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Imagerie musculosquelettique

Pathologies générales

2 e édition

Chez le même éditeur

Du même auteur

Imagerie musculosquelettique – Pathologies locorégionales, 2008, 880 pages.

Dans la collection

Imagerie thoracique de l'adulte et de l'enfant, par A. Khalil, 2 e édition, 2013.

Neuro-imagerie diagnostique, par J.-L. Dieteman, 2 e édition, 2012, 844 pages.

Imagerie du sport, par N. Sans, 2011, 408 pages.

Échographie et imagerie pelvienne en pratique gynécologique, par Y. Ardaens, B. Guérin du Masgenêt, P. Coquel, 5 e édition, 2010, 642 pages.

Échographie en pratique obstétricale, B. Guérin du Masgenêt, Y. Robert, P. Bourgeot, P. Coquel, 4 e édition, 2009, 512 pages.

Autres ouvrages

Échographie en urgence pour le radiologue, par M. Bléry, Collection Imagerie médicale – Pratique, à paraître, 258 pages.

TDM des tumeurs abdominales, par E. Delabrousse, Collection Imagerie médicale – Formation, 2013, 360 pages.

Échographie de la thyroïde, par J. Tramalloni, H. Monpeyssen, 2 e édition, Collection Imagerie médicale – Formation, 2013,

208 pages.

Infiltrations échoguidées, par H. Guerini, J.-L. Drapé, Collection Imagerie médicale – Pratique, 2012, 242 pages.

IRM pratique, par L. Arrivé, 2 e édition, Collection Imagerie médicale – Pratique, 2012, 448 pages.

Traumatologie du rachis, par J.-C. Dosch, Collection Imagerie médicale – Diagnostic, 2012, 256 pages.

Radiologie de l'appareil locomoteur, par M. Runge, 3 e édition, Collection Imagerie médicale – Formation, 2011, 424 pages.

Imagerie cardiaque : scanner et IRM, par O. Vignaux, 2 e édition, Collection Imagerie médicale – Diagnostic, 2011, 344 pages.

Positions et incidences en radiologie conventionnelle, par K. Bontrager, J.-P. Lampignano, M. Bléry, Guide pratique, 2011,

332 pages.

IRM pratique en neuroradiologie, par F. Héran, F. Lafitte, Collection Imagerie médicale – Pratique, 2014, 494 pages.

Suivi post-thérapeutique en oncologie, SFR-SFMN-SFRO & le Centre Antoine Béclère, coordonné par A. Luciani, Collection Imagerie médicale – Diagnostic, 2014, 320 pages.

Traitement de l’image, de la numérisation à l’archivage et la communication, coordonné par O. Hélénon, Collection Imagerie médicale – Formation, 2013, 224 pages.

Scanner et rayons X, par D. Régent, Collection Imagerie médicale – Formation, 2014, à paraître.

Sous la direction de Michel Bléry Imagerie musculosquelettique Pathologies générales 2 e édition Anne Cotten
Sous la direction de Michel Bléry Imagerie musculosquelettique Pathologies générales 2 e édition Anne Cotten

Sous la direction de Michel Bléry

Imagerie

musculosquelettique

Pathologies générales

2 e édition

Anne Cotten

Professeur des universités – praticien hospitalier, chef du service de radiologie et d'imagerie musculosquelettique, centre de consultations et d'imagerie de l'appareil locomoteur, CHRU de Lille

Avec la collaboration de :

V. Alvarez-Miezentseva, E. Amzallag-Bellenger, S. Aubert, J. Aucourt, V. Balbi, C. Berton, J. Bigot, N. Boutry, J.-F. Budzik, J.-M. Cepparo, L. Ceugnart, C. Chantelot, P. Chastanet, E. Cockenpot, M. Cohen, B. Cortet, J.-M. Cuisset, B. Damarey, C. Degrugillier-Chopinet, X. Demondion, M. Desurmont, A. Dieux, T. Facon, R.-M. Flipo, C. Fontaine, E.-L. Glaude, E. Hachulla, Y. Henrotin, P. Herbinet, H. Kolesnikov-Gauthier, A. Lambilliotte, D. Launay, G. Lefebvre, X. Leleu, A. Lesage, C. Maynou, F. Mazingue, A. Moraux, D. Morillon, F. Morschhauser, J. Mouly, E. Nectoux, E. Nedeva, V.-M. Pansini, T. Pascart, G. Petyt, P. Philippe, I. Pruvost, A. Renaud, C. Rose, E. Senneville, W. Siemons, P. Simoni, E. Spas-Defasque, D. Tchernin, L. Vandenbussche, F. Vanhoenacker, M.-H. Vieillard, E. Wiart

E. Spas-Defasque, D. Tchernin, L. Vandenbussche, F. Vanhoenacker, M.-H. Vieillard, E. Wiart Dessins : Sophie Servain
E. Spas-Defasque, D. Tchernin, L. Vandenbussche, F. Vanhoenacker, M.-H. Vieillard, E. Wiart Dessins : Sophie Servain

Dessins : Sophie Servain

DANGER LE PHOTOCOPILLAGE TUE LE LIVRE
DANGER
LE
PHOTOCOPILLAGE
TUE LE LIVRE

Ce logo a pour objet d'alerter le lecteur sur la menace que représente pour l'avenir de l'écrit tout particulièrement dans le domaine universitaire le développement massif du « photo-copillage ». Cette pratique qui s'est généralisée notamment dans les établissements d'enseignement provoque une baisse brutale des achats de livres au point que la possibilité même pour les auteurs de créer des œuvres nouvelles et de les faire éditer correctement est aujourd'hui menacée. Nous rappelons donc que la reproduction et la vente sans autorisation ainsi que le recel sont passibles de poursuites. Les demandes d'autorisation de photocopier doivent être adressées à l'éditeur ou au Centre français d'exploitation du droit de copie : 20 rue des Grands-Augustins 75006 Paris. Tél. 01 44 07 47 70.

Dessins : Carole Fumat (fig. 1.2 et 1.3) et Sophie Servain (tous les autres)

Tous droits de traduction, d'adaptation et de reproduction par tous procédés, réservés pour tous pays. Toute reproduction ou représentation intégrale ou partielle, par quelque procédé que ce soit, des pages publiées dans le présent ouvrage, faite sans l'autorisation de l'éditeur est illicite et constitue une contrefaçon. Seules sont autorisées, d'une part, les reproductions strictement réservées à l'usage privé du copiste et non destinées à une utilisation collective et, d'autre part, les courtes citations justifiées par le caractère scientifique ou d'information de l'œuvre dans laquelle elles sont incorporées (art. L. 122–4, L. 122–5 et L. 335–2 du Code de la propriété intellectuelle). © 2013, Elsevier Masson SAS. Tous droits réservés ISBN : 978-2-294-71924-0

Elsevier Masson SAS, 62, rue Camille-Desmoulins, 92442 Issy-les-Moulineaux cedex www.elsevier-masson.fr

Liste des collaborateurs

Victoria ALVAREZ-MIEZENTSEVA, chef de clinique adjointe, imagerie de l'appareil locomoteur, CHU de Liège, Belgique. Élisa AMZALLAG-BELLENGER, chef de clinique – assis- tante, service de radiologie conventionnelle (service de radiopédiatrie), hôpital Jeanne de Flandre, CHRU de Lille. Sébastien AUBERT, professeur des universités – praticien hospitalier, institut de pathologie, centre de biologie patho- logie, CHRU de Lille. Julie AUCOURT, chef de clinique – assistante, service de radiologie et d'imagerie musculosquelettique, centre de consultations et d'imagerie de l'appareil locomoteur, CHRU de Lille. Vincent BALBI, ancien chef de clinique – assistant, service de radiologie et d'imagerie musculosquelettique, centre de consultations et d'imagerie de l'appareil locomoteur, CHRU de Lille. Charles BERTON, ancien chef de clinique – assistant, unité de traumatologie-orthopédie C, hôpital Roger Salengro, CHRU de Lille. Julien BIGOT, praticien hospitalier, service d'imagerie de la femme, hôpital Jeanne de Flandre, CHRU de Lille. Nathalie BOUTRY, professeur des universités – praticien hospitalier, service de radiopédiatrie, hôpital Jeanne de Flandre, CHRU de Lille. Jean-François BUDZIK, praticien hospitalier, service d'imagerie médicale, groupe hospitalier de l'Institut catho- lique de Lille (GHICL). Juan-Manuel CEPPARO, ancien attaché-spécialiste, ser- vice de radiologie et d'imagerie musculosquelettique, centre de consultations et d'imagerie de l'appareil locomoteur, CHRU de Lille. Luc CEUGNART, praticien hospitalier, service de radiolo- gie, centre Oscar Lambret, Lille. Christophe CHANTELOT, professeur des universités – praticien hospitalier, chef de service, unité de traumatolo- gie-orthopédie B, hôpital Roger Salengro, CHRU de Lille. Patrick CHASTANET, praticien hospitalier, service de radio- logie et d'imagerie musculosquelettique, centre de consulta- tions et d'imagerie de l'appareil locomoteur, CHRU de Lille. Éric COCKENPOT, interne, service de radiologie et d'ima- gerie musculosquelettique, centre de consultations et d'ima- gerie de l'appareil locomoteur, CHRU de Lille. Michel COHEN, radiologue, service d'imagerie, clinique Juge, Marseille. Bernard CORTET, professeur des universités – praticien hospitalier, département universitaire de rhumatologie, CHRU de Lille.

Anne COTTEN, professeur des universités – praticien hos- pitalier, chef du service de radiologie et d'imagerie muscu- losquelettique, centre de consultations et d'imagerie de l'ap- pareil locomoteur, CHRU de Lille. Jean-Marie CUISSET, praticien hospitalier, service de neu- ropédiatrie, hôpital Roger Salengro, CHRU de Lille. Benjamin DAMAREY, ancien chef de clinique – assistant, service de radiologie et d'imagerie musculosquelettique, centre de consultations et d'imagerie de l'appareil locomo- teur, CHRU de Lille. Caroline DEGRUGILLIER-CHOPINET, praticien hospi- talier, unité de neurosonologie, service de neuroradiologie, hôpital Roger Salengro, CHRU de Lille. Xavier DEMONDION, professeur des universités – prati- cien hospitalier, laboratoire d'anatomie – faculté de méde- cine Henri Warembourg, service de radiologie et d'imagerie musculosquelettique, centre de consultations et d'imagerie de l'appareil locomoteur, CHRU de Lille. Marie DESURMONT, ancien praticien hospitalier, unité médico-judiciaire, hôpital Roger Salengro, CHRU de Lille. Anne DIEUX, praticien hospitalier, clinique de génétique médicale Guy Fontaine, pôle biologie – pathologie – géné- tique, CHRU de Lille. Thierry FACON, professeur des universités – praticien hospitalier, service des maladies du sang, hôpital Claude Huriez, CHRU de Lille. René-Marc FLIPO, professeur des universités – praticien hospitalier, chef de service, département universitaire de rhumatologie, centre de consultations et d'imagerie de l'ap- pareil locomoteur, CHRU de Lille. Christian FONTAINE, professeur des universités – prati- cien hospitalier, laboratoire d'anatomie – faculté de méde- cine Henri Warembourg, chef du service d'orthopédie B, centre de consultations et d'imagerie de l'appareil locomo- teur, CHRU de Lille. Eddy-L. GLAUDE, ancien chef de clinique – assistant, ser- vice de radiologie et d'imagerie musculosquelettique, centre de consultations et d'imagerie de l'appareil locomoteur, CHRU de Lille. Éric HACHULLA, professeur des universités – praticien hospitalier, service de médecine interne, hôpital Claude Huriez, CHRU de Lille. Yves HENROTIN, professeur, département des sciences de la motricité, unité de recherche sur l'os et le cartilage (UROC), université de Liège, Belgique. Pascal HERBINET, ancien chef de clinique – assistant, ser- vice de radiologie et d'imagerie musculosquelettique, centre de consultations et d'imagerie de l'appareil locomoteur, CHRU de Lille.

VI

Liste des collaborateurs

Hélène KOLESNIKOV-GAUTHIER, médecin spécialiste des centres de lutte contre le cancer (CLCC), service de médecine nucléaire, centre Oscar Lambret, Lille. Anne LAMBILLIOTTE, praticien hospitalier, service ambulatoire – hôpital de jour pédiatrie, hôpital Jeanne de Flandre, CHRU de Lille. David LAUNAY, praticien hospitalier, service de médecine interne adultes, hôpital Claude Huriez, CHRU de Lille. Guillaume LEFEBVRE, chef de clinique – assistant uni- versitaire, service de radiologie et d'imagerie musculosque- lettique, centre de consultations et d'imagerie de l'appareil locomoteur, CHRU de Lille. Xavier LELEU, maître de conférence des universités – pra- ticien hospitalier, service des maladies du sang, hôpital Claude Huriez, CHRU de Lille. Alexandre LESAGE, chef de clinique – assistant, service de radiologie et d'imagerie musculosquelettique, centre de consultations et d'imagerie de l'appareil locomoteur, CHRU de Lille. Carlos MAYNOU, professeur des universités – praticien hospitalier, chef de service, unité d'orthopédie A, hôpital Roger Salengro, CHRU de Lille. Françoise MAZINGUE, praticien hospitalier, service d'hé- matologie pédiatrique, hôpital Jeanne de Flandre, CHRU de Lille. Antoine MORAUX, médecin-attaché, service de radiologie et d'imagerie musculosquelettique, centre de consultations et d'imagerie de l'appareil locomoteur, CHRU de Lille. David MORILLON, ancien chef de clinique – assistant, service de radiologie et d'imagerie musculosquelettique, centre de consultations et d'imagerie de l'appareil locomo- teur, CHRU de Lille. Franck MORSCHHAUSER, praticien hospitalier, service des maladies du sang, hôpital Claude Huriez, CHRU de Lille. Jérôme MOULY, médecin-attaché, service de radiologie et d'imagerie musculosquelettique, centre de consultations et d'imagerie de l'appareil locomoteur, CHRU de Lille. Éric NECTOUX, praticien hospitalier universitaire, dépar- tement de chirurgie et orthopédie de l'enfant, hôpital Jeanne de Flandre, CHRU de Lille. Elina NEDEVA, attachée spécialiste, service de radiologie et imagerie musculosquelettique, centre de consultations et d'imagerie de l'appareil locomoteur, CHRU de Lille. Vittorio PANSINI, praticien hospitalier, service de radio- logie et d'imagerie musculosquelettique, centre de consul- tations et d'imagerie de l'appareil locomoteur, CHRU de Lille.

Tristan PASCART, interne, département universitaire de rhumatologie, centre de consultations et d'imagerie de l'ap- pareil locomoteur, CHRU de Lille. Grégory PETYT, assistant hospitalier universitaire, ser- vice de médecine nucléaire et biophysique, hôpital Roger Salengro, CHRU de Lille. Peggy PHILIPPE, praticien hospitalier, département uni- versitaire de rhumatologie, centre de consultations et d'ima- gerie de l'appareil locomoteur, CHRU de Lille. Isabelle PRUVOST, praticien hospitalier, centre de compé- tence des maladies auto-inflammatoires et arthrite juvénile, service de pédiatrie générale, urgences et maladies infec- tieuses, hôpital Roger Salengro, CHRU de Lille. Armelle RENAUD, attachée spécialiste, service de radiolo- gie et d'imagerie musculosquelettique, centre de consulta- tions et d'imagerie de l'appareil locomoteur, CHRU de Lille. Christian ROSE, praticien hospitalier – professeur de la faculté libre de médecine, groupe hospitalier de l'Institut catholique de Lille (GHICL). Éric SENNEVILLE, professeur des universités – praticien hospitalier, chef du service des maladies infectieuses et du voyageur (SUMIV), CH Gustave Dron, Tourcoing. Wim SIEMONS, praticien hospitalier, service de radiologie et d'imagerie musculosquelettique et thoracique, Ziekenhuis Oost-Limburg, Genk, Belgique. Paolo SIMONI, chef de clinique, imagerie de l'appareil locomoteur, CHU de Liège, Belgique. Émilie SPAS-DEFASQUE, praticien hospitalier contrac- tuel, service de radiologie et d'imagerie musculosquelet- tique, centre de consultations et d'imagerie de l'appareil locomoteur, CHRU de Lille. David TCHERNIN, assistant spécialiste, service de radio- logie et d'imagerie musculosquelettique, centre de consulta- tions et d'imagerie de l'appareil locomoteur, CHRU de Lille. Laurent VANDENBUSSCHE, chef de clinique – assistant des universités, service de radiologie et d'imagerie muscu- losquelettique, centre de consultations et d'imagerie de l'ap- pareil locomoteur, CHRU de Lille. Filip VANHOENACKER, professeur, département de radiologie, hôpital Sint-Maarten, Duffel-Mechelen et hôpi- tal universitaire d'Anvers, faculté de médecine et sciences de la santé, université de Gand, Belgique. Marie-Hélène VIEILLARD, praticien hospitalier, départe- ment universitaire de rhumatologie, CHRU de Lille, service d'oncologie générale, centre Oscar Lambret, Lille. Émilie WIART, interne, service de radiologie et d'imagerie musculosquelettique, centre de consultations et d'imagerie de l'appareil locomoteur, CHRU de Lille.

Abréviations

1,25(OH)2vitD

Calcitriol

25(OH)vitD

Calcidiol

AAN

Anticorps antinucléaire

AASLD

American Association for the Study of Liver Diseases

ACPA

Anti-Citrullinated

Protein/peptide

ACR

Antibodies American College of Rheumatology

Ankylosing Spondylitis Disease Activity

ACTH

Adreno-Cortico-Tropic Hormone

ADA

Anti-Drug Antibody

ADC

Apparent Diffusion Coefficient

ADN

Acide désoxyribonucléique

AECA

Anti-Endothelial Cell Antibody

AECG

American European Consensus Group

AGT

Alanine-glyoxylate-aminotransférase

AINS

Anti-inflammatoire non stéroïdien

AJI

Arthrite juvénile idiopathique

AL

Amyloidosis Light-chain

ALVAL

Aseptic Lymphocytic Vasculitis-Associated

AML

Lesion Angiomyolipome

AMM

Autorisation de mise sur le marché

ANCA

Antineutrophil Cytoplasmic Antibody

AO

Arbeitsgemeinschaft für Osteosynthese

Apo

fragen Apolipoprotéine

ARA

American Rheumatism Association

ARN

Acide ribonucléique

ART

Angulation régionale traumatique

ASAL

Antiarthrosique symptomatique d'action

ASAS

lente Assessment of SpondyloArthritis inter-

ASDAS

national Society

ASL

Score Arterial Spin Labeling

ATP

Adénosine triphosphate

AVC

Accident vasculaire cérébral

AVP

Accident de la voie publique

β2 m

β2-microglobuline

BAFF

B cell Activating Factor

BAI

Basion-Axial Interval

BASDAI

Bath Ankylosing Spondylitis Disease

BDI

Activity Index Basion-Dental Interval

BGN

Bacille Gram négatif

Amphiphysine Boston Leeds Osteoarthritis Knee Score Bone Morphogenetic Protein Basic Multicellular Unit Bourse sous-acromio-deltoïdienne Calcium-Bending Protein Core-binding factor alpha 1 Cyclic Citrullinated Peptide Canadian C-Spine Rule Colony Forming Unit Colony Forming Unit Macrophage Comparative Genomic Hybridization Calcitonin Gene-Related Peptide Chronic Infantile Neurological Cutaneous and Articular Capitulum, tête radiale, épicondyle interne, trochlée, olécrâne, épicondyle latéral Coagulation intravasculaire disséminée Connectivite mixte Carpométacarpienne (articulation) Cytomégalovirus Collagène de type I

COVESEM Costo Vertebral Segmentation Defect and Mesomelia

CMV

COL I

CMC

BIN

BLOKS

BMP

BMU

BSAD

CaBP

Cbfa1

CCP

CCR

CFU

CFU-M

CGH

CGRP

CINCA

CITROL

CIVD

CM

COX Cyclo-oxygénase

CPA Cellule présentant l'antigène

CPK Créatine-phosphokinase

CPL Complexe ligamentaire postérieur

CPP Cristaux de pyrophosphate de calcium

CPPD Dépôt de CPP

CRAB Calcium, Renal failure, Anemia, Bone lesions

CREST Calcinose, phénomène de Raynaud, atteinte œsophagienne, sclérodactylie et télangiectasies

CRH Corticotropin Releasing Hormone

CRIP Cellule de recueil, d'évaluation et de traitement des informations préoccu- pantes

CRP C-Reactive Protein

CSSE Complexe supérieur de stabilisation de l'épaule

CTB Cervicothoracobrachiale

CT Computed Tomography

CTGF Connective Tissue Growth Factor

VIII

Abréviations

CTX

Télopeptide C-terminal

DAS28

28-Joint Disease Activity Score

DEH

Dysplasie épiphysaire hémimélique

dGEMRIC

delayed Gadolinium Enhanced MRI of

DHAB

Cartilage Dermohypodermite aiguë bactérienne

DHB

Dermohypodermite bactérienne

DHBN

Dermohypodermite bactérienne nécro-

DISH

sante Diffuse Idiopathic Skeletal Hyperostosis

DISI

Dorsal Intercalated Segment Instability

Dkk

Dickkopf

DM

Dermatomyosite

DMARD

Disease-Modifying Antirheumatic Drug

DMC

Dystrophie musculaire congénitale

DMO

Densité minérale osseuse

DMPK

Dystrophy Myotonic Protein Kinase

DMSA

Dimercaptosuccinic Acid

DNM

Dynamine

DS

Déviation standard

DWI

Diffusion Weighted Imaging

DXA

Dual X-ray Absorptiometry

EBV

Epstein-Barr Virus

ECG

Électrocardiogramme

EDTA

Ethylene Diamine Tetracetic Acid

EIAI

Épine iliaque antéro-inférieure

EMD

Extra Medullary Disease

EMG

Électromyogramme

EMT

Epithelial to Mesenchymal Transition

EPC

Endothelial Progenitor Cell

EPI

Echo Planar Imaging

EPO

Érythropoïétine

ePPI

extracellular Inorganic Pyrophosphate

EPS

Électrophorèse des protéines sériques

ESSG

European Spondyloarthropathy Study

EULAR

Group European League Against Rheumatism

FA

Fraction d'anisotropie

FAB

Franco-américanobritannique (classifi-

FDG

cation) Fluorodéoxyglucose

FGF

Fibroblast Growth Factor

FISH

Fluorescence In Situ Hybridization

FKRP

Fukutin Related Protein

FN

Fasciite nécrosante

F

IX

Facteur IX

F

VIII

Facteur VIII

Fna

Fluorure de sodium

FOCAL

Female, Osteopathia striata, Coloboma,

FOP

Absent ectodermis-mesodermis-endodermis derived elements, Lobster claw deformity Fibrodysplasie ossifiante progressive

 

FR

Facteur rhumatoïde

FSH

Follicle Stimulating Hormone

G6P

GAG

γ GT

GH

GHRH

GM-CSF

GnRH

GPA

GRAPPA

H 2 O 2 HAQ HAS Hb Hb S HBPM HCF HDL HDP HE HFM HGPRT

HLA

HMPAO

HP1

HPC

HPT

HR-pQCT

HTAL

HTLV

IAC

IFN

Ig

IGF

IGFBP

IL

IMC

IMID

IPD

IPP

IPSG

IRC

IRF5

IRM

ISSVA

KDIGO

KOA

KOSS

Glucose-6-phosphatase

Glycosaminoglycane

Gamma-glutamyl-transférase Growth Hormone

Growth Hormone-Releasing Hormone

Granulocyte-Macrophage

Stimulating Factor Gonadotropin Releasing Hormone Glenopolar Angle Group for Research and Assessment of Psoriasis and Psoriatic Arthritis peroxyde d'hydrogène Health Assessment Questionnaire Haute autorité de santé Hémoglobine Hémoglobine Stickle cell disease Héparine de bas poids moléculaire Histiocytofibrome fibreux bénin High Density Lipoproteins Hydroxyméthylène diphosphonate Hémangioendothéliome Histiocytome fibreux malin Hypoxanthine guanine phosphoribosyl- transférase Human Leucocyte Antigen Hexaméthyl-propylène-amine-oxime Hyperoxalurie primitive de type 1 Hematopoietic Progenitor Cell Hyperparathyroïdie High Resolution-peripheral Quantitative Computer Tomography Fracture horizontale de l'odontoïde Human T-Lymphotropic Virus Index acromioclaviculaire Interféron Immunoglobuline Insulin-like Growth Factor Insulin-like Growth Factor-Binding Protein Interleukine Indice de masse corporelle Immunomodulatory Drug Interphalangienne distale (articulation)

Interphalangienne proximale (articulation) International Prophylaxis Study Group Insuffisance rénale chronique Interferon Regulatory Factor 5 Imagerie par résonance magnétique International Society for the Study of Vascular Anomalies

Kidney

Outcomes Kyste osseux anévrysmal Knee Osteoarthritis Scoring System

Colony-

Disease

Improving

Global

Abréviations

IX

LA

Leucémie aiguë

LAL

Leucémie aiguë lymphoblastique

 

LAM

Leucémie aiguë myéloïde

LBA

Lavage bronchioloalvéolaire

LCA

Ligament croisé antérieur

LCM

Lésion classique métaphysaire

LCR

Ligament collatéral radial

LCS

Liquide céphalospinal

LCU

Ligament collatéral ulnaire

LDH

Lactate-déshydrogénase

LES

Lupus érythémateux systémique

LGMD

Limb Girdle Muscular Dystrophy

LH

Luteinizing Hormone

LLA

Ligament longitudinal antérieur

LLC

Leucémie lymphoïde chronique

LMC

Leucémie myéloïde chronique

LNH

Lymphome non hodgkinien

LPV

Leucocidine de Panton Valentine

MALT

Mucosa-Associated Lymphoid Tissue

MAV

Malformation artérioveineuse

MBP

Major Basic Protein

MCP

Métacarpophalangienne (articulation)

M-CSF

Macrophage Colony Stimulating Factor

MDA

MD Anderson Cancer Center

MDP-99 mTc

Méthylène diphosphonate marqué au technétium 99 m

MEOPA

Mélange équimoléculaire d'oxygène et de protoxyde d'azote

MGUS

M o n o c l o n a l

G a m m a p a t h y

o f

MIBG

Undetermined Significance Méta-iodobenzylguanidine

MIBI

Méthoxy-isobutylisonitrile

mJSW

minimum Joint Space Width

ML

Malformation lymphatique

MM

Myélome multiple

MMP

Matrix Metalloproteinase

MO

Myosite ossifiante

MOC

Maladie osseuse constitutionnelle

MOC

Myosite ossifiante circonscrite

MPR

Multiplanar Reformation

MPS

Mucopolysaccharidose

MPS I-H

Maladie de Hurler

MPS I-H/S

Maladie de Hurler-Scheie

MPS I-S

Maladie de Scheie

MRC

Maladie rénale chronique

MRP

Myeloid Reactive Protein

mSASSS

modified Stoke Ankylosing Spondylitis Scoring System

MTP

Métatarsophalangienne (articulation)

 

MTX

Méthotrexate

NEB

Nébuline

NEM

Néoplasie endocrinienne multiple

 

NEXUS

National Emergency X-Radiography Utilisation Study

NF

NFS

NICH

NK

NO

NOF

NOGG

NOS

NSE

OAH

OAN

OBAR

OBAV

OCRM

ODR

OI

OMERACT

OMS

OO

OPG

OP3GO

OS

OSE

OSMED

Osx

P1

P2

P3

PAD

PAS

PCB

PCR

PCr

PDGF

PG

PHEX

Pi

PINP

PM

PMSI

PNET

POEMS

PPi

PPR

PR

PROMM

PTG

Neurofibromatose Numération formule sanguine Non-Involuting Congenital Hemangioma Natural Killer Monoxyde d'azote Nordic Orthopedic Federation National Osteoporosis Guideline Group National Osteoporosis Society Neuro Specific Enolase Ostéoarthropathie hypertrophiante Ostéoarthropathie nerveuse Oblique en bas et en arrière (fratcure) Oblique en bas et en avant (fratcure) Ostéomyélite chronique récurrente multifocale Ostéodystrophie rénale Ostéogenèse imparfaire Outcome Measures in Rheumatoid Arthritis Clinical Trials Organisation mondiale de la santé Ostéome ostéoïde Ostéoprotégérine Onychopachydermopériostite psoria- sique du gros orteil Ostéosarcome Osteoblast Specific cis-acting Element 2 Otospondylomegaepiphyseal Dysplasia Ostérix Phalange proximale Phalange intermédiaire Phalange distale Peptidyl-Arginine Deaminase

Periodic Acid Schiff Phosphate de calcium basique Polymerase Chain Reaction Phosphocréatine Platelet-Derived Growth Factor Prostaglandine Phosphate regulating gene with Homologies to Endopeptidases on the X chromosome Phosphates inorganiques Propeptide N-terminal du procollagène de type 1 Polymyosite Programme de médicalisation des sys- tèmes d'information Primitive Neuroectodermal Tumor

Poly neuropathy,

Endocrinopathy, M-protein, Skin changes

O rganomegaly,

Pyrophosphate inorganique Pseudo-polyarthrite rhizomélique Polyarthrite rhumatoïde Proximal Myotonic Myopathy Prothèse totale de genou

X

Abréviations

PTH

Parathormone

PTH

Prothèse totale de hanche

PTH-rP

Parathormone-related Protein

PSA

Prostate-Specific Antigen

PVC

Polyvinyl Chloride

QCSI

Quantitative Chemical Shift Imaging

QI

Quotient intellectuel

qMRI

Quantitative

Magnetic

Resonance

QUS

Imaging Quantitative Ultrasound

R3SPE

Remitting Seronegative Symmetrical

RAMRIS

Synovitis with Pitting Edema Rheumatoid Ar thritis Magnetic

RANK

Resonance Imaging scoring System Receptor Activator of Nuclear factor

RANKL

Kappa B RANK Ligand

RASS

Radiographic Ankylosing Spondylitis

RCH

Spinal (score) Rectocolite hémorragique

RECIST

Response Evaluation Criteria In Solid

RICE

Tumors Rest, Ice, Compression, Elevation

RICH

R api d ly

Inv oluting

C ong e nital

ROI

Hemangioma Region of Interest

Runx2

Runt-related transcription factor 2

RYR

Ryanodin Receptor

SA

Spondylarthrite ankylosante

SADDAN

Severe Achondroplasia, Developmental

SAMIS

Delay, Acanthosis Nigricans Simplified rheumatoid Ar thritis

SAPHO

Magnetic resonance Imaging Score Synovite, acné, pustulose palmoplan-

SCIWONA

taire, hyperostose, ostéite Spinal Cord Without Neuro-Imaging

SCIWORA

Abnormality Spinal Cord Injury Without Radiographic

SCIWORET

Abnormality Spinal Cord Injury Without Radiological

SDAI

Evidence of Trauma Simplified Disease Activity Index

SENS

Simple Erosion Narrowing Score

SEPN

Sélénoprotéine

sFLC

serum Free Light Chain

SHGB

Sex Hormone Binding Globulin

SLAC

Scapho-Lunate Advanced Collapse

SLICC

Sy s t e m i c

Lu p u s

Int e r n at i o n a l

SMD

Collaborating Clinics Syndrome myélodysplasique

SNAC

Scaphoid Nonunion Advanced Collapse

SNC

Système nerveux central

snRNP

small nuclear Ribonucleoprotein

SOFCOT

Société française de chirurgie ortho- pédique et traumatologique

SPECT

SPIO

Sponastrime

SQ

SS

SST-2

STAT4

STIR

SUV

SVN

T4

TAA

TA-GT

TAR

TBCN

TCA

TCF

TCG

TDM

TE

TEMP

TEP

TFCC

TGF

TGNP

THS

TIMP

TLICS

TLISS

TLR

TMGNP

TMO-MRC

TNA

TNF

TP

TPBI

TPM

TRAPS

TRH

TRPV1

TSH

TSPC

TTF1

UH

Single

Tomography Superparamagnetic Iron Oxide Spondylo Nasal Striated Metaphyse Semi-quantitative (IRM) Sclérodermie systémique Somatostatine de sous-type 2 Signal Transducer and Activator of Transcription 4 Short T1 Inversion Recovery Standardized Uptake Value Synovite villonodulaire Tétra-iodothyronine Tumeur adipeuse atypique Tubérosité tibiale antérieure – gorge trochléenne (distance) Thrombocytopénie, agénésie du radius Tumeur bénigne à cellules notochordales Temps de céphaline activé

Facteur de transcription associé à la β-caténine Tumeur à cellules géantes Tomodensitométrie

Temps d'écho Tomographie par émission monophoto- nique Tomographie par émission de positons Triangular Fibrocartilage Complex Transforming Growth Factor Tumeur des gaines des nerfs périphé- riques Traitement hormonal substitutif Tissue Inhibitor of Metalloproteinase Thoracolumbar Injury Classification and Severity Score Thoracolumbar Injury Severity Score Toll Like Receptor Tumeur maligne de la gaine d'un nerf périphérique Troubles minéraux et osseux associés à la maladie rénale chronique Traumatisme non accidentel de l'enfant Tumor Necrosis Factor Taux de prothrombine Three-Phase Bone Imaging Tropomyosine

TNF

Periodic

Syndrome Thyrotrophin Releasing Hormone Transcient Receptor Potential Vanilloïd 1 Thyroid Stimulating Hormone Tendon Stem/Progenitor Cell

Thyroid Transcription Factor 1 Unité Hounsfield

Photon

Emission

Computed

Receptor

Associated

Abréviations

XI

UICC

Union for International Cancer Control

VISI

USPIO

Ultrasmall Particles of Iron Oxide

VRT

UTE

Ultrashort Time Echo

VS

UVB

Ultraviolet B

WHO

VEGF

Vascular Endothelial Growth Factor

Wnt

VHC

Virus de l'hépatite C

WORMS

VIH

Virus de l'immunodéficience humaine

Ventral Intercalated Segment Instability Volume Rendering Technique Vitesse de sédimentation World Health Organization Wingless

Whole-Organ

Magnetic

Resonance

Imaging Score

Arthrose

Y Henrotin, V Alvarez-Miezentseva, P Simoni

Chapitre 1

PLAN DU CHAPITRE

Pathogénie

1

Genou

9

Dégradation du cartilage

2

Pied

11

Inflammation de la membrane synoviale

2

Main

12

Remodelage accru de l'os sous-chondral

2

Sémiologie des autres techniques

Étiologie

4

d'imagerie

14

Signes cliniques

4

IRM

14

Biologie

5

Scintigraphie, SPECT et SPECT-CT

17

Sémiologie radiographique

Arthroscanner

17

générale

5

Échographie

18

Traitements

19

Sémiologie radiographique par articulation

6

Rachis

6

Hanche

8

L'arthrose est une maladie dégénérative des articulations qui touche l'ensemble des tissus articulaires et périarticulaires Les principales anomalies structurales qui accompagnent cette maladie sont l'érosion progressive du cartilage, la sclérose de l'os sous-chondral, la formation d'ostéophytes, l'inflammation de la membrane synoviale et des tendons et l'atrophie des muscles périarticulaires L'atrophie muscu- laire est associée à une diminution des performances mus- culaires et plus particulièrement de la force et du contrôle neuromusculaires Il en résulte une moins bonne protection de l'articulation et une augmentation des contraintes méca- niques exercées sur le cartilage lors des mouvements La prévalence de l'arthrose augmente avec l'âge Elle est faible et stable jusqu'à 45 ans, puis elle augmente de façon exponentielle avec l'âge Si nous considérons l'arthrose du genou définie selon des critères cliniques, 5,9 % des femmes sont concernées entre 50 et 59 ans (contre 4,7 % pour les hommes), 10,5 % entre 60 et 69 ans (contre 6,8 % des hommes) et cette proportion atteint 15 % entre 70 et 75 ans (contre 10,1 % des hommes) La prévalence de l'arthrose de la hanche est plus faible puisque seulement 2,2 % des femmes sont touchées entre 50 et 59 ans (contre 1,6 % des hommes) ; ce taux atteint 5,1 % entre 70 et 75 ans (contre 3,9 % des hommes du même âge) [33] Actuellement, le diagnostic de l'arthrose repose sur l'exa- men clinique et la radiographie Le stade radiologique de la maladie est précédé d'un stade « préradiologique » et d'un

Imagerie musculosquelettique - Pathologies générales, 2 e édition © 2013, Elsevier Masson SAS. Tous droits réservés

stade « asymptomatique » appelé aussi « silencieux » (fig 1 1) Le stade « préradiographique » est défini par des anomalies visibles à l'IRM Quant au stade « silencieux », il correspond à des dérégulations métaboliques au sein des tissus [36, 68] Des marqueurs biologiques permettant de détecter des chan- gements métaboliques des tissus articulaires et périarticu- laires sont en cours de validation Il s'agit essentiellement d'épitopes localisés au sein de la molécule de collagène de type 2 (p ex Coll2-1, CTX-II, C2C, PIINP) [36] À ce jour, le traitement de l'arthrose est essentiellement symptomatique et vise à améliorer le statut algofonctionnel et la qualité de vie des patients Une prise en charge optimale requiert un diagnostic précoce de la maladie et la détection des facteurs de risque et des comorbidités Elle doit asso- cier des traitements pharmacologiques et non pharmacolo- giques

Pathogénie

Dans l'arthrose, les tissus articulaires et périarticulaires subissent des modifications métaboliques et structurales qui conduisent à la perte de la fonction articulaire Depuis plusieurs années, les recherches se sont focalisées sur les changements survenant au niveau du cartilage, de la membrane synoviale et de l'os sous-chondral Cependant, d'autres tissus comme le tissu adipeux et le muscle font

2

Imagerie musculosquelettique - Pathologies générales

Pré-arthrose

Stade

Stade

Stade

moléculaire

pré-radiologique

radiologique

silencieux

pré-radiologique radiologique silencieux Marqueurs génétiques Marqueurs biologiques I R M

Marqueurs

génétiques

radiologique silencieux Marqueurs génétiques Marqueurs biologiques I R M Radiographie standard

Marqueurs

biologiques

silencieux Marqueurs génétiques Marqueurs biologiques I R M Radiographie standard Prédisposition Changements

IRM

Marqueurs génétiques Marqueurs biologiques I R M Radiographie standard Prédisposition Changements

Radiographie

standard

Prédisposition Changements Changements structuraux du cartilage, de l’os et des tissus mous Changements
Prédisposition Changements Changements structuraux du cartilage, de l’os et des tissus mous Changements
Prédisposition Changements Changements structuraux du cartilage, de l’os et des tissus mous Changements
Prédisposition Changements Changements structuraux du cartilage, de l’os et des tissus mous Changements

Prédisposition

Changements

Changements structuraux du cartilage, de l’os et des tissus mous

Changements structuraux de l’os, pincement articulaire, douleur et perte de fonction

génétique

métaboliques

Fig. 1.1 Évolution naturelle de l'arthrose et son diagnostic.

l'objet de nombreux travaux En effet, des médiateurs pro- duits par ces tissus, les adipokines (p ex apeline, visfatine, leptine, adiponectine, résistine) et les myokines (p ex IL-6, IL-8, IL-15 [interleukines 6, 8 et 15 respectivement], FGF-21 [Fibroblast Growth Factor-21]) peuvent agir par une voie systémique sur le métabolisme du cartilage et de l'os [19, 23]

Dégradation du cartilage

Dans les conditions normales, la matrice extracellulaire du cartilage est peu ou pas renouvelée par les chondrocytes, l'unique cellule du cartilage Le phénotype des chondro-

cytes est stable et caractérisé par la synthèse de collagène de type 2, une molécule quasi spécifique du cartilage [3] Au cours de l'arthrose, les chondrocytes subissent des chan- gements de phénotype Selon le stade d'évolution de la maladie et leur localisation au sein du cartilage, ils peuvent exprimer un phénotype « hypertrophique », « fibroblas- tique » ou « pro-catabolique » [2] L'altération de la matrice extracellulaire s'accompagne d'une prolifération et d'une différenciation hypertrophique des chondrocytes et d'une minéralisation de la matrice extracellulaire Des structures conjonctivovasculaires, des vaisseaux et des structures ner- veuses sont également visibles À l'inverse, une dédifféren- ciation des chondrocytes en cellules dites « fibroblastiques » est visible surtout dans la couche superficielle du cartilage La dédifférenciation des chondrocytes est associée à une synthèse de collagènes normalement absents du cartilage comme les collagènes de type I, III et IIA Enfin, les chon- drocytes peuvent exprimer un phénotype « pro-inflam- matoire » ou « pro-catabolique » caractérisé par la synthèse accrue de prostanoïdes (p ex PGE2 : prostaglandine E2), de cytokines (p ex IL-1, 6, 8, etc ), de formes activées de l'oxygène (p ex H 2 O 2 [peroxyde d'hydrogène]) et de l'azote

(p

ex NO [monoxyde d'azote]), et de métalloprotéinases

(p

ex MMP-3) [37] Ces médiateurs sont responsables de

la dégradation de la matrice extracellulaire mais aussi de la chronicisation de la réaction inflammatoire synoviale

Inflammation de la membrane synoviale

La réaction inflammatoire de la membrane synoviale est secondaire à la dégradation du cartilage et, au stade précoce

de la maladie, limitée à une zone située en regard de la lésion cartilagineuse Elle est caractérisée par une hypertrophie des villosités, la multiplication des cellules bordant la surface intra-articulaire de la membrane, la présence de nodules lym- phocytaires, l'infiltration de monocytes et de vaisseaux san- guins Elle est secondaire à la libération dans le liquide syno- vial de fragments ostéocartilagineux, de microcristaux et de produits de dégradation de la matrice cartilagineuse [82] Les cytokines synthétisées par les chondrocytes participent à la chronicisation de la synovite, et les médiateurs lipidiques à la sensibilisation des nocicepteurs Les cellules de la membrane synoviale enflammée (macrophages, lymphocytes T, synovio- cytes activés) produisent une multitude de médiateurs (cyto- kines, médiateurs lipidiques, facteurs du complément) qui participent à la dégradation du cartilage articulaire Un cercle vicieux s'installe entre le cartilage et la membrane synoviale; il est responsable de la progression des lésions du cartilage arthro- sique (fig 1 2)

Remodelage accru de l'os sous-chondral

L'os sous-chondral comporte une lame osseuse sous-chon- drale et un segment de l'os trabéculaire sous-jacent La lame osseuse sous-chondrale est formée d'os cortical Celui-ci est poreux et vascularisé, ce qui permet des échanges entre l'os et le cartilage La lame osseuse sous-chondrale se situe pré- cisément entre la couche calcifiée du cartilage et l'os trabé- culaire Elle forme, en association avec la couche calcifiée du cartilage, un ensemble fonctionnel appelé plaque ostéo- chondrale (fig 1 3) Cette plaque joue un rôle important dans l'arthrose, principalement dans les échanges entre l'os et le cartilage [38] Un remodelage accru de l'os sous-chondral est mesurable au niveau des articulations arthrosiques Il provoque une augmentation de l'épaisseur de la lame osseuse sous-chon- drale correspondant à l'accumulation de substance ostéoïde (sclérose) et à la formation de lésions de la moelle osseuse visibles uniquement à l'IRM [69] Au niveau du genou arthro- sique, ces lésions sont visibles en regard des lésions cartilagi- neuses, dans les régions où les contraintes mécaniques sont les plus importantes Il s'agit, dans la majorité des cas, du compartiment médial du plateau tibial En revanche, du côté opposé (compartiment latéral), une ostéopénie est souvent observée La sclérose osseuse est associée à un épaississement des travées osseuses et de la plaque ostéochondrale, à l'augmen- tation de la porosité de la lame osseuse et à l'altération du phénotype des ostéoblastes [78] Il s'agit d'une adaptation de l'os sous-chondral aux contraintes mécaniques anor- males exercées sur l'articulation [80] Récemment, il a été démontré que les ostéoblastes des zones sclérosées de l'os sous-chondral expriment un phénotype particulier, dif- férent sous de nombreux aspects de celui des zones non sclérosées voisines Ce phénotype est caractérisé par une production anormalement élevée de collagène de type 1, d'ostéocalcine, d'ostéopontine, de Progressive ankylosis pro- tein homolog et de cytokines inflammatoires, dont l'IL-6 et l'IL-8 [77] Dans l'articulation arthrosique, la communication entre l'os et le cartilage est favorisée par l'apparition de

Chapitre 1 Arthrose

3

+ NF-kB Membrane synoviale MMP IL-1, TNF-α , IL-6 PGE2, VEGF PGE2 IL-1, IL-6, TNF-α
+ NF-kB
Membrane synoviale
MMP
IL-1, TNF-α , IL-6
PGE2, VEGF
PGE2
IL-1, IL-6, TNF-α
NO
+ ADAMTS-4,5
Cartilage
NF-kB
MMP-1, -3, 13
VEGF
IL-1β
MMP-3
MMP-13
- Agrécane
Collagène type II
Tidemark
IL-6
RANKL
OPG
Os sous-chondral
+ RANKL
Ostéoclastes
IL-6
Ostéoblastes
VEGF

Hypertrophie/minéralisation

Fig. 1.2 Boucles physiopathologiques de l'arthrose impliquant le cartilage, la membrane synoviale et l'os sous-chondral. RANKL = Receptor Activator of Nuclear Factor kappa-B Ligand ; OPG = ostéoprotégérine ; IL-1 = interleukine-1 ; IL-6 = interleukine-6, TNF = Tumor Necrosis Factor ; VEGF = Vascular Endothelium Growth Factor ; ADAMTS = A Disintegrin And Metalloproteinase with a Thrombospondin motif ; PGE2 = prostaglandine E2 ; MMP = Matrix Metalloproteinase ; NO = Nitric Oxide ; NF-kB = Nuclear Factor kappa B.

Os trabéculaire

Moelle osseuse

Tidemark Cartilage calcifié Plateau osseux sous-chondral
Tidemark
Cartilage
calcifié
Plateau osseux
sous-chondral

Fig. 1.3 Représentation schématique de la plaque ostéochondrale.

structures conjonctivovasculaires, de microfractures et de plaques de cartilage non calcifié au niveau de la plaque ostéochondrale [78] Certaines microfractures sont envahies par des structures conjonctivovasculaires ou par des vaisseaux sanguins qui,

par cette voie, pénètrent la couche calcifiée du cartilage Des vaisseaux sont fréquemment observés au niveau du cartilage non calcifié La présence de ces connexions (microfractures, canaux vasculaires, vaisseaux sanguins) entre l'os sous- chondral et le cartilage suggère que des médiateurs produits

4

Imagerie musculosquelettique - Pathologies générales

par les ostéoblastes sous-chondraux peuvent atteindre le cartilage sus-jacent et agir sur les chondrocytes [79] La présence d'hepatocyte growth factor (facteur qui n'est pas produit pas les chondrocytes) et d'ostéocalcine (mar- queur osseux) dans le liquide synovial de patients arthro- siques démontre l'existence d'échanges entre ces deux tissus In vitro, lorsqu'ils sont placés en coculture avec des chondrocytes, les ostéoblastes des zones sclérosées de l'os sous-chondral arthrosique diminuent les productions d'agrécane et de collagène de type 2 mais augmentent celles des métalloprotéinases matricielles par les chondrocytes Le médiateur responsable de ces effets semble être l'IL-6 [78] L'ensemble de ces éléments atteste de l'existence d'une com- munication entre le cartilage et l'os sous-chondral et sug- gère que des médiateurs provenant de l'os sous-chondral induisent des changements métaboliques chez les chondro- cytes et de cette façon, contribuent à la dégradation du car- tilage (fig 1 2) La question sur le rôle de ces changements dans la sur- venue et/ou la progression de l'arthrose reste posée Pour certains, la sclérose de l'os sous-chondral est secondaire aux lésions du cartilage alors que pour d'autres, elle précède l'ap- parition des lésions chondrales Il est prématuré de conclure sur ce point

Étiologie

Sur la base de critères cliniques, le genou est l'articu- lation la plus touchée par l'arthrose L'incidence est de 240/100 000 personnes par an L'incidence de la main est de 10/100 000 personnes par an Enfin, celle de la hanche est de 88/100 000 personnes par an Le sexe semble influen- cer la prévalence clinique et radiologique de l'arthrose L'arthrose des mains est plus fréquente chez les femmes que

chez les hommes Chez les patients âgés de 70 ans et plus, la prévalence radiologique est de 90 % chez les femmes et de 80 % chez les hommes [8] Les facteurs de risques sont multiples Ils peuvent être classés en facteurs de risque d'apparition ou de progression (tableau 1 1) et en facteurs de risque modulables ou non Les facteurs de risque modulables ont une pertinence clinique car ils peuvent être corrigés Parmi ceux-ci, citons l'obésité, les désordres métaboliques, les troubles axiaux, les déséquilibres musculaires (perte de force, d'extensibilité et de contrôle neu- romusculaire), les traumatismes professionnels et sportifs

Signes cliniques

La douleur est le symptôme initial et prédominant Elle est mécanique, c'est-à-dire qu'elle apparaît à l'usage de l'articu- lation et qu'elle cesse au repos En général, elle n'est pas cor- rélée à la sévérité des lésions structurales visibles à l'imagerie Elle peut également avoir un caractère inflammatoire dans les stades avancés de la maladie ou à la suite d'une activité phy- sique intense Une inflammation des bourses séreuses (bur- site) est également possible Dans ce cas, la douleur persiste au repos et est présente la nuit Elle augmente en intensité et est soulagée par les anti-inflammatoires non stéroïdiens L'arthrose de la main est souvent accompagnée de poussées inflammatoires Les symptômes sont variables selon la loca- lisation et l'évolution de la maladie Les sources de la douleur sont nombreuses La douleur peut trouver son origine au niveau du périoste, de la membrane synoviale (inflamma- tion), de la capsule et des ligaments (distension), de l'os sous- chondral (stase veineuse, œdème), des tendons (inflamma- tion) et des fascias (tension) Des structures nerveuses sont également visibles dans le cartilage arthrosique Il est donc possible que le cartilage soit aussi le siège d'influx nociceptifs

Tableau 1.1 Facteurs de risque d'apparition et de progression de l'arthrose du genou, de la hanche et de la main.

   

Localisation

Progression de la maladie

Genou

Hanche

Main

Incidence

– Âge

– Âge

– Âge

– Femme

– Race

– Femme

– Race

– Activité sportive intense

– Race

– Activité sportive intense

– IMC

– Force de préhension

– IMC

– Antécédents traumatiques

– IMC

– Densité osseuse

– Professionnels

– Professionnel

– Antécédents traumatiques

– Activité physique intense

– Troubles axiaux

– Faiblesse du quadriceps

Progression

– Âge

– Âge

Inconnu

– Densité osseuse

– Sexe

– Troubles axiaux

– Activité physique intense

– Hydarthrose

– Synovite

– Activité sportive intense

– Œdème osseux (IRM)

IMC : Indice de masse corporelle.

Chapitre 1 Arthrose

5

La raideur articulaire apparaît le matin au lever (dérouil- lage matinal) ou après une période d'inactivité (position assise prolongée) Le dérouillage matinal douloureux n'ex- cède pas 15 minutes La perte de l'amplitude et de la fonc- tion articulaire est secondaire à l'incongruence des surfaces articulaires, à la réduction de hauteur de l'interligne articu- laire, à la contracture et à la faiblesse des muscles ou à la présence d'ostéophytes ou de fragments de cartilage dans l'articulation Ces symptômes sont responsables d'une dété- rioration de la qualité de vie et d'un handicap qui limite les activités de la vie journalière

Biologie

Les tests biologiques sont réalisés pour éliminer le diagnos- tic d'un rhumatisme métabolique (p ex la goutte ou l'hémo- chromatose) ou inflammatoire et pour rechercher les effets secondaires d'un médicament La vitesse de sédimentation des érythrocytes et la concentration sérique de la protéine C-réactive sont habituellement dans les limites de la normale Cependant, la protéine C-réactive mesurée par un test ultra- sensible permet de trouver des taux plus élevés de ce mar- queur chez les patients souffrant d'arthrose érosive de la main par rapport aux patients ayant une forme non érosive Chez ces patients, les taux de myéloperoxydase et de Coll2-1NO 2 , un peptide nitré issu du cartilage, sont également élevés [72] Le liquide synovial est étudié lorsqu'une arthrite septique ou métabolique est suspectée Dans ce cas, la recherche et l'identification des cristaux sont nécessaires Le liquide synovial d'une articulation arthrosique est clair, jaune paille, aseptique, de viscosité normale et contient un nombre de leucocytes compris entre 200 et 2 000/mm 3 Parfois, des cris- taux de pyrophosphate de calcium peuvent être observés

Sémiologie radiographique générale

Dans la pratique clinique, la radiographie standard demeure l'examen de première ligne pour l'évaluation et le suivi de l'arthrose [76] Cette technique d'imagerie est largement disponible et peu irradiante La progression du pincement de l'interligne articulaire peut être suivie en mesurant l'es- pace articulaire minimal (mJSW : minimum Joint Space

Width) qui est une estimation indirecte de l'épaisseur du cartilage [12] Elle présente néanmoins une série de limites (encadré 1 1) dont les plus importantes sont les manques de reproductibilité et de précision [32] Ces limitations sont à considérer, même quand des techniques standardisées sont utilisées pour mesurer l'interligne articulaire [35] Sur les radiographies, le pincement de l'interligne articulaire s'ins- talle de façon progressive et sans qu'aucune autre anomalie

ne soit visible avant que la perte de substance cartilagineuse n'ait atteint une proportion d'au moins 10–13 % [43] Un bilan radiographique de base permet dans la plupart des cas :

de confirmer le diagnostic d'arthrose et d'en évaluer la sévérité (tableau 1 2 et fig 1 4) ;

de suivre la progression de la maladie et d'identifier les formes à évolution rapide (coxarthrose destructrice rapide de la hanche) [61] ;

de mettre en évidence des pathologies qui prédisposent à l'installation ou/et à la progression de l'arthrose (p ex arthropathies microcristallines, dysplasie congé- nitale de hanche, antécédents traumatiques, arthropa- thies inflammatoires infectieuses ou auto-immunes, ostéonécrose épiphysaire, etc ) et d'effectuer un

Encadré 1.1 Limites de la radiographie standard pour le diagnostic et le suivi de l'arthrose

Mesure bidimensionnelle et indirecte des altérations du cartilage articulaire.

Influence de l'épaisseur de l'interligne par la présence d'une lésion méniscale ou d'une subluxation extra-articulaire du ménisque.

Progression souvent minime de l'arthrose. Cette progression n'est objectivée en radiographie que dans une sous-catégorie de patients (progressors).

Faibles sensibilité et reproductibilité de la mesure de l'interligne articulaire. À ce jour, la classification de Kellgren et Lawrence [46] est la plus utilisée pour déterminer la sévérité de l'arthrose. Cette classification repose sur l'appréciation du pincement articulaire mais également sur les modifications de l'os sous-chondral et sur la présence d'ostéophytes (tableau 1.2 et fig. 1.4).

Tableau 1.2 Grades et classification de l'arthrose : modifiée d'après Kellgren et Lawrence.

Grades

Classification

Critères en radiographie

0

Normale

Aucun

I

Douteuse

Pincement douteux

Possible présence d'une ébauche ostéophytique

II

Minime

Ostéophytose et pincement démontrés de façon formelle

III

Modérée

Ostéophytose et pincement démontrés de façon formelle.

« Sclérose » débutante de l'os sous-chondral

IV

Sévère

Pincement sévère de l'interligne, ostéophytose solide

« Sclérose » sévère et géodes de l'os sous-chondral

6

Imagerie musculosquelettique - Pathologies générales

6 Imagerie musculosquelettique - Pathologies générales Fig. 1.4 Classification de Kellgren et Lawrence de

Fig. 1.4 Classification de Kellgren et Lawrence de l'arthrose du genou (gonarthrose). Grade 0 : interligne d'aspect normal ; dans le cas présenté, le phénomène de « vide » intra-articulaire (têtes de flèches noires) témoigne d'un cartilage articulaire conservé. Grade I : aucun pince- ment articulaire n'est objectivé de façon formelle. Néanmoins, une ébauche ostéophytique marginale est visible au niveau du plateau tibial interne (tête de flèche blanche). Grade II : ostéophyte marginal et pincement articulaire, absence de sclérose sous-chondrale notable. Grade III : pincement et ostéophyte démontrés de façon formelle. Présence d'un remaniement débutant de la structure osseuse sous-chondrale (sclérose) du plateau tibial interne (étoiles). Grade IV : pincement sévère de l'interligne et ostéophytes bien visibles. Présence d'un remaniement sévère de la structure osseuse sous-chondrale et d'une géode sous-chondrale (tête de flèche noire) du plateau tibial.

sous-chondrale (tête de flèche noire) du plateau tibial. Fig. 1.5 Cliché de face transbuccal de la

Fig. 1.5 Cliché de face transbuccal de la jonction C0-C1-C2 : mise en évidence d'un pincement articulaire à droite en C2-C3. Du côté controlatéral, l'interligne articulaire est encore visible mais il existe un ostéophyte marginal bien structuré.

diagnostic différentiel (ostéochondromatose synoviale primitive, hémochromatose) Lors de l'analyse du cliché radiographique, il faut recher- cher systématiquement :

la présence d'un empâtement synovial et de nodules ostéochondromateux ;

un pincement asymétrique de l'interligne articulaire, cen- tré sur le territoire en charge (possibilité d'une subluxa- tion articulaire dans les stades plus avancés) ;

un ostéophyte marginal (p ex du plateau tibial) ou cen- tral (massif tibial, fovéa de la tête fémorale) ;

une anomalie de la lame osseuse et de la structure osseuse sous-chondrale : ostéolyse au stade inaugural et réac- tion ostéoblastique de sclérose aux stades plus avancés, présence d'images radiotransparentes pseudo-kystiques sous-chondrales (géodes)

Sémiologie radiographique par articulation

Rachis

La pathologie dégénérative du rachis est surtout localisée au rachis cervical et lombaire [88] Son incidence augmente de manière importante entre 40 et 70 ans Le bilan radiogra- phique, quel que soit le niveau à explorer, doit se faire par un cliché de face, un cliché de profil et des incidences de trois quarts L'incidence transbuccale est un complément indis- pensable au cliché de profil pour l'étude de l'arthrose de la charnière C0-C1-C2 (fig 1 5) Les clichés de face et de pro- fil doivent être réalisés en charge afin d'évaluer les troubles de la statique qui sont souvent intriqués avec la pathologie dégénérative Le bilan radiographique doit cibler, en pre- mier lieu, les jonctions discovertébrales et les articulations zygapophysaires (fig 1 6) Au niveau cervical, la radiogra- phie doit explorer aussi les articulations uncovertébrales et le rétrécissement des foramens intervertébraux sur les cli- chés de trois quarts (fig 1 7) L'étude des foramens inter- vertébraux au niveau thoracique et lombaire se fait par IRM ou scanner car ces structures ne sont pas visibles en radio- graphie L'évaluation radiographique du retentissement du débord disco-ostéophytique sur le diamètre antéroposté- rieur du canal osseux est possible au niveau cervical mais pas en lombaire En effet, à ce niveau, la limite postérieure du canal ou ligne spinolamaire n'est pas visible Le débord disco-ostéophytique qui moule le débord dis- cal doit être analysé sur les clichés de face, de trois quarts et de profil (fig 1 7) pour en apprécier l'ampleur et la latéralisa- tion Le cliché de profil, à l'étage cervical, permet de mesu- rer le retentissement du débord ostéophytique sur le canal osseux À l'étage lombaire, le retentissement d'un débord ostéophytique sur le canal osseux doit être étudié avec une autre technique d'imagerie (scanner ou IRM) car la limite postérieure de ce dernier (ligne spinolamaire) n'est pas visible sur les clichés standard [58] L'arthrose zygapophysaire est

Chapitre 1 Arthrose

7

visible sur les clichés de trois quarts au rachis thoracique et lombaire (fig 1 8) Le rachis normal présente des surfaces articulaires zygapophysaires concaves avec une lame osseuse nette comme dessinée à l'encre de Chine et sans sclérose sous-chondrale (fig 1 9) Dans l'arthrose zygapophysaire, les berges deviennent parallèles, la lame et l'os sous-chondral sont flous et denses (fig 1 10) Parfois, on observe une ostéo- phytose marginale très marquée L'épaisseur de l'interligne zygapophysaire n'est pas un bon indicateur de l'ampleur de

n'est pas un bon indicateur de l'ampleur de Fig. 1.6 Discopathie dégénérative de C3-C4 et C5-C6

Fig. 1.6 Discopathie dégénérative de C3-C4 et C5-C6 sur le cliché de profil (étoiles). En C4-C5, un ostéophyte « moule » la silhouette du débord discal radiotransparent. Sur le cliché de profil, on peut estimer le retentissement du débord disco-ostéophytique sur le canal osseux rachidien. La limite postérieure de celui-ci (ligne spinolamaire) est marquée par la ligne noire.

a
a

la chondrolyse En position couchée, les facettes articulaires complètement usées peuvent s'éloigner l'une de l'autre et don- ner lieu à un « faux interligne radiologique » L'étude de l'arth- rose zygapophysaire cervicale est plus compliquée Elle peut être estimée sur les trois clichés de base Sa mise au point plus spécifique se fait par des clichés radiographiques supplémen- taires, dits de Smith-Abel (vue antéropostérieure transbuc- cale bouche ouverte) [83] ou par des techniques d'imagerie tomographiques telles que l'IRM ou le scanner L'atteinte discovertébrale et zygapophysaire engendre des troubles de l'alignement des corps vertébraux sur le cliché de profil Un pincement discal se traduit par un

le cliché de profil Un pincement discal se traduit par un Fig. 1.7 Rétrécissement du foramen

Fig. 1.7 Rétrécissement du foramen C5-C6 gauche (étoile) sur uncarthrose visible sur le cliché de trois quarts.

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b

Fig. 1.8 Antélisthésis avéré de L4 et à peine visible de L5 sur arthropathie zygapophysaire sur le cliché de profil (a). L'arthropathie zygapophysaire L4-L5 et L5-S1 est confirmée par le cliché de trois quarts (b) (flèches).

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Imagerie musculosquelettique - Pathologies générales

rétrolisthésis (fig 1 10) En revanche, l'arthrose zygapo- physaire se traduit par un antélisthésis (fig 1 8) En cas de pincement marqué du disque intervertébral, le cliché de profil objective un contact postérieur entre les proces- sus épineux, qui peut être à l'origine de douleurs rachi- diennes (maladie de Baastrup)

de douleurs rachi- diennes (maladie de Baastrup) Fig. 1.9 Aspect normal des articulations zygapophysaires

Fig. 1.9 Aspect normal des articulations zygapophysaires sur le cliché de trois quarts. Les surfaces articulaires sont légèrement concaves, la lame osseuse sous-chondrale est bien visible et il n'y a pas de sclérose sous-chondrale.

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Hanche

L'interligne articulaire de l'articulation coxofémorale est bien visualisé sur les clichés du bassin de face en position couchée ou debout L'avantage des clichés réalisés en position couchée est l'absence d'interposition des structures abdominales hydro- aériques Néanmoins, les clichés du bassin réalisés debout permettent d'évaluer la différence de longueur des membres inférieurs La réalisation d'un faux profil de Lequesne est impé- rative, surtout dans les cas où le pincement articulaire est dou- teux ou absent sur le cliché de face [54] (fig 1 11) La mesure de l'épaisseur de l'espace articulaire se réalise en recherchant la plus petite distance entre les surfaces osseuses [52] À l'état

normal, l'espace articulaire est plus large dans sa partie latérale chez 80 % des sujets sur les clichés de face [53] et dans sa par- tie supérieure sur le faux profil de Lequesne [54] L'épaisseur normale de l'espace articulaire est mesurée à environ 4 mm Elle est plus large chez les hommes que chez les femmes (4,19 mm contre 3,85 mm chez les femmes) [48] Une épais- seur de l'interligne articulaire inférieure ou égale à 2 mm sur les clichés de face est le signe radiographique le mieux corrélé à la présence de douleurs et donc utilisé par certains auteurs comme le signe le plus discriminant pour retenir un diagnos- tic de coxarthrose [42, 48] En cas de coxarthrose avérée, le pincement de l'interligne articulaire prédomine dans les zones de contraintes mécaniques maximales qui correspondent à la région supérolatérale sur les clichés de face [51] et à la région antérosupérieure sur le faux profil de Lequesne (fig 1 12) Le pincement postérieur et postéro-inférieur de l'interligne articulaire sur le faux profil de Lequesne est moins fréquent [54] De la même façon, la condensation de l'os sous-chon- dral et la formation de géodes sont plus fréquentes en zone de contraintes mécaniques maximales et prédominent sur le versant acétabulaire La présence ou l'absence d'ostéophytes semble définir deux différents phénotypes :

la coxarthrose hypertrophique, caractérisée par la pré- sence d'ostéophytes ;

la coxarthrose atrophique, caractérisée par l'absence d'ostéophytes

b
b

Fig. 1.10 Cliché de profil (a) et de trois quarts (b). La discopathie L4-L5 est caractérisée par un pincement discal, un phénomène de « vide gazeux » intradiscal (astérisques noirs) et un rétrolisthésis (flèche noire). Le cliché de trois quarts démontre le glissement vers l'arrière de l'apophyse articulaire inférieure de L4. Ce glissement vers le bas et vers l'arrière est attesté par l'ascension du processus articulaire supérieur de la vertèbre sous-jacente (astérisque blanc) et est à l'origine du rétrolisthésis.

Chapitre 1 Arthrose

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Fig. 1.11 Coxarthrose postéro-inférieure. a. Sur le cliché de face, on note la présence d'un pincement supéromédial de l'interligne articulaire avec sclérose du l'os sous-chondral. b. Le faux profil de Lequesne met en évidence un important pincement postéro-inférieur de l'interligne et un discret pincement antérosupérieur qui n'étaient pas visibles sur le cliché de face.

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Fig. 1.12 Coxarthrose. a. Vue de face : coxarthrose avec pincement supérolatéral de l'interligne articulaire, ostéophyte péricapital et sclérose de l'os sous-chondral. b. Faux profil de Lequesne : coxarthrose avec pincement supérieur de l'interligne articulaire et sclérose de l'os sous-chondral.

La forme atrophique est plus souvent observée chez la femme et en cas de faible couverture de la tête fémorale [15] Elle est associée à une évolution plus rapide de la cox- arthrose [16] La présence d'un ostéophyte n'est pas tou- jours synonyme de coxarthrose Des ostéophytes de petite taille, stables au fil des années, sont observés en situation péricéphalique ou périfovéale chez les sujets âgés asympto- matiques dans 11 % des cas Les sportifs peuvent également présenter des ostéophytes péricéphaliques sans pincement de l'interligne articulaire La majoration des contraintes mécaniques au niveau du col fémoral en cas de coxarthrose semble induire la formation d'un épaississement de la cor- ticale médiale du col d'environ 2,5 mm d'épaisseur et de 17 mm de longueur [22] (fig 1 13) Ce signe est peu sensible mais très spécifique d'une coxarthrose [5]

Il existe une forme particulière de coxarthrose, la coxarthrose destructrice rapide de la hanche qui présente une évolution rapide du pincement de l'interligne d'au moins 2 mm/an et avec une chondrolyse complète en moins de 2 ans [34] Dans cette forme de coxarthrose, la destruc- tion de la tête fémorale est sévère, provoquant une réduction de sa taille De plus, la tête fémorale migre souvent vers la portion supérolatérale de l'acétabulum [60] (fig 1 14)

Genou

L'imagerie de première ligne face à une gonalgie est la radio- graphie Elle nécessite la réalisation de trois incidences :

le genou de face : différentes techniques standardisées ont été proposées afin d'augmenter la précision et la

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Imagerie musculosquelettique - Pathologies générales

reproductibilité de la mesure de l'interligne articu- laire fémorotibial Parmi celles-ci, la technique dite « en schuss » [35] est recommandée Elle utilise une inci- dence p ostéro-antérieure avec une position de flexion du genou comprise entre 7 et 35° selon le protocole uti- lisé L'incidence antéropostérieure en extension donne une visibilité et une mesure plus aléatoires de l'interligne articulaire Le pincement de l'interligne doit être évalué sur des clichés en charge Quand le genou est légèrement fléchi, les rayons sont tangents avec le tiers postérieur des condyles fémoraux, siège préférentiel de la chondro- pathie dégénérative compte tenu des contraintes plus importantes qui s'y exercent De plus, la position en faible flexion permet d'aligner le rebord postérieur et antérieur du plateau tibial interne Le cliché de face du genou se

du plateau tibial interne Le cliché de face du genou se Fig. 1.13 Coxarthrose avec pincement

Fig. 1.13 Coxarthrose avec pincement supérolatéral, ostéophy- tose péricapitale et épaississement de la corticale médiale du col fémoral (flèche).

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a

réalise en rotation interne d'environ 10° du tibia sur le fémur L'utilisation de la scopie peut améliorer l'aligne- ment des tangentes postérieure et antérieure du plateau

tibial interne et donc la tangente à l'interligne articulaire ;

le genou de profil : il est habituellement réalisé debout et en faible flexion du genou ( ± 20°) en veillant à l'alignement des condyles fémoraux Il permet d'apprécier, en cas d'arth- rose, la présence d'une tuméfaction synoviale et de nodules ostéochondromateux (fig 1 15 et 1 16) Le cliché de profil étudie aussi les rapports articulaires fémoropatellaires et peut révéler des anomalies de conformation de la patella (patella alta, patella baja), des dysplasies trochléennes et des extra-torsions du tibia qui favorisent l'instabilité patellaire et donc, l'arthrose fémoropatellaire En présence d'une fabella, le cliché de profil est le seul à pouvoir docu- menter une arthrose fémorofabellaire (fig 1 15) ;

le cliché axial du genou : il peut être réalisé en décubitus dorsal selon la technique de Laurin [50] ou la technique de Marchand [63] ou bien en charge (fig 1 15) [29] Les techniques en décubitus sont de réalisation plus aisée mais en l'absence d'une contraction du quadriceps suffi- sante, un pincement de l'interligne fémoropatellaire peut ne pas y être mis en évidence, surtout au versant fémoro- patellaire médial [57] Un degré de flexion d'environ 45° permet de mieux mettre en évidence la chondropathie patellaire située au niveau de l'équateur de la patella Sur ces trois clichés de base, il faudra systématiquement rechercher :

un pincement de l'interligne articulaire ;

une déviation en valgus et en varus (arthrose varisante ou valgisante) ;

une subluxation médiale du condyle interne par rapport au plateau tibial correspondant, qui peut être associée à une méniscose et donc à une sous-estimation de l'espace articulaire [90] ;

un ostéophyte marginal et/ou central ;

b
b

Fig. 1.14 Coxarthrose destructrice rapide. a. Absence de pincement articulaire significatif initialement. b. Évolution vers une chondrolyse complète en 2 ans.

Chapitre 1 Arthrose

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Fig. 1.15 Genou droit (a) et gauche (b) de profil et cliché axial de la patella en charge (c). Le cliché de la patella confirme la présence d'une arthrose fémoropatellaire sévère et objective un pincement total de l'interligne fémoropatellaire externe.

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Fig. 1.16 Cliché de face en flexion de 30° en schuss (a) et cliché de profil (b). Le cliché de face montre une abrasion osseuse du comparti- ment interne, des ostéophytes marginaux et centraux. Le cliché de profil révèle une arthrose fémoropatellaire sévère, une tuméfaction synoviale (astérisque blanc) et des nodules ostéochondromateux de tailles variées (pointes de flèches blanches). L'arthrose fémorofabellaire est également visible sur le cliché de profil (astérisque noir).

une ostéocondensation sous-chondrale (sclérose sous- chondrale) qui apparaît en cas d'arthrose sévère ;

la présence de formations sous-chondrales radiotrans- parentes correspondant aux pseudo-kystes dégénératifs (géodes) ;

une érosion de la corticale fémorale juste en amont de la trochlée fémorale, secondaire aux contraintes répétées de la patella contre la corticale osseuse en position d'exten- sion du genou

Pied

Le bilan radiographique du pied arthrosique comprend une incidence dorsoplantaire en charge (rayon incliné à 12/15° vers l'arrière-pied afin d'être perpendiculaire aux têtes méta- tarsiennes) et un profil du pied en charge Ces clichés per- mettent d'évaluer la présence d'ostéophytes et la diminution de l'espace articulaire, ainsi que d'apprécier les troubles sta- tiques Le nombre de cas d'arthrose détectés est réduit si une seule incidence radiographique est réalisée [62]

12

Imagerie musculosquelettique - Pathologies générales

12 Imagerie musculosquelettique - Pathologies générales Fig. 1.17 Arthrose cunéométatarsienne avec ostéophytes

Fig. 1.17 Arthrose cunéométatarsienne avec ostéophytes dorsaux qui donnent un aspect de tarse dit « bossu ».

dorsaux qui donnent un aspect de tarse dit « bossu ». Fig. 1.18 Arthrose métatarsophalangienne du

Fig. 1.18 Arthrose métatarsophalangienne du premier rayon ou « hallux rigidus » avec pincement de l'interligne articulaire, ostéophyte marginal, sclérose et géodes sous-chondrales.

Les articulations du pied le plus souvent atteintes par l'arthrose sont les articulations tarsométatarsienne ou cunéo- métatarsienne du premier rayon, les articulations métatar- sophalangiennes (MTP) du premier rayon et très rarement les articulations interphalangiennes L'arthrose cunéométa- tarsienne du premier rayon survient habituellement dans un contexte d'arthrose polyarticulaire La formation des ostéo- phytes dorsaux à ce niveau donne un aspect de tarse dit « bossu », qui peut être à l'origine d'une bursite sus-jacente ou d'une irrita- tion d'une branche du nerf fibulaire superficiel (fig 1 17) L'arthrose métatarsophalangienne du premier rayon est aussi appelée « hallux rigidus » en raison de la perte de mobilité de cette articulation [44] (fig 1 18) Elle s'asso- cie à l'hallux valgus interphalangien [17] et à un valgus de l'arrière-pied L'arthrose des autres articulations interpha-

L'arthrose des autres articulations interpha- Fig. 1.19 Arthrose métatarsophalangienne du troisième

Fig. 1.19 Arthrose métatarsophalangienne du troisième rayon secondaire à une maladie de Freiberg avec déformation impor- tante de la tête du 3 e métatarsien, qui présente un aspect aplati et des ostéophytes exubérants.

langiennes peut être consécutive à la déformation articulaire engendrée par un hallux valgus ou par la déformation d'une épiphyse métatarsienne (maladie de Freiberg) (fig 1 19)

Main

La radiographie reste la technique de choix pour l'évalua- tion de l'arthrose de la main Les incidences standard com- prennent un cliché de face et un cliché de trois quarts qui permet d'évaluer la pathologie antérieure et postérieure sans interposition des phalanges ou des métacarpiens L'arthrose de la main constitue un groupe hétérogène de désordres comprenant l'arthrose interphalangienne distale et proximale, l'arthrose érosive, l'arthrose métacarpophalan- gienne et la rhizarthrose [31] L'arthrose interphalangienne distale est la plus fréquente des arthroses digitales Elle est typiquement polyarticulaire, bilatérale et sensiblement symétrique [84], affectant plus souvent l'index, le majeur et l'auriculaire [1] Les ostéophytes dominent dans le tableau radiologique et sont surtout marqués à la face dorsale des têtes phalangiennes Pour cette raison, une incidence de trois quarts est essentielle pour les visualiser [30] Ils corres- pondent cliniquement aux nodosités d'Heberden La présence d'un épaississement du repli unguéal ou d'une érosion dorsale de la phalange distale évoque la présence d'un kyste mucoïde subunguéal Les géodes sous-chondrales sont plus rares dans ce type d'arthrose Dans les cas d'arthrose évoluée, on peut observer la présence de déformations des phalanges distales en flexion et une déviation ulnaire secondaire à l'atteinte du tendon extenseur et du ligament collatéral radial (fig 1 20) L'arthrose interphalangienne proximale est moins fréquente et rarement observée en l'absence d'une arthrose interpha- langienne distale [18] Les lésions sont souvent limitées à quelques articulations, voire à une seule [30] Les ostéophytes

Chapitre 1 Arthrose

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Fig. 1.20 a. Arthrose interphalangienne distale avec pincement des interlignes articulaires et ostéophytes marginaux de l'index, du majeur et de l'auriculaire. Les articulations sont en flexion et en inclinaison ulnaire en raison de l'atteinte du tendon extenseur et du ligament collatéral radial. b. Présence d'ostéophytes sur la face dorsale des articulations.

dominent aussi le tableau radiologique de l'arthrose inter- phalangienne proximale Ils correspondent aux nodosités de Bouchard La forme érosive de l'arthrose des doigts est plus rare Le tableau radiographique est caractérisé par la présence d'érosions centrales des têtes phalangiennes [71], qui prédo- minent aux articulations plus souvent atteintes par les nodo- sités, c'est-à-dire les articulations interphalangiennes distales de l'index, du majeur et de l'auriculaire [6] L'atteinte struc- turale est plus grave dans cette forme particulière d'arthrose digitale [1] avec possibilité d'évolution vers l'ankylose inter- phalangienne dans 21 % des cas [6] L'association d'érosions centrales et d'ostéophytes marginaux donne lieu à une défor- mation en « aile de mouette » qui prédomine aux articulations interphalangiennes distales L'autre type de déformation, en « dents de scie », conduit souvent à l'ankylose [73] (fig 1 21) L'arthrose métacarpophalangienne est rare et s'observe préférentiellement chez les hommes [13] Celle du pouce est souvent post-traumatique, en particulier après une entorse du ligament collatéral ulnaire (lésion du Stener) La pré- sence des ostéophytes dorsaux de la base phalangienne est le signe le plus caractéristique Dans les formes évoluées, on peut observer une déviation ulnaire des doigts donnant un aspect de « coup de vent ulnaire » [20]

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Fig. 1.21 Arthrose interphalangienne érosive. a. Présence d'une érosion centrale des articulations interphalangiennes distales de l'index, du majeur et des articulations interphalangiennes proximales de l'annulaire et de l'auriculaire. b. Déformation en « dents de scie » de l'articulation proximale de l'annulaire. c. Déformation en « aile de mouette » de l'articulation interphalangienne distale de l'index.

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Imagerie musculosquelettique - Pathologies générales

L'arthrose trapézométacarpienne ou rhizarthrose est sou- vent bilatérale mais elle prédomine du côté dominant Les incidences spécifiques du pouce de face et de profil décrites par Kapandji devront être réalisées pour permettre une visua- lisation optimale des interlignes articulaires de la colonne du pouce La sémiologie radiographique de la rhizarthrose est superposable aux autres articulations avec présence d'un pin- cement de l'interligne articulaire, d'ostéophytes marginaux, d'une sclérose et de géodes sous-chondrales Elle s'associe fré-

et de géodes sous-chondrales Elle s'associe fré- Fig. 1.22 Rhizarthrose associée à une arthrose

Fig. 1.22 Rhizarthrose associée à une arthrose scaphotrapézo- trapézoïdienne sur le cliché de profil.

quemment à l'arthrose scaphotrapézienne et trapézotrapézoï- dienne (fig 1 22) Dans les stades évolués, on peut observer une subluxation latérale de la base du métacarpien avec élar- gissement secondaire du premier espace intermétacarpien

Sémiologie des autres techniques d'imagerie

IRM

Pendant les deux dernières décennies, l'IRM s'est impo- sée comme la plus importante technique d'imagerie dans le domaine de la recherche sur l'arthrose [32, 90] Elle est capable de détecter l'arthrose débutante non visible en radiographie (stade où la perte de substance cartilagineuse est inférieure à 10 à 13 %) [43] De plus, l'IRM détecte des anomalies articulaires qui peuvent engendrer un pincement de l'interligne sans chondrolyse, à savoir une subluxation méniscale [90] Les coupes tomographiques IRM évitent les distorsions morphologiques, les agrandissements et les superpositions En outre, l'IRM rend possible une analyse directe du cartilage et de la moelle osseuse sous-chondrale Plusieurs techniques d'IRM ont été validées pour étudier le cartilage articulaire

Analyse IRM de la composition biochimique du cartilage : dGEMRIC, relaxation T2, T1rho

Dans la technique dGEMRIC (delayed Gadolinium Enhanced MRI of Cartilage), le produit de contraste ionique chargé négativement se distribue au niveau du cartilage patholo- gique appauvri en glycosaminoglycanes (et donc en charges négatives) [10] L'acquisition des images, réalisée une heure et demie après l'administration intraveineuse de gadolinium, permet de calculer le temps de relaxation T1 du cartilage et d'obtenir une cartographie avec une échelle visuelle (fig 1 23) Un temps de relaxation diminué (imprégnation de gadoli- nium) révèle les plages de cartilage dépourvues de glycosa- minoglycanes [10] dGEMRIC a été validé par des méthodes

[ 10 ] dGEMRIC a été validé par des méthodes Fig. 1.23 dGEMRIC cartographie bidimensionnelle du

Fig. 1.23 dGEMRIC cartographie bidimensionnelle du cartilage avec une échelle visuelle correspondant au temps de réaction T1 en ms. Un temps de relaxation d'environ 600 ms correspond au temps de relaxation normal du cartilage articulaire. Un temps de relaxation bas, aux alentours de 100 ms, témoigne d'une imprégnation du cartilage par le gadolinium chargé négativement, qui occupe les territoires pathologiques dépourvus de protéoglycanes. L'image de gauche montre un genou avec des valeurs dans les limites de la normale. À droite, le cartilage est pathologique. On note également une méniscose et un ostéophyte marginal.

Chapitre 1 Arthrose

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histologiques et biochimiques dGEMRIC permet de préciser le degré de l'atteinte cartilagineuse, surtout au stade précoce de l'arthrose (sans perte de substance, indépendamment de l'as- pect en radiographie) [92] dGEMRIC aurait une valeur pré- dictive par rapport à l'évolution de l'arthrose du genou [66] La relaxation T2 est associée à la distribution d'eau libre au sein du cartilage et est sensible à des changements minimes du contenu en eau (fig 1 24) [56] Le temps de relaxation T2 augmente avec l'âge et chez les sujets souffrant d'une arthrose [64] Il est corrélé aux symptômes cliniques et à la morpho- logie du cartilage (volume et épaisseur) chez les sujets avec et sans arthrose [24] Néanmoins, ce temps de relaxation T2 n'est pas un marqueur sensible de la sévérité de l'arthrose [85] Le temps de relaxation T1rho est particulièrement sen- sible à la perte des protéoglycanes [4, 67, 91], qui se tra- duit par une augmentation du temps T1rho (fig 1 25) [25] Le temps de relaxation T1rho constitue une technique non invasive et sensible pour objectiver le changement du contenu des protéoglycanes dans l'arthrose infraradiolo- gique L'augmentation du temps T1rho est corrélée à la sévérité de l'arthrose [55]

IRM semi-quantitative (SQ)

Elle évalue l'atteinte dégénérative des structures articulaires et abarticulaires L'IRM SQ pour le genou a été introduite par Peterfy et al [70] en 1994 à partir de séquences utili- sées dans la pratique clinique (séquences en pondération T1, T2 ou en densité protonique avec suppression de la graisse) Le premier système introduit, dénommé WORMS (Whole-Organ Magnetic Resonance Imaging Score), a été utilisé dans de nombreuses études sur l'arthrose [75] Le score WORMS prend en compte 14 aspects particuliers de l'arthrose du genou : l'intégrité du cartilage, les ano- malies de la moelle osseuse sous-chondrale, les kystes sous-chondraux, les ostéophytes centraux et marginaux, l'intégrité des ménisques et des ligaments croisés et latéraux, l'épanchement synovial, la synovite, les corps libres intra- articulaires, les kystes abarticulaires et les bursopathies [75] De plus, l'analyse des lésions se fait après une division en sous régions (fig 1 26) Deux autres systèmes d'évaluation de l'arthrose du genou ont été décrits par Kornaat et al [49]

en 2005 (système KOSS : Knee Osteoarthritis Scoring System) et par Hunter et al [41] en 2008 (système BLOKS : Boston Leeds Osteoarthritis Knee Score) Ces deux derniers systèmes se distinguent du WORMS par une subdivision différente des sous-régions du genou, par l'évaluation des anomalies abarticulaires et par les facteurs de pondération utilisés pour chaque type d'anomalie [75]

IRM quantitative (qMRI)

Elle permet l'analyse de l'épaisseur et du volume du carti- lage articulaire Elle utilise des acquisitions tridimension- nelles en coupes fines pour obtenir une cartographie de l'épaisseur cartilagineuse et une estimation du volume du cartilage après un traitement des images (segmentation semi-automatique ou automatique) (fig 1 27) [27] Cette méthode élimine les inconvénients de la mesure de l'espace articulaire en deux dimensions sur les radiographies De plus, les erreurs de mesure dues aux changements de posi- tion du genou (comparaison entre différents examens) ou à la pathologie méniscale sont éliminées [90] La qMRI peut révéler l'arthrose préradiographique [43] mais elle ne donne pas d'informations concernant les anomalies intrinsèques du cartilage [90] Les mesures de la qMRI ont été validées sur

des cadavres et sur des pièces chirurgicales avec une erreur de précision de 5–10 % [28] L'utilisation de machines 3 T augmente la précision de la mesure du volume cartilagineux par rapport aux machines 1,5 T [11, 26] L'IRM quantitative appliquée à la gonarthrose a permis de démontrer que :

l'épaisseur cartilagineuse se réduit physiologiquement avec l'âge d'environ 0,3–0,5 % par an [40] ;

chez les patients arthrosiques, le volume du cartilage tibial diminue en moyenne de 5,1 % chez la femme et de 5,6 % chez l'homme [93] ;

au niveau de la patella, la perte de volume du cartilage est plus importante chez les femmes arthrosiques (−5,3 %) que chez les hommes (−3,5 %) [14] ;

il existe deux groupes différents de patients ayant de l'arthrose : les « progresseurs lents » (perte de 2 % du volume tous les 2 ans) et les « progresseurs rapides » (perte de plus de 15 % tous les 2 ans) [74]

rapides » (perte de plus de 15 % tous les 2 ans) [ 74 ] Fig.

Fig. 1.24 Cartographie de la relaxation T2 du cartilage patellaire avec deux différentes échelles visuelles. Les territoires en rouge et en jaune ont un temps de relaxation T2 augmenté ( > 50 ms) et sont pathologiques (contenu en eau augmenté). Image de Greta Siemens, PhD Siemens Belgique, avec sa permission.

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Imagerie musculosquelettique - Pathologies générales

16 Imagerie musculosquelettique - Pathologies générales Fig. 1.25 Cartographie T1rho des cartilages ( a–b ) et

Fig. 1.25 Cartographie T1rho des cartilages (a–b) et des ménisques (c–f). Les plages en rouge ont des valeurs de T1rho augmentées et correspondent à des territoires présentant une diminution du contenu en protéoglycane [90].

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Fig. 1.26 IRM semi-quantitative (SQ) : coupes sagittale (a), coronale (b) et axiale (c). Subdivision de l'articulation en sous-régions du genou en accord avec la classification WORMS. a. Image sagittale DESS (Dual Echo Steady State). Le plateau tibial externe est divisé en différentes parties :

antérieure (A), centrale (C) et postérieure (P), définies par le recouvrement méniscal. b. Image reconstruite en coronal DESS. Dans le plan coronal, le tibia est divisé en une région médiale (M), une région latérale (L) et une région centrale comprenant les épines tibiales et la portion centrale des plateaux tibiaux, non couverte par le cartilage articulaire (S). Le fémur est divisé en facettes latérale et médiale et l'échancrure intercondylienne est considérée comme faisant partie du condyle médial. c. Image DESS axiale : la patella est divisée en une facette latérale (L) et une médiale (M).

Chapitre 1 Arthrose

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Chapitre 1 Arthrose 17 Fig. 1.27 qIRM avec processus de segmentation du cartilage des condyles fémoraux

Fig. 1.27 qIRM avec processus de segmentation du cartilage des condyles fémoraux et des plateaux tibiaux à partir des données brutes. Une cartographie avec une échelle visuelle arbitraire permet d'apprécier l'épaisseur du cartilage en millimètres. Dans l'exemple présenté, il existe une zone de mise à nu de l'os sous-chondral du versant interne du condyle externe (en blanc). Image de Anna Schreyer, PhD ; Qmetrics Technologies, Rochester, NY, USA, avec permission.

Scintigraphie, SPECT et SPECT-CT

Actuellement, on utilise pour l'arthrose des radiotraceurs marqués au technétium 99 (Tc-99) et une acquisition d'image en trois temps (TPBI, Three-Phase Bone Imaging) [87] Il s'agit essentiellement de diphosphonates : Tc-99 m méthylène diphosphonate (MDP-99mTc ; Tc-99 médro- nate) et Tc-99 hydroxyméthylène diphosphonate (HDP- 99mTc ; Tc-99 m oxidronate) Ces traceurs ont un profil de sécurité excellent avec une dose standard de 5 mSv [65] Environ 50 % du radiotraceur est absorbé au niveau osseux L'excrétion urinaire est très rapide, ce qui diminue la durée de l'irradiation si l'on vide la vessie dès son remplissage Les images scintigraphiques sont acquises 2–3 heures après l'in- jection du traceur pour permettre l'élimination du radiotra- ceur des tissus mous L'usage de collimateur de type pinhole augmente la résolution spatiale en scintigraphie planaire [9] La captation des radiotraceurs est strictement liée aux phé- nomènes de remaniements osseux La scintigraphie est positive pendant la phase active de l'arthrose Cette phase est caractérisée par la formation d'ostéophytes, un remodelage accru de l'os sous-chondral et l'apparition de géodes (fig 1 28) Il est actuellement démon- tré qu'une scintigraphie positive est corrélée avec la progres- sion de l'arthrose à 5 ans [21], même si ces résultats sont controversés [59] L'hyperfixation scintigraphique, en cas d'arthrose, est souvent aspécifique et le diagnostic différentiel se discute surtout avec les pathologies inflammatoires et néoplasiques La SPECT (Single Photon Emission Computed Tomography) (fig 1 29) possède une meilleure sensibilité que la scintigraphie planaire et améliore la localisation ana- tomique des plages hypermétaboliques, surtout au rachis La SPECT peut détecter l'arthrose du genou plus précocement que la scintigraphie grâce à sa meilleure résolution spatiale par rapport à scintigraphie planaire [47] L'imagerie hybride SPECT-CT améliore la spécificité de la SPECT, non seulement par le biais de l'information spa- tiale du scanner et par la correction de l'atténuation mais aussi en permettant l'interprétation des images aspécifiques de la SPECT [81, 86]

des images aspécifiques de la SPECT [ 81 , 86 ] Fig. 1.28 Scintigraphie planaire antéropostérieure

Fig. 1.28 Scintigraphie planaire antéropostérieure (droite) et pos- téro-antérieure (gauche) : hyperfixation bilatérale du comparti- ment interne du genou, plus importante à gauche (flèches). La radiographie standard confirme la présence d'une arthrose bilatérale plus évoluée à droite avec un ostéophyte marginal bien structuré. Du côté gauche (flèche) où l'hyperfixation scintigraphique est plus importante, l'ostéophyte marginal est moins évolué. Ces aspects sont en faveur d'une arthrose stable à droite et en évolution à gauche. Image scintigraphique du Pr R. Hustinx, médecine nucléaire, CHU de Liège – Belgique.

Arthroscanner

L'arthroscanner peut être utilisé pour le bilan de la chondro- pathie et des altérations osseuses dues à l'arthrose [65] Il s'agit de la technique la plus précise pour l'évaluation de l'épaisseur du cartilage grâce à sa haute résolution spatiale [89] L'évaluation du cartilage par arthroscanner est particuliè- rement aisée puisque ce tissu de basse densité se trouve inter- posé entre deux structures de haute densité (le contraste intra- articulaire et la lame osseuse sous-chondrale sous-jacente)

18

Imagerie musculosquelettique - Pathologies générales

a
a
b
b
d
d
e
e
c
c
f
f

Fig. 1.29 Images en scanner (MPR : Multiplanar Reformation) (a–c) et images hybrides SPECT-CT (Computed Tomography) (d–f). On objective une hyperactivité métabolique du compartiment fémorotibial externe (surtout du plateau tibial externe). À ce niveau, les altérations arthro- siques en scanner sont discrètes. En revanche, au compartiment fémorotibial interne où les altérations de l'os sous-chondral et l'ostéophyte marginal sont plus évolués, il n'y a pas de fixation significative du traceur. Images SPECT-CT du Pr. R. Hustinx, médecine nucléaire, CHU de Liège – Belgique.

a
a
b
b

Fig. 1.30 Arthroscanner (a) (épaisseur de coupe 1 mm) et IRM (b) en pondération DP fat sat, épaisseur de coupe 3,5 mm du genou gauche. Les deux fissures focales objectivées sur l'arthroscanner ne sont pas visibles sur l'IRM.

L'arthroscanner possède une précision comparable ou supérieure à celle de l'IRM, même pour la mesure de l'épaisseur du cartilage [7, 65] Une étude comparant l'arthro- scanner et l'IRM de la hanche a démontré que les deux tech- niques ont le même degré de précision pour la mesure de l'épaisseur cartilagineuse dans le plan coronal [94] L'arthroscanner sous-estime l'épaisseur cartilagineuse d'environ 0,3 mm par rapport aux pièces anatomiques [94] La comparaison entre l'arthroscanner et l'IRM met sou-

vent en évidence une supériorité de l'arthroscanner dans la détection des petites fissures cartilagineuses (fig 1 30)

Échographie

Chez un patient présentant une arthrose, l'exploration écho- graphique permet de détecter un épanchement synovial, des formations kystiques abarticulaires, des anomalies du car- tilage, de la membrane synoviale, du tendon et des struc-

Chapitre 1 Arthrose

19

Tableau 1.3 Avantages et inconvénients de l'exploration par échographie d'une articulation arthrosique.

Avantages

Inconvénients

Technique non irradiante et disponible

Technique dépendante

de l'opérateur et de la machine (reproductibilité)

Visualisation du cartilage

Visualisation très partielle

hyalin des grosses articulations

du cartilage (cette limite est encore plus importante pour les petites articulations)

Visualisation aisée de

Pas de visualisation

l'épanchement synovial et des formations kystiques abarticulaires

des ostéophytes centraux

Détection de la synovite

Pas de visualisation des

infraclinique (mode B) et de l'hypervascularisation synoviale (Doppler couleur ou énergie)

modifications de l'os sous- chondral, y compris les géodes

Visualisation des ostéophytes

 

marginaux et des calcifications abarticulaires

Visualisation des lésions

 

méniscales, ligamentaires et tendineuses

a
a
b
b

Fig. 1.31 Échographie (a) et arthroscanner (b) du genou gauche. L'échographie met en évidence une subluxation du ménisque interne (M), un épanchement articulaire (astérisques) et un ostéophyte marginal. La chondrolyse du compartiment interne (flèches noires) objectivée à l'arthroscanner n'est pas visualisée à l'échographie. Sur l'arthroscanner, on note une fissure du ligament collatéral interne (tête de flèche blanche) qui n'était pas visible à l'échographie réalisée avant l'arthroscanner.

tures ligamentaires (tableau 1 3) L'échographie peut mettre en évidence une irrégularité et un amincissement du carti- lage Néanmoins, les zones les plus profondes de l'articula- tion sont inaccessibles (fig 1 31) Au genou, par exemple, les lésions cartilagineuses sont typiquement situées sur la facette latérale de la patella, sur la marge latérale du condyle

médial (pôle inférieur) et à la jonction tiers moyen – tiers postérieur du plateau tibial externe Les géodes sous-chon- drales échappent également à l'échographie puisqu'elles sont complètement entourées de tissu osseux

L'échographie peut facilement détecter les ostéophytes

sous forme de projections osseuses recouvertes d'un carti- lage hypoéchogène à proximité de l'interligne articulaire

Les ostéophytes situés plus en profondeur (ostéophytes de la

fovéa ou du massif spinal du genou) ne peuvent être évalués par échographie L'examen en Doppler couleur a été validé pour la mesure

indirecte de la vascularisation de la membrane synoviale dans

les grandes articulations arthrosiques [45] L'échographie peut être utile dans l'évaluation des altérations des tissus mous abarticulaires qui peuvent être à l'origine d'influx nociceptifs

L'échographie dynamique révèle les phénomènes de friction

entre les tendons et les ostéophytes lors de la mobilisation

Traitements

Les objectifs du traitement de l'arthrose sont essentiellement de réduire la douleur, d'améliorer la fonction articulaire et la qualité de vie du patient À ce jour, il n'existe pas de remède pour l'arthrose Cependant, une prise en charge raisonnée du patient arthrosique, associant des modalités thérapeu- tiques non pharmacologiques et pharmacologiques, peut retarder la pose d'une prothèse La prise en charge du patient arthrosique doit être per- sonnalisée Les choix thérapeutiques doivent être réalisés en tenant compte des facteurs liés à la maladie, comme le nombre d'articulations affectées, la sévérité des lésions tissu-

laires, l'intensité de la douleur mais aussi des facteurs relatifs au patient tels que l'âge, l'activité professionnelle et les loi- sirs, les attentes ou les préférences, ou encore les comorbidi- tés et les traitements associés Une prise en charge optimale de l'arthrose doit associer plusieurs modalités thérapeutiques non pharmacologiques et pharmacologiques [96] Elle devrait toujours garantir un accès à l'information, inclure des exercices et une correction des facteurs de risques mécaniques (perte de poids, semelles orthopédiques, etc ) Deux types d'exercices permettent de réduire la douleur et le handicap des patients arthrosiques :

les exercices dynamiques globaux aérobies (fitness) ;

et des exercices locaux de renforcement musculaire, de reprogrammation neuromusculaire, d'étirement et de mobilisation articulaire (www nice org uk) Ces exercices doivent être prescrits à tous les patients souffrant d'arthrose périphérique ou axiale et ce, quel que soit leur âge Les traitements pharmacologiques peuvent être classés en deux catégories selon leur rapidité d'action sur les symp- tômes (douleur et fonction) : les agents à action sympto- matique rapide et les agents à action symptomatique lente (ASAL) [95] En général, les ASAL ont un effet sympto- matique cliniquement pertinent après 4 à 6 semaines Les agents à action symptomatique rapide sont essentiellement le paracétamol, les anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS), la capsaïcine et les opioïdes Les ASAL sont la chon- droïtine sulfate, les glucosamines, les insaponifiables d'avo- cat et de soja et la diacéréine

20

Imagerie musculosquelettique - Pathologies générales

Le traitement de la douleur arthrosique peut se faire par paliers en tenant compte de l'efficacité mais aussi des comor- bidités et des contre-indications propres à chaque patient Le traitement de première ligne de la douleur est le paracétamol (max 4 g/jour) Si ce traitement est inefficace, un autre trai- tement peut être ajouté comme l'application topique d'AINS ou de capsaïcine [39] La capsaïcine (8-méthyle N-vanillyle 6-nonénamide) est un composé chimique de la famille des alcaloïdes, composant actif du piment (Capsicum) Elle se lie au récepteur membranaire vanilloïde sous-type 1 (TRPV1) et empêche l'accumulation de substance P aux extrémités des fibres nociceptives Ensuite, en cas d'échec ou lorsque la douleur a un caractère inflammatoire, l'administration des AINS oraux est recommandée à la dose minimale efficace et pendant une courte période Il est important de souligner que le paracétamol et les AINS exercent un effet modéré, voire faible sur la douleur arthrosique et que l'administra- tion prolongée de ces médicaments est associée à des effets secondaires parfois sévères (gastro-intestinaux, hépatiques, rénaux et cardiaques) Dès lors, il est très important de limi- ter leur utilisation dans le temps chez les patients arthro- siques présentant plusieurs comorbidités [96] Les ASAL ont un effet retardé, modéré et rémanent sur la douleur et la fonction articulaire Leur utilisation prolongée, parfois pen- dant plusieurs années, n'engendre pas d'effets secondaires importants Ils permettent de réduire la consommation de paracétamol et d'AINS, ce qui constitue un avantage non négligeable dans la prise en charge des patients âgés Enfin, les opioïdes faibles (p ex codéine ou tramadol) peuvent être administrés en cas d'échec des AINS ou si les patients pré- sentent une contre-indication à l'utilisation de ceux-ci Les traitements intra-articulaires par injection de corti- costéroïdes et/ou d'acide hyaluronique font également partie de l'arsenal thérapeutique des médecins L'injection de corti- costéroïdes a un effet antalgique rapide et important mais en général de courte durée (1-4 semaines) Ce traitement doit être réservé aux formes sévères de la maladie lorsqu'une com- posante inflammatoire est présente L'acide hyaluronique est le constituant principal du liquide synovial Cette molécule lui confère ses propriétés viscoélastiques Dans l'articulation arthrosique, on note une diminution de la viscosité du liquide synovial associée à une diminution de la concentration et du poids moléculaire de l'acide hyaluronique L'injection intra- articulaire d'acide hyaluronique, appelée aussi « viscosupplé- mentation », a pour but de restaurer la viscosité du liquide synovial des articulations arthrosiques L'effet de ce traite- ment sur la douleur est faible à modéré, retardé de plusieurs semaines (5 à 13 semaines selon le produit) mais prolongé dans le temps (plus de 3 mois) En présence d'une réaction inflammatoire, l'injection d'acide hyaluronique peut être précédée d'une injection de corticostéroïde afin de réduire la dépolymérisation de l'acide hyaluronique

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Imagerie musculosquelettique - Pathologies générales

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Chapitre 2

Affections microcristallines

A Cotten, T Pascart, B Cortet

PLAN DU CHAPITRE

Goutte

Épidémiologie Étiopathogénie Physiopathogénie Clinique Signes radiographiques Formes topographiques Imagerie complémentaire Diagnostic Traitement Diagnostic différentiel

Maladie des dépôts de cristaux de pyrophosphate de calcium

Terminologie Physiopathogénie Terrain Clinique Aspect radiographique Imagerie complémentaire Diagnostic positif Diagnostic différentiel Traitement

Hémochromatose héréditaire

Étiopathogénie de l'atteinte articulaire Clinique Radiographies

23

IRM

60

23

Diagnostic

60

24

Traitement

60

25

Maladie des dépôts

26

de cristaux de phosphate

27

de calcium basique

61

31

Dépôts périarticulaires

61

33

Calcifications intra-articulaires

78

39

Arthropathie ochronotique

80

41

Définition

80

43

Clinique

80

Aspect radiologique

80

44

Diagnostic

81

44

Traitement

82

44

Oxalose

82

44

Maladie de Wilson

83

45

Clinique

83

46

Aspect radiographique

83

53

56

Diagnostic

83

Traitement

84

57

Cristaux de cholestérol

84

58

58

Arthrite à cristaux

58

59

de lipides liquides Corticostéroïdes

84

84

59

Cristaux de Charcot-Leyden

84

Selon la topographie prédominante des dépôts au sein des structures musculotendineuses, les microcristaux seront essentiellement associés à une symptomatologie :

articulaire (cristaux d'urate monosodique et de pyro- phosphate de calcium notamment) (tableau 2 1) ;

périarticulaire (cristaux de phosphate de calcium basique, dominés en fréquence par l'apatite) ;

et/ou osseuse (oxalate de calcium)

Goutte

La goutte est une maladie microcristalline secondaire à des dépôts de cristaux d'urate monosodique Elle se caractérise par des épisodes récurrents d'arthrite aiguë affectant une ou plusieurs articulations Après plusieurs années et en l'ab- sence de traitement adapté se développe la goutte tophacée chronique

Imagerie musculosquelettique - Pathologies générales, 2 e édition © 2013, Elsevier Masson SAS. Tous droits réservés

Épidémiologie

La goutte est une pathologie fréquente, affectant au moins 1 % de la population Sa prévalence augmente dans de nom- breux pays industrialisés [21, 307, 512, 537, 606] mais éga- lement dans des pays émergents [