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Le

grec
ancien

Marie-Dominique Porée
Professeure de grec



Le grec ancien pour les Nuls

« Pour les Nuls » est une marque déposée de John Wiley & Sons, Inc.
« For Dummies » est une marque déposée de John Wiley & Sons, Inc.

© Éditions First, un département d’Édi8, Paris, 2017. Publié en accord avec


John Wiley & Sons, Inc.

Éditions First, un département d’Édi8


12, avenue d’Italie
75013 Paris – France
Tél. : 01 44 16 09 00
Fax : 01 44 16 09 01
Site Internet : www.pourlesnuls.fr

ISBN : 978-2-7540-8836-7
ISBN numérique : 9782412033050
Dépôt légal : août 2017

Correction : Raphaëlle Richard de Latour


Édition : Muriel Frantz-Widmaier
Illustrations : Stéphane Martinez
Couverture et maquette intérieure : Catherine Kédémos

Cette œuvre est protégée par le droit d’auteur et strictement réservée à l’usage
privé du client. Toute reproduction ou diffusion au profit de tiers, à titre
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Ce livre numérique a été converti initialement au format EPUB par Isako
www.isako.com à partir de l’édition papier du même ouvrage.
Quoi ! monsieur sait du grec ?
Ah ! permettez, de grâce, Que, pour
l’amour du grec, monsieur, on vous
embrasse !
Molière, Les Femmes Savantes, III, 3
Introduction
E t si vous appreniez une nouvelle langue ? C’est très tendance en
ce moment, sur Internet, avec Babbel, par exemple. Mais alors,
pourquoi pas le grec ancien, avec l’auteure de La Grèce
antique pour les Nuls ? Et que diriez-vous de le faire « à
l’ancienne », avec ce livre ?
S’il s’avère que le latin et le grec sont deux langues menacées de
disparition, raison de plus pour saisir la balle au bond et présenter,
à tous ceux et celles qui risquent fort de passer à côté de
l’apprentissage de ces deux matières, un manuel pour leur donner
les rudiments de la langue grecque à l’enseignement de laquelle
j’ai dédié toute mon existence.
Alors que tout me destinait à des études scientifiques, j’ai préféré
poursuivre l’étude de ces deux langues que j’avais découvertes –
le latin dès mes onze ans et le grec deux ans plus tard – et
devenues si chères à mon cœur. Pouvais-je en conscience passer à
côté de ces deux univers à part entière ?
Je ne cesse de dire à mes élèves – je suis devenue professeur de
lettres classiques, comme vous vous en seriez douté – que j’ai eu
deux révélations dans ma vie : le grec et le micro-ondes quand je
me suis mariée. Cela peut faire sourire mais c’est la vérité… Je
n’aurais pour rien au monde voulu arrêter ces deux langues, tout
sauf mortes, quand bien même ma vie dût en pâtir. Finies les
études de médecine qui me tentaient aussi, la section littéraire fut
donc ma voie.
À l’époque, on devait faire ce choix discriminant : la voie royale
scientifique pouvait se passer de ces langues réservées aux « forts
en thème », comme on disait parfois avec un certain mépris.
Depuis, le mal avait été réparé : on permettait, il y a encore peu, à
des élèves de toutes sections générales, L, S et ES, de s’adonner à
la découverte de ces deux « langues mères » sans lesquelles le
français ne serait pas ce qu’il est.
Vouloir supprimer – car tel est l’enjeu réel et non avoué de la
dernière réforme mise en place à la rentrée 2016 – l’apprentissage
de ces deux langues, matières formatrices s’il en est, au profit d’un
semblant de connaissances générales civilisationnelles, est une
erreur majeure. En effet, c’est nous priver de toutes nos racines ;
c’est éradiquer les fondements mêmes de ce qui crée dans un pays,
une nation, le vivre-ensemble. Je veux parler de la langue qui,
seule, apporte une formation à l’esprit en construisant les repères
dont nous avons besoin pour faire avancer notre réflexion. Il sera
toujours temps de se renseigner sur les mœurs de ces civilisations
du passé grâce à Google, ou à un cours général sur tel ou tel grand
écrivain, historien ou penseur de l’Antiquité.
Étudier le grec ancien pourrait bien redevenir un « luxe » alors
qu’on avait trouvé moyen de faire participer le plus de jeunes
possible à sa découverte. Les chiffres annoncés – 20 % d’adeptes
du latin et 3 % du grec – sont erronés : en effet, s’il y avait si peu
d’élèves qui se sentaient concernés par cette étude, c’était tout
simplement parce qu’on faisait tout pour les en dissuader en leur
proposant souvent d’autres choix, soi-disant plus essentiels et
surtout pragmatiques, en superposant leurs créneaux avec d’autres
horaires, etc. Et c’est comme cela qu’on a pu s’autoriser à penser,
bien à tort, que l’enseignement du latin et du grec était élitiste.
Moi, j’en veux de l’élitisme, mais pour tous, bien évidemment.
Tout le monde peut apprendre le latin et le grec. Cet ouvrage me
met donc au défi de vous en faire la démonstration. Ce sera peut-
être un peu plus dur à réaliser par le biais de l’écrit : j’aurais
préféré vous faire un cours à l’oral. À quand la collection Pour les
Nuls par Skype ?
Je vous parle de langue, de cette pensée condensée qui, grâce à
une analyse logique et rationnelle, sert à développer, dans l’esprit
de toute personne qui s’y frotte (sans se piquer d’ailleurs !), un
raisonnement rigoureux et clair, proche des mathématiques,
quoiqu’en moins abstrait.
Aussi dans cet ouvrage ne vous attendez nullement à retrouver ce
dont je vous ai déjà entretenu dans La Grèce antique pour les
Nuls. L’étude de la langue, plus complexe qu’une simple fiche de
culture générale, demande plus de travail : à moi qui dois vous en
donner (presque) tous les rudiments ; à vous qui devrez vous
concentrer, car la langue est affaire de discernement.
Je vais donc tenter de relever le challenge et de vous transmettre
ma passion pour le grec. Pourquoi ne deviendriez-vous pas un
helléniste aussi mordu que moi ? Pourquoi ne parviendriez-vous
pas à entrer dans le système de cette « langue casuelle » qui vous
apprendra à réfléchir à chaque mot, à lui donner une fonction, et
par là à comprendre les liens entre les mots ? La connaissance des
mots ne conduit-elle pas toujours à la connaissance des choses ?
Vous le voyez, je mise sur vous, tant je suis sûre que vous serez
« accro » (ché) quand vous y aurez goûté. Je ne connais aucun
helléniste qui regrette d’avoir fait du grec. Et cette dépendance-là
ne peut nuire à quiconque. Comme le grec ancien va devenir une
denrée de plus en plus rare à se mettre sous la dent, je me fais un
devoir et une joie de vous la faire partager de l’intérieur. « Que les
ignorants apprennent, que ceux qui savent aiment à se
ressouvenir », comme le disait Charles-Jean-François Hénault.
Prêt pour ce « voyage » dans la langue ? Je vous promets un
apprentissage gradué et vous assure du succès. C’est parti !

À propos de ce livre
Il est difficile de prétendre en un seul ouvrage donner tous les
rudiments d’une langue. En présenter la morphologie (l’étude des
formes), en expliquer la syntaxe (les constructions), est un vaste
programme.
J’ai donc choisi de ne présenter ici que les fondamentaux pour
permettre aux lecteurs de se repérer tout en ne manquant pas de se
faire plaisir. Déjà, si je peux me dire que j’ai réussi à vous donner
la sensation que vous pouvez entrer dans les arcanes de cette
aïeule de notre langue, mon pari sera gagné.
Mes buts sont les suivants : vous faire découvrir le plus
simplement possible la langue grecque qu’on dit difficile d’accès,
en la rattachant à notre propre langue et en vous initiant le plus
rigoureusement possible à ses constructions de phrase.
En effet, comment faire mine d’ignorer que le grec fait partie de la
boîte à outils du français ?

Comment ce livre est organisé


Je ne pouvais manquer de vous présenter les rudiments
nécessaires : pour ce faire, j’ai opté pour les modèles de
déclinaisons les plus simples, la découverte du verbe type λύω
(luô), faisant mine de laisser de côté des formes que vous
trouverez un peu plus loin dans l’ordonnancement de l’ouvrage.
Car plus qu’un apprentissage rude et technique, je veux vous faire
découvrir la proximité du grec ancien avec notre langue pour vous
faire rejoindre la grande famille des mots grecs.
Vous ne serez donc pas surpris de voir que, dès que cela se peut, je
fais tout pour vous sensibiliser, même par des exercices et des
jeux, à ce qu’est cette langue, un « puzzle » de racines qui ont
donné naissance à bien des termes que nous employons, plus ou
moins couramment, de nos jours encore.

Dans quel sens faut-il lire ce livre ?


Restons rigoureux, du début jusqu’à la fin, de l’alpha à l’oméga,
car ici tout s’enchaîne et se compile régulièrement. En effet la
langue est un tout et de l’apprentissage d’une forme en dépend une
autre, de la construction d’un groupe de mots, un autre encore.
En fait, je vais vous l’avouer, j’ai testé ce livre sur mon plus fidèle
correcteur dans la collection. Ce changement de statut, je vous
rassure, loin de le mettre en difficulté, comme il le craignait lui-
même, lui a enfin permis de réaliser ce rêve insatisfait. Alors
pourquoi pas vous ?

Les icônes utilisées dans ce livre


Quelques exercices de-ci de-là pour vous former l’esprit ne
peuvent vous faire de mal. C’est cela qu’on appelle
l’apprentissage.
Parfois, il m’arrivera de donner plus de précisions techniques sur
tel ou tel point. Les plus accros auront tout intérêt à les lire, les
moins accros peuvent les passer. Quoique, quoique…
Des petites haltes ludiques vous attendent, histoire de savourer
votre apprentissage et surtout de vous permettre d’appliquer
rapidement ce que vous viendrez juste d’apprendre.
Ce panneau « Danger » vous indique des informations qui vous
permettent d’éviter les pièges et les faux pas.
Pour arriver où ?
Pour une fois, j’ai changé la sempiternelle formule : Par où
commencer votre lecture ? Pourquoi consentir à tous ces efforts ?
Pour quoi faire ? Pour comprendre votre propre langue qui est fille
du grec. Pour découvrir, in situ, l’univers culturel du monde grec
au travers de sa littérature et de sa pensée, dans le texte !
Vous ne comprendrez vraiment bien la dialectique platonicienne
qu’en vous lançant à l’assaut de ces longues phrases binaires,
balancées, presque chaloupées entre des μἐν et des δἐ, vous
n’entendrez plus jamais de la même façon le théâtre grec dans ses
lamentations ou ses scènes agonistiques, pas plus que les cigales
des poètes ou les joutes des plus grands orateurs. Vous aurez les
outils et les armes pour les traduire tous et vous verrez, c’est un
grand moment… un grand bonheur… une découverte unique !
PARTIE 1
Le b.a.-ba du grec ancien

DANS CETTE PARTIE…


La langue grecque appartient à la famille des langues indo-
européennes au même titre que le sanskrit et le latin, dont
elle est la sœur. Aucune langue ancienne n’a eu destinée plus
brillante et n’a montré autant de vitalité.
« C’est par la langue grecque que je préfère voir commencer
l’enfant, parce que le latin, qui est plus en usage chez la
plupart, nous en sommes imbibés sans même le savoir, et en
même temps parce qu’il doit être formé aux sciences
grecques, qui étaient là avant, et d’où découlent les nôtres. »
Quintilien, L’Institution oratoire, I, 1
La langue littéraire actuelle reste très proche de celle qu’on
parlait autrefois à Athènes. Cette langue est donc tout sauf
morte. Tout au plus peut-on la dire ancienne.
Il va vous falloir admettre que, pour l’étudier, il faut se
donner la peine d’apprendre une grammaire. Point de salut
sans cela. Je vais tenter de rendre la progression la plus
douce qui soit en posant petit à petit les jalons des
connaissances qu’il faut assimiler pour comprendre
comment cette langue vit de l’intérieur.
De la lecture à l’écriture, il n’y a qu’un pas que vous
franchirez aisément. Puis viendra le moment de
l’apprentissage des formes, communément appelé étude de
la morphologie, avant de passer à la découverte des
constructions de phrases, qui fait l’objet de la syntaxe.
Chapitre 1
Lire et écrire
DANS CE CHAPITRE :
» Je lis
» J’écris
» Et surtout je mets des accents et des esprits !

uel bonheur que de pouvoir décrypter un alphabet nouveau !


Q Nous dire que tous ces signes cabalistiques ne seront plus un
secret pour nous et qu’ainsi nous pourrons découvrir cette
précieuse littérature, elle aussi à l’origine de la pensée humaniste
des siècles qui viennent de s’écouler ! Entrons donc dans le vif du
sujet et regardons cet alphabet dont, somme toute, déjà bien des
lettres ont un petit air de déjà-vu.

L’alphabet

Lire
Le récent référendum qu’a proposé le premier ministre Aléxis
Tsípras au peuple grec, auquel il a demandé s’il acceptait les
conditions proposées par l’Union européenne pour rester dans la
zone euro, me donne l’occasion de découvrir avec vous deux
particules :
» OXI οχι qui veut dire en grec non pas « oui » comme vous
auriez pu le croire mais « non » car la négation ancienne
était οὐ devant consonne ou bien οὐκ et οὐχ devant voyelle
non aspirée ou aspirée ;
» NAI ναι qui ne correspondait nullement à « non », même si
l’initiale pouvait le laisser croire, mais au contraire à
« oui », au sens de « évidemment », « assurément ».
Vous vous dites donc déjà que vous n’allez pas toujours pouvoir
vous fier aux apparences. Et c’est vrai. Regardons cela de plus
près : l’alphabet grec possède vingt-quatre lettres, allant « de
l’alpha à l’oméga », pour dire donc le début et la fin, ici de
l’alphabet – forme contractée des deux premières lettres alpha et
bêt(a) –, mais aussi et surtout de toute chose. Selon le même
modèle du reste, notre « abécédaire » tire son nom des quatre
premières lettres de notre propre alphabet.
Voici ces lettres en minuscules et en majuscules : elles sont encore
en usage aujourd’hui chez les Grecs.
alpha α Α

bêta β ou ϐ Β

gamma γ Γ

delta δ Δ

epsilon (e court) ε Ε

dzêta ζ Ζ

êta (e long) η Η

thêta θ Θ

iota ι Ι

kappa κ Κ

lambda λ Λ

mu μ Μ

nu ν Ν

xi ξ Ξ

omicron (petit o) ο Ο

pi π Π

rho ρ Ρ

sigma σ ou ς (final) Σ

tau τ Τ

upsilon υ Υ

phi φ Φ
khi χ Χ

psi ψ Ψ

oméga (grand o) ω Ω

Soit sept voyelles (avec les variantes sonores pour le e et le o) et


dix-sept consonnes. Parmi elles, quatorze consonnes simples et
trois doubles (dzèta ζ, xi ξ, et psi ψ).
N’oublions pas non plus les voyelles associées en diphtongues,
soit ai, ei, au, eu, ou, et les deux lettres disparues que sont le wau
ou digamma (*w) et le yod (*y) qui ont laissé quelques traces
quand on y regarde de plus près.
Entraînez-vous à lire à haute voix les mots que voici :

πόλις, la ville (d’où notre police), πἐλεκυς (la hache), γἐρων (le
vieillard, d’où le nom de Géronte chez certains vieux barbons de
Molière), ἄγγελος (le messager, l’ange, angel en anglais), φάλαγξ
(une phalange militaire), θύελλα (la tempête), ἄγνωστος (inconnu),
έμϐάλλω (lancer vers), σίδηρος (l’astre, de quoi être sidéré, non ?),
χάρις (la grâce, celle des trois Kharites), Χίμαιρα (la Chimère
soufflant le feu à tête de lion, corps de chèvre et queue de serpent),
γεύω (goûter), κρούω (frapper), ἥρως (le héros, demi-dieu),
εἰρωνεία (l’ironie – celle de Socrate est la plus connue !), υἱός (le
fils), ῥυθμός (le rythme), πύρρος (Pyrrhus), etc.
À l’aise ? Ça va venir petit à petit si vous prenez l’habitude de
toujours prononcer à voix haute les mots grecs que vous
rencontrez. Mémoire visuelle et mémoire auditive vous aideront
mieux encore à mémoriser.
Entraînez-vous aussi à retrouver les noms de dieux et déesses
écrits en majuscules qui suivent et à les retranscrire en
minuscules :
ΟΥΡΑΝΟΣ :
ΓΗ :
ΚΡΟΝΟΣ :
ΖΕΥΣ :
ΗΡΑ :
ΠΟΣΕΙΔΩΝ :
ΑΙΔΗΣ :
ΔΗΜΗΤΗΡ :
ΕΣΤΙΑ :
ΑΡΗΣ :
ΗΘΑΙΣΤΟΣ :
ΗΒΗ :
MΗΤΙΣ :
ΑΘΗΝΑ :
ΔΙΩΝΗ :
ΑΦΡΟΔΙΤΗ :
ΜΑΙΑ :
ΕΡΜΗΣ :
ΛΗΤΩ :
ΑΠΟΛΛΩΝ :
ΑΡΤΕΜΙΣ :
ΣΕΜΕΛΗ :
ΔΙΟΝΥΣΟΣ :

Écrire
Beaucoup de ces lettres vous sont déjà connues et dans bien des
domaines, la plupart techniques, il faut bien le reconnaître. La
preuve, si besoin est :
Alpha (le α) désigne la première étoile d’une constellation en
astronomie ; en chimie, c’est le symbole d’un groupe fonctionnel
contigu à un autre ; sans oublier de mentionner la parole du
Christ : « Je suis l’alpha et l’oméga » pour signifier que le fils de
Dieu est à l’origine et à la fin de toutes choses.
On parle de particules bêta (β) pour des électrons lancés à grande
vitesse par des corps radioactifs, et plus familièrement pour
désigner une personne bête et stupide, sans même s’entourer de
précautions en le traitant de « mon gros bêta ».
La croix gammée, restée de sinistre mémoire, représente quatre
gamma γ (notre g) autour d’une base. L’autre référence, musicale
cette fois, au sens de « gamme », s’emploie pour parler de la lettre
qu’on ajoutait dans les anciennes notations musicales avant
l’invention du nom des notes par Gul d’Arezzo. On songe encore
aux rayons gamma, rayons nocifs.
Un delta, alias le δ, symbole religieux de la Trinité, désigne aussi
un terrain d’alluvions en forme triangulaire, à l’embouchure d’un
fleuve, tel le Nil ou le Rhône. En mathématiques, on parle aussi du
discriminant delta pour résoudre une équation du second degré. Et
en médecine, le deltoïde désigne le muscle qui s’accroche en haut
à l’extrémité de la clavicule et de l’omoplate et en bas de
l’humérus.
Dzèta, à l’origine du z de Zorro, correspond en fait à une double
prononciation : (dz) ou (zd).
Iota ou ι est la plus petite lettre de l’alphabet de par son
graphisme : son emploi dans certaines expressions s’explique donc
pour parler d’une portion congrue : copier un texte sans changer
un iota ou ne pas démordre d’un iota. Peanuts !
Lambda ou λ marque en physique le symbole d’une longueur
d’onde ; quant au point lambda, il marque une température
extrêmement basse. Et le citoyen du même nom, un individu
quelconque, de base.
On appelle également « lambdacisme » le défaut de prononciation
par lequel, roulant les r, on remplace le son (r) par le son (l) : c’est
le terme savant du mot « grasseyement », ce parler gras, sans
battement de langue propre à une prononciation parisienne,
considérée comme défectueuse.
Mu, abréviation de « micro » en physique, désigne un
millionième.
Pi, tout le monde a entendu parler de ce chiffre incommensurable
qui désigne l’arc d’un cercle de 180 degrés exprimé en radians. Au
fait, c’est 3,1415926… et des poussières ! En trigonométrie, on
l’emploie pour un arc de 180 degrés.
Rho ou ρ désigne en physique une résistance. Et en linguistique, le
rhotacisme désigne le passage d’un son(s) à un son (r) (exemple
γενος/genus, generis ; issu de *genesis).
Sigma ou σ : avez-vous entendu parler du défaut de prononciation
appelé le « sigmatisme » ? C’est celui qui concerne le son(s), en
écho au psittaccisme propre au perroquet qui répète
mécaniquement mots et phrases entendus sans réelle
compréhension (une écho.lalie en quelque sorte).
Tau, alias le τ, était la signature de saint François d’Assise, formée
d’un écu à trois branches.
Phi, soit un p aspiré, ph, ou φ est en électricité le symbole d’un
flux et en architecture le nombre d’or !
Psi ou ψ est le terme apocopé pour désigner un psychologue,
psychiatre ou psychanalyste. Tout ce qui a trait en tout cas à la
psyché, ἡ ψυχή, l’âme !
Oméga, le grand o, le ω reste en physique le symbole d’une
vitesse angulaire quand il est écrit en minuscule. Avec la
majuscule, c’est devenu le logo d’une célèbre marque de montres
et de chronomètres…
L’alphabet grec, outre le rôle capital qu’il a joué dans l’histoire de
notre écriture et donc de notre pensée, a servi d’intermédiaire entre
l’alphabet sémitique et l’alphabet latin, tant au point de vue
historique, géographique et graphique, que structural : en effet, les
Grecs les premiers ont eu l’idée de noter ainsi les voyelles.
JEU SUR LES PRÉNOMS

Maintenant que vous savez lire, vous aurez, je pense, plaisir à


deviner le sens des quelques prénoms que voici : entraînez-
vous.
Agatha, Ἀγαθή, Agathe : la bonne.
Alexandros, Ἀλἐξανδρος, Alexandre : celui qui repousse
l’homme.
Ambrotos, Ἄμϐροτος, Ambroise : le non-mortel, d’où
l’ambroisie…
Andreios, Ἀνδρεῖος, André, sur la racine du nom άνηρ,
άνδρος (aner/ andros) : l’homme, le viril.
Barbaros, Βάρϐαρος, Barbara : la sauvage.
Catherina, καθαρά, Catherine : la pure.
Delphis, idos, Δελφίς, Delphine : la dauphine.
Eirènè, Ἐιρήνη, Irène : la paix, la fille paisible.
Eugenos, Εὐγενής, Eugène : à la bonne naissance.
Georgos, Γεωργός, Georges : celui qui travaille la terre.
Grégoire, Γρεγορεῖν : celui qui veille, l’éveillé.
Hippolytοs, Ἱππόλυτος, Hippolyte : celui qui délie les
chevaux.
Mélinée, μελαίνα, Mélanie : la femme aux cheveux noirs.
Nicolas, νίκη (victoire) et λαός (armée) : Nicolas, le chef
d’armée vainqueur bien entendu.
Philippe, Φίλιππος : celui qui aime les chevaux.
Sébastien, σεϐαστός (venant de σἐϐειν : vénérer) : l’honoré.
Sophia, Σοφία, Sophie : la sagesse ou la science.
Stéphane/Stéphanie, Στἐφανος : la couronne, le fleuron.
Théophilès, Θεοφιλής, Théophile : celui qui est aimé des
dieux.
Théodoros, Θεοδωρός, Théodore : cadeau des dieux.
Etc.
L’alphabet grec, utilisé par les peuples d’Asie Mineure et les cités
italiques, est encore à l’origine des alphabets slaves – le
glagolitique étant celui qui a permis de traduire la Bible aux
Bulgares du IXe siècle, soit l’alphabet cyrillique, invention de saint
Clément au début du Xe siècle, dont l’alphabet du russe est
directement dérivé. Enfin, il perdure dans l’écriture du grec
moderne.
Il y a entre ces différents noms propres de personnages
(historiques et mythologiques) un élément commun, le mot κλἐος
qui signifie la gloire. À cet éclairage, saviez-vous ce que veulent
dire Héraclès, Sophocle, Cléopâtre, Patrocle et Damoclès ?
Héra.clès : celui qui fait la gloire d’Héra.
Sopho.cle : celui qui est réputé pour sa sagesse.
Cléo.pâtre : la gloire du père.
Patro.cle : la gloire du père.
Damo.clès : la gloire du peuple.
Quant au non moins célèbre Péri.clès, il veut dire « celui qui est
entouré de gloire », le tout auréolé ! Et ce n’est que justice de le
dire à l’égard de l’homme qui a contribué dans tous les domaines à
l’embellissement d’Athènes et à la grandeur de la Grèce !

Les signes extérieurs de richesse :


accents, esprits, iota souscrit
Ce qui fait tout de suite la « touche grecque » d’un mot, ce sont les
esprits et accents qui le caractérisent et se placent au-dessus de
certaines de ses lettres.

Esprit, es-tu là ?
Non, je ne vais pas vous parler de fantômes ou d’esprits errants,
même si nombreux furent les revenants rencontrés par exemple au
détour d’une descente aux Enfers par Ulysse, Orphée ou d’autres.
Les croyances des Grecs dans un au-delà suffisent à expliquer
pareil phénomène, tout comme ces esprits divins soufflant dans les
sanctuaires de Delphes, Thèbes, Épidaure ou ailleurs encore, tant
la Grèce a brui d’oracles et de prophéties.
Non, « l’esprit » grec est un indice orthographique que le néophyte
peut juger cabalistique… Les esprits dont je vous parle se limitent
aux seules voyelles ou diphtongues initiales d’un mot, ainsi qu’à la
consonne rho. Ils apparurent à la fin du IIIe siècle av. J.-C. La
paternité en revient à un certain Aristophane de Byzance qui
voulait généraliser les marques d’aspiration, déjà existantes sur
certaines inscriptions.
Deux sortes d’esprit existent alors :
» l’esprit rude ou dur noté ῾ qui confère un souffle, une
inspiration, correspondant à notre h aspiré français ;
» l’esprit doux discret ᾿, n’ayant pas la moindre incidence sur
la prononciation.
L’esprit rude est en fait essentiel dans la retranscription des racines
grecques dans la langue latine puis française. Il est souvent rendu
par un h. Rappelons ainsi le passage du grec αἰμα (aima : le sang)
à héma dans les mots français « hémophile », « hématome », de
ἥλιος (hélios : le soleil) dans l’« héliotrope », la fleur qui se tourne
vers le soleil, de ἱερος (ieros : sacré) dans « hiéroglyphe », de
ὅμοιος (omoios : semblable) dans « homéopathie », de ὑπνος
(upnos : le sommeil) dans « hypnose », etc.
Il peut aussi signaler la présence d’un s initial qui se laisse encore
entendre en latin comme en français : ainsi le mot grec ἅς, ἁλός
désignant la mer a donné sal, salis en latin pour finir en « sel »
français. Sur la racine, plus qu’inspirée, du chiffre 7, ἑπτά, on
trouve le double traitement : septem en latin puis « sept » en
français pour l’adjectif cardinal mais aussi « hebdomadaire » pour
l’adjectif ordinal formé sur ἕϐδομος.
Pour rester dans des racines qui ont contribué à former l’esprit
grec au sens cette fois de la mentalité, signalons les mots ἡ ἡδονή
(plaisir), à la source de l’« hédonisme » culturel, et ὁ ἡγεμών (le
chef, celui qui conduit), à l’origine du penchant « hégémonique »
d’au moins deux grandes cités, Athènes et Sparte. Ici l’esprit rude
signalait un h.
L’esprit rude, comme le doux, se place toujours sur la lettre initiale
d’un mot qui peut donc être :
» soit une voyelle : sur le i avec esprit rude du mot ἵππος,
vous voyez déjà le mot « hippo.potame » (le cheval du
fleuve !) ; sur le u de uper vous avez déjà compris qu’il va
vous falloir le retranscrire en hy : le nom ἡ ὑπερϐολή du
grec donne une « hyperbole » en français.
» soit une consonne, mais pas n’importe laquelle, toujours un
ῥ c’est-à-dire le rho du grec. Ainsi le rhododendron, mot
composé qui signifie « l’arbre aux roses » de δἐνδρον
(arbre) et ῥόδον (rose), s’écrit-il en français avec un rh. Le
mot rhume en français vient du terme ῥεῦμα signifiant
« chose qui coule », « flux (du nez) ».
LE IOTA SOUSCRIT
Il vous arrivera encore de trouver sous un mot un signe : c’est un iota
qu’on nomme communément « iota souscrit », puisqu’il est écrit en
dessous. Il matérialise une voyelle i qui est tombée et dont il laisse ainsi
une trace.
L’expression française « il n’y manque pas un iota » veut dire qu’il ne
manque rien !

Les accents
Le grec ne serait pas le grec sans les accents. Ils sont comme la
cerise sur le gâteau, c’est presque le cas de le dire.
L’accent en grec s’appelle ὁ τόνος, du verbe τεἰνω, reprenant
l’image d’une corde tendue.

Les trois accents


Au nombre de trois, les accents servent en fait à élever la voix sur
la syllabe où ils sont placés : on les dit toniques. Il s’agit de
l’accent aigu, de l’accent grave et du circonflexe.
L’accent aigu, qui indique un son élevé, peut se trouver dans trois
positions : dernière syllabe (le mot sera dit oxyton de l’adjectif
ὀξύς : aigu), avant-dernière syllabe (par.oxyton) et avant-avant-
dernière syllabe (pro.par.oxyton). Ainsi κεφαλή (tête), λόγος
(discours), θάνατος (mort).
L’accent grave, qui indique un son plus sourd, est le plus souvent
un accent aigu qui se transforme en grave en syllabe finale devant
un autre mot, un signe de ponctuation ou un enclitique. J’en
parlerai plus tard. Le mot ainsi accentué est dit bary.ton (de
l’adjectif βαρύς : grave).
L’accent circonflexe ne peut se retrouver que dans deux cas : en
finale, le mot est alors dit péri.spomène (ainsi l’adjectif
ἀργυροῦς : en argent) ; ou sur l’avant-dernière syllabe, le mot est
pro.péri.spomène comme pour σῶμα (le corps). On ne le
rencontre que sur voyelle longue ou sur diphtongue.
Visuellement :
» Si l’accent est aigu ou grave, il se place à droite de l’esprit.
Par exemple, ὁ ἄνθρωπος (l’homme), ὅς (celui qui).
» Si c’est un circonflexe, il se place au-dessus de l’esprit
comme dans τὸ αἷμα (le sang). Vous prendrez l’habitude de
l’observer.
» S’il s’agit d’une majuscule, on le place, un peu en avant et
en haut, de la manière suivante : Αθῆναι (Athènes), ̔Ὅμηρος
(Homère), ἆθλον (prix).
Il existe aussi des mots sans accent qu’on dit atones, mot à mot
« sans ton », « sans accent ». Cela est dû au fait qu’ils sont
étroitement rattachés, dans la prononciation, soit au mot qui les
suit – on les dit alors proclitiques –, soit au mot qui les précède –
ce sera les enclitiques. Ils font corps avec ce mot et y perdent leur
propre accent, s’ils en ont un. J’y reviendrai plus loin.
Pas d’inquiétude : les accents premiers des mots sont donnés par le
dictionnaire. Il peut arriver néanmoins qu’un accent change de
place : en fonction de la longueur des syllabes finales, amenée à
varier : ce qui est sûr, c’est que l’accent ne peut remonter au-delà
de la troisième syllabe. C’est la loi de limitation de l’accent.
Je prends l’exemple du mot ἡ θάλαττα (la mer), dit
« proparoxyton » au nominatif (ce qui veut dire que son accent se
trouve sur l’avant-avant-dernière syllabe) : au génitif, la syllabe
finale étant longue puisque c’est une voyelle longue, elle comptera
double et l’accent remontera alors sur la seconde syllabe du mot :
τῆς θαλάττης. Il en sera de même pour les conjugaisons. L’accent
sera mobile. Nous aurons l’occasion d’en reparler.
Savez-vous qu’en l’an 408 av. J.-C., l’acteur nommé Hégélochos
fut conspué par la foule pour avoir confondu un accent aigu avec
un accent circonflexe dans la diction du vers 279 de la tragédie
d’Euripide intitulée Oreste ? Cela faisait toute la différence entre
έκ κυμάτων γὰρ αὖθις αὖ γαλήν ̓ ὀρῶ : « Sur les flots encore une
fois je revois le calme (les choses calmes) » là où l’on entendit
γαλῆν, ce qui voulait alors dire : « Je revois une belette » !
Cette anecdote prouve l’extrême sensibilité des Grecs devant les
phénomènes d’accents, tant l’accent essentiellement musical
pouvait élever la hauteur de la voyelle accentuée jusqu’à une
quinte !
Pourtant les Grecs de l’époque classique, pas plus que les Anglais,
Allemands ou Russes actuels, n’écrivaient l’accent. À la suite des
conquêtes d’Alexandre de Macédoine, mort en 323, tout l’Orient
fut hellénisé jusqu’à l’Inde et le grec devint la langue
internationale. Pour aider les étrangers, dont la plus grande
difficulté était de bien prononcer l’accent, les grammairiens de
l’époque, surtout à Alexandrie, prirent l’habitude de noter les
accents dans l’écriture, habitude qui est restée même chez les
Grecs modernes.

L’accentuation des noms


L’accent du nominatif s’appelle l’accent premier. Il se maintiendra
autant que possible.
S’il est sur la dernière syllabe du mot, il ne la quittera pas. Il
deviendra alors circonflexe au génitif et datif singulier.
Il sera également toujours circonflexe pour le génitif pluriel de
la 1e déclinaison.

… et des verbes
La règle pour les verbes est juste de savoir compter jusqu’à trois.
Prêt ?
Sachant que sont longues les syllabes formées d’une voyelle
longue η ou ω, de diphtongues comme αι, οι, ευ, etc., et qu’on peut
encore rencontrer des voyelles (courtes) qu’on dit longues par
position, parce qu’elles sont suivies de deux consonnes, essayez
d’accentuer les formes verbales suivantes :
κωλυω (j’empêche) έκωλυθην

κωλυομεν διδομεν

έκωλυσα έδιδοσαν

RÉPONSES
κωλύω, κωλύομεν, έκώλυσα, έκολύθην, δίδομεν, έδίδοσαν.
LE PHRASÉ SYNTACTIQUE
Lorsque les mots s’enchaînent, il peut arriver que des lettres, au sens
propre et figuré, tombent au contact les unes des autres. L’élision touche
toujours une voyelle finale courte, qui est alors remplacée par
l’apostrophe : ainsi ἀλλ̓ έγώ (mais moi) vient de « ἀλλὰ έγώ ».
μετά σου (avec toi) deviendra μετ ̓ έμού (avec moi) et même μεθ ̓ ἡμῶν
(avec nous) car l’aspiration de l’esprit du pronom ἡμῶν (nous) se reporte
sur la finale de la préposition.
On appelle encore « crase » (du verbe κεράννυμι : mélanger) la fusion
de deux mots en un seul. On la remarque tout de suite au petit signe
(dont la forme ressemble à un esprit doux) qui se trouve en plein milieu
du mot et qu’on appelle « coronis ». Κἀγώ est mis pour καὶ έγώ (et moi)
ou (moi aussi). Auriez-vous trouvé que ταὐτά était le résultat de τὰ
αὔτα ? Vous noterez la différence entre Κατά, la préposition, et κᾆτα,
mis pour καί et εἶτα (ensuite).
Le v « euphonique » porte bien son nom, lui qui se place en fin de mot
pour faire comme un tampon sonore entre une finale en i ou e et la
nouvelle voyelle du mot qui le suit : έστι κακός (il est méchant) coexiste
avec έστιν άγαθός (il est bon).

La ponctuation
Quels sont les signes de ponctuation que nous avons en commun
avec le grec ? Tous, hormis le point, qui chez les Grecs se place
parfois en haut et équivaut alors à notre point-virgule ou nos deux
points.
La virgule, c’est comme pour nous.
Leur point-virgule correspond en revanche à notre point
d’interrogation. Vous vous familiariserez très vite avec cette
ponctuation fort simple.

Les dialectes
La langue grecque « standard », que je vais vous faire découvrir
ici, sera la langue attique. Ont pourtant existé en Grèce plusieurs
dialectes qui se sont succédé dans le temps et dans le lieu. C’est le
dialecte attique se parlant à Athènes qui s’est imposé comme
modèle. Lui-même tenait de l’ionien, parlé par l’historien
Hérodote. Après Alexandre, le dit « attique » deviendra la langue
dominante, même après avoir subi de légères influences, et
s’appellera la koinè, c’est-à-dire la langue générale, de l’adjectif
κοῖνος qui veut dire « commun ».
Les deux autres dialectes étaient l’éolien et le dorien. Le premier
se parlait en Thessalie, en Béotie et en Éolide. Le second, en
Étolie, Épire, proche du Phocidien parlé à Delphes. Vous l’aurez
compris, ces différents dialectes ont eu des interférences
auxquelles le choix de langue des auteurs est loin d’avoir été
étranger.
Mais pour vous pas d’inquiétude. Le grec attique suffira.
ÉCRIRE

Lire c’est bien. Écrire c’est encore mieux. Essayez ici


d’écrire en minuscules puis en majuscules plusieurs lignes de
α, ζ, μ, τ, η, ω, ξ, λ. Vous devez vous astreindre à respecter
les volumes des lettres les unes par rapport aux autres. Le η
descend, le θ monte par rapport à un π ou un ι ou un ε.
Reportez-vous à la liste que je vous ai faite plus haut pour
vérifier vous-même votre calli.graphie (belle manière
d’écrire) !
Pouvez-vous retranscrire en majuscules les mots propres suivants,
après vous être renseigné sur les personnages qu’ils désignent ?

̓Αρχιμήδης :
̓Αριστοφάνης :
Ἀριστοτἐλης :
Διογἐνης :
Ἐμπεδοκλῆς :
Θεμιστοκλῆς :
Θηραμἐνης :
Ἱπποκράτης :
Κλεισθἐνης :
Πολυκράτης :
Πραξιτἐλης :
Κύκλωψ :
Chapitre 2
Une langue flexionnelle
DANS CE CHAPITRE :
» Le domaine nominal et apparenté (nom/pronom/adjectif/participe) et ses
déclinaisons
» Le domaine verbal et ses conjugaisons

e grec est réputé être une langue difficile. Cela ne lui est pas
L propre. Difficile pourquoi ? Parce qu’il va falloir apprendre à
décliner les noms, conjuguer les verbes (bref le b.a.-ba de
toute langue), ce qui permet en effet d’illustrer les fonctions des
mots par des désinences finales, sans oublier de leur donner un
genre, un sexe grammatical, un nombre (singulier ou pluriel) et
d’indiquer pour les verbes les trois personnes du discours à tous
les temps, modes et voix.
Effectivement, il y a du travail. Mais la grammaire s’apprend. Et
au final, c’est presque plus simple ainsi. D’autant que cette science
de la langue est une science finie et qu’une fois qu’on la contrôle,
c’est (presque) pour la vie. Bref, cet apprentissage est fort
gratifiant.
On ne peut faire l’ellipse de ce travail qui consiste à apprendre des
formes. Je vais toutefois essayer d’assurer pour vous une
progression lente et de donner le plus possible des explications de
fond pour vous permettre de mieux retenir.
Rien d’original dans le plan : on commence par le nom et on verra
ensuite le verbe. J’essaimerai de-ci de-là des exercices simples
pour ponctuer votre travail de respirations que je souhaite non
apnéiques (de ἀ.πνἐω : absence de souffle).

Des déclinaisons (nominales,


pronominales, adjectivales)…
La langue grecque est une langue dite flexionnelle. Cela veut dire
qu’elle marque par la finale de ses mots leurs fonctions. Il s’agit de
« désinences » qui correspondent à des « cas ». Pour faire simple,
on peut dire que sur les cinq cas existant en grec :
» le nominatif, cas qui nomme, est le cas du sujet ;
» le vocatif, celui qui sert à appeler, est le cas de
l’apostrophe ;
» l’accusatif, le cas qui correspond à la question « quoi »,
c’est-à-dire le COD, est le cas de l’objet ;
» le génitif, correspondant à notre préposition « de », marque
le complément du nom et le complément d’origine ;
» le datif correspond plutôt à nos prépositions « à » et
« pour ». C’est le cas du complément d’intérêt,
d’attribution, de moyen, etc.
C’est vite dit. Plus loin, pour les amateurs de linguistique, je
donnerai des compléments d’information. Mais cela va vous
permettre de comprendre l’ordre dans lequel se présentent les
différentes formes que prend un même mot dans un tableau de
déclinaison et par la suite dans une phrase.
J’aurai l’occasion de préciser toutes les valeurs de sens exactes et
réelles de ces cas qui, tous au départ, présentent des fonctions bien
concrètes.
Il existe en grec ancien neuf espèces de mots, dont cinq sont
variables et quatre invariables :
» les variables, celles dont la forme est amenée à changer,
sont l’article, le nom, l’adjectif, le pronom et le verbe ;
» les invariables au nombre desquels figurent l’adverbe, la
préposition, la conjonction et l’interjection.

Les déclinaisons ou le domaine


nominal et apparenté
Pour le domaine nominal, on parlera de déclinaisons : au nombre
de trois, on les reconnaît toujours à la désinence choisie pour le
cas génitif. Du reste, quand on apprend un mot, il faut prendre
l’habitude de le nommer ainsi, avec son article (pour connaître son
« sexe » grammatical) au cas nominatif puis génitif.
Cela est valable pour les mots dits variables, qui ont trois
nombres : le singulier, le pluriel et le duel (employé tout
spécialement, mais jamais obligatoirement, quand on parle de
deux personnes ou de deux choses) ; et trois genres : le masculin,
le féminin et le neutre, de neuter (celui qui n’est ni l’un ni
l’autre). On dit l’homme ὁ ἀνήρ, la femme ἡ γυνή, la chose τό
χρῆμα.
La première déclinaison est constituée en grande partie de noms
féminins, dont les génitifs sont en -ας ou -ης selon le modèle. Il y
aura aussi des noms masculins.
La deuxième déclinaison se compose de noms masculins et
neutres, dont le génitif est toujours en -ου. Quelques féminins là
encore font exception.
La troisième, la plus complexe, présente de très nombreux
modèles (tout dépendra du radical du mot) avec toujours un génitif
en -ος.

L’article, le pilier de la phrase


grecque
L’article grec est un outil indispensable à la phrase grecque. Il
permet d’abord de préciser le sexe du mot.
Apprenons tout de suite sa déclinaison au singulier et au pluriel.
singulier pluriel
NOM. ὁ ἡ τό οἱ αἱ τά

VOC.

ACC. τόν τή τό τούς τάς τά

GÉN. τοῦ τῆς τοῦ τῶν τῶν τῶν

DAT. τῷ τῇ τῷ τοῖς ταῖς τοῖς

Si vous vous entraînez à répéter ces séries dans l’ordre vertical ou


horizontal, c’est-à-dire soit par genre, soit par cas (tout genre
confondu), vous remarquerez que le neutre a une forme commune
qui lui est propre pour les trois premiers cas du singulier comme
du pluriel (appelés « cas directs ») ; partout ailleurs (aux deux
autres cas dits indirects), il ressemble étrangement au genre
masculin. Le féminin, ici comme ailleurs, reste toujours à part.
C’est cela son charme.
On retrouve encore les nombreux balancements :
» ὁ μἑν… ὁ δἐ pour dire « celui-ci… celui-là », « l’un…
l’autre », « le premier… le second » pour le masculin ;
» au neutre τὸ μἐν… τὸ δἐ (voire τὰ μἐν… τὰ δἐ) pour dire
« tantôt… tantôt », « de-ci de-là », « d’un côté… de
l’autre » ;
» l’expression λόγῳ μἐν… ἔργῳ δἐ qui signifie « en
paroles… mais en actes », « en principe… mais en réalité ».
Il est temps à présent d’associer l’article avec les modèles des
noms de la première déclinaison. Pour toutes les déclinaisons,
vous remarquerez que le vocatif ne prend pas d’article.

La première déclinaison
Il y a trois modèles pour ce premier groupe de noms féminins :
» ἡ κεφαλή, τῆς κεφαλῆς : la tête (pas de quoi vous faire
pour autant j’espère une encéphalée, soit un mal dans la
tête) ;
» ἡ ἡμἐρα, τῆς ἡμἐρας : le jour (de quoi vous donner peut-
être envie d’écrire au jour le jour un ép.héméride…) ;
» ἡ γλῶττα, τῆς γλώττης : la langue (à moins que vous ne
choisissiez de rédiger tout un glossaire…).
Voici pour vous les tableaux des trois modèles.
ἡ κεφαλή, τῆς κεφαλῆς : la tête.
singulier pluriel
NOM. ἡ κεφαλή αἱ κεφαλαί

VOC. κεφαλή κεφαλαί

ACC. τὴν κεφαλήν τὰς κεφαλάς

GÉN. τῆς κεφαλῆς τῶν κεφαλῶν


DAT. τῇ κεφαλῇ ταῖς κεφαλαῖς

ἡ ἡμέρα, τῆς ἡμέρας : le jour.


singulier pluriel
NOM. ἡ ἡμἐρα αἱ ἡμἐραι

VOC. ἡμἐρα ἡμἐραι

ACC. τὴν ἡμἐραν τὰς ἡμἐρας

GÉN. τῆς ἡμἐρας τῶν ἡμερῶν

DAT. τῇ ἡμἐρᾳ ταῖς ἡμἐραις

ἡ γλῶττα, τῆς γλώττης : la langue.


singulier pluriel
NOM. ἡ γλῶττα αἱ γλῶτται

VOC. γλῶττα γλῶτται

ACC. τὴν γλῶτταν τὰς γλώττας

GÉN. τῆς γλώττης τῶν γλωττῶν

DAT. τῇ γλώττῃ ταῖς γλώτταις

Liste de vocabulaire

NOMS EN - η
ἡ ἀνάγκη : la nécessité.
ἡ γνώμη : l’opinion, la sentence.
ἡ ζώνη : la ceinture.
ἡ κόρη : la jeune fille.
ἡ λήθη : l’oubli.
ἡ λύπη : le chagrin.
ἡ νίκη : la victoire.
ἡ μάχη : le combat, la bataille.
ἡ ῥώμη : la force, la puissance.
ἡ τἐχνη : l’art, l’exercice.
ἡ τύχη : le hasard.
ἡ φήμη : la parole.
ἡ ἀρετή : la vertu.
ἡ ἀρχή : le commencement, le commandement.
ἡ γή : la terre.
ἡ ἡδονή : le plaisir.
ἡ ὀργή : la colère.
ἡ πομπή : le cortège.
ἡ σιγή : le silence.
ἡ σχολή : le loisir.
ἡ τελευτή : la fin, la mort.
ἡ τιμή : le prix, l’honneur.
ἡ φυγή : la fuite.
ἡ φωνή : le son.
ἡ ψυχή : l’âme.

NOMS EN -α LONG
ἡ ἀγορά : la place publique, la foule.
ἡ θύρα : la porte.
ἡ χώρα : l’espace de terre, la place, le pays.
ἡ θἐα : la déesse.
ἡ στόα : le portique.
ἡ ἀδικία : l’injustice.
ἡ εὔνοια : la bienveillance.
ἡ παιδεία : l’éducation.
ἡ σοφία : la sagesse, la science.
ἡ χώρα : la région.
ἡ αἰτία : la cause.
ἡ οἰκία : la maison.
NOMS EN -α BREF
ἡ μοῦσα : la muse.
ἡ δἐσποινα : la maîtresse.
ἡ θεράπαινα : la servante.
ἡ γλῶττα : la langue.
ἡ μἐλιττα : la guêpe.
ἡ δίαιτα : le régime.
ἡ δόξα : l’opinion.
ἡ δίψα : la soif.
ἡ πείνα : la faim.
ἡ τόλμα : l’audace.
ἡ θάλαττα : la mer.
ἡ τράπεζα : la table.
Donnez le génitif singulier de la maison, l’accusatif singulier de la
soif, le datif singulier de la mer.

RÉPONSES
τῆς οἰκίας, τὴν δίψαν, τῇ θαλάττῃ.
DEUX EXCEPTIONS « MASCULINES » DANS LA
PREMIÈRE DÉCLINAISON
ὁ πολίτης, τοῦ πολίτου : le citoyen (celui qui vit dans la polis : la
cité).
singulier
pluriel
NOM.
ὁ πολίτης
οἱ πολῖται
VOC.
πολῖτα
πολῖται
ACC.
τὸν πολίτην
τοὺς πολίτας
GÉN.
τοῦ πολίτου
τῶν πολίτων
DAT.
τῷ πολίτῃ
τοῖς πολίταις
ὁ νεανίας, τοῦ νεανίου : le jeune homme.
singulier
pluriel
NOM.
ὁ νεανίας
οἱ νεανίαι
VOC.
νεανία
νεανίαι
ACC.
τὸν νεανίαν
τοὺς νεανίας
GÉN.
τοῦ νεανίου
τῶν νεανίων
DAT.
τῷ νεανίᾳ
τοῖς νεανίοις

Liste de vocabulaire
ὁ δεσπότης : le maître.
ὁ μαθητής : le disciple.
ὁ ποιητής : le poète.
ὁ ὁπλίτης : le soldat.
ὁ ὑπηρἐτης : le serviteur.
ὁ ἀθλητής : l’athlète.
ὁ δικαστής : le maître.
ὁ σοφιστής : le sophiste.
ὁ ὑποκριτής : le comédien.
ὁ χορευτής : le choreute.
ὁ ἰδιώτης : le particulier.
ὁ ταμίας : l’intendant.
Et surtout beaucoup de noms propres tels :
Αἰνείας : Énée.
Επαμεινώνδας : Épaminondas.
Πελοπίδας : Pélopidas.
Παυσανίας : Pausanias.
Λεωνίδας : Léonidas.
Καλλίας : Kallias.
Πρωταγόρας : Protagoras.
N’hésitez pas à vous renseigner sur ces différents personnages
célèbres de l’Antiquité. Cela vous fera une petite halte.

La deuxième déclinaison
La deuxième déclinaison a deux modèles simplement.
L’un pour les noms essentiellement masculins (même s’il y aura
quelques féminins dans cette série) :
ὁ λόγος, τοῦ λόγου, la parole.
singulier pluriel
NOM. ὁ λόγος οἱ λόγοι
VOC. λόγε λόγοι

ACC. τὸν λόγον τοὺς λόγους

GÉN. τοῦ λόγου τῶν λόγων

DAT. τῷ λόγῳ τοῖς λόγοις

Pour les noms neutres, on a coutume d’apprendre cet autre


modèle :
τὸ δῶρον, τοῦ δώρου, le don.
singulier pluriel
NOM. τὸ δῶρον τά δῶρα

VOC. δῶρον δῶρα

ACC. τὸ δῶρον τά δῶρα

GÉN. τοῦ δώρου τῶν δώρων

DAT. τῷ δώρῳ τοῖς δώροις

Liste de vocabulaire

NOMS MASCULINS
ὁ ἄνθρωπος : l’homme.
ὁ διδάσκαλος : le précepteur.
ὁ θάνατος : la mort.
ὁ πόλεμος : la guerre.
ὁ ἥλιος : le soleil.
ὁ ἵππος : le cheval.
ὁ ὕπνος : le sommeil.
ὁ δῆμος : le peuple.
ὁ ἀδελφός : le frère.
ὁ ἀριθμός : le chiffre.
ὁ ποταμός : le fleuve.
Voici plusieurs noms communs dérivés des mots grecs ci-dessus :
un anthropo.logue, des didasc.alies, l’eu.thanasie, une polémique,
l’hélio.trope (alias le tournesol), un hippo. potame, hypnotiser, la
démocratie, l’arithmétique.

NOMS FÉMININS
ἡ ἄμπελος : la vigne.
ἡ ἤπειρος : le continent.
ἡ βίϐλος : le livre.
ἡ νόσος : la maladie.
ἡ παρθἐνος : la jeune fille.
ἡ νῆσος : l’île.
ἠ θἐος : la déesse.
ἡ τροφός : la nourrice.
ἡ ὁδός : la route.

NOMS NEUTRES
τὸ ἄριστον : le déjeuner.
τὸ ἱμάτιον : l’habit, le
manteau.
τὸ φάρμακον : le remède, le poison.
τὸ ἔργον : le travail, l’acte.
τὸ μἐτρον : la mesure.
τὸ ὅπλον : l’arme.
τὸ τόξον : l’arc.
τὸ ἆθλον : la récompense.
τὸ δεῖπνον : le dîner.
τὸ πτερόν : l’aile.
τὸ σημεῖον : le signe.
τὸ πλοῖον : le bateau.
τὸ ἱερόν : le sanctuaire.
Donnez le datif singulier du taureau, le nominatif pluriel du
remède, le vocatif singulier de la route.

RÉPONSES
τῷ ταύρῳ, τὰ φάρμακα, ὅδε.

Les adjectifs du premier groupe


Vous pouvez apprendre tout de suite le modèle des adjectifs du
premier groupe, puisqu’il reprend en fait les bases de ces deux
premières déclinaisons : il s’agit de l’adjectif ἀγαθός, ἀγαθή,
ἀγαθόν : bon.
À vous de faire. Le masculin se décline comme ὁ λόγος, le
féminin comme ἡ κεφαλή, et le neutre comme τὸ δῶρον. Je vous
laisse de la place pour écrire les formes du singulier :
NOM. ἀγαθός ἀγαθή ἀγαθόν

VOC.

ACC.

GÉN.

DAT.

et celles du pluriel :
NOM.

VOC.

ACC.

GÉN.

DAT.

Liste de vocabulaire

ADJECTIFS EN -ος, -η, -ον


κακός : méchant.
μακρός : long.
μικρός : petit.
ἴσος : égal (comme dans isocèle).
κοινός : commun.
κοῦφος : léger.
μόνος : seul (mono.lithique).
ξἐνος : étranger (xéno. phobie).
ὀρθος : droit (ortho.graphie).
σεμνός : sacré, vénérable.
πιστός : confiant, dévoué, fidèle.
στενός : court, resserré (sténo.dactylo).
φαῦλος : vil, de mauvaise qualité.
φίλος : aimé, chéri.
χαλεπός : difficile, pénible.

ADJECTIFS EN -ος, -α, -ον


ἀναγκαῖος : nécessaire.
θεῖος : divin.
οἰκεῖος : familier, de la maison (éco.nomie).
σπουδαῖος : zélé, vif.
ἄξιος : de valeur (axio.logie).
μακάριος : bienheureux.
ῥᾴδιος : aisé, facile.
τίμιος : de prix, de valeur.
αἰσχρός : honteux.
λαμπρός : lumineux.
πονηρός : misérable, malheureux.

ADJECTIFS EN -ος, -ος, -ον


On les appelle « épicènes » car ils ont une forme commune
(κοινός, κοινή, κοινόν) pour le masculin et le féminin.
πανοῦργος (Panurge) : apte à tout faire.
παράνομος : illégal (litt. qui va contre la règle).
ἄδικος : injuste.
ἄλογος : sans raison, absurde.
ἄπειρος : inexpérimenté.
ἔμπειρος : expérimenté.
Déclinez ensemble à tous les cas les groupes de mots suivants :

le bon citoyen : ὁ ἀγαθὸς πολίτης.


la méchante maladie : ἡ κακὴ νόσος.
la belle jeune fille : ἡ καλὴ παρθἐνος.
le maître injuste : ὁ ἄδικος δεσπότης.
la petite table : ἡ (σ) μικρά τράπεζα.
la balle et la ceinture : ἡ σφαῖρα καί ἡ ζώνη.
L’ADJECTIF ET SES DEGRÉS… OU LES
COMPARATIFS ET SUPERLATIFS !
Les désinences de comparatifs et superlatifs réguliers sont :
- τερος - τερα - τερον

- τατος - τάτη - τατον

Elles viennent s’ajouter au radical de l’adjectif masculin.


Αinsi, si l’ο final de l’adjectif est précédé d’une syllabe longue, il restera
sans changement devant les désinences :
» δίκαιος (juste) fera donc δικαιότερος (plus juste) et
δικαιότατος (très juste) ;
» λεπτός (menu) fera λεπτότερος, λεπτότατος ;
» ἔνδοξος (illustre) fera ένδοξότερος, ένδοξότατος.
Si, au contraire, il est précédé d’une syllabe brève, il devra s’allonger en
ω. Savez-vous pourquoi ? Parce qu’on ne peut avoir en grec plus de trois
syllabes courtes qui s’enchaînent (le modèle de mesure grecque
maximum étant le tri.braque à savoir tois syllabes courtes).
Ainsi les comparatif et superlatif de χαλεπός seront χαλεπώτερος,
χαλεπώτατος.
Quel sera le comparatif de l’adjectif πλουσίος ? Il s’agira de
πλουσιώτερος, α, ον.

Le superlatif de ὑψηλός ? ὑψηλότατος, η, ον.


Le comparatif de δεῖλος ? δειλότερος, α, ον.
Le superlatif de σοφός ? σοφώτατος, η, ον.
πλουσιώτερος ἢ Κροῖσος : plus riche que Crésus.
τὸ ὑψηλότατον τῶν δἐνδρων : le plus haut des arbres.
Vous découvrez ici les deux constructions classiques du
comparatif et du superlatif.

On pourra trouver également pour le complément du comparatif


l’emploi du génitif : πλουσιώτερος Κροίσου.
CAS D’ESPÈCES
D’autres adjectifs, plus irréguliers, forment leurs comparatif et superlatif
autrement.
Quand le comparatif est en -ιων, ιονος, le superlatif correspondant est en
- ιστος, η, ον.
Vous déclinerez le premier comme εὐδαίμων et le second comme
ἀγαθός.
Les voici au positif, au comparatif et au superlatif :
bon, brave ἀγαθός βελτίων βἐλτιστος

préférable ἀμείνων ἄριστος

supérieur κρείττων κράτιστος

mauvais, méchant κακός κακίων κάκιστος

beau καλός καλλίων κάλλιστος


laid αἰσχρός αἰσχίων αἴσχιστος

grand μéγας μείζων μἐγιστος

petit μικρός μείων μικρότατος

peu nombreux ὀλίγος λάττων έλάχιστος

nombreux πολύς πλείων πλεῖστος

facile ῥᾴδιος ῥᾴων ῥᾷστος

prompt, rapide ταχύς θάττων τάχιστος

La troisième déclinaison
Cette déclinaison est la plus complexe des trois, tant les modèles
en sont nombreux. Elle renferme des noms masculins, féminins et
neutres.
Généralement le radical des noms de la troisième déclinaison se
termine par une consonne, muette, liquide, sifflante, etc.
ὁ δαίμων, τοῦ δαίμονος : la divinité (bonne ou mauvaise, même
si, en français, nous n’avons retenu que le démon !).
singulier pluriel
NOM. ὁ δαίμων οἱ δαίμονες

VOC. δαῖμον δαίμονες

ACC. τὸν δαίμονα τοὺς δαίμονας

GÉN. τοῦ δαίμονος τῶν δαιμόνων

DAT. τῷ δαίμονι τοῖς δαίμοσι

Liste de vocabulaire
ὁ ἀγών : le combat.
ὁ χείμων : la tempête.
ὁ χιτών : la tunique.
ἡ εἰκών : l’image.
ἡ χιών : la neige.
ἡ χελιδών : l’hirondelle.
ὁ ἀλαζών : le fanfaron.
ὁ κανών : la règle.
τὸ σῶμα, τοῦ σώματος : le corps.
singulier pluriel
NOM. τὸ σῶμα τὰ σώματα

VOC.

ACC. τὸ σῶμα τὰ σώματα

GÉN. τοῦ σώματος τῶν σώματων

DAT. τῷ σώματι τοῖς σώμασι

Liste de vocabulaire
τὸ ἀρμα : le char.
τὸ γράμμα : la lettre.
τὸ δερμα : la peau le cuir.
τὸ στομα : la bouche.
τὸ αἅμα : le sang.
τὸ θαῦμα : la merveille, le prodige.
τὸ ὄνομα : le nom.
τὸ στρατευμα : l’armée.
τὸ χρῆμα : la chose.
τὰ χρήματα : les richesses.
ὁ κόραξ, τοῦ κόρακος : le corbeau.
singulier pluriel
NOM. ὁ κόραξ οἱ κόρακες

VOC.

ACC. τὸν κόρακα τοὺς κόρακας

GÉN. τοῦ κόρακος τῶν κοράκων

DAT. τῷ κόρακι τοῖς κόραξι


Liste de vocabulaire
ἡ αἰξ, αἰγός : la chèvre.
ἡ ἀλώπηξ, ἀλώπεκος : le renard.
ἡ γλαῦξ, γλαυκός : la chouette.
ἡ μύρμηξ, μύρμηκος : la fourmi.
ὁ τἐττιξ, τἐττιγος : la cigale.
ἡ μάστιξ, μάστιγος : le fouet.
ὁ κῆρυξ, κήρυκος : le héraut.
ὁ ὄνυξ, ὄνυκος : l’ongle.
ἡ φλόξ, φλογός : la flamme.
ὁ φύλαξ, φύλακος : le gardien.
ἡ πόλις, τῆς πόλεως : la ville, la cité.
singulier pluriel
NOM. ἡ πόλις αἱ πόλεις

VOC.

ACC. τὴν πόλιν τὰς πόλεις

GÉN. τῆς πόλεως τῶν πόλεων

DAT. τῇ πόλει ταῖς πόλεσι

Liste de vocabulaire
ἡ ἀκρόπολις : la citadelle.
ἡ γἐνησις : la naissance.
ἡ δύναμις : la puissance.
ἡ κίνησις : le mouvement.
ἡ φρόνησις : la pensée, la réflexion.
ὁ μάντις : le devin.
ἡ πίστις : la confiance.
ἡ τάξις : la place.
ἡ ὕϐρις : l’orgueil.
ἡ κρᾶσις : le mélange.
ἡ χρῆσις : l’usage.
τὸ τεῖχος, τοῦ τείχους : le rempart.
singulier pluriel
NOM. τὸ τεῖχος τὰ τείχη

VOC.

ACC. τὸ τεῖχος τὰ τείχη

GÉN. τοῦ τείχους τῶν τείχῶν

DAT. τῷ τείχει τοῖς τείχεσι

Liste de vocabulaire
τὸ βάθος : la profondeur.
τὸ βάρος : la pesanteur.
τὸ ὕψος : la hauteur.
τὸ εὖρος : la largeur.
τὸ πάθος : la souffrance.
τὸ κἐρδος : le gain.
τὸ μἐγεθος : la grandeur.
τὸ μῆκος : la longueur.
τὸ πλῆθος : la foule.
τὸ ὄρος : la montagne.
τὸ ἔθος : l’année.
τὸ ἔθνος : le peuple.
τὸ μῖσος : la haine.
τὸ ξίφος : l’épée.
τὸ δἐος : la crainte.
Sans compter d’autres modèles encore, comme :
ἡ φλἐψ, τῆς φλεϐός : la veine.
ἡ φροντίς, τῆς φροντίδος : le souci (ce qu’on a à l’esprit).
ὁ φώρ, τοῦ φωρός : le voleur.
τὸ κρἐας, τοῦ κρἐως : la viande, la chair crue.
ὁ ἰχθῦς, τοῦ ἰχθύος : le poisson.
ὁ βασιλεύς, τοῦ βασιλἐως : le roi.
ὁ πατήρ, τοῦ πατρός : le père.
ὁ ἀνήρ, τοῦ ἀνδρός : l’homme.
Donnez :

l’accusatif pluriel de la veine :


le datif singulier du souci :
le nominatif pluriel du voleur :
le génitif pluriel du poisson :
l’accusatif pluriel de l’homme :
le nominatif pluriel du père :
le vocatif singulier de Socrate :

RÉPONSES
φλεϐάς, φροντίδι, φώρες, ἱχθύων, ἄνδρας, πατἐρες, Σώκρατες.
NOMS IRRÉGULIERS OU DIFFICILES
τὸ γάλα, τοῦ γαλακτος
ἡ γυνή, τῆς γυναικός
τὸ γόνυ, τοῦ γόνατος
τὸ δόρυ, τοῦ δόρατος
ὁ Ζεύς, τοῦ δίος
ἡ θρίξ, τῆς τρίκος
τὸ οὖς, τοῦ ὠτός
ὁ πούς, τοῦ ποδός
ὁ κύων, τοῦ κυνός
τὸ ὑδωρ, τοῦ ὑδατος
ἡ χείρ, τῆς χειρός
Volontairement, je n’ai pas donné la traduction de ces mots que vous
pourrez deviner parfois, en vous aidant des noms français qui en
découlent : le lait (galacté), la femme (gynéco.logie), le genou, la lance,
Zeus, le cheveu, l’oreille (oto. rhino.laryngo.logie), le pied (podo.logue),
le chien (les Cyniques), l’eau (hydro…), la main (la chir.urgie ou la
chiro.mancienne).

Les adjectifs du deuxième groupe


Ces adjectifs se déclinent selon le modèle de la troisième
déclinaison. Il y a deux modèles :
» εὐδαίμων (masc.), εὐδαίμων (fém.), εὔδαιμον (neutre) :
heureux (car la divinité lui est favorable). Je vous renvoie
simplement à la déclinaison du modèle ἠ δαίμων.
À vous de le réciter de mémoire. Si quelque forme vous résiste,
faites un retour en arrière.
» ἀληθής (masc.), ἀληθής (fém.), ἀληθἐς (neutre) : vrai, pas
caché (α privatif et ληθή : l’oubli)
singulier
NOM. ἀληθής ἀληθής ἀληθἐς

VOC. ἀληθἐς ἀληθἐς ἀλεθἐς

ACC. ἀληθῆ ἀληθῆ ἀληθἐς

GÉN. ἀληθοῦς ἀληθοῦς ἀληθοῦς

DAT. ἀληθεῖ ἀληθεῖ ἀληθεῖ

pluriel
NOM. ἀληθεῖς ἀληθεῖς ἀληθῆ

VOC.

ACC. ἀληθεῖς ἀληθεῖς ἀληθῆ

GÉN. ἀληθῶν ἀληθῶν ἀληθῶν

DAT. ἀλήθεσι ἀλήθεσι ἀλήθεσι

ἡδύς, ἡδεία, ἡδύ, UN MODÈLE D’ADJECTIFS POUR SE


FAIRE PLAISIR !
Cet adjectif est en effet à l’origine de la famille de mots qui parle du
bonheur : l’hédonisme…
singulier pluriel
NOM. ἡδύς ἡδεῖα ἡδύ ἡδεῖς ἡδεῖαι ἡδἐα

VOC. ἡδύ ἡδεῖα ἡδύ

ACC. ἡδύν ἡδείαν ἡδύ ἡδεῖς ἡδείας ἡδἐα

GEN. ἡδἐος ἡδείας ἡδἐος ἡδἐων ἡδειῶν ἡδἐων

DAT. ἡδεῖ ἡδείᾳ ἡδεῖ ἡδἐσι ἡδείαις ἡδἐσι

Citons quelques adjectifs usuels qui suivent la même déclinaison : βαρύς


(lourd), βαθύς (profond), εὐρύς (large), ὀξύς (aigu), παχύς (épais),
γλυκύς (doux).
Qu’est-ce qu’un baro.mètre ? Un bathy.scaphe ? D’où vient le nom
d’Europe ? L’oxy.gène ? Un pachi.derme ? La glycémie ?
Son comparatif en -ιων et son superlatif en -ιστος se formeront comme
ceux des adjectifs dits irréguliers : ἡδίων, ἡδίονος, ἥδιστος.
LES ADJECTIFS QU’ON DIT IRRÉGULIERS OU
MIXTES
πᾶς πάσα, πᾶν se révèle être un subtil mélange de 1e déclinaison pour le
féminin et de 3e pour le masculin et le neutre.
singulier pluriel
NOM. πᾶς πᾶσα πᾶν πάντες πᾶσαι πάντα

VOC.

ACC. πάντα πᾶσαν πᾶν πάντας πάσας πάντα

GÉN. παντός πάσης παντός πάντων πασῶν πάντων

DAT. παντί πάσῃ πάντι πᾶσι πάσαις πᾶσι

L’adjectif πολύς, πολλή, πολύ issu de la racine de l’abondance pl, pel,


pol est surtout irrégulier au singulier, mais son pluriel ne pose aucun
problème : πολλοί, πολλαί, πολλά.
singulier
NOM. πολύς πολλή πολύ
VOC.

ACC. πολύν πολλήν πολύ

GÉN. πολλοῦ πολλῆς πολλοῦ

DAT. πολλῷ πολλῇ πολλῷ

À vous de le décliner ici :


pluriel
NOM. πολλοί πολλαί πολλά

VOC. __________ __________ __________

ACC. __________ __________ __________

GÉN. __________ __________ __________

DAT. __________ __________ __________

Mode d’emploi : employé au singulier, cet adjectif dont l’équivalent


latin est multus (qui a donné la multitude) signifie « considérable »,
« important », etc. Ainsi πολλὴ ὁδός voudra dire « beaucoup de
chemin/de route » et πολλὴ χώρα « un vaste pays ».
Au pluriel, πολλοί, πολλαί, πολλά veut dire « nombreux », « plusieurs »,
« beaucoup de ». Précédé de l’article, οἱ πολλοί désigne la foule, le
grand nombre, la plupart.
Au neutre, employé au pluriel, τὰ πολλά prend une valeur d’adverbe et
signifie : « la plupart du temps », « d’ordinaire ». Quant à πολύ au
singulier, il équivaut à un adverbe et veut dire « beaucoup ».
Il en va de même pour μἐγας, μεγάλη, μἐγαν qui signifie « grand » :
singulier
NOM. μέγας μεγάλη μέγα

VOC.

ACC. μέγαν μεγάλην μέγα

GÉN. μεγάλου μεγάλης μεγάλου

DAT. μεγάλῳ μεγάλῃ μεγάλῳ

dont je vous laisse à présent compléter les formes plurielles :


pluriel
NOM. μεγάλοι μεγάλαι μεγάλα

VOC. __________ __________ __________

ACC. __________ __________ __________

GÉN. __________ __________ __________

DAT. __________ __________ __________

Les pronoms/adjectifs démonstratifs


Ils sont au nombre de trois pour marquer le positionnement dans
l’espace, de l’objet le plus près au plus lointain.
» Le premier, ὅδε, ήδε, τόδε, qui n’est autre que l’article
suivi de la particule déictique invariable -δε, s’applique à
montrer du doigt l’objet le plus proche.
À vous d’en écrire les formes du singulier et du pluriel, aux trois
genres :
singulier pluriel
NOM.

VOC.

ACC.

GÉN.

DAT.

On rencontre assez fréquemment, surtout dans les textes


archaïques comme ceux d’Homère ou d’Hésiode, un autre
démonstratif qui ressemble fort à un article auquel on a rajouté la
désinence de masculin -ς : il s’agit de ὅς, ἥ, ὅ.
Par exemple, dans des locutions toutes faites, comme καὶ ὅς (et
lui) ou ἧ δ᾽ ὅς (dit-il) en incise (soit au milieu d’une phrase).
» Le deuxième, οὗτος, αὕτη, τοῦτο, bâti sur un double thème,
à savoir -os pour le masculin et le féminin et -to pour le
neutre au nominatif, désigne quant à lui un objet plus
lointain.
singulier pluriel
NOM. οὗτος αὕτη τοῦτο οὗτοι αὗται ταῦτα

VOC.

ACC. τοῦτον ταύτην τοῦτο τούτους ταύτας ταῦτα

GÉN. τούτου ταύτης τούτου τούτων τούτων τούτων

DAT. τούτῳ ταύτῃ τούτῳ τούτοις ταύταις τούτοις

La plupart du temps on a l’habitude de traduire une forme grecque


au neutre par le mot « choses ». Sauf que, en bon français, on
préférera toujours chercher des variantes plus légères comme un
singulier neutre, un nom, etc. :
μετὰ ταῦτα : après cela, ensuite.
πρὸς ταῦτα : outre cela, en plus.
διὰ ταῦτα : à cause de cela, c’est pourquoi.
Et si vous trouvez l’expression λἐγει τάδε, vous la traduirez par
« voici ses paroles », plutôt que par « il dit ces choses ».
Que proposez-vous pour traduire ce qui suit ?
ἀνδρεῖα πράττει : il agit courageusement (en homme).
καλὰ ἄιδουσι : ils chantent bien.
χαλεπὰ ἀγγἐλλει : il donne de pénibles nouvelles.
» Le troisième, έκεῖνος, έκείνη, έκεῖνο, s’emploie pour
pointer l’objet le plus lointain.
NOM. έκεῖνος έκείνη έκεῖνο

VOC.

ACC. έκεῖνον έκείνην έκεῖνο

GÉN. έκείνου έκείνης έκείνου

DAT. έκείνῳ έκείνῃ έκείνῳ

Voici son pluriel à compléter par vos soins :


NOM. έκεῖνοι έκεῖναι έκεῖνα

VOC.

ACC.
GÉN.

DAT.

Ces trois outils de présentation possèdent un autre sens : le


premier, si près de moi, a une raison d’être à moi, le deuxième
d’être à toi, le troisième d’être à celui qui n’est ni moi ni toi, mais
lui, la 3e personne.
Aussi ne faudra-t-il pas s’étonner que les démonstratifs possèdent
une valeur de sens possessive :
ὅδε ὁ βίϐλος voudra dire à la fois « ce livre-ci » et « mon livre ».
οὑτος ὁ βίϐλος signifiera « ce livre-là » et « ton livre ».
έκεῖνος ὁ βίϐλος signifiera « ce livre-là » encore et « son livre ».
Οὗτος comme έκεῖνος se chargent enfin d’une autre valeur qui
sera dépréciative et péjorative pour le premier (οὗτος ὁ ἀνήρ
désignera ce funeste individu, ce mécréant, l’ennemi, l’adversaire),
laudative ou emphatique pour l’autre (έκεῖνος ὁ ἀνήρ : cet homme
illustre, ce héros, etc.).
Essayez de traduire les expressions suivantes :

Ce citoyen-ci et ce matelot-là sont frères.


Conseille ces citoyens sur ces matières (au sujet de ces choses).

RÉPONSES
Ἥδε ἡ ὁδὸς ῥᾳδία καὶ εὔπορός έστιν.
Αὕτη δὲ στενὴ καὶ χαλεπή.

Les pronoms relatifs


ὅς, ἥ, ὅ et ses deux variantes :
» ὅσπερ, ἥπερ, ὅπερ (celui qui précisément), formé du relatif
et de la particule invariable – περ ;
» ὅστις, ἥτις, ὅτι, le relatif indéfini (quiconque), formé du
relatif et de l’indéfini τις.
singulier pluriel
NOM. ὅς ἥ ὅ οἵ αἵ ἅ

VOC.

ACC. ὅν ἥν ὅ οὕς ἅς ἅ

GÉN. οὗ ἧς οὗ ὧν ὧν ὧν

DAT. ᾧ ᾗ ᾧ οἷς αἷς οἷς

Vous n’aurez pas de peine à écrire par vous-même les formes des
deux autres relatifs, sachant que, pour le premier, la particule -περ
est invariable et que, pour le second, vous adjoindrez au relatif
simple l’indéfini, que vous allez découvrir juste après.
singulier pluriel
NOM. ὅσπερ ἥπερ ὅπερ οἵπερ αἵπερ ἅπερ

VOC.

ACC.

GÉN.

DAT.

singulier pluriel
NOM. ὅστις ἥτις ὅτι οἵτινες αἵτινες ἅτινα

VOC.

ACC.

GÉN.

DAT.

τίς, τίς, τί ET τις, τις, τι, DEUX HOMONYMES, À


L’ACCENT PRÈS !

Attention à ne surtout pas confondre ces deux outils.


Le premier, accentué, est le pronom interrogatif : Qui ? Lequel ?
Laquelle ? Quelle chose ?
Τίς ἔρχεται : Qui vient là ?
Τί λἐγεις : Que dis-tu ?
Le second, sans accent tonique, enclitique, est le pronom indéfini qui
équivaut souvent à notre article indéfini ou au pronom « on ». ̓Έρχεταί
τις veut dire « on vient » (quelqu’un vient). On ne le rencontrera jamais
en tête de phrase.
Hormis l’accent, ils se déclinent tous deux de semblable façon. La
preuve :
L’interrogatif, l’indéfini.
singulierInterrogatif Indéfini
NOM. τίς τίς τί τις τις τι

VOC.

ACC. τίνα τίνα τί τινά τινά τι

GÉN. τίνος τίνος τίνος τινός τινός τινός

DAT. τίνι τίνι τίνι τινί τινί τινί

plurielInterrogatif Indéfini
NOM. τίνες τίνες τίνα τινἐς τινἐς τινά (ἄττα)

VOC.

ACC. τίνας τίνας τίνα τινάς τινάς τινά

GÉN. τίνων τίνων τίνων τινῶν τινῶν τινῶν

DAT. τίσι (ν) τίσι (ν) τίσι (ν) τισί (ν) τισί (ν) τισί (ν)

Retenez les variantes des formes de génitif et de datif singuliers de


l’interrogatif : τίνος/τοῦ et τίνι/τῷ.

Il existe également deux outils qui insistent, pour l’un sur la


qualité (ποῖος, ποία, ποίον) pour l’autre sur la quantité (πόσος,
πόση, πόσον). Ils sont souvent accompagnés de leurs éléments
corrélatifs : τοιoῦτος, τοιαύτη, τοιοῦτο pour le premier et
τοσοῦτος, τοσαύτη, τοσοῦτο pour le second.

… aux conjugaisons (le domaine du


verbe)
Pour les verbes, nous parlerons de conjugaison. On met ensemble
(con venant de cum) des formes sous un même joug (jugum vient
de ζῦγον).
Il existe deux catégories de verbes :
» les verbes dits thématiques (les verbes en -ω), les plus
nombreux, qui rattachent les désinences au radical par une
voyelle de liaison ;
» les verbes dits athématiques (les verbes en -μι), les plus
anciens, qui rattachent directement les désinences au radical
sans liaison.

Les spécificités des verbes


thématiques
Les verbes thématiques en -ω se divisent eux-mêmes en deux
classes :
» ceux dont le radical se termine par une voyelle comme υ ou
ι ;
» ceux dont le radical se termine par une des voyelles α, ε ou
ο.
Le modèle des premiers est le verbe λύω (je délie).
Les modèles des seconds seront les verbes dits contractes.
Mais qu’est-ce que veut dire un « verbe thématique » ? Seulement
qu’il présente, entre son radical et les désinences qui vont marquer
les différentes personnes (première, deuxième et troisième) du
singulier et du pluriel, une voyelle qui sera par alternance soit un e
soit un o selon les personnes.
Point n’est donc nécessaire, vous l’aurez compris, de toujours
exprimer le pronom sujet du verbe, sauf si l’on veut insister, par
exemple dans une opposition : on peut dire sans utiliser de pronom
« je suis » (εἰμί), « tu seras » (ἔσει), etc., mais on rajoutera ledit
pronom dans des tournures comme :
» Moi, je suis… tandis que toi, tu es : έγὼ μἐν εἰμί… σὺ δ᾽ εἶ.
» C’est toi qui ordonnes cela ? : Σὺ τοῦτο κελεύεις.
LES PRONOMS PERSONNELS
Il existe trois personnes du discours : la première, la deuxième et la
troisième, au singulier comme au pluriel : je, tu, il/elle ; nous, vous,
ils/elles.
Pour la première au singulier et au pluriel :
singulier pluriel
NOM. έγώ ἡμεῖς

ACC. έμἐ/με ἡμᾶς

GÉN. έμοῦ/μου ἡμῶν

DAT. έμοί/μοι ἡμῖν

Pour la deuxième :
singulierpluriel
NOM. σύ ὑμεῖς

ACC. σἐ/σε ὑμᾶς

GÉN. σοῦ/ σου ὑμῶν

DAT. σοί/ σοι ὑμῖν

Pour la troisième personne, le grec a recours au pronom anaphorique


(outil de rappel) ou aux pronoms démonstratifs (vus plus haut).
Le pronom adjectif αὐτός, αὐτή, αὐτό sert à reprendre un mot de la
phrase précédente : « Pierre est venu hier. Il… »« Il » sert le plus
souvent de pronom personnel de troisième personne.
singulier pluriel
NOM. αὐτός αὐτή αὐτό αὐτοί αὐταί αὐτά

VOC.

ACC. αὐτόν αὐτήν αὐτό αὐτούς αὐτάς αὐτά

GÉN. αὐτοῦ αὐτῆς αὐτοῦ αὐτῶν αὐτῶν αὐτῶν

DAT. αὐτῷ αὐτῇ αὐτῷ αὐτοῖς αὐταῖς αὐτοῖς

Selon sa place, le pronom adjectif αὐτός, αὐτή, αὐτό présente deux


autres sens :

» ὁ ἀνὴρ αὐτός veut dire « l’homme lui-même », « l’homme


en personne » ;
» ὁ αὐτὸς ἀνήρ signifie « le même homme ».
LES POSSESSIFS
Les adjectifs possessifs qui correspondent aux pronoms personnels sont
au singulier :
» έμός, έμή, έμόν : mon, ma.
» σός, σή, σόν : ton, ta.
et au pluriel :
» ἡμἐτερος, ἡμετἐρα, ἡμἐτερον : notre.
» ὑμἐτερος, ὑμετἐρα, ὑμἐτερον : votre.
Quant aux pronoms réfléchis « me », « te », « se », ils seront
formés à partir du personnel suivi du pronom de rappel. Ainsi :

» pour la première personne : έμ.αυτόν, έμ.αυτήν, έμ.αυτόν ;


» pour la deuxième : σε.αυτόν, σε.αυτήν, σε.αυτον ;
» et pour la troisième : ἑ.αυτόν, ἑ.αυτήν, ἑ.αυτό ou même
αὕτον avec perte du e.
Ne pas confondre donc ce ἅυτον à esprit rude avec le αὐτόν à
esprit doux de l’outil anaphorique. Vous mesurez très vite en grec
l’importance des esprits !
Le premier challenge est donc de vous faire découvrir et retenir le
modèle du verbe λύειν. Il me semble que, lorsqu’on maîtrise bien
sa conjugaison, le plus dur est fait.
Faut-il vous rappeler qu’un verbe existe à plusieurs modes ? J’ai
oublié de vous dire que faire du grec, c’est revoir toutes ses bases
grammaticales. Un avantage de plus par les temps qui courent où
nous devenons tous plus ou moins oublieux de la correction des
formes !

Les voix sont au nombre de trois


Un verbe se conjugue à trois voix. Commençons par la voix
active : ce qui laisse présager qu’il y aura bien ensuite la voix
passive. Et autant vous le dire tout de suite, vous devrez également
apprendre une troisième voix, la voix moyenne.
J’explique :
» « J’aime » est une phrase à la voix active dont le sujet fait
l’action.
» « Je suis aimé » est à la voix passive car le sujet subit
l’action.
» « J’aime pour moi » (dans mon intérêt) est à la voix
moyenne. Elle implique davantage qu’à la voix active le
sujet dans l’action. La conjugaison sera somme toute assez
proche de la voix active (hormis les désinences).

Les modes sont au nombre de six


Il existe en grec six modes : l’indicatif, l’impératif, le subjonctif,
l’optatif, l’infinitif et le participe.
» Les quatre modes personnels permettent de faire la
distinction des personnes : il s’agit de l’indicatif, de
l’impératif, du subjonctif et de l’optatif. Et tous les temps
n’y sont pas représentés.
» Les deux modes impersonnels sont l’infinitif et le participe.
Pour les temps, tout dépendra du mode :
» Pour le mode indicatif, ils seront 6 : le présent, le futur,
l’imparfait, l’aoriste et le parfait à apprendre. Je vous ferai
seulement grâce du plus-que-parfait, assez peu employé et
que vous n’aurez jamais de peine à identifier quand il se
présentera, si un jour il se présente !
» Pour le subjonctif, 3.
» Pour l’infinitif, 4.
» Pour le participe, 4.

Le présent et le futur de l’indicatif


du verbe λύειν
Découvrons tout de suite le présent du verbe modèle λύω :
» prenons le radical lu ;
» auquel vous rajoutez une voyelle dite thématique (qui sera
tantôt o tantôt e, selon les personnes de la langue, toujours
les mêmes, rassurez-vous !) ;
» puis les désinences qui sont dans l’ordre -o, -es, -et, -men,
- te, -nt.
*lu o o λύω je délie

*lu e es λύεις tu délies

*lu e et λύει il/elle délie

*lu o men λύομεν nous délions

*lu e te λύετε vous déliez

*lu o nti λύουσι ils/elles délient

Je pars du principe que vous avez compris. Entraînez-vous à


conjuguer les verbes suivants :
δακρύω : je pleure.

φεύγω : je fuis.
ταράττω : je trouble, mélange, mêle.
Passons maintenant au futur : il s’agit juste de rajouter un s entre le
radical et la voyelle thématique, soit :
λύσω, λύσεις, λύσει, λύσομεν, λύσετε, λύσουσι.
Voilà qui, en soi, n’est pas bien difficile, sauf qu’il faudra parfois
tenir compte du radical du verbe :

» si ce dernier par exemple se termine par une consonne


dentale (d, t, th), le radical sera modifié en σ : πείθω,
πείσω ;
» si c’est une consonne gutturale (g ou k), le s deviendra gs
ou ks donc ξ : ἄγω, ἄξω ;
» s’il s’agit d’une consonne labiale (b, p), on obtiendra ψ :
τρίϐω, τρίψω.
Le dictionnaire vous donne toutes ces précisions. Ne vous
inquiétez pas.
L’imparfait et l’aoriste
Ces deux temps ont un point commun : marquant tous deux le
passé, ils ont un augment et des désinences dites secondaires qui
sont : -n, -s, -t, -men, -te, -nt.
Qu’est-ce qu’un augment ? L’augment, formé de la voyelle e, se
place toujours devant la consonne initiale du verbe et
« augmente » la forme d’une nouvelle syllabe d’où son nom,
« augment syllabique ».

L’imparfait
*e.lu.o.n ἔλυον

*e.lu.e.s ἔλυες

*e.lu.e. t ἔλυε

*e.lu.o.men έλύομεν

*e.lu.e.te έλύετε

*e.lu.o.nt ἔλυον

Vous aurez remarqué la chute systématique du -t final à la 3e


personne du singulier comme du pluriel.
QUAND L’AUGMENT RENCONTRE UNE VOYELLE !
Il peut arriver que le radical du mot commence par une voyelle.
Comment cela se passe-t-il alors ? L’addition du e de l’augment produira
un effet d’allongement de temps de la syllabe initiale : l’augment est
alors dit temporel.
a+e=è ἀρδεύω ἤρδευον brûler

e+e=è έλπίζω ἤλπιζον espérer

e+o=ô ὀρἐγω ὤρεγον tendre

e+i=i ἰκετεύω ἰκἐτευον supplier

e+u=u ὑϐρίζω ὕϐριζον violenter

En revanche, toute voyelle déjà longue le restera, cela va de soi.


Pour les diphtongues, la voyelle s’allonge aussi et le i se souscrit (s’écrit
dessous) pour laisser une trace de son existence.
e + au = è αἴρω ᾖρον lever

e + ei = è εἴκαζω ᾔκαζον représenter

e + oi = ô οἴομαι ᾠόμην penser

e + au = èu αὐξάνω ἤυξανον accroître

e + eu = èu εὔχομαι ἠυχόμην prier

Exception oblige ! Certains verbes commençant par un ε feront ει


et non η après la fusion avec le e de l’augment : c’est le cas pour :

ἔχω εἶχον avoir

ἔπομαι εἰπόμην suivre

έθίζω εἴθιζον habituer

Pour les verbes composés, il ne faudra pas oublier que l’augment,


tout comme le redoublement du parfait d’ailleurs, se place entre la
préposition et le verbe : ainsi pour le verbe κατα.λύω l’imparfait
sera κατἐλυον. La dernière lettre du préverbe s’élide et tombe.

L’aoriste
Peut-être est-ce la première fois que vous entendez parler de
l’aoriste, ce temps si typiquement grec qui correspond à notre
passé simple. Étymologiquement, c’est le « non-temps » par
excellence, qui n’a pas de limite (α.ορος). Ou plutôt : c’est le
temps de l’indéterminé, qui n’a pas de durée en soi, contrairement
à l’imparfait. Il marque une action rapide, brève et intense,
indépendamment même du moment où elle se passe.
Existe en effet en grec, outre la notion de temps, celle d’aspect,
l’aspect marquant l’intensité d’une action, sa profondeur, son
épaisseur, indépendamment de l’axe temporel sur lequel elle
s’inscrit.
La marque spécifique de l’aoriste régulier est encore un s, comme
pour le futur, mais suivi cette fois des désinences secondaires que
nous venons de voir pour l’imparfait : soit -n, - s, -t, -men, -te, -nt.
*e.lu.s.n ἔλυσα

*e.lu.s.e.s ἔλυσας

*e.lu.s.e ἔλυσε

*e.lu.sa.men έλύσαμεν

*e.lu.sa.te έλύσατε

*e.lu.sa.nt ἔλυσαν

Mais en réalité, très vite, comme vous pouvez le voir, la syllabe sa


(vocalisation du n de la première personne) s’est généralisée
partout.
LES AORISTES 2, DE DRÔLES DE LOUSTICS !
On appelle aoristes 2 (thématiques) des aoristes qui ne sont pas
réguliers. En fait, ils sont très nombreux : ils se forment sur un radical
d’aoriste (différent du radical du présent) mais utilisent une désinence
d’imparfait. C’est à s’y méprendre.
Je prends un exemple : le verbe μανθάνω (apprendre) fait à l’imparfait
έ.μάνθ.αν.ο.ν, alors qu’à l’aoriste, sur le radical écourté, il fera ἔ.μαθ.ο.ν.
Sur le verbe λείπω (laisser) dont l’imparfait sera ἔλειπον, l’aoriste sera
avec radical au degré court : ἔλιπον.
La liste de ces aoristes 2 est fort longue. Ils se conjugueront aux autres
modes que l’indicatif comme de simples présents. Vous les trouverez
plus loin.

Le parfait
Il ressemble beaucoup en fait à l’aoriste pour les désinences
finales, mais il a sa marque de fabrique bien à lui. Il fait un
redoublement de la consonne initiale accompagné d’un e et
rajoute un k entre le radical et la désinence. Sur λύω donc, cela
fait :
*le lu k a λἐλυκα

*le lu k as λἐλυκας

*le lu ke λἐλυκε

*le lu ka men λελύκαμεν


*le lu ka te λελύκατε

*le lu ka nti λελύκασι

Cette dernière forme est toute particulière. Je vous conseille de la


fluoter pour la mémoriser.
Attention, si la consonne initiale est une consonne aspirée, le
redoublement perdra l’aspiration, car on ne peut avoir deux
syllabes aspirées à la suite conformément à la loi de dissimilation
de Grassmann : sur φύω (naître), πἐφυκα ; sur θύω (sacrifier),
τἐθυκα, etc.

Liste de vocabulaire
ἀγορεύω : parler en public.
ἀκούω : entendre.
βουλεύω : méditer, délibérer.
θύω : sacrifier.
ἰκετεύω : supplier.
κολακεύω : flatter.
κωλύω : empêcher.
λαμϐάνω : prendre.
νεύω : faire un hochement de tête.
πορεύω : transporter.
λούω : laver.
πιστεύω : faire confiance à, se fier à.
πράττω : faire.
πείθω : persuader.
LES TROIS VERBES CONTRACTES
Comme le radical de ces verbes se termine par une voyelle brève, qui
peut être soit ε soit α soit ο, lorsque cette dernière vient au contact de la
voyelle thématique, cela prête à des contractions qui, pour paraître
difficiles, n’en sont pas moins logiques.
Il vous faut juste donc repérer les contractions possibles :
» pour le verbe ποιἐω (faire) : ε + ε donnera ει et ε + ο ου.
» pour le verbe τιμάω (honorer) : α + ε donnera α et α + ο ω.
» pour le verbe δουλόω (asservir) : ο + ε donnera οι et ο + ο ου.
Je prends juste pour exemple :
*poie o ποιῶ *tima o τιμῶ *doulo o δουλῶ

*poie es ποιεῖς *tima es τιμᾶς *doulo es δουλοῖς

*poi e e ποιεῖ *tima e τιμᾶ *doulo e δουλοῖ

*poi e o men ποιοῦμεν *tima o men τιμῶμεν *doulo o men δουλοῦμεν

*poi e e te ποιεῖτε *tima e te τιμᾶτε *doulo e te δουλοῦτε

*poi e onti ποιοῦσι *tima onti τιμῶσι *doulo onti δουλοῦσι

Traduisez :

Sur le verbe σιγᾶν (se taire) : vous vous taisez.


Sur le verbe ἀσκεῖν (s’exercer, comme dans « ascèse ») : tu
t’exerces.
Sur le verbe δηλοῦν (montrer) : nous montrons.

RÉPONSES
σιγᾶτε, ἀσκεῖς, δηλοῦμεν.

Liste de vocabulaire
ἀγαπᾶν : aimer.
έρωτᾶν : interroger.
τολμᾶν : oser.
μελετᾶν : s’occuper de.
αἰτεῖν : demander.
κοσμεῖν : orner.
φθονεῖν : jalouser.
ὠφελεῖν : être utile à.
ἀξιοῦν : juger digne (de).
ζημιοῦν : châtier.
ἰσοῦν : égaliser.
μαστιγοῦν : fouetter.
Pour les autres temps de l’indicatif (futur, aoriste et parfait), on
allongera la voyelle de leur radical, ce qui donnera :
Futur Aoriste Parfait
ποιήσω έποίησα πεποίηκα

τιμήσω έτίμησα τετίμηκα

δουλώσω έδούλωσα δεδούλωκα

Les verbes athématiques


C’est ainsi qu’on désigne les verbes qui n’ont pas de voyelle
thématique ou voyelle de liaison comme pour λύ.ω. Cette
conjugaison, qui est sans doute la plus ancienne, ne s’est
maintenue que pour un nombre de verbes assez restreint, les
verbes εἰμί (être) et εἶμι (aller), le trio τίθημι (poser), δίδωμι
(donner), ἵστημι (placer), et le verbe ἵημι (laisser aller).
Leurs désinences ne sont donc pas les mêmes que celles des verbes
thématiques. Il s’agit de -mi, -si, - ti, -men, -te, -nti.

Le verbe « être », en priorité


Le verbe εἰμί est le verbe par excellence. Employé seul, il marque
l’existence.
Défectif en quelque sorte, il n’a que trois temps : le présent,
l’imparfait (appartenant à la voix active) et un futur à la voix
moyenne.
L’aoriste et le parfait sont empruntés au verbe γίγνομαι (je
deviens).
En voici la conjugaison au présent :
*es mi εἰμί

*es si *esi εἶ
*es ti έστί

*es.men έσμἐν

*es te έστἐ

*es enti εἰσί(ν)

La racine de ce verbe « être » est double : es ou s, comme on dit,


au degré plein ou non. Le grec a opté pour le degré plein es d’où
son infinitif *es.nai/εἶναι.
Le futur est « moyen » : ἔσομαι, ἔσει, ἔσται, έσόμεθα, ἔσεσθε,
ἔσονται.
C’est de la transcription du grec au latin que nous tirons notre
verbe en français. Le latin en effet a oscillé entre les deux degrés :
plein à l’infinitif (es.se d’où esse) et alterné pour sa conjugaison
du présent(s).
*somi sum je suis

*essi es tu es

*esti est il est

*somos sumus nous sommes

*estis estis vous êtes

*sonti sunt ils sont

LE VERBE « ÊTRE » DANS TOUS SES ÉTATS…


Voici une liste d’expressions verbales toutes formées sur le verbe
« être » et ses composés. Elle pourra vous être utile.
τὰ ὄντα : les choses qui sont, les êtres, les biens.
οἱ πάροντες : les présents, les témoins.
τὰ πάροντα : les choses présentes, la situation présente/actuelle.
τὰ περίοντα : le reste.
τὰ έσόμενα : les choses à venir, l’avenir.
τῷ ὀντι : en fait, en réalité.
εἰσιν/ἔστιν οἵ : il y a des gens qui.
έ́στιν ὅτε : il y a des fois que, parfois.
ἔστιν οὗ : il y a des endroits où.
ἔστιν ὁπῶς : il est possible que.
LE VERBE εἶμι, UN FAUX FRÈRE !
Ici la racine présente aussi un degré plein ei en alternance avec celui en
i. D’ailleurs le i est la marque de fabrique qu’on retrouvera en latin dans
le verbe ire.
je vais εἶμι

tu vas εἶ

il va εἶσι

nous allons ἴμεν

vous allez ἴτε

ils vont ἴασι

L’infinitif est ἰἐναι.

Les verbes athématiques, un trio de choc…


Nous distinguons trois degrés de verbes athématiques :
» τίθημι pour le degré e : je pose, je mets ;
» ἵστημι pour le degré a : je place ;
» δίδωμι pour le degré o : je donne.
Ce sont tous trois des « présents à redoublement » : τί.θη.μι,
ἵ.στη.μι (*si.stâ.mi), δί.δω.μι. Vous voyez qu’on redouble la
première lettre du radical et qu’on vocalise en i à chaque fois.
Ce qu’il faut remarquer dans leur conjugaison, c’est le degré
d’alternance très marqué entre les personnes du singulier et celles
du pluriel. C’est la théorie de la laryngale autrefois appelée
« schwa » qui fait ici la différence. Il s’agit d’un degré long de la
voyelle au singulier et court au pluriel, soit l’alternance entre η et
ε/ ω et o/α long et α court.
À vous de compléter les deux colonnes de droite en prenant
modèle sur le premier verbe :
*ti.thè.mi τίθημι δίδωμι ἵστημι (*si.sta.mi)

*ti.thè.si τίθης

*ti.thè.ti τίθησι(ν)

*ti.the.men τίθεμεν δίδομεν ίσταμεν

*ti.the.te τίθετε

*ti.the.nti τιθἐασι διδόασι ἱστᾶσι

Au futur, on prend le radical pur dudit verbe (sans redoublement


donc) au degré long puis on utilise le s et les désinences de verbes
thématiques, ce qui donne :
θή.σ.ω
δώ.σ.ω
στή.σ.ω
À vous d’inscrire la suite :

θήσεις
L’AORISTE DES VERBES EN -μι
Il se caractérise par l’introduction simplement au singulier d’un k (qui
fait penser du reste à un parfait) et par un degré d’alternance en longues
au singulier et brèves au pluriel comme au présent.
ἔθηκα ἔδωκα

ἔθηκας ἔδωκας

ἔθηκε ἔδωκε

ἔθεμεν ἔδομεν

ἔθετε έδοτε

ἔθεσαν ἔδοσαν

Pour le verbe ἴστημι, il y a même deux aoristes : et il y a une bonne


raison à cela.
L’un est transitif (ἔστησα) et l’autre intransitif (ἔστην). Le premier
signifie « je plaçai », le second « je me plaçai ». Le premier peut gérer
un complément d’objet direct, pas le second. C’est là toute la différence.
ἔστησα ἔστην

ἔστησας ἔστης

ἔστησε ἔστη

έστήσαμεν ἔστημεν

έστήσατε ἔστητε

ἔστησαν ἔστησαν

Il faudra toutefois faire attention à la forme ἔστησαν, 3e personne du


pluriel, qui pourra vouloir dire « ils placèrent » ou « ils se placèrent ».
Vous aurez à apprécier la différence de sens en fonction du contexte.
RAPPEL DES DÉSINENCES ACTIVES…
Primaires
- μι - μεν

- σι - τε

- τι - ντι

Secondaires
- ν - μεν

- ς - τε

- (-t) - ντ ou -σαν

L’infinitif ou nom verbal


La désinence de l’infinitif, nom verbal par excellence en grec qui
peut même s’employer avec l’article, est en indo-européen -sen.
*lu.e.sen donnera donc pour l’infinitif présent λύειν (délier).
Et pour ce même verbe, il y a trois autres formes à retenir :
» l’infinitif futur : λύσειν (être sur le point de délier, être
disposé à, enclin à délier) ;
» l’infinitif aoriste : λῦσαι (avoir délié) ;
» l’infinitif parfait : λελυκἐ.ναι (avoir fini de délier).
Entraînez-vous sur un autre verbe, par exemple le verbe παιδεύειν
(élever, éduquer), formé sur le nom ὁ παῖς, τοῦ παιδός (l’enfant) :

infinitif futur παιδεύσειν

infinitif aoriste παιδεῦσαι

infinitif parfait πεπαιδευκἐναι

Encore un exemple que je vous laisse écrire : celui du verbe


δακρύειν (pleurer) :
infinitif futur
infinitif aoriste
infinitif parfait
Existent également deux autres désinences d’infinitif :
» vous venez d’apercevoir la première : celle en -nai qui
prévaut pour le parfait actif ;
» et pour les verbes athématiques ou irréguliers : λελυκἐναι,
εἶναι, τιθἐναι, διδόναι, ἱστάναι, ἰἐναι et δεικνύναι (montrer).

Le mode subjonctif
Il n’y a qu’une seule chose à retenir pour la formation de ce mode,
quelle que soit la catégorie du verbe : il se caractérise toujours par
un allongement de la voyelle thématique (pour les verbes
thématiques, s’entend !) et même pour tous les autres…
λύω ὦ ποιῶ τιμῶ δουλῶ τιθῶ ἱστῶ διδῶ

λύηις τιμᾶς δουλοῖς διδῶς

λύηι

λύωμεν

λύητε

λύωσι

On ne vous retient plus : vous n’avez pas manqué de finir de


compléter les formes manquantes. Allez tout de même vérifier sur
les tableaux.
Pour votre gouverne, il existe encore en grec deux autres
subjonctifs, un subjonctif aoriste et un parfait, qui vont se former à
partir des nouveaux radicaux obtenus :
» ainsi le subjonctif aoriste sur lus- : λύσω, λύσῃς, λύσῃ,
λύσωμεν, λύσητε, λύσωσι ;
» et le parfait, sur leluk- : λελύκω, λελύκῃς, λελύκῃ,
λελύκωμεν, λελύκητε, λελύκωσι.
Bref, dès que vous voyez un degré long de voyelle thématique,
vous savez que vous êtes au mode subjonctif. C’est bon à savoir !
Vous n’aurez pas de solution pour traduire les verbes en français
différemment du subjonctif présent.

L’optatif
Ce mode est sans aucun doute pour vous une nouveauté car il
n’existe pas en français. Officiellement, comme son nom
l’indique, il est le mode du souhait (optare en latin).
Il est reconnaissable entre tous pour sa diphtongue en -οι ou -αι
(seulement pour l’aoriste) qui vient se placer après le radical et
précède les désinences de verbe athématique :
*lu.oi.mi λύοιμι puissé-je délier !

*lu.oi.si λύοις

*lu.oi.ti λύοι

*lu.oi.men λύοιμεν

*lu.oi.te λύοιτε

*lu.oi.nti λύοιεν

Ce qui fera à l’optatif futur λύσοιμι, à l’aoriste λύσαιμι et au


parfait λελύκοιμι. Pour les traductions, n’ayez crainte, comme
nous n’avons pas d’équivalent, nous nous servirons toujours du
présent.

L’impératif présent et aoriste


C’est un mode qui existe en grec à deux personnes : la 2e et la 3e,
du singulier comme du pluriel, et à deux temps : le présent et
l’aoriste.
Impératif présent Impératif aoriste
*lu.e λῦε délie λῦσον

*lu.e.tô λυἐτω qu’il délie λυσάτω

*lu.e.te λύετε déliez λύσατε

*lu.ontôn λυόντων qu’ils délient λυσάντων

Vous n’aurez pas manqué de remarquer que la forme λύετε de


l’impératif est commune avec celle de l’indicatif présent. Elle
voudra donc dire à la fois « vous déliez » et « déliez ».
La 3e personne du pluriel λυόντων peut également être la forme du
participe présent au génitif pluriel (masculin comme neutre). Vous
allez le découvrir juste après.
Je vous invite, sur les tableaux récapitulatifs, à mettre en évidence
ces formes similaires en fluotant les formes ambivalentes.

Le mode participe
Il existe quatre participes en grec : le présent, le futur, l’aoriste et
le parfait.
La caractéristique morphologique de ce mode à l’actif est un
suffixe en -nt qui marque la « participation à ». La déclinaison sera
à l’actif, pour le masculin et le neutre, celle d’une 3e déclinaison
et, pour le féminin, celle d’une 1e déclinaison mixte. Ainsi en est-il
du participe présent du verbe λύω (déliant).
*lu.o.nt.s λύων, λύοντος

*lu.o.nt.ya λύουσα, λυούσης

*lu.o.nt λῦον, λύοντος

À vous de compléter le tableau de leur déclinaison :

singulier pluriel

NOM. λύων λύουσα λῦον

VOC.

ACC. λύοντας

GÉN. λυούσης λυούσων

DAT. λύοντι

Au futur, comme toujours, il n’y a qu’à rajouter le s :


λύσων, λύσοντος, λύσουσα, λυσούσης, λῦσον, λύσοντος.
À l’aoriste, on part sur une base en sa qui rappelle l’aoriste de
l’indicatif :
λύσας, λύσαντος, λύσασα, λυσάσης, λῦσαν, λύσαντος.
Au parfait, enfin, sur radical d’indicatif :
λελυκώς, λελύκοτος/λελυκυῖα, λελυκυίας/λελυκός, λελυκότος.
Pour le verbe λύω, donnez :

le participe présent au nominatif masculin pluriel :


le futur au datif féminin singulier :
l’aoriste à l’accusatif neutre singulier :
le parfait au datif masculin singulier :

RÉPONSES
λύοντες, λυσούσῃ, λῦσαν, λελύκοτι.
DEUX VERBES EN PLUS : εἰδέναι (SAVOIR) ET φάναι
(DIRE)
Pour le premier, il s’agit de l’ancienne forme de parfait de la racine :
*wid/*weid/*woid, du verbe « voir », soit οἶδα (j’ai fini de voir, donc je
sais).
Pour le second, il s’agit de la racine de la parole : *pha/*phè.
οἶδα φημί

οἶσθα φῄς
οἶδε (ν) φησί

ἴσμεν φαμἐν

ἴστε φατἐ

ἴσασι (ν) φασί (ν)

Les voix passive et moyenne


Entre la voix passive et la voix moyenne, il y aura bien des formes
communes faisant appel aux désinences -μαι, -σαι, -ται, - μεθα, -
σθε, -νται pour les temps dits primaires, soit présent, futur, parfait,
et -μην, -σο, -το, -μεθα, -σθε, -ντο pour les temps dits secondaires,
soit imparfait, aoriste et plus-que-parfait.
Ainsi, le présent, l’imparfait et le parfait seront identiques aux
voix passive et moyenne.
RAPPEL DES DÉSINENCES MÉDIO-PASSIVES
Primaires
- μαι - μεθα

- σαι - σθε

- ται - νται

Secondaires
- μην - μεθα

- σο - σθε

- το - ντο

Voici donc les trois temps communs :


» λύομαι : je suis délié ou je délie pour moi.
» έλυόμην : j’étais délié ou je déliais pour moi.
» λἐλυμαι : j’ai été délié ou j’ai fini de délier pour moi.
Présent Parfait
*lu.o.mai λύομαι *le.lu.mai λέλυμαι

*lu.e.sai λύει *le.lu.sai λέλυσαι


*lu.e.tai λύεται *le.lu.tai λέλυται

*lu.o.metha λυόμεθα *le.lu.metha λελύμεθα

*lu.e.sthe λύεσθε *le.lu.sthe λέλυσθε

*lu.o.ntai λύονται *le.lu.ntai λέλυνται

Imparfait
*e.lu.o.mèn έλυόμην

*e.lu.e.so έλύου

*e.lu.e.to έλύετο

*e.lu.o.metha έλύομεν

*e.lu.e.sthe έλύεσθε

*e.lu.o.nto έλύοντο

Pour le verbe γράφω (j’écris), donnez :

le présent passif/moyen à la 3e personne du pluriel :


l’imparfait passif/moyen à la 2e personne du singulier :
le parfait passif/moyen à la 1e personne du pluriel :

RÉPONSES
γράφονται, έγράφου, γεγράμεθα.

La griffe du passif
La différence entre passif et moyen apparaît en revanche très
nettement pour les séries du futur et de l’aoriste.
La voix passive en effet se sert d’une diathèse en -θη- qui vient
s’intercaler entre le radical et l’affixe du futur, soit le -σ :
» Ainsi le futur passif sera λυ.θή.σ.ο.μαι alors que le futur
moyen ressemblera beaucoup plus à l’actif, la seule
différence étant sa désinence : λύ.σ.ο.μαι.
» De semblable façon, l’aoriste passif fera έ.λύ.θη.ν quand
l’aoriste moyen est έ.λυ.σά.μην.
Il va de soi que toute la conjugaison aux autres modes suivra la
formation de l’indicatif.

Le futur passif… et moyen


λυ.θήσ.ο.μαι λύσομαι

λύθησει λύσει

λυθήσεται λύσεται

λυθησόμεθα λυσόμεθα

λυθήσεσθε λύσεσθε

λυθήσονται λύσονται

L’aoriste passif… et moyen


έλύθην έλυσάμην

έλύθης έλύσω

έλύθη έλύσατο

έλύθημεν έλύσαμεν

έλύθητε έλύσατε

έλύθησαν έλύσαντο

LES DÉSINENCES INFINITIVES DES VOIX PASSIVE


ET MOYENNE
La désinence des infinitifs médiopassifs est -σθαι. On la retrouve
» au présent médio-passif : λύ.ε.σθαι ;
» au futur passif : λυ.θή.σ.ε.σθαι comme moyen : λύ.σ.ε.σθαι ;
» à l’aoriste moyen : λύ.σα.σθαι ;
» au parfait médio-passif : λε.λύ.σθαι.
Seul l’infinitif aoriste passif est différent : on utilise la désinence des
verbes en -μι qui est -ναι. Ce qui donnera λυ.θῆ.ναι.
LE SUFFIXE DES PARTICIPES MÉDIO-PASSIFS
Il se présente sous la forme suivante : - μενος, -μἐνη, -μενον et vient
s’adjoindre au radical de chaque temps :
» λυόμενος, pour le présent médio-passif (étant délié) ;
» λυσόμενος, pour le futur moyen ;
» λυσάμενος, pour l’aoriste moyen ;
» λελυμἐνος, pour le parfait médio-passif.
En revanche, λυθησόμενος sera le participe futur passif et λυθείς
l’aoriste passif.
Dans toutes les langues, allez savoir pourquoi, les verbes les plus
irréguliers sont précisément les plus usités. Il importe donc de les
connaître parfaitement. Il y a par exemple ceux qui empruntent
leurs divers temps à des radicaux différents bien marqués comme
en français : « je vais », le présent du verbe « aller », à côté du
futur, « j’irai ».
J’ai choisi de n’en retenir que quarante dont on a coutume de
donner le présent, le futur, l’aoriste et le parfait. Les voici pour
vous.
N’hésitez pas à les lire, les relire et à retenir surtout les formes
d’aoristes, en regardant leur formation : redoublement,
changement total de racine, racine pure et première, variation de
radical, etc.
AU SECOURS, VERBES IRRÉGULIERS !
Présent Traduction Futur Aoriste Parfait
ἄγω conduire, mener ἄξω ἤγαγον ἦχα

αἱρἐω prendre αἱρήσω εἷλον ἥρηκα

αἰσθάνομαι sentir αἰσθήσομαι ᾐσθόμην ᾔσθημαι

ἀκούω entendre ἀκούσομαι ἤκουσα ἀκήκοα

ἀμαρτάνω se tromper ἀμαρτήσομαι ἤμαρτον ἠμάρτηκα

ἀφικνἐομαι arriver ἀφίξομαι ἀφικόμην ἄφιγμαι

ἀπόλλυμι faire périr ἀπολῶ ἀπώλεσα ἀπολώλεκα

ἀπόλλυμαι périr ἀπολοῦμαι ἀπωλόμην ἀπόλωλα

ἄρχω commander ἄρξω ἤρξα ἤρχα


βαίνω marcher βήσομαι ἔϐην βἐϐηκα

βάλλω jeter, lancer βαλῶ ἔϐαλον βἐϐληκα

γίγνομαι devenir, être γενήσομαι έγενόμην γἐγονα/ γεγἐνημαι

γιγνώσκω connaître γνώσομαι ἔγνων ἔγνωκα

ἔρχομαι aller έλεύσομαι ἤλθον έλήλυθα

έσθίω manger ἔδομαι ἔφαγον έδήδοκα

εὑρίσκω trouver εὑρήσω ηὗρον ηὕρηκα

ἔχω avoir ἔξω/σχήσω ἔσχον ἔσχηκα

θνῄσκω mourir ἀποθανοῦμαι ἀπέθανον τἐθνηκα

λαγχάνω obtenir par le sort λήξομαι ἔλαχον εἴληκα

λαμϐάνω prendre λήψομαι ἔλαϐον εἴληφα

λανθάνω être ignoré de λήσω ἔλαθον λέληθα

λἐγω dire έρῶ/λέξω εἶπον εἴρηκα

λἐγομαι être dit ῥηθήσομαι έρρήθην εἴρημαι

λείπω laisser λείψω ἔλιπον λέλοιπα

μανθάνω apprendre μαθήσομαι ἔμαθον μεμάθηκα

ὁράω voir ὅψομαι εἶδον ἑώρακα

πάσχω souffrir, supporter πείσομαι ἔπαθον πέπονθα

πἐμπω envoyer πέμψω ἔπεμψα πέπομφα

πίνω boire πίομαι ἔπιον πέπωκα

πίπτω tomber πεσοῦμαι ἔπεσον πέπτωκα

πυνθάνομαι s’informer πεύσομαι έπυθόμην πέπυσμαι

στἐλλω envoyer στελῶ ἔστειλα ἔσταλκα

τρἐφω nourrir θρέψω ἔθρεψα τέτροφα

τρἐπω tourner τρέψω ἔτρεψα τέτροφα

τρἐχω courir δραμοῦμαι ἔδραμον δεδράμηκα

τυγχάνω obtenir par le sort τεύξομαι ἔτυχον τετύχηκα


φαίνω montrer, faire voir φανῶ ἔφηνα πέφαγκα

φαίνομαι paraître φανοῦμαι έφάνην πέφασμαι

φἐρω porter, supporter οἴσω ἤνεγκον/α ένήνοκα

φεύγω fuir φεύξομαι ἔφυγον πέφευγα


Chapitre 3
Les mots invariables : quelle
aubaine !
DANS CE CHAPITRE :
» Les prépositions et les conjonctions
» En passant par les adverbes et les particules

» Sans oublier les chiffres et Cie…

E n la matière, vous pouvez compter d’abord sur…

Les prépositions
Pour classer les nombreuses prépositions le plus rationnellement
possible, j’ai choisi de les diviser en trois groupes : celles qui se
construisent avec un seul cas, puis avec deux ou trois.
Généralement toute préposition présente à la fois un sens spatial et
temporel.

Les prépositions à un seul cas


Avec génitif
» ἀντί signifie « au lieu de, en échange de » :
• ἀντὶ τοῦ πατρός : à la place de son père.
» ἀπό (qui marque l’éloignement et le point de départ)
signifie « de, loin de, à partir de, depuis » :
• ἀπὸ τῆς πόλεως : en s’éloignant de la ville ;
• ἀφ ̓ ἡμἐρας : dès le point du jour.
» έκ/έξ (qui marque la sortie, le point de départ) signifie
« hors de », « depuis », « par suite » de :
• έκ τῆς πόλεως : en sortant de la ville ;
• έκ παίδος : dès l’enfance.
» πρό signifie « devant », « avant » :
• πρὸ τῶν πυλῶν : devant les portes (comme les
Thermopyles !).
« pour », « en faveur de » :
• πρὸ τῆς πατρίδος : pour la défense de la patrie.

Avec datif
» έν signifie « dans », « sur » (sans mouvement),
« pendant » :
• έν τῇ πόλει : dans la ville ;
• έν εἰρήνῃ : en temps de paix.
» σύν signifie « avec », « grâce à » : la sympathie est bien ce
qu’on ressent avec quelqu’un ?
• σὺν θεῷ : avec l’aide de Dieu.

Avec accusatif
» ἀνά marque un mouvement de bas en haut.
• ἀνὰ τὸν ποταμόν : en remontant le fleuve ;
• ἀνὰ πᾶσαν τὴν ἡμἐραν : pendant toute la journée.
» εἰς signifie « dans », « sur » (avec mouvement), « vers »,
« en direction de », « en vue de » ;
• εἰς τὴν ἀγοράν : vers/sur la place publique ;
• εἰς ἑσπἐραν : jusqu’au soir.
» ὡς signifie « vers » devant un nom de personne :
• ὡς έμέ : vers moi.
Les prépositions à deux cas : génitif
et accusatif
διά
» avec génitif signifie « à travers », « par », « au moyen
de » :
• διά τῆς Φρυγίας : par la Phrygie ;
• δι ̓ ἑρμηνἐως : par l’entremise d’un interprète.
» avec accusatif signifie « grâce à », « à cause de » :
• διὰ τοῦτο : à cause de cela.

κατά
» avec génitif marque un mouvement de haut en bas et
signifie « du haut de », « sous » :
• κατὰ τῶν πετρῶν : du haut des rochers.
» avec accusatif signifie « sur » (en descendant le long de),
« selon », « d’après » :
• κατὰ γὴν καὶ κατὰ θάλατταν : sur terre et sur mer ;
• κατὰ τὸν νόμον : conformément à la loi.

μετά
» avec génitif signifie « avec » :
• οἱ μετὰ Κύρου : ceux avec Cyrus (les compagnons,
les partisans de Cyrus).
» avec accusatif signifie « après » :
• μετὰ τὸν θάνατον : après la mort.

ὑπέρ (super)
» avec génitif signifie « au-dessus de », « par-dessus » :
• ὁ ὑπὲρ τῆς κώμης γήλοφος : la colline par-delà le
bourg.
« pour », « au sujet de », « dans l’intérêt de » :
• μάχεσθαι ὑπὲρ τῆς πατρίδος : combattre pour la
patrie.
» avec accusatif signifie « par-delà » :
• ὑπὲρ ἡμᾶς : dépassant (nous) notre portée.

Les prépositions à trois cas


ἀμφί (des deux côtés)
» avec génitif (ou datif en poésie) : au sujet de
» avec accusatif signifie « autour de », « par rapport à »
• διαλἐγεσθαι ἀμφί τινος : discuter de quelque chose ;
• ἀμφι πῦρ : autour d’un feu ;
• ἀμφἰ τὰς μυριάδας : environ dix mille.

έπί
» avec accusatif : vers, contre
» avec génitif : sur, devant
» avec datif signifie « en présence de », « pour »
• έπὶ τὸν ἳππον : vers/sur son cheval ;
• έπ ̓ ὀλίγων μαρτύρων : devant peu de témoins ;
• έπὶ τοῖς δικασταῖς λἐγειν : parler devant les juges.

παρά
» avec accusatif : auprès de (avec mouvement)
» avec datif signifie « auprès de » (sans mouvement)
• παρά τινa ἥκειν : venir chez quelqu’un ;
• παρἀ τοῖς Ἀθηναίοις μἐνειν : rester chez les
Athéniens.
» avec génitif
• οἱ παρὰ τοῦ Νικίου : les envoyés de Nicias.

περί
» avec accusatif : autour de
» avec génitif signifie « au sujet de »
• περὶ τὴν σκηνήν : autour de la tente ;
• ὁ περὶ τῆς ψυχῆς ἀγών : le combat pour la vie.
» avec datif (rare)

πρός
» avec accusatif : vers, contre
» avec génitif signifie « du côté de », « de la part de »
• ὁ (πρὸς ἡμᾶς) πόλεμος : la guerre contre nous ;
• πρὸς θεῶν : au nom des dieux.
» avec datif : « à côté de », « outre »
• πρὸς τούτοις : outre cela.

ὑπό
» Qu’il soit employé avec l’accusatif, le génitif ou le datif, il
signifie toujours « sous » :
• ὑπὸ νύκτα : à l’entrée de la nuit ;
• τὰ (ὑπὸ γῆς) ἃπαντα : toutes les choses sous terre ;
• οἱ (ὑπὸ τῶι Κύρωι) ὄντες : ceux qui sont sous la
dépendance de Cyrus.

Quelques exemples
Essayez de retenir les quelques exemples que voici :
» ἀντ ̓ ὧν : en échange de quoi, moyennant quoi ;
» ἀπὸ τοῦ πάνυ ἀρχαίου : depuis la haute antiquité ;
» έκ τῶν παρόντων : d’après la situation présente ;
» έν τοῖς ἀδίκοις : parmi les (hommes) injustes ;
» πρὸ ἡμἐρας : avant le jour ;
» σὺν τῷ νόμῳ : conformément à la loi ;
» ἀνὰ τὸν πόλεμον : pendant la guerre ;
» τὰ εἰς τὸν πόλεμον : les exercices (choses) en vue de la
guerre ;
» ὡς τὸν βασιλἐα : vers le roi ;
» διὰ νυκτός : la nuit durant ;
» κατὰ τὸν Θουκυδίδην : à ce qu’en dit Thucydide ;
» μετ ̓ έμὲ δεύτερος : le second après moi ;
» ὑπὲρ δύναμιν : au-delà des forces ;
» ἀμφὶ Σικελὶαν : autour de la Sicile ;
» ὑπὸ τῆς λύπης δακρύειν : pleurer de (sous l’effet du)
chagrin ;
» περί τινος βουλεύεσθαι : délibérer sur quelqu’un ou
quelque chose.
Beaucoup de ces prépositions, devenues des préverbes, ont parfois
pourtant perdu leur sens originel, quand elles sont entrées dans la
composition des mots.
» ἀμφί : tout autour, des deux côtés (amphithéâtre). Songez
toujours à vous aider du latin : ambi.valent, ambigu donc.
» ἀνά :
• de bas en haut. On songe au récit de l’Anabase de
Xénophon qui retrace la remontée des Grecs.
• de nouveau.
• en arrière : une anamnèse est un retour par la
pensée dans le passé.
» ἀντί :
• en face de, contre ;
• en retour ;
• à la place de.
» ἀπό : loin de, de.
» δία : au travers
• διαφανής : dia.phane (qui laisse passer la lumière au
travers) ;
• διάφἐρειν : différer ;
• διαλἐγειν : discuter (dia.lectique).
Sachez qu’existent également en grec des postpositions qui,
comme vous vous en doutez, se placent après leur régime et non
avant. C’est le cas de ἕνεκα (en vue de, pour, à cause de), de χάριν
(en faveur de) ou du plus rare δικήν (à la manière de).

Les conjonctions de coordination ou


les « mais ou et donc or ni car » du
grec !
» ἀλλά : mais (pour marquer une opposition).
» ἀτάρ : mais (pour passer à une idée nouvelle).
» καί : et, aussi, même τε… καί.
» γάρ : car, en effet.
» ἤ : ou bien.
» τοιγαροῦν : c’est pourquoi, donc.
» ὅμως : cependant.
» μήν : assurément.
» Et plus il y en a, mieux c’est :
» οὐ μόνον… ἀλλὰ καί : non seulement… mais encore.
» καὶ δὴ καί : et même.
» ἀλλὰ μήν : et en vérité.
» ἀλλ̓ ὅμως : toutefois.
» καί τοι/καί μήν : et de fait.
» etc.
ÇA BALANCE PAS MAL, EN GREC !
Il existe en grec un balancement très apprécié pour son effet symétrique :
il s’agit de μἐν… δἐ : « d’une part, d’autre part ». On a même l’habitude
de ne pas traduire le premier terme μἐν et d’appuyer sur la valeur
d’opposition du δἐ qui signifie « en revanche », « au contraire »,
« mais ».

Les particules
» εὐ (pour marquer l’idée de bien ou de réussite) :
• εὐ.γενής : de bonne naissance ;
• εὐ.τυχής : de bonne naissance.
» δυσ (pour marquer l’idée de mal ou de difficulté) :
• δυστυχής : malheureux ;
• δυσ.χερής (δυς/χειρ) : difficile à manier.
» ἀ/ἀν (an devant voyelle), qui présente le plus souvent une :
• valeur privative : ἄθεος (athée) ; ἀν.άξιος
(indigne) ;
• mais aussi copulative (idée d’union) : ἀ.δελφός
(frère), et ἀδελφή (sœur) ;
• ou augmentative : ἀ.τενής (fortement tendu),
ἀ.βρἐμω (fortement grondant).
» ἡμι (semi) qui signifie « à demi » :
• ἡμί.θεος : demi-dieu.
» νή, autre préfixe privatif :
• *νη.ελεος, νηλεής : sans pitié donc impitoyable ;
• νη.αμαρτάνω : sans se tromper, donc νημερτής :
infaillible.

Les adverbes
De temps
ἅμα : en même temps.
ἀεί : toujours.
ἄρτι : récemment.
αὐτίκα : aussitôt.
ἤδη : déjà, bientôt, désormais.
εἶτα : ensuite.
ἔτι : encore.
εὐθύς : aussitôt.
μἐχρι : jusqu’à ce que.
νῦν : maintenant, à présent.
οὐκἐτι/μηκἐτι : ne plus.
οὔπω/μήπω : ne pas encore.
πάλαι : autrefois.
πολλάκις : souvent.
πρότερον : auparavant.
πρῶτον : tout d’abord.
τελευταῖον : enfin.
τότε : alors.
ὕστερον : plus tard.
χθἐς : hier.

De lieu
ἄνω : en haut.
κάτω : en bas.
δεῦρο : ici.
έκεῖ : là-bas.
έγγύς : près.
ἔνδον : en dedans.
έντός : à l’intérieur.
ἔξω : à l’extérieur.
μεταξύ : dans l’intervalle.
ὀπίσω : en arrière.
πἐλας/πλησίον : près.
πόρρω : en avant, au loin.
χωρίς : à part.

De quantité
ἄγαν/λίαν : trop.
ἅλις : assez.
μάλα : fort, très.
μόνον : seulement.
ὀλίγον : peu.
παντάπασι (ν) :
entièrement.
πᾶν : tout à fait.
πολύ : beaucoup.
σχεδόν : presque.
ἅπαξ : une fois.
δίς : deux fois.
τρίς : trois fois, etc.

De manière et de qualité en - ως
Ils sont pour la plupart formés sur un radical d’adjectif et suivis de
la désinence -ως :
» sur σοφός (habile ou sage) : σοφῶς (habilement ou
sagement) ;
» sur εὐδαίμων (heureux) : εὐδαιμόνως (heureusement) ;
» sur ἥδυς (agréable) : ἡδἐως (agréablement).
D’autres, bien moins nombreux, utilisent les suffixes -δὴν, comme
συλλεϐδήν (en bloc, en somme) ou en -τι comme ἑλληνιστι (à la
grecque).
D’autres encore sont des accusatifs ou datifs employés
adverbialement : ματήν (en vain), λαθρᾷ (en secret), ἰδίᾳ (en
particulier), μἐγα (grandement), σφόδρα (fortement), οἶον (par
exemple), βίᾳ (par force), δημοσίᾳ (aux frais de l’État). Sans
oublier les adverbes aux terminaisons variées, tels μόλις (avec
peine), δίχα (en deux), πύξ (avec le poing), etc.

Interrogatifs
πῶς, combien, et ses réponses ὥδε, οὕτως, ainsi, οὐδαμῶς,
nullement, ἄλλως, autrement, ὡσαύτως, de même, etc.

Les négations
Les négations οὐ/οὐκ/οὐχ (ne… pas) s’emploient avec le mode
indicatif et μή (qui a donné « ne » en français) en
accompagnement de l’infinitif et du subjonctif :
οὐκ + έτί οὐκἐτι ne pas encore, ne… plus.

οὔ + πω οὔπω pas encore, en aucune manière.

οὔ + πη οὔπη nulle part, en aucune façon.

οὐ + ποτε οὔποτε pas un jour, jamais.

οὐ + πώποτε οὐπώποτε jamais encore.

οὐ + τε/δε οὔτε/οὐδἐ et ne pas/ni.

Les chiffres…
Mais pas tous. Vous trouverez à chaque fois le latin en rappel.
Εἷς, μία, ἕν : un (unus, una, unum).
masculin féminin neutre
NOM. εἷς μία ἕν

ACC. ἕνα μίαν ἕν

GÉN. ἑνός μιᾶς ἑνός

DAT. ἑνί μιᾷ ἑνί

δύο/δύοιν (soit les deux formes de duel), la première pour


nominatif, vocatif, accusatif et la seconde pour génitif et datif.
On peut dire ἄμφω/ἀμφοῖν, forme de duel encore, pour signifier
« les deux à la fois », voire même ἀμφότεροι, -τεραι, -τερα.
Τρεῖς, τρεῖς, τρία (tres, tres, tria) : trois.
masculin féminin neutre
NOM. τρεῖς τρεῖς τρία

ACC. τρεῖς τρεῖς τρία

GEN. τριῶν τριῶν τριῶν

DAT. τρισί τρισί τρισί

Τέσσαρες, τέσσαρα/τέτταρες, τέτταρα : quatre. Une tétra.logie,


comme celle de Wagner ; un tétra.corde (lyre à quatre cordes).
Quat (t) uor en latin se retrouve dans la « quadrature » du cercle.
masculin féminin neutre
NOM. τἐτταρες τἐτταρες τἐτταρα

ACC. τἐτταρας τἐτταρας τἐτταρα

GEN. τεττάρων τεττάρων τεττάρων

DAT. τἐτταρσι τἐτταρσι τἐτταρσι

À partir d’ici, vous voilà, pour un temps seulement, sauvé !


πέντε : cinq. Le pent.agone est une figure à cinq angles ou côtés,
un penta-mètre, un vers de cinq mesures, un penta.dactyle… aura
donc cinq doigts. En latin, sa transcription en quinque nous vaut le
quinquennat…
ἕξ : six. Un hexamètre est un vers de six mesures ou pieds. En
latin cela devient sex mais n’a rien à voir avec le sexappeal (qui
serait un appel du sexe !)…
ἕπτα : sept comme le titre de l’œuvre de Marguerite de Navarre,
L’Heptaméron, qui se déroule sur sept jours, ou comme un
septuagénaire (formé sur le latin septem).
ὀκτώ : huit (octem) comme octave, octosyllabe, etc.
έννέα : neuf (novem), comme les Ennéades.
δέκα : dix (decem) comme le Déca.logue (les dix commandements
de Dieu), un déca.mètre, le déca.méron (decem, décimal).
εἷς καὶ δέκα : onze, soit « un et dix ».
δώδεκα : douze, comme le Dodécannèse.
εἴκοσι : vingt (viginti).
ἑκατόν : cent (centum) d’où une héca.tombe (sacrifice de cent
bœufs), et toutes les mesures telles hecto.litre, hecto.gramme (dont
l’équivalent latin est centi…).
χίλιοι : mille, d’où kilo (mètre/gramme), milli.mètre.
μύριοι : dix mille. Ne parle-t-on pas de « myriades » pour
désigner un grand nombre indéterminé (ainsi les myria.podes à dix
mille pieds, les myria.phylles à dix mille feuilles, etc.) ?

… et Cie
LES CONJONCTIONS DE SUBORDINATION
Je vous donne ici les plus utilisées avec leurs sens les plus fréquents :
ὡς : comme, quand ;
ὥσπερ : comme, de même que ;
εἰ, έάν : si ;
ὅτι : que (complétif), parce que ;
ὥστε : de (telle) sorte que ;
ἵνα : pour que, afin que ;
ὅπως : pour que, comment ;
έπεί, έπειδή, έπείδαν : puisque, après que ;
ὅτε : quand ;
πρίν : avant que.
Vous les retrouverez plus loin en action dans la syntaxe.
Enfin, les très nombreuses interjections. Outre l’adverbe
exclamatif ὡς, on range dans cette rubrique les :
ἄἄ ah ! Ah !

ἔἔ eh ! Eh !

ὦô hé !

αἶ aïe !

οἴ/ὀτοτοῖ ah ! Hélas !

οἴμοι malheur à moi

φεῦ ah/ oh/ hélas !

παπαῖ oh ! Peste !

φἐρε allons

εἶα/εὖγε courage !

Pour exemple :
εἰπἐ μοι, ὦ μῆτερ : Dis-moi, ma mère.
Φεῦ, τῆς ἀναιδείας : Ah ! Quelle impudence !
Φἐρε, γεύωμαι : Allons ! que je goûte !
Ces outils, jetés au milieu du discours, rendent les mouvements
subits et directs de l’âme (dépit, douleur, étonnement, ou autres).
Les « Las ! »« Las ou hélas ! » de notre littérature en sont les plus
beaux restes.

Quelques exercices de révision des


formes verbales
Je vous invite à écrire vos propositions en prenant le temps de la
réflexion, puis à aller rechercher et vérifier les solutions dans les
tableaux qui se trouvent en annexes, en fin d’ouvrage, en restant
décomplexé. L’exercice est des plus formateurs.
Traduisez du grec au français ou du français au grec, parfois
analysez :

SUR λύω
» nous délions :
» analyse de la forme ἔλυον (2 possibilités) :
» λῦσαι (2) :
» λυόντων (3) :
» λύετε (2) :
» λύουσι (3) :
» λῦσον (2) :
» λύθεισι :
» λύει :
» tu délieras :
» ils délièrent :
» délie :
» avoir fini de délier :
» puissé-je délier ! :
» qu’ils délient ! (2) :
» ils ont fini de délier :
» nous déliâmes pour nous :
» je fus délié :
» avoir été délié :
» participe futur passif nominatif singulier aux trois genres :
» participe parfait passif nominatif pluriel aux trois genres :
» ils étaient déliés :
» infinitif aoriste passif :
» infinitif présent passif :

SUR εἰμί /εἶμι


» εἶ
» ἦτε
» ils sont
» sois
» il ira
» ἦ
» ᾖ
» vous êtes
» ἔστε

RÉPONSES SUR λύω


λύομεν ; imparfait indicatif actif, 1e personne du singulier et 3e
personne pluriel (je déliais/ils déliaient) ; infinitif aoriste actif
(avoir délié) et impératif aoriste moyen 2e personne singulier ;
qu’ils délient (imparfait présent 3e personne du singulier) ou
participe présent au génitif pluriel masculin et neutre ; indicatif
présent actif 2e personne du pluriel (vous déliez) et impératif
présent actif 2e personne du pluriel (déliez) ; ils délient (indicatif
présent actif 3e personne pluriel) et participe présent actif au datif
masculin et neutre pluriel ; participe futur neutre singulier nom.,
voc., acc. ou impératif aoriste actif 2e personne du singulier ;
participe aoriste passif datif masculin ou neutre pluriel ; indicatif
présent actif 3e personne du singulier (il délie) ou 2e personne du
singulier médio-passif (tu es délié ou tu délies pour toi).
λύσεις ; ἔλυσαν ; λῦε ; λελυκἐναι ; λύοιμι ; λυόντων/λύωσι ;
λελύκασι ; έλύσασθε ; έλύθην ; λελύσθαι ; λυθησόμενος, -μἐνη,
μενον ; λελυμἐνοι, αι, α ; έλύοντο ; λυθῆναι ; λύεσθαι.

SUR εἰμί /εἶμι


tu es / tu iras
vous étiez / que vous soyez
εἰσί
ἴσθι
εἶσι
j’étais
qu’il soit
έστἐ
soyez
PARTIE 2
Un parterre de racines et (toutes) ses
fleurs…

DANS CETTE PARTIE…


Se cultiver est un plaisir. Je veux vous amener à partir à la
découverte de la langue grecque comme si vous vous
promeniez en forêt ou à la campagne, que vous découvriez
des fleurs ou des plantes en chemin, dont vous admireriez la
beauté sans forcément connaître le nom savant de chacune
d’entre elles. Je voudrais être cette amie avisée, férue de
grec qui saura vous guider vers telle variété rare, devancer
vos questions, partager avec vous son gai savoir.
Apprendre que l’orchidée sauvage est de la famille des
plantes monocotylédones à fleurs zygomorphes ne change
sans doute rien à l’élégance farouche de cette fleur. Mais
sans un minimum de connaissances, quel plaisir peut être
durable ? Je voudrais que ce manuel vous permette de mieux
apprécier ces spécimens rares que sont les mots grecs bâtis
sur des racines, implantées dans des textes.
Puisse cette découverte tenir lieu de florilège, d’herbier
verbal, d’anthologie, que vous pourrez consulter et cultiver
en toute saison. Et fasse qu’en découvrant ce parterre fleuri
en le lisant, vous deveniez « listron » pour parler comme
Raymond Queneau, par ailleurs grand expert en « fleurs
bleues »…
Pour telecharger plus d’ebooks gratuitement et légalement,
veuillez visiter notre site :www.bookys.me
Beaucoup de mots grecs sont passés directement en français
tels quels : avec une terminaison francisée. Ainsi le concept,
dont nous sommes si fiers, de démocratie vient de
δημο.κρατία, la philosophie de φιλο.σοφία, un gymnaste de
γυμναστής (dont le latin gymnasium nous vaut le gymnase),
l’Académie (des Goncourt ou non !) d’Aκαδημία, le
sanctuaire d’Akadémos. Que dire encore des marques de
voitures telles Clio, Mégane, pour ne citer qu’elles ou, toutes
choses par ailleurs non égales, de la bonne confiture de
l’homme, Andros !
Effeuillons donc ces quelques pétales… en disant : « Je
t’aime, un peu, beaucoup, passionnément, à la folie… » mais
évitons de dire « pas du tout » ! Tant, vous l’avez déjà
compris, pour citer Platon, « la connaissance des mots
conduit à la connaissance des choses ».
Chapitre 4
Les racines… d’un jeu de familles
de mots
DANS CE CHAPITRE :
» De la racine… à ses pétales !
» Le sens de la famille, tout simplement
» Du grec… à nous

n appelle « racine » la partie quasi indivisible d’un mot, celle


O en tout cas qu’on retrouve après avoir ôté tous les signes
formels qui s’y sont rajoutés, tels, en avant du mot, les préfixes
ou, en arrière, les suffixes.

Soit le mot κρίσις, qui désigne le jugement, le fait de juger. Si on


lui ôte la désinence casuelle -ς, on retrouve le radical κρισι et la
racine κρι, racine du choix, du tri, du jugement qu’on retrouve en
latin dans le verbe cerno et, pour nous, dans « dis.cerner ».
La plupart des mots grecs remontent à des racines indo-
européennes dites tri.littères, parce que composées de trois lettres
ou éléments : une consonne, une voyelle au degré e ou o et une
autre consonne.
Je prends l’exemple de la racine de la naissance : gen. Vous la
connaissez en français pour avoir donné des mots tels que les
gênes, la genèse (naissance), la génétique, l’eu.génisme (politique
du tri à la naissance), etc. Triple degré donc pour cette racine :
gn/gen/gon du verbe γίγνομαι au présent, έγενόμην à l’aoriste et
γἐγονα au parfait. Le γἐνος de la naissance se retrouve bien dans le
genus latin et dans les langues romanes, genere en italien et genero
en espagnol.
De semblable façon, le verbe « laisser » présente aussi ces trois
degrés : lip/leip/loip entre son présent λείπω, son aoriste ἔλιπον et
son parfait λἐλοιπα.
Sur la racine *wid/weid/woid, vous trouvez au degré zéro wid (en
latin vid.eo), au degré e vous trouvez weid de l’aoriste grec εἶδον
(vidi du parfait latin) et au degré o vous trouvez woid du grec οἶδα
qui signifie « j’ai fini de voir » donc « je sais ».
C’était une façon pour les Grecs de marquer ce qui concernait les
modalités d’action pour un verbe, hormis bien sûr les trois temps.
Ici on affine avec les idées d’effort (en cours), de répétition, de
durée ou non, etc. En effet, le présent marque une action en train
de se faire (comme la différence entre la forme simple de l’anglais
« I sing » et la forme progressive « I’m singing »). L’aoriste
indique toujours une action ponctuelle et par essence courte, le
parfait indique une action passée mais qui garde un prolongement
dans le temps présent.
On peut aussi faire remarquer qu’existe un autre degré
d’alternances, jouant cette fois selon le domaine verbal et
nominal :
leg/log λἐγω dire λόγος la parole

nem/nom νἐμω répartir νόμος la loi, la coutume, l’usage

meir/moir μείρομαι obtenir par le sort Μοῖρα le sort, la Moire

dem/dom δἐμω je construis δόμος la maison

werg/worg ῥἐζω faire ἔργον/ ὄργανον travail, outil

pher/phor φἐρω porter (μετα) φορά métaphore

Quelques racines ou radicaux (formes


élargies de la racine) sinon rien !
*αγ du verbe ἄγω : conduire, mener. cette racine a donné par
exemple le péd.agogue, celui qui, étymologiquement, conduit
l’enfant à l’école.
*αἰθ du verbe αἴθω : brûler, d’où le mot éther (air pur) et même
l’Éthiopien, l’homme au visage brûlé.
*ἀλγ du nom τὸ ἄλγος : douleur par contracture, resserrement,
d’où la nost.algie est la douleur du retour.
*αρ du verbe ἀραρίσκω (ajuster, emboîter), à l’origine du nom
ἁρμονία ou du substantif latin ar.tus qui désigne le membre
(art.iculation), à l’origine aussi de l’adjectif ἄριστος qui signifie
« le meilleur », car le plus adapté à la situation.
*αρχ : le début et le commandement, ce qui donne archéo. logie,
arché.type pour la première acception et an.archie pour la seconde.
*αw : souffler, d’où ἄημι, ἄσθμα (asthme : le souffle court) ;
αὐλή : une cour à l’air libre ou αὐλός : tout instrument à vent, tel
une flûte.
*βα/βη du verbe βαίνω : marcher (*ban.yô) et βεϐαῖος : fiable,
solide, sur quoi on peut marcher, une base donc pour l’adjectif
bas.ique.
*βαλ du verbe βάλλω : lancer, jeter, d’où la balistique, science qui
étudie le mouvement des projectiles, et le discobole, l’homme qui
lance les disques.
*βορ/βρο du verbe βιϐρώσκω : manger ; ἡ βόρα : la nourriture ; ὁ
βροτος : le mortel ; ἀμϐροτος : l’immortel et l’ambroisie qui va
avec !
*γαλ (gla/gel) du verbe γελάω : briller et sourire, d’où la chouette
(ἡ γλαῦξ, γλαυκός) aux yeux brillants (pers) comme Athéna, et
même τὸ γάλα (le lait).
*γνω est la racine de la connaissance (γιγνώσκω) et son contraire
est un a.gno.stique. ἡ γνώμη désigne la sentence, l’avis (on appelle
« cognitives » les sciences qui traitent de la faculté de penser). Et
votre propre nom (venant du latin nomen) ce qui permet de vous
reconnaître.
*δεικ/δικ : montrer du doigt (du verbe δείκνυμι), d’où un outil
déictique (un présentatif) ou une littérature dite épid(e)ictique
(d’apparat). D’où également la δική (la justice) et ἄδικος (injuste).
C’est de là que vient le terme actuel de syn.dic. L’auriez-vous
imaginé ?
*δοκ donne δοκἐω : sembler, paraître, d’où le dog.me (une
décision sur laquelle on ne revient plus) parce qu’il correspond à la
δόξα (l’opinion répandue), et ce qui va à son encontre, le
para.doxe !
*εδ du verbe ἔδω/ἔδομαι : manger. Saviez-vous que, sous sa forme
en od, on trouve ἡ ὀδύνη qui signifie la douleur, celle qui vous
dévore ?
*εθ, τὸ ἔθος : l’usage, la coutume, l’habitude, d’où l’éthique (la
science qui a rapport aux mœurs).
* (F) εργ/οργ donne τὸ ἔργον : le travail et τὸ ὄργανον, l’outil,
d’où la science de l’ergo.nomie (énergie de se mettre au travail) et
la métallurgie (travail des métaux).
*ζευγ/ζυγ : mettre sous le joug, d’où le mot grec τὸ ζεῦμα (jugum
en latin), d’où conjugal quand un être est lié à l’autre et la figure
de style appelée le zeugma, celle qui attelle deux termes à un seul
joug : « Vêtu de probité candide et de lin blanc » (Victor Hugo).
*θαν/θν : la mort dans ὁ θάνατος ; θνήισκω : mourir ; θνητός :
mortel donc l’homme et ἀθάνατοι : les immortels, ceux qui ne
meurent jamais, alias les Dieux.
*θε/θη : du verbe τίθημι : poser, placer d’où ἡ θἐμις : la règle la
loi, ἡ θήκη : le coffre de rangement d’où la biblio.thèque pour les
livres, la ludo.thèque, la média.thèque, etc.
*θεw : le nom d’où ἡ θἐα : le regard ; le verbe θεάομαι :
contempler ; τὸ θἐατρον : l’endroit d’où on regarde ce qu’on
appellera le théâtre.
*κοπ/κοπτ : couper, d’où ἡ κοπίς : une épée et la figure de style
qui consiste à couper la fin d’un mot : c’est la cata…
*λαβ : prendre, d’où ἡ λαϐή : une manche, une anse pour attraper ;
τὸ λάφυρον : ce qu’on prend sur un mort, donc le butin.
*λαθ : λανθάνω (échapper aux regards de) appartient à la même
racine que le nom ἡ λήθη : le fleuve de l’oubli ; et sous sa forme
privative, le nom ἡ ἀληθεία : la vérité et l’adjectif ἀλήθης : pas
caché, donc vrai.
*λεγ/λογ : λἐγω : rassembler, puis au sens intellectuel dire et ὁ
λόγος, la parole (d’où l’étude de la langue, la philo.logie) puis la
raison !
*λιπ/λειπ/λοιπ : laisser, sur la racine *linkw : (re).linquere en latin
et les reliques ou un reliquat : ce qui reste !
*μαθ : du verbe μανθάνω, apprendre, d’où la science par
excellence de la connaissance : les mathématiques… alias les
Maths !
*μαχ, du verbe combattre ἡ μάχη : la bataille ; ἡ ναυμαχία : un
combat naval ; σύμμαχος : l’allié (qui combat avec).
*νεμ/νομ de νέμω : partager, soit ἡ Νἐμεσις, la déesse de la justice
(distributive) ; ὁ νομός, la loi, l’usage que nous avons en partage.
* οκw/οπ est la racine du regard : τὸ ὄμμα, le regard ; ὁ ὀφταλμός,
l’œil (oculus, (un oculiste vaut bien un ophtalmo.logiste !).
* ορ : élan d’où ὄρνυμι s’élancer/s’élever, et pour résultat,
l’adjectif ὀρθός, droit (cf. ortho.graphe, ortho.pédie, etc.).
*παγ/πηγ, enfoncer, ficher : πήγνυμι, qui donne ἡ πηγή : la source,
l’origine, d’où Pégase et παχύς : épais (comme un pachi.derme) et
un ἅπαξ, hapax, fixé une fois pour toutes !
*παθ : πάσχω, souffrir, supporter ; τὸ πάθος, le ressenti,
l’émotion ; pat.ior en latin et path.étique et a.pathie : absence de
sensations en français…
*περ/πορ : περάω, passer, franchir (d’où la préposition latine per
« par monts et par vaux ») ; ὁ πόρος, le passage et ἡ ἀπόρια,
l’absence de sortie d’où l’impasse.
*πλ/πλε./πελ/πολ : τὸ πλῆθος, la foule, le nombre ; πλήρης, plein
(du latin plenus), πολύς : nombreux, d’où ὁ πλοῦτος : richesse et
même ἡ πόλις, la ville (remplie).
*σεδ/εδ : s’asseoir ; ἑζομαι : s’asseoir ; sedere : être assis et sedes :
un siège.
*σεπ : suivre ἕπομαι, τὸ ὅπλον : l’objet qu’on emporte ; ὁ
ὁπλίτης : l’hoplite.
*στα/στη donne ἵστημι : se tenir debout en latin, sto, stas, stare,
steti, statum qui donne le mot « station », debout par exemple ! Le
substantif ἡ στοά désigne le portique (d’où le nom des Stoïciens,
adeptes de l’école avec Portique où se réunissaient les disciples de
Zénon, leur maître à penser).
*τεκ/tk : produire, générer, enfanter, d’où τίκτω : mettre au
monde ; το τἐκνον : l’enfant et même ἡ τἐχνη : l’art.
*τελ (ο) : le grec a formé le verbe τελἐω : finir, réaliser ;
ἡμιτελής : à moitié fini ; εὐτελής : bien fini, simple ; πολυτελής :
luxueux ; συντελἐω : parachever ; τελευτάω : finir, mourir ; τὸ
τἐλος : la fin…
*τρπ/τραπ/τροπ, τρέπω : tourner ; ὁ τρόπος : un tour (un trope)
désigne une figure de style, une tournure de phrase, au sens
figuré ! On songe aussi à l’hélio.trope, fleur qui se tourne vers le
soleil (comme le tourne.sol latin) ; τὸ τροπαῖον : le trophée,
monument de la déroute.
*τρεφ/τροφ donne τρἐφω : nourrir (ravitailler) ; ὁ τροφός : la
nourriture ; ἡ τροφή : la nourrice.
*τυχ : le verbe τυγχάνω formé sur le nom ἡ τύχη (la fortune)
signifie toucher le but, obtenir, rencontrer par hasard.
*φαν/φαιν est la racine de la lumière. φαίνω signifie « briller » ;
φάνερος : évident clair ; φαίνομαι : apparaître ; et même φάναι :
parler, d’où être a.phone, sans voix.
*φαρ/φερ/φορ : porter, d’où une amphore, qu’on porte avec deux
poignées, et les Choéphores, autre nom des porteuses de libations,
ou le φαρἐτρα qui désigne le carquois, le porte-flèches.
*φευγ/φυγ est la racine de la fuite : le verbe grec est φεύγω.
Retranscrite en fuga en latin, elle donne comme autant de dérivés
des mots comme transfuge, fugitif, fugace, etc.
*φρεν/φρον : séparer, d’où à la fois φρήν : diaphragme et
φρονἐω : penser, réfléchir.
*φυ donne φύω/φύομαι qui veulent dire « faire croître »,
« pousser » : le concept de nature (ἡ φύσις) en est l’émanation la
plus pure, tout comme la science qui s’en soucie, la physique. Le
terme τὸ φῦλον désigne la race, l’espèce qui vient au jour.
*χερ : saisir, prendre, d’où ἡ χείρ : la main (chiro.mancie) ;
χράομαι : se servir de ; τὸ χρῆμα : la chose utile ; d’où τὰ
χρήματα : les richesses.
La liste est tout sauf exhaustive… Vous l’aviez deviné !

Le grec a le sens de la famille (de


mots) !
À partir d’une seule et même racine, en jouant des ajouts en amont
et/ou en aval (jeu de préfixe et de suffixe), on crée toute une
filiation entre plusieurs termes. Ainsi sur la racine poieo (faire, au
sens de fabriquer, usiner presque), on obtient :
» τὸ ποιήμα : la chose faite, le résultat le plus souvent, donc
le poème ;
» ὁ ποιήτης : celui qui fait, l’agent, le poète ;
» ἡ ποιήσις : l’objet de l’action, donc la création, etc.
De semblable façon, sur la racine graph, on trouvera ὁ γραφεύς (le
scribe/le peintre), ἡ γραφή (l’écriture), τỏ γραφεῖον (le stylet pour
écrire), τὸ γράμμα (le caractère d’écriture, à l’origine du mot
français grammaire), ἡ γραμμή (le trait d’écriture, la ligne)…
Avoir à l’esprit la racine grecque σκεπ du verbe σκἐπ.τω
(examiner avec soin), plus connue de nos jours sous le vocalisme
o, σκοπ, permet de mettre en relation des mots comme télé.scope
(pour y voir au loin), péri.scope (pour y voir autour) et même le
Paris.scope (pour savoir ce qui se passe à Paris, intra et extra
muros !).
MÉMENTO…
Vous seriez-vous douté que tous les mots dont la liste va suivre
s’apparentent à la même racine ? À moins qu’il n’y ait eu interférence
entre deux racines… Pour rappel :
» men/mna/mnè, qui est la racine de la pensée, ce qui reste,
d’où μνάομαι : penser ; μιμνήισκω : faire souvenir (μεμνήμαι,
je me souviens, comme memini en latin) ; ἡ μνήμη : la
mémoire. Sous la forme vocalisée en man on trouve même ἡ
μανία : la folie (même passagère) ; ὁ μάντις : le devin ; ἡ
μαντεία : la divination ; ἡ Μῆτις : la sagesse ; ἡ Μοῦσα : la
Muse… de montsa.
» men/mon/man : le verbe μἐνω (en latin : man.eo) : rester ; le
verbe μνάομαι : penser ; ἡ Μνήμη : le souvenir (ce qui reste) et
son antonyme, a.mnésique (qui ne se souvient pas).
Mais alors à quelle racine rattacher Mnémosyne, la mère des Muses ? À
μνημοσύνη : mémoire, souvenir dans l’esprit (sur μνή.μων) ? Vous avez
là un avant-goût des querelles de clochers qui opposent souvent les
linguistes !

Vos « formes matrices » à vous


Je n’ai pas le moindre doute sur votre connaissance secrète du
grec. Il me suffit de vous livrer ici, en les retranscrivant, certaines
entrées, pour qu’aussitôt vous viennent au bout des lèvres bien des
mots usuels de notre vocabulaire. Oui, nous sommes tous, même
sans le savoir, des Monsieur Jourdain : nous faisons du grec sans
le savoir. Alors, autant en avoir conscience, non ?
J’ai varié les exemples, choisissant tour à tour des termes se
plaçant en tête de mot ou en fin de mot. Êtes-vous prêt pour cet
exercice à quatre mains, vous et nous !
sur aster (étoile) : astro.nomie,

sur bakter (bâton) :


sur brachy (court) :
sur card (cœur) :
sur chalcho (cuivre) :
sur chrys (or) :
sur crypt (cacher) :
sur dactyl (doigt) :
sur endo (à l’intérieur) :
sur game (mariage) :
sur glyc (doux) :
sur gyro (rond) :
sur hagio (saint) :
sur héma (sang) :
sur hémi (moitié) :
sur icon (image) :
sur iso (égal) :
sur leuk (blanc) :
sur mono (seul) :
sur myc (champignon) :
sur nécro (mort) :
sur oeno (vin) :
sur orni (oiseau) :
sur phall (pénis, phallus) :
sur phon (son) :
sur phot (lumière) :
sur phys (nature) :
sur plast (modeler) :
sur poly (nombreux) :
sur skle (dessécher) :
sur sem (signe) :
sur steno (étroit) :
sur stereo (compact) :
sur tax (placer) :
sur télé (au loin) :
sur therm (chaud) :
sur top (lieu) :
sur xen (étranger) :
sur xyl (bois) :
sur zon (ceinture) :
Vous voyez : avant même que je vous donne ici la liste de ce
vocabulaire, vous le connaissiez déjà. J’espère que vos réponses
ont été nombreuses sur chacun de ces termes. Sinon, prenez encore
un moment pour compléter vos réponses, avant d’aller de l’avant.
Chapitre 5
Dérivation et composition, ou de
l’art d’utiliser préfixes et suffixes
DANS CE CHAPITRE :
» La dérivation
» La composition

érivation et composition sont les deux mamelles de la


D formation de la langue grecque. La dérivation est le premier
procédé de formation des mots. À partir d’un premier mot
existant, elle permet de forger des mots nouveaux par des ajouts
divers. En amont… en aval… de toutes parts !
Mots simples comme mots composés peuvent d’ailleurs être
dérivés. Tout mot composé est formé de la réunion de deux mots
simples.
γράφω (j’écris) est un mot simple ; συν.γράφω (je compose) est un
mot composé.

Dérivons avec… les préfixes ou ce qui


se met avant
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Vous vous rappelez les prépositions. Nous les retrouvons ici. Elles
viennent souvent se glisser à l’avant d’un mot ou d’un verbe pour
en orienter le sens.
Je prends l’exemple du verbe ἄγω :
» ἀπάγω : conduire loin de, écarter ;
» εἰσάγω : faire entrer dans ;
» έξάγω : faire sortir (de) ;
» κατάγω : faire descendre ;
» παράγω : amener près (de) ;
» περιάγω : faire avancer, promener autour ;
» συνάγω : conduire ensemble, d’où réunir, rassembler (une
synagogue désigne littéralement une réunion !).
Observez le sens des verbes composés suivants sur βάλλω (jeter,
lancer) pour comprendre le processus :
» διαϐάλλω : jeter en tous sens, séparer donc brouiller ou
calomnier ;
» έκϐάλλω : faire sortir, chasser ;
» έμϐάλλω : se jeter dans/sur, envahir ;
» έπιϐάλλω : jeter sur, infliger, échoir ;
» μεταϐάλλω : changer, déplacer (metabolè : changement) ;
» παραϐάλλω : mettre à côté, comparer (une parabole est une
comparaison) ;
» προϐάλλω : lancer devant, donc proposer (qu’est-ce qu’un
πρόϐλημα, c’est-à-dire un « problème », sinon une question
proposée ?) ;
» ὑπερϐάλλω : jeter par au-dessus, d’où surpasser (et de là
une hyperbole, le plus haut point, une exagération).
Ou encore sur λύω :
» ἀναλύειν : décomposer (analyse) ;
» ἀπολύειν : détacher, délivrer ;
» διαλύειν : dissoudre, détruire (dialyse) ;
» καταλύειν : renverser, destituer ;
» παραλύειν : énerver, enfreindre ;
» συλλύειν : dénouer, réconcilier ;
» ὑπολύειν : détacher, dételer ;
» πλἐω : je navigue ;
» εἰσπλἐω : entrer en naviguant ;
» περιπλἐω : naviguer autour ;
» ἀποπλἐω : s’éloigner en naviguant ;
» έκπλἐω : sortir du port ;
» διαπλἐω : traverser en naviguant ;
» παραπλἐω : longer en naviguant.
LE VERBE « ÊTRE » ET SES COMPOSÉS
ἄπ.ειμι : être absent.
ἔν.ειμι : être dans.
πάρ.ειμι : être présent.
περί.ειμι : l’emporter sur, survivre.
πρόσ.ειμι : être présent, attaché à.
σύν.ειμι : être avec, fréquenter, côtoyer.
LES COMPOSÉS IMPERSONNELS DU VERBE εἰμί
ἔνεστι : il est possible (ou ἔστι accentué en tête de phrase).
ἔξεστι : il est permis, on peut + infinitif.
μἐτεστι μοι : j’ai droit/part à.
πάρεστί μοι : il dépend de moi + infinitif.
πάρεστι (sans datif) : il est possible + infinitif.

… et/ou les suffixes, ce qui se met


après une racine…
Tout suffixe apporte en fait à une racine une valeur précise et bien
définie. Certains d’entre eux s’appliquent au domaine nominal et
d’autres au domaine verbal. Il en est qui ont été plus féconds que
d’autres et dont le sens a même dévié de par leur forte utilisation.
Par exemple le suffixe -μα qui au départ est un suffixe marquant le
résultat d’une action (τὸ βούλευμα : une décision) est arrivé à
désigner des personnes mêmes : τὸ δούλευμα désigne l’esclave.
Les suffixes nominaux sont dérivés
de verbes…
C’est le cas des :
» noms d’agent -tηρ (τειρα)/τωρ (τρια), τής (τρις), μῶν
pour
marquer l’auteur de l’action marquée par le verbe :
• ὁ θεατής (θεάομαι : regarder) : le spectateur ; ὁ
ἀκροατής (ἀκούω : écouter) : l’auditeur ;
• ὁ ποιητής (ποιῶ : fabriquer) : le poète ; ὁ αὐλητής
(αὐλῶ : jouer de la flûte) : le joueur de flûte ;
• ὁ ἡγεμών (ἄγω : conduire) : le guide, le chef.
» noms d’action
• en -ος pour l’action en train de s’accomplir : τρἐπω/
τρόπος ; τρἐχω/τρόχος (σκἐπτω/σκόπος, τἐμνω/
τόμος).
• en -σις (issu de tis) : ἡ πρᾶξις sur πράττω.
• en -σια pour l’action accomplie : ἡ δοκιμασία sur
δοκιμάζω.
» noms de résultat d’action en -μα, ce suffixe neutre :
• μίμημα : imitation, sur μιμἐομαι : imiter ;
• καῦμα : brûlure, sur καύω : brûler ;
• πρᾶγμα, sur πράττω.
» noms d’objets, lieux, instruments ou moyens d’action
en -τρον/-τηριον :
• τὸ κάτοπτρον : miroir (ὁράω) ; τὸ ἄροτρον : la
charrue (ἀρόω) ; τὸ δικαστήριον : le tribunal (ἡ
δίκη) ; τὸ ποτήριον : la coupe à boire (πίνω).
» suffixes de diminutif :
• pour neutre en -ιον : ὁ παῖς/τὸ παιδίον (plus
affectif) ; et en -ιδιον : τὸ οἰκίδιον : une maisonnette
sur ỡικος : maison ;
• pour masculins en -ίσκος ! νεανίσκος : petit jeune
homme sur νεανίας : le jeune homme.

… ou de substantifs
» αδης/ιδης indiquent la filiation ou la descendance et
servent à former les patronymes : Boreadès : fils de Borée ;
Kekropidès : fils de Cécrops, etc.
» εύς, ιος indiquent la nationalité sur Κόρινθος, ὁ κορίνθιος :
le Corinthien.
» Μέγαρα donne ὁ Μεγαρεύς : mégarien.
» εῖον et -ών indiquent le lieu : sur ὁ κουρεύς (le barbier), τὸ
κουρεῖον : la boutique barbier.
Ces substantifs sont parfois dérivés d’adjectifs :
» της, τητος : sur νἐος : nouveau ; νεότης : la nouveauté.
» Le suffixe συνή marque la qualité d’où ἡ δικαιοσύνη : la
vertu de justice sur δικαῖος.
» ία indique la qualité, d’où ἡ σοφία : la sagesse sur σοφός
(sage et savant à la fois).

Les suffixes adjectivaux


On appelle « adjectif verbal » tout adjectif formé sur un thème
verbal avec un suffixe.
» En -τος pour marquer la possibilité : λυτός : qui peut être
délié et διδακτός : qu’on peut enseigner.
» En -τεος pour l’obligation : λυτἐος : qui doit être délié (il
est en ce cas employé avec l’auxiliaire « être »).
» En -ικος, ικη, ικον pour marquer l’appartenance (Τροῖκος :
de Troie) et l’aptitude (ἀρχιχός : apte à commander).
» En -ιος, ία, ιον comme dérivés de noms : sur ὁ ἀγρός (le
champ) : ἄγριος (sauvage) ; sur ἆθλον (l’enjeu) : ἀθλιος
(malheureux).
» En -μῶν pour marquer la possession d’une qualité du
verbe : τλάω signifie supporter (comme Atlas) donc
τλήμων : celui qui sait supporter (même autre chose que le
monde sur ses épaules).
» En -μος pour marquer une aptitude : ὠφἐλιμος signifie
pouvant servir, donc utile, sur ὀφείλω.
» En -υς, εῖα, υ tels ἡδύς : agréable ; ταχύς : rapide.
» En -ίδης/-ιάδης : fils de. Ainsi Pèleidès ou Pèlèiadès
désigne le fils de Pélée, Achille.
» En -εος, ους et ινος pour indiquer la matière : ἀργυροῦς :
d’argent sur ἄργυρος (argent) ; ξύλινος : de bois sυr ξύλον
(bois).
» En -εις, εντος, pourvu de : sur χαρα, (la grâce) : χαρίεις
(gracieux).
» En -ν/-ντος pour de très nombreux participes à la voix
active.
Donnez les adjectifs verbaux sur le verbe ἀθυμηθἐω, ποιἐω,
πράττω.

RÉPONSES
ἀθυμηθἐος, ποιητἐος, πρακτἐος (dont on doit/peut désespérer, qui
doit être fait, agi).

Les suffixes verbaux


» En -έω/ῶ, ils marquent l’état : par exemple le verbe φιλἐω
veut dire aimer, au sens d’être aimant ; ἀνθἐω signifie
« fleurir » sur ἄνθος (fleur).
» En -εύω, ils marquent l’exercice de l’activité du nom :
ainsi sur ὁ βασιλεύς (le roi), βασιλεύω veut dire être roi,
régner, gouverner ; sur ὁ πολίτης (le citoyen), πολιτεύω veut
dire se comporter en citoyen. Ils peuvent aussi marquer un
état : δουλεύω : être esclave sur δοῦλος (esclave).
» En -σκω, le plus souvent ils indiquent une action qui se
répète comme dans γιγνώσκω : chercher à savoir ; un début
d’action comme dans γεράσκω : commencer à vieillir ; ou
une fin d’action comme dans στερίσκομαι : je suis privé.
» En -ιζω/αζω, ils peuvent avoir une valeur itérative
(répétitive). Ainsi ὀνειδίζω signifie « ne cesser d’injurier »
(ὀνειδος : le reproche) ; κομπάζω signifie « se vanter sans
cesse » (κόμπος : jactance). Leur valeur peut aussi être
factitive : ἀφανίζω signifie « rendre invisible » (à partir de
ἀ.φανής : pas visible).
» En -θω, ils marquent un état : πλήθω (être plein) alors que
πλἐω veut dire « remplir ».
» En -ύνω, ils ont un sens factitif : sur αἰσχρος (laid) :
αἰσχύνω voudra dire « rendre laid », et donc « déshonorer ».
Retrouvez le sens des mots suivants à partir des mots racines :

ὁρατός sur ὁράω (voir) :


ἡϐάσκω sur ἡϐη (jeunesse) :
στρατιωτικός sur στρατιώτης (soldat) :
έργάτης sur έργάζομαι (travailler) :

RÉPONSES
qui peut être vu ; entrer dans la jeunesse ; qui est relatif au soldat ;
ouvrier.

Composons à présent
Si je dis anthropo…, vous pensez aussitôt à l’homme et vous
formez à sa suite des mots comme anthropo.logie, anthropo.
morphisme, anthropo.métrie, voire pire : anthropo.phagie. Le mot
grec ἄνθρωπος sert ici de premier élément de composition, suivi
d’autres termes qui pourront eux aussi à leur tour générer d’autres
mots. C’est une chaîne sans fin qui fait la richesse de ce lexique
que nous devons aux Grecs. Ce qui va bien au-delà de savoir si, en
fait, nous nous disons mis.anthropes ou phil.anthropes !
Les procédés de composition sont multiples : on peut trouver des
mots composés d’un préfixe (préposition ou particule) et d’un
autre mot (substantif, adjectif ou verbe), soit de deux ou plusieurs
mots (substantif + verbe), (substantif + substantif), (adjectif +
substantif), etc.
À partir de :
αυτο (même), on peut former par exemple un auto.crate (celui qui
détient le pouvoir à lui tout seul), un auto.mate, un auto. didacte,
etc.
Βιϐλιον (livre, la Bible étant considéré comme le Livre par
excellence) : biblio.thèque, biblio.phile.
βιος (vie) : bio.graphie, bio.logie.
χρονος (temps) : chrono.logie, chrono.mètre, chronique.
δημος (peuple) : démo.cratie, dém.agogue.
γεο (terre) : géo.graphie, géo.logie, géo.métrie.
ἵππος (cheval) : hippo.drome, hippo. phagie, hippo.potame.
μικρο (petit) : micro.scopie, micro.céphale, micro.cosme.
ναυ (bateau) : naumachie (combat naval).
παν (tout) : pan.hellénisme, pan.théon, panacée (qui guérit tout).
τηλε (loin) : télé.phone, télé.gramme, télé.pathie.
θερμο (chaud) : thermo.mètre, thermo.gène.
ζοον (être vivant) : zoo.logie, zoo.graphie, zo.o.
Faisons l’inverse : sur la racine du pouvoir, krat.ia, que
connaissez-vous comme régime politique ? L’aristo.cratie ou
gouvernement/commandement des meilleurs, la plouto.cratie
(celui des riches), la thalasso.cratie (le pouvoir de la mer), et bien
sûr la démocratie, si chère à notre cœur à tous et dont les Grecs
furent les instigateurs !
UNE RACINE PROLIFIQUE… -γεν
Rien d’étonnant puisqu’il s’agit de la racine de la naissance ! Qu’on
retrouve dans la forme latine genus, generis et dans notre français :
genre, généalogie, génétique, etc., ou anxio.gène, patho.gène,
hydro.gène.
Que signifient sur -logie : mytho.logie, étymo.logie, numéra.logie,
patho.logie ; sur -phobe : agora.phobe, claustro.phobe,
xéno.phobe, hydro.phobe ; sur -pathos : anti.pathie, sym.pathie ;
sur ortho – (droit) : ortho.graphie, orth.opsie, orth.odontie ; sur
mono – (seul) : mono.maniaque, mono.tone, mono.game,
mono.pole.
Les racines grecques, un trésor
inépuisable ! Qui l’eût cru ?
D’hier… à aujourd’hui : les mots grecs que nous utilisons
couramment en français sans même le savoir ! Est-il permis
d’exploiter un court extrait du Trésor des racines grecques ou
plutôt de vous y renvoyer ? Vous serez édifié de voir que bon
nombre de mots que vous utilisez naturellement proviennent de
racines grecques. Pour exemple, cet extrait emprunté à l’ouvrage
cité :
« Au milieu du ballet méridien des écoliers, je l’ai vu s’approcher,
la démarche élastique, les épaules en avant et les bras écartés, le
pantalon trop court découvrant le bas de la jambe au-dessus des
sandales en plastique.
Il s’est assis sur une chaise métallique, puis a dénoué calmement la
cordelette tressée de son sac de toile rapetassé, d’où il a sorti une
planchette, une serviette en papier, et quelques bacs de carton :
l’un contenait des carottes râpées assaisonnées de persil ou de
cerfeuil, un autre du riz baignant dans une sauce aux câpres.
Ayant saisi le premier à deux mains, il l’a porté à sa bouche et
s’est mis à mastiquer vivement, avec des airs d’écureuil. »
Vous doutez-vous seulement du nombre de mots grecs que vous
venez d’utiliser, souvent par le truchement du latin, sans même le
savoir ?
« Ballet » vient du verbe βάλλειν : jeter, lancer. Vous connaissez
bien le discobole, célèbre statue d’homme lançant le disque ?
« Écoliers » vient du mot latin schola, pure transcription de ἡ
σχολή : le loisir et l’étude.
« Élastique » vient du verbe έλασαι signifiant allonger, étirer une
pièce de métal.
« Épaule » vient du latin spatula au mot à mot, « pelle plate »,
diminutif de spatha, en grec σπάθη, épée plate (omoplate).
« Bras » vient de bracchium, forme latinisée de βραχίων qui n’est
autre que le comparatif de l’adjectif βραχύς court, ici appliqué à la
partie plus courte que l’avant-bras.
« Jambe » vient de gamba (patte en latin), d’où le verbe gambader
ou lever la gambette !, reprise de καμπή qui signifie « flexion »,
« articulation ».
« Pantalon » est le nom d’un personnage de la Commedia
dell’arte, sans doute tiré du nom du saint grec, Pantaléon,
transcription de παντα.λἐων, « qui est tout lion » !
« Sandale » vient du mot grec τὸ σάνδαλον.
« Plastique » vient du verbe πλάσσω qui veut dire modeler,
façonner.
« Chaise » vient du grec καθἐδρα signifiant « siège » et tout
spécialement celui de l’évêque. Le terme latinisé a donné le
doublet « chaire » et « chaise ».
« Métallique » vient du nom μἐταλλον qui désigne une mine d’or
ou d’argent.
« Calmement » vient du latin cauma, pure transcription de καῦμα,
qui désigne une brûlure, une grosse chaleur qui veut qu’on reste
inactif.
« Tresse » est la traduction aboutie du mot trichia venant du grec
θρίξ, τριχός : le cheveu, le poil, et même des fibres d’écorce de
palmier.
« Planchette », diminutif de planche, remonte au grec φάλανξ,
φάλαγγος, qui désigne le bâton, d’où dans le lexique militaire une
phalange (une troupe en ligne de bataille). Romanisé en phalanga,
le mot passe du sens de « levier en bois » à celui de « planche » !
« Papier » remonte au grec πάπυρος latinisé en papyrus, roseau
dont on faisait non des flûtes… mais des fibres pour papier.
« Carton » est issu du mot ὁ χάρτης (feuille de papier) qui a donné
en latin charta, d’où le doublet « charte » et « carte », et en italien
cartone.
« Carotte », par le détour du latin carotta, reprend le mot grec τὸ
κάρωτον.
« Persil » remonte au πετρo.σἐλινον soit au « persil des rochers »,
latinisé en petroselinum, qui avec deux élisions a bien donné le
persil.
« Cerfeuil » n’est autre que le résultat du caerefolium, soit du
χαιρἐφυλλον, qui signifie ce qui aime à faire des feuilles ou dont
les feuilles plaisent : χαίρειν (se réjouir) et φύλλον (feuille).
« Riz » remonte au grec ὄρυζα, puis au latin oryza (apocopé en
riz).
« Câpres » vient bien du mot grec τὸ καππάριον, diminutif du
καππαρις, qui désigne le câprier, l’arbre à câpres.
Vous en restez bouche bée ? J’arrête là l’exercice et vous laisse sur
votre faim.
La racine de la multitude est pl/pel/pol : on la retrouve dans les
verbes πλἐω/πίμπλημι, l’adjectif πολύς, le substantif τὸ πλῆθος.
Vous n’aurez donc pas de peine à donner le sens des mots
suivants : poly.chrome (plusieurs couleurs), poly.phonie (plusieurs
sons), poly.technique (plusieurs arts/compétences), poly.gone
(plusieurs angles), poly.glotte (plusieurs langues)…
DOUBLE FONCTION DE PRÉFIXE OU DE SUFFIXE
Certains mots peuvent servir de premier membre ou de second membre
dans un mot composé. Ainsi :
» bios (vie) : bio.logie, amphi.bie ;
» graphè (écriture) : grapho.logie, géo.graphie ;
» lithos (pierre) : litho.graphie, mono.lithe ;
» métros (mesure) : métro.nome, (a) sy.métrie ;
» philos (ami) : philo.sophie, biblio.phile ;
» phono (voix, son) : phono.graphe, a.phone ;
» théos (dieu) : théo.cratie, a.thée ;
» typo (caractère) : typo.graphie, proto.type ;
» log (os) (parole) : psycho.logie, logo.graphe (avocat de
l’Antiquité).
Comment appelle-t-on :

la manie de voler ?
un médecin spécialiste de la peau ?
celui qui poursuit seul ses études ?
celui qui déteste les femmes ?
celui qui agit en premier, donc le premier rôle au théâtre ?
la ville des morts ?
le discours d’une personne qui parle seule ?
le traitement par l’eau ?
le contraire du mis.anthrope ?
une douleur de l’estomac ?
une demi-paralysie ?
une personne qui parle plusieurs langues ?
un recueil de textes ?
un retour en arrière dans le temps qui décale de la réalité ?
une douleur/souffrance des nerfs ?
un dévoreur de poissons ?

RÉPONSES
clepto.manie, dermato.logue, auto.didacte, miso.gyne,
prot.agoniste, nécro.pole, mono.logue, hydro.thérapie,
phil.anthrope, gastr.algie, hémi.plégie, poly.glotte, antho.logie,
ana.chronisme, neuro.pathie, ichtuo.phage.
Je vous invite à réécrire tout de suite les différents mots qui ont
servi à former tous ces composés : la ville, l’eau, l’estomac, la
langue, une douleur, le soin, le mort, beaucoup, un coup…

Liste de vocabulaire
κλἐπτω : voler.
τὸ δἐρμα, ματος : la peau.
διδάσκω : enseigner.
πρῶτος : premier.
μισεῖν : haïr.
ἀγών : combat.
νεκρός : cadavre.
μόνος : seul.
τὸ ὕδωρ, ὕδατος : l’eau.
θεραπεύειν : soigner.
φίλος, η, ον : cher, aimé.
ὁ γαστήρ, τοῦ γαστρός : l’estomac.
ἀλγεῖν : souffrir.
ἡ πληγή : la plaie, le coup.
τὸ ἄνθος, τοῦ ἄνθους : la fleur.
ὁ χρόνος, τοῦ χρόνου : le temps.
τὸ νεῦρον, τοῦ νεύρου : le nerf.
τὸ πάθος, τοῦ πάθους : la souf
france, le ressenti.
ὁ ἰχθύς, τοῦ ἰχθύος : le poisson.
έσθίω (ἔφαγον à l’aoriste) : manger.
Vous commencez ainsi à vous sensibiliser au jeu des racines et des
compositions de mots. C’est un réflexe à acquérir qui vous sera
bien utile parfois pour identifier rapidement les formes grecques
sans avoir nécessairement à vous jeter fébrilement sur un
dictionnaire.
LA PRÉCISION DU VOCABULAIRE OU PLUSIEURS
MOTS POUR UNE SEULE IDÉE/CHOSE
Le grec est tout sauf chiche en précisions dans son vocabulaire. À
commencer par exemple par les trois façons de « dire » :
» une chose :
• τὸ πρᾶγμα : ce qu’on fait ;
• τὸ κρῆμα : ce dont on se sert, l’objet ;
• τὸ κτῆμα : ce qu’on possède, la propriété.
» la crainte :
• ὁ φόϐος : crainte du danger présent ;
• τὸ δἐος : crainte du danger à venir ;
• τὸ δεῖμα : crainte du danger permanent.
» l’ennemi :
• ὁ έναντίος : l’adversaire, celui qui se met/tient en face ;
• ὁ έχθρός : l’ennemi, celui qu’on hait ;
• ὁ πολἐμιος : celui à qui on fait la guerre ;
» la force :
• ἡ ἰσχύς : force de résistance ;
• τὸ σθἐνος : force comme moyen d’action, d’où son
antonyme a.sthénie (absence de force) ;
• ἡ ῥώμη : la force physique, d’où vient le nom de la ville
de Roma, Rome ;
• ἡ βία : la force qui contraint, la violence excessive.
» l’audace :
• ἡ τόλμα : l’audace ;
• τὸ θάρρος : l’assurance ;
• ἡ θρασύτης : la témérité.
» il faut :
• δεῖ s’il s’agit d’un devoir moral ;
• χρή ou χρἐων έστί pour préciser un besoin ;
• ἀνάγκη (έστί) quand il y a nécessité.
» commander :
• κελεύω : donner un ordre quand il s’agit d’un supérieur
face à un inférieur ;
• ἄρχω : donner l’ordre qui marque une initiative ;
• προστάττω : prescrire (mettre à un rang donné) ;
• έπιτάττω : enjoindre.
» faire :
• ποιεῖν au sens de fabriquer, créer, usiner (la poésie ne
serait qu’une fabrique/usine de mots ?) ;
• πράττω au sens d’agir (τὸ πρᾶγμα : l’affaire ; τὰ
πράγματα : les affaires) insiste pour sa part sur le côté
résultatif ;
• δρᾶν : agir encore mais en insistant sur le mouvement
de l’action ;
• έργάζομαι : travailler, en insistant sur la peine et le
travail que réclame toute action.
À cet éclairage, vous comprenez mieux le sens des quatre adjectifs
suivants : poétique, pragmatique, drastique, ergonomique !
» aller/marcher :
• ἔρχομαι : aller ;
• οἴχομαι : s’en aller ;
• ἀφικνεῖσθαι : arriver ;
• ᾔκω : être arrivé ;
• βαίνω/βαδίζω : marcher ;
• πατεῖν : fouler aux pieds, aller et venir, se promener
(péri.patéticienne).
» regarder :
• βλέπω : regarder (opération purement visuelle) ;
• θεᾶσθαι : contempler (comme un spectateur) et
examiner avec intérêt (théôrein).
« ÊTRE » ET SES ÉQUIVALENTS
» ἔχω avec adverbe : être dans un état ;
» φύω : être par nature ;
» τυγχάνω : être par hasard ;
» κείμαι : être étendu, couché ;
» ὑπάρχω : être à la disposition de ;
» διατελῶ : être continuellement ;
» πέλω : être ordinairement.
Entraînez-vous avec le suffixe -phile du verbe φιλἐω (aimer).

Comment appelle-t-on celui qui aime les chiens ? Un cynophile.


Celui qui aime les excréments ? Un coprophile. Celui qui aime la
sécheresse ? Un xérophile. La rosée ? Un drosophile.
Trouvez vous-même d’autres exemples :
» avec le suffixe -phobe/phobie du grec ὁ φόϐος (la peur).
Que désigne l’acrophobie ? L’agoraphobie ? L’hématophobie ?
Rajoutez d’autres mots auxquels vous songez.
» avec le suffixe -logie qui marque toujours une science ou
un discours sur.
Quelle est la spécialité des services de gastro.entérologie ? De
cardiologie ? D’hématologie ? De neurologie ? D’urologie ?
D’ophtalmologie ? De dermatologie ? D’hépatologie ? De
stomatologie ? De néphrologie ? De gynécologie ? De
pneumologie ? D’oto.rhino.laryngologie ? De psychologie ? De
théologie ? D’anthropologie ?
Retrouvez-les à l’aide des mots que vous trouverez dans votre
dictionnaire. Aussi petit soit-il, sans aller encore nécessairement
acheter le modèle du genre, le Bailly (abrégé ou non) du nom de la
maison d’édition ou de son auteur.
» avec le suffixe -oïde, du nom τὸ εἶδος : l’apparence, la
forme extérieure.
À quoi ressemble un androïde ? Un ovoïde ? Un conchoïde ?
» avec le suffixe -drome du verbe τρἐχω : courir, dont la
racine change à l’aoriste pour donner -dram/drom
(ἔδραμον).
Qu’est-ce qu’un hippodrome ? Un boulodrome ? Un vélodrome ?
Un aérodrome ?
» avec le suffixe -mania.
Hormis la toute récente Macromania…, on connaissait déjà la
mégalomanie, la… À vous de compléter la liste !
Retrouvez les réponses en deux termes. Comment appelle-t-on :

celui qui vit dans deux éléments ?


la couche supérieure de la peau ?
un excès de mémoire ?
un tombeau souterrain ?
un lieu pour le spectacle ?
un renversement vers le bas ?
un manque de sucre ?
le fait de tomber de sommeil ?
une inscription sur un tombeau ?

RÉPONSES
un amphibien, l’épiderme, l’hypermnésie, un hypogée, un
amphithéâtre, une catastrophe, l’hypoglycémie, la catalepsie, une
épitaphe.
Pouvez-vous retrouver le sens des mots suivants à partir de leurs
éléments de composition (j’ai déjà isolé les mots) ?

taxi.dermie :
Méso.potamie :
Acro.pole :
brachy.cardie :
hiéro.glyphe :
caco.phonie :
chrys.anthème :
macro.céphale :
micro.be :
néo.phyte :
généa.logie :
auto.cratie :
névr.algie :
ornitho.mancie :
phos.phore :
rhino.plastie :
sidér.urgie :
psycho.somatique :
mnémo.technique :
xylo.phage :
di.ptyque :
hepta.teuke :
tri.gono.métrie :
di.ptère :
trapèze (*tetraped-ja) :
di.stique :
phlébo.logue :
pan.créas :
a.taraxie :
bathy.scaphe :
batracho.myo.machie :
en.thousiasme :
hélio.trope :
pseud.onyme :
téra.tologie :
Sans oublier ὁ Σωκράτης, τοῦ Σωκράτους… : le philosophe dont
le nom signifie étymologiquement « salut et force ! », σῶς (σάος) :
(sain et sauf) et τὸ κράτος, τοῦ κράτους (la force). Pas étonnant
qu’il soit resté une figure de poids et de prix dans le paysage
culturel grec !
Et si je vous donnais à présent des définitions en français pour
vous demander de retrouver le ou les termes grecs dont ces mots
sont issus, que répondriez-vous pour :
un chant dans lequel on revient en arrière sur ses sentiments ?
la répétition d’une même idée en termes différents (comme dire
« au jour d’aujourd’hui ») ?
des mollusques dont les pieds sont divisés en bras sur la tête ?
un homme qui se prend pour un loup (le loup-garou) ?
des îles disposées en arc de cercle autour de Délos ?
l’accumulation de sang dans un tissu ?
la perte du souvenir ?
l’art de faire bonne chère ?
la méthode qui consiste à soigner les patients par des
manipulations avec les mains ?
un ouvrage qui englobe toutes les sciences dans un cercle ?

RÉPONSES
palin.odie ; tauto.logie ; céphalo.pode ; lyc.anthrope ; Cyclades ;
héma.tome ; a.mnésie ; gastro.nomie ; chiro.practie (praxie) ;
en.cyclo.pédie.
À vous d’écrire le vocabulaire grec correspondant en vous aidant
d’un dictionnaire. Sans vouloir faire la moindre publicité, je ne
peux que vous conseiller le tout petit Hatier d’un excellent rapport
qualité-prix à ce stade d’avancement de vos connaissances. Il a
accompagné mes premières années d’études et ce jusqu’en classes
préparatoires.
Saurez-vous choisir entre les deux verbes grecs suivants, κρατεῖν
et ἄρχειν, signifiant tous deux « dominer » et « commander »,
celui que la langue française a retenu pour définir le
gouvernement :
d’un seul ?
du peuple ?
des dieux ?
des riches ?
d’un petit nombre ?
des vieux ?
des meilleurs ?
de soi-même ?
des charpentiers ?
et à l’inverse l’absence totale de gouvernement ?

RÉPONSES
mon.archie, démo.cratie, théo.cratie, plouto.cratie, olig.archie,
géronto.cratie, aristo.cratie, auto.cratie, archi.tectes, an.archie.
De nos jours, c’est la techno.cratie qui a pris le relais !
À vous de former des mots français qui utilisent les radicaux
suivants :

algie : douleur (« cruralgie » : douleur de la cuisse).


game : union, mariage (« polygamie » : mariage avec plusieurs
femmes).
graphe : écrit (« monographie » : écrit sur un seul sujet).
drome : course
mètre : mesure
morphe : forme
phile : aimer
phobe : haïr
phore : porter
phone : son
thèque : place
tome : coupe
QUESTION JOKER
Dans la liste de mots suivants, saurez-vous isoler le ou les intrus et
justifier votre choix ? Anonyme, acoustique, aphasique, aphone,
apocalypse, athée, apathique, athlète.
Pour nombre d’entre eux, ils sont formés du a privatif : ainsi en est-il de
« anonyme » (sans nom), « aphasique » (sans voix), « athée » (sans
dieu), « apathique » (sans réaction).
Pour deux autres exemples, le a fait partie du radical même :
« acoustique » venant du verbe ἀκούειν (entendre), « athlète » venant du
nom τὸ ἆθλον (l’enjeu d’un concours).
Quant au terme « apocalypse », il est formé de la préposition ἀπό qui
joue ici le rôle d’un préverbe devant le verbe καλύπτειν qui veut dire
« ôter les voiles, dévoiler », et donc « révélation », au sens étymologique
avant de prendre le sens qu’on lui connaît plus vulgairement de « fin du
monde ».
PARTIE 3
T(ravaux) P(ratiques) de grec

DANS CETTE PARTIE…


Des mots, des mots, encore des mots. Cela n’est rien par
rapport à une phrase qui les met en osmose. Voici donc à
présent les mots en phrase, c’est-à-dire les constructions
auxquelles ils obéissent, leur syntaxe propre, leurs règles
aussi.
Cette partie du livre est une façon de vous faire réfléchir aux
mécanismes des phrases en revenant aux valeurs essentielles
entre autres des cas qui dirigent toute la déclinaison
nominale, mais aussi aux valeurs modales comme
temporelles et même aspectuelles des verbes.
Chapitre 6
Les cas des noms et leurs valeurs
DANS CE CHAPITRE :
» De l’usage des cas…
» et de leurs constructions

Les différents cas


Tous les cas employés auxquels correspondent les désinences de
déclinaison que vous avez étudiées plus haut correspondent à une
fonction dans la phrase. Qu’elle soit première ou plus secondaire,
c’est cette fonction qui construit une phrase autour d’un verbe.

Le nominatif
Rappelez-vous, le nominatif, celui qui nomme, est le cas qui
présente le sujet et par suite aussi tout ce qui s’y rapporte, l’attribut
bien sûr, mais aussi toute forme épithète ou apposée (au sujet,
s’entend).

Le vocatif
Pour apostropher, c’est le vocatif qui sert à interpeller une
personne ou une chose : « Écoutez, (Messieurs les) Athéniens ! »
Le nom au vocatif est parfois précédé d’une interjection : ὦ (qui
ne se traduira pas toujours en français sauf si on s’appelle
Corneille dans Le Cid : « Ô rage ! Ô désespoir ! Ô vieillesse
ennemie… ») si l’on parle sous l’emprise d’une forte émotion ou
si l’on veut donner à la phrase un ton plus impérieux.
L’accusatif
Le cas du complément d’objet direct (COD)
L’accusatif est étymologiquement le cas qui sert à mettre en
cause un objet. Il correspond au cas du complément d’objet direct
d’un verbe : « J’aime mon père ». Encore faut-il que le verbe
accepte un complément d’objet direct. C’est le cas quand le verbe
est transitif direct. Il gouverne alors nécessairement un accusatif,
même si en français nous n’avons pas la même construction.
Par exemple : le verbe ὠφἐλειν qui veut dire « être utile à » est
transitif en grec au sens de « aider », alors que pour nous il
demande une construction indirecte : à qui/à quoi.
Rien d’étonnant à ce qu’on retrouve donc ce cas dans le cadre
d’une proposition infinitive, cette construction typiquement
grecque et voici pourquoi.
» Imaginez une première affirmation : « Il donna un ordre
aux hoplites. »
» Puis une deuxième affirmation : « Il ordonna de rester là. »
» Et la troisième affirmation reprenant les deux premières :
« Il ordonna hoplites rester là », c’est-à-dire : « II ordonna
aux hoplites de rester là ! » Cette troisième affirmation se
traduit comme suit : Τοὺς ὅπλιτας έκἐλευσεν αὐτοῦ μἐνειν.
La proposition infinitive vient de naître sous vos yeux. Elle aura
donc un sujet à l’accusatif ici, précédant un verbe à l’infinitif.

Le double accusatif
Certains verbes grecs réclament un accusatif de la personne et de
la chose en même temps.
Apprendre quelque chose à quelqu’un voulait d’abord dire
« apprendre quelque chose » (premier COD) et « instruire
quelqu’un » (deuxième COD) d’où : διδάσκειν τι τινα.
Il en sera de même pour des verbes tels κρύπτειν (cacher quelque
chose à quelqu’un) ou ποιεῖν ἀγαθὰ/κακα τινα (faire du bien ou du
mal à quelqu’un).
Le mouvement vers, le but
Pourtant le sens premier de ce cas reste bien de marquer le
mouvement vers, le but. On le retrouve donc associé à toutes les
constructions de complément de lieu, l’endroit vers lequel on se
dirige, comme dans l’exemple suivant :
Je me rends au marché : βαδίζω εἰς τὴν ἀγόραν.
Il s’emploie alors avec ou sans préposition.
On le nomme encore accusatif d’extension dans l’espace et par
suite dans le temps. Car, pour aller d’un point x à un point y, il
faut mesurer non seulement le déplacement dans l’espace mais
aussi le temps requis pour l’accomplir, ce qui explique ses deux
emplois d’accusatif de mouvement et d’accusatif de durée,
comme dans l’exemple :
Platée est à soixante-dix stades de Thèbes. Cyrus resta sept jours
en Phrygie.

L’accusatif de relation
Il existe aussi un accusatif qu’on dit de relation. Le plus souvent
il porte sur un adjectif et marque un point de vue : un enfant d’un
caractère doux se dira « un enfant doux, quant à son caractère » :
παῖς πρᾶος τὸ ἦθος.
C’est ainsi que s’explique l’épithète homérique ὠκὺς πόδας
̓Αχιλλεύς voulant dire au mot à mot « Achille rapide, pour ce qui
est de ses pieds », expression que nous avons coutume de traduire
par « Achille aux pieds agiles »…
Tὰ πάντα σοφὸν οὐχ οἶόν τε ἄθρωπον εἶναι veut dire « Il n’est pas
possible qu’un homme soit habile en tout » (quant à tout, pour ce
qui est de tout), en tout point donc !

L’accusatif d’objet interne


L’accusatif d’objet interne qualifie toute construction d’un verbe
avec un complément d’objet de même racine : « jouer franc jeu »
en est une première illustration, tout comme l’expression latine
vivere vitam (vivre sa vie). Voici quelques autres expressions :
» νόσον νοσεῖν : souffrir d’une maladie ;
» νίκην νικᾶν : remporter une victoire ;
» μάκην μάχεσθαι : mener un combat ;
» πόλεμον πολεμεῖν χαλεπόν : guerroyer péniblement,
soutenir une guerre difficile.

L’accusatif adverbial
Reste enfin l’accusatif adverbial qu’on rencontre avec des formes
verbales telles :
» ἔξον, il est possible/permis ;
» προσῆκον, il convient ;
» δἐον, il faut, δυνατὸν ὄν, il est possible.

L’attribut du COD
Dans la phrase « Ne prends jamais un homme mauvais (méchant)
pour ami », l’expression en italique est un attribut du COD. En
voici la traduction grecque : Μηδἐποτε ποιοῦ πονηρὸν ἄνδρα
φίλον.

Le génitif
Le génitif correspond en général à notre préposition « de », soit le
complément du nom.
Il peut se placer de trois manières différentes. Ainsi « la tête du
soldat » pourra se dire : ̓Η κεφαλὴ τοῦ σρατιώτου ou bien τοῦ
στρατιώτου κεφαλή, ou encore ἡ τοῦ στρατιώτου κεφαλή.
Dans le dernier cas, le génitif est dit « enclavé » (placé) entre
l’article et le sujet.
Dire ὁ τῶν πολεμίων φόϐος (la crainte des ennemis) est
équivoque. Il y a en effet deux sens : c’est soit la crainte que les
ennemis inspirent, soit celle qu’ils ressentent. C’est toute la
différence entre le génitif objectif et le génitif subjectif.
Le grec fait un usage fréquent du génitif partitif. Il signifie
« parmi », « entre », « au nombre de ». En quel cas, il n’est jamais
enclavé, ce qui le distingue du génitif adnominal précédent. Voici
quelques exemples :
» τίς ὑμῶν : qui d’entre vous ?
» ποῦ τῆς χώρας : où/en quel point du territoire ?
» τῶν νεανίων, οἵ μὲν… οἵ δἐ… : parmi (d’entre) les jeunes
gens, les uns… les autres…
À ce titre, un adjectif de quantité au singulier se verra très souvent
accompagné de ce génitif de partie :
» τὸ λοιπὸν/ὁ λοιπὸς τοῦ χρόνου : le reste du temps ;
» τοῦ στρατοῦ ὁ ἥμισυς : la moitié de l’armée.
C’est ainsi que s’explique encore l’emploi du génitif après les
verbes de perception (quelle qu’elle soit) :
» quand on touche ou perçoit par les sens une simple partie,
comme dans l’exemple : ἔλαϐον με τῆς ζώνης. (Ils me
saisirent par la ceinture.)
» ou pour noter une opération des sens, sauf celle de voir :
• γεύεσθαι τῶν σιτίων : goûter aux plats ;
• τῶν μαρτύρων ἀκεκόατε : vous avez entendu les
témoins.
De même, le génitif accompagne tout verbe exprimant une
participation ou un commencement : ainsi en est-il pour ἄρχομαι
(commencer), παύομαι (cesser), κοινωνεῖν (participer à), etc.
De semblable façon s’explique le génitif employé pour marquer un
complément de temps, comme dans certaines indications à
caractère adverbial : νυκτός (de nuit), ἡμἐρας (de jour), χειμῶνος
(en hiver), θἐρους (en été). Ce génitif veut dire « à un moment »
du jour, de la nuit, de l’hiver, etc. et non pendant toute la durée du
jour, de la nuit, etc.
Enfin, le génitif de lieu s’explique de la sorte : Εἷλε τῆς Βοιωτίας
τὰς Θήϐας. (Il prit Thèbes en Béotie, soit littéralement : De la
Béotie, il prit Thèbes.)
Le génitif grec indique aussi, et c’est une valeur ancienne fort
concrète, l’origine et l’éloignement. Il se construit alors le plus
souvent avec les prépositions ἀπό, ὑπό, έκ ou πρός, comme dans
l’exemple suivant : έκ πλουσίου πἐνητα γίγνεσθαι (de riche
devenir pauvre).
S’y rattachent d’ailleurs sûrement aussi les deux valeurs
suivantes :
» le génitif de cause, comme dans : εὐδαιμονίζω σε τοῦ
τρόπου (je te félicite pour ton caractère) ;
» le génitif de grief, comme dans l’expression suivante :
ἀ.σεϐείας φεύγειν (être poursuivi pour impiété).
Reste enfin le génitif de prix pour lequel une chose se fait ou
auquel on l’évalue : πόσου διδάσκει ; πἐντε μνῶν. (À quel prix
donne-t-il ses leçons ? Pour cinq mines.)
Les expressions telles que περὶ πολλοῦ, περὶ πλείονος, περὶ
πλείστου, περὶ οὐδενός τι ποεῖσθαι (faire grand cas de, plus grand
cas de, très grand cas de, aucun cas de quelque chose) en sont
d’autres applications.
Certains adjectifs semblent diriger un complément au génitif, il
s’agit de ceux qui expriment :

» une connaissance ou un désir : ἔμπειρος ou ἄπειρος,


έπιθυμητικός ;
» l’abondance ou le manque, tels πλήρης (plein de) ou ένδἐης
(dépourvu de) ;
» une différence : διάφορος (différent de), ἄλλος (autre que).
Notons la phrase suivante : Ὁ γραμμάτων ἄπειρος οὐ βλἐπει
βλἐπων qui se traduit par « L’homme sans instruction a des yeux
pour ne pas voir » (ne voit pas en voyant).
LE GÉNITIF ABSOLU
Le génitif absolu est la construction grecque par excellence. D’un usage
extrêmement fréquent, elle sert à isoler un groupe de mots, toujours
autonome du reste de la phrase, avec une valeur circonstancielle de
proposition subordonnée.
Ce génitif est formé d’un nom ou pronom mis au génitif et d’un participe
(quel que soit le temps) lui-même au génitif. L’ablatif absolu en latin en
sera l’application directe.
Ses valeurs de sens pourront être :
» temporelles : θανόντος τοῦ Περικλἐους (Périclès étant mort,
après la mort de Périclès) ;
» causales : διελθόντος τοῦ λόγου (comme le bruit s’en était
répandu) ;
» conditionnelles : Οὐκ ἂν ἦλθον δεῦρο, ὑμῶν μὴ κελευσάντων
(Je ne serais pas venu ici sans votre ordre, si vous ne m’en
aviez pas donné l’ordre) ;
» concessives : Οὐκ ἀθυμητἐον έστι, τῶν πραγμάτων
δοκούντων φαύλως ἔχειν (Il ne faut pas se décourager, même
si la situation semble aller mal).
Retrouvez la valeur circonstancielle des génitifs absolus suivants :

» Comme la porte était fermée, il ne m’était pas possible de


sortir.
» Il ne faut pas se décourager, même si la situation est
mauvaise.
» Les choses iront de mal en pis, si vous ne faites pas ce qu’il
faut (vous ne faisant ce qu’il faut).

RÉPONSES
cause, concessive, condition.

Le datif

Le datif d’attribution
Le datif d’attribution tire son nom du verbe latin dare (donner) et
correspond à nos prépositions « à » et « pour ».
Il marque toujours le complément après un verbe transitif : διδόναι
τινί τι signifie « donner quelque chose à quelqu’un ».
On rattache à cette valeur l’emploi d’expressions notant une
relation amicale ou hostile comme πολεμεῖν τινι (faire la guerre à
quelqu’un), ou une ressemblance comme ὁμοιοῦσθαι τινι
(ressembler à quelqu’un), ou encore une utilité comme λυσιτελεῖν
τινι (être utile à quelqu’un).
Le datif locatif
Le nom du lieu où l’on se trouve se met en général au datif avec la
préposition έν. La préposition est loin d’être nécessaire en
revanche pour certains noms propres :
» έν τῇ πόλει : dans la cité ;
» έν ̓Αθήναις : à Athènes ;
» ἡ Μαραθῶνι μάχη : la bataille de Marathon (au mot à mot
« la bataille à Marathon »).

Le datif instrumental
C’est son sens le plus ancien. Il remonte à un instrumental indo-
européen dont le datif tire ici les compléments de moyen, de
manière, de cause, de motif, etc. :
» χρῆσθαι τοῖς ὅπλοις : se servir de ses armes ;
» αὐτὸν ἀπἐκτεινε τῷ ξίφει : il le tua de son épée ;
» θανάτῳ ζημιοῦν : punir de mort ;
» βίᾳ εἰσίεναι : entrer de force ;
» ἀπόλωλα φόϐῳ : je suis mort de peur.

Le datif d’intérêt
On parle encore de datif d’intérêt quand on s’intéresse à la
personne dans l’intérêt ou au détriment de laquelle se fait une
action, comme dans l’exemple : Λαϐἐ μοι τὸ βιϐλιον (Prends-moi
ce livre.) ce qui veut dire « Fais-le pour moi ». L’expression
actuelle (certes familière) qui emploie encore ce datif dit éthique
est : « Je me la pète ! »
La construction de l’adjectif verbal en grec en est une autre
illustration.
Entraînez-vous avec les phrases suivantes :
» Un homme remarquable par sa vertu : ἀνὴρ τῇ ἀρετῇ
έπιφανής.
» Il frappa son ennemi dans un mouvement de colère (par
colère) : ὀργῇ τὸν έχθρὸν ἔπαισε.
» Je veux vivre pour moi-même, pas pour autrui : βούλομαι
ζῆν έμαυτῷ, οὐ τοῖς ἄλλοις.

La fonction des principaux


compléments circonstanciels

Les compléments circonstanciels de


lieu, ou les quatre questions de lieu :
ποῦ ; ποῖ ; πόθεν ; πῇ ;
Face aux questions ποῦ (le lieu où l’on est), ποῖ (le lieu où l’on
va), πόθεν (le lieu d’où l’on vient) et πῆι (le lieu par où l’on
passe), les réponses sont avant tout casuelles. Vous allez pouvoir
sans la moindre difficulté trouver les bonnes réponses.
» Pour le lieu où je me trouve, ce sera le datif locatif seul
ou accompagné d’une préposition sans mouvement : έν ou
παρά.
• Socrate passa toute sa vie à Athènes. Σωκρατης
ὅλον τὸν βίον έν Ἀθήναις διήγαγε (ν).
• Ils logeaient chez toi : παρά σοι κατἐλυον.
» Pour le lieu où je me rends, ce sera l’accusatif avec εἰς,
πρός, έπί, ὡς οu παρά :
• Je voudrais aller en Grèce : εἰς τὴν ̔ Ελλάδα
βουλοίμην ἂν ἰἐναι.
• Nous irons à la chasse : ἔξιμεν έπὶ θήραν.
» Pour le lieu d’où je reviens, le génitif d’origine avec έξ,
ἀπό ou παρά :
• Il était venu de Pylos : έκ πύλου ἦλθεν.
• Je viens de la part du roi : παρὰ βασιλἐως ἔρχομαι.
» Pour le lieu par où l’on passe, c’est l’accusatif
d’extension :
• Platée est à soixante-dix stades de Thèbes : ἀπἐχει ἡ
Πλάταια τῶν Θηϐῶν στραδίους εϐδομήκοντα.
Pour toutes les questions de lieu, le grec remplace le nom du pays
par le nom de son peuple : ainsi « en Grèce » se dira « chez les
Grecs » : έν ̔Έλλησιν ou παρὰ τοῖς Ἕλλησιν.
Pour dire « chez quelqu’un », on dira « dans la maison de ce
quelqu’un » : « chez Hadès » se dira εἰς Ἅιδου (οἰκίαν est sous-
entendu.)

Les compléments circonstanciels de


temps, ou les trois questions de
temps
» Pour indiquer le moment d’une action (à quelle date, en
quel temps) demandé par la question πότε, la réponse sera le
datif :
• sans préposition s’il y a précision numérique : τῇ
πἐμπτῃ ἡμἐρᾳ (le cinquième jour) ;
• avec la préposition έν partout ailleurs : έν θἐρει (en
été) ; ou pour indiquer en combien de temps une
action se fait : έν πἐντε ἡμἐραις (en cinq jours) ;
• ou le génitif dans certaines expressions figées
telles : ἡμἐρας τε και νυκτός (de jour comme de
nuit).
» Pour indiquer pendant combien de temps dure une action,
ce sera l’accusatif d’extension : πολὺν χρόνον (pendant
longtemps).
» Pour dire enfin depuis combien de temps une action dure,
ce sera encore une fois l’accusatif d’extension, ici
accompagné d’un nombre ordinal, comme dans l’exemple :
Il est en voyage depuis deux jours (c’est le troisième jour
déjà qu’il est parti) : τρίτην ἤδη ἡμἐραν ἀποδεδήμηκεν.
LE COMPLÉMENT D’AGENT
On appelle « complément d’agent » le mot qui s’emploie, dans une
phrase à la voix passive, pour noter le sujet :
Le chat mange la souris/la souris est mangée par le chat.
Sujet – verbe – COD/Sujet – verbe – complément d’agent
Quand le complément d’un verbe passif (celui qui fait vraiment l’action)
est un nom de personne, il se met au génitif précédé de la préposition
ὑπό : Je suis instruit par mon maître : παιδεύομαι ὑπὸ τοῦ διδασκάλου.
Et, si d’aventure le verbe est au parfait, le grec emploie même plus
volontiers le datif seul :
J’ai été instruit par lui : πεπαίδευμαι αὐτῷ.
Cette construction rejoint celle du complément de l’adjectif verbal :
Je dois être instruit par lui (Je suis devant être instruit par lui) : αὐτῷ
παιδευτἐος εἰμί.
Mais quand le complément du verbe passif est un nom de chose, il se
met au datif sans préposition :
Ils sont empêchés par la loi : κωλύονται τῷ νόμῷ.
Je suis accablé de fatigue : βαρύνομαι καμάτῳ.
Chapitre 7
Les temps, les modes et l’aspect
verbaux
DANS CE CHAPITRE :
» De l’usage des modes
» Des valeurs des temps
» Des différentes propositions subordonnées…

oussons encore la réflexion linguistique sur tout ce qui peut


P donner à une phrase des intentions, des expressions, des
tournures différentes des modalités, autrement dit, bref, ce qui
peut lui donner des « couleurs ». Je veux parler des modes, des
temps, du moment où l’on s’exprime, de la durée qu’on choisit ou
non d’imprimer à tel ou tel énoncé.
Autant de modes, autant donc de regards sur la phrase. Outre les
différentes valeurs que présente chacun de ces modes, nous
jetterons un regard attentif aux sens affinés des temps de la langue
grecque. Par exemple, je vous ferai pointer du doigt la primauté de
l’aoriste en grec sur tous les autres temps, question d’aspect
oblige !
Enfin, je vous présenterai les différents systèmes de propositions
subordonnées et leurs valeurs.

Des modes et de leur usage


Tous les modes en grec ont un sens qui leur est propre, le plus
souvent concret.

L’indicatif, pour indiquer quoi ?


C’est le mode verbal qui balance en principe de vraies infos. Il est
le mode de la réalité ou, du moins, se contente de montrer le réel à
trois époques données même s’il lui arrive d’être employé pour
exprimer une volonté ou une éventualité.
La formulation d’une phrase épouse en effet différentes intentions
de celui qui s’exprime. Elles sont au nombre de trois :
» phrase déclarative : on y transmet une information ou une
opinion sur un mode affirmatif ou négatif ;
» phrase interrogative, pour poser des questions simples ;
» phrase exclamative pour traduire toutes les nuances de
l’émotion.

Le subjonctif, un mode uniquement


subjectif ?
Par rapport au mode de la réalité qu’est l’indicatif, le mode
subjonctif apporte toujours une nuance subjective ou insiste sur le
fait que le fait ne s’est pas réalisé.
Dans une phrase principale ou indépendante, il peut présenter
quatre valeurs :
» l’ordre : il est alors dit jussif comme dans ἴωμεν (allons-
y) ;
» l’exhortation, à la première personne comme dans ἴωμεν ;
» une défense avec μή et le subjonctif aoriste ;
» une délibération comme dans ποῖ ἴωμεν (Où devons/
pouvons-nous aller ? Où aller donc ?), εἴπωμεν ἢ σίγωμεν
(Faut-il parler ou se taire ?)
En subordonnée, on l’appelle le subjonctif de concordance, qui
marque une corrélation avec l’action exprimée dans la proposition
principale.

L’optatif : avec lui, tout est possible

En propositions principales ou
indépendantes
» Désir et souhait : εἴης εὐτυχής (Puisses-tu être heureux !),
εἴθε ἀληθῆ λἐγοις (Puisses-tu dire vrai !).
» une affirmation atténuée : ἄν λἐγοιμι (dirais-je).
» un conditionnel potentiel : ἄν ποιοίην ἀσμἐνως (Si tu
l’ordonnais je le ferais volontiers).
» en propositions subordonnées (voir le système
conditionnel plus loin).

L’optatif dit oblique ou optatif de


concordance
Lorsqu’une proposition principale est à un temps du passé, toute
proposition subordonnée par concordance doit se mettre au mode
optatif (quel que soit le temps du reste).

L’infinitif, celui qui n’a pas de


limites !

L’infinitif de but, de destination : « Je


l’aime à mourir… »
» καλὸς ὁρᾶν : beau à voir ;
» δεινὸς λἐγειν : habile à parler ;
» οῖος ou (οἷός τε) πάντα έπιχείρειν : de nature à tout
entreprendre ;
» έτοίμος μάχεσθαι : prêt à combattre.

L’infinitif substantivé
Οἱ ̔ Ρωμαῖοι τῷ πονεῖν συνεχῶς έκράτησαν se traduit par « Les
Romains devinrent les maîtres en travaillant sans cesse ».

La proposition subordonnée infinitive


Qu’est-ce qu’une proposition subordonnée infinitive ? Elle se
laisse aisément remarquer par un groupe formé d’infinitif et d’un
sujet de cet infinitif. Par exemple : dire « je les vois venir »
signifie « je vois eux venir ».
Au tout début, on devait effectivement dire : « je vois eux », puis
« je vois venir » et enfin « je les vois venir ».

C’est ce qui explique que, dans ce type de construction, le sujet du


verbe à l’infinitif se met à l’accusatif.
On rencontre cette construction après les verbes de déclaration,
d’opinion et de volonté (voir un peu plus loin).

Le participe et ses emplois… aidés !


Ce sera selon qu’il est employé seul ou avec un article.

Avec article
» En fonction épithète :
les soldats malades (être malade : νοσἐω) : οἱ νοσοῦντες
στρατιῶται ;
les citoyens présents (être là : πάρειμι) : οἱ πάροντες
πολῖται ;
les hommes fatigués (être fatigué : κάμνω) : οἱ κάμνοντες
ἄνθρωποι ;
les Athéniens vainqueurs à Marathon (être vainqueur :
νικᾶν) : Οἱ ̓Αθηναῖοι οἱ έν Μαραθῶνι νικήσαντες (participe
aoriste).
» En fonction pronominale :
• Tout participe accompagné de l’article peut très
souvent se traduire en français par un substantif seul
(nom) :
ὁ λἐγων : celui qui parle, l’orateur ;
οἱ γραψάμενοι τὸν Σωκράτην : les accusateurs de
Socrate (ceux qui ont assigné Socrate en justice) ;
ὁ ἀδικῶν : le coupable ;
εἰσὶν οἱ λέγοντες : il y a (ceux) des gens qui disent…
• Lorsque le participe désigne une catégorie
d’individus, il est toujours accompagné de la
négation μή :
οἱ μὴ τὰ ἀληθῆ λἐγοντες : ceux qui ne disent pas la
vérité, les menteurs ;
οἱ μὴ τοὺς θεοὺς τιμῶντες : ceux qui n’honorent pas
les dieux, les impies.

Sans article
En fonction d’apposition :
» Tout participe apposé précise l’action exprimée par le
verbe. On peut le traduire comme un adverbe ou comme un
nom complément circonstanciel : Εἶπε γελάσας : ayant
souri, il dit ; le sourire aux lèvres, il dit ; il dit avec un
sourire.
» Souvent une particule vient préciser la nuance
circonstancielle qui est la sienne :
• soit temporelle : ἅμα (en même temps), εὐθύς
(aussitôt), μεταξύ (dans l’intervalle) ;
• soit causale : ἅτε, ὡς (attendu que, vu que) ;
• soit concessive : καίπερ ;
• soit finale : ὡς, qui se place devant un participe
futur, au sens de « en vue de » ;
• soit conditionnelle.
Trouvez pour chacune de ces phrases la valeur circonstancielle du
participe apposé et rajoutez la particule quand cela se peut :

» Il mourut tout en parlant : ἀπἐθανε (_______) λἐγων.


» Alexandre, (étant) jeune encore, montra sa bravoure : Ὁ
Ἀλέξανδρος, (_______) ἕτι νἐος.
» Je suis venu dans l’espoir de te voir (dans l’intention de te
voir) : ἥκω (_______) ὀψόμενος.
» Socrate fut condamné au motif qu’il corrompait la jeunesse
(parce que corrompant la jeunesse) : Σωκράτης κατεδικάσθη
(_______) διαφθείρων τοὺς νέους.

RÉPONSES
ἅμα, καίπερ, ὡς, ἅτε/ὥσπερ
Si tu ne fais pas ton devoir (ne faisant pas ton devoir), tu ne saurais
être heureux : Μὴ τὰ δέοντα πράττων, οὐκ ἄν εἴης εὐδαίμων.

En fonction attribut du sujet :


On emploie en grec un participe en fonction attribut après certains
types de verbes :
» ceux qui marquent le début, le milieu ou la fin d’une action
tels ἄρχομαι (commencer), διατελᾶν (continuer), τελευτᾶν
(finir), παύομαι (cesser de), etc.
» ceux qui marquent un sentiment comme ἥδομαι, χαίρειν (se
réjouir), ἀγανακτέω (s’indigner), αἰσχύνεσθαι (rougir de
honte), ἄχθεσθαι (être chagrin de), etc.
» ceux qui marquent une manière d’être, tels τύγχανειν (se
trouver être par hasard), φαίνεσθαι, φανερὸς εἶναι
(apparaître), λανθάνειν (échapper aux regards de), etc.
Il ne cesse de parler :

Il se trouvait être malade :


Il avait visiblement faim :
J’ai honte de te voir :

RÉPONSES
οὑ παύεται λέγων, ἔτυχε ἀσθενῶν, έφαίνετο πεινῶν, αἰσχύνομαι
ὁρῶν.

En fonction attribut du COD :


» Après les verbes de perception :
• par les sens : ὁρᾶν (voir), ἀκούειν (entendre),
αἰσθάνεσθαι (sentir) ;
• par l’esprit : εἰδέναι (savoir), μανθάνειν
(apprendre), ἀγνοεῖν (ignorer), μεμνῆσθαι (se
souvenir).
» Après des verbes comme montrer, représenter, supposer
soit δεικνύναι, φαίνειν, ὑπολαμϐάνειν, etc.
Je le vois s’approcher :

Je montre qu’il se trompe :


Je sais qu’il ment toujours :

RÉPONSES
ὁρῶ αὐτὸν πλησιάζοντα, δείκνυμι αὐτὸν ἀμαρτάνοντα, οἷδα αὐτὸν
ἀεὶ ψεύδοντα.
Si le sujet qui parle est le même que celui du verbe principal, le
participe attribut se met au nominatif : ἶσθι ἀνόητος ὤνse traduit
par « Sache que tu es un sot ». « Je sais que je suis coupable » se
dit οἶδα ἀδικῶν.

… aux temps
Outre la notion temporelle (disons chronologique), existe en grec
ce qu’on appelle encore l’aspect. Ici on ne s’intéresse pas au
moment où l’événement se produit (hier, aujourd’hui ou demain)
mais à la durée et la densité de la chose, quel que soit le moment
où l’événement a lieu.
Pour étager les différents niveaux d’un récit, que trouver de mieux
que cette utilisation savante et appropriée que les Grecs ont fait
des temps !
Regardons de près les nuances des différents temps.

Le présent
» en train de se faire (duratif ou imperfectif) : θνήισκει
signifie « Il se meurt » (il est en train de mourir) ;
» cherchant à se faire (inchoatif et progressif) : οὐ πείθω
signifie « Je ne parviens pas à le convaincre » ;
» se répétant (itératif pour marquer l’habitude) : πίνω ὁ͂ινον
signifie « Je bois d’ordinaire du vin » ;
» désignant une vérité éternelle (gnomique) : Ἅπανθ ̓ ὁ
λιμὸς γλυκέα πλὴν αὑτοῦ ποιεῖ signifie « La faim rend tout
agréable, sauf elle-même ».

L’imparfait
Proche parent du présent, l’imparfait est un temps simple du passé,
qu’on peut qualifier de « présent en cours dans le passé ». Pas de
surprise donc de lui voir attribuer des valeurs propres au présent,
comme la durée, l’habitude.

L’aoriste
Issu du grec ἀ.όριστος (sans limite, indéterminé), il exprime
l’action pure et simple :
» un évènement achevé : έϐασίλευσε signifie « Il régna » ;
» un fait précis et ponctuel : έϐασίλευσε signifie « Il devint
roi).
L’aoriste gnomique s’emploie pour une vérité générale et
éternelle :
Ἦλθον, εῖδον, ένίκησα = Veni, vidi, vici.
Entre dire à un maçon κίνησον λίθον et κίνει λίθον, il y a une
grande différence : dans le premier cas, vous voulez juste lui dire à
l’impératif aoriste de bouger une pierre, dans le second cas, il
pourrait croire que vous lui demandez de chercher à la soulever au
risque de ressembler à Sisyphe (efforts compris).

Le parfait
Il traduit le résultat d’une action passée qui dure encore. Par
exemple, sur la racine de la connaissance qui est gnô, on formera
le doublet latin no.sc.o (chercher à savoir), auquel correspondra le
parfait no.vi (j’ai fini de chercher à connaître), d’où le passage de
sens à « je sais ».
En grec, à côté du présent κτάομαι (je cherche à acquérir), le
parfait signifie : « j’ai acquis », donc « je possède ». Sur le verbe
ἀποθνῄσκω (mourir), le parfait τἐθvηκε voudra dire : « il est bel et
bien mort ». La célèbre phrase liminaire du roman de Camus,
L’Étranger : « Aujourd’hui, Maman est morte », en est une
parfaite illustration. C’est chose faite mais ça dure encore pour ses
proches.

Les propositions subordonnées


On appelle « proposition subordonnée » toute proposition soumise
à l’autorité d’une proposition principale, qui en est la supérieure
hiérarchique. Je vous invite à encadrer les outils subordonnants de
chaque proposition.

Les relatives
Les relatives ordinaires sont introduites par les pronoms relatifs
vus précédemment. Tour à tour l’antécédent du relatif pourra du
reste se trouver antéposé ou postposé au relatif.
» Οἱ στρατιῶται εἵλοντο ἄρχοντα ᾧιπερ έν τῇ κώμῃ
έπἐτυχον : Les soldats choisirent pour chef celui qu’ils
avaient trouvé dans le village.
» Ἅ ποιεῖν αἰσχρόν, ταῦτα νόμιζε μηδὲ λἐγειν εἶνα καλόν :
Ce qu’il est honteux de faire, crois bien qu’il n’est pas
même bon d’en parler.
» Οἱ ἀληθῶς φιλοσοφοῦντες μόνοι ποιοῦσιν ἑκουσίως ἅ
ποιοῦσιν, ἄκοντες οἱ λοιποὶ διὰ τὸν νόμον : Seuls ceux qui
philosophent vraiment font volontairement ce qu’ils font,
les autres malgré eux en suivant la loi.
Il existe aussi des propositions relatives ayant une valeur
circonstancielle : découvrez la valeur de sens de chacune d’entre
elles !
» Ἥμαρτες, ὅς μοι οὐκ ὑπήκουσας : Tu t’es trompé, pour ne
pas m’avoir écouté. (cause)
» Τίς οὕτω μαίνεται ὅστις οὐ βούλεται σοι φί λος εἶναι : Qui
est assez fou pour ne pas vouloir être ton ami ?
(conséquence)
» Ὑμῖν πἐμψω ἄνδρας οἵτινες ὑμῖν συμμαχοῦνται : Je vous
enverrai des hommes pour combattre avec vous. (but)
» Ὃ έκἐλευσεν, ἔπραξα : Ce qu’il a ordonné, je l’ai fait.
(condition)

Les complétives
Ce sont les subordonnées qui répondent à la question « quoi ? »
après un verbe.
On les rencontre donc :
» après les verbes de déclaration, comme λἐγω (dire) ;
» après les verbes d’opinion, comme νομίζω, ὀίομαι
(penser) ;
» après les verbes de connaissance, comme έιδἐναι (savoir)
ou ἀγνοἐω (ignorer) ;
» ou encore les verbes de volonté, comme βούλομαι
(vouloir), κελεύειν (ordonner) ;
» on trouve en grec des propositions dites infinitives ou
conjonctives objets introduites par ὅτι ou ὡς.
Je crois qu’il y a un dieu : νομίζω Θεὸν εἶναι.

Je dis qu’il y a un dieu : λἐγω Θεὸν εἶναι, ou λἐγω ὅτι Θεὸς ἔστι.
Le verbe φημί n’admet que la construction avec l’infinitif.
PROLEPSE
Ce mot technique, venant de la préposition πρό et du verbe λα (μ) ϐάνω
(prendre), sert à expliquer la construction fréquente avec glissement de
sens par anticipation qu’on rencontre dans certaines propositions
complétives. En fait, on extirpe le sujet de la proposition subordonnée
complétive, pour le placer en avant de la subordonnée à laquelle il
appartient.
Ainsi, δείκνυμι τὴν οἰκίαν ὅτι καλή έστί s’entend comme : je montre la
maison (mot à mot : je montre la maison qu’elle est belle). Ne nous
arrive-t-il pas de dire nous-mêmes : « Cette maison, tu vois comme elle
est belle ! » pour ainsi mettre plus en valeur le mot « maison » ?
L’exemple de référence est :
Φίλιππόν τινες λέγουσιν ὅτι τέθνηκε : Certains disent que Philippe est
mort. (Certains disent Philippe qu’il est mort.)
À vous d’essayer :

Sais-tu combien Euthydème a de dents ?


Sais-tu Euthydème combien de dents il a ?
Οἶσθα Εὐθύδημον ὁπόσους ὀδόντας ἔχει ;
» après les verbes de perception comme voir, entendre, se
souvenir, l’usage veut qu’on trouve ou bien la complétive
avec ὅτι ου ὡς ou une subordonnée participiale :
Je sais qu’il y a un dieu : οἶδα ὅτι Θεὸς ἔστιν ou οἶδα Θεὸν
ὄντα.
» après les verbes de sentiment, tels se réjouir, s’affliger :
χαίρω ὅτι εὖ ἔπραξας : je me réjouis que tu aies réussi.

Les interrogatives indirectes


Elles sont pour leur part introduites par un pronom adjectif ou un
adverbe interrogatif.
» Je sais qui tu es : οἶδα ὅστις/τίς εἶ.
» Il me demanda qui t’avait écrit : Ἤρετο ὅστις ἔγραψε.
» Je ne sais que dire : οὐχ ἔχω τί φῶ.

Les subordonnées causales


Elles s’emploient avec divers types de verbes, ceux qui signifient
accuser, reprocher, blâmer ou inversement se réjouir, être heureux.
Voici un exemple : Ἐκάκιζον αὐτὸν ὅτι οὐκ έπεξάγοι (Ils le
blâmaient vivement de ne pas faire de sorties).
On les rencontre aussi après les verbes exprimant un sentiment, tel
s’étonner (θαυμάζω), se réjouir (χαίρω), s’indigner (ἀγανακτἐω),
etc. Voici un exemple : Οὐκ αἰσχύνομαι ὅτι τῶν νόμων ἔλαττον
δύναμαι (Je ne rougis pas d’être moins puissant que les lois).
Elles se construisent toujours avec les outils ὅτι, διότι, έπεί, ὡς,
έπείδη, toujours suivis de l’indicatif, ou de l’optatif oblique, si la
principale est à un temps du passé.
La négation reste οὐ.

Les subordonnées temporelles


Pour exprimer un fait unique et précis, les conjonctions de temps
veulent le mode indicatif et la négation οὐ. Elles sont nombreuses
à vouloir dire « quand », « lorsque » : ὅτε, ὅποτε, ἑπεί, έπειδή ou
encore ἡνίκα.
Voici un exemple : ἡνίκα δείλη έγίγνετο, έφάνη κονιορτός
(Comme le soir tombait, on vit un tourbillon de fumée).
Pour dire « jusqu’à ce que », le grec emploie comme autres
subordonnants ἕως, ἕστε, μἐχρι.
On les rencontre également accompagnées du mode subjonctif
pour marquer une éventualité ou une répétition dans le présent :
ὅταν, ὁπόταν, ἔαν, έ πειδάν.
Pour exemple : έπειδὰν διαπράξωμαι, ἕξω (Quand j’aurai fini, je
viendrai).
Ou encore : στρατεύονται ὁπόταν τις αὐτῶν δἐηται (Ils sont
soldats, toutes les fois qu’on a besoin d’eux).
Le subordonnant πρίν qui veut dire « avant que » s’emploie tour à
tour avec l’indicatif, si la proposition principale est négative, et
avec l’infinitif, si la principale est affirmative.
Voici un exemple : βουλεύου πρὶν ἔργῳ έπιχείρειν (Délibère avant
d’agir).
Et un autre : οὐκ ἤθελε φεύγειν πρὶν ἡ γυνὴ αὐτὸν ἔπεισε (Il ne
consentit à fuir que lorsque sa femme l’eut persuadé).

Les subordonnées finales (de but)


Elles se construisent avec les conjonctions ἵνα ου ὅπως, « afin
que » ou « pour que », suivies du seul mode subjonctif, comme
dans l’exemple suivant : Κύνας τρἐφεις ἵνα σοι τοὺς λυκοὺς ἀπὸ
τῶν προϐάτων ἀπερύκωσιν. (Tu nourris des chiens, pour qu’ils
tiennent les loups à distance de tes brebis.)
La négation, pour accompagner le mode subjonctif, sera donc μή.

Les subordonnées consécutives


Elles se forment avec les outils subordonnants ὥστε/ὡς au sens de
« de sorte que », « de façon à ce que »« de telle sorte que » suivis :
» soit de l’indicatif si la conséquence est réelle :
• χίων ένταῦθα έπἐπεσε ἄπλετος ὥστε ἀπἐκρυψε τὰ
ὅπλα :
La neige est tellement tombée ici qu’elle a recouvert
les armes.
» soit de l’infinitif si la conséquence n’est que possible :
• Κραύγην πολλὴν έποίουν ὥστε καὶ τοὺς πολεμίους
ἀκούειν :
Ils poussaient de grands cris, au point que les
ennemis mêmes pouvaient les entendre.
Pour nous résumer : (Εἰς τοῦτο ἀμαθίας) ἥκω ὥστε καὶ τοῦτο
ἀγνοῶ signifie « J’en suis venu à ce point d’ignorance que j’ignore
même cela ».

Les subordonnées comparatives


Elles se présentent très souvent sous la forme d’un balancement
corrélatif. Deux éléments se répondent entre la proposition
subordonnée et la proposition principale. Bien des sonnets du
poète Ronsard, au XVIe siècle, ont repris ce modèle : Comme… de
même que.
» ὥσπερ/ὥς… οὕτως : de même que… de même.
• ὥσπερ ἔδοξεν αὐτοῖς, οὕτως έποίησαν : Comme
cela leur parut bon, ils agirent ainsi.
» Parfois, on emploie un pronom adjectif, soit quantitatif :
τοσοῦτος… ὅσος
• Τοσαῦτα μάχονται ὅσα ἀναγκάζονται : Ils
combattent d’autant plus qu’ils y sont contraints.
» soit qualitatif : τοιοῦτος… οἷος
• Οἷος ὁ πατήρ, τοιοῦτος ὁ ὑιός έστι : Tel père, tel
fils.
Traduisez : Ὅσῳ τις σοφώτερός έστι, τοσούτῳ πλείω βούλεται
μαθεῖν.

RÉPONSE
Il veut apprendre d’autant plus qu’il est savant.

Les subordonnées concessives


Les propositions subordonnées d’opposition, dites concessives,
sont introduites par εἰ καί et καὶ εἰ suivis du mode indicatif ou έὰν
καί et καὶ έάν, suivis du mode subjonctif, qui signifient « même
si », « quand bien même ». Voici un exemple : Εἰ καὶ μὴ βλἐπεις,
ὅμως φρονεῖς (Bien que tu sois aveugle, cependant tu comprends).
On peut aussi toujours remplacer la proposition subordonnée par
un participe apposé au sujet avec la particule καίπερ comme dans
la phrase suivante : Ὁ Περικλῆς, καίπερ τῆς αὐτῆς γνώμης
έχόμενος, οὐ τὰ αὐτὰ τοῖς ̓Αθηναίοις ἀεὶ συνεϐούλευσεν (Périclès,
bien qu’ayant toujours le même avis, ne conseilla pas toujours les
mêmes choses aux Athéniens).
La dernière option est la construction avec un génitif absolu :
̓Ανέπλευσε, καίπερ χειμῶνος ὄντος (Il s’embarqua, bien que ce fût
l’hiver).
Les subordonnées « conditionnelles »
Ce sont celles qui commencent par la conjonction si, qui sera soit
εἰ suivie du mode indicatif, soit ἔαν (εἰ + ἄν) suivie du mode
subjonctif.
» Sens 1 : Εἰ, employé avec le mode indicatif, signifie « s’il
est vrai que ».
• Εἰ καλῶς έλάλησα, τί με δἐρεις signifie « Si j’ai
bien parlé, pourquoi me frappes-tu ? »
» Sens 2 : Εἰ veut encore dire « s’il arrive que » lorsque le
verbe principal est au futur. Auquel cas, il se doublera de la
particule éventuelle ἄν, pour devenir ἔαν qu’accompagne
alors le subjonctif à valeur prospective.
• Ἔαν έλθῇς, χαιρήσω : « Si tu viens demain, je serai
content ».
» Sens 3 : Il peut aussi vouloir dire « à chaque fois que » et
marquer une répétition dans le présent, si le présent
remplace en principale le temps futur.
• Ἔαν γλαῦξ ἀνακράγῃ, πολλοὶ δεδοίκασι : « Si une
chouette crie, beaucoup de gens ont peur ».
LE SYSTÈME CONDITIONNEL
Εἰ entre enfin en course (sens 3) dans le système conditionnel complexe
pour lequel nous employons le mode conditionnel en français :
Si tu venais, je serais content.
Si tu venais je serais content, mais…
Si tu étais venu, j’aurais été content.
» Pour la première affirmation, on parlera de potentiel : on
suppose le cas possible, d’où le nom de ce système, on le
souhaite même d’où l’emploi du mode optatif, et ce dans les
deux membres de proposition, tant en subordonnée qu’en
principale. On retrouve ici la particule ἄν, modalisatrice cette
fois. Par exemple :
Eἰ βούλοιο ἰατρος γενἐσθαι, τί ἄν ποιοίης : Si tu voulais
devenir médecin, que ferais-tu ?
» Dans le deuxième cas, « si » veut dire si, contrairement à ce
qui est, à cause du retour implicite à la réalité que signale le
« mais » final : on parle alors d’un irréel du présent. Le mode
indicatif est donc de retour et le temps choisi, l’imparfait, est
employé dans les deux membres de phrase. Par exemple :
Εἴ τι εἶχον, ἂν έδίδουν. νῦν δὲ οὐδὲν ἔχω : Si j’avais quelque
chose, je te le donnerais volontiers mais je n’ai rien.
» Enfin, on peut encore faire reculer plus loin la perspective tant
souhaitée, c’est alors un irréel du passé, auquel correspond
notre conditionnel passé. Par exemple :
Εἴ τι ἔσχον, ἂν ἔδωκα. Si j’avais eu quelque chose, je te
l’aurais donné.
Il existe des locutions composées de εἰ :

» εἴτε… εἴτε : soit que… soit que ;


» εἰ μή : si ce n’est, à moins que ;
» εἰ δὲ μή : sinon, dans le cas contraire ;
» καὶ εἰ, καὶ ἔαν, κἄν : même si.
Ὁ μῶρος γελᾷ, κἄν τι μη γελοῖον ᾖ signifie « L’insensé rit, même
si la chose n’est pas risible ».
Chapitre 8
La syntaxe de l’article, de l’adjectif,
de l’infinitif… et des négations !
DANS CE CHAPITRE :
» Le rôle fondamental de l’article
» L’adjectif : un art du positionnement
» L’infinitif : un nom verbal
» Le jeu subtil des négations

aintenant que vous avez découvert les valeurs des modes et


M des temps et les différentes couleurs de propositions qu’ils
proposent à l’entendement (c’est ce qu’on appelle la
« syn.taxe » de σύν et τάττειν : placer ensemble), vous êtes prêt à
manier une phrase grecque.
Il vous reste encore à apprendre à jouer avec d’autres
constructions comme celles avec l’article, avec l’adjectif, l’infinitif
et les piégeuses négations.

La syntaxe de l’article
Sa fonction première : être un outil de nominalisation.
L’article est un outil très pratique de la langue grecque que les
Latins ont bien dû regretter. Il sert en effet à nominaliser
(transformer en nom) n’importe quelle expression ou mot :
» un article devant un adverbe : οἱ νῦν désigne « les
aujourd’hui » soit les gens d’aujourd’hui, nos
contemporains ; οἱ πάλαι, « ceux d’hier », les ancêtres ;
» un article devant un adjectif au neutre : τὸ κάλον veut dire
« la belle chose », donc le bien ou le beau ;
» un article devant un participe : οἱ ἀκούοντες veut dire
« ceux qui écoutent », les auditeurs ;
» un article devant un verbe à l’infinitif : τὸ λἐγειν signifie
« le fait de parler » donc la parole, l’éloquence ou l’art de
parler ;
» un article devant un verbe conjugué à l’impératif : τὸ γνῶθι
σἐαυτον, la célèbre expression de Socrate « Connais-toi toi-
même ».
C’est bien pratique, non ?
Le temps d’écrire : ὁ τοῦ γράφειν χρόνος (le temps du fait
d’écrire).

Pour manger : πρὸς τὸ έσθίειν (en vue de manger).


En régnant : τῷ βασιλεύειν (par le fait de régner).
À noter
» L’article n’est jamais obligatoire quand il accompagne un
nom propre de personne ou de ville : on dira indifféremment
Σωκράτης ou ὁ Σωκράτης ; ̓Αθῆναι ou αἱ ̓Αθῆναι. En
revanche les noms propres de peuples, pays, montagnes,
fleuves sont eux habituellement accompagnés de l’article.
Ainsi ἡ ̔Ελλάς (la Grèce), οἱ ’Αθηναῖοι (les Athéniens), ὁ
̓Ασωπός (l’Asope, le fleuve).
» On emploiera toujours l’article en fonction d’apposition à
un nom propre ou à un pronom : ainsi « le roi Philippe » se
dira Φίλιππος ὀ βασιλεύς ; « l’île de Rhodes », ̔Ρόδος ἡ
νῆσος ou encore « Nous autres les Grecs », Ἡμεῖς οἱ
Ἕλληνες.
» L’article est souvent omis dans les définitions et phrases
sentences de portée générale : πάντων μἐτρον ἄνθρωπος.
Avez-vous deviné le sens de cette maxime ? Vous pouvez
aller la retrouver en cinquième partie. Φόϐος μνήμην
έκπλήττει : La peur paralyse la mémoire.
Également dans les locutions adverbiales formées d’une
préposition : κατ’ ἀγρούς (à la campagne).
» Enfin, l’attribut ne prend généralement pas l’article, sauf
exception.
Traduisez :

La sagesse est (le) commencement du bonheur : Ἡ σοφία έστὶν


ἀρχὴ τῆς εὐτυχίας.
La crainte de Dieu est le commencement de la sagesse : Ἀρχὴ
σοφίας ὁ Θεοῦ φόϐος.
C’est différent avec l’expression ὁ αὐτός signifiant « le même » ou
si l’on veut appuyer sur le sens de l’attribut : Οὕτός έστιν ὁ ἀδικῶν
se traduira « C’est lui le coupable ».

La syntaxe de l’adjectif
Un adjectif est un adjoint direct ou indirect du nom. Il a le droit de
choisir sa place (devant ou derrière) ! Et ce n’est jamais
indifférent. Dans tous les cas, il reste qualifiant (on dit plus
fréquemment qualificatif).
» L’adjectif épithète, comme tout mot servant à déterminer
un nom, se place entre l’article et ledit nom. On le dit
« enclavé ». Par exemple : nous traduirons « les citoyens
riches » par οἱ πλούσιοι πολῖται ou pour insister plus encore
sur le déterminatif par « les citoyens, les riches ! » par οἱ
πολῖται οἱ πλούσιοι.
» S’il n’est pas enclavé, c’est qu’il est employé en fonction
d’attribut : πλουσίοι οἱ πολῖται voudra dire « riches (sont)
les citoyens ».
Regardons ces deux autres exemples : « le peuple athénien » se dit
ὁ ̓ Αθηναίων δῆμος et « la bataille de Marathon » ἡ έν Μαραθῶνι
μάχη.
» En règle générale, l’adjectif déterminatif (épithète) se place
entre l’article et le nom. Si l’on veut le placer après, par
souci d’insistance, il faut répéter l’article devant l’adjectif
comme dans ὁ ἀγαθὸς παρήρ ou ὁ πατὴρ ὁ ἀγαθός (le bon
père).
» Tout adjectif précédé d’un article prend la valeur d’un nom.
On le dit « substantivé » :
• ὁ σοφός : le sage ;
• οἱ δίκαιοι : les justes ;
• τὸ καλόν : le beau ;
• τά ἀγαθά : les bonnes choses ou les biens.
La périphrase Οἱ καλοὶ κἀγαθοί désigne bel et bien les gens
de bien, l’élite.
ATTENTION
La place de l’article pourra modifier clairement le sens de certains
adjectifs : ainsi ἡ μἐση νῆσος veut dire « l’île qui est au milieu des
autres », alors que μἐση ἡ νῆσος signifie « le milieu de l’île ».
Les deux phrases suivantes, en fonction de la place de l’article, n’auront
pas non plus le même sens :
» Μόνος ὁ παῖς αὐτοῦ έσώθη : Seul son enfant fut sauvé.
» ὁ μόνος αὐτοῦ παῖς έσώθη : Son fils unique fut sauvé.
TOUT, VOUS SAUREZ TOUT SUR πᾶς, πάσα, πᾶν
Employé comme pronom, πᾶς signifie :
» au singulier : « chacun » :
Νῦν με πᾶς ἀσπάζεται : Maintenant chacun m’embrasse.
» au pluriel : « tous », « tout le monde » :
πάντες λἐγουσι : Tout le monde dit.
Employé comme adjectif, il a des significations différentes, selon qu’il
soit ou non construit avec un article, placé avant ou après lui.
» Sans article, il équivaut à « tout », « chacun » :
πᾶσα πόλις : toute ville ;
πόλεις πᾶσαι : des villes entières.
» Avec article, au singulier, il signifie « tout entier » :
πᾶσα ἡ χώρα ou ἡ χώρα πᾶσα : le pays tout entier.
» et au pluriel : « tous » :
πᾶσαι αἱ οἰκίαι ou αἱ οἰκίαι πᾶσαι : toutes les maisons.
» Précédé de l’article, au singulier comme au pluriel, πᾶς veut
dire « l’ensemble de » :
αἰ πᾶσαι πόλεις : les villes prises dans leur totalité.
Voyons encore ce qu’il en est de l’emploi de l’adjectif possessif ou du
pronom personnel : si le possesseur n’est pas le sujet de la proposition,
on emploie soit :
» le génitif du pronom personnel, non enclavé : mon père : ὁ
πατήρ μου (le père de moi) ;
ὁ έμὸς πατήρ : mon père ;
ὁ σὸς πατήρ : ton père ;
» l’adjectif possessif enclavé et pour la troisième personne le
génitif du démonstratif :
ὁ έκείνου πατήρ : son père.
MODES D’EMPLOI AU PLURIEL POUR πολύς, πολλή,
πολύ
Employé au singulier, cet adjectif dont l’équivalent latin est multus (qui
a donné la multitude) signifie « considérable », « important », etc. Ainsi
πολλὴ ὁδός voudra dire « beaucoup de chemin/de route » ; πολλὴ χώρα
« un vaste pays ».
Au pluriel, πολλοί, πολλαί, πολλά veut dire « nombreux », « plusieurs »,
« beaucoup de ». Précédé de l’article, οἱ πολλοί désigne la foule, le
grand nombre, la plupart.
Au neutre, employé au pluriel, τὰ πολλά prend une valeur d’adverbe et
signifie « la plupart du temps », « d’ordinaire ». Quant à πολύ au
singulier, il équivaut à un adverbe et veut dire « beaucoup ».

La syntaxe de l’infinitif

Avec article
L’infinitif précédé de l’article est un nom verbal qui peut donc
avoir toutes les fonctions du nom grâce à l’article.
Dans ce premier exemple, l’infinitif 1 est en fonction sujet et
l’infinitif 2 au génitif complément du comparatif : Νἐοις τὸ σιγᾶν
(1) κρεῖττόν έστι τοῦ λαλεῖν (2). Cette phrase se traduit par « Pour
des jeunes gens, mieux vaut se taire que parler (le silence est
mieux que la parole) ».
Dans le second exemple choisi, l’infinitif est au datif géré par la
préposition έπί et équivaut même à une proposition subordonnée
de but : Ἐπὶ τῷ κακόν τι ἡμᾶς έργάζεσθαι στρατεύειν
παρασκευάζονται. (C’est pour nous faire du mal qu’ils préparent
une expédition militaire.)

Sans article
On rencontre l’infinitif seul :
» en fonction sujet d’un verbe impersonnel ou d’une
expression (il en est donc le sujet réel) :
• ὥρα έστι βουλεύεσθαι : L’heure est à la
délibération.
• χρὴ/δεῖ βουλεύεσθαι : Il faut délibérer.
» en fonction d’accusatif :
• οὐ δύναμαι μὴ δακρύειν : Je ne peux m’empêcher
de pleurer.
» en fonction de datif de destination :
• Τὴν χώραν έπἐτρεψε διαπάρσαι τοῖς Ἕλλησιν : Il
livra aux Grecs le pays à piller.
• Ἑτοῖμοι ἦσαν λἐγειν : Ils étaient prêts à prendre la
parole.
SYNTAXE DES NÉGATIONS
Outre les deux négations simples οὐ/οὐκ/οὐχ et μή qui se répartissent
leurs emplois selon les modes qu’elles accompagnent (voir plus haut), il
existe des négations composées.
Ce sera d’abord οὐδὲ et μήδε, qui servent à rattacher une proposition
négative à une autre proposition négative. Par exemple : οὐ πιστεύει
οὐδε πιστεύειν βούλεται (Il ne croit pas et ne veut pas croire).
En revanche, pour rattacher une proposition négative à une affirmative,
on utilise καὶ οὐ ou καὶ μή. Par exemple : ἀληθεύει καὶ οὐ θωπεύει (Il
dit la vérité et ne flatte pas).
οὐδέ et μήδε peuvent aussi servir à rattacher deux propositions
négatives et se traduire alors par « ni » et « ne… pas ». Ainsi « il ne
défend ni n’empêche » se traduira par : οὐκ ἀπαγορεύει οὐδὲ κωλύει.
Pour dire « ni… ni », on se sert du balancement οὔτε… οὔτε ou μήτε…
μήτε. Par exemple : οὔτ ̓ ἀγαθὸς οὔτε κακός έστιν (Il n’est ni bon ni
mauvais).
οὐδέ et μήδε, employés seuls dans une proposition, signifient : « ne…
pas même ».
οὐδ ̓ ἀκούων πιστεύει : Il ne croit pas même en entendant.
Enfin, quand une négation composée précède une négation simple, les
deux négations se détruisent, sur le modèle du – par – = + :
Ὀυδεὶς οὐκ οἴεται : Il n’est personne qui ne croit (tout le monde pense).
Au contraire, quand la négation simple précède la composée, la seconde
négation ne fait que renforcer la première :
Οὐκ οἴεται οὐδείς : Personne ne pense.
Il en va de même quand deux négations composées se suivent :
Οὐδείς οὐδὲν ὑποπτεύει : Personne ne soupçonne rien.
Chapitre 9
Accords ou désaccords (presque)
parfaits !
DANS CE CHAPITRE :
» Les accords en personne
» Les accords en genre
» Les accords en nombre

’il est une idée chère au cœur des Grecs, c’est bien celle
S d’harmonie. Bâtie sur la racine *-ἀρ, (adapter, ajuster), elle dit
à la fois l’adaptation pratique et l’harmonieuse beauté. Et cela
va se retrouver jusque dans les constructions diverses des mots
entre eux, ou des phrases entre elles.
Regardons de près quelques-unes de ces règles d’accord soi-disant
incontournables. Elles suscitent notre réflexion. Car, une fois
qu’on connaît toutes les catégories de mots, les cas, les genres et
les nombres, il est temps de chercher à les associer pour former
des groupes nominaux, verbaux, etc. et voir comment ils vivent
ensemble.

Les accords en personne


Quand un verbe a deux ou plusieurs sujets de personnes
différentes, l’accord se fait de la manière suivante : la première
personne l’emporte sur la deuxième, et la deuxième sur la
troisième. Du reste, la première personne se nomme avant les
autres, contrairement à la langue française pour qui, modestie
oblige, le moi étant haïssable, le « je » doit céder le pas aux autres
personnes.
Par exemple : Ἆρα σύμφονοι έσμεν, έγώ τε και ὑμεῖς se traduit par
« Est-ce que vous et moi sommes d’accord ? »
L’accord peut aussi ne se faire qu’avec le sujet le plus rapproché,
comme dans : σύ τε ̔ Έλλην εἶ καὶ ἡμεῖς (Tu es Grec et nous le
sommes aussi).
Ou comme : ἦλθεν ̓ Αλχιϐιάδης και οἱ μετ ̓ αὐτοῦ (Alcibiade vint
avec ceux qui l’accompagnaient).

L’accord en genre
Il existe en grec trois genres, le masculin, le féminin et le neutre :
ὁ ἀνήρ (l’homme), ἡ γυνή (la femme), τὸ χρῆμα (la chose).
On notera toujours une primauté de l’animé sur l’inanimé, du
masculin sur le féminin, même si le neutre tire toujours son
épingle du jeu…
L’article s’accorde en genre, en nombre et en cas avec le
substantif auquel il se rapporte : τὴν κεφαλήν/τοῦ λόγου. Il en va
de même pour l’adjectif, quelle que soit sa fonction, épithète,
attribut ou apposé. Ainsi Ὁ εὐρὺς ποταμός se traduit par « le large
fleuve » ; εὐρὺς έστιν ὁ ποταμός signifie « le fleuve est large ».
S’il y a plusieurs sujets de genre différent, on choisit le masculin
s’ils représentent des personnes et le neutre pour des choses :
» νἐοι τε καὶ νἐαι ὁμιλοῦντες : des jeunes gens et des jeunes
filles conversant ensemble ;
» ἀλήθεια καὶ ψεῦδος έναντία ὂντα : la vérité et le mensonge,
contraires l’un à l’autre.
S’il y a des personnes et des choses, les personnes l’emportent
toujours comme dans : ἡ τύχη και Φίλιππος ἦσαν τῶν ἔργων
κύριοι (La Fortune et Philippe étaient les maîtres des évènements).
Il peut également arriver qu’un adjectif ne s’accorde qu’avec le
nom le plus rapproché :
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» παντὶ λόγῳ καὶ μηχανῇ : par tous les moyens ;
» τῶν κακῶν ἡ στάσις καὶ ὁ πόλεμος αἴτιός έστιν : La
discorde intestine et la guerre extérieure sont la cause de nos
maux.
Dans une maxime ou sentence, l’adjectif attribut se met souvent au
neutre et signifie « chose » :
» τίμιον ἀρετή (έστι) : La vertu est (chose) précieuse.
» πονηρὸν ὁ συκοφάντης : Chose méchante que le
sycophante (celui qui dénonce).
» Αἰσχρόν έστι ψεύδεσθαι : Il est honteux de mentir (c’est
une chose honteuse…).
Quand le sujet d’un verbe est un infinitif, l’adjectif attribut se met
en général au neutre singulier. « Il est temps de partir » se dira :
ὥρα έστὶν ἀπιἐναι (heure est partir !), Αθάνατον ἡ ψυχή se traduira
par « L’âme est un être immortel ».
L’adjectif attribut se met parfois au neutre singulier même s’il
s’accorde avec un sujet masculin ou féminin. Il équivaut alors à un
substantif (un nom) et se traduit en conséquence. δεινὸν οἱ πολλοί
veut dire « C’est une chose terrible que la multitude ».
Dans les deux cas, vous l’aviez remarqué, on a sous-entendu le
verbe « être » à la troisième personne du singulier. Cela est très
fréquent dans les maximes.

L’accord en nombre
On appelle « nombre » la propriété qu’ont des mots de représenter,
par des formes graphiques différentes, l’idée d’un singulier (soit
une unité) et l’idée d’un pluriel (soit un ensemble). On emploie le
singulier quand on parle de quelqu’un ou de quelque chose qu’on
veut considérer séparément, le pluriel s’il s’agit de plusieurs
personnes ou objets, regroupés ou envisagés collectivement.
Partant de l’existence de ces deux nombres, on pourrait croire
qu’un sujet singulier appellera un verbe singulier et un sujet pluriel
un verbe pluriel. Or, en grec, cela est loin d’être aussi simple !
Ainsi si un « je » est bien un pronom singulier, « nous » ne
représente pas uniquement « je » + « je » + « je », mais « je » et
d’autres encore.

Le duel ou un pluriel à 2
Deux termes au singulier coordonnés, qui devraient effectivement
toujours appeler un verbe au pluriel à la manière du 1 + 1 = 2,
produiront un nombre précisément appelé le « duel », puisqu’il
s’emploie pour deux sujets (qu’il s’agisse de deux personnes ou de
deux choses).
Il existe aussi bien dans le domaine nominal que verbal.
Pour chaque déclinaison, on retiendra deux formes : celle des cas
directs (nom., voc., acc.) et celle des cas indirects (gén., dat.) :
» soit pour la première déclinaison : -α/-αιν ;
» pour la deuxième : -ω/-οιν ;
» pour la troisième : -ε/-οιν ;
» quand l’article ne présente que deux formes pour tous les
modèles de déclinaison en τώ/τοῖν.
Retrouvez le duel de ἡ ἡμἐρα, ὁ λόγος, τὸ σῶμα

RÉPONSES
τὼ ἡμέρα, τοῖν ἡμέραιν ; τὼ λόγω, τοῖν λόγοιν ; τὼ σώματε, τοῖν
σωμάτοιν.
En ce qui concerne les verbes, il existe également deux
désinences : celle des temps primaires et celle des temps
secondaires, soit -τον pour la première et -την pour la seconde à la
voix active, et pour le médio-passif -σθον et -σθην. Reportez-vous
aux tableaux des verbes.
» Avec un sujet au duel, le verbe pourra se mettre lui-même
soit au duel soit au pluriel. On dira indifféremment : Τὼ
ἀδελφὼ έθηρευἐτην ou έθήρευον (Les deux frères
chassaient).
» Avec deux sujets distincts au singulier, il en ira de même.
On aura le choix : Ἀδελφὼ ἔστην ou ἀδελφοὶ ἦσαν Τελαμὼν
καὶ πηλεύς (Télamon et Pélée étaient frères).
Ceci dit, le duel disparut assez vite et ses formes s’accordèrent
alors au pluriel qui, vous l’avez compris, est tout sauf un singulier
multiplié.
À sujet pluriel, verbe singulier !
» Quand le sujet d’un verbe est un pluriel neutre, le verbe se
met ordinairement au singulier :
Tὰ ζῶα τρἐχει : Les animaux courent, pour dire
« l’ensemble des êtres vivants court ».
Πάντα ῥεῖ
πάντα ῥεῖ (καὶ πάντα μἐνει). (πᾶς, πᾶσα, πᾶν : tout ; ῥἐω : couler) : c’est
au philosophe Héraclite d’Ephèse (576-480 av. J.-C.) que nous devons
cette expression, parfait exemple de la règle grammaticale qui veut
qu’un sujet neutre pluriel s’accompagne d’un verbe au singulier. Ce
« tout coule » ici montre que la vie est un perpétuel mouvement et que
rien ne reste semblable à soi-même. Parménide d’Elée plus tard
professera exactement le contraire : πάντα μἐνει, « tout reste », affirmant
pour sa part le principe de l’immobilité et de la continuité de l’être.
Apollinaire semble réunir ces deux théories quand il écrit :
Sous le Pont Mirabeau coule la Seine :
Vienne la nuit sonne l’heure
Les jours s’en vont je demeure […]
» Avec un nom singulier qui désigne un groupe de personnes,
tel τὸ πλῆθος, ἡ βουλή, ἡ έκκλησία, on met souvent le verbe
au pluriel. C’est ce que nous appelons un « singulier
collectif » : Ἀθηναίων τὸ πλῆθος Ἵππαρχον οἴονται
τύραννον ὂντα ἀποθανεῖν (La plupart des Athéniens
s’imaginent qu’Hipparque était tyran lorsqu’il fut tué).
ATTRACTION DU GENRE ET/OU DU NOMBRE ?
Souvent encore, comme par attraction, on fera accorder le verbe en
nombre avec l’attribut et non le sujet. Pour exemple μεγάλη έστι πόλις αἱ
̓Αθῆναι (Athènes est une grande ville).
Quand un pronom démonstratif a un attribut et que cet attribut est un
nom, au lieu de rester au neutre, il s’accorde habituellement, par
attraction, avec ce nom, comme dans l’exemple : αὔτη έστὶν ἀνδρὸς
ἀρετή (C’est là la vertu d’un homme).
Il emploie cela comme excuse : ταύτῃ ἀπολογίᾳ χρῆται au lieu de τούτῳ
ἀπολογίᾳ.
Il arrive qu’un relatif simple prenne, par attraction, le cas, le genre et le
nombre de son antécédent alors qu’il occupe dans la proposition qu’il
introduit une autre fonction. Ainsi (Τῶν) Μήδων ὅσων/ (ὅσα) έώρακα
έγώ ὁ έμὸς πάππος κάλλιστος (έστί) se traduit par « Des Mèdes que j’ai
vus, mon grand-père est le plus beau. »
έξ ὧν (έξ τούτων ἅ) ἀκούω se traduit « À ce que j’entends dire ».
Chapitre 10
Premier galop d’essai
DANS CE CHAPITRE :
» Une méthode…
» Quelques exemples de version…
» … et de thèmes

uelques maximes tirées des œuvres du comique grec


Q Ménandre, appelées « mono.stiques », parce qu’elles se
composent d’un seul vers (μόνος : seul ; στίχος : ligne ou
vers), vont vous servir ici de tremplins pour exercer vos premières
connaissances. Ne sait-on pas que… Ἀρχὴ μεγίστη τοῦ φρονεῖν τὰ
γράμματα : les lettres sont le principe essentiel de la sagesse ?
Avant même de traduire plus sérieusement, il faut apprendre à
construire la phrase grecque : cela commence par le repérage des
verbes, ceux au mode actif d’abord, puis toutes les autres formes,
infinitifs ou participes. Je propose de souligner les premiers et de
sous les autres formes verbales.

Puis on les outils subordonnants. Et quand cela se


peut, on [crochète] les propositions subordonnées, pour bien
laisser apparaître les phrases principales.
Ensuite, je vous invite à repérer les groupes prépositionnels et à les
mettre (entre parenthèses), à aussi les outils de
coordination. Le travail ainsi avancé, on y voit un peu plus clair
dans la structure et on peut se lancer dans la traduction.
Cela s’appelle faire l’analyse logique d’une phrase, quelle que
soit sa longueur.
Voici pour vous entraîner quelques courtes phrases de version (on
traduit du grec au français) puis de thème (du français au grec).
Version
1. Ἂπαν το κἐρδος, [ἄδικον ὂν], φἐρει βλάϐην.
άπας = πᾶς ; ἄδικος : injuste, φέρω : apporter ; ὸ κέρδος : gain,
profit ; ὄν : participe présent du verbe « être » ; ἡ βλάϐη : tort,
dommage.
2. Βέϐαιον οὐδέν έστι έν θνητῷ βίῷ.
βέϐαιος : solide ; θνητός : mortel ; ὁ βίος : la vie.
3. Γονεῖς δὲ τίμα και φίλους εὐεργἐτει.
τίμα et εὐεργέτει : formes d’impératif (accentuation) ; οἱ γονεῖς :
les parents (racine gen/gon).
4. Δίκαια δρασας συμμάχους ἕξεις θεούς.
δράω : agir faire (ici part. aoriste) ; δικαῖος : juste ; ἕχω : avoir,
posséder ; σύμ.μαχος : allié dans le combat.
5. Ἐργῶν πονηρῶν χεῖρ ̓ έλευθέραν ἔχε.
πονηρός : misérable ; ἡ χείρ, τῆς χειρός : la main ; έλεύθερος :
libre.
6. Κρεῖττον σιωπᾶν έστιν ἢ λαλεῖν μάτην.
κρείττων (comparatif de ἀγαθός) : meilleur, plus fort ; σιωπᾶν : se
taire ; λαλεῖν : papoter, bavarder ; μάτην : en vain.
7. Μοχθεῖν ἀνάγκη (έστι) τοὺς θἐλοντας εὐτυχεῖν.
μοχθεῖν : se donner de la peine ; θέλειν : vouloir bien, consentir ;
εὐτυγχάνειν : réussir.
8. Ψπερηφανία μέγιστον ἀνθρώποις κακόν (έστί).
ἡ ὑπερηφανία : l’orgueil.
9. Χρηστὸς πονηροῖς οὐ τιτρώσκεται λόγοις.
Χρηστός : honnête ; τιτρώσκω : blesser.
10. Ψευδόμενος οὐδεὶς λανθάνει πολὺν χρόνον.
οὐδείς : pas un, personne ; λανθάνω : échapper aux regards de.
11. Ὡς ἡδὺ τῷ σωθέντι μεμνῆσθαι πόνων.
ἡδύς, εια, υ : agréable ; σῴζω : sauver ; μιμνῄσκομαι : se
souvenir ; ὁ πόνος : peine, labeur.
RÉPONSES
Si vous avez compris, vous aurez trouvé à peu près les réponses
suivantes :
1. Tout profit, parce qu’injuste, apporte du tort.
2. Il n’y a rien de solide dans l’existence humaine.
3. Honore tes parents et fais du bien à tes amis.
4. Si tu accomplis des actes justes, tu auras les dieux pour alliés.
5. Aie la main exempte d’actes méprisables.
6. Mieux vaut se taire que parler dans le vide (pour ne rien dire).
7. Il est nécessaire que ceux qui veulent être heureux s’en donnent
la peine.
8. L’orgueil est un immense fléau pour l’homme.
9. Un homme honnête ne se laisse pas blesser par des paroles
viles.
10. Nul n’échappe longtemps à son mensonge.
11. Comme il est doux à celui qui vient d’être sauvé de se souvenir
de ses peines.

Thème
1. Nous admirons l’art d’Hermès et l’amitié d’Oreste et de Pylade.
θαυμάζω : admirer ; ἡ τἐχνη : l’art ; ἡ φιλία : l’ amitié.
2. Cette route est facile et praticable, cette autre étroite et difficile.
Ἡ ὁδός : la route ; ῥᾴδιος, α, ον : facile ; εὔπορος, ος, ον : facile
d’accès ; στενός, ή, όν : étroite ; χαλεπός, ή, όν : difficile.
3. Les Grecs croyaient que les poètes étaient les pères et les guides
de la sagesse.
Οἱ ̔Ελληνες : les Grecs ; νομίζω : croire ; ὁ πατήρ, τοῦ πατἐρος : le
père ; ὁ ἡγεμών : le chef, guide.
4. Les meurtriers n’échapperont pas à la justice des dieux.
Ὁ φονεύς : le meurtrier ; έκφεύγω : éviter ; ἡ δική : la justice.
5. Tous disent ces choses. Tous disent les mêmes choses.
πᾶς : tout, chaque ; οὗτος, αὕτη, τοῦτο : celui -ci ; ὁ αὐτός : le
même.
6. Les Athéniens chaque année sacrifiaient cinq cents brebis à
Artémis.
Ὁ ένιαυτός : l’année ; θύω : sacrifier ; ἡ οἶς : la brebis.
7. Les soldats feront des sacrifices aux dieux après la victoire.
Ὁ στρατιώτης : le soldat.
8. Les vainqueurs sauvent leurs biens et s’emparent de ceux des
vaincus, tandis que les vaincus perdent tout ce qu’ils ont.
νικάω : vaincre ; τὰ χρήματα ou τὰ ἑαυτῶν / ἡττάομαι : être
vaincu ; ἀποϐάλλειν : perdre.
9. Aucun homme ne vit sans (connaître) chagrin.
οὐδείς : personne ; ἡ λύπη : le chagrin.
10. La faute incombe toujours aux absents.
Τὸ ἀμάρτημα : l’erreur, la faute ; ἄπειμι : être absent.

RÉPONSES
1. Θαυμάζομεν τὴν μὲν ̔ Ερμοῦ τἐχνην, τὴν δὲ ̓ Ορἐστου καὶ
Πυλάδου φιλίαν.
2. Ἥδε ἡ ὁδὸς ῥᾳδία και εὔπορος έστιν, αὕτη δὲ στενὴ καὶ χαλεπή.
3. Οἱ Ἕ́λληνες ένόμιζον τοὺς ποιητὰς πατἐρας τῆς σοφίας εἶναι
καὶ ἡγεμόνας.
4. Οἱ φονεῖς οὐκ έκφεύξουσι τὴν τῶν θεῶν νἐμεσιν.
5. Πάντες ταῦτα λἐγουσιν. Πάντες ταὐτα λἐγουσιν.
6. Οἱ ̓ Αθηναῖοι κατ ̓ ένίαυτον ἔθυον πεντακοσίας αἶγας τῇ
̓Αρτεμίδι.
7. Οἱ στρατιῶται θυσίας θύσουσι τοῖς θεοῖς μετὰ τὴν νίκην.
8. Οἱ μὲν νικῶντες τά τε ἑαυτῶν σῴζουσι καὶ τὰ τῶν ἡττωμἐνων
προσλαμϐάνουσιν, οἱ δὲ ἡττώμενοι τὰ ἑαυτῶν ἀποϐάλλουσιν.
9. Οὐδεῖς ἀνθρώπων τὸν βίον ἄνευ λύπης διήγαγε.
10. Tῶν ἀπόντων ἀεὶ τὸ ἀμάρτημά έστιν.
MINI-TEST DE VÉRIFICATIONS
1. Vous rappelez-vous ce qu’on appelle une « coronis » ?
2. Vous rappelez-vous les temps principaux du verbe ἄγω ?
3. Qu’appelle-t-on une « proposition infinitive » ? Formez-en une vous-
même.
4. Quelles valeurs circonstancielles de génitif absolu avez-vous
rencontrées dans les extraits précédents ?
5. Qu’appelle-t-on « verbe contracte » ? Pouvez-vous donner de
mémoire les trois exemples modèles ?
6. Quelle différence faites-vous entre un aoriste 1 et un aoriste 2 ?
7. Comment distinguez-vous un verbe thématique d’un verbe
athématique ?
8. Pouvez-vous donner deux traductions pour « la parole » (nom et verbe
substantivé) ?
9. Pouvez-vous citer les quatre questions de lieu en grec ?
10. Qu’appelle-t-on l’optatif oblique ?
Je vous invite à aller rechercher dans le livre bien évidemment.
Pour l’instant, vous êtes encore doctus cum libro (savant livre à la
main), bientôt vous serez doctus sine libro (savant sans livre à la
main) et mieux encore, vous lirez le grec aperto libro (à livre
ouvert) !
PARTIE 4
Exercices de traduction

DANS CETTE PARTIE…


Je vous propose à présent un texte en lecture suivie. J’ai déjà
(pré) mâché votre travail en regroupant un peu les mots et
groupes de mots du texte que j’ai choisi pour vous : c’est
vrai qu’un long paragraphe peut paraître effrayant pour un
novice. Ainsi présentées, les phrases vous sembleront, je
l’espère, plus allégées et la lecture n’en sera que plus fluide.
Je glisserai paragraphe après paragraphe de nombreuses
remarques explicatives au fur et à mesure de votre avancée
dans ce texte, simplement remanié graphiquement. Je vous
invite à les lire attentivement, mais sans pour autant vous
priver de la joie qu’il y a à faire défiler une histoire, pour
progresser plus vite.
À la suite de quoi vous trouverez des extraits que vous aurez
à traduire par vous-même. Car je vous crois apte à vous
lancer seul dans la traduction de simples extraits d’auteurs
classiques. Je vais vous donner le vocabulaire essentiel.
L’analyse logique est pour vous. Cette nouvelle étape va
exiger plus de vous.
J’ai choisi des extraits du fabuliste Ésope, de Lucien, de
l’historien Xénophon et même du philosophe Platon, sans
oublier l’orateur politique Démosthène et quelques autres.
J’ai même retenu un touchant extrait d’Homère. Je vous les
présente dans leur version suivie puis les organise pour vous
selon la méthode dite juxtalinéaire à laquelle je vous ai
habitué.
À vous, cette fois, de travailler en totale autonomie ! Vous
noterez à droite du texte le vocabulaire manquant que vous
aurez cherché puis proposerez à la fin du texte votre
traduction avant de consulter la traduction que je vous
propose.
Chapitre 11
Ma première lecture traduction
DANS CE CHAPITRE :
» Traduction suivie d’un extrait de l’orateur judiciaire Lysias
» Quelques éléments explicatifs
» Mini-test de compréhension

our passer aux choses sérieuses, voici la partie narrative du


P discours de Lysias, Contre Eratosthène § 4-20. Ce discours
contre l’un des Trente (tyrans), Lysias, orateur judiciaire, l’a
écrit pour lui-même et non pour un client, comme il le faisait en
temps normal en sa qualité de logographe (terme équivalent au
statut d’un « avocat » pour l’époque). Il s’en prend ici à l’un des
tyrans qui a spolié sa propre famille et fait un rappel bref, mais
accablant, des faits.
Pensez toujours qu’une lecture à haute voix doit vous permettre
d’identifier déjà à l’oreille certains mots. Vous entendrez ainsi
certains effets de répétitions qui sont loin d’être anodins et, qui sait
même, parfois, reconnaîtrez-vous des mots.
Tout en vous laissant emporter ainsi par les groupes de mots,
crayon en main, soulignez, encadrez, bref, décortiquez les phrases.
Observation et intuition vont vous être nécessaires. Obligez-vous à
suivre de gauche à droite, vous devriez pouvoir vous repérer et
faire la liaison entre les mots grecs et français. Bref, pointez d’une
colonne à l’autre et donnez-vous la sensation de comprendre au
moins quelques bribes. C’est le début du bonheur !
4. Οὑμὸς πατὴρ Κέφαλος Mon père Képhalos

έπείσθη μὲν (ὑπὸ Περικλέους) fut contraint par Périclès

(εἰς ταύτην τὴν γῆν) ἀφικέσθαι, de venir en cette contrée.

ἔτη δὲ τριάκοντα ᾤκησε, Trente ans durant, il y résida

καὶ οὐδενὶ πώποτε et jamais


οὔτε ἡμεῖς οὔτε έκεῖνος ni nous ni lui

δίκην οὔτε έδικασάμεθα n’accusâmes quiconque

οὔτε έφύγομεν, ni ne fûmes accusés par quiconque ;

ἀλλ’ οὕτως ᾠκοῦμεν δημοκρατούμενοι au contraire, nous vivions en démocratie

ὥστε μήτε (εἰς τοὺς ἄλλους) de façon à ne pas commettre de faute contre ou sur
έξαμαρτάνειν autrui

μήτε (ὑπὸ τῶν ἄλλων) ἀδικεῖσθαι. et à n’en pas recevoir non plus des autres.

Halte !
Oὗμος est une crase pour ὁ ἔμος.
La désinence en -θη a dû vous faire penser à la voix passive
(aoriste en l’occurrence ici).
ὑπό + génitif marque le complément d’agent d’un verbe à la voix
passive quand il s’agit d’un nom de personne.
La préposition εἰς + accusatif marque le mouvement vers, donc le
complément circonstanciel de lieu après le verbe de mouvement
ἀφικνέομαι (ici à l’aoriste).
Groupe nominal à l’accusatif en fonction complément
circonstanciel de temps (avec accusatif de durée).
δικάζομαι δικὴν : construction d’un verbe avec un nom de la
même racine à l’accusatif en complément d’objet interne.
Balancement négatif : οὔτε… οὔτε pour dire « ni… ni ».
ὥστε : subordonnant de conséquence ici annoncé par son corrélatif
οὕτως (à tel point que, de telle sorte que) suivi soit du mode
indicatif soit infinitif.
δημοκρατούμενοι est une forme de participe à la voix passive
(pour rappel le suffixe -μενος, -μένη, -μενον).
5. Ἐπειδὴ δ’ οἱ τριάκοντα Quand les Trente

πονηροὶ [μὲν] καὶ συκοφάνται ὄντες qui étaient des misérables et des sycophantes

(εἰς τὴν ἀρχὴν) κατέστησαν, parvinrent au pouvoir,

φάσκοντες χρῆναι prétendant qu’il fallait


τῶν ἀδίκων καθαρἀν ποιῆσαι τὴν πόλιν purger la ville des gens indignes

καὶ τοὺς λοιποὺς πολίτας et le reste des citoyens

(έπ’ ἀρετὴν καὶ δικαιοσύνην) vers la vertu et la justice

τραπέσθαι, (le) faire se tourner,

καὶ] τοιαῦτα λέγοντες alors qu’ils tenaient de tels propos,

οὐ τοιαῦτα ποιεῖν έτόλμων, ils n’osaient pas agir de telle façon,

ὡς έγὼ comme moi,

(περὶ τῶν έμαυτοῦ) πρῶτον εἰπὼν en parlant tout d’abord de mes affaires

καὶ (περὶ τῶν ὑμετέρων) puis des vôtres,

ἀναμνῆσαι πειράσομαι. je vais m’efforcer de vous le rappeler.

Halte !
Participe présent du verbe être : ὤν, ὄντος.
καθίστημι : ici à l’aoriste 2.
φάσκω : verbe formé sur la racine du verbe φημί (dire) avec
suffixe en -σκ (à valeur d’effort) plus construction avec infinitif ou
proposition infinitive.
ποιεῖν suivi d’un COD (τὴν πόλιν) puis d’un attribut du COD
(καθαράν) signifie « rendre » ; tout comme du reste le verbe
τιθἐναι en d’autres lieux.
Racine *τρεπ/τραπ/τροπ : (se) tourner (vers). L’hélio.trope est la
fleur qui se tourne vers le soleil (tournesol).
Aoriste irrégulier du verbe λἐγω : εῖπον, ici au participe, εἰπών.
L’accentuation finale est à remarquer : elle permet de se rappeler
qu’il s’agit bien d’un participe aoriste 2 et non d’un participe
présent tel λύων pour qui l’accent remonte.
περί + génitif : au sujet de, à propos de.
μνη est la racine de la mémoire (a.mnésique : qui a perdu la
mémoire) ici dans le verbe composé ἀνα.μιμνήσχομαι : se
souvenir en remontant en arrière (ἀνα).
6. Θέογνις γἁρ καὶ Πείσων Théognis et Pison
ἔλεγον ἐν τοῖς τριάκοντα dirent devant les Trente

(περὶ τῶν μετοίκων), au sujet des métèques

ὡς εἶέν τινες τῇ πολιτείᾳ άχθόμενοι que certains étaient hostiles à la constitution :

καλλίστην οὖν εἶναι πρόφασιν c’était là un bien beau prétexte

τιμωρεῖσθαι μὲν δοκεῖν, pour paraître les châtier

τῷ δ’ ἔργῳ χρηματίζεσθαι mais pour en réalité s’enrichir ;

πάντως δὲ τὴν μὲν πόλιν πένεσθαι la cité était dans un total dénuement

τὴν <δ’> ἀρχὴν δεῖσθαι χρημάτων. et le pouvoir avait besoin d’argent.

Halte !
Le verbe de déclaration λέγω se construit avec une proposition
complétive introduite par le subordonnant ὅτι, pour un fait avéré,
ou ὡς, pour un fait supposé, quand ce n’est pas la proposition
infinitive.
εἶεν : ici, à l’optatif oblique (de concordance).
Phrase au discours indirect libre à l’infinitif εἶναι.
ἡ πρόφασις, εως : prétexte (chose dite mise en avant).
τιμωροῦμαι : châtier, se venger de.
χρηματίζεσθαι sur τὰ χρήματα (les richesses) : s’enrichir.
δἐομαι + génitif : avoir besoin de, manquer.
7. Καὶ τοὺς ἀκούοντας οὐ χαλεπῶς ἔπειθον· Ils convainquirent sans mal les auditeurs.

ἀποκτιννύναι μὲν γὰρ άνθρώπους En effet tuer des hommes,

(περὶ οὐδενὸς) ἡγοῦντο, ils n’en faisaient aucun cas

λαμϐάνειν δὲ χρήματα mais s’emparer de leurs biens

(περὶ πολλοῦ) έποιοῦντο. comptait beaucoup à leurs yeux.

Ἔδοξεν οὖν αὐτοῖς δέκα συλλαϐεῖν, Ils crurent bon de choisir sur dix

τούτων δὲ δύο πένητας, d’entre eux deux pauvres

ἵνα αὐτοῖς ᾖ πρὸς τοὺς ἄλλους άπολογία, afin d’avoir pour excuse vis-à-vis d’autrui

ὡς οὐ χρημάτων ἕνεκα ταῦτα πέπρακται, que cela ne s’était pas fait pour de l’argent
ἀλλὰ συμφέροντα τῇ πολιτεία γεγένηται, mais pour se rendre utile à la cause politique

ὥσπερ τι τῶν ἄλλων [εὐλόγως πεποιηκότες]. comme pour tout ce qu’ils avaient fait.

Halte !
πείθω veut dire à l’actif « convaincre », « persuader ».
οἱ ἀκούοντες : participe substantivé.
Expressions de prix : πἐρι οὐδενὸς ἡγοῦμαι ou πέρι πολλοῦ
ποεῖσθαι.
δοκεῖ μοι : il me semble/il me semble bon de + infinitif.
συλ.λαμϐάνειν ici à l’infinitif aoriste 2 donc accentué avec un
circonflexe final.
ἵνα + subjonctif introduit une proposition subordonnée finale (de
but).
ὡς explicatif ici : à savoir que (venant définir le contenu du mot
apologia).
ἕνεκα est une postposition précédée d’un génitif voulant dire « à
cause de ».
8. διαλαϐόντες δὲ τὰς S’étant réparti les maisons,

οἰκίας έϐάδιζον ils s’y rendaient.

καὶ έμὲ μὲν ξένους ἑστιῶντα κατέλαϐον, Moi, ils me trouvèrent à table avec des hôtes

οὓς έξελάσαντες qu’ils chassèrent

Πείσωνί με παραδιδόασιν avant de me remettre dans les mains de Pison.

οἱ δὲ ἄλλοι Les autres

(εἰς τὸ έργαστήριον) έλθόντες s’étant rendus à l’atelier

τὰ ἀνδράποδα ἀπεγράφοντο. dressaient la liste des esclaves.

Halte !
Auriez-vous pensé à rattacher les différents participes du passage
aux bons verbes ?
διαλαϐόντες à δια.λαμϐάνω, ἑστιῶντα à ἑστιάω, έξελάσαντες à
έξ.ελαύνω (pousser hors de) et έλθόντες à ἔρχομαι ?
παραδίδωμι : livrer.
9. Ἐγὼ δὲ Πείσωνα μὲν ἠρώτων Je demandais à Pison

εἰ βούλοιτό με σῶσαι s’il consentirait à me sauver

χρήματα λαϐών. moyennant finance.

Ὁ δ’ ἔφασκεν, Il répondit que oui

εἰ πολλὰ εἴη. s’il y avait beaucoup d’argent.

Εἶπον ὅτι Je lui dis que

τάλαντον άργυρίου ἕτοιμος εἴην δοῦναι j’étais prêt à lui donner un talent ;

ὁ δ’ ὡμολόγησε ταῦτα ποιήσειν. Il convint de faire cela.

Ἠπιστάμην μὲν οὖν Je savais bien

ὅτι οὔτε θεοὺς οὔτ’ ἀνθρώπους νομίζει, qu’il ne respectait ni les dieux ni les hommes ;

ὅμως δ’ (έκ τῶν παρόντων) pourtant, au vu de la situation,

έδόκει μοι ἀναγκαιότατον εἶναι il me semblait que le plus indispensable

πίστιν (παρ’ αὐτοῦ) λαϐεῖν. était de lui faire confiance.

Halte !
εἴη/εἴην : optatifs du verbe « être » (3e personne et 1e du
singulier) ; emploi d’optatif oblique ici.
ταῦτα : accusatif pluriel neutre du démonstratif οὗτος, αὕτη,
τοῦτο.
έπίσταμαι : savoir (ici à l’imparfait, voir désinences secondaires)
(épistémo.logie).
οὔτε… οὔτε : ni… ni.
έκ τῶν παρόντων : participe présent du verbe πάρειμι : à partir des
choses présentes.
ἀναγκαῖος, adjectif formé sur ἡ ἀνάγκη : nécessaire.
λαϐεῖν, infinitif aoriste 2 de λαμϐάνειν.
παρά + génitif : venant de (c’est le cas ici qui l’emporte sur la
préposition elle-même).
10. Ἐπειδὴ δὲ ὤμοσεν, Quand il eut juré

έξώλειαν ἑαυτῷ καὶ τοῖς παισὶν έπαρώμενος, lançant des imprécations sur lui et ses enfants

λαϐὼν τὸ τάλαντόν με σώσειν, ayant pris le talent pour me sauver,

εἰσελθὼν (εἰς τὸ δωμάτιον) m’étant rendu dans ma chambre,

τὴν κιϐωτὸν άνοίγνυμι. j’ouvre le coffre.

Πείσων δ’ αἰσθόμενος εἰσέρχεται, Pison s’en aperçoit et m’emboîte le pas

καὶ ἰδὼν τἁ ἐνόντα et ayant vu ce qu’il y avait là,

καλεῖ τῶν ὑπηρετῶν δύο, appelle deux serviteurs

καὶ τὰ ἐν τῇ κιϐωτῷ λαϐεῖν et de s’emparer du contenu du coffre

έκέλευσεν. leur donne l’ordre.

Halte !
ὄμνυμι : jurer (ici à l’aoriste).
σώσειν : infinitif futur à valeur de but du verbe σωίζω.
εἰσ.ἐρχομαι : venir vers (à l’aoriste 2) suivi d’un complément
circonstanciel de lieu avec mouvement (εἰς + accusatif).
αἰσθάνομαι : se rendre compte, s’apercevoir (participe aoriste 2)
(comme dans an.esthésie : quand on ne sent pas).
τά ένόντα : participe présent substantivé du verbe ἔνειμι (être
dans).
τῶν ὑπηρἐτων : génitif partitif.
11. Ἐπεὶ δὲ οὐχ ὅσον ὡμολόγητο εἶχεν, Comme il n’y en avait pas autant que convenu,

ὦ ἄνδρες δικασταί, ô juges,

ἀλλὰ τρία τάλαντα ἀργυρίου mais trois talents d’argent,

καὶ τετρακοσίους κυζικηνοὺς et quatre cents cyzicènes,

καὶ ἑκατὸν δαρεικοὺς et cent dariques,

καὶ φιάλας ἀργυρᾶς τέτταρας, et quatre coupes d’argent,


έδεόμην αὐτοῦ έφόδιά μοι δοῦναι, je lui demandai de me fournir un viatique.

Halte !
Révisez vos chiffres !
D’où vient la forme δοῦναι ? De δίδωμι, bien sûr !
αὐτοῦ est le génitif du pronom anaphorique αὐτός, αὐτή, αὐτό.
τὸ έφόδιον : provisions de route (έπί. ὁδός), viatique.
12. ὁ δ’ ἀγαπήσειν με ἔφασκεν, Il me répondit que je devais être bienheureux

εἰ τὸ σῶμα σώσω. si je sauvais ma peau.

Ἐξιοῦσι δ’ έμοὶ καὶ Πείσωνι Comme Pison et moi-même sortions

έπιτυγχάνει Μηλόϐιός τε καὶ Μνησιθείδης nous tombons sur Mélobios et Mnésithède

(έκ τοῦ έργαστηρίου) ἀπιόντες, qui revenaient de l’atelier

καὶ καταλαμϐάνουσι et nous surprennent (arrêtent)

(πρὸς αὐταῖς ταῖς θύραις), sur le seuil même de la porte ;

καὶ ἐρωτῶσιν ὅποι βαδίζοιμεν ils nous demandent où nous nous dirigeons.

ὁ δ’ ἔφασκεν Celui-ci (Pison) répondit

(εἰς [τὰ] τοῦ ἀδελφοῦ τοῦ έμοῦ), (qu’il allait) vers la maison de mon frère

ἵνα καὶ τὰ (έν έκείνῃ τῇ οἰκίᾳ) σκέψηται pour examiner ce qui s’y trouvait.

έκεῖνον μὲν οὖν ἐκέλευον βαδίζειν, Ils lui ordonnaient de se mettre en route

έμὲ δὲ (μεθ’ αὑτῶν) et moi (avec eux)

ἀκολουθεῖν (εἰς Δαμνίππου). de les accompagner chez Damnippe.

Halte !
Ἐξιοῦσι δ’ ἐμοὶ καὶ πείσωνι est un groupe au datif avec participe
du verbe έξιἐναι, complément du verbe έπι.τυγχάνειν : tomber (par
hasard) sur, rencontrer.
ἀπ.ιόντες : participe présent du verbe ἀπ.ιἐναι, se rapportant aux
deux sujets Μηλόϐιός τε καὶ Μνησιθείδης.
πρός + datif : complément circonstanciel de lieu.
ὅποι : interrogatif indirect du lieu où l’on va.
ἵνα + subjonctif : afin que, pour que.
σκἐπτω : examiner (racine σκεπ/σκοπ).
μετἁ + génitif : avec.
εἰς (τὴν ὀικίαν) τοῦ δαμνίππου : à la maison de Damnippe, chez
Damnippe.
13. Πείσων δὲ προσελθὼν Pison s’approchant de moi

σιγᾶν μοι παρεκελεύετο καὶ θαρρεῖν, m’invitait à me taire et à garder espoir

ὡς ἥξων ἐκεῖσε. à l’idée qu’il se rendrait là-bas.

Καταλαμϐάνομεν δὲ αὐτόθι Θέογνιν Nous tombons alors sur Théognis

ἑτέρους φυλάττοντα qui gardait d’autres prisonniers ;

ᾧ παραδόντες ἐμὲ après m’avoir remis entre ses mains,

πάλιν ᾤχοντο. ils s’en retournèrent de nouveau.

(Ἐν τοιούτῳ) δ’ ὄντι μοι Alors que je me trouvais en pareille situation

κινδυνεύειν έδόκει, il me sembla bon de tenter le tout pour le tout,

ὡς τοῦ γε ἀποθανεῖν ὑπάρχοντος ἤδη. vu que la mort était déjà proche.

Halte !
προσελθών : à cause de l’accentuation, on reconnaît là un participe
aoriste 2 de προσ.ἐρχομαι.
ὡς + participe futur ἥξων du verbe ἥκω : aller (pour marquer le
but).
έκεῖ + σε : vers là.
ᾧ est un relatif de liaison, ayant pour antécédent Θέογνιν.
ὡς + génitif absolu à valeur de cause (infinitif substantivé et
participe).
14. Καλέσας δὲ Δάμνιππον Ayant fait appeler Damnippe,

λέγω (πρὸς αὐτὸν) τάδε, je lui dis les mots que voici :
« έπιτήδειος μέν μοι τυγχάνεις ὤν, « tu te trouves être pour moi un ami ;

ἥκω δ’ (εἰς τὴν σὴν οἰκίαν), je viens d’arriver dans ta maison,

ἀδικῶ δ’ οὐδέν, je ne suis coupable de rien,

χρημάτων δ’ ἕνεκα ἀπόλλυμαι. et pour mes richesses, je suis en train de mourir.

σὺ οὖν ταῦτα πάσχοντί μοι À moi qui suis dans pareille situation

πρόθυμον παράσχου τὴν σεαυτοῦ δύναμιν prête (-moi) ton aide zélée

(εἰς τὴν έμὴν σωτηρίαν). » pour mon salut. »

Ὁ δ’ ὑπέσχετο ταῦτα ποιήσειν. Il promit de le faire.

Ἐδόκει δ’ αὐτῷ βέλτιον εἶναι Mais il lui paraissait meilleur

(πρὸς Θέογνιν) μνησθῆναι d’en référer à Théognis.

ἡγεῖτο γἁρ ἅπαν ποιήσειν αὐτόν, En effet, il pensait qu’il ferait tout

εἴ τις ἀργύριον διδοίη. si quelqu’un lui versait de l’argent.

Halte !
πάσχοντι : participe présent de πάσχω.
βἐλτιον : comparatif de ἀγαθός.
μνησθῆναι : infinitif du verbe μιμνήισχω.
15. Ἐκείνου δὲ διαλεγομένου Alors que ce dernier s’entretenait avec Théognis,
Θεόγνιδι

(ἔμπειρος γἁρ ὢν έτύγχανον τῆς οἰκίας, (je me trouvais connaître la maison et

καὶ ᾔδη ὅτι ἀμφίθυρος εἴη) je savais qu’elle avait deux portes)

έδόκει μοι ταύτῃ πειρᾶσθαι σωθῆναι, il me parut bon de tenter de me sauver par ce moyen,

ένθυμουμένῳ ὅτι, me disant que,

έὰν μὲν λάθω, si j’échappais aux regards,

σωθήσομαι, je serais sauvé

έαν δὲ ληφθῶ, et qu’inversement, si j’étais pris,

ἡγούμην μέν, je calculais que

εἰ Θέογνις εἴη πεπεισμένος si Théognis se laissait convaincre


(ὑπὸ τοῦ δαμνίππου) χρήματα λαϐεῖν, par Damnippe de prendre l’argent,

οὐδὲν ἧττον ἀφεθήσεσθαι, je n’en serais pas moins relâché,

εἰ δὲ μή, sinon,

ὁμοίως ἀποθανεῖσθαι. de semblable façon, je mourrais.

Halte !
έὰν μὲν λάθω, σωθήσομαι, έὰν δὲ ληφθῶ, ἡγούμην : système
d’éventuel avec ἔαν et subjonctif dans la subordonnée et futur dans
la principale.
πεπεισμένος : vient du verbe πείθω (participe parfait passif).
ἧττον : comparatif neutre de l’adverbe ἧκα.
άφεθήσεσθαι : vous aurez reconnu l’infinitif φυτυρ, futur passif du
verbe ἀφίημι.
ἀποθανεῖσθαι : infinitif futur du verbe ἀποθνήισκω.
16. Ταῦτα διανοηθεὶς Ayant réfléchi à cela

ἔδει με έκείνων (ἐπὶ τῇ αὐλείῳ θύρᾳ) pendant que ceux-ci devant la porte d’entrée

τὴν φυλακὴν ποιουμένων· montaient la garde,

τριῶν δὲ θυρῶν οὐσῶν, comme il y avait trois portes

ἃς ἔδει με διελθεῖν, qu’il me fallait franchir

ἅπασαι ἀνεῳγμέναι ἔτυχον. (toutes se trouvèrent par hasard ouvertes).

Ἀφικόμενος δὲ Arrivé

(εἰς᾿Αρχένεω τοῦ ναυκλήρου) έκεῖνον. chez le capitaine Archénéos,

πέμπω εἰς ἄστυ, je l’envoie à la ville

πευσόμενον (περὶ τοῦ ἀδελφοῦ) (pour) s’informer du sort de mon frère.

ἥκων δὲ ἔλεγεν À son retour, il me dit

ὅτι ᾿Ερατοσθένης αὐτὸν έν τῇ ὁδῷ qu’Eratosthène dans la rue

λαϐὼν l’ayant fait arrêter

(εἰς τὸ δεσμωτήριον) ἀπαγάγοι. l’avait conduit en prison.


Halte !
Vous n’aurez pas manqué de relever les deux génitifs absolus du
début.
Allez chercher d’où vient la forme verbale ἀνεῳγμἐναι.
Pouvez-vous justifier l’emploi de l’optatif ἀπαγάγοι ? Et retrouver
le verbe employé ?
17. Καὶ έγὼ τοιαῦτα πεπυσμένος Informé de tout cela,

τῆς έπιούσης νυκτὸς la nuit suivante,

διέπλευσα Μέγαράδε. je voguais vers Mégare.

Πολεμάρχῳ δὲ παρήγγειλαν οἱ τριάκοντα Les Trente donnèrent à


Polémarque

τοὐπ’ έκείνων εἰθισμένον παράγγελμα, l’ordre habituel en leur temps

πίνειν κώνειον, de boire la ciguë,

πρὶν τὴν αἰτίαν εἰπεῖν avant même de lui avoir exposé le motif

δι’ ἥντινα ἔμελλεν ἀποθανεῖσθαι· pour lequel il allait mourir.

οὕτω πολλοῦ ἐδέησε Tant il s’en fallut

κριθῆναι καὶ ἀπολογήσασθαι. qu’il fut jugé et put se défendre.

Halte !
Relevez le complément de temps et de lieu de la première phrase.
Comment analysez-vous la forme τοὐπ’ ?
Quelle est ici la construction de la subordonnée de temps
introduite par πρὶν ?
18. Καὶ έπειδὴ ἀπεδέρετο Quand ils l’eurent emmené

(έκ τοῦ δεσμωτηρίου) τεθνεώς, mort (hors) de la prison,

τριῶν ἡμῖν οἰκιῶν οὐσῶν alors que nous possédions trois maisons,

<έξ> οὐδεμιᾶς εἴασαν έξενεχθῆναι, ils ne nous autorisèrent à l’emporter d’aucune d’elles.

ἀλλὰ κλεισίον μισθωσάμενοι Au contraire, dans un hangar loué par leurs soins,
προὔθεντο αὐτόν. ils l’exposèrent à la vue de tous.

Καὶ πολλῶν ὄντων ἱματίων Alors qu’il y avait beaucoup de vêtements,

αἰτοῦσιν à ceux qui en demandaient,

οὐδὲν ἔδοσαν (εἰς τὴν ταφήν), ils n’en donnèrent aucun pour la tombe,

ἀλλὰ τῶν φίλων ὁ μὲν ἱμάτιον, mais, parmi les amis, l’un donna un manteau,

ὁ δὲ προσκεφάλαιον, un autre un oreiller,

ὁ δὲ ὅ τι ἕκαστος ἔτυχεν chacun ce qui lui tombait sous la main,

ἔδωκεν (εἰς τὴν έκείνου ταφήν). en vue de l’ensevelir.

Halte !
ἀποδέρω : arracher, écorcher.
τριῶν ἡμῖν οἰκιῶν οὐσῶν : génitif absolu (à valeur temporelle/
causale).
έξενεχθῆναι : infinitif aoriste passif de έκφἐρομαι.
προὔθεντο : aoriste de προτίθεμαι (exposer devant).
αἰτοῦσιν : ici participe présent au datif masculin pluriel de αἰτέω :
demander.
τὸ προσκεφάλαιον : oreiller (près de la tête).
τεθνἐως : participe parfait de (ἀπο) θνῄσκω : mourir (deux
parfaits : τέθνηκα et τέθναα).
19. Καὶ ἔχοντες μὲν ἑπτακοσίας Ayant sept cents boucliers à nous
ἀσπίδας τῶν ἡμετέρων,

ἔχοντες δὲ ἀργύριον καὶ χρυσίον ayant de l’argent et de l’or en quantité,


τοσοῦτον,

χαλκὸν δὲ καὶ κόσμον καὶ ἔπιπλα du bronze, des parures, de l’équipement

καὶ ἱμάτια γυναικεῖα et des habits de femme,

ὅσα οὐδεπώποτε ᾤοντο κτήσεσθαι, autant que jamais ils ne croyaient en posséder,

καὶ ἀνδράποδα εἴκοσι καὶ ἑκατόν, et cent vingt esclaves

ὧν τἁ μὲν βέλτιστα ἔλαϐον, parmi lesquels ils choisirent les meilleurs

et donnèrent le reste à l’Etat,


τὰ δὲ λοιπἁ εἰς τὸ δημόσιον
άπέδοσαν,

(εἰς τοσαύτην ἀπληστίαν à un tel degré d’insatisfaction

καὶ αἰσχροκέρδειαν) ἀφίκοντο et de cupidité ils en arrivèrent

καὶ τοῦ τρόπου τοῦ αὑτῶν ἀπόδειξιν qu’ils firent la démonstration de leur manière d’être [qu’ils
έποιήσαντο· montrèrent leur vrai visage].

τῆς γἁρ Πολεμάρχου γυναικὸς En effet, les boucles d’oreilles en or


χρυσοῦς ἑλικτῆρας,

οὓς ἔχουσα ἐτύγχανεν, que la femme de Polémarque se trouvait alors porter,

ὅτε [τὸ] πρῶτον ἦλθεν quand Mélobios entra d’abord

(εἰς τὴν οἰκίαν) Μηλόϐιος dans la maison,

(έκ τῶν ὤτων) έξείλετο. il les lui arracha des oreilles.

Halte !
τῶν ἡμετέρων : génitif pluriel de l’adjectif possessif ἡμἐτερος, α,
ον.
τοσοῦτον : outil quantitatif neutre de τοσοῦτος, τοσαύτη, τοσοῦτο.
ἀπἐδοσαν : aoriste de ἀποδίδωμι, 3e personne du pluriel.
ἀφίκοντο : aoriste 2 de ἀφικνἐομαι, 3e personne du pluriel.
ἡ ἀπόδειξις : exposition, démonstration (sur δείκνυμι : montrer).
έξείλετο : aoriste 2 de έξ.αιρἐομαι, 3e personne du singulier.
τὸ οὖς, ὠτός : l’oreille.

QUESTIONS DE VÉRIFICATION
Retrouvez :
dans le § 4 : ni… ni ;
dans le § 5 : le verbe « oser » ;
dans le § 6 : ce qui correspond à la traduction de « total » ;
dans le § 7 : l’expression qui signifie « faire grand cas de » ;
dans le § 8 : le verbe « chasser », « pousser » ;
dans le § 9 : le verbe savoir ;
dans le § 10 : d’où vient la forme εἰσελθών (Recherchez le verbe
dans le tableau des irréguliers) ;
dans le § 11 : d’où vient le mot signifiant « viatique » dans
l’extrait ;
dans le § 12 : le verbe « tomber sur » ;
dans le § 13 : l’adverbe de lieu « là-bas » ;
dans le § 14 : la postposition signifiant « en vue de », « pour » ;
dans le § 15 : d’où vient la forme ληφθῶ ;
dans le § 16 : le verbe « s’informer » et à quelle forme il est ici ;
dans le § 17 : la fonction de l’expression τῆς έπιούσης νυκτός ;
dans le § 18 : le pronom qui veut dire « chaque », « chacun » ;
dans le § 19 : le mot signifiant « l’oreille » au nominatif.

RÉPONSES
μή… μή.
τολμάω.
πάντως (entièrement).
περί πολλοῦ ποιεῖσθαι.
έλαύνω.
έπίσταμαι.
εἰσἐρχομαι.
τὸ έφόδιον (έπὶ ὁδός : pour la route).
έπιτυγχάνω.
έκεῖσε.
subjonctif aoriste passif de λαμϐάνω.
πευσόμενον vient du verbe πυνθάνομαι.
Complément de temps (moment donné).
ἕκαστος.
τὸ οὖς, ὠτός.
Chapitre 12
Ésope, Fables
DANS CE CHAPITRE :
» Quelques fables… de l’un des pères de La Fontaine

et ancien esclave qui vécut au VIe siècle av. J.-C. aurait, à en


C croire l’historien Hérodote, été exécuté pour cause de sacrilège
par les habitants de Delphes qui, dépités de ses railleries, lui
imputèrent à tort un vol de vase sacré. Ésope nous laisse une
œuvre qui connaît une riche fortune : des fables… qui auront pour
imitateurs Phèdre chez les Romains et La Fontaine pour nous
autres Français.
Si cela peut vous aider au terme de votre recherche, n’hésitez pas à
aller voir les versions de La Fontaine.
Je vous laisse une colonne à droite pour inscrire votre vocabulaire.

Κόραξ καὶ ̓Αλώπηξ

Le corbeau et le renard
Vocabulaire
Κόραξ κρἐας ἁρπάσας
έπί τινος δἐνδρου έκάθισεν.
̓Αλώπηξ δὲ θεασαμἐνη αὐτὸν
καὶ βουλομἐνη τοῦ κρἐατος περιγενἐσθαι
στᾶσα έπηίει αὐτὸν
ὡς πρἐπει αὐτῷ μάλιστα
τῶν ὀρνἐων βασιλεύειν,
καὶ τοῦτο πάντως ἄν έγἐνετο
εἰ φωνὴν εἶχεν.
Ο δὲ παραστῆσαι αὐτῇ θἐλων
ὅτι καὶ φωνὴν ἔχει,
ἀποϐαλὼν το κρἐας μεγάλα έκἐκραγει.
Ἐκείνη δὲ προσδραμοῦσα καὶ
τὸ κρἐας ἁρπάσασα ἔφη
« Ὦ κόραξ, καὶ φρένας εἰ εἶχες
οὐδὲν ἂν έδἐησας
εἰς τὸ πάντων σε βασιλεῦσαι. »
πρὸς ἄνδρα ἀνόητον ὁ λόγος εὔχαιρος.

Traduction proposée
Un corbeau, ayant volé un morceau de viande, s’était perché sur
un arbre. Un renard qui l’observait voulut s’en emparer ; il se
posta près de lui et le loua sur sa grandeur et sa beauté, disant qu’il
lui convenait tout particulièrement de régner en maître sur les
oiseaux ; cela se serait assurément fait s’il avait de la voix. Le
corbeau, voulant le subjuguer en lui montrant sa belle voix, lâcha
le morceau de viande et se mit à croasser fort. Le renard, ayant vite
accouru, s’en saisit et dit : « Ô corbeau, si tu avais aussi du
jugement, il ne te manquerait rien pour être le roi de tous les
oiseaux. »
La fable est une bonne leçon pour tout homme sot.

Λἐων καὶ Ἀλώπηξ

Le lion et le renard
Vocabulaire
Λἐων γηράσας,
καί οὐ δυνάμενος δι᾽ ἀλκῆς
ἑαυτῷ τροφὴν πορίζειν,
ἔγνω δεῖν δι᾽ έπινοίας
τοῦτο πρᾶξαι.
Καί δὴ παραγενόμενος εἴς τι σπήλαιον
καὶ ένταῦθα κατακλιθείς,
προσεποιεῖτο τὸν νοσοῦντα.
Καί οὕτω τὰ παραγενόμενα (ζῷα) πρὸς αὐτὸν
εἰς έπίσκεψιν
συλλαμϐάνων κατήσθιε.
πολλῶν δὲ θηρίων καταναλωθυἐντων,
Ἀλώπηξ, τὸ τέχνασμα αὐτοῦ συνεῖσα
παρεγἐνετο,
καὶ στᾶσα ἄπωθεν τοῦ σπηλαίου,
έπυνθάνετο αὐτοῦ
πῶς ἔχοι.
Τοῦ δὲ εἰπόντος
« κακῶς »
καί τὴν αἰτίαν έρομἐνου,
δι ̓ ἥν οὐκ εἴσεισιν,
ἔφη·
« Ἀλλ ̓ ἔγωγε εἰσῆλθον ἄν,
εἰ μὴ εώρων πολλῶν εἰσιόντων ἲχνη,
έξιόντος δὲ οὐδενός. »
Οὕτως οἱ φρόνιμοι τῶν ἀνθρώπων,
έκ τεκμηρίων προορώμενοι τοὺς κινδύνους,
έκφεύγουσιν.

Traduction proposée
Un lion devenu vieux, hors d’état désormais de se procurer sa
nourriture par la force, estima qu’il fallait jouer de finesse. Il
s’installa donc dans une caverne et s’y coucha, faisant semblant
d’être malade : ainsi, tous les animaux qui venaient lui rendre
visite étaient pris et dévorés. Beaucoup avaient déjà péri quand se
présenta le renard, qui avait compris sa ruse : s’arrêtant à bonne
distance de la caverne, il prit des nouvelles du lion. « Ça va mal »,
répondit le lion qui lui demanda pourquoi il n’entrait pas. « Je
l’aurais fait sans doute, répondit le renard, si je ne voyais pas
beaucoup de traces à l’entrée, mais aucune à la sortie. »
Ainsi, à certains indices, les hommes sensés prévoient le danger et
l’évitent.

Τἐττιξ και Μύρμηκες

La cigale et les fourmis


Vocabulaire
Χειμῶνος ὥρᾳ
τὸν σῖτον βραχἐντα
οἱ μύρμηκες ἔψυχον.
Τἐττιξ δὲ λιμώττων
ᾔτει αὐτοὺς τροφήν.
Οἱ δὲ μύρμηκες εἶπον αὐτῷ.
« διὰ τί τὸ θἐρος οὐ συνῆγες
καὶ σὺ τροφὴν ; »
Ὁ δὲ εῖπεν.
« Οὐκ έσχόλαζον,
ἀλλ ̓ ᾖδον μουσικῶς. »
Οἱ δὲ γελάσαντες εἶπον.
« Ἀλλ ̓ εἰ θἐρους ὥραις ηὔλεις,
χειμῶνος ὀρχοῦ. »
Ὁ μῦθος δηλοῖ
ὅτι οὐ δεῖ τινα ἀμελεῖν
έν παντὶ πράγματι
ἵνα μὴ λυπηθῆ καὶ κινδυνεύσῃ.

Traduction proposée
Alors qu’on était en hiver, les fourmis faisaient sécher les grains
de blé que la pluie avait mouillés. À une cigale affamée venue leur
demander de la nourriture, elles dirent alors : « Pourquoi, pendant
l’été, n’as tu pas toi-même fait provision de nourriture ? » Et la
cigale de leur répondre : « Je ne chômais pas pourtant, je chantais
en musique. » Les fourmis éclatèrent de rire et lui dirent alors :
« Eh bien, puisque tu chantais pendant l’été, danse donc pendant
l’hiver. »
L’histoire montre qu’il ne faut être négligent en rien sous peine de
s’exposer à des désagréments et aux périls.

Ἀλώπηξ καὶ Βότρυς

Le renard et la grappe de raisin


Vocabulaire
Ἀλώπηξ λιμώττουσα,
ὡς έθεάσατο ἀπό τινος ἀναδενδράδος
βότρυας κρεμαμἐνους,
ἠϐουλήθη αὐτῶν περιγενἐσθαι
καὶ οὐκ ἠδύνατο.
Ἀπαλλατομένη δὲ πρὸς ἑαύτην εἶπεν.
« Ὄμφακἐς εἰσιν. »
Οὕτω καὶ τῶν ἀνθρώπων ἔνιοι
τῶν πραγμάτων έφικἐσθαι
μὴ δυνάμενοι δι ̓ ἀσθενείαν
τοὺς καίρους αἰτιῶνται.
Traduction proposée
Un renard affamé, voyant des grappes de raisin pendre à une
treille, voulut s’en emparer mais ne le put. Après s’en être éloigné,
il se dit à lui-même : « Elles sont encore trop vertes. »
Pareillement, certains hommes ne parvenant pas à mener à bien
leurs affaires en accusent les circonstances.
Chapitre 13
Xénophon, l’Anabase
DANS CE CHAPITRE :
» Le morceau de bravoure de l’Anabase de Xénophon

et ancien disciple de Socrate mena au IVe siècle av. J.-C. tour à


C tour une vie d’aventurier et de rentier. Il participa en effet à la
guerre menée par Cyrus le Jeune avant de se retirer dans sa
propriété de Scillonte. Dans l’Anabase, premier en date des
mémoires militaires de nos littératures classiques, il raconte
l’expédition à laquelle il prit part dans l’armée grecque, aux côtés
de Cyrus le Jeune, d’abord comme observateur puis comme chef
de la célèbre retraite de 5 800 kilomètres de cette armée,
en 15 mois et 215 étapes.
Voilà que les Grecs aperçoivent, du haut du mont Téchès, la ligne
de la mer qui devait leur ouvrir la route de leur retour vers la
patrie. La nostalgie du pays natal suffit à expliquer le cri de joie à
la vue de : θάλαττα, θάλαττα… (aux paragraphes 21-24 inclus du
livre IV) !
Vocabulaire
Καὶ ἀφικνοῦνται (ἐπὶ τὸ ὄρος) ἀφικνἐομαι : arriver.

τὸ ὄρος : la montagne.

τῇ πέμπτῃ ἡμέρᾳ (vu plus haut)

ὄνομα δὲ τῷ ὄρει ἦν Θήχης. τὸ ὄνομα : le nom.

Ἐπεὶ δὲ οἱ πρῶτοι έγένοντο πρῶτος, η, ον : premier.

(έπὶ τοῦ ὄρους)

καὶ κατεῖδον τὴν θάλατταν, καθοράω : voir, apercevoir.

κραυγὴ πολλὴ έγένετο. ἠ κραύγη : la clameur.

Ἀκούσας δὲ ὁ Ξενοφῶν
καὶ οἱ ὀπισθοφύλακες ὄπισθε : de derrière.

φυλάττω : garder.

ᾠήθησαν ἔμπροσθεν οἴομαι : croire ; έμπροσθεν : en avant.

ἄλλους έπιτίθεσθαι πολεμίους· έπιτιθἐσθαι : attaquer.


εἵποντο γἁρ ὄπισθεν
ἕπομαι : suivre.

ὄπισθεν : par derrière.

(έκ τῆς καιομένης χώρας), καίω : brûler.


καὶ αὐτῶν οἱ ὀπισθοφύλακες
φυλάττω : garder, surveiller.

ἀπέκτεινάν τέ τινας ἀπο.κτείνω : tuer, massacrer.

καὶ έζώγρησαν ένέδραν ποιησάμενοι, ζωγρἐω : faire prisonnier vivant.

ἠ ένἐδρα : embuscade.

καὶ γέρρα ἔλαϐον δασειῶν βοῶν ὠμοϐόεια τὸ γἐρρον : bouclier.

δασύς : épais.

ὁ βοῦς : bœuf.

ὠμός : cru.

(ἀμφὶ τἁ εἴκοσιν). ἀμφί : environ, presque.

Ἐπειδὴ δὲ βοὴ πλείων τε έγίγνετο έπείδη : quand, lorsque.

ἡ βόη : le cri.

γίγνομαι : devenir, être.

καὶ έγγύτερον έγγύς : proche.

καὶ οἱ άεὶ ἐπιόντες ἔπ.ειμι : aller vers/sur.

ἀεί : toujours.

ἔθεον δρόμῳ θἐω : courir.

ὁ δρόμος : course.

(έπὶ τοὺς ἀεὶ βοῶντας) βοάω : crier.

καὶ πολλῷ μείζων έγίγνετο ἡ βοὴ μἐγας/μείζων/μἐγιστος : grand.

ὅσῳ δὴ πλείους έγίγνοντο, πόλυς/πλείων/πλεῖστος : nombreux.



έδόκει δὴ μεῖζόν τι εἶναι τῷ δοκἐω : sembler, paraître.
Ξενοφῶντι,

καὶ ἀναϐἁς (έφ᾽ ἵππον) ἀναϐαίνω : monter sur.

καὶ Λύκιον καὶ τοὺς ἱππέας ὁ ἵππευς : cavalier.

ἀναλαϐὼν

παρεϐοήθει· παραϐοηθἐω : porter secours.

καὶ τάχα δὴ ἀκούουσι βοώντων τῶν στρατιωτῶν τάχυς, ταχεῖα, τάχυ : rapide, vif.

- - Θάλαττα, θάλαττα

καὶ παρεγγυώντων. παρεγγυάω : transmettre de proche en proche.

Traduction proposée
Quand le cri se fit plus dense et plus proche et que tous ceux qui
arrivaient par derrière se mirent à courir vers ceux qui criaient
encore et que la clameur se fit d’autant plus forte qu’ils étaient
plus nombreux, Xénophon crut qu’il se passait quelque chose
d’important. Ayant enfourché son cheval, et emmené avec lui
Lucius et ses cavaliers, il se portait à leur secours. Vite, ils
entendent les soldats crier « La mer ! La mer ! » et se passer le
mot.
Avez-vous comparé ? Aviez-vous compris dans l’ensemble ?
Poursuivez.
Chapitre 14
Démosthène, Première Philippique,
§ 10 et 11
DANS CE CHAPITRE :
» Extrait de la Première Philippique de Démosthène

émosthène reste le plus grand nom de l’éloquence grecque. Ce


D logographe (avocat de l’époque), orphelin dès ses sept ans, se
consacra à la politique. Ses discours contre Philippe de
Macédoine, l’ennemi juré de la Grèce, appelés Philippiques, ont
fait sa notoriété. Il s’est fait le chantre de la liberté et de
l’indépendance grecque, n’ayant eu de cesse de solliciter le peuple
à réagir contre l’envahisseur. L’orateur en exorde de la Première
Philippique lance un appel aux armes et au courage de ses
compatriotes.
Vocabulaire
Πότ’ οὖν, ὦ ἄνδρες ᾿Αθηναῖοι,
πόθ’ ἃ χρὴ πράξετε ;
Ἐπειδἁν τί γένηται ;
Ἐπειδἁν νὴ δί’ ἀνάγκη τις ᾖ.
Νῦν δὲ τί χρὴ τἁ γιγνόμεν’ ἡγεῖσθαι ;
Ἐγὼ μὲν γἁρ οἴομαι τοῖς ἐλευθέροις
μεγίστην ἀνάγκην
τὴν ὑπὲρ τῶν πραγμάτων αἰσχύνην εἶναι.
ἢ βούλεσθ’,
εἰπέ μοι,
περιιόντες αὑτῶν πυνθάνεσθαι,
« Λέγεταί τι καινόν ; »
Γένοιτο γἁρ ἄν τι καινότερον
ἢ Μακεδὼν ἀνὴρ Ἀθηναίους
καταπολεμῶν καὶ τἁ τῶν ῾Ελλήνων διοικῶν ;
‘Τέθνηκε Φίλιππος ;
oὐ μὰ δί ἀλλ̓ ἀσθενεῖ.
Τί δ’ ὑμῖν διαφέρει ;
Καὶ γἁρ ἂν οὗτός τι πάθῃ,
ταχέως ὑμεῖς ἕτερον Φίλιππον ποιήσετε,
ἄνπερ οὕτω προσέχητε τοῖς πράγμασι τὸν νοῦν·
οὐδὲ γἁρ οὗτος παρὰ τὴν αὑτοῦ ῥώμην τοσοῦτον
έπηύξηται ὅσον παρὰ τὴν ἡμετέραν ἀμέλειαν .

Traduction proposée
Quand donc, Athéniens, quand ferez-vous ce qu’il faut ?
Qu’attendez-vous donc ? Que la nécessité vous y presse ? Et
comment faut-il qualifier la situation actuelle ? Pour ma part, je ne
connais pas de nécessité plus pressante pour des hommes libres
qu’une situation déshonorante. Voulez-vous toujours, dites-moi,
circuler en vous demandant les uns aux autres : « Y a-t-il du
nouveau ? » Eh ! que pourrait-il y avoir de plus nouveau que de
voir un Macédonien triompher d’Athènes et intervenir en maître
dans les affaires de la Grèce ? « Philippe est-il mort ? » – « Non,
certes, mais il est malade. »
Que vous importe ? Si celui-ci vient à disparaître et que vous ne
montriez pas plus de vigilance, vous aurez tôt fait de faire surgir
un autre Philippe. Car ce n’est pas à sa propre force qu’il doit
l’accroissement de son empire, c’est uniquement à notre
indolence.
Chapitre 15
Théophraste et son « nouvelliste »
DANS CE CHAPITRE :
» Le portrait d’un colporteur de rumeurs, vu par Théophraste !

n doit à Théophraste, originaire de l’île de Lesbos, des


O ouvrages portant sur des sujets très variés. Le plus connu est
Les Caractères ou Portraits dans lesquels il étudie les défauts
universels de l’homme. La Bruyère saura s’en inspirer. Ici il
dépeint un ridicule qu’il appelle λογοποία, c’est-à-dire la tendance
qu’a tout homme à imaginer et colporter des nouvelles !

Λογοποιός

Monsieur Gazette
Vocabulaire
Ὁ λογοποιὸς τοιοῦτός τις
οἷος ὑπαντήσας τῷ φιλῷ
έρωτῆσαι·
“πόθεν σύ ;” καί. “Τί λἐγεις ;” καί.
“Ἔχεις περί τοῦδε εἰπεῖν καινόν ;”
καὶ έπιϐαλὼν έρωτᾶν.
“Μὴ λἐγεται τι καινότερον.”
καὶ οὐκ έάσας ἀποκρίνεσθαι, εἰπεῖν.
“Οὐδὲν ἀκήκοας ;
δοκῶ μοί σε εὐωχήσειν καινῶν λόγων.”
Καὶ ἔστιν αὐτῷ
ἢ στρατιώτης ἢ παῖς ̓Αστείου τοῦ αὐλητοῦ
ἢ Λύκων ὁ έργόλαϐος παραγεγονὼς
έξ αὐτῆς τῆς μάχης,
οὗ φησὶν ἀκηκοἐναι.
διαγεῖται δἐ, τούτους φάσκων λἐγειν,
ὡς πολυσπἐρχων μάχῃ νενίκησε
καί Κάσανδρος έζώγρηται.
Κἂν εἵπῃ τις αὐτῷ.
“Σὺ δὲ ταῦτα πιστεύεις ;”
φήσει
“τὸ πρᾶγμα βοᾶσθαι γὰρ έν τῇ πόλει,
καὶ τὸν λόγον έπεντείνειν,
πάντας γὰρ συμφωνεῖν
ταῦτα γὰρ λἐγειν περὶ τῆς μάχης.
Καὶ πολὺν τὸν ζωμὸν γεγονἐναι.
εἶναι δἐ αὐτῷ καὶ σημεῖον
τὰ πρόσωπα τῶν έν τοῖς πράγμασι.
ὁρᾶν γὰρ αὐτῶν πάντων μεταϐεϐληκότα.”
Λἐγει δὲ ὡς καὶ παρακήκοε κρυπτόμενόν τινα έν οἰκίᾳ,
ἤδη πἐμπτην ἡμἐραν ἥκοντα έκ Μακεδονίας,
ὃς πάντα ταῦτα οἶδε.
Καὶ ταῦτα διεξίων,
πιθανῶς σχετλίαζει, λἐγων.
“δυστυχὴς Κάσανδρος
ένθυμῇ τὸ τῆς τύχης ;”
καί.
“δεῖ δὲ αὐτὸ σἐ μόνον εἰδἐναι.”
πάσι δὲ τοῖς έν τῇ πόλει προσδεδράμηκε λἐγων.
Traduction proposée
La « gazette » est homme à aborder l’ami qu’il rencontre en lui
demandant, l’air détendu et le sourire aux lèvres : « d’où viens-
tu ? », « qu’est-ce que tu as à raconter ? » ou « comment vas-tu ? »
Mais avant que l’autre réponde « ça va », il reprend : « tu
demandes si on ne raconte rien de neuf ? Eh ! bien, oui, on en
raconte de bonnes ! » Et sans laisser venir la réponse, il poursuit :
« qu’en dis-tu ? tu n’as rien entendu ? Je crois bien que je vais te
les faire déguster, les dernières nouvelles. » Sa source, c’est un
soldat ou un petit esclave d’Asteios le joueur de flûte, ou Lycon
l’entrepreneur tout juste arrivé de la bataille, qu’il affirme avoir
entendus. Au vrai, les références de ses dires sont telles que
personne ne saurait les critiquer. Il raconte, en affirmant citer ses
témoins, que Polisperchon et le roi ont gagné la bataille, et que
Cassandre a été fait prisonnier. Et si quelqu’un lui dit : « Tu crois
cela, toi ? », il l’affirme : aussi bien, l’affaire est criée de par la
ville, le récit s’en répand au loin, toutes les voix concordent car on
fait le même récit de la bataille, qui fut un vrai carnage. L’indice,
pour lui, se trouve d’ailleurs sur les visages des gouvernants : on
les voit tout changés. Il dit avoir entendu chuchoter qu’un individu
au courant de tous les faits se trouve caché auprès d’eux dans une
maison depuis son arrivée de Macédoine, voici quatre jours. Et
durant tout ce récit, il croit en quelque sorte exprimer son
indignation de manière convaincante en disant : « Infortuné
Cassandre ! Le malheureux ! Tu réalises le coup du Destin ? Et
pourtant, cet homme-là était fort ! » Puis, « ceci, tu dois être seul à
le savoir ». Et il court le raconter à tout le monde en ville.
Chapitre 16
Platon, Phédon, La mort de Socrate
DANS CE CHAPITRE :
» Les derniers instants de la vie de Socrate racontés par Platon

st-il besoin de présenter Platon, philosophe entre les


E philosophes, ce disciple de Socrate qui n’eut de cesse, dans ses
vingt-cinq dialogues, de mettre en scène son maître à penser et
de le faire parler devant nous ? Il fonda l’école de l’Académie
(dans les jardins du héros Académos) où il exerça une très forte
influence sur la pensée grecque. Il livre dans le Phédon, nom d’un
des amis présents, le récit poignant des derniers instants de la vie
de Socrate condamné à boire la ciguë pour avoir soi-disant
corrompu la jeunesse. C’est vous dire si la figure de Socrate
occupa en son temps une large place. En 2005 encore, Steve Jobs
exprimait devant des journalistes le regret, ô combien légitime :
« J’échangerais toute ma technologie pour une après-midi avec
Socrate ».
Vocabulaire
Καὶ ἡμεῖς ἀκούσαντες
ᾐσχύνθημέν τε καὶ έπέσχομεν τοῦ δακρύειν.
Ὁ δὲ περιελθών,
έπειδὴ οἱ βαρύνεσθαι ἔφη τἁ σκέλη,
κατεκλίθη ὕπτιος ·
οὕτω γἁρ έκέλευεν ὁ ἄνθρωπος·
καὶ ἅμα, έφαπτόμενος αὐτοῦ,
οὗτος διαλιπὼν χρόνον
έπεσκόπει τοὺς πόδας καὶ τἁ σκέλη·
κἄπειτα, σφόδρα πιέσας αὐτοῦ τὸν πόδα,
ἤρετο εἰ αἰσθάνοιτο.
Ὁ δ ΄ οὐκ ἔφη.
Καὶ (μετἁ τοῦτο) αὖθις τὰς κνήμας,
καί έπανιὼν οὕτως
ἡμῖν έπεδείκνυτο
ὅτι ψύχοιτό τε καὶ πήγνυτο.
Καὶ αὐτὸς ἥπτετο,
καὶ εἶπεν ὅτι,
έπειδἁν (πρὸς τῇ καρδίᾳ) γένηται αὐτῷ,
τότε οἰχήσεται.
Ἤδη οὖν σχεδόν
τι αὐτοῦ ἦν τἁ (περὶ τὸ ἦτρον) ψυχόμενα ·
καὶ έκκαλυψάμενος (ένεκεκάλυπτο γάρ) εἶπεν,
ὃ δὴ τελευταῖον έφθέγξατο ·
“Ὦ Κρίτων, ἔφη, τῷ Ἀσκληπιῷ ὀφείλομεν ἀλεκτρυόνα ·
άλλἁ ἀπόδοτε καὶ μὴ ἀμελήσητε.
Ἀλλἀ ταῦτα, ἔφη, ἔσται, ὁ Κρίτων·
ἀλλ’ ὅρα εἴ τι ἄλλο λέγεις.”
Ταῦτα έρομένου αὐτοῦ,
οὐδὲν ἔτι ἀπεκρίνατο ·
ἀλλ’ ὀλίγον χρόνον διαλιπὼν
έκινήθη τε καὶ ὁ ἄνθρωπος έξεκάλυψεν αὐτόν.
Καὶ ὃς τἁ ὄμματα ἔστησεν·
ἰδὼν δὲ ὁ Κρίτων
συνέλαϐε τὸ στόμα καὶ τοὺς ὀφθαλμούς.
Ἥδε ἡ τελευτή, ὦ Ἐχέκρατες, τοῦ ἑταίρου ἡμῖν ἐγένετο,
ἀνδρός,
ὡς ἡμεῖς φαῖμεν ἄν,
τῶν τότε ὧν έπειράθημεν
ἀρίστου καὶ ἄλλως φρονιμωτάτου καὶ δικαιοτάτου.
Traduction proposée
Le témoin – Nous, à l’écouter, confus de honte, nous ne pouvions
nous empêcher de pleurer. Il marcha de long en large, dit qu’il
sentait ses membres s’alourdir et se coucha à la renverse comme le
serviteur lui en avait intimé l’ordre. Tout en le touchant, ce dernier,
à intervalles réguliers, examinait ses pieds et jambes. Puis, ayant
serré fortement un pied, il lui demanda s’il sentait quelque chose.
Socrate répondit que non. Après cela, en le serrant à la cheville en
remontant la main plus haut, il nous montrait que ses membres
devenaient glacés et rigides. Il le toucha de nouveau et nous dit
que lorsque ce refroidissement arriverait jusqu’à son cœur, la mort
se produirait. Déjà le froid gagnait le ventre ; Socrate ayant écarté
les vêtements qui le couvraient prononça ses dernières paroles.
Socrate – Criton, nous devons un coq à Asclépios ; allons,
rembourse-le et n’oublie pas de le faire.
Criton – Cela sera fait, Socrate, as-tu une quelconque autre
volonté ?
Le témoin – À peine eut-il dit cela que Socrate ne répondit plus
rien. Ayant laissé s’écouler un petit laps de temps, il remua puis le
serviteur le découvrit. Socrate avait le regard fixe. Criton s’en
aperçut, lui ferma la bouche et les yeux.
Telle fut, cher Echécrate, la fin de notre ami, de l’homme le
meilleur – nous pouvons le dire –, parmi tous ceux que nous avons
connus, mais surtout le plus sage et le plus juste.
Chapitre 17
Homère, L’Iliade, VI, v. 466- 483
DANS CE CHAPITRE :
» Court bilan sur la langue homérique
» Texte grec et français

e ne pouvais manquer de vous faire découvrir un extrait du plus


J grand des « poètes » de tous les temps, Homère, auteur des deux
épopées littéraires que sont l’Iliade et l’Odyssée, même si la
langue homérique est difficile. Surtout elle obéit à certains critères
facilement reconnaissables.

Contrairement au dialecte attique employé aux Ve et IVe av. J.-C.,


Homère utilise une langue composite, subtil mélange d’éléments
dialectaux, éoliens et doriens. Sans oublier les licences poétiques
dont le poète abusera, métrique oblige.
En premier, d’un point de vue morphologique, on notera les
absences fréquentes de contraction, les omissions d’augment,
l’emploi systématique de doubles consonnes, des formes de
déclinaison atypiques, etc.
Sur le plan syntaxique, un emploi fréquent de particules, des
constructions libres – telles la tmèse qui consiste à séparer le
préverbe du verbe, la distension pour étirer en longueur une
syllabe.
J’ai sélectionné un extrait du chant VI de l’Iliade, moment de
tendresse entre un père partant au combat, Hector, et son fils
Télémaque, auquel il dit au revoir. Je choisis de vous en donner la
traduction vers à vers. Ce sera à vous de faire la liste du
vocabulaire à la fin du texte.
ὥς εἰπών οὗ παιδὸς ὀρἐξατο φαίδιμος Ἕκτωρ.
Ayant ainsi parlé, le valeureux Hector tendit le bras vers son fils.
ἂψ δ ̓ ὁ παῖς πρὸς κόλπον εὐζώνοιο τιθήνης
Aussitôt l’enfant sur le sein de sa nourrice à la belle ceinture
έκλίνθη ἰάχων πατρὸς φίλου ὄψιν ἀτυχθεὶς
se renversa en criant, frappé de stupeur à la vue de son papa,
ταρϐήσας χαλκόν τε ἰδὲ λόφον ἱππιοχαίτην
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effrayé par le casque en airain et l’aigrette en crin de cheval
δεινὸν ἀπ ̓ ἀκροτάτης κόρυθος νεύοντα νοήσας.
qu’il voyait s’agiter terriblement au sommet du casque.
Ἐκ δ ̓ έγἐλασσε πατήρ τε φίλος και πότνια μήτηρ.
De concert, le père chéri et la vénérable mère éclatèrent de rire.
αὐτίκ ̓ ἀπὸ κρατὸς κόρυθ ̓ εἵλετο φαίδιμος Ἕκτωρ,
Aussitôt le valeureux Hector ôta le casque de sa tête,
καὶ τὴν μὲν κατἐθηκεν έπὶ χθονὶ παμφανόωσαν.
et le déposa, tout resplendissant, à terre.
αὐταρ ὅ γ ̓ ὃν φίλον υἵον έπεὶ κύσε πῆλἐ τε χερσὶν,
Quand il eut pris son fils chéri dans ses bras et l’eut embrassé,
εἶπε δ ̓ έπευξάμενος διί τ ̓ ἄλλοισίν τε θεοῖσι.
il dit en adressant ses prières à Zeus et aux autres dieux :
Ζεῦ ἄλλοι τε θεοὶ δότε δὴ καὶ τόνδε γενἐσθαι
Ô Zeus et vous, autres dieux, permettez à l’enfant que voici
παῖδ ̓ έμὸν ὡς καὶ έγώ περ ἀριπρεπἐα Τρώεσσιν
de devenir comme moi le premier d’entre les Troyens,
ὧδε βίην τ ̓ ἀγαθόν, καὶ ἰλίου ἶφι ἀνάσσειν
le meilleur par la force et de régner sur Ilion
καί ποτἐ τις εἴποι πατρός γ ̓ ὅδε πολλὸν ἀμείνων
et qu’un jour quelqu’un puisse dire : celui-là était de loin supérieur
à son père
έκ πολἐμου ἀνίοντα. φἐρεοι δ ̓ ἔναρα βροτόεντα
au sortir du combat. Qu’il apporte les dépouilles mortes
κτείνας δήϊον ἄνδρα, χαρείη δὲ φρένα μήτηρ.
après avoir tué l’homme terrible et puisse sa mère se réjouir en son
cœur.
PARTIE 5
La partie des Dix

DANS CETTE PARTIE…


Après avoir fourni tant d’efforts, en cette fin d’ouvrage
exigeant, j’ai essayé de vous donner matière à vous amuser
un peu. J’ai pensé que vous auriez plaisir à retrouver dans le
texte quelques mots d’auteurs. Je me devais encore d’attirer
votre attention sur des expressions idiomatiques – histoire de
vous faire vivre de l’intérieur cette langue – tout comme sur
les nombreux pièges qu’elle recèle.
Quid encore des quelques jeux étymologiques ou autres que
je vous ai concoctés pour pleinement vous détendre sans
quitter totalement la gymnastique mentale, inhérente à la
pratique de cette langue.
Et puis ici encore, tout finit bien sûr par des chansons, d’hier
comme d’aujourd’hui…, histoire de rappeler que, malgré le
temps, le grec reste une langue encore parlée de nos jours ;
d’ailleurs, si vous vous rendez en Grèce, vous le verrez, à
défaut de tout comprendre, puisque les sonorités ont changé,
vous serez les plus heureux du monde de pouvoir lire les
enseignes pour vous rendre chez le coiffeur, à la boulangerie,
à la poste, que sais-je encore ? Plus aucune inscription, ou
presque, dans les musées ne vous échappera. Et cela est une
pure jouissance intellectuelle ! Se dire que la Grèce d’hier
est à notre portée, dans tous les sens du terme…
Chapitre 18
10 citations d’auteurs
DANS CE CHAPITRE :
» Des mots d’auteurs de toutes sortes, philosophes comme écrivains…
» … qui nous ramènent toujours au proverbe de Diogène « Je cherche l’homme » :
ἄνθρωπον ζητῶ

ul mieux que les Grecs pour avoir laissé à la postérité des vers
N ou des formules, des proverbes, souvent du reste retraduits par
les Romains en latin. Je pense au καὶ σὺ τἐκνον (tu quoque, mi
fili) ou encore au ματαιώτης ματαιωτήτων καὶ πάντα ματαίωτης
(vanitas vanitatum et omnia vanitas) !
Ces mots d’auteurs permettent de cerner la pensée grecque et
surtout de définir ce qu’on appelle vraiment « l’esprit » grec, ce
qui caractérise toute cette civilisation et les apports que nous en
avons tirés. Vous pouvez à présent les lire en grec et cela est une
belle victoire.

Ἀνέχου καὶ ἀπέχου


(ἀνἐχω et ἀπἐχω au mode impératif et à la voix moyenne)
Cette maxime grecque, règle d’or de la philosophie stoïcienne, est
d’Epictète (40-125). Cet ancien fils d’esclave affranchi prôna la
liberté intérieure du sage en faisant porter tout son effort sur
l’éducation de la volonté. Dans son Manuel comme dans ses
Entretiens, il a laissé des maximes qui ont fait date. Celle-ci veut
dire : « Supporte (les maux) et abstiens-toi (des biens). » Le
philosophe doit savoir se détacher des faux biens de ce monde
pour atteindre l’idéal d’ataraxie et d’apathie, seul capable de le
rendre heureux.

Γνῶθι σέαυτον
(impératif aoriste du verbe γιγνώσκω ; σἐαυτον : pronom réfléchi
de la deuxième personne du singulier)
On attribue au philosophe Socrate cette formule qui invite à entrer
en soi, à pratiquer l’introspection, à seule fin de se mieux
connaître, en tant qu’être pensant et agissant. Platon, en bon
disciple de son maître, en fit la clef de voûte de sa philosophie.
Rien d’étonnant à ce qu’on retrouve l’expression parmi les
maximes des « Sept Sages » reproduites au fronton du temple
d’Apollon à Delphes. Γνῶθι est l’impératif formé sur la racine de
la connaissance, gno, accompagné ici du pronom réfléchi de 2e
personne. « Connais-toi toi-même ! » Nosce te ipsum en
transcription latine.

Καλὸς κἀγαθός
Vous tenez là dans cette association des deux adjectifs, καλός
(beau) et ἀγαθός (bon), la plus grecque sans doute des expressions
grecques, un parfait exemple en tout cas, et grammatical et
symbolique. En effet ici, coordonnés autour d’une crase (fusion
entre deux mots du verbe κεράννυμι : mélanger), apparaissent
deux notions, le bien et le bon, inséparables aux yeux des Grecs.
L’expression remonte au poète Théognis faisant dire aux Muses et
Grâces : « Tout ce qui est beau est aimable ; et ce qui n’est pas
beau n’est pas aimable. » Tel fut le fondement de la conception de
l’homme accompli, alliant beauté intérieure et extérieure, ancêtre
de « l’honnête homme » de notre XVIIe siècle français. Le « beau et
con à la fois » de la chanson de Jacques Brel en est
malheureusement une bien triste déformation, qu’il vaut mieux
oublier !

Μήδεν ἄγαν
(μήδεν est le neutre de μήδεις et ἄγαν l’adverbe signifiant « trop »)
On doit à Platon dans le Philèbe cette devise qui figure au fronton
du temple de Delphes. Mήδεν veut dire « rien » et l’adverbe ἄγαν
« trop ». Il s’agit d’une invitation à la mesure et à la modération,
tout le contraire donc de la démesure « barbare », subtil mélange
d’orgueil et de folie. Rien de trop, voilà en vérité le secret du
bonheur et de la sérénité. Metron to beltiston fera dire Eschyle à
Agamemnon : « La mesure est ce qu’il y a de mieux. » Notre
siècle classique s’est largement inspiré de cette leçon de sagesse
grecque.

Oἶνος καὶ ἀληθεία


ὁ οἶνος vient de *woinos (vinus en latin, vin en français) et ἡ
ἀληθεία, de l’adjectif ἀληθής, qui signifie « ce qui ne tombe pas
dans l’oubli » (avec ἀ privatif et le nom ἡ Λήθη : l’oubli !)
Vous aurez reconnu dans cet adage grec, plus connu sous sa forme
latinisée : in vino veritas, le culte que les Anciens vouèrent au vin.
« Le vin et la vérité vont de pair » car nul n’ignore que le vin lève
bien des inhibitions et délie les langues. Même si Platon dans son
Banquet se plut à représenter le jeune Alcibiade ivre saoul,
d’autres après lui seront plus réticents à avoir totale confiance dans
les vertus de Dionysos/Bacchus.

Ὁ ποιητής έστι κοῦφον , πτηνόν,


ὅσιον
(πἐτομαι est le verbe « voler » ; κοῦφος veut dire « léger » et ὅσιος
« sacré »)
Dans le traité qu’il a consacré au poète et à la poésie, le Ion,
Platon – qui pourtant a chassé les poètes de sa République idéale,
les accusant d’être des menteurs qui transfigurent la réalité et, pire
encore, des inutiles qui ne contribuent en rien à la vie de la cité – a
trouvé cette périphrase qui depuis les définit : « Le poète est chose
légère, ailée, sacrée. » Il consent à voir en eux des êtres inspirés,
possédés, habités par des dieux qui les transcendent. Sous la plume
de La Fontaine, ils deviendront des « papillons du Parnasse »
allant butiner de fleur en fleur les merveilles du monde !

Σκίας ὄναρ ἄνθρωπος


(ἡ σκιά : ombre ; τὸ ὄναρ : rêve, qui a donné l’adjectif « onirique »
en français)
Pindare, « le prince des poètes » grecs, est l’auteur d’un recueil
d’odes, Les Pythiques, chants à la gloire des vainqueurs des Jeux
pythiques, célébrés en souvenir de la victoire d’Apollon sur le
serpent Python. « Éphémères, que sommes-nous ? Que ne
sommes-nous pas ? L’homme est le rêve d’une ombre. » Malgré le
caractère transitoire de notre passage sur terre, on peut se prendre
à rêver que ce songe se transfigure sous les rayons divins.

Ζῶον πολιτικόν
(ζάω : vivre)
Cette formule est du philosophe Aristote (384-322 av. J.-C.), le
fondateur de l’école du Lycée où, dit-on, il enseignait en se
promenant (περιπατῶν). Dans son ouvrage majeur, La Politique, il
étudie la structure de l’État-Cité où il inclut cette définition de
l’homme : « L’homme [être vivant] est par nature un animal
politique doté de la parole fait pour vivre en société. »

̓Άνθρωπος έστι πάντων χρημάτων


μέτρον
(τὸ μἐτρον : la mesure, dans tous les sens du terme)
Dans le fragment 1, Protagoras d’Abdère, celui-là même à qui
Platon dédia l’un de ses dialogues, donne libre cours à sa
philosophie du relativisme. Pour ce sophiste, « l’homme est la
mesure de toutes choses, de celles qui sont, du fait qu’elles sont ;
de celles qui ne sont pas, du fait qu’elles ne sont pas. » Il est donc
le seul à donner un sens à sa vie, seul créateur de ses valeurs. Point
de dieu ou d’être extérieur ou supérieur pour le détourner de cette
façon de voir le monde et surtout de s’y situer.

Sῶμα σῆμα
(τὸ σῶμα : le corps ; τὸ σῆμα : le signe, le tombeau)
Jouant de la paronymie phonétique des deux termes neutres ici mis
en correspondance, « le corps et le tombeau », cette expression
résume toute la philosophie des Anciens sur la mort. Le corps,
pour le philosophe Platon, n’est qu’une enveloppe charnelle qui
retient prisonnière l’âme humaine. Ainsi, la mort doit être vue
comme une délivrance permettant à l’âme s’évadant du corps
d’atteindre les sphères éthérées de la vraie vie.
J’aurais volontiers rajouté à cette liste une autre maxime qui
pourrait vous servir de modèle pour votre apprentissage du grec,
σπευδἐ βραδἐως. Cet ordre paradoxal en soi voulant dire « hâte-toi
lentement » permit à l’empereur Auguste, dans sa traduction
latine : Festina lente, de donner à ses généraux des consignes de
prudence à en croire Suétone dans ses Vies des douze Césars. On
est pourtant surpris quand on sait qu’Auguste mena tambour
battant, en dix-sept ans de règne, les affaires de Rome.
L’expression grecque est une mise en garde contre toute
précipitation sans pour autant renoncer à l’action nécessaire.
Dans un tout autre registre, Boileau la reprenant à son compte en
fait le fer de lance de la création littéraire : « Hâtez-vous lentement
et sans perdre courage, vingt fois sur le métier remettez votre
ouvrage… »
Un peu comme vous, sans doute, car il ne faut jamais lâcher prise
dans l’apprentissage du grec !
Chapitre 19
10 hellénismes
DANS CE CHAPITRE :
» Quelques tournures grammaticales typiques appelées « idiotismes » du grec

chaque pays ses tournures, sa manière – irremplaçable et


À inimitable – d’agencer les mots et leur syntaxe. Aux
gallicismes français (à cause de notre bon coq gaulois), on
pourra opposer les germanismes de la langue allemande, les
anglicismes des Anglais, les belgicismes de nos amis belges, etc.
Pour les Grecs, on parle d’« hellénismes » (du grec ὁ ̔ Έλλην) pour
désigner ces tournures qui leur sont propres et ne trouvent pas
toujours d’équivalents dans les autres langues. On les appelle
« idiotismes » non pas parce qu’elles ont de quoi nous rendre
idiots, mais parce que le mot même ὁ ἰδιώτης en grec signifie « ce
qui appartient en propre, en particulier ». C’est vrai qu’en poussant
le sens, on en arrive à notre mot « idiot », celui qui est tellement
dans son monde qu’il en a quitté le nôtre !
Voici donc quelques-uns de ces hellénismes ou tours
grammaticaux typiques de la langue grecque, ses idiotismes à elle,
choisis parmi bien d’autres ! Le Τἁ ζῶα τρἐχει étant comme hors
compétition, pour dire « les animaux courent » ! (voir plus haut).

δίκην διδόναι / δίκην λαμϐάνειν


Contrairement à ce que vous pourriez croire, la première
expression ne signifie pas « donner un châtiment » mais le subir et
la seconde, l’inverse. De semblable façon, d’autres expressions ont
un sens particulier : ainsi εὐ ἀκούειν par rapport à κακῶς ακούειν
se traduit par « entendre dire du bien… ou du mal de », tout
comme εὐ πράττειν signifie « être heureux », « réussir » et κακῶς
πράττειν « être malheureux », « échouer ».
ἕχω et sa double construction
Le verbe ἔχειν suivi d’un infinitif signifie « pouvoir ». Ainsi ἔχω
λἐγειν signifie « je peux parler ».
Accompagné d’un adverbe, il équivaut au verbe « être » + adjectif,
comme dans les deux exemples suivants :
» τὰ πράγματα καλῶς ἕχει = τὰ πράματα εἰσι καλά : La
situation (les affaires) va bien.
» Οὕτως ἔχει : Il en va ainsi.

Μέλει μοι : « il m’importe » (j’ai à


cœur/à souci)
Le nom τὸ μἐλος signifie l’inquiétude, le soin. D’où cette
expression impersonnelle. Il ne faut surtout pas confondre ce
μἐλειν avec un seul lambda et le μἐλλειν avec deux lambda qui
signifie « être sur le point de », le plus souvent suivi d’un verbe à
l’infinitif.

Οἷος τ ̓εἰμι / « οἷον τ ̓έστι


L’adjectif οἷος au masculin accompagné de l’auxiliaire « être »
veut dire : « je peux », au sens de « je suis capable ».
Au neutre, il forme la périphrase impersonnelle qui signifie « il est
possible que/de ».

Εἴ τις / ἔαν τις


C’est l’équivalent de ὅστις qui signifie « si quelqu’un », « celui
qui », « quiconque ».

Θαυμαστῶς ὡς
L’adverbe s’emploie ici en lieu et place de l’adjectif tiré de la
même racine θαuμαστόν έστιν ὡς pour dire « c’est étonnant
comme… » !
θαυμαστῶς ὡς πλούσιός έστιν : Il est étonnamment riche !

έν τοῖς (μάλιστα) / ὡς ou ὅτι


Cette expression devant un superlatif sert à dire « le plus
possible », « autant que possible » ou « entre toutes choses », « au
plus haut degré ». Ainsi : ναῦς ἔλαϐεν ὡς ou ὄτι πλείστας se
traduit par « Il prit le plus de navires possible ».
ἀνὴρ έν τοῖς εὐδοκιμώτατος se traduira par « un homme des plus
considérés » (particulièrement considéré, considéré parmi ceux qui
le sont).

οὐ φθάνω : « prendre les devants » +


participe et καί
Cette construction permet d’indiquer deux actions simultanées. Par
exemple : οὐκ ἔφθασαν έλθόντες καὶ ἀπἐσανον se traduit par « Ils
ne furent pas plus tôt arrivés qu’ils moururent. »

τοσούτῳ μᾶλλον … ὅσῳ μᾶλλον


veut dire « d’autant plus… que plus » ou dans l’ordre inverse,
« plus… plus ».
ὅσῳ μᾶλλον έργάζεται, τοσούτῳ μᾶλλον χρηματίζεται : « Plus il
travaille, plus il s’enrichit. »

ἄλλος ἄλλα λέγει


Au mot à mot, c’est presque intraduisible, « l’un dit des choses
autres ». L’expression veut dire : « L’un dit une chose, l’autre une
autre. »
Chapitre 20
10 pièges
DANS CE CHAPITRE :
» Quelques pièges parmi tant…
» … entre verbes, particules, adjectifs, etc.

l est impossible, stricto sensu, de ne dresser ici qu’une liste de


I dix pièges. Le nombre de cent eût mieux convenu, mais là, vous
prendriez peur. Alors je m’en suis tenue à dix doublets de formes
à ne pas confondre… pour lesquelles souvent tout se joue à
l’accent ou esprit près… et c’est sans compter sur d’autres formes
encore plus complexes et critiques comme : ἡ, l’article, ἥ, le
pronom relatif, ἤ, « ou bien », ἦ, « certes », ἦ pour ἦν, « j’étais »,
ᾖ, « qu’il soit ! » C’est vous dire !
Les formes verbales sont les plus dangereuses à apprécier : entre
ἰἐναι, infinitif du verbe « aller », et ἱἐνᾳ, infinitif du verbe ἱήμι
(envoyer), tout se joue à l’esprit seul. Mais parfois, il n’y a aucune
différence : par exemple ἴσθι est aussi bien l’impératif du verbe
« être », « sois », que du verbe « savoir », « sache » !
Vous vous doutez bien que cette liste est loin d’être exhaustive !
Après ce premier aperçu de la langue grecque, si vous passez au
stade d’un approfondissement plus sérieux, vous découvrirez
encore bien d’autres formes pouvant prêter à confusion.
Eἰμί : je suis et εἶμι : je vais.
Ἂιρω : je lève et αἱρῶ : je prends.
Ἀλλά : mais et ἄλλα : les autres choses (de l’adjectif ἄλλος).
Ἔαν : si et έᾶν : le verbe « permettre ».
Ἕξω : j’aurai (du verbe avoir ἕχω) et ἔξω : dehors (l’adverbe).
Ἤδη : déjà et ᾔδη : je savais, imparfait du verbe οἶδα.
Νῦν : maintenant et νύν : donc.
Ὅν : pronom relatif à l’accusatif masculin et ὄν, le participe au
neutre singulier du verbe « être ».
ὡς : comme et ὥς : ainsi.
δεῖνα (ὁ) : un tel ou un tel et δείνα de l’adjectif δεῖνος : terrible.
Αὑτόν : pronom réfléchi à l’accusatif masculin singulier et αὐτόν :
l’accusatif masculin singulier du pronom anaphorique.
Chapitre 21
10 jeux de sudoku
DANS CE CHAPITRE :
» Des jeux de sudoku avec des lettres grecques,
» pour vous apprendre à penser avec elles…

n le sait, le grec est joueur. Aussi ai-je pensé que certains


O d’entre vous, amoureux des chiffres autant que des lettres,
aimeraient se frotter à quelques exercices de réflexion sur et
avec des lettres grecques.

Grille no 1 : de α à ι
Grille no 2 : de κ à σ

Grille no 3 : de τ à γ
Grille no 4 : de δ à μ

Grille no 5 : de ν à φ
Grille no 6 : de α à ι

Grille no 7 : de κ à σ
Grille no 8 : de τ à γ

Grille no 9 : de δ à μ
Grille no 10 : de ν à φ

Solutions ! ou ηὕρηκα
Telle est l’exclamation que le savant Archimède poussa en 287 av.
J-C. quand il découvrit l’un des plus féconds axiomes de
l’hydrostatique : tout corps plongé dans un fluide subit de la part
de ce fluide une pression verticale de bas en haut, égale au poids
du volume du fluide qu’il déplace. Il déambula tout nu, raconte-t-
on, tout à la joie de sa découverte.
Depuis, l’expression s’emploie pour saluer toute nouvelle
trouvaille. Car le verbe εὑρίσκω, ici au parfait, veut dire « j’ai
trouvé ». De semblable façon, l’expression εὑρῆμα τῶν Μοισῶν,
« la trouvaille des Muses », est une périphrase pour désigner la
poésie.

Grille no 1
Grille no 2

Grille no 3
Grille no 4

Grille no 5
Grille no 6

Grille no 7
Grille no 8

Grille no 9
Grille no 10
Chapitre 22
102 mots à décrypter
DANS CE CHAPITRE :
» Mettez à l’épreuve vos acquis !

ai choisi de vous présenter tous ces termes issus du grec en


J’ notifiant par un point les deux mots qui les composent, histoire
de vous aider à mieux les identifier par recoupement avec
d’autres mots ou tout simplement par votre intuition.

En prenant exemple sur le premier exemple, à l’aide de votre


dictionnaire, retrouvez les termes qui composent tous ces noms.
Prenez votre temps et n’hésitez pas à faire appel à votre
connaissance du français, dictionnaire à l’appui, si besoin.
Mots français Mots grecs Sens
bary.ton βαρύς (lourd), voix entre ténor et basse
τονός (ton)

acr.onyme

brady.cardie

holo.causte

chromo.some

conch.oïde

cox.algie

cryo.génie

épi.démie

di.phtongue

ortho.doxe
mét.èque

endo.gamie

Pan.urge

an.esthésie

étymo.logie

pastéro.podes

hypo.gée

hiéro.glyphe

dia.gnostic

hagio.graphie

glyc.émie

holo.gramme

hypo.mètre

hypo.thèse

hystér.ectomie

gér.iâtre

ichtyo.phage

vidéo.logie

iso.therme

kinési.thérapeute

aéro.lithe

cata.logue

logo.machie

oniro.mancie

Micro.mégas

mélan.cholie

métro.pole
métro.nome

hyper.mnésie

poly.morphe

mytho.logie

cosmo.naute

néo.logisme

éco.nomie

nyct.hémère

méth.ode

sémio.logue

olig.urie

onyco.phage

patr.onyme

pan.orama

ortho.dontie

pan.acée

allo.pathie

pédo.phile

péri.phérie

aéro.phagie

phallo.crate

philo.logie

photo.phobie

méga.phone

séma.phore

photo.génique

péri.phrase
schizo.phrène

phyllo.xéra

pithéc.anthrope

octo.plasme

dys.pnée

myria.podes

onomato.pée

cosmo.polite

poly.clynique

Pro.légomènes

métem.psychose

hélico.ptère

rhino.plastie

dia.rrhée

psycho.somatique

dia.spora

atmo.sphère

thermo.stat

stéréo.phone

a.sthénie

syn.chronie

Poly.technique

thalasso.thérapie

eu.thanasie

hélio.thérapie

phlébo.tomie

uro.logue
xéno.phobe

proto.zoaire

pan.théisme

para.graphe

nécro.pole

zyt (h) o.logie

Méso.potamie

hécatom.be

À vous de vous jeter dans votre dictionnaire de grec et de français.


Si d’aventure il y a encore des points d’identification qui vous
échappent, n’hésitez pas à me contacter chez First Éditions. Je me
ferai un plaisir de répondre à toutes vos réponses par les moyens
modernes (mail ou autres).
Oui, j’ai un rêve : créer entre tous les hellénistes, nouveaux et
anciens, un club des amateurs de mots… un Facebook à nous, un
blog, ou que sais-je encore !
Chapitre 23
10 chansons grecques d’hier à
aujourd’hui…
DANS CE CHAPITRE :
» Des chants de la vie quotidienne
» aux chants plus littéraires…
» ou politiques !

rande est la diversité des chants et chansons de l’Antiquité.


G Deux noms se partagent l’affiche des poètes dits alexandrins
aux œuvres si caractéristiques par leur érudition et leur
technicité poétique. Callimaque est l’un d’eux. Son hymne à
Apollon, chant de louange à l’adresse d’un dieu, regorge de
références mythologiques. Vous le retrouverez ici après les chants
plus prosaïques tirés de l’œuvre d’Anacréon, cette fois à la gloire
du vin. On connaît le goût des Grecs pour les dîners bien arrosés,
communément appelés « symposion ». L’auteur se plaît à montrer
les effets de la boisson sur le corps humain. Vous aurez plaisir
également à vous joindre à la jeune cohorte des enfants de Rhodes,
partis en quête de quelques présents… l’Halloween de l’époque à
n’en pas douter.
Puis hymnes aux divinités, aux morts s’ensuivront, sans oublier les
chants guerriers faits pour stimuler la vaillance, qu’on sait grande,
des héros de l’Antiquité. Nous terminerons par l’hymne national
grec, appelé Hymne à la liberté. Tout un programme pour ce
peuple qui en était tant épris dans bien des domaines.
Vous ne manquerez pas d’aller chercher dans le répertoire
contemporain d’autres exemples de cet amour du chant du peuple
grec. Le verbe ᾄδω qui veut dire « chanter » et « célébrer » est au
cœur de la poésie grecque dont Apollon reste le dieu inspirateur et
Orphée, avec sa lyre, le plus célèbre médiateur – lui qui par son
chant réussit à séduire le chien Cerbère pour aller chercher aux
Enfers son Eurydice ! Nos aèdes et troubadours du Moyen Âge en
sont d’éminents avatars.

Une chanson à boire d’Anacréon


Le poète Anacréon de Téos, en Ionie, est le maître de la chanson
dans la seconde moitié du VIe siècle av. J.-C. Il passa une grande
partie de sa vie à Samos, à la cour du tyran Polycrate, puis à
Athènes où il fut l’ami des plus grands personnages de l’époque.
Ce poète courtisan, doux et spirituel, a surtout composé des
poésies amoureuses et… des chansons à boire. Il aimait à se
vanter :
J’ai rompu pour mon déjeuner
un petit pain d’orge et de miel,
Et ma cruche de vin lampée,
Aussi puis-je, en me délassant,
Faire résonner à présent ;
La guitare que j’aime bien,
Avec la fille à qui plaît
Le plaisir et que j’aime bien,
À la fois chanter et danser.
Ὅταν πίνω τὸν οἶνον, Quand je bois du vin,

εὕδουσι αἱ μέριμναι. Mes soucis s’envolent.

Τί μοι γόων, τί μοι πόνων, Peu me chaut et mes plaintes, et mes peines

τί μοι μέλει μεριμνῶν ; Et mes soucis.

Θανεῖν με δεῖ, κᾂν μὴ θἐλω. Il me faut mourir, même si je ne le veux pas.

Τί τὸν βίον πλανῶμαι ; À quoi bon perdre sa vie !

πίωμεν οὖν τὸν οἶνον Buvons donc le vin

τὸν τοῦ καλοῦ Λυαίου. Celui du bon Dionysos [qui délie].

σὺν τῷ δὲ πίνειν ἡμᾶς En buvant

εὕδουσιν αἱ μἐριμναι. Nos soucis s’envolent.


Le chant de l’hirondelle
Au retour du printemps, à Rhodes, la coutume voulait que des
enfants aillent frapper aux portes des maisons, porter des
hirondelles en bois qu’accompagnait un chant frais et délicat,
appelé χελιδόνισμα, et recevoir des petits présents… Toute notre
âme d’enfant peut s’y retrouver.
Ἦλθ ̓, ἦλθε χελιδών, Elle est venue, elle est là l’hirondelle

καλὰς ὥρας ἄγουσα, qui amène les belles heures,

καλοὺς ένιαυτούς, les belles saisons,

έπὶ γαστέρα λευκά, vers le ventre blanc

έπὶ νῶτα μἐλαινα. vers le dos noir.

παλάθαν σὺ προκύκλει Apporte un gâteau de figues

έκ πίονος οἴκου, de la riche maison,

οἵνου τε δἐπαστρον, une coupe de vin,

τυρῶν τε κάνυστρον. une corbeille de fromage.

Καὶ πύρνα χελιδὼν L’hirondelle, ni le pain de froment,

καὶ λεκιθίταν ni celui pétri aux œufs et légumes

οὐκ ἀπωθεῖται. ne repousse.

πότερ ̓ ἀπίωμες, ἢ λαϐώμεθα ; Serons-nous sans rien ou emportons-nous un présent ?

εἰ μἐν τι δώσεις. Si tu nous donnes quelque chose…

Εἰ δὲ μή, οὐχ έάσομεν, Sinon, nous ne te laisserons pas en paix,

ἢ τὰν θύραν τὰν ἔσω καθημέναν. nous emporterons ta porte et même la patronne, assise

Μικρὰ μἐν έστι, ῥᾳδίως μιν οἴσομεν. Elle est toute petite, nous n’aurons pas grand mal.

Ἂν δὲ φἐρῃς τι, Si tu nous apportes quelque chose,

μἐγα δή τι φἐροιο. Fais que ce soit un gros cadeau !

Ἄνοιγ ̓, ἄνοιγ ̓ τὰν θύραν χελιδόνι. Ouvre, ouvre la porte à l’hirondelle.

Οὐ γάρ γέροντες έσμεν, ἀλλὰ παιδία. Nous ne sommes pas des vieux, mais des enfants.
Les hymnes à Apollon de Callimaque
χρύσεα τὠπόλλωνι τό τ ̓ ένδυτὸν ἥ τ ̓ Tout est en or chez Apollon, le manteau et
έπιπορπις

ἥ τε λύρη τὸ τ ̓ ἄεμμα τὸ Λύκτιον ἥ τε L’agrafe, la lyre et l’arc lyctien, le carquois


φαρέτρη.

χρύσεα καὶ τὰ πἐδιλα. πολύχρυσος γὰρ en or aussi les sandales, car Apollon est
̓Απόλλων

καί τε πολυκτἐανος. Tout or et richesse.

Πυθῶνι κε τεκμήραιο. On peut en juger par Python.

Καὶ μὲν ἀεὶ καλὸς καὶ ἀεὶ νέος. οὔποτε Et il est toujours beau et jeune : jamais sur
Φοίϐου

θηλείαις οὐδ ̓ ὅσσον έπὶ χνόος ἦλθε les joues tendres de Phoibos ne courut le
παρειαῖς.

Αἱ δὲ κόμαι θυόεντα πἐδῳ λείϐουσιν moindre duvet et sa chevelure répand à terre une huile
ἔλαια. (…) parfumée.

Τἐχνῃ δ ̓ ἀμφιλαφὴς οὔ τις τόσον ὅσσον En art, personne n’a de dons plus immenses
̓ Απόλλων.

κεῖνος οἰστευτὴν ἔλαξ ̓ ἀνἐρα, κεῖνος le sort lui a attribué d’être et archer et aède
ἀοιδόν,

Φοίϐῳ γὰρ καὶ τόξον έπιτρἐπεται καὶ car Phoibos a reçu et l’arc et le chant –
ἀοιδή-

κείνου δὲ θριαὶ καὶ μάντιες. έκ δέ νυ les Thries et les devins dépendent de lui ;
φοίϐου

ἰητροὶ δεδάασιν ἀνάϐλησιν θανάτοιο. C’est de Phoibos que les médecins connaissent l’art de
retarder la mort.

Le chant des Bacchantes, Euripide,


Les Bacchantes , Épode du chœur 1
Bacchus est le nom que prendra chez les Romains le dieu grec du
vin et de la vigne, Dionysos, fils de Zeus et de Sémélé. On institua
en son honneur des fêtes bien arrosées qui prirent le nom de
« bacchanales », du nom des prêtresses de ces rites, appelées
« bacchantes ». Ces créatures entraînaient les populations au
rythme effréné de leurs chants et danses dans une débauche le plus
souvent incontrôlable. Euripide dans la pièce qu’il leur a consacrée
en laisse entrevoir les nombreuses dérives auxquelles les Romains
choisirent de mettre un terme en 186 av. J.-C. Nos fêtes et férias
comme celles de Bayonne, de Nîmes, de Pampelune en
reproduisent l’esprit festif et libertin.
Ὦ ἴτε βάκχαι, Allez, les Bacchantes !

ὦ ἴτε βάκχαι, Oh ! Allez, les Bacchantes !

Τμώλου χρυσορόου χλιδᾷ Avec l’orgueil du Tmôlos aux flots d’or,

μέλπετε τὸν διόνυσον Chantez Dionysos

βαρυϐρόμων ὑπὸ τυμπάνων, Au son lourd des tambourins.

εὔια τὸν εὔιον ἀγαλλόμεναι θεὸν Célébrez de vos Évohé le dieu des Evohé,

έν Φρυγίαισι βοαῖς ένοπαῖσί τε, Poussez vos cris phrygiens, donnez de la voix,

λωτὸς ὅταν εὐκέλαδος Tandis que le lotus sacré, au son

ἱερὸς ἱερἁ παίγματα βρέμῃ, σύνοχα Mélodieux, gronde au rythme de vos jeux,

φοιτάσιν εἰς ὄρος εἰς ὄρος· Pour accompagner vos courses désordonnées

Vers les hauteurs, vers les hauteurs ;

ἡδομέ να δ᾽ ἄρα, πῶλος ὅπως ἅμα comme, joyeuse, la pouliche, avec sa mère,
ματέρι

φορϐάδι, κῶλον ἄγει ταχύπουν dans les pâturages, Elle saute et court, de toute la vitesse de
σκιρτήμασι βάκχα. ses jambes, la Bacchante.

Le chant de la huppe et des


grenouilles…
Aristophane dans deux de ses comédies, Les Oiseaux (414) et les
Grenouilles (405), met en scène des animaux. Point n’est besoin
de traduction pour le chant allitératif du chœur des Oiseaux
comme pour celui, moins harmonieux, des Grenouilles : vous les
entendez encore et pépier et coasser… les premiers dans la cité
idéale de Néphélococcygie, les secondes non loin du Styx, lors
d’un concours entre les grenouilles et Dionysos qui veut rivaliser
avec elles de manière grotesque. Toute une suite d’onomatopées
expressives suffit à retranscrire les différents bruits ou cris de ces
animaux.
Voici ce à quoi ressemble le chant de la huppe appelant ses frères :
Εποποποῖ ποποῖ ποποποποῖ ποποῖ epopopoï popoï popopopoï popoï

ἰώ ἰώ ἴτω ἴτω io io ito ito

ἴτω τις ὧδε τῶν έμῶν ὁμοπτἐρων ici, tous ici, mes frères de la gent ailée

Ἀλλ̓ ἴτ ̓ εἰς λόγους ἅπαντα Venez aux nouvelles

δεῦρο δεῦρο δεῦρο δεῦρο ici ici ici ici

τορο τορο τορο τορο τιξ torotorotorotorotix

κικκαϐαῦ κικκαϐαῦ kikkabau kikkabau

τορο τορο τορο τορολιλιλιξ torotorotorolililix.

Les Oiseaux, v. 227-229/ 258-262.


Écoutez aussi, plus guttural, le concert de coassements de
grenouilles que Dionysos entend, descendu aux Enfers à la
recherche d’un poète tragique :
ΒΑΤΡΑΧΟΙ.-
Βρεκρκεκεξ, κοαξ, κοαξ, Brékékékex koax koax

Βρεκεκεκεξ κοαξ κοαξ. Brékékékex koax koax.

Λιμναῖα κρηνῶν τἐκνα, Enfants des marais et des fontaines

ξύναυλον ὕμνων βοὰν le son harmonieux de nos hymnes

φθεγξώμεθ ̓, εὔγηρυν έμὰν faisons retentir ainsi que mon chant doux à entendre

ἀοιδάν, κοαξ, κοαξ. koax koax.

ΔΙΟΝΥΣΟΣ.-
Ἀλλ̓ έξόλοισθ ̓ αὐτωῖ κοαξ. Mais crevez-donc, avec votre koax !

οὐδεν γάρ έστ ̓ ἀλλ ̓ ἢ κοαξ. Car vous n’êtes que des « koax » !

ΒΑΤΡΑΧΟΙ.-
Βρεκεκεκεξ κοαξ κοαξ. Brékékékex koax koax.
Les Grenouilles, v. 209 et sq.

Le chant des Érinyes


Pour évoquer les Euménides, « les bienveillantes », doux nom
donné par antiphrase euphémisante aux déesses de la vengeance et
du remords, les Érinyes, voici un extrait du choeur des Euménides
d’Euripide.
On les retrouve ici à l’œuvre, ces « dispensatrices du destin »,
« intraitables, redoutables, à tout crime inoubliables », dont la
« place est sous la terre parmi les ténèbres impénétrables ».
J’ai préféré ne pas vous donner le texte grec, encore trop difficile à
ce stade de votre découverte.
Chœur
Ô nuit, ô notre mère qui nous engendra ;
Pour châtier ceux qui voient ou qui ne voient pas,
Apprends qu’apollon nous désespère
En protégeant un fils qui a tué sa mère.
Aussi, hymnes de sang et cris d’horreur,
Chant de folie et de rage indicible,
Ô hymnes sans lyre qui assèchent le cœur,
Éclatez dans le ciel et semez la terreur !
Car l’instant est venu où le destin se venge.
Voilà se profiler l’implacable sentence
Pour l’ignoble assassin !
Nous le précéderons jusqu’au fond du tombeau,
Puis dans la fosse, s’écroulant enfin,
Il fixera notre ombre de nouveau.
Aussi, hymnes de sang et cris d’horreurs,
Chant de folie et de rage indicible,
Ô hymnes sans lyre qui assèchent le cœur
Éclatez dans les cieux et semez la terreur !
C’est l’éternel labeur
Que nous assigne le destin.
Aux dieux mêmes nous faisons peur !
Aussi, nul ne nous voit à leurs festins.
Revêtus de sombres habits,
Nous nous montrons au criminel
Qui frappe son ami,
Et pareil au tonnerre nous brisons
La maison de l’homme indigne.
Ils ont beau être des puissants :
Ils expient leurs ignobles forfaits de leur sang !
Parfois, on nous oublie, on nous croit loin !
Le criminel exulte ! Mais soudain
Nous nous jetons sur lui,
Il tombe, il s’enfuit
Et son combat est vain.
Notre roue est certaine,
Et nous mène toujours vers notre cible.
On peut bien supplier,
Nous n’avons point pitié du criminel.
Nous savons le passé et nous n’oublions rien !
Nous n’avons ni temples ni autels :
On ne nous fait nul sacrifice.
Nous sommes les Vénérables.
Notre labeur est sombre et sans honneur ;
Nous sommes loin des dieux ;
Nous sommes loin de la lumière.
Pour châtier les mortels
Un noir abîme nous retient
Sur des rochers inabordables.
Cet horrible pouvoir
Que le ciel vengeur décrète
Pour briser les méchants,
N’est-il point remarquable ?
Et dans notre domaine noir
Hors de toutes lueurs,
Nous qui accomplissons une œuvre si sacrée
De la clarté du jour nous n’avons nul regret !

La chanson de Seikilos
Peut-être est-ce la plus vieille chanson du monde grec : il s’agit
d’un fragment d’inscription sur une épitaphe datant du IIe ou du Ier
siècle av. J.-C. On a retrouvé la composition musicale complète
qui va avec, ainsi que toute sa notation.
Εικων η λιθος « La pierre que je suis est une image.

ειμι· τιθησι με Seikilos me place ici,

Σεικιλος ενθα

μνημης αθανατου Signe immortel

σημα πολυχρονιον d’un souvenir éternel. »

Ὅσον ζῇς φαίνου Tant que tu vis, brille !

μηδὲν ὅλως σὺ λυποῦ Ne t’afflige absolument de rien !

πρὸς ὀλίγον έστὶ τὸ ζῆν. La vie ne dure guère.

τὸ τἐλος ὁ χρόνος ἀπαιτεῖ. Le temps exige son tribut.

Un chant guerrier
C’est au rythme des percussions de cymbales, de crotales, de
tympanon (tambourin) et de sistre, ainsi que d’instruments à
cordes ou à vent comme la flûte (aulos), la corne (kéras), la
conque, la syrinx (flûte de Pan) et la salpinx (trompette) que
retentissaient les hymnes guerriers de l’Antiquité, ces chants de
gloire et de triomphe, exécutés pour donner de l’ardeur aux
soldats. Le péan est le plus connu d’entre eux.
Tyrtée, Athénien d’origine, vécut, dit-on, à Sparte et composa dans
la deuxième moitié du VIIe siècle av. J.-C. des έμϐατήρια, des airs
entonnés au moment de la charge contre l’ennemi. Cette
« Marseillaise spartiate » (écrite en dialecte dorien) respire l’esprit
guerrier dont elle est animée.

La « Marseillaise spartiate »
Ἄγετ ̓, ὦ Σπάρτας Allez, ô beaux hommes de Sparte,
εὐάνδρω

κῶροι πατἐρων πολιαtᾶν. jeunes gens des pères citoyens,

λαιᾶι μὲν ἴτυν lancez [jetez] le bouclier sur la gauche


προϐάλεσθε

δόρυ δ ̓ εὐτόλμως arborez [levez] avec audace la lance


ἄνσχεσθε

μὴ φειδόμενοι τᾶς ζωᾶς. de peur d’épargner les vivants

Οὐ γὰρ πάτριον τᾶι car ce n’est pas la coutume des ancêtres à Sparte [que d’épargner leur
Σπάρται vie].

Eschyle, dans Les Perses, aux


vers 402 et suivants, nous donne à
entendre cet autre chant d’assaut :
ὦ παῖδες ̓ Ηλλήνων ἴτε Ô enfants grecs, venez

έλευθεροῦτε πατρίδ ̓, έλευθεροῦτε δὲ libérer votre patrie, libérer

παῖδας, γυναῖκας, θεῶν τε πατρώιων ἕδη, vos enfants, femmes, et demeures

θήκας τε προγόνων. des dieux de vos pères et de vos ancêtres.

νῦν ὑπὲρ πάντων ἁγών. Maintenant, c’est la lutte suprême pour tous.
Comme d’autres parleront bien plus tard et dans un tout autre
contexte d’une « lutte finale » !

Un chant de mariage
J’ai retenu pour vous, parmi tant d’autres, l’Epithalame d’Hélène
de Théocrite dans les Idylles, 18, 38-49-51 :
ὦ καλά, ὦ χαρίεσσα κόρα, σὺ μὲν Belle, charmante jeune fille, te voilà maintenant maîtresse
οἰκἐτις ἤδη de maison […]

χαίροις, ὦ νύμφα. χαίροις, εὐπἐνθερε Sois heureuse, jeune épouse ; sois heureux, gendre d’un
γαμϐρἐ. noble beau-père.

Λατὼ μὲν δοίη, Λατὼ κουροτρόφος Puisse Léto vous donner, Léto nourricière d’enfants, une
ὕμμιν belle

εὐτεκνίαν. Κύπρις δὲ ἴσον ἔρασθαι progéniture ; et Cypris, l’égalité d’un amour réciproque.
ἀλλήλων…

L’Hymne national grec : hymne à la


liberté !
Ce poème en commémoration de l’insurrection des Grecs en
1821 contre la domination ottomane de 158 strophes, intitulé
Hymne à la liberté, a été composé en 1823 par Dionysios Solomos
sur l’île de Zante. Nikolais Mantzaros en a composé dès 1828 la
musique. Les 24 premières strophes sont devenues depuis l’hymne
national de la Grèce, pays tant épris depuis l’Antiquité de liberté,
sous toutes ses formes, dans sa puissance d’invention comme
d’initiative.
Les Grecs avaient, chevillé au corps, l’amour de l’indépendance :
celle des cités entre elles, celle des citoyens en eux, celle de la
parole.
Ὕμνος εἰς την Ελευθερίαν Hymne à la liberté
Σε γνωρίζω από την κόψη Je te reconnais au tranchant

του σπαθιού την τρομερή, de ton glaive redoutable,

Σε γνωρίζω από την όψη Je te reconnais à ce regard rapide

που με βία μετράει τη γη. dont tu mesures la terre.


Απ’ τα κόκαλα βγαλμἐνη Sortie des ossements

των Ελλήνων τα ιερά, sacrés des Hellènes,

Και σαν πρώτα ανδρειωμἐνη, Et forte de ton antique énergie,

χαίρε, ω χαίρε, Ελευθεριά ! je te salue, je te salue, ô Liberté !

PASSEPORT POUR LE GREC MODERNE…


Du grec ancien au grec moderne… qu’est-ce qui a vraiment changé ? Le
grec moderne, restant une langue complexe, a gardé bien des points de
parenté avec le grec ancien : pas de différence pour ce qui est de
l’alphabet. Mais le grand changement réside surtout dans la
prononciation. Bien des diphtongues anciennes se réduisent au seul son
i.
Il n’y a plus qu’un seul accent dit tonique, et il est aigu. On le trouvera
au début, au milieu ou à la fin d’un mot, toujours au-dessus d’une
voyelle. C’est plus simple que le grec ancien.
La syntaxe, un peu aussi : les noms, toujours divisés en trois genres
(masculin, féminin et neutre) ne se déclinent plus qu’à quatre cas – on a
perdu l’accusatif et le datif.
Les verbes sont séparés en deux groupes et deux voix : actif et passif.
Exit le moyen ! Les modes, de même, se sont simplifiés : ne subsistent
que l’indicatif, le subjonctif et l’impératif. Exit l’infinitif relayé par le
subjonctif…
Prenons par exemple deux citations de Sophocle et comparons la version
en grec ancien et celle en grec moderne pour dire :
» « De tous les maux, l’anarchie est le pire. »
ΑΝΑΡΧΙΑΣ ΔΕ ΜΕΙΖΟΝ ΟΥΚ ΕΣΤΙ ΚΑΚΟΝ :
Il n’y a pas mal plus grand que celui de l’anarchie.
ΔΕΝ ΨΠΑΡΧΕΙ ΜΕΓΑΛΥΤΕΡΟ ΚΑΚΟ ΑΠΟ ΤΗΝ
ΑΝΑΡΧΙΑ :
Il n’est pas mal plus grand à tirer de l’anarchie « L’espoir fait
vivre bon nombre des hommes. »
» « L’espoir fait vivre bon nombre des hommes. »
ΕΣΤ ̓ ΕΛΠΙΣ ΗΒΟΣΚΟΥΣΑ ΤΟΥΣ ΠΟΛΛΟΥΣ ΒΡΟΤΩΝ
Celui qui nourrit le plus grand nombre des hommes est
l’espoir.
Η ΕΛΠΙΔΑ ΕΙΝΑΙ ΑΥΤΗ ΠΟΥ ΣΥΝΤΗΡΕΙ ΠΟΛΛΟΥΣ
ΑΠΟ ΤΟΥΣ ΑΝΘΡΩΠΟΥΣ
L’espoir est celui qui nourrit la plupart des hommes.
Serait-ce donc mieux d’apprendre plutôt le grec moderne que l’ancien ?
Oui, sauf que le grec moderne n’est parlé qu’en Grèce, alors que le grec
ancien, par le jeu des racines, a influencé le latin et s’est propagé dans
toutes les langues romanes depuis fort longtemps. Il subsiste donc chez
nous au-delà même de ce que vous imaginez.
EN MATIÈRE DE POLITESSE
Sur place, en Grèce, avec une connaissance basique de grec ancien, on
peut se faire plaisir à savoir lire un journal ou des inscriptions sur des
panneaux, consulter un menu, bref se repérer. Voici quelques formules
qui vous seront utiles :
Bonjour : καλημεἐρα (qui se prononce kalimèra).
Bonsoir : καλησπἐρα (kalispèra).
Merci : ευχαριστώ (èfcharisto).
Pardon, désolé : συγγνώμη (sighnomi).
S’il vous plaît : παρακαλώ (parakalo).
Comme présentation :
Comment vous appelez-vous ? : πως λἐγεστε ; (pos lègesthè).
Tu fais quoi dans la vie ? : Με τι ασχολείσαι ; (mè ti ascholissè).
Pour vos déplacements, qui sait ? en voici quelques autres :
Où sommes-nous ? : που είμαστε (pou imastè).
Pourriez-vous m’aider ? : μπορείτε ϝα με βοηθήσετε (mboritè na mè
voïthisètè).
Où se trouve ? : που υπάρχει (pou iparchi) ou που είναι (pou inè).
Avez-vous des chambres libres ? : ἐχετε ελεύθερα δωμάτια ; (èchètè
èlèfthèra dhomatia).
Ça coûte combien ? : πόσο κάνει (poso kani).
En cas d’urgence, mieux vaut savoir dire :
Je suis perdu : ἐχω χαθει (ècho chathi).
Où se trouve la pharmacie ? : που υπάρχει κάποιο φαρμακείο.
Je ne me sens pas bien : δεν αισθάνομαι καλά (dhèn èsthanomè kala).
Et au restaurant, pour choisir ses plats :
Un bon restaurant : καλὸ εστιατόριο.
Quelles sont les spécialités locales ? : ποιες είναι οι τοπικἐς σπεσιαλιτέ.
L’addition, s’il vous plaît ? : τον λογαριασμό παρακαλῶ.
À la nôtre/À notre santé ! : γεια μας ou στην υγεία μας.
Telle est la meilleure manière de se quitter : sur cette parole chaleureuse
bien à l’image de l’hospitalité légendaire des Grecs !
Ou plus si affinités :
Je vous aime. Σʹἀγάπω.
Pour plus de précisions, je vous renvoie à l’excellent guide de
conversation Le grec pour les Nuls en voyage d’Hélène Alexandridis,
paru en 2015.
Conclusion
Χαίρετε : Soyez heureux.
Telle était la manière des Grecs d’autrefois de se dire au revoir,
mais pas adieu…
C’est fait. Vous avez touché le pactole ; vous n’avez pas ouvert
pour rien la boîte de Pandore. Votre parcours a été une petite
odyssée dans ce dédale de formes. Je veux croire que pour autant
c’était moins douloureux pour vous que le supplice de Tantale et
que vous n’avez pas eu trop souvent la tentation de vous laisser
aller dans les bras de Morphée.
Maintenant, vous voilà riche comme Crésus (au sens figuré,
s’entend !). Il faut juste espérer que vous ne ferez pas comme le
tonneau des Danaïdes qui, sitôt rempli, se vidait. Que vous ne
ferez pas non plus une macédoine de tout ce que vous venez
d’apprendre. Il va falloir pour cela poursuivre l’étude mais,
rassurez-vous, le plus dur est fait. Et puis c’est bien connu : τῶι
πάθει μαθός, « on n’apprend rien sans peine ». Il ne fallait pas
avoir une peur panique de vous lancer dans cette aventure de
découverte d’une langue qu’on dit difficile. Votre entreprise pour
être prométhéenne n’était pas « mission impossible ». Comme les
Grecs, vous avez eu le sens de l’effort et le goût du challenge :
σπουδῆι καί άγών. C’est à dessein justement que mes réponses
n’ont pas toujours été laconiques. C’était le prix à payer pour
atteindre le jardin des Hespérides des initiés…
Vous êtes devenu les phénix des hôtes de cette collection ! Vos
amis vont en rester médusés, vous pourrez jouer à être leur mentor
et, sans le moindre complexe (d’Œdipe), vous dire et redire que
vous avez bien fait de partir à la conquête de la Toison d’or qu’est
le grec, et qu’André Chénier qualifiait de « langage sonore aux
douceurs souveraines. Le plus beau qui soit né sur les lèvres
humaines. »
Annexe A
Bibliographie
Grammaire grecque
Allard, J., Feuillâtre, E., Cours de langue grecque : grammaire
grecque à l’usage des Classes de la 4e aux Classes préparatoires
(Hachette, 1971).
Ragon, E., Dain, A., De Foucault, J.-A., Poulain, P., Grammaire
grecque (Nathan, 1991).

Dictionnaire
Dictionnaire français-grec (Hatier, 2003).
Dictionnaire grec-français (Hatier, 2004).
Dictionnaire grec-français. Le Grand Bailly (Hachette, 2000).
Sans vouloir faire de publicité à quiconque, sachez que Les Mots
grecs est le nom d’un fascicule de vocabulaire alphabétique du
professeur Henri Martin, vivement conseillé à tout novice pour
découvrir les mots et leurs familles, même si, à ce jour, le grand
spécialiste de la langue grecque reste encore Paul Chantraine avec
son ouvrage La Formation des noms en grec ancien, précieuse
bible étymologique.
Et surtout toutes les œuvres des auteurs grecs dans la collection
Budé en version bilingue (texte et traduction).
NDA : C’est une boutade, vous ne souffrirez pas autant que cela !
Annexe B
Tableaux de conjugaison
Verbes en ω

Λύω , je délie. Voix active.


TEMPS MODES
Nombres et Indicatif Impératif Subjonctif Optatif Infinitif Participe
personnes
PRÉSENT Je délie. Délie. Que je délie. Puissé-je délier Délier. Déliant.
!

S. 1e p. λύω λύω λύοιμι λύειν Masc λύων

2e p. λύεις λῦε λύῃς λύοις gén


λύοντος

3e p. λύει λυἐτω λύῃ λύοι Fém


λύουσα

P. 1e p. λύομεν λύωμεν λύοιμεν gén


λυούσης

2e p. λύετε λύετε λύητε λύοιτε Neut λῦον

3e p. λύουσι (ν) λυόντων λύωσι (ν) λύοιεν gén


λύοντος

IMPARFAIT Je déliais.

S. 1e p. ἔλυον

2e p. ἔλυες

3e p. ἔλυε

P. 1e p. έλύομεν

2e p. έλύετε
3e p. ἔλυον

FUTUR Je délierai. (Je disais que) Devoir Devant


je délierais. délier. délier.

S. 1e p. λύσω λύσοιμι λύσειν M λύσων

2e p. λύσεις λύσοις g λύσοντος

3e p. λύσει λύσοι F λύσουσα

P. 1e p. λύσομεν λύσοιμεν g
λυσούσης

2e p. λύσετε λύσοιτε N λῦσον

3e p. λύσουσι (ν) λύσοιεν g λύσοντος

AORISTE Je déliai (j’ai Délie. Que je délie. (Je disais que) Avoir Ayant
(marquant le ou j’eus délié) j’avais délié. délié. délié.
passé)

S. 1e p. ἔλυσα λύσω λύσαιμι λῦσαι M λύσας

2e p. ἔλυσας λῦσον λύσῃς λύσειας g λύσαντος


(λύσαις)

3e p. ἔλυσε λυσάτω λύσῃ λύσειε (λύσαι) F λύσασα

P. 1e p. έλύσαμεν λύσωμεν λύσαιμεν g λυσάσης

2e p. έλύσατε λύσατε λύσητε λύσαιτε N λῦσαν

3e p. ἔλυσαν λυσάντων λύσωσι (ν) λύσειαν g λύσαντος


(λύσαιεν)

PARFAIT J’ai fini de Aie fini Que j’aie Puissé-je avoir Avoir fini Ayant fini
délier. de délier. fini de délié ! de délier. de délier.
délier.

S. 1e p. λἐλυκα λελύκω λελύκοιμι λελυκἐναι M


λελυκώς

2e p. λἐλυκας λελύκῃς λελύκοις g


λελυκότος

3e p. λἐλυκε λελύκῃ λελύκοι F λελυκυῖα

P. 1e p. λελύκα μεν λελύκωμεν λελύκοιμεν g


λελυκυίας
2e p. λελύκατε λελύκητε λελύκοιτε N λελυκός

3e p. λελύκασι (ν) λελύκωσι (ν) λελύκοιεν g


λελυκότος

Verbes en ω

Λύομαι , je délie pour moi. Voix


moyenne.
TEMPS MODES
Nombres et Indicatif Impératif Subjonctif Optatif Infinitif Participe
personnes
PRÉSENT Je délie pour Délie Que je délie Puissé-je délier Délier Déliant
moi. pour toi. pour moi. pour moi ! pour soi. pour soi.

S. 1e p. λύομαι λύωμαι λυοίμην λύεσθαι M


λυόμενος

2e p. λύει (λύῃ) λύου λύῃ λύοιο g λυομἐνου

3e p. λύεται λυἐσθω λυῃται λύοιτο F λυομἐνη

P. 1e p. λυόμεθα λυώμεθα λυοίμεθα g λυομἐνης

2e p. λύεσθε λύεσθε λυήσθε λύοισθε N


λυόμενον

3e p. λύονται λυἐσθων λύωνται λύοιντο g λυομἐνου

IMPARFAIT Je déliais pour


moi.

S. 1e p. έλυόμην

2e p. έλύου

3e p. έλύετο

P. 1e p. έλυόμεθα

2e p. έλύεσθε

3e p. έλύονται


FUTUR Je délierai (Je disais que) je Devoir Devant
pour moi. délierais pour moi. délier pour délier pour
soi. soi.

S. 1e p. λύσομαι λυσοίμην λύσεσθαι M


Λυσόμενος

2e p. λύσει λύσοιο g
λυσομἐνου

3e p. λύσεται λύσοιτο F
λυσομἐνη

P. 1e p. λυσόμεθα λυσοίμεθα g
λυσομἐνης

2e p. λύσεσθε λύσοισθε N
λυσόμενον

3e p. λύσονται λύσοιντο g
λυσομἐνου

AORISTE Je déliai/j’ai Délie Que je délie (Je disais que) Avoir délié Ayant délié
(marquant le délié pour pour toi. pour moi. j’avais délié pour pour soi. pour soi.
passé) moi. moi.

S. 1e p. έλυσάμην λύσωμαι λυσαίμην λύσασθαι M


Λυσαμενος

2e p. έλύσω λῦσαι λύσῃ λύσαιο g


λυσαμἐνου

3e p. έλύσατο λυσάσθω λυσῃται λύσαιτο F


λυσαμἐνη

P. 1e p. έλυσάμεθα λυσώμεθα λυσαίμεθα g


λυσαμἐνης

2e p. έλύσασθε λύσασθε λυσήσθε λύσαισθε N


λυσαμενον

3e p. έλύσαντο λυσάσθων λύσωνται λύσαιντο g


λυσαμἐνου

PARFAIT J’ai délié pour Délie Que j’aie Puissé-je avoir Avoir délié Ayant délié
moi pour toi. délié pour délié pour moi ! pour soi. pour soi.
moi.

S. 1e p. λἐλυμαι λελυμἐνος λελυμἐνος εἴην λελύσθαι M


ὦ λελυμἐνος

2e p. λἐλυσαι λἐλυσο λελυμἐνος λελυμἐνος εἴης g


ᾖς λελυμἐνου
3e p. λἐλυται λελύσθω λελυμἐνος ᾖ λελυμἐνος εἴη F λελυμἐνη

P. 1e p. λελύμεθα λελυμἐνοι λελυμἐνοι εἶμεν g


ὦμεν λελυμἐνης

2e p. λἐλυσθε λἐλυσθε λελυμἐνοι λελυμἐνοι εἶτε N


ἦτε λελυμἐνον

3e p. λἐλυνται λελύσθων λελυμἐνοι λελυμἐνοι εἶεν g


ὦσι λελυμἐνου

Verbes en ω

Λύομαι , je suis délié. Voix passive.


TEMPS MODES
Nombres et Indicatif Impératif Subjonctif Optatif Infinitif Participe
personnes
PRÉSENT Je suis délié Sois Que je sois Puissé-je être Être délié. Étant délié
(on me délie). délié. délié. délié ! (qu’on est en
train de délier).

S. 1e p. λύομαι λύωμαι λυοίμην λύεσθαι M λυόμενος

2e p. λύει (λύῃ) λύου λύῃ λύοιο g λυομἐνου

3e p. λύεται λυἐσθω λυῃται λύοιτο F λυομἐνη

P. 1e p. λυόμεθα λυώμεθα λυοίμεθα g λυομἐνης

2e p. λύεσθε λύεσθε λυήσθε λύοισθε N λυόμενον

3e p. λύονται λυἐσθων λύωνται λύοιντο g λυομἐνου

IMPARFAIT J’étais délié (on


me déliait).

S. 1e p. έλυόμην

2e p. έλύου

3e p. έλύετο

P. 1e p. έλυόμεθα

2e p. έλύεσθε
3e p. έλύονται

FUTUR Je serai délié (Je disais que) Devoir être Devant être
(on me je serais délié. délié. délié.
déliera).

S. 1e p. λυθήσομαι λυθησοίμην λυθήσεσθαι M


λυθησόμενος

2e p. λυθήσει λυθήσοιο g
λυθησομἐνου

3e p. λυθήσεται λυθήσοιτο F λυθησομἐνη

P. 1e p. λυθησόμεθα λυθησοίμεθα g λυθησομἐνης

2e p. λυθήσεσθε λυθήσοισθε N
λυθησόμενον

3e p. λυθήσονται λυθήσοιντο g
λυθησομἐνου

AORISTE Je fus, j’ai été, Sois Que je sois (Je disais que) Avoir été Ayant été
(marquant le j’eus été délié. délié. délié. j’avais été délié. délié.
passé) délié.

S. 1e p. έλύθην λυθῶ λυθείην λυθῆναι M λυθείς

2e p. έλύθης λύθητι λυθῇς λυθείης g λυθἐντος

3e p. έλύθη λυθήτω λυθῇ λυθείη F λυθεῖσα

P. 1e p. έλύθημεν λυθῶμεν λυθεῖμεν g λυθείσης

2e p. έλύθητε λύθητε λυθῆτε λυθεῖτε N λυθἐν

3e p. έλύθησαν λυθἐντων λυθῶσι λυθεῖεν g λυθἐντος

PARFAIT Je suis, j’ai été Sois Que j’aie Puissé-je Ayant été délié
délié. délié. été délié. avoir été délié (qu’on a fini
! de délier).

S. 1e p. λἐλυμαι λελυμἐνος λελυμἐνος λελύσθαι M λελυμἐνος


ὦ εἴην

2e p. λἐλυσαι λἐλυσο λελυμἐνος λελυμἐνος g λελυμἐνου


ᾖς εἴης

3e p. λἐλυται λελύσθω λελυμἐνος λελυμἐνος εἴη F λελυμἐνη


P. 1e p. λελύμεθα g λελυμἐνης
λελυμἐνοι λελυμἐνοι
ὦμεν εἶμεν

2e p. λἐλυσθε λἐλυσθε λελυμἐνοι λελυμἐνοι εἶτε N λελυμἐνον


ἦτε

3e p. λἐλυνται λελύσθων λελυμἐνοι λελυμἐνοι εἶεν g λελυμἐνου


ὦσι

Conjugaison de εἶμι , je vais / j’irai.


Indicatif Impératif Subjonctif Optatif Infinitif Participe
PRÉSENT Je vais / j’irai. Va. Que j’aille. Puissé-je aller ! Aller. Allant.

S. 1e p. εἶμι ἴω ἴοιμι ἰἐναι M ἰών

2e p. εἶ ἴθι ἴῃς ἴοις g ἰόντος

3e p. εἶσι (ν) ἴτω ἴῃ ἴοι F ἰοῦσα

P. 1e p. ἴμεν ἴωμεν ἴοιμεν g ἰούσης

2e p. ἴτε ἴτε ἴητε ἴοιτε N ἰόν

3e p. ἴασι (ν) ἰόντων ἴωσι (ν) ἴοιεν g ἰόντος

IMPARFAIT J’allais.

S. 1e p. ᾖα

2e p. ᾔεισθα

3e p. ᾔει

P. 1e p. ᾖμεν

2e p. ᾖτε

3e p. ᾔεσαν / ᾖσαν

Conjugaison du verbe εἰμί , je suis.


Indicatif Impératif Subjonctif Optatif Infinitif Participe
PRÉSENT Je suis. Sois. Que je sois. Puissé-je être. Être. Étant.

S. 1e p. εἰμί ὦ εἴην εἶναι M ὤν
2e p. εἶ ἴσθι ᾖς εἴης g ὄντος

3e p. έστί (ν) ἔστω ᾖ εἴη F οὖσα

P. 1e p. έσμἐν ὦμεν εἶμεν g οὔσης

2e p. έστἐ ἔστε ἦτε εἶτε N ὄν

3e p. εἰσί (ν) ἔστων ὦσι (ν) εἶεν g ὄντος

IMPARFAIT J’étais.

S. 1e p. ἦ / ἦν

2e p. ἦσθα

3e p. ἦν

P. 1e p. ἦμεν

2e p. ἦτε

3e p. ἦσαν

FUTUR Je serai. Devoir être. Devant être, futur.

S. 1e p. ἔσομαι έσοίμην ἔσεσθαι M έσόμενος

2e p. ἔσει ἔσοιο g έσομἐνου

3e p. ἔσται ἔσοιτο F έσομἐνη

P. 1e p. έσόμεθα έσοίμεθα g έσομἐνης

2e p. ἔσεσθε ἔσοισθε N έσομἐνον

3e p. ἔσονται ἔσοιντο g έσομἐνου


Sommaire

Couverture
Le grec ancien pour les Nuls poche
Copyright
Introduction
À propos de ce livre
Comment ce livre est organisé
Dans quel sens faut-il lire ce livre ?
Les icônes utilisées dans ce livre
Pour arriver où ?
PARTIE 1. Le b.a.-ba du grec ancien
Chapitre 1. Lire et écrire
L’alphabet
Les signes extérieurs de richesse : accents, esprits, iota souscrit
La ponctuation
Les dialectes

Chapitre 2. Une langue flexionnelle


Des déclinaisons (nominales, pronominales, adjectivales)…
… aux conjugaisons (le domaine du verbe)

Chapitre 3. Les mots invariables : quelle aubaine !


Les prépositions
Les conjonctions de coordination ou les « mais ou et donc or ni car » du grec !
Les particules
Les adverbes
Les négations
Les chiffres…

… et Cie
Quelques exercices de révision des formes verbales

PARTIE 2. Un parterre de racines et (toutes) ses fleurs…


Chapitre 4. Les racines… d’un jeu de familles de mots
Quelques racines ou radicaux (formes élargies de la racine) sinon rien !
Le grec a le sens de la famille (de mots) !
Vos « formes matrices » à vous

Chapitre 5. Dérivation et composition, ou de l’art d’utiliser préfixes


et suffixes
Dérivons avec… les préfixes ou ce qui se met avant
… et/ou les suffixes, ce qui se met après une racine…
Composons à présent
Les racines grecques, un trésor inépuisable ! Qui l’eût cru ?

PARTIE 3. T(ravaux) P(ratiques) de grec


Chapitre 6. Les cas des noms et leurs valeurs
Les différents cas
La fonction des principaux compléments circonstanciels

Chapitre 7. Les temps, les modes et l’aspect verbaux


Des modes et de leur usage
… aux temps
Les propositions subordonnées

Chapitre 8. La syntaxe de l’article, de l’adjectif, de l’infinitif… et


des négations !
La syntaxe de l’article
La syntaxe de l’adjectif
La syntaxe de l’infinitif

Chapitre 9. Accords ou désaccords (presque) parfaits !


Les accords en personne
L’accord en genre
L’accord en nombre

Chapitre 10. Premier galop d’essai


PARTIE 4. Exercices de traduction
Chapitre 11. Ma première lecture traduction
Chapitre 12. Ésope, Fables
Κόραξ καὶ ̓Αλώπηξ
Λἐων καὶ Ἀλώπηξ
Τἐττιξ και Μύρμηκες
Ἀλώπηξ καὶ Βότρυς
Chapitre 13. Xénophon, l’Anabase
Chapitre 14. Démosthène, Première Philippique, § 10 et 11
Chapitre 15. Théophraste et son « nouvelliste »
Λογοποιός

Chapitre 16. Platon, Phédon, La mort de Socrate


Chapitre 17. Homère, L’Iliade, VI, v. 466- 483
PARTIE 5. La partie des Dix
Chapitre 18. 10 citations d’auteurs
Ἀνέχου καὶ ἀπέχου
Γνῶθι σέαυτον
Καλὸς κἀγαθός
Μήδεν ἄγαν
O ἶνος καὶ ἀληθεία
Ὁ ποιητής έστι κοῦφον , πτηνόν , ὅσιον
Σκίας ὄναρ ἄνθρωπος
Ζῶον πολιτικόν
̓Άνθρωπος έστι πάντων χρημάτων μέτρον
S ῶμα σῆμα

Chapitre 19. 10 hellénismes


δίκην διδόναι / δίκην λαμϐάνειν
ἕχω et sa double construction
Μέλει μοι : « il m’importe » (j’ai à cœur/à souci)
Οἷος τ ̓εἰμι / « οἷον τ ̓έστι
Εἴ τις / ἔαν τις
Θαυμαστῶς ὡς
έν τοῖς ( μάλιστα ) / ὡς ou ὅτι
τοσούτῳ μᾶλλον … ὅσῳ μᾶλλον
ἄλλος ἄλλα λέγει

Chapitre 20. 10 pièges


Chapitre 21. 10 jeux de sudoku
Grille n° 1 : de α à ι
Grille n° 2 : de κ à σ
Grille n° 3 : de τ à γ
Grille n° 4 : de δ à μ
Grille n° 5 : de ν à φ
Grille n° 6 : de α à ι
Grille n° 7 : de κ à σ
Grille n° 8 : de τ à γ
Grille n° 9 : de δ à μ
Grille n° 10 : de ν à φ
Solutions ! ou ηὕρηκα

Chapitre 22. 102 mots à décrypter


Chapitre 23. 10 chansons grecques d’hier à aujourd’hui…
Une chanson à boire d’Anacréon
Le chant de l’hirondelle
Les hymnes à Apollon de Callimaque
Le chant des Bacchantes, Euripide, Les Bacchantes, Épode du chœur 1
Le chant de la huppe et des grenouilles…
Le chant des Érinyes
La chanson de Seikilos
Un chant guerrier
Un chant de mariage
L’Hymne national grec : hymne à la liberté !

Conclusion
Annexe A. Bibliographie
Grammaire grecque
Dictionnaire
Annexe B. Tableaux de conjugaison
Verbes en ω
Verbes en ω
Verbes en ω
Conjugaison de εἶμι , je vais / j’irai.
Conjugaison du verbe εἰμί , je suis.