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Hélène Montardre | Romain Mennetrier

     Hélène Montardre | Romain Mennetrier et le cheval de bois
     Hélène Montardre | Romain Mennetrier et le cheval de bois
     Hélène Montardre | Romain Mennetrier et le cheval de bois

et le cheval de bois

     Hélène Montardre | Romain Mennetrier et le cheval de bois

L’orthographe rectifiée est appliquée dans cet ouvrage.

L’orthographe rectifiée est appliquée dans cet ouvrage. © 2019 Éditions NATHAN, SEJER, 25, avenue

© 2019 Éditions NATHAN, SEJER, 25, avenue Pierre-de-Coubertin, 75013 Paris Loi n° 49-956 du 16 juillet 1949 sur les publications destinées à la jeunesse, modifiée par la loi n° 2011-525 du 17 mai 2011. ISBN : 978-2-09-258967-0 — Dépôt légal : juin 2019

Hélène Montardre

Hélène Montardre et le cheval de bois Illustrations de Romain Mennetrier

et le cheval de bois

Hélène Montardre et le cheval de bois Illustrations de Romain Mennetrier

Illustrations de Romain Mennetrier

Hélène Montardre et le cheval de bois Illustrations de Romain Mennetrier

Debout sur la plage, Ulysse contemple la mer. L’eau s’étale jusqu’au bout de l’horizon. Plus loin encore se trouvent la Grèce et l’ile dont il est le roi : Ithaque… Ulysse a quitté Ithaque il y a dix ans. Ses bateaux et ses soldats ont rejoint les bateaux et les soldats des autres rois grecs. Une flotte immense a alors traversé les flots pour rejoindre Troie, une cité puissante dirigée par le roi Priam. Ulysse se souvient… À cette époque, Pâris, le fils de Priam, est venu en Grèce. Il a rendu visite à Ménélas, le roi de Sparte. Et il est tombé amoureux de son épouse Hélène ! Si amoureux qu’il l’a enlevée et l’a ramenée chez lui, à Troie. Furieux, Ménélas a demandé à ses amis, les rois des grandes cités grecques, de l’aider à reprendre Hélène. Tous ont

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rassemblé leurs bateaux et leur armée, et ils ont débarqué devant Troie. Ulysse soupire. Comme ses compagnons, il pen- sait que son absence ne durerait que quelques mois. Mais dix années se sont écoulées, Troie est toujours intacte et Hélène toujours prisonnière…

Chapitre 1

Une formidable idée

C hapitre 1 Une formidable idée U lysse tourne le dos à la mer. Loin là-bas,

Ulysse tourne le dos à la mer. Loin là-bas, de hauts murs se dessinent sur le ciel. Ulysse sait, à présent, que Troie est impre- nable. Sauf si… Il revient lentement vers le camp des Grecs. Des éclats de voix jaillissent de la tente où ses compagnons sont réunis. – J’en ai assez ! dit l’un d’eux. Nous n’arrive- rons à rien.

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– Tu as raison, approuve un autre. Rentrons chez nous !

– Oui ! clame un troisième. Rentrons !

– Sans Hélène ? lance soudain Ulysse.

Tous se taisent. Ils savent qu’Ulysse est le plus rusé d’entre eux. Et s’il venait d’avoir une nouvelle idée ?

– Sans Hélène, finit par répondre l’un d’eux.

Nous devons nous faire une raison : pour déli- vrer Hélène, il faut détruire Troie. Tu as bien vu que c’est impossible !

– Impossible ? dit Ulysse avec un sourire.

Il s’avance vers ses amis et enchaine :

– J’ai une idée. Écoutez-moi bien… Nous allons

construire un énorme cheval de bois… Pendant de longues minutes, Ulysse expose son plan. Quand il se tait, l’un de ses compa- gnons reprend ses paroles :

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– Ce serait un cadeau pour les Troyens ?

– Si on peut dire ! répond Ulysse en éclatant

de rire. En réalité, ce « cadeau » sera un piège. Un formidable piège. Et pour que cela fonctionne,

il faut que l’un d’entre nous joue le rôle du traitre. Qui est volontaire ?

– Moi ! crie quelqu’un.

– Merci, Sinon. C’est très courageux de ta part. Voici ce que tu devras faire…

– Ton piège pourrait bien se refermer sur

nous ! grogne l’un des guerriers.

– Tu as une autre idée ? l’interroge Ulysse.

– Non.

– Essayons ! tranche Nestor.

Nestor est connu pour sa prudence et pour sa sagesse. S’il propose d’essayer, c’est que le plan d’Ulysse a une chance de réussir. Alors, autant se mettre au travail dès à présent.

Chapitre 2

Un gigantesque cheval

C hapitre 2 Un gigantesque cheval D ès le lendemain, les Grecs entrent en action. Certains

Dès le lendemain, les Grecs entrent en action. Certains commencent à démonter les tentes, à rassembler les armes, à préparer les bateaux. Pendant ce temps, d’autres coupent des arbres dans une forêt voisine. Puis ils les débitent en planches. Ils assemblent les planches entre elles et quatre piliers sont ainsi réalisés. Mais ce n’est pas fini. Sur ces quatre piliers, une

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forme gigantesque se déploie, si haute qu’elle donne le vertige à celui qui la regarde. Ulysse est satisfait. Le résultat correspond exactement à ce qu’il avait imaginé.

– Ce cheval de bois est parfait, déclare-t-il. Les Troyens seront très impressionnés.

– Nous allons vraiment nous cacher là-

dedans ? s’inquiète l’un des rois grecs. Tu es sûr

que c’est assez solide ?

– Naturellement, répond Ulysse.

– Tu es bien confiant, Ulysse ! lance un autre.

Voilà dix ans que nous avons quitté notre terre.

Dix ans que nous voulons prendre cette ville.

Nous avons tout essayé. Nous nous sommes battus. Beaucoup d’entre nous sont morts. Et

tu voudrais à présent confier nos vies à cette… à ce…

– À ce cheval, oui ! complète Ulysse. Tu as

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raison, nous nous sommes bien battus. Mais cela ne suffit pas pour prendre Troie. Nous ne

viendrons à bout de cette cité que par la ruse.

– Tu es fou, Ulysse… murmure son compagnon. Ulysse ne l’entend pas. Il annonce :

– Je prendrai place dans ce cheval. Qui m’accompagne ?

Les autres guerriers se regardent. Voilà une drôle de façon de commencer une bataille… Mais pourquoi pas ? L’un d’eux se décide à lever la main.

– Moi, Ulysse ! Moi, je serai avec toi. Puis d’autres suivent son exemple :

– Moi aussi !

– Moi aussi !

– Moi aussi !

Lorsque tous sont rassemblés autour de lui, Ulysse réfléchit et déclare :

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– Il manque quelque chose.

– Quoi ? interroge Nestor.

– Une inscription, explique Ulysse. Notre but

est de faire croire aux Troyens que ce cheval est une offrande à la déesse Athéna. Il faut l’écrire, ce sera mieux. Sur le ventre de ce cheval, nous allons graver : « Les Grecs remercient par

avance la déesse Athéna pour leur retour sains et saufs dans leur patrie. » Demain matin, les Troyens constateront que nous avons levé le

pour leur retour sains et saufs dans leur patrie. » Demain matin, les Troyens constateront que

camp. Sur le rivage, il ne restera rien de notre passage, sauf ce cheval. Ils s’en méfieront, j’en suis certain. Mais quand ils liront ces mots, ils seront vraiment convaincus de notre départ ! Nestor approuve. Ulysse est décidément très malin !

Chapitre 3

Cadeau ou piège ?

C hapitre 3 Cadeau ou piège ? D ans le ventre du cheval, le temps passe

Dans le ventre du cheval, le temps passe très lentement. Ulysse et ses compagnons sont assis sur des bancs. Ils ont leur casque de guerrier sur la tête, et leurs mains sont crispées sur leurs armes. Ils sont tellement serrés que parfois leurs lances s’entrechoquent dans un « Bing ! » qui retentit dans le silence comme un coup de tonnerre.

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– Chut ! fait alors Ulysse. Personne ne doit savoir que nous sommes cachés là. Tout le monde s’efforce ensuite de rester immobile. Bientôt, une pâle lumière s’introduit entre les planches du ventre du cheval. – Voilà le matin, chuchote Ulysse. Oh ! Écoutez !

pâle lumière s’introduit entre les planches du ventre du cheval. – Voilà le matin, chuchote Ulysse.

Effectivement, des voix résonnent à l’extérieur:

– Qu’est-ce que c’est que ça ? demande quel- qu’un.

– Tu vois bien ! répond quelqu’un d’autre. Un cheval… Un cheval de bois…

– Il est énorme, reprend le premier.

– Qui l’a amené ici ? s’étonne un troisième.

Soudain, plusieurs personnes s’écrient :

– Les Grecs sont partis ! Les Grecs sont partis !

Il ne reste rien sur le rivage ! Ni tentes, ni armes, ni bateaux…

À ces mots, tous les Troyens accourent. Ils n’en reviennent pas. Depuis dix ans, chaque matin, ils avaient sous les yeux le camp des Grecs plein de soldats. Et aujourd’hui, plus rien, comme si les Grecs n’étaient jamais venus.

– La guerre est finie ! s’exclament-ils.

– Nous avons gagné ! disent-ils encore.

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Le roi Priam, ses fils et ses conseillers s’avancent à leur tour hors de la ville. Eux aussi veulent voir l’étrange statue abandonnée sous leurs murs ! Le cheval ne les déçoit pas. Il est si grand qu’il semble occuper tout l’espace. Comme l’avait pré- vu Ulysse, les Troyens sont très impressionnés. Priam déchiffre l’inscription et déclare :

– Il s’agit d’une offrande faite par les Grecs à la déesse Athéna. Ils la prient de les ramener chez eux sains et saufs.

– Ainsi, ils sont vraiment partis… murmure

l’un des fils de Priam.

– Oui, confirme son père. Et ce cheval est ma-

gnifique. Nous aussi, nous honorons la déesse Athéna. Puisque ce cheval est pour elle, nous allons l’installer dans notre cité. Il nous protè- gera et…

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– Non ! l’interrompt une voix.

À l’intérieur du cheval, Ulysse sursaute. Lui

qui croyait son plan sur le point de réussir ! Qui peut bien s’opposer à la décision du roi Priam ?

– Lacoon ! s’exclame justement Priam. Pour- quoi veux-tu refuser cette offrande ?

– Parce que je me méfie des Grecs, répond

Lacoon. Ce cheval n’est peut-être pas une offrande, mais une machine de guerre !

– Une machine de guerre ? répète Priam.

– Oui ! s’obstine Lacoon. Qui sait ce qui se

cache dans son ventre ? Et avant qu’on puisse l’arrêter, Lacoon lance de toutes ses forces son javelot sur le cheval. « Clong ! » fait l’arme en se plantant dans une planche.

À l’intérieur, l’un des compagnons d’Ulysse

ne peut retenir un cri. Ulysse lui plaque aus-

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sitôt la main sur la bouche et, du regard, il or- donne aux autres de

sitôt la main sur la bouche et, du regard, il or- donne aux autres de ne pas bouger. Heureusement, dehors, le vacarme est tel que personne n’a rien entendu. – Lacoon a raison ! crient les uns. Ce cheval est un piège, brulons-le ! Nous ne voulons rien qui vienne des Grecs…

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– Pas question ! disent les autres. C’est un cadeau pour Athéna. Si nous le brulons, la déesse ne nous le pardonnera pas… Priam veut intervenir, il n’en a pas le temps. Car d’un seul coup, la foule se tait. Elle s’écarte pour laisser le passage à un homme que deux gardes poussent brutalement devant eux. Qui peut-il bien être ?

Chapitre 4

Un traitre nommé Sinon

C hapitre 4 Un traitre nommé Sinon L ’homme que les gardes amènent n’a pas bonne

L’homme que les gardes amènent n’a pas bonne allure. Il garde la tête basse, ses mains sont attachées et son corps est couvert de traces de coups. – Nous avons découvert cet espion, dit l’un des gardes. Et il oblige l’homme à s’agenouiller devant Priam. La foule gronde, menaçante, mais Priam

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la fait taire d’un geste. Puis il se tourne vers l’homme et interroge :

– Qui es-tu ? Et que fais-tu ici ?

– Je suis grec… avoue l’homme.

À ces mots, la foule recommence à gronder, mais Priam la fait taire de nouveau.

– Je me nomme Sinon, poursuit l’homme.

Pendant dix ans, je me suis battu aux côtés des miens… Savez-vous qu’à plusieurs reprises nous avons voulu abandonner cette guerre et rentrer chez nous ?

– Pourquoi ne l’avez-vous pas fait ? s’étonne

Priam.

– Chaque fois, une tempête s’est levée, répond Sinon. Comme pour nous retenir… Alors nous

sommes allés consulter les dieux.

– Qu’ont dit les dieux ? demande Priam.

– Que l’un d’entre nous devait être sacrifié,

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explique Sinon. Que si nous faisions ce sacrifice, les flots se calmeraient et nous pourrions enfin retourner chez nous.

– Mais comment désigner celui qui serait

sacrifié ? s’exclame Priam.

– Justement… soupire Sinon. Ulysse ne m’a

jamais aimé. Et comme il a de la suite dans les

idées et qu’il est très habile pour convaincre les autres…

– Tu veux dire que… le coupe Priam.

– Tu as compris, approuve Sinon. Il a convain-

cu tous les chefs grecs que je serais la victime idéale !

– Et pourtant, tu n’es pas mort, constate Priam.

– Non. On m’a préparé pour le sacrifice, mais,

durant la nuit, j’ai réussi à me libérer. Je me suis enfui et je me suis caché. Quelques jours plus tard, la mer était calme et mes anciens amis

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en ont profité pour partir, avec leur matériel et leurs soldats. Ils sont partis en

en ont profité pour partir, avec leur matériel et leurs soldats. Ils sont partis en me laissant ici. Je suis seul, à présent. Jamais je ne reverrai mon pays ni ma famille. Donnez-moi la mort si vous le voulez. Je n’attends plus rien de la vie. Dans le ventre du cheval, Ulysse et ses com- pagnons retiennent leur souffle. Sinon fait par- tie du plan d’Ulysse, bien sûr ! Mais les Troyens

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le croiront-ils ? Car la réussite du plan dépend de leur réaction. – Hum hum… toussote Priam, embarrassé. Sinon, ton récit m’a ému. Tu ne mérites pas la mort. Si tu ne peux pas rentrer chez toi, reste ici, à Troie, et deviens l’un des nôtres. Mais dis- moi la vérité : pourquoi avez-vous construit ce formidable cheval ? Est-ce une offrande aux dieux ou une machine de guerre ? Dans le ventre du cheval, Ulysse et les siens poussent un long soupir de soulagement. La première partie du plan est réussie !

ventre du cheval, Ulysse et les siens poussent un long soupir de soulagement. La première partie

– Ah ! Le cheval ! s’exclame Sinon. C’est en- core la faute d’Ulysse. Souvenez-vous de ce jour où il s’est introduit dans Troie et a volé la sta- tue d’Athéna… Priam serre les poings de colère. Il s’en sou- vient très bien ! Et il n’a jamais pardonné ce vol à Ulysse. – Eh bien, enchaine Sinon, Athéna était fu- rieuse d’avoir été enlevée et elle nous l’a fait savoir. Alors, pour calmer la déesse, Ulysse et ses amis ont fabriqué ce cheval et le lui ont of- fert. Tu as lu l’inscription… Ils espèrent rentrer sains et saufs chez eux grâce à la protection de la déesse. – Mais pourquoi est-il si gros, ce cheval ? s’étonne Priam. – Pour vous empêcher de l’introduire dans Troie, réplique Sinon. Pourtant, si vous réalisez

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cet exploit, la statue vous protègera. Mieux encore, elle vous permettra de conduire une

guerre en Grèce et d’en revenir victorieux !

– Ce sont les dieux qui ont dit ça ? demande Priam.

– Absolument. Voilà pourquoi Ulysse voulait que ce cheval soit aussi énorme !

– Dans ce cas… commence Priam.

Il n’a pas le temps d’en dire plus, car un ter- rible hurlement jaillit de la foule.

Chapitre 5

Les guerriers cachés

C hapitre 5 Les guerriers cachés D ans le ventre du cheval, Ulysse et ses compagnons

Dans le ventre du cheval, Ulysse et ses compagnons sont glacés de terreur. Dehors, tout le monde hurle. Que peut-il bien se passer ? Sur le rivage, la foule recule vers les murs de la cité. Deux énormes serpents viennent de jail- lir des profondeurs de la mer. Leur corps mons- trueux s’allonge en anneaux gigantesques. Leur poitrine se dresse au-dessus des vagues. Leur tête est coiffée d’une crête aussi rouge

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que le sang. Ils sortent de l’eau et avancent à toute allure. Les Troyens ont si peur qu’ils n’ont même pas l’idée de s’enfuir. Vont-ils tous périr ? Sinon n’y comprend plus rien. Dans son plan, Ulysse n’a jamais prévu l’intervention de monstres sortis de la mer ! Est-ce que ce sont les dieux qui les envoient ? Mais pourquoi ? Pour qui ? Pour lui ? Pour le punir d’avoir menti aux Troyens ? Il est prêt à s’enfuir, lorsqu’il voit les deux serpents se diriger droit vers Lacoon et ses deux fils, puis se jeter sur eux et enlacer leurs corps de leurs puissants anneaux. Lacoon tente de se défendre. Impossible, les serpents sont trop forts. Bientôt, Lacoon et ses fils cessent de bouger. Alors les serpents les abandonnent. Ils rampent vers la cité et gagnent le temple d’Athéna tandis que la foule s’écarte sur leur passage.

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Un grand silence règne à présent parmi les Troyens. Dans le cheval de bois, Ulysse et ses compa- gnons s’interrogent.

– Que s’est-il passé ? finit par chuchoter l’un

d’eux.

– Chut ! fait Ulysse. Je ne sais pas. Attendons…

Enfin, le roi Priam reprend la parole.

– Ces serpents nous ont montré la voie, dit-il.

Lacoon ne voulait pas de ce cheval. Pire encore, il a lancé son javelot contre lui. Athéna s’est

vengée. Elle a envoyé ces serpents pour faire taire Lacoon et nous indiquer ce que nous devions faire. Les serpents sont entrés dans la ville, le cheval doit en faire autant. Un murmure parcourt la foule :

– Priam a raison ! Priam a raison ! Conduisons la statue dans notre ville !

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Dans le ventre du cheval, Ulysse et ses compagnons se regardent. De quels serpents Priam

Dans le ventre du cheval, Ulysse et ses compagnons se regardent. De quels serpents Priam veut-il parler ? Qu’importe ! Leur plan est en train de réussir ! Bientôt, la statue sera dans la cité, et eux avec. C’est alors que Sinon dit :

– Roi Priam, tu as parfaitement raison. Mais

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regarde… Ce cheval est bien trop grand pour passer par les portes de Troie ! – Ce n’est pas un problème, répond Priam. Nous allons abattre un morceau de nos mu- railles. Tout le monde au travail ! ordonne-t-il. Les Troyens lui obéissent aussitôt. Certains s’attaquent à la muraille. D’autres poussent le cheval vers la ville. Dans le ventre de la statue, Ulysse et les siens patientent. Ils ont encore de longues heures à attendre… Enfin, le cheval franchit les murs de la ville. Le voilà dans les rues de Troie. Autour de lui, c’est la fête. Les Troyens chantent et dansent. Des jeunes filles lancent des pétales de fleurs sur la statue et déroulent des tapis devant elle. On rit, on boit, on mange. Pendant ce temps, les murailles de la ville sont reconstruites.

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La journée s’écoule et la nuit arrive. Peu à peu, les chants se taisent et les Troyens rentrent dans leurs maisons. Bientôt, c’est le silence. Dans le ventre du cheval, les Grecs s’impa- tientent.

– Que fait Sinon ? demande l’un d’eux.

– Je suis sûr qu’il est sur les remparts en train de donner le signal, explique Ulysse. Soyons patients… Peu après, en effet, une voix appelle :

– Ulysse ! Ulysse !

– C’est Sinon, fait Ulysse. Vite ! Ouvrons la

trappe, déroulons la corde et sortons de ce cheval. L’un après l’autre, Ulysse et ses compagnons atterrissent sur le sol de Troie. Ils se faufilent comme des ombres dans les rues. Ils courent ouvrir les portes de la ville.

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Les autres guerriers grecs, qui avaient fait semblant de partir avec les bateaux, sont revenus dès qu’ils ont aperçu la torche de Sinon. Ils sont nombreux. Très nombreux. Les armes à la main, ils pénètrent dans Troie. Toujours en silence, ils envahissent la cité. Ils entrent dans les maisons. Ils allument des incendies. Les Troyens, qui dormaient, sautent sur leurs pieds et saisissent leurs armes. Ils essayent de se défendre, mais, pris par sur- prise, en plein sommeil, ils n’ont pas le temps de s’organiser. Pourtant, des combats s’en- gagent, partout dans la ville. Le bruit des armes résonne entre les murs et les cris des blessés aussi. Peu à peu, les Grecs prennent le dessus. Quand le jour se lève, le roi Priam et de nombreux Troyens sont morts, et Troie est en ruine.

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La guerre de Troie est terminée. Ménélas a retrouvé Hélène. Les Grecs se sont partagé les trésors de la cité et les prisonniers. Ils ont attendu ce moment pendant dix longues années. Enfin, ils vont pouvoir rentrer, avec Hélène, et annoncer par- tout qu’ils ont remporté la victoire. Debout sur le rivage, Ulysse contemple la mer. Ses bateaux sont prêts. Il n’a plus qu’à don- ner le signal du départ. Dans quelque temps, il sera chez lui, à Ithaque. Enfin… si les dieux le veulent !

don- ner le signal du départ. Dans quelque temps, il sera chez lui, à Ithaque. Enfin…

Chapitre 1

ta bl e

des m at ièr es

Une formidable idée

7

Chapitre 2

Un gigantesque cheval

11

Chapitre 3

Cadeau ou piège ?

17

Chapitre 4

Un traitre nommé Sinon

25

Chapitre 5

Les guerriers cachés

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Hélène Montardre, l’autrice

Hélène Montardre est écrivaine. Elle a écrit une centaine de livres : romans, contes, albums et do- cumentaires. Aux éditions Nathan, elle est à l’ori- gine de tous les titres de la série « Les apprentis chercheurs », ainsi que des romans des collections « Petites histoires de la mythologie » et « Petites histoires de l’Histoire ». Elle aime particulièrement la mythologie et a par- couru la Grèce de nombreuses fois pour retrouver les lieux où se sont déroulées ces histoires !

mythologie et a par- couru la Grèce de nombreuses fois pour retrouver les lieux où se

Romain Mennetrier, l’illustrateur

Romain Mennetrier est illustrateur et habite à Rennes. Il est passionné par l’art sous toutes ses formes mais travaille principalement pour la presse et l’édition jeunesse. Il a déjà illustré de nombreux albums, contes et romans jeunesse. Il a toujours apprécié l’Odyssée. Plus de 2000 ans nous séparent de sa création, mais l’épo- pée d’Ulysse continue d’inspirer et faire rêver aujourd’hui.

ans nous séparent de sa création, mais l’épo- pée d’Ulysse continue d’inspirer et faire rêver aujourd’hui.
Retrouve d’autres romans de la collection ! et bientôt… mythologie & Compagnie

Retrouve d’autres romans de la collection !

Retrouve d’autres romans de la collection ! et bientôt… mythologie & Compagnie
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et bientôt…

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Les aventures de la mythologie à partir de 7 ans !

  

mythologie à p a r t i r d e 7 ans !    et le
mythologie à p a r t i r d e 7 ans !    et le

et le cheval de bois

Une histoire de Hélène Montardre illustrée par Romain Mennetrier

La guerre de Troie dure depuis dix longues années et les Grecs font le siège de la cité, en vain. Mais Ulysse a un jour une idée folle pour entrer dans la ville : construire un immense cheval de bois et y cacher des guerriers à l’intérieur ! La ruse sera- t-elle plus efficace que la force ?

des guerriers à l’intérieur ! La ruse sera- t-elle plus efficace que la force ? 978-2-09-258967-0

978-2-09-258967-0 Code Prix D3