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Pollution des eaux d’oued Meboudja, Annaba N.E.

Algérie
Water pollution of wadi Meboudja, Annaba N.E. Alegria
T. CHOUCHANEA, S. CHOUCHANEB, A. BOUKARIA

A
Welding and NDT Research centre (CSC). BP 64 CHERAGA ALGERIA B

B
Département de génie du procédé, Université Badji-Mokhtar, BP 12 Annaba 23000 Algérie
RÉSUMÉ
L’eau est l’élément autour duquel ce maintien la vie, une expansion industrielle et une
croissance alarmante de la pollution des eaux entraîne des difficultés énormes d’alimentation
ce qui nous oblige à nous inquiéter d’avantage quant à notre santé et conditions de vie, car
leurs répercussions s’avère très grave sur notre environnement.
Dans ce contexte, nous avons essayé de donner un aperçu détaille sur la pollution de oued
Meboudja (N.E. Algérie) par des métaux toxiques (Fer, Manganèse, Plomb), des matières en
suspension et des huiles-graisses.
Les résultats obtenus ont révélé que les eaux de l’oued Meboudja sont très turbides durant les
hautes saisons et fortement huileuses pendant les basses saisons. La contamination métallique
est plus importante vers les eaux avoisinant le complexe sidérurgique avec une dominance
flagrante en fer et à un degré moindre en manganèse.
La présence de telle pollution dans ce site naturel est alarmante par le fait que ce dernier se
situe dans une zone urbaine, agricole et surmontant une nappe phréatique sub-affleurante. De
plus, les eaux de l’oued se déversent directement dans la mer méditerranée par le biais d’oued
Seybouse sans traitement préalable.

MOTS CLES
Oued Meboudja, Eau, pollution, rejet, métaux toxiques

ABSTRACT
Water is the main element in life. The industrial expansion and an alarming growth of the
water pollution involves enormous difficulties; of food what obliges us to worry about
advantage as for our health and living conditions. Because their repercussions proves very
serious on our environment.
In this paper; we tried to give a details overview on the pollution of Meboudja valley (N.E.
Algeria) by toxic metals (Iron, Manganese, lead); suspended solids and oils-fat.
The results obtained revealed that water of the Meboudja valley is very turbid during the high
seasons and strongly oily during the low seasons.
Metal contamination is more important to the waters surrounding the steel complex with an
obvious dominance in iron and to a lesser extent manganese.
The presence of such pollution in this natural site is alarming by the fact that it is located in an
urban site, agricultural and influence of water recourses sub-flush.
In addition; the waters of the valley flows directly into the Mediterranean Sea via the
Seybouse valley untreated.

KEYWORDS
Meboudja valley, Water, pollution, discharge, toxic
1. INTRODUCTION
La contamination des sites naturels d’eaux par des polluants toxiques constitue une menace
potentielle susceptible d’affecter à l’avenir les activités humaines [1]. En Algérie, ce danger
est cons La figure 5 montre l’évolution de la concentration des métaux considérés du site S1
au site S5, où nous constatons deux pics pour le fer vers les eaux situées prés des S2 et S4 et un
seul pic pour le plomb et manganèse vers les eaux située prés du site S2. L’augmentation de
concentration en fer dans les alentour du site S4 est due probablement à la présence de
l’industrie de transformation sidérurgique.
taté dans les grandes villes industrielles telles que la ville d’Annaba. Cette dernière, par sa
géomorphologie et sa situation propice, est devenue un pôle très important en industries et en
agriculture en plus de l’extension en urbanisme. Ce développement a contribué à une
pollution permanente et dangereuse des réserves d’eau [2, 3], où les oueds et les réseaux
pluviaux sont devenus des décharges des eaux de rejets non contrôlés.
Dans cet esprit, notre travail se propose de donner un aperçu détaillé sur cette pollution
liquide en évaluant la contamination des eaux du oued Meboudja par des matières en
suspensions, des huiles-graisses et des métaux toxiques tels que le fer, le manganèse et le
plomb. Ce travail est concrétisé par un suivi analytique des eaux du oued Meboudja sur cinq
sites (Fig.1). Les prélèvements se font chaque 10 jour pour les métaux toxiques et une fois par
mois pour les huiles-gaisses et les matières en suspensions.
Cette étude s’avère très bénéfique puisque elle traite un problème d’actualité qui est la le
contrôle et la sauvegarde des sites naturelles d’eaux. On sait dés le départ que les
conséquences leurs contamination a des répercussions très importante et grave sur l'économie
d'une région [4]. Les exemples sont nombreux de sites ayant fondé leur prospérité sur
l'exploitation de riches ressources en eau, et qui pâtirent durement d'une gestion inconsidérée
de cette même ressource, estimée à tort comme inépuisable [5, 6].

2. PRESENTATION D’OUED MEBOUDJA


Oued Meboudja est situé dans la basse plaine de la Seybouse (N.E Algérie). Il est limité à
l’Ouest par le massif métamorphique de Belilieta et de Boukhadra, au Sud par le
prolongement des monts de la Cheffia et d’El-Kala. La bordure Est de la région est constituée
par l’oued Seybouse qui reçoit la Meboudja à près de 8 km de la Méditerranée qui constitue la
limite Nord de la zone étudiée.
Ce site est caractérisé par un écoulement permanent en hiver. Son alimentation est assurée par
les eaux de pluie, et du drainage du lac Fetzara, située au sud ouest. Son débit peut atteindre
alors 16 m3.s-1. En été, les apports sont constitués principalement par les sorties du lac (le
débit oscillent alors entre 1 et 5 m3.s -1. il reçoit également sur son parcours les rejets urbains
de plusieurs villages (Derradji Redjem, Sidi Amar, El-Hadjar) et industriels (complexe
sidérurgique, zone industrielle de Chaiba, zone industrielle Pont Bouchet).
La région renferme dans son sous sol un réservoir aquifère contenu des formations
alluvionnaires constituées de 70% de sables et 30% d’argiles (Agence japonaise de Bureau
International pour le Développement Rural 1999). La perméabilité moyenne varie de 10-3 et
10-4 m.s -1 7.
Le climat est de type méditerranéen avec des précipitations moyennes annuelles de 650 mm,
une température moyenne de 18°C et une valeur de l’humidité atmosphérique élevée. La
direction dominante des vents est N-S c'est-à-dire en direction de la région de Drèan.
L'infiltration efficace est environ 15% des précipitations, soit près de 100 mm par an qui
infiltre vers la nappe 8.
Légende :
S1: situe en aval des rejets de l’agglomération de Derradji Redjem;
S2: situe en aval des rejets du complexe sidérurgique;
S3: situe en aval des eaux de rejets de la zone industrielle de chaiba;
S4: situe en aval des eaux de rejets de la zone industrielle de pont bouchet;
S5 : situe en amont de l’embouchure d’oueds Seybouse et Meboudja. Mer Méditerranée
412
Zone étudiée ANNABA
410
Sidi Salem

408 ALGERIE EDOUGH

BoukhadraEl Bouni
406

404 Pont-
Sidi-Amar Bouchet
402

400
El-Hadjar
Hadjar diss
Oued Seybouse
tzara

dja
398
Mebou Complexe
Lac Fe

Oued
Sidérurgique
396

394

392 Daroussa
0 5 km
390
936 938 940 942 944 946 948 950 952 954

: 1 : 2 : 3 : 4 : 5 : 6 : 7

Figure 1. Localisation de la zone d’étude


3. MATERIELS ET METHODES
3.1 Matériels
Absorption atomique modèle Perkin Elmer 3110, lampes à cathode creuse modèle Perkin
Elmer, pH mètre modèle Ericsson, conductimètre et centrifugeuse modèle Sigma.
Les réactifs employés dans les différentes étapes de ce travail sont de provenance Merck
(HCl, HNO3, CaCl2, NiNO3), Lobi (trichloréthylène, iodoplombate de potassium) et Pro-lobo
(les solutions étalons des cations mis en examen)

3.2 Prélèvements
Le choix des points de prélèvements était basé sur l’emplacement des sources de pollution.
Les prélèvements des échantillons spécifiques pour l’analyse des métaux sont effectués selon
la norme d’échantillonnage [9] périodiquement tous les 10 jours assez loin du rivage à des
profondeurs approximatives de 50 cm. Les échantillons sont recueillis dans des bouteilles
polyéthylène de basse densité, de capacité 1L. Au laboratoire, ils sont filtrés, déshuilés,
acidifiés par quelques gouttes de HNO3 et conservés éventuellement à 4°C [10]. Des
prélèvements supplémentaires ont été effectués à raison d’une fois par mois pour la
détermination des matières en suspensions et le dosage des huiles–graisses. Les échantillons
recueilles sont acidifiés par quelques gouttes d’acide chlorhydrique.

3.3 L’analyse
L’analyse du Fe, du Mn, et du Pb a été réalisée en utilisant la spectrométrie d’adsorption
atomique [11] avec des lampes à cathodes creuses mono couche, où, nous avons utilisé la
flamme air-C2H2 oxydante. Le fer présent à des fortes concentrations a été dosé après dilution
préalable pour les eaux prélevées des sites S2, S3 et S4. Le manganèse présent à des
concentrations diverses a pu être analysé directement après ajout de CaCl2 [12]. Le plomb a
été analyse qu’après une extraction liquide-liquide par l’acétone sous forme de complexe
iodoplombate de potassium (concentration de l’ordre de 0,065 mg/l) dans les sites S4 et S5.
Les matières en suspensions ont été analysées par la technique de centrifugation [13] et cela
après homogénéisation de l’eau brute vu la présence des huiles-graisses [14]. L’huiles-
graisses ont étés dosés par extraction à pH 5 à l’aide d’un extracteur à rouleaux avec
ampoules spéciales à décanter [15].

4. RESULTAS ET DISCUSSIONS
Les eaux de l’oued Meboudja sont très turbides durant les hautes saisons et fortement
huileuses pendant les basses saisons, avec des concentrations très élevées des matières en
suspensions [de 1935 à 2480 mg/L en janvier et de 590 à 970mg/L en juillet] et des fortes
teneurs considérables en huiles-graisses comprises [49 et 88mg/L en janvier et entre 168 et
258 mg/L en juillet]. La température de l’eau est comprise entre 8 et 24°C, la conductivité
mesurée est supérieure à 2930 µs/cm. Le pH varie de 4,5 à 7,9.

Tableau I: Les concentrations moyennes annuelles des matières en suspension (MES) et


huiles-graisse dans les eaux d’Oued Meboudja aux différents points échantillonnés. La
deuxième colonne représente le nombre de prélèvement et la dernière colonne reproduise la
teneur limite tolérée dans les rejets liquides industriels [16].
CS1 CS2 C S3 CS4 CS5 Norme
Élément n
(mg/L) (mg/L) (mg/L) (mg/L) (mg/L) (mg/L)
MES 12 1060,45 1941,87 1984,44 2214,12 2322,62 20
Huiles-graisses 12 98,65 189.23 132.11 114.3 110.85 40

Tableau II: Les concentrations moyennes annuelles des métaux considérés dans les eaux
d’Oued Meboudja aux différents points échantillonnés. La deuxième colonne représente le
nombre de prélèvement et les deux avant dernières colonnes reproduisent respectivement la
concentration limite tolérée dans les rejets liquides industriels [16] et les normes préconisées
par l’OMS [17].
CS1 CS2 C S3 CS4 CS5 Norme Norme
Élément n
(mg/l) (mg/l) (mg/l) (mg/l) (mg/l) (mg/l) (mg/l)
Fe 36 2,83 9,03 5,27 6,59 1,54 5 0,2
Mn 36 0,59 1,33 0,76 0,46 0,27 0,5 0,04
Pb 36 0,47 0,98 0,72 0,53 0,30 1 0,01

4.1 Suivi de la concentration en fer


Le suivi de la concentration en fer, dans les eaux de oued Meboudja se distingue par la
présence des concentrations mensuelles moyennement faibles vers les eaux situées proche du
site S1 [1,36 mg/L en février et 3,9 mg/L en juillet] et de fortes concentrations sont observées
sur toute l’année vers les eaux situées prés du site S2 [5,05 mg/L en janvier et 12,91 mg/L en
août] (Fig.2). La présence des poussières des minerais de fer entraînées dans les eaux peut
favoriser, moyennement avec l’évolution de certaines conditions oxydo-reductrices (rôle du
carbone organique, ammoniaque et sulfate), du fer ferreux soluble 18. Ce qui explique la
présence du fer vers les eaux situées prés du S1.
La progression rapide du fer vers les eaux situées prés du site S2 résulte aussi bien de la
présence des poussières de minerais de fer en plus aux rejets liquides en amont de cette zone
19. Après un certain parcours, les conditions réductrices, vont s’affaiblir graduellement,
entraînant la précipitation de Fe+2 sous forme d’hydroxydes. De plus l’apport en eau des rejets
de différentes natures (phénomène de dilution) fait diminuer la valeur de la concentration
moyenne annuelle en fer de 9,03 à 5,25 mg/L vers les eaux situées prés du site S3 (tableau II).
Les eaux prélevées au niveau du point S4 montrent un retour vers les fortes concentrations, où
la concentration moyenne mensuelle varie de 3,92 mg/L en février à 9,41 mg/L en août]
(Fig.2).
Ce phénomène est dû probablement à la présence du fer dissous vers les eaux en amont de ce
point, aux rejets des industries de transformation sidérurgiques de la zone industrielle de
chaiba et à la présence des fortes concentrations en huiles-graisse qui donnent une forte
stabilité aux ions métalliques 20.

S1 S2 S3 S4 S5
C (mg/L)

15

10

Figure 2. Suivi de la concentration moyenne mensuelle en Fer


Durée de prélèvement (mois)
A l’aplomb du site S5, les concentrations mesurées sont inférieures à la norme et variée de
0,84 mg/L en janvier à 2,34 mg/L en juillet (Fig.2). Cette diminution est lie probablement à
l’absence d’apport en eau de rejet, à la diminution de la vitesse d’écoulement (la pente entre le
S4 - S5 est presque nulle) et surtout à la présence des quantités importantes des matières en
suspensions. Cette situation inquiétante induite par la présence du fer a des répercutions
néfastes sur l’homme et son environnement, puisque dès le départ, elle donne une certaine
coloration et un goût inacceptable à l’eau. Au court du temps, elle peut être transmise aux
plantes et aux animaux et à long terme peut atteindre la nappe phréatique par accumulation à
travers un sol non colmaté.

4.2 Suivi de la concentration en Manganèse


La présence du manganèse dans les eaux d’oued Meboudja se différencie par des
concentrations élevées vers les eaux situées prés des sites S1, S2 et S3 (Fig.1).
En effet, la concentration moyenne annuelle dépasse la norme (0,5mg/L) et elle est de l’ordre
de 0,59 mg/L (S1), 1,33 mg/L (S2) et 0,76 mg/L (S3) (tableau II).
La concentration mensuelle varie de 0,21 à 0,98 mg/L vers le site S1, de 0,46 à 2,08mg/L vers
le site S2 et de 0,3 à 0,13 mg/L vers le site S3 (Fig.3).
Pour les eaux situées vers les sites S4 et S5, la Présence du manganèse est moins importante et
décroît dans le sens d’écoulement hydraulique.
S1 S2 S3 S4 S5
C (mg/L)
2,5
2
1,5
1
0,5
0

Durée de prélèvement (mois)

Figure 3. Suivi de la teneur moyenne mensuelle en Manganèse

Ce constat est justifié par la valeur de la concentration moyenne annuelle, cette dernière est
inférieure à la norme (0,5mg/L) et elle diminue de 0,19 mg/L [0,46 mg/L (S4) à 0,27 mg/L
(S5)] (tableau II). Ce résultat est dû éventuellement à l’apport très important en eau de rejets
urbains et industriels (phénomène de dilution) et à la présence importante des matières en
suspensions (phénomène de décantation). Ceci dit, il est clair que les concentrations ne sont
acceptables que vers les eaux du point S5 (Fig.3). La contamination des eaux d’oued
Meboudja par de telle concentration en manganèse, contribue sûrement à la pollution des eaux
souterraines, à la contamination des plantes [23], à régénérer des perturbations chez les
animaux [24], et surtout elle peut nuire à l’homme [25].
4.3 Suivi de la concentration en Plomb
Ce suivi analytique dans les eaux d’oued Meboudja a révélé la présence du plomb à
différentes concentrations dans les 05 sites mis en examen. Les zones les plus contaminées
sont situes vers les eaux avoisinant les sites S2 et S3, où la concentration moyennes annuelles
est respectivement de 0,98 mg/L et 0,72 mg/L (tableau II). Les pics mesurés sont de 1,38
mg/L en septembre vers les eaux situées prés du site S2 et de 1,1 mg/L en août vers les eaux
situées prés site S3 (Fig.4).Les eaux situées vers les sites S1 et S4 sont moins polluées. La
concentration moyenne mensuelle est comprise entre 0,24 et 0,71mg/l pour le site S1 et 0,21 et
0,82 mg/l pour le site S4. (Fig.4).
En amont l’embouchure des deux oueds (S5), les concentrations moyennes mensuelles sont
acceptables durant les basses saisons et faibles pour le reste de l’année (Fig.4). La
concentration maximum mesurée est de 0,48 mg/l en juillet.
En effet, la précipitation du fer sous forme d’hydroxyde et la présence des matières en
suspensions (majorités argileuses) font diminuer la valeur de la teneur en plomb aux points S3
et S4, puisque les hydroxydes de fer fixent préférentiellement le Cu, Pb, Zn, Hg, Cr tandis
que les argiles fixent Cu, Pb, Zn [26]. Cet élément nocif qui n’est pas dégradable par la
nature. Par accumulation et à des concentrations élevées peut nuire aux plantes et aux sols
[27]. Chez l’homme, il peut provoquer des problèmes de santé 28, 29.

C (mg/L) S1 S2 S3 S4 S5
1,8
1,6
1,4
1,2
1
0,8
0,6
0,4
0,2
0

Durée de prélèvement (mois)

Figure 4: Suivi de la concentration moyenne mensuelle en plomb

4.4 La situation globale d’oued Meboudja


Les figures présentées ci-dessus montrent d’une part que la zone située au niveau du point S2
est le plus atteinte par la pollution en éléments considérés et d’autre part que cette
contamination est plus marquée durant les basses saisons.

Fe Mn Pb
12 3

10 2,5
CMn,Pb(mg/L

8 2
CFe(mg/L)

6 1,5

4 1

2 0,5

0 0
S1 S2 S3 S4 S5
Site de prélèvement

Figure 5. Suivi de la teneur moyenne annuelle des éléments considérés

La figure 5 montre l’évolution de la concentration des métaux considérés du site S1 au site S5,
où nous constatons deux pics pour le fer vers les eaux situées prés des S2 et S4 et un seul pic
pour le plomb et manganèse vers les eaux située prés du site S2. L’augmentation de
concentration en fer dans les alentour du site S4 est due probablement à la présence de
l’industrie de transformation sidérurgique.

5. CONCLUSION
Après un monitoring étalé sur douze mois et sur la base des différentes investigations
réalisées, nous concluons que les eaux superficielles de oued Meboudja sont polluées. Cette
pollution est plus forte durant les basses saisons et la charge la plus polluante se situe vers les
eaux avoisinant le site S2 (figure 1).
Les eaux de l’oued Meboudja sont inondées par les matières en suspension et remplies des
huiles-graisses. Cette pollution est visuellement détectable, où on constate un lit d’huiles et
matières en suspension à l’intérieur de l’oued.
Cette contamination est favorisée par les rejets industriels et domestiques des différentes
usines et agglomérations avoisinantes.
La présence élevée du fer et du manganèse est due à l’effet de la pollution liquide et
atmosphérique qui est issue des industries avoisinantes (industries sidérurgiques). Le plomb
provient aussi bien des rejets industriels et urbains.
L’emplacement de ce site naturel pollué proche des zones très urbanisées risque de favoriser
le développement de plusieurs maladies par différentes sources recueillies lors de l’étude
préliminaire.
Il est à craindre aussi que ces éléments, étant donné leurs concentrations, puissent nuire à
l’agriculture. En effet, les eaux chargées de tels intrants nocifs provenant des rejets industriels
et urbains sont très mauvaises pour les irrigations des terres car déjà dès le départ la
conductivité mesurée dans tous les points est supérieure à 2930 µs/cm alors que pour une eau
normale elle est de l’ordre de 400 µs/cm [30].
Le plus grave encore est la contamination de la nappe phréatique par la présence des ces
métaux toxiques compte tenu de sa proximité de la surface du sol.
La finalité de cette étude est d’enrichir la banque de donnée environnementale en mettant en
évidence les sources et le taux de pollution afin de les réduire progressivement, voire de
supprimer les rejets, les émissions et les pertes de ces substances dans un délai très bref.

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