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Burundi : Le Prince Louis RWAGASORE, un nationaliste qui inspire la jeunesse

Dès ses premières apparitions, le Prince Louis Rwagasore s’est distingué en un leader
visionnaire pour un Burundi meilleur. De ses traces, on ne voit nulle part des enseignements de
sectarismes, de division ou d’exclusion sur base de quoi que ce soit.
A l’heure où les Burundais cherchent une voie pour se libérer et rebâtir le socle d’une
société déchirée depuis soixante-dix ans d’épreuves, une réflexion profonde, des questions et des
débats sur le « héros national » et/ou ses visions d’avenir pour le Burundi, sa clairvoyance, ses
discours sur la paix, l’unité, la souveraineté et le développement pourraient délimiter les
représentations d’un passé plus imaginé que connu. Cela pourrait aussi servir à la construction d’un
avenir prometteur pour les Burundais, et particulièrement les jeunes.

Rwagasore et la lutte contre l’ethnisme et toute sorte de division


1) Le Prince ne croyait pas que le peuple se distinguait par des « ethnies » comme le professait
les idéologues européens de l’ethnisme au Burundi et au Rwanda, et que de par leur mode de
vie, il y avait des pauvres parmi les batutsi que parmi les bahutu, et que par conséquent, les
riches sont rencontrés dans toutes les « ethnies ». Il estimait qu’il existait bien un problème dans
le pays mais qu’il s’agissait de celui des « des petits et des pauvres gens » qui n’ont pas de «
race ». Il resta ferme et convaincu que le Burundi ne tombera pas dans le même piège que celui
qui a été tendu au Rwandai.

2) Dans son parti politique (UPRONA), il visait l’unité et le progrès au niveau national. Une
idéologie rassembleur, et de ce fait, l’UPRONA regroupait toutes les classes sociales, hutu, tutsi,
twa, commerçants, fonctionnaires, musulmans et chrétiens,… la victoire de l’UPRONA n’avait
pas été seulement une victoire sur le colonialisme, mais également la victoire contre le
tribalisme et pour la conscience nationale. Sa clairvoyance politique constituera sa principale
arme contre la puissance coloniale et contre les partis de la collaboration. L’assassinat de
Rwagasore fut le premier coup dur porté contre cette victoire.ii

3) Dans une lettre adressée à Monsieur Albert Mauss (le maître de l’ethnisme et l’idéologie
d’exclusion et de génocide au Rwanda et qui voulait implanter le même plan au Burundi), il
avait mentionné :
« ... une chose est certaine, Monsieur Maus, il existe un problème dans le pays : celui des petits et
des faibles, et ceux-ci n’ont pas de race. Qu’ils soient nobles d’origine, Hutu, Tutsi ou Twa, ils sont
avant tout de la race des prolétaires, des ignorants et des pauvres gens. Donnons à tous une
chance, un droit à s’élever, à s’émanciper, sans distinction de race : ainsi nous aurons mérité du
Burundi. Pour le reste, je connais mieux le problème tutsi, hutu, ganwa du Burundi que vous. Je
peux vous assurer que les victimes des injustices sauront s’imposer contre tout régime qui leur
refuserait des droits essentiels, les chances qu’ont d’autres nations du monde : tel régime
disparaîtrait, c’est dans la marche de l’histoire… »iii
I. Le meurtre de Rwagasore, le Burundi est entré dans les crises cycliques : Ahavûye
umugabo, umugayo urînjira.
Après sa mort, le Burundi devint un terrain de : l’Impunité, l’humiliation, la discrimination,
l’exécution extrajudiciaire, génocides, massacres, montages, l’élimination des obstacles, enfants
des criminels, vengeance, trilogie (provocation, réaction, massacres)
La mort du prince a choqué plus d’un. On ignore le mobile de son assassinat car plusieurs versions
s’y opposent. Certaines disent que c’était la mission des fils Baranyanka par jalousie, d’autres ne
parviennent pas à justifier la motivation des grecs dans cette sale besogne sachant qu’ils ne
possédaient pas le Burundi en tant que colonie…
Ce qui est désolant, c’est que le Burundi a connu des malheurs en son absence. Depuis sa
disparation, on peut noter entre autres :
1) Une mauvaise conception du pouvoir, le manque d’un bon leadership, le non-respect de la
loi et la diabolisation de l’adversaire politiqueiv.
2) Des crimes contre l’humanité ont été perpétrés contre le peuple. On n’avait même pas le
droit de pleurer, le droit de deuil, les salaires des parents assassinés étaient gélés, pas de pension
à la succession d’un criminel, les enfants des traîtres (abana b’abamenja) devraient abandonner
la scolarisation ; leurs rêves brisées (Aloys Niyoyita, Hutsi au nom de tous les sans, pp 55-56)
3) Des processus de désintégration de la nation ont doublé de vitesse : Arí ku mutemére
w’ícănsi ntagayá ikiyásēsa.

Le drame de l’idéologie du génocide que les Burundais ont subi avait été initié au cours de la
période coloniale s’était constitué en 5 actes :(1) études ethnologiques et historiques menées par les
premiers européens, (2) le racisme découlant de ces études, (3) la ségrégation initiée par
l’administration belge, (4) l’inversion qui mets en avant le problème Hutu-Tutsi créé par ceux là
même qui en parlent et enfin (5) l’exemple rwandais.v

Au Burundi, le dernier acte n’a pas marché grâce au prince Louis Rwagasore. Il avait compris que
la liberté et la démocratie du peuple burundais se situait dans un ralliement rassembleur des Bahutu
et des Batutsi pour constituer une majorité quantitativement et qualitativement supérieure à celle
ethnique malicieusement suggérée par la colonisation. Toutefois, ce qui s’est passé au Rwanda en
1959, même si le Burundi en a été épargné, a néanmoins marqué le début du déploiement de
l’idéologie du génocide dont les effets jalonnent l’histoire de notre pays depuis l’indépendance.

4) Des assassinats ciblés ont eu lieu : attaques des syndicalistes le 19 janvier 1962 à Kamenge,
assassinat de Mgr Gabriel Gahimbare le 05/12/1964, l’assassinat de Pierre Ngendandumwe le
15/01/1965, etc.

5) Après la disparition du Prince Louis, Pierre Ngendandumwe était considéré comme un


homme politique fédérateur au Burundi, et quoi qu’il en soit, sa mort fut un événement accélérateur
de l’ethnisation politique au Burundivi. L’Uprona qui devrait être le parti d’union s’est divisé en
Casablanca et en Monrovia, deux ailes rivales que le parti du prince a connues durant longtemps
dans l’histoire.
6) L’instabilité des institutions : on signale que le Burundi a connu huit premiers ministres (8
gouvernements) en 5ans (1961-1965).

7) La tentative de coup d’Etat de la nuit du 18 au 19 octobre 1965 à Bujumbura et des


massacres à caractère génocidaire à Busangana et Bukeye, en province Muramvya, ont eu des effets
néfastes sur le peuple. On parle d’une révolte populaire hutu suivie d’une répression militaire. Ce
qui sûr est que des innocents y ont péri.
Notre intime conviction est que cette période historique a ouvert la voie politique à l’armée et à sa
prise de pouvoir l’année suivante, inaugurant ainsi la succession des crises 1965, 1969, 1972, 1988,
1991,1993, etc.vii

8) L’idéologie et la pratique du génocide et de l’exclusion: Des divisions et discriminations


dans les services de l’Etat comme l’armée, l’éducation, la Justice,… basées sur le genre,
l’appartenance, la région, l’opinion politique,… furent monnaie courante.viii

9) Les mêmes erreurs (fameuses révoltes, répressions, tentatives d’accession, stratégies de se


maintenir au pouvoir,…) ont eu lieu à des dates différentes et chaque fois, le deuil suivait, le
Burundi perdait ses fils et filles.

10) La crise n’a laissé personne indemne, 1972 a pris des pères cueillis dans les fleurs de l’âge.
Des jeunes femmes, l’année l’a fait des veuves. Les enfants, les oncles, les tantes, les cousins à des
degrés divers.ix
On se souviendra de l’appel de Joseph Bamina, un des cofondateurs et piliers de l’UPRONA avec le
Prince Louis Rwagasore, Thaddée Siryuyumusi, Paul Mirerekano et Pierre Ngendandumwe : «
enterrez les sentiments de vengeances, honorez la mémoire du Prince Louis Rwagasore par le
travail et l’unité qui sont le socle de l’indépendance. », a-t-il rappelé incessamment Siryuyumusi
Thaddée.
Si Rwagasore était resté en vie, au moins jusqu’à aujourd’hui (à 87ans), on peut affirmer sans doute
qu’avec la conscience sur l’unité et le travail visant le progrès national, le Burundi serait un des
pays stables et développés. Je suis convaincu que :
• Les intellectuels hutu et tutsi formés en Europe et ailleurs auraient servi à bâtir un Burundi
digne, pacifique et prospère. Imaginons les médecins, les ingénieurs, les professeurs, les
officiers de l’armée, les enseignants, les techniciens dans divers domaines économiques et
sociales qui ont perdu leurs vies dans les différentes crises cycliques, pour la seule faute
idéologique ou d’appartenances sociales différentes des uns et des autres.
• Les veuves et orphelins de toutes ces crises seraient eux aussi partisans de la paix, du
progrès, de l’unité et de la justice s’ils en auraient vu et/ou vécu au bas âge.

• Aujourd’hui, les générations des années 80 et 90 seraient des agents de la bonne


gouvernance, de la démocratie, de la paix, de la justice,… Imaginez que les fonctionnaires
actuellement dans les services d’Etat, l’armée, la police, le renseignement, la fonction publique
et ailleurs, qui ont évolué dans des camps d’exil à l’intérieur (sites des déplacés) et à l’extérieur
du pays, qui ont appris que leurs parents et arrières parents assassinés ou exécutés
extrajudiciairement, qui ont vécu la brousse sous le statut d’assaillants, qui ont été entraînés à
tuer, à violer et à voler, endoctrinés à l’idéologie divisionniste depuis l’enfance, sont des
rescapés des crises qu’a connus notre patrie, … On est loin de l’unité et la confiance mutuelle.
Travailler pour le service national est un défi, se réconcilier est encore une illusion.

• A diverses crises, visant leur libération, des mouvements armés ont vu le jour. « Sur le
champ de bataille, il y a des morts, des blessés, des séquelles. Toujours la guerre, sous tous les
cieux et depuis la nuit des temps, laisse toujours, derrière elle, ses hideux stigmatisés »x

• « J’appartiens à une génération sacrifiée, j’ai 50 ans, et finalement, la majeure partie de


ma vie je l’ai passée dans la peur et la guerre. Comme de nombreux Burundais, mon papa a été
tué pour rien, moi j’ai dû fuir pour ne pas mourir pour rien. Pourtant je ne demandais pas
beaucoup : juste une vie libre avec ma femme et mes enfants dans mon pays. Juste la paix.»xi

• Etc.
III. A Retenir

C’est le Pape Jean Paul II, dans l’Homélie de la nuit du 25 décembre 2001, qui a dit : « qu’il n’y a
pas de paix sans justice, (et) pas de justice sans pardon. » Il est important de ne pas oublier son
histoire, car il n’y a pas de remède à une maladie inconnue. Ainsi, les nouvelles générations sont
obligés d’analyser minutieusement l’histoire de notre Burundi pour bien en tirer des réalités afin
d’agir conséquemment. Sinon, on risque de ne pas résoudre efficacement les problèmes actuels car
ils prennent origine dans l’histoire et peuvent se répercuter sur l’avenir une fois négligés.
Néanmoins, les Barundi se sont réunis et ont conclu des principes applicables pour la période
d’avant 2000. Même si ces derniers n’ont pas été mis en pratique on ne peut pas négliger les efforts
fournis et conclus dans les accords d’Arusha pour la paix et la réconciliation signés en 2000.

« Malgré ses imperfections, cet accord était une réponse aux crises politiques et aux violences
cycliques que le Burundi avait connues des décennies durant », dixit Aloys Niyoyita (p.120)
« La guerre a duré plusieurs années. Il a fallu plusieurs années pour négocier le retour de la
paix. Il faudra plusieurs décennies pour cicatriser toutes les blessures.»xii
En effet, pour rétablir le peuple et l’amener à construire la nation, entre autres il nous faut :
(1) La réconciliation : la Commission vérité et réconciliation couperait court les spéculations et
aboutirait à l’établissement de la vérité sur ce qui s’est passé en réalité, le pardon serait donné à
ceux qui le méritent et la justice serait faite pour des crimes graves. C’est ainsi que des
mécanismes de la réconciliation du peuple comme convenu dans l’article 6 protocoles 1 seraient
entamés, la globalisation serait bannie pour toutes les classes. Les crimes n’ont pas été planifiés
et exécutés par tout le monde, c’est une responsabilité d’une oligarchie tout simplement.
(2) Une écoute et un dialogue permanent serait une opportunité pour l’amélioration des
conditions de vie du peuple, Umuganí ugānīra abarí kumwé

(3) Une prise de conscience nationale à tous les niveaux serait de grande valeur dans la
stabilité du pays, comme le sociologue Émile Durkheim le disait : « Si le hutu et le tutsi
s’abordent, ils constatent qu’ils ont les mêmes problèmes, les mêmes aspirations, la même
manière de penser, même manière d’agir et de sentir ». Une citation reprise par Helménégilde
Niyonzima dans « Burundi, terre des héros non chantés de crime et de l’impunité ».
« Partout où la bourgeoisie nationale par son comportement réduit et l’imprécision de ses
positions spéculatives n’a pu parvenir à éclairer l’ensemble du peuple, à poser les problèmes
d’abord en fonction du peuple, partout où cette bourgeoisie nationale s’est révélée incapable de
dilater suffisamment sa vision du monde, on assiste à un reflux vers les positions tribalistes ; on
assiste, la rage au cœur, au triomphe exacerbé des ethnies »xiii
Nta wugíra igabo atáryŭbakiye
(4) Une bonne gouvernance : « Chaque société a ses mauvais et ses bons, ses intègres et ses
voyous, ses modérés et ses extrémistes, ses civilisés et ses barbares. La grandeur d’une société
est celle de pouvoir se construire des modèles de comportement et de pensées susceptibles de
réguler une vie harmonisée de ses membres et de marginaliser les anti-valeurs. Mais quand une
communauté humaine est gérée par des marginaux, des experts en barbarie et criminalité, nous
ne devrons pas être surpris de la vision erronée et réductrice de l’existence d’une ethnie ou d’un
clan accusant une soif inextinguible de sang et culturellement enclin à tabasser, à broyer, à
détruire les vies humaines ». xiv.
Mukasi Charles, dans Les manquements, les crises et les actes de haute trahison, l’a si bien dit :
« Au Burundi, plus on est raciste, plus on est génocidaire, mieux on est considéré. Le racisme
et le génocide sont devenus des opinions, ce ne sont plus des crimes contre l’humanité comme
c’est le cas dans le reste du monde » Cette insulte aux institutions de l’Etat a pour conséquence
la création des cohortes de miliciens, l’émergence d’initiatives meurtrières et la prolifération des
groupes véhiculant les anti-valeurs.
(5) L’institution d’ubushîngantahe disposerait des solutions aux différentes crises politiques.
« L’existence des Bashingantahe issus des Baganwa, des Bahutu et des Batutsi et qui étaient des
juges et des conseillers à tous les niveaux du pouvoir constituait, entre autres éléments, un
facteur de cohésion. Et grâce au mode de gestion des affaires du pays, il n’y a pas eu de conflit
à caractère ethnique connu entre les différents groupes au cours de cette période. » (Accord
d’Arusha, protocole I, chap. 1er, art.1, al. 2 et 3)
(6) Une justice indépendante : si elle agit indépendamment des autres pouvoirs qui l’ont
transformée en une machine de boulot, elle bannira la délinquance, la criminalité, l’insécurité,
les arrestations arbitraires et exécutions extra judiciaires, les montages juridiques qui à défaut
d’être résolus aboutissent à une désintégration de la nation.
« Il faut aussi qu’une véritable justice soit établie au Burundi, il faut que la justice soit libre et
indépendante par rapport au pouvoir exécutif. Ceci pour éviter d’un côté le soulèvement social
du peuple ; c'est-à-dire, il faudrait que le peuple, les petits Hutu ou Tutsi sans force et sans
défense puissent trouver une justice prompte et équitable... D’autres part, sur le plan politique,
il faut que cette justice ait une main libre pour rendre une justice équitable entre les partis
politiques dont les opinions st souvent les buts divergent […] »xv
(7) Paix et sécurité pour tous : Signalons que tous les citoyens burundais sans distinction ont
le droit de vivre en paix et en sécurité, et que l’utilisation de la force comme moyen d’accès et
de maintien au pouvoir est rejetée. Les corps de défense et de sécurité appartiennent à tout le
peuple burundais. Ils doivent être un instrument de protection de tout le peuple et tout le peuple
doit se reconnaître en eux. Rappelons aussi que la constitution de milices et d’organisations
terroristes et génocidaires ainsi que les pratiques du terrorisme et du génocide et l’incitation à
ces pratiques sont interdites. (Accord d’Arusha, protocole III, chapitre 1er, art.1, al. 1, 5,8 & 9)

IV. CONCLUSION

Le peuple Murundi a déjà franchi certains pas, s’est déjà prononcé sur certains points:
l’indépendance et la souveraineté, l’unité, par conséquent la réconciliation, la démocratie et l’Etat
de droit. Il a besoin d’une autorité forte et rassurante d’où l’ordre découle, ainsi que la discipline, le
travail et la tranquillité, conditions essentielles pour réussir une grande œuvre. Que nous le voulions
ou non, nous sommes tous les auteurs des pages heureuses ou tristes de l’histoire du Burundi. Tout
dépendra de notre comportement à tous dans les jours à venir.
Le peuple Burundais doit savoir que le gouvernement et le parti au pouvoir sont à leur service. Un
peuple digne, c’est-à-dire conscient de sa dignité, est un peuple qui n’oublie jamais ces évidences.
Le devoir d’une direction est d’avoir le peuple avec elle. Or, l’adhésion suppose la conscience, la
compréhension de la mission à remplir, bref une intellectualisation même embryonnaire. On ne doit
pas envoûter le peuple, le dissoudre dans l’émotion et dans la confusion. Seuls des pays sous-
développés dirigés par des élites révolutionnaires surgies du peuple peuvent aujourd’hui permettre
l’accession des masses sur la scène de l’histoire. Mais, encore une fois, faut-il que nous nous
opposions vigoureusement et définitivement à la naissance d’une bourgeoisie nationale, d’une caste
de privilégiés.
Selon Frantz Fanon, « politiser les masses, c’est rendre la nation globale présente à chaque
citoyen. C’est faire de l’expérience de la nation l’expérience de chaque citoyen »xvi

Paolo Freire, quant à lui, il dit que « lorsque on rêve seul, ce n’est qu’un rêve, mais lorsqu’on rêve
ensemble, c’est le commencement de la réalisation d’un rêve. (…) On ne se libère pas seul, on se
libère ensemble. (…) La victoire est une résultante de la conjugaison des efforts de plusieurs
personnes. (…) Le véritable héros de la libération nationale est le peuple »
« Puissions-nous, mesdames et messieurs, vous et nous, être les promoteurs de la réussite de ce
pays et de ce peuple. », a-t-il conclu Rwagasore, alors premier ministre, dans l’allocution prononcée
au déjeuner du Lions Club d’Usumbura, le mercredi 04 octobre 1961).

Paix à son âme le Prince Louis Rwagasore !

Que la terre soit légère à tous les innocents !

Intāma ikanurira umufáshi ntikanúrira umubăzi

Pour la paix et la réconciliation, la dignité et la prospérité du peuple Murūndi

NGENDAKUMANA Daniel
i La dépêche du Ruanda-Urundi no 431, du 18 décembre 1959
ii Augustin MARIRO, Burundi 1965 : première crise ethnique, genèse et contexte géopolitique,
p.9
iii La dépêche du Ruanda-Urundi no 429, du 4 décembre 1959
iv Accord d’Arusha, protocole III, chap.1er, Art. 2, al. 5

v MAYUGI Nicolas, La mémoire vigilante et l’interethnique résistante pour une lutte rigoureuse
contre le génocide.

vi Augustin MARIRO, idem, p.9


vii Augustin MARIRO, idem, p.14
viii Accord d’Arusha, idem.
ix Aloys de Gonzague Niyoyita, Hutsi au nom de tous les sang, p. 69
x Aloys Niyoyita, idem, p.83
xi Aloys Niyoyita, idem, p.161
xii Jean marie Sindayigaya, Six décennies de suffrage universel. Quel Bilan ?, p.99
xiii Frantz Fanon, Les damnés de la terre, pp 153&154
xiv Burundi, terre des héros non chantés de crime et de l’impunité, p. 137
xv Exposé du prince Louis Rwagasore à la chambre de commerce et d’industrie du Burundi
(CCIB), Usumbura, jeudi, le 25 Août 1960.
xvi Frantz Fanon, ibidem, p.187