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Montréal: quinze minutes de suspension pour le feu devant l’hôtel de ville Page A 3

pour le feu devant l’hôtel de ville Page A 3 Ukraine: un chef séparatiste admet que

Ukraine: un chef séparatiste admet que les rebelles avaient des missiles Buk Page A 5

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SEAN KILPATRICK LA PRESSE CANADIENNE

Les conservateurs présenteront un nouveau projet de loi pour encadrer les armes à feu.

ARMES À FEU

Ottawa veut retirer le contrôle aux provinces

MARIE VASTEL

Correspondante parlementaire à Ottawa

P rise deux dans le dossier du contrôle des armes à feu. Le gouvernement fédéral mo-

difiera de nouveau les règles avec un projet de loi prévu pour l’automne, qui réduira la pape- rasse pour les détenteurs d’arme mais qui éli- minera aussi au passage les pouvoirs de régle- mentation des contrôleurs provinciaux. La loi est fédérale et elle doit être la même partout au pays, a fait valoir le ministre de la Sécurité pu- blique, Steven Blaney, mercredi. Arguant que son gouvernement «fait preuve de gros bon sens en matière de permis d’armes à feu», le ministre conservateur québécois a af- firmé qu’il voulait «un régime des armes à feu fiable, sécuritaire et qui facilite la vie pour les gens qui possèdent des armes à feu». Pour ce faire, Ottawa imposera sa régle- mentation à la grandeur du Canada. Le Qué- bec, l’Ontario et l’Île-du-Prince-Édouard ont beau avoir leur propre programme de contrôle des armes à feu, le gouvernement de Stephen Harper viendra « restreindre la possibilité [de leurs] contrôleurs d’armes à feu de prendre des décisions arbitraires », a dit le ministre. Ceux-ci devront appliquer le cadre réglementaire souhaité par le fédéral, et ce, de façon uniforme à l’échelle du pays.

La fin des exceptions

Fini, donc, la possibilité pour Québec d’ajou- ter quelques règles plus strictes sur son terri- toire. La future législation conservatrice assu- rera que «d’une province à une autre, la loi du pays est la même, car c’est une loi fédérale», a in- sisté M. Blaney en point de presse. L’endroit avait été judicieusement choisi, le ministre

VOIR PAGE A 8 : ARMES

AUJOURDHUI

 
A UJOURD ’ HUI   Le Monde › John Kerry fait état de «progrès» en vue

Le Monde › John Kerry fait état de «progrès» en vue d’une trêve au Proche-Orient. Page A 5

 

Économie › BMO veut mettre fin à la chasse gardée masculine dans le courtage en valeurs mobilières. Page B 1

Avis légaux B 6

Avis légaux

B 6

Décès

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Météo

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Mots croisés

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Petites annonces

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Sudoku

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EAU POTABLE ET PÉTROLE

Québec fixe enfin des règles

ALEXANDRE SHIELDS

Q uébec a finalement dévoilé mercredi son règlement sur la protection de l’eau pota-

ble, une mesure qui confirme que Pétrolia pourra poursuivre ses forages dans la ville de Gaspé, malgré la controverse qu’ils suscitent. Le Règlement sur le prélèvement des eaux et leur protection (RPEP) fixe pour la première fois la distance «minimale» qui devra être respectée entre un site de forage et une source d’eau pota-

ble. Celle-ci devra être de 500 mètres. La distance pourrait toutefois être plus grande, en fonction des conclusions de l’étude hydrogéologique qui sera désormais exigée par Québec. Cette étude, réalisée par l’entreprise qui veut forer, devra couvrir un rayon de deux kilomètres autour des sites de forage. Toute opération de fracturation devra en outre être menée à une profondeur mini- male de 600 mètres, ce qui est déjà le cas. Et les entreprises devront assurer un suivi de

l’état de leurs puits pendant les 10 années sui- vant la fermeture de ceux-ci. Le ministre de l’Environnement, David Heur- tel, a évidemment vanté le geste posé par le gou- vernement Couillard. «Nous visons ainsi à répon- dre aux attentes des municipalités, de l’industrie et

VOIR PAGE A 8 : EAU

Lire aussi › Ni vide ni plein. L’éditorial de Josée Boileau. Page A 6

RBO « POGNE » ENCORE ANNIK MH DE CARUFEL LE DEVOIR La place des Festivals
RBO « POGNE » ENCORE
ANNIK MH DE CARUFEL LE DEVOIR
La place des Festivals était peuplée de baby-boomers, de leurs enfants, et parfois même des enfants de leurs
enfants, mercredi soir, pour le retour sur scène musical de Rock et Belles Oreilles. La foule fébrile a eu droit
aux grands succès comiques des vétérans de l’humour, dont Le feu sauvage de l’amour, I Want to Pogne et
Bonjour la police. Lisez notre retour sur cette soirée en Page B 8

La LNH craint d’être mise en échec par le climat

Le réchauffement climatique menace la glace… et les profits

FABIEN DEGLISE

C’ est fatal. Moins d’hivers donnent moins de pati- noires exté- rieures, moins de

joueurs de hockey et du coup, moins de futurs Crosby et même d’amateurs de rondelle prêts à dépenser des centaines de dol- lars chaque saison pour un peu de divertissement sur glace et quelques produits dérivés. Dans son premier rapport en- vironnemental à vie, depuis sa création à Montréal en 1917, la Ligue nationale de hockey (LNH) s’inquiète d’être mise en échec par le réchauffement cli- matique. Et, du coup, elle se propose de devenir un peu plus verte, et invite ses fidèles à un tour du chapeau, écologique, vi- sant à assurer la survie de son fonds de commerce. «Avant de fouler la glace de la LNH, plusieurs de nos joueurs ont perfectionné leurs habiletés sur des lacs et étangs gelés en Amérique du Nord et en Europe, écrit le commissaire de la Ligue, Gary Bettman, en guise

, écrit le commissaire de la Ligue, Gary Bettman, en guise PEDRO RUIZ LE DEVOIR Le

PEDRO RUIZ LE DEVOIR

Le hockey a besoin d’étangs gelés, rappelle la Ligue nationale de hockey, qui veut voir ses équipes faire des efforts pour réduire leurs émissions de gaz à effet de serre.

d’introduction à ce rapport sur le développement durable que la LNH vient de publier discrè- tement sur son site Internet au début de la semaine. Notre sport puise ses racines dans les eaux glacées des plans d’eau et

dans les climats nordiques. Les enjeux environnementaux ma- jeurs, comme les changements climatiques, les pénuries d’eau douce vont affecter les joueurs

VOIR PAGE A 8 : LNH

Airbnb accusé de réduire l’offre de logements

ISABELLE PORTER

à Québec

L es nouvelles formes de tourisme à la sauce Airbnb contribuent à la spéculation et à la

rareté des logements abordables, plaident des groupes de défense des locataires. «Les logements qui sont loués de cette façon-là, c’est des logements en moins pour les locataires», avance Catherine Tragnée, coordonnatrice du Regroupement des comités logement et asso- ciation de locataires du Québec (RCLALQ). Même si la crise du logement est derrière nous, le taux d’inoccupation demeure bas et les apparte- ments abordables sont rares, ajoute-t-elle. D’un au- tre côté, pour les propriétaires, la location touris- tique est clairement avantageuse. «C’est sûr que quand on loue une chambre à la semaine, on peut rapidement faire un profit plus élevé qu’avec le loyer mensuel d’un bail stable avec un locataire.» L’organisme n’a pas de données sur l’am- pleur du phénomène et son augmentation. Tou-

tefois, M me Tragnée a constaté que la vague Airbnb touche un territoire de plus en plus grand à Montréal. «Ça dépasse les quartiers cen- traux comme Ville-Marie ou le Plateau, dit-elle en donnant l’exemple de Villeray. Ça me laisse croire que le phénomène grandit.» Cette semaine, le coordonnateur de l’un des groupes membre du Réseau dénonçait dans Le Devoir la multiplication de ces locations

VOIR PAGE A 8 : AIRBNB

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ACTUALITÉS

A 2 LE DEVOIR, LE JEUDI 24 JUILLET 2014 ACTUALITÉS AFFAIRE DUFFY-WRIGHT Pas d’enquête de la

AFFAIRE DUFFY-WRIGHT

Pas d’enquête de la commissaire à l’éthique avant la fin du procès contre le sénateur suspendu

MARIE VASTEL

Correspondante parlementaire à Ottawa

L a commissaire à l’éthique du Parlement ne se penchera pas sur l’entente secrète entre

Mike Duffy et Nigel Wright tant que l’affaire sera devant les tribunaux. Les libéraux ont de- mandé à Mary Dawson de reprendre ses tra- vaux dans ce dossier, avant que la mémoire des acteurs ne flanche. Mais le bureau de la com- missaire a rapidement rejeté leur requête. Lorsque la Gendarmerie royale du Canada (GRC) a entamé, mi-juin, sa propre enquête crimi- nelle sur l’entente qu’ont conclue le sénateur Mike Duffy et l’ancien chef de cabinet de Stephen Harper, Nigel Wright, la commissaire à l’éthique avait annoncé la suspension de son investigation. Maintenant que la GRC a porté des accusa- tions contre M. Duffy et décidé de ne pas faire de même pour M. Wright, les libéraux ont en- voyé une lettre à la commissaire Mary Dawson lui demandant de reprendre ses travaux et d’en élargir la portée. Parce que d’ici à ce que le pro- cès de M. Duffy prenne fin et que ce dernier ait épuisé tous les recours judiciaires à sa disposi- tion, «cela pourrait prendre des années», s’est inquiété le libéral Geoff Regan. Et puisque l’on a appris au fil de l’enquête policière que d’au- tres conservateurs étaient au courant du strata- gème pour permettre à Mike Duffy de rem- bourser ses dépenses injustifiées au Sénat

grâce à un chèque de Nigel Wright, ces gens-là doivent eux aussi «répondre de leurs gestes». «On parle de la façon dont le bureau du premier ministre et le Parti conservateur opéraient peut- être. […] Les Canadiens doivent savoir», a sommé le libéral mercredi.

Le rôle d’autres conservateurs…

La réponse a été livrée rapidement, mais ce n’était pas celle espérée. En vertu de la Loi sur les conflits d’intérêts, «la commissaire ne peut poursuivre l’étude avant qu’une décision défini- tive n’ait été prise relativement à toute enquête ou toute accusation portant sur le même objet. Puisqu’il semble que des accusations portées contre le sénateur Mike Duffy concernent le même objet, la commissaire ne peut reprendre son étude jusqu’à ce que le processus judiciaire soit terminé», a expliqué son bureau au Devoir. M. Regan n’a pas voulu réagir en après-midi, attendant d’obtenir sa propre réponse officielle de la part de la commissaire. Mais en point de presse en matinée, il qualifiait de «simplement inacceptable» l’idée que le rôle d’autres conser- vateurs dans cette affaire demeure «inexpliqué pendant cette période». Des documents déposés en cour par la GRC ont révélé que des membres du cabinet du pre- mier ministre et du leadership conservateur au Sénat étaient au courant des pourparlers entre MM. Duffy et Wright et qu’ils œuvraient tous à ce que le sénateur rembourse le Sénat en lui pro-

mettant qu’un rapport de comité sénatorial serait

plus clément à son endroit. Un autre sénateur au- rait en outre appelé la firme Deloitte et Touche — qui menait une vérification indépendante sur

M. Duffy — pour s’enquérir de cette enquête. Ce

même sénateur, Irving Gerstein, gérait le fonds du Parti conservateur et aurait envisagé de payer la dette de M. Duffy à sa place, quand il croyait qu’elle s’élevait à 32000$ et non 90000$. En tout, une douzaine de conservateurs au- raient été impliqués. Des gens qui sont toujours «payés par les deniers publics», dont certains ont même obtenu «ce qui pourrait être considéré comme une promotion», a reproché le député Regan. Trois ex-employés du premier ministre sont maintenant dans des bureaux de ministres et l’ancien secrétaire principal de Stephen Har- per, Ray Novak, est devenu son chef de cabinet. «La barre quant à ce qui est acceptable au gouvernement du Canada ou au bureau du pre- mier ministre ne devrait pas être que la GRC a déposé ou non des accusations criminelles contre vous», a reproché M. Regan.

Harper ne témoignera pas?

À la suite du dépôt d’accusations contre

M. Duffy la semaine dernière, le directeur des

communications de M. Harper, Jason MacDo- nald, avait souligné au Devoir que la GRC a «clairement indiqué qu’ils ne croient pas que le premier ministre ait eu connaissance du strata- gème entourant le remboursement des dépenses

du strata- gème entourant le remboursement des dépenses SEAN KILPATRICK LA PRESSE CANADIENNE Les poursuites

SEAN KILPATRICK LA PRESSE CANADIENNE

Les poursuites criminelles contre le sénateur suspendu Mike Duffy peuvent durer des années, a averti le député libéral Geoff Regan (notre photo) en point de presse mercredi à Ottawa.

inappropriées de M. Duffy». M. MacDonald a en outre affirmé à Postmedia mardi que, «sachant cela, il est difficile d’imaginer que le premier mi- nistre ait quelque information qui puisse être pertinente à la défense de M. Duffy». « À mon avis, ce n’est pas au bureau du premier ministre, mais aux tribunaux de le déterminer», a rétorqué M. Regan.

Le Devoir

de le déterminer» , a rétorqué M. Regan. Le Devoir NATI HARNIK ASSOCIATED PRESS Des agents

NATI HARNIK ASSOCIATED PRESS

Des agents enquêteurs déploraient depuis des années le mauvais état des wagons DOT-111, qui pouvaient facilement se rompre ou se perforer lors d’un déraillement et ainsi déverser leur contenu, du pétrole brut par exemple.

Les États-Unis proposent de remplacer les vieux DOT-111 plus vite que le Canada

W ashington — Des milliers de vieux wagons-citernes

DOT-111 transpor tant du pétrole brut seront retirés des rails aux États-Unis au cours des deux prochaines années si un projet de loi américain déposé mercredi est adopté. Cette proposition survient après une série de graves ac- cidents ferroviaires survenus depuis un an, notamment la catastrophe de Lac-Mégantic, qui a fait 47 morts en juillet 2013. Des agents chargés d’en- quêter sur ces accidents dé- ploraient depuis des années le mauvais état des wagons, qui pouvaient facilement se rom- pre ou se perforer lors d’un déraillement et ainsi déverser leur contenu. La période de remplace- ment ou de modification des wagons DOT-111 est plus courte que celle prévue par Ottawa, qui est de trois ans. Le plan américain ne précise cependant pas quel type de

La SQ veut empêcher la vente aux enchères de la funeste locomotive de la MMA

La Sûreté du Québec (SQ) dit avoir entamé des démarches pour empêcher la vente aux enchères de la locomotive principale du «train à la dérive » qui a explosé à Lac-Mégan- tic le 6 juillet 2013. Selon une porte-parole de la police provin- ciale, Christine Coulombe, des enquêteurs ont pris des mesures afin de bloquer la vente aux États-Unis jusqu’à la fin des procédures judiciaires dans cette affaire. Elle n’a pu four- nir plus de détails mercredi. La locomotive 5017 de la Montreal, Maine and Atlantic Railway (MMA) doit être vendue au plus offrant le 5 août au Derby Rail Yard à Milo, dans le Maine. La maison de vente aux enchères n’a pas en-

core reçu de demandes spécifiques sur la fu- neste locomotive, mais l’événement devrait at- tirer plus de spectateurs que d’habitude, es- time Adam Jokisch, le président de la société Adam’s Auction & Real qui s’occupe de la vente aux enchères. M. Jokisch a affirmé qu’il irait de l’avant avec cette vente, à moins qu’un responsable lui de- mande de mettre fin aux procédures. Il a affirmé mercredi après-midi n’avoir pas été contacté par les autorités policières du Québec. La mise de départ pour cette locomotive impli- quée dans la pire tragédie ferroviaire de l’his- toire du pays a été établie à 10 000 $US (10 667 $CAN).

La Presse canadienne

wagons-citernes pourra rem- placer les wagons désuets, le choix devant être fait plus tard parmi plusieurs propositions. Le secrétaire américain aux Transports, Anthony Foxx, a

aussi indiqué que les tests ef- fectués par le gouvernement sur le pétrole brut de la région de Bakken, dans le Dakota du Nord et au Montana, indi- quent qu’il est plus volatil que

d’autres pétroles bruts, ce qui signifie qu’il court plus de risque de s’enflammer lors d’un déversement.

Associated Press

La Cour suprême se penche «en urgence» sur Accurso

Le plus haut tribunal du pays a rejeté, mardi, la demande de l’entrepreneur Accurso de sus- pendre son assignation à com- paraître devant la commission Charbonneau le temps que sa demande en appel soit enten- due. La Cour suprême a indi- qué qu’elle traitera de «façon accélérée, en urgence» la de- mande de M. Accurso, dépo- sée en juillet. Ce dernier a es- suyé auparavant un revers de- vant la Cour supérieure, ainsi

que devant la Cour d’appel du Québec. L’homme d’affaires, qui multiplie les procédures judiciaires depuis un an pour éviter de témoigner à la com- mission Charbonneau, a plu- sieurs fois évoqué sa crainte qu’un tel témoignage ne l’oblige à fournir des preuves qui l’incrimineraient lors d’un procès pour fraude auquel il est appelé à comparaître pro- chainement. La Cour suprême a estimé que la demande de suspension de témoignage de M. Accurso était «prématu- rée», étant donné qu’elle peut «protéger les intérêts du requé- rant si elle accorde l’autorisa- tion du pourvoi». Les magis- trats devraient donc annoncer au cours des prochaines

semaines s’ils acceptent ou non d’entendre les arguments de l’entrepreneur de 62 ans. Le Devoir

Rob Ford talonne ses adversaires à la mairie

Ottawa — Le maire de To- ronto, Rob Ford, empêtré dans ses problèmes de dépendance à l’alcool et à la drogue, est pra- tiquement à égalité dans les in- tentions de vote avec ses deux principaux rivaux, indiquait un sondage mercredi. Un peu plus de trois semaines après son re- tour à la mairie, à la suite d’une cure de désintoxication de

deux mois et un retrait total de la vie publique, Rob Ford est crédité de 27% des intentions de vote pour l’élection munici- pale à l’automne, selon l’institut Forum Research. Le maire de la plus grande ville du Canada, proche du Parti conservateur, talonne l’ancien chef du parti conservateur d’Ontario John Tory (28% des intentions de vote) et Olivia Chow (29%), députée pour le Nouveau Parti démocratique. «Il semble que Rob Ford ne va pas disparaître de sitôt», a commenté Lorne Bozinoff, le responsable de cet institut de sondage qui donnait Rob Ford avec un retard de sept points derrière Olivia Chow il y a un mois. Agence France-Presse

INCENDIE

La municipalité de L’Isle-Verte poursuivie pour 3,8 millions

Les propriétaires de la résidence du Havre accusent la Ville d’avoir commis des « fautes lourdes et grossières »

DAPHNÉE HACKER-B.

camion n’était pas doté d’échelles adéquates pour per- mettre le sauvetage des rési- dents. Un délai de plusieurs minutes se serait écoulé avant l’arrivée d’un second camion. Dans tous les cas, les deman- deurs analysent que les «effec- tifs assignés pour combattre l’in- cendie étaient insuffisants» et que les responsables du ser- vice d’incendie ont tardive- ment demandé l’aide de petites municipalités voisines, omet- tant de se tourner vers des «villes bien équipées comme Ri- vière-du-Loup et Rimouski». Les plaignants font aussi valoir que la pression d’eau des points de distribution de L’Isle- Verte était insuffisante. «Cette situation était connue de la mu- nicipalité depuis longtemps», peut-on lire dans le document.

L es propriétaires de la rési- dence du Havre et leur

compagnie d’assurance ont dé- cidé de poursuivre la munici- palité de L’Isle-Ver te pour 3,8 millions de dollars, mer- credi, près de six mois après l’incendie qui a entraîné dans la mort 32 personnes âgées. Dans la requête déposée au palais de justice de Rivière-du- Loup, les demandeurs accu- sent la municipalité d’avoir commis «des fautes lourdes et grossières». Les propriétaires Roch Ber- nier et Irène Plante, ainsi que la société d’assurance Promu- tuel, reprochent notamment à la Ville de n’avoir jamais mis sur pied un plan d’urgence en

cas de sinistre. Joint par Le De- voir, l’avocat des de-

mandeurs, M e Guy Bertrand, indique que son client Roch Bernier faisait depuis cinq ans «des de- mandes répétées» au- près du directeur gé-

néral de la municipa- lité et du chef du service d’in- cendie pour élaborer un vérita- ble plan d’évacuation. Ni la mairesse de L’Isle- Verte, Ursule Thériault, ni le di- recteur général, Guy Bérubé, n’ont accepté de commenter. Au bureau de la municipalité, on s’est contenté de dire que ces derniers ne parleront pas aux médias avant la fin de l’en- quête, dont la date est incon- nue. Les enquêteurs de la Sû- reté du Québec et du Bureau du coroner n’ont pas encore permis de déterminer la cause de la tragédie qui a ravagé la ré- sidence du Havre le 23 janvier.

«Insouciance

démesurée»

Dans la requête déposée à la Cour supérieure, les proprié- taires et l’assureur blâment les préposés de la municipalité d’avoir omis de poser les gestes nécessaires pour préve- nir une pareille catastrophe, fai- sant preuve «d’une insouciance démesurée» le soir de l’incen- die. Les plaignants insistent pour dire que la «catastrophe aurait pu être évitée», ou du moins avoir moins d’ampleur. Dans la requête, on rapporte qu’un seul camion incendie est arrivé sur les lieux du brasier, environ 15 minutes après la première alarme. De plus, ce

Les plaignants insistent pour dire que la «catastrophe aurait pu être évitée», ou du moins avoir moins d’ampleur

La poursuite fait aussi men- tion de tensions «connues et non résolues» entre la munici- palité et son service d’incen- die. Une tension aurait aussi existé avec le service de Ri- vière-du-Loup, faisant dire aux demandeurs que cette situa- tion a «également contribué à ce manque de planification».

Longue liste

de préjudices

Les propriétaires et l’assu- reur font état d’une longue liste de préjudices. Le senti- ment d’impuissance face à l’ampleur de la tragédie, l’angoisse, le stress post- traumatique et l’absence de revenus sont entre autres ci- tés. En tenant compte de ces dommages moraux, en plus des dommages matériels récla- més par l’assureur, le total de la somme demandée s’élève ainsi à 3,8 millions de dollars. Le groupe de juristes de Pro- mutuel indique dans le docu- ment de cour que des pour- suites civiles pourraient éven- tuellement être déposées contre l’assureur ou la résidence du Havre. M e Guy Bertrand af- firme toutefois qu’aucun proche des familles n’a intenté une telle poursuite pour l’instant.

Le Devoir

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ACTUALITES

LE DEVOIR, LE JEUDI 24 JUILLET 2014 A 3 ACTUALITES Saint-Bruno tente d’annexer un secteur d’une

Saint-Bruno tente d’annexer un secteur d’une autre municipalité

PHILIPPE ORFALI

intégrerait en réalité une zone inhabitée sur laquelle on pré-

voit d’ériger un vaste projet de construction domiciliaire, au- quel Saint-Bruno s’opposait jusqu’à maintenant avec achar- nement, car les quelque 400 lo- gements devant être construits devraient être raccordés au ré- seau d’eau potable et d’aque- duc de la municipalité. Soudainement, avec la de- mande d’annexion, le maire de Saint-Bruno semble avoir changé de ton, sou-

ligne le conseiller municipal André Besner. Ces 400 loge- ments pourraient se traduire par des reve- nus municipaux de plus de 4 millions par an, selon lui. «Il y a un manque d’informa- tion, de consultation, de réflexion avant de passer à l’action. C’est surtout cela qu’on dé-

nonce», plaide-t-il. Le maire de Carignan, René Fournier, demande quant à lui

à Québec d’intervenir. Saint-

Bruno procède à toute vitesse

à la demande d’annexion, en

faisant fi des procédures pré- vues dans le Guide sur les an- nexions du gouvernement qué- bécois. «Saint-Bruno n’a pas souhaité rencontrer l’adminis- tration de Carignan avant de lancer la procédure. Les conseil- lers et moi-même avons pris connaissance du projet dans les médias locaux», déplore-t-il. Québec doit selon lui mettre sur la glace le projet en atten- dant que les deux localités né- gocient, croit M. Fournier.

C’ est la guerre entre Saint- Bruno-de-Montarville et

sa voisine Carignan. La ville de

la Montérégie tente de procé- der à l’annexion d’une partie importante de la municipalité

adjacente. Si le maire de Saint- Bruno affirme agir à la de- mande des citoyens du quar- tier Carignan-sur-le-Golf, ses adversaires jurent que c’est plutôt pour s’arroger de nou- veaux revenus issus

de la taxe foncière. Carignan-sur-le-Golf est une petite enclave de banlieue, séparée par des kilomètres de forêts, de terres agri- coles et de terrains de golf du reste de la mu- nicipalité de Carignan. Comptant 122 rési- dences, le secteur est situé à quelques coins de rue du Grand Bou-

levard de Saint-Bruno. Il est raccordé au réseau d’aqueduc et de traitement des eaux usées montarvillois. Ce sont même les pompiers de Saint-Bruno qui interviennent lors d’incendies. Évoquant notamment ce sen- timent d’appartenance, des ci- toyens ont fait circuler une péti- tion en mai dernier, demandant l’annexion de leur territoire à Saint-Bruno. Une requête ap- puyée par une écrasante majo- rité, et à laquelle le conseil mu- nicipal de Saint-Bruno a ré- pondu par la positive. Mais Carignan et les trois conseillers formant l’opposi- tion officielle à Saint-Bruno s’opposent vivement au projet. La moitié du secteur annexé

Le maire et les conseillers de Carignan ont pris connaissance du projet dans les médias locaux

Le Devoir

Suspendus pendant un quart d’heure

Le SPVM n’a pas l’intention d’accuser les policiers et pompiers qui ont mis le feu à des ordures devant l’hôtel de ville de Montréal

PHILIPPE ORFALI

L es policiers et pompiers ayant mis le feu à des or-

dures lors d’une manifestation remarquée devant l’hôtel de ville, le 17 juin dernier, peu- vent dormir tranquilles. Le Service de police de la Ville de Montréal n’a pas l’intention d’accuser ses employés ou ceux du Service des incendies. Tout au plus, certains d’entre eux pourraient être suspendus pendant une période allant d’un quart d’heure à une demi- heure, a appris Le Devoir. Pompiers, policiers et cols bleus ont créé de toutes pièces un feu de joie en faisant brûler leurs casquettes et des dé- chets, le 17 juin dernier, devant l’hôtel de ville de Montréal. Pendant plus d’une demi- heure, près d’un millier de syn- diqués ont été réunis pour pro- tester contre le projet de loi sur les régimes de retraite, qui for- cerait les employés municipaux concernés à cotiser beaucoup plus à leur fonds de retraite. À coups de klaxons, de si- rènes et de sifflets, ils ont voulu

se faire entendre pour revendi- quer leur droit à la négociation,

qu’ils jugent bafoué par ce nou- veau projet de loi. Certains pas- sants avaient alors cru à un ac- cident majeur ou à une quel- conque tragédie. La circulation avait notamment été perturbée, rue Notre-Dame. Mais les policiers ne feront face à aucun constat d’infraction, à aucune arrestation, à aucune accusation, selon le SPVM. « Il n’y a pas d’accusation, parce qu’on n’a pas trouvé de matières criminelles, a sou- tenu le porte-parole du corps policier, Ian Lafrenière. Des centaines d’avis à des employés

Ian Lafrenière. Des centaines d’avis à des employés JACQUES NADEAU LE DEVOIR Pompiers, policiers et cols

JACQUES NADEAU LE DEVOIR

Pompiers, policiers et cols bleus ont créé de toutes pièces un feu de joie en faisant brûler leurs casquettes et des déchets, le 17 juin dernier, devant l’hôtel de ville de Montréal.

civils et policiers ont toutefois été émis, pour des absences sans permission. » Ces « avis » correspondent à des suspensions sans solde d’une période allant de 15 à 30 minutes. Une amende qui sera prélevée à même la paie des employés, a expliqué M. Lafrenière. « Suite à une demande de la Ville, il y a eu des vérifica- tions. Il y a des employés qui se sont vu inscrire un 15 mi- nutes d’absence. Bien entendu, les détails, comme ça fait par- tie des dossiers des employés, ça ne peut être [divulgué] publiquement. Mais, oui, il y a eu des conséquences. » Les images prises lors de cette manifestation ont été re- mises aux Affaires internes de la police, «afin de voir s’il y a lieu de donner des constats d’in- fraction», dit-il. Un processus qui se poursuit, mais qui n’au- rait mené à la transmission d’aucune contravention jusqu’à maintenant.

Double strandard

Interrogé à savoir si le rè- glement municipal P-6, adopté au plus fort du printemps étu- diant, en 2012, pouvait s’appli- quer à ce genre de manifesta- tion, le SPVM a répondu par la négative. Le règlement P-6 stipule qu’«une assemblée, un défilé ou un attroupement pour lequel le lieu ou l’itinéraire n’a pas été communiqué» est «tenu en vio- lation». Le SPVM a interpellé plusieurs centaines de per- sonnes lors de manifestations en vertu de ce règlement. Récemment, lors de la tradi- tionnelle manifestation du Collectif opposé à la brutalité policière, plus de 200 partici- pants ont reçu un constat d’infraction de 638 $. Les policiers n’en recevront vraisemblablement pas. «Il n’y a pas eu de mouvement, donc il ne devait pas y avoir d’itiné- raire [fourni], affirme M. La- frenière. S’il y avait eu des déplacements, des itinéraires

auraient dû être donnés en vertu de P-6. Si les gens avaient décidé de ne pas obtempérer aux instructions, là des accusations auraient pu être déposées.» L’avocat criminaliste Xavier Cormier, qui a commencé sa carrière comme procureur de la Couronne responsable des poursuites criminelles, voit les choses d’un autre œil. La pré- sente situation expose «un double standard», dit-il. Témoin de la scène à partir de son bureau de la rue Notre- Dame, l’avocat s’est dit choqué par l’ampleur qu’ont prise les protestations, ce jour-là. «Une telle manifestation, si elle avait été faite par un quel- conque autre groupe d’indivi- dus privés, aurait donné lieu à une intervention policière tout à fait autre, observe-t-il. On aurait dispersé rapidement les manifestations. L’intervention des forces de l’ordre a plutôt été absente ce jour-là.» M e Cormier rappelle que pour déposer des accusations à la suite d’un méfait, il est né- cessaire de pouvoir détermi- ner les actions commises par des individus en particulier plutôt que par un collectif d’in- dividus. «Le fait qu’il n’y ait pas eu d’accusations ne me choque pas. Puisqu’il n’y a pas vraiment eu d’intervention po- licière, il peut difficilement avoir des accusations.» L’avocat ne croit pas aux ar- guments du SPVM, selon les- quels l’absence de déplace- ment ne permettait pas l’appli- cation du règlement P-6. En réalité, de nombreux véhi- cules de police et de pompier avaient été mobilisés au cours de la manifestation, note-t-il.

Le Devoir

Viaduc de la Concorde à Laval:

huit ans plus tard, pas de coupables

DAPHNÉE HACKER-B.

H uit ans après l’effondrement du viaduc de la Concorde à Laval, qui avait causé la

mort de cinq personnes, aucun responsable ne sera finalement identifié. Tout récemment, l’Ordre des ingénieurs du Québec (OIQ) a dé- cidé de fermer 11 de ses 12 dossiers d’enquête. Une seule plainte sera portée contre l’ingé- nieur Tiona Sanogo, mais il s’agit selon le syndic de l’Ordre d’un blâme mineur lié à une mauvaise collaboration «dans le déroulement de l’enquête». «Ça n’a rien à voir avec l’effondre- ment du viaduc», confirme le syndic Chantal Michaud. Tel que l’a révélé Radio-Canada mer- credi, l’OIQ a éprouvé beaucoup de difficultés à mener les enquêtes pour trouver les respon- sables de la mauvaise conception et réfection du viaduc de la Concorde. Au bout du compte, personne ne sera montré du doigt.

Trop loin dans le passé

Selon M. Michaud, l’absence de coupables s’explique par la longue période de temps qui s’est écoulée entre le drame et la création du viaduc, au début des années 1960. «Faire la preuve avec des documents qui n’existent plus, avec des témoins décédés ou trop vieux… Ça a été impossible de construire une preuve hors de tout doute», explique M. Mi- chaud, en entrevue au Devoir. La complexité du processus a mis l’Ordre devant une situation «extraordinaire», un réel «casse-tête», renché- rit-il. En outre, le syndic devait juger les ingé- nieurs selon les normes en vigueur à l’époque de la construction de l’ouvrage, qui sont bien différentes de celles d’aujourd’hui.

Améliorer les normes

Admettant que « huit ans [pour mener une enquête] c’est long », M. Michaud, en poste depuis moins de deux ans, dit ne pas vouloir porter de jugement sur le travail de ses prédé- cesseurs. Il affirme toutefois avoir été man- daté par l’OIQ pour accélérer le traitement des dossiers et assurer de fait une « meilleure protection du public ». Le syndic de l’Ordre estime que la tragédie du Concorde a permis d’améliorer le processus d’enquête, en plus d’instaurer de nouvelles normes de construction et de matériaux pour les viaducs partout dans la province. M. Michaud in- dique que le syndic est sur le point de terminer les enquêtes sur trois ingénieurs visés par des plaintes dans le dossier de la poutre tombée dans le tunnel Ville-Marie, il y a de cela trois ans.

Le Devoir

le tunnel Ville-Marie, il y a de cela trois ans. Le Devoir PEDRO RUIZ LE DEVOIR

PEDRO RUIZ LE DEVOIR

L’éléphant blanc est là, inchangé ou presque depuis 2006, à l’exception de l’ouverture, au rez-de-chaussée, de la nouvelle gare d’autocars.

MONTRÉAL

La construction reprend à l’îlot Voyageur

PHILIPPE ORFALI

L’ interminable construction de l’îlot Voya- geur reprendra au cours des prochaines

semaines, a confirmé mercredi le propriétaire du squelette de béton, un peu moins de 10 ans après l’interruption des travaux dans la foulée du scandale immobilier de l’Université du Québec à Montréal. En 2010, le gouvernement du Québec rachetait l’îlot Voyageur et l’ancienne gare d’autocars située juste à côté pour mettre fin au fiasco financier causé par ce projet immobilier. L’UQAM, concep- trice du projet, avait subi des pertes de 200 mil- lions de dollars. Pour éviter des démêlés judi- ciaires additionnels, le gouvernement avait dé- boursé 25,5 millions de dollars pour reprendre les activités de la gare d’autocars, dont le déménage- ment était prévu dans les locaux de l’îlot Voyageur. L’éléphant blanc est là, inchangé ou presque

depuis 2006, à l’exception de l’ouverture, au rez- de-chaussée, de la nouvelle gare d’autocars. Mais tout cela est sur le point de changer, assure le vice-président aux opérations du Groupe Aqui- lini, Jocelyn Lafond, dont l’entreprise a racheté

l’îlot l’an dernier, au coût de 45,5 millions. «On va commencer dès la fin des vacances de la construction. C’est un peu plus compliqué maintenant que la gare est en service. C’est plus compliqué pour tout le monde», observe-t-il. Le projet prévoit désormais la construction de 626 unités de logement locatif dans ce qui devait, à l’origine, devenir un édifice multi- usage comprenant espaces de bureaux, rési- dences étudiantes et salles de classe. Deux étages s’ajouteront aux huit qui existent déjà. Les travaux devraient être réalisés d’ici 18 mois si tout se déroule comme prévu, croit le promo- teur, qui compte investir 150 millions sur le site.

Québec prend son temps

La partie sud, elle, appartient toujours à la province. Le gouvernement Marois avait an- noncé en grande pompe, en novembre dernier, son intention de démolir l’ancienne gare pour y construire un nouvel édifice pour Revenu Québec, ce qui aurait permis de réinstaller 2500 des employés de l’agence d’ici à 2019. Le projet était estimé à 246 millions. Ce concept est toujours celui à l’étude,

assure Marc Roy, porte-parole de la Société québécoise des infrastructures, administratrice du terrain. «On est actuellement dans la prépa- ration du dossier d’affaires. Le tout sera soumis au gouvernement d’ici la fin de l’année», dit-il. Avec la construction d’un nouvel immeuble, Québec estime qu’il sera en mesure d’écono- miser 40 millions sur 30 ans. Le nombre de bureaux de Revenu Québec à Montréal sera réduit de moitié, passant de douze à six sites. M. Lafond aurait préféré que les deux chan- tiers puissent être entrepris simultanément par Aquilini et la firme choisie par le gouvernement du Québec pour la construction du nouvel édifice. Mais cela semble irréaliste, dit-il. «Le gouvernement ne travaille pas avec le même échéancier que nous. On aimerait qu’ils aillent au même rythme que nous, mais ça ne nous semble pas faisable.» Un jour, prochainement, l’îlot Voyageur sera achevé, promet M. Lafond. «On a hâte. On a bien hâte de commencer à faire du bruit et de construire cet édifice-là», dit-il, enthousiaste.

Le Devoir

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DEVOIR,

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JEUDI

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JUILLET

2014

ACTUALITÉS

A 4 LE DEVOIR, LE JEUDI 24 JUILLET 2014 ACTUALITÉS ASTRONOMIE Hubble explore la lointaine périphérie

ASTRONOMIE

Hubble explore la lointaine périphérie de la galaxie Centaurus A

P aris — Le télescope spatial Hubble a pu observer la

lointaine périphérie de la ga- laxie elliptique Centaurus A, révélant un halo d’étoiles bien plus étendu qu’on le pensait. « C’est la partie la plus éloignée d’une galaxie elliptique jamais explorée», souligne le Centre d’information Hubble dans un communiqué. Les astronomes ont exploré une région d’environ 450 000 années-lumière de long sur 295 000 années-lu- mière de large, selon une étude publiée mardi en ligne dans la revue Astrophysical Journal. À titre de comparai- son, le diamètre de notre ga- laxie, la Voie lactée, est d’envi- ron 120 000 années-lumière. « Même à ces distances extrêmes, nous n’avons pas encore atteint la limite du halo de Centaurus A, ni détecté la génération d’étoiles la plus ancienne», a cependant relevé Laura Greggio, de l’Institut italien d’astrophysique, une des astronomes.

Des é to iles r iches en é léments lourds

Également appelée NGC 5128, la galaxie Centaurus A est située à environ 12 millions d’années-lumière de la Terre, dans la constellation du Cen- taure. C’est la galaxie ellip- tique géante la plus proche de la Voie lactée. «Nous avons trouvé davan- tage d’étoiles disséminées dans une direction, ce qui donne au halo une forme inégale que nous n’avions pas prévue», a déclaré de son côté Marina Rejkuba, de l’Observatoire eu- ropéen austral, principale au- teure de l’étude. Outre leur distribution inattendue, les étoiles ont aussi révélé des propriétés surprenantes, apparaissant riches en éléments plus lourds que l’hydrogène et l’hélium. Les étoiles des ha- los de la Voie lactée et d’au- tres galaxies spirales voi- sines sont généralement pau- vres en éléments lourds. « Ce type d’observations est fondamentalement impor- tant pour comprendre les galaxies dans l’Univers qui nous entoure », a estimé Marina Rejkuba. Développé par la NASA et l’Agence spatiale européenne (ESA), le télescope spatial Hubble a été lancé en 1990. Son successeur, James Webb, le plus puissant observatoire jamais déployé dans l’espace, devrait en principe être lancé en 2018.

Agence France-Presse

en principe être lancé en 2018. Agence France-Presse AGENCE FRANCE-PRESSE L’av i on de la co

AGENCE FRANCE-PRESSE

L’av i on de la co mpagn i e taïwana i se TransAs i a A i rways, avec 5 8 personnes à bord, s’est é cras é à prox imi t é de l’a é roport de Magong, sur l’île de Penghu, à sa deux i è me tentat i ve d’atterr i ssage .

Un avion s’écrase à Taïwan

T aipei — Au moins 42 personnes ont péri dans un accident d’avion mercredi à

Taïwan, ont annoncé les autorités, alors que des témoins et les chaînes de télévision locales

rapportaient qu’il s’était écrasé après une tenta- tive ratée d’atterrissage en raison probable- ment du mauvais temps. Un premier bilan avait été établi, selon les sources, à 45 ou 46 morts.

Paris, le ministère français des Affaires

étrangères a annoncé mercredi soir que deux Françaises avaient péri dans l’accident. Le mi- nistre taïwanais des Transports, Ye Kuang- shih, avait fait état auparavant de la présence de deux ressortissants français à bord de l’avion et en avait informé la représentation française. L’avion — un ATR 72-500 à turbopropulseur — de la compagnie taïwanaise TransAsia Airways, avec 58 personnes à bord — 54 passa- gers et quatre membres d’équipage —, s’est écrasé à proximité de l’aéroport de Magong, sur l’île de Penghu, à sa deuxième tentative d’atterrissage, selon les autorités. «Nous avons trouvé 42 corps et des parties d’autres corps», a indiqué à l’AFP un responsa- ble du service des pompiers de Penghu. Les images des télévisions montraient des

À

pompiers et des soldats s’affairant sur le site de l’accident. «Il y avait 58 personnes à bord, dont quatre membres d’équipage, et jusqu’à maintenant, compte tenu des informations dont nous dispo- sons, 12 ont été blessées et sont hospitalisées alors que 46 sont portées disparues», avait déclaré plus tôt à la presse le ministre taïwanais des Transports, Yeh Kuang-shih. «La tour de contrôle a perdu le contact avec l’appareil peu de temps après qu’il a demandé un “go-around” [une deuxième tentative d’atterris- sage] », selon le responsable de l’aviation civile de Taïwan Shen Chi. Le vol GE22, qui avait décollé de la ville de Kaohsiung (sud-ouest) et se dirigeait vers des îles au large de la côte ouest, avait été retardé en raison du mauvais temps, selon M. Shen. L’île de Taïwan a été frappée mercredi par le typhon Matmo, accompagné de vents violents et de fortes pluies qui ont fait au moins neuf blessés. TransAsia, première compagnie aérienne privée de Taïwan, assure des liaisons avec la Chine, le Japon, Singapour, la Corée du Sud et le Vietnam.

Agence France-Presse

Le Concordia en route vers Gênes

ELLA IDE

à l’île de Giglio

D ix-huit personnes s’apprê- taient mercredi à passer

leur première nuit à bord du Concordia, seuls passagers sur le paquebot de croisière, qui a repris une dernière fois la mer avant d’être démantelé, deux ans et demi après son naufrage. À bord de l’épave, une

équipe de « salvage masters », d’architectes navals et de tech- niciens, venus des cinq conti- nents, ont repris possession des coursives où se bouscu- laient il y a encore 30 mois plus de 4000 passagers et membres d’équipage.

leur tête : le spécialiste

mondial du renflouement de navires, le Sud-Africain Nick Sloane, pour qui le sauvetage du Concordia, «son plus grand défi», est en passe de devenir

À

son plus grand succès en 20 ans de carrière. Ces dix-sept hommes et une femme, âgés de 30 à 66 ans, sont les derniers occupants du géant des mers, deux fois grand comme le Titanic. «Il est difficile de ne pas être ému», a reconnu à la mi-journée Franco Porcellacchia, ingénieur de Costa Croisières, l’armateur du navire et un des acteurs de ce projet titanesque de sauve- tage, encore jamais réalisé sur un bateau de cette taille. Près de 500 ingénieurs et ouvriers, de toutes les nationa- lités, ont travaillé pendant deux ans et demi sur l’île de Giglio. Les habitants de l’île,

médusés, ont vu le navire grandir peu à peu jusqu’à re- trouver le paquebot dans toute sa hauteur, la coque par en- droits rongée par les algues après 30 mois d’immersion.

Le départ du Concordia, très attendu par les quelque 1500 habitants de ce paradis touristique, a été salué par des sirènes de bateaux et les cloches des églises. Après avoir quitté le Giglio vers 11h, le Concordia, à une vi-

tesse moyenne de 2,5 nœuds, se trouvait vers 18h30 au sud- est de l’île d’Elbe, à quatre jours de Gênes, sa destination finale. «Nous espérons qu’avec le dé- part de ce bateau, toutes les choses que nous avons en nous partiront également», a confié à l’Agence France-Presse Anne Decré, du collectif français des survivants du Concordia. La catastrophe avait fait

32 morts et des dizaines de bles-

sés parmi les plus de 4200 passa-

gers et membres d’équipage de

70 nationalités à bord.

Agence France-Presse

SIDA

L’Afrique du Sud veut dépister toute la population et généraliser les ARV

L e Cap — Le gouvernement sud-africain entend généra-

liser les tests du sida à toute la

population et mettre rapide- ment tous les séropositifs sous traitement, a annoncé mer- credi le ministre de la Santé, Aaron Motsoaledi. «Nous avons fait d’énormes progrès […]. Mais il reste en- core beaucoup à faire, alors que l’Afrique du Sud compte 6,4 mil-

lions de séropositifs — un triste record mondial», a relevé le mi- nistre, qui présentait son bud- get devant le Parlement. Revenant de la conférence internationale sur le sida de Melbourne, M. Motsoaledi en

a rappelé les objectifs: que

90 % des gens connaissent leur statut en 2030, que 90 % des sé- ropositifs soient sous traite- ment et que 90 % des per- sonnes sous traitement n’aient plus de charge virale. «Nous avons 15 ans pour at- teindre ces objectifs», a souli- gné le ministre. «Comme ailleurs dans le monde, il y a des fuites dans la cascade du VIH/sida. Cela doit être corrigé afin de s’assurer que ceux qui sont une priorité pour le HCT [conseil et dépis- tage du VIH] sont vraiment tes- tés et que ceux qui sont admissi- bles pour le traitement com- mencent le traitement et le poursuivent», a-t-il noté. «Notre prochaine étape est d’augmenter la couverture, de la manière proposée par l’ap- proche des 90%. Cela veut dire tester la majorité, sinon la tota- lité de la population chaque an- née, mettre tous les séropositifs

en traitement quel que soit leur taux de CD4 et suivre tous ceux qui sont en traitement.» « Pour résumer, cela signifie des tests de masse dans tous les contextes possibles: écoles, uni- versités, lieux de travail, églises et les centres communau- taires», a souligné le ministre de la Santé sud-africain.

Le plus grand progra mme au monde

La distribution d’antirétrovi- raux (ARV) sera étendue à par- tir du 1 er janvier 2015 à des ma- lades dont le taux de lympho- cytes CD4 passerait sous les 500 cellules par microlitre,

contre 350 actuellement, a pa- rallèlement annoncé le ministre. Toutes les femmes enceintes séropositives recevront des an- tirétroviraux (ARV) quelle que soit leur charge virale, et le trai- tement ne s’arrêtera plus comme maintenant à la fin de l’allaitement, a-t-il ajouté. Après avoir longtemps refusé de fournir des médicaments, le gouvernement sud-africain a dé- ployé le plus grand programme de distribution d’ARV au monde, qui concerne actuelle- ment 2,5 millions de personnes. Un programme de préven- tion du sida de la mère à l’en- fant a parallèlement permis de faire radicalement baisser le taux d’infection chez les bébés. Mais cette avancée s’est ac- compagnée d’un relâchement des comportements de préven- tion, et le nombre des nouvelles infections augmente toujours.

Agence France-Presse

ÉTATS-UNIS

Un condamné à mort agonise pendant deux heures

Un condamné à mort a suc- combé au terme d’une agonie sans précédent, mercredi dans l’Arizona, alors que grondait déjà une violente polémique

aux États-Unis sur l’avenir de l’injection létale comme mé- thode d’exécution. Joseph Wood, 55 ans, condamné pour

le double meurtre de son an-

cienne petite amie et du père de celle-ci en 1989, a été dé- claré mort près de deux heures après le début de l’injection, au lieu d’une dizaine de minutes habituellement. Il a «haleté»,

«grogné», «suffoqué et cherché sa respiration pendant environ une heure et quarante minutes»,

a dénoncé son avocat Dale Baich, qui est même allé jusqu’à déposer une motion en urgence devant la Cour su- prême pour qu’elle arrête l’exé- cution, alors que le prisonnier était encore en vie plus d’une heure après l’injection. «Les Américains en ont marre de cette barbarie», a tonné Diann Rust-Tierney, de la Coalition nationale pour abolir la peine de mort. «Nous sommes tout simplement incapables de mettre en œuvre la peine capitale de manière humaine», a-t-elle dit. L’experte de la Fordham Uni- versity Deborah Denno, spécia- liste de l’injection létale, a parlé

d’une exécution «inacceptable», «choquante» car elle était «en- tièrement prévisible et évitable». La gouverneure de l’Arizona, Jan Brewer, a de son côté défendu la légalité de l’exécution tout en se décla- rant inquiète de sa durée et a ordonné une enquête. Agence France-Presse

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LE DEVOIR, LE JEUDI 24 JUILLET 2014 A 5 LE MONDE UKRAINE Un chef séparatiste reconnaît

UKRAINE

Un chef séparatiste reconnaît que les rebelles avaient des missiles Buk

P our la première fois depuis l’écrasement du Boeing 777 de Malaysia Airlines, jeudi, l’un

des chefs militaires des séparatistes prorusses de l’est de l’Ukraine a esquissé une potentielle responsabilité de ses troupes dans le tir du mis- sile sol-air qui a atteint le vol MH 7. Le commandant du « bataillon Vostok », Alexandre Khodakovski, a reconnu mercredi lors d’un entretien avec l’agence de presse Reu- ters, que les rebelles possédaient des missiles antiaériens Buk de fabrication russe, du type de celui qui est soupçonné d’avoir détruit l’avion en plein vol, causant la mort de 298 personnes. Le chef séparatiste n’exclut pas que le missile qui aurait atteint l’avion de ligne soit venu de Rus- sie et que la batterie de missiles qui aurait permis de le tirer ait été renvoyée en Russie après le drame, pour escamoter les preuves. Il a précisé que les séparatistes avaient pris ces derniers mois des missiles de ce type aux forces gouver- nementales, mais qu’aucun n’était opérationnel. «Je ne dis pas que la Russie a donné [aux re-

belles] un tel missile, mais si on m’en avait pro- posé un, j’aurais accepté. Mais je ne l’aurais pas utilisé contre une cible inoffensive, je l’au-

rais tiré uniquement pour protéger des vies en cas d’attaque aérienne.» Alexandre Khodakovski se dé- marque ainsi clairement de la ligne des insurgés prorusses, qui affir- maient jusque-là ne jamais avoir dé- tenu de tels missiles sol-air. Le leader contredit ainsi les affirmations des di- rigeants de la « République populaire de Donetsk », notamment celles d’Igor Strelkov, le « ministre de la dé- fense » de la « République » autopro- clamée, à qui il dispute depuis le dé- but du conflit dans l’est de l’Ukraine le leadership militaire du mouvement

séparatiste. Malgré ces aveux à mots couverts, Alexan- dre Khodakovski a cependant une nouvelle fois souligné la responsabilité de Kiev dans l’at-

taque. Selon lui, les forces gouvernementales ukrainiennes, en multipliant sciemment les opérations aériennes jeudi dernier

dans ce secteur, ont tout fait pour que la défense antiaérienne des insurgés entre en action. «L’Ukraine a été informée que les vo- lontaires possédaient cette technologie grâce à la Russie. Non seulement les Ukrainiens n’ont rien fait pour assurer la sécurité dans la zone, mais ils ont provoqué l’utilisation de ce type d’armes contre un avion civil qui la survolait, a dit Khodakovski. Ce jour-là, ils multi- pliaient les vols et, juste au moment du tir, au moment où l’avion civil passait au-dessus, ils ont lancé des attaques aé-

riennes. S’il y avait bien un Buk, et si ce Buk a été utilisé, l’Ukraine a tout fait

pour qu’un appareil civil soit descendu.»

« L’Ukraine a été informée que les volontaires possédaient cette technologie grâce à la Russie »

Le Monde

AFRIQUE

Quatre pays créent une force armée pour lutter contre Boko Haram

Q uatre États riverains du lac Tchad vont mettre sur pied «une force armée multina-

tionale» pour lutter contre la menace «de plus en plus grande» du groupe islamiste armé nigé- rian Boko Haram, a annoncé mercredi une source officielle. Le Niger, le Nigeria, le Tchad et le Cameroun se sont engagés à fournir 700 soldats pour cette force. Cinq chefs d’État africains (Nigeria, Niger, Cameroun, Tchad et Bénin) avaient adopté mi- mai à Paris, avec le soutien des Occidentaux, un plan de guerre contre ce groupe islamiste armé, qui prévoit notamment «une présence mi- litaire autour du lac Tchad et une capacité d’in- tervention en cas de danger». «Nous sommes en train de monter en puis- sance : chacun des pays membres de la CBLT [Commission du bassin du lac Tchad] a pris l’engagement de déployer un contingent de 700 hommes au sein de cette force multinationale», a annoncé à la télévision nigérienne Mebe N’go’o Edgard Alain, chargé à la Défense à la prési- dence du Cameroun, qui s’exprimait après un entretien entre le président du Niger, Mahama- dou Issoufou, et les chefs des armées et des renseignements des États de la CBLT, réunis depuis mardi à Niamey.

Des contours encore flous

La CBLT comprend cinq pays : le Niger, le Nigeria, le Tchad, le Cameroun et la Centra- frique. Mais selon une source au ministère ni- gérien de la Défense, la Centrafrique, plongée dans le chaos et les violences intercommunau- taires, n’est pas représentée à la rencontre de Niamey et ne fournira pas de troupes. Les contours de la force multinationale n’ont pas encore été définis. «Le contingent sera coiffé par un état-major qui va continuer d’éradiquer l’insécurité», a affirmé M. Mebe. La rencontre était axée sur les mesures concrètes à prendre dans la lutte contre le ter- rorisme dans ces États. Le Bénin, qui n’est pas membre de la CBLT mais voisin du Nigeria, participait également. À l’ouverture de la réunion, le ministre nigé- rien de la Défense, Karidjo Mahamadou, a pointé la «situation sécuritaire sans précédent» qui est «née principalement de la menace terro- riste de l’organisation Boko Haram». « Cette menace se fait de plus en plus grande » et « si cette tendance continue, toute la zone pourrait être déstabilisée aussi bien sur le plan social que politique et économique », a-t-il prévenu. Le Cameroun a longtemps été critiqué par ses voisins pour sa passivité dans la lutte contre Boko Haram sur son propre territoire — le Ni- geria, premier concerné, coopérant déjà avec le Niger et le Tchad —, avant de se décider à dé- ployer des troupes d’élite dans la zone fronta- lière du Nord.

Agence France-Presse

Une députée somalienne abattue

Une députée somalienne et chanteuse de re- nom, Sado Ali Warsame, a été abattue mercredi à Mogadiscio, ont indiqué un responsable de la police et des témoins. Des tireurs en voiture ont ouvert le feu sur le véhicule transportant Sado Ali Warsame dans un quartier du sud de la capitale, selon des témoins. Elle est le qua- trième parlementaire tué depuis le début de l’année en Somalie. Chassés de Mogadiscio en août 2011, mais toujours présents dans de larges zones rurales, les islamistes shebab avaient menacé en avril de tuer «un par un» tous les députés somaliens. Agence France-Presse

un» tous les députés somaliens. Agence France-Presse MAHMUD HAMS AGENCE FRANCE-PRESSE Un jeune Palestinien a dû

MAHMUD HAMS AGENCE FRANCE-PRESSE

Un jeune Palestinien a dû transporter son vélo pour se rendre chez lui mercredi à Gaza.

PROCHE-ORIENT

Des «progrès» en vue d’une trêve?

60 autres Palestiniens ont été tués mercredi

SHAUN TANDON

à Tel-Aviv

L e secrétaire d’État améri- cain, John Kerry, a fait état

mercredi en Israël de «pro- grès» dans les efforts en vue d’une trêve pour mettre fin au bain de sang à Gaza, au mo- ment où la suspension de vols vers Tel-Aviv se prolongeait de

crainte des tirs palestiniens et que l’opération de l’armée is- raélienne se poursuivait. Alors que les efforts améri- cains et du secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, s’in- tensifient pour faire cesser le conflit le plus meurtrier entre les deux camps depuis 2009, le Hamas a réitéré son exigence d’une levée du blocus israélien imposé à Gaza depuis huit avant toute trêve. Selon les services de se- cours palestiniens, plus de 60 personnes dont des enfants ont encore péri mercredi dans le pilonnage de Gaza, portant

à 695 le bilan des morts pales-

tiniens en 16 jours. Durant la même période, 34 Israéliens (32 soldats et deux civils) ont péri, de même qu’un travail- leur thaïlandais.

La navette diplomatique

«Nous avons fait des progrès ces dernières 24 heures» mais il reste du travail à accomplir, a dit M. Kerry qui a rencontré successivement M. Ban à Jé- rusalem, le président palesti- nien, Mahmoud Abbas, à Ra- mallah, et le premier ministre Benjamin Nétanyahou. M. Kerry a ensuite quitté Tel- Aviv pour retourner au Caire, alors que M. Nétanyahou a réuni son cabinet de sécurité, qui regroupe les principaux ministres. Pour aider dans les efforts diplomatiques, le chef de la diplomatie britannique, Philip Hammond, s’entrete- nait en soirée avec M. Abbas

à Ramallah.

Une enquête sur Israël

Le Conseil des droits de l’Homme de l’ONU a accru la pression mercredi sur Israël en décidant l’envoi d’urgence d’une commission chargée d’enquêter sur les violations qui auraient été commises dans le cadre de l’offensive is- raélienne à Gaza. L’ouverture de l’enquête fait suite à une résolution dépo- sée par la Palestine, et adop- tée mercredi par 29 voix

pour, 17, 1 voix contre (les États-Unis) et 17 absentions. Un peu plus tôt, la haut com- missaire de l’ONU aux droits de l’Homme, Navi Pillay, qui participait à la réunion d’ur- gence du Conseil sur l’offen- sive israélienne, avait appelé à une enquête sur de possibles « crimes de guerre» commis par Israël à Gaza, et avait dé- noncé aussi les attaques aveu- gles menées par le Hamas.

Si la communauté interna- tionale s’accorde pour dénon- cer les tirs de roquettes du Ha- mas, les critiques se multi- plient aussi contre Israël, le pi- lonnage de Gaza faisant essen- tiellement des victimes civiles dans une bande de terre de 362 km 2 où s’entassent dans la misère 1,8 million d’âmes sou-

mises à un blocus israélien de- puis 2006. Pour sa part, le chef en exil du Hamas, Khaled Mechaal, a ré- pété à Doha les conditions pour un cessez-le-feu. Le Hamas «n’a pas d’objection» aux médiations entreprises, dont celle de l’Égypte, mais à condition de parvenir à «l’arrêt de l’agression et à la levée du blocus».

Une réussite

Face à ce dialogue de sourds et malgré les efforts di- plomatiques intenses, aucun des protagonistes ne semble prêt à baisser les armes. L’armée israélienne s’est tar- guée de réussir son opération. «Ces dernières 24 heures, les choses sont davantage sous contrôle», a indiqué un porte- parole de l’armée, en souli- gnant que les tirs du Hamas vers Israël avaient diminué d’intensité mercredi. Selon lui, l’armée a mis au jour 28 tun-

nels dont la destruction est

l’un des objectifs stratégiques d’Israël qui accuse le Hamas de s’en servir pour lancer des

attaques. À Gaza, outre les combats au sol, les raids et les tirs de chars se poursuivaient avec leur lot quotidien de victimes et de destructions, selon les services de secours, même si les hostilités ont cessé un temps pour permettre l’éva- cuation de blessés. Cinq Palestiniens dont deux enfants ont encore été tués dans une localité proche de Khan Younès. Pour la deuxième nuit consécutive, un Palestinien a été tué en Cisjor- danie occupée où les manifes- tations de soutien à Gaza ga- gnent en ampleur depuis quelques jours, accompa- gnées de heurts violents. Des affrontements ont également lieu chaque nuit à Jérusalem- Est annexée, où 295 Palesti- niens ont été interpellés ces trois dernières semaines, et dans les villes arabes du nord d’Israël. Israël tentait en outre de réagir à l’annulation des vols en série sur l’aéroport Ben Gourion près de Tel-Aviv. Quelque 80 vols ont été annu- lés depuis mardi soir.

Agence France-Presse

REPÈRES

Les agents provocateurs

CLAUDE LÉVESQUE
CLAUDE
LÉVESQUE

E n moins d’une semaine, la police et la justice fédérales américaines ont fait l’objet de deux rapports accablants sur

leur travail en matière de lutte antiterroriste. Lundi, Human Rights Watch (HRW) nous a appris qu’une bonne partie des complots pré- tendument déjoués par le FBI étaient en fait des guets-apens montés par la police : des agents infiltrés ciblent des hommes musul- mans pas trop futés, de préférence atteints de psychoses, et les convainquent de participer à un attentat. Au besoin, on leur met sous le nez une liasse de beaux dollars. Comme on opère souvent dans des milieux défavorisés, ce genre d’argument peut porter. Si ça se passait dans un service de protection contre les incendies, on parlerait de «pompiers pyromanes». On sait que la police manipule les statistiques à sa guise : à la hausse pour récla- mer de plus gros budgets, à la baisse quand elle les a obtenus. Il faut montrer qu’on est effi- cace et une conférence de presse après un bon coup de filet ne nuit pas à cet égard. Il y a un peu de ça dans les abus que dénon- cent les juristes de HRW et ceux de la Colum- bia Law School avec lesquels ils ont travaillé, mais il y a aussi autre chose.

◆◆◆

D’abord, il y a le profilage racial et commu- nautaire. On cible des citoyens dont la famille est originaire de pays arabes ou d’autres contrées où l’islam est une religion importante. On dira sûrement : rien de plus normal puisque les terroristes du 11-Septembre étaient des arabo-musulmans. C’est oublier qu’aucun de ces pirates de l’air n’était américain et que la plupart des vrais complots déjoués aux États- Unis l’ont été grâce à des dénonciations faites par des membres de la communauté musul- mane. Les provocations policières dénoncées par Human Rights Watch risquent de briser le lien de confiance qui existe entre cette dernière et les institutions du pays. On peut également s’interroger sur la léga- lité du piégeage d’un citoyen par un agent pro- vocateur de la police. En gros, ce genre d’opé- ration est illégal si l’accusé n’avait aucune pré- disposition à commettre un crime, ou si les ac- tions des policiers auraient normalement poussé n’importe quel honnête citoyen à com- mettre un crime. La preuve est très difficile à faire, estime HRW. «On a dit aux Américains qu’ils sont en sécu- rité parce que leur gouvernement empêche des actes terroristes d’être commis sur le territoire et qu’il poursuit les coupables quand il en survient, note Andrea Prasow, directrice adjointe de Hu- man Rights Watch, dans un communiqué. En y regardant de plus près, vous réalisez que plu- sieurs de ces [accusés] n’auraient jamais com- mis un crime si les responsables de l’application de la loi ne les avaient pas encouragés, mis sous pression et parfois payés pour commettre des actes terroristes.»

◆◆◆

Dans la vidéo qui sert à présenter le rapport de HRW sur Internet, un juriste de la Columbia Law School fait remarquer que jamais une or- ganisation terroriste «sérieuse» comme al- Qaïda n’aurait recruté de tels incompétents. Selon HRW, près de 50 % des condamnations pour des faits de terrorisme prononcées par des tribunaux fédéraux depuis le 11-Septembre concernent des causes où la police disposait d’informateurs et les trois cinquièmes de ces derniers étaient également des provocateurs. Dans les procès, certains juges ont admis en preuve des confessions obtenues sous la contrainte en… Arabie saoudite ou des informa- tions secrètes dont la défense n’a pas pu prendre pleinement connaissance, dénonce encore HRW. De son côté, Amnistie internationale a criti- qué la tendance qu’ont les autorités péniten- tiaires américaines à maintenir en isolement de nombreux détenus, notamment des personnes condamnées pour des faits liés au terrorisme. Selon cette organisation de défense des droits de la personne, les prisons ou les ailes de prison dites «à sécurité super maximale» renfer- ment environ 25 000 prisonniers qui passent presque toute leur sentence au «trou». Dans la plupart des cas, ce confinement n’est pas im- posé en raison de leur comportement en prison mais à cause de la gravité des crimes pour les- quels ils ont été condamnés. Certains prisonniers sont détenus en isole- ment avant même d’avoir été condamnés. C’est le cas de plusieurs présumés membres d’al-Qaïda qui séjournent au Centre péniten- tiaire de New York, parfois surnommé « le pe- tit Guantánamo ».

Espagne: deux conservateurs emprisonnés

La justice a envoyé en prison mercredi deux poids lourds du parti conservateur au pouvoir dans le pays, l’ex-président des Baléares, Jaume Matas, et un ancien responsable provin- cial, Carlos Fabra, condamnés dans des af- faires de corruption et de fraude. Agence France-Presse

A

6

LE

DEVOIR,

LE

JEUDI

24

JUILLET

2014

EDITORIAL

A 6 LE DEVOIR, LE JEUDI 24 JUILLET 2014 EDITORIAL LES SANCTIONS DE L’EUROPE ET DE

LES SANCTIONS DE L’EUROPE ET DE LA RUSSIE

De la mollesse

L’Europe est fidèle à elle-même. Une fois encore, elle a mis en relief sa maîtrise de la feinte géopolitique. Plus précisé- ment, elle vient de se défausser. À preuve, la posture arrêtée dans le cadre du contentieux Ukraine-Russie.

I

l y a un mois de cela, peut-être moins, la cho- rale formée par les tenanciers des chancelle- ries européennes avait pris l’engagement, quasi solennel, de baliser les activités commer- ciales et financières de la Russie par des sanc- tions. La suite ? Elle fut inversement propor- tionnelle aux engagements annoncés avec

force, soit très maigre. Bien. Il y a six jours de cela, un gros-porteur de la Malaysian Airlines

été abattu par un missile de fabrication russe. Depuis lors, on observe un déroulement de faits, de gestes posés, empreints d’inhumanité. On pense évidemment au traitement réservé aux corps des victimes et donc à l’insensibi- lité affichée à l’endroit des familles de ces dernières. Il n’en fallait évidemment pas plus pour que Barack Obama tape sur la table et annonce dans la foulée des sanctions. Les Eu- ropéens? Ils ont composé un autre conte philosophique à l’aune

du mi-figue, mi-raisin. Au ras des pâquerettes, cela a produit ceci:

sanctions il y aura, mais on ne sait pas quand (sic). Pour dire les choses comme elles sont, la logique des intérêts nationaux a eu le dessus sur l’intérêt de l’Europe. Autrement dit, au lieu de prendre de la hauteur, les chefs d’État ont opté pour le plus petit, pour ne pas dire le plus bas, dénominateur commun. Deux exemples illustrent ce qui précède. Le plus spectaculaire, le plus lourd de consé- quences est français: le président François Hollande a refusé la mise entre parenthèses de

a

Hollande a refusé la mise entre parenthèses de a S ERGE la livraison d’un navire de

SERGE

la

livraison d’un navire de guerre de type Mis-

TRUFFAUT

tral. En raison de sa polyvalence et donc de ses

prouesses technologiques, on dit de celui-ci, dans le monde, qu’il est un couteau suisse. On soulignera sur- tout que les négociations consacrées à la vente de ce porte-héli- coptères ont commencé en 2008 après que Poutine eut… envahi la Géorgie. On soulignera également que, dès le début, l’état- major français ainsi que l’OTAN se sont opposés au projet en évoquant notamment le transfert de hautes technologies. Le deuxième exemple ? Le premier ministre britannique, David Ca- meron, a critiqué la position de Hollande tout en prenant soin de ménager les énormes actifs financiers que les oligarques russes proches de Poutine ont «planqués» dans les coffres de la City. L’attitude des Européens est d’autant plus décevante, du moins pour l’instant, que, contrairement à ce que l’on affirme ici et là, ils pourraient faire entendre raison à un Poutine qui a am- puté, il faut le souligner, l’intégrité territoriale de pratiquement tous les États voisins. Ils pourraient l’affronter sur le front du… pétrole ! Car contrairement (bis) à ce qui se dit et se répète, Pou- tine ne peut absolument pas fermer les robinets des hydrocar- bures à destination de l’Europe. Dans son cas, le pétrole n’est pas seulement le sang de l’éco- nomie, pour reprendre le meilleur qualificatif qui soit, il est sa banque, sa principale source de liquidités. Qu’on y songe : les exportations de ces matières premières égalent 70 % (!) des ex- portations totales de la Russie. Pire, pour Poutine, pour la Rus- sie, les 515 milliards liés à ce volume d’exportations représen- tent 52 % du budget fédéral. Ce n’est pas tout. Contrairement (re-bis) à ce qu’on prétend ici et là, la Russie n’est pas totalement propriétaire de ces richesses qui se transi- gent, c’est à retenir, en… dollars! Toujours est-il que, si l’État dé- tient les réserves de pétrole et de gaz, il est très dépendant des entreprises étrangères pour tout ce qui a trait aux technologies nécessaires à leur extraction et à leur transformation. En clair, l’Europe a raté une occasion de mettre en lumière les vertus de la qualité démocratique.

PROTECTION DES EAUX

Ni vide ni plein

P

uisqu’il est question d’eau, autant recourir à l’impara- ble verre : le Règlement sur le prélèvement des eaux et leur protection présenté mercredi par le gouverne- ment libéral est soit à moitié vide, soit à moitié plein. Mais il n’étanchera pas la soif d’une solution vraiment

axée sur le développement durable. Le verre est à moitié plein parce qu’un règlement vient au

moins d’être adopté. Laissé seul devant les velléités d’explora- tion des pétrolières et des gazières,
moins d’être adopté. Laissé seul devant les velléités d’explora-
tion des pétrolières et des gazières, le milieu municipal récla-
mait depuis des années que Québec édicte des règles pour pro-
téger les sources d’eau potable. Par précaution, quelque 70 mu-
nicipalités avaient adopté leur propre réglementation, mais à la
première contestation judiciaire (qui a opposé
Pétrolia à Gaspé), un juge a indiqué que la Loi
sur les mines prévalait sur les dispositions mu-
nicipales. Il fallait agir, et tant sous les libéraux
que les péquistes, Québec avait trop tardé.
Le verre est encore à moitié plein parce qu’il
laisse une marge de manœuvre aux villes pour
protéger leurs eaux souterraines. Un site de
JOSÉE
BOILEAU
forage devra être distant d’au moins 500 mè-
tres de celles-ci, mais cette zone tampon
pourra atteindre deux kilomètres si une étude
hydrogéologique en démontre la nécessité. Pour mener ladite
étude, le gouvernement offre du soutien technique et financier
aux municipalités. Bravo… si l’argent suit, comme le dit la Fédé-
ration québécoise des municipalités. Une méfiance justifiée en
ces temps d’économies tous azimuts!
Le contenu du verre, c’est encore cette obligation faite aux
compagnies de dresser la liste, jusqu’ici secrète, des liquides uti-
lisés pour forer, et de s’engager à vérifier la qualité des eaux
pendant 10 ans après la fermeture définitive de leurs puits.
Mais le verre ne déborde pas non plus! Le maire de Risti-
gouche-Partie-Sud-Est, lui, ne le voit encore moins qu’à moitié
vide. Le nouveau règlement ne change en rien la poursuite de
1,5 million que Gastem a intentée contre le village, dont le bud-
get annuel s’élève à 275 000 $, même si l’entreprise y a aban-
donné ses travaux. L’abus est flagrant. Il restera unique puisque
le règlement québécois remplacera désormais ces règles adop-
tées de ville en village. Mais qu’on écrase ainsi une communauté
qui, face au vide juridique, a voulu préserver sa qualité de vie,
que Québec ne trouve rien à y faire, n’a aucun sens.
Et justement, le verre est à moitié vide parce qu’il y a un
grand absent de toute cette quincaillerie juridique : l’acceptation
sociale. Les maux de l’exploration et de l’exploitation ne tou-
chent pas que l’eau. Leurs impacts environnementaux à long
terme sont inconnus. Quant à la quiétude des habitants, elle
n’entre jamais dans aucun verre, qu’il soit vide ou plein.
jamais dans aucun verre, qu’il soit vide ou plein. FONDÉ PAR HENRI BOURASSA LE 10 JANVIER

FONDÉ PAR HENRI BOURASSA LE 10 JANVIER 1910 › FAIS CE QUE DOIS !

Directeur BERNARD DESCÔTEAUX Rédactrice en chef JOSÉE BOILEAU Vice-présidente, développement CHRISTIANNE BENJAMIN Vice-présidente, ventes publicitaires LISE MILLETTE Directeur des finances STÉPHANE ROGER Directrice de l’information MARIE-ANDRÉE CHOUINARD Adjoints PAUL CAUCHON, LOUIS LAPIERRE, JEAN-FRANÇOIS NADEAU, DOMINIQUE RENY, LOUISE-MAUDE RIOUX SOUCY Directeur artistique CHRISTIAN TIFFET Directeur de la production CHRISTIAN GOULET

TIFFET Directeur de la production CHRISTIAN GOULET LETTRES À la défense de notre langue Le combat

LETTRES

À la défense de notre langue

Le combat pour la défense et la protec- tion du français au Québec fait partie des us et coutumes des Québécois depuis des décennies. Toutefois, depuis quelque temps, on assiste à un mouvement per- vers qui s’infiltre pernicieusement dans les conversations, à savoir l’émergence du franglais. Il devient de plus en plus «in» de créer des mariages de mots for- més de mots anglais et français. Et, pendant ce temps, les anglicismes envahissent les médias sociaux à un rythme tel qu’il devient presque impossi- ble de décrypter les messages des utilisa- teurs. Et là où le bât blesse dangereuse- ment, c’est que les détracteurs de ces créations insensées et de ces emprunts abusifs sont perçus comme des dino- saures d’une époque révolue. La langue française, contre vents et marées, a réussi à survivre au Québec, noyée dans un continent à très grande majorité anglophone, grâce aux combats de nos ancêtres… Peut-être faudrait-il se le remémorer avant de disparaître dans le brouillard de modes passagères et perverses ! Henri Marineau Québec, le 23 juillet 2014

Deux poids, deux mesures

Je ne suis pas antisémite. Cela ne si- gnifie pas d’abdiquer mon esprit critique devant les atrocités que subissent les Palestiniens de Gaza. Nombreux sont les juifs qui condamnent les bombarde- ments intensifs d’Israël sur le territoire palestinien. La démesure des moyens militaires engagés par l’État d’Israël occasionne de grandes souffrances et la mort de nom- breux civils, dont des enfants. Aucune raison ne peut légitimer un tel état de fait. Il est évident que la politique étrangère d’Israël vis-à-vis de la Pales- tine en est une de colonisation et de do- mination. Revendiquant son droit à l’existence et de vivre en paix, ce qui est tout à fait légitime, l’État hébreu ne re- connaît pourtant pas le même droit à la Palestine. De telles pratiques guerrières de la part de pays comme l’Iran et la Corée du Nord, par exemple, seraient, à juste ti- tre, unanimement condamnées par les pays occidentaux. Deux poids, deux me- sures. En ne condamnant pas la violence politique et militaire israélienne, l’Occi- dent se fait le complice des atrocités vé- cues en territoire palestinien. Les faits parlent d’eux-mêmes, Israël sabote toutes les tentatives pour en arriver à

une paix durable au Proche-Orient, car pour cela, elle devrait reconnaître l’État palestinien. L’attitude israélienne face à la Palestine contribue à nourrir la haine envers l’État hébreu. La violence attise et engendre la vio- lence. C’est là une logique bien connue. Cela n’empêche pourtant pas Israël de faire abondamment pleuvoir ogives et obus sur Gaza. La paix commence par le dialogue et le désarmement, et non par des bombar- dements intensifs. Mais avant tout, la paix commence par le désarmement in- térieur de chaque être humain. Il est temps de changer de paradigme. Le pa- radigme guerrier et dominateur conduit toujours et inévitablement à des souf- frances et à la mort. Par-dessus tout, la barbarie guerrière conduit toujours à la perte d’une chose que nous avons tous et toutes en commun, notre humanité. C’est pourquoi il est plus que temps que les pays occidentaux fassent savoir, par des mesures concrètes, à Israël que la colonisation des territoires palesti- niens suffit une fois pour toutes et que la reconnaissance de la Palestine en tant qu’État à part entière est une nécessité. Les frères ennemis devront apprendre à vivre côte à côte et à collaborer. Nelson Tardif Le 23 juillet 2014

LIBRE

OPINION

Débat sur les « trans » : ne tirez pas sur vos alliés !

LAURENT MCCUTCHEON

Ex-président de Gai Écoute et fondateur de la Fondation Émergence

L orsque Le Devoir publie un texte sous notre signature, il est normal que

d’autres puissent faire connaître leur dés- accord. M’étant exprimé sur la question transidentitaire, je m’attendais à des ré- pliques venant de la droite conservatrice et du monde religieux. Mais non, alors que mon texte est très favorable à la ques- tion, voilà que Gabrielle Bouchard, qui se présente comme porte-parole des droits des trans, me prête des intentions mal- veillantes et me reproche d’avoir omis de traiter certaines difficultés vécues par ces personnes. De mon texte publié le 10 juillet, Le De- voir a retenu que le déclencheur de la charge de Gabrielle Bouchard était ceci :

«Il est permis d’imaginer que dans un ave- nir prochain, la transidentité ne sera plus marginale et que les garçons et les filles pourront s’épanouir en vivant l’identité pour laquelle ils éprouvent un confort, une voie de réalisation et un bien-être. Aussi, les parents cesseront d’assigner une identité à leurs enfants, de leur imposer des stéréo- types masculins et féminins. Ce sera alors la prochaine révolution sexuelle, celle de la transidentité.» Je collabore avec l’ATQ, Aide aux trans du Québec. Je connais plusieurs de ses membres pour qui j’ai beaucoup de consi-

dération. Je ne connais pas Gabrielle Bou- chard. Je ne m’attarderai pas aujourd’hui au caractère diffamatoire et mensonger de ses propos. Ma vision de la transidentité s’inscrit dans la perspective où, au cours des 40 dernières années, la société s’est montrée ouverte et accueillante à la diversité sexuelle et que la question trans devrait à son tour connaître des avancées sur le plan juridique et social, comme ce fut le cas pour la condition féminine et la condi- tion homosexuelle. Mon passé de militan- tisme au cours de ces années a nourri mes réflexions. À la lecture de son propos, je com- prends que Gabrielle Bouchard me prête une grande responsabilité sociale en m’at- tribuant le tort de ne pas avoir mentionné toutes les difficultés vécues par les com- munautés trans. J’affirme qu’éventuelle- ment un changement de sexe au registre de l’état civil sera possible sans que la personne ait eu à subir une chirurgie. Hé- las, les dispositions pertinentes au Code civil ne sont pas encore en vigueur, d’où l’utilisation du mot «éventuellement » dans mon texte. Non satisfaite de tirer sur moi, elle tire aussi sur la Fondation Émergence alors que je n’en suis plus le président depuis près de deux ans. Je suis le fondateur de celle-ci, de même que de la Journée inter- nationale contre l’homophobie. Contraire- ment aux dires de Gabrielle Bouchard,

sous ma direction, la Fondation s’est en- gagée en faveur des droits des personnes trans. Elle a collaboré étroitement à la présentation de l’exposition Transégéria avec l’ATQ. Elle a adopté une charte de bientraitance des personnes aînées dans

laquelle les transsexuels et transsexuelles occupent une place importante. Quant aux campagnes de la Journée internatio- nale contre l’homophobie, cette question

y est intégrée. La désignation de cette

journée est cohérente avec celles de la Politique québécoise de lutte contre l’ho- mophobie, du Plan d’action gouverne- mental de lutte contre l’homophobie, de la Chaire de recherche sur l’homophobie et du Bureau de lutte contre l’homopho- bie. Peut-être est-il temps d’inclure la transphobie dans ces désignations? Si tel est le cas, il serait alors judicieux que Ga- brielle Bouchard épouse ce combat et construise des alliances pour y parvenir. Pour ma part, j’adhère à l’idée que des personnes trans vivent des difficultés qui leur sont propres et que des solutions spé- cifiques sont souhaitables. Je ne doute pas des affirmations concernant le taux élevé de suicide et des enjeux juridiques propres

à la condition trans. Ma contribution au dé-

bat s’inscrit dans le désir qu’un jour, les en-

fants n’auront pas à vivre la misère expri- mée par Gabrielle Bouchard. Il est temps de jeter un regard vers l’avenir plutôt que vers le passé. Désolé, Gabrielle Bouchard, mais vous avez tiré sur un allié!

LE

DEVOIR,

LE

JEUDI

24

JUILLET

2014

A

7

IDEES

LE DEVOIR, LE JEUDI 24 JUILLET 2014 A 7 IDEES Pétrole et démocratie, un mariage impossible

Pétrole et démocratie, un mariage impossible ?

Récit d’une « soirée d’information » rimouskoise qui a débouché sur un constat d’impuissance

PATRICIA PO S ADA S

R imouskoi se

e 17 jui llet, en pr é sence dune

so i xanta i ne de c i toyennes et

de c i toyens r im ousko i s, m es-

sieurs Émi l i en Pelleti er (océ a-

de reno m ), Fran-

ç o i s Lapo i nte et Guy C aron (tous deux d é put é s NPD) ont

pr é sent é d i ff é rents po i nts de

vue et plus i eurs é tudes, tant

scientifiques qu’économiques, concernant les pro j ets de Trans C anada, une com pagni e albertai ne qui veut i nstaller un ol é o- duc entre les sables b i tu mi neux de l Alberta et C acouna où la co m pa g n i e im plantera i t un port p é trol i er d ’im portance, capable de transf é rer vers les cl i ents du sable b i tu mi neux 850 000 tonnes de pé trole par jour ! Je m e su i s rendue à cette so i r é e parce que

j e voula i s fa i re savo i r à nos repr é sentants que m on pet i t « j e », prenant la parole cependant au no m de beaucoup d autres « j e », ne co m - prend pas co mm ent l on peut penser à un tel pro j et qu i mettrait en péril la v i tal i t é des eaux du Sa i nt- Laurent dans cette zone part i cul re m ent sens i ble (ce qu a d ém ontr é a m ple m ent

M . Pellet i er) ;

nuirait à l’économie locale qui repose en grande part i e sur la ri chesse é cologi que de cette zone ;

multiplierait les risques d acc i dents et d ’i nc i - dents tout au lon g des 4500 k m de l ol é oduc

qu i

et v i lla g es ;

traversera i t cha m ps et r i v res, v i lles

L

no g raphe

permettrait que l’Alberta accroisse sa produc- ti on en sable bi tumi neux alors que l on sai t per- t i ne mm ent qu ’i l s a gi t d une cause é v i dente et

dra m at i que de pollut i on at m osph é r i que contr i - buant au r é chauffem ent clim at i que, sans com p- ter les dégâts sur place (pollut i on de l eau, des- truct i on des hab i tats et j’ en passe) . Et le tout pour une po ig n é e de cacahu è tes en ce qu i

concerne les

Qu é b é co i ses et les Qu é b é co i s,

car, b i en sûr, les prof i ts seront pharaon i ques quelque part pour quelqu un pu i squ un tel pro-

jet est envi sagé. Au cours de ces tro i s heures fort i nstruc-

t i ves, j’ a i d é couvert que

les or g an i sateurs de

cette soi r é e poursui vai ent, en tout pre mi er li eu,

le but su i vant : nous i nfor m er des d é la i s dont

nous d i sposer i ons pour contester ce pro j et à part i r du m om ent où TransCanada le dé posera off i c i elle m ent à l Off i ce nat i onal de l ’é ner gi e (ONE) d’i ci f i n août .

Nous disposerons de 15 mois, r i en de plus

i n août . Nous disposerons de 15 mois , r i en de plus MARK

MARK RALSTON AGEN C E FRAN C E-PRESSE

Mon pet i t «je», prenant la parole cependant au nom de beaucoup dautres «je», ne co mprend pas co mment l on peut penser à un tel projet (celu i de p i pel i ne de TransCanada) qu i per mettra i t que l Alberta accroi sse sa product i on en sable bi tumi neux alors que l on sa i t pert i ne mment qu’i l s agi t d une cause é v i dente et dra mat i que de pollut i on at mosph é r i que contr i buant au r é chauffe ment cl imat i que, sans co mpter les dég âts sur place.

(contra i re m ent à la C olo m b i e-Br i tann i que, par exe m ple, qu i r é fl é ch i t depu i s 10 ans sur le pro- jet de lolé oduc Keystone) . Il sera impossible dy é voquer la probl ém at i que du r é chauffem ent clim ati que, car lONE na pas pour m andat d y r é fl é ch i r m ê m e s i , depu i s 2012, cons é quence de l une des no m breuses lo i s o m n i bus du g ouverne m ent conservateur, l ONE est responsable de l appl i cat i on des r è - gle m ents envi ronne m entaux! L’ONE semble avoir préséance sur toutes les j u- r i d i ct i ons prov i nc i ales et, par cons é quent, cet off i ce pourra i t ou pourra i t ne pas ten i r co m pte des recomm andat i ons du BAPE, par exe m ple. L’ONE n’a dit non à aucun projet, et ce, depui s sa cr é at i on . La preuve en est : le pro j et Keystone .

Alors que 75 % de la populati on de la Colombi e- Br i tann i que est oppos é e au pro j et, que 20 na- t i ons ar i ndi ennes se sont dé clar é es ouverte- m ent et sol i da i re m ent oppos é es au pro j et, l ONE a donn é son accord et le g ouverne m ent

a ent é r i n é la chose . B i en sûr, i l y a les 200 et quelques reco mm andat i ons, m a i s le « ou i » est

pass é m al g r é le fa i t que ce pro j et so i t cla i re- m ent soc i ale m ent non acceptable en ra i son de toutes les probl ém at i ques env i ronne m entales qui l entourent . Bref, j’ a i appr i s que nous so mm es accul é s à une sorte d ’im pu i ssance parce que le g ouver- ne m ent conser vateur, au cours de ces der- n res ann é es, a mi s en place un syst èm e tota-

le m ent au serv i ce de l ar g ent et de l ’é cono mi e,

ce di eu tut é lai re que Harper et les si ens veulent nous im poser comm e le di eu suprê m e, luni que vé r i té , notre desti né e et notre fatalit é. J a i é t é frapp é e par le ton de M . Lapo i nte en part i cul i er, qu i , depu i s sa place de d é put é , as- si ste, im pui ssant, comm e tant dautres, à la des- truct i on d un syst èm e g ouverne m ental qu i , m al g r é ses d é fauts, tenda i t vers une certa i ne

for m e de d ém ocrat i e soc i ale . Je t i ens d a i lleurs

à re m erc i er m ess i eurs Lapo i nte et C aron pour cette soi ré e si perti nente . Si le projet est dé posé en septe m bre, comm e

se m blent le croi re les dé puté s du NPD, la dé ci -

a tro i s m o i s

apr è s la d é c i s i on de l ONE pour donner ou pas son accord, se s i tuera quelque part entre la f i n 2015 et le d é but 2016 . Entre-te m ps auront l i eu des é lecti ons f é dé rales! B i en que j e so i s d é sabus é e en ce qu i concerne les part i s en place, b i en que j e sache

co mm e la plupart d entre vous que nous ne so mm es plus dans un syst èm e d ém ocrat i que, m ai s dans un systèm e é conomi que où le m aî tre

à penser est le prof i t et les m ots de nos pr res,

des colonnes de ch i ffres, j’irai encore voter. Ne sera i t-ce que pour sort i r le g ouverne m ent Har- per ! Mais la quest i on revi endra, brûlante, terri - f i ante, « dusante » : pour qu i voter ? Et quel pouvo i r aura un g ouverne m ent qu i ne d i spose que de quatre ans pour faire ses preuves et qui g ouvernera en fonct i on d une procha i ne é lec- ti on? Quelle r é ponse donnera cet hypothé t ique procha i n g ouverne m ent à la de m ande de TransCanada? Et de quelle lati tude di sposera-t- i l s ’i l n y a pas un consensus fort de la popula- t i on canad i enne, co mm e i l en ex i ste un en Suè de ou aux Pays-Bas? C ar, en fa i t, s i nous so mm es au j ourd hu i d é - pou i ll é s de nos pouvo i rs d ém ocrat i ques, c est parce que nous avons accept é , pet i t à pet i t, de renoncer à ceux-ci, à force de publicité tournant autour du th èm e de l ’ég oïs m e, de lo i s m ettant l accent sur l ’im portance de l ’i nd i v i du au d é tr i - m ent de l ense m ble, de m enson g es alar mi stes sur notre «pauvret é », de cr i ses é cono mi ques qu i m ettent en exer g ue notre pseudo-fra gi l i t é , de Jeux oly m p i ques accaparant notre pouvo i r de rêver, «de confort et d’indifférence». Ma i s de m a i n, ce « confort » nous sera arra- ch é s i les act i onna i res du C A g ouverne m ental canad i en trouvent que leurs b é n é f i ces ne sont pas suff i sants ( i ls ne sont j a m a i s suff i sants!) . Ma i s nous ne d i sons r i en, nous su i vons, nous approuvons, parce que la plupart d entre nous v i vent avec l espo i r absurde d un j our fa i re part i e des act i onna i res! C’ est peut-être cela, le rêve ar i cai n.

s i on du g ouverne m ent, lequel

LA R É PLIQUE

La Francophonie mérite mieux, avec Michaëlle Jean

I S IDORE KWANDJA N G EMBO

Pol i tolo g ue

l y a un pr i nc i pe

sacro-sa i nt de la l i bert é d express i on

qu i veut que toute

personne a i t le dro i t

d expr im er son op i -

ni on. Ce droi t, on doi t le dé fen-

dre m ê m e lorsqu on n est pas d accord avec cette personne

et tant qu elle ne to m be pas

dans la d i ffa m at i on et les attaques personnelles.

Le 11 j u i llet, j’ a i lu attent i -

une chron i que sur

LeDe v o i r.co m , r é d igé e par

C hr i st i an R i oux, qu i aborda i t

la cand i dature de M i cha ë lle

Jean à l Or g an i sat i on i nterna- t i onale de la Francophon i e (OIF) . Lauteur conclut en ces

ter m es : « La Francophon