
– Pas du tout ! Je vous ai déjà parlé de tout ça !
– Ah, non, c’était l’être aimé ?
Enfin, il se souvient, quand même ! Un jour vînt la fin de ce rêve
ou la terrible descente aux enfers, le cœur effleuré, le cauchemar
émergé. Le monde imaginé plongeait dans l’obscurité et l’être aimé,
qui n'était que rêvé, disparut à tout jamais.
– L’être aimé, que vous vous imaginiez à travers vos pensées, ne
vous rejoignait plus dans ce monde que vous vous étiez créé, c’est
bien ça ? me demanda le psychologue tout en poursuivant sa prise
de notes sur son petit calepin.
– Elle n’était plus là, c’est tout !
Si j’adopte un ton plus ferme et hausse la voix par moment, c’est
que je voudrais bien que tout s’arrête, j’en ai assez. Malgré tout, je
continue d’un ton plus posé.
– Chaque soir, j’espérais la revoir, mais elle ne venait plus, elle avait
disparu.
– Disparue de vos pensées donc ?
Tandis que je le fixe du regard, il ravale sa salive et poursuit son
questionnement.
– Qu’avez-vous fait à ce moment-là ?

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– Alors que je me retrouvais seul, prisonnier dans cette sphère
imaginaire, je tournais en rond sans savoir comment me réveiller.
Les murs se dressaient devant moi, en vérité, je me renfermais de
jour en jour.
C’est maintenant au tour de son œil droit de m’agacer, il n’arrête
pas de le fermer. Tout en répondant à sa question, je le fixe et me
demande bien pourquoi je n’avais jamais remarqué cela
auparavant. Pour me faire part de son analyse, il m’interrompt :
– Plus le temps passait, plus vous vous isoliez de la société si je
comprends bien, ce qui se traduisait par ce sentiment que vous me
décrivez à travers votre rêve. Je vois, continuez je vous prie.
– Sans espoir de la trouver, je me perdais, je devais me retrouver
dans la réalité.
– C’était comme un déclic pour vous, c’est à ce moment-là où vous
vous êtes pris en main.
– Avec beaucoup de volonté, je me suis redressé pour affronter les
conséquences d’un passé où je ne m’étais jamais privé.
– Un régime donc ?
Est-ce qu’il a décidé de tout faire pour m’énerver ? On dirait. Il
recommence à mâcher son stylo, je crie :
– Arrêtez !
– Mais que se passe-t-il ?
L’atmosphère est lourde, ça me pèse, est-ce que je transpire ? Je
sens des gouttes de sueurs dans le dos, peut-être j'ai chaud ? Non, il
y a quelque chose qui ne va pas chez moi, je dois me calmer.
– Non rien, pardon.
Il me regarde mine de rien, et poursuit.
– Donc vous avez fait un régime et les choses se sont alors
améliorées avec le temps ?
– Oui, progressivement. Les semaines et les mois défilaient, j’avais
la joie de pouvoir compter les kilos perdus par dizaines, l’espoir
renaissait.
– Comment cela s’est traduit dans votre monde imaginé ?
– J’ai pu dominer les songes grâce à leur magie pour devenir le
maître de mon royaume.
« Le maître de mon royaume », il doit me prendre pour un fou !
Et pourtant… Prisonnier de mon cauchemar, j’ai cherché la lumière
dans l’obscurité et me suis relevé. Je me suis, pour ainsi dire,
combattu. Le maître des rêves s’est révélé, le tourment a été brisé,

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je m’en suis échappé. La réalité, je l’ai retrouvée tout comme ma
ligne qui mettait fin à des années de moqueries.
– Au fur et à mesure des années de votre enfance, le contrôle de
votre vie, c’est ce que vous aviez perdu, au final, vous l'avez
retrouvé.
Tandis que je l’écoute, j’évite de le regarder pour ne pas être
davantage perturbé par toutes ses mimiques qui me dérangent et
porte mon attention sur l’étagère située juste derrière lui. Il y a
toute une pile de livres qui traitent tous du même sujet, de
psychologie, sauf un. Le titre de ce livre m’interpelle : « L’ombre de
la mort ». C'est grotesque, ce genre de livre n'a rien à faire ici…
– Je vois où vous voulez en venir, l’interrompais-je subitement.
– Le contrôle de votre vie, c’est ce que vous devez reconquérir
aujourd’hui, insista-t-il une nouvelle fois.
Une nouvelle fois, oui, c’est à chaque fois la conclusion donnée à
toutes ces consultations passées. Il me demande de reprendre le
contrôle de ma vie, mais de vie, je n’en ai plus, comment peut-il
comprendre cela ? Je suis déjà de l’autre côté, si seulement il savait.
Lorsque dans l’ombre vous vous perdez, plus jamais la lumière du
jour vous ne la voyez…
– Vous ne comprenez rien, il n’y a rien à faire ! m’écriai-je en
élevant la voix.
Le psychologue n’arrive à rien, il croit savoir, mais ne sait rien, il
prend des notes qui ne servent à rien. Rien, c’est tout ce que j’ai,
c’est tout ce qu’il me reste.
– Vous n’aviez pas beaucoup d’amis à cette époque-là, je me
trompe ? m’interrogea-t-il comme pour essayer de poursuivre une
discussion dans laquelle il se noie.
– Non, non, non, je n’en avais aucun, vous comprenez ? Aucun !
répondis-je en hurlant, en m’énervant.
– Vous n’aviez pas d’amis, mais votre famille, elle était présente
pour vous soutenir n’est-ce pas ?
Le mot famille, ce mot m’apaise. D’un ton plus calme, je lui
réponds :
– Oui, heureusement, je pouvais compter sur mes frères et mes
sœurs pour me soutenir.
Mon ton ralentit, plus doucement, je poursuis :
– Mais aussi, je ne leur disais pas tout. J’étais simplement content
de les retrouver le soir, en rentrant.
– Je comprends, vous leur cachiez votre mal-être ?

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– Disons que mon mal-être était comblé par leur présence qui me
réconfortait.
Si ma famille me soutenait dans ces moments passés, à leur
façon, ce n’est rien à côté de ce que j’éprouve depuis ces deux
dernières années. Ni eux, ni personne ne peut me venir en aide.
– Comment se sont passées vos années au lycée après cette période
de régime ?
– Vous me parlez de mon passé, celui du collège et du lycée, on s'en
fout ! Cela n’a rien à voir avec les évènements qui se sont déroulés
ces dernières années.
– Il faut parfois savoir reculer pour avancer. Allez-y, continuez, je
vous prie.
– Au lycée, ça allait mieux, mais ce n’est pas pour autant que je
trouvai l’amour.
– Mais finalement, vous l’avez trouvé. Avec le temps qui a passé,
votre rêve est devenu réalité.
À quel jeu joue-t-il ? Il vient de m’emmener vers un chemin que
je ne veux pas emprunter, un sentier bien gardé que je tiens secret.
S’il s’aventure sur ce terrain miné, il a intérêt à s’accrocher.
– Elle m’a toujours vu comme un ange… Je lui avais dit qu’il y avait
un monstre en moi.
– Que voulez-vous dire ?
Je le regarde sans lui répondre, de toute façon, la séance arrive à
son terme. Il y en aura une autre dans une semaine, je ne
reviendrai pas, toutes ces séances sont inutiles. Simplement, je me
lève du canapé et me retire sans ne rien dire. Je ne compte sur
personne pour m’épauler, encore moins pour m’écouter. Il y a des
choses que personne ne peut comprendre. Ma thérapie a toujours
passé par les écrits, c’est ce que je fais depuis ces dernières années.
Chaque soir, avant de m’endormir, j’écris. Enfin, j’écrivais.
Si mon rêve est devenu réalité, c’est que j’ai écrit un conte de
fées. Qui pourrait bien y croire, ce sont des histoires inventées et
pourtant, la mienne aurait pu être la plus belle d’entre toutes. Il y a
des épreuves contre lesquelles on ne peut pas gagner, de toute
façon, les contes de fées ne sont pas vrais. C’est comme faire face à
la réalité, personne ne peut triompher. Même si le temps efface les
blessures, certaines laissent des cicatrices bien trop profondes.

C’est tout un travail de fond que nous menons depuis de


nombreux mois avec le psychologue, où devrais-je dire, que nous

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menions. Oui, le conte de fées est achevé, je n’ai plus rien à
raconter, je n’ai plus besoin d’y retourner. Dans le long couloir que
je dois traverser avant d’atteindre la porte de sortie, prostré, je
regarde mon ombre qui se projette sur le mur. Ce n’est que mon
reflet, mais cela ne l’a pas toujours été. Je n'aurai jamais dû
chercher à contrôler mes rêves, ils ont fait de moi leur instrument.
Bien que j’étais en quête de mon être aimé, c’est finalement sur une
sombre silhouette que je suis tombé, une ombre qui m’a emporté
loin de tout, dans l’obscurité. Alors qu’elle me suivait, le cauchemar
s’installait. Perdu dans une bulle que je ne reconnaissais plus, j’ai
mené un combat pour m’en échapper. D’un coup de poing, j’ai brisé
le miroir qui me séparait de la réalité, une réalité que j’ai fini par
retrouver. Je pensais être le seul à en être ressorti, je me suis
trompé. L’ombre s’en est échappée elle aussi, je ne sais pas
comment elle a fait. Délicatement, elle s’est faufilée de notre côté et
m’a rattrapé. Qui sait, elle est peut-être ce monstre que j’ai toujours
vu en moi ?
Subitement, la lumière du couloir s’éteint, effaçant cette
silhouette, cette ombre. Je ne vois plus rien, il fait sombre, très
sombre. Devant moi, le vide prend place, c’est le néant. L’obscurité
laissera-t-elle place à une nouvelle odyssée ? Pour conter des
histoires, il faut vivre des aventures, que ce soit à travers les rêves
ou dans le monde bien réel, nos vies ne sont pas éternelles. Mon
cœur, lui, résonnera à travers mes écrits pour clamer à jamais un
amour qui durera pour toujours envers celle qui m’a fait voir la
lumière du jour lorsque j’étais perdu dans les ténèbres.
Pourquoi le psychologue insiste-t-il tant sur le passé, il y a
sûrement un détail que j’ai oublié, un élément, une clé ? J’ai
pourtant relu mes écrits, je n’y ai rien trouvé. Une chose doit
m’échapper à moins que ce soit un fait que je n’ai pas retranscrit,
un souvenir oublié ? Il doit y avoir quelque chose d’enfoui dans
mon esprit, quelque chose qui se cache quelque part dans ma
mémoire. Si certains rêves finissent par se réaliser, j'ignorai que ce
cauchemar deviendrait bien réel lui aussi. Il faut que je m’efforce de
me souvenir si je veux m’en sortir. Me voilà prêt à plonger de
l’autre côté de mes pensées, dans une mémoire lointaine que
j’aurais préféré effacer.

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Dédié à la mémoire d’Élodie
(1982 – 2015)

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Note de l'auteur

L’histoire n’est pas faite que de moments de gloire, j’écris la


mienne depuis l’âge de mes quinze ans. Elle est parsemée de
victoires et de défaites, mais le passé est loin désormais et même si
j’ai beaucoup pleuré, je ne le regrette pas, bien au contraire, j’en
suis fier. J’ai longtemps cherché la lumière dans le crépuscule,
depuis le jour s’est levé, la nuit est passée.
Mes écrits sont comme une thérapie, il me rappelle l’être que je
suis. L’encre noire n’a plus sa place, mes écrits se rédigent derrière
un écran, c’est ce que veut notre époque à présent. Je prends
toujours le temps d’écouter le souffle du vent qui m’inspire dans
mes sentiments, ceux que je ressens à travers chaque battement.
Mon cœur est un moteur qui carbure à l’état pur, je n’ai plus peur
de l’inconnu, l’adolescence est révolue, je suis devenu adulte.
Maintenant, il n’y a plus de secrets, la réalité je la connais.
Je suis né à Calais le vingt-deux janvier mille neuf cent quatre-
vingt-un. Durant ma jeunesse, nous avons beaucoup déménagé par
rapport au travail de mon père. J’ai vécu une grande partie de mon
enfance à Marck, une petite ville située dans le Nord près de Calais.
Calaisien, je suis devenu Lillois, puis Grenoblois avant de devenir
Marseillais lorsqu’on est arrivé dans la cité phocéenne en deux
mille trois.
Les années au lycée sont un souvenir lointain, même si j’ai
cherché ma place dans la société pour exercer un métier qui me
plaît, avec le temps j’ai découvert qui je suis. Mes récits se sont
formés avec les années qui se sont succédées. Lorsque je les relis, je
me rends compte que les épreuves de la vie, même si elles ne sont
pas toujours faciles, nous guident vers notre devenir.
Croyez-vous aux anges, croyez-vous à leurs signes ? On entend
parfois craquer les meubles, des animaux peuvent avoir des
comportements bizarres, on constate des anomalies dans les
appareils électriques comme des tensions ou des clignements
d’ampoules. Parfois, on allume une bougie et elle s’éteint
soudainement sans qu’il n’y est pourtant le moindre souffle de
vent. Il peut aussi y avoir une petite voix intérieure qui se fait
entendre, une forte intuition. Je perçois parfois une musique ou un

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air dans mon esprit, des sons si mélodieux qui m’enchantent, je ne
serai vous dire comment. Certains disent que ce sont des signes, je
ne vais pas les contredire. Il y a parfois des rêves qui me paraissent
si vrais, des interrogations et tout d’un coup me vient la solution. Je
ne peux ni l’infirmer ni le confirmer, juste me questionner.
Si « L’Aube De Ma Jeunesse » a révélé ses splendeurs, il y a une
porte que je n’avais pas véritablement refermée, la laissant entre
ouverte, elle me confrontait à « L’Appel De L’Aube ». Si les rêves
m’appelaient, je n’y suis finalement jamais retourné, mais quelque
chose de bien réel en était ressorti. Je me devais de la garder
fermée à clé pour vous protéger d’un cauchemar qui a pénétré
notre réalité. J’aimerais qu’il n’y ait que du bonheur à profusion
même si bien souvent, c’est dans le malheur que je tire mon
inspiration. L'enfer, c'est quand votre vie devient un véritable
tourment. Allumez la lumière lorsque vous êtes dans le noir, peut-
être elle vous éclairera, mais prenez garde, derrière vous, vous y
trouverez sûrement une ombre. J’aurais préféré que toute cette
histoire ne soit que de l’imagination…

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Remerciements

Je remercie les lecteurs pour leur fidélité, merci de m’avoir


accompagné durant ces dernières années à travers mes écrits. Le
dernier tome est achevé, il marque la fin d’un long projet.
Je tiens à remercier sincèrement toutes les personnes qui ont
collaboré de près ou de loin à la concrétisation de ce projet. Je ne
l’ai pas fait pour moi, je l’ai fait pour elle, Élodie, cet être cher que je
chérissais.
Merci à mes amis pour m’avoir soutenu dans ces années
difficiles que j’ai traversées. Je remercie plus particulièrement
Génifer Larney sans qui je ne me serais jamais relevé.
Pour clôturer ces remerciements, j'exprime une nouvelle fois ma
gratitude à ma famille. Merci pour votre amour, merci de m’avoir
aidé à travers toutes ces épreuves. Comme je vous l’ai déjà dit, vous
êtes les personnes les plus formidables que l’on peut souhaiter
avoir à ses côtés.

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Note biographique

Issu d’une famille nombreuse, Stéphane Grare est un passionné


des sciences et en particulier de l’astronomie. Dans le Nord de la
France, après des années collégiennes tumultueuses, c’est à l’âge de
quinze ans qu’il commence à rédiger des écrits, qui comme une
thérapie, l’aident à réagir face à la vie qui est déjà dure avec lui.
Il aime s’enfermer dans sa chambre, pour fuir la réalité d’une
société qui le rejette. Alors la porte de ses rêves peut s’ouvrir… tout
un symbole.
Des déménagements familiaux successifs l’emmènent dans le
sud de la France et c’est à Marseille qu’il rencontre sa future
épouse.
En 2008, il crée une association pour développer une gamme
d’applications dédiée à la bureautique et obtient très vite, après
une formation, la reconnaissance en décrochant un emploi de
Concepteur Développeur informatique.
Il avançait dans la vie avec son épouse qui, en 2012, se voit
atteinte de la maladie de Charcot qui l’emporte en 2015. Pour
éviter de sombrer et lutter contre cette descente aux enfers,
Stéphane Grare reprit ses écrits qui l’avaient tant aidé à surmonter
ses difficultés durant sa jeunesse.

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Chapitres

Il Était Une Fois… .................................................................................................. 7


Rencontre Inespérée ......................................................................................... 15
L’Ombre Du Doute .............................................................................................. 23
La Route Des Anges ............................................................................................ 33
Je T’Aime................................................................................................................. 41
Nuit Étoilée ............................................................................................................ 47
Un Jour, Nous Serons Trois ............................................................................. 55
Nouvelle Réalité .................................................................................................. 63
Le Temps Des Chagrins .................................................................................... 69
Le Monde Des Hommes .................................................................................... 77
Complications ....................................................................................................... 85
Sans Espoir ............................................................................................................ 93
Pensées Sombres ............................................................................................. 101
Le Dernier Voyage ........................................................................................... 109
S.O.S ....................................................................................................................... 117
Perdu..................................................................................................................... 123
Réalité Dépassée .............................................................................................. 129
Confusion ............................................................................................................ 139
La Route Des Ombres ..................................................................................... 147
La Traversée Des Enfers ............................................................................... 155
Le Chemin Sans Fin ......................................................................................... 165
Dernière Volonté .............................................................................................. 171
Réalité Retrouvée ............................................................................................ 177
Le Dernier Jour ................................................................................................. 185
Souvenir Oublié ................................................................................................ 191
Confrontation Finale....................................................................................... 197
Renaissance........................................................................................................ 205

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