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FO:GCP/SEN/038/FIN

PROGRAMME DE COOPERATION FAO/GOUVERNEMENTS

PROJET DE REBOISEMENT COMMUNAUTAIRE


DANS LE BASSIN ARACHIDIER(PRECOBA)

SENEGAL

CONCLUSIONS ET RECOMMANDATIONS DU PROJET

Rapport terminal
Rapport préparé pour
le Gouvernement du Sénégal
par

l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture

Rome, 1998

Table of Contents
LISTE DES ABREVIATIONS

1. INTRODUCTION

1.1 HISTORIQUE DU PROJET

1.2 DISPOSITIONS OFFICIELLES

1.3 OBJECTIFS DU PROJET

2. RESULTATS DES TRAVAUX REALISES ET CONCLUSIONS

2.1 APPROCHE METHODOLOGIQUE

2.2 MISE EN PLACE DES MECANISMES DE DESENGAGEMENT

2.3 REALISATIONS PHYSIQUES

2.4 ELABORATION DE PLANS DE GESTION DES BOIS COMMUNAUTAIRES


2.5 CONCLUSIONS

3. RECOMMANDATIONS

Annexe 1: LISTE DU PERSONNEL DU PROJET

Annexe 2: LISTE DES CONSULTATIONS

Annexe 3: LISTE DU MATERIEL ET DE L'EQUIPEMENT FOURNIS PAR LE PROJET

Annexe 4: PRINCIPALES CARACTERISTIQUES DE LA ZONE D'INTERVENTION

Annexe 5: LISTE DES DOCUMENTS PREPARES AU COURS DU PROJET

LISTE DES ABREVIATIONS


BAC - Bureau d'aménagement des terroirs villageois et de cartographie (DEFCCS)

BNS - Bureau national des sols

BSE - Bureau suivi-évaluation/PRECOBA

CERP - Centre d'expansion rurale polyvalent

CGF - Comité de gestion forestière

CILSS - Comité permanent inter-Etats de lutte contre la sécheresse dans le Sahel

CMS - Crédit mutuel du Sénégal

CNCAS - Caisse nationale de crédit agricole du Sénégal

CNE - Caisse nationale d'épargne

CVD - Comité villageois de développement

DATV - Division de l'aménagement des terroirs villageois/PRECOBA

DSAV - Division sensibilisation, animation, vulgarisation/PRECOBA

DEFCCS - Direction des eaux et forêts, des chasses et de la conservation des sols

FINNIDA - Agence finlandaise pour le développement international

FED - Fonds européen de développement (Union européenne)


FONGS - Fédération des ONG du Sénégal

FoReT - Centre forestier de recyclage de Thiès

GIE - Groupement d'intérêt économique

IREF - Inspection régionale des eaux et forêts

ISRA - Institut sénégalais de la recherche agronomique

MARP - Méthode accélérée de recherche et de planification participative

MRL - Micro-réalisation

ONG - Organisation non gouvernementale

PAGT - Plan d'aménagement et de gestion des terroirs

PAIS - Projet d'alphabétisation intensive au Sénégal

PMR/FED - Programme de micro-réalisations (FED)

PRECOBA - Projet de reboisement communautaire dans le bassin arachidier

PREVINOBA - Projet de reboisement villageois dans le nord-ouest du bassin arachidier


(FAO/Pays-Bas)

RNA - Régénération naturelle assistée

RTS - Radio-télévision sénégalaise

1. INTRODUCTION
1.1 HISTORIQUE DU PROJET
Financé par le Gouvernement de la Finlande (Agence finlandaise pour le développement
international - (FINNIDA)), le Projet de reboisement communautaire dans le bassin arachidier
(PRECOBA) s'inscrit dans la logique des actions menées par le Gouvernement sénégalais depuis
les années 70 dans le cadre de la lutte contre la désertification. Suite au constat d'échec des
reboisements à grande échelle effectués en régie, les actions se sont progressivement orientées
vers une meilleure implication des populations et une prise en compte de leurs besoins.
Commencé en 1981, le PRECOBA constitue le premier projet forestier du Sénégal centré sur le
boisement communautaire et visant à satisfaire les besoins croissants en bois de chauffe et en
bois de service. Il est caractérisé par quatre phases successives, dont la quatrième (1992-97), qui
fait l'objet du présent rapport, est une phase clé de désengagement. Projet pilote à plus d'un titre,
son histoire est en fait le reflet de l'évolution récente de la foresterie sénégalaise, basée sur la
mise en oeuvre de l'approche participative et sur une meilleure intégration des activités
forestières dans l'ensemble des secteurs du développement rural (approche terroir).

La première phase (1981-84) avait pour objectif essentiel de créer les conditions nécessaires pour
susciter le reboisement communautaire, à partir de parcelles de démonstration et de pépinières
décentralisées afin de maîtriser les techniques de production de plants. Celle-ci se situait dans un
contexte de forte dégradation du milieu, de forte pression foncière, et où le boisement n'était pas
l'une des préoccupations majeures des populations. Les premières plantations ont été effectuées
en régie, le PRECOBA assurant alors la production et la distribution des plants.

La deuxième phase (1985-87) a permis de former des pépiniéristes, désignés par les Conseils
ruraux (à raison de quatre par Communauté rurale), et d'impliquer progressivement ces derniers
dans la prise en charge de la production des plants et d'actions de reboisement (octroi de
parcelles pour les plantations). Dès 1986, l'achat des plants des pépinières communautaires a été
inscrit dans les budgets annuels des Communautés rurales concernées, à hauteur de 10% des
besoins.

Durant sa troisième phase (1988-91), le PRECOBA a progressivement intégré les autres


préoccupations du monde rural (récupération des terres salées et impropres à la culture (tannes 1
/
), production de fourrages, etc.) et a entrepris des aménagements intégrés au niveau des terroirs
villageois. Il a également encouragé la production de plants dans les pépinières villageoises,
moyennant un encadrement et l'octroi de petit matériel aux groupements. A cet effet, il a
développé un important volet de formation de paysans-relais aux techniques de pépinières et de
plantation. Les premiers essais de récupération des terres salées (tannes) et d'amélioration des
parcours ont été mis en place à titre expérimental. Afin de diminuer la pression sur les ressources
forestières, des vulgarisatrices appartenant à des groupements féminins ont été formées aux
techniques de construction des foyers améliorés de type "3 pierres améliorés".

La quatrième phase (1992-97), objet du présent rapport, a constitué une phase clé de
désengagement du financement et de l'appui extérieurs. Elle avait pour objectifs principaux la
consolidation des acquis, l'appui à la mise en place de structures institutionnelles pérennes
susceptibles de prendre en charge les activités après la fin du projet, à travers le renforcement des
capacités d'intervention des services régionaux des Eaux et forêts et des capacités d'intervention
techniques, organisationnelles et financières des populations, et l'auto-promotion du
développement au niveau villageois.

La zone d'intervention du PRECOBA2/, vaste de près de 7 250 km2 pour une population totale de
plus de 530 000 habitants, s'étend sur trois régions administratives (Fatick, Kaolack et Thiès), sur
quatre départements des régions de Fatick (Fatick, Gossas), de Kaolack (Kaolack) et de Thiès
(Mbour), sur 10 arrondissements et 33 communautés rurales.

Rattachée à l'ancienne région du Sine-Saloum et appartenant au bassin arachidier, elle est


caractérisée notamment par une pluviométrie variant actuellement de 320 mm (au nord) à
500 mm (au sud), une forte pression foncière, un problème généralisé d'accès à l'eau accentué
par les années de sécheresse (nombre de puits et de forages insuffisant, salinisation des sols et
des nappes à Fatick3/), l'analphabétisation d'une grande proportion de la population et des
capacités d'auto-financement très faibles. Les sols, appauvris par la culture de l'arachide depuis
plusieurs décennies, sont en majorité sableux à sablonneux, chimiquement pauvres et sensibles à
l'érosion éolienne ("dior", "deck dior"), avec des rendements faibles et en diminution constante.

Les formations forestières sont largement dégradées. Leur superficie, actuellement très réduite,
est en régression constante, en raison de la forte pression exercée sur les terres et de la
concurrence surfaces agricoles/surfaces forestières (besoins croissants en bois, terres de culture,
pâturages). La végétation naturelle a quasiment disparu, hormis les pieds préservés dans les
champs de culture (parcs agroforestiers) à des fins alimentaires, de production de bois, de
fourrages et pour la fertilité des sols: Acacia albida (Kad), Andosonia digitata, Tamarindus
indica, Cordyla pinnata, Balanites aegyptiaca, Borassus aethiopum, etc. Toutefois, les sujets
sont le plus souvent âgés et la régénération naturelle est limitée en raison des techniques
culturales appliquées (culture attelée et sur brûlis), de l'émondage et de la cueillette systématique
des fruits.

L'ensemble de ces conditions, qui agissent de manière conjointe, rend la problématique de la


gestion de ressources naturelles de la zone très complexe et montre l'urgence de trouver des voies
nouvelles associant non seulement les populations aux diverses actions, mais prenant également
en compte les interactions entre les différents secteurs d'activité (agriculture, élevage, forêt et
autres) et les divers intérêts en jeu.

1.2 DISPOSITIONS OFFICIELLES


Le document d'orientation de la quatrième phase du projet a été signé par la FAO et le
Gouvernement du Sénégal respectivement les 24 mars et 5 mai 1992, pour une durée initiale de
48 mois (janvier 1992 - décembre 1995). Le projet a commencé ses activités en janvier 1992.

La FAO a été désignée comme agence d'exécution du projet et la Direction des eaux et forêts
comme organisme de contrepartie gouvernementale. Conformément aux objectifs de
désengagement progressif, le poste de conseiller technique principal a été supprimé à partir de
janvier 1994.

La contribution totale du Gouvernement finlandais (FINNIDA), après révision budgétaire et


prolongation de deux années des activités du projet, s'est élevée à 3 159 015 dollars EU (montant
initial: 2 449 795 dollars EU). Elle a couvert les frais de personnel international (cf. annexe 1),
de missions de consultation et de sous-traitance pour la formation paysanne (cf. annexe 2) de
formation à l'extérieur, l'achat de matériel et d'équipement (cf. annexe 3) et des frais divers. La
révision budgétaire de décembre 1995 a prolongé les activités du projet jusqu'en décembre 1997
afin de parfaire le processus de désengagement commencé en 1993-94 et de permettre un
transfert des activités du projet aux populations et au Service forestier. La durée totale de cette
quatrième phase a donc été de 72 mois.

La contribution du Gouvernement du Sénégal (en dehors des salaires du personnel national) et


inscrite dans le budget consolidé de l'Etat jusqu'en 1995 s'est élevée à 67 millions de FCFA. La
contribution du Gouvernement couvrait, outre les salaires et indemnités du personnel national
contractuel (cf. annexe 1), l'achat de petit matériel de pépinières et de chantier, la fourniture de
carburant et de lubrifiant et de matériel de bureau.
Le projet a fait l'objet d'une mission de revue tripartite en novembre 1993. Celle-ci a fait une
analyse exhaustive de la situation et a recommandé notamment de renforcer les mécanismes de
désengagement du projet, en particulier par la création de structures rurales susceptibles de
prendre la relève des activités du projet une fois celui-ci terminé.

La mission d'évaluation tripartite finale, s'est déroulée, quant à elle, en mai 1995. Elle a constaté
les importants acquis du projet en matière de transfert des activités de reboisement au profit des
populations et du Service forestier. Toutefois, elle a mis en évidence la fragilité des mécanismes
mis en place et la nécessité de consolider ces derniers en vue d'assurer la pérennité des activité
menées en partenariat avec les populations. Elle a recommandé une poursuite de l'appui du
projet. Le Gouvernement finlandais a accepté de prolonger les activités du projet pour une durée
maximale de deux ans, grâce à un apport complémentaire de 709 220 dollars EU.

1.3 OBJECTIFS DU PROJET


1.3.1 Objectifs de développement

Les objectifs de développement de la quatrième phase du projet visaient à:

- développer l'effort des populations rurales dans la réduction du déficit en bois de service et
d'énergie dans la région du bassin arachidier;

- atténuer la dégradation des systèmes de production agricoles dans cette région;

- développer une sylviculture appropriée aux zones arides;

- asseoir une dynamique d'auto-promotion villageoise durable fondée sur le développement


intégré des terroirs, la participation entreprenante des bénéficiaires et la promotion d'une filière
de commercialisation à l'échelle communautaire et régionale;

- établir les structures nécessaires à une relève du projet pour qu'elles puissent continuer
indéfiniment sans soutien extérieur.

1.3.2 Objectifs immédiats

Les objectifs immédiats de la quatrième phase étaient au nombre de cinq, à savoir:

- renforcer les capacités d'intervention du service forestier, consolider les acquis techniques des
phases antérieures et suivre les actions de foresterie villageoise;

- consolider et développer les capacités d'auto-promotion des populations rurales, et notamment


des groupements féminins;

- créer des structures institutionnelles qui assureront la continuation des activités dans la région
du projet après sa fin;

- sensibiliser les techniciens et les villageois à la nécessité de réaliser une sylviculture appropriée
aux zones arides en privilégiant la qualité des produits et des techniques à tous les stades;
- favoriser l'avènement d'une foresterie rurale à autonomie de gestion reposant sur le principe que
le reboisement ne pourra se développer réellement que s'il peut générer ses propres ressources.

2. RESULTATS DES TRAVAUX REALISES ET


CONCLUSIONS
Premier projet de reboisement communautaire au Sénégal, le PRECOBA a à son actif plusieurs
acquis méthodologiques et techniques particulièrement intéressants. Ils résultent de leur
consolidation au cours des phases successives, mais sont également le reflet de l'évolution de la
foresterie au Sénégal, à laquelle il a lui-même participé. La quatrième phase (1992-97), phase de
désengagement, constitue un véritable test pour un transfert progressif et durable aux populations
rurales concernées et au service forestier du suivi des activités développées par le projet pendant
plus de 15 ans.

Les principaux résultats de la présente phase peuvent se subdiviser en quatre aspects principaux:
l'approche méthodologique, avec l'adoption de l'approche terroir; la mise en place de
mécanismes de désengagement, avec le renforcement des capacités techniques,
organisationnelles et financières des populations et le renforcement des capacités d'intervention
des structures d'encadrement et des partenaires; les réalisations physiques sur le terrain en
matière de reboisement et de restauration du milieu effectuées en partenariat avec les
populations; et, enfin, l'élaboration de plans de gestion et la mise en exploitation des boisements
communautaires arrivés en âge d'exploitabilité.

2.1 APPROCHE METHODOLOGIQUE


De strictement sectoriel et centré au départ exclusivement sur le boisement communautaire, le
projet a évolué progressivement vers une démarche plus intégrée, tenant compte des
préoccupations des populations et de la nécessité de mieux situer les actions de reboisement dans
un contexte d'aménagement et de gestion des terroirs. Pour ce faire, il a d'abord développé les
principes de l'approche participative, puis de l'approche terroir, considérant les populations
comme les principaux acteurs du développement local.

La mise en oeuvre de l'approche participative, à partir de la troisième phase, a permis d'instaurer


un véritable partenariat entre le projet et les populations et d'impliquer l'ensemble des partenaires
et des structures à la base dans la prise en charge et le suivi des actions de reboisement. A ce
titre, les Conseils ruraux ont été considérés comme des partenaires privilégiés, notamment parce
qu'ils disposent d'un propre budget au niveau de chaque communauté rurale et de l'autorité en
matière de gestion du foncier.

L'une des grandes réussites du projet a été précisément d'impliquer les élus locaux (conseillers
ruraux) dans la prise en charge financière d'une partie des plants produits dans les pépinières
communautaires. L'un des exemples de ce partenariat est donné par le contrat d'achat/vente,
cosigné par chaque Président de Conseil rural et Sous-Préfet. Celui-ci lie le Conseil rural aux
pépiniéristes4/ pour le rachat des plants, et ce, à hauteur de 10% du budget de la Communauté
rurale, le prix du plant ayant été fixé à 70 FCFA à partir de 1995. L'importance du montant
réservé aux actions de reboisement (environ 10 000 000 de FCFA/an) montre la prise de
conscience des décideurs locaux et leur volonté de développer les actions de reboisement dans
leurs communautés rurales.
Bien que les paiements connaissent le plus souvent de nombreux retards, il faut noter que cette
prise en charge a été rendue possible grâce aux boisements de démonstration (début du projet), à
la forte adhésion des populations aux actions de reboisement et surtout à un important
programme d'information/sensibilisation des populations, des autorités locales et des Conseils
ruraux. Ce programme, centré, entre autres aspects, sur les enjeux de la lutte contre la
désertification et le rôle de l'arbre dans le système agraire, a permis d'établir un véritable
dialogue et un système de partenariat entre les divers acteurs et d'aboutir à une prise de
conscience sur l'urgence de restaurer et de gérer les ressources forestières.

Au cours de la quatrième phase, la sensibilisation a touché les domaines suivants:

- Désengagement: 4 journées, soit 1 journée par département; support: réunion-débat. Ces


séances ont été filmées puis restituées au cours de 31 projections villageoises.

- Gestion et exploitation des bois communautaires: 1 journée; support: réunion-débat.

- Désertification/rôle de l'arbre: 99 séances; support: projection de diapositives.

- Radio rurale: 27 émissions diffusées et 10 reportages réalisés en collaboration avec la radio-


télévision sénégalaise (RTS) sur des thèmes techniques tels que: agro-foresterie; rôle du paysan
relais; reboisement; économie d'énergie; exploitation du bois; régénération des terres salines;
désengagement du projet.

- Redynamisation des comités de gestion des moulins à mil et des Comités de gestion forestière
(CGF): 60 réunions villageoises.

Du point de vue de l'approche terroir proprement dite, la quatrième phase a marqué un tournant
décisif, notamment par une meilleure prise en compte de l'espace "terroir" et l'élaboration des
premiers Plans d'aménagement agro-forestier et de gestion des terroirs (PAGT). Leur
élaboration, qui s'est faite dans un premier temps à deux niveaux (terroir et communauté rurale),
repose sur la concentration et la participation de l'ensemble des partenaires (populations, services
techniques, projet). Elle répond à la volonté de mettre à la disposition des conseillers ruraux et de
certains des partenaires (populations des villages cibles, autres partenaires intervenant dans la
zone: services d'encadrement, Conseils ruraux, Organisations non gouvernementales (ONG),
autres projets, etc.) des documents de planification et de gestion à la base leur permettant
d'entreprendre des actions de développement en connaissance de cause.

L'intérêt de l'expérience du PRECOBA en matière d'approche terroir doit être restitué, d'une part
par rapport au contexte particulier de la zone (faiblesse des structures d'encadrement - conseil et
faible nombre d'intervenants - plus particulièrement à Fatick où le PRECOBA est le seul projet
d'envergure -, faiblesse des capacités financières des populations, forte dégradation du milieu), et
d'autre part par rapport aux exigences de désengagement et de pérennisation des activités
engagées avec l'appui du projet.

L'adoption de l'approche terroir et l'élaboration de PAGT marquent la volonté du projet de sortir


de son cadre sectoriel, de diversifier ses activités en prenant en compte les autres secteurs
d'activités (comme l'agriculture et l'élevage), ainsi que les préoccupations des populations, et de
mieux situer les activités de reboisement dans le développement du terroir.
Les PAGT sont conçus comme des outils de développement du terroir pour les populations, qui
se les approprient, et pour les autres partenaires (encadrement, bailleurs de fonds potentiels,
ONG, etc.) qui appuient ces dernières dans leur mise en oeuvre. Ils résultent d'une connaissance
de la zone et du terroir (diagnostic), de nombreux contacts préalables avec les populations et
d'actions de sensibilisation sur le rôle de l'arbre. Les principales étapes sont le choix du terroir
(parmi la centaine de villages-centres encadrés et sur la base de critères de représentativité, de
disponibilité, d'adhésion et d'engagement des populations, de cohésion sociale apparente, etc.);
les prises de contacts avec les populations sur les objectifs poursuivis; le diagnostic participatif;
l'établissement des priorités et la programmation des activités; l'élaboration du PAGT, la
restitution aux populations; l'approbation par les structures et les autorités régionales.

En matière de diagnostic participatif, le MARP5/ constitue l'un des outils privilégiés préconisés
par l'approche participative au Sénégal. Ce diagnostic est conduit conjointement avec les
populations rurales et les services techniques. Le diagnostic MARP, s'il permet un bon dialogue
avec les populations, est généralement insuffisant car trop rapide et toujours qualitatif. C'est
pourquoi, afin de pallier cet inconvénient, la MARP a été complétée systématiquement par la
collecte d'informations sur le village (données statistiques, études antérieures sectorielles ou non,
etc.) et la réalisation d'enquêtes complémentaires, notamment sur les systèmes d'exploitation du
milieu ou sur d'autres aspects lorsque cela était jugé nécessaire. Une cartographie thématique
reposant sur l'interprétation des photographies aériennes (1989) et portant sur la topographie,
l'occupation des sols et la couverture arborée du terroir, a complété l'analyse. Cependant, celle-ci
n'a pu être utilisée que pour les premiers plans élaborés, faute de temps et de moyens6/.

Une cellule multidisciplinaire d'aménagement des terroirs (impliquant l'Inspection régionale des
eaux et forêts (IREF) et les Centres d'expansion rurale polyvalents (CERP))7/ a été mise en place
pour faire le diagnostic au niveau des villages (MARP) et élaborer des plans de gestion des
terroirs sur une base participative. Celle-ci est chargée de la synthèse et de la recherche
d'informations complémentaires auprès des populations et doit également élaborer une première
version soumise au cadre de concertation régional pour avis. Le diagnostic et la programmation
des activités sont restitués aux populations en assemblée villageoise. Les PAGT sont ensuite mis
en forme finale et soumis pour approbation aux conseils ruraux et aux structures régionales
concernées.

La hiérarchisation des problèmes identifiés par les populations laisse apparaître de nombreuses
préoccupations, qui se situent bien avant les actions de restructuration du milieu et de
reboisement, notamment des problèmes cruciaux, tels que l'accès à l'eau potable et des
problèmes de santé qui doivent effectivement être considérés comme des obstacles à toute action
de développement forestier. Cette étape, qui sert de base à une programmation des activités,
exige une grande prudence de la part de l'équipe multidisciplinaire afin que les problèmes liés à
la restauration du milieu soient pris en compte et montrent l'importance d'une bonne
sensibilisation sur le rôle de l'arbre. La programmation est généralement de type triennal ou
quinquennal glissant, les actions étant évaluées et le programme étant revu chaque année,
conjointement par les populations et l'IREF/équipe du projet.

La mise en oeuvre des PAGT et des actions programmées par et pour les populations nécessite le
plus souvent des moyens importants, tant techniques que financiers, et la mise en place de
structures de gestion; mais elle se heurte le plus souvent à la très faible capacité financière des
populations.
Le processus participatif d'élaboration des PAGT exige un temps relativement long, mais a
constitué également une activité nouvelle du projet pour la quatrième phase. Cela justifie en
partie le fait que, au moment de la mission d'évaluation tripartite de mai 1995, seuls cinq plans
avaient été finalisés. Il faut également souligner que le départ du responsable de la Division de
l'aménagement des terroirs villageois (DATV) a provoqué une rupture dans le suivi de cette
activité en 1996. En décembre 1997, une vingtaine de nouveaux plans avaient été finalisés, pour
la plupart en novembre 1997, mais n'étaient pas opérationnels. Au total, 24 PAGT, dont 2
connaissent un début de mise en oeuvre, ont été élaborés, et 4 plans au niveau de la communauté
rurale. L'objectif de doter chaque village-centre d'un PAGT était particulièrement ambitieux eu
égard aux impératifs de consolidation et de désengagement de la présente phase.

Pour pallier à la fois la lenteur du processus d'élaboration des PAGT et la nécessité de poursuivre
les activités agro-forestières, le projet a mis en place un système de programmation pluriannuelle
des activités agro-forestières qui recense les besoins en plants, les estimations des plantations
prévues et les formations souhaitées des groupements encadrés. Ces programmes pluriannuels ne
sont en réalité qu'un palliatif et sont beaucoup plus restreints que les PAGT. Ils sont
généralement exécutés et évalués chaque année, conjointement par le service forestier/projet et
les groupements.

Idéalement, ces programmes doivent être élargis et complétés progressivement par des plans de
gestion des terroirs pour chaque village-centre. Des structures telles que des Comités de gestion
des terroirs villageois (CVD), chargés de la coordination et du suivi des activités programmées,
qui associent non seulement les membres actifs des groupements encadrés, mais qui sont
également représentatifs des autres organisations socio-professionnelles au niveau du village,
doivent être créées et/ou consolidées pour celles qui existent déjà. Malheureusement, ce cadre n'a
été que très partiellement mis en place, seuls cinq CVD ayant été créés en 1995 (correspondant
aux cinq premiers PAGT finalisés).

En définitive, si l'approche terroir apporte des éléments essentiels de planification et de


développement du terroir, elle exige cependant des moyens logistiques et humains (prise en
charge de l'équipe multidisciplinaire et déplacements) et surtout du temps. Cette activité
mériterait d'être parachevée et consolidée dans le cadre de l'après-projet pour permettre une
réelle dynamique de développement du terroir qui prenne en compte l'interaction des différents
secteurs, les préoccupations/priorités des populations et la nécessité de restaurer le potentiel de
production agro-sylvo-pastorale.

2.2 MISE EN PLACE DES MECANISMES DE


DESENGAGEMENT
L'un des grands défis de cette quatrième phase était la définition de mécanismes de
désengagement et la mise en place de structures institutionnelles susceptibles d'assurer la relève
du projet. Cet objectif constituait une étape logique après plus de 15 ans de financement et
d'appui extérieurs. Il répondait à la nécessité de pérenniser les acquis et de poursuivre, voire
développer, les activités menées jusque-là en partenariat avec les populations et les services
techniques.

Il est important de rappeler qu'il existe pas à l'heure actuelle d'expériences positives en matière
de désengagement de ce type de projet. L'expérience du PRECOBA est donc à ce titre
particulièrement intéressante et représente un enjeu très important. La relève du projet implique
les populations, dont les capacités de prise en charge techniques, organisationnelles et
financières ont été sensiblement améliorées, et les structures pérennes d'encadrement-conseil, et
plus particulièrement le service forestier dont les capacités d'intervention et de suivi ont été
renforcées.

2.2.1 Renforcement des capacités techniques, organisationnelles et financières


des populations

Le renforcement des capacités techniques, organisationnelles et financières des populations


constituait l'un des objectifs fondamentaux de la quatrième phase du projet qui visait l'émergence
d'une véritable auto-promotion villageoise et la prise en charge des actions de restauration du
milieu et de développement du terroir. Pour ce faire, le projet a développé un important
programme de formation, a appuyé la mise en place de structures socio-professionnelles
susceptibles de prendre en charge la poursuite des activités et a contribué à renforcer les
capacités financières des populations, notamment par la mise en oeuvre de micro-réalisations,
ainsi que par la mise à disposition de deux fonds de garantie au niveau des structures de crédit et
d'un fonds d'auto-promotion.

2.2.1.1 Renforcement des capacités techniques des populations

Depuis sa mise en oeuvre, le projet a accordé une place importante à la formation des
populations afin de leur permettre de maîtriser les différents techniques de production des plants,
de plantations et d'agro-foresterie, d'amélioration des terres de parcours et de construction de
foyers améliorés. Au cours de la quatrième phase, le PRECOBA a poursuivi son programme de
formation/recyclage des pépiniéristes, des paysans-relais et des vulgarisateurs, chargés à leur
tour de démultiplier la formation auprès des membres des groupements.

Il a cependant plus particulièrement axé son intervention, à la demande des populations elles-
mêmes, sur l'alphabétisation fonctionnelle, la comptabilité/gestion et le petit crédit, en liaison
avec la mise en place des fonds de garantie et d'auto-promotion (voir ci-après). Cinq visites inter-
villageoises ont également été organisées à l'intérieur et à l'extérieur de la zone d'intervention à
l'intention des membres des Groupements d'intérêt économique (GIE) et des partenaires ruraux
(visites de la FEDIEM à Matam, de la Fédération des ONG du Sénégal (FONGS), des
réalisations d'AFRICARE à Kaolack, visite des plantations d'Eucalyptus mises en exploitation et
des parcelles de récupération de tannes).

Durant la quatrième phase, le programme de formation a porté sur le thèmes suivants:

- Techniques de production de plants forestiers et fruitiers: recyclage de 20 pépiniéristes et de 56


paysans-relais; plantations forestières et fruitières: 194 membres de GIE et 33 pépiniéristes;
plantations agro-forestières: 82 paysans-relais.

- Exploitation des bois d'Eucalyptus: 52 paysans-sylviculteurs; commercialisation des perches et


bois d'Eucalyptus: 19 membres de CGF.

- Construction de foyers améliorés: 4 396 vulgarisatrices (176 sessions), 7 228 foyers de type "3
pierres améliorés" construits; construction de foyers de type "Sakkanal": recyclage de 30
artisans-forgerons, formation de 18 artisans.

- Fabrication de savon local: 29 femmes; teinturerie: 24 femmes.


- Amélioration des terres de parcours: 46 membres de Comités de gestion des parcelles
pastorales.

- Embouche bovine: 84 membres de GIE.

- Gestion des terroirs: 38 membres de CVD.

- Comptabilité/Gestion/Crédit: 586 leaders et membres de GIE, 109 Conseillers ruraux, 32


Présidents de Conseil rural, 34 pépiniéristes.

En matière d'alphabétisation, 31 sessions d'initiation ont été organisées pour un total de 255
jours. Elles ont concerné 233 leaders et membres de GIE, 102 Conseillers ruraux; en matière
d'alphabétisation fonctionnelle, 15 pépiniéristes ont été alphabétisés en sérère et 33 en wolof. Par
ailleurs, six sessions de formation de formateurs ont été organisées; elles ont permis de former
63 formateurs en sérère, 68 en puular et 41 en wolof. Au total, 127 attestations de réussite ont été
distribuées.

Afin de faire face à l'importante demande et pallier l'insuffisance de moyens du projet, deux
classes de six mois (60 auditeurs) ont été financées à la demande du PRECOBA par le Projet
d'alphabétisation intensive du Sénégal (PAIS), ainsi que sept classes de six mois (121 auditeurs),
co-financées par le projet, les Groupements et le Programme de micro-réalisations (PMR) du
Fonds européen de développement (FED), dans le cadre du protocole d'accord liant la DEFCCS
et l'Union européenne (7e FED). Ces classes sont tenues par des formateurs choisis dans le pool
de formateurs constitué par le projet.

Par ailleurs, compte tenu de l'importance des besoins en matière de formation et de l'insuffisance
des infrastructures d'accueil dans la zone d'intervention, le PRECOBA a construit et équipé, dans
le courant de 1995, un Centre de formation paysanne à Fatick, dans l'enceinte des Eaux et forêts,
d'une capacité d'accueil de 45 stagiaires (avec dortoirs, douches, réfectoire, salles de classe et de
réunion), pour un coût total de 23 439 dollars EU. La gestion de ce Centre, assurée par le
PRECOBA jusqu'à fin décembre 1997, devrait être rétrocédée à l'IREF/Fatick et au Comité de
coordination inter-GIE (voir ci-après). Cependant, le futur statut du Centre n'a pas été défini.

2.2.1.2 Mise en place d'un cadre organisationnel adéquat

Partant du constat de la quasi-absence d'organisations socio-professionnelles de type GIE8/ dans


sa zone d'intervention (et plus particulièrement à Fatick), le PRECOBA a appuyé, à partir de la
quatrième phase, l'émergence de GIE au niveau des villages-centres9/ encadrés par le projet. Au
total, 82 GIE ont été créés depuis 1993-94, regroupant 6 085 membres, à forte majorité des
femmes: 4 851 femmes contre 1 234 hommes. Le département de Fatick compte 31 GIE (2 094
femmes et 525 hommes), celui de Gossas, 21 GIE (1 274 femmes et 350 hommes), celui de
Kaolack, 18 GIE (931 femmes et 292 hommes), celui de Mbour, 12 GIE (552 femmes et 68
hommes). La typologie des GIE, dont 22 ont été mis en place entre 1996 et 1997, peut s'établir
comme suit:

- 9 GIE de pépiniéristes organisés à l'échelle des arrondissements, dont 4 à Fatick, 1 à Gossas, 2


à Kaolack et 2 à Mbour;

- 1 GIE d'artisans-forgerons, Commune de Fatick;


- 48 GIE de femmes, dont 20 à Fatick, 13 à Gossas, 8 à Kaolack et 8 à Mbour;

- 1 GIE d'hommes à Fatick;

- 16 GIE mixtes, dont 5 à Fatick, 5 à Gossas, 4 à Kaolack et 2 à Mbour;

- 1 GIE mixte de jeunes à Fatick;

- 6 GIE d'éleveurs, dont 3 à Gossas et 3 à Kaolack.

A côté de ces GIE, cinq Comités villageois de développement (CVD) ont été mis en place,
chargés du suivi de la mise en oeuvre des plans d'aménagement et de gestion de terroirs
(cf. section 2.1) et neuf Comités de gestion forestière, chargés plus spécifiquement de l'exécution
des plans de gestion des boisements communautaires (cf. section 2.4). Les CGF sont créés dans
tous les terroirs au niveau desquels une plantation communautaire est ouverte à l'exploitation.
Les membres des CGF sont désignés par les Conseillers ruraux et les chefs de villages
concernés. Ces CGF devraient en principe évoluer vers des GIE.

Il est remarquable de signaler que les statuts de création des GIE prévoient que 5 à 10% des
recettes issues des activités menées dans leur cadre doivent être consacrés à des activités de
reboisement/restauration du milieu (achat/production de plants, plantations forestières et agro-
forestières), ce qui peut être considéré comme un succès particulièrement important pour le
projet dans le contexte de très faible capacité financière des populations.

Afin de renforcer la coordination et la solidarité entre les villages/GIE encadrés par le


PRECOBA, des Ententes départementales ont été créées à fin 1994-95 au niveau des quatre
départements, dont trois sont reconnues juridiquement (par le Ministère de l'intérieur). Ces
Ententes regroupent chacune l'ensemble des GIE encadrés par le PRECOBA dans leur
département. Elles jouent un rôle d'animation, de coordination et de supervision des activités des
GIE membres: il s'agit d'assurer un suivi rapproché, notamment de l'exécution des programmes
pluriannuels des activités agro-forestières, la préparation des dossiers et le suivi des
remboursements de prêts octroyés (cf. section 2.2.1.3).

En vue de faciliter les activités de suivi par le bureau de l'Entente dont les membres ont été
désignés en Assemblée générale, une mobylette a été mise à la disposition de chaque Entente par
le projet. Les déplacements, la restauration et les frais divers sont soutenus par une caisse
alimentée par les cotisations des GIE membres.

Les avantages reconnus de ce cadre de coordination par les GIE eux-mêmes sont notamment une
meilleure coordination et solidarité entre les GIE, une certaine émulation pour les diverses
activités liées au reboisement, ainsi qu'une meilleure circulation de l'information entre tous les
membres.

Une Amicale des pépiniéristes a par ailleurs été créée. Elle regroupe les neuf GIE de
pépiniéristes et était composée, en 1997, de 98 membres (84 hommes et 14 femmes). L'Amicale
vise à faciliter les relations entre les pépiniéristes et les autres partenaires (GIE, Conseils ruraux,
projet) et à organiser l'acquisition des intrants nécessaires à la production de plants.

Dans le cadre du désengagement, un fonds du roulement, alimenté par les cotisations des
membres (30 000 FCFA/GIE/an) et une partie des recettes provenant de la vente des plants (cf.
section 2.2.1.3), a été mis en place afin, entre autres actions, de résoudre partiellement les
problèmes de trésorerie liés aux retards dans les paiements par les Conseils ruraux.

Les Ententes départementales et l'Amicale des pépiniéristes jouent un rôle essentiel de suivi
rapproché des GIE membres.

Enfin, à l'échelle de la zone d'intervention du projet (niveau interrégional), un Comité de


coordination inter-GIE regroupant les représentants des Ententes départementales et de l'Amicale
des pépiniéristes a été mis en place en novembre 1995. Il est chargé de coordonner les activités
des Ententes départementales, de faciliter la circulation de l'information entre les Ententes et au
niveau interrégional, d'appuyer la programmation/planification des activités des différentes
Ententes, de programmer et d'organiser les sessions de formation des membres et de gérer le
fonds d'auto-promotion au nom des GIE (cf. section 2.2.1.3). Le Comité assure ainsi plutôt un
rôle de conception, de suivi/évaluation et de coordination à l'échelle de la zone d'intervention du
projet.

Afin de permettre au Comité de jouer son rôle, un système de cotisation (GIE, Ententes
départementales, Amicale des pépiniéristes) et de fonds de dotation (remboursement au
PRECOBA des avances faites pour l'acquisition des moulins à mil (cf. section 2.2.1.3) a été mis
en place, soit un fonds estimé au départ à 5 000 000 de FCFA, logé sur un compte au nom du
Comité de coordination inter-GIE. Ce fonds (qui doit s'auto-alimenter au même titre que les
autres fonds, notamment par le biais de ristournes par les GIE ayant bénéficié de prêts par son
intermédiaire) doit servir en partie à l'organisation de réunions et à la prise en charge des frais de
carburant et des frais divers nécessités par les tournées de supervision, pour lesquelles, au besoin,
un véhicule était prêté par le projet, ainsi qu'au financement d'actions de formation ou de prêts
aux GIE membres.

Ce fonds a servi à organiser à la fin du mois de novembre 1997 deux journées de réflexion10/ sur
l'après-projet et les dispositions à prendre pour la poursuite des activités. Ces journées,
organisées à l'initiative du Comité, ont montré l'importante dynamique qui a été créée, ainsi que
la volonté des populations de poursuivre les activités jusqu'alors menées en partenariat avec le
PRECOBA. Les populations ont souligné la nécessité de renforcer le partenariat avec le Service
forestier, mais également les autres structures d'encadrement, comme les CERP, avec lesquelles
un protocole de collaboration devrait être signé. Le GIE se disent prêts à assumer les frais de
déplacement (carburant) pour bénéficier de cet encadrement. Elles ont proposé la création d'un
fonds d'appui institutionnel lié aux prêts octroyés afin de pallier le manque de moyens notoire
des services techniques.

Cependant, si ces résultats montrent l'important chemin parcouru, il faut toutefois rappeler que
cette structure est très jeune. Par ailleurs, son fonctionnement et sa reconnaissance juridique sont
rendus difficiles du fait de l'étendue de la zone d'intervention, mais surtout de l'implication de
trois régions adminstratives qui n'ont aucun lien de dépendance entre elles11/.

A cet égard, la mise en application de la Loi sur la régionalisation à partir de janvier 1997,
l'émergence de nouvelles structures, comme le Conseil régional, et le transfert de certaines
compétences (dont la gestion des ressources naturelles) aux collectivités locales, ont apporté des
éléments nouveaux qui posent notamment le problème de la domiciliation et de la gestion du
fonds d'auto-promotion mis à la disposition des GIE par le projet (voir ci-après).

2.2.1.3 Renforcement des capacités financières des populations


La principale contrainte à l'auto-promotion et au développement local est le très faible niveau de
revenu et d'épargne et l'insuffisance des institutions de crédit en milieu rural. Le projet a réfléchi
très tôt aux mécanismes à mettre en place pour assurer une prise en charge des activités de
reboisement et de restauration du milieu par les populations. Il a identifié avec elles un certain
nombre de pistes susceptibles d'aider à leur réalisation et à la création d'une dynamique de
développement du terroir.

L'adoption de l'approche participative/approche terroir a permis de prendre en compte les


préoccupations réelles des populations et de formuler/réaliser un certain nombre d'actions et de
micro-réalisations (MRL). Celles-ci sont destinées, d'une part à lever des contraintes essentielles
à tout développement (accès à l'eau en quantité et en qualité), et d'autre part à améliorer les
conditions de vie et de revenus des populations. L'ensemble de ces actions et de ces micro-
réalisations a contribué à mieux impliquer les populations dans la prise en charge des activités de
développement forestier. Elles ont toutes été réalisées en partenariat avec la participation
financière des populations, du projet et/ou d'autres intervenants dans la région.

Ainsi, le projet a appuyé certains villages dans la maîtrise de l'eau, en liaison avec les pépinières
villageoises mises en place, grâce à la réalisation de micro-réalisations (creusement de puits,
récurage, etc.) et à la fourniture de matériel. Dans le village de Keur Amadou Diop, le problème
de l'eau (profondeur de la nappe et degré de salinité) dépassant les compétences techniques et les
capacités financières du PRECOBA, ce dernier a fait appel à l'ONG CARITAS, qui a pu
résoudre ce problème en association avec les populations.

Le projet a également développé plusieurs types de micro-réalisations ou actions génératrices de


revenus. Dans un premier temps (avant la mise en place des fonds de garantie et d'auto-
promotion), elles ont concerné essentiellement l'exploitation des bois d'Eucalyptus arrivés en âge
d'exploitabilité, les pépinières communautaires, les moulins à mil, l'embouche bovine et le
maraîchage.

i. Activités de coupe commerciale des bois communautaires d'Eucalyptus

Les coupes commerciales des bois communautaires ont concerné les plantations d'Eucalyptus
arrivés en âge d'exploitabilité, fixé en moyenne à sept ans dans les conditions de la zone
d'intervention12/. Les premières coupes ont été effectuées en 1991, mais ont surtout été
développées au cours de la quatrième phase (cf. section 2.4).

Une étude économique réalisée en 1995 a permis d'établir, après dévaluation, le coût total de
1 ha de reboisement à 560 580 FCFA; le prix de revient moyen d'un pied d'Eucalyptus, depuis la
pépinière jusqu'à son exploitation, a été évalué à 745 FCFA/pied. Sur cette base, des séances de
sensibilisation ont été organisées afin d'aider les CGF à mieux négocier les prix de vente et
dégager un minimum de bénéfices (prix de vente conseillé: 1 000 FCFA/pied). A partir de 1995,
les recettes moyennes ont été estimées, quant à celles, à 103 000 FCFA/ha. Au total, 14
plantations ont été mises en exploitation, soit 173 ha exploités, qui ont permis de dégager un
chiffre d'affaires global de 10 417 850 FCFA entre 1991 et 1997.

Un mode de partage des recettes a été instauré dès la mise en oeuvre de l'activité et revu en 1995
pour tenir compte des données économiques. Celui-ci est établi afin de permettre la
reconstitution du capital sur pied (c'est-à-dire coût de l'investissement: 745 FCFA x nombre de
pieds exploités). Ce montant est ensuite réparti comme suit:
- 50% versés au titre du fonds d'aménagement (bloqué sur un compte), destiné à la reconstitution
des plantations exploitées;

- 25% versés au titre d'un fonds spécial de reboisement, géré par les Conseils ruraux des
communautés rurales concernées par la plantation exploitée;

- 25% au titre d'un fonds d'auto-promotion ou de développement villageois, géré par le comité
villageois d'attache de la plantation.

Les sommes restantes constituant les bénéfices sont versées aux CGF, à raison de 85% pour les
bûcherons et 15% pour le gardien.

A la fin de 1997, le fonds d'aménagement global s'élevait à 3 510 067 FCFA. Il est géré
conjointement par les CGF (qui ont un compte épargne ouvert à leur nom à la Caisse nationale
de crédit agricole du Sénégal (CNCAS), à la Caisse nationale d'épargne (CNE) ou au Crédit
mutuel du Sénégal (CNS)) et le Service forestier qui doit veiller au respect des clauses contenues
dans les plans de gestion des plantations (cf. section 2.4).

Ce fonds fait l'objet de nombreuses convoitises, d'autant que son mode d'affection n'était pas
encore déterminé à la fin de 1997. Par ailleurs, d'importants problèmes et/ou irrégularités ont été
constatés, notamment dans la gestion des recettes ou dans d'écoulement des produits de coupe (y
compris de nombreux vols), montrant une certaine faiblesse dans l'organisation de la filière
relative à la commercialisation du bois d'Eucalyptus.

Il est important toutefois de rappeler que cette activité nouvelle dans la zone du bassin arachidier
a été introduite par le projet et qu'elle génère des revenus importants, tout en participant à la
reconstitution de la couverture végétale.

ii. Production de plants dans les pépinières communautaires

Comme signalé ci-dessus, les Conseils ruraux des 33 communautés rurales participent
globalement à hauteur de 10 000 000 de FCFA/an (10% du budget) à l'achat des plants produits
par les pépiniéristes. Le prix du plant cédé destiné aux boisements dans la communauté rurale
concernée a été fixé en 1995 à 70 FCFA/plant. Un contrat d'achat/vente lie le Conseil rural aux
GIE de pépiniéristes, sur la base des programmes annuels de boisement. Ce contrat est validé par
les autorités administratives locales.

Le principal obstacle à l'auto-financement de la production de plants réside dans les retards


enregistrés dans le paiement des plants par les Conseils ruraux, voire le non-respect des
engagements (faible recouvrement de la taxe rurale, changement dans la composition des
Conseils ruraux suite aux élections de 1996).

Jusqu'en 1997, le PRECOBA a partiellement résolu les problèmes de trésorerie en pré-finançant


les achats d'intrants (semences, gaines, produits phytosanitaires, petit matériel, etc.) nécessaires à
la production des plants. Par ailleurs, par le rachat des plants aux GIE de pépiniéristes pour les
aménagements (terres de parcours, récupération expérimentale des tannes), il a contribué à doter
l'Amicale des pépiniéristes d'un fonds de reboisement, le prix d'achat du plant ayant été fixé à 50
FCFA, le projet fournissant gaines et intrants. Sur ces 50 FCFA, 55% sont versés aux
pépiniéristes, les 45% restants revenant à l'Amicale. Cette somme, ajoutée aux cotisations de
chaque GIE (30 000 FCFA/an), se montait à près de 2 000 000 de FCFA à la fin de 1997.
iii. Micro-réalisations génératrices de revenus

Un certain nombre de micro-_éalisations génératrices de revenus ont été identifiées et réalisées à


la demande des populations avec l'appui du PRECOBA. Dans un premier temps, 19 MRL ont été
mises en oeuvre en 1994 pour un montant global de 35 980 000 FCFA. Il s'agit de 13 moulins à
mil, dont 8 à Fatick, 2 à Gossas, 2 à Kaolack et 1 à Mbour (investissement total de 30,3 millions
de FCFA, dont participation des populations: 2,475 millions), de 2 opérations d'embouche
bovine, dont 1 à Gossas et 1 à Kaolack (investissement total de 2,6 millions de FCFA, dont
participation des populations: 0,575 million) et de 4 périmètres maraîchers à Fatick
(investissement total de 3,08 millions de FCFA, dont participation des populations: 0,8 million).

Ces MRL ont été financées par les populations (tontines), par le projet (acquisition de 10
moulins à mil) et par le PMR du FED. La participation demandée aux populations pour le
financement des dossiers soumis au PMR est généralement de 20 à 25%, ce qui est
particulièrement élevé compte tenu du contexte de la zone. C'est la raison pour laquelle le
PRECOBA a pré-financé 20% des 3 moulins à mil acquis sur financement du PMR/FED, à
chargé pour les GIE de rembourser le projet. Ces sommes ont été versées sur un compte au nom
du projet, qui les a ensuite ristournées sur le compte du Comité de coordination inter-GIE. Sur le
total des 13 moulins, 3 étaient en panne à la fin de 1997.

Au même titre que pour les recettes provenant de l'exploitation du bois, un mode de partage des
recettes générées (recettes brutes moins charges d'exploitation) a été instauré. Ainsi, pour les
moulins à mil, 40% sont au titre des amortissements versés sur un compte d'épargne, 25% au
titre d'un fonds de roulement, 25% versés aux meuniers; les 10% restants sont ristournés à un
fonds de promotion forestière destiné à appuyer la mise en oeuvre des PAGT dans leurs
composantes forestières et agro-forestières.

Les MRL et le développement d'activités rémunératrices ont permis la création d'un fonds de
roulement au niveau de chaque GIE, alimenté à partir des recettes et susceptible de contribuer à
l'auto-promotion et au renforcement des capacités d'intervention des populations. Ces fonds
représentent un instrument privilégié pour la constitution d'une épargne au niveau villageois. Par
ailleurs, une partie des recettes est ristournée systématiquement pour le financement des actions
de restauration du milieu et de reboisement. Sur les 20 000 000 de FCFA des recettes générées
par les 13 moulins de 1994 à 1997, un montant de l'ordre de 2 500 000 FCFA a servi à alimenter
le fonds d'auto-promotion géré par le Comité de coordination inter-GIE.

iv. Mise en place de fonds d'appui financier aux GIE

Conscient que ces efforts, bien que positifs, étaient insuffisants, le projet13/ a continué à réfléchir
aux solutions alternatives à mettre en oeuvre en vue, d'une part de faciliter l'accès des GIE au
crédit pour la mise en oeuvre de MRL, et d'autre part de mettre en place un véritable fonds
d'auto-promotion et de développement local, géré au niveau du Comité inter-GIE.

a) Fonds de garantie au niveau de la CNCAS et du CMS

En accord avec la FAO, deux comptes ont été ouverts, l'un à la Caisse nationale de crédit
agricole du Sénégal le 11 mars 1997, et l'autre au Crédit mutuel du Sénégal le 12 mars 1997. Ces
deux comptes constituent des fonds de garantie pour un montant total de 80 000 dollars EU. Ces
fonds, prélevés sur le budget du projet, sont destinés à couvrir les risques encourus lors des
opérations des prêts octroyés aux GIE encadrés par le PRECOBA.
Pour chacun de ces fonds, un protocole a été signé entre le PRECOBA et les deux institutions de
crédit, auprès desquelles la FAO, par l'intermédiaire du projet, a négocié les modalités de
remboursement des prêts. Celles-ci prévoient notamment des ristournes pour le financement
d'actions de protection de l'environnement. Par ailleurs, la CNCAS et le CMS se sont engagés à
former les GIE à la gestion et au suivi des projets et aux procédures de crédit, en collaboration
avec le PRECOBA.

Les caractéristiques spécifiques de ces deux fonds sont reprises ci-après.

- Fonds de garantie CNCAS

Montant du fonds: 70 000 dollars EU, soit 38 635 200 FCFA, domicilié sur un compte de dépôt à
terme, intitulé "Fonds de garantie PRECOBA". Il garantit le créances à hauteur de 70% de
l'éligible (et mobilisable si les prêts sont impayés six mois après l'échéance).

Ce fonds est rémunéré au taux d'intérêt mensuel moyen moins 1,5%, les intérêts étant capitalisés
annuellement et domiciliés comme fonds de ristourne destinés aux activités de promotion
forestière et agro-forestière14/

Taux d'intérêt (prêts): Taux bancaire de base (8%) + 2,5%

Critères d'éligibilité: GIE encadré par le PRECOBA, ayant ouvert un compte courant à la
CNCAS, avec dépôt initial de 25 000 FCFA + agios de 5 000 FCFA/trimestre + frais de dossiers
de 1 5 000 FCFA; dossier soumis à la CNCAS per le PRECOBA

Domaines couverts: Tous à condition de rentabilité financière et faisabilité technique, entre


autres: pépinières (24 mois); embouche (6 à 12 mois); maraîchage (6 à 12 mois); banques
céréalières, petit commerce (12 mois) - Durée maximale 12 mois (sauf pépinières)

Echéances: A terme pour tous le dossiers, mais négociable.

Le nombre de dossiers soumis à la CNCAS depuis mars 1997 est de 31, pour un montant global
de 39 283 621 FCFA. Sur ce total, à la fin de 1997, 24 dossiers avaient été financés pour un
montant total de 30 447 800 FCFA. Deux dossiers avaient été rejetés et 5 étaient à l'étude, pour
un montant global de 6 337 981 FCFA.

En ce qui concerne les dossiers financés, il s'agit de 19 opérations d'embouche bovine, dont 9 à
Fatick, 4 à Gossas et 6 à Kaolack, pour un montant de 23 997 800 FCFA (échéances de 8 à 12
mois); de 5 opérations de petit commerce, dont 3 à Fatick et 2 à Gossas (montant global de
6 477 000 FCFA, échéances de 9 à 12 mois). Les premiers dossiers ont été transmis le 30 avril
1997 et financés le 26 mai 1997. Sauf remboursement négocié avant terme, les premières
échéances de remboursement étaient prévues pour février 1998 et les dernières pour septembre
1998, soit après la fin du projet, ce qui ne permet pas à ce stade de juger du plein succès de
l'opération.

Le bénéfice escompté pour ces diverses opérations est de 23 133 745 FCFA.

- Fonds de garantie CMS15/


Montant du fonds: 10 000 dollars EU, soit 5 000 000 de FCFA, domicilié sur un compte
d'épargne rémunéré au taux en vigueur (4%)

Taux d'intérêt: 2% sur le capital retant dû

Critères d'éligibilité: GIE encadré par le PRECOBA et dossier présenté par le PRECOBA; frais
de dossier: 2,5% du montant total du prêt

Echéances: A terme pour tous les dossiers (maximum 12 mois).

Compte tenu du montant beaucoup plus faible (5 000 000 de FCFA) et surtout des conditions
jugées par les GIE trop désavantageuses par rapport à la CNCAS16/, seuls 3 dossiers ont été
soumis tardivement le 29 juillet 1997 (soit quatre mois après la mise en place du fonds) et
financés en septembre 1997. Il s'agit de trois dossiers de GIE appartenant au département de
Mbour (Thiès), pour un montant total de 3 845 693 FCFA, soit 1 opération "petit commerce",
pour un montant de 1 406 165 FCFA (échéance prévue: septembre 1998); 1 de maraîchage, pour
un montant de 1 218 425 FCFA (échéance prévue: septembre 1998); 1 d'embouche bovine, pour
un montant de 1 221 103 FCFA (échéance prévue: juillet 1998). Le bénéfice escompté pour ces
MRL est de 2 224 788 FCFA.

Pour ces deux fonds CNCAS et CMS, un Comité de suivi et de gestion a été mis en place. Il est
composé de représentants du PRECOBA, de l'institution concernée et du Comité de coordination
inter-GIE. Le Comité est chargé du suivi périodique du niveau du remboursement, des impayés
et des compensations des créances compromises, tel que prévu dans le protocole d'accord.

Par ailleurs, au niveau de l'arrondissement, des Comités ont été créés par arrêté des Sous-Préfets
pour "l'identification, la formulation et le suivi des MRL au profit des GIE encadrés par le
PRECOBA". Ils sont composés notamment du Sous-Préfet, du Président, de l'agent du Service
des eaux et forêts, des Présidents des Conseils ruraux concernés et des représentants des GIE. Ils
sont chargés d'aider les GIE membres des Ententes départementales à formuler les dossiers, à les
prioriser et à assurer le suivi financier des prêts octroyés.

Le dossiers de projets identifiés/formulés avec l'appui des agents des CERP sont ensuite transmis
par l'intermédiaire du Chef de secteur des Eaux et forêts aux services départementaux concernés.
Les fiches de projet comportent, outre la localisation et l'identification des bénéficiaires, une
description technique du projet et le compte prévisionnel du projet. Après avis technique
favorable de ces services, les dossiers sont ensuite visés par le PRECOBA, qui a la responsabilité
(et est seul habilité selon les protocoles) de les transmettre à l'institution de crédit pour
financement.

b) Fonds d'auto-promotion des GIE

Afin de renforcer davantage les capacités d'auto-promotion et de prise en charge des actions de
développement par les populations, l'idée de mettre directement à la disposition des GIE un
fonds d'auto-promotion, cogéré par le Comité inter-GIE et le projet/service forestier, s'est
progressivement concrétisée. Les procédures pour l'établissement du protocole portant mise en
place du fonds n'ont cependant commencé qu'en août 1997, soit six mois avant l'échéance du
projet. Un protocole d'accord entre la FAO et la DEFCCS a finalement été signé, respectivement
les 24 août et 9 septembre 1997 par la FAO et par la DEFCCS.
Ce protocole prévoit notamment que le compte fonctionne dans un premier temps sous la double
signature du Président du Comité de coordination inter-GIE et le Directeur national du projet.
Cependant, compte tenu de l'échéance proche de la fin du projet au moment de la signature du
protocole, ni le contrôle ni le suivi de la gestion financière du fonds ne sont de la responsabilité
de la FAO. Il est par ailleurs prévu qu'un programme/budget reposant sur le recensement des
besoins des GIE encadrés par le PRECOBA et approuvé en Assemblée générale du Comité inter-
GIE soit établi par la direction du projet en accord avec les bénéficiaires et les services
techniques.

Un fonds d'auto-promotion GIE du PRECOBA, de 120 000 dollars EU (soit 71 040 000 FCFA),
prélevé sur le budget du PRECOBA, domicilié à la CBAO - agence de Kaolack, a été mis en
place le 27 octobre 1997 au nom de la Fédération inter-GIE. Ce fonds d'auto-promotion doit
s'auto-renouveler à partir des remboursements et intérêts des prêts octroyés afin de continuer à
répondre aux besoins des GIE après la fin du projet.

Ce fonds vise à créer une dynamique de développement socio-économique susceptible de


promouvoir les actions de reboisement et de conservation des sols par les populations dans la
zone du projet. Les domaines couverts par le fonds sont: le reboisement, l'agro-foresterie, le petit
commerce, les banques céréalières, l'exploitation des champs collectifs, l'élevage de petits
ruminants, l'aviculture17/.

Pour gérer le fonds d'auto-promotion, un Comité de pilotage chargé de procéder au choix des
dossiers financés par le fonds a été mis en place. Il est composé du Directeur national du
PRECOBA, de l'Inspecteur régional des Eaux et forêts de Fatick, des Chefs de secteur forestier
de Fatick, Gossas, Kaolack et Mbour, du Trésorier et du Président du Comité de coordination
inter-GIE. Les dossiers de prêts sont sélectionnés par ce Comité après une première sélection
faite par les Ententes départementales et après avis techniques des services concernés18/. Après
approbation des dossiers par le Comité de pilotage, la Direction du projet et le Président du
Comité de coordination inter-GIE débloquent les fonds au bénéfice des GIE.

Le Comité de coordination inter-GIE est chargé de la supervision de toutes les opérations


financées par l'intermédiaire du fonds d'auto-promotion. Il est responsable du recouvrement de
toutes les créances échues. Les Ententes départementales des GIE, quant à elles, sont chargées du
suivi et de l'exécution des activités financées par le fonds d'auto-promotion ainsi que de la
récupération des prêts consentis auprès des GIE membres.

Les modalités de gestion de ce fonds d'auto-promotion prévues dans le protocole d'accord sont
les suivantes:

Bénéficiaires: GIE encadrés par le PRECOBA, représentés au niveau des Ententes


départementales et du Comité de coordination inter-GIE

Critères d'éligibilité: GIE membre; signature d'un contrat liant le GIE à l'Entente départementale
et au Comité de coordination inter-GIE; apport personnel exigé: 5% du coût total de l'opération;
aucun crédit nouveau si crédit en cours

Modalités pratiques: après acceptation du dossier (sur la base d'une fiche technique estimant le
coût total et la rentabilité financière) et apport personnel versé, le montant du prêt est versé sur le
compte de l'Entente départementale concernée qui le rétrocède à son tour au GIE;
Montant des prêts: limité dans le protocole d'accord de 250 000 à 750 000 FCFA maximum19/

Taux d'intérêt: 1% mois applicable sur le montant total du prêt.

Les intérêts générés par le Fonds (selon le taux d'intérêt en vigueur à la CBAO) seront versés
annuellement sur un compte ouvert à la CBAO au nom du Comité de coordination inter-GIE et
intitulé Fonds d'appui au reboisement, lequel sera également alimenté par la moitié des intérêts
sur les prêts remboursés (soit 0,5% du montant des prêts octroyés). Ce fonds doit également
fonctionner sous la double signature du Directeur du projet et Président du Comité de
coordination inter-GIE pour le financement d'activités forestières et agro-forestières, sous réserve
d'un programme d'activités approuvé techniquement par le Service forestier. Au même titre que
pour le fonds d'auto-promotion, ce fonds est placé sous la responsabilité de la DEFCCS, des
Ententes départementales et du Comité inter-GIE.

A la fin de 1997, aucun dossier n'avait été financé ni de programme élaboré par le projet en
collaboration avec les bénéficiaires et les services techniques, et ce, conformément au protocole
d'accord. De plus, la convention avec la CBAO, du fait de sa signature tardive et de la difficulté à
mettre en place le Comité de pilotage (en partie due à l'implication de trois régions
administratives distinctes), ne peut pas être considérée comme opérationnelle dans sa forme
actuelle.

On ne peut donc donner aucun avis sur la gestion de ce fonds d'auto-promotion ni sur les
modalités de son fonctionnement par rapport à des systèmes comme la CNCAS et le CMS.
Néanmoins, compte tenu des dispositions et des modalités d'utilisation et d'accès aux différents
fonds, les populations ont émis le désir de voir tous les fonds (CNCAS, CMS et fonds d'auto-
promotion) réunis en un seul fonds d'auto-promotion. Celui-ci en effet a le double avantage de
coûter moins cher (intérêt à rembourser) et d'alimenter directement un fonds destiné aux actions
de promotion forestière et agro-forestière.

La signature de ces trois protocoles et la mise en place des fonds, et plus particulièrement le
fonds d'auto-promotion, constituent l'un des grands acquis du projet qui aura ainsi permis de
contribuer concrètement et de manière directe à renforcer les capacités financières des
populations, tout en définissant des mécanismes pour une prise en charge des actions de
restauration du milieu et de reboisement: d'une part, l'octroi des prêts aux GIE membres est lié à
la mise en oeuvre d'actions programmées dans le cadre des PAGT ou à défaut des programmes
pluriannuels, et d'autre part une partie des recettes générées par l'activité quelle qu'elle soit
(généralement 10%) est ristournée dans un fonds de promotion forestière et agro-forestière, de
reboisement (Communautés rurales), et réinvestie dans des actions de reboisement et de
conservation des sols.

Le projet - en étroite collaboration avec ses partenaires - a réussi à créer progressivement une
véritable dynamique de développement autour du reboisement et à instaurer, à travers le mode de
partage des recettes, un réflexe d'épargne au niveau des GIE et un retour financier systématique
pour le développement des actions forestières.

Néanmoins, si ces mécanismes sont particulièrement porteurs d'espoir, il n'en demeure pas moins
qu'ils sont encore très fragiles. Les protocoles ont tous été mis en forme finale et signés durant la
dernière année du projet et les fonds mis en place tardivement. Une partie des modalités de
gestion de ces différents fonds est caduque, du fait notamment de la responsabilité de la
Direction du projet dans le choix/acheminement des dossiers ou la co-signature du Directeur
national au nom du PRECOBA, en tant que représentant de la FAO (agence d'exécution) et de la
DEFCCS (organisme de contrepartie). Il est regrettable de noter qu'aucune disposition, même
transitoire, n'a été prise avant la fin décembre 1997 pour dégager la responsabilité du projet au
profit de l'IREF/DEFCCS, comme convenu notamment dans les différents protocoles.

2.2.2 Renforcement des capacités d'intervention des services d'encadrement

Le PRECOBA a contribué également à renforcer les capacités d'intervention des structures


d'encadrement, et plus particulièrement celles du Service forestier, mais également des autres
partenaires comme les CERP. Cet appui s'est effectué au travers de sessions de formation, mais
aussi d'un appui logistique (véhicules, carburant, matériel, réfection de bâtiments) et du transfert
d'un certain nombre d'activités à l'IREF/secteurs dès 1995.

2.2.2.1 Formation des agents

Les agents forestiers et cadres du projet ont bénéficié d'un certain nombre de sessions de
formations/recyclages, organisées au Centre forestier de recyclage de Thiès (FoReT) à l'intention
des agents du Service forestier dans divers domaines comme l'agro-foresterie, les pépinières
villageoises, le suivi/évaluation et l'approche participative.

Pour les domaines nouveaux, des formations spécifiques ont été organisées par le projet, à
savoir:

- Aménagement des bois communautaires (trois jours): 14 Chefs de secteur/zone.

- Aménagement et gestion de terroirs (quatre x trois jours): 46 Chefs de services départementaux


et membres des CERP.

- MARP (trois x trois jours): 41 personnes, dont des agents du PRECOBA, des Chefs de
secteur/zone, des Chefs de services départementaux et des membres des CERP.

Plusieurs voyages d'études ont été organisés de 1992 à 1994 à l'intention de cadres du projet:

- Formation des formateurs en pédagogie - Pays-Bas (1992): Chef de la DATV.

- Systèmes de suivi-évaluation - Mali/Burkina Faso (1992): Chef du Bureau suivi-


évaluation/PRECOBA (BSE).

- Voyage d'études au Comité permanent inter-Etats de lutte contre la sécheresse dans le Sahel
(CILSS) - Cap Vert (1992): Chef de la DATV.

- Visite de projets de foresterie rurale - Niger (octobre 1992): Directeur national + deux agents
du PRECOBA.

Par ailleurs, huit voyages d'études ont été organisés à l'intérieur du Sénégal à l'intention de 24
cadres forestiers, de deux chefs de CERP et d'une monitrice familiale, dans le cadre de la gestion
de terroirs villageois, du développement de la ressource pastorale et de l'animation rurale (visite
des projets PREVINOBA, FRK de Kolda et du projet d'aménagement sylvo-pastoral).

2.2.2.2 Appui logistique


Le projet a poursuivi son appui logistique au Service forestier, notamment par l'extension du
siège, la réfection et l'entretien des bâtiments de l'IREF à Fatick, des secteurs et brigades, ainsi
que par l'amélioration du parc automobile: achat de quatre véhicules 4x4, dont deux en 1996 et
une pick-up affectée au secteur de Gossas, de dix motos pour les Chefs de zone (brigade) au
commencement de la phase et trois autres en 1997, de huit mobylettes pour les monitrices
(quatre ont été affectées aux Ententes départementales), et acquisition d'un certain nombre de
matériel, dont du matériel informatique (cf. annexe 3).

Cet appui a été complété par des dotations mensuelles de carburant à l'IREF et aux
secteurs/zones pour l'exécution des tâches de suivi/encadrement liées au PRECOBA. Ces
dotations ont été maintenues jusqu'en décembre 1997. Elles se répartissent comme suit:
IREF/Fatick: 300 l de gas-oil + 100 l de super (véhicule de liaison affecté à l'Inspecteur); secteur
de Fatick: 250 l de gas-oil + 50 l de super (motos); secteur de Gossas: 250 l de gas-oil + 50 l de
super (motos); secteur de Kaolack: 200 l de gas-oil + 50 l de super (motos); secteur de Mbour:
200 l de carburant + 50 l de super (motos).

2.2.2.3 Transfert de responsabilités et désengagement

Logé à l'IREF de Fatick, le projet n'a pas d'agent affecté sur le terrain pour assurer le
développement de ses activités avec les populations: le travail d'encadrement se fait par
l'intermédiaire des agents des quatre secteurs et dix brigades (zones) (dépendant des trois IREF)
et des monitrices d'économie familiale (rattachées aux CERP des dix arrondissements
concernés). Ces derniers, qui ont auprès des populations un rôle d'animation et de coordination
des activités du PRECOBA, sont considérés à ce titre comme agents du projet à temps partiel. En
retour, ils bénéficient d'indemnités forfaitaires et d'un appui logistique (véhicules et carburant).
Ils sont, d'une manière générale, bien imprégnés des activités du projet et sont en principe à
même de poursuivre les activités de suivi/encadrement.

Par ailleurs, dans la perspective du désengagement, les agents chargés du suivi des
pépinières/plantations et de l'exploitation des bois communautaires ont été transférés au niveau
de l'IREF à Fatick à partir de 1995. Le projet s'est donc déchargé complètement de ces activités
sur l'IREF, moyennant ici également un appui logistique. Toutefois, ce transfert n'a pas été
complété comme prévu par l'affectation des autres agents des divisions (DATV, DSAV et BSE)
qui étaient chargés notamment d'activités relativement récentes pour le projet (dont l'approche
participative/approche terroir, l'amélioration des parcours, la récupération des terres salines). En
réalité, cette situation n'est pas propice à une bonne appropriation des résultats par le Service
forestier, en l'occurrence l'IREF; par ailleurs, elle est nécessaire pour assurer la continuité et la
consolidation des divers acquis, et ce, même si les agents du PRECOBA sont toujours affectés à
Fatick.

De même, le fait que les secteurs répondaient directement à la direction du PRECOBA pour les
activités appuyées par lui risque de constituer une contrainte pour la coordination des activités
dans la perspective de l'après-projet, et plus particulièrement pour l'Inspecteur de Fatick qui en
aura plus directement la responsabilité, et ce, d'autant que trois IREF sont en principe
impliquées. Cette situation a été partiellement corrigée par la programmation de réunions
mensuelles de l'IREF à Fatick, de Chefs de secteurs et du PRECOBA.

Enfin, il reste un important travail de capitalisation de tous les acquis du PRECOBA, qui aurait
dû être normalement réalisé lors de cette phase comme prévu dans le programme de travail. Cela
est particulièrement dommageable du fait des nombreux résultats positifs observés sur le terrain
et qui peuvent servir de référence à d'autres projets, même si certains demandent encore à être
consolidés/vérifiés.

En définitive, si des efforts notables ont été accomplis pour intégrer les activités du PRECOBA
au sein du Service forestier (IREF, secteurs/zones), on peut cependant déplorer une série de
lacunes, dont la principale est la prééminence de l'esprit "projet" au détriment de l'IREF, et qui
devront être corrigées pour assurer la pérennisation des acquis et éviter toute rupture de la
dynamique et du partenariat mis en place avec les populations.

2.3 REALISATIONS PHYSIQUES


Durant la quatrième phase, le projet a continué les activités menées lors des phases antérieures, a
consolidé les divers acquis techniques en matière de plantations forestières et agro-forestières,
d'aménagements expérimentaux (amélioration des terres de parcours, récupération des terres
salines) et de construction de foyers améliorés. Ces réalisations ont été effectuées par les
populations avec l'appui du projet. D'une manière générale, les diverses techniques sont bien
maîtrisées par celles-ci.

2.3.1 Production de plants et plantations massives

L'objectif poursuivi par les plantations dites massives était de répondre aux besoins en bois de
chauffe et en bois de service. Cette activité, entreprise en 1981, est parmi les plus anciennes du
projet. Elle connaît un grand succès auprès des populations qui maîtrisent parfaitement les
techniques de production de plants et de plantation. Durant la quatrième phase, 1 224 ha ont été
plantés sur l'ensemble de la zone d'intervention (sur un total de 3 400 ha pour l'ensemble des
quatre phases de 1981 à 1987 (cf. tableau 2).

Les espèces forestières produites en pépinières et plantées à la demande des populations sont par
ordre décroissant: Eucalyptus camaldulensis (679 792 plants produits), Prosopis juliflora
(543 036 plants) et Acacia holocericea (105 383 plants), le total des plants produits pendant la
quatrième phase étant de 1 613 441 plants, dont un peu plus d'un million dans les 33 pépinières
communautaires, soit 63%, et 340 000 dans les 17 pépinières villageoises, soit un peu plus de
20% de la production totale (cf. tableau 1).

Tableau 1

PRODUCTION DE PLANTS PAR ESPECE ET PAR TYPE DE PEPINIERE

(PERIODE 1992-97)

1. Plants Régie Pépinière Pépinière Pépinière Total


forestiers communautaire villageoise individuelle
Eucalyptus 51 000 484 393 137 259 7 140 679 792
camaldulensis
49 910 341 045 138 238 13 843 543 036
Prosopis
juliflora 23 080 57 720 21 040 3 543 105 383
Acacia 11 380 25 495 4 874 340 42 089
holocericea
97 298 106 757 38 316 770 243 141
Leucaena
leucocephala

Autres
Total 232 668 1 015 410 339 727 25 636 1 613 441
2. Plants
fruitiers
Zizyphus 9 800 27 184 6 185 30 43 199
mauritiana
7 000 32 332 14 797 3 012 57 141
Anacardium
occidentale 500 10 209 9 676 4 800 25 185

Mangifera 74 11 232 3 122 355 14 783


indica

Autres
Total 17 374 80 957 33 780 8 197 140 308

N.B.: Pépinières en régie (1); pépinières communautaires (33); pépinières villageoises (17);
pépinières individuelles (4).

Les plantations ont été faites à raison de 150 ha en moyenne par an par divers partenaires, dont
les principaux sont les groupements féminins (375 ha plantés depuis 1992) et les individuels
(360 ha depuis 1992). Les superficies plantées annuellement ont varié en moyenne de 50 à 70 ha
pour les groupements féminins, de 20 à 30 ha pour les hommes, 20 ha pour les jeunes et de 50 à
60 ha au total pour les individuels. Les plantations communautaires n'ont concerné par ailleurs
que 46,5 ha durant la période 1992-97. Le nombre de villages encadrés par le PRECOBA a
avoisiné 210 par an et le nombre de chantiers, 280.

Tableau 2

PLANTATIONS FORESTIERES ET AGRO-FORESTIERES REALISEES DE 1992 A 1997

1992 1993 1994 1995 1996 1997 Total Total


1981-
97
Nombre de plants 232 214 268 498 309 644 298 524 268 525 376 344 1 753 4
produits 749 125,4
Plantations massives 153,58 194,86 244,88 199,00 221,00 211,00 1 3,3
(ha) 224,32
Mise en défens des 9,00 10,00 31,00 19,00 0,00 0,00 69,00 3
rôniers (ha)
Agro-forestierie 134,74 194,00 326,88 353,00 155,00 38,00 1 5,1
201,62
Régénération 49,31 55,06 45,15 159,00 57,00 68,00 1,3
naturelle assistée 433,52
(ha) 30,37 23,53 46,37 50,00 45,00 49,00 3
244,27
Reboisements 22,80 38,49 56,53 56,00 61,00 32,00 4
champêtres (ha) 266,82

Haies vives (km)

Brise-vent (km)
Nombre de villages 164 212 234 235 213 224
encadrés
292 258 273 291 279 275
Nombre de chantiers

Les plantations massives à dominance d'Eucalyptus camaldulensis et de Prosopis juliflora ont


été réalisées sur des parcelles d'un seul tenant d'au moins 1 ha pour les GIE et de 0,5 ha pour les
individuels, affectées par les Conseils ruraux. Elles ont généralement été mises en place sur des
terres agricoles dégradées et abandonnées, dans des conditions stationnelles médiocres (forte
pression démographique, concurrence entre les terres cultivées et terres plantées). La densité
adoptée a été de 625 pieds/ha, soit un écartement de 4 x 4 m. Le taux de réussite a dépassé
rarement 50%.

Les sites ont été identifiés et délimités avec les populations (après affectation par les Conseils
ruraux) par des haies vives d'Euphorbia balsamifera. Les travaux de préparation du sol
(piquetage, trouaison) ont été effectués vers la fin de la saison sèche et les trous rebouchés aux
deux tiers pour favoriser la pénétration de l'eau en début d'hivernage. La mise en place des plants
(de mi-août à mi-septembre) a été précédée d'un traitement contre les termites.

L'encadrement et le suivi des plantations ont été réalisés par les paysans-relais et les agents
forestiers (brigade, secteur). Des séances d'auto-évaluation ont été organisées à partir du mois
d'octobre pour faire le point sur les premiers résultats de la campagne. Elles ont impliqué
également les Conseils ruraux. Le taux de réussite de la campagne de reboisement a été, quant à
lui, évalué entre les mois de mai et de juillet.

2.3.2 Plantations agro-forestières

Parallèlement aux plantations massives, le projet a encouragé la régénération naturelle assistée et


les plantations agro-forestières (plantations champêtres, haies vives, brise-vent, régénération
naturelle assistée), à la fois pour pallier le manque de terres, produire du bois et des fourrages et
améliorer la fertilité des terres de culture. Ces actions ont été précédées de nombreuses séances
de sensibilisation sur le rôle de l'arbre dans le système agraire et la lutte contre la désertification.
De 1992 à 1997, la régénération naturelle assistée (RNA) a été réalisée sur 1 202 ha de terres
cultivées. L'opération a consisté à repérer et à protéger les jeunes pousses, principalement
d'Acacia albida (Kad), en vue d'obtenir une densité moyenne d'au moins 50 pieds/ha. Les jeunes
plants ont été visualisés par un piquet et peints à la peinture rouge sur la moitié de leur longueur
afin de les protéger lors des labours et des récoltes. Par ailleurs, 69 ha de rôniers (Borassus
aethiopum) ont été mis en défens dans un but de protection/régénération. Ces opérations ont
permis de protéger 54 264 pieds d'Acacia albida et 2 383 pieds de Borassus aethiopum.

Les plantations champêtres (en lignes intercalaires ou bandes alternées) ont été réalisées à
l'intérieur des champs cultivés à raison de 100 pieds/ha. Les principales espèces concernées ont
été: Acacia albida, Leucaena leucocephala, Zizyphus mauritiana et, dans une moindre mesure,
Anacardium occidentale. Au total, près de 435 ha de terres de culture ont été plantés pendant la
quatrième phase.

Les brise-vent et les haies vives installés de 1992 à 1997 ont représenté respectivement 244 et
267 km, soit 76 et 57% des réalisations totales du projet. Les brise-vent (Eucalyptus
camaldulensis) ont été installés perpendiculairement à la direction dominante du vent avec un
écartement de 4 m dans la ligne. Les haies vives périmétrales ont été réalisées avec des plants de
Prosopis juliflora, avec un écartement de 1 m entre les plants.

2.3.3 Amélioration des terres de parcours

L'amélioration des terres de parcours et de la production de fourrages a été introduire à titre


expérimental par le projet au cours de la troisième phase pour faire face à l'importante demande.
L'objectif visé était de restaurer le couvert herbacé et ligneux et de favoriser la constitution d'une
banque fourragère au niveau paysannal en vue de la période de soudure.

Les aménagements sylvo-pastoraux mis en place avec la participation des groupements ont
consisté en une mise en défens de périmètres, qui sont enrichis en espèces fourragères, les terres
affectées aux parcours étant généralement très dégradées. Les clôtures ont été constituées de cinq
rangées de fil de fer barbelé et de poteaux en bois (remplacés par du fer dans le cas d'un trop
grand nombre de termites) distants de 5 m. Elles ont été normalement renforcées par la
plantation d'une haie d'épineux par les populations. Les clôtures et les plants ont été fournis par
le PRECOBA, qui les a produits dans un premier temps, puis les a fait produire et les a achetés
aux GIE de pépiniéristes.

L'enrichissement a été fait à partir d'espèces ligneuses fourragères, principalement locales, à


raison de 225 pieds/ha, soit un écartement moyen de 7 x 7 m: Parkinsonia aculeata, Acacia
raddiana, Acacia albida, Acacia senegal, Acacia trachycarpa, Acacia holocericea, Prosopis sp,
etc. Certaines parcelles ont été enrichies en légumineuses herbacées ou graminées, et notamment
avec Andropogon gayanus. Ces périmètres ont été laissés en défens jusqu'à ce que les flèches
soient hors de portée des animaux. Durant cette période, seule la fauche a été autorisée, bien que
réglementée afin de garantir le développement du tapis herbacé.

Parallèlement, des cultures fourragères à base de niébé et de sorgho fourrager ont été introduites
sur quelques parcelles. Cependant, le développement de cette activité a été limité en raison du
coût élevé des semences améliorées. La production de semences a été encouragée au niveau
villageois.
Au cours de la quatrième phase, la mise en défens de périmètres a concerné une trentaine de
périmètres pour 217,48 ha; l'enrichissement, 187,32 ha; l'installation de haies vives; 17,82 km.
Quant aux cultures fourragères, elles ont concerné 122,85 ha de 1992 à 1995. Les périmètres ont
été placés sous la responsabilité de Comités de gestion des parcelles pastorales, qui en ont assuré
la surveillance et le suivi de l'exploitation. Sur le total des périmètres aménagés, environ 40 ha
doivent être considérés comme un échec, notamment en raison de conditions édaphiques trop
défavorables, de vols des clôtures et du non-respect de la mise en défens et des règles de
fauchage.

Il existe une forte demande de la part des éleveurs pour ce type d'aménagement, notamment en
liaison avec les opérations d'embouche bovine qui se développent. On observe l'émergence
d'initiatives privées, avec des clôtures à base d'Euphorbia balsamifera, soutenues par des
clôtures en barbelés de deux rangées (afin d'en diminuer le coût).

2.3.4 Récupération expérimentale de terres salines

Le phénomène de salinisation des terres est particulièrement préoccupant dans la région de


Fatick et de Kaolack, dans la zone du delta du Siné-Saloum. Il est lié à la remontée du sel dans
les bassins inférieurs des cours d'eau envahis de manière périodique ou en permanence par la
mer, suite notamment aux phénomènes de sécheresse (remontée capillaire du sel à la surface) et
à la disparition des mangroves. Ces terres salines ou "tannes" occupent environ un tiers de la
superficie de la zone d'intervention des départements de Fatick et de Kaolack.

Afin d'appuyer les populations dans la récupération de ces terres salines, deux périmètres
expérimentaux ont été mis en place par le projet à la fin de la troisième phase et au début de la
quatrième, l'un de 57 ha et l'autre de 187 ha. Ceux-ci visaient à tester la tolérance au sel de
certaines espèces forestières, ainsi que l'efficacité de certaines techniques de dessalement
reproductibles et appropriables par les populations (maîtrise du coût et des techniques).

Préalablement, des études pédologiques ont été faites, en collaboration avec le Bureau national
des sols (BNS), pour définir les classes d'aptitude des sols, le pH des sols et des nappes
phréatiques, leur profondeur, la conductibilité électrique, etc. Sur cette base, trois classes
d'aptitude ont été définies, à savoir: une aptitude nulle: tannes nues; une aptitude limitée: tannes
herbacées; une aptitude moyenne: tannes herbacées à localement arbustives.

Les deux périmètres ont été mis en défens et entièrement entourés d'une clôture constituée de
quatre fils de fer barbelé soutenus par des piquets écartés de 5 m (coût estimatif de la clôture:
92 000 FCFA/ha). Cette clôture a été renforcée par une haie vive sur un total de 7,3 km.

Des diguettes de démarcation ont été construites sur une longueur totale de 4 km pour délimiter
les tannes vives (nues) des tannes enherbées en vue d'assurer la maîtrise des eaux de surface. Ces
diguettes ont été végétalisées sur 2 km à l'aide de Sporobolus robustus (graminées holophytes à
fort développement de stolons).

Sur les tannes à aptitude moyenne, des cordons végétaux isohypses ont été installés selon les
courbes de niveau sur environ 3 km et des essais d'enrichissement ont été réalisés sur 57 ha à
l'aide des espèces suivantes: Acacia holocericea, Prosopis juliflora, Melaleuca leucadendron,
Eucalyptus microtheca, Prosopis chilensis (densité allant de 325 à 625 pieds/ha).
Sur les tannes à aptitude limitée, dont la vocation est surtout pastorale, les essais ont porté sur
des herbacées résistantes à la salinité: niébé fourrager sur 2 ha, repiquage d'éclats de souche
d'Andropogon gayanus sur 1 ha (1 000 éclats/ha), ainsi que sur l'épandage de compost d'ordures
ménagères sur 2 ha.

Si les résultats observés de ces divers aménagements sont encourageants (du point de vue du
comportement des différentes espèces, de l'impact sur les sols et le taux de salinité), aucun
résultat n'a été validé comme prévu par la recherche agronomique (Institut sénégalais de la
recherche agronomique (ISRA)). Ces activités auraient dû en effet faire l'objet de protocoles de
collaboration, qui n'ont finalement pas été finalisés faute de moyens financiers. De plus, le départ
du responsable de la DATV, qui était plus directement impliqué dans la mise en place et le suivi
des parcelles, n'a pas été compensé au niveau du projet ou de l'IREF. On peut donc craindre à ce
niveau une perte de l'information et un manque de valorisation des résultats.

2.3.5 Construction de foyers améliorés

Cette activité, introduite dès la troisième phase, s'est poursuivie avec succès par la formation de
4 400 vulgarisatrices au cours de 176 sessions organisées dans les villages. Ces sessions ont reçu
l'appui de monitrices d'économie familiale (appartenant aux CERP) et avec lesquelles un contrat
de collaboration a été signé. D'une manière générale, les techniques de fabrication/reconstruction
des foyers améliorés de type "3 pierres améliorés" (3PA) ont été parfaitement maîtrisées par les
femmes.

Au total, près de 7 250 foyers ont été construits au cours de la quatrième phase. Par ailleurs, 285
comités de suivi ont été créés ou redynamisés.

Une cinquantaine d'artisans-forgerons ont également été formés/recyclés pour la construction de


fourneaux métalliques de type "Sakkanal". Un total de 150 fourneaux ont été construits et une
vingtaine de tontines ont été mises en place pour leur achat.

2.4 ELABORATION DE PLANS DE GESTION DES BOIS


COMMUNAUTAIRES
Un certain nombre des plantations massives réalisées avec l'appui du projet est arrivé en âge
d'exploitabilité. L'ouverture à l'exploitation des premières plantations communautaires a été
décidée et a débuté en 1991 par une plantation. Elle a surtout été développée au cours de la
quatrième phase. L'exploitation concernait à la fin de 1997 14 plantations, dont 11 à Fatick et 3 à
Kaolack, pour un total de 328,17 ha (dont 173,35 exploités).

Afin d'aider les Conseils ruraux dans la mise en valeur de ces parcelles, le projet a appuyé
l'élaboration de plans d'aménagement et de gestion pour toute plantation de plus de 5 ha arrivée
en âge d'exploitabilité. Celle-ci a été précédée par la mise en place de placettes de mesure sur des
bois âgés de deux ans au moins et représentatives des conditions du milieu20/. Ces placettes
avaient pour objectif d'assurer un système de mesures permanent afin de connaître
l'accroissement moyen annuel et la dynamique des peuplements. L'accroissement moyen annuel
a varié, selon la classe, de 0,5 m3/ha/an à 2,3 m3/ha/an.

Par ailleurs, des exploitations-tests ont été effectuées pour fixer l'âge optimal d'exploitabilité et le
tarif de cubage. L'âge d'exploitabilité technique a été à sept ans pour la première révolution (mais
pouvant être allongé selon les conditions édaphiques), la deuxième lui succédant après cinq ans.
Le régime de coupe a été assimilé à un régime de taillis.

L'élaboration des plans de gestion des plantations a comporté plusieurs étapes:

- Recensement de toutes les plantations arrivées en âge d'exploitabilité de plus de 5 ha.

- Levé topographique et inventaire de ces plantations sur la base d'un échantillonnage


systématique pour déterminer le nombre de tiges/ha, les classes de diamètre et le volume sur
pied.

- Elaboration des plans d'aménagement et de gestion des plantations communautaires de plus de


5 ha par le responsable de l'exploitation avec l'appui de l'agent forestier et avalisés par le Service
forestier.

Les plans déterminent la nature et le nombre des rotations, les assiettes de coupe ou les
affectations et le calendrier des travaux sylvicoles, dont le dépressage des rejets après deux ans
(sélection de deux brins par souche).

- Séances d'information des Conseils ruraux concernés qui désignent les membres constituant les
CGF21/.

- Délivrance des autorisations d'exploitation par le Service forestier jusqu'au début de 199722/.

- Organisation de visites inter-villageoises pour la promotion du bois d'Eucalyptus.

La mise en exploitation des peuplements a été placée sous la responsabilité des Conseils ruraux
concernés qui en avisaient les services forestiers. Les coupes ont été effectuées entre février et
juillet par les paysans-sylviculteurs formés par le projet.

A partir de 1995, le suivi de l'exploitation des plantations communautaires a été entièrement


transféré par le projet à l'IREF de Fatick, avec affectation des agents et moyens mis à leur
disposition par le PRECOBA.

Cette activité qui, pour rappel, est entièrement nouvelle dans la zone d'intervention et constitue
une source de revenus complémentaires non négligeable (cf. section 2.2), connaît un certain
nombre de difficultés. Les plus importantes sont la lenteur de l'écoulement des produits (vente de
perches, piquets, étais, etc.); le non-respect des modalités d'exploitation comprises dans les plans
de gestion; les retards dans les travaux sylvicoles (dépressage non effectué en temps utile);
l'existence de conflits quant à la gestion des bois; les nombreux vols dans les plantations (avant
et pendant l'exploitation); l'insuffisance d'implication et de suivi des parcelles exploitées par les
secteurs et les brigades. Ces lacunes mettent en évidence la nécessité de consolider l'appui aux
collectivités locales et aux CGF et de renforcer la cohésion des CGF et le partenariat entre les
Conseils ruraux et le Service forestier.

2.5 CONCLUSIONS
Le PRECOBA, projet forestier caractérisé par sa durée et l'évaluation de son approche pour
prendre en compte les préoccupations des populations et mieux intégrer les activités de
reboisement au niveau du terroir, a atteint des résultats importants dans plusieurs domaines. Il a
eu plus particulièrement une action novatrice en matière de préparation de la relève, qui a surtout
été développée à partir de 1995.

Au-delà des activités de reboisement, dont les techniques sont parfaitement maîtrisées par les
groupements et qui se marquent dans le paysage, le résultat le plus significatif est sans nul doute
l'amélioration des capacités de prise en charge des activités d'intégration ou de réintégration de
l'arbre dans le terroir par les populations. Cependant, malgré des résultats très prometteurs dans
la perspective de l'après-projet, un certain nombre des mécanismes mis en place pour assurer la
relève du projet sont encore très fragiles et demandent à être consolidés. Ils nécessitent un
accompagnent soutenu et le renforcement du partenariat instauré entre les populations, les
Conseils ruraux et le Service forestier.

Les structures paysannes (Groupements d'intérêt économique, Ententes départementales,


Amicale de pépiniéristes, Comité de coordination inter-GIE) et les mécanismes imaginés pour
améliorer les capacités financières des populations ont permis l'instauration d'une réelle
dynamique de développement autour de la plantation d'arbres et du reboisement, mais également
une très grande attente. La mise en place des divers fonds (fonds de garantie et fonds d'auto-
promotion prélevés sur le budget du projet pour un montant équivalent à 200 000 dollars EU, soit
environ 120 000 000 de FCFA, fonds de roulement au niveau des GIE du fait des micro-
réalisations génératrices de revenus, fonds de reboisement, d'aménagement et de promotion
forestière, prélevés sur les recettes générées par les MRL ou par l'exploitation forestière)
constitue une étape très importante et positive qu'il faut améliorer et dépasser.

Ces mécanismes exigent en effet un certain nombre de clarifications (nombre de fonds créés et
liens à renforcer, modalités des protocoles qu'il convient d'actualiser sous peine d'obsolescence).
Ils nécessitent un encadrement et un suivi rapprochés de la part du Service forestier, non
seulement pour la gestion et l'utilisation des fonds, conformément à l'esprit initial (amélioration
des revenus des populations et prise en charge des actions de reboisement/restauration), mais
également pour la programmation et la poursuite des activités de reboisement et de restauration
du milieu par les GIE dans le cadre du développement du terroir.

Par ailleurs, un certain nombre d'activités entreprises par le projet sont relativement récentes et
doivent être consolidées, comme l'approche terroir (élaboration de PAGT, mise en place des
CVD), l'amélioration des terres de parcours, qui reste une activité expérimentale au même titre
que la récupération des terres salées dont le suivi scientifique devrait être assuré par la recherche
agronomique, et l'exploitation des bois communautaires.

L'ensemble de ces activités de suivi/consolidation exige un minimum de moyens logistiques qui


sont de la responsabilité du Gouvernement (véhicules, carburants, divers), mais également des
autres partenaires (dont les populations et les Conseils ruraux). En réalité, la prise en charge de la
relève du PRECOBA par les différents partenaires impliqués (services
techniques/populations/Conseils ruraux) constitue un véritable défi, dont la réussite ne pourra
être jugée qu'après plusieurs années.

3. RECOMMANDATIONS
Sur la base de l'analyse des divers résultats atteints par le projet au cours de la quatrième et
dernière phase, les principales recommandations pour une pérennisation et une appropriation des
acquis techniques et méthodologies par le Service forestier et les populations sont les suivantes:
- Renforcer le partenariat instauré entre le Service forestier (IREF/Secteurs/Brigades), les
Conseils ruraux et les populations sur la base de protocoles de collaboration fixant clairement les
responsabilités et engagements de chaque partie. Elargir cette collaboration aux institutions
régionales mises en place à partir de 1997, comme les Conseils régionaux.

- Responsabiliser l'IREF de Fatick dans la coordination de toutes les activités appuyées jusqu'en
décembre 1997 par le PRECOBA et définir les liens de coordination et de collaboration entre
l'IREF/Fatick et les quatre secteurs forestiers concernés.

- Intégrer les Division (DATV et DSAV) et le BSE au niveau de l'IREF (y compris les agents
affectés au PRECOBA).

- Consolider les activités en tant que de besoin et assurer le suivi de toutes les activités menées
dans le cadre du PRECOBA, en concertation avec les structures paysannes mises en place.

- Appuyer la mise en oeuvre des PAGT et la mise en place des Comités de gestion au niveau
villageois (CVD). Elargir progressivement l'élaboration des PAGT à l'ensemble des 82 villages-
centres encadrés par le PRECOBA.

- Rétrocéder le suivi scientifique des parcelles expérimentales de récupération des tannes à


l'ISRA, sur la base d'un protocole liant le Service forestier et l'ISRA et dans l'objectif de
permettre, à terme, de disposer de techniques simples et appropriables par les populations.

- Elaborer un programme de travail pluriannuel (IREF-Fatick/Secteurs) permettant d'assurer le


suivi et l'encadrement des diverses activités en concertation avec les Ententes départementales,
l'Amicale des pépiniéristes et le Comité de coordination inter-GIE. Doter ce programme des
ressources adéquates au budget et débloquer les moyens nécessaires (personnel, moyens
logistiques: véhicules, carburant et autres). Revoir ce programme annuellement sur la base d'un
bilan/évaluation.

- Capitaliser l'expérience du PRECOBA et les divers acquis techniques et méthodologiques sous


forme d'une publication, comme demandé par le bailleur de fonds, et en assurer une large
diffusion.

- Appuyer les Ententes départementales, l'Amicale et le Comité de coordination dans


l'élaboration de programmes annuels d'activités, dans la mise en place d'un système de
suivi/évaluation et dans l'organisation de tournées conjointes sur le terrain.

- Mettre à jour, le plus rapidement possible, les protocoles signés avec les institutions de crédit
(CMS/CNCAS) et bancaires (CBAO) afin de les rendre opérationnels, en concertation avec le
Comité de coordination, et en tenant compte des recommandations des journées de réflexion de
novembre 1997 sur l'après-projet.

- En ce qui concerne plus spécifiquement le fonds d'auto-promotion domicilié à la CBAO, établir


au plus tôt les priorités par rapport aux besoins recensés des GIE. Responsabiliser l'IREF de
Fatick sous réserve des dispositions appropriées en lieu et place du Directeur du PRECOBA et
en tant que répondant du Service forestier, et lié par un protocole aux deux autres régions. Mettre
en place le Comité de pilotage élargi, comme proposé lors des journées de réflexion de
novembre 1997.
- Analyser les possibilités d'une gestion décentralisée du fonds d'auto-promotion, avec
responsabilisation plus accrue des Ententes départementales et sur la base de mécanismes de
coordination clairement établis.

- Etudier la possibilité de fusion des trois fonds (fonds de garantie CMS et CNCAS, fonds
d'auto-promotion) sur la base d'une analyse approfondie de la gestion et du fonctionnement des
différents fonds et du respect des remboursements des prêts octroyés aux GIE.

- Uniformiser l'appellation des différents fonds mis en place progressivement (fonds de


roulement, fonds d'auto-promotion, fonds de reboisement, fonds de promotion forestière, fonds
d'aménagement, etc.). En définir clairement les modalités de gestion et la clé de répartition (entre
les GIE ou entre différentes activités à programmer), y compris pour le fonds d'aménagement et
le fonds d'auto-promotion.

- Renforcer les mécanismes de suivi/évaluation de l'affectation et de la gestion des fonds et


veiller au respect des clauses et à l'engagement des GIE, notamment quant à la poursuite des
actions de reboisement/restauration du milieu. Ce suivi/évaluation doit être assuré par le Service
forestier, en partenariat avec les Ententes départementales, l'Amicale de pépiniéristes et le
Comité de coordination inter-GIE.

- Appuyer les Ententes départementales et le Comité de coordination inter-GIE dans l'élaboration


d'un programme de formation à l'intention des membres des GIE avec estimation des moyens
nécessaires et identification des sources potentielles de financement.

- Définir le statut du Centre de formation paysanne et les modalités de son fonctionnement et de


sa gestion, en concertation avec le Comité de coordination inter-GIE.

Annexe: 1 LISTE DU PERSONNEL DU


PROJET
Nom Fonction Date d'arrivée Date de départ

Personnel international

M. Charfi Conseiller technique principal 01/92 12/93

M. Vanderlinden Cadre associé 07/92 07/93

E. Saumerhausen Cadre associé 08/93 10/93

S. Kuperus Cadre associé 07/92 09/94

Personnel local FAO

E. Wade Comptable 01/92 12/97

B. Ly Secrétaire 01/92 12/97


Personnel national d'appui (Contrats locaux)

M. Dieng Sociologue 06/91 12/92

C. Diop Sociologue 09/93 06/97

A.M. Diop Economiste 06/94 12/95

M. Diop Chauffeur-mécanicien 01/92 12/95

D. Ndiaye Mécanicien motos 01/92 12/95

M. Barro Gardien 01/92 12/97

A. Diop Gardien 01/92 12/97

G. Tendeng Planton 01/92 12/97

M. Ndiaye Chauffeur 01/92 02/97

N. Diouf Planton 01/92 12/95

M. Sene Magasinier 11/94 12/94

M. Ndiaye Gardien 11/92 12/95

C. Sene I Chauffeur 12/92 12/97

M. Fall Chauffeur 12/92 12/97

M. Diouf Chauffeur 12/92 07/93

M. Diop Chauffeur 07/93 12/97

K. Ba Chauffeur 12/92 12/97

M. Gueye Chauffeur 12/96 12/96

Personnel national (DEFCCS)

A. Sy Directeur national 01/92 12/97

P.B.A. Sy Directeur adjoint 01/92 12/97

D. Gnigue Volet pastoral 01/92 09/92

L. Bodian Division SAV 01/92 10/95


Y. Diedhiou Division SAV 01/92 09/96

M. Mbengue Division SAV 11/95 12/97

B. Dieng Division AIT 01/92 08/96

D. Kane Division AIT 01/92 12/95

J. Basse Division AIT 09/92 12/97

C. Mbaye Division AIT 11/96 12/97

A. Diop Division AIT 01/92 12/95

B. Balde Division AIT 01/92 12/95

B. Balde BSE 11/91 12/97

C. Sene Chauffeur 01/92 12/95

D. Mane Chauffeur 07/93 12/97

Personnel de la DEFCCS et CERP à temps partiel

S. Thioune Chef Inspection Fatick 01/92 03/94

A. Ndiaye Chef Inspection Fatick 03/94 12/97

D. Kane IREF/Aménagement/Boisement 01/96 12/97

communautaire

A. Diop IREF/Production de plants 01/96 12/97

B. Balde IREF/Production de plants 01/96 12/97

O. Daff Chef Secteur Fatick 01/92 12/97

P.A. Ndiour Chef Secteur Gossas 01/92 03/94

C. Cisse Chef Secteur Kaolack 01/92 12/97

L. Gueye Chef Secteur Gossas 04/94 12/97

P. Diop Chef Secteur Mbour 01/92 04/94

B. Diogo Chef Secteur Mbour 04/94 12/97

A. Diatta Chef Zone Diakhao 01/92 03/94


M. Badji Chef Zone Diakhao 04/94 03/96

Y. Diedhou Chef Zone Diakhao 04/96 10/97

M. Diop Chef Zone Niakhar 01/92 03/92

B.D. Cobar Chef Zone Niakhar 03/92 12/96

E. Dieng Chef Zone Niakhar 01/97 10/97

Y. Diedhou Chef Zone Niakhar 10/97 12/97

M. Diouf Chef Zone Fimela 04/92 02/97

A. Diallo Chef Zone Fimela 02/97 12/97

M.T. Niasse Chef Zone Ouadiour 01/92 01/93

A. Diallo Chef Zone Ouadiour 05/93 02/97

O. Thiam Chef Zone Ouadiour 02/97 12/97

M.N. Fall Chef Zone Tattaguine 01/92 03/92

K. Niang Chef Zone Tattaguine 04/92 12/97

M. Hanne Chef Zone Thiadiaye 01/92 12/97

I. Ndiaye Chef Zone Fissel 01/92 12/96

G.J.J. Tisseira Chef Zone Fissel 01/97 12/97

B. Goudiaby Chef Zone Gandiaye 01/92 12/97

M. Sy Chef Zone Ndoffane 01/92 10/95

I. Niang Chef Zone Ndoffane 11/95 12/96

I. Gueye Chef Zone Colombane 04/92 12/97

Monitrices

Mme E. Ndiaye Monitrice Tattaguine 01/92 12/97

Mme S.L. Niang Monitrice Diakhao 01/92 01/95

Mme M. Diatta Monitrice Diakhao 02/95 12/97

Mme M. Faye Monitrice Niakhar 01/92 12/97


Mme F. Sene Monitrice Fimela 01/92 12/96

Mme S.M. Gnigue Monitrice Gandiaye 01/92 12/97

Mme F. Sene Monitrice Ndoffane 01/92 12/97

Mme F. Mbengue Monitrice Fissel 01/92 01/92

Mme A. Diouf Monitrice Fissel 02/92 12/97

Mme Y. Touré Monitrice Thiadiaye 01/92 10/95

Mme A.C. Niaye Monitrice Thiadiaye 10/95 12/97

Mme S. Mbaye Monitrice Ouadiour 01/92 12/97

Annexe 2: LISTE DES CONSULTATIONS


Nom Thème Date d'arrivée Durée

Consultants internationaux

A.T. Thiam Economie forestière 9/92 - 95 3 mois + 3 mois/an

P. Mercier Pastoralisme 12/92 1 mois

S. Antilla Revue tripartite 11/93 2 semaines

L. Koné à mi-parcours

G. Puech

A.T. Thiam Montage des institutions 12/93 1 mois communautaires

F. Miroux Communication 12/93 3 semaines

M. Detraux Analyse de l'approche 05/95 3 semaines terroir. Partie Sénégal

T. Ripatti Mission d'évaluation 05/95 4 semaines

A.M. Ba tripartite

L. Worou

M. Sawadogo Mécanismes d'intéressement 06/96 1 semaine économique des populations.

Partie Sénégal
M. Detraux Appui technique gestion 12/97 3 semaines de terroir. Préparation du rapport terminal

Consultants nationaux

CAPAFRIC Evaluation de la formation 10/94 2,5 mois

M. Sarr Mécanismes de financement 6/96 1 mois

Auto-promotion

Sous-traitance

CAPAFRIC Stratégies: Formation paysanne aux divers thèmes techniques et alphabétisation.

Annexe 3: LISTE DU MATERIEL ET DE


L'EQUIPEMENT FOURNIS PAR LE
PROJET
Equipement roulant

Toyota land cruiser

Mitsubishi Pajero 4WD Wagon

Toyota LN 106L Hilux 4x4 DC

Mitsubishi Pajero 4WD GL

2 motos Suzuki TS 125 ER

2 motos Honda C70

8 mobylettes Becane 49 cc

3 motos Suzuki TS 125 ER

Matériel audio-visuel

2 caméras Canon 1000+50/F2

Téléviseur et Vidéo Sharp

Matériel et équipement de bureau

Photocopieur Lanier 6110/612


PC Dell 333 S/L

Imprimante Epson Laser EPL4000

Climatiseur Gibsonga 5185 WGS 2 cv

Telefax Lanier Modèle 500

Photocopieur Lanier 6514

Climatiseur Gibson GA 5245 WCS

Climatiseur Gibson GA 6125 1,5 cv

6 imprimantes Canon BJC210

Matériel pour GIE

10 moulins à mil Sismar

Annexe 4: PRINCIPALES
CARACTERISTIQUES DE LA ZONE
D'INTERVENTION
La zone d'intervention du projet est globalement représentative de la zone du bassin arachidier,
caractérisée par une pluviométrie annuelle moyenne variant de 350 mm (nord) à 500 mm (sud),
des sols appauvris et un couvert végétal très dégradé par les pratiques culturales (culture attelée)
et la culture d'arachide depuis de nombreuses décennies.

Située au sud-est du bassin, la zone d'intervention s'étend sur 9 000 km2. Elle concerne environ
530 000 habitants et près de 320 villages et couvre quatre départements, dont les caractéristiques
sont reprises ci-après:

- Département de Fatick:

- Taux de salinité des terres et des nappes phréatiques élevé.

- Progression de la salinisation liée à sécheresse.

- Influence marquée de l'océan.

- Population totale: 205 000 habitants (soit près de 40% de la population totale de la zone);
densité moyenne: 77 hab/km2.

- Département de Gossas:
- Le plus au nord et le plus sec.

- Sols très dégradés et appauvris par la culture d'arachide.

- Forte présence des termites.

- Végétation rare et dégradée.

- Nappe phréatique salée moyennement profonde.

- Forte proportion d'éleveurs.

- Population totale: 161 000 habitants (soit environ 30% de la population totale de la zone);
densité moyenne: 69 hab/km2.

- Département de Kaolack:

- Conditions du milieu moins contraignantes, milieu naturel plus riche.

- Phénomène de salinisation moins marqué.

- Pluviométrie plus importante (gradient croissant vers le sud).

- Végétation naturelle encore présente en plusieurs endroits.

- Dominance d'agro-pasteurs.

- Département de Mbour (Thiès):

- Sols sableux épuisés (culture de l'arachide).

- Influence océanique importante, marquée notamment par des températures moins élevées.

- Nappe phréatique non saline (eau douce).

- Forte importance de l'arboriculture.

Les systèmes de production sont sensiblement les mêmes d'un département à l'autre et sont
caractérisés par une agriculture extensive alternant cultures d'arachide et de mil, un élevage de
case généralement sédentaire, un élevage semi-sédentaire (bovins) à la recherche de pâturages en
saison sèche. Selon diverses études, la capacité de charge est largement dépassée, phénomène
accentué par la commercialisation massive des fanes d'arachide.

Les besoins en bois de service des populations rurales ont été estimés globalement à 55 000 à
58 000 m3. Un inventaire portant sur les formations naturelles montrent que les besoins ne
peuvent être satisfaits qu'à hauteur de 8% au maximum à partir de celles-ci, tandis que les
plantations avaient en 1993 un potentiel estimé à 13 000 m3.
Traditionnellement, on observe le respect de certaines essences forestières comme le baobab
(dont les usages sont multiples), Acacia albida (Kad) qui participe à la fertilisation des sols,
Zizyphus dont les fruits sont appréciés.

Compte tenu de l'étendue de la zone et du nombre de villages touchés par le projet, le


PRECOBA a insisté sur la nécessité de concentrer ses efforts sur des villages-centres, qui
doivent eux-mêmes impulser une dynamique de reboisement et de développement vers les
villages satellites. A l'heure actuelle, compte tenu du fait que son intervention se fonde sur les
structures existantes et sur une politique d'appui à la décentralisation des services techniques, le
projet concentre ses activités au niveau d'une centaine de villages-centres dans les quatre
départements. En moyenne, dix villages par arrondissement sont couverts par un agent technique
des Eaux et forêts et une monitrice, avec l'appui technique et financier du projet.

Annexe 5: LISTE DES DOCUMENTS


PREPARES AU COURS DU PROJET
Commercialisation du bois d'Eucalyptus du PRECOBA (Tome 1). A.T. Thiam. Août 1992.

Développement des potentialités pastorales dans le bassins arachidier. P. Mercier. 1992.

Problèmes de développement de Poultock Diohine. Y. Cisse. Août 1992.

Gestion de terroirs villageois de Ndoff. Bac/PRECOBA. Novembre 1992.

Commercialisation du bois d'Eucalyptus. A.T. Thiam (Tome 2). Août 1993.

Rapport de la revue tripartite à mi-parcours. G. Puech, L. Koné et S. Antila. Novembre 1993.

Communication et participation. F. Miroux. Décembre 1993.

Désengagement du PRECOBA et montage d'institutions communautaires de relais. A.T. Thiam.


Décembre 1993.

Rapport terminal du cadre associé. M. Vanderlinden. Janvier 1994.

Responsabilisation des partenaires, transfert des attributs et désengagement du PRECOBA. A.T.


Thiam. Novembre 1994.

Commercialisation du bois d'Eucalyptus (Tome 3). A.T. Thiam. Novembre 1994.

Evaluation de l'impact de l'alphabétisation dispensée par le PRECOBA. CAPAFRIC Stratégies.


Avril 1995.

Rapport de présentation du projet à l'intention de la mission d'évaluation finale. A. Sy.


May 1995.
Analyse de la situation présente et prospective du PRECOBA, à l'intention de la mission
d'évaluation finale. Mai 1995.

Rapport de la mission d'évaluation tripartite finale (mai 1995). L. Woroux, M.M. Ba et


L. Tuluppati. Juin 1995.

Rapport terminal de fin mission du cadre contractuel en économie. A.M. Diop. Décembre 1995.

Consolidation des mécanismes de financement mis en place par le projet. M. Sarr. Juin 1996.

24 plans d'aménagement et de gestion des terroirs villageois.

4 plans d'aménagement agro-forestier de Communautés rurales.

14 plans de gestion de bois communautaires de plus de 5 ha.

1 / Tanne: mot wolof utilisé pour désigner toute étendue de terres salées, nue ou partiellement
couverte de végétation et caractérisant les bassins inférieurs des cours d'eau envahis
périodiquement ou en permanence par les bras de mer. Les tannes couvrent environ 35% de la
zone d'intervention à Fatick.

2 / Une description sommaire de la zone d'intervention est reprise à l'annexe 4.

3 / Le problème d'accès à l'eau potable est particulièrement crucial dans la région de Fatick où les
nappes même profondes ont une teneur en sel supérieure à 1,5 - 2 g/l.

4 / Pour rappel, chaque Communauté rurale a désigné au cours de la deuxième phase quatre
pépiniéristes qui ont été formés par le projet et chargés de produire les plants pour les
reboisements effectués dans la Communauté rurale.

5 / MARP: Méthode accélérée de recherche et de planification participative: est considérée


comme la principale méthode de diagnostic participatif au niveau villageois. Elle fait appel à
différents outils tels que la carte du village dessinée par le villageois, le transect du terroir, le
profil historique du village, le diagramme de Venn, la classification préférentielle des espèces
ligneuses, les mouvements migratoires des populations, le calendrier des activités, l'arbre à
problèmes et à solutions vus par les populations, etc.

6 / Ces cartes de terroirs ont été réalisées en collaboration avec le Bureau d'aménagement des
terroirs villageois et cartographie (BAC) de la Direction des eaux et forêts, des chasses et de la
conservation des sols (DEFCCS) de Dakar, par ailleurs lui-même fortement sollicité.

7 / Ces Centres sont situés au niveau de l'arrondissement. Ils dépendent du Ministère de


l'intérieur et toutes leurs structures pérennes d'encadrement sont représentées. Le service forestier
est représenté quant à lui au niveau de l'arrondissement par la brigade forestière.

8 / Les Groupements d'intérêt économique permettent de promouvoir les initiatives du secteur


privé. Ils regroupent deux à plusieurs membres pour une ou plusieurs activités. Ils bénéficient
d'un certain nombre d'avantages fiscaux.
9 / Compte tenu de l'étendue de sa zone d'intervention et du nombre de villages encadrés
(environ 250 sur 884), le projet a concentré, dès les phases antérieures, ses activités au niveau
d'une centaine de villages-centres répartis sur les 4 départements, les 10 arrondissements et les
33 communautés rurales. Ceux-ci jouent effectivement un rôle polarisant et de relais envers les
villages satellites.

10 / Etaient présents, outre les membres du Comité inter-GIE: PRECOBA/IREF/Secteurs, les


Inspections de l'élevage et de l'agriculture, le Service du développement à la base, les P_ésidents
des Ententes départementales et de l'Amicale des pépiniéristes, le Vice-Président du Conseil
régional, les Présidents de Conseils ruraux. Le Comité a pris en charge les frais de
restauration/transport des membres et un forfait de 5 000 FCFA/j de per diem pour les services
techniques autres que le Service forestier (pris en charge par le projet).

11 / Ce dernier aspect a également constitué une contrainte majeure pour la gestion du projet,
dont le siège est situé au niveau de l'IREF de Fatick, mais dont les activités concernent aussi les
IREF de Thiès (Mbour) et de Kaolack. Du point de vue administratif, le fait d'intervenir dans
trois régions distinctes a augmenté les difficultés de définition des règles de partenariat et surtout
de coordination, ce qui justifie en partie les retards dans la reconnaissance juridique des
structures de coordination paysanne.

12 / Les plantations sont la plupart du temps installées sur des terres très dégradées. Les taux de
réussite avoisine rarement plus de 50%, pour une densité initiale de 625 plants/ha. La première
coupe se fait en moyenne à sept ans, la deuxième après cinq ans.

13 / Pour ce faire, il a été appuyé par deux missions de consultation en 1996 concernant une
étude des mécanismes d'intéressement des populations et de financement des MRL au niveau de
divers projets forestiers de la FAO, dont une au niveau sous-régional (Sénégal, Burkina Faso,
Mali) et une nationale.

14 / Les modalités d'utilisation du fonds de ristourne n'avaient pas encore été discutées à la fin de
1997, tel que prévu dans le protocole d'accord.

15 / Le protocole entre le PRECOBA et le CMS a été négocié sur la base de l'exemple du Projet
de reboisement villageois dans le nord-ouest du bassin arachidier (FAO/Pays-Bas)
(PREVINOBA) de Thiès. Néanmoins, les conditions négociées par le PRECOBA sont moins
favorables que celles du PREVINOBA, notamment pour la rémunération du fonds de garantie et
le taux d'intérêt appliqué pour les prêts consentis.

16 / A titre d'exemple, un prêt de l'ordre de 1 250 000 FCFA nécessite un remboursement après
12 mois d'un montant de l'ordre de 1 350 000 FCFA pour la CNCAS et de 1 520 000 FCFA pour
le CMS.

17 / Les populations ont demandé d'inclure l'embouche bovine lors des journées de réflexion
organisées en novembre 1997 sur l'après-projet et que la durée des prêts soit fonction de l'activité
(et non limitée, comme le prévoit le protocole, de trois à six mois).

18 / Afin de tenir compte de la régionalisation, il est prévu d'élargir le Comité aux représentants
du Conseil économique et social et à ceux de l'Agence régionale de développement des trois
régions administratives. Les participants aux journées de réflexion organisées en novembre 1997
ont proposé que les Présidents des Ententes puissent également être associés, ainsi que les
Présidents de l'Association des Président des Communautés rurales de Fatick, le Président de
l'Amicale des pépiniéristes et le représentant du Service du développement à la base, en vue
d'une meilleure représentativité de tous les intérêts et partenaires impliqués dans le choix des
dossiers financés.

19 / Plafond à rehausser de 750 000 à 1 500 000 FCFA, à la demande des GIE lors des Journées
de réflexion de novembre 1997.

20 / Une note technique du projet sur l'inventaire des parcelles en âge d'exploitabilité (1990) a
établi quatre classes de productivité: de la classe I: terres agricoles à bonne aptitude, à la classe
IV: tannes enherbées à aptitude limitée.

21 / Ces CGF ne sont pas vraiment l'émanation d'une volonté commune de mener une activité, du
fait de la désignation des membres par les Conseils ruraux. Cette situation n'est propice ni à la
transformation de ces CGF en GIE, ni à la transparence nécessaire pour assurer une bonne
gestion des plantations.

22 / L'entrée en vigueur de la loi sur la régionalisation en janvier 1997 a partiellement modifié les
règlements concernant la gestion des peuplements forestiers, la gestion des ressources naturelles
ayant été transférée aux collectivités locales. Toutefois, il faut noter que le PRECOBA a en
quelque sorte anticipé celle-ci puisqu'il a toujours été convenu que les plantations étaient
effectuées par et pour les populations. La loi prévoit que l'autorisation d'exploiter est donnée par
les collectivités locales sur la base d'un plan de gestion approuvé par le Service forestier.

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