Vous êtes sur la page 1sur 113

Rapport d’évaluation des interventions de l’ONEP en milieu rural iii

Table des matières

page

1 RESUME 1

2. ANTECEDENTS ET CONTEXTE 9
2.1 Motifs de l’évaluation 9
2.2 Convention ONEP-FAO 9
2.3 Mission d’évaluation 9
2.4 Méthodologie d’évaluation 10

3. CONCEPTION DES INTERVENTIONS DE L'ONEP EN MILIEU RURAL 11


3.1 Les phases d'intervention 11
3.2 Programmation des interventions 15
3.3 Cohérence avec d’autres interventions 16

4. MISE EN OEUVRE DES INERVENTIONS D'AEP RURALE 18


4.1 Moyens mobilisés 18
4.1.1 Organisation 18
4.1.2 Ressources humaines 19
4.2 Les activités de formation 21
4.2.1 La formation continue 24
4.2.2 Les activités PAGER 26
4.2.3 Les activités de formation au profit de tiers 28
4.3 Méthodes et procédures 28
4.3.1 Procédures pour l’identification des douars/zones à équiper 28
4.3.2 Etudes socio-économiques 30
4.3.3 Etudes techniques 33
4.3.4 Participation 35
4.4 Réalisation des aménagements 46
4.4.1 Options techniques 46
4.4.2 Exécution et contrôle des travaux 49
4.5 Coordination avec les autres intervenants 49

5. RÉSULTATS OBTENUS ET EFFICACITE 50


5.1 Résultats physiques 50
5.1.1 Collecte des contributions de la population 50
5.1.2 Evaluation des projets achevés en terme de fonctionnement et
d’utilisation par les usagers 51
5.2 Analyse économique et financière 52
5.2.1 Analyse de l’équilibre économique et financier global de l’ONEP 52
5.2.2 Compensations internes et durabilité de l’AEP 57
5.2.3 Equilibre des gérances et durabilité de l’AEP 60
5.2.4 Les transferts de l’Urbain vers le Rural 61
5.2.5 Tarification des centres et douars 63
5.3 Durabilité 67
5.3.1 Douars 67
5.3.2 Petits centres 67

6. CONCLUSIONS ET ORIENTATIONS STRATEGIQUES 67


iv

6.1 Conclusions 67
6.1.1 Stratégie d'intervention et planification 68
6.1.2 Programmation 68
6.1.3 Organisation 69
6.1.4 Formation 70
6.1.5 Aspects économiques et financiers 70
6.2 Orientations Stratégiques 71
6.2.1 Planification 71
6.2.2 Programmation 72
6.2.3 Organisation 75
6.2.4 Aspects techniques de la mise en œuvre 76

ANNEXE 1 INDICATEURS 79
ANNEXE 2 INDICATIONS MÉTHODOLOGIQUES POUR L’ÉVALUATION DES INTERVENTIONS
DE L’ONEP EN MILIEU RURAL 83
ANNEXE 3 RÉSULTATS PHYSIQUES (TABLEAUX) 95
ANNEXE 4 ANALYSE ÉCONOMIQUE ET FINANCIÈRE 101
ANNEXE 5 ETUDES ET DOCUMENTS CONSULTÉS 111
ANNEXE 6 QUESTIONNAIRE SOUMIS AUX SERVICES RÉGIONAUX DE L’ONEP 113
Rapport d’évaluation des interventions de l’ONEP en milieu rural v

Liste des abréviations

ACA Analyse coût-avantage


ACDI Agence canadienne de développement international
AEP Approvisionnement en eau des populations
AGR Administration du génie rural
APD Avant-projet détaillé
APS Avant-projet sommaire
BF Borne fontaine
BI Borne individuelle
CERED Centre d'études et de recherches démographiques
CPC Compte des produits et charges
CSEC Conseil supérieur de l'eau et du climat
Dahir Décret
DCE Dossier de consultation des entreprises
DD Direction planification et développement
DEA Direction des études et de l'assainissement
DEQ Direction de l'équipement
DEX Direction de l'exploitation
DGCL Direction générale des collectivités locales
DGH Direction générale de l'hydraulique
Dh Dirham
DR Direction régionale
FADES Fonds arabe pour le développement économique et social
FAO Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture
GG Gardien gérant
MADRPM Ministère de l’agriculture, du développement rural et des pêches maritimes
MARP Méthode active de recherche participative
MDh Million de dirhams
ONEP Office national de l'eau potable
PAGER Programme d’approvisionnement groupé en eau potable des populations rurales
PEA Point d'eau aménagé
PNUD Programme des Nations Unies pour le développement
TAIM Taux d’accroissement inter-annuel moyen de la population
vi

UNICEF Fonds des Nations Unies pour l'enfance


Rapport d’évaluation des interventions de l’ONEP en milieu rural 1

1. RÉSUMÉ

Dans le cadre de la Convention ONEP/FAO d’assistance technique au programme de développement de


l’alimentation en eau potable rurale et de l’assainissement, l’ONEP a demandé à la FAO de procéder à
l’évaluation de son programme d’approvisionnement en eau potable rurale en vue de réviser sa stratégie
en la matière.

Une mission composée de trois consultants internationaux et de trois consultants nationaux est
intervenue en trois étapes :

 La première étape, qui s’est déroulée du 25 au 30 juillet 1999 a permis, à travers un atelier de
réflexion avec différents intervenants du secteur, de définir l’approche méthodologique, d’identifier
les sujets les plus importants à traiter et de mettre au point un programme et un calendrier
d’intervention ;
 La deuxième étape, qui s’est déroulée principalement du 2 au 14 septembre 1999, a permis de
collecter des informations sur le terrain (principalement dans la région de Fès-Meknès), d’établir le
canevas du rapport d’évaluation et de préciser les contributions de chaque intervenant. Au cours de
cette période, des questionnaires ont été soumis à l’ONEP dans le but de rassembler des éléments
d’information nécessaires pour l’évaluation et non disponibles dans les rapports et statistiques au
niveau central ;
 La troisième étape, du 11 au 22 octobre 1999, a permis de compléter les visites de terrain (une
nouvelle visite de terrain dans la région de Tiznit, et une première analyse des données et
informations récoltées sur laquelle sont basées les conclusions préliminaires proposées dans le
présent aide-mémoire.

La structure du rapport suit le cadre logique de l’évaluation qui s’est déroulée selon le schéma de
l’annexe 2. Une première section descriptive présente la conception des interventions de l’ONEP en
milieu rural et leur mise en œuvre. L’analyse des résultats obtenus est ensuite présentée et permet, dans
la dernière partie du rapport, de présenter les conclusions et orientations stratégiques proposées par la
mission. Le résumé ci-dessous synthétise les principales conclusions de l’évaluation et les propositions
de stratégie qui y sont associées.

Les principales conclusions et orientations stratégiques identifiées au cours de l’évaluation sont


présentées ci-dessous et sont organisées dans le même ordre que dans le rapport de la façon suivante :

 Evaluation générale de l’action de l’ONEP en milieu rural


 Aspects relatifs à la planification régionale des aménagements
 Aspects relatifs à la programmation des actions et projets
 Aspects relatifs au suivi des intervention en milieu rural
 Aspects institutionnels, d’organisation et de formation relatifs à l’AEP rurale
 Aspects économiques et financiers

Les éléments de stratégie proposés sont indiqués en italique dans le texte et suivent immédiatement
les constatations auxquelles elles se rapportent.

1. Evaluation générale de l’action de l’ONEP en milieu rural

L’ONEP a été créé en 1972 avec pour mandat principal de planifier l’approvisionnement en eau potable
et de garantir la production d’eau au niveau national. Il est également chargé de la gestion de la
distribution de l’eau potable au sein des Communes qui le demandent. En 1995, le PAGER a fixé à
l’ONEP un mandat concernant son intervention dans le milieu rural et y a adjoint des objectifs à long
2

terme dans ce domaine, modifiant ainsi considérablement les attributions de l’ONEP dans le milieu
rural.

La réputation de l’ONEP pour ce qui concerne la planification et la production d’eau potable, ainsi que
leur distribution en zone urbaine, est bâtie sur les résultats accumulés au cours des trente dernières
années. A l’inverse, l’implication plus marquée de l’ONEP dans le milieu rural depuis 1995 ne s’est pas
encore traduite par une efficience et un savoir-faire similaire à ceux obtenus dans les domaines de la
production d’eau et de l’adduction d’eau en milieu urbain. Les causes principales de cette situation sont
décrites en détail dans les sections qui suivent. D’une manière générale, on peut dire que l’ONEP a été
confronté en milieu rural à une problématique tout à fait différente de celle qu’il avait appris à maîtriser
en milieu urbain et que sa structure, le profil et les qualifications de son personnel et ses méthodes de
travail ne sont pas, jusqu’à présent, adaptées aux spécificités du monde rural.

Le secteur de l’AEP rural au Maroc est complexe. Contrairement à la distribution d’eau en milieu
urbain, il exige une excellente maîtrise de paramètres d’ordre social et économique, alors que sur la plan
technique les problèmes auxquels on peut être confronté sont généralement moins complexes que dans
l’AEP urbain. L’approche principalement technique qui prévaut au sein de l’ONEP et qui est
relativement bien adaptée à la distribution d’eau en milieu urbain ne répond de ce fait que partiellement
aux besoins de l’AEP rural. Cette inadéquation entre les besoins et la capacité opérationnelle de l’ONEP
se traduit par une difficulté à appréhender le problème de l’AEP rural. Cette situation a des
conséquences à plusieurs niveaux qui se traduisent, au niveau des performances globales, par des
retards dans la mise en œuvre du PAGER, par des difficultés à assurer l’entretien et la gestion des
équipements et par une performance relativement médiocre des bornes-fontaines. Il en découle une
incapacité à garantir la durabilité des actions entreprises en milieu rural, d’où la nécessité de revoir la
stratégie de l’Office en la matière.

Plusieurs responsables de l’ONEP sont conscients de cette situation et des efforts sont fournis, au
niveau de plusieurs Directions, pour améliorer la situation. Des programmes de formation pour l’AEP
rurale sont organisés, une étude pilote est en cours (Sidi Kassem), une réorganisation partielle des
structures de l’ONEP a été effectuée et il est prévu qu’en l’an 2000 la gestion de l’AEP dans le rural
soit traitée séparément de la gestion de l’AEP urbain. Un effort plus significatif est nécessaire si l’ONEP
veut pouvoir s’acquitter convenablement de la tâche qui lui a été confiée dans le cadre du PAGER, et ce
dans le cadre d’une véritable stratégie de l’AEP rural. Le rapport propose des éléments de stratégie à ce
sujet.

Enfin, certains problèmes non spécifiquement liés à l’AEP rural ont néanmoins un impact sur son
programme et sont également discutés dans le rapport. Ils se rapportent principalement à la
collaboration entre les différentes Directions de l’ONEP et avec la DGH, à la nécessaire transparence
dans la gestion financière des centres urbains et ruraux (et aux subsides intra-sectoriels), et à la
défaillance des systèmes de suivi-évaluation.

2. Aspects relatifs à la planification régionale des aménagements

La mission a constaté l’absence d’un plan général d’aménagement du milieu rural en eau potable
qui devrait en fait s’inscrire dans un plan national d’aménagement du territoire. L’absence d’un guide à
la planification des interventions de l’ONEP en milieu rural conduit à la mise en œuvre de projets dont
le degré de priorité ne répond pas à des critères objectifs homogènes. Des efforts sont faits par la DGH
qui, depuis 1998, réalise des “Etudes d’alimentation en eau potable des populations rurales” au niveau
de provinces.

Les études DGH pourraient constituer une base de départ pour la mise en place d’une véritable
planification des interventions d’AEP en milieu rural. En tout état de cause, et quelle que soit la base
de travail, une collaboration avec la DGH pour une planification régionale de l’AEP rural doit être
recherchée.
Rapport d’évaluation des interventions de l’ONEP en milieu rural 3

Un manque de clarté subsiste dans les objectifs de l’ONEP en milieu rural. Dans les principes du
PAGER, celui-ci est chargé d’assurer, par des adductions, l’alimentation de douars situés dans des
zones dépourvues de ressources. En réalité, l’ONEP choisit ses zones d’intervention essentiellement en
fonction de l’existence ou d’un projet de conduite d’adduction. Il faut cependant noter que dans des cas
de plus en plus nombreux, l’ONEP étend ou prévoit d’étendre son intervention dans des zones
relativement éloignées des adductions urbaines, créant ainsi de véritables adductions régionales.

L’ONEP devrait revenir à l’objectif initial tel que défini par le PAGER et qui consiste en piquages à
partir d’adductions existantes ou projetées et systèmes autonomes d’adduction.

3. Aspects relatifs à la programmation des actions et projets

Dans l’ensemble, les performances des bornes fontaines dénotent une situation non optimale: dans
40% des provinces dans lesquelles ont été réalisés des aménagements de douars par BF, leur
consommation moyenne est inférieure à 10 l/hab./jour, soit la moitié de la dotation prévue, et cette
consommation tombe à 3 l/hab./jour dans deux de ces provinces. Cette faiblesse des consommations
démontre que, là où elles ont été installées jusqu’à présent, les BF sont sous-utilisées par rapport aux
prévisions. Plusieurs raisons peuvent expliquer cette sous-utilisation, mais cette situation est une
indication des problèmes que rencontre l’ONEP dans la mise en œuvre de son programme en milieu
rural.

C’est encore une logique urbaine qui prévaut dans la conception des projets d’AEP rural. L’ONEP
a appliqué ses connaissance et les méthodes développées dans le milieu urbain à l’AEP rural sans y
apporter toutes les modifications nécessaires. Des modifications progressives ont été notées et
concourent à une meilleure prise en compte de la réalité rurale du pays, mais beaucoup d’efforts restent
à faire pour développer une approche véritablement adaptée au monde rural.

Le cycle de vie des projets inclut des campagnes de sensibilisation qui ont fait l’objet, depuis mai
1999, de l’introduction de techniques de diagnostic participatif, nouvelles pour l’ONEP. Ainsi, dans
certains sites, le nombre et la localisation des bornes fontaines ont été décidés en concertation avec les
populations. Malgré cette récente amélioration, le cycle actuel est loin d’être inspiré d’une réelle
approche participative. La participation est encore vue comme un outil de persuasion par lequel on
essaie de convaincre les population à accepter des décisions prises sur la base de critères purement
techniques. De plus, des modèles standardisés sont proposés aux populations, sans tenir compte des
spécificités régionales et de celles liées à l’existence de groupes socio-économiques très différenciés.

Une modification plus profonde du cycle de vie des projets, basée sur l’implication des population
dès les premiers stades du projet doit être adoptée. Ainsi, les cycles de vie des projets doivent se
dérouler selon la séquence suivante: réalisation d’études socio-économiques améliorées (adaptation
des questionnaires et utilisation de technique de diagnostic participatif), décentralisées
progressivement (en concertation avec la DGH); réalisation d’études techniques ;
restitution/validation de l’information et analyse coûts/avantages; réalisation des ouvrages.
4

Les études socio-économiques, introduites pour les projets les plus importants depuis 1993, ont
marqué un progrès dans le processus d’identification des besoins en eau des populations. Mais
elles présentent des points de faiblesse qui limitent leur utilisation dans l’analyse économique en
phase de programmation, en particulier pour ce qui concerne les méthodes d’enquêtes, leur contenu, leur
cible et la concertation avec les autres intervenants. Même dans leur état actuel, les études socio-
économiques ne sont pas suffisamment exploitées.

Les méthodes d’enquête doivent inclure des diagnostics participatifs, en complément des
questionnaires (comme cela est pratiqué par plusieurs intervenants au Maroc, y compris la DGH
dans le cadre du PAGER). Elles doivent inclure, dans la composition des équipes, des spécialistes
régionaux, des sociologues et des enquêteurs femmes. Elles doivent être menées de façon à pouvoir
estimer la valeur économique monétisée de l’eau potable pour les différents types d’usagers. Les
enquêtes-ménages, qui actuellement ne concernent que les chefs de ménage, donc seulement les
hommes devraient également s’adresser aux femmes. Elles devraient utiliser des méthodes
d’évaluation contingente (voir détail dans le rapport) et devraient également pouvoir faire ressortir
la valeur d’option des BF, à savoir, leur valeur économique en tant que source de secours en cas de
sécheresse, d’épidémies, de changements possibles de la propre situation socio-économique, même si,
en temps normal, l’eau n’est pas utilisée. Enfin, ces études devraient entre outre approfondir les
questions de l’identification et de la priorisation de différents besoins des populations, des conflits
intra et inter-douar et des ressources alternatives, afin de pouvoir estimer avec plus de précision la
consommation prévue au niveau la BF, et mieux choisir l’emplacement des bornes fontaines en
fonction des besoins des populations.

Enfin, il est dès à présent possible d’utiliser les bases de donnés disponibles issues des études
antérieures, mêmes si incomplètes, pour établir des corrélations entre les différentes variables et des
modèles de comportement, et estimer l’impact des projets d’AEP dans les douars et les zones des
projets sur la distribution des revenus.

Les analyses coût-avantage ne sont pas systématiquement utilisées pour la sélection des zones
prioritaires d’intervention et, à l’intérieur de celles-ci, des douars prioritaires.

Une utilisation systématique de l’analyse coûts-avantages est recommandée pour chaque


intervention. Ce type d’analyse compare en termes monétaires les coûts aux avantages économiques
dégagés par les projets. Dans le cycle de programmation des interventions, l’ACA doit se placer en
aval des études socio-économiques (qui sont en outre nécessaires pour la monétarisation de certains
avantages des AEP et pour la détermination des modèles de comportement).

La Direction de la planification a commencé à utiliser des logiciels de simulation spécifiques pour


l’évaluation du prix de revient (coût de développement) de l’eau, en phase d’étude de projet.

L’acquisition d’outils et d’expertise dans le domaine des simulations est importante et doit être
encouragée. L’ONEP doit en effet être capable de simuler le prix de revient en fonction de différents
niveaux de consommation finale et d’utiliser l’analyse coûts-avantages pour pouvoir analyser
simultanément du point de vue économique la position du consommateur et celle de l’ONEP. Une
formation de mise à niveau et une formation spécifique pour le personnel travaillant dans le domaine
des simulations technico-économiques est à prévoir.

La Direction de la planification (Divisions coordination et études) et la Direction financière sont


parfois engagées dans des études parallèles et non concertées concernant les calculs des prix de
revient et les problèmes de tarification. De même, les études techniques correspondent à des
standards très différents suivant que les cahiers des charges sont issus de la DEA (grosses études), des
Directions régionales ou de la DD (études de faisabilité). De plus, on constate que la qualité des études
techniques est très inégale d’une région à l’autre. On note également que des coûts unitaires très
variables sont utilisés, sans raison apparente, d’une étude à l’autre, même au sein d’une même région.
Rapport d’évaluation des interventions de l’ONEP en milieu rural 5

Une meilleure coordination et concertation entre les Directions et les agents chargés des études est
indispensable, que ce soit au niveau financier ou au niveau technique. Une standardisation des
termes de référence des études techniques et un suivi plus rigoureux des études, notamment de la part
des Directions régionales, sont également nécessaires, ainsi qu’une standardisation des prix unitaires
par région.

4. Suivi des intervention en milieu rural

L’ONEP ne dispose pas d’une base de données systématique sur l’état d’avancement et la
réalisation des projets dans le milieu rural. Des efforts sont en cours, au sein de la Division Contrôle
de gestion, pour se doter d’une base de données systématique pour le suivi de la mise en place des
investissements dans le milieu rural (PAGER). De même, l’ONEP ne dispose pas de bases de données
sur l’état des équipements en milieu rural.

Une meilleure coordination avec la Division “Comptabilité analytique” surtout en ce qui concerne la
codification des projets et le passage de la phase de exécution à la phase d’exploitation est
souhaitable. Un effort considérable est à faire pour récolter le minimum d’information nécessaire à
un suivi régulier des performances et de la durabilité des équipements sur le terrain.

Jusqu’à présent, l’ONEP ne dispose pas d’une comptabilité séparée pour le rural (douars et
gérances) et l’urbain. Il n’est de ce fait pas possible de séparer et d’agréger de façon systématique et
automatique les charges et recettes des centres ruraux et des projets PAGER des charges et recettes des
centres urbains. Des efforts de la Division Comptabilité sont en cours, en coordination avec la Division
Aménagement Rural. Il est prévu de codifier chaque projet PAGER et de reclasser les montants depuis
le début du PAGER.

Il est souhaitable de poursuivre cet effort et de l’élargir au classement des gérances entre rural et
urbain. Une coordination avec la Division Contrôle de gestion est souhaitable.

Les rapports comptables officiels doivent être améliorés pour augmenter la transparence du secteur
“gérances”. Ainsi il est nécessaire de mieux documenter la destination des surtaxes et afin de pouvoir
évaluer la correspondance avec les objectifs qui ont été à la base de leur instauration. L’effort de
transparence exige également que soient nettement sépares les bilans des gérances de ceux de
l’ONEP proprement dite.

5. Aspects institutionnels, d’organisation et de formation relatifs à l’AEP rurale

L’organisation de l’ONEP a récemment connu des changements qui peuvent être considérés comme des
améliorations pour l’AEP rurale, avec la création du Service Rural de la DD et de la Division
Aménagement Rural de la DEx, à laquelle a également été attribué le domaine de la sensibilisation
rurale, un redéploiement du personnel du siège vers les DR et des améliorations de procédures, comme,
depuis cinq ans, le traitement des données comptables au niveau régional. La mission a cependant
identifié un certain nombre de faiblesses qui ont un impact négatif sur l’efficacité de l’action de l’ONEP
en milieu rural dont les principales sont les suivantes :

 l’absence d’un plan organisationnel adapté au renforcement des interventions de l’ONEP en milieu
rural ;
 l’absence d’un programme de recrutement/redéploiement et de formation-recyclage du personnel lié
à ce au plan organisationnel ;
 le cloisonnement élevé des Directions, comme le montrent la faible connaissance réciproque des
fonctions et des activités de chaque unité et la mauvaise circulation de l’information ;
6

 le fait que la Direction de la post-évaluation, en 1994, n’est pas opérationnelle depuis deux ans et
que les études de post-évaluation soient confiée à une entité opérationnelle responsable notamment
de la réalisation des études socio-économiques d’identification ;
 la non utilisation par la DD et la DEx d’économistes ruraux et de sociologues.

Les activités de formation relatives à la qualité de l’eau et aux aspects techniques et organisationnels des
gérances ont toujours caractérisé très positivement les activités de l’ONEP. Pour ce qui concerne le
milieu rural, un effort certain a été fait : organisation de sessions de formation en technique d’animation
s’adressant aux cadres et aux agents techniques et démarrage de formations à l’intention des gardiens
gérants. Cependant, le programme PAGER n’a pas été pour l’ONEP une occasion pour la mise en place
d’un véritable plan de formation qui lui permette de répondre de façon adéquate aux nouveaux défis
que posait sa mise en œuvre. Les activités de formation en matière d’animation sont encore largement
insuffisantes par rapport aux besoins de l’approche du PAGER et aux profils et à l’expérience des
cadres et agents de l’ONEP. Les sessions de formation adressées aux gardiens gérants sont
embryonnaires et n’avaient jusqu’en 1998 touché que 11% des gardiens-gérants en exercice.

Une révision en profondeur du schéma organisationnel de l’ONEP est nécessaire si celui-ci veut
pouvoir aborder correctement le volet rural de ses attributions. Cette réorganisation doit refléter
l’importance des aspects socio-économiques de l’AEP rural et prévoir à cet effet un plan de
recrutement/redéploiement et de formation/recyclage du personnel adapté aux besoins nouveau. La
post-évaluation doit être faite par une unité indépendante du cycle de vie des projets, et l’importance
du suivi doit être reflétée dans l’organigramme. Un effort considérable de concertation entre les
Directions doit également être fait, incluant une meilleure circulation de l’information sur les
programmes et activités des différentes Directions.

6. Aspects économiques et financiers

Les gérances, nettes de la surtaxe de solidarité, sont fortement déficitaires même si l’on ne
considère que les charges directes. La mission est d’avis qu’il s’agit là d’une interprétation trop laxiste
du rôle de la surtaxe de solidarité et que cette situation ne favorise pas une gestion efficiente des
gérances. Par contre, lorsque l’on prend en compte la surtaxe de solidarité, les gérances sont
excédentaires au moins depuis cinq ans. Les gérances “rentabilisent” l’ONEP par le biais de l’excédent
de la surtaxe sur leur déficit de gestion (qui permet de couvrir les coûts directs, indirects, le prix de
transfert de l’eau cédée de l’ONEP aux gérances et les amortissements d’exploitation). Des gérances en
charge à l’ONEP depuis plusieurs années demeurent déficitaires.

Il serait souhaitable d’effectuer un étude poussée sur la gestion des petits centres qui inclue
notamment les aspects de révision tarifaire, d’amélioration du taux de recouvrement et de contrôle
des coûts. De même, la rentabilité des investissements ONEP dans les gérances doit être
soigneusement vérifiée. Un redressement de cette situation permettrait de dégager des ressources
propres à l’ONEP pour intervenir dans d’autres gérances et douars et pour financer en partie le
PAGER, redonnant ainsi à la surtaxe de solidarité un rôle plus proche de celui pour lequel elle avait
été initialement instaurée.

La tarification de l’eau aux gardiens gérants est uniformisée sur base nationale et ne tient pas
compte des spécificités locales. Cette approche, qui a le mérite d’être socialement équitable en principe,
est peu transparente et ne favorise pas les efforts de gestion.

Dans les étapes futures de révision de la gérance des bornes fontaines, il sera nécessaire d’envisager
la possibilité d’appliquer une tarification qui reflète le coût réel d’exploitation de l’eau dans un souci
de gestion plus transparente des BF.
Rapport d’évaluation des interventions de l’ONEP en milieu rural 7
8

2. ANTECEDENTS ET CONTEXTE
2.1 Motifs de l’évaluation
Les tâches de l’ONEP ont été définies lors de sa création en 1972 et consistent en la planification,
l’étude, la réalisation et la gestion des adductions d’eau potable. Depuis la mise en œuvre du
Programme d’approvisionnement groupé en eau potable des populations rurales, en 1995, des objectifs
qualitatifs et quantitatifs à long terme ont été assignés à l’ONEP pour ses interventions en milieu rural.
Cependant des difficultés se sont manifestées pour maintenir le rythme d’intervention et surtout pour
assurer la durabilité des aménagements. Plusieurs causes ont été identifiées, liées soit au mode de
financement et de planification soit au mode de réalisation et de gestion. Ces incertitudes quant à la
stratégie à adopter pour surmonter ces difficultés ont conduit les responsables de l’ONEP à procéder à
une évaluation des interventions de cet organisme en milieu rural. Cet exercice doit ainsi permettre de
mettre en évidence les atouts et contraintes des programmes de l'ONEP en milieu rural et de fournir des
orientations quant à sa stratégie future d'intervention.

2.2 Convention ONEP-FAO


Une convention a été établie entre l’ONEP et
la FAO visant les cinq objectifs reportés Convention UTF/MOR/023/MOR
Assistance technique au programme de développement
dans l’encadré. Le présent rapport concerne de l’alimentation en eau potables et de l’assainissement
le résultat 1.1 du premier objectif. Il doit
donc être considéré comme un résultat Objectif 1 : Recherche de solutions appropriées et
provisoire dont la forme finale ne pourra durables pour le développement de
être atteinte qu’à l’achèvement des activités l’alimentation en eau potable rurale
Résultat 1.1 : Evaluation de l’intervention de l’ONEP
prévues pour atteindre le premier objectif dans le milieu rurale et de la stratégie
dans son ensemble. Cette remarque future
s’applique particulièrement à la proposition Résultat 1.2 : Mise au point d’une nouvelle approche de
de stratégie qui est appelée « orientations gestion en milieu rural
1.2.1 Etude d’une nouvelle approche de gestion
stratégiques» dans le rapport pour souligner des bornes fontaines en milieu rural
son caractère encore préliminaire dans 1.2.2 Branchements individuels en milieu rural
l’attente des résultats 1.2 et 1.3. Les aspects Résultat 1.3 : Identification et mise en place des
relatifs au suivi ont également été abordé méthodes statistiques appropriées au
succinctement dans ce rapport étant donné monde rural
qu’une étude spécifique sera menée dans le Objectif 2: Amélioration des connaissances pour
le renforcement des actions de
cadre du résultat 1.3. protection et de gestion intégrée des
ressources en eau
2.3 Mission d’évaluation Objectif 3 : Appui au développement du secteur de
l’assainissement
Dans le cadre de la Convention et plus Objectif 4 : Formation professionnelle et
précisément en exécution du résultat 1.1 programme de sensibilisation relatifs à
visant à l’évaluation de l’intervention de la stratégie de développement des
l’ONEP dans le milieu rural, une mission secteurs de l’eau potable rurale et de
FAO composée de trois consultants l’assainissement
internationaux1 et de trois consultants Objectif 5: Adaptation du cadre institutionnel
nationaux2 est intervenue en trois étapes :

1
Messieurs P. Pallas, chef de mission, L. Bellù, économiste et M. Rossi, aspects institutionnels et approche
participative.
2
Messieurs H. Lamrani, consultant Génie rural, A. El Amraoui, économiste et aspects institutionnels et A.
Nachid, statisticien.
Rapport d’évaluation des interventions de l’ONEP en milieu rural 9

Un premier passage du 25 au 30 juillet 1999 a permis de définir l’approche méthodologique, de réaliser


un atelier de réflexion avec différents intervenants et de mettre au point un programme et un calendrier
d’intervention. L’atelier de réflexion d'un jour et demi qui s’est tenu à Rabat les 28 et 29 juillet avait
pour objectif de passer en revue et de réviser la grille d’évaluation et les informations déjà disponibles.
Le deuxième passage, du 2 au 14 septembre a permis de collecter des informations sur le terrain dans la
région de Fès-Meknès, d’élaborer un brouillon de rapport final et de définir la tâche de chacun des
membres de l’équipe. Des questionnaires avaient alors été soumis à l’ONEP pour compléter
l'information disponible dans la documentation existante.
Le troisième passage du 11 au 22 octobre a permis une nouvelle visite de terrain dans la région de
Tiznit, et une première analyse des données et informations récoltées sur la base desquelles un aide-
mémoire a été préparé et présenté à l’ONEP. Le rapport d'évaluation provisoire, établi sur la base des
résultats de ces missions, a été rédigé à Rome.

2.4 Méthodologie d’évaluation


L’exercice d’évaluation devait examiner:

 la validité et la justification de la conception et des objectifs du programme de l’ONEP en milieu


rurales concerné;
 l’efficacité de sa mise en œuvre, y compris l’efficacité de la gestion et
 les résultats obtenus (y compris leur impact prévu sur les bénéficiaires, leur durabilité et leur
rapport coût-efficacité).

La démarche retenue incluait une analyse des informations existantes, un atelier de concertation, des
visites de terrain, des collectes d’information complémentaires, une analyse/synthèse et la
rédaction/soumission des résultats.

Au cours de l’atelier des 28 et 29 juillet, auquel ont participé des représentants des différentes directions
de l’ONEP, y compris les directions régionales, et des représentants du Ministère de l’agriculture, du
Ministère de la santé, du Ministère de l’intérieur – Direction générale des collectivités locales, de
Bureaux d’études et d’ONG, les 6 domaines de réflexion suivants ont été passés en revue d’une manière
plus approfondie: la planification et la conception des aménagements, la mise en œuvre, la gestion, le
suivi-évaluation, l'impact des réalisations et les aspects économiques et financiers. Les quatre groupes
de travail chargés de la réflexion sur les thèmes ci dessus ont préparé des fiches (voir annexe 1)
comprenant entre autres une liste d’indicateurs couvrant les principaux aspects:

 de la planification et du suivi (au niveau des méthodologies utilisées, de l’implication des différents
acteurs, de la nature et qualité des études socio-économiques préalables comme des modalités et
utilisation des résultats du suivi),
 de la conception et de la mise en œuvre (au niveau de la préparation et de la conduite des études de
faisabilité, des écarts entre la conception et des réalisations, des délais d’exécution et de la
satisfaction des usagers),
 de la dimension économique et financière et de la gestion (au niveau des différents acteurs
concernés et compte tenu des dimensions des aménagements, au niveau des coûts et avantages
économiques et des effets externes sur l’environnement),
 des impacts des aménagements (au niveau des conditions de vie des usagers dans les dimensions
pratiques ou de revenu, au niveau de l’environnement naturel et du contexte socio-économique,
local, régional ou national des améliorations apportées).

Cette étape de réflexion a permis de préciser la méthodologie d'évaluation des interventions de l’ONEP
en milieu rural (domaines couverts, niveaux d’appréciation, sources d’information potentielles,
indicateurs pertinents et modalités envisageables de collecte et de traitement), présentée en Annexe 2.
10

3. CONCEPTION DES INTERVENTIONS DE L'ONEP EN MILIEU RURAL


Conformément au Dahir portant la création de l'ONEP, la mission première de celui-ci est de planifier
l'alimentation en eau potable du Royaume. Très rapidement, cette mission l'a conduit à devenir le
premier producteur d'eau potable du pays et en fait jusqu'à aujourd'hui sa principale activité. A côté de
ces missions, l'ONEP assume le rôle grandissant de distributeur dans de nombreux centres.

ATTRIBUTIONS DE L'ONEP

Selon l'article 2 du DAHIR n°1-72-103 du 3/4/1974 :

1. Planifier l'AEP du Royaume :


- déterminer l'évolution des besoins,
- obtenir la réservation des ressources,
- coordonner les investissements.

2. Etude de la réalisation et de la gestion d'adductions d'eau potable que le Gouvernement déciderait de


lui confier.
3. Gestion des distributions d'eau potable dans les communes où ce service ne peut être assuré par les
communes elles-mêmes, quand la dite gestion lui est confiée par délibération du Conseil Communal
intéressé.
4. Assistance technique pour la surveillance de la qualité de l'eau alimentaire quand un organisme
public le sollicite.
5. Contrôle de la pollution des eaux susceptibles d'être alimentaires.
6. Assistance techniques aux personnes publiques qui la sollicitent pour étude, réalisation, gestion de
systèmes d'adduction ou de distribution d'eau potable.
7. Examen avec le Ministère de la Santé des dossiers d'ouvrages d'adduction/distribution d'eau potable
quant à l'absence de vices compromettant la qualité de l'eau.
8. Etude avec les Ministères intéressés, des projets de textes nécessaires à sa mission.

L'article 7 prévoit un Conseil d'Administration avec 9 ministères : Premier Ministre, Plan, TP, Intérieur,
Agriculture, Santé, Urbanisme, Finances, Industrie.

L'article 10 prévoit un Comité Technique Permanent, agissant entre les sessions du Conseil, avec
l'Intérieur, l'Agriculture et les Finances.

3.1 Les phases d'intervention


L’alimentation en eau potable (AEP) des zones rurales a évolué selon les phases suivantes au cours
desquelles le rôle de l’ONEP a pris une importance croissante :
Rapport d’évaluation des interventions de l’ONEP en milieu rural 11

a. De 1972 à 1976 : AEP rurale sous la responsabilité de l’Administration du génie rural (AGR)
Pendant cette période l’ONEP est intervenu uniquement en milieu urbain. Dans les zones rurales, l’AGR
a équipé 310 douars et la démarche adoptée était exclusivement d’ordre technique, consistant à réaliser
des ouvrages et à les transférer gratuitement à la population.

Aspects positifs
 Bonne qualité des ouvrages réalisés;
Contraintes
 Faiblesse des budgets alloués à l’AEP rurale;
 Absence d’une vision globale des besoins du milieu rural en matière d’AEP.

b. De 1976 à 1985 : AEP rurale sous la responsabilité des communes et désengagement de l’AGR
En 1976, a été adoptée la charte communale (Dahir du 30 septembre 1976) qui a confié la
responsabilité de l’AEP aux communes aussi bien rurales qu’urbaines. Cependant les décisions
d’investissement des communes rurales étaient soumises à l’approbation de la Direction générale des
collectivités locales (DGCL) du Ministère de l’intérieur. La période a été marquée par un
désengagement progressif de l’AGR et par une première intervention de l’ONEP avec les projets de la
vallée du Ziz et de la plaine du Tafilalet financés par la Banque mondiale, dont les études ont commencé
en 1982 mais dont la mise en service n’est intervenue qu’en 1988-89.

Aspects positifs
 Réaction rapide de l'ONEP face à la sécheresse des années 1981 et 1982
Contraintes
 Ressources financières insuffisantes;
 Manque de compétence technique des communes pour faire face valablement aux problèmes d’AEP
des douars;
 Absence d’une vision d’ensemble de l’AEP en milieu rural malgré la tutelle de la Direction générale des
collectivités locales, se traduisant par une planification rudimentaire ;
 Approche interventioniste de l’Etat ne tenant pas compte des besoins réels des populations ;
 Gratuité des services compromettant la durabilité des aménagements.

c. De 1985 à 1994 : instauration de la surtaxe de solidarité permettant à l’ONEP d’intervenir dans


les centres ruraux
L'année 1985 représente le milieu de la Décennie Internationale pour l’eau potable et l’Assainissement
et se caractérise par la volonté des pouvoirs publics d'intervenir dans l'AEP rurale en commençant par
les centres les plus peuplés.
Cette année, l'Etat a instauré au profit de l'ONEP une surtaxe par m 3 d’eau vendue, appelée
Contribution de solidarité nationale avec les provinces sahariennes et les petits centres. Cette surtaxe
était de 7 centimes par m3 (ventes ONEP) en 1985. Elle a évolué progressivement pour atteindre 66
centimes par m3 depuis le 1er janvier 1995. Cette surtaxe a stimulé l’engagement de l’ONEP dans l’AEP
rurale et plus particulièrement dans les petits centres dont la gestion entraînait des déficits insoutenables
pour l’ONEP.
En 1985 l’ONEP gérait 95 petits centres, dont 61 hérités de l’ex-REI au moment de la création de
l’Office. Ceux-ci représentaient une population de 380.000 personnes et 138.000 abonnés. Au cours de
la même période, le projet de Karia Tissa, initié et réalisé par l'AGR, a été transféré en gérance à
l'ONEP accompagnée d'une surtaxe spécifique (ce projet comprend une composante douars qui
correspond à près de 400 bornes-fontaines).
12

C’est ainsi qu’en 1989, avec l’achèvement des projets d'alimentation en eau potable de la vallée du Ziz
et de la plaine du Tafilalet et le transfert du projet de Kariat Tissa, l'ONEP gère plusieurs centaines de
BF, et plusieurs dizaines de petits centres.
A partir de 1990, près d'une vingtaine de petits centres sont pris en gérance chaque année par l'ONEP ;
leur nombre a atteint 227 en 1996.
Parallèlement à l’activité de l’ONEP, d’autres intervenants contribuent à l’AEP rurale :
- Programme d’AEP rurale de la DGCL avec l’aide de l’UNICEF/FADES et du Corps de la Paix
des Etats Unis;
- Programme financé par l’ACDI, de 1989 à 1995, de fourniture de 200 pompes solaires, les
aménagements étant assurés par les collectivités locales;
- Programme de Services de base intégrés financé par l’UNICEF, terminé en 1996 et couvrant,
entre autres, l’AEP dans 5 provinces.
Dans le même temps, la Banque Mondiale et le PNUD ont procédé à l'évaluation du projet d'AEP de la
vallée du Ziz et de la plaine de Tafilalet (en 1993) et ont conclu à l'intérêt de la réalisation d'études
socio-économiques pour apprécier les besoins en eau des populations rurales et comprendre les
problèmes qui se posent dans le cadre d'un projet d'AEP rurale.
Sur le plan de la planification, la décennie 1985-1994 semble être une période de recherche dans
laquelle les pouvoirs publics et l'ONEP ont pris conscience de la nécessité d'intervenir dans les petits
centres d'abord puis dans les douars limitrophes. Elle a été marquée par la réalisation du Schéma
directeur national d'approvisionnement en eau potable des populations rurales lancé en 1989, achevé en
1994 et adopté la même année par le Conseil Supérieur de l'Eau et du Climat (CSEC). Bien que la
planification revienne en principe aux communes rurales, le Gouvernement, à diverses occasions, a
chargé l'ONEP de planifier la desserte de petits centres dans les communes rurales.

Aspects positifs
 Prise de conscience de la gravité de la situation de l’AEP rurale et de la nécessité d’une stratégie
globale;
 Implication grandissante de l’ONEP au niveau des petits centres et des douars;
 Réalisation d’un Schéma directeur d’AEP rurale et son adoption par le CSEC qui recommande
l'établissement d'un programme d’AEP rurale permettant la généralisation de l'accès à l'eau potable
pour la totalité de la population rurale dans un délai n'excédant pas 10 ans (naissance du PAGER) ;
 Première évaluation d’un vaste projet d’AEP rurale par la Banque mondiale (Projet de la vallée du Ziz et
de la plaine du Tafilalet) concluant en la nécessité d’une approche participative pour la programmation
et la gestion des aménagements ;
Contraintes
 Planification réelle fonction des moyens disponibles, en particulier des financements extérieurs, et des
priorités de la conjoncture ;
 Absence d’une définition précise du rôle et d’une stratégie d'intervention des différents opérateurs dans
l'AEP rurale.

d. De 1995 à aujourd’hui : le PAGER


Les services du Ministère des Travaux Publics (actuellement Ministère de l'Equipement) ont procédé, au
début de 1995, en collaboration avec les autorités locales et les représentants des populations des
Communes Rurales, à une enquête exhaustive sur la situation de l’AEP en milieu rural. Le Programme
d'Approvisionnement Groupé des Populations Rurales (PAGER) a été établi sur la base des
informations recueillies lors de cette enquête qui a intéressé 31.000 localités. Le PAGER est un
programme conjoint du Ministère de l'Intérieur et du Ministère des Travaux Publics réalisé au profit des
collectivités locales.
A l’origine, l’AEP rurale envisagée dans le cadre du PAGER ne prenait en compte que les douars, tandis
que les centres étant supposés être du domaine de l’ONEP. Pour les douars, le système d’AEP et
Rapport d’évaluation des interventions de l’ONEP en milieu rural 13

l’opérateur chargé de le mettre en œuvre étaient définis en fonction de l’accessibilité aux ressources en
eau :
Dans le cas où des ressources locales existent et sont facilement accessibles, le système préconisé est le
point d’eau aménagé (PEA) et l’opérateur privilégié est la Direction générale de l’hydraulique (DGH);
Dans le cas où des ressources locales sont absentes, le système préconisé est le transfert d’eau depuis
une zone à ressources par une adduction . L’alimentation du douar se fait alors par piquage à partir
d’une adduction urbaine existante ou projetée ou à partir d’un système autonome. Dans les deux cas la
mise en œuvre est du ressort de l’ONEP et la distribution de l’eau dans les douars se fait par bornes
fontaines (BF).
En fait, depuis 1995, les principes définissant les systèmes d’AEP et les attributions de la DGH et de
l’ONEP ont évolué et se sont parfois un peu éloignés de ceux fixé a l'origine. Ainsi, l’ONEP a eu
tendance à considérer que les douars situés à proximité d’une adduction urbaine existante ou projetée
(douars « limitrophes ») sont le plus souvent du ressort de l’ONEP même si des ressources locales
existent qui pourraient justifier la création d’un PEA.
Le PAGER concerne près de 31.000 localités regroupant 11 millions d'habitants (recensement 1994). Sa
consistance physique et financière a été définie comme indiqué dans le Tableau 1.

Tableau 1 - Consistance physique et financière du PAGER


Equipement Nombre
MDh %
Ouvrages de captage à réaliser ou à réhabiliter (puits, 30 000 4.65 46
forages, sources, metfias)
Equipements en matériel d'exhaure 20 000 1.75 18
Réservoirs de stockage d'eau et/ou abreuvoirs 11 000 1.60 16
Bornes fontaines par piquage sur des adductions (ONEP) 1 300 2.00 20
Total 10.00 100

Vu l'échéance retenue (8 années initialement), la concrétisation du PAGER devait se traduire par un


investissement annuel de près de 1,2 milliard de Dhs dont 240 millions de Dhs pour les piquages sur des
adductions régionales. Ce rythme n’a pas été respecté par la suite.
Le tableau 2 montre l’évolution du mode de financement du PAGER depuis 1995 à aujourd’hui.

Tableau 2 - Evolution du mode de financement du PAGER


A l'origine Actuellement
Financement % Financement % Remarques
Budget de l’Etat 25 Financement extérieur 70
Prêts et dons 45
Surtaxe PAGER instaurée depuis 15 Surtaxe PAGER instaurée 10 en fait complète les
juillet 1998 depuis juillet 1998 autres financements
Participation des Communes 15 Participation des Communes 15
rurales rurales
Participation des bénéficiaires 0 Participation des bénéficiaires 5 en fait 500 Dh/ménage
Total 100 100

Le PAGER se définit comme étant un programme réalisé par les collectivités rurales pour elles-mêmes.
Les services de l'Etat fournissent l'assistance technique nécessaire et encadrent les collectivités rurales
dans la réalisation des projets d'AEP. La planification du PAGER revient aux Ministères de l'Intérieur et
de l'Equipement, en collaboration avec Ministères de la Santé et de l'Agriculture.
Le PAGER a simplifié le cadre institutionnel relatif à l'approvisionnement en eau potable rurale:
14

- Conformément à la charte communale de 1976, la commune est le maître d'ouvrage des


équipements, quelle que soit leur source de financement.
- La gestion et l'entretien des systèmes de desserte à réaliser relèvent des attributions de la
commune rurale qui peut décider de les assumer directement ou de les confier à des associations
d'usagers ou à des tiers, moyennant des recettes provenant de la vente d'eau.

Aspects positifs
 Le PAGER, en tant qu’approche de l’AEP des douars, constitue un cadre d'intervention indiquant le rôle
des opérateurs et les directives générales d’intervention;
Contraintes
 La planification reste toujours fonction de financements extérieurs non maîtrisables par l’ONEP;
 Le PAGER ne fournit pas d’indication de planification pour les petits centres. En effet, en limitant ses
ouvrages aux PEA et BF le PAGER excluait de fait les petits centres ruraux dont la desserte devrait être
assurée par l'ONEP, bien que cette responsabilité ne soit pas explicite.

3.2 Programmation des interventions


i. Mise en œuvre et cadre institutionnel des interventions de l’ONEP
Les interventions de l’ONEP présentent deux axes correspondants aux deux principales catégories de
communautés rurales : les petits centres et les douars.
 Les petits centres et chefs lieux de communes rurales
L’intervention de l’ONEP dans les petits centres a revêtu deux formes :
 Prise en charge directe : selon cette formule, les installations de production et de distribution d’eau
potable sont la propriété de l’ONEP qui assure par ses propres moyens la couverture des dépenses
d’équipement et d’exploitation. Cette formule intéresse 61 centres hérités de l’ex REI au moment
de la création de l’Office.
 Gérance pour le compte des Communes lorsque celles ci ne disposent pas des moyens humains et
matériels pour assurer ce service et font appel à l’ONEP pour cela.
L’intervention de l’ONEP dans les petits centres est soumise à une procédure dont les principaux axes
sont les suivants :
 Délibération du Conseil communal en faveur de l’intervention de l’ONEP,
 Approbation de la convention de gérance par la Commune, l’Autorité locale, l’ONEP et les
Ministères de tutelle (Intérieur et Equipement)
 Engagement de la Commune à participer au financement et à accepter les modalités de gestion
propres à l’ONEP.
 Etablissement et approbation par l’ONEP et la Commune du procès verbal de cession comportant
l’inventaire du patrimoine, l’état des abonnés etc.. ;
 Les douars
Depuis 1996, la réalisation des projets inscrits au Programme PAGER exige une participation de la
population (au niveau de 500 Dh par ménage) et des Communes rurales au niveau de 15% du coût du
projet. Des campagnes de sensibilisation sont organisées au niveau des autorités locales, des élus et des
populations afin d’obtenir leur adhésion aux principes du PAGER. La gestion des BF qui consiste
essentiellement en la vente d’eau et au règlement de la facture à l’ONEP, est généralement assurée par
un gardien gérant désigné par les bénéficiaires et soumis à l’approbation d’une convention tripartite
liant l’ONEP, la Commune et le gérant, qui fixe les attributions de chacun et le prix de vente aux
usagers.

ii. Les réalisations physiques


 dans les petits centres
Rapport d’évaluation des interventions de l’ONEP en milieu rural 15

A la fin 1998, l’ONEP intervenait directement en tant que distributeur dans 244 petits centres ruraux
regroupant une population de 4 millions d’habitants. Le tableau 3 montre l’évolution de ces
interventions depuis 1985 .

Tableau 3 - Interventions de l'ONEP dans les petits centres


Désignation Fin 1985 Fin 1998
Nombre de centres de distribution ONEP 95 244
Population concernée 380.000 4.000.000
Nombre d’abonnés 138.000 591.000
Investissements cumulés en MDh depuis début 1985 70 2.600

 dans les douars


Jusqu’à la fin 1995, l’intervention de l’ONEP pour la desserte des douars avait permis l’alimentation de
750 douars regroupant une population globale de 450.000 habitants.
Dans le cadre du PAGER (voir Tableau 4), les projets achevés permettent la desserte en eau potable
d’une population de l’ordre de 450.000 habitants répartis sur 646 douars pour un investissement global
d’environ 410 MDh. Les projets en cours de réalisation concernent 330 douars regroupant environ
180.000 habitants et les projets dont le financement extérieur est acquis ou en cours de mobilisation et
pour lesquels le financement interne est en cours de mobilisation ou prévu à court terme concernent
1.112 douars regroupant environ 520.000 habitants. Si les délais d’exécution prévus de ces projets sont
respectés, le nombre total de douars desservis atteindra le chiffre de 2.838 en 2002 dont 2.088 dans le
cadre du PAGER.

Aspects positifs
 Performance quantitative théorique à peu près en accord avec les chiffres de programmation du
PAGER si l’on admet le chiffre de 4.400 comme nombre total de douars à équiper par l’ONEP à
l’horizon 2010 ;
Contraintes
 Lenteur dans l’exécution des projets dont une grande partie programmée est encore en cours : depuis le
début du PAGER seulement 646 douars ont été équipés. A ce rythme, au mieux 2000 douars seront
équipés en 2010 sur les 4400 estimés.
 Le chiffre de 4400 douars à équiper par l’ONEP ne repose pas sur une définition claire de l’objectif à
atteindre.

3.3 Cohérence avec d’autres interventions


L’ONEP est pratiquement le seul intervenant pour l’AEP des petits centres ruraux. Pour les douars par
contre, et principalement depuis 1995, deux intervenants se partagent les tâches : l’ONEP et la
Direction Générale de l’Hydraulique (DGH).
16

Tableau 4 - Interventions de l'ONEP dans les douars dans le cadre du PAGER


Trava Financement

cours de mobilisation -
Financement en

Montant des finance-


ments acquis ou en
ux Travaux en Sensibilisation extérieur (70%) Financement
cours de
achev cours en cours assuré - Projets recherché
mobilisation
és non entamés

MDh
Nb de douars

Nb de douars

Nb de douars

Nb de douars

Nb de douars

Nb de douars
Population

Population

Population

Population

Population
Population
Programmes financés par l'Etat
Compte 111 149 218 196,000
Etat (30 MDh) 30 35 36,600
Projets spécifiques
Reliquat MAMVA 6 31 7,300
Douars de Khouribga 18 24 21,700
Projets en cours de réalisation
Projets KFW (douars
279 156,540 219 134,037 433 197,535
limitrophes) 440
Projets AFD 118 59 35,500 71 28,200
Projets financés par l'Etat
14 33 14,800
(Exercices 97-98)
Projets BEI 10 7 2,300
Projets JICA 54 56 24,000
Projets MEDA 203 170 103,000
Projets KFW non entamés 122 128 106,000
Projets dont le financement est en cours de mobilisation
Projets OECF 462 325 90,000
Projets dont le financement est recherché
Projets identifiés 1,746 1,027,600

Total 646 453,640 330 179,337 433 197,535 354 233,000 325 90,000 1,746 1,027,600
Source : Programme PAGER – Composante ONEP – Etat d’avancement – ONEP Juillet 99

Bien que le rôle de chacun ait été défini dans les documents originaux du PAGER (voir paragraphe 3.2
section d) qui dès sa conception avait réservé l'alimentation par des piquages sur des adductions
(généralement des adductions régionales de l'ONEP) aux zones dépourvues de ressources en eau.
L'ONEP qui a préféré, pour des raisons financières et pour des raisons de facilité de programmation et
d’exécution, axer sa stratégie sur les douars limitrophes des adductions régionales.
A partir de 1998, la DGH a lancé des études, toutes en cours actuellement, intitulées "Etudes
d'Alimentation en eau potable des populations rurales des provinces:….". Ces études concernent des
zones géographiques définies au niveau de la DGH (DRH), ces zones sont limitrophes et peuvent
couvrir une partie d'une province ou de deux provinces. Les études couvrent au plus 1000 à 1300
douars appartenant à plusieurs communes.
Ces études s'apparentent à des schémas directeurs provinciaux d'AEP rurale, et comprennent trois
phases :
Phases I: Inventaire descriptif et localisation de tous les systèmes d’AEP existants et ceux proposés
dans le cadre du PAGER
Phase II : Visites de terrain permettant de compléter les informations sur ces systèmes aussi bien d’un
point de vue technique que participation communautaire et gestion des équipements ;
Phase III : Etablissement des données techniques de réalisation de chacun de ces systèmes de desserte
Pour certaines études, la mission d'investigations sur le terrain est intégrée à la première phase (AEP
Béni-Mellal, Azilal). Toutes ces études sont suivies au niveau local par les Directions Régionales de
l'Hydraulique qui se chargent de la coordination avec l'ONEP et les autorités locales.
En fait, l'efficience de la coordination avec l'ONEP, la deuxième agence d'exécution du PAGER, pose un
certain nombre de difficultés. Dans certains cas, si une étude de l'ONEP a concerné certains douars de la
province, ces derniers sont exclus des investigations de la DGH. Dans d'autres, les études de la DGH se
veulent générales et couvrent même les douars déjà identifiés par l'ONEP. En effet, une identification
par l'ONEP ne signifie pas forcément une alimentation sûre en eau potable.
Par contre, l'étude de la DGH peut aboutir à l'affectation d'une nouvelle zone à l'ONEP, au cas où celle-
ci serait dépourvue de ressources en eau. Mais dans ce cas, l’ONEP ne dispose pas de ressources
Rapport d’évaluation des interventions de l’ONEP en milieu rural 17

financières qui lui permette de programmer une nouvelle adduction régionale qui n’ait pas été déjà
incluse dans un programme financé par des ressources extérieures.

Aspects positifs
 Tentative de schéma directeur d’AEP rural au niveau provincial par la DGH
Contraintes
 En fait ces études sont surtout destinées à la planification des interventions de la DGH mais n’ont que
peu d’effet sur la planification des interventions de l’ONEP
 L’approche différente de la gestion du point d’eau et de la tarification de l’eau par l’ONEP et par la DGH
peut aboutir à des incohérences locales : deux douars situés à quelques km l’un de l’autre peuvent être
l’un équipé d’une borne fontaine de l’ONEP gérée par un gardien gérant faisant payer l’eau à 10 Dh/m 3,
l’autre équipé d’un point d’eau aménagé par la DGH, géré par une association d’usagers faisant payer
l’eau de 2,5 à 3,5 Dh/m 3.

4. MISE EN ŒUVRE DES INTERVENTIONS D'AEP RURALE


4.1 Moyens mobilisés
4.1.1 Organisation

L’organisation de l’ONEP prévoit des entités de staff et des entités de line. Chaque Direction est
organisée en Divisions (voir figures 1 et 2).
Les entités de staff sont les suivantes: Agence Comptable, Direction de la post-évaluation, Direction de
la coopération et de la communication, Inspection générale, Département informatique, Département de
contrôle de gestion (Divisions : Audit interne, Contrôle Stratégique et Organisation et information).
Les entités de line sont représentées par les Directions suivantes : Planification et développement,
Etudes et assainissement, Equipement, Exploitation, Maintenance, Laboratoire qualité des eaux,
Affaires sociales, Commerciale, Financière, Administrative, Formation.
Les services extérieurs (Directions régionales et Directions provinciales) sont reliés a la Direction de
l’exploitation.
Les événements suivants ont marqué de façon significative les changements organisationnels ayant trait
à l’intervention en milieu rural:

Aspects positifs
i. Création, en juillet 1997, du Service rural au sein de la Direction planification et développement
ii. Processus de décentralisation est en cours qui se manifeste de la manière suivante:
- les effectifs des Directions régionales, qui étaient le 66% du total en 1990 ont augmenté à 73 % en
1998 , tandis que les effectifs des Directions centrales, qui étaient le 34 % du total en 1990 sont
passés à 27% en 1998. Les détails de cette évolution sont fournis au paragraphe 4.1.2 Ressources
humaines
- le traitement des données comptables, depuis 1994, est organisé au niveau régional et non plus
central.
iii. Création en 1994 de la Direction de la post-évaluation, entité de staff de la Direction générale.
iv. Déplacement, en 1995, du domaine de la sensibilisation rurale, qui auparavant était géré par la
Direction de la coopération et de la communication, au sein de la Division aménagement rural de la
Direction de l’exploitation.
18

Contraintes

i. Absence d’un plan organisationnel d'ensemble articulant les différentes améliorations introduites qui
renforcerait. Des interventions en milieu rural et un plan de formation/ recyclage du personnel.

ii. Non fonctionnement de la Direction de la Post-évaluation, entité de staff de la Direction Générale,


dont le Directeur n’a pas été nommé depuis presque deux ans.

iii. Cloisonnement des Directions. Les entretiens avec le personnel de différentes Directions on montré
que les cadres, souvent, ne connaissent pas les fonctions et l’information produite par d’autres
Directions. A titre d’exemple :

- Les cadres de deux Directions pensaient que la Direction de la post-évaluation était gérée par un
intérimaire, alors que depuis presque deux ans elle n’a pas de Directeur ;
- Les études socio-économiques produites depuis 1993, ne font pas l’objet de présentation et de
séances de réflexion et leur existence et sont même ignorées par certaines Directions. Le
Directeur du Département de contrôle de gestion et le Responsable de la Division organisation et
information ont déclaré ne pas avoir pris connaissance du contenu de ces études depuis 1994.

iv. Faible capitalisation de l’information. Ainsi par exemple :

- La mémoire écrite des campagnes de sensibilisation est limitée à des rapports extrêmement
succincts et à des procès verbaux de quelques lignes.
- L’équipe d’évaluation avait préparé une fiche pour la collecte de l’information qui a été envoyé par
l’ONEP aux Directions régionales lors de la deuxième mission. Un mois après, au début de la
troisième mission, aucune Direction régionale avait envoyé les informations requises, qui
évidemment n’étaient pas disponibles et organisées et elles avaient requis des saisies de
données ponctuelles et demandeuses de temps.
- La presque totalité des cadres de l’ONEP contactés ne connaissaient pas l’existence de documents
PAGER, notamment la Guide de l’animateur 3 publié par la DGH et la FAO en 1995.

v. Réalisation des études de post-évaluation confiée à la Direction planification et développement qui


est aussi responsable du lancement et de l’évaluation des études socio-économiques liés à la phase
d’identification des projets.

vi. Réalisation des études socio-économiques confiée, depuis 1991, à un seul bureau d’études qui, de
surcroît, ne fait pas appel à des spécialistes régionaux pour la réalisation des enquêtes (voir, à ce
propos, le paragraphe 4.3.2 Etudes socio-économiques).

En ce qui concerne les effectifs, des commentaires sont présentés au paragraphe 4.1.2. Le schéma de la
Figure 1 montre l’organigramme général de l’ONEP et celui de la Figure 2, l’organisation des services
extérieurs.

4.1.2Ressources humaines
L’effectif de l’ONEP a augmenté de 4 259 en 1990 à 6 364 en 1998.

En ce qui concerne l’évolution des effectifs, il faut noter les points suivants.

3
Ministère de l’Intérieur-Direction générale de l’hydraulique/FAO, 1994, Guide de l’animateur.
Rapport d’évaluation des interventions de l’ONEP en milieu rural 19

Figure 1 - Organigramme général de l'ONEP

Figure 2 - Organisation des services extérieurs de l'ONEP


20

Aspects positifs
i. L’effectif des directions centrales a diminué de 1990 à 1998. Il représentait 34 % du total en 1990 et
27 % en 1998. Ce phénomène est lié à un accroissement faible (par rapport à l’accroissement très
rapide du personnel des directions régionales) de 1990 à 1993 et à une diminution progressive des
effectifs qui a débuté en 1994. La mobilité du personnel du centre vers les régions s’est faite par le
biais de candidatures volontaires, d’annonces pour des postes de responsabilité, et par des concours
internes pour les promotions.

ii. Un responsable pour la coordination de la composante ONEP du PAGER a été nommé dans chaque
direction régionale. Il s’agit de personnel redéployé et non pas de nouvelles recrues.

iii. Un Service rural a été crée en juillet 1997, au sein de la Direction planification et développement.

iv. L’effectif de la Division aménagement rural, Direction de l’Exploitation, a été renforcé.

Contraintes
i. Malgré l’augmentation des effectifs, surtout au niveau régional (de 2799 en 1990 à 4674 en 1998),
aucune nouvelle ressource n'a été expressément destinée à renforcer l’intervention croissante en
milieu rural.

ii. Le personnel du Service rural au sein de la Direction planification et développement, qui est
responsable du lancement et de l’évaluation des études socio-economiques et de la post-évaluation,
est constitué de trois personnes : un ingénieur hydraulicien, chef de service, un ingénieur
hydraulicien, un technicien supérieur hydraulicien. Le profil professionnel est le même pour les trois
personnes, tous des hommes. La fonction du service est fortement limitée par :

- l’absence de profils d’économistes agricoles, sociologue ruraux et agronomes en mesure


d’apprécier les méthodes d’enquête et d’analyser et utiliser les résultats ;
- le manque d’expérience sur le terrain : les trois personnes n’ont jamais participé à un exercice
d’enquête sur le terrain (à l’exception faite des réunions préliminaires avec les autorités).

iii. Des économistes agricoles ou des sociologues ruraux ne sont employés par aucune Direction, ceci
malgré la complexité du monde rural et la volonté déclarée de l’ONEP d’intervenir de plus en plus en
milieu rural.

Le Tableau 5 présente l’évolution des effectifs de l’ONEP au cours de la dernière décennie.

4.2 Les activités de formation


L’analyse des interventions de formation de l’ONEP permet d’identifier les quatre périodes suivantes.

Première période : avant 1978


Avant 1978, l’Office recourait a des services extérieurs pour la formation de base des ingénieurs,
électriciens et mécaniciens.

Deuxième période : 1978-1982 Dir. Laboratoire qualité


desL’objectif
Le Centre de Formation est crée à Rabat en 1978 avec un groupe de formateurs permanents. eaux
Div. logistique
est d’assurer une formation de base pour les techniciens (de un à deux ans de formation). Div. analyses & méthodes
Div. contrôle système
Troisième période : 1983-1988 d'alimentation
Div. technologie & traitement
La formation de base se poursuit et on commence la formation continue (stages de courteDep.
durée) qui pollution &
Dir. Formation
s'adresse aux techniciens et aussi aux cadres. assainissement
Div. centre de formation
Div. assainissement
Div. centre d'accueil
Div. pollution&limnologie
Rapport d’évaluation des interventions de l’ONEP en milieu rural 21
22

Il est à signaler que l’Office a assuré au cours de la période 1978 - 1989, la formation de base de 486
techniciens.

Généralement les agents formés au Centre occupaient des fonctions adaptées à leur formation sauf pour
deux spécialités (traitement des eaux et électricité) qui connaissent quelques écarts dus essentiellement
aux raisons suivantes:

i. Des agents techniques formés en électricité avaient des formations d'origine spécialisées (dans
d'autres domaines: dessin - laboratoire- recherche de fuite) et leur intégration par l’organisation
après formation s’était effectuée dans la spécialité d'avant formation.

ii. Un quart des agents formés en traitement des eaux occupaient des fonctions de gestion courante
en exploitation mais pouvaient être appelés à combler des besoins futurs dans des stations de
traitement.

iii. Les principales fonctions occupées par les diplômés du Centre étaient les suivantes d'après les
182 réponses reçues au cour d’une enquête de l’ONEP4:

Chefs de centre 20%


Techniciens étude et travaux 19%
Techniciens de maintenance 16%
Techniciens de gestion (stocks) 14%
Techniciens de statistiques 13%
Techniciens de laboratoire 12%
Autres 6%

Le tableau 6 présente le nombre des participants ventilé par type de formation et par année.

Tableau 6 - Participants aux stages de formation ventilés par année et par type de formation
Type de 1978* 1979 1980 1981 1982 1983 1984 1985 1986 1987 1988 1989 Total
formation TS9 - - - - - - - 4 10 10 12 0 36
Formation ATS - 11 9 16 18 13 19 16 2 13 - - 117
de base AT - - 13 18 34 38 40 - 5 13 14 12 187
AG 10 9 16 22 19 18 19 - 7 14 12 - 146
Total 10 20 38 56 71 69 78 20 24 50 38 12 486
Formation préparatoire au concours interne 40 40
Stages
Formation 110 240 292 446 597 671 1038 3394
Continue
Séminaire 110 320 517 867 784 1214 764 696 742 6014
s
Total 10 20 38 166 391 696 1185 1096 1684 1411 1405 1832 9934
TS: Technicien Supérieur; AT: Assistant technicien

Quatrième période : 1989- à présent.

En 1989, l’ONEP décide que le Centre de formation doit se concentrer sur la formation continue.

Actuellement la préparation et la coordination des activités est assurée par dix spécialistes en formation
(au nombre de six en 1991), tandis que les activités en salle sont assurées par des formateurs extérieurs
au Centre, à la fois des cadres des différentes Directions de l’ONEP et des spécialistes extérieurs. Le
Centre est doté de six salles de formation, de deux ateliers techniques, d’un dortoir et d’un réfectoire.

Il a paru utile de classer les activités de formation de l’ONEP de cette période en trois blocs : le premier
bloc est constitué par la formation continue (programme ordinaire) du personnel ONEP, un deuxième
bloc est constitué par les activités de formation liées à la composante ONEP du PAGER, et un troisième
bloc concerne les activités de formation au profit de tiers.
4
ONEP, 1989, Résultats du dépouillement de l’enquête réalisée sur la formation a l’ONEP, Rabat.
Rapport d’évaluation des interventions de l’ONEP en milieu rural 23

4.2.1 La formation continue


Aspects positifs
En ce qui concerne le programme de formation continue (programme ordinaire), l’information
disponible permet de souligner l'importance de l'offre de formation et en particulier de tracer l’évolution
quantitative des cinq dernières années.
Les domaines d’intervention et les participants sont résumés dans le Tableau 7.

Tableau 7 - Actions de formation continue réalisées au profit des agents ONEP


Année 1992 1993 1994 1995 1996 1997 1998
Nombre de stagiaires formés 2110 2426 2897 3009 3200 3306 3504
Nombre de sessions 257 377 396 400 420 430 450
Nombre de journées stagiaires 14.926 15.657 19.862 19.929 20.500 20.805 21.058

Les formations ont concerné les domaines suivants: eau potable, assainissement, informatique et
gestion.
Le nombre de bénéficiaires en % de chaque domaine est indiqué dans le Tableau 8 :

Tableau 8 - Nombre de stagiaires dans chaque domaine de formation exprimé en pour cent
Année 1992 1993 1994 1995 1996 1997 1998
Eau potable 36 49 50 51 52 45 41,5
Assainissement 25 20 9 5 4 3 4,5
Informatique 16 15 9 10 13 15 19
Gestion 23 16 32 34 31 37 35

Dans le programme de 1999, les thèmes des stages sont organisés autour des 16 domaines suivants :

1. Eau potable 9. Informatique


2. Assainissement-Environnement 10. Secrétariat
3. Contrôle de qualité 11. Aspects relationnels
4. Electromécanique-Automatisme 12. Management
5. Topographie 13. Stages d’insertions
6. Gestion administrative 14. Stages de préparation à la responsabilité
7. Comptabilité-Finance 15. Séminaires régionaux et stages sur site
8. Approvisionnement 16. Auto-formation

La durée des stages est très variable : de deux jours à deux mois. Chaque domaine est articulé en stages,
pour un total de 76 formations.

Analyse
Les deux blocs de formation (PAGER et formation continue –programme ordinaire) semblent travailler
en vases clos : en effet, dans les programmes de formation continue il est impossible de trouver des
références au PAGER ou (plus surprenant encore) au secteur rural. Cette remarque est illustrée par
quatre programmes significatifs pris à titre d’exemple parmi les 16 programmes cités auparavant: l’eau
potable (Initiation aux techniques de l’eau), les aspects relationnels, le management et les stages
d’insertion de nouveau personnel.

i. Le programme « Eau potable » prévoit trois formations, dont la première est appelée Initiation
aux techniques de l’eau. Le stage, d'une durée d’une semaine, a comme objectif de « permettre
aux participants de s’initier aux techniques de production, de distribution de l’eau potable et à
la gestion d’un service d’eau »5.

5
ONEP-Centre de formation, Formation continue-Programme 1999, Rabat., page 10.
24

Les thèmes de la formation (une semaine) sont:


- Approvisionnement en eau potable
- Mobilisation des ressources en eau potable
- Notions sur la protection des ressources
- Techniques de production de l’eau potable
- Contrôle de qualité
- Gestion d’un service d’eau
- Notions sur la tarification et le recouvrement en matière d’eau potable.

On peut observer qu'aucune distinction n’est faite pour introduire les participants à l’intérieur d’un
« monde de l’eau » où tout semble être homogène : pas de références aux différences régionales, pas de
références au rural et à l’urbain, pas de références au PAGER.

ii. Le programme « Aspects relationnels » concerne trois formations : information sur le secteur
de l’eau et les activités de l’ONEP, Techniques d’expression orale et Techniques d’expression
écrite. Pour chaque formation on fournit une liste de thèmes, et on peut observer qu'une fois de
plus aucune distinction n’est faite entre le monde urbain et le monde rural.

iii. Le programme « Management » concerne trois formations : Principes et techniques de base du


management, Techniques de négociation et Dynamique du groupe. Tout comme pour le
programme Aspects relationnels, il semble que le monde rural et le monde urbain soient des
secteurs d’interventions où on peut utiliser les mêmes méthodes et techniques.

iv. Les stages d’insertion. « Ces stages sont destinés au personnel nouvellement recruté par
l’ONEP en vue de faciliter son insertion professionnelle et lui donner une culture d’entreprise.
Le programme de ces stages vise à compléter la formation de base des participants, d’une part,
et à assurer, d’autre part, leur formation à l’organisation et à la gestion de l’entreprise, ainsi
qu'aux procédures et techniques liées à leur futur emploi au sein de l’Office »6.

Ces stages concernent trois formations: Insertion des ingénieurs, Insertion des techniciens, Insertion de
cadres administratif et financiers. Contrairement aux deux autres programmes cités, on trouve ici une
distinction entre le monde des douars et le monde des villes, mais il s’agit d’une distinction par
élimination d’une composante (le rural). En effet, on se réfère seulement au monde urbain, comme le
montre l'encadré ci-après :

6
ONEP-Centre de formation, Formation continue-Programme 1999, Rabat., page 38
Rapport d’évaluation des interventions de l’ONEP en milieu rural 25

Insertion des ingénieurs


Programme (4 modules-durée totale 4 semaines)
Module 3 : hydraulique et traitement des eaux
- Hydraulique urbaine
- Ressources en eau et évaluation des besoins
- Eaux potables
- Eau usées

Insertion des techniciens


Programme-Tronc commun
- Ressources en eau et évaluation des besoins
- Hydraulique urbaine
- Electricité des stations
- Hydromécanique
- Automatismes et régulation
- Conduite des stations de pompage
- Exploitation des réseaux de distribution
- Surveillance de la qualité des eaux
- Organisation de la maintenance
- Correspondances administratives
- Informatique
- Organisation de l’Office
- Hygiène et sécurité

Programme-Specialité
- Eau potable (E.P.)
- Laboratoire

Insertion des agents d’exploitation


Programme-Aspects techniques
- Notions sur l’organisation et missions de l’Office
- Notions sur les ressources en eau et hydraulique urbaine
- Electricité des stations
- conduite des stations de pompage
- Exploitation des réseaux de distribution
- Hydromécanique
- Suivi de la qualité de l'eau

4.2.2 Les activités PAGER


Les activités de formation qui ont accompagné la réalisation du PAGER sont présentées ici en mettant
en évidence les aspects positifs et les contraintes.

Aspects positifs

i. Des thèmes comme la participation, l’animation, les relations avec les collectivités locales sont pris
en considération, pour la première fois à l’ONEP, d’une façon organisée, dans un ensemble de
programmes de formation.

ii. Pour la première fois on dispense une formation sur la Méthode Active de Recherche Participative
(MARP) à l’intention des cadres et des agents. Cette formation a été réalisée à la demande de la
Direction de l’exploitation en mai 1999.

iii. L’importance d’une formation adressée aux gardiens gérants est reconnue et des activités de
formation leur sont adressées depuis mai 1998.

Contraintes
26

i. Aucun document de programmation de la formation, élaboré, en relation avec le PAGER n’est disponible
auprès du Centre de formation. Les activités de formation se sont, en faite, réalisées d’un façon
ponctuelle, à la demande des différentes Directions.

ii. La formation adressée aux techniciens des cellules PAGER régionales a commencé seulement le 4
octobre 1999, en retard par rapport au début du PAGER et douze mois après l’Atelier de réflexion sur le
PAGER (octobre 1998). Cet Atelier avait signalé « le manque de formation aux techniques d’animation
spécifiques au milieu rural » 7

iii. Aucune activité de formation n’a été adressée aux élus des Communes Rurale, et ceci malgré la
recommandation formulée dans le Rapport de préparation du PAGER : « Les communes rurales seront
appelées à jouer un rôle important dans le cadre de la mise en œuvre du PAGER. Elles auront des
responsabilités à assumer en matière de programmation, particulièrement dans la présélection des
douars et l’établissement de l’ordre de priorité d’intervention. Pour les aider dans cette tache difficile, les
élus bénéficieront d’une formation spécifique et les services techniques leur fourniront l’assistance
nécessaire. »8

iv. Depuis le début du PAGER, seulement 99 gardiens gérants, sur un total de 913 actifs en milieu rural, ont
participé à des sessions de formation.

v. Les sessions de formation adressées aux gardiens gérants, de la durée de une journée, sont trop courtes
et elles ont démarré seulement en mai 1998.

Le Tableau 9 résume l’ensemble des formations organisées dans le cadre du PAGER.

Tableau 9 - Formations organisées dans le cadre du PAGER


Thème et profils des Nombre Périodes Localité Formateurs
participants participants
Techniques d’animation. Agents 20 9-21 01 1995 Centre de Formation CEREHEMER
et cadres des Directions 6 2-7 01 1996 Metz, France CEREHEMER
centrales et régionales 14 2-6 05 1996 Centre de formation ONEP
12 27-28 10 1997 Centre de formation Agence Résonnance
8 14-17 12 1998 Centre de formation Agence Résonnance
10 8-11 12 1999 Centre de formation Agence Résonnance
Atelier de réflexion et de 21 12-16 10 1998 Centre de formation ONEP et KfW
concertation sur le PAGER
(volet ONEP)
Cadres et animateurs
Communication, gestion 10 4-22 10 1999 Centre de formation ONEP
Insertion des techniciens des
Cellules PAGER régionales
Gestion des bornes fontaines 18 14 05 1998 Direction Régionale de ONEP
Gardiens gérants 12 14 05 1998 Tansift, Marrakech ONEP
22 3 06 1998 Direction Régionale de ONEP
12 4 06 1998 Tansift, Marrakech ONEP
35 24 02 1999 Direction Régionale de ONEP
Centre Nord, Fès
Direction Régionale de
Centre sud, Meknes
Direction Régionale
Centre, Khouribga
Méthode MARP 14 mai 1999 Différentes localités ONEP-Université Hassan II
Cadres et agents

7
Ministère de l’ Equipement-ONEP, Atelier de réflexion et de concertation sur le PAGER (volet ONEP),
12-16 octobre 1998, Rabat, page 15.
8
FAO/Centre d’investissement, juin 1996, Programme d’approvisionnement groupé en eau potable des
populations rurales, Rapport de préparation, page ix.
Rapport d’évaluation des interventions de l’ONEP en milieu rural 27

4.2.3Les activités de formation au profit de tiers


Le Centre de Formation organise des actions de formation au profit des tiers, qui se présentent sous
trois formes:

Rencontres nationales et internationales:


Organisation chaque année et en moyenne d'une centaine de rencontres nationales et internationales
regroupant au total 3000 participants9.
Formations des jeunes promoteurs
Dans le cadre de la participation au PAGER, l'ONEP a mené depuis 1996 une expérience visant à
promouvoir la création de micro-entreprises de travaux de maintenance et de gestion déléguée au niveau
local. À fin 1998, ce programme a permis la création de 87 micro-entreprises réparties dans les
domaines de: travaux réseaux (51); maintenance électro- mécanique(15); entretien bâtiments(11);
réparation des équipements hydromécaniques(4); gestion de station(2); surveillance et entretien des
adductions(3); entretien des espaces verts et gardiennage (1).

Coopération avec les universités et instituts d’études supérieures.


En vue de permettre aux étudiants des universités, des écoles supérieures, etc., une meilleure
connaissance du monde professionnel, des stages d'une durée d'un à deux mois ont été organises au sein
des services de l'ONEP. L'effectif de ces stagiaires accueillis est de l'ordre de 200 étudiants/an.

L’ampleur des activités d’échange scientifique et opérationnel et de réflexion aux niveaux national et
international organisées par l’ONEP confirme son rôle de leader dans la région du Maghreb et sa
maîtrise et accumulation des aspects techniques liés à la production et à la distribution de l’eau
potable.

Il est néanmoins nécessaire d’attirer l’attention sur le fait que parmi les sept domaines d’intervention des
87 micro-entreprises crées dans le cadre de la participation au PAGER, aucune n’est spécialisée dans
des domaines de la recherche socio-économique, de l’approche participative, de l’animation en milieu
rural, du suivi et de l’évaluation. Ce qui confirme les faiblesses concernant les aspects non techniques
soulignées dans plusieurs sections de ce rapport.

4.3 Méthodes et procédures


4.3.1 Procédures pour l’identification des douars/zones à équiper
Le point de départ est généralement l’existence d’une conduite d’adduction urbaine ou un projet de
conduite d’adduction urbaine. A ce stade il n’y a pas toujours de requête des communes rurales et des
collectivités locales. Depuis 1993, l’ONEP a introduit une nouvelle étape dans le processus
d’identification des douars à équiper : les études socio-économiques menée par l’ONEP sur une zone qui
correspond aux critères de base de l’intervention de l’ONEP (proximité d’une adduction existante ou
projetée). La tendance actuelle est cependant d’élargir ces études au delà des 5 km si des douars existent
et peuvent techniquement être intégrés dans un projet. Ces études, dans leur version la plus récente,
fournissent les réponses aux questions suivantes :

 Population et habitat
 Présence ou non de ressources alternatives et description du mode actuel d’alimentation en eau
9
On peut citer à ce sujet les exemples suivants:
 16 au 20/02/98, 9 ème congrès de l'Union Africaine des Distributeurs d'Eau (UADE) sur le thème: "Eau
Potable et Assainissement, Partenariat horizon 21 siècle". Ce congrès a connu la participation de
environ 800 personnes représentant une quarantaine de pays.
 20 au 23 avril 1999: 4 ème Conférence internationale du Groupe spécialisé Lagunage de l'Association
Internationale de la Qualité de l'Eau. Cette conférence a réuni 300 personnes d'une quarantaine de
pays.
28

 Consommation actuelle moyenne


 Souhaits des populations en terme d’AEP (BF/BI), acceptation du principe de participation aux
investissements (500 Dh/ménage) et de la vente de l’eau (pour les dernières études socio-
économiques),
 Souhaits de la population en terme de gestion future de la BF
 Souhaits de la population en ce qui concerne le tarif de l’eau.

Il semble cependant que ces études ont été pour la plupart le résultat d’une exigence imposée par le
bailleur de fonds et n’ont pas toujours été utilisées par les services techniques.

L’étape suivante est la constitution d’un dossier technique (parfois seulement l’APS mais généralement
APD). Jusqu’à cette étape, le financement du projet d’AEP rural n’est pas nécessairement assuré.

La poursuite du Projet techniquement défini nécessite la garantie d’un financement comprenant :

 Des dons extérieurs ou un financement de l’Etat à concurrence de 70% du total


 Un financement des communes rurales concernées à concurrence de 15% du total
 Un financement des populations à concurrence de 5% qui a été en fait standardisé sous forme d’une
contribution forfaitaire de 500 Dh/ménage ;
 Un complément à concurrence de 10% assuré par la surtaxe PAGER qui devrait fournir en 1999
environ 60 millions de Dh .

La suite des opérations qui comprend en fait la collecte des contributions des communes et des
populations ne commence que lorsque le financement extérieur est assuré.

Réunion avec les communes et signature d’une convention dans laquelle celles-ci s’engagent à participer
au projet à concurrence de 15% du montant total des investissements.

Campagne de sensibilisation des populations dans laquelle sont abordés les thèmes suivants:

 Emplacement des BF qui a déjà été décidé par les services techniques sur une base purement
technique mais qui nécessite une approbation des populations. Certains choix sont modifiés au
cours des campagnes de sensibilisation;
 Explication du mode de collecte des fonds et recherche d’un accord sur la période la plus favorable
(récolte…);
 Accord sur le prix de vente de l’eau qui sera ensuite entériné par la commune;
 Accord sur le mode de gestion (généralement par un gardien gérant) et recherche d’un candidat
pour le poste.

Collecte des fonds au niveau des douars (qui peut prendre plusieurs mois, 16 en moyenne);

 lancement des appels d’offre dès que le niveau de collecte au niveau des douars atteint 100% et le
niveau de mobilisation des fonds des communes atteint 50%. Au début du PAGER les conditions
étaient été plus flexibles pour les douars (niveau de collecte à 50%) mais il y avait trop de
problèmes lors de la mise en œuvre et maintenant la règle est que les douars doivent avoir cotisé à
100%. La durée de lancement et dépouillement des appels d’offre est d’environ un mois;

 lancement des travaux lorsque les communes ont mobilisé 100% de leur contribution;

 établissement d’une convention de gestion des BF avec le gardien gérant et la commune.

Des commentaires détaillés sur chacune des étapes de l’identification des douars à équiper sont fournis
dans les trois sections suivantes.
Rapport d’évaluation des interventions de l’ONEP en milieu rural 29

4.3.2 Etudes socio-économiques


Les études socio-économiques ont été introduites par l’ONEP en 1993, et elles ont marqué un progrès
dans le processus d’identification des besoins en eau des populations. Ces études ont prévu une méthode
basée sur un échantillonnage et sur la distribution de questionnaires par douar et d’autres questionnaires
par ménages, modifiés au cours du temps, comme le témoigne l’évolution des termes de référence des
études PAGER. Les questionnaires ménages s’articulent en quatre segments : A. caractéristiques socio-
économiques, B. caractéristiques du logement, C. eau potable, et D. équipements du ménage. Ces études
présentent des points de faiblesse qui limitent leur utilisation en phase de programmation. Les études ont
été analysées de deux points de vue : la méthode d’enquête et la composition des équipes.

a. Méthode d’enquête
La méthode d’enquête a été analysée en prenant en considération les aspects suivants :

L’adaptation de la méthode à un milieu analphabète. Le taux moyen d’analphabétisme en milieu rural


est de l’ordre de 75%10. Il est en moyenne beaucoup plus élevé chez les femmes que chez les hommes, et
il peut atteindre 92% dans le sud du pays. Le taux de scolarisation est de 46% pour le total des enfants
scolarisables et il est de 23% pour les filles. Les méthodes d’enquête prévoyant seulement l’utilisation
de questionnaires à réponses fermées sont considérées comme largement inadaptées pour assurer la
fiabilité de l’information dans un milieu analphabète.

Les sujets à prendre en considération et les outils d’enquête. Les premières enquêtes, de 1992 à
1995, ne prenaient pas en compte la participation des population aux frais d’investissement. La
première étude qui a abordé le sujet a été celle du Loukkos (128 douars) en 1996. Dans ce cas, 39% des
populations enquêtées ont déclaré pouvoir contribuer a hauteur de 500 Dh.

Les thèmes suivants ne sont pas encore pris en considération :

l’emplacement des bornes fontaines. Les questionnaires ne sont pas des outils adaptés pour identifier la
localisation souhaitée par les habitants des douars. Au cours de 1999, des techniques MARP ont été
utilisées par la Direction de l’exploitation à cette fin (voir section suivante) pour identifier et discuter
avec les usagers des palettes de solutions possibles;

les relations entre les douars sont également importantes à connaître pour décider de la localisation des
bornes fontaines. Les études socio-économiques réalisées n’ont pas pris en considération ces aspects,
qui devrait faire l’objet de diagnostics participatifs (en utilisant des outils comme les diagrammes ou
cartes du territoire élaborées avec la population divisées en différents groupes).

1 0
Royaume du Maroc, Plan quinquennal 1999-2003.Commission spécialisée développement agricole et
rural, sous-commission développement rural, Rapport principal.
30

Facteurs à prendre en considération, sur la base de l’expérience d’enquêtes réalisées dans des
divers pays du Maghreb en ce qui concerne les relations entre les douars.

relations positives: relations conflictuelles

-proximité -concurrence pour l’accès aux sources d’eau


-uniformité du système de production -concurrence pour l’accès aux parcours
-entraide agricole -concurrence pour l’accès aux ressources forestières
-utilisation des mêmes ressources (sources d’eau) -localisation des bornes fontaines
-utilisation des mêmes ressources (parcours) -location du matériel agricole
-utilisation des mêmes ressources(foret) -divorces
-échanges de semences
-appartenance à la même unité administrative
-liens de parenté
-prêts sans intérêt
-transport collectif
-utilisation de la même école
-utilisation du même dispensaire
-utilisation du même moulin à grain
-construction de bâtiments en commun
-construction collective de la mosquée
-bon voisinage et liens d’amitié
-fêtes en commun
-entraide en cas de décès et de maladie

les priorités des populations. Le questionnaire n'offre pas aux populations la possibilité d’identifier des
priorités et de les classer par ordre d’importance. Il est évident que leur priorités, peuvent être liées à
l’eau potable ou à d’autres soucis comme l’emploi, la santé, l’éducation, l’électricité, le matériel
agricole etc. Les réponses qui peuvent être fournies aux questions citées sont donc fortement biaisées et
orientées vers des réponses favorables a l’« acceptation » de l’eau potable comme service proposé par
l’ONEP, et ceci pour deux raisons : le manque de questions préalables concernant d’autres choix et les
desiderata et le fait que les enquêteurs ne sont pas indépendants mais qu’ils sont perçus, comme liés à
la mise en œuvre des investissements de l’ONEP en milieu rural.

b. La population enquêtée
En ce qui concerne la population ciblée par les enquêtes ménages, on signale comme contrainte le fait
que les questionnaires s’adressent exclusivement aux chefs de ménages, ce qui se traduit dans la
présentation des questions presque exclusivement adressées aux hommes : les enquête de l’ONEP
montrent en fait que de 90% à 96% des chefs de ménages sont des hommes. Les femmes et les filles, qui
assurent dans la réalité rurale des fonctions de base dans la gestion du ménage en en particulier
s’occupent de la corvée de l’eau ne sont donc pas consultées au cours des enquêtes. Il s’avère utile de
signaler que le choix de ne pas continuer à exclure les femmes a été déjà fait par l’étude réalisé par
d’autres Bureaux d’études dans le cadre du Plan directeur de l’Eau potable publié en en avril 1998.

La prise en considération d’autres approches. La méthode d’enquête des études socio-économiques


proposées et financées par le Service rural (Direction planification et développement) n'a pas jusqu’à
présent intégré des nouveautés méthodologiques, comme les diagnostics participatifs pourtant largement
utilisés au Maroc.
Rapport d’évaluation des interventions de l’ONEP en milieu rural 31

Projets et programmes intégrant les diagnostics participatifs

i) Le Projet GTZ-DPA de Kenifra “Projet Oued Srou (POS). Ce projet, qui a débuté en 1986, a évolué
vers une approche basée sur la participation des populations au niveau local, et des nouveaux
Comités villageois pour la gestion des terroirs (CVGT) ont été créés.

ii) En 1990 un Plan National des Bassins Versants (PNABV) a été lancé. La FAO est appuyé depuis
1994, en tant qu’agence d’exécution du projet MOR/93/010 et dans le cadre du programme de
coopération FAO-Banque Mondiale, l’approche participative dans la planification et gestion des
bassins versants.

iii) Le projet FAO «Projet de gestion des ressources naturelles dans la province de Taza»
(GCP/MOR/016/ITA) en cours d’exécution depuis 1997.

iv) La DGH et la FAO ont publié en 1994 un Guide de l’animateur 11 dans le cadre de l’exécution du
programme PAGER. Ce Guide propose un ensemble d’outils d’enquête liés à quatre rubriques, à
savoir :
- Présentation du site. Outils d’enquête: interview semi-structurée, Carte sociale, carte du
voisinage, Carte des ressources en eau…)
- Les activités économiques du douar. Outils d’enquête : interview semi-structurée,, carte
sociale, différents calendriers, matrices de classification, différents diagrammes, …)
- Eau et santé. Outils d’enquête: interview semi-structurée,, Carte des ressources, différents
calendriers, différents diagrammes, boite à images…
- Le nouveau Système d’approvisionnement en eau potable (SAEP). Outils d’enquête:
interview semi-structurée, Carte sociale, Matrices de classification à critères ou par ordre
de préférence, arbre à problèmes.

Il est à signaler cependant qu'en avril 1998 la Division de l’aménagement rural de la Direction de
l’exploitation de l'ONEP, a confié la réalisation d’une évaluation12 à une équipe qui a utilisé les outils du
diagnostic participatif.

c. La composition des équipes d’enquête

La composition des équipes de deux études est présentée ici à titre d’exemple :

Exemple 1:

Etude socio-économique des populations rurales riveraines de la future adduction d’alimentation en


eau potable de la région du Loukkos (ONEP/BADR-Etudes, janvier 1996) :
- Un ingénieur en chef (statisticien économiste)
- Un ingénieur statisticien économiste
- Deux contrôleurs (ayant réalisé différentes opérations statistiques)
- Dix enquêteurs (4 ingénieurs statisticiens et 6 licenciés en économie)
- Deux ingénieurs statisticiens pour le contrôle de cohérence.

_______________________________
11
Ministère de l'Intérieur-Direction Générale de l’Hydraulique/FAO, 1994, Guide de l'animateur.
12
ONEP-Coopération maroco-allemande/KfW, avril 1998, Evaluation des projets d'alimentation en eau
potable réalisés dans le cadre du PAGER-volet socio-économique, Rapport élaboré par Khadija
Bourararach, Rabat
32

Exemple 2:

Enquêtes socio-économiques - Rapport. Régions : Tensift et Nord Ouest (ONEP/BADR-Etudes, juillet


1996)
- Un ingénieur en chef (statisticien-économiste)
- Deux ingénieurs statisticiens-économistes
- Un ingénieur statisticien
- Un contrôleur avec une longue expérience dans le domaine des enquêtes statistiques
- Neuf techniciens en statistique.

Les contraintes à signaler sont les suivantes :

i. Les études sont effectués, depuis 1993, par le même bureau d’études qui fait, de surcroît, très peu
recours aux spécialistes des différentes régions lors des enquêtes. Cette situation est en contraste
avec les tendances les plus récentes de valorisation des ressources régionales en cours au Maroc
et avec le processus de décentralisation des effectifs et des prises de décision démarré au sein
même de l’ONEP et mentionné aux paragraphes 4.1.1 et 4.1.2 de ce document.

ii. Les spécialités suivantes ne sont pas représentées: agronomie, sociologie, anthropologie.
L’absence de ces spécialisés dans les équipes est à la fois une source de biais et de sous-
estimation de l’importance de la contribution de ces disciplines à la connaissance des spécificités
et de la complexité du milieu rural laisser.

iii. Il faut enfin noter l’absence de femmes dans les équipes, ce qui est surprenant étant donné le rôle
des femmes dans l’approvisionnement en eau en milieu rural et la nécessité de spécialistes
femmes pour approcher la population féminine et comprendre leur problèmes.

4.3.3 Etudes techniques


L’analyse du processus des études repose sur l’analyse des termes de références des différents types
d’études et d’une dizaine de dossiers d’études représentatifs, ainsi que sur les discussions avec les
différents acteurs dans le processus d’études (Directions centrales et régionales de l’ONEP et bureaux
d’études). Les projets d’AEP des douars et les projets d’AEP des centres ruraux gérés par l’ONEP
seront examinés successivement ci-dessous.

a. AEP des douars

Description des processus

D’une manière générale, on distingue les trois processus suivants selon le système d’AEP :

 AEP à partir d’installations urbaines ONEP existantes :

Les études sont lancées par les Directions régionales sous la supervision de la Direction exploitation et
comportent en général les deux phases suivantes :

 Etude technique (APS-APD)


 Dossier de consultation des entreprises (DCE)

Exemples : adductions Rommani (41 douars), Demnate (27 douars),


Rapport d’évaluation des interventions de l’ONEP en milieu rural 33

Ces études sont généralement lancées sous forme de lettre de commande (pour les montants inférieurs à
300.000 Dh) auprès d’une liste restreinte de bureaux d’études. Ce sont surtout des petits bureaux
d’études qui sont adjudicataires étant donné les faibles prix pratiqués.

On notera le cas particulier de l’étude d’AEP des douars avoisinant l’adduction Khémisset-Tiflet (75
douars) qui a été réalisée par la DR4 selon le standard DEA (APS – APD – DCE) sans sous-traitance.

Il y a lieu de signaler également que la Direction de l'exploitation envisage d’introduire une étude de
faisabilité avant d’engager les études techniques. Le projet de termes de références prévoit deux
missions dans cette étude :

 Etude socio-économique
 Etude préliminaire d’AEP.

 AEP à partir d’installations ONEP urbaines en cours d’étude :

Les études sont lancées par la Direction de l’eau et de l’assainissement (DEA) et comportent en
général les trois phases suivantes :

 Avant-projet sommaire (APS) intégrant les villes et les douars


 Avant-projets détaillés (APD) pour les villes et pour les douars
 Dossier de consultation des entreprises (DCE)

Exemples : adductions Bouagba (61 douars), Chemaïa-Youssoufia (97 douars), Loukkos (129 douars)

Ces études sont lancées sous forme d’appel d’offres restreints auprès des grands bureaux d’études. Les
prix pratiqués pour la composante douars dans ces études sont généralement plus élevés que ceux
pratiqués par les études lancées par les Directions régionales.

Il semble que la DEA envisage de confier les études détaillées aux Directions régionales et limiter son
intervention au niveau des APS pour les villes et les douars.

 Système spécifique d’AEP rurale :

Une étude générale de faisabilité est réalisée par la Direction de la planification à laquelle font suite des
APD et DCE, par tranches de travaux, réalisés par les Directions régionales.

Exemple : Zouagha- Moulay Yacoub

Les études générales sont lancées sous forme d’appel d’offres ouverts contrairement à ce qui est
pratiqué par les autres directions.

Contraintes

 On constate que les études d’AEP des douars sont partagées entre trois Directions centrales (DD,
DEA et DEX) et les Directions régionales ce qui ne permet pas une démarche homogène, aboutit à
des études de standards différents et ne favorise pas la capitalisation de l’expérience.

 Un autre point important qui n’est pas clair dans le processus actuel des études d’AEP des douars
est celui relatif à la phase d’identification des douars à étudier.
34

 En dehors du dernier type d’études qui concerne la totalité des douars d’une entité administrative,
la liste des douars objet d’une étude est définie par l’ONEP dans le contrat passé avec le bureau
d’études. Cette liste est arrêtée sur la base de critères imprécis et variables : requêtes des
communes rurales (approche par la demande), proximité d’une installation de l’ONEP (approche
par l’offre).

 L’approche basée sur les requêtes des communes rurales ne permet pas une optimisation de la
conception des projets (tranches successives aboutissant à un projet global non optimisé, exemple :
AEP des douars à partir de l’adduction de Tiznit-Ifni) et risque d’omettre des douars qui, pour une
raison ou une autre, n’ont pas eu l’occasion d’exprimer leur demande. D’ailleurs, dans la plupart
des études consultées, la liste définie dans le contrat d’études est révisée en cours d’étude suite à
des requêtes non exprimées au départ.

 D'autre part, l’approche basée sur la proximité des installations de l’ONEP (ex: bande de 5 km de
part et d’autre d’une adduction) pêche par son caractère trop systématique et directif qui risque
d’intégrer dans le projet des douars dont les populations n’adhèrent pas au projet (existence de
ressource en eau alternative, faible capacité à payer, etc. )Exemple : douars avoisinant les
adductions de Khemisset et de Saïss.

b. Centres ruraux gérés par l’ONEP

Les études des petits centres gérés par l’ONEP (qui ne fait pas de distinction entre les centres ruraux et
les centres urbains) se déroulent en deux phases :

 Etude générale réalisée par la Direction de la planification et ce généralement avant la prise en


gérance. Elle concerne la production et la distribution et a pour objet de faire le diagnostic du
service de l’eau, de planifier le développement du système d’AEP à un horizon éloigné en fonction
du plan de développement urbanistique du centre et de définir une première tranche de travaux
d’urgence.

 Etudes détaillées (APD et DCE) relatives à la première tranche réalisées par la Direction de l’Eau
et de l’Assainissement.

Ce processus d’études pour les petits centres n’appelle pas d’observation particulière. Cependant, on
peut se demander pourquoi les études détaillées ne sont pas confiées aux Directions régionales étant
donné qu’il s’agit d’études simples et standards.

4.3.4 Participation
Le concept et l’approche de participation des populations appliqués par l’ONEP ont évolué au cours de
trois périodes :

Première période (avant 1992) : participation comme recouvrement des coûts. Le concept de
participation est embryonnaire et s’identifie avec celui de contribution des abonnés aux coûts des
travaux.

Deuxième période (1993-1997) : participation comme sensibilisation. Le début des études socio-
économiques puis le lancement du PAGER marquent un changement d’approche dans la phase
d’identification. Mais on ne peut pas parler d’implication des populations dans le cycle des projets : en
faite, on identifie la participation avec une sensibilisation tardive et non appropriée.
Rapport d’évaluation des interventions de l’ONEP en milieu rural 35

Troisième période (1998-1999) : des étapes vers l’implication des populations dans les projets.
L’ONEP introduit des améliorations dans les méthodes d’enquête et de sensibilisation pour associer les
populations dans certaines phases du cycle des projets.

Les trois paragraphes qui suivent présentent des considérations sur les trois périodes.

a. Participation comme recouvrement des coûts

La première période concerne les années antérieures à 1992. La participation s’identifiait alors avec la
contribution des abonnés aux coûts des travaux et aucune distinction n’était faite entre milieu urbain et
milieu rural comme le démontre l'encadré ci après :
L'analyse des besoins des populations en eau potable, un des éléments de base d’un processus
Des extraits 3 de l’article 37 du Contrat Programme de 1987

a) « Lorsque pour desservir un abonné ou des abonnés nouveaux ou pour satisfaire l’accroissement de la
demande d’un abonné ancien, l’ONEP est amené non seulement à exécuter ou à renforcer le
branchement de cet abonné mais encore à entreprendre des travaux de renforcement, d’extension ou
de modification du réseau, l’ONEP est fondé de demander une participation financière…
b) Si une fois exécutés, les travaux d’extension, de renforcement ou de modification du réseau servant
sans modification, à alimenter d’autre abonnés nouveaux, la participation de chacun d’eux aux frais
engagés est calculée proportionnellement à la consommation de chacun d’eux…..
c) Si la desserte de nouveaux abonnés oblige l’ONEP à des traits d’extension, de renforcement ou de
modification d’une partie du réseau à la construction de laquelle d’anciens abonnés ont déjà participé
financièrement, ces nouveaux abonnés sont tenus de verser à l’ONEP….. »

d’identification participative, se basait sur des estimations comme le montrent les considérations qui
suivent.
Ainsi, les études techniques se limitaient à estimer les besoins en eau potable sur la base de données
statistiques comme l’évolution de accroissement moyen de la population et de la demande en eau potable
au cours des derniers années.

Le besoin de réaliser des études socio-économique pour connaître, en le demandant aux intéressés, c’est-
à-dire les usagers potentiels, leur situation d’accès aux sources d’eau et leur souhaits en matière d’eau
potable, ne s’était pas encore concrétisé en enquêtes au niveau des douars.

L’ONEP, par contrat, était tenu de produire et vendre de l’eau potable en milieu urbain et en milieu
rural. La programmation, et en particulier la phase de l’identification, se basaient sur l’hypothèse
mécanique d’un accroissement moyen et continu de la demande estimé sur la base de l’évolution des
années précédentes. Cette vision simplificatrice et interventionniste de la réalité se basait sur
l’expérience urbaine et ne prenait pas en compte la complexité et la diversité des mondes ruraux
marocains. L’article 4 du contrat Programme de 1987, reporté entièrement dans l'encadré ci-après, est
significatif.

______________________________
13
Royaume du Maroc-ONEP, octobre 1987, Contrat-Programme 1987-1989, Rabat
36

« Article 4. Demande en eau potable :


1) Définition : La demande en eau potable est définie comme étant le débit total à produire en tête
d’adduction pour faire face aux besoins exprimés : elle représente la somme de la consommation
effective et de l’eau perdue dans les systèmes adducteurs et dans les réseaux de distribution.

2) Evaluation de la demande en eau potable : Compte tenu de la tendance au cours des 5 dernières
années, le taux d’accroissement moyen annuel de la demande retenu par le présent contrat programme
est fixé à 4%. 4»

b. Participation comme sensibilisation

A. La démarche adoptée

La deuxième période concerne les années de 1993 à 1997. Cette période est caractérisée par deux
événements : le début des études socio-économiques en 1993 et le lancement du PAGER en 1995.

L’analyse des aspects concernant la participation des populations dans cette période a été effectuée en
prenant en considération les aspects suivants : la démarche d’intervention (le cycle de vie des projets
ONEP) présentées dans le présent paragraphe, et les campagnes de sensibilisation démarrées avec le
PAGER.

L’approche participative de l’ONEP dans le cadre du PAGER est ainsi définie dans les documents les
plus récents élaborés par l’organisation:

« Afin de faire participer les populations bénéficiaires dans la réalisation et la gestion des
installations et garantir leur pérennité, une approche participative a été adoptée dans le cadre de ce
programme. En effet, des campagnes de sensibilisation sont menées au profit des populations pour,
d’une part, les sensibiliser sur les bienfaits d’un approvisionnement en eau potables par des bornes
fontaines et, d’autre part, accepter de participer au financement du projet »15.

Cette définition résume l’approche adoptée et met en évidence une confusion entre les notions de
participation et de sensibilisation.

La participation des populations vise, pour l’ONEP, trois niveaux d’implication des bénéficiaires à
savoir :
Participation financière des bénéficiaires (une participation de 500 Dh/ménage a été adoptée pour tous
les projets d’AEP en milieu rural à travers le pays).
Choix des sites d’emplacement des BF en concertation avec les populations.
Gestion des installations (bornes fontaines) à travers la désignation d’un gardien gérant par et parmi les
habitants.

L’ONEP, au cours de la période 1993-1997 (et jusqu’à l’heure actuelle) a progressivement adopté une
démarche d’intervention qui prévoit les étapes présentées dans l'encadré ci-après :

______________________________
14
Royame du Maroc-ONEP, octobre 1987, Contrat-Programme 1987-1989, Rabat, page 2.
15
ONEP, juillet 1999, Contribution de l’ONEP dans l’alimentation en eau potable des populations
rurales, document présenté lors de l’Atelier de réflexion sur l’alimentation en eau potable en milieu
rural, 28 juillet 1999, FAO-ONEP, Rabat, page 4.
Rapport d’évaluation des interventions de l’ONEP en milieu rural 37

Séquence temporelle du cycle des projets

 études socio-économiques.
 études techniques (APS, choix d’emplacement des bornes fontaines).
 campagnes de sensibilisation. Le choix de l’emplacement est : i) confirmé par les populations ; ii) refusé
par les populations ou iii); modifié en concertation entre l’ONEP.
 signature d’un procès verbal où les élus des communes, les populations et l’ONEP déclarent avoir
séléctionné un emplacement pour les bornes fontaines.
 réalisation des bornes fontaines.

L’introduction, par rapport à la période avant 1993, des études socio-économiques, proposés à l’ONEP
par le PNUD et la Banque Mondiale, marque un progrès considérable dans la démarche d’identification
des besoins en eau potable des populations. Pour la première fois, en effet, on se préoccupe à l’ONEP
d’analyser d’une façon organisée et par le biais d’enquêtes au niveau des douars, des aspects comme par
exemple :

- le mode d’approvisionnement en eau (réseau, borne fontaine, puits, seguia, oued, khettara,
camion-citerne, etc.);
- le niveau de consommation de l’eau;
- les prix payés et le temps passé pour disposer de l’eau;
- le profil socio-économique des ménages (revenu, emploi, activité, niveau de vie);
- l’attitude vis-à-vis de l’augmentation des tarifs de l’eau potable;
- le classement de douars par ordre de priorité.

Mais la nouvelle séquence temporelle de la conception et de la mise en œuvre ne semble pas adaptée à
une exigence (déclarée par l’ONEP) d’implication des population dans le processus de prise de décision
et de prise en charge des réalisations, et ceci pour le raisons suivantes.

i. Les études socio-économiques ne prennent pas en considération l’intégration dans la méthode des
outils de diagnostic participatif. Ceci est assez surprenant parce que d'une part les méthodes
centrées sur le diagnostic participatif sont de plus en plus adoptées au Maroc par des projets et
d'autre part la DGH, qui est responsable de l’autre volet PAGER, utilise des diagnostic
participatifs MARP, au cous des premiers contacts avec la population. Des considérations à ce
sujet et sur la méthodologie des études sont présentées au paragraphe 4.3.2.

ii. Les études socio-économique ne concernent que les « grands projets », où on fait l’hypothèse de
desservir un nombre élevé de douars dans une région. Dans les autres cas, la première étape du
cycle du projet continue à être l’étude technique. L’estimation des besoins en eau de ces études est
rudimentaire et simpliste et se base sur l’évolution de l'accroissement moyen de la population et
de la demande en eau potable au cours des derniers années. Le nombre de bornes fontaines
nécessaires se base sur des standards de l’OMS : une borne fontaine pour 500 personnes.

iii. Les phases-clés du cycle de projet sont les phases initiales de l’identification, donc les études
socio-économiques et les études techniques. Les aspects techniques de conception et de réalisation
sont très bien maîtrisés par l’ONEP, tandis que son expérience et les profils professionnels des ses
cadres ne sont pas adaptés à la complexité des actions en milieu rural, comme il a été montré au
chapitre 4.2. Cette situation amène à des considérations tranchantes comme la suivante extraite
du document de synthèse de l’Atelier de réflexion d'octobre 1998 : « L’identification actuelle des
projets résulte le plus souvent d’une démarche volontariste entreprise par l’ONEP plutôt que d’un
besoin exprimé par la population. L’expérience vécue par l’ONEP a montré l’inadéquation de
38

cette approche simplificatrice avec la réalité et la complexité du milieu rural. Elle aboutit à des
projets mal conçus ne recevant pas l’adhésion de la population »16.

iv. L’approche d’intervention, comme par exemple le montant de la participation financière fixé à
500 Dh par foyer, ne prend pas en considération les différences entre les régions du pays, entre
les douars à l’intérieur d’une région et entre les différents revenus à l’intérieur des douars. A titre
d’exemple de situations opposées, l’habitat (qui influence fortement les choix d’emplacement des
bornes fontaines) se présente ainsi dans deux projets de l’ONEP :
- Préfecture de Zougha Moulay-Yacoub : 60% de la population réside dans des douars dispersés
ou éclatés ;
- Région de Loukkos : 72% de la population réside dans des douars groupés.

v. « Sensibiliser » les populations sur les « bienfaits » des projets et amener les populations à
« accepter » des propositions de l’ONEP (on se réfère à la terminologie utilisée dans la définition
d'approche participative citée auparavant), n’est-ce pas en contradiction avec une approche qui se
veut participative ? Pourquoi ne pas essayer d’inverser la démarche et demander à l’ONEP de
considérer/analyser comment « accepter » les souhaits et les propositions des populations ?
Quelles sont les solutions possibles proposées par les populations ? Le fait de choisir, du point de
vue de la « logique des techniciens », les emplacements des bornes fontaines au cours des études
techniques et d’associer (ou de tenter d’associer) les populations dans une phase successive par le
biais de campagnes de sensibilisation se heurte avec la prise en compte, en premier lieu, des
exigences et de la « logique des populations ».

vi. Une séquence, logique et temporelle différente et réellement participative a été adoptée dans
plusieurs projets forestiers, de conservation des eaux et du sol et de gestion des espaces pastoraux
au Maroc au cours des cinq dernières années. Des exemples sont fournis au paragraphe 4.3.2.
Une séquence participative avait été aussi proposée lors de la mission de préparation du
programme PAGER17. Cette séquence s’articule en quatre étapes : a) diagnostic participatif ; b)
études de faisabilité et études complémentaires ; c) restitution/validation et d) établissement des
conventions/ contrats-programmes avec les populations et avec les partenaires institutionnels
locaux.

L’approche décrite ci-dessus amène à une à une situation de décalage fort entre la programmation des
interventions de l’ONEP et la réalité rurale:

- l’examen de la consommation en eau des localités desservies fait ressortir d’une part, que sur
2.238 bornes fontaines (urbain et rural confondus), 392 n’ont pas fonctionné en 1998, et d’autre
part que pour les BF fonctionnelles, les installations sont sous-utilisées, et que la consommation
moyenne (en milieu rural) n’atteint pas 7 litres par habitant et par jour, au lieu des 20 litres de
consommation estimée.
- si on examine pour les projets réalisés et les projets en cours de réalisation le nombre de douars
programmés et celui des douars retenus après la contribution financière, on remarque que 119
douars programmés ont été éliminés, ce qui représente environ le tiers de l’effectif initial prévu
(32,1%).

Les détails de ce décalage sont présentés à la section 5.1.

1 6
ONEP-Coopération maroco-allemande, novembre 1998, Atelier de réflexion et de concertation sur le
PAGER (volet ONEP), 12-16 octobre 1998, Rabat, pages 11-12.
1 7
FAO/Centre d’investissement, juin 1996, Programme d’approvisionnement groupé en eau potable des
populations rurales, Rapport de préparation
Rapport d’évaluation des interventions de l’ONEP en milieu rural 39

Pour terminer cette section et introduire la suivante qui analyse les campagnes de sensibilisation il
convient de citer, en en partageant les idées exprimées, les trois premiers parmi les dix points faibles mis
en évidence par une évaluation participative des projets de l’ONEP réalisée en 1998 18:

- la stratégie appliquée est non adaptée au milieu rural ;


- l’approche participative n’est pas appliquée (les campagnes de sensibilisation ne peuvent la
remplacer) et les populations ne se sentent pas suffisamment impliquées ;
- le besoin en eau des populations n’est pas toujours vérifié.

B. Les campagnes de sensibilisation

Les douars impliqués

Dans le cadre du PAGER, 689 douars ont bénéficié de l’alimentation en eau, répartis selon le stade du
projet comme suit :
- 16 projets dont la réalisation est achevée (103 douars avec une population totale de 59.406
habitants).
- 11 projets dont la réalisation est en cours (142 douars regroupant 90.772 habitants) ;
- 17 projets dont les marchés sont en cours de lancement, (269 douars avec une population de
151.651 habitants19) ;
- 6 Projets en phase de sensibilisation/collecte (175 douars avec une population de 63.129
habitants).

Démarche adoptée:

Les campagnes de sensibilisation visent 3 cibles distinctes à savoir les autorités locales, les élus et les
populations bénéficiaires du projet et se déroulent généralement comme suit :

Autorités locales
Les réunions avec les autorités locales ont les objectifs suivants:
- Présentation du cadre, de la consistance, du coût et du mode de financement du projet ainsi que
les douars concernés par le projet.
- Examen des modalités pratiques d’exécution des campagnes d’information et de sensibilisation.
- Fixation des dates et lieux des réunions avec les élus.
- Modalités et organisation de la collecte.

1 8
ONEP-Coopération maroco-allemande/KfW, avril 1998, Evaluation des projets d’alimentation en eau
potable réalisés dans le cadre du PAGER-volet socio-économique.
1 9
Sans compter la population bénéficiaire du projet d’AEP de 7 douars de Ben Slimane, qui manque dans
les rapports « Alimentation en eau potable des douars limitrophes aux adductions régionales de l’ONEP »
40

Elus
Les réunions avec les élus ont les objectifs suivants:
- Présentation du projet et conditions de sa réalisation.
- Mise en exergue du rôle attendu des élus dans la campagne et la collecte des participations.
- Définition des modalités de réalisation du projet, de la contribution financière de la Commune et
du déroulement de la campagne de sensibilisation auprès des populations ainsi que celle de la
collecte.

Population:
Les réunions avec la population sont réalisées selon un planning arrêté en accord avec les autorités
locales et les élus lors des réunions précédentes. L’animation des ces réunions, à laquelle devraient
participent les représentants des autorités locales et des élus, est effectuée par des équipes de cadres et
agents de l'ONEP.
Les cadres et agents chargés de l’animation se déplacent des services centraux ou des directions
régionales.
Le temps d’animation varie d’un douar à un autre, il varie selon le nombre de ménages, selon la
disponibilité de la population et selon l’agent.

Considérations sur les campagnes réalisées

L’examen des rapports trimestriels de l’ONEP et des procès verbaux des campagnes menées20 et les
observations directes de la mission permettent de présenter les commentaires suivantes :

Le souci de la mémoire écrite des campagnes de sensibilisation et la capitalisation de l’information


sont très faibles. En effet il faut noter :

- L’absence de rapports de campagnes de sensibilisation pour un ensemble de neuf projets (sur un


total de 50)21.
- Même quand il existe des procès verbaux et des rapports, le nombre des agents de l’ONEP
mobilisés n’est pas mentionné dans la presque totalité des cas (47 sur 50).
- L’information sur la population présente et destinataire des campagnes de sensibilisation,
notamment leur nombre et leur genre, n’est jamais fournie dans les documents.
- Il n'existe pas de rapports internes d’évaluation par projet, ce rapport devrait comprendre les
principales données d’ordre socio-économique et technique ainsi que les doléances, propositions
de la population et les différents problèmes rencontrés lors de la sensibilisation et la collecte.
- L’absence de ces données ne permet pas de mesurer l’ampleur de la campagne et d'en évaluer le
coût.

La durée de la campagne de sensibilisation est d’une demi-journée par douar. Il s’agit de moyennes
calculées sur la base des rapports de terrain, mais la mission a contacté plusieurs interlocuteurs dans la
région de Meknès qui se sont référés à des campagnes de sensibilisation où on touchait il y a trois ans
jusqu’à cinq ou six douars par jour. Cette durée moyenne d’une demie journée est incontestablement
insuffisante à plusieurs niveaux :
2 0
Il s’agit de la documentation disponible auprès de la Direction de l’exploitation, Division de
l’aménagement rural et mis à la disposition de la mission.
2 1
- AEP de 2 douars à/p adduction Guelmim Tantan
- AEP de 18 douars de la côte atlantique
- AEP de 7 douars de Tafilalet
- AEP de 10 douars à/p adduction Guelmim Tantan
- AEP de 48 douars de Tiznit
- AEP de 7 douars de la Province de Ben Slimane
- AEP de 6 douars de Fdalate
- AEP de 26 douars de Bouagba d'Ouezzane (2ème tranche)
- AEP des douars à partir de l’adduction Daourat-El Jorf (1ère tranche)
Rapport d’évaluation des interventions de l’ONEP en milieu rural 41

- Le fait que la campagne de sensibilisation démarre quelques fois plusieurs mois après les
réunions avec les autorités et les élus (deux à quatre mois d’écart)22;
- L’indisponibilité de la majorité des habitants de la localité pour la même demi journée;
- La difficulté d’aborder tous les aspects liés à la sensibilisation dans cette courte durée (impact de
la mauvaise qualité de l’eau consommée sur la santé des habitants, avantages du projet,
« Il est surtout à éviter que les zones d’intervention de l’ONEP et de la DGH pour le Programme PAGER se
superposent permettant à la population de choisir entre deux réalisateurs différents. A ce sujet la
concertation entre ces deux organismes est obligatoire »

potabilité, participation financière des bénéficiaires, choix des sites d'emplacement des BF,
définition des modalités de gestion des BF).

L’implication des communes rurales est largement insuffisante. Cette affirmation est liée aux constats
suivants :

- Les conventions pour la réalisation des activités du PAGER devraient être signées par les
Communes rurales. En fait, dans plusieurs cas, l'ONEP leur a envoyé le texte seulement après
signature avec d’autres partenaires, pour commentaires. C'est le cas par exemple des projets
JICA/région du pré-Rif, de Taunnat, de Al Hoceima (Union Européenne).
- L’évaluation participative de 1998 a remarqué que les élus de la Commune rurale de Ferkia
Essoufla (Douar Izilf, Province de Errachidia), ont seulement eu des échos mais n’ont jamais été
contactés pour discuter de leur participation financière au projet. Pour l’ensemble des douars
visités, la conclusion de cette évaluation est la suivante : « L’absence partielle ou totale de la
Commune rurale, celle-ci a joué dans certaines cas un rôle anti-projet et a favorisé la non-
adhésion »23.
- Comme il a été déjà mentionné au chapitre 4.2, une formation spécifique n’a pas été organisée
par l’ONEP à l’intention des élus des Communes rurales, et ceci malgré la recommandation de la
mission de formulation du PAGER.

Des personnes ressources influentes ne sont pas impliquées dans la sensibilisation. En effet,
l’intégration de l’instituteur et l’infirmier itinérant de l’imam de la mosquée ou d’autres personnes
connues par la population pourrait contribuer à la réussite de la campagne et partant faciliter l’adhésion
de la population au projet.

On observe une multitude d’intervenants peu coordonnés entre eux en matière de sensibilisation dans
le milieu rural : ONEP, DGH, Electrification rurale, Ministère de l’Education Nationale, Ministère de la
santé publique, Ministère de la Jeunesse et Sport . Pour ce qui concerne, en particulier la coordination
avec la DGH et le MADRPM, la collaboration est faible. L’atelier de réflexion sur le PAGER 24 avait
constaté à propos de la coordination entre les deux volets du PAGER (ONEP et DGH) :

22
C’est le cas notamment des projets suivants :
- AEP de 4 douars à partir de l’adduction d’Agadir : quatre mois d’écart .
- AEP de 26 douars à partir de l’adduction Demnate : quatre mois d’écart .
- AEP de 16 douars à partir de l’adduction Ouled Abdellah : deux mois d’écart.
- AEP de 13 douars à partir de l’adduction Khemisset : deux mois d’écart.
2 3
ONEP-Coopération maroco-allemande/KfW, avril 1998, Evaluation des projets d’alimentation en
eau potable realisés dans le cadre du PAGER-volet socio-économique, Rabat, page 3.
2 4
Ministère de l’équipement-ONEP, novembre 1999, Atelier de réflexion et de concertation sur le PAGER,
12-16 octobre 1998, Rabat.
42

Il est à signaler que la mission d’évaluation a remarqué que la DGH, invitée à présenter un exposé à
l’Atelier de Réflexion sur l’alimentation en eau potable en milieu rural (Rabat, 28 juillet 1999) organisé
par l’ONEP et la mission FAO d’évaluation, n’a pas participé aux travaux.

Pour ce qui concerne le Ministère de l’Agriculture, on avait recommandé en 1996 de l’impliquer : «la
couverture très large des zones rurales par ses services extérieurs devrait également être un atout pour
lancer des campagnes de sensibilisation »25. Dans la réalité, la collaboration entre l’ONEP et le
MADRPM est inexistante, comme la mission a pu constater lors des ses visites sur le terrain.

Des étapes vers l’implication des populations dans les projets

Au cours des deux dernières années des événements ont marqué un changement positif en direction
d’une implication des populations dans le processus de planification des projets. Les changements
concernent les méthodes de connaissance du milieu rural et le campagnes de sensibilisation.

a. La connaissance du milieu rural

En ce qui concerne les études socio-économiques et les évaluations, il n’y a pas eu de véritable
ouverture vers de nouvelles méthodes de la part du Service rural (Direction Planification et
développement), à l'exception de l’introduction de diagnostics et d’outils de concertation participatifs de
la part de la Division aménagement rural (Direction de l’Exploitation). Cette nouvelle approche a été
appliquée à l’occasion d’une évaluation des activités de l’ONEP en 1998 26 dans des zones dites réussies
(El Kalaa et Bengrir) et dans des zones où les opérations avaient échoué (Errachidia et Khemisset).

2 5
FAO/Centre d’investissement, juin 1996, Programme d’approvisionnement groupé en eau potable des
populations rurales, Rapport de préparation
2 6
ONEP-Coopération maroco-allemande/KfW, avril 1998, Evaluation des projets d'alimentation en eau
potable realisés dans le cadre du PAGER-volet socio-économique.
Rapport d’évaluation des interventions de l’ONEP en milieu rural 43

Aspects positifs

En ce concerne les aspects positifs, il faut signaler :

 l’utilisation d’un arsenal d’outils de diagnostic participatif. Pour la première fois, l‘ONEP a utilisé des
méthodes d’enquête différents des sondages avec questionnaires à réponses fermées;

 la classification socio-économique de la population de plus faite en concertation avec elle;

 l’identification et la hiérarchisation des priorités de développement des populations;

 l’extension des campagnes aux femmes et leur plus grande implication dans le processus. A ce sujet, il
est important de signaler la différence de priorisation par rapport au genre dans les dix douars
enquêtés. Parmi les hommes contactés qui ont fourni une priorisation, dans six douars sur neuf, la
première priorité indiquée est l’eau, tandis que parmi les femmes contactées et qui ont fourni leur avis,
la priorité donnée à l’eau est plus marquée (six douars sur sept);

 en ce qui concerne la formation des cadres et des agents de l ‘ONEP, il s’avère important de signaler
que pour la première fois on a dispensé une formation sur la Méthode Active de Recherche
Participative (MARP) à l’intention des cadres et des agents. Cette formation a été réalisée à la
demande de la Direction de l’Exploitation en mai 1999 dans différente localités en collaboration avec
des spécialistes de l'Institut agronomique et vétérinaire Hassan II ;

 Un effort est fait pour améliorer les systèmes de sélection des gardiens gérants ;

 des activités de formation à l’intention des cadres et des agents des directions régionales ont été
organisées sur des sujets comme l’animation.

Contraintes

Il faut néanmoins signaler dans le rapport cité en référence, les contraintes suivantes :

 le temps insuffisant (dix douars visités en huit jours de terrain) pour exploiter mieux les données;

 l'absence d'information sur des aspects importants pour la capitalisation de l’expérience et pour sa
reproductibilité dans d’autres zones et par d’autres équipes comme par exemple: le temps passé
pour l’utilisation de chaque outil, la population impliquée dans l’utilisation de chaque outil, le profil des
enquêteurs, les contraintes rencontrées dans l’application de la nouvelle démarche.

b. La sensibilisation

En ce qui concerne la sensibilisation, il faut signaler les aspects suivants :

 On peut enregistrer les effets positifs du déplacement, en 1995, du domaine de la sensibilisation


rurale, qui auparavant été géré par la Direction de la Coopération et de la communication, auprès
de la Division aménagement rural de la Direction de l’Exploitation.

 L’utilisation de méthodes MARP au cours des campagnes de sensibilisation en 1999. Dans ces cas,
le temps consacré à la sensibilisation est passé d’une demie journée en moyenne à une journée par
douar dans les sites où l’approche nouvelle, utilisant des méthodes MARP, a été introduite.

 Des campagnes de sensibilisation ont amené à des résultats en termes de changement des lieux
d’implantation des bornes fontaines décidés auparavant par des études techniques. Il s’agit d’une
nouveauté pour l’ONEP : une commission s’est déplacée pour discuter le choix de l’emplacement
sur la base des souhaits et des priorités des populations qui ont été confrontées aux priorités
établies par les techniciens. Au cours des mois de mais et juin 1999, des commission ont travaillé
44

dans le pays pour lancer cette approche de dialogue avec les populations, et en particulier dans les
douars avoisinant les adductions de Bouagba, Jaafari Boucetta, Bouregreg-Rommani.

 Introduction d’une deuxième étape de sensibilisation à l’hygiène en partenant avec la santé.

 Les noms des personnes impliquées dans le travail de sensibilisation ainsi que la période sont
fournis dans les procès verbaux. L’information sur la population présente et destinataire des
campagnes de sensibilisation, à savoir au moins leur nombre et leur genre n’est jamais fournie dans
les documents, comme cela avait déjà été constaté dans les documents des campagnes de
sensibilisation de la période précédente.

A titre d’exemple, on reporte ici intégralement l’information fournie dans un procès verbal concernant
deux douars avoisinant l’adduction de Bouagba. Le travail de sensibilisation a été réalisé par cinq
personnes au cours de deux jours pour visiter cinq douars au total.

Douar Mouloudat
« Les habitants de ce douar ont demandé une deuxième BF. Le douar est en effet divisé en deux
groupements d’habitation : un groupement dans la plaine et un autre groupement situé au sommet
d’une colline à une distance d’environ 800 m du premier. La seule BF prévue a été implantée au
niveau du premier groupement. Vu la distance et la différence d’altitude entre les deux douars, il a été
retenu de faire une deuxième BF au niveau du deuxième groupement.
Par ailleurs, l’emplacement retenu pour la première BF a été jugé non adapté. Elle a été, en faite,
implantée juste en face de l’école, dans la cour même de celle-ci. Ce qui entraînera forcément une
perturbation des activités de cet établissement. Aussi a-t-il été décidé de modifier cet emplacement et
d’implanter la BF à l’entrée du douar. Ce changement a d’ailleurs été proposé par les habitants
présents pendant la visite. Il permettra, entre autre, le prolongement de la conduite jusqu’au lieu
d’implantation de la deuxième BF projetée27 ».

Douar Zougara
« Les habitants de ce douar ont demandé le changement du lieu d’implantation de la BF. Le douar
est, en effet, situé au sommet d’une colline alors que la BF prévue a été implantée au pied de cette
colline à proximité d’une source. Aussi a-t-il été prévu de transférer cette BF au centre du douar. »

Les changements/améliorations reportées plus haut démontrent que:

- des aspects techniques (la pedoséquence dans le cas de Zougara) et sociaux (l’emplacement de la
borne fontaine dans la cour de l’école dans le cas de Mouloudat) ont été négligé ou sous-évalués
par les techniciens de l’ONEP.
- Le nouvel emplacement des bornes fontaine a été décidé en concertation avec les populations qui
de cette façon ont développé un sentiment d’appropriation de l’ouvrage.
- L’ONEP a montré aux populations, aux autorités locales et aux élus de la Commune rurale que
l’emplacement des bornes fontaines peut être un processus partagé et itératif. Un exercice
d’ouverture aux approches différentes, à la capacité d’écoute des autres et de modestie a été ainsi
réalisé.

27
ONEP, 2 juin 1999, compte rendu de la visite des douars avoisinant l’adduction de Bouagba, page 1.
Rapport d’évaluation des interventions de l’ONEP en milieu rural 45

A la lumière de ces constats, deux considérations sont nécessaires :

- Pourquoi ne pas faire remonter ce processus de concertation au début de la séquence temporelle


du cycle des projets de l’ONEP ? Pourquoi, concrètement, ne pas prévoir des diagnostics
participatifs qui pourraient accompagner et intégrer les études socio-économiques ?

- Malgré ces améliorations, cette sensibilisation, qui reste organisée a posteriori, ne remplace pas
un vrai processus participatif qui doit impliquer les populations, les communes et les autorité dès
le début de l’identification des projets.

4.4 Réalisation des aménagements


4.4.1 Options techniques:
L’analyse de la conception des projets repose sur l’analyse d’une dizaine de dossiers d’études
représentatives des différents types d’études menées par l’ONEP dans le milieu rural (voir liste en
annexe), ainsi que sur les discussions avec les différents acteurs dans le processus d’études (Directions
centrales et régionales de l’ONEP et Bureaux d’études). Les projets d’AEP des douars et les projets
d’AEP des centres ruraux gérés par l’ONEP seront traités successivement.

a. AEP des douars

Paramètres de calcul des besoins en eau

Le tableau 10 récapitule les hypothèses adoptées dans les différentes études consultées. En reprenant
chacun des paramètres, on peut fournir les observations suivantes:

Tableau 10 - Hypothèses de calcul dans différentes études


Projet TAIM Cheptel Taux de Dotation Dotation Taux BI Kpj Kph Dotation
Desserte BF BI Calculée
% % l/hab./j l/hab./j % l/hab./j
Bouagba 2 Sans 90 20 50 0-30 1,5 2 20
Khemisset 2 Sans 100 20 50 0-30 1,5 2 25,5
Tiznit 2 Sans 100 20 - - 1,3 3 -
Rommani 1 Sans 100 20 50 0-30* 1,5 2*Qm 29
Demnate 2 Sans 90 20 50 10-30* 1,5 2 31,9
Loukkos 2 Sans 100 20 50 10-50 1,5 2,6 22,2
Youssoufia 2 Sans 100 20 - - 1 2,6 22,2
Zouagha 1,5 En partie 100 20à30 - - 1,5 2 29à33
* pour tous les douars

 TAIM = taux d’accroissement inter-annuel moyen de la population. En général le taux adopté est
de 2% (défini dans les termes de référence des études). L’adoption d’une valeur uniforme et aussi
élevée du TAIM peut être critiquée si on se réfère aux projections officielles du CERED (Centre
d’Etudes et de Recherches Démographiques) qui prévoit une stagnation de la population rurale au
niveau national entre 1994 et 2010 avec des différences notables entre différentes provinces.

 Cheptel = prise en compte ou non des besoins du cheptel. Dans la quasi totalité des études, les
besoins du cheptel ne sont pas pris en compte à juste titre car il est supposé qu’il continuera à être
alimenté à partir des ressources traditionnelles. Dans le cas particulier de Zouagha cependant, une
enquête a été effectuée au niveau des BF déjà réalisées et a montré qu’une partie du cheptel était
alimentée à partir des BF.

 Taux de desserte = % de la population ayant recours à la BF. Dans certaines études on suppose
qu’à l’horizon du projet, 90% de la population utiliseraient la BF. Dans les autres études, il n’est
pas fait mention du taux de desserte (donc supposé égal à 100%).
46

 Dotation pour les BF (bornes fontaines) : en général elle est de 20 l/hab./jour sauf pour le projet
Zouagha où on a prévu 30 l/hab./j à l’horizon du projet (2020 et non 2010 comme tous les autres
projets).L’analyse des statistiques de consommation au niveau des BF déjà fonctionnelles depuis
quelques années montre que les consommations restent beaucoup plus faibles que la dotation de 20
l/hab./j. La raison en est que les populations s’approvisionnent toujours à partir des ressources
traditionnelles. Dans certaines études (Demnate) on a ajouté des dotations spécifiques pour les
infrastructures collectives (école, souk, etc.).

 Dotation pour les BI (branchements individuels) : elle est de 50 l/hab./j dans toutes les études
consultées.

 Taux BI = taux de branchement. Certaines études (Rommani, Demnate) prévoient un pourcentage


de branchements individuels dans tous les douars étudiés (en général variant de 0 en début de projet
à 30% à l’horizon du projet). D’autres études (Bouagba, Khemisset et Loukkos) ne prévoient de
branchements individuels que dans certains douars appelés à se développer.

 Kpj = coefficient de pointe journalière = dotation de la journée la plus chargée sur dotation
moyenne. En général il est pris égal à 1,5 ce qui veut dire que l’on suppose que pendant la période
de pointe (été) les populations prélèveraient 30 l/hab./j. L’analyse des statistiques mensuelles
montre que ce chiffre est rarement atteint.

 Kph = coefficient de pointe horaire = 24 heures sur durée d’ouverture de la BF. En général, il est
pris égal à 2, soit une durée d’ouverture de la BF de 12 heures pendant le jour de pointe. Dans la
pratique cette durée s’avère excessive ; elle ne dépasse pas 8 heures, soit Kph = 3.

 Certaines études prennent en compte un rendement du réseau de 90%, d’autres n’en parlent pas.

D’une manière générale, on relève que, malgré une standardisation des paramètres au niveau des termes
de référence des études, les hypothèses adoptées par les différents bureaux d’études connaissent
certaines variations sans que pour autant cela soit justifié par des études socio-économiques préalables.
Ainsi, pour les études consultées, la dotation moyenne calculée au niveau des douars varie de 20 l/hab./j
à 33 l/hab./j.

On notera cependant une volonté d’uniformisation des paramètres exprimée dans la note de Mars 1999
de l’ONEP/DEX sur la procédure d’exécution des projets PAGER qui fixe les valeurs suivantes :

 Dotation BF = 20 l/hab./j
 Dotation BI = 50 l/hab./j
 Rendement antenne = 90%
 Taux d’accès en 2010 = 100%
 Horizon de planification = 2010
 TAIM = 1%
Rapport d’évaluation des interventions de l’ONEP en milieu rural 47

Conception et dimensionnement des réseaux

Les aspects techniques relatifs aux réseaux d’eau potable sont bien maîtrisés par l’ONEP qui a
capitalisé une grande expérience dans ce domaine. Cependant, l’analyse des dossiers d’études nous a
permis de relever certaines questions techniques générales discutables :

 Les réseaux de conduites, en général de type ramifié pour les douars, sont calculés au moyen des
logiciels classiques (Branch, Labye). Les débits pris en compte en aval des réservoirs de stockage
correspondent aux besoins de pointe horaire des différents douars. En réalité, si on n’installe pas
des limiteurs de débit au niveau des BF, les débits véhiculés par les différents tronçons de conduites
seront commandés par les dénivelées entre le réservoir et les BF et la loi de débit des robinets de la
BF. Ainsi, en terrain accidenté, une BF située dans un point bas et dont les robinets sont
complètement ouverts va appeler un débit beaucoup plus important que celui pris en compte dans
le calcul. Cela se traduira par :

 Une vitesse plus importante dans la conduite ce qui accroît les risques de rupture par coup de
bélier,
 Un risque de dépression au niveau des points hauts intermédiaires,
 Une mauvaise alimentation des BF situées en hauteur si le débit en tête de réseau est limité.
 Une perturbation du fonctionnement de l’adduction principale si plusieurs BF sont dans ce cas.

Il est prévu des réducteurs de pression (il n’est précisé nulle part la valeur de la pression aval) au
niveau des BF quand la pression résiduelle dépasse 60m (norme adoptée dans les réseaux maillés
des villes). Ces appareils ne sont pas les plus adaptés car le débit appelé peut toujours dépasser le
débit de dimensionnement. On peut supposer que le gardien gérant de la BF sera amené à fermer
partiellement son robinet (si ce n’est pas un bouton poussoir) pour réguler le débit. Toujours est-il
que l’hypothèse de calcul adoptée dans les études « débits des conduites = besoins des douars »
n’est pas valable que si on installe un limiteur de débit au niveau des BF.

 La pression résiduelle minimale au niveau des BF prise en compte est de 5 mètres. Dans la
perspective de développement des branchements individuels, cette pression est trop faible et doit
être portée à 10m.

 La nature des conduites imposée dans certains termes de référence des études est le PVC. Pour des
petits diamètres tels que ceux utilisés en AEP des douars, les tuyaux en PEHD (polyéthylène haute
densité) peuvent être utilisés avantageusement : prix équivalents, éléments de 100m nécessitant
moins de pièces de raccordement.

 Dans plusieurs projets, il est prévu de réaliser de très petites stations de pompage isolées
(puissance < 1KW) pour desservir quelques douars situés en hauteur. Cette disposition implique
des contraintes de gestion : affectation d’un pompiste et d’un gardien ( ?), alimentation en énergie
électrique, entretien…La question se pose de savoir si ces stations ne doivent pas être données en
gestion à des associations d’usagers à l’instar des points d’eau aménagés par la DGH (dans ce cas,
le point d’eau est l’extrémité du réseau ONEP).

Estimation des coûts des projets

Les prix unitaires utilisés pour l’estimation des coûts d’investissement des projets sont, pour une même
période d’étude, assez variables d’une étude à l’autre malgré l’existence de documents établis par
l’ONEP sur les prix unitaires pour l’estimation des coûts des projets (le plus récent établi par SEM en
Janvier 1998). Etant donnée l’importance du critère coût par habitant dans la sélection des douars à
alimenter, il y a lieu d’exiger dans les termes de référence des études l’utilisation des catalogues de prix
établis par l’ONEP sauf cas particulier à justifier.
48

b. Centres ruraux gérés par l’ONEP

La méthodologie et les paramètres de base adoptés pour les études d’AEP des petits centres sont
standardisés par l’ONEP et globalement sont similaires à ceux utilisés pour les grandes villes.

Une difficulté importante est cependant à relever ; elle concerne la non disponibilité ou le caractère
dépassé des documents d’urbanisme relatifs aux petits centres et qui constituent la base de planification
de toutes les infrastructures d’un centre. Dans ce cas le bureau d’études établit un plan de masse de la
situation actuelle du centre et définit avec l’ONEP un scénario de développement hypothétique..

4.4.2 Exécution et contrôle des travaux


Les travaux d’AEP des douars sont lancés et suivis soit par la Direction Equipement (responsable des
travaux des grands systèmes d’AEP urbains) pour les grands projets (ex : Tnine Ghiat, Youssoufia-
Chemaïa, Goulmima-Tinjedad…)soit par les Directions Régionales pour les petits projets.

Les grands travaux sous la responsabilité de la DEQ sont lancés au niveau central et suivis par des
équipes de cette direction affectées à des chantiers spécifiques. Les Directions Régionales (DR) et
Provinciales de l’ONEP assistent la DEQ sur le plan administratif (relations avec autorités et autres
services concernés).

Les travaux sous la responsabilité des DR sont lancés au niveau régional et suivis par les ingénieurs et
techniciens de la Division Technique/ Service travaux qui sont chargés de suivre tous les chantiers de
leur région en dehors de ceux suivis par la DEQ. La Direction Exploitation participe au suivi des
travaux notamment lors des réceptions provisoires et définitives.

Les travaux lancés par les DR sont le plus souvent réalisés par des petites entreprises régionales alors
que ceux lancés par DEQ sont confiés à de grandes entreprises d’envergure nationale.

D’une manière générale, il semble qu’il n’y a pas de problème particulier dans l’exécution et le contrôle
des travaux . Certains retards constatés sont dus à des facteurs externes comme le non achèvement de la
collecte des participations des populations et/ou des communes.

4.5 Coordination avec les autres intervenants


Au niveau de l’exécution des projets d’AEP rurale, les principales institutions concernées sont le
Ministère de l’intérieur, les communes rurales, le Ministère de la santé et le Ministère de l’équipement.

Le Ministère de l’intérieur est sollicité au niveau central (Direction générale des collectivités locales)
notamment pour la mobilisation des participations financières des communes rurales, et au niveau local
(Gouverneur, caïds….) notamment pour les campagnes de sensibilisation.

Les conseils communaux constituent les partenaires principaux de l’ONEP dans les projets d’AEP
rurale du fait que les communes seront les propriétaires des ouvrages une fois réalisés. Ils sont sollicités
à différents niveaux : accord de participation financière, sensibilisation des populations, collecte des
participations des populations, convention de gestion des bornes fontaines, désignation du gardien
gérant et fixation du prix de vente aux usagers.

Le ministère de la Santé est sollicité au niveau des campagnes de sensibilisation où il participe pour
l’éducation sanitaire.

Le ministère de l’Equipement est sollicité à travers la Direction Générale de l’Hydraulique (DGH), les
Directions Régionales de l’Hydraulique (DRH) et les Directions Provinciales de l’Equipement (DPE)
notamment au niveau de l’identification des douars à alimenter afin d’éviter des chevauchements entre
les deux organismes chargés de l’exécution du PAGER.
Rapport d’évaluation des interventions de l’ONEP en milieu rural 49

D’une manière générale, la coordination de l’ONEP avec ces différentes institutions se fait de façon
bilatérale et en fonction des besoins alors que le PAGER a prévu des comités de coordination aux
niveaux central et provincial regroupant tous les services concernés.

En plus des relations directes de l’ONEP avec les différentes institutions concernées par le PAGER et
qui sont nécessaires, il serait souhaitable que les comités de suivi nationaux et provinciaux prévus lors
de la préparation du PAGER se réunissent de manière régulière afin d’assurer une bonne coordination
entre tous les intervenants.

5. RÉSULTATS OBTENUS ET EFFICACITE


5.1 Résultats physiques
5.1.1 Collecte des contributions de la population
Dans le cadre du PAGER, la population est invitée à participer dans le projet, cette participation était
évaluée au début à 5% du coût global du projet et plafonnée à 500 Dh par ménage. Puis elle a été
uniformisée pour tous les projets et tous les douars, au niveau de 500 Dh/ménage.

- Pour les projets dont les travaux sont achevés, le coût global a atteint 30.858.000 Dh, la
contribution de la population a été de 2.473.930 Dh, soit 8% du coût global.
- La durée moyenne de la collecte est de 16 mois et varie de 2 mois (AEP du douar Tnine Nterha
à/p add. Kansera) à 30 mois (AEP de 2 douars de Zaouit Aoufous et AEP de 3 douars de
Boudnib). Les détails par projet sont fournis dans le Tableau 3 de l’Annexe 3.
- Le délai moyen des travaux est de 11 mois, soit 5 mois de moins la durée moyenne de collecte des
participations des ménages (voir Tableau 4 de l’Annexe 3).
- Pour les projets en cours de réalisation, la part de la population est de 3 594 000 Dh soit 4,6% 28
du coût global de ces projets.
Bien que cette contribution de la population soit en deçà du seuil des 5%, la durée moyenne de la
collecte est de 20 mois, soit 9 mois de plus que le délai de réalisation des projets.
Le recouvrement des contributions est donc caractérisé par une lenteur qui peut être imputée à
différents facteurs liés au processus d’identification non adapté, comme il a été examiné au
chapitre 4 Exécution.
Cette lenteur renseigne sur un fait, les populations n’ont pas adhéré aux projets avec la vivacité
qui marque généralement l’enthousiasme les populations dépourvues d’un service communautaire
vital. Il est alors légitime de se poser la question : ces douars ressentent-ils un véritable besoin
de ces projets ?

Certes, chaque individu a besoin d’une eau potable, traitée et contrôlée, mais, encore faut-il qu’il
ait conscience de ce besoin, sinon, que le projet soit ou non réalisé avec sa contribution
financière, il ne fera appel à cette eau que s’il est dépourvu de ressources alternatives moins
coûteuses –même non contrôlées.

En effet, l’examen de la consommation en eau des localités desservies fait ressortir d’une part,
que de nombreuses BF réalisées n’ont pas fonctionné en 1998, et d’autre part que pour les BF
fonctionnelles, on constitue une sous-utilisation, du fait d’une consommation moyenne
inférieure de moitié à la dotation initiale. Des informations détaillées sur la sous-utilisation des

2 8
Sans prendre en considération le projet d’AEP de 7 douars de Tafilalet dont la part de la population n’est
pas donnée dans les rapports analysés
50

BF sont fournies dans le chapitre suivant 5.1.2 « Evaluation des projets achevés en terme
fonctionnement et utilisation par les usagers ».

Ces constatations remettent en cause les critères d’identification des projets, d’autant plus si on examine
pour les projets réalisés et les projets en cours de réalisation le nombre de douars programmés et celui
des douars retenus après contribution financière. On remarque ainsi que 119 douars programmés ont
été éliminés, ce qui représente environ le tiers de l’effectif initialement prévu (32,1%). Cette
proportion représente 18% pour les projets réalisés et 39% pour les projets en cours de réalisation (voir
le Tableau 2 de l’Annexe 3 donne le détail de l’effectif des douars prévus, réalisés et éliminés par
projet).

5.1.2 Evaluation des projets achevés en terme de fonctionnement et


d’utilisation par les usagers
Le nombre total de BF gérées par l’ONEP atteint 2238 à la fin 1998 contre 2060 en 1997. Sur les 2238
BF, 1449 sont implantées en milieu rural et 789 en milieu urbain ou semi urbain. Chaque année les
Directions régionales présentent un rapport sur la situation des BF dans les provinces qui sont sous leur
juridiction. Ces rapports contiennent les informations suivantes :

 Situation des BF (nombre en milieu rural et urbain, nombre de BF fonctionnelles)


 Mode de gestion des BF (gardien gérant, communes, associations, amicales…)
 Consommation mensuelle par BF et commentaires
 Revenu des gardiens gérants

Le tableau 11 synthétise les données sur les consommations des BF par province. Des détails au niveau
des moyennes par communes sont fournis dans le tableau 1 de l’Annexe 3.

L’analyse de ces données indique généralement une forte sous-utilisation des bornes fontaines par
rapport à la dotation de 20 l/hab./jour qui est généralement adoptée dans les avant-projets. En utilisant
les chiffres fournis par les rapports des Directions régionales pour 1998 on obtient les chiffres globaux
suivants :
Rapport d’évaluation des interventions de l’ONEP en milieu rural 51

Tableau 11 - Consommation moyenne des BF ONEP par province


Consommation Consommation
Direction Province ou moyenne Direction Province ou Préfecture moyenne
régionale Préfecture journalière en régionale journalière en
l/hab./j l/hab./j

Guelmim 15.4 Fes Jdid Dar Dbibagh 15.9


DR 1 Tiznit 9.4 Sefrou 18.5
DR 5
Tata 16.4 Taounate 9.4
DR 2 El Kelaa 10.5 Z. My Yacoub 15.0
Safi 8.0 Berkane 10.7
Azilal 10.8 DR 6 Jerada 18.2
Beni Mellal 3.8 Nador 10.1
DR 3
Ben Slimane 7.9 El Hajeb 2.7
Khouribga 3.5 El Menzah 16.6
Settat 23.3 Errachidia 2.4
DR 7
DR 4 Khemisset 12.6 Ifrane 18.8
DR 5 Al Houceima 3.8 Khenifra 21.6
Fes el Medina 13.5
Les chiffres en grisé indiquent les provinces dans lesquelles les consommations des BF sont inférieures à 10
l/hab./j

Population rurale totale desservie : 448.969


Volume annuel consommé : 1.038.728
Nombre de bornes fontaines fonctionnelles : 1050
Consommation moyenne en l/hab./jour : 6,3

5.2 Analyse économique et financière


5.2.1 Analyse de l’équilibre économique et financier global de
l’ONEP

Le diagnostic des interventions de l’ONEP dans le milieu rural demande une analyse de la situation
économique et financière globale de l’Office. Les ressources propres étant l’un des moteurs de
développement de toute organisation, la capacité de l’Office d’en générer devient un des aspects clé pour
programmer son évolution.

L’analyse de la gestion financière et économique de l’ONEP est réalisée selon deux volets: la rentabilité
et l’équilibre financier de trésorerie. L’analyse de la rentabilité permet de juger de la capacité de l’ONEP
de générer des ressources propres qui peuvent être destinées à la rémunération des capitaux investis ou à
l’expansion durable des activités. L’analyse de la trésorerie permet d’apporter des éclaircissements sur
la capacité de l’organisation de se procurer les moyens financiers pour gérer ses activités .

L’analyse a été conduite sur la base des donnés des bilans, des comptes d’exploitation et de quelques
informations supplémentaires.

Là où cela a été possible, l’analyse a été réalisée suivant les secteurs d’activité. En effet, l’activité de
l’ONEP est organisée en plusieurs centaines de centres dans tout le pays. Les centres sont de type
différent, selon les phases du processus d’AEP (secteurs) réalisées. On distingue:

 les centres de production, qui exercent les activités de captage, de traitement et d'adduction des
eaux et vendent l’eau principalement aux régies ou aux “gérances”.
52

 les centres mixtes, qui ajoutent aux activités précédentes l’activité de distribution à l’utilisateur
final par le biais des réseaux de distribution, propriété de l’ONEP. Ils achètent aussi une partie de
l’eau aux centres de production.
 les gérances, qui sont chargées de la distribution de l’eau achetée aux centres de production ONEP,
par le biais de réseaux de distribution qui formellement sont propriété des tiers (collectivités
locales).

Dans l’analyse qui suit, on a essayé de faire ressortir les interactions entre les différents secteurs.

a. Analyse de la rentabilité

L’ONEP est caractérisé par une faible rentabilité des investissements qui empêche un développement
durable basé sur ses propres ressources et limite sa capacité de remboursement des dettes.

Les ventes de biens et services de l’Office sont en expansion continue à un taux de croissance annuel
moyen d’environ 9% sur quatre années. Les coûts d’exploitation présentent une dynamique plus
accélérée, ce qui amène à une dégradation relative du résultat d’exploitation dans les trois derniers
exercices, par rapport aux années 1994 et 1995 (Tableau 12).

Tableau 12 - Compte des Produits et des Charges (CPC) ONEP global (ONEP + Gérances) consolidé. (millions
de Dh., prix courants)
1998 1997 1996 1995 1994
a Produits d'exploitation 2187 2021 1967 1751 1552
b charges d'exploitation 1935 1826 1909 1474 1301
c=a-b Résultat d'exploitation 253 195 58 277 251
d Résultat financier -99 -112 464 -200 -220
e=c+d Résultat courant 154 84 522 77 31

f Résultat non courant -238 -204 -250 -257 -108

g Impots 5 5 5 4 4
h=e+f-g Résultat net -89 -125 267 -184 -81

1998 1997 1996 1995 1994


a Produits d'exploitation 100.0 100.0 100.0 100.0 100.0
b charges d'exploitation 88.4 90.3 97.1 84.2 83.8
c=a-b Résultat d'exploitation 11.6 9.7 2.9 15.8 16.2
d Résultat financier -4.5 -5.5 23.6 -11.4 -14.2
e=c+d Résultat courant 7.1 4.1 26.5 4.4 2.0

f Résultat non courant -10.9 -10.1 -12.7 -14.7 -7.0

g Impots 0.2 0.2 0.2 0.2 0.3


h=e+f-g Résultat net -4.1 -6.2 13.6 -10.5 -5.2

En revanche, l’amélioration du résultat financier, permet une relative amélioration du résultat courant.
Le résultat non courant se présente toujours négatif car ceci est dû essentiellement à l’effet des
amortissements dérogatoires, qui constituent des provisions (capitalisation de bénéfices) effectuées pour
réduire le résultat taxable. Cela conduit à un résultat d’exercice négatif, qui ne reflète pas la situation
réelle de la rentabilité de l’Office29.
Néanmoins, la rentabilité du capital investi par l’ONEP est globalement faible. Le R.o.I. (Return on
Investment), qui est un indicateur de la rentabilité globale de l’Office, à savoir, le ratio entre le résultat
d’exploitation et le capital investi, ne dépasse pas 2% depuis l’année 199630 (tableau 13, ligne 1).

29
Le détail des CPC et des bilans de l’ONEP et des Gérances est rapporté en annexe.
3 0
Il n’est pas possible de calculer le R.o.I. pour l'ONEP et Gérances séparément, les chiffres comptables
étant le bilan des deux exploitations confondus.
Rapport d’évaluation des interventions de l’ONEP en milieu rural 53

Le R.o.E. qui montre la rentabilité du capital propre (rapport entre le résultat courant et le capital
propre), indique que les ressources confiées à l’Office comme dotations ou générées par l’Office même
dans les exercices précédents sont aussi faiblement rémunérées (tableau 13, ligne 2). Cependant,
l’ONEP étant une institution d’intérêt public, le manque de rentabilité doit être vu comme une limitation
à l’expansion indépendante et durable et une limitation à l’endettement non garanti plutôt que comme
une problème en soi. L’histoire de l’ONEP montre que la capacité de rembourser les prêts à été souvent
assez faible. A titre d’exemple, l’état à du intervenir en 1996 avec une remise gracieuse des dettes
accumulées totalisant environ 530 millions en compte intérêts non payés (ce qui a fait augmenter le
R.o.E. en 1996) et environ 1200 millions en compte capital par consolidation des dettes en capital
propre.

Tableau 13 - Ratios de l’ONEP et des gérances. Exercices 1994-1998


RATIOS ONEP et GERANCES 1998 1997 1996 1995 1994
1 ROI (ONEP+Gérances) 1.9% 1.6% 0.5% 2.4% 2.4%
2 ROE (ONEP + Gérances) 1.9% 1.1% 6.9% 1.3% 0.6%
3 Roulement du capital investi 16.8% 16.4% 16.7% 15.2% 15.0%
4 Leverage (tot.inv./cap.propre) 1.6 1.7 1.6 2.0 2.0
Le roulement du capital investi (ratio ventes sur capital investi, calculé sur les ventes consolidées31)
Figure 3 – Ratios ONEP et Gérances

18.00%
16.00%
14.00%
12.00%
10.00%
8.00%
6.00%
4.00%
2.00%
0.00%
1994 1995 1996 1997 1998
R.o.I. (ONEP+Gérances) Roulement du capital
R.o.E. (ONEP +Gérances) investi

s’améliore légèrement, signalant une (faible) amélioration des besoins de capital pour produire une unité
(un Dh.) de biens et services (tableau 14 ligne 3).

3 1
Les ventes consolidées excluent les transferts internes ente ONEP et gérances
54

L’indicateur d’endettement “Leverage”, qui rapports le total du capital investi (capital propre plus
dettes) au capital propre montre une augmentation significative du poids du capital propre de l’office à
dater de 1996. Cette dynamique, positive en soi car elle signale une renforcement de la structure
financière de l’office, est le résultat d'une série d’événements exceptionnels mais dont on n'est pas assuré
qu'ils se reproduiront:
 la consolidation des dettes vers l’Etat en capital propre déjà mentionnée,
 des injections de capital propre sous forme de dons,
 l’exclusion de la comptabilité des dettes potentielles de l’Office vers l’Etat, dus au contentieux
fiscal en cours, qui s’élèvent entre un milliard et deux milliards de Dh, selon les issues possibles du
contentieux plus ou moins favorables à l’Office.
 La capitalisation de l’excédent des surtaxes de solidarité et PAGER après la couverture du déficit
d’exploitation des gérances.
L’impact financier de ces événements sur l’ONEP et sur l’emploi des fonds générés est analysé en détail
dans le paragraphe “analyse des flux financiers”, ci dessous, tandis que l’impact des interactions entre
ONEP et Gérances est présenté après.

b. Analyse des flux financiers

Les investissements de l’ONEP sont en croissance mais la celle-ci n’est pas soutenue par les
résultats des exploitations. Des injections continues de capitaux externes, dont la durabilité n'est pas
assurée, sont nécessaires pour maintenir son équilibre financer.

Pour mieux comprendre la dynamique financière de l’ONEP des dernières années, on a conduit l’analyse
des flux de trésorerie pour l’ensemble des activités. Sur la base des informations contenues dans les
comptes ONEP, des Gérances et de quelques informations additionnelles on a essayé d’identifier les
compartiments qui génèrent des flux financiers (de trésorerie) et ceux qui les emploient. Pour cela,
L’ONEP global a été idéalement divisé en 5 gestions distinctes:
 Exploitation ONEP proprement dite (ventes d’eau en gros et détail, achats pour les opérations,
variations des dettes et créances commerciales)
 Exploitation des Gérances (ventes d’eau au détail, achats pour les opérations des gérances)
 Gestion financière (Emprunts, remboursements, payement et encaissement intérêts)
 Gestion des immobilisations (investissements et désinvestissements)
 Variations exogènes de capital propre (variations qui ne dépendent pas des gestions précédentes).
Les gestions considérées, en agrégat, génèrent un solde de trésorerie qui est la variation des
disponibilités monétaires (à court terme) de l’Office.

Tableau 14 - Flux de trésorerie globaux par gestion (Année 1996-1998)


Flux de Trésorerie globaux par géstion. Années 1996-98 ( % des flux des investissements)
1996 1997 1998
Flux de la gestion "Exploitation" ONEP. 32% 52% 53%
Flux des GERANCES 24% 26% 29%
Flux de la gestion financière ONEP. -4% 13% 5%
Flux exogènes de capitaux propres 11% 14% 20%
Flux des Investissements (immobilisations) -100% -100% -100%

Flux du solde de trésorerie 37% -5% -7%


Rapport d’évaluation des interventions de l’ONEP en milieu rural 55

L’analyse a été conduite sur trois ans (1996-1998). Les résultats sont illustrés dans le graphe de la
Figure 4 en millions de Dirhams courants et rapportés dans le tableau 3, en pourcentage des besoins
financiers des investissements.

Figure 4 - ONEP Global. Sources et emplois de trésorerie par gestion. Années 1996-1998. Millions de Dh.
prix courants

800
600
400
200
-
-200
-400
-600
-800
-1,000
-1,200
-1,400 1996 1997 1998
Flux de la gestion "Exploitation" ONEP.
Flux de la gestion financière ONEP.
Flux de la gestion "Investissements"
Flux exogènes de capitaux propres
Flux du solde de trésorerie
Flux des GERANCES

La gestion des investissements adsorbe des ressources financières pour environ 1.200 millions de Dh/an
en moyenne dans les trois années analysées (Figure 4), dont environ 250 millions de Dh/an en moyenne
sont destinés aux gérances32. Les dotations d’exploitation (qui idéalement couvrent les besoins de
renouvellement des biens d’investissement existants) se montent à environ 600 MDh par an en moyenne.
Cela indique que l’Office est une organisation en expansion en termes de nouveaux investissements nets
pour environ 600 millions de Dh par an en moyenne.
Néanmoins, les exploitations (ONEP proprement dit et Gérances), bien qu’elles fournissent une
contribution financière à la couverture des investissements pour environ 500 MDh et 300 MDh (y
compris les dotations d’exploitation) respectivement par an en moyenne, ne sont pas en mesure de les
soutenir totalement. En effets elles couvrent environ 40% et 25 % en moyenne des besoins financiers
(tableau 14).

D’ailleurs la gestion financière, à savoir, l’approvisionnement des financements externes, se montant à


environ 100 MDh par an (nets des remboursements, des augmentations des immobilisations financières
et des intérêts), n’arrive pas à combler le déficit financier généré par les investissements. Cela implique
que des injections de capital propre exogènes d’environ 200 Mdh par an en moyenne (à savoir, 15%
environ des investissements en moyenne) sont nécessaires pour soutenir le rythme des investissements.
Les injections externes, notamment les dons, dont la durabilité est par définition douteuse, devraient
permettre de déclencher des processus productifs qui en quelques années permettraient de générer des
ressources suffisantes pour garantir le renouvellement des investissements. Diversement, si les

3 2
La manque dans les bilans d’une distinction entre le patrimoine de l’ONEP et ce des Gérances ne
permet pas des jugements désagrégés détaillés.
56

investissements ne se révèlent pas rentables, l’ONEP ne pourra pas les renouveler sans recourir à des
ressources externes ultérieures33.

5.2.2 Compensations internes et durabilité de l’AEP


Les gérances, par le biais de l’excédent de la surtaxe de solidarité, permettent la “rentabilisation”
de l’ONEP global.

La répartition des activités d’exploitation de l’Office entre différents secteurs, dont la plus importante
est la division entre l’ONEP proprement dites et “Gérances” 34 demande un approfondissement de
l’analyse de chaque secteur et des interactions entre secteurs.

Figure 5 - Rentabilité des ventes ONEP et Gérances

35.0%

30.0%

25.0%

20.0%

15.0%

10.0%

5.0%

0.0%
1994 1995 1996 1997 1998
-5.0%
Rentabilité ventes ONEP Rentabilité ventes Gérances
Rentabilité
ventes(Consolidé)

Les bénéfices nets par unité de vente, mesurés par le ratio entre le résultat d’exploitation et les recettes,
dans les dernières cinq années sont beaucoup plus élevés dans le secteur “Gérances” (environ 20% en
moyenne) que dans le secteur ONEP proprement dit (environ 7% en moyenne). (Figure 5 et tableau 15).

En considérant les donnés consolidées, la rentabilité des ventes de l’ONEP global est d’environ 10% en
moyenne sur cinq ans. La contribution des gérances à la rentabilité consolidé de l’ONEP est donc
nettement positive. Par ailleurs, la rentabilité des gérances n’est pas générée seulement par les revenus
de ventes (correspondants à 200 MDh/an en moyenne sur cinq ans) mais aussi et surtout par le biais de
la surtaxe de solidarité (d’environ 350 MDh/an en moyenne sur cinq ans) 35, qui est entièrement imputé
aux recettes des Gérances.

Tableau 15 - Rentabilité des ventes ONEP et Gérances

3 3
Par ailleurs le contentieux fiscal pourrait drainer des ressources ultérieures (voir dernier rapport d’audit
au conseil d’administration), limitant ou annulant les effets de possibles transferts futures de la part de
l’état.
3 4
Pour une description des Gérances voir la section sur le phasage et les paragraphes ci dessous
3 5
A la surtaxe de solidarité il faut ajouter la surtaxe PAGER, opérationnelle depuis Juillet 1998, dont le
montant en 1998 est d’environ 30 MDh, comptabilisée entre les recettes des gérances.
Rapport d’évaluation des interventions de l’ONEP en milieu rural 57

RENTABILITE ONEP et GERANCES 1998 1997 1996 1995 1994


1 Rentabilité ventes ONEP 9.5% 7.8% -3.9% 11.0% 9.7%
2 Rentabilité ventes Gérances 15.0% 12.9% 19.9% 26.0% 31.7%
3 Rentabilité ventes(Consolidé) 11.6% 9.7% 2.9% 15.8% 16.2%

Il est intéressant à ce point d'approfondir l'analyse de la rentabilité des différents secteurs de l’ONEP et
des compensations internes de rentabilité. Pour ce type d’analyse, il faut s’appuyer sur les donnés de la
comptabilité analytique.

Du point de vue comptable, chaque centre opérationnel de l’ONEP est aussi un centre de comptabilité
analytique auquel il est possible d’imputer les recettes et les coûts. La comptabilité analytique de
l’ONEP, suit la méthode dite “des coûts complets” qui prévoit l’imputation des charges indirectes aux
centres par le biais des clés d’imputation (voir tableau 16). Cela signifie que tous les coûts qui ne sont
pas directement imputables à un centre spécifique sont repartis selon des critères qui devraient refléter
l’importance de chaque centre dans la génération du coût.

Tableau 16 - Clés d’imputation des coûts indirects aux centres de profit de comptabilité analytique
Code Type de coût Clé de répartition
921 Coûts commerciaux (y inclus les Nombre d’abonnés
coûts de la direction commerciale)
922 Coûts de laboratoire Unité d’analyse (UAB) (Chaque analyse est mesurée en
UAB)
923 Coûts du parc automobile Vignettes consommées (bons pour le carburant et
l’entretien)
924 Formation Journée équivalent stagiaire
926 Informatique Temps machine utilisé pour le traitement des donnés de
chaque centre
927 Etudes de travaux Journée équivalent de technicien
928 Entretien Pièces de rechange facturées
929 Approvisionnement du réactif Achats consommés
920 Coûts administratifs Produit en eau et branchements en termes monétaires

Des compensations internes à l’ONEP d’excédents et de déficits se déroulent entre le secteur


“production” (notamment la côte atlantique) et le secteur mixte (production et distribution).

Sur la base de la comptabilité analytique il est possible de calculer les résultats par type de centre. Le
tableau 17 résume les résultats par type de centre, à savoir, l’ONEP global (tous les centres agrégés),
les centres mixtes, les centres de production et les gérances pour l’année 1998.

Le Secteur mixte (qui agrège les centres chargés simultanément de la production et vente au détail de
l’eau) se présente fortement déficitaire (tableau 17, ligne c, colonne “résultat courant”) 36. En revanche le
secteur “production”, notamment de la côte Atlantique (Bou Regreg, Daourat, et Sidi Daoui) est
excédentaire et en mesure de compenser le déficit du secteur mixte (ligne e).

3 6
Le Déficit des centres mixtes par ailleurs se génère après l’imputation des coûts indirects, qui sont
environ le 68% des recettes de vente (ligne l) contre le 25% des centres de production (ligne m). Une
analyse de sensibilité du déficit des centres mixtes au changement des clés d’imputation des coûts
indirects serait intéressante.
58

Aucune compensation n’est effectuée par ailleurs, de l’ONEP proprement dit, vers les gérances, le
déficit des gérances étant plus que compensé par les surtaxes. En outre, aucune compensation est
observée par le biais des prix de transfert de l’eau, car les gérances supportent un prix de transfert
moyen de l’eau de l’ONEP plus élevé que le prix de vente de l’eau en gros.

Les gérances se présentent fortement déficitaires si on les considère nettes des surtaxes. (lignes h et q).
En revanche, elles deviennent excédentaires après l’imputation des surtaxes (lignes g et p). Les surtaxes,
dont la plus importante est la surtaxe de solidarité, (Encadré 1) permettent de couvrir le déficit
d’exploitation des gérances (inclus des dotations d’exploitation d’environ 150 Millions de Dh) et
dégagent environ 100 Millions de Dh pour des nouveaux investissements. Il n’émerge donc de l’analyse
des données de comptabilité analytique, aucune compensation entre gérances et autres secteurs de
l’ONEP. D’ailleurs, des compensations internes du secteur “production” vers les Gérances par le biais
des cessions d’eau est très peu probable. Les gérances payent l’eau à la production environ 2,4 Dh/m3
en moyenne, soit à peu près 0,25 Dh/m3 de plus par rapport au prix de vente moyen en gros de l’ONEP.

Tableau 17 - Structure des coûts et rentabilité des différents secteurs de l’ONEP. Année 1998. (millions de Dh.
prix courants) et pourcentages
Revenu Coûts directs Coûts indir. Dot.d'expl. Rés.d'expl. rés.financ. Rés.cour. Autr.coûts Rés.net
a=b+g ONEP Global 2170 735 620 543 272 116 156 245 -89
b=c+d ONEP (proprement dit) 1511 455 500 400 156 109 47 164 -117
c Centres Mixtes 270 102 183 120 -135 8 -143 42 -185
d=e+f Centres de production 1252 355 317 281 299 101 198 102 96
e - côte Atlantique 618 164 128 91 235 40 195 22 173
f - reste du pays 634 191 189 190 64 61 3 80 -77
g=h+i Gérances 657 280 121 143 113 7 106 106 0
h Géran.nettes surtaxes 243 278 121 136 -292 7 -299 0 -299
i Surtaxes et coûts div. 414 2 7 405 0 405 106 299

Revenu Coûts directs Coûts indir. Dot.d'expl. Rés.d'expl. rés.financ. Rés.cour. Autr.coûts Rés.net
j ONEP Global 100 33.9 28.6 25.0 12.5 5.3 7.2 11.3 -4.1
k ONEP (proprement dit) 100 30.1 33.1 26.5 10.3 7.2 3.1 10.9 -7.7
l Centres Mixtes 100 37.8 67.8 44.4 -50.0 3.0 -53.0 15.6 -68.5
m Centres de production 100 28.4 25.3 22.4 23.9 8.1 15.8 8.1 7.7
n - côte Atlantique 100 26.5 20.7 14.7 38.0 6.5 31.6 3.6 28.0
o - reste du pays 100 30.1 29.8 30.0 10.1 9.6 0.5 12.6 -12.1
p Gérances 100 42.6 18.4 21.8 17.2 1.1 16.1 16.1 0.0
q Géran.nettes surtaxes 100 114.4 49.8 56.0 -120.2 2.9 -123.0 0.0 -123.0
r Surtaxes et coûts div. 100 0.5 0.0 1.7 97.8 0.0 97.8 25.6 72.2

Encadré 1. La surtaxe de solidarité

Arrêté du ministre délégué chargé de l’incitation de l’économie n.2/1 du 19 Avril 1995 fixant le tarif de
vente de l’eau potable à la production.
Article 1. Les prix de vente de l’eau à la production sont fixés comme suit:……
Article 2. Les prix à la production de l’ONEP fixés à l’article premier ci-dessus sont augmentés d’une surtaxe de
0,5980 Dh/m3. Cette surtaxe est destinée à couvrir le déficit d’exploitation des services d’eau dans les provinces
sahariennes et dans les centres confiés en gérance à l’ONEP. L’excédent, après service de la dette, est destiné
à financer les investissements dans les centres concernés.
Article 3. La surtaxe définie à l’article deux ci-dessus est également applicable aux livraisons d’eau de la
Société Marocaine de Distribution (S.M.D.), aux Régies de Casablanca et d’El Jadida. La facturation de la
surtaxe sera effectuée par l’ONEP qui en assurera le recouvrement pour son propre compte auprès des régies.
Article 4. Le présent arrêté prend effet à compter du 1er Avril 1995 et abroge toutes dispositions antérieures
contraires.
Rapport d’évaluation des interventions de l’ONEP en milieu rural 59

5.2.3 Equilibre des gérances et durabilité de l’AEP

Si l’on ne tient pas compte de la surtaxe de solidarité, le déficit d’exploitation des Gérances est
énorme, les recettes n’étant même pas en mesure de couvrir les coûts directs. D’ailleurs, des déficits
importants persistent dans des centres gérés par l’ONEP depuis plusieurs années. Cela pourrait
indiquer des difficultés structurelles de l’ONEP dans la distribution de l’eau au détail.

L’existence d’une surtaxe qui permets de combler le déficit d’exploitation des gérances ne doit pas
empêcher la recherche de modalités d’AEP plus efficientes et durables. Au niveau local, la durabilité de
l’AEP est assurée, entre autre, par un équilibre financier de longue durée de l’organisme responsable de
l’AEP. En termes généraux les conditions d’équilibre financier de l’AEP au niveau local sont illustrés
dans l’encadré N°2.

Dans le contexte spécifique du Maroc, où l’ONEP intervient en gérance, on observe que:


 Les déficits d’exploitation sont très importants dans la plupart des gérances et ils se manifestent
même dans les gérances en charge de l’ONEP depuis plusieurs années.
 Le rôle subrogatoire de l’ONEP, suite à la défaillance des institutions locales de gérer l’AEP, se
heurte au principe de la responsabilité des communautés locales et le désengagement des
organismes centraux. L’ONEP étant perçu comme l’Etat offrant un service qu’il ne faut pas
forcement payer.
 La surtaxe de solidarité permet de maintenir les tarifs réels bruts (incluant toutes sortes de revenus
des gérances) de l’eau potable des chef lieux bien au dessous des coûts de production. En effets, les
coûts de production, tous coûts confondus, sont en moyenne de 13.1 Dh/m3 (en 1998, prix
courants) comparés aux recettes moyennes, de 5.83 Dh/m3 (toutes recettes confondues, en 1998,
prix courants)37. La surtaxe comble ainsi un déficit d’environ 7.2 Dh./m3. (tableau 18, ligne h).
 Les tarifs réels à la consommation des douars (surtout des douars qui n’ont pas de ressources
alternatives) sont probablement beaucoup plus élevées de ceux des centres en gérance, surtout si
l’on considère les coûts d’approvisionnement (temps et coût de transport de la BF à la maison).
 La surtaxe de solidarité n’est pas gérée centre par centre et période par période, selon des
objectives spécifiques à chaque centre mais elle est utilisée comme un montant total disponible
pour combler tout déficit des gérances.

Tableau 18 - Volume d’eau (en millions de m 3), revenus et coûts par m 3 (en Dh, prix courants) par
secteur. Année 1998
Volume Rev./m3 Co.cour./m3 Marge cour.Co.tot./m3 Marge net
a=b+g ONEP Global 619 3.51 3.25 0.25 3.65 -0.14
b=c+d ONEP (proprement dit) 577 2.62 2.54 0.08 2.82 -0.20
c Centres Mixtes 52 5.19 7.94 -2.75 8.75 -3.56
d=e+f Centres de production 525 2.38 2.01 0.38 2.20 0.18
e - côte Atlantique 224 2.76 1.89 0.87 1.99 0.77
f - reste du pays 301 2.11 2.10 0.01 2.36 -0.26
g=h+i Gérances 42 15.77 13.22 2.54 15.77 0.00
h Géran.nettes surtaxes 42 5.83 13.01 -7.18 13.01 -7.18
i Surtaxes et coûts div. 42 9.94 0.22 9.72 2.76 7.18

3 7
Si on ne considère pas les recettes des gestions “abonnés” et “branchements” le tarif moyen de vente, net
de TVA se réduit à 4.768 Dh/m 3.
60

Encadré 2. Durabilité et équilibre financier de l’AEP

L’équilibre financier d’une gestion d’AEP au niveau local peut être obtenu par un recouvrement des coûts (y
inclus les investissements) qui peut a son tour être obtenu par une ou plusieurs modalités suivantes:
 Autosuffisance financière locale, à savoir, la collecte de recettes suffisantes par le biais d’une tarification
appropriée.
 Transferts d’un niveau territorial supérieur de l’ONEP sur ses propres fonds.
 Sources de la fiscalité spéciale (du type surtaxe de solidarité).
 Transferts du budget de l’état.

En termes de durabilité, l’autosuffisance financière locale (par exemple, au niveau de petit centre ou de
douar) permet à la communauté locale la maîtrise de ses propres ressources. La durabilité du revenu local est
une garantie suffisante pour assurer la durabilité de l’AEP locale (ceteris paribus). La couverture des coûts
d’investissement permet tout renouvellement des équipements et des conduites jusqu’au piquage en amont.

Les transferts d’un niveau territorial supérieur de l’organisme institutionnellement chargé de l’AEP (l’ONEP
en ce cas) sur ses propres fonds ne sont durables que si l’organisme est en mesure de générer des excédents
de longue terme, à savoir, nets des coûts d’investissement, dans d’autres secteurs (ex. le secteur production).
Des excédents durables d’ailleurs ne semblent guère possibles si ce n'est dans un contexte de monopole légal
ou naturel, où l’organisme obtient des rentes en les extrayant d’une catégorie de consommateurs par le biais
des prix de vente des biens et services systématiquement supérieurs aux coûts de production. Si l’état
n’intervient pas pour empêcher ce type de comportement ou, au contraire l’avalise, cela se traduit par un
subside de facto (cross subsidy).

Les sources de la fiscalité spéciale (du type surtaxe de solidarité) ou les transferts budgétaires sont
durables dans la mesure où le contexte socio-politique demeure favorable aux transferts et le milieu rural
continue à être considéré titulaire de ce droit pour des raisons politiques ou d’intérêt économique général.

5.2.4 Les transferts de l’Urbain vers le Rural

La plus grand partie (86%) du déficit des Gérances est généré dans le milieu urbain (dont environ
50% dans les grandes villes). Seulement 14% est généré dans les centres ruraux. Les douars
examinés (142) dans l’analyse sont excédentaires. La surtaxe de solidarité, qui comble les déficits
des gérances, ne constitue donc pas un transfert fiscal de l’urbain vers le rural, mais un transfert
essentiellement intra-urbain.

L’absence d’une comptabilité séparée Rural (douars et gérances) / Urbain ne permets pas actuellement
de séparer et d’agréger de façon systématique et automatique les charges et recettes des centres ruraux
des charges et recettes des centres urbains. En outre le manque de donnés systématiques sur les projets
PAGER, qui au niveau comptable sont mélangés à ceux des centres ONEP avoisinants, empêche de
juger de façon global les résultats financiers des intervention ONEP dans le milieu rural 38. Néanmoins,
pour ce qui concerne les centres en gérance, il est possible d’utiliser le classement “Urbain - Rural”
officiel pour dégager une analyse de l’allocation des ressources fiscales de la surtaxe de solidarité. Les
résultats de ce classement sont rapportés dans le tableau 19. Les détails du classement et de l’analyse
par région ont rapportés en annexe.

3 8
Des efforts de la division Comptabilité sont en cours, en coordination avec la division Aménagement
Rural. Il est prévu de codifier chaque projet PAGER et de reclasser les montants dès le début du PAGER. Il
est souhaitable de poursuivre ce effort et de l’élargir au classement des gérances entre “rural” et “urbain”.
Rapport d’évaluation des interventions de l’ONEP en milieu rural 61

Tableau 19 - Classement des gérances rurales et urbaines. Année 1998


TOTAL des Gérances Total Urbain Rural Douars Urbain Urbain
>30* <3
a nombre de gérances 195 93 89 13 17 76
b=a % gérances 100.0% 47.7% 45.6% 6.7% 8.7% 39.0
c population (milliers hab.)** 2,172.6 1,832.3 340.3 n.d. 1,010.7 821.6
d=c % population 100.0% 84.3% 15.7% n.d. 46.5% 37.8
e Volume (millions m3) 41.7 n.d. n.d. n.d. 21.0 n.d.
f Résultat d’ex (MDh) -298.9 -256 -43.7 0.8 -162.6 -93.4
g=f% Résultat d’ex (%) 100.0% 85.6% 14.6% -0.3% 54.4% 31.2
h=f/c Résultat par hab. -137.6 -139.7 -128.4 n.d. -160.9 -113
I=f/e (Dh/hab.) -7.2 n.d. n.d. n.d. -7.7 n.d.
Résultat par m3 (Dh/m3)
j Total surtaxes (net) (MDh) 404.7 100.0%
k Total déficit (MDh) 298.9 73.9%
l=j-k Excedant surtaxe (MDh) 105.8 26.1%
Source: Direction financière. Bilan analytique 1998.
* Donnés référées aux gérances avec plus ou moins 30.000 habitants.
** Population 1997. Source: Direction commerciale.

Dans le classement on a considéré toutes les gérances pour lesquelles on à repéré le Compte Produits
Charges (CPC) analytique 1998, les données de la population et la consommation en volume (m3). Les
182 gérances examinées constituent la presque totalité des gérances ONEP (182 sur 184, à savoir 99%),
selon la liste arrêtée en Avril 1999 par la Direction Commerciale. En outre, on a pris en considération
13 centres, considérés du point de vue comptable comme gérances, pour lesquels on dispose des CPC
analytiques, mais qui sont en fait des groupes de douars (ex.: douars amont/aval Tiznit, douars
avoisinant Moulay Yacoub etc.). Sur un total de 195 gérances considérées, 48% sont classées urbaines,
45% rurales et 7% douars (tableau 8, ligne b). En outre, il a été possible de classer les gérances
urbaines selon la population résidente entre d'une part, grands centres urbains c'est à dire avec plus de
30.000 habitants (9% des gérances ONEP, avec en moyenne 60.000 habitants environ chacune) et
d'autre part, petits centres urbains avec moins de 30.000 habitants (39% des gérances ONEP avec en
moyenne 11.000 habitants chacune).

L’analyse des résultats de gestion (résultat courant) des


Figure 6 - Allocation de la surtaxe de
gérances montre qu’elles sont globalement déficitaires pour solidarité pour la couverture du déficit de
environ 300 MDh. Il est intéressant de noter que 86% du gestion dans les gérances 1998
déficit est génèré dans les gérances urbaines (tableau 19,
ligne g et figure 6) correspondant à 256 MDh. Seulement
14% du déficit est généré dans les gérances rurales, Rural
correspondant à environ 44 Millions de Dh. A coté de cela, 15%
on remarque que les 13 douars considérés génèrent des
excédents de gestion pour environ 1 Million de Dh.

La surtaxe de solidarité, qui comble les déficits des


gérances, ne constitue donc pas une subvention de l’urbain Urbain
vers le rural, mais un transfert essentiellement intra-urbain. 85%

Dans les grands centres urbains en gérance la subvention de l’état par mètre cube est beaucoup plus
élevée que dans le reste des gérances. La subvention par habitant par an est aussi beaucoup plus
élevée dans les grandes centres urbains que dans le milieu rural.
62

L’analyse des subventions par mètre cube montre qu'en moyenne dans les gérances, l’Etat subventionne
le mètre cube à 7.2 Dh.. La consommation dans les grandes centres urbains en gérance est estimée à 21
millions de m3 (Tableau 19 ligne e), représentant 50% de la consommation de toutes les gérances. La
subvention de l’Etat par m3 dans les grand centres urbains est égale à 7.7 Dh/m3, plus élevée que la
moyenne dans toutes les gérances. La répartition entre consommation urbaine et rural, qui permettrait
de calculer la subvention par m3 dans le milieu rural, n’est pas aisément calculable. Néanmoins, en
confondant les petits centres urbains et les centres ruraux il est possible de calculer une subvention de
6.3 Dh/m3, inférieure de 1,4 Dh/m3 à celle des grandes centres urbains39.

L’analyse des subvention par Figure 7 - Subvention de l’état par habitant/an dans les gérances 1998
habitant et par an montre que prix courants
les habitants des grands centres
urbains en gérance reçoivent en 180.0
moyenne une subvention de 160.0
161 Dh/an pour soutenir leur 140.0
consommation en eau, alors 120.0
que les habitants du milieu 100.0
Dh/an

rural, ne touchent que 128.4 80.0


Dh/an (tableau 19, ligne h et 60.0
graphe 7). 40.0
20.0
Sur la base de ces premières 0.0
considérations, il semble donc Urbain <30 Rural Moyenne Urbain Urbain >30
que, à parité d’autres
conditions, l’allocation de la
surtaxe de solidarité loin de générer de transferts de ressources de l’urbain vers le rural privilégie le
milieu urbain plutôt que le milieu rural.

5.2.5 Tarification des centres et douars

Les tarifs réels de l’eau pour l’usage domestique sont beaucoup plus élevés dans les douars que dans
les centres urbains en gérance. Un redressement tarifaire dans les centres urbains pourrait
contribuer à libérer des ressources pour un développement plus poussé de l’AEP en milieu rural.

La structure des tarifs de vente au détail de l’eau, établie par le gouvernement, est différentiée entre
centres en gérance et douars. Dans les gérances on applique une tarification par tranches, à trois
niveaux, le premier, dit “social” en dessous du prix de revient, le deuxième, qui devrait, au moins dans
les intentions du planificateur, se rapprocher au prix de revient, le troisième, plus élevé. Dans les
douars, on applique un tarif, dit “préférentiel” à un niveau, “pour favoriser la desserte des zones à
infrastructure encore insuffisante” (NOTE DD99, 10 Septembre 1999) 40. Les tarifs nominaux en
vigueur en 1999 sont rapportés dans le tableau 20.

3 9
Le calcul de la subvention moyenne en dehors des grandes centres urbains en gérance est comme suit:
(93.4 M Dh +43.7 M Dh) / 21.7 M m 3 = 6.3 Dh/m 3.
4 0
NOTE DD99, 10 Septembre 1999, Draft. “Contribution de l’ONEP dans l’alimentation en eau potable
des populations rurales. Résultats, stratégie et perspectives”.
Rapport d’évaluation des interventions de l’ONEP en milieu rural 63

Il apparaît clairement que le tarif Tableau 20 - Tarifs nominaux en vigueur en janvier 1999.
“préférentiel” des douars est très proche du (Dh./m3)
tarif de la deuxième tranche des centres Dh/m3 % abonnés
urbains et ruraux en gérance (graphe 8). 1ère tranche (0-8 m3/mois) 2.15 43
2ème tranche (8-20 m3/mois) 6.00 40
3ème tranche (+20 m3 mois) 8.92 17
Il apparaît une claire dichotomie entre Tarif « préferentiel » douars 5.90 -
centres en gérance et douars
concernant le tarif réel payé pour un
mètre cube d’eau. Le prix réel global
payé par l’usager final dans les douars Figure 8 - Tarifs nominaux en Dh/m3, Gérances et Douars
est environ 70% plus élevé que celui (Janvier 1999)
payé par l’usager moyen des gérances.
Si on ne considère que la première 10.00
tranche de consommation, dans 9.00
laquelle entrent la plupart des usagers 8.00
des douars, le mètre cube d’eau est 7.00
plus de trois fois plus cher dans les
6.00
douars que dans les centres en
Dh/m3

gérance. 5.00
4.00
3.00
2.00
Pour affiner la comparaison entre les tarifs 1.00
des douars et ceux des gérances, il est 0.00
1ère tranche 2ème tranche 3ème tr. (+20 Tarif
intéressant de passer des tarifs nominaux,
(0-8 m3 mois) (8-20 m3 mois) (35 "préferentiel"
à savoir, les tarifs officiels proprement m3/mois) m3) douars
dits, aux tarifs réels payés effectivement
par l’usager final, à savoir, le coût par
mètre cube réellement payé, toutes charges
directes ou indirectes incluses. Il va sans dire que, si les tarifs nominaux peuvent être les mêmes dans
des contextes socio-économiques différents, simplement parce qu'ils sont établies par la loi, les tarifs
réels varient selon le contexte socio-économique, la disponibilité de revenu, les modalités
d’approvisionnement, l’existence de ressources en eau alternatives, les opportunités d’utilisation
alternative du temps pour la corvée de l’eau, etc. Néanmoins, on peut bâtir un scénario, suffisamment
représentatif de la moyenne, sur la base des observations de terrain et de quelques donnés disponibles,
qui permette de comparer les tarifs réels des douars avec ceux des gérances. La simulation du tarif réel
dans les douars est rapporté dans les tableau 21. L’hypothèse de base est que l’usager du douar,
alimenté par la BF ONEP, utilise l’eau ONEP pour 50% de sa consommation (ligne i), car il dispose
d’autres ressources en eau traditionnelles. Le coût par m3 de 10 Dh, incluant la marge du Gardien
Gérant, est le prix généralement pratiqué. Le coût par m3 des ressources traditionnelles (ligne d) à été
obtenu à partir des études socio-économiques du milieu rural de l’ONEP 41. Le coût de la corvée à la BF
est basé sur trois paramètres: la durée (ligne k), supposée de 0,5 heures, sur la base des observations de
terrain, la quantité par corvée (ligne l) estimée de 4 bidons de 20 litres, et le coût horaire du temps
employé (ligne m), estimé, a titre de valeur minimum, à 1 Dh/heure. Pour simplicité d’analyse, on n’a
pas pris en compte d’autres coûts de la corvée (récipients, animaux, etc.), ni les différentiels de qualité
de l’eau traditionnelle et ONEP, ni les différences de commodité d’utilisation de l’eau des BF vis à vis
des BI, ni les différences de revenu entre usagers BF et usagers BI, qui font changer le valeur
économique intrinsèque du numéraire monétaire et rendent relativement plus chères les dépenses des
plus pauvres. En revanche, on a ajouté la contribution par mètre cube aux frais de participation (ligne
n), calculé sur la base d’une annuité perpétuelle avec un taux d’actualisation réel de 3% (ligne o). Dans
ce scénario, le tarif réel dans un douar est de 10.2 dh/m3 (ligne j).

Tableau 21 - Les tarifs réels de l’eau dans les douars. Simulation d’un scénario
a Consom 20.0

4 1
ONEP DD Janvier 1997. AEP des populations riveraines de la future adduction régionale de Tlat Laksas.
BADR Etudes.
64

b 7.0
c (1) 4.2

d (2) 3.6
e 10.0
f (3) 6.3
g (4) 0.6
h=e+f+g 16.8
i 50%
j=h*i+d*(1-i) Tarif réel douars 10.2
* Coût de la corvée
k 0.5
l Litres par corvée 80
m 1
n=k*m/l*1000 Coût corvée (Dh/m3) 6.25
**
n Calcul
Coût 500
o particip
Taux 3%
p=n*o d'actuali
Annuité 15.0
q=p/(c*12*i) branche
Contrib. 0.6

Suivant le même raisonnement, on a calculé le tarif réel dans les centres en gérance (tableau 22) selon
un niveau de consommation moyen (revenu gérances, tous centres confondus par m3, résultant de la
comptabilité analytique) et selon le niveau de consommation de la première tranche. Le tarif réel moyen
est de 6.0 dh/m3 (ligne g). Le tarif réel de la première tranche est de 3.2 Dh/m3 (ligne k).

Tableau 22 - Les tarifs réels de l’eau dans les centres en gérance. Simulation d’un scénario à
consommation moyenne et à consommation de la première tranche
a Cons. 41,676,660
b totale d'abonnés
Nombre 309,386
c=a/b Cons.m 134.7
d (5) oyenne
Tatif 4.8
e moyen 7%
TVA 0.3
f Contrib. 0.9
g=d+e+f branche
Tarif 6.0
h réel
premièr 2.15
i e
TVA 7% 0.2
j Contrib. 0.9
k=h+i+j branche
Premièr 3.2
*e Calcul
l annuité
coût 4000
m branche
Taux 3%
n=l*m d'actuali
annuité 120
o=n/c branche
Contrib. 0.9

La comparaison des résultats de la simulation est représentée dans le graphique de la figure 9.

En termes réels il apparaît une claire dichotomie entre centres en gérance et douars concernant le tarif
réel payé pour un mètre cube d’eau. Le prix réel global payé par l’usager final dans les douars est
environ 70% plus élevé que celui payé par l’usager moyen des gérances. La comparaison devient encore
plus frappante si on considère la première tranche de consommation, dans laquelle devrait entrer la
plupart des usagers des douars. Comme on a vu précédemment le mètre cube d’eau est payé plus de
trois fois plus cher dans les douars que dans les centres en gérance. Dans ce contexte on comprends très
bien pourquoi “la population conteste souvent le prix de vente de l’eau et le compare au tarif de l’eau
appliqué dans le milieu urbain (1ere tranche)” (NOTE DD99, 10 Septembre 1999).
Rapport
Figure d’évaluation
9 - Tarifs réelsdes
deinterventions de l’ONEP
l’eau domestique endouars
dans les milieu et
rural
les centres en gérance 65

12.0

10.0

8.0
Dh/m3

6.0

4.0

2.0

0.0
Tarif réel Douars Tarif réel moyen centres Tarif réel pr.tranche centres

L’allocation courante des ressources fiscales et les choix tarifaires dans le domaine de l’AEP, à parité
d’autres conditions, pourraient, dans le longue terme, favoriser l’abandon des douars desservis par
BF et l’exode vers les villes et les centres en gérance desservis par BI.

On ne peut pas, dans ce travail, adresser la question de la stratégie d’aménagement du territoire, s’il y
en a une, impliquée par les choix tarifaires et d’allocation des ressources fiscales dans le domaine de
l’AEP. Néanmoins, il faut remarquer qu'actuellement on maintient les tarifs de l’eau potable par BI dans
les villes et les centres en gérance bien au dessous des coûts de production, grâce à des injections de
ressources publiques. Parallèlement les tarifs réels de l’eau potable par BF dans des douars, surtout
ceux qui disposent de faibles ressources alternatives, dépassent largement ceux des villes et centres en
gérance. A parité d’autres conditions, l’allocation courante des ressources fiscales dans le domaine de
l’AEP semble favoriser une dynamique d’abandon des Douars desservis (ou desservables) par Borne
Fontaine (BF) en faveur de l’urbanisation vers les villes et les centres en gérance.

Si ces dynamiques ne sont pas désirées et désirables, un redressement des tarifs réels dans les gérances,
qui parallèlement pourrait intéresser aussi le milieu urbain des régies, accompagné d’une révision de
l’allocation des ressources publiques déjà disponibles, permettrait de dégager des ressources ultérieures
pour les interventions dans le rural, contribuant aussi à un renforcement de l’équité entre gérances et
douars et plus généralement, entre milieu urbain et milieu rural. Dans ce contexte, il va aussi sans dire
que les ressources fiscales internes, surtout si elles sont collectées dans un contexte socio-économique en
développement, se montrent beaucoup plus durables et moins aléatoires que les ressources externes, tel
que les dons ou les prêts internationaux plus ou moins bonifiés et conditionnés à certaines obligations.
En revanche, toute révision tarifaire, ne devrait pas constituer un alibi pour ne pas opérer une révision
complète et une optimisation des processus de redistribution, surtout dans les gérances.
En général, si on fonde les politiques de tarification des services d’intérêt publique (tels que l’eau) et
d’allocation des transferts (tels que la surtaxe de solidarité ou la surtaxe PAGER), sur une de stratégie
de développement claire et contrôlable, basée sur des ressources limitées mais durables, on peut
s’attendre à des résultats positifs en termes de développement sociale et économique durable. Si, au
contraire, dans les choix de tarification et allocation des transferts publiques, on suit un approche
morcelée et occasionnelle, se basant sur des ressources plus ou moins gratuites mais aléatoires, on a des
problèmes pour avoir une vue globale de longue période et on risque de déresponsabiliser les usagers,
générer des inégalités et des privilèges, entraîner un manque d’efficience.

5.3 Durabilité
5.3.1 Douars
Les systèmes mis en place par l’ONEP pour l’AEP des douars comprennent en général :
66

 un réseau de conduites,
 éventuellement, des stations de pompage ou de reprise,
 des bornes fontaines.

Les deux premières composantes sont gérées par les services décentralisés de l’ONEP qui en assurent
l’entretien. L’organisation, la compétence et les moyens de l’ONEP dans ce domaine nous laissent
penser qu’il n’y a aucun risque de dégradation de ces équipements.

Le génie civil des bornes fontaines est entretenu par l’ONEP alors que la robinetterie est à la charge du
gardien gérant. Tant que la BF est utilisée par les populations sous la responsabilité d’un gardien gérant,
il n’y a pas lieu de craindre sa dégradation. D’ailleurs les BF fonctionnelles visitées lors des tournées de
terrain sont en bon état alors que la BF non fonctionnelle de l’adduction Saïss qui a été visitée est en
mauvais état.

5.3.2 Petits centres :


Les systèmes d’AEP des petits centres comprennent en général :

 une ou plusieurs stations de pompage,


 une conduite d’adduction,
 un réservoir de stockage,
 un réseau de distribution.

L’ensemble de ces composantes est géré par une structure locale spécifique de l’ONEP qui en assure
l’entretien. Comme pour les réseaux d’AEP des douars, nous pensons que les moyens mis en œuvre par
l’ONEP permettent d’assurer la durabilité de ces équipements.

6. CONCLUSIONS ET ORIENTATIONS STRATEGIQUES


6.1 Conclusions
L’ONEP se trouve dans une sorte d’impasse: d’un coté, son intervention en milieu urbain est freinée de
plus en plus par la saturation des investissements et par la concurrence des sociétés privée; de l’autre
coté, dans le milieu rural, l’expansion de son action est très lente et de surcroît l’utilisation des
aménagements réalisés (au regard des niveaux de consommation d’eau) est très loin des projections
initiales. Cette impasse est liée à une programmation inadapté.
En effet, les objectifs et les résultats à atteindre pour réaliser ces objectifs sont identifiés qualitativement
et quantifiés seulement pour ce qui concerne les aspects physiques et tangibles comme le nombre de
douars, le nombre de bornes fontaines, le nombre de litres par personnes et par jour. Mais le décalage,
dans toutes les régions du pays, entre le prévu et le réalisé est si fort qu’on est amené à affirmer qu’il ne
s’agit pas seulement d’une réalité rurale qui « résiste » au changement (l’utilisation de l’eau potable)
mais surtout d’une programmation irréaliste.
En effet, aucun objectif ou résultat à atteindre (qualitatif ou quantitatif) ne se réfère à des aspects non
physiques et non tangibles. Ainsi, cette programmation ne tient pas compte d'éléments tels que le
changement organisationnel pour l’intensification des interventions dans le milieu rural, le type
d’enquête à conduire en phase d’identification, le nombre d’études socio-économiques à réaliser, les
nouveaux profils professionnels et le personnel à recycler, le nombre de personnes à former, les
méthodes nouvelles pour associer les communes rurales et les populations aux choix d’identification des
projets.
Les principales conclusions de l'évaluation sont présentées ci-dessous.
Rapport d’évaluation des interventions de l’ONEP en milieu rural 67

6.1.1 Stratégie d'intervention et Planification


L'absence d’un plan général d’aménagement du milieu rural en eau potable qui devrait en fait
s’inscrire dans un plan national d’aménagement du territoire conduit à la mise en œuvre par l'ONEP de
projets qui ne sont pas nécessairement les plus prioritaires au plan national mais répondent soit à des
souhaits exprimés par des communes ou simplement à l’existence d’une conduite d’adduction supposée
être le moyen le plus économique d’alimenter des douars proches.
Bien que le PAGER ait défini le rôle des deux principaux intervenants dans l’AEP rurale (DGH et
ONEP), en fait l’ONEP, intervient dans des douars qui disposent de ressources en eau justifiant
l’intervention de la DGH.
Il y an un manque de clarté dans les objectifs de l’ONEP en milieu rural. En effet, dans les principes
du PAGER, l'ONEP devait assurer, par des adductions, l’alimentation de douars situés dans des zones
dépourvues de ressources. En fait, l'ONEP choisit ses zones d’intervention essentiellement en fonction
des projets de conduite d’adduction urbaine. Il faut cependant noter que dans des cas de plus en plus
nombreux, l’ONEP étend ou prévoit d’étendre son intervention dans des zones relativement éloignées
des adductions urbaines, créant ainsi de véritables adductions régionales.
Depuis 1998, la DGH a lancé des études par province intitulées "Etudes d'alimentation en eau potable
des populations rurales" que l’on peut considérer comme des tentatives de schéma directeur d’AEP
rural au niveau provincial. En fait ces études sont surtout destinées à la planification des interventions
de la DGH mais n’ont que peu d’effet sur la planification des interventions de l’ONEP.
Les interventions de l’ONEP en milieu rural nécessitent toujours un financement extérieur (au niveau de
70% des investissements), qui par son caractère aléatoire rend toute planification à long terme
impossible. D'autre part, bien que des mécanismes aient été mis en place pour des transferts depuis
l’urbain vers les petits centres (surtaxe de solidarité) et depuis l’urbain vers le rural (surtaxe PAGER),
la plus grande partie de ces ressources est absorbée par le déficit de gestion des gérances. L'ONEP ne
dispose donc pas d’un fonds régulièrement alimenté lui permettant de planifier les interventions à
long terme.

6.1.2 Programmation
Les méthodes d'identification des douars à équiper ne permettent pas en l'état d'estimer de façon
adéquate le niveau d’utilisation des équipements prévus.

Les études socio-économiques, introduites pour les projets les plus importants depuis 1993, ont
marqué un progrès dans le processus d’identification des besoins en eau des populations. Mais elles
présentent des points de faiblesse qui limitent fortement leur utilisation dans l’analyse économique
en phase de programmation, en particulier pour ce qui concerne les méthodes d’enquêtes, leur contenu,
leur cible et la concertation avec les autres intervenants. De plus ces études sont insuffisamment
exploitées, certaines d’entre elles ayant même été réalisées pour satisfaire les exigences d’un bailleur de
fonds plus que pour obtenir des informations destinées à améliorer la programmation des interventions.

Les études techniques d’AEP des douars sont partagées entre trois Directions Centrales (DD, DEA
et DEX) et les Directions Régionales ce qui ne permet pas une démarche homogène, aboutit à des
études de standards différents et ne favorise pas la capitalisation de l’expérience.

L’approche basée sur les requêtes des communes rurales ne permet pas une optimisation de la
conception des projets (le plus souvent, les projets sont conçus par tranches successives). Ainsi, la
conception risque d’omettre des douars qui, pour une raison ou une autre, n’ont pas eu l’occasion
d’exprimer leur demande. En conséquence, dans la plupart des études consultées, la liste des douars
définie dans le contrat d’études est révisée en cours d’étude suite à des requêtes non exprimées au
départ.
68

L’approche basée sur la proximité des installations de l’ONEP (bande de 5 km de part et d’autre
d’une adduction) pêche par son caractère trop systématique et directif qui risque d’intégrer des
douars dont les populations n’adhèrent pas au projet (existence de ressource en eau alternative, faible
capacité à payer, etc.).

Au cours des deux dernières années, des événements ont marqué des changements positifs en direction
d’une implication des populations dans le processus de planification des projets. Les changements
concernent les méthodes de connaissance du milieu rural et les campagnes de sensibilisation :
amélioration des méthodes d’enquêtes, identification des priorités de développement des populations,
implication des femmes, formation sur les méthodes active de recherche participative à l’intention des
cadres et des agents. Cependant des faiblesses sont encore observées au niveau de la maîtrise de ces
méthodes par les équipes de l'ONEP, du profile des enquêteurs et de l'importance accordée aux résultats
dans les processus de planification.

Lorsque l’on fait le bilan de l’intervention de l’ONEP en milieu rural, on observe un situation de
décalage fort entre la programmation et la réalité. Ainsi, l’examen de la consommation en eau des
localités desservies montre que 18% des bornes fontaines (urbain et rural confondus), n’ont pas
fonctionné en 1998. De plus, pour les BF fonctionnelles, la consommation moyenne (en milieu rural)
n’atteint pas 7 litres par habitant et par jour, au lieu des 20 litres utilisés dans la planification. Si
on examine pour les projets réalisés et les projets en cours de réalisation le nombre de douars
programmés et celui des douars retenus après la contribution financière, on remarque que 110 douars
programmés ont été éliminés, ce qui représente environ le tiers de l’effectif prévu initialement.

6.1.3 Organisation
L’organisation de l’ONEP a connu des changements et en particulier des améliorations tels que: i) la
création et le renforcement du Service Rural de la Direction Planification et de la Division
Aménagement Rural de la Direction de l’Exploitation ; ii) le déplacement du domaine de la
sensibilisation rurale de la Direction de la Coopération et Communication à la Direction de
l’Exploitation ; iii) un redéploiement du personnel du siège de Rabat vers les Directions Régionales ; iv)
des améliorations de procédures, comme, depuis cinq ans, le traitement des données comptables au
niveau régional en non plus central.

Des faiblesses ont été aussi identifiées telles que :

i. l’absence d’un plan organisationnel lié au renforcement des interventions en milieu rural et lié à
un programme de formation-recyclage du personnel ;

ii. le cloisonnement des Directions assez élevé, comme le montre la faible connaissance réciproque
des fonctions et des actions de chaque entité et l’information peu transparente et partagée ;

iii. le fait que la Direction de la post-évaluation, entité de staff de la Direction Générale créée en
1994, n’est pas opérationnelle depuis presque deux ans ;

iv. la réalisation des études de post-évaluation confiée à une entité de line, la Direction de la
planification, qui en particulier est aussi responsable de la réalisation des études socio-
économiques d’identification ;

v. la non utilisation, par la Direction de la planification et par la Direction de l’exploitation,


d’économistes agricoles, d’agronomes et de sociologues.

6.1.4 Formation
Les activités de formation liées à la qualité de l’eau et aux aspects techniques et organisationnels des
gérances ont continué au fil des années à caractériser positivement les activités de l’ONEP.
Rapport d’évaluation des interventions de l’ONEP en milieu rural 69

En ce qui concerne le milieu rural, et plus particulièrement le programme PAGER, l'organisation de


sessions de formation en technique d’animation adressées aux cadres et aux agents et les formations à
l’intention des gardiens gérants sont des points positifs.

Les faiblesses identifiées sont les suivantes :

i. en premier lieu, un plan de formation lié à l’exécution du PAGER n’a pas été mis à point ;

ii. les activités de formation en matière d’animation sont insuffisantes en relation avec la
nouveauté de l’approche du PAGER et aux profils et à l’expérience des cadres et agents de
l’ONEP ;

iii. les sessions de formation adressées aux gardiens gérants (dont la majorité sont des
analphabètes) se sont limitées à une journée et n'avaient encore touché qu'11% des gardiens
gérants en fin 1998.

6.1.5 Aspects économiques et financiers


a. Rentabilité des investissements

L’ONEP est caractérisé par une faible rentabilité des investissements qui empêche un développement
basé sur ses propres ressources et limite sa capacité de remboursement des dettes. Les investissements
de l’ONEP sont en croissance mais celle-ci n’est pas soutenue par les résultats des exploitations. Des
injections continues de capitaux externes sont nécessaires pour maintenir son équilibre financier.

b. Equilibre des gérances et durabilité de l’AEP

Des compensations internes à l’ONEP d’excédents et de déficits se déroulent entre le secteur


“production” (notamment la côte atlantique) et le secteur mixte (production et distribution.

L'équilibre financier des gérances est assuré par le biais de l’excédent de la surtaxe de solidarité,
assurant ainsi l’équilibre financier de l’ONEP au niveau global. Si l’on ne tient pas compte de la
surtaxe de solidarité, le déficit d’exploitation des gérances est énorme, les recettes n’étant en mesure
de couvrir les coûts directs. D’ailleurs, des déficits importants persistent dans des centres gérés par
l’ONEP depuis plusieurs années. Cela pourrait indiquer des difficultés structurelles de l’ONEP dans la
distribution de l’eau au détail.

c. Les transferts de l’urbain vers le rural

La plus grand partie (86%) du déficit des gérances est généré dans le milieu urbain (dont environ
50% dans les grandes villes). Seulement 14% du déficit est généré dans les centres ruraux (les douars
examinés sont excédentaires). La surtaxe de solidarité, qui comble les déficits des gérances, ne constitue
donc pas un transfert fiscal de l’urbain vers le rural, mais un transfert essentiellement intra-urbain.

Dans les grands centres urbains en gérance la subvention de l’Etat par mètre cube est beaucoup
plus élevée que dans le reste des gérances. La subvention par habitant par an est aussi beaucoup plus
élevée dans les grandes centres urbains que dans le milieu rural.

d. Tarification des centres et des douars

Les tarifs réels de l’eau pour l’usage domestique sont beaucoup plus élevés dans les douars que dans
les centres urbains en gérance. Un redressement tarifaire dans les centres urbains pourrait contribuer à
libérer des ressources pour un développement plus poussé de l’AEP en milieu rural.
70

Il apparaît une claire dichotomie entre les centres en gérance et les douars concernant le tarif réel
payé pour un mètre cube d’eau. Le prix réel global payé par l’usager final dans les douars est environ
70% plus élevé que celui payé par l’usager moyen des gérances. Si on ne considère que la première
tranche de consommation, dans la quelle entrent la plupart des usagers des douars, on y paye le mètre
cube d’eau plus que trois fois plus cher que dans les centres en gérance.

L’allocation courante des ressources fiscales et les choix tarifaires dans le domaine de l’AEP, à parité
d’autres conditions, pourraient dans le long terme, favoriser l’abandon des douars desservis par BF et
l’exode vers les villes et les centres en gérance desservis par les BI.

6.2 Orientations Stratégiques


6.2.1 Planification
L’ONEP, en tant qu’organisme chargé de l’utilisation d’un transfert fiscal, mais aussi organisme
dont le mandat institutionnel prévoit la “gestion des distributions de l’eau potable”, ne peut pas se
limiter à un comportement passif en acceptant le déficit de certains secteurs d'activité. Il est responsable
de l’utilisation optimale des transferts. Dans ce contexte, des mécanismes d’incitation (financiers)
pour un redressement ou une amélioration progressive et contrôlée de la gestion dans les gérances
peuvent contribuer à responsabiliser les opérateurs locaux et les communautés locales et surtout à
dégager des ressources pouvant être utilisées pour des investissements dans le rural, permettant une
planification à long terme sans contrainte extérieure. Le rôle des services chargés du contrôle de gestion
devrait être renforcé dans ce domaine.

La résolution des problèmes de l’identification des douars est liée à la définition d’une répartition
claire des rôles des deux agences d’exécution du programme PAGER, à savoir la DGH et l’ONEP. Le
PAGER définit cette répartition comme suit :

 DGH : alimentation par points d’eau aménagés (ce qui suppose l’existence de ressources en eau
souterraines locales);
 ONEP : alimentation à partir des adductions (urbaines) existantes (ou projetées) et systèmes
autonomes (réseau spécifique au rural).

Cette répartition basée sur le type de système d’alimentation peut se décliner également en une
répartition spatiale basée sur la disponibilité de ressources en eau souterraine :

 DGH : zones à ressources en eau souterraine pouvant être mobilisées localement;


 ONEP : zones à ressources en eau souterraine aléatoires ou localisées .

Sur la base des données hydrogéologiques disponibles, on pourrait définir plus ou moins précisément
ces deux domaines au niveau de l’ensemble du Maroc en les ajustant aux limites des communes rurales.
L’ONEP prendrait alors en charge la mise en œuvre du PAGER, depuis la planification jusqu’à
l’exécution, dans les zones à ressources en eau souterraines aléatoires ou localisées nécessitant le
recours à des réseaux de distribution étendus ne pouvant pas être gérés par des associations d’usagers.

Dans les autres zones, l’ONEP interviendrait ponctuellement sur la base des résultats des études
provinciales effectuées par la DGH et/ou suite aux requêtes des communes rurales.

6.2.2 Programmation
La séquence d’opérations proposées pour l’intervention de l’ONEP dans le milieu rural est la
suivante :

1. réalisation d’études socio-économiques améliorées;


2. études de faisabilité;
Rapport d’évaluation des interventions de l’ONEP en milieu rural 71

3. réstitution-validation de l’information;
4. études détaillées;
5. accord de partenariat;
6. réalisation.

Suivant l’existence ou non de ressources en eau souterraine, la séquence et le type d’études à réaliser
pourraient se présenter comme suit :

a. Zones à ressources en eau souterraine aléatoires ou localisées

Dans ces zones le processus suivant est proposé:

Etude socio-économique. Cette étude sera basée sur un diagnostic participatif en complément des
questionnaires déjà utilisés. L’étude devra aboutir à la détermination de la liste des douars devant être
concernés par la suite des études. Les douars à éliminer à ce stade seront ceux qui disposent d’une
ressource en eau alternative (ponctuelle) et dont l’équipement en PEA pourrait (si la population le
souhaite) être pris en charge par la DGH.

Les changements par rapport à la situation actuelle concerneraient les points suivants :

 faire ressortir la valeur économique monétisée de l’eau potable pour les différents types d’usagers
afin d’utiliser les données récoltées pour l’analyse coûts - avantages (ACA) des projets d’AEP
ruraux.
 les questionnaires “ménages” devraient utiliser des méthodes d’évaluation contingente”, une
méthode d’enquête basée sur des questionnaires qui génèrent des scénarios hypothétiques ex-ante
(contingent valuation - CV) à savoir, basées sur des scénarios hypothétiques, selon l’état de l’art et
les standards internationaux pour ce type d’études, pour, entre autres, générer des informations sur
la disponibilité à payer des usagers pour les services d’AEP ;
 les questionnaires “ménages” devraient aussi faire ressortir la valeur d’option des BF, à savoir, la
valeur économique donnée à la BF en tant que source de secours en cas de sécheresse, d’épidémies,
de changements possibles de la propre situation socio-économique future même si, en temps
normal, l’eau n’est pas utilisée;
 les méthodes des diagnostics participatifs comme la triangulation de l’information (en particulier la
multiplicité des outils d’enquête et des unités d’observation) et la visualisation seront adaptées au
contexte et utilisées.
 on devra inclure dans la composition des équipes des spécialiste régionaux, des enquêteurs femmes
des sociologues et des agronomes;
 les enquêtes, qui actuellement concernent seulement les chefs de ménage, donc seulement les
hommes, devront également s’adresser aux femmes;
 les études devraient entre autres approfondir les questions de l’identification et de la priorisation
des différents besoins, les conflits intra-et inter-douar, les ressources alternatives et la
consommation prévue au niveau de la BF, ainsi que l’emplacement souhaité des bornes fontaines.

Etude de faisabilité . Cette étude doit comprendre les volets suivants :

 Etude des besoins en eau en tenant compte des résultats du diagnostic effectué lors de l’étape
précédente (consommation actuelle et perspectives d’évolution après réalisation du projet);
 Etude des ressources en eau pouvant être mobilisées pour l’alimentation des douars (y compris les
adductions urbaines existantes ou projetées);
 Regroupement des douars par sous-ensembles sur la base de critères techniques et socio-
économiques;
 Etude des variantes d’AEP et choix du schéma optimal;
72

 Analyse des aspects organisationnels;


 Analyse économique et financière des points de vue de la collectivité nationale, de l’agence
d’exécution (ONEP) et du gérant (gardien gérant, micro-entreprise ou association d’usagers).
 Ce type d’analyse comparant les flux des coûts et des avantages économiques dégagés par les
projets après les avoir estimés en termes monétaires viendrait en complément des autres études
dans le cycle de programmation des interventions. Elle pourrait être utilisée en aval des études
socio-économiques (qui servent entre outre pour la monétarisation de certain avantages des AEP et
pour la détermination des modèles de comportement) et permettrait de valider d’un point de vue
économique et financier les résultats des approches participatives. L’ACA constituerait le
complètement naturel des études telles que les APS et les APD, qui d’ailleurs sont de plus en plus
utilisés à l’intérieur de l’ONEP (direction DD et financière), même dans une logique de simulation;
 Définition des tranches d’équipement en tenant compte des critères techniques et économiques et
des priorités dégagées de l’étude socio-économique.

Restitution – validation consistant à affiner les solutions techniques de l’étude de faisabilité avec les
populations des douars concernés : à réaliser par les équipes d’animation des Directions Régionales de
l’ONEP en utilisant les méthodes participatives. Ce n’est qu’à ce stade qu’on éliminera les douars dont
la population ne désire pas participer au financement du projet.

Etudes techniques détaillées : levés topographiques, études géotechniques, avant-projets détaillés et


dossiers de consultation des entreprises à réaliser. Pour les adductions principales, ces études seront
effectués par la Direction des études et de l’assainissement (DEA), tandis que pour les antennes
desservant les douars elles seront effectuées par les Directions Régionales.

b. Zones disposant de ressources en eau souterraine :

On distinguera les cas où il y a déjà une étude provinciale de la DGH des cas où il n’y en a pas.

Cas où l’étude provinciale de la DGH est disponible :

Cette étude devrait définir la liste des douars (ou les sous-zones) ne pouvant pas être alimentés par PEA
(indisponibilité de ressource en eau mobilisable localement) et par conséquent éligibles à un projet de
l'ONEP. Le processus d’études proposé est le suivant :

 Analyse par l’ONEP des fiches – douars établies par la DGH;


 Visite des douars concernés par les animateurs de la Direction régionale pour validation de l’intérêt
des populations pour un projet ONEP;
 Etude de faisabilité basée sur les données socio-économiques et de ressources en eau de l’étude
DGH;
 Après mobilisation du financement, restitution – validation – affinement avec les populations des
solutions techniques de l’étude de faisabilité : à réaliser par les animateurs;
 Etudes détaillées.

L'ensemble de ces opérations peuvent être effectuées par la D.R.

Cas où il n’y a pas d’étude provinciale de la DGH

Dans ce cas, l’ONEP devrait se limiter aux zones limitrophes de ses installations existantes et où des
demandes de piquage sont exprimées.

La difficulté réside dans la définition de l’étendue de la zone limitrophe à prospecter. Actuellement


l’ONEP adopte une distance de 5 km de part et d’autre de l’adduction. Sachant qu’on est dans le cas où
Rapport d’évaluation des interventions de l’ONEP en milieu rural 73

il est possible qu’une ressource en eau alternative existe, cette distance devrait constituer une limite
maximum et doit être optimisée au cours des études.

Dans ce cas le processus proposé est le suivant :


 Etude socio-économique au niveau de tous les douars de la zone d’influence des installations de
l’ONEP devant aboutir à la définition de la liste des douars préférant le système par piquage au
système PEA. Cette étude doit être réalisée par la DD pour les grandes adductions et par les DR
pour les petits systèmes (alimentation à partir des installations d’AEP d’un petit centre);
 Etude de faisabilité pour les douars retenus avec analyse de différentes variantes de distance par
rapport à l’installation ONEP et devant aboutir à la définition de la liste définitive des douars à
alimenter à partir des installations ONEP. A effectuer par la DD ou les DR;
 Après mobilisation du financement, restitution – validation – affinement avec les populations des
solutions techniques de l’étude de faisabilité par les animateurs des DR;
 Etudes détaillées par les DR.

6.2.3 Organisation
Le défi rural de l'ONEP devrait se baser sur un profond changement organisationnel, dont les axes
suivants sont proposés :

i. Accélération du processus de décentralisation par les changements suivants :

a. confier la réalisation des études techniques et socio-économiques à des différentes bureaux


d'études localisés dans différentes régions du pays ;
b. favoriser et accélérer la mobilité du personnel du Centre (Rabat) vers les régions en
renforçant les demandes de volontaires, les annonces pour des postes de responsabilité, les
concours de promotions internes. Ces mesures seront accompagnées par des initiatives de
formation et recyclage.

ii. La spécificité du Rural sera pleinement mise en lumière par une nette séparation du Rural
(douars et gérances) et de l’Urbain, à commencer par des fonctions-clé, comme la post-
évaluation, la formation, la comptabilité et le suivi.

iii. Renforcement du suivi et de l’évaluation internes des projets. La Direction de la post-


évaluation devrait être rendue opérationnelle sur la base de :

a. la mise à point d’un système de suivi et


b. la dotation en personnel.

La programmation de chaque action de développement spécifique doit nécessairement être accompagnée


d'actions de suivi. Des efforts sont en cours à la Division “Contrôle de Gestion” pour se doter d’une
base de données systématique pour le suivi de la mise en place des investissements dans les douars
(PAGER). Une meilleure coordination avec la Division “Comptabilité analytique” surtout en ce qui
concerne la codification des projets, le passage de la phase d'exécution à la phase d’exploitation est
souhaitable. De ce coté d’ailleurs, il n’est pas possible actuellement de séparer et d’agréger de façon
systématique et automatique les charges et recettes des centres ruraux et des projets PAGER des charges
et recettes des centres urbains. Des efforts de la Division “Comptabilité Analytique” sont en cours, en
coordination avec la division “Aménagement Rural”. Il est prévu de codifier chaque projet PAGER et de
reclasser les montants dès le début du PAGER. Il est souhaitable de poursuivre cet effort et de l’élargir
au classement des gérances entre “rural” et “urbain”. L’importance du suivi des activités de l'ONEP
dans le milieu rural devrait aussi être reflétée dans les documents administratifs officiels de l’ONEP, tel
que le compte des produits et charges (CPC) et le bilan. A cet égard, une nette séparation des bilans des
gérances et notamment de celles en milieu rural et des bilans de l’ONEP proprement dit, est souhaitable.
74

iv. La complexité du monde rural et la nécessité de se doter de spécialistes diversifiés sera de


plus en plus reconnue. Quatre entités seront renforcé : le Service rural au sein de la Direction
planification et développement, la Division aménagement rural de la Direction de l’exploitation,
la Direction de la post-évaluation, et la Direction de la formation par l’utilisation de nouveaux
profils comme ceux d'agro-économistes, de sociologues ruraux, et d’agronomes. Les moyens les
plus appropriés seront choisis (recyclage, redéploiement ou recrutements) pour atteindre ces
objectifs.

v. La circulation de l’information sera favorisée. Les entités de staff, et en particulier la Division


organisation et information (Direction de la gestion) et la Direction de la formation se chargeront
de:

a. synthétiser et faire circuler la documentation utile produite par les institutions extérieures ;
b. capitaliser l’expérience et valoriser l’information produite à l’intérieur, à la fois les
éléments méthodologiques et les résultats contenus dans les études, les procès verbaux, les
documents des campagnes de sensibilisation (réactions des populations et des Communes,
difficultés rencontrées), les activités de formation.

La reproductibilité des actions (en premier lieu des études) dans d’autres zones et par des équipes
différentes sera ainsi développée par ce souci de garder une mémoire écrite des interventions de l’ONEP.

vi. La formation sera renforcée. Un plan de formation sera établi sur la base de la prise en
considération des éléments suivants :

a. le changement organisationnel proposé ;


b. une analyse des profils professionnels existants et des besoins en formation;
c. le constat de la maîtrise des aspects techniques liés à la production et à la distribution de
l’eau potable de la part de l’ONEP ;
d. le constat des faiblesses de l’ONEP dans des domaines non techniques tels que la recherche
socio-économique, l’approche participative, l’animation en milieu rural, le suivi et
l’évaluation; et
e. le renforcement de activités de formation à l'endroit de destinataires-clé comme les
communes rurales et les gardiens gérants.

vii. Les liens stratégiques et opérationnels avec les Communes rurales, la DGH (comme il est
présenté en détail dans les éléments de stratégie concernant la programmation), le Ministère
de l’agriculture, et le Ministère de la santé seront renforcés, en associant ces institutions
dans des fonctions comme les études, la formation et la sensibilisation. Travailler en
concertation souvent ralentit les processus de réalisation mais constitue un atout si on vise la
durabilité. L’engagement de l’ONEP, surtout entant que substitut des organismes qui
institutionnellement devraient être chargés la gestion de l’AEP, (en communes rurales) devrait
avoir un caractère d’émergence et à terme, à l’intérieur d’un parcours programmé et contrôlé,
visant à responsabiliser les institutions en question.

viii. Le rôle institutionnel de l’ONEP dans la gestion des distributions et sa responsabilité pour
l’optimisation de l’utilisation des fonds publiques doivent l’impliquer dans la formulation de
propositions tarifaires articulées et documentées.

6.2.4 Aspects techniques de la mise en œuvre


Dans l’ensemble la qualité des aménagements réalisés par l’ONEP est excellente et les propositions
d’améliorations concernent uniquement des points mineurs :

a. paramètres de calcul des besoins en eau :


Rapport d’évaluation des interventions de l’ONEP en milieu rural 75

Etant donné que dorénavant les études socio-économiques vont être généralisées à tous les projets
d’AEP des douars, il serait préférable de ne pas uniformiser les paramètres des besoins en eau et de les
définir cas par cas pour chaque projet (ou zone) en fonction de son contexte spécifique tout en tenant
compte des perspectives d’évolution de ce dernier.

b. conception et dimensionnement des équipements :

 prévoir l’installation de limiteurs de débit au niveau des BF;


 adopter une pression résiduelle minimum de 10m en prévision du développement des branchements
individuels;
 ne pas imposer le PVC comme seul matériau pour les conduites;
 éviter les très petites stations de pompage isolées et pour les douars isolés situés en hauteur,
envisager la possibilité de prise en charge par les usagers de la gestion et de l’entretien de ces
stations;
 exiger l’utilisation des prix unitaires établis par l’ONEP pour l’estimation des coûts des projets.
76
Rapport d’évaluation des interventions de l’ONEP en milieu rural 77

ANNEXE 1 - Indicateurs

Indicateurs définis au cours de l’atelier des 28 et 29 juillet 1999

Les critères et des indicateurs de base suivants ont été proposés par les groupes de travail lors de
l’atelier des 28 et 29 juillet 1999 :

1. Planification et suivi

1.1 Identification et préparation

au niveau des méthodes utilisées


- selon les périodes (Cadres Logiques, Méthode PPO, approche participative), etc.

au niveau de la cohérence interne et inter-programme


- Clarté de la présentation et enchaînement logique des programmes
- Réalisme des programmes et leur calendrier d’exécution
- Cohérence avec les programmes nationaux et décentralisés (PAGER et autres)

au niveau de l'implication des différents acteurs


- Critères pour le zonage, la localisation et le choix des interventions
- Nombre de douars ayant participé (localisation, réunions, etc.) à la planification des systèmes
d’AEP sur le nombre de douars équipés
- Critères pour l’intégration des communes rurales dans le processus d’identification
- Critères pour le traitement des requêtes présentées par les populations
- Critères et temps prévus pour les activités de sensibilisation et d’information
- Critères et temps prévus par douar pour les activités de formation des gardiens-gérants

1.2 Etudes Socio-économiques

- Enquêtes socio-économiques réalisées par rapport au nombre de douars équipés.


- Contenu et pertinence des études réalisées (éléments à prendre en considération pour leur
appréciation : Caractéristiques des localités, aspects relatifs à la population, conditions
d’alimentation en eau, appréciation du système actuel d’alimentation, souhaits et possibilités de
participation aux projets d’AEP, conditions d’adhésion et modalités de gestion)

1.3 Suivi

- Méthode et contenu de suivi (nature, indicateurs, moyens mobilisés, outils utilisés, etc.)
- Degré de couverture (nombre de douars impliqués dans le suivi sur le nombre de douars équipés,
nombre de douars impliqués dans des évaluations internes sur le nombre de douars équipés)
- Utilisation des résultats (Critères pour la réorientation des activités après des évaluations internes
78

2. Conception et mise en œuvre

2.1 Conception des projets d’AEP rurale par l’ONEP

 Processus des études (études techniques, APS, APD, études de faisabilité, phasage, attribution des
marchés, relation BET/ ONEP..)
 Termes de référence (pertinence, améliorations depuis 1981)
 Définition de la zone rurale à alimenter (choix arbitraire ou fonction de critères socio-économiques)
 Rapport ONEP-DGH pour les problèmes de ressources
 Prise en compte de sources d’eau alternative dans la conception et le dimensionnement des
équipements
 Pertinence des solutions techniques adoptées
 Rapport entre concepteurs (bureau d’étude/ONEP), équipes d’animation et populations pour le
choix des équipements, l’emplacement des BF, dimensionnement des ouvrages…

2.2 Mise en œuvre

 Processus de travaux (appel d’offres, attribution des marchés,


 qualification des entreprises sous-traitantes
 Ecarts entre conception et réalisation
 Ecarts de coûts entre conception et réalisation
 Qualité des travaux
 Délai d’exécution

2.3 Exploitation et maintenance

 Satisfaction des exploitants (ONEP local et gardiens gérants)


 Satisfaction des usagers (enquêtes, analyse d’études d’évaluation)

3. Dimension économique, financière et de gestion

3.1 Echelle des interventions

La dimension globale concerne le programme d’intervention étalé sur plusieurs années et visant à
atteindre des performances à l’horizon 2010 en matière d’accès à l’eau potable. Ce niveau regroupe
plusieurs projets et concerne:
i. la stratégie d’intervention (types d’agglomération, spécificités régionales)
ii. les coûts et avantages générés par l'intervention, du point de vue de la collectivité,
iii. les contraintes physiques (ressources en eau, capacités de gestion, ressources humaines etc.) et
financières.

La dimension locale concerne l’implémentation des projets d’AEP (Alimentation en Eau Potable)
suivant les différentes phases (Analyse des besoins et conception du projet, réalisation et mise en œuvre,
exploitation (gestion et suivi) et considéré du point de vue des différents parties prenantes:
Rapport d’évaluation des interventions de l’ONEP en milieu rural 79

3.2 Parties prenantes

 Les usagers
 Les associations d’usagers
 Les communes (élus)
 La population de la zone d’influence du projet
 Les autorités locales
 Les gardiens gérants (BF)
 Les micro-entreprises de maintenance (sous-traitants ONEP)
 Micro-entreprises de distribution (BI)
 Micro-entreprises de maintenance (BI)
 ONEP

Pour chaque type d’intervenants, il convient de distinguer:


- les coûts et les avantages économiques générés par la mise en œuvre du projet (quantifiables et
non quantifiables ou qualitatifs, monétarisables ou non monétarisables)
- les effets externes sur leur environnement (externalités qui doivent être prises en compte dans
l’analyse globale coût - avantage du projet)

3.3 Dimension du projet

Il convient de préciser à ce stade la notion de projet d’AEP rurale en fonction de la taille de celui-ci. En
effet, il n’existe pas des limites physiques ou financières précises à celle-ci. Dans tous les cas, les
projets doivent être caractérisés par:

 une taille optimale. Toute économie d'échelle (au moins celles identifiées) sont exploitées, c'est a
dire: l’extension du projet n’amènerait pas a une amélioration de l'efficience du projet. En même
temps, la réduction du projet (en termes de agents, superficie, activités) amènerait à une perte
d’efficience, parce que les ressources investies pourraient générer moins d'avantages par unité
d’investissement.

 une taille opérationnelle. le projet est dessiné de façon détaillé: intrants, facteurs, produits,
activités, plans, zones, sont définis pour permettre la mise en place concrète du projet.

 une taille gérable. le projet doit être gérable, c'est a dire que la taille ne peut pas excéder les
capacités organisationnelles et de contrôle de l’opérateur du développement qui le met en place.

3.4 Modes d’exploitation.

 la gestion directe par l’ONEP


 la gestion concédée d’une ou plusieurs BF
 la gestion de la distribution des mini - réseaux par des micro-entreprises
 la gestion par la/les commune/s
 la gestion par des associations locales.
80

4. Impact des aménagements

Un aménagement, un projet ou un programme mobilisent des moyens matériels, financiers et humains. Il


permet d'obtenir des résultats physiques ou socio-économiques lesquels peuvent être appréciés par
rapport aux objectifs fixés et par rapport aux modalités de cette mobilisation (programmation, choix
techniques et organisationnels, coûts, etc.). On parlera d'effets et d'impact.

Les effets correspondent à l’objectif immédiat (c’est-à-dire juste au-delà des produits ou résultats
physiques et socio-économiques proprement dits). L’impact se situe par rapport à l’objectif plus global
de développement du programme, du projet ou de l'intervention. Il est normalement la conséquence
(utilité) des changements intervenus au niveau des bénéficiaires ultimes de l'intervention dans le contexte
socio-économique et naturel de leur vécu.

En matière d'approvisionnement en eau potable, on peut classer les types d'impacts en 3 grandes
catégories:

L'impact sur les conditions de vie des usagers couvrent les dimensions pratiques au quotidien:
 organisation et pénibilité des tâches domestiques,
 les dimensions socio-culturelles (agencement des loisirs et du temps libre, niveau des connaissances
et pratiques culturelles, scolarisation),
 les niveaux sanitaires des familles rurales
 les aspects en terme de revenus monétaires ou non monétaires.

L'impact sur l'environnement concerne les répercutions sur le milieu naturel dans lequel les
aménagements opèrent et ceci par 2 biais:
 prélèvement sur les ressources,
 perturbation sur le milieu (rejets et eaux usées)

L'impact sur le contexte global (local, régional ou national)


 socio-économie des zones rurales et au niveau de l'Etat
 comportement socio-culturel des familles paysannes et
 niveau d'équipement des zones rurales
 améliorations des indicateurs nationaux
Rapport d’évaluation des interventions de l’ONEP en milieu rural 81

ANNEXE 2

Indications méthodologiques pour l’évaluation


des interventions de l’ONEP en milieu rural
Numéro de
paragraphe

Préparatifs 1

Objet de l’Evaluation 6

Travail de Terrain 8

Le Rapport de Mission 14

Conclusions, Recommandations et Leçons Apprises 19

Réunions de Synthèse 24

Préparatifs

1. La mission est constituée par une équipe mise sur pied par la FAO pour fournir à l’ONEP des
jugements et des conseils professionnels fondés sur l’expertise commune des membres de l’équipe et sur
l’examen en profondeur du programme d’intervention de l’ONEP en matière d’équipement en eau
potable dans les zones rurales.

2. Termes de Référence (TDR) de la mission: Les termes de référence forment la base de tous les
travaux de la mission. Ils permettent à l’ensemble des partenaires d’avoir une même compréhension de
la finalité de l’évaluation et des principales questions à prendre en considération. Les séances
préliminaires de la mission à la FAO, puis avec les responsables de l’ONEP et ses principaux
partenaires au niveau central et au niveau des zones rurales concernées devront permettre d’arriver à
cette vision commune.

3. Participants à l’exercice d’évaluation: Les unités techniques AGL et SDA de la FAO 1 sont
responsables avec la Direction de l’ONEP de l’ensemble de l’opération. Ils désignent un consultant
principal, spécialiste international en matière de politiques et programmes d’hydraulique, qui sera en
charge de l’exercice et deux consultants internationaux devant couvrir respectivement les aspects
économiques et financiers des intervention et les relations avec les usagers des équipements d’eau
potable en milieu rural. A cette équipe de base s’adjoindront des consultants nationaux dont les profils
seront établis selon les besoins en informations et en analyse spécialisée au cours de la mission
préliminaires d’AGL et de SDA. A différents stades de l’exercice, les autres unités de la FAO comme
celles de l’ONEP seront parties prenantes dans la réflexion et l’établissement de l’évaluation ou des
propositions à formuler. De plus, les principaux partenaires impliqués tout au long de la filière
d’équipement seront sollicités (fournisseurs, bureaux d’études, collectivités locales, établissements
publics, services techniques partenaires au niveau central et provincial, entreprises privées, réparateurs,
1
Division de la mise en valeur des terres et des eaux (AGL) et Division de l’analyse du développement
rural (SDA)
82

etc.). Enfin, des personnes ressources provenant de projets, bailleurs, ONGs, Universités, etc. impliqués
dans des problématiques identiques, notamment au sein du PAGER (Programme d’approvisionnement
groupé en eau potable des populations rurales auquel l’ONEP adhère), seront aussi sollicitées. Une
première liste de ces différents opérateurs publics ou privés sera établie par l’ONEP et arrêtée en
concertation avec la FAO.

4. Organisation de l’exercice d’évaluation: Le démarrage des activités aura lieu avec la première
mission de la FAO (AGL et SDA) en début juillet 1999. Une liste de noms de candidats pour les trois
consultations internationales sera soumise à l’ONEP à cette occasion pour sélection.

Etape 1 : Définition de la méthodologie d'évaluation

La définition de la méthodologie d’évaluation se fera en mobilisant les divisions techniques concernées


de la FAO lors du premier briefing du Consultant international à Rome avec comme produit un premier
draft de la grille d'évaluation de la méthodologie à soumettre à l'ONEP.

Etape 2 : Organisation d’un atelier de réflexion mobilisant au Maroc des personnes ressource et
collecte d’information

Quelques personnes impliquées dans les activités de l'ONEP (Cadres centraux et régionaux, partenaires
de l'administration territoriale, responsables de Communes rurales) ainsi que des personnes d'expérience
travaillant dans les mêmes domaines et méthodologie (par exemple au sein du PAGER) seront réunies
au cours d’un Atelier de réflexion de deux jours à Rabat qui se tiendra à la fin du mois de juillet.
L’objectif est de passer en revue et de réviser la grille d’évaluation et les informations déjà disponibles.
L’ONEP serait chargée d’organiser cet atelier (liste des participants, invitation, salles de travail). Son
animation étant assurée par les consultants internationaux.

Parallèlement, l’ONEP devrait rassembler la documentation de base devant être utilisée durant toutes les
étapes de l’exercice. Les consultants nationaux auront également été sélectionnés au cours de la
première mission de la FAO.

Etape 3 : Tenue de l’atelier de réflexion et modalités d'approfondissement de l’évaluation

Au cours de l’Atelier les participants recevront une présentation de l’intervention globale de l’ONEP
dans le milieu rural. Ensuite, les 4 domaines cités plus haut seraient passés en revue d’une manière plus
approfondie. Le produit de cette deuxième étape sera la forme finale de la grille d'évaluation de la
méthodologie ONEP (domaines couverts, niveaux d’appréciation, indicateurs pertinents et sources
d’information, modalités envisageables). Si possible, les consultants nationaux devant contribuer à la
collecte et participer à l'analyse des données seraient aussi présents à cette étape.

A l’issue de cet atelier, le consultant principal et les responsables de l’ONEP détermineront plus
précisément les tâches et responsabilités de chacun. Les modalités d'approfondissement de l'exercice
seront fixées au Maroc avec l'ONEP pour obtenir comme produit un plan de travail soumis aux
divisions techniques et prévoyant les activités, le calendrier et les moyens à mobiliser.
La suite (lancement des collectes d'informations, interviews et enquêtes en milieu rural) est planifiée en
fonction des produits obtenus et des dispositions proposées par l'ONEP dans son programme 1999.

Etape 4 : Evaluation proprement dite et formulation de propositions

Les modalité de déroulement de cette étape seront précisées au cours de l’atelier. La méthodologie est
celle décrite dans cette note. Le produit final de l’évaluation sera un rapport qui contiendra les
conclusions de la mission, ses recommandations pour les programmes d’alimentation en eau des
populations rurales et les leçons tirées de l’expérience (voir plus bas).
Rapport d’évaluation des interventions de l’ONEP en milieu rural 83

5. Préparation du Rapport: Un seul rapport d’évaluation, avec des annexes techniques spécialisées
sera produit au Maroc, au moins dans sa version provisoire. Dès le démarrage des activités, sa
préparation sera planifiée, notamment en répartissant entre les différents membres de l’équipe les tâches
relatives à la rédaction du rapport et des annexes.

6. Calendrier de la Mission: La responsabilité de décider du calendrier à suivre incombe aux 2


parties responsables de l’ensemble de l’opération (FAO/ONEP). Un travail préalable de programmation
sera réalisé par AGLW, SDAR et la Direction des Programmes de l’ONEP pour faciliter le démarrage
des travaux d’évaluation et s’assurer que:

 le temps nécessaire pour les étapes retenues et pour rédiger le rapport et discuter les conclusions de
la mission avec les autorités compétentes aura été pris en considération;

 aucun des contacts-clés avec les projets analogues ou les autres organismes gouvernementaux ou
non gouvernementaux n’aura été exclu;

 les réunions de synthèse pour examiner de manière adéquate les conclusions et les
recommandations de la mission auront été mises au programme.

Objet de l’Evaluation

7. L’exercice d’évaluation doit examiner:

 la validité et la justification, de la conception et des objectifs du programme de l’ONEP en milieu


rurales concerné;
 l’efficacité de sa mise en œuvre, y compris l’efficacité de la gestion; et
 les résultats obtenus (y compris leur impact prévu sur les bénéficiaires, leur durabilité et leur
rapport coût-efficacité).

On trouvera dans l’Annexe 1 la définition des principaux concepts et termes employés dans l’évaluation,
et le Formulaire Synthétique de l’Evaluation (qui doit être rempli par la mission) fournit une liste des
principaux points qui doivent être traités.

Travail de Terrain

8. Le travail de terrain doit suivre le principe selon lequel l’évaluation doit se pencher sur les
résultats de l’action de l’ONEP. C’est pourquoi la mission devra tout particulièrement analyser la
réaction et le degré de réceptivité des bénéficiaires et participants, surtout par rapport aux contraintes et
problèmes identifiés dans les termes de référence.
9. Il est important de rechercher un échantillon représentatif des points de vue de tous les
participants au projet/programme, en particulier ceux qui étaient censés en être les bénéficiaires. Des
interviews de groupe sont souvent utiles à cet effet, mais elles devront se faire de préférence en
l’absence de cadres supérieurs de l’ONEP ou des partenaires concernés (publics ou privés). Elles
peuvent être menées en suivant une liste des points à contrôler, ce qui aidera à obtenir diverses opinions
sur les avantages qui ont été obtenus par les programmes d’AEP rurale de l’ONEP.

10. Partenaires: Les bénéficiaires des actions entreprises par l’ONEP étant nombreux et très
dispersés géographiquement, un questionnaire sera établi au démarrage de l’exercice. Celui-ci sera
préparé par la FAO et l’ONEP et finalisé au cours de l’Atelier de démarrage afin qu’il puisse être lancé
très rapidement et que ses résultats soient disponibles au cours de l’évaluation. Pour évaluer la
pertinence des actions et leur qualité, on procédera à des interviews d’un échantillon représentatif de
zones équipées en suivant une liste de contrôle des aspects clés. Les superviseurs devront également être
interviewés.
84

11. Groupements d’Usagers: Les groupements bénéficiaires directs des interventions feront l’objet
d’une attention particulière pour obtenir des informations en retour sur les avantages qu’elles ont tirés
du projet/programme et sur la façon dont elles perçoivent celui-ci. Le questionnaire établie pourra
inclure des points utiles pour ce genre d’évaluation. La mission devra accorder une grande attention au
contrôle des résultats à ce niveau.

12. Participation du Personnel des Projets: Bien que le personnel directement impliqués dans les
actions de l’ONEP au niveau local ne soit pas membre de la mission d’évaluation, il est utile qu’il
participe à son travail en tant que personne-ressource, y compris au cours des visites sur le terrain. Il
peut en effet fournir des informations et faciliter le bon fonctionnement de la mission. Par ailleurs, le fait
de participer lui permettra de comprendre comment la mission en est arrivée à ses conclusions, ce qui
devrait contribuer à un suivi positif des recommandations de la mission.

13. L’association étroite du personnel de l’ONEP aux travaux de la mission induit souvent un
changement positif des perceptions du personnel concernant ses tâches et ses performances. Cette
association permet également d’augmenter les chances d’appropriation des conclusions de la part du
personnel de l’ONEP. Une technique utile à cet effet consistera à faire participer pleinement le personnel
concerné à des séances de réflexion commune (brainstorming) sur les problèmes. L’équipe d’évaluation
sera ainsi mieux informée des difficultés existantes et les responsables de l’ONEP prendront plus grande
conscience des problèmes qui demandent à être résolus.

Le Rapport de Mission

14. Le chef de mission, consultant principal a la responsabilité finale du rapport. Néanmoins, le


rapport est le fruit du travail collectif de la mission, aussi bien en termes de préparation concrète que de
réflexions. En fonction de modalités particulières préalablement convenue, la première version sera
préparée sur le terrain par l’ensemble de l’équipe. En cas de graves désaccords entre les membres de la
mission, les points de vue divergents pourront être également présentés séparément.

15. Généralement, les termes de référence stipulent les grandes lignes du rapport de mission. Dans le
cas contraire, on pourra se référer au schéma suivant (voir Annexe 3):

- Résumé (trois pages maximum)


- Antécédents et Contexte du Programme
- Objectifs et Conception
- Mise en Œuvre, Efficacité et Gestion du Programme
- Résultats du Programme et Efficacité, y compris les effets et impact du projet, la durabilité des
résultats et le rapport coût-efficacité
- Conclusions et Recommandations
- Leçons générales pouvant être tirées.

- Annexes standard: Termes de Référence de la Mission


Sites Visités et Personnes Rencontrées

- Autres annexes, notamment les annexes techniques

16. Le rapport présenté est un document principal autonome dans le sens où le lecteur ne sera pas
obligé de recourir à d’autres documents pour comprendre le rapport (conception, budget, dépenses,
dotation en personnel, durée, activités et produits). Néanmoins pour permettre certains
approfondissements, des documents techniques spécialisés pourront être aussi produits car le rapport
d’évaluation doit convaincre un public multiple et hétérogène de la véracité de ses conclusions et de ses
recommandations et étayer celles-ci par des preuves et des arguments convaincants.
Rapport d’évaluation des interventions de l’ONEP en milieu rural 85

17. Le résumé, considéré comme une composante essentielle du rapport, devra présenter les
principales conclusions et recommandations en quelques pages.

18. Les conclusions et ses recommandations seront soumis aux commanditaires de l’exercice
mais pas sujettes à approbation de leur part. Néanmoins, le rapport est soumis à l’approbation de
l’ONEP en ce qui concerne le respect des termes de référence. Il est également revu et commenté par les
parties concernées, qui doivent décider de la suite qu’il faudra donner à ses recommandations.

Conclusions, Recommandations et Leçons générales

19. Contribution essentielle de l’évaluation à la gestion du programme pour le futur, l’exercice sera
poursuivi par une composante relative aux propositions. L’utilité de l’évaluation dépend donc de la
qualité et de l’utilité des conclusions, des recommandations et des leçons pouvant être dégagées.

20. Les conclusions de cette évaluation, et surtout les recommandations, opportunes mais réalistes
auront comme tout premier but l’amélioration des actions d’intervention en milieu rural, de leur
effectivité, et de leur efficacité financière et des capacités d’appropriation par les usagers de l’eau.

21. L’objectif étant d’obtenir des améliorations, il est primordial de garantir un sentiment
d’appropriation des conclusions auprès des responsables du projet/programme et des personnes qui
devront mettre en œuvre ces recommandations. Même si les conclusions et les recommandations sont
bien fondées, elles ont peu de chance d’être acceptées par les responsables du projet/programme si le
personnel national et la direction de l’ONEP ne sont pas convaincus de leur bien-fondé.

22. Il se peut qu’une revue des mécanismes institutionnels de fonctionnement de l’ONEP dans le
domaine de l’AEP rurale soit utile à la mission pour bien comprendre qui est censé agir au regard de
chaque recommandation et pour mieux cibler ces recommandations.

23. Les leçons tirées de l’expérience sont censées être mises à profit pour améliorer les projets et
programmes d’AEP rurale de l’ONEP. On tiendra compte autant des expériences négatives que des
expériences positives pouvant avoir des implications importantes.

Réunions de Synthèse

24. Les conclusions de la mission seront présentées dans le cadre d’une ou plusieurs réunions de
synthèse. Une version résumée des conclusions et des recommandations sera distribuée aux participants
lors de ces réunions (la présentation du rapport dans son intégralité risquerait de détourner l’attention
des principaux points à débattre).

25. Tout sera mis en œuvre pour dégager un consensus sur les recommandations, autant pour
garantir la validité de celles-ci que pour augmenter les chances d’application des recommandations. Le
consensus ne devra toutefois pas être recherché au prix de l’intégrité et de la substance, notamment pour
ce qui est des recommandations dont l’action porte sur des questions dont l’issue est cruciale pour le
programme.
86

Définition des Principaux Concepts et Termes


utilisés dans le cadre de l’Evaluation

(i) Les projets sont constitués par un groupe d’activités devant être parachevées dans des délais
déterminés et avec des ressources données. Les projets sont normalement établis sur la base d’un
schéma (“design”) qui définit une série cohérente de résultats attendus, activités, groupes-cibles et
arrangements institutionnels et de gestion - le tout pour atteindre les objectifs immédiats dans le cadre
des ressources et du temps disponible. Le schéma du projet devra aussi inclure un plan général de
travail pour l’exécution du projet, ainsi que l’identification des principales hypothèses et conditions pour
la réussite du projet et l’achèvement de ses objectifs.

(ii) Un programme (national) est plus complet qu’un projet et est habituellement d’une durée plus
longue. Il doit avoir un but général et une série d’objectifs qui y contribuent, y compris une description
des principaux projets et activités nécessaires pour atteindre ces objectifs. Comme tel, un programme
peut être défini de manière plus vague qu’un projet et moins directement mesurable, particulièrement en
ce qui concerne les objectifs aux niveaux supérieurs. Dans le cas précis de cette évaluation, différents
projets d’AEP rurale font partie d’un programme d’irrigation à l’échelle nationale. On fera en sorte que
les programmes, comme les projets, aient des objectifs, des échéances et des budgets aussi clairs que
possible. Les projets et activités constituants des programmes peuvent souvent être conçus, et donc
évalués, de la même façon que les projets.

(iii) L’approche par processus: L’expérience enseigne que même si les objectifs finaux doivent
toujours être clairs, il serait inapproprié d’établir, pour certains types de projets et de programmes, des
calendriers et des budgets rigides. C’est particulièrement vrai dans le cas des interventions prévoyant la
participation des populations. Si c’est aux communautés qu’il revient de concevoir une grande partie du
programme, et de décider le type d’apports qu’elles garantiront, il ne sera pas possible de stipuler à
l’avance quels produits seront obtenus.

L’approche par processus n’est pas synonyme d’abandon de la rigueur de l’analyse ou des méthodes
de gestion bien établies. Le contraire est vrai. Outre l’établissement d’objectifs clairs et l’identification
des principaux produits, il faut une stratégie cohérente pour guider, avec une certaine flexibilité, le
processus d’exécution avec des plans de travail dans le cadre du budget alloué. Ainsi, bien qu’un
nombre-cible de bénéficiaires d’un projet de développement participatif, ainsi que les dates de
démarrage et de terminaison puissent être établis au départ, ces plans doivent toutefois être flexibles et
être ajustés lorsqu’ils cessent d’être valides.

(iv) Les apports sont les biens et services, les ressources humaines et autres ressources nécessaires
pour mener à bien les activités dans le but d’obtenir des produits et d’atteindre les objectifs du
programme/projet. Il est à noter que les intrants, comme les activités et les produits, sont estimés sur la
base des hypothèses concernant les interrelations entre ces variables.

(v) Les activités sont les tâches spécifiques, dans le cadre d’un programme ou d’un projet, qui
donnent lieu à des produits. Exemples d’activités: mener une enquête; assurer une formation; préparer
un manuel.
(vi) Les produits (ou résultats) sont les services ou le premier niveau des résultats qui découlent des
activités menées pour atteindre des objectifs. Exemples de produits: personnel ayant été formé; résultats
émanant d’enquêtes; rapports consultatifs.

(vii) Les buts et les objectifs: Les objectifs immédiats constituent ce que le programme tente
d’obtenir pour les bénéficiaires (clients) à partir de l’utilisation des produits. C’est un deuxième niveau
des résultats. Les buts, ou objectifs de développement, se réfèrent à des objectifs à plus long terme et
correspondent au troisième et dernier niveau. Par exemple, un projet d’AEP rurale peut assurer la
Rapport d’évaluation des interventions de l’ONEP en milieu rural 87

formation des bénéficiaires à l’entretien des bornes fontaines (un produit). Grâce à la formation reçue,
les bénéficiaires pourront travailler de façon plus efficace, ce qui amènera une amélioration des
conditions d’entretien des bornes fontaines (objectif immédiat). Cependant, il est à noter que la direction
du programme/projet n’a pas nécessairement le contrôle total de toutes les conditions nécessaires pour
atteindre son but qui peut être dans le cas précis une prise en charge complète de l’entretien des
équipements par les usagers.

(viii) Les effets et l’impact sont les résultats (finaux) d’un projet ou d’un programme par rapport aux
objectifs. Les effets correspondent à l’objectif immédiat (c’est-à-dire, au deuxième niveau au-delà des
produits). L’impact se situe par rapport à l’objectif de développement, du programme ou troisième et
dernier niveau. Il est normalement la conséquence (utilité) des changements obtenus au niveau des
bénéficiaires ultimes.

(ix) Les indicateurs servent à examiner les progrès réalisés par le projet/programme à chaque stade
critique (obtention des produits, effets et impact etc.). Dans la plupart des cas, l’indicateur est tout
simplement l’information précisant que l’argent a été dépensé, le produit obtenu, etc. Cependant. il est
souvent difficile de mesurer de façon directe les résultats obtenus au niveau des effets et impact.
Prenons l’exemple des changements dans la capacité institutionnelle d’un pays, notamment celle d’un
institut pédagogique. Etant donné que l’une des facettes concerne le moral du personnel, on pourrait
décider de mesurer les changements survenus à partir du taux d’absentéisme du personnel. Il s’agit là
d’un instrument de mesure appelé indicateur indirect ou supplétif qui donne une idée du moral du
personnel de façon indirecte et dont on est donc souvent obligé de se contenter dans les évaluations.

(x) Durabilité: Ceci concerne l’une des questions fondamentales du programme à évaluer : est-ce
que les avantages et bénéfices produits par le programme/projet seront maintenus et augmentés
par les bénéficiaires et leur communauté, sur la base de leurs propres engagements et ressources ?
La réponse à cette question comporte une analyse complexe des aspects relatifs à ce concept dans son
ensemble, y compris un examen du niveau d’acceptation des produits et résultats du projet par les
bénéficiaires, de leur capacité à maintenir les résultats et de l’environnement institutionnel et politique
qui leur permet de le faire. Parmi les aspects de la durabilité, les plus importants dans le travail
d’évaluation sont les suivants:

 la durabilité économique et financière, c’est-à-dire les résultats des programmes d’AEP rurale
produiront-ils des avantages économiques suffisants pour permettre de maintenir et de développer
les systèmes mis en place au delà de la phase initiale d’investissement ?

 la durabilité au niveau de l’environnement, c’est-à-dire les avantages apportés par le programme


risquent-ils de provoquer une éventuelle détérioration de l’environnement physique, ou du bien-être
des populations bénéficiaires ou de la société dans son ensemble?

(xi) Rapport coût-efficacité: Ceci concerne l’examen de l’efficacité des programmes de l’ONEP en
tenant compte de leur coût: c’est-à-dire est-ce que le programme/projet constitue la meilleure utilisation
des ressources disponibles pour atteindre les objectifs fixés? Le rapport coût-efficacité peut être
considéré sous plusieurs angles. D’une part, le rapport coût-efficacité interne peut être analysé pour
vérifier que c’était bien le moyen le meilleur marché pour produire les résultats voulus et dans le temps
imparti. Une question plus importante cependant est celle de savoir si c’était le moyen le plus efficace
pour atteindre les objectifs à l’intérieur de l’enveloppe financière donnée. Le rapport coût-efficacité
devra être examiné par rapport à l’objectif général du programme par rapport aux résultats de la mise
en œuvre de ses divers éléments.

Pour les projets et programmes d’investissement, le rapport coût-efficacité peut être calculé en utilisant
le taux de rentabilité interne. Cependant, une évaluation compréhensive et objective des éléments du
calcul de ce taux est rarement facile à obtenir. Une approche possible consiste à examiner si le
programme/projet suit la “méthode du moindre coût”, c’est-à-dire le même niveau de résultats et
88

bénéfices aurait-il pu être atteint en ayant recours à une stratégie alternative moins coûteuse? Si cette
analyse n’est pas toujours possible, un effort devrait au moins être tenté pour voir si le
programme/projet aurait pu être conçu au même coût mais de manière à être plus efficace.

(xii) Questions Liées au Genre: Beaucoup de programmes/projets entreprennent des activités ou


appliquent des mesures destinées à combattre les effets de la discrimination (présente et passée) au
regard du genre (souvent les femmes) dans le but de promouvoir l’équité et l’égalité des chances et de
traitement pour tous les bénéficiaires des interventions. La pertinence et l’efficacité de ces mesures et
activités doivent être évaluées. Ce sont des activités qui peuvent avoir comme objectif:

1. l’intégration des intérêts et besoins liés au genre à tous les niveaux de la planification et de la mise
en œuvre, dans le but d’éliminer les obstacles qui empêchent ou limitent la participation des
bénéficiaires aux activités du programme/projet ou la distribution équitable des bénéfices;

2. des actions positives ou affirmatives qui mettent l’accent sur l’amélioration directe de la situation de
la femme.

(xiii) Catégories d’évaluation: L’évaluation est un instrument analytique objectif (souvent


indépendant) utilisé pour fournir un soutien à la gestion des programmes/projets à différents niveaux,
par le biais de: (a) un examen en profondeur de l’efficience dans la mise en œuvre ainsi que dans la
production des résultats; et, l’efficacité dans l’atteinte des objectifs (effets et impacts); (b) des
recommandations basées sur une analyse concrète, qui fournissent des solutions alternatives et des
options devant servir a la prise des décisions. Une évaluation peut être utilisée de diverses manières et
adaptée à des objectifs particuliers.

Les exercices d’évaluation peuvent être ainsi groupés en plusieurs catégories selon différents critères:
(a) les modalités d’exécution (interne ou externe) de l’évaluation qui varient selon la position de l’agent
évaluateur par rapport à l’institution de tutelle du programme/projet; (b) le moment dans la vie du
programme/projet où l’évaluation est exécutée; (c) le but de l’évaluation. Les principales catégories de
l’évaluation sont les suivantes:

(a) modalités d’exécution de l’évaluation:

 auto-évaluation - elle est conduite par les gestionnaires et le personnel directement impliqué dans la
gestion du programme/projet;

 interne - elle est conduite par l’équipe chargé de l’exécution; assurant un suivi régulier à l’intérieur
du programme;

 externe - elle est conduite par une mission d’évaluation distinct et indépendant de l’exécution de
projet/programme. Elle est généralement tenue à être autonome.

(b) objectifs de l’évaluation:

 former: l’évaluation a le double but d’essayer de résoudre les problèmes et de tirer des leçons de
l’expérience pour améliorer la planification et la mise en œuvre à l’avenir d’activités semblables;

 dresser le bilan: l’évaluation a pour but principal de dresser le bilan des résultats et de juger la
performance (ce type d’évaluation peut aussi inclure un effort pour tirer les leçons de l’expérience);

 évaluer l’impact : alors qu’une évaluation peut être lancée pour l’un ou l’autre objectif cité ci-
dessus, le but ici est de mesurer l’impact et la durabilité des résultats, ce qui se fait souvent ex-
post, quand le projet/programme est terminé.
Rapport d’évaluation des interventions de l’ONEP en milieu rural 89

Grille d’analyse provisoire des interventions de l’ONEP en milieu rural

1. Objectifs généraux de l’ONEP dans le domaine de l’approvisionnement en eau des populations


rurales et stratégies.

2. Analyse de la quantité, pertinence et qualité des travaux de desserte d’eau en milieu rural

 Comparaison entre programmes annuels et réalisations


 Nombre de points de desserte réalisés (BF et BI) par année d’activité
 Statistiques sur la population desservie (par an et cumulatif) ; comparaison avec la croissance
de la population rurale
 Critères pour l’évaluation des populations desservies
 Nombre d’habitants par borne fontaine – évolution dans le temps

1. Efficience de la gestion des opérations de mise en œuvre des points de desserte

 Statistiques sur les méthodes de planification

Méthodes de planification aux échelles centrale, région ale et locale


Participation de la population au choix du type d’aménagement et de l’emplacement des
bornes fontaines
Nombre de villages ayant participé à la conception/planification des systèmes d’AEP sur le
nombre total des villages équipés, et évolution dans le temps
Participation de la population au financement des aménagements
Mécanismes de traitement des requêtes issues des populations

 Statistiques sur la mise en œuvre

En régie
A l’entreprise
Evolution des coûts
Retards dans l’exécution des travaux

 Statistiques sur la mise en place d’un système de gestion du point de desserte


 Statistiques sur la mise en place d’un système de recouvrement des prix de vente de l’eau

1. Durabilité des installations

 Statistiques sur l’état des équipements


 Corrélations entre état des équipements et d’autres équipements

1. Impact sur l’environnement, la santé, et la population

 Maladies hydriques
Statistiques sur les maladies hydriques avant et après la mise en place des BF
Jours d’absence de l’école avant et après l’adduction (en fonction des genres)

 Scolarisation, et notamment des jeunes filles


 Stabilisation de la population : statistiques sur la population des douars équipés.
90

ANNEXE 3 – Résultats physiques (Tableaux)

Tableau 1 – Consommation des bornes fontaines par commune, centre et province


Consommation Consommation Consommation
Direction moyenne moyenne Province ou moyenne
régionale Commune journalière en Centres mixtes journalière en Préfecture journalière en
l/hab./j ONEP l/hab./j l/hab./j

Labiar 16.0 Douars Guelmim- 15.4


Tan Tan Guelmim 15.4
Ouaroun 12.5
Aglou 3.2 Aglou 3.2
Rasmouka 8.8 Tiznit amont 10.9
DR1 El Maader 13.6
Aglou 15.2 Tiznit aval 7.0 Tiznit 9.4
Arbaa Sahel 5.3
Mirleft 2.4
Tissint 16.4 Tissint 16.4 Tata 16.4
Benguerir 6.9 Benguerir 8.7
Braha Sidi Ali 33.2
El Kelaa 17.7 El Kelaa 17.7
N'Zalet Laaden 22.8 N'Zalet Laaden 22.8
Sidi Bouathmane 11.3 Sidi Bouathmane 11.3 El Kelaa 10.5
Skhour Rhamna 40.5 Skhour Rhamna 40.5
DR2 Tamellalete 16.1 Tamellalete 16.1
Zemrane 5.1 Sidi Rahal 5.1
Znada 23.8 Znada 23.8
Ras el Ain 5.5 Ras el Ain 5.5
Sbiaat 11.6 Sbiaat 11.6 Safi 8.0
Thiamin 4.6 Thiamin 4.6
Afourer 3.7 Afourer 3.7
Agoudi 15.2 Azilal 15.2
Bzou 1.4 Bzou 1.4 Azilal 10.8
Demnate 3.9 Demnate 3.9
Imlil 13.2 Imlil 13.2
Ouaouizaght 30.0 Ouaouizaght 30.0
El Kourifate 3.5 F.B.Salah 3.8 Beni Mellal 3.8
Ouled Youssef 6.7
Moualine el Ghaba 3.1 B. Slimane 3.1
Beni Yakhlef 8.6 Bouznika 7.9
Bouznika 4.3 Ben
Chellahat 10.2 Slimane 7.9
Cherrat 4.2
DR3 El Mansouria 9.6
Sidi Moussa 7.6
Majdoub
Ouled Gouaouche 2.8 Bejaad 9.3
Tachrafte 122.9
El Gfaf 5.7 Boujniba 5.7
Boulanouar 2.3 Hattane 2.4
M'fassis 2.5 Khouribga 3.5
Ouled Azzouz 2.4
Ouled Abdoune 2.2 Khouribga 2.2
Ouled Iyich 3.2 Ouled Zem 2.5
Ouled Youssef 6.6
Sidi el Mekki 17.1 Berrechid 17.1
A. Nezzagh 27.8 Settat 27.8 Settat 23.3
Sidi Dahbi 8.0 Sidi Dahbi 8.0
Rapport d’évaluation des interventions de l’ONEP en milieu rural 91

Tableau 1 – Consommation des bornes fontaines par commune, centre et province (suite)
Consommatio Consommatio Consom-
Direction n moyenne n moyenne Province ou mation
régionale Commune journalière en Centres mixtes journalière en Préfecture moyenne
l/hab./j ONEP l/hab./j journalière
en l/hab./j
AIT YADINE 6.1
DR4 BAHRAOUI 12.5 Khemisset 12.6
S,Y,ZAERS 13.3
DR5 Ait Kamra 2.5 Ait Kamra 2.5
Ait Youssef ou Ali 7.2 Ait Youssef ou Ali 7.2 Al Houceima
Izemouren 4.2 Izemouren 4.2 3.8
Sidi Bourmim 15.1 Sidi Bourmim 15.1
Aghb. Akorar 50.8 Aghb. Akorar 50.8 Fes el Medina
Ain Beida 9.7 Ain Beida 9.7 13.5
Ain Kansara 14.9 Ain Kansara 14.9
Ouled Tayeb 15.9 Ouled tayeb 15.9 Fes Jdid Dar
Dbibagh 15.9
Aghb. Akorar 16.9 Aghb. Akorar 16.9 Sefrou 18.5
B. Ahmeb 33.4 Sidi Youssef 33.4
Ain Legdah 22.8 Ain Legdah 10.5
Messassa 6.3
Outa Bouabane 4.3
S.M.B. Lahcen 3.0
Beni Snouss 11.6 Karia 9.6
Braness 25.2 Taounate 9.4
Cu Karia 7.5
Cr Matmata 21.6 Matmata 21.6
Beni Snouss 8.0 M'Kansa 7.8
M'Kansa 7.8
Cr Matmata 6.9 Tahla 6.9
Ain Bouali 65.6 My Yacoub 14.6
Laajajra 13.2
Mikkes 28.3
Sbaa Rouadi 16.8 Z. My Yacoub
Sebt Loudaia 8.7 15.0
Sidi Daoud 3.6
Ain Chkef 16.3 Ras el Ma 16.6
Cu Zouagha 34.5
DR6 CR Ahgbal 17.5 Aghbal 17.2
CR Laatamna 16.7
CR Fezouane 9.4 Ain Reggada 9.4
CR Zegzel 0.9 Bouhdila 0.9 Berkane 10.7
CR Ahgbal 19.9 Laatamna 20.8
CR Laatamna 21.1
CR Madagh 1.9 Ouled Mansour 1.9
CR Boubker 15.4 Boubker 18.2 Jerada 18.2
CR Tiouli 27.8
CR Bni Bouifrour 6.3 Jaadar 6.3
CR Arekmane 17.2 K.Arekmane 17.2
CR Selouane 11.6 Selouane 11.6 Nador 10.1
CR Taouima 6.2 Taouima 6.2
92

Tableau 1 – Consommation des bornes fontaines par commune, centre et province (suite)
Consommatio Consommation Consommation
Direction n moyenne moyenne Province moyenne
régionale Comune journalière en Centres mixtes journalière en ou journalière en
l/hab./j ONEP l/hab./j Préfecture l/hab./j
Laksir 5.3 A. Taoudjate 5
A Harz Allah 8.1 S. Aioune 2 El Hajeb 2.7
A. Boubidmane 0.5
Sidi Slimane 1.7 Boufekrane 1.7
Charkaoua 12.8 Charkaoua 12.8
M'Ghassyne 15.8 M'Ghassyne 18.1 El Menzah 16.6
N'Zalat 19.2
Oualili 68.8 My Driss 50.9
Si El Khayate 16.3
N'Zalat 9.8 N'Zalat 9.8
Aoufous 11.0 Aoufous 11.0
El Kheng 12.5 El Kheng 12.5
Ghriss Essoufli 1.0 Goulmima 0.7
DR7 Ghriss Ouloui 0.6
Gourrama 7.6 Gourrama 7.6
Rissani 1.5 P.Tafilalet 2.2
Sfalate 2.1 Errachidia 2.4
Aarab Sabbah 2.8
B. Med 1.8
Sigilmassa
Ferkla Oulia 1.8 Tinjdad 1.8
Aoufous 0.9 V. Ziz 1.2
El Kheng 1.9
Mdaghra 1.0
Rteb 1.3
Ain Leuh 14.8 Ain Leuh 14.8 Ifrane 18.8
B. Smime 20.9 Azrou 20.9
Ait Izdeg 10.7 Boumia 17.2
Boumia 20.9
Midelt 19.0
Zayani 26.6 CR MH Z 26.6
CR.M.H Zay 9.3 Khenifra 9.3 Khenifra 21.6
Tounfit 16.4 Tounfit 16.4
Moha ou 42.2 Amalou 42.2
Hamou 34.2 Ighriben 34.2
M,Bouazza 9.2 M,Bouazza 9.2
Rapport d’évaluation des interventions de l’ONEP en milieu rural 93

Tableau 2 - Effectif des douars programmés, retenus et éliminés


Douars
PROJET Douars retenus Ecartés
programmés
A- PROJETS DONT LA REALISATION EST ACHEVEE
AEP de 4 douars à/p add. Agadir 6 4 2
AEP du douar Tadouart 1 1 0
AEP de 3 douars à/p rés. Ait Baha 3 3 0
AEP du douar Mchguigla 1 1 0
AEP de 2 douars à/p add. Guelmim Tantan 2 1 1
AEP de 30 douars à/p add. Tiznit Sidi Ifni 30 30 0
AEP de 5 douars à/p add. Demnate 5 5 0
AEP de 7 douars à/p nouvelle add. El K. Sraghna 7 7 0
AEP de 26 douars à/p add. Demnate 34 26 8
AEP de 2 douars de Beni Mellal à/p O.Abdellah 2 2 0
AEP de 3 douars de Settat à/p add. O. Abdellah 5 3 2
AEP du douar Tnine Nterha à/p add. Kansera 1 1 0
AEP de 7 douars d'Aghbalou Akorar 7 7 0
AEP de 2 douars à/p rés. de Zaouiat Aoufous 12 2 10
AEP de 3 douars à/p rés. Boudnib 3 3 0
AEP de 6 douars d'Amalou Ighriben 6 6 0
SOUS TOTAL A 125 102 23
B- PROJETS DONT LA REALISATION EST EN COURS
AEP de Tnine Ghiate et 39 douars 39 39 0
AEP de 18 douars de la Côte Atlantique 18 18 0
AEP de 16 douars à/p add O. Abdellah 16 16 0
AEP de 14 douars de Khouribga 14 13 1
AEP de 24 douars à/p add Daourat-Berrechid 24 24 0
AEP de 4 douars à/p add. Belksiri - 2.tranche 9 4 5
AEP de 13 douars à/p add Khemisset 73 10 63
AEP de 9 douars à/p add Belksiri 9 9 0
AEP de 7 douars à/p add. Tihili 34 7 27
AEP de 7 douars de Tafilalet 7 7 0
AEP de 3 douars à/p rés. Oued Jdida 3 3 0
SOUS TOTAL B 246 150 96
Total général (A+B) 371 252 119

Tableau 3 - Echéancier et taux de collecte par projet

Durée de
Date de Taux
Date de fin de la
Province Projet début de actuel de
collecte collecte
collecte collecte
en mois
AGADIR AEP de 4 douars à/p add. Agadir 14.07.97 Mars 99 100% 20
AGADIR AEP du douar Tadouart 23.03.98 Mars 99 100% 6
CH. AIT BAHA AEP de 3 douars à/p rés. Ait Baha 04.04.97 Mars 99 100% 5
CH. AIT BAHA AEP du douar Mchguigla Mars 99 100% 27
Guelmim-TanTan AEP de 2 douars à/p add. Guelmim Tantan 14.04.97 Juin 97 100% 2
TIZNIT AEP de 30 douars à/p add. Tiznit Sidi Ifni 22.07.96 Décembre 97 94% 17
K.D. SRAGHNA AEP de 5 douars à/p add. Demnate 14.06.96 Juin 99 94% 12
K.D. SRAGHNA AEP de 7 douars à/p nouvelle add. El K. 24.12.96 Décembre 97 100% 12
Sraghna
AZILAL AEP de 26 douars à/p add. Demnate 29.06.96 Mars 98 100% 21
BENI MELLAL AEP de 2 douars de Beni Mellal à/p 12.07.96 Mars 97 100% 9
O.Abdellah
SETTAT AEP de 3 douars de Settat à/p add. O. 11.07.96 Juin 98 97% 24
Abdellah
KHEMISSET AEP du douar Tnine Nterha à/p add. 09.09.96 Décembre 96 100% 2
Kansera
SEFROU AEP de 7 douars d'Aghbalou Akorar 23.04.97 Mars 98 100% 11
ERRACHIDIA AEP de 2 douars à/p rés. de Zaouiat 15.09.96 Mars 99 100% 30
Aoufous
ERRACHIDIA AEP de 3 douars à/p rés. Boudnib 15.09.96 Mars 99 100% 30
KHENIFRA AEP de 6 douars d'Amalou Ighriben 30.09.96 Juin 98 100% 21
94

SAFI AEP de Tnine Ghiate et 39 douars 28.12.98 Mars 99 90% 6


BEN SLIMAN AEP de 18 douars de la Côte Atlantique 09.11.98 Juin 99 93% 3
KHOURIBGA AEP de 16 douars à/p add O. Abdellah 15.07.96 Juin 99 90% 23
KHOURIBGA AEP de 14 douars de Khouribga 28.04.97 Septembre 98 100% 23
SETTAT AEP de 24 douars à/p add Daourat- Septembre 98 89% 21
Berrechid
KENITRA AEP de 4 douars à/p add. Belksiri - 19.08.96 Mars 99 100% 31
2.tranche
KHEMISSET AEP de 13 douars à/p add Khemisset 09.09.96 Déctembre 97 90% 21
SIDI KACEM AEP de 9 douars à/p add Belksiri 19.08.96 Mars 99 96% 31
SIDI KACEM AEP de 7 douars à/p add. Tihili 30.07.97 Mars 99 100% 20
ERRACHIDIA AEP de 7 douars de Tafilalet - - 100% ?
MEKNES AEP de 3 douars à/p rés. Oued Jdida 16.09.96 Juin 99 92% 30

Tableau 4 - Coût , part de la population et délai de réalisation des projets


Pourcentage
COUT TTC Part de la Fin des Début des
PROJET de la part de
en 1000 Dh population travaux travaux
la population
A- PROJETS DONT LA REALISATION EST ACHEVEE
AEP de 4 douars à/p add. Agadir 2 092 242 000 11,6 juin-98 août-99
AEP du douar Tadouart 827 57 500 7,0 janv-99 août-99
AEP de 3 douars à/p rés. Ait Baha 525 32 800 6,2 juin-98 juil-99
AEP du douar Mchguigla 827 37 000 4,5 janv-99 août-99
AEP de 2 douars à/p add. Guelmim Tantan 872 60 000 6,9 juin-98 mars-99
AEP de 30 douars à/p add. Tiznit Sidi Ifni 9 995 956 500 9,6 mai-97 oct-98
AEP de 5 douars à/p add. Demnate 769 75 030 9,8 sept-97 oct-98
AEP de 7 douars à/p nouvelle add. El K. 1 371 131 550 9,6 avr-98 févr-99
Sraghna
AEP de 26 douars à/p add. Demnate 5 214 330 500 6,3 juil-97 déc-98
AEP de 2 douars de Beni Mellal à/p 720 81 750 11,4 sept-97 sept-98
O.Abdellah
AEP de 3 douars de Settat à/p add. O. 500 43 800 8,8 mai-97 juil-98
Abdellah
AEP du douar Tnine Nterha à/p add. Kansera 768 20 000 2,6 mai-97 août-97
AEP de 7 douars d'Aghbalou Akorar 3 145 213 500 6,8 juin-98 févr-99
AEP de 2 douars à/p rés. de Zaouiat Aoufous 1 306 48 000 3,7 mars-98 nov-98
AEP de 3 douars à/p rés. Boudnib 1 104 90 900 8,2 mars-98 mars-99
AEP de 6 douars d'Amalou Ighriben 822 53 100 6,5 avr-98 oct-98
B- PROJETS DONT LA REALISATION EST EN COURS
AEP de Tnine Ghiate et 39 douars 38 000 1 044 000 2,7 août-99 juin-00
AEP de 18 douars de la Côte Atlantique 8 620 535 000 6,2 juil-99 avr-00
AEP de 16 douars à/p add O. Abdellah 5 256 282 000 5,4 mai-97 sept-99
AEP de 14 douars de Khouribga 5 000 190 000 3,8 févr-99 oct-99
AEP de 24 douars à/p add Daourat- 9 270 949 000 10,2 juin-98 sept-99
Berrechid
AEP de 4 douars à/p add. Belksiri - 2.tranche 1 898 41 400 2,2 août-99 févr-00
AEP de 13 douars à/p add Khemisset 4 940 205 000 4,2 avr-98 sept-99
AEP de 9 douars à/p add Belksiri 1 991 106 600 5,4 juil-97 sept-99
AEP de 7 douars à/p add. Tihili 1 612 118 500 7,4 mai-99 nov-99
AEP de 7 douars de Tafilalet 3 300 - août-99 sept-99
AEP de 3 douars à/p rés. Oued Jdida 907 122 500 13,5 avr-98 sept-99
C- PROJETS EN COURS DE MARCHE OU LANCEMENT DES AO
AEP de 10 douars à/p add. Guelmim-Tantan 8 500 - - févr-00 déc-00
AEP de 48 douars de Tiznit 18 000 - - févr-00 févr-01
AEP de 11 douars à/p add. Sidi Mokhtar 2 238 154 000 6,9 nov-99 juin-00
AEP de 2 douars à/p rés. Tahanaout 233 28 500 12,2 janv-00 juin-00
AEP de 6 douars à/p rés. d'Amzmiz 1 054 224 500 21,3 janv-00 sept-00
AEP de 11 douars à/p rés. Aït Ourir 1 125 88 500 7,9 janv-00 sept-00
AEP de 24 douars à/p add. Ben Guerir 6 890 364 500 5,3 oct-99 juin-00
AEP de 27 douars de la CR Oued Lakhdar 12 000 578 000 4,8 nov-99 nov-00
AEP de 7 douars de la Province de B. 1 800 - - nov-99 mars-00
Slimane
AEP de 6 douars de Fdalate 10 000 625 000 6,3 mars-00 déc-00
AEP de 4 douars de Ben Ahmed 617 56 500 9,2 déc-99 mars-00
Rapport d’évaluation des interventions de l’ONEP en milieu rural 95

AEP de 3 douars à/p rés. de Berrechid 1 508 126 500 8,4 janv-00 avr-00
AEP de 15 douars de Bouagba d'Ouezzane - 5 200 531 000 10,2 nov-99 août-00
1.tr.
AEP de 11 douars de la CR Selfat 3 385 171 000 5,1 déc-99 mai-00
AEP de 26 douars de Bouagba d'Ouezzane - 14 272 - - janv-00 déc-00
2.tr.
AEP de 44 douars de Guelmima-Tinjdad 34 000 1 698 200 5,0 oct-99 juil-00
AEP de 13 douars à/p add. Sidi Daoui 4 500 307 000 6,8 déc-99 juil-00
D- PROJETS EN PHASE DE SENSIBILISATION/COLLECTE
AEP de Larbaa Sahel et de 40 douars 16 000 - - mars-00 mars-01
AEP des douars à/p add. Daourat-El Jorf 23 180 - - juin-00 juin-01
(1ère tranche)
AEP de 14 douars d'El Gara à/p add. B. 2 023 226 000 11,2 févr-00 janv-01
Ahmed
AEP de 6 douars de la CR Sidi Hajjaj 1 183 139 500 11,8 févr-00 mai-00
AEP de Zaouit S.E. Mekki et douars à/p add. 10 182 126 500 1,2 févr-00 août-00
D.-Berrechid
AEP de 37 douars à/p add. Rommani 11 640 - - févr-00 déc-00
96

ANNEXE 4 – Analyse économique et financière

Tableau 1 - Compte produits - charges ONEP (milliers de Dh. prix courants).


1998 1997 1996 1995 1994
Total Produits d'exploitation 1,627,496 1,525,263 1,478,079 1,335,184 1,170,838
Ventes d'eau et de services 1,370,410 1,317,922 1,291,765 1,157,173 1,015,732
Variations des stocks et des produits
Immobilisations autoproduites 70,513 65,566 63,035 63,894 59,513
Subventions d'exploitation
Autres produits d'exploitation
Reprises d'exploitat. transf. et charges 186,573 141,775 123,279 114,117 95,593

Total charges d'exploitation 1,473,652 1,405,844 1,536,267 1,188,363 1,057,602


Achats consommés de matières et fournit. 324,545 326,341 347,082 322,110 296,045
Autres charges externes 210,657 217,255 208,679 217,670 198,998
Impôts et taxes 60,532 49,594 45,298 17,392 16,138
Charges du personnel 369,688 337,073 300,704 289,010 252,408
Autres charges d'exploitation 214 394 449 582 272
Dotations d'exploitation 508,016 475,187 634,055 341,599 293,741

Résultat d'exploitation 153,844 119,419 - 58,188 146,821 113,236

Total produits financiers 38,990 33,696 620,501 19,071 19,217


Produits des participat. et autre imm. - - -
Gains de change 5,530 3,972 2,835 232 1,082
Intérêts et autres prod. financiers 33,450 29,724 558,379 18,839 18,135
Reprises financ.: Transfères de charges 10 - 59,287

Total charges financières 138,587 145,431 152,728 218,794 236,410


Charges d’intérêt 121,917 106,564 105,687 168,173 191,542
Pertes de change 6,462 28,299 47,023 50,120 44,868
Autres charges financières -
Dotations financières 10,208 10,568 18 501

Résultat financier - 99,597 - 111,735 467,773 - 199,723 - 217,193


Résultat courant 54,247 7,684 409,585 - 52,902 - 103,957

Total produits non courants 20,548 12,764 12,185 43,209 28,886


Produits des cessions d'immob. 1,858 415 642 34 8,193
Subventions d'équilibre - -
Reprises sur subventions d'investissement - -
Autres produits non courants 12,430 10,667 8,736 4,923 9,035
Reprises non courantes 6,260 1,682 2,807 38,252 11,658

Total charges non courantes 159,814 141,658 150,903 171,497 3,187


Valeurs nettes d’amortis immob. cédées 1,663 505
Dotations pour invest./gérances
Autres charges non courantes 31,396 2,482 1,841 554 1,046
Dotations non courantes aux amortiss. 126,755 139,176 149,062 170,943 1,636

Résultat non courant - 139,266 - 128,894 - 138,718 - 128,288 25,699

Résultat avant impôts - 85,019 - 121,210 270,867 - 181,190 - 78,258


Impôts sur le résultat 3,893 3,719 3,666 3,256 2,903
Résultat net - 88,912 - 124,929 267,201 - 184,446 - 81,161
Rapport d’évaluation des interventions de l’ONEP en milieu rural 97

Tableau 2 - Compte Produits - Charges Gérances (millions de Dh. prix courants).


1998 1997 1996 1995 1994
a Produits d'exploitation 662 591 582 500 436
ventes d'eau et diverses 212 188 190 145 124
Taxes riveraines 36 36 35 35 31
Surtaxe pager 31
Surtaxe solidarité 383 367 357 320 281

b Charges d'exploitation 563 515 466 370 298


Achats d'eau par cession 102 95 94 84 55
Dotations d'exploitation 152 129 106 54 43
Tous autres charges d'expl. 309 291 266 232 200

Resultat d'exploitation 99 76 116 130 138

c Resultat financier 1 0 -4 0 -3
d=a-b+c Resultat courant 100 76 112 130 135

e Resultat non courant -99 -75 -111 -129 -134


Produits non courants 1 0 0 3 6
- Capitalisat.Excedent surtaxe solidarité 10 -17 116 140
- Capitalisat.Excedent surtaxe Pager 14
- Dotations derogatoires 76 92 111 16 0

f Impots 1 1 1 1 1

g=d+e-f Resultat net 0 0 0 0 0


98

Tableau 3 - Bilan ONEP: Actif. (milliers de Dh. prix courants).


1998 1997 1996 1995 1994

A Immobilisations en non valeurs 440,182 372,733 171,103 177,268


Amortissements et provisions - 256,748 - 180,212 - 106,477 - 86,560
Immobilisations en non valeurs nettes 183,434 192,521 64,626 90,708 -

B Immobilisations incorporelles 272,012 268,861 257,597 250,770


Amortissements et provisions - 113,615 - 96,667 - 80,879 - 66,017
Immobilisations incorporelles nettes 158,397 172,194 176,718 184,753 -

C Immobilisations Corporelles 13,851,045 12,865,695 11,969,508 10,803,068


Amortissements et provisions - 4,377,754 - 3,853,944 - 3,355,699 - 2,857,802
Immobilisations Corporelles nettes 9,473,291 9,011,751 8,613,809 7,945,266 -

D Immobilisations financières 1,152,095 1,129,921 1,070,830 956,395 -


Prêts immobilisés 445,016 413,762 412,229 361,003
Autres créances financières 692,802 701,882 644,324 581,115
Titres de participation 14,277 14,277 14,277 14,277
Provisions - 10,000 - - -
Immobilisations financières nettes 1,142,095 1,129,921 1,070,830 956,395 -

E Ecarts de conversion Actif 44,417 61,035 50,477 109,244

Total immobilisations 15,759,751 14,698,245 13,519,515 12,296,745 -


Total amortissements et provisions - 4,758,117 - 4,130,823 - 3,543,055 - 3,010,379 -
Total immobilisations nettes 11,001,634 10,567,422 9,976,460 9,286,366 -

F Total Stocks 78,601 102,688 115,143 109,477 -


Matières et fournit. consommables 76,547 99,848 112,423 106,680
Produits en cours - 786 666 743
Produits intern. et prod.resid. 2,054 2,054 2,054 2,054
Produits finis - - -
Provisions - 2,075 - 2,149 - 2,369 - 2,390
Total Stocks nets 76,526 100,539 112,774 107,087 -

G Total créances de l'actif circulant 1,668,437 1,702,945 1,767,305 1,708,535 -


Fournisseur, débiteurs, Avces et Acpte 107 122 14 15
Clients et comptes rattaches 1,344,738 1,336,116 1,394,838 1,345,556
Personnel 12,931 9,297 10,389 11,205
Etat 70,036 56,449 54,421 55,689
Autres débiteurs 229,445 285,161 296,123 269,081
Comptes de régularisation actif 11,180 15,800 11,520 26,989
Provisions - 271,660 - 266,721 - 256,076 - 187,811
Total créances de l'actif circulant nets 1,396,777 1,436,224 1,511,229 1,520,724 -

H Titres et valeurs de placement 12,000 18,000 - -


I Ecarts de conversion actif 97 10 - 501

Total activités semi - liquides (F+G+H+I) 1,759,135 1,823,643 1,882,448 1,818,513 -


Total provisions - 273,735 - 268,870 - 258,445 - 190,201 -
Tot. activités semi - liquides nettes 2,032,870 2,092,513 2,140,893 2,008,714 -

J Total trésorerie - actif 965,232 851,503 874,394 622,779 -


Cheques et valeurs à encaisser 32,461 39,321 40,276 33,507
Banques, TG et CP 467,503 171,558 117,035 200,244
Caisse, Régies d'avance et accred. 1,487 345 831 639
Vignettes 463,781 640,279 716,252 388,389

Total actif 18,484,118 17,373,391 16,276,357 14,738,037 -


Total amortissements et provisions - 5,031,852 - 4,399,693 - 3,801,500 - 3,200,580 -
Total actif net 13,452,266 12,973,698 12,474,857 11,537,457 -

Note: les données de l’actif du bilan 1994 n’étaient pas disponibles au moment de la rédaction.
Rapport d’évaluation des interventions de l’ONEP en milieu rural 99

Tableau 4 - Bilan ONEP: Passif (milliers de Dh. prix courants).

1998 1997 1996 1995 1994


A Total capitaux propres 7,362,009 7,190,464 7,179,888 5,486,231 5,146,780
Capital social ou personnel 7,343,440 7,153,884 7,044,830 5,694,488 5,327,803
Ecarts de réévaluation 136,481 136,481 136,481 136,481 136,481
autres réserves 1,000,407 929,506 903,055 826,941 669,728
Report à nouveau - 1,029,407 - 904,478 - 1,171,679 - 987,233 - 906,071
Résultat net de l'exercice - 88,912 - 124,929 267,201 - 184,446 - 81,161

B Total capitaux propres assimilés 851,778 654,577 425,819 275,130 142,310


Subventions d'investissement - - - -
Provisions réglementées 851,778 654,577 425,819 275,130 142,310

C Total Dettes de financement 2,737,028 2,487,884 2,140,807 1,932,009 1,676,370

D Provisions durables pour risques et charges 249,572 266,190 209,532 109,566 87,681
Provisions pour risques 44,417 61,035 50,477 109,244 87,359
Provisions pour charges 205,155 205,155 159,055 322 322

E Ecarts de conversion passif 40,628 77,699 60,228 37,645 -


Augmentation des créances immobilisées 0 - -
Diminution des dettes de financement 40,628 77,699 60,228 37,645

Total sources à longue terme (A+…+E) 11,241,015 10,676,814 10,016,274 7,840,581 7,053,141

F Dettes du passif circulant 1,546,214 1,655,892 1,742,192 3,695,311 3,270,374


Fournisseurs et comptes rattaches 544,672 621,000 689,122 776,853 477,707
Clients créditeurs , avances et acomptes 102,295 83,843 71,561 57,441 40,186
Personnel 54,772 49,766 53,531 53,905 46,251
Organismes sociaux 31,979 30,364 28,105 32,900 84,434
Etat 217,788 199,653 198,942 591,159 539,827
Autres créanciers 544,488 561,190 508,428 436,911 563,558
Comptes de régularisation passif 50,220 110,076 192,503 1,746,142 1,518,411

G Autres provisions pour risques et charges 97 10 - 501 -


H Ecarts conversion passif (Eléments circ.) 124 703 139 1,064 -

Total Passif circulant (sauf trésorerie) 1,546,435 1,656,605 1,742,331 3,696,876 3,270,374

I Trésorerie passif 664,816 640,279 716,252 - -


Banques (soldes créditeurs) 201,035 - -
Vignettes 463,781 640,279 716,252

Total Capitaux propres et passif 13,452,266 12,973,698 12,474,857 11,537,457 10,323,515


100

Tableau 5 - Bilan ONEP: Actif. Variations (milliers de Dh. prix courants).

98-97 97-96 96-95

A Immobilisations en non valeurs 67,449 201,630 - 6,165


Amortissements et provisions - 76,536 - 73,735 - 19,917
Immobilisations en non valeurs nettes - 9,087 127,895 - 26,082

B Immobilisations incorporelles 3,151 11,264 6,827


Amortissements et provisions - 16,948 - 15,788 - 14,862
Immobilisations incorporelles nettes - 13,797 - 4,524 - 8,035

C Immobilisations Corporelles 985,350 896,187 1,166,440


Amortissements et provisions - 523,810 - 498,245 - 497,897
Immobilisations Corporelles nettes 461,540 397,942 668,543

D Immobilisations financières 22,174 59,091 114,435


Prêts immobilisés 31,254 1,533 51,226
Autres créances financières - 9,080 57,558 63,209
Titres de participation - - -
Provisions - 10,000 - -
Immobilisations financières nettes 12,174 59,091 114,435

E Ecarts de conversion Actif - 16,618 10,558 - 58,767

Total immobilisations 1,061,506 1,178,730 1,222,770


Total amortissements et provisions - 627,294 - 587,768 - 532,676
Total immobilisations nettes 434,212 590,962 690,094

F Total Stocks - 24,087 - 12,455 5,666


Matières et fournit. consommables - 23,301 - 12,575 5,743
Produits en cours - 786 120 - 77
Produits intern. et prod.resid. - - -
Produits finis - - -
Provisions 74 220 21
Total Stocks nets - 24,013 - 12,235 5,687

G Total créances de l'actif circulant - 34,508 - 64,360 58,770


Fournisseur, débiteurs, Avces et Acpte - 15 108 - 1
Clients et comptes rattaches 8,622 - 58,722 49,282
Personnel 3,634 - 1,092 - 816
Etat 13,587 2,028 - 1,268
Autres débiteurs - 55,716 - 10,962 27,042
Comptes de régularisation actif - 4,620 4,280 - 15,469
Provisions - 4,939 - 10,645 - 68,265
Total créances de l'actif circulant nets - 39,447 - 75,005 - 9,495

H Titres et valeurs de placement - 6,000 18,000 -


I Ecarts de conversion actif 87 10 - 501

Total activités semi - liquides (F+G+H+I) - 64,508 - 58,805 63,935


Total provisions - 4,865 - 10,425 - 68,244
Tot. activités semi - liquides nettes - 59,643 - 48,380 132,179

J Total trésorerie - actif 113,729 - 22,891 251,615


Cheques et valeurs à encaisser - 6,860 - 955 6,769
Banques, TG et CP 295,945 54,523 - 83,209
Caisse, Régies d'avance et accred. 1,142 - 486 192
Vignettes - 176,498 - 75,973 327,863

Total actif 1,110,727 1,097,034 1,538,320


Total amortissements et provisions - 632,159 - 598,193 - 600,920
Total actif net 478,568 498,841 937,400
Rapport d’évaluation des interventions de l’ONEP en milieu rural 101

Tableau 6 - Bilan ONEP : Passif. Variations (milliers de Dh. prix courants).

98-97 97-96 96-65


A Total capitaux propres 171,545 10,576 1,693,657
Capital social ou personnel 189,556 109,054 1,350,342
Ecarts de réévaluation - - -
autres réserves 70,901 26,451 76,114
Report à nouveau - 124,929 267,201 - 184,446
Résultat net de l'exercice 36,017 - 392,130 451,647

B Total capitaux propres assimilés 197,201 228,758 150,689


Subventions d'investissement - - -
Provisions réglementées 197,201 228,758 150,689

C Total Dettes de financement 249,144 347,077 208,798

D Provisions durables pour risques et charges


- 16,618 56,658 99,966
Provisions pour risques - 16,618 10,558 - 58,767
Provisions pour charges - 46,100 158,733

E Ecarts de conversion passif - 37,071 17,471 22,583


Augmentation des créances immobilisées - - -
Diminution des dettes de financement - 37,071 17,471 22,583

Total sources à longue terme (A+…+E) 564,201 660,540 2,175,693

F Dettes du passif circulant - 109,678 - 86,300 - 1,953,119


Fournisseurs et comptes rattaches - 76,328 - 68,122 - 87,731
Clients créditeurs , avances et acomptes 18,452 12,282 14,120
Personnel 5,006 - 3,765 - 374
Organismes sociaux 1,615 2,259 - 4,795
Etat 18,135 711 - 392,217
Autres créanciers - 16,702 52,762 71,517
Comptes de régularisation passif - 59,856 - 82,427 - 1,553,639

G Autres provisions pour risques et charges 87 10 - 501


H Ecarts conversion passif (Eléments circ.) - 579 564 - 925

Total Passif circulant (sauf trésorerie) - 110,170 - 85,726 - 1,954,545


- - -
I Trésorerie passif 24,537 - 75,973 716,252
Banques (soldes créditeurs) 201,035 - -
Vignettes - 176,498 - 75,973 716,252

Total Capitaux propres et passif 478,568 498,841 937,400


102

Tableau 7 - Bilan ONEP: Actif. Sources et Emplois (milliers de Dh. prix courants).

A.1998 A.1997 A.1996


Sources Emplois Sources Emplois Sources Emplois
A Immobilisations en non valeurs 67,449 201,630 6,165
Amortissements et provisions
Immobilisations en non valeurs nettes

B Immobilisations incorporelles 3,151 11,264 6,827


Amortissements et provisions
Immobilisations incorporelles nettes

C Immobilisations Corporelles 985,350 896,187 1,166,440


Amortissements et provisions
Immobilisations Corporelles nettes

D Immobilisations financières 22,174 59,091 114,435


Prêts immobilisés 31,254 1,533 51,226
Autres créances financières 9,080 57,558 63,209
Titres de participation
Provisions
Immobilisations financières nettes

E Ecarts de conversion Actif 16,618 10,558 58,767

Total immobilisations 1,061,506 1,178,730 1,222,770


Total amortissements et provisions
Total immobilisations nettes

F Total Stocks 24,087 12,455 5,666


Matières et fournit. consommables 23,301 12,575 5,743
Produits en cours 786 120 77
Produits intern. et prod.resid.
Produits finis
Provisions
Total Stocks nets

G Total créances de l'actif circulant 34,508 64,360 58,770


Fournisseur, débiteurs, Avces et Acpte 15 108 1
Clients et comptes rattaches 8,622 58,722 49,282
Personnel 3,634 1,092 816
Etat 13,587 2,028 1,268
Autres débiteurs 55,716 10,962 27,042
Comptes de régularisation actif 4,620 4,280 15,469
Provisions
Total créances de l'actif circulant nets

H Titres et valeurs de placement 6,000 18,000


I Ecarts de conversion actif 87 10 501

Total activités semi - liquides (F+G+H+I) 64,508 58,805 63,935


Total provisions
Tot. activités semi - liquides nettes

J Total trésorerie - actif 113,729 22,891 251,615


Cheques et valeurs à encaisser 6,860 955 6,769
Banques, TG et CP 295,945 54,523 83,209
Caisse, Régies d'avance et accred. 1,142 486 192
Vignettes 176,498 75,973 327,863

Total actif 1,110,727 1,097,034 1,538,320


Total amortissements et provisions
Total actif net
Rapport d’évaluation des interventions de l’ONEP en milieu rural 103

Tableau 8 - Bilan ONEP: Passif. Sources et Emplois (milliers de Dh. prix courants).

A.1998 A.1997 A.1996


Sources Emplois Sources Emplois Sources Emplois
A Total capitaux propres 171,545 10,576 1,693,657
Capital social ou personnel 189,556 109,054 1,350,342
Ecarts de réévaluation
autres réserves 70,901 26,451 76,114
Report à nouveau 124,929 267,201 184,446
Résultat net de l'exercice 36,017 392,130 451,647

B Total capitaux propres assimilés 197,201 228,758 150,689


Subventions d'investissement
Provisions réglementées 197,201 228,758

C Total Dettes de financement 249,144 347,077 208,798

D Provisions durables pour risques et charges 16,618 56,658 99,966


Provisions pour risques 16,618 10,558 58,767
Provisions pour charges 46,100 158,733

E Ecarts de conversion passif 37,071 17,471 22,583


Augmentation des créances immobilisées
Diminution des dettes de financement 37,071 17,471 22,583

Total sources à longue terme (A+…+E) 564,201 660,540 2,175,693

F Dettes du passif circulant 109,678 86,300 1,953,119


Fournisseurs et comptes rattaches 76,328 68,122 87,731
Clients créditeurs , avances et acomptes 18,452 12,282 14,120
Personnel 5,006 3,765 374
Organismes sociaux 1,615 2,259 4,795
Etat 18,135 711 392,217
Autres créanciers 16,702 52,762 71,517
Comptes de régularisation passif 59,856 82,427 1,553,639

G Autres provisions pour risques et charges 87 10 501


H Ecarts conversion passif (Eléments circ.) 579 564 925

Total Passif circulant (sauf trésorerie) 110,170 85,726 1,954,545

I Trésorerie passif 24,537 75,973 716,252


Banques (soldes créditeurs) 201,035
Vignettes 176,498 75,973 716,252

Total Capitaux propres et passif 478,568 498,841 937,400


104

Tableau 9 - Classement “Rural /Urbain” des Gérances par région. année 1998.
total Urbain Rural douars Urbain >30 Urbain < 30
Dir. 1. SUD
nombre de gérances 31 19 9 3 3 16
population (milliers d'hab.) 381.4 332.0 49.3 n.d. 184.1 147.9
Volume (millions m3) 6.271 n.d. n.d. n.d. 3.0 n.d.
Résultat d'ex.(MDh) -35.7 -33.4 -2.2 -0.1 -15.5 -17.9
Résultat par hab.(Dh/hab) -93.6 -100.6 -44.6 n.d. -84.2 -121.0
Résultat par m3 (Dh/m3) -5.7 n.d. n.d. n.d. -5.2 n.d.

Dir. 2. TENSIFT
nombre de gérances 39 14 23 2 3 11
population (milliers d'hab.) 386.6 273.3 113.3 n.d. 163.5 109.8
Volume (millions m3) 6.55 n.d. n.d. n.d. 3.3
Résultat d'ex.(MDh) -33.3 -19.5 -13.9 0.1 -14.6 -4.9
Résultat par hab.(Dh/hab) -86.1 -71.4 -122.7 n.d. -89.3 -44.6
Résultat par m3 (Dh/m3) -5.1 n.d. n.d. n.d. -4.4 n.d.

Dir.3: CENTRE
nombre de gérances 13 10 3 0 1 9
population (milliers d'hab.) 273.3 266.5 6.7 - 169.1 97.4
Volume (millions m3) 5.8 n.d. n.d. 0 3.6 n.d.
Résultat d'ex.(MDh) -22.8 -22 -0.8 0 -12.2 -9.8
Résultat par hab.(Dh/hab) -83.4 -82.5 -118.8 n.d. -72.1 -100.6
Résultat par m3 (Dh/m3) -3.9 n.d. n.d. n.d. -3.4 n.d.

Dir.4: NORD-OUEST
nombre de gérances 24 5 19 0 1 4
population (milliers d'hab.) 131.7 56.4 75.3 - 33.0 23.4
Volume (millions m3) 2.3 n.d. n.d. 0.0 1.0 n.d.
Résultat d'ex.(MDh) -12.7 -3.5 -9.2 0 -1.3 -2.2
Résultat par hab.(Dh/hab) -96.4 -62.0 -122.2 n.d. -39.4 -93.9
Résultat par m3 (Dh/m3) -5.4 n.d. n.d. n.d. -1.3 n.d.

Dir.5: CENTRE
nombre de gérances 34 11 17 6 2 9
population (milliers d'hab.) 234.1 179.1 55.0 n.d. 89.8 89.3
Volume (millions m3) 5.0 n.d. n.d. n.d. 2.5 n.d.
Résultat d'ex.(MDh) -38.8 -24.4 -13.9 -0.5 -10.2 -14.2
Résultat par hab.(Dh/hab) -165.7 -136.3 -252.5 n.d. -113.6 -159.1
Résultat par m3 (Dh/m3) -7.7 n.d. n.d. n.d. -4.1 n.d.

Dir.6: ORIENTALE
nombre de gérances 24 13 11 0 3 10
population (milliers d'hab.) 299.6 294.9 4.7 - 124.9 170.0
Volume (millions m3) 6.0 n.d. n.d. 0.0 2.2 n.d.
Résultat d'ex.(MDh) -21.1 -17.5 -3.6 0 -10.3 -7.2
Résultat par hab.(Dh/hab) -70.4 -59.3 -766.3 n.d. -82.5 -42.4
Résultat par m3 (Dh/m3) -3.5 n.d. n.d. n.d. -4.6 n.d.

Dir.7: CENTRE
nombre de gérances 24 16 6 2 1 15
population (milliers d'hab.) 225.3 190.8 34.5 n.d. 28.8 162.0
Volume (millions m3) 4.5 n.d. n.d. n.d. 0.5 n.d.
Résultat d'ex.(MDh) -18.0 -19.6 0.3 1.3 -5.4 -14.2
Résultat par hab.(Dh/hab) -79.9 -102.7 8.7 n.d. -187.2 -87.7
Résultat par m3 (Dh/m3) -4.0 n.d. n.d. n.d. -11.0 n.d.

Dir. 8. SAHARA
nombre de gérances 6 5 1 0 3 2
population (milliers d'hab.) 240.7 239.2 1.4 - 217.5 21.8
Volume (millions m3) 5.2 n.d. n.d. 0.0 4.9 n.d.
Résultat d'ex.(MDh) -116.5 -116.1 -0.4 0 -93.1 -23
Résultat par hab.(Dh/hab) -484.1 -485.3 -283.7 n.d. -428.1 -1056.5
Résultat par m3 (Dh/m3) -22.5 n.d. n.d. n.d. -19.1 n.d.
Rapport d’évaluation des interventions de l’ONEP en milieu rural 105
106

ANNEXE 5 – Etudes et documents consultés

1. AEP de Lakhsass et localités avoisinant l’adduction. Note technique. EWI Juillet 1997
2. AEP des douars avoisinant l’adduction de Bouagba. DEA- EWI. Juin 1997
3. AEP des douars riverains de l’adduction Khémisset – Tiflet.APS et APD. DR4- EWI. 1995/1997.
4. AEP des douars et centres ruraux à partir de l’adduction Tiznit-Ifni. APS. DE- EWI. Avril 1995.
5. AEP des douars riverains de l’adduction de Rommani 2 ème tranche. Etude technique. DR4- CERH
Novembre 1998.
6. AEP des douars de la commune rurale de l’oued Lakhdar. Etude technique. DR2- SIERD Mars
1999.
7. AEP de la zone du Loukkos à partir du barrage Oued Makhazine. APS douars et centres ruraux.
DEA- SCET MAROC Décembre 1997.
8. AEP des douars avoisinant l’adduction Youssoufia-Chemaïa APD. DEA- SCET MAROC Mai
1996.
9. AEP des populations rurales de la préfecture Zouagha Moulay Yacoub. Etude de factibilité DD-
CID Octobre 1996 et APD DR5- CID 1999.
10. ONEP-PNUD-BIRD Etude socio-économique du projet d’AEP des Zones Rurales de la vallée du
Ziz et de la plaine du Tafilalet volume 1: Rapport. 1993
11. ONEP-PNUD-BIRD Etude socio-économique du projet d’AEP des Zones Rurales de la vallée du
Ziz et de la plaine du Tafilalet volume 2: Enquete observation. 1993
12. ONEP-PNUD-BIRD Etude socio-économique du projet d’AEP des Zones Rurales de la vallée du
Ziz et de la plaine du Tafilalet volume 3: Documents d’enquête. 1993
13. ONEP Direction Nord-Ouest. Statistiques d’exploitation des bornes fontaines de la région nord-
ouest - exercice 98.
14. ONEP Direction Sud. Inventaire et Analyse de l’état de fonctionnement des bornes fontaines
existantes aux centres relevant de DR1 en 1998. Janvier 1999
15. ONEP Direction Centre. Document d’information sur les bornes fontaines existantes au niveau de la
région du centre . Exercice 1998. Avril 1999
16. ONEP Direction Centre Sud. Inventaire et état de fonctionnement des bornes fontaines relevant de
DR7 durant exercice 1998.
17. Royaume du Maroc. Sous commission eau potable et assainissement. Plan de développement
économique et social 1999-2003. Février 1999.
18. Royaume du Maroc. Ministère de l’intérieur. Direction Générale des collectivités locales. Direction
de l’eau et de l’assainissement. Schéma directeur national d’assainissement liquide. Projet
MOR/92/020. Mission 1. Sous mission 1.2. Analyse et diagnostic de la situation actuelle. Troisième
partie. Complément de recueil de donnés. Enquête en milieu rural. Avril 1998.
19. ONEP. Direction Planification et Développement. Département planification. Post Evaluation socio-
economique et sanitaire du projet AEP des agglomérations urbaines (5 centres) et rurales (21
douars) à partir de l’adduction régionale Tiznit - sidi Ifni. Avril 1999.
20. ONEP. Direction Planification et Développement. Enquête socio-économique des populations
rurales riveraines de l’adduction de Nador et de l’antenne à réaliser pour l’AEP de l’axe Midar-
Driouch-Tistoutine (BADR études, Avril 1996).
21. ONEP. Direction Planification et Développement. AEP des populations rurales riveraines de la
future adduction régionale de TLAT LAKHSAS. Réalisation d’une enquête d’Identification des
douars à desservir par la future adduction. (BADR études, Janvier 1997).
22. ONEP. Direction Planification et Développement. AEP des populations rurales riveraines de l’oued
SEBOU (Zones Mograne et Sidi Allal Tazi). Réalisation d’une enquête d’Identification des douars à
desservir par de futur projets. (BADR études, Novembre 1997).
23. ONEP. Direction Planification et Développement. Etude génerale d’alimentation en eau potable des
populations rurales de la préfecture Zouaga Moulay Yacoub. (C.I.D., novembre 1995).
Rapport d’évaluation des interventions de l’ONEP en milieu rural 107

24. ONEP. Direction Planification et Développement. Cooperation Maroc-Union Européenne.


Alimentation en eau potable des douars limitrophes des installations de l’ONEP. Enquetes socio-
économiques. Rapport régions TENSIFT et Nord Ouest. (BADR Etudes, Juillet 1996).
108

ANNEXE 6 – Questionnaire soumis aux services régionaux de l’ONEP

Situation des projets achevés d'AEP rurale

Direction provinciale

Nom du Projet
Source de financement
Type d'habitat prédominant (Groupé/Dispersé/Eclaté)
Date étude socio-économique
Date étude technique
Date signature Convention de participation CR
Temps dédié à la sensibilisation
Date début collecte
Date fin collecte
Pourcentage collecté
Date achèvement des travaux
Nombre de douars prévus
Nombre de douars équipés
Population
Origine et date donnée population (Etude, recensement)
Coût projet TTC en 1000 Dh
Nombre de BF prévues
Nombre de BF réalisées
Nombre de BF fonctionnelles
Pourcentage de cas de recettes de GG < 1500 Dh/mois
Pourcentage de cas de recettes de GG > 3000 Dh/mois
Resources alternatives facilement mobilisables (O/N)
Consommation prévue en m3/jour
Consommation effective en m3/jour
Linéaire de conduite prévue en m
Linéaire de conduite posée en m
Commentaires (Degré de réussite, problèmes rencontrés et
causes…)

Situation des petits centres ruraux gérés par l'ONEP

Direction provinciale

Centre
Code
Type (Centre ONEP, Gérance)
Province
Population 94
Population estimée 99
Nombre d'abonnés BI
Nombre de BF
Date de prise en charge
Montant d'investissement réalisé
Coût d'exploitation (1998)
Coût d'entretien (1998)
Sous traitance à micro-entreprise
Volume produit (5 dernières années)
Volume facturé (5 dernières années)
Recettes vente d'eau
Taux de branchement (5 dernières années)
Rapport d’évaluation des interventions de l’ONEP en milieu rural 109

Commentaires (Problèmes rencontrés et causes)