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Nous allons essayer de présenter d’une façon brève un aperçu sur l’évolution de l’administration publique dans chaque dynastie marocaine :

Commençons alors par :

Les Idrissides

Le Maroc, région fortement individualisé divisé en de nombreuses tribus fières de leur autonomie, va connaître avec LES IDRISSIDES une unification par la cohésion religieuse, quand Idriss 1 er acceptera de recevoir la Bai’a de la grande tribu berbère des Awraba de la région de Volubilis. Le chef de la tribu lui confia alors d’importantes responsabilités politiques et religieuses. Il fut donc proclamé Imam qu’on peut assimiler à un symbole de pouvoir religieux et politique absolu à l’époque. D’ailleurs, cette dichotomie entre religion et politique n’existait pas puisque l’Imam qui régnait sur le royaume puisait son pouvoir de la religion, et dans l’Islam, la foi et la loi sont indissociables. Idriss 1 er entama donc la consolidation de son pouvoir par une expansion dans le Maghreb extrême.

Après Idriss 1 er vint le règne de son fils Idriss 2 nd qui construira la ville de Fès qui devint ainsi la capitale politique du royaume, en d’autres termes : La base centralisée de l’administration Idrisside, qui était formée de 6 diwans : Le diwan ministériel, du secrétariat, de la justice, des impôts, de l’armée, et enfin celui de la frappe de monnaies.

Les Idrissides avaient donc le premier gouvernement central marocain basé dans une capitale, avec un désignement de « Oualis » à la tête des principales provinces pendant le règne de Mohamed fils d’Idriss le second, afin d’atténuer les menaces sur les frontières du royaume.

L’apport des Idrissides se résume ainsi dans 3 principaux points :

+L’unification et l’urbanisation des tribus berbères sous le drapeau de l’Islam instaurant ainsi les fondements d’une Etat-Nation dans le Nord de l’Afrique. +La bay’a de la ville de Fes en tant que capitale symbole de la légitimité du royaume. + L’acte de la bay’a peut être interprété comme un symbole de "monarchie démocratique"

Les almoravides

Almoravides, et dans le cadre d'une unicité religieuse, ont développé chez les berbères l’habitude d’obéir à un même pouvoir politique au Maroc. facilitant ainsi la tâche à leurs successeurs. Ce sont les Almohades qui profiteront des efforts, non négligeables mais inefficaces, des Almoravides.

Au niveau infrastructurel il y'avait principalement l’aménagement de réseaux de canalisations à Fès, la construction de pont t de fontaines, moulins, bains et hôtelleries ainsi que de l’organisation des marchés, ainsi, la création d’un système très sophistiqué d’adduction des eaux ou « khettara » permettant déjà au XIIe siècle d’alimenter en eau la ville entière et toute la région avoisinante. les Almoravides s’inscrivent dans la continuité de l'absence de bureaucratie, ils firent appel pour la rédaction des lettres de chancellerie, pour la gestion des comptes, pour le paiement des soldes, Pour ne plus dépendre uniquement d’un imâm charismatique, « Yûsuf b. Tâshfîn », le premier véritable émir almoravide, décide de « soumettre » ses décisions à un collectif, celui des docteurs de la Loi, oulémas et « fuqahâ’ mâlékites », incarnant collectivement le magistère originel de l’imâm.

Par ailleurs, cette convergence d’intérêts entre docteurs de la Loi et émir renforça considérablement l’école juridique malékite au Maghreb. Les relations entre l’émir et ses gouverneurs étaient fondés sur le principe de la « niyâba », c’est-à-dire une délégation complète de pouvoir : frappe monétaire, organisation des armées et levée des impôts

Les almohades

1- La structure administrative

Le système administratif des Almohades était constitué d’une manière bien structurée autour du Sultan. Ainsi, le

Sultan était assisté par des ministres qui constituent un organe consultatif « ahl al jamaa » : les ministres

avaient comme attributions les affaires financières et le suivi des comptes de la dynastie. Le système de règne comportait également, au niveau central, des secrétaires des Sultans, des magistrats particuliers, alors qu’ils se constituaient au niveau local des gouverneurs qui représentaient le Sultan et des magistrats.

2- Les Diwans :

Au Maroc, c’est sous l’égide des Almohades que la notion des diwans trouve son essence dans l’organisation administrative du pays. Ainsi, l’administration fiscale de l’État des Almohades (notamment la première structure fiscale propre dans lhistoire du Maroc) était organisée sous forme de Diwan relevant de la famille du Sultan, en raison de la sensibilité de sa fonction, « Sahib El Achghal » est nommé A la tête de cette administration, Alors que

pour la zakat, ce sont les juges qui se chargeaient de sa collecte et de sa redistribution aux populations vulnérables.

L’administration fiscale était organisée autour de bureaux :

• Le Diwan principal : confié à SAHIB El ACHGAL, chef de l’administration fiscale et financière de l’État. Il était

chargé du recensement de la matière imposable, de la perception et du recouvrement des impôts, du suivi du travail des gouverneurs locaux en matière de recouvrement et d’exécution des dépenses

• Le Diwan Aamal Makhzen : c’est un assistant du « SAHIB El ACHGAL » ; il travaille sous son autorité et son commandement.

• Le trésorier en OR ou trésorier des deniers :

• Le trésorier de nourriture

• Le chargé du recouvrement

Les mérinides

L’ère des mérinides, précisément sous le règne de « abou lhassan » le royaume a connu des investissements dans le domaine de la civilisation, réalisation les mosquées et de medrassa (notamment, les dépenses mérinides se résumaient en éducation, religion, architecture) Pendant l'ère mérinide Fes devint la grande métropole de l'art de l'occident musulman le règne de abou lhassan fut donc la plus belle période avec l'éclore de l'art architectural et les sanctuaires avec les merinides, on peut parler d'une première structuration de "service public" qui est l'éducation fournie par les medrasa et les mosquées.

Les Wattassides

Le sultan des wattassides disposa de personnel chargé de la comptabilité et du recouvrement et le sultan avait le pouvoir d'exonérer certaintes personnes ou localités du paiement des impôts les watassides n'ont eu aucun impact substantiel sur la structure administrative publique du Maroc.

Les Saadiens

La force économique des saadiènes était basé sur le commerce (caravane venant du Sudan et Tombouctou), les cannes à sucre et l'or), lère des saadiènes était marqué par la politique financière expansionniste entamé par le sultan « mansour dahbi » due à la grande richesse de l'Etat notamment les vastes projets architecturaux dans sa capital Marrakech. Au niveau administratif ils suivaient toujours le modèle de régionalisation provincial présidé par des gouverneurs (Oualis) sous le pouvoir absolu du sultan.

La période sous le règne de « mansour dahbi » est considérée la meilleure organisée en terme militaire et administratif.