Vous êtes sur la page 1sur 18

Revue

Construction

Métallique

CALCUL D’UNE PANNE Z ISOSTATIQUE


SOUS BAC ACIER, SANS LIERNES
par Y. Galéa

1 – INTRODUCTION

Cette note technique est un exemple d’application de l’Article 10.1 – Poutres maintenues
par des plaques – de la norme expérimentale française XP P 22-313 [1] à la vérification
de la résistance d’une panne isostatique à profil en Z à bords tombés fixée sous un bac
acier et sans liernes, lorsqu’elle est soumise à une charge uniforme soit descendante,
soit ascendante, en présence d’un effort normal de compression modéré. Le bac est
supposé avoir la rigidité et la résistance nécessaires pour admettre un maintien latéral
de la semelle connectée (pour un tel calcul, voir [2]). L’étendue de cet exercice a été
volontairement limitée à un cas très simple pour ne pas noyer le lecteur dans un entre-
lacs de considérations qui aurait été préjudiciable à la compréhension de procédures
déjà assez opaques. L’étude de cas plus complexes comme une panne en continuité sur
3 appuis avec ou sans emboîtement fera l’objet d’une publication ultérieure.

La méthodologie appliquée peut s’avérer pénalisante dans certains cas et iI peut être
utile de rappeler en préambule la Note annexée à l’Article 1.1(4)P dans le chapitre 1
« Généralités » qui mentionne :

« Dans le domaine des profilés et plaques formés à froid, on utilise couramment des
produits de série pour lesquels le dimensionnement par calcul peut ne pas conduire à
des solutions économiques, et il est donc souvent préférable d’utiliser le dimensionne-
ment assisté par des essais. Des méthodes d’essais adaptées sont données dans
l’Annexe A ».

L’Article 1.1(5), lui, stipule que « les méthodes de dimensionnement par calcul ne
s’appliquent que dans des gammes bien définies de caractéristiques de matériaux et de
proportions géométriques pour lesquelles on dispose d’une expérience suffisante et
d’une validation par essais ». À ce titre, un rappel des principales hypothèses à considé-
rer dans le calcul présenté ci-après est fait en début de note. Après une présentation des
données, les calculs sont développés pas-à-pas, en faisant référence aux articles concer-
nés de la norme expérimentale. Bien entendu, le lecteur aura pris soin de se munir de ce
document auparavant.

Y. GALÉA – Ingénieur au CTICM

CENTRE TECHNIQUE INDUSTRIEL Domaine de Saint-Paul, 78471 Saint-Rémy-lès-Chevreuse Cedex


Tél.: 01-30-85-25-00 - Télécopieur 01-30-52-75-38
DE LA CONSTRUCTION MÉTALLIQUE
Construction Métallique, n° 3-2003
28 Rubrique TECHNIQUE ET APPLICATIONS

2 – NOTATIONS

Les notations utilisées sont autant que possible celles de la XP P 22-313 [1].

Dimensions de section :

qFd b : largeur (hors-tout) de semelle


θ
c h : hauteur (hors-tout) de la section

b-a a c : hauteur (hors-tout) du bord tombé

2 t
t : épaisseur de la tôle

a : distance de la fixation au plan de l’âme


h
θ : angle du bord tombé

qFd : charge de calcul appliquée perpendicu-


lairement au bac :
c qFd,↓ : charge descendante
b qFd,↑ : charge ascendante

Fig. 1 – Dimensions de section

Remarque importante sur les axes

Les sections en Z ont la particularité, contrairement aux sections en C ou Σ, d’avoir des


axes principaux y-y et z-z décalés angulairement par rapport aux axes de référence u-u
et v-v (selon les notations de la XP P 22-313 [1]) – voir figure 2. Il y a bien entendu lieu
d’en tenir compte lorsqu’il s’agit d’étudier une panne Z isolée dont la section est alors
libre de tourner. Ici, la panne est fixée à un bac qui est supposé maintenir latéralement
la semelle supérieure et l’on peut considérer que les actions normales à la toiture (les
seules que l’on considère ici) « forcent » la panne à fléchir perpendiculairement au plan
du bac. Aussi, on admettra dans cet article les axes de la figure 2b, en confondant les 2
systèmes d’axes et en les prenant parallèles aux parois principales. Mais on gardera les
notations adoptées dans les formules de [1] pour ne pas dénaturer celles-ci et pour que
le lecteur s’y retrouve plus aisément. Ainsi, My,Sd et Weff,y seront en fait calculés par rap-
port à l’axe u-u.

z v v z

y
u u y y
u u
y

z v z
v
a) XP P 22-313 b) Dans cet article

Fig. 2 – Conventions d’axes

Construction Métallique, n° 3-2003


Rubrique TECHNIQUE ET APPLICATIONS 29

Conventions de signes

D’une manière générale les charges et sollicitations sont positives pour que cela soit
plus simple pour le lecteur. Les signes sont adaptés dans les formules pour tenir
compte du contexte, notamment dans les combinaisons de contraintes où ces dernières
sont comptées positives en compression et négatives en traction.

3 – LIMITES D’APPLICATION DE LA MÉTHODE – HYPOTHESES


3
On rappelle ci-après les limites d’application de la méthode telles qu’on peut les trouver
dans la norme expérimentale XP P 22-313 [1], les paragraphes concernés de la norme
étant indiqués en extrémité de ligne.

● Profilé à section en Z, C, Σ ou similaires (§10.1.1)


● Maintien latéral continu sur une semelle (ici supérieure) (§10.1.1)
● Bac/plaque nervurée en acier fixé en creux d’onde (1/1 ou 1/2),
dans la mesure où l’on a choisi ici de déterminer la rigidité
de maintien par le calcul (§10.1.1)
● Appuis bloqués en rotation longitudinale et translations
(appuis « à fourche ») (§10.1.1)
● 0,95mm  tcor  8mm (tcor : épaisseur du métal nu) (§3.1.3(1)P I)
● b/t  60 (Tableau 3.2)
● h/t  500 (Tableau 3.2)
● 0,2  c/b  0,6 (§3.4(4))
● Angle du bord tombé 45°  θ  135° (§4.3.2.1(2)P)
● Pour le calcul de la rigidité élastique en rotation CD (§10.1.5.2(7))
– Largeur de la plage du bac à laquelle est fixée la panne  120 mm
– Épaisseur nominale de métal nu du bac  0,66 mm
– Distance a ou (b-a) entre fixation et bord de semelle de contact  25 mm

Hypothèses spécifiques à l’exemple

● panne isostatique sans lierne.


● charges transmises uniquement par la couverture (pas d’éléments directement accro-
chés sous la panne).
● rigidité et résistance du bac suffisantes pour un maintien latéral de la semelle connec-
tée.
● effort normal de compression modéré. Le choix d’un effort normal modéré est imposé
ici par le fait que certaines parties de la procédure de calcul ne sont applicables
qu’avec cette hypothèse (voir en particulier §10.1.4.2(6)C de [1]), et que le 1/6e de hau-
teur d’âme rattachée à la semelle libre dans le modèle de calcul suppose cette âme en
flexion simple. Aucun critère réglementaire n’étant donné pour apprécier cet effort, on
pourra considérer ici à titre indicatif comme modéré un effort normal donnant dans la
semelle libre une contrainte inférieure à 10 % de la contrainte due à la seule flexion de
la panne.

Construction Métallique, n° 3-2003


30 Rubrique TECHNIQUE ET APPLICATIONS

● bord tombé pleinement efficace (des calculs spécifiques seraient à faire selon le §4.3.2
de la norme).
● arrondis négligés dans le calcul des propriétés de section (des corrections seraient à
apporter à certaines propriétés de sections conformément au §3.3.4(4)I de la norme).

Méthode générale de calcul appliquée

Parce qu’il n’a pas été choisi ici d’utiliser une analyse au second ordre pour vérifier la
résistance de la semelle libre comme le permet §10.1.2, les vérifications sont faites en
appliquant la méthode exposée en §10.1.3 et §10.1.4 pour tenir compte de la tendance
4 de cette semelle libre à se déplacer latéralement en la traitant comme une poutre sou-
mise à une charge latérale équivalente qh,Fd (voir figure 10.1 de [1]) issue de l’effet de la
flexion latérale et de la torsion du profil.

4. – DONNÉES DE L’EXEMPLE

4,1. – Panne

Panne isostatique
Longueur de la panne L=5m
Nombre de fixations par mètre linéaire de panne p=5
(fixation dans chaque creux d’onde).

4,2. – Dimensions de section (voir figure 1)

Remarque : Pour permettre leur emboîtement, les pannes Z possèdent souvent des
semelles de largeur très légèrement différentes. Par souci de simplification,
et parce que l’incidence d’une telle hypothèse est très minime sur les cal-
culs, on considèrera ici que les semelles ont la même largeur.

Épaisseur nominale tnom = 2 mm

Hauteur hors tout h = 200 mm

Largeur semelle supérieure b = 60 mm

Hauteur du bord tombé c = 18 mm

Angle du bord tombé θ = 90°

Distance fixation/âme a = 30 mm

Arrondis négligés dans cet exemple.

Construction Métallique, n° 3-2003


Rubrique TECHNIQUE ET APPLICATIONS 31

4,3. – Acier

Profilé réalisé par pliage à froid de tôles d’acier S350GD+Z275 galvanisé à chaud en
continu et conformes à la norme NF EN 10147, avec certificat de réception « 3.1.B »
conformément à la norme NF EN 10204 sur la tôle et le profilé (conditions du §2.2(3)PI
sur les tolérances supposées également satisfaites).

Limite d’élasticité de base fyb = 350 MPa (tableau 3.1)

Résistance à la traction fu = 420 MPa (tableau 3.1)

Module de Young E = 210 000 MPa


5
Coefficient de Poisson ν = 0,3
E
Module de cisaillement : G = G = 80 770 MPa
2 (l + ν)
Épaisseur du revêtement zinc (cumulée sur les 2 faces) trev = 0,04 mm (§3.1.3(5)I)

Épaisseur de métal nu tcor = tnom – trev tcor = 1,96 mm (§3.1.3(5)I)

Épaisseur de calcul t = tcor t = 1,96 mm (§3.1.3(4)I)

4,4. – Coefficients de sécurité

Compte tenu de la tôle utilisée pour former le profil (conditions du §2.2(3)PI satisfaites),
les coefficients de sécurité sont les suivants :

Relatif à la résistance en section γM0 = 1,0 (§2.2(3)PI)

Relatif aux instabilités γM1 = 1,0 (§2.2(3)PI)

Relatif aux vérifications d’état limite de service γM,ser = 1,0 (§2.3(3)P)

4,5. – Propriétés mécaniques de section brute du profil Z

Aire de section brute Ag = 6,82 cm2

Module élastique de section brute /yy Wel,y = 40,84 cm3

Inertie de flexion de section brute /uu Iu = 404,4 cm4

4,6. – Propriétés mécaniques de la « semelle libre + 1/6 de l’âme »

Inertie /zz Ifz = 11,04 cm4

Rayon giration /zz ifz = 2,284 cm

Module élastique /zz relatif au bord côté âme Wfz,a = 4,47 cm3

Module élastique /zz relatif au bord côté bord tombé Wfz,b = 3,32 cm3

Construction Métallique, n° 3-2003


32 Rubrique TECHNIQUE ET APPLICATIONS

4,7. – Charges sous la combinaison d’état limite ultime

Les charges exercées sous la combinaison d’état limite ultime la plus défavorable sont
(toutes valeurs positives) :

Charge descendante (normale à la toiture) qFd,↓ = 300 daN/m

Charge ascendante (normale à la toiture) qFd,↑ = 200 daN/m

Effort normal de compression NSd = 300 daN

6
4,8. – Charges sous la combinaison d’état limite de service

Les charges exercées sous la combinaison d’état limite de service la plus défavorable
sont (toutes valeurs positives) :

Charge descendante (normale à la toiture) q′Fd,↓ = 210 daN/m

Charge ascendante (normale à la toiture) q′Fd,↑ = 140 daN/m

4,9. – Propriétés mécaniques de section efficace

Paramètre de nuance d’acier : ε = 235


fyb
ε = 0,819

4,91. – Section en compression pure (§4.2(4))

L’élancement réduit se calcule par l’expression :

– bp / t
λp = (§4.2(4))
28,4ε

4,911. – Semelles comprimées

On rappelle qu’on suppose ici le bord tombé efficace (à vérifier selon § 4.3.2 de la
norme).

Largeur de paroi : bp = b – tnom bp = 58,0 mm (§3.3.4)

Coefficient de voilement (compression pure) : kσ = 4 (tableau 4.1)



D’où λp = 0,636  0,673

Donc pas de réduction des semelles

Construction Métallique, n° 3-2003


Rubrique TECHNIQUE ET APPLICATIONS 33

4,912. – Âme comprimée

Largeur de paroi : bp = h – tnom bp = 198,0 mm (§3.3.4)

Coefficient de voilement (compression pure) : kσ = 4 (tableau 4.1)



D’où λp = 2,171  0,673

Donc réduction de l’âme

Pour simplifier tout en se plaçant en sécurité, on admet ici que la paroi travaille à une
contrainte maximale égale fyb /γM1. Donc le coefficient de réduction de l’âme est obtenu
par : 7

λ – 0,22
ρ= p– ρ = 0,414 (§4.2(4))
λ2p

4,913. – Aire efficace de la section Z en compression

Aeff = Ag – (1 – ρ)t (h – tnom) Aeff = 4,55 cm2

4,92. – Section en flexion pure (§4.2(4))

4,921. – Semelle comprimée

On rappelle qu’on suppose ici le bord tombé efficace (à vérifier selon § 4.3.2 de la
norme).

Largeur de paroi : bp = b – tnom bp = 58,0 mm (§3.3.4)

Coefficient de voilement (compression pure) : kσ = 4 (tableau 4.1)



D’où λp = 0,636  0,673

Donc pas de réduction de la semelle

4,922. – Âme fléchie

Largeur de paroi : bp = h – tnom bp = 198,0 mm (§3.3.4)

Coefficient de voilement (flexion pure) : kσ = 23,9 (tableau 4.1)



D’où λp = 0,888  0,673

Donc réduction de l’âme

Pour simplifier tout en se plaçant en sécurité, on admet ici que la paroi travaille à une
contrainte maximale égale fyb /γM1. Donc le coefficient de réduction de l’âme est obtenu
par :

λ – 0,22
ρ= p– ρ = 0,847 (§4.2(4))
λ2p

Construction Métallique, n° 3-2003


34 Rubrique TECHNIQUE ET APPLICATIONS

4,923. – Propriétés de la section Z efficace en flexion pure

Le tableau 4.1 de la norme permet de calculer les largeurs efficaces de l’âme pour ψ = – 1 :

● Largeur be1 liée à la semelle comprimée :


be1 = 0,4 ρ (h – tnom)/2 be1 = 33,5 mm (tableau 4.1)

● Largeur be2 liée à l’axe neutre :


be2 = 0,6 ρ (h – tnom)/2 be2 = 50,3 mm

● Les semelles restent pleinement efficaces.


8 Le calcul (non détaillé ici) des propriétés de section efficace donne :

Inertie de flexion de section efficace /uu Iu,eff = 393,9 cm4

Module élastique efficace en flexion /yy –


Semelle comprimée Weff,y,c = 38,75 cm3

Module élastique efficace en flexion /yy –


Semelle tendue Weff,y,t = 40,88 cm3

Selon le sens de la charge et la semelle étudiée, c’est l’une ou l’autre valeur de Weff,y qui
sera utilisée dans les critères de vérification de résistance.

4,10. – Limite d’élasticité pour les vérifications de résistance en section

Les vérifications de résistance en section font intervenir fy et non fyb. Le §3.1.1(6)P sti-
pule que fy peut être pris égal à fyb ou fya , où fya est la limite d’élasticité moyenne aug-
mentée définie en §3.1.2(2)P pour tenir compte de l’écrouissage dû aux pliages. Pour
prendre fy = fya , les conditions du §3.1.2(3)P doivent être remplies, ce qui n’est pas le cas
ici puisque Aeff  Ag.

Donc, fy = fyb = 350 MPa

5. – VÉRIFICATIONS SOUS CHARGES DESCENDANTES

5,1. – Vérifications à faire

● Flèche sous charge d’état limite de service selon §7 de [1]


● Résistance en section selon §10.1.4.1
● Si semelle libre comprimée : critères de stabilité selon §10.1.4.2
(non considéré ici parce que semelle libre supposée tendue car effort extérieur de com-
pression faible).

Construction Métallique, n° 3-2003


Rubrique TECHNIQUE ET APPLICATIONS 35

5,2 – Vérification de flèche

La flèche de la panne isostatique, dans le plan perpendiculaire à la toiture, est donnée


par
5q′Fd,↓L4
δ↓ =
384EIu,eff

(on se place en sécurité ici en considérant la section efficace à l’ELU, sachant que la
norme permet de la considérer à l’ELS).

Selon §7.3(3)I, on doit vérifier 9


L
δ↓  §7.3(3)I
200

ou, ce qui revient au même, le critère


δ↓
Γδ,↓ =  1,0
L/200

Ainsi, on obtient successivement : δ↓ = 20,66 mm

Γδ,↓ = 0,826  1,0 OK

5,3. – Résistance des sections transversales – Application de 10.1.4.1

5,31. – Coefficient de sécurité sur la résistance

γM = γM0 si (Aeff = Ag) ou si (Weff,y = Wel,y et NSd = 0) (§10.1.4.1(2))

γM1 dans les autres cas

Donc ici : γM = γM1 = 1,0

5,32. – Calcul de la charge fictive qh,Fd,↓ pour charges descendantes

qFd,↓

kh,↓.qFd,↓ = qh,Fd,↓
Fig. 3 – Charge latérale sous charge descendante

Construction Métallique, n° 3-2003


36 Rubrique TECHNIQUE ET APPLICATIONS

La charge latérale agissant sur la semelle libre et résultant de la torsion et de la flexion


latérale est donnée par :

qh,Fd↓ = kh, ↓ . qFd,↓ (§10.1.4.1(3))

avec :

b 2ht
kh, ↓ = kh,↓ = 0,0872 (figure 10.3a)
4Iu

D’où qh,Fd,↓ = 26,17 daN/m

10 Remarque : En fait, la semelle libre étant ici tendue (effort extérieur de compression
modéré), le calcul de qh,Fd,↓ est inutile car le moment de flexion latérale
Mf,z,Sd,↓ engendré dans la semelle est alors pris égal à zéro (voir 5.3.4 ci-
dessous).

5,33. – Moment maxi à mi-portée

Dans le plan perpendiculaire au bac, donc par rapport à l’axe y-y, le moment maximal
est :

q Fd,↓L2
My,Sd,↓ = My,Sd,↓ = 937,5 daN.m
8

5,34. – Moment latéral Mf,z,Sd,↓ dans la semelle libre

Sous charge descendante, et en présence de l’effort de compression NSd relativement


faible ici, la semelle libre de la panne est tendue dans une très large partie centrale de la
travée où le moment de flexion est maximal.

Donc : Mfz,Sd,↓ = 0 (§10.1.4.1(5))

5,35. – Vérification de résistance de la semelle supérieure (comprimée et maintenue)

Selon §10.1.4.1(2), la vérification à effectuer est :

My,Sd,↓ NSd fy
σmax, Ed, s, ↓ = +  (Expression (10.3a))
Weff,y,c Aeff γM

ou, ce qui revient au même, le critère adimensionnel suivant :

σmax,Ed,s,↓
ΓR,s,↓ =  1,0
fy / γM

On obtient ainsi successivement : σmax,Ed,s,↓ = 248,5 MPa

ΓR,s,↓ = 0,710  1,0 OK

Construction Métallique, n° 3-2003


Rubrique TECHNIQUE ET APPLICATIONS 37

5,36. – Vérification de résistance de la semelle inférieure (tendue et libre)


(§10.1.4.1(2))

Selon §10.1.4.1(2), la vérification à effectuer est (traction prépondérante et Mf,z,Sd,↓ = 0) :

 
My,Sd,↓ NSd fy
σmax,Ed,i,↓ = – +  (§10.1.4.1(2))
Weff,y,t Aeff γM

ou, ce qui revient au même, le critère adimensionnel suivant :

σmax,Ed,i,↓
ΓR,i↓ =
fy / γM
 1,0
11
On obtient ainsi successivement : σmax,Ed,i,↓ = 222,7 MPa

ΓR,i,↓ = 0,636  1,0 OK

6. – VÉRIFICATIONS SOUS CHARGES ASCENDANTES

6,1. – Vérifications à faire

● Flèche sous charge d’état limite de service selon §7 de [1].


● Résistance en section selon 10.1.4.1.
● Critères de stabilité de semelle libre selon 10.1.4.2.

6,2. – Vérification de flèche

La flèche de la panne isostatique, dans le plan perpendiculaire à la toiture, est donnée


par :
5q′Fd,↑L4
δ↑ =
384EIu,eff

(on se place en sécurité ici en considérant la section efficace à l’ELU, sachant que la
norme permet de la considérer à l’ELS).

Selon §7.3(3)I, on doit vérifier


L
δ↑  (hypothèse adoptée ici)
200

ou, ce qui revient au même, le critère


δ↑
Γδ,↑ =  1,0
L/200

Ainsi, on obtient successivement : δ↑ = 13,8 mm

Γδ,↑ = 0,551  1,0 OK

Construction Métallique, n° 3-2003


38 Rubrique TECHNIQUE ET APPLICATIONS

6,3. – Résistance des sections transversales – Application de 10.1.4.1

6,31. – Coefficient de sécurité sur la résistance

γM = γM0 si (Aeff = Ag) ou si (Weff,y = Wel,y et NSd = 0) (§10.1.4.1(2))

γM1 dans les autres cas.

Donc ici : γM = γM1 = 1,0

12 6,32. – Calcul de la charge fictive qh,Fd,↑ pour charges ascendantes

qFd,↑

kh,↑.qFd,↑ = qh,Fd,↑

Fig. 4 – Charge latérale sous charge ascendante

La charge latérale agissant sur la semelle libre et résultant de la torsion et de la flexion


latérale est donnée par :

qh,Fd,↑ = kh,↑ . qFd,↑ (§10.1.4.1(3))

avec :

b 2ht a
kh,↑ = – si  0 : qh,Fd,↑ a le sens indiqué à la figure 4 et le contact panne-bac
4Iu h se fait du côté de l’âme de la panne

si  0 : qh,Fd,↑ a le sens inverse de celui indiqué à la figure 4 et le


contact panne-bac se fait du côté du bord extérieur de
semelle de la panne.

Ici, on obtient : kh,↑ = – 0,0628  0

Donc : le contact panne-bac se fait du côté du bord extérieur de semelle de la panne et


qh,Fd,↑ a le sens inverse de celui indiqué à la figure 4.

Charge latérale : qh,Fd,↑ = 12,55 daN/m

6,33. – Moment maxi à mi-portée

Dans le plan perpendiculaire au bac, donc par rapport à l’axe y-y, le moment maximal
est :
q Fd,↑L2
My,Sd,↑ = My,Sd,↑ = 625 daN.m
8

Construction Métallique, n° 3-2003


Rubrique TECHNIQUE ET APPLICATIONS 39

6,34. – Moment latéral Mf,z,Sd,↑ dans la semelle libre

6,341. – Calcul de la rigidité élastique CD en rotation (§10.1.5.2)

CD

13

Fig. 5 – Ressort de maintien de la panne en rotation

L’encastrement en rotation conféré par le bac à la panne est modélisé par un ressort en
rotation de rigidité totale CD calculée par :

1
CD = (§10.1.5.2(1))
1/CD,A + 1/CD,C

où :

CD,A rigidité en rotation de l’assemblage entre le bac et la panne,

CD,C rigidité en rotation correspondant à la rigidité de flexion du bac.

La rigidité CD,C peut être calculée selon le §10.1.5.2(3) ou §10.1.5.2(4). Ici, conformément
à §10.1.5.2(8) et dans la mesure où la rigidité élastique totale est principalement influen-
cée par la valeur de CD,A et par la déformation de section transversale de la panne (voir
rigidité KB plus loin en 6.3.4.2), on néglige l’effet de CD,C . Donc :

CD = CD,A

La rigidité CD,A peut être calculée selon le §10.1.5.2(5) ou §10.1.5.2(7), ou en alternative,


déterminée par essais (§10.1.5.2(9)). On choisit ici d’appliquer le §10.1.5.2(7) dans la
mesure où les conditions imposées sont respectées, à savoir :

– la largeur de la plage du bac au travers de laquelle la panne est fixée n’est pas supé-
rieure à 120 mm,

– l’épaisseur nominale de métal nu t du bac est au moins de 0,66 mm,

– la distance a ou b-a entre l’axe de la fixation et le bord de la semelle autour duquel


tourne la panne est au moins de 25 mm.

CD,A = 130 . p Nm/m/rad (§10.1.5.2(7))

où p est le nombre de fixations bac-panne par mètre linéaire de panne. Ici p = 5.

Donc : CD,A = 650 Nm/m/rad

Il en découle : CD = 650 Nm/m/rad

Construction Métallique, n° 3-2003


40 Rubrique TECHNIQUE ET APPLICATIONS

Remarque : On peut remarquer qu’en supposant le §10.1.5.2(5) applicable ici pour calcu-
ler CD,A (on suppose : espacement des nervures  185 mm et largeur de
plage du bac fixée à la panne  40 mm, diamètre des rondelles = 16 mm,
…), on trouverait 936 Nm/m/rad, donc une valeur un peu plus favorable. En
effet, selon l’équation (10.17a),

 100 
ba 2
CD,A = C100 (§10.1.5.2(5))

avec ba = largeur de la semelle de la panne (en mm), donc :

ba = 60 mm  125 mm

14 C100 est lu dans le tableau 10.3. Pour une fixation dans chaque onde, on
aurait C100 = 2 600 Nm/m/rad, et donc CD,A = 936 Nm/m/rad.

6,342. – Calcul de la rigidité élastique latérale K par unité de longueur (§10.1.5.1)

Fig. 6 – Ressort latéral de semelle libre

Le maintien élastique latéral conféré à la semelle libre de la panne par le reste du sys-
tème (reste de la section de la panne, fixation, bac) est modélisé par un ressort latéral
agissant au niveau de la semelle libre et de rigidité K calculée par :
1 1 1 1
= + + (§10.1.5.1(1))
K KA KB KC

où :

KA rigidité latérale correspondant à la rigidité en rotation de l’assemblage bac-panne,

KB rigidité latérale résultant de la déformation de la section transversale de la panne,

KC rigidité latérale résultant de la rigidité de flexion du bac.

Conformément au §10.1.5.1, on néglige 1/KC car KC généralement très grande par rap-
port à KA et KB . Donc :
1 1 1
= + (§10.1.5.1(2))
K KA KB

La rigidité K peut être :

– soit déterminée par essais conformes aux dispositions du Chapitre 9 et de l’Annexe A,

– soit calculée selon §10.1.5.1(4).

Construction Métallique, n° 3-2003


Rubrique TECHNIQUE ET APPLICATIONS 41

La deuxième alternative est choisie ici. K est donnée par :

1
K= (§10.1.5.1(4))
4(1 – ν2)h2(hd + e) h2
–––––––––––––––––––––––––––––––– + –––––
Et 3 CD

où hd est la hauteur développée de l’âme. Ici : hd = h – tnom hd = 198 mm,

e e=a si panne en contact avec le bac du côté de l’âme de la panne,

e = 2a + b si panne en contact avec le bac du côté du bord extérieur de la


semelle de la panne.

Ici, sous charge ascendante, le contact panne-bac se fait du côté du bord extérieur de
15
semelle de la panne (voir §6.3.2 de cet article).

Donc : e = 120 mm

et, on calcule : K = 0,011 N/mm/mm

6,343. – Coefficient R d’appui latéral élastique

Ce coefficient R est utilisé pour le calcul du coefficient de correction βR pour le maintien


élastique effectif, lui-même nécessaire au calcul du moment fléchissant latéral Mfz,Sd,↑
selon §10.1.4.1(5).

KLa4
R= (§10.1.4.1(7))
π4EIfz

où La distance entre liernes, ou, en cas d’absence de ces dernières, portée L de la


panne.

Ici, pas de liernes, donc : La = L La = 5 m

et, il vient : R = 3,047

6,344. – Moment latéral Mfz,Sd,↑ dans la semelle libre (ici, elle est comprimée)

Selon §10.1.4.1(5), le moment latéral Mfz,Sd,↑ dans la semelle libre comprimée compte
tenu du maintien latéral élastique peut être calculé par :

Mfz,Sd,↑ = βR . M0,fz,Sd,↑ (§10.1.4.1(5))

où M0,fz,Sd,↑ moment fléchissant latéral initial dans la semelle libre sans maintien élas-
tique,

βR coefficient de correction pour le maintien élastique effectif.

Les expressions de M0,fz,Sd,↑ et βR sont fixées à l’aide du tableau 10.1, en fonction des
conditions de rotation en plan aux extrémités du tronçon de panne considéré (tronçon

Construction Métallique, n° 3-2003


42 Rubrique TECHNIQUE ET APPLICATIONS

isostatique, tronçon de rive, tronçon courant). Ici, la panne étant isostatique, c’est le pre-
mier cas du tableau qui gouverne et l’on a :

q h,Fd,↑La2
M0,fz,Sd,↑ = donc M0,fz,Sd,↑ = 39,22 daN.m
8

1 – 0,0225R
βR = donc βR = 0,2279
1 + 1,013R

et l’on peut calculer : Mfz,Sd,↑ = 8,94 daN.m

16
6,35. – Vérification de résistance de la semelle supérieure (tendue et maintenue)

Selon §10.1.4.1(2), la vérification à effectuer est :

 
My,Sd,↑ NSd fy
σmax,Ed,s↑ = – +  (Expression (10.3a))
Weff,y,t Aeff γM

ou, ce qui revient au même, le critère adimensionnel suivant :

σmax,Ed,s,↑
ΓR,s,↑ =  1,0
fy / γM

On obtient ainsi successivement : σmax,Ed,s,↑ = 146,3 MPa

ΓR,s,↑ = 0,418  1,0 OK

6,36. – Vérification de résistance de la semelle inférieure (comprimée et libre)


(§10.1.4.1(2))

On a vu ci-dessus en 6.3.2 que le contact panne-bac se fait du côté du bord extérieur de


semelle de la panne et qh,Fd,↑ a le sens inverse de celui indiqué à la figure 4 (kh,↑  0). La
contrainte de compression ramenée par Mfz,Sd,↑ se calcule donc en faisant intervenir
Wfz,b.

La vérification à effectuer est :

My,Sd,↑ NSd Mfz,Sd,↑ fy


σmax,Ed,i,↑ = + +  (Expression (10.3b))
Weff,y,c Aeff Wfz,b γM

ou, ce qui revient au même, le critère adimensionnel suivant :

σmax,Ed,i,↑
ΓR,i,↑ =  1,0
fY / γM

On obtient ainsi successivement : σmax,Ed,i,↑ = 194,8 MPa

ΓR,i,↑ = 0,557  1,0 OK

Construction Métallique, n° 3-2003


Rubrique TECHNIQUE ET APPLICATIONS 43

6,4. – Résistance de la semelle libre au flambement – Application de §10.1.4.2

6,41. – Longueur de flambement de la semelle libre (§10.1.4.2(6))

Selon §10.1.4.2(6), sous charge ascendante et en présence d’un effort normal de com-
pression faible, la longueur de flambement de la semelle libre peut être calculée par :

fz = 0,7L0 (1 + 13,1R01,6)–1,125 §10.1.4.2(6)

avec L0 = L pour une panne isostatique, donc L0 = 5 m


17
et à condition que 0  R0  200, avec :

KL04
R0 = §10.1.4.2(6)
π4EIfz

Rappel : K = 0,011 N/mm/mm

Donc : R0 = 3,047

On peut alors calculer : fz = 2,027 m


6,42. – Élancement réduit λfz de la semelle libre

Selon §10.1.4.2(2)

λ1 = π .  E
fyb
λ1 = 76,95 (§10.1.4.2(2))

– fz
λfz = λfz = 1,153 (§10.1.4.2(2))
ifz λ1

6,43. – Coefficient de flambement (§6.2.1(2)P)

On applique ici le §6.2.1(2)P. Selon le tableau 6.2, la courbe de flambement « a », c’est-à-


dire un facteur d’imperfection : α = 0,21.

et l’on peut calculer :


– –
φ = 0,5[1 + α (λfz – 0,2) + λfz2] φ = 1,265 (§6.2.1(2)P)

1
χ= – 1 χ = 0,560 (§6.2.1(2)P)
φ+ (φ2 – λfz2)0,5

Construction Métallique, n° 3-2003


44 Rubrique TECHNIQUE ET APPLICATIONS

6,44. – Vérification de la semelle inférieure (comprimée, libre) au flambement


(§10.1.4.2(1))

La contrainte de compression ramenée par Mfz,Sd,↑ se calcule en faisant intervenir Wfz,b


(voir ci-dessus en 6.3.6). Selon §10.1.4.2(1), et en introduisant une notation de contrainte
amplifiée par le flambement σF,Ed,i,↑ dans la semelle inférieure, la condition à vérifier est :

 
1 My,Sd,↑ NSd Mfz,Sd,↑ fyb
σF,Ed,i,↑ = + +  (§10.1.4.2(1))
χ Weff,y,c Aeff Wfz,b γM1

ou, ce qui revient au même, le critère adimensionnel suivant :


18
σF,Ed,i,↑
ΓF,i,↑ =  1,0
fyb /γM1

On obtient ainsi successivement : σmax,Ed,i,↑ = 326,7 MPa

ΓF,i,↑ = 0,933  1,0 OK

7. – RAPPEL DES RÉSULTATS ET CONCLUSION

La vérification des différents critères conduit aux résultats suivants :

– sous charge descendante – sous charge ascendante

Γδ,↓ = 0,826  1,0 OK Γδ,↑ = 0,551  1,0 OK

ΓR,s,↓ = 0,710  1,0 OK ΓR,s,↑ = 0,418  1,0 OK

ΓR,i,↓ = 0,636  1,0 OK ΓR,i,↑ = 0,557  1,0 OK

ΓF,i,↑ = 0,933  1,0 OK

La panne est donc satisfaisante.

Ces vérifications sont normalement à compléter par la vérification des conditions


d’appuis aux extrémités de la panne (assemblages, résistance aux réactions d’appui,
…), en fonction des dispositions constructives adoptées.

8. – RÉFÉRENCES

|1| XP P 22-313 – Eurocode 3 « Calcul des structures en acier » – Partie 1-3 : « Règles
générales – Règles supplémentaires pour les profilés et plaques à parois minces
formés à froid » – avec son Document d’Application Nationale – Mars 1998.

|2| A. Bureau – « Stabilisation des pannes en profilé laminé par un bac acier – Vérifica-
tion du bac par les recommandations de la CECM » – Revue Construction Métal-
lique – N° 4 1991 – CTICM.

Construction Métallique, n° 3-2003

Vous aimerez peut-être aussi