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L’idiolecte paulinien.

L’hypothèse de la pseudépigraphie des lettres deutéro-pauliniennes à l’aune de la


linguistique.

C’est au début du dix-neuvième siècle que l’on commence à soupçonner l’existence


d’épîtres pseudépigraphiques dans les treize lettres canoniques dont le destinateur se
présente sous le nom de Paul. A partir de données théologiques (ecclésiologie et
christologie), lexicologiques et littéraires (traits généraux du genre pseudépigraphique), les
chercheurs sont parvenus à des conclusions aujourd’hui communément admises. Sur les
treize lettres dont l’adresse présente le nom de Paul, trois sont désormais considérées
comme pseudépigraphiques par l’ensemble des chercheurs (1ère à Timothée, Tite, et
Ephésiens). Des doutes subsistent encore pour la 2e aux Thessaloniciens, la 2e à Timothée
ainsi que pour l’épître aux Colossiens. Le débat a fait place, depuis longtemps, à un large
consensus, au point d’être considéré aujourd’hui comme le bien commun de l’exégèse.

Le problème s’est d’abord posé à propos de I Tim. Dès 1807, SCHLEIERMACHER émit
des doutes sur la paternité paulinienne de cette épître. Cinq ans plus tard, c’est la rédaction
des pastorales dans leur ensemble qui fut attribuée à un autre auteur que l’apôtre des gentils
(EICHORN, 1812). De fil en aiguille, d’autres épîtres vont cesser d’être considérées comme
pauliniennes. Dès 1835, BAUR ne tiendra plus pour authentiques que quatre lettres du
corpus.
Les premières recherches se fondaient plutôt sur des impressions générales relatives
au style des différentes épîtres. Les études proprement lexicales et syntaxiques apparaîtront
bien plus tard : HARRISON (1921), pour les pastorales ; MITTON (1951) et surtout PERCY
(1946), pour Ephésiens et Colossiens. La plupart des études lexicales sur les épîtres de Paul
ont fait grand cas des décomptes de mots et du nombre d’hapax legomena pauliniens que
l’on trouvait dans les lettres de paternité douteuse par opposition aux épîtres dites
authentiques. Tel est le cas de l’érude de HARRISON (1921) ou de celle de WILSON (1979)
pour les pastorales. L’ouvrage de YULE (1944) a pourtant montré que, pour être significatif,
ce critère doit pouvoir être appliqué à un traité comptant au moins 10 000 mots. Or les
lettres pastorales ne comptent à elles trois que 3488 mots. Il reste que tout auteur déploie les
ressources de son lexique en fonction des circonstances de l’énonciation (registre souhaité,
public, etc.) et du sujet choisi. Or les lettres attribuées à Paul, dictées par des circonstances
très variées, couvrent un large éventail de destinataires, qu’il s’agisse de communautés, de
collaborateurs proches ou éloignés.

Aussi surprenant que cela puisse paraître, on peine à trouver des études identifiant
des syntagmes ou des structures syntaxiques étrangères à la langue de Paul dans les lettres
suspectes. Pour Ephésiens et Colossiens, la recherche linguistique de ce type la plus
détaillée que nous ayons, celle de PERCY, conclut, contre toute attente, à l’authenticité
paulinienne de ces deux épîtres.

Pour importants que soient les arguments littéraires ou théologiques, les données
linguistiques restent dirimantes. Et pour cause : si l’on parvenait à montrer qu’une lettre
reflète une langue non paulinienne, il serait impossible d’en attribuer la rédaction au docteur
des gentils. Les questions stylistiques et linguistiques (questions de vocabulaire et de
syntaxe) ont d’ailleurs pesé de tout leur poids dans le débat sur la paternité des 13 épîtres.
Or c’est au cours des vingt dernières années que les notions d’idiolecte et de style ont donné
lieu à des percées spectaculaires en linguistique générale. Les résultats de ces recherches
livrent aujourd’hui au chercheur un outil beaucoup plus fin qui devrait permettre de
renouveler le débat sur l’origine des lettres attribuées à Paul.

Dans les pages qui suivent, nous tenterons donc :

1. de retracer l’histoire de la recherche sur la notion d’idiolecte pour la définir par


rapport à celles, connexes, de style et de registre et de les articuler par rapport aux notions
d’auteur, de scripteur, d’énonciateur et de destinateur
2. de rechercher, dans le corpus paulinien, l’éventuelle présence de traits idiolectaux
3. d’observer leur répartition entre les lettres dont la paternité paulinienne est
acceptée de tous et celles dont l’identité de l’auteur reste disputée
4. de rechercher dans une lettre dont la pseudépigraphie est avérée (la troisième aux
Corinthiens) l’éventuelle présence de ces traits idiolectaux.
Nous pourrons ensuite tirer les conclusions auxquelles cette recherche nous aura
permis d’aboutir.

1. Notion d’idiolecte

1.1. Histoire de la recherche sur la notion d’idiolecte1

Sans utiliser encore le terme, Ch. BALLY est sans doute le premier à recourir à la notion
d’idiolecte, dès le début du vingtième siècle2. Le linguiste suisse se demande en effet si la
stylistique doit étudier « les procédés d’expression de tous les hommes, des groupes
linguistiques ou des individus ? ». BALLY définit alors l’objet d’étude d’une stylistique
individuelle : « Chaque individu a sa manière propre d’employer son idiome maternel ; il lui
fait subir, dans certaines circonstance sou habituellement, des déviations portant sur la
grammaire, la construction des phrases, le système expressif ; il lui arrive d’employer dans
l’usage courant des mots dont les autres se servent rarement. »3.

L’idée d’un code linguistique propre à un individu sera ensuite développée par O.
JESPERSEN (1925) et L. HJELMSLEV (1943 [1971]). Chez ce dernier, la notion d’idiolecte
caractérise, non pas la parole au sens saussurien, mais plutôt l’un des aspects de la langue.
Pour tenter de préciser l’interaction entre les deux catégories de « langue » et de « parole »,
le linguiste danois distingue trois niveaux différents : le schéma ou forme pure de la langue,
définie indépendamment de sa réalisation sociale et de sa manifestation matérielle ; la norme
ou forme matérielle de la langue, définie par une manifestation sociale, mais
indépendamment de sa manifestation matérielle ; et enfin, l’usage, ensemble des habitudes
adoptées dans une société déterminée. L’usage doit être analysé en interdépendance avec
l’acte de parole. Il peut, en outre, être considéré comme collectif ou comme individuel4.

C’est toutefois chez B. BLOCH5 que nous voyons apparaître pour la première fois le
terme d’idiolecte, forgé pour les besoins de l’analyse phonologique. Voici comment ce
linguiste définissait le terme: « The totality of the possible utterances of one speaker at one
1
La genèse de ce concept linguistique, que je viens d’esquisser ici sommairement, m’a été en partie indiquée par
Georges E. SARFATI : qu’il en soit vivement remercié.
2
1909, 18.
3
1909, 18-19.
4
cf. 1971, 88.
5
1948, 7.
time in using a language to interact with one other speaker is an idiolect. As BLOOMFIELD
says in a similar connection (LANG. 2.155, §4), we are obliged to predict; hence the word
‘possible’. An idiolect is not merely what a speaker says at one time; it is everything he
COULD say in a given language. (...) it is at least unlikely that a given speaker will use two
or more different styles in addressing a single person. Our definition implies

(a) that an idiolect is peculiar to one speaker,


(b) that a given speaker may have different idiolects at successive stages of his career,
and (c) that he may have two or three different idiolects at the same time.”
La notion d’idiolecte chez BLOCH ne semble pas clairement distinguée de celle de
“style”, puisque le même locuteur peut se voir attribuer plusieurs idiolectes différents.
La définition que donnait BLOCH de l’idiolecte rendait cette notion difficilement
opératoire puisqu’elle désignait le discours d’une personne qui parle d’une seule chose à une
même personne pendant un temps limité. Charles F. HOCKETT (1952, 86-99 et 1958, chap.
38), cependant, infléchira considérablement la portée de ce terme en le définissant comme
l’ensemble des habitudes qui caractérisent le parler d’un individu appartenant à une
collectivité linguistique donnée.
S’inspirant de la pensée de HJEMSLEV, E. COSERIU (1952 [1967]) évoque quant à lui
la triade système, norme et parole. Ce serait au sein de cette dernière catégorie qu’il faudrait
ranger les traits de style6. Quant à la norme, elle connaîtrait à son tour deux subdivisions :
celle de la communauté, et, d’autre part, la norme individuelle, distincte de la parole7.
Enfin, F. RASTIER (1989, 49 et 2001, 178-179) distingue la langue fonctionnelle
partagée par tous les locuteurs, du sociolecte relevant d’un groupe social déterminé, et de
l’idiolecte, défini comme « système de normes textuelles propres à un émetteur ». C’est en
ce dernier sens, distinct de la notion de parole, que le terme idiolecte sera employé dans cet
article.

6
1967, 105.
7
cf. 1967, 96-97 et 101.
1.2. Notion de style
1.2.1. Vers une définition du style

Sous l’influence de J. MAROUZEAU (1941) et de M. CRESSOT (1947), le style a


longtemps été tenu pour une réalité esthétique, intentionnelle et atomiste. Apanage des
textes littéraires, le style relèverait d’un acte volontaire et répondrait, selon cette conception,
à un ensemble de traits différentiels et singularisants.

Cette définition du style a pourtant fait l’objet de critiques fondamentales. Loin de


constituer le bien exclusif de la littérature, la notion de style s’applique en effet à tous les
discours. Selon les circonstances, un locuteur ou une œuvre peuvent manifester des styles
différents8.

Par ailleurs, il semble difficile de réduire le style à une pure dimension


intentionnelle. Certains le définissent en effet comme la « recherche de l’affirmation de soi
et d’une singularisation de la parole dans le cadre du jeu avec les contraintes socio-
culturelles des genres, qui s’imposent aux individus »9. Le style comprendrait dès lors une
part d’inconscient si l’on tient compte des contraintes génériques. La dialectique de
l’innovation et de la convention reste en effet au cœur du processus de création figurale.

Enfin, on ne saurait tenir le style pour un ensemble de traits purement différentiels et


singularisants, dans la mesure où on peut le concevoir comme une caractéristique commune
à un groupe (style d’atelier, national, transnational...). Dans ces conditions, il devient
difficile de réduire le style à la théorie de l’écart. L’écart renvoie plutôt « à une actualisation
inattendue au regard d’une signification intersubjectivement stable, et dans l’appropriation
toute personnelle de cette signification, qui la rend plus ou moins étrange, selon que la
figure est plus ou moins conventionnelle »10. L’écart apparaîtra plutôt, au niveau du texte,
comme une tension intradiscursive entre des points de vue en confrontation11.

La notion de « type » ou de « typification » reste à la base de l’essence du style12.

8
RABATEL, 2005, 95-96 ; PETITJEAN et RABATEL, 2007.
9
RABATEL, 2007, 16.
10
DETRIE, 2000, 9.
11
RABATEL, 2007, 23.
12
cf. DANGEL, 1994, 93-113.
Cette idée est d’ailleurs très proche de la notion d’ « exemplification » exposée par GENETTE
dans Fiction et diction. Un film de Peter WEIR, The Truman show (1998) met en scène un
personnage, Truman Burbank, qui grandit dans une petite ville créée à des fins purement
publicitaires. Tout le décor est conçu dans cette optique, au point que Truman le prend pour
la réalité. Un soir, alors qu’assis sur le sable, il contemple la mer, Truman s’écrie soudain :
« Ce coucher de soleil est parfait ! Tout est toujours parfait ici. » D’une certaine façon, la
réplique de Truman marque la prise de conscience par ce personnage de la typification de
l’univers qui l’entoure. Loin de vivre dans la vie réelle, il a grandi au sein d’un monde
stylisé. Tel est le style d’une œuvre littéraire : un caractère spécifique qui singularise la
parole commune, la prose de chaque jour. Un même auteur peut donc avoir plusieurs styles,
imprimant une marque au texte au gré du sujet, des circonstances énonciatives, du pathos13
ou des contraintes génériques.

1.2.2. Notion de registre

Il convient de distinguer le style de la notion connexe de registre. « On peut définir


le style comme résultant de la combinaison du choix que tout discours doit opérer parmi un
certain nombre de disponibilités contenues dans la langue et des variations qu’il introduit
par rapport à ces disponibilités. Les disponibilités se cristallisent souvent en de véritables
sous-codes linguistiques : c’est le cas par exemple des registres de langue - c’est-à-dire des
niveaux stylistiques qui sont à la disposition des locuteurs afin de leur permettre de moduler
leur message selon les circonstances. »14
Parmi les registres, on distingue habituellement le sublime, auquel correspondait,
dans la prose grecque ancienne, le style asian, particulièrement fleuri ; le moyen, que
reflétait traditionnellement le style rhodien, mélange de sobriété et d’emphase, et enfin le
registre bas auquel renvoyait, pour les anciens, la simplicité du style attique15. Considérée
comme emblématique par Aelius Donat, l’œuvre de Virgile illustre traditionnellement les
trois registres traditionnels, l’Enéïde correspondant au registre sublime (gravis stylus), les

13
« Dispositions (passions, émotions) où le discours met l’auditeur [ou le lecteur] » (DUCROT et SCHAEFFER, 1995,
170).
14
DUCROT et SCHAEFFER, 1995, 655.
15
DENYS D’HALICARNASSE (Les orateurs attiques, 1, 3-7) souligne la différence entre le style asian et le style attique.
L’existence de trois types de le,xij (« style ») apparaît déjà chez Aristote (Rhétorique, livre 3, 1404b, 1-4).
Géorgiques au registre moyen (mediocris stylus) et, enfin, les Bucoliques au registre bas
(humilis stylus).

1.3. Style et idiolecte

Unicité de l’idiolecte
Or si un auteur peut avoir plusieurs styles, il ne s’exprime, en principe, qu’en un seul
idiolecte : son code linguistique particulier, lié à son histoire personnelle et à son
tempérament16. Si le style dépend d’une situation de parole et d’un choix conscient,
l’idiolecte relève surtout du spontané, de l’inconscient17. Relativement stable tout au long de
la vie d’un auteur18, l’idiolecte se distingue donc du style qui peut varier, chez la même
personne, en fonction du genre littéraire, du thème, du public, ou même, à l’intérieur d’une
œuvre, en fonction des effets recherchés.

Confusions entre style et idiolecte


Les deux notions partagent toutefois tant d’éléments communs qu’on les a souvent
confondues. « L’idiolecte, comme le style, rend compte de la subjectivité des individus à
travers leurs identités langagières »19. Voilà pourquoi, selon RASTIER20, il n’y aurait pas lieu
d’opposer l’idiolecte et le style, pas plus que la linguistique et la stylistique, mais au
contraire de les articuler. L’idiolecte et les styles relèveraient tous deux de l’usage.
L’idiolecte, espèce du sociolecte (qui constitue lui-même un cas particulier du dialecte),
serait une formation tandis que le style, espèce du genre littéraire, (lequel relève à son tour
de la textualité), serait une forme. L’analyse de RASTIER implique ainsi un pur recouvrement
des notions de style et d’idiolecte21.
Quant à RIFFATERRE, il considère que la notion de « langue d’auteur » ne serait rien
d’autre que le style. « Le concept de langue d’auteur ne fait que reculer les problèmes que

16
DETRIE 2005, 71-72.
17
Cf. DETRIE 2005, 54. « Le propre des variations idiolectales, c’est d’être indépendantes de la volonté du locuteur,
qui ne les perçoit souvent pas comme telles et ne fait pas correspondre ces variations à un contenu sémantique
spécifique, ni à un souci expressif local. » (PHILIPPE 2005, 78)
18
Cf. DETRIE, 2005, 71 ; RABATEL, 2005, 112 ; PETITJEAN et RABATEL, 2007.
19
RABATEL, 2005, 112.
20
1994, 276. Voir déjà RIFFATERRE (1971, 102-103).
21
RABATEL, 2007, 26.
pose l’interprétation du style comme déviation. En pratique, la langue d’auteur ne saurait
remplacer la norme comme pôle d’opposition au style, parce qu’elle-même apparaît
impossible à définir autrement que comme style. »22 Les deux chercheurs s’accordent donc
sur « l’idée que la question du style permet une analyse des effets d’un texte à la lecture,
mais évidemment pas à la production »23.
Or le style, qui constitue un concept d’application plus large que l’idiolecte, ne
saurait se réduire à la dimension langagière. On parle en effet non pas d’idiolecte mais de
style romantique ou sublime24. C’est donc l’idiolecte qui permet, bien mieux que le style, de
penser le singulier dans le langage. Ce qui nous aide à appréhender l’opposition entre
l’idiolecte et le style, c’est le domaine dont relève chaque notion. L’idiolecte constitue un
cas d’espèce de la langue tandis que le style représente une application de la tradition
discursive25. « Ainsi, l’appropriation ‘stylistique’ implique-t-elle toujours plusieurs
traditions discursives et, par suite, la notion de style individuel doit se conjuguer au pluriel,
et en particulier ne pas être confinée au seul domaine littéraire. Pour un même sujet parlant,
on admettra donc l’existence d’un seul idiolecte (i.e. un savoir multilectal) et, toujours,
l’existence de plusieurs styles individuels. »26

Langue et parole

Chaque personne, au sein de sa propre langue, développe un idiolecte, au niveau du


lexique préférentiel, des structures phrastiques profondes et de la construction favorie des
syntagmes. L’idiolecte en effet relève de la langue (c’est-à-dire d’éléments ou de structures
paradigmatiques) tandis que le style nous renvoie d’abord à un acte de parole (à l’axe
syntagmatique)27. Passer de l’idiolecte au style, « c’est effectuer un déplacement
épistémologique, dans la mesure où le style est toujours problématisé en termes de
surcodage, qui permet l’effet stylistique, à partir d’un codage de base, qui, lui, est propre à
la langue. »28 Voilà pourquoi PHILIPPE a pu affirmer que « l’idiolecte c’est le style sans la

22
RIFFATERRE, 1971, 102-103.
23
PHILIPPE 2005, 86.
24
RABATEL, 2007, 27.
25
Cf. GERARD, 2010, 10 et 29.
26
GÉRARD, 2010, 10.
27
Cf. RICO, 2002, 219, n.1
28
DETRIE 2005, 53.
signification, et le style, l’idiolecte en tant qu’il peut faire l’objet d’une interprétation »29.
L’interprète peut en effet relever dans le texte un trait linguistique inconscient pour le
charger d’une signification particulière. « L’essentiel est donc de prendre acte que la lecture
d’un texte peut transformer un fait idiolectal en fait énonciatif et que la réception peut doter
d’une signification ce qui n’en a pas. »30

1.4. Vers une définition de l’idiolecte

Question préjudicielle
On a parfois critiqué la notion d’idiolecte sous prétexte qu’il n’est de science que du
général, une langue singulière constituant à ce titre une contradictio in terminis31. En fait,
dans la mesure où la description d’un idiolecte dépend toujours d’un corpus d’énoncés, la
notion nous renvoie d’emblée à une matière générale32. L’idiolectalisation repose en effet
sur deux tendances qui ne sont qu’apparemment contradictoires : la singularisation et la
réitération qui permet d’identifier les traits idiolectaux33.

Code linguistique propre à un individu


Comment définir rigoureusement l’idiolecte ? Les chercheurs s’accordent à
reconnaître dans cette notion le code linguistique propre à un individu. Ainsi, ARRIVE,
GADET et GALMICHE34 affirment que l’idiolecte est l’« ensemble des particularités de
l’usage linguistique d’un individu », tandis que GADET35 le définit comme « l’ensemble des
particularités de l’usage linguistique d’un individu ».

Trois dichotomies

En nous inspirant de l’article de GERARD (2010), nous retiendrons pour la définition


de l’idiolecte les trois dichotomies suivantes : l’opposition entre restriction et variation ; le

29
PHILIPPE 2005, 82.
30
PHILIPPE 2005, 87.
31
RABATEL, 2007, 27 et cf. COSERIU (2007 [1958], chap 2.
32
cf. GÉRARD, 2010, 8.
33
Cf. DETRIE 2005, 56.
34
1986, 317.
35
2003, 125.
contraste entre compétence linguistique et réalisation langagière ; la distinction, enfin, entre
la norme générale et le code singulier.

Tout idiolecte représente en effet une restriction du code général, qui s’accompagne
d’une certaine variation de l’usage linguistique, selon les possibilités offertes par la langue
commune, en fonction de la liberté individuelle. « La restriction et la variation constituent
les deux faces de l’appropriation individuelle d’une langue, c’est en ce sens précis que tout
idiolecte peut être conçu comme la représentation d’une langue à l’échelle individuelle »36.

D’autre part, un idiolecte allie une compétence linguistique à une réalisation


langagière particulière37. Il s’agit là de la dichotomie entre langue et parole, transposée au
palier individuel du langage. En soi, l’idiolecte est la compétence particulière d’un individu
que reflètent ses productions langagières.

La dernière dichotomie est celle qui oppose l’axe du normal (code de la langue
générale) au singulier (code particulier de l’individu)38. En effet, « si tout idiolecte se définit
par la totalité des unités de langue que s’est approprié un individu, l’utilisation de cet
idiolecte dépend, elle, de normes d’énonciation textuelle (i.e. de traditions discursives),
telles qu’elles ont été en partie adoptées et en partie modifiées par un individu. »39

1.5. L’idiolecte et l’écrivain : secrétaire, scripteur, auteur, destinateur et énonciateur

Faute de pouvoir définir des catégories littéraires essentielles, on a souvent


confondu, dans les études sur les lettres du Nouveau Testament, des notions pourtant
différentes. Or la description de l’idiolecte que nous venons d’esquisser pourrait clarifier
certains débats sur la paternité des textes littéraires. Afin de lever toute ambiguïté,
rappelons, dans les lignes qui suivent, la définition de quelques termes clés.
Le secrétaire représente la personne qui écrit une lettre sous la dictée d’un autre. Tel
est le rôle de Tertios dans l’épître aux Romains (16,22). La fonction de scripteur correspond
en revanche à l’individu qui rédige le texte de la lettre, qu’il l’ait lui-même mis par écrit ou
simplement dicté à un secrétaire. Le plus souvent, ce rôle reviendra à l’auteur du texte.

36
GÉRARD, 2010, 5.
37
Cf. HAMMARSTRÖM, 1980, 428.
38
Cf. GÉRARD, 2010, 32.
39
GÉRARD, 2010, 29.
Parfois, cependant, les deux fonctions sont assumées par des personnes distinctes : le
scripteur agit alors à la demande d’un auteur qui assume le contenu final du texte. Le rôle et
la créativité du scripteur dépendra alors des circonstances, puisque ce dernier peut mettre en
forme (phase de l’elocutio ou « rédaction ») les idées qui lui ont été fournies par l’auteur.
Un scripteur pourra également soumettre à l’approbation d’un auteur un texte qu’il a lui-
même entièrement conçu : il assume alors tant la phase de l’inventio, ou « matière », que
celle de l’elocutio. Ainsi, dans la première épître de Pierre, c’est Silouanos qui joue, selon le
texte, le rôle de scripteur (5,12), tandis que l’apôtre Petros (1,1 et 5,12) reste l’auteur de la
lettre.
Le destinateur est la personne qui, selon le texte, adresse la lettre au(x)
destinataire(s). Ainsi, dans le texte de la première épître aux Corinthiens, Paulos et
Sôsthenês (1,1) apparaissent comme les destinateurs de la lettre. L’énonciateur représente au
contraire le personnage à la source de l’énonciation. La deuxième épître aux Corinthiens
débute ainsi par la présentation des destinateurs Paulos et Timotheos (1,1) mais, dans le
reste de la lettre, le rôle de l’énonciateur est tantôt assumé par ces deux personnages de
concert, tantôt seulement par le premier des deux, le texte passant volontiers du « nous » (cf.
1,4-14) au « je » (1,15-17).
Dans la mesure où l’idiolecte constitue le code linguistique particulier d’un individu,
c’est la personne chargée de la rédaction littéraire d’une lettre qui va actualiser cette langue
dans la parole que constitue le texte. De ce point de vue, la langue (idiolecte) d’une épître
correspond uniquement à celle du scripteur, que celui-ci soit distinct de l’auteur ou pas.
Enfin, si la linguistique peut déterminer la présence d’un idiolecte unique sous
plusieurs lettres et aboutir à une forte présomption en vue de l’attribution d’un texte à un
scripteur déterminé, elle ne saurait en revanche se prononcer sur l’auteur. Ainsi, un
linguiste pourra déterminer la présence de scripteurs différents sous les encycliques de
Redemptor hominis et Fides et ratio mais seul le spécialiste de l’histoire des textes pourra
attribuer à Jean-Paul II la paternité auctoriale de ces deux documents si différents par leur
idiolecte.
Secrétaire, Auteur Destinateur(s) Enonciateur(s) Scripteur
selon le texte (trad.)
Ro Te,rtioj 16(22 S. Paul Pau/loj 1(1 Pau/loj ?
I Co Différent de S. Paul Pau/loj + Swsqe,nhj Pau/loj ?
Pau/loj sauf 1(1
avspasmo,j
(16,21)
II Co ? S. Paul Pau/loj + Timo,qeoj Pau/loj + Timo,qeoj ?
1(1 (cf. 1(4&14); Pau/loj
(cf. 1(15&17%
Gal Pau/loj (6,11) S. Paul Pau/loj + oi` su.n Pau/loj (cf. 1(6) ?
evmoi. avdelfoi, 1(1&2 Pau/loj + oi` su.n
evmoi. avdelfoi, (cf.
1(8)
Eph ? S. Paul Pau/loj 1(1 Pau/loj ?
Phil ? S. Paul Pau/loj + Timo,qeoj Pau/loj (cf. 2(19) ?
1(1
Col Différent de S. Paul Pau/loj + Timo,qeoj Pau/loj + Timo,qeoj ?
Pau/loj sauf 1(1 (cf. 1,3 et ss)
pour Pau/loj (cf. 1,24)
l’avspasmo,j
(4,18)
I Thes ? S. Paul Pau/loj + Silouano,j Pau/loj + ?
+ Timo,qeoj 1(1 Silouano,j +
Timo,qeoj (1,1-
5,26)
Pau/loj (5,27)
II Thes Différent de S. Paul Pau/loj + Silouano,j Pau/loj + ?
Pau/loj sauf + Timo,qeoj 1(1 Silouano,j +
pour Timo,qeoj (1,1-2,4;
l’avspasmo,j 2,6-3,16); Pau/loj
(3,17) (2,5; 3,17)
I Ti ? S. Paul Pau/loj 1(1 Pau/loj ?
II Ti ? S. Paul Pau/loj 1(1 Pau/loj ?
Tit ? S. Paul Pau/loj 1(1 Pau/loj ?
Philm Pau/loj (19) S. Paul Pau/loj + Timo,qeoj Pau/loj ?
1
I Pi ? S. Pierre Pe,troj Pe,troj 2(11* 5(1 Silouano,j
(?) 5,12
1.6. La pseudépigraphie épistolaire dans l’Antiquité

L’hypothèse de l’existence de lettres non pauliniennes au sein des treize épîtres


traditionnellement attribuées à Saul de Tarse doit finalement tenir compte des modèles
pseudépigraphiques épistolaires extra-canoniques tels que l’épître des apôtres, la troisième
épître aux Corinthiens, la correspondance de Jésus et Abgar ou encore celle de Paul et
Sénèque40. Dans tous ces cas, la lettre répond à un modèle littéraire en vogue dans
l’Antiquité, que l’on retrouve dans les exercices de style recommandés par les écoles de
rhétorique. Il s’agit souvent d’un échange de lettres entre deux correspondants illustres
(Jésus et le roi Abgar ; Paul et Sénèque ; Paul et les Corinthiens...) ou encore d’une épître
venant compléter le corpus épistolaire canonique (troisième aux Corinthiens) ou donner
l’existence à un livre perdu mentionné dans le Nouveau Testament (lettre aux
Laodicéens....).
Ces lettres sont en principe rédigées longtemps après la disparition de l’auteur
supposé. L’identité du destinataire est alors aussi fictive que celle du destinateur (Abgar,
Sénèque...) ou laissée entièrement dans le vague (comme dans la IIe épître de Pierre et ou
dans celle de Jude, dont le texte passe sous silence l’identité exacte des destinataires). Dans
le cas contraire, nous obtenons une pseudépigraphie au deuxième degré où tant le
destinataire que le(s) destinateur(s) deviennent fictifs, comme dans la troisième épître aux
Corinthiens.
En dehors du Nouveau Testament, l’on connaît au moins quatre cas de lettres
pseudépigraphiques de Paul :

1) l’épître aux Alexandrins, mentionnée par le Canon Muratori

2) l’épître aux Laodicéens

3) la correspondance de Paul avec Sénèque

4) la IIIe épître aux Corinthiens

40
Sur la question de la pseudépigraphie comme genre littéraire, les ouvrages classiques restent ceux de BROX (1975)
et BAUM (2001).
La première de ces lettres est perdue et nous ne conservons que le texte latin de la
suivante, qui offre un tissu de citations pauliniennes. Quant à la correspondance de Paul
avec Sénèque, le texte original fut rédigé dans un latin d’une rare élégance qui tranche
vivement avec l’idiolecte paulinien. La troisième aux Corinthiens est la seule dont nous
ayons conservé l’original grec (papyrus Bodmer X). Loin de se réduire à une simple suite de
citations, cette épître présente un texte original entièrement rédigé. Nous sommes donc en
mesure de comparer la langue de cet apocryphe à l’idiolecte des treize lettres
traditionnellement attribuées à Paul.

On prétend parfois qu’un disciple formé pendant de longues années auprès d’un
maître finirait par en acquérir la langue et les styles. Si le vocabulaire ou certaines
expressions figées d’un père ou d’un maître sont volontiers intégrées par son fils ou son
disciple, l’idiolecte reste toujours la marque de l’individu. Témoin les nombreux cas, dans
l’histoire de l’Eglise, où le premier successeur et disciple d’un fondateur s’exprime dans une
langue radicalement distincte de celle de son père spirituel. Pour ne prendre que le cas du
NT, il serait aisé de montrer à quel point l’idiolecte de deux disciples de Paul, Luc (Evangile
et Actes) et Silas-Silvain (Ière épître de Pierre) est distinct de celui de leur maître.

2. Les traits idiolectaux du corpus paulinien

2.1. Notion d’idiolectème

Dans ses publications sur la stylistique, George MOLINIE a défini le stylème comme
un « fait ou détermination langagière dans une perspective de littérarité ». Le stylème
constitue de ce fait une « détermination langagière fondamentalement non informative (...)
dans le fonctionnement textuel. »41
Ainsi, pour Molinié, la figure « X, ce Y de Z » (cf. « Le Liban, cette Suisse du
Proche-Orient ») serait un stylème balzacien. En tenant compte des différences qui
distinguent la notion d’idiolecte de celle de style, nous proposons d’appliquer ici le terme
d’idiolectème à tout trait langagier caractéristique d’un idiolecte particulier.

41
MOLINIE, 1989, 104-105.
2.2. Styles du corpus paulinien

Les notions d’idiolecte et d’idiolectème ainsi définies permettent de reprendre, à


nouveaux frais, la recherche sur l’existence d’œuvres pseudépigraphiques parmi les 13
épîtres du corpus paulinien. Cet ensemble de textes présente sans aucun doute une grande
variété de styles. Certaines lettres déploient une rhétorique très élaborée, dans un registre
qui correspondrait au style asian (Philémon, Philippiens). D’autres au contraire, portées par
un élan passionnel, suivent un rythme plus pressant (Romains, Corinthiens, Galates).
Quelques-unes s’épanchent en une méditation profonde, dans les périodes interminables
d’une syntaxe enchevêtrée (Ephésiens, Colossiens). Enfin, les trois lettres pastorales offrent
la marque d’un style direct et personnel où le scripteur dévoile au destinataire ses sentiments
profonds.
Or, si tout scripteur peut déployer une variété de styles dans ses écrits, il ne possède
a priori qu’un seul idiolecte. Dès lors, afin de se prononcer sur le nombre de scripteurs
présumé des lettres pauliniennes, il importe d’établir le nombre d’idiolectes que recouvre le
corpus paulinien. L’hypothèse d’un scripteur des lettres « authentiques » différent de celui
(ou de ceux) des autres lettres du corpus implique nécessairement que les sept lettres
unanimement attribuées à Paul (Romains, I et II Corinthiens, Galates, Philémon, Philippiens
et I Thessaloniciens) partagent un nombre consistant d’idiolectèmes absents tant des lettres
contestées que des autres textes du NT. Inversement, si l’ensemble des 13 lettres présentait
une suite considérable d’idiolectèmes exclusifs de ce corpus dans l’ensemble du NT, ce
serait le signe qu’un seul et même scripteur se cache sous chacune de ces lettres, à moins
que l’art et la technique d’un scripteur ayant imité dans les six lettres « contestées »
l’idiolecte des lettres « reconnues » atteigne un tel degré de virtuosité que la trace de son
tavail reste absolument indécelable.

2.3. Idiolecte et lexique

On a souvent décidé de la paternité paulinienne de certaines lettres à partir de l’étude


du vocabulaire. Dans une lettre suspecte, un nombre élevé de mots absents de l’ensemble
des lettres réputées authentiques passait pour un indice suffisant pour conclure au caractère
pseudépigraphique du texte étudié. Or il est dangereux de réduire l’idiolecte au lexique.
Tout écrivain change volontiers de vocabulaire en fonction du sujet qui l’occupe. En
revanche, les alliances préférentielles de mots dont témoigne un scripteur traduisent
volontiers une restriction particulière du lexique susceptible de refléter le code linguistique
d’un individu.

L’aptitude des mots à former des syntagmes particuliers se retrouve d’abord au


niveau de la langue. On dira de préférence mener les enfants à l’école, mener une troupe au
feu, mener la farandole, mener le cortège, plutôt que mener les ministres, mener les
fonctionnaires, mener la foule.42 « Les mots entretiennent » en effet « des relations d’ordre
syntagmatique présentes dans la combinatoire des mots en discours. (...) On ne peut (...)
structurer la polysémie d’un mot sans passer par les différents contextes d’emploi de ce mot.
(...) C’est dire que les relations d’ordre syntagmatique appartiennent à la langue tout autant
que les relations d’ordre paradigmatique. De ce point de vue, (...) le lexique n’est pas
constitué d’unités pures et simples, mais (...) les mots se présentent en langue comme autant
de micro-discours virtuels. En d’autres termes, si l’unité-mot est posée comme objet d’étude
à partir d’une nécessaire procédure de décontextualisation, il n’a de réalité linguistique et
sémantique que dans le réseau des solidarités syntagmatiques qu’il entretient avec d’autres
unités et dont il reste implicitement porteur au niveau de la langue. (...) Tout mot se trouve
donc pris dans un environnement distributionnel au plan morphosyntaxique.»43

Au niveau de l’idiolecte, cette combinatoire subit une restriction supplémentaire, qui


varie d’un individu à l’autre. « Loin de s’emparer d’un lexique neutre qu’il colorerait à son
goût, le locuteur doit composer avec les micro-discours attachés aux mots qu’il utilise et (...)
s’il y a idiolecte, celui-ci ne peut être que le résultat d’une négociation avec ces
préconstruits discursifs (...) »44.

Il s’ensuit que la combinatoire particulière que privilégie tel ou tel auteur est
particulièrement représentative de son idiolecte, dans la mesure où ces alliances privilégiées
de mots varient d’un individu à l’autre. Dans les pages qui suivent, nous tâcherons donc de
repérer la présence de syntagmes ou quasi-syntagmes exclusifs du corpus paulinien.

42
Cf. REMI-GIRAUD 2005, 121-122.
43
REMI-GIRAUD 2005, 120.
44
REMI-GIRAUD 2005, 123.
2.4. Etude du corpus

2.4.1. Critères d’identification des idiolectèmes

Nous présentons ci-dessous une série d’idiolectèmes que nous avons cru pouvoir
identifier dans le corpus paulinien. Les données ont été soumises à un tri, en vue de
présenter les résultats les plus objectifs possibles. Nous ne retiendrons donc comme
idiolectème que les seuls traits linguistiques qui :

A) apparaissent au moins trois ou quatre fois dans l’ensemble du NT


B) apparaissent dans deux ou plusieurs livres du NT
C) sont exclusifs, sur l’ensemble du NT, du corpus des treize lettres traditionnellement
attribuées à Paul45
D) représentent soit un trait syntaxique, soit une alliance de termes, soit un procédé
morphologique

Tout trait qui ne répondrait pas strictement aux conditions mentionnées ci-dessus a
donc été écarté, pour significatif qu’il fût de l’idiolecte paulinien46.

2.4.2. Présentation du corpus


Les traits idiolectaux que nous pouvons relever concernent tout d’abord des quasi-
syntagmes ou lexies formant des expressions pratiquement figées. Nous avons également
repéré des rapprochements de termes (ou alliances sémantiques) ainsi que des structures
linguistiques. Enfin, nous énumérons un certain nombre de traits qui constituent des
associations de termes soumis à des variations paradigmatiques.

2.4.2.1. Traits apparaissant au moins quatre fois


2.4.2.1.1. Syntagmes ou quasi-syntagmes
Les lexies les plus simples associent seulement deux termes, les plus complexes que
nous ayons relevées regroupant jusqu’à cinq mots différents. Etant donné que ces

45
Dans un cas exceptionnel (idiolectème n°35), par faute de temps, il a fallu restreindre le corpus de référence aux
13 lettres pauliniennes, à l’épître aux Hébreux et à celle de Jacques.
46
Cf. appendice.
associations de termes sont absentes du reste des textes du NT et que, d’autre part, leur
emploi dans le corpus paulinien n’est soumis en principe qu’à de légères variations, il est
possible d’y voir des traits quasi-paradigmatiques qui relèvent du trésor des expressions
pauliniennes et dont l’utilisation dans les lettres obéit en partie à des automatismes
linguistiques, l’apparition du premier terme conditionnant celle des autres termes de la
même lexie.

2.4.2.1.1.1. (Quasi)-syntagmes à deux termes

2.4.2.1.1.1.1. (Quasi)-syntagmes nominaux

(1) L’instant qui est le sien: kairo,j + ivdi,oj / e`autou/

Dans le premier idiolectème paulinien de notre liste, le mot kairo,j, qu’il soit au
singulier ou au pluriel, est associé à l’idée d’appartenance.

Gal 6,9 kairw/| ga.r ivdi,w|

II Th 2,6 evn tw|/ e`autou/ kairw/|

I Ti 2,6 kairoi/j ivdi,oij

I Ti 6,15 kairoi/j ivdi,oij

Tit 1,3 kairoi/j ivdi,oij

(2) La saine parole: didaskali,a u`gih,j // lo,goi u`giei/j / u`giai,nontej

Dans l’idiolecte paulinien, les paroles ou l’enseignement sont souvent liées à l’idée de
« santé ». Ce trait particulier n’apparaît (et c’est là un fait exceptionnel pour notre corpus) que
dans les pastorales.

1 Tim 1,10 po,rnoij avrsenokoi,taij avndrapodistai/j yeu,staij evpio,rkoij( kai. ei; ti


e[teron th/| u`giainou,sh| didaskali,a| avnti,keitai
1 Tim 1,10 po,rnoij avrsenokoi,taij avndrapodistai/j yeu,staij evpio,rkoij( kai. ei; ti
e[teron th/| u`giainou,sh| didaskali,a| avnti,keitai
1 Tim 6,3 ei; tij e`terodidaskalei/ kai. mh. prose,rcetai u`giai,nousin lo,goij toi/j tou/
kuri,ou h`mw/n VIhsou/ Cristou/ kai. th/| katV euvse,beian didaskali,a|
2 Tim 1,13 u`potu,pwsin e;ce u`giaino,ntwn lo,gwn w-n parV evmou/ h;kousaj evn pi,stei kai.
avga,ph| th/| evn Cristw/| VIhsou/
2 Tim 4,3 e;stai ga.r kairo.j o[te th/j u`giainou,shj didaskali,aj ouvk avne,xontai avlla.
kata. ta.j ivdi,aj evpiqumi,aj e`autoi/j evpiswreu,sousin didaska,louj knhqo,menoi
th.n avkoh,n)
Tit 1,9 avnteco,menon tou/ kata. th.n didach.n pistou/ lo,gou( i[na dunato.j h=| kai.
parakalei/n evn th/| diadaskali,a| th/| u`giainou,sh| kai. tou.j avntile,gontaj
evle,gceinÅ
Tit 2,1 Su. de. la,lei a] pre,pei th/| u`giainou,sh| didaskali,a|
Tit 2,8 lo,gon u`gih/ avkata,gnwston( i[na o` evx evnanti,aj evntraph/| mhde.n e;cwn le,gein
peri. h`mw/n fau/lonÅ

(3) La richesse de la gloire: to. / o` plou/toj th/j do,xhj

PERCY47 avait déjà remarqué l’association du terme plou/toj, dans le corpus


paulinien, à un certain nombre d’idées abstraites, dont celle de « gloire ». Le tableau qui suit
recense toutes les occurrences néotestamentaires dans lesquelles un même syntagme associe
les mots plou/toj et do,xa)

Ro 9,23 kai. i[na gnwri,sh| to.n plou/ton th/j do,xhj auvtou/

Eph 1,18 ti,j o` plou/toj th/j do,xhj th/j klhronomi,aj auvtou/

Eph 3,16 i[na dw/| u`mi/n kata. to. plou/toj th/j do,xhj auvtou/ duna,mei krataiwqh/nai dia. tou/
pneu,matoj auvtou/ eivj to.n e;sw a;nqrwpon

Phil 4,19 o` de. Qeo,j mou plhrw,sei pa/san crei,an u`mw/n kata. to. plou/toj auvtou/ evn do,xh|
evn Cristw/| VIhsou/

47
1960, 50 et 204-205.
Col 1,27 oi-j hvqe,lhsen o` Qeo.j gnwri,sai ti, to. plou/toj th/j do,xhj tou/ musthri,ou tou,tou
evn toi/j e;qnesin( o[ evstin Cristo.j evn u`mi/n( h` evlpi.j th/j do,xhj

(4) Prisonnier du Christ : de,smioj + Cristou/ ou équivalent / evn Kuri,w|

La correspondance paulinienne offre à quatre reprises une formule qui le présente


comme le prisonnier du Christ.

Eph 3,1 Tou,tou ca,rin evgw. Pau/loj o` de,smioj tou/ Cristou/ ÎVIhsou/Ð u`pe.r
u`mw/n tw/n evqnw/n

Eph 4,1 o` de,smioj evn Kuri,w|

Phm 1,9 de,smioj Cristou/ vIhsou/

II Ti 1,8 to.n de,smion auvtou/

L’expression que présente Eph 3,1 a été reprise littéralement dans la IIIe épître aux
Corinthiens (III Co, 1: Pau/loj o` de,smioj Cristou/ vIhsou/).

(5) L’Eglise de Dieu : (h`) evkklhsi,a tou/ Qeou/ / (ai`) evkklhsi,ai tou/ Qeou/

Voici un idiolectème, le syntagme associant l’idée d’église à celle de Dieu, où le


déterminant au génitif (Qeou/) peut se lire même lorsque cette forme a été employée quelques
mots plus tôt ou va l’être quelques mots plus tard48. Cette tendance montre, si besoin en
était, que le tour evkklhsi,a(i) tou/ Qeou/ est particulièrement enraciné dans l’idiolecte de Paul
puisqu’il apparaît au risque d’une répétition.

1 Co 1,2 th/| evkklhsi,a| tou/ Qeou/ th/| ou;sh| evn Kori,nqw|


1 Co 10,32 avpro,skopoi kai. VIoudai,oij gi,nesqe kai. {Ellhsin kai. th/| evkklhsi,a| tou/
Qeou/

48
Cf. 1 Co 1,1.2 ; 1 Co 10,31.32 ; 1 Co 15,9.10 ; 2 Co 1,1 (2 fois Qeou/ dans le même verset) ; 1
Thess 2,13.14 ; 1 Tim 3,15 (2 fois Qeou/ dans le même verset).
1 Co 11,16 ai` evkklhsi,ai tou/ Qeou/Å
1 Co 11,22 h' th/j evkklhsi,aj tou/ Qeou/ katafronei/te(
1 Co 15,9 dio,ti evdi,wxa th.n evkklhsi,an tou/ Qeou/\
2 Co 1,1 Pau/loj avpo,stoloj Cristou/ VIhsou/ dia. qelh,matoj Qeou/ kai. Timo,qeoj o`
avdelfo.j th/| evkklhsi,a| tou/ Qeou/ th/| ou;sh| evn Kori,nqw|
Gal 1,13 o[ti kaqV u`perbolh.n evdi,wkon th.n evkklhsi,an tou/ Qeou/ kai. evpo,rqoun
auvth,n(
1 Thess tw/n evkklhsiw/n tou/ Qeou/
2,14
2 Thess 1,4 evn tai/j evkklhsi,aij tou/ Qeou/
1 Tim 3,5 eiv de, tij tou/ ivdi,ou oi;kou prosth/nai ouvk oi=den( pw/j evkklhsi,aj Qeou/
evpimelh,setaiÈ
1 Tim 3,15 pw/j dei/ evn oi;kw| Qeou/ avnastre,fesqai( h[tij evsti.n evkklhsi,a Qeou/
zw/ntoj( stu/loj kai. e`drai,wma th/j avlhqei,ajÅ

(6) La perception de la vérité : evpi,gnwsij avlhqei,aj

L’expression evpi,gnwsij avlhqei,aj est exclusive de Paul dans le NT, et plus particulièrement
des pastorales.

1 Ti 2:4 kai. eivj evpi,gnwsin avlhqei,aj evlqei/n


2 Ti 2:25 mh,pote dw,h| auvtoi/j o` qeo.j meta,noian eivj evpi,gnwsin avlhqei,aj
2 Ti 3:7 eivj evpi,gnwsin avlhqei,aj evlqei/n duna,menaÅ
Tit 1:1 kai. evpi,gnwsin avlhqei,aj

On trouve pourtant en Hb 10:26 la formule pourvue de l’article : meta. to. labei/n th.n
evpi,gnwsin th/j avlhqei,aj.

(7) L’évangile du Christ : to. euvagge,lion tou/ Cristou/

Aussi banal qu’il puisse paraître, ce syntagme est réservé au corpus des lettres
pauliniennes, au sein du NT.
Gal 1,7 to. euvagge,lion tou/ Cristou/
Ro 15,19 to. euvagge,lion tou/ Cristou/
2 Co 2,12 eivj to. euvagge,lion tou/ Cristou/
2 Co 9,13 eivj to. euvagge,lion tou/ Cristou/

(8) Ce siècle-ci : aivw.n ou-toj

Ici, l’idiolectème consiste dans l’emploi des mots aivw.n ou-toj dans cet ordre précis, à
l’exclusion de l’expression formulaire « les fils de ce siècle» (Lc 16,8 et 20,34).

Ro 12:2 kai. mh. suschmati,zesqe tw/| aviw/ni tou,tw|(

1 Co 3:18 ei; tij dokei/ sofo.j ei=nai evn u`mi/n evn tw/| aivw/ni tou,tw|( mwro.j gene,sqw

1 Co 1:20 pou/ suzhthth.j tou/ aviw/noj tou,touÈ

1 Co 2:6 sofi,an de. ouv tou/ aviw/noj tou,tou

1 Co 2,7 ouvde. tw/n avrco,ntwn tou aviw/noj tou,tou tw/n katargoume,nwn\

1 Co 2:8 h]n ouvdei.j tw/n avrco,ntwn tou aviw/noj tou,tou e;gnwken( eiv ga.r e;gnwsan(
ouvk a'n to.n ku,rion th/j do,xhj evstau,rwsanÅ

2 Co 4:4 evn oi-j o` qeo.j tou/ aviw/noj tou,tou evtu,flwsen ta. noh,mata tw/n avpi,stwn

Eph 1:21 ouv mo,non evn tw/| aivw/ni tou,tw| avlla. kai. evn tw/| me,llonti\

(9) Crainte et tremblement : fo,boj kai. tro,moj

Le syntagme fo,boj kai. tro,moj n’apparaît que dans le corpus paulinien sur
l’ensemble du NT. L’expression est cependant fréquente dans d’autres textes grecs49.

49
L’expression fo,boj kai. tro,moj (dans cet ordre précis) apparaît par exemple 5 fois dans le corpus de la LXX : Ex
15,16 ; Jdt 2,28 ; 1 Mac 7,18 ; Ps 54,6 ; Odes 1,16. Dorénavant, quand nous mentionnerons le corpus de la LXX, il
1 Co 2,3 evn fo,bw| kai. tro,mw|
2 Co 7,15 meta. fo,bou kai. tro,mou
Eph 6,5 meta. fo,bou kai. tro,mou
Phil 2,12 meta. fo,bou kai. tro,mou

(10) La grâce qui [m’]a été donnée : ca,rij / ca,risma (+ tou/ Qeou/) + doqei/sa (ou
dedome,nh ou evdo,qh [+ moi( soi( u`mi/n( h`mi/n])

L’idiolectème que voici illustre à merveille le fonctionnement de la première


dichotomie de GERARD (restriction du code général et variation de l’usage linguistique en
fonction de la liberté individuelle) au sein de l’idiolecte paulinien. La notion de grâce
(ca,rij( ca,risma) est souvent associée dans notre corpus à l’idée de « don ». L’expression de
cette dernière subit toutefois des variations. Elle peut apparaître soit au participe aoriste
passif (doqei/san( doqei,shj( doqei,sh|), soit au participe parfait passif (dedome,nhn), soit à
l’indicatif aoriste passif (evdo,qh). A ce syntagme est souvent associé un complément d’objet
second (moi( soi( u`mi/n( h`mi/n).

Ro 12,6 kata. th.n ca,rin th.n doqei/san h`mi/n

Ro 15,15 dia. th.n ca,rin th.n doqei/sa,n moi u`po. tou/ Qeou/

Ro 12,3 dia. th/j ca,ritoj th/j doqei,shj moi

1 Co 1,4 evpi. th/| ca,riti tou/ Qeou/ th/| doqei,sh| u`mi/n

1 Co 3,10 Kata. th.n ca,rin tou/ Qeou/ th.n doqei/sa,n moi

2 Co 8,1 th.n ca,rin tou/ Qeou/ th.n dedome,nhn evn tai/j evkklhsi,aij th/j Makedoni,aj

Gal 2,9 kai. gno,ntej th.n ca,rin th.n doqei/sa,n moi

Eph 3,2 th/j ca,ritoj tou/ Qeou/ th/j doqei,shj moi

s’agira non seulement des textes proto- et deutérocanoniques, mais aussi d’apocryphes tels que les 3e et 4e livres des
Maccabées ou les Odes de Salomon.
Eph 3,7 th/j ca,ritoj tou/ Qeou/ th/j doqei,shj moi

Eph 3,8 evmoi. tw/| evlacistote,rw| pa,ntwn a`gi,wn evdo,qh h` ca,rij au[th

Eph 4:7 ~Eni. de. e`ka,stw| h`mw/n evdo,qh h` ca,rij kata. to. me,tron th/j dwrea/j tou/ Cristou/Å

1 Ti 4,14 mh. avme,lei tou/ evn soi. cari,smatoj( o] evdo,qh soi dia. profhtei,aj meta. evpiqe,sewj
tw/n ceirw/n tou/ presbuteri,ouÅ

2 Ti 1,9 kai. ca,rin( th.n doqei/san h`mi/n

Cf. Col kata. th.n oivkonomi,an tou/ Qeou/ th.n doqei/sa,n moi
1,25

2.4.2.1.1.1.2. Syntagmes ou quasi-syntagmes prépositionnels

(11) Selon la chair : kata. sa,rka

La simple suite kata. sa,rka est exclusive de Paul dans le NT. Elle apparaît dans deux types
de structures, soit en fonction substantive ou comme déterminant, soit en fonction adverbiale.

A) Fonction substantive ou déterminant d’un adjectif ou d’un nom (adjectif ou


participe ou qualification ou relatif ou article : fonction substantive ou
déterminant d’un adjectif ou d’un nom)
Ro 1:3 evk spe,rmatoj Daui.d kata. sa,rka
Ro 4:1 Ti, ou=n evrou/men eu`rhke,nai VAbraa.m to.n propa,tora h`mw/n kata. sa,rka*
ka
Ro 8:4-5 i[na to. dikai,wma tou/ no,mou plhrwqh/| evn h`mi/n toi/j mh. kata. sa,rka
5
peripatou/sin avlla. kata. pneu/maÅ oi` ga.r kata. sa,rka o;ntej ta. th/j
sarko.j fronou/sin( oi` de. kata. pneu/ma ta. tou/ pneu,matojÅ
Ro 9:3-5 huvco,mhn ga.r avna,qema ei=nai auvto.j evgw. avpo. tou/ Cristou/ u`pe.r tw/n avdelfw/n
ka 4 oi[tine,j eivsin VIsrahli/tai( w-n h`
mou tw/n suggenw/n mou kata. sa,rka(
ui`oqesi,a kai. h` do,xa kai. ai` diaqh/kai kai. h` nomoqesi,a kai. h` latrei,a kai. ai`
5
evpaggeli,ai( w-n oi` pate,rej kai. evx w-n o` Cristo.j to. kata. sa,rka
1 Co 1:26 ouv polloi. sofoi. kata. sa,rka
1 Co 10:18 ble,pete to.n VIsrah.l kata. sa,rka
2 Co 1:17 h' a] bouleu,omai h' a] bouleu,omai kata. sa,rka bouleu,omai bouleu,omai
Gal 4:29 avllV w[sper to,te o` kata. sa,rka gennhqei.j evdi,wken to.n kata. pneu/ma(
ou[twj kai. nu/nÅ
Eph 6:5 Oi` dou/loi( u`pakou,ete toi/j kata. sa,rka kuri,oij meta. fo,bou kai. tro,mou
Col 3:22 Oi` dou/loi( u`pakou,ete kata. pa,nta toi/j kata. sa,rka kuri,oij

B) Verbe + kata. sa,rka (fonction adverbiale)


Ro 8:12-13 :Ara ou=n( avdelfoi,( ovfeile,tai evsme.n ouv th/| sarki. tou/ kata. sa,rka zh/n(
13
eiv ga.r kata. sa,rka zh/te( me,llete avpoqnh,|skein\
2 Co 5:16 {Wste h`mei/j avpo. tou/ nu/n ouvde,na oi;damen kata. sa,rka\
ka\ eiv kai.
evgnw,kamen kata. sa,rka Cristo,n( avlla. nu/n ouvke,ti ginw,skomenÅ
2 Co 10:2-3 de,omai de. to. mh. parw.n qarrh/sai th/| pepoiqh,sei h-| logi,zomai tolmh/sai
evpi, tinaj tou.j logizome,nouj h`ma/j w`j kata. sa,rka peripatou/ntajÅ
2 Co 10,3 evn sarki. ga.r peripatou/ntej ouv kata. sa,rka strateuo,meqa
2 Co 11:18 evpei. polloi. kaucw/ntai kata. sa,rka(
ka kavgw. kauch,somaiÅ
Gal 4:23 avllV o` me.n evk th/j paidi,skhj kata. sa,rka gege,nnhtai)

(12) Selon le commandement : katV evpitagh,n

L’expression katV evpitagh,n( qui apparaît trois fois sur cinq complétée par le régime
Qeou/, reste exclusive des lettres attribuées à Paul, dans le corpus du NT.

Ro 16,26 katV evpitagh.n tou/ aivwni,ou Qeou/


1 Co 7,6 katV evpitagh,n
2 Co 8,8 Ouv katV evpitagh.n le,gw
1 Ti 1,1 katV evpitagh.n Qeou/ swth/roj h`mw/n
Ti 1,3 katV evpitagh.n tou/ swth/roj h`mw/n Qeou/
(13) (Je parle) à la façon humaine : kata. a;nqrwpon (le,gw /lalw/)

L’expression kata. a;nqrwpon, qui est exclusive du corpus paulinien, se rencontre


trois fois sur cinq associé à un verbum dicendi à la première personne du singulier.

Ro 3,5 kata. a;nqrwpon le,gw


1 Co 3,3 kai. kata. a;nqrwpon peripatei/te
1 Co 9,8 Mh. kata. a;nqrwpon tau/ta lalw/
1 Co 15,32 eiv kata. a;nqrwpon evqhrioma,chsa
Gal 3,15 VAdelfoi,( kata. a;nqrwpon le,gw

(14) En exagérant : kaqV u`perbolh,n

Le corpus paulinien utilise volontiers les termes de la famille de u`perba,llw) Le


verbe u`perba,llw, sous ses différentes formes, y apparaît quatre fois (Eph 1,19 ;
3,19 ; 2Co 3,10 ; 9,14), l’adverbe ὑπερβαλλόντως une fois (2Co 11:23 ) et le nom u`perbolh,,
outre les passages mentionnés ci-dessous, dans la deuxième épître aux Corinthiens (4,7 et
12,7).

Ro 7,13 kaqV u`perbolh,n


1 Co 12,31 kaqV u`perbolh,n
2 Co 1,8 kaqV u`perbolh,n
2 Co 4,17 kaqV u`perbolh,n
Gal 1,13 kaqV u`perbolh,n

(15) Selon son dessein : kata. pro,qesin

kata. pro,qesin représente un autre quasi-syntagme paulinien. On le rencontre aussi


bien dans les lettres dites « authentiques » (Ro), que dans celles dont la paternité est
contestée (Eph, 2 Ti).
Ro 8:28 toi/j kata. pro,qesin klhtoi/j ou=sinÅ
Eph 1,11 kata. pro,qesin tou/ ta. pa,nta evnergou/ntoj
Eph 3,11 kata. pro,qesin tw/n aivw,nwn h]n evpoi,hsen evn tw/| Cristw/| VIhsou/ tw/| kuri,w|
h`mw/n(
2 Ti 1,9 kata. ivdi,an pro,qesin kai. ca,rin(

(16) En vain : eivj keno,n

L’expression eivj keno,n est exclusive de notre corpus dans le NT. Elle est pourtant
relativement fréquente en grec koinè et notamment dans la LXX50.

2 Co 6:1 mh. eivj keno.n th.n ca,rin tou/ Qeou/ de,xasqai u`ma/j
Gal 2:2 mh, pwj eivj keno.n tre,cw h' e;dramon
Phil 2:16 o[ti ouvk eivj keno.n e;dramon ouvde. eivj keno.n evkopi,asaÅ
1 Thess kai. eivj keno.n ge,nhtai o` ko,poj h`mw/nÅ
3:5

Une expression très proche apparaît dans 1 Co 15:58 : o` ko,poj u`mw/n ouvk e;stin keno.j evn
Kuri,w|)

2.4.2.1.1.1.3. Locutions conjonctives

(17) Ainsi donc : a;ra ou=n

La locution conjonctive a;ra ou=n n’apparaît, pour le NT, que dans le corpus
paulinien. Notons qu’elle est entièrement absente du corpus de la LXX.

Rom 7,25 a;ra ou=n auvto.j evgw.

Rom 8,12 ;Ara ou=n( avdelfoi,( ovfeile,tai evsme.n

50
Nous trouvons 10 attestations de notre expression dans le corpus de la LXX: Lev 26,20 ; Jb 39,16 ; Hab 2,3 ; Is
29,8 ; Is 45,18 ; Is 65,23 ; Jer 6,29 ; Jer 18,15 ; Jer 26,11 ; Jer 28,58.
Rom 9,16 a;ra ou=n ouv tou/ qe,lontoj ouvde. tou/ tre,contoj avlla. tou/ evlew/ntoj Qeou/Å

Rom 9,18 a;ra ou=n o]n qe,lei

Rom 14,19 a;ra ou=n ta. th/j eivrh,nhj diw,kwmen

Rom 14,12 a;ra Îou=nÐ e[kastoj h`mw/n

Rom 5,18 ;Ara ou=n w`j diV e`no.j paraptw,matoj

Rom 7,3 a;ra ou=n zw/ntoj tou/ avndro.j

Gal 6,10 a;ra ou=n w`j kairo.n e;comen

Eph 2,19 a;ra ou=n ouvke,ti

1 Thess 5,6 a;ra ou=n mh. kaqeu,dwmen

II Thess 2,15 a;ra ou=n avdelfoi,

(18) Si du moins : ei; ge

Une autre locution conjonctive à deux termes a été identifiée par PERCY (1960, 203)
comme étant exclusive des lettres pauliniennes dans le NT : ei; ge)

2 Co 5,3 ei; ge
Gal 3,4 ei; ge
Col 1,23 ei; ge
Eph 3,2 ei; ge
Eph 4,21 ei; ge
2.4.2.1.1.2. Syntagmes ou quasi-syntagmes à trois termes

(19) Par la volonté de Dieu : dia. qelh,matoj Qeou/

L’expression dia. qelh,matoj Qeou/ parcourt l’ensemble du corpus paulinien. Même la


suite qelh,matoj auvtou/ est réservée aux textes pauliniens dans le NT51

Rom 15,32 i[na evn cara/| evlqw.n pro.j u`ma/j dia. qelh,matoj Qeou/ sunanapau,swmai u`mi/nÅ
1 Co 1,1 Pau/loj klhto.j avpo,stoloj Cristou/ VIhsou/ dia. qelh,matoj Qeou/ kai.
Swsqe,nhj o` avdelfo.j
2 Co 1,1 Pau/loj avpo,stoloj Cristou/ VIhsou/ dia. qelh,matoj Qeou/ kai. Timo,qeoj o`
avdelfo.j th/| evkklhsi,a| tou/ Qeou/ th/| ou;sh| evn Kori,nqw| su.n toi/j a`gi,oij
pa/sin toi/j ou=sin evn o[lh| th/| VAcai<a|(
2 Co 8,5-6 kai. ouv kaqw.j hvlpi,samen avllV e`autou.j e;dwkan prw/ton tw/| kuri,w| kai. h`mi/n
6
dia. qelh,matoj Qeou/ eivj to. parakale,sai h`ma/j Ti,ton(
Eph 1,1 Pau/loj avpo,stoloj Cristou/ VIhsou/ dia. qelh,matoj Qeou/ toi/j a`gi,oij toi/j
ou=sin Îevn VEfe,sw|Ð kai. pistoi/j evn Cristw/| VIhsou/(
Col 1,1 Pau/loj avpo,stoloj Cristou/ VIhsou/ dia. qelh,matoj Qeou/ kai. Timo,qeoj o`
avdelfo.j
2 Tim 1,1 Pau/loj avpo,stoloj Cristou/ VIhsou/ dia. qelh,matoj Qeou/ katV evpaggeli,an
zwh/j th/j evn Cristw/| VIhsou/

(20) Fidèle dans le Seigneur : pisto.j evn Kuri,w| (/ Cristw/|)

Cette expression n’apparaît que, pour le NT, dans les 13 lettres pauliniennes. Même la LXX
l’ignore entièrement.

1 Cor 4,17 o[j evsti,n mou te,knon avgaphto.n kai. pisto.n evn Kuri,w|

51
Elle apparaît 4 fois : Eph 1:5 (kata. th.n euvdoki,an tou/ qelh,matoj auvtou/) ; Eph 1:9 (gnwri,saj h`mi/n to. musth,rion
tou/ qelh,matoj auvtou/) ; Eph 1:11 (kata. th.n boulh.n tou/ qelh,matoj auvtou/) ; Col 1:9 (i[na plhrwqh/te th.n evpi,gnwsin
tou/ qelh,matoj auvtou/ evn pa,sh| sofi,a| kai. sune,sei pneumatikh/|).
Eph 1,1 pistoi/j evn Cristw/| vIhsou/

Eph 6,21 pisto.j dia,konoj evn Kuri,w|

Col 1,2 pistoi/j avdelfoi/j evn Cristw/|

Col 4,7 pisto.j dia,konoj kai. su,ndouloj evn Kuri,w|

(21) (Prêt pour) toute oeuvre bonne :

$h`toismame,noj Æ evxhrtisme,noj Æ e[toimoj pro.j% pa/n e;rgon avgaqo,n

Déclinés aux différents cas, au singulier comme au pluriel, le syntagme pa/n e;rgon
avgaqo,n se retrouve exclusivement dans le corpus paulinien, à l’échelle du NT, aussi bien
dans les lettres « authentiques » que dans celles dont l’attribution traditionnelle à l’apôtre
des gentils est contestée.

2 Co 9,8 perisseu,hte eivj pa/n e;rgon avgaqo,n

Col 1:10 ἐν παντὶ ἔργῳ ἀγαθῷ καρποφοροῦντες

2Th 2:17 καὶ στηρίξαι ἐν παντὶ ἔργῳ καὶ λόγῳ ἀγαθῷ

1Ti 5:10 εἰ παντὶ ἔργῳ ἀγαθῷ ἐπηκολούθησεν

2 Ti 2,21 eivj pa/n e;rgon avgaqo.n h`toimasme,non

2 Ti 3,17 pro.j pa/n e;rgon avgaqo.n evxhrtisme,noj

Tit 3,1 pro.j pa/n e;rgon avgaqo.n e`toi,mouj ei=nai

Tit 1,16 pro.j pa/n e;rgon avgaqo.n avdo,kimoi


(22) Par la foi au Christ : dia. pi,stewj Cristou/ / auvtou/

L’expression dia. pi,stewj $ vIhsou/% Cristou/ / auvtou/ n’apparaît que dans le corpus
paulinien sur l’ensemble du NT.

Rom 3,22 dia. pi,stewj vIhsou/ Cristou/

Gal 2,16 dia. pi,stewj VIhsou/ Cristou/

Eph 3,12 dia. th/j pi,stewj auvtou/

Phil 3,9 dia. pi,stewj Cristou/

(23) La foi dans le Christ Jésus : pi,stij (h`) evn Cristw/| VIhsou/ / tou/ Cristou/ vIhsou/ /
Kuri,w| vIhsou/(

Cette expression, très proche de la précédente, se retrouve dans le corpus paulinien,


sans apparaître ailleurs dans le NT.

Gal 3,26 dia. th/j pi,stewj evn Cristw/| VIhsou/


Col 1,4 avkou,santej th.n pi,stin u`mw/n evn Cristw/| VIhsou/
Eph 1,15 avkou,saj th.n kaqV u`ma/j pi,stin evn tw/| kuri,w| VIhsou/
1 Tim 1 :14 meta. pi,stewj kai. avga,phj th/j evn Cristw/| VIhsou/
1 Tim 3:13 pollh.n parrhsi,an evn pi,stei th/| evn Cristw/| VIhsou/
2 Tim 1,13 evn pi,stei kai. avga,ph| th/| evn Cristw/| VIhsou/
2 Tim 3,15 dia. pi,stewj th/j evn Cristw/| VIhsou/

Des expressions comparables que l’on peut retrouver aussi bien chez Paul que dans
d’autres corpus du NT, sont pourtant déjà beaucoup plus différentes du point de vue de la
construction syntaxique. Dans le corpus lucanien, on trouve ainsi, appliqué à la foi au
Christ, l’expression pi,stij dia, suivie du génitif (cf. Ac 3,16 : h` pi,stij h` diV auvtou/)) La
formule pi,stij complétée par un génitif tel que tou/ ovno,matoj auvtou/ ou vIhsou/ ou Cristou/
apparaît d’autre part dans des textes multiples (cf. Ac 3,16 ; Jc 2,1 ; Ap 14,12 ; Ro 3,26 ;
Gal 2,16 ; Gal 3,22)52. Quant au syntagme pi,stij eivj to.n Ku,rion vIhsou/n ou eivj Cristo,n,
on le retrouve à la fois chez Luc (Ac 20,21 ; Ac 24,24 ; Ac 26,18) et dans les lettres
pauliniennes (Col 2,5 ; Gal 2,20). Enfin, la suite pi,stin h]n e;ceij pro.j to.n Ku,rion VIhsou/n
ne se retrouve que dans Philémon 5.

(24) Selon la force : kat(a. th.n) evne,rgeian + idée de force (du,namij( du,nasaqai( kra,toj(
evnergoume,nhn)53

Il est bien connu que le corpus paulinien use volontiers du verbe evnergw/) Ce qui est
spécifique des lettres attribuées à Paul, c’est l’alliance entre le syntagme kat(a. th.n) evne,rgeian et
l’idée de force.

Phil 3,21 kata. th.n evne,rgeian tou/ du,nasaqai auvto,n

Eph 3,7 kata. th.n evne,rgeian th/j duna,mewj auvtou/

Eph 1,19 kata. th.n evne,rgeian tou/ kra,touj th/j ivscu,oj

Col 1,29 kata. th.n evne,rgeian auvtou/ th.n evnergoume,nhn evn evmoi,

2 Thess 2,9 katV evne,rgeian tou/ Satana/ evn pa,sh| duna,mei

(25) Avoir les mêmes sentiments : to. auvto. fronei/n

Déclinée sous diverses formes (to. auvto. eivj avllh,louj fronei/n( to. auvto. fronei/n evn
avllh,loij( to/ auvto. fronei/n evn Kuri,w|)))), cette expression apparaît exclusivement, dans le NT, au

52
Le débat sur la question de syntagmes du type pi,stij Cristou/ interpétés, selon les exégètes, soit comme faisant
référence à la foi du Christ, soit comme désignant la foi au Christ a fait couler beaucoup d’encre. D’un point de vue
strictement philologique, nous nous contenterons ici de signaler le parallélisme strict entre ce type de lexies et
d’autres qui font indubitablement référence soit à la foi en Dieu (Mc 11,22 : :Ecete pi,stin Qeou/), soit à la fidélité
de Dieu (Ro 3:3 : mh. h` avpisti,a auvtw/n th.n pi,stin tou/ Qeou/ katargh,seiÈ). Il ne fait aucun doute qu’une tournure
telle que evpi. th/| pi,stei tou/ ovno,matoj auvtou/ (Acts 3,16) fait référence à la foi au Christ et non pas du Christ. Du
reste, les syntagmes où le régime de pi,stij désigne un génitif objectif sont connus par ailleurs (Ac 14,9 : e;cei
pi,stin tou/ swqh/nai).
53
Même le mot evne,rgeia est exclusif de Paul dans le NT. Le syntagme avait déjà été identifié comme paulinien par
PERCY (1960, 50 et 204).
sein du corpus paulinien. Il s’agit de l’un des rares idiolectèmes que nous ayons trouvé
uniquement dans les lettres réputées authentiques.

L’épître aux Philippiens connaît un tour différent mais voisin (Phil 2:2 to. e]n
fronou/ntej).

Ro 12:16 to. auvto. eivj avllh,louj fronou/ntej( mh. ta. u`yhla. fronou/ntej avlla. toi/j
tapeinoi/j sunapago,menoiÅ mh. gi,nesqe fro,nimoi parV e`autoi/jÅ
Ro 15:5 o` de. Qeo.j th/j u`pomonh/j kai. th/j paraklh,sewj dw,|h u`mi/n to. auvto. fronei/n
evn avllh,loij kata. Cristo.n VIhsou/n
2 Co 13:11 Loipo,n( avdelfoi,( cai,rete( katarti,zesqe( parakalei/sqe( to. auvto. fronei/te(
eivrhneu,ete( kai. o` qeo.j th/j avga,phj kai. eivrh,nhj e;stai meqV u`mw/nÅ
Phil 2:2 plhrw,sate, mou th.n cara.n i[na to. auvto. fronh/te( th.n auvth.n avga,phn
e;contej( su,myucoi( to. e]n fronou/ntej
Phil 4:2 Euvodi,an parakalw/ kai. Suntu,chn parakalw/ to. auvto. fronei/n evn Kuri,w|Å

(26) Qeo.j kai. Path.r h`mw/n

Le tour Qeo.j kai. Path,r apparaît dans de multiples corpus, aussi bien dans les
lettres attribuées à Paul (1 Co 15,24 : o[tan paradidw/| th.n basilei,an tw/| Qew/| kai.
Patri,; Eph 5,20 : evn ovno,mati tou/ kuri,ou h`mw/n VIhsou/ Cristou/ tw/| Qew/| kai. Patri,%
qu’ailleurs (Jc 1,27 para. tw/| Qew/| kai. Patri,; Ap 1,6 kai. evpoi,hsen h`ma/j basilei,an( i`erei/j
tw/| Qew/| kai. Patri. auvtou/).

En revanche, la formule Qeo.j kai. Path.r h`mw/n est strictement paulinienne.

Gal 1,4 kata. to. qe,lhma tou/ Qeou/ kai. Patro.j h`mw/n
Phil 4:20 tw/| de. Qew/| kai. Patri. h`mw/n h` do,xa eivj tou.j aivw/naj tw/n aivw,nwn( avmh,nÅ
1 Thess 1:3 e;mprosqen tou/ Qeou/ kai. Patro.j h`mw/n
1 Thess 3:13 e;mprosqen tou/ Qeou/ kai. Patro.j h`mw/n

(27) Apôtre du Christ Jésus : avpo,stoloj Cristou/ VIhsou/

La séquence « Apôtre du Christ Jésus » (dans cet ordre-là) caractérise les textes
attribués à Paul.
1 Co 1,1 Pau/loj klhto.j avpo,stoloj Cristou/ VIhsou/
2 Co 1,1 Pau/loj avpo,stoloj Cristou/ VIhsou/
Eph 1,1 Pau/loj avpo,stoloj Cristou/ VIhsou/
Col 1,1 Pau/loj avpo,stoloj Cristou/ VIhsou/
1 Tim 1,1 Pau/loj avpo,stoloj Cristou/ VIhsou/
2 Tim 1,1 Pau/loj avpo,stoloj Cristou/ VIhsou/

On trouve en revanche trois fois fois l’ordre inverse dans d’autres textes, aussi bien dans
l’épître à Tite qu’en dehors du corpus paulinien :

Ti 1,1 Pau/loj dou/loj Qeou/( avpo,stoloj de. VIhsou/ Cristou/

1 Pi 1,1 Pe,troj avpo,stoloj VIhsou/ Cristou/

2 Pi 1,1 Sumew.n Pe,troj dou/loj kai. avpo,stoloj VIhsou/ Cristou/

2.4.2.1.1.3. Quasi-syntagmes à quatre termes

(28) Je ne veux pas que vous ignoriez : ouv de. qe,lw / qe,lomen u`ma/j avgnoei/n (avdelfoi,)

// qe,lw u`ma/j eivde,nai

Les lettres de Paul se caractérisent par la présence de marqueurs rhétoriques


soulignant le rôle de l’énonciateur. Tel est le cas du tour que voici.

Ro 1,13 ouv qe,lw de. u`ma/j avgnoei/n avdelfoi,

Ro 11,25 ouv ga.r qe,lw u`ma/j avgnoei/n avdelfoi,

I Co 10,1 ouv qe,lw de. u`ma/j avgnoei/n

1 Co 11,3 qe,lw de. u`ma/j eivde,nai

I Co 12,1 avdelfoi,( ouv qe,lw u`ma/j avgnoei/n


2 Co 1,8 Ouv ga.r qe,lomen u`ma/j avgnoei/n( avdelfoi,

Col 2,1 qe,lw ga.r u`ma/j eivde,nai

1 Thess 4,13 Ouv qe,lomen de. u`ma/j avgnoei/n( avdelfoi,

(29) Notre Sauveur Jésus-Christ : tou/ swth/roj h`mw/n + Cristou/ vIhsou/ / vIhsou/ Cristou/

L’emploi du possessif « notre » avec l’expression « Jésus Christ sauveur » est


exclusive des textes pauliniens à l’échelle du NT. On ne la rencontre que dans les pastorales.

2 Tim 1,10 dia. th/j evpifanei,aj tou/ swth/roj h`mw/n Cristou/ VIhsou/*
Ti 1,4 avpo. Qeou/ patro.j kai. Cristou/ VIhsou/ tou/ swth/roj h`mw/nÅ

Ti 2,13 evpifa,neian th/j do,xhj tou/ mega,lou Qeou/ kai. swth/roj h`mw/n VIhsou/
Cristou/(
Ti 3,6 dia. VIhsou/ Cristou/ tou. swth/roj h`mw/n

Pour la tournure « Dieu notre sauveur », en revanche, elle apparaît ailleurs que dans
le corpus paulinien :

1 Tim 2,3 evnw,pion tou/ swth/roj h`mw/n Qeou/

Ti 1,3 evgw. katV evpitagh.n tou/ swth/roj h`mw/n Qeou/

Ti 2,10 th.n tou/ swth/roj h`mw/n Qeou/

Ti 3,4 kai. h` filanqrwpi,a evpefa,nh tou/ swth/roj h`mw/n Qeou/

Jude 1,25 mo,nw| Qew/| swth/ri h`mw/n


2.4.2.1.1.4. Quasi-syntagmes à cinq termes

(30) Et non seulement (cela) mais encore : Ouv mo,non de, (+ un mot) + avlla. kai,

Le syntagme ouv mo,non)))) avlla. kai, est banal en grec. Ce qui l’est beaucoup moins,
c’est la suite ouv mo,non de,( suivie, éventuellement, d’un mot d’incise, puis de la locution
avlla. kai,) Sur l’ensemble du NT, ce type de quasi-syntagme n’apparaît que dans le corpus
paulinien.

Ro 5,3 ouv mo,non de,( avlla. kai. kaucw,meqa evn tai/j qli,yesin

Ro 5,11 ouv mo,non de,( avlla. kai. kaucw,menoi evn tw/| qew/| dia. tou/ kuri,ou h`mw/n
VIhsou/ Cristou/

Ro 8,23 ouv mo,non de,( avlla. kai. auvtoi. th.n avparch.n tou/ pneu,matoj e;contej( h`mei/j
kai. auvtoi. evn e`autoi/j stena,zomen

Ro 9,10 ouv mo,non de,( avlla. kai. ~Rebe,kka evx e`no.j koi,thn e;cousa( VIsaa.k tou/ patro.j
h`mw/n

II Co 8,19 ouv mo,non de,( avlla. kai. ceirotonhqei.j u`po. tw/n evkklhsiw/n sune,kdhmoj h`mw/n

I Ti 5,13 ouv mo,non de. avrgai. avlla. kai. flu,aroi kai. peri,ergoi( lalou/sai ta. mh.
de,ontaÅ

II Ti 4,8 ouv mo,non de. evmoi. avlla. kai. pa/si toi/j hvgaphko,si th.n evpifa,neian auvtou/Å

(31) Grâce et paix de la part du Père : ca,rij $u`mi/n% $kai.% eivrh,nh avpo. Patro.j $h`mw/n%

La salutation ca,rij $u`mi/n% kai. eivrh,nh (« grâce (pour vous) et paix ») était commune dans
les incipit des lettres des premières communautés chrétiennes (Rm 1,7 ; 1Co 1,3 ; 2Co 1,2 ; Ga
1,3 ; Ep 1,2 ; Ph 1,2 ; Col 1,2 ; 1Th 1,1 ; 2Th 1,2 ; Phm 1,3 ; Tt 1,4 ; 1Pi 1,2; 2Pi 1,2 ; Ap 1,4).
Dans tous les cas que nous venons de citer (sauf pour Col 1,2), cette salutation est précédée ou
suivie d’une double référence à Dieu le Père et à Jésus-Christ, qui prend souvent dans le corpus
paulinien, la forme fixe avpo. Qeou/ Patro.j $h`mw/n% kai. Kuri,ou VIhsou/ Cristou/. En 1Pi 1,2 et Ap
1,4 apparaît même une formule trinitaire.

Associée à e;leoj (« miséricorde ») et avec diverses variations, cette salutation figure


également en 1Tm 1,2 ; 2Tm 1,2 et 2Jn 1,3, toujours en référence à Dieu le Père et à Jésus-
Christ. En Jude 1,2, on rencontre la formule e;leoj u`mi/n kai. eivrh,nh kai. avga,ph « miséricorde
pour vous, paix et charité (cf. Ga 6,16 : eivrh,nh evpV auvtou.j kai. e;leoj). Ces exemples soulignent
la continuité entre le e;leoj ( d) vétérotestamentaire et la ca,rij du NT mais aussi la différence

entre les deux termes, puisque la ca,rij de la Nouvelle Alliance est associée selon les cas, soit au
Père et au Christ, soit à la Trinité.

Ro 1,7 ca,rij u`mi/n kai. eivrh,nh avpo. Qeou/ patro.j h`mw/n kai. kuri,ou VIhsou/ Cristou/Å

1 Co 1,3 ca,rij u`mi/n kai. eivrh,nh avpo. Qeou/ patro.j h`mw/n kai. kuri,ou VIhsou/ Cristou/Å

2 Co 1,2 ca,rij u`mi/n kai. eivrh,nh avpo. Qeou/ patro.j h`mw/n kai. kuri,ou VIhsou/ Cristou/Å

Gal 1,3 ca,rij u`mi/n kai. eivrh,nh avpo. Qeou/ patro.j h`mw/n kai. kuri,ou VIhsou/ Cristou/

Eph 1,2 ca,rij u`mi/n kai. eivrh,nh avpo. Qeou/ patro.j h`mw/n kai. kuri,ou VIhsou/ Cristou/Å

Phil 1,2 ca,rij u`mi/n kai. eivrh,nh avpo. Qeou/ patro.j h`mw/n kai. kuri,ou VIhsou/ Cristou/Å

II Thess 1,2 ca,rij u`mi/n kai. eivrh,nh avpo. Qeou/ patro.j Îh`mw/nÐ kai. kuri,ou VIhsou/ Cristou/Å

1 Ti 1,2 ca,rij e;leoj eivrh,nh avpo. Qeou/ patro.j kai. Cristou/ VIhsou/ tou/ kuri,ou h`mw/nÅ

2 Ti 1,2 ca,rij e;leoj eivrh,nh avpo. Qeou/ patro.j kai. Cristou/ VIhsou/ tou/ kuri,ou h`mw/nÅ

Ti 1,4 ca,rij kai. eivrh,nh avpo. Qeou/ patro.j kai. Cristou/ VIhsou/ tou/ swth/roj h`mw/nÅ

Philm 3 ca,rij u`mi/n kai. eivrh,nh avpo. Qeou/ patro.j h`mw/n kai. kuri,ou VIhsou/ Cristou/Å

Des formules légèrement différentes apparaissent dans les autres corpus :

1 Pi 1,2 kata. pro,gnwsin Qeou/ patro.j evn a`giasmw/| pneu,matoj eivj u`pakoh.n kai. r`antismo.n
ai[matoj VIhsou/ Cristou/( ca,rij u`mi/n kai. eivrh,nh plhqunqei,hÅ
2 Pi 1,2 ca,rij u`mi/n kai. eivrh,nh plhqunqei,h evn evpignw,sei tou/ Qeou/ kai. VIhsou/ tou/ kuri,ou
h`mw/nÅ

Ap 1,4-5 VIwa,nnhj tai/j e`pta. evkklhsi,aij tai/j evn th/| VAsi,a|\ ca,rij u`mi/n kai. eivrh,nh avpo. o` w'n
5
kai. o` h=n kai. o` evrco,menoj kai. avpo. tw/n e`pta. pneuma,twn a] evnw,pion tou/ qro,nou auvtou/ kai.
avpo. VIhsou/ Cristou/( o` ma,rtuj( o` pisto,j( o` prwto,tokoj tw/n nekrw/n kai. o` a;rcwn tw/n
basile,wn th/j gh/jÅ

2 Jn 1,3 e;stai meqV h`mw/n ca,rij e;leoj eivrh,nh para. Qeou/ patro.j kai. para. VIhsou/ Cristou/ tou/
ui`ou/ tou/ patro.j evn avlhqe i,a| kai. avga,ph

2
Jude 1,1-2 toi/j evn Qew/| Patri. hvgaphme,noij kai. VIhsou/ Cristw/| tethrhme,noij klhtoi/j\ e;leoj
u`mi/n kai. eivrh,nh kai. avga,ph plhqunqei,hÅ

2.4.2.1.2. Rapprochements de termes (alliances sémantiques)

Un autre cas de figure est celui des rapprochements de termes ou alliances


sémantiques. Ici, il ne s’agit plus de syntagme où les termes suivent un ordonnancement
quasi figé mais d’unités lexicales qui apparaissent à proximité d’autres vocables et dont le
voisinage est spécifique du corpus paulinien.

2.4.2.1.2.1. Rapprochements de deux termes

(32) Le mystère caché ou découvert : musth,rion + avpokekrumme,non / avpoka,luyij

L’association de l’idée de mystère à celle de cachette ou de dévoilement est propre


au corpus paulinien dans le NT.

Musth,rion avpokekrumme,non

Eph 3,9 h` oivkonomi,a tou/ musthri,ou tou/ avpokekrumme,nou

Col 1,26 to. musth,rion to. avpokekrumme,non

1 Co 2:7 lalou/men Qeou/ sofi,an evn musthri,w| th.n avpokekrumme,nhn

vApoka,luyij musthri,ou
Ro 16,25 kata. avpoka,luyin musthri,ou

Eph 3,3 kata. avpoka,luyin evgnwri,sqh moi to. musth,rion

(33) Faire connaître le mystère : gnwri,zw + musth,rion

Une alliance de termes très proche de la précédente est celle du verbe gnwri,zw (« faire
connaître ») avec le nom musth,rion)

Ro 16,25-26 Tw/| de. duname,nw| u`ma/j sthri,xai kata. to. euvagge,lio,n mou kai. to. kh,rugma
VIhsou/ Cristou/( kata. avpoka,luyin musthri,ou cro,noij aivwni,oij sesighme,nou(
26
fanerwqe,ntoj de. nu/n dia, te grafw/n profhtikw/n katV evpitagh.n tou/
aivwni,ou qeou/ eivj u`pakoh.n pi,stewj eivj pa,nta ta. e;qnh gnwrisqe,ntoj
Gal 1,11-12 Gnwri,zw ga.r u`mi/n( avdelfoi,( to. euvagge,lion to. euvaggelisqe.n u`pV evmou/ o[ti ouvk
12
e;stin kata. a;nqrwpon\ ouvde. ga.r evgw. para. avnqrw,pou pare,labon auvto. ou;te
evdida,cqhn avlla. diV avpokalu,yewj VIhsou/ Cristou/Å
Eph 1,9 gnwri,saj h`mi/n to. musth,rion tou/ qelh,matoj auvtou/( kata. th.n euvdoki,an auvtou/
h]n proe,qeto evn auvtw/|
Eph 3,3-5 Îo[tiÐ kata. avpoka,luyin evgnwri,sqh moi to. musth,rion( kaqw.j proe,graya evn
4
ovli,gw|( pro.j o] du,nasqe avnaginw,skontej noh/sai th.n su,nesi,n mou evn tw/|
5
musthri,w| tou/ Cristou/( o] e`te,raij geneai/j ouvk evgnwri,sqh toi/j ui`oi/j tw/n
avnqrw,pwn w`j nu/n avpekalu,fqh toi/j a`gi,oij avposto,loij auvtou/ kai. profh,taij
evn pneu,mati
Eph 3,9-10 kai. fwti,sai Îpa,ntajÐ ti,j h` oivkonomi,a tou/ musthri,ou tou/ avpokekrumme,nou avpo.
10
tw/n aivw,nwn evn tw/| qew/| tw/| ta. pa,nta kti,santi( i[na gnwrisqh|/ nu/n tai/j
avrcai/j kai. tai/j evxousi,aij evn toi/j evpourani,oij dia. th/j evkklhsi,aj h`
polupoi,kiloj sofi,a tou/ Qeou/
Eph 6,19 kai. u`pe.r evmou/( i[na moi doqh/| lo,goj evn avnoi,xei tou/ sto,mato,j mou( evn parrhsi,a|
gnwri,sai to. musth,rion tou/ euvaggeli,ou
Col 1,26-27 to. musth,rion to. avpokekrumme,non avpo. tw/n aivw,nwn kai. avpo. tw/n genew/n& nu/n
27
de. evfanerw,qh toi/j a`gi,oij auvtou/( oi-j hvqe,lhsen o` Qeo.j gnwri,sai ti, to.
plou/toj th/j do,xhj tou/ musthri,ou tou,tou evn toi/j e;qnesin( o[ evstin Cristo.j evn
u`mi/n( h` evlpi.j th/j do,xhj

(34) Marcher dignement : peripatw/ + avxi,wj / euvschmo,nwj

/ Marcher indignement : peripatw/ + avta,ktwj

Typique du corpus paulinien, l’association de l’idée de marche à celle de dignité


reste absente des autres textes du NT.

Rom 13,13 w`j evn h`me,ra| euvschmo,nwj peripath,swmen

Eph 4,1 avxi,wj peripath/sai th/j klh,sewj

Col 1,10 peripath/sai avxi,wj tou/ Kuri,ou

I Thess 2,12 eivj to. peripatei/n u`ma/j avxi,wj tou/ Qeou/

1 Thess 4,12 i[na peripath/te euvschmo,nwj

2 Thess 3,6 ste,llesqai u`ma/j avpo. panto.j avdelfou/ avta,ktwj peripatou/ntoj

2 Thess 3,11 avkou,omen ga,r tinaj peripatou/ntaj evn u`mi/n avta,ktwj mhde.n
evrgazome,nouj avlla. periergazome,nouj\

(35) Faire connaître l’évangile: gnwri,zw + to. euvagge,lion / euvaggelisqe,n

Nous ne trouvons également que dans les lettres attribuées à Paul le voisinage entre le
verbe gnwri,zw et la notion d’évangélisation.

Ro 16,25-26 Tw/| de. duname,nw| u`ma/j sthri,xai kata. to. euvagge,lio,n mou kai. to. kh,rugma
VIhsou/ Cristou/( kata. avpoka,luyin musthri,ou cro,noij aivwni,oij sesighme,nou(
26
fanerwqe,ntoj de. nu/n dia, te grafw/n profhtikw/n katV evpitagh.n tou/
aivwni,ou Qeou/ eivj u`pakoh.n pi,stewj eivj pa,nta ta. e;qnh gnwrisqe,ntoj
1 Co 15,1-2 Gnwri,zw de. u`mi/n( avdelfoi,( to. euvagge,lion o] euvhggelisa,mhn u`mi/n( o] kai.
2
parela,bete( evn w-| kai. e`sth,kate( diV ou- kai. sw,|zesqe( ti,ni lo,gw|
euvhggelisa,mhn u`mi/n eiv kate,cete( evkto.j eiv mh. eivkh/| evpisteu,sateÅ
Gal 1,11 Gnwri,zw ga.r u`mi/n( avdelfoi,( to. euvagge,lion to. euvaggelisqe.n u`pV evmou/ o[ti
ouvk e;stin kata. a;nqrwpon
Eph 3,3-6 kata. avpoka,luyin evgnwri,sqh moi to. musth,rion( kaqw.j proe,graya evn ovli,gw|(
4
pro.j o] du,nasqe avnaginw,skontej noh/sai th.n su,nesi,n mou evn tw/| musthri,w|
5
tou/ Cristou/( o] e`te,raij geneai/j ouvk evgnwri,sqh toi/j ui`oi/j tw/n avnqrw,pwn
w`j nu/n avpekalu,fqh toi/j a`gi,oij avposto,loij auvtou/ kai. profh,taij evn
6
pneu,mati( ei=nai ta. e;qnh sugklhrono,ma kai. su,sswma kai. summe,toca th/j
evpaggeli,aj evn Cristw/| VIhsou/ dia. tou/ euvaggeli,ou
Eph 3,8-10 evmoi. tw/| evlacistote,rw| pa,ntwn a`gi,wn evdo,qh h` ca,rij au[th( toi/j e;qnesin
9
euvaggeli,sasqai to. avnexicni,aston plou/toj tou/ Cristou/ kai. fwti,sai
Îpa,ntajÐ ti,j h` oivkonomi,a tou/ musthri,ou tou/ avpokekrumme,nou avpo. tw/n
10
aivw,nwn evn tw/| Qew/| tw/| ta. pa,nta kti,santi( i[na gnwrisqh/| nu/n tai/j
avrcai/j kai. tai/j evxousi,aij evn toi/j evpourani,oij dia. th/j evkklhsi,aj h`
polupoi,kiloj sofi,a tou/ Qeou/

(36) Faire connaître aux nations: gnwri,zw + ta. e;qnh

Un autre terme à proximité duquel le verbe gnwri,zw apparaît dans corpus paulinien est
celui de e;qnh)

Ro 9,22-24 eiv de. qe,lwn o` Qeo.j evndei,xasqai th.n ovrgh.n kai. gnwri,sai to. dunato.n auvtou/
23
h;negken evn pollh/| makroqumi,a| skeu,h ovrgh/j kathrtisme,na eivj avpw,leian(
kai. i[na gnwri,sh| to.n plou/ton th/j do,xhj auvtou/ evpi. skeu,h evle,ouj a]
24
prohtoi,masen eivj do,xanÈ ou]j kai. evka,lesen h`ma/j ouv mo,non evx VIoudai,wn
avlla. kai. evx evqnw/n
Ro 16,26 fanerwqe,ntoj de. nu/n dia, te grafw/n profhtikw/n katV evpitagh.n tou/ aivwni,ou
qeou/ eivj u`pakoh.n pi,stewj eivj pa,nta ta. e;qnh gnwrisqe,ntoj
Eph 3,1-6 Tou,tou ca,rin evgw. Pau/loj o` de,smioj tou/ Cristou/ ÎVIhsou/Ð u`pe.r u`mw/n tw/n
2
evqnw/n& ei; ge hvkou,sate th.n oivkonomi,an th/j ca,ritoj tou/ Qeou/ th/j doqei,shj
3
moi eivj u`ma/j( Îo[tiÐ kata. avpoka,luyin evgnwri,sqh moi to. musth,rion( kaqw.j
5
proe,graya evn ovli,gw|( (...) o] e`te,raij geneai/j ouvk evgnwri,sqh toi/j ui`oi/j
tw/n avnqrw,pwn w`j nu/n avpekalu,fqh toi/j a`gi,oij avposto,loij auvtou/ kai.
6
profh,taij evn pneu,mati( ei=nai ta. e;qnh sugklhrono,ma kai. su,sswma kai.
summe,toca th/j evpaggeli,aj evn Cristw/| VIhsou/ dia. tou/ euvaggeli,ou
Eph 3,8-10 evmoi. tw/| evlacistote,rw| pa,ntwn a`gi,wn evdo,qh h` ca,rij au[th( toi/j e;qnesin
9
euvaggeli,sasqai to. avnexicni,aston plou/toj tou/ Cristou/ kai. fwti,sai
Îpa,ntajÐ ti,j h` oivkonomi,a tou/ musthri,ou tou/ avpokekrumme,nou avpo. tw/n
10
aivw,nwn evn tw/| Qew/| tw/| ta. pa,nta kti,santi( i[na gnwrisqh/| nu/n tai/j avrcai/j
kai. tai/j evxousi,aij evn toi/j evpourani,oij dia. th/j evkklhsi,aj h` polupoi,kiloj
sofi,a tou/ Qeou/
Col 1,27 oi-j hvqe,lhsen o` Qeo.j gnwri,sai ti, to. plou/toj th/j do,xhj tou/ musthri,ou
tou,tou evn toi/j e;qnesin( o[ evstin Cristo.j evn u`mi/n( h` evlpi.j th/j do,xhj

(37) Faire connaître la richesse : gnwri,zw + to. plou/toj

Toujours avec le verbe gnwri,zw, on rencontre dans le corpus paulinien le terme plou/toj)

Ro 9,23 kai. i[na gnwri,sh| to.n plou/ton th/j do,xhj auvtou/ evpi. skeu,h evle,ouj a]
prohtoi,masen eivj do,xanÈ
2 Co 8,1-2 Gnwri,zomen de. u`mi/n( avdelfoi,( th.n ca,rin tou/ Qeou/ th.n dedome,nhn evn tai/j
2
evkklhsi,aij th/j Makedoni,aj( o[ti evn pollh/| dokimh/| qli,yewj h` perissei,a th/j
cara/j auvtw/n kai. h` kata. ba,qouj ptwcei,a auvtw/n evperi,sseusen eivj to. plou/toj
th/j a`plo,thtoj auvtw/n
Eph 1,7-9 evn w-| e;comen th.n avpolu,trwsin dia. tou/ ai[matoj auvtou/( th.n a;fesin tw/n
paraptwma,twn( kata. to. plou/toj th/j ca,ritoj auvtou/ 8 h-j evperi,sseusen eivj h`ma/j(
9
evn pa,sh| sofi,a| kai. fronh,sei( gnwri,saj h`mi/n to. musth,rion tou/ qelh,matoj
auvtou/( kata. th.n euvdoki,an auvtou/ h]n proe,qeto evn auvtw/|
Eph 3,8-10 evmoi. tw/| evlacistote,rw| pa,ntwn a`gi,wn evdo,qh h` ca,rij au[th( toi/j e;qnesin
9
euvaggeli,sasqai to. avnexicni,aston plou/toj tou/ Cristou/ kai. fwti,sai Îpa,ntajÐ
ti,j h` oivkonomi,a tou/ musthri,ou tou/ avpokekrumme,nou avpo. tw/n aivw,nwn evn tw/|
10
Qew/| tw/| ta. pa,nta kti,santi( i[na gnwrisqh/| nu/n tai/j avrcai/j kai. tai/j
evxousi,aij evn toi/j evpourani,oij dia. th/j evkklhsi,aj h` polupoi,kiloj sofi,a tou/
Qeou/
Col 1,27 oi-j hvqe,lhsen o` Qeo.j gnwri,sai ti, to. plou/toj th/j do,xhj tou/ musthri,ou tou,tou
evn toi/j e;qnesin( o[ evstin Cristo.j evn u`mi/n( h` evlpi.j th/j do,xhj

(38) Faire connaître la grâce : gnwri,zw + ca,rij

Enfin, le verbe gnwri,zw est assez souvent associé au terme ca,rij dans le corpus
paulinien.

2 Co 8,1 Gnwri,zomen de. u`mi/n( avdelfoi,( th.n ca,rin tou/ Qeou/ th.n dedome,nhn evn tai/j
evkklhsi,aij th/j Makedoni,aj
Eph 1,7-9 evn w-| e;comen th.n avpolu,trwsin dia. tou/ ai[matoj auvtou/( th.n a;fesin tw/n
8
paraptwma,twn( kata. to. plou/toj th/j ca,ritoj auvtou/ h-j evperi,sseusen eivj
9
h`ma/j( evn pa,sh| sofi,a| kai. fronh,sei( gnwri,saj h`mi/n to. musth,rion tou/
qelh,matoj auvtou/( kata. th.n euvdoki,an auvtou/ h]n proe,qeto evn auvtw/|
2
Eph 3,2-3 ei; ge hvkou,sate th.n oivkonomi,an th/j ca,ritoj tou/ Qeou/ th/j doqei,shj moi eivj
3
u`ma/j( Îo[tiÐ kata. avpoka,luyin evgnwri,sqh moi to. musth,rion( kaqw.j proe,graya
evn ovli,gw|
Eph 3,8-10 evmoi. tw/| evlacistote,rw| pa,ntwn a`gi,wn evdo,qh h` ca,rij au[th( toi/j e;qnesin
9
euvaggeli,sasqai to. avnexicni,aston plou/toj tou/ Cristou/ kai. fwti,sai
Îpa,ntajÐ ti,j h` oivkonomi,a tou/ musthri,ou tou/ avpokekrumme,nou avpo. tw/n aivw,nwn
10
evn tw/| Qew/| tw/| ta. pa,nta kti,santi( i[na gnwrisqh/| nu/n tai/j avrcai/j kai. tai/j
evxousi,aij evn toi/j evpourani,oij dia. th/j evkklhsi,aj h` polupoi,kiloj sofi,a tou/
Qeou/

(39) Manifesté à présent / dans la chair : fanerw/ aoriste (souvent passif) + idée de
matérialité concrète : « actualité » (nu/n( kairoi/j ivdi,oij) ou « chair » (sa,rx( sw/ma)

Le verbe fanerw/ apparaît souvent, dans les lettres attribuées à Paul, à l’aoriste
(surtout passif), en association avec des termes soulignant la notion de matérialité concrète :
idées d’« actualité » (nu/n( kairoi/j ivdi,oij) ou de « chair » (sa,rx( sw/ma).
Ro 16,26 musthri,ou ))) fanerwqe,ntoj ))) nu/n

2 Co 4,11 zwh. tou/ vIhsou/ fanerwqh/| evn th/| qnhth/| sarki,

2 Co 4,10 i[na kai. h` zwh. tou/ VIhsou/ evn tw/| sw,mati h`mw/n fanerwqh/|

Col 1,26 to. musth,rion ))) nu/n de. evfanerw,qh

1 Ti 3,16 o]j evfanerw,qh evn sarki,

2 Ti 1,10 fanerwqei/san de. nu/n

Tit 1,3 ἐφανέρωσεν δὲ καιροῖς ἰδίοις

Une association comparable, mettant en jeu non pas le verbe mais l’adjectif fanero,j,
apparaît en Gal 5,19 : fanera. de, evstin ta. e;rga th/j sarko,j)

(40) Combler le manque : u`ste,rhma + avnaplhrw/ ou composé

Au sein du NT, l’alliance entre le nom u`ste,rhma et le verbe avnaplhrw/ (ou ses
composés) est propre au corpus paulinien.

1 Co 16,17 o[ti to. u`me,teron u`ste,rhma ou-toi avneplh,rwsan


2 Co 9,12 o[ti h` diakoni,a th/j leitourgi,aj tau,thj ouv mo,non evsti.n
prosanaplhrou/sa ta. u`sterh,mata tw/n a`gi,wn
2 Co 11,9 to. ga.r u`ste,rhma, mou prosaneplh,rwsan oi` avdelfoi,
Phil 2,30 i[na avneplh,rwsh| to. u`mw/n u`ste,rhma th/j pro,j me leitourgi,aj
Col 1,24 Nu/n cai,rw evn toi/j paqh,masin u`pe.r u`mw/n kai. avntanaplhrw/ ta.
u`sterh,mata tw/n qli,yewn tou/ Cristou/ evn th/| sarki, mou u`pe.r tou/
sw,matoj auvtou/
(41) La richesse de la grâce : Lien entre plouti,zomai( plou/toj et ca,rij / crhsto,thj

Nous trouvons par ailleurs dans les lettrres traditionnellement attribuées à Paul une
alliance entre des termes exprimant l’idée de richesse (plouti,zomai( plou/toj) et celle de
bonté ou de grâce (ca,rij / crhsto,thj).

Ro 2,4 h' tou/ plou,tou th/j crhsto,thtoj auvtou/


5
1 Co 1,4-5 evpi. th/| ca,riti tou/ qeou/ th/| doqei,sh| u`mi/n evn Cristw/| VIhsou/( o[ti evn
panti. evplouti,sqhte evn auvtw/|
2 Co 8,2 h` kata. ba,qouj ptwcei,a auvtw/n evperi,sseusen eivj to. plou/toj th/j
a`plo,thtoj auvtw/n\
Eph 1,7 kata. to. plou/toj th/j ca,ritoj auvtou/
Eph 2,7 to. u`perba,llon plou/toj th/j ca,ritoj auvtou/
Eph 3,8 evmoi. tw/| evlacistote,rw| pa,ntwn a`gi,wn evdo,qh h` ca,rij au[th( toi/j e;qnesin
euvaggeli,sasqai to. avnexicni,aston plou/toj tou/ Cristou/

(42) L’abondance de la grâce : ca,rij + perisseu,w

La notion de « grâce » (ca,rij( ca,risma) est souvent associée, dans le corpus


paulinien, à celle d’abondance (perisseu,w).

Ro 5,15 VAllV ouvc w`j to. para,ptwma( ou[twj kai. to. ca,risma\ eiv ga.r tw/| tou/ e`no.j
paraptw,mati oi` polloi. avpe,qanon( pollw/| ma/llon h` ca,rij tou/ Qeou/ kai.
h` dwrea. evn ca,riti th/| tou/ e`no.j avnqrw,pou VIhsou/ Cristou/ eivj tou.j
pollou.j evperi,sseusen)

Ro 5,17 eiv ga.r tw/| tou/ e`no.j paraptw,mati o` qa,natoj evbasi,leusen dia. tou/ e`no,j(
pollw/| ma/llon oi` th.n perissei,an th/j ca,ritoj kai. th/j dwrea/j th/j
dikaiosu,nhj lamba,nontej evn zwh/| basileu,sousin dia. tou/ e`no.j VIhsou/
Cristou/Å
2 Co 4,15 ta. ga.r pa,nta diV u`ma/j( i[na h` ca,rij pleona,sasa dia. tw/n pleio,nwn th.n
euvcaristi,an perisseu,sh| eivj th.n do,xan tou/ Qeou/Å
2 Co 8,1-2 Gnwri,zomen de. u`mi/n( avdelfoi,( th.n ca,rin tou/ Qeou/ th.n dedome,nhn evn
2
tai/j evkklhsi,aij th/j Makedoni,aj( o[ti evn pollh/| dokimh/| qli,yewj h`
perissei,a th/j cara/j auvtw/n
2 Co 8,2-4 kai. h` kata. ba,qouj ptwcei,a auvtw/n evperi,sseusen eivj to. plou/toj th/j
3
a`plo,thtoj auvtw/n\ o[ti kata. du,namin( marturw/( kai. para. du,namin(
4
auvqai,retoi meta. pollh/j paraklh,sewj deo,menoi h`mw/n th.n ca,rin kai.
th.n koinwni,an th/j diakoni,aj th/j eivj tou.j a`gi,ouj(
2 Co 8,7 avllV w[sper evn panti. perisseu,ete( pi,stei kai. lo,gw| kai. gnw,sei kai.
pa,sh| spoudh/| kai. th/| evx h`mw/n evn u`mi/n avga,ph|( i[na kai. evn tau,th| th/|
ca,riti perisseu,hte)
2 Co 9,8 dunatei/ de. o` Qeo.j pa/san ca,rin perisseu/sai eivj u`ma/j( i[na evn panti.
pa,ntote pa/san auvta,rkeian e;contej perisseu,hte eivj pa/n e;rgon avgaqo,n
Eph 1,7-8 evn w-| e;comen th.n avpolu,trwsin dia. tou/ ai[matoj auvtou/( th.n a;fesin tw/n
8
paraptwma,twn( kata. to. plou/toj th/j ca,ritoj auvtou/ h-j evperi,sseusen
eivj h`ma/j( evn pa,sh| sofi,a| kai. fronh,sei

(43) L’abondance de la foi : pi,stij / pisteu,ein + perisseu,w54

Le verbe perisseu,w apparaît également, dans le corpus paulinien, à proximité de


termes désignant la foi (pi,stij / pisteu,ein).

Ro 15:13 o` de. Qeo.j th/j evlpi,doj plhrw,sai u`ma/j pa,shj cara/j kai. eivrh,nhj evn tw/|
pisteu,ein( eivj to. perisseu,ein u`ma/j evn th/| evlpi,di evn duna,mei Pneu,matoj
`Agi,ouÅ
2 Co 8:7 avllV w[sper evn panti. perisseu,ete( pi,stei kai. lo,gw| kai. gnw,sei kai.
pa,sh| spoudh/| kai. th/| evx h`mw/n evn u`mi/n avga,ph|( i[na kai. evn tau,th| th/|
ca,riti perisseu,hte)
2 Co 10:15-16 ouvk eivj ta. a;metra kaucw,menoi evn avllotri,oij ko,poij( evlpi,da de. e;contej

54
PERCY (1960, 240) donne une autre alliance de deux termes comme exclusive des lettres pauliniennes dans le
NT : celle de deux verba dicendi à la première personne et coordonnés entre eux : le,gw kai. martu,romai (Eph
4,17) ; evrwtw/men u`ma/j kai. parakalou/men (I Thess 4,1) ; kaqw.j kai. proei,pamen u`mi/n kai. diemartura,meqa (I Thess
4,6) et enfin paragge,llomen kai. parakalou/men (II Thess 3,12).
auvxanome,nhj th/j pi,stewj u`mw/n evn u`mi/n megalunqh/nai kata. to.n kano,na
16
h`mw/n eivj perissei,an eivj ta. u`pere,keina u`mw/n euvaggeli,sasqai( ouvk
evn avllotri,w| kano,ni eivj ta. e[toima kauch,sasqaiÅ
Col 2:7 evrrizwme,noi kai. evpoikodomou,menoi evn auvtw/| kai. bebaiou,menoi th/| pi,stei
kaqw.j evdida,cqhte( perisseu,ontej evn euvcaristi,a|Å

(44) Foi et charité : pi,stij + avga,ph


L‘association des noms pi,stij et avga,ph (dans cet ordre précis) est exclusive du corpus
paulinien à l’échelle du NT.

Eph 1,15 avkou,saj th.n kaqV u`ma/j pi,stin evn tw/| Kuri,w| VIhsou/ kai. th.n avga,phn th.n
eivj pa,ntaj tou.j a`gi,ouj
Col 1,4 avkou,santej th.n pi,stin u`mw/n evn Cristw/| VIhsou/ kai. th.n avga,phn h]n
e;cete eivj pa,ntaj tou.j a`gi,ouj
1 Thess 3,6 kai. euvaggelisame,nou h`mi/n th.n pi,stin kai. th.n avga,phn u`mw/n
1 Tim 6,11 di,wke de. dikaiosu,nhn euvse,beian pi,stin( avga,phn u`pomonh.n prau?paqi,anÅ
2 Tim 2,22 di,wke de. dikaiosu,nhn( pi,stin( avga,phn( eivrh,nhn meta. tw/n
evpikaloume,nwn to.n Ku,rion evk kaqara/j kardi,ajÅ

Avec un ordre différent, l’épître à Philémon offre un syntagme très proche de ceux que l’on
trouve en Eph 1,15 et Col 1,4 :

Philm 1,5 avkou,wn sou th.n avga,phn kai. th.n pi,stin h]n e;ceij pro.j to.n Ku,rion VIhsou/n kai.
eivj pa,ntaj tou.j a`gi,ouj)

Les autres corpus offrent deux fois, seulement, l’association des deux concepts, soit en
employant une forme verbale (cf. 1 Jn 4,16 : evgnw,kamen kai. pepisteu,kamen th.n avga,phn h]n
e;cei o` Qeo.j evn h`mi/n), soit en suivant un ordre différent de celui des exemples qui
apparaissent dans le tableau (Ap 2,19 Oi=da, sou ta. e;rga kai. th.n avga,phn kai. th.n pi,stin
kai. th.n diakoni,an kai. th.n u`pomonh,n sou).
2.4.2.1.2.2. Rapprochements de trois termes

(45) Faire connaître depuis l’éternité : gnwri,zw + avpo. + tw/n aivw,nwn / tw/n genew/n

Un premier exemple de coprésence de trois termes au sein du même passage est celui du
verbe gnwri,zw avec l’idée de temps incommensurable, passé ou futur.

Ro 16,25-27 Tw/| de. duname,nw| u`ma/j sthri,xai kata. to. euvagge,lio,n mou kai. to. kh,rugma VIhsou/
26
Cristou/( kata. avpoka,luyin musthri,ou cro,noij aivwni,oij sesighme,nou(
fanerwqe,ntoj de. nu/n dia, te grafw/n profhtikw/n katV evpitagh.n tou/ aivwni,ou
27
Qeou/ eivj u`pakoh.n pi,stewj eivj pa,nta ta. e;qnh gnwrisqe,ntoj( mo,nw| sofw/|
qew/|( dia. VIhsou/ Cristou/( w-| h` do,xa eivj tou.j aivw/naj( avmh,nÅ
Eph 3,3-5 Îo[tiÐ kata. avpoka,luyin evgnwri,sqh moi to. musth,rion( kaqw.j proe,graya evn
4
ovli,gw|( pro.j o] du,nasqe avnaginw,skontej noh/sai th.n su,nesi,n mou evn tw/|
5
musthri,w| tou/ Cristou/( o] e`te,raij geneai/j ouvk evgnwri,sqh toi/j ui`oi/j tw/n
avnqrw,pwn w`j nu/n avpekalu,fqh toi/j a`gi,oij avposto,loij auvtou/ kai. profh,taij evn
pneu,mati
Eph 3,9-11 kai. fwti,sai Îpa,ntajÐ ti,j h` oivkonomi,a tou/ musthri,ou tou/ avpokekrumme,nou avpo.
10
tw/n aivw,nwn evn tw/| qew/| tw/| ta. pa,nta kti,santi( i[na gnwrisqh/| nu/n tai/j
avrcai/j kai. tai/j evxousi,aij evn toi/j evpourani,oij dia. th/j evkklhsi,aj h`
11
polupoi,kiloj sofi,a tou/ Qeou/( kata. pro,qesin tw/n aivw,nwn h]n evpoi,hsen evn
tw/| Cristw/| VIhsou/ tw/| kuri,w| h`mw/n
Col 1 26-27 to. musth,rion to. avpokekrumme,non avpo. tw/n aivw,nwn kai. avpo. tw/n genew/n& nu/n de.
27
evfanerw,qh toi/j a`gi,oij auvtou/( oi-j hvqe,lhsen o` Qeo.j gnwri,sai ti, to. plou/toj
th/j do,xhj tou/ musthri,ou tou,tou evn toi/j e;qnesin( o[ evstin Cristo.j evn u`mi/n( h`
evlpi.j th/j do,xhj

(46) Se livrer pour : $para%dou/nai e`auto.n u`pe,r

Une autre association de termes spécifique du corpus paulinien est celle du verbe
$para%dou/nai avec le réfléchi e`auto.n et la préposition u`pe,r)
4
Gal 1,3-4 ca,rij u`mi/n kai. eivrh,nh avpo. Qeou/ Patro.j h`mw/n kai. Kuri,ou VIhsou/ Cristou/
tou/ do,ntoj e`auto.n u`pe.r tw/n a`martiw/n h`mw/n( o[pwj evxe,lhtai h`ma/j evk tou/
aivw/noj tou/ evnestw/toj ponhrou/ kata. to. qe,lhma tou/ Qeou/ kai. Patro.j h`mw/n
Gal 2,20 zw/ de. ouvke,ti evgw,( zh/| de. evn evmoi. Cristo,j\ o] de. nu/n zw/ evn sarki,( evn pi,stei
zw/ th/| tou/ ui`ou/ tou/ Qeou/ tou/ avgaph,santo,j me kai. parado,ntoj e`auto.n u`pe.r
evmou/Å
Eph 5,2 kai. peripatei/te evn avga,ph|( kaqw.j kai. o` Cristo.j hvga,phsen h`ma/j kai.
pare,dwken e`auto.n u`pe.r h`mw/n prosfora.n kai. qusi,an tw/| Qew/| eivj ovsmh.n
euvwdi,ajÅ
Eph 5,25-26 Oi` a;ndrej( avgapa/te ta.j gunai/kaj( kaqw.j kai. o` Cristo.j hvga,phsen th.n
evkklhsi,an kai. e`auto.n pare,dwken u`pe.r auvth/j( 26 i[na auvth.n a`gia,sh| kaqari,saj
tw/| loutrw/| tou/ u[datoj evn r`h,mati(
1 Tim 2,5-6 ei-j ga.r Qeo,j( ei-j kai. mesi,thj Qeou/ kai. avnqrw,pwn( a;nqrwpoj Cristo.j
VIhsou/j( 6 o` dou.j e`auto.n avnti,lutron u`pe.r pa,ntwn( to. martu,rion kairoi/j
ivdi,oijÅ
Tit 2,13-14 prosdeco,menoi th.n makari,an evlpi,da kai. evpifa,neian th/j do,xhj tou/ mega,lou
Qeou/ kai. swth/roj h`mw/n VIhsou/ Cristou/( 14 o]j e;dwken e`auto.n u`pe.r h`mw/n( i[na
lutrw,shtai h`ma/j avpo. pa,shj avnomi,aj kai. kaqari,sh| e`autw/| lao.n periou,sion(
zhlwth.n kalw/n e;rgwnÅ

2.4.2.1.3. Structures linguistiques privilégiées

Les structures linguistiques privilégiées tiennent, non plus au rapprochement entre des
unités lexicales, mais à une construction particulière, syntaxique ou morphologique.

2.4.2.1.3.1. Structures morphologiques

(47) Ne pas s’enorgueillir : kauch,shtai (au futur ou au subjonctif ou à l’impératif : visant


l’avenir) + négation

A l’échelle du NT, le verbe kau,comai n’apparaît dans une construction négative que
dans le corpus paulinien.

1Co 1,29 ὅπως µὴ καυχήσηται πᾶσα σὰρξ ἐνώπιον τοῦ θεοῦ.

1Co 3,21 ὥστε µηδεὶς καυχάσθω ἐν ἀνθρώποις· πάντα γὰρ ὑµῶν ἐστιν
2Co 12,5 ὑπὲρ δὲ ἐµαυτοῦ οὐ καυχήσοµαι εἰ µὴ ἐν ταῖς ἀσθενείαις

2Co 10,13 ἡµεῖς δὲ οὐκ εἰς τὰ ἄµετρα καυχησόµεθα

Eph 2,9 οὐκ ἐξ ἔργων, ἵνα µή τις καυχήσηται.

2.4.2.1.3.2. Constructions syntaxiques

(48) Préposition 1 X (kai,) + Préposition 2 X: jeux prépositionnels55

Nous avons ici une construction typiquement paulinienne qui associe deux ou trois
prépositions, suivies du même régime, et reliées entre elles.

Ro 11,36 evx auvtou/ kai. diV auvtou/ kai. eivj auvto,n

Ro 4,18 o]j parV evlpi,da evpV evlpi,di

Ro 1,17 evk pi,stewj eivj pi,stin

2 Co 2,16 oi-j me.n ovsmh. evk qana,tou eivj qa,naton( oi-j de. ovsmh. evk zwh/j eivj zwh,nÅ

2 Co 1,19 o` evn u`mi/n diV u`mw/n khrucqei,j

2 Co 2,17 avllV w`j evk Qeou/ kate,nanti Qeou/ evn Cristw/| lalou/menÅ

2 Co 4,17 kaqV u`perbolh.n eivj u`perbolh.n

2 Co 3,18 th.n auvth.n eivko,na metamorfou,meqa avpo. do,xhj eivj do,xan

1 Thess 1,5 kaqw.j oi;date oi-oi evgenh,qhmen ÎevnÐ u`mi/n diV u`ma/jÅ

Eph 4,6 o` evpi. pa,ntwn kai. dia. pa,ntwn kai. evn pa/sinÅ

Col 1,16 ta. pa,nta diV auvtou/ kai. eivj auvto.n e;ktistai\

55
Dans le cas précis de ce trait syntaxique, nous avons restreint le corpus d’analyse à l’ensemble des 13 lettres
pauliniennes ainsi qu’à l’épître aux Hébreux et à celle de Jacques.
(49) Relatif + Verbe passif ou verbe d’état + evgw, (+ titre)

Sur l’ensemble du NT, ce n’est que dans les lettres attribuées à Paul que l’on trouve
une structure composée d’un pronom relatf, suivi d’un verbe d’état ou à la forme passive, du
pronom evgw, et, le cas échéant, d’un titre.

Rm 11,13 evfV o[son me.n ou=n eivmi evgw. evqnw/n avpo,stoloj

Col 1,23 ou- evgeno,mhn evgw. Pau/loj dia,konoj

Col 1,25 h-j evgeno,mhn evgw. dia,konoj kata. th.n oivkonomi,an tou/ Qeou/

I Tim 1,10- to. euvagge,lion ))) o] evpisteu,qhn evgw,


11

I Tim 2,5-7 to. martu,rion ))) eivj o] evte,qhn evgw. kh/rux kai. avpo,stoloj

II Tim 1,11 eivj o] evte,qhn evgw. kh/rux kai. avpo,stoloj kai. dida,skaloj

Tt 1,3 o] evpisteu,qhn evgw.

Dans deux autres textes du corpus paulinien, nous trouvons une structure très proche : un
verbe à la forme active suivi du pronom evgw, et d’un titre.
Cf. Eph 4:1 Parakalw/ ou=n u`ma/j evgw. o` de,smioj evn Kuri,w| avxi,wj peripath/sai

1 Thes 2:18 dio,ti hvqelh,samen evlqei/n pro.j u`ma/j( evgw. me.n Pau/loj kai. a[pax kai. di,j

(50) pisto.j (de.) o` + Nom (phrase nominale)

Enfin, nous avons pu repérer une dernière structure syntaxique exclusive du corpus
paulinien : celle qui permet d’associer l’adjectif pisto,j (suivi éventuellement de la particule
de,) à un syntagme nominal précédé de l’article o`. Il s’agit là d’une phrase nominale.

1 Co 1,9 pisto.j o` Qeo,j( diV ou- evklh,qhte eivj koinwni,an tou/ ui`ou/ auvtou/ VIhsou/
Cristou/ tou/ kuri,ou h`mw/nÅ

1 Co 10,13 pisto.j de. o` Qeo,j( o]j ouvk eva,sei u`ma/j peirasqh/nai u`pe.r o] du,nasqe avlla.
poih,sei su.n tw/| peirasmw/|

2 Co 1,18 pisto.j de. o` Qeo.j o[ti o` lo,goj h`mw/n o` pro.j u`ma/j ouvk e;stin Nai. kai.
Ou;Å

I Ti 1,15 pisto.j o` lo,goj kai. pa,shj avpodoch/j a;xioj( o[ti Cristo.j VIhsou/j h=lqen
eivj to.n ko,smon a`martwlou.j sw/sai( w-n prw/to,j eivmi evgw,Å

I Ti 3,1 pisto.j o` lo,gojÅ Ei; tij evpiskoph/j ovre,getai( kalou/ e;rgou evpiqumei/Å

1 Ti 4,9 pisto.j o` lo,goj kai. pa,shj avpodoch/j a;xioj\

2 Ti 2;11 pisto.j o` lo,goj\ eiv ga.r sunapeqa,nomen( kai. suzh,somen\

Tit 3,8 Pisto.j o` lo,goj\ kai. peri. tou,twn bou,lomai, se diabebaiou/sqai

2.4.2.1.4. Alliances de thèmes


En dernier terme, nous pouvons énumérer quelques alliances de thèmes. Il s’agit
d’un rapprochement, non plus de termes précis, mais de thèmes particuliers.

(51) Verbe sunergw/ ou adjectif sunergo,j + terme lié à la guerre et/ ou à la fatigue

Le premier cas correspond à un vocable tiré du radical sunerg- emplyé à proximité


d’un mot lié à la notion de guerre (de préférence en sun-) et/ ou de fatigue.

Ro 16,3-9 VAspa,sasqe Pri,skan kai. VAku,lan tou.j sunergou,j mou evn Cristw/|
4
VIhsou/( oi[tinej u`pe.r th/j yuch/j mou to.n e`autw/n tra,chlon u`pe,qhkan(
oi-j ouvk evgw. mo,noj euvcaristw/ avlla. kai. pa/sai ai` evkklhsi,ai tw/n evqnw/n(
5
kai. th.n katV oi=kon auvtw/n evkklhsi,anÅ avspa,sasqe VEpai,neton to.n
6
avgaphto,n mou( o[j evstin avparch. th/j VAsi,aj eivj Cristo,nÅ avspa,sasqe
7
Mari,an( h[tij polla. evkopi,asen eivj u`ma/jÅ avspa,sasqe VAndro,nikon kai.
VIounia/n tou.j suggenei/j mou kai. sunaicmalw,touj mou( oi[tine,j eivsin
8
evpi,shmoi evn toi/j avposto,loij( oi] kai. pro. evmou/ ge,gonan evn Cristw/|Å
9
avspa,sasqe VAmplia/ton to.n avgaphto,n mou evn kuri,w|Å avspa,sasqe
Ouvrbano.n to.n sunergo.n h`mw/n evn Cristw/| kai. Sta,cun to.n avgaphto,n
mouÅ
1 Co 16,16 kai. panti. tw/| sunergou/nti kai. kopiw/nti)
Phil 2,25 VEpafro,diton to.n avdelfo.n kai. sunergo.n kai. sustratiw,thn mou(
Phil 4,3 ai[tinej evn tw/| euvaggeli,w| sunh,qlhsa,n moi meta. kai. Klh,mentoj kai. tw/n
loipw/n sunergw/n mou( w-n ta. ovno,mata evn bi,blw| zwh/jÅ
2
Philm 1,1-2 Filh,moni tw/| avgaphtw/| kai. sunergw/| h`mw/n kai. VApfi,a| th/| avdelfh/| kai.
VArci,ppw| tw/| sustratiw,th| h`mw/n
24
Philm 1,23- VAspa,zetai, se VEpafra/j o` sunaicma,lwto,j mou evn Cristw/| VIhsou/(
24 Ma/rkoj( VAri,starcoj( Dhma/j( Louka/j( oi` sunergoi, mouÅ
Col 4,10-11 VAspa,zetai u`ma/j VAri,starcoj o` sunaicma,lwto,j mou kai. Ma/rkoj o`
avneyio.j Barnaba/ ¿peri. ou- evla,bete evntola,j( eva.n e;lqh| pro.j u`ma/j( de,xasqe
11
auvto,nÀ kai. VIhsou/j o` lego,menoj VIou/stoj( oi` o;ntej evk peritomh/j( ou-
toi mo,noi sunergoi. eivj th.n basilei,an tou/ Qeou/( oi[tinej evgenh,qhsa,n moi
parhgori,aÅ

(52) Consolation / Apprentissage ou enseignement

Un autre exemple de ce phénomène est constitué par l’association de l’idée de


consolation (verbe parakalw/ ou nom para,klhsij) et celle d’enseignement ou
d’apprentissage.

1 Co 14,31 i[na pa,ntej manqa,nwsin kai. pa,ntej parakalw/ntai


1 Tim 4,13 e[wj e;rcomai pro,sece th/| avnagnw,sei( th/| paraklh,sei( th/| didaskali,a|
1 Tim 6,2 Tau/ta di,daske kai. paraka,lei
2 Tim 4,2 paraka,leson( evn pa,sh| makroqumi,a| kai. didach/|Å
Ti 1,9 parakalei/n evn th/| didaskali,a|
(53) Opposition thématique Absence/ Présence

L’opposition thématique entre l’absence et la présence est caractéristique de Paul. Le


verbe a;peimi ou le nom avpousi,a sont souvent opposés aux termes désignant l’idée de
présence sous ses différentes formes.

1 Co 5,3 avpw.n tw/| sw,mati parw.n de. tw/| pneu,mati(

2 Co 13,2 w`j parw.n to. deu,teron kai. avpw.n nu/n

2 Co 13,10 dia. tou/to tau/ta avpw.n gra,fw( i[na parw.n mh. avpoto,mwj crh,swmai

2 Co 10,1 kata. pro,swpon me.n tapeino.j evn u`mi/n( avpw.n de. qarrw/ eivj u`ma/j\

2 Co 10,11 oi-oi, evsmen tw/| lo,gw| diV evpistolw/n avpo,ntej( toiou/toi kai. paro,ntej tw/|
e;rgw|Å

Phil 1,27 i[na ei;te evlqw.n kai. ivdw.n u`ma/j ei;te avpw.n avkou,w ta. peri. u`mw/n

Phil 2,12 mh. w`j evn th/| parousi,a| mou mo,non avlla. nu/n pollw/| ma/llon evn th/|
avpousi,a| mou

Col 2,5 th/| sarki. a;peimi avlla. tw/| pneu,mati su.n u`mi/n eivmi

(54) Ne pas cesser + remercier + faire mémoire + dans les prières


L’alliance de termes que voici, exclusive du corpus paulinien à l’échelle du NT, est
particulièrement intéressante dans la mesure où elle offre une série de quatre thèmes
fréquemment associés les uns aux autres, formulés à la première personne du singulier ou du
pluriel. Chacun de ces thèmes offre deux à quatre unités lexicales possibles, sous forme
d’alternance paradigmatique :
a. Remercier (euvcaristw/( ca,rin e;cw)
b. Ne pas cesser (ouv pau,omai( avdialei,ptwj( pa,ntote)
c. Prier (verbe à une forme personnelle ou au participe : proseu,comai( de,omai(
aivtou/mai ou nom proseucai,( deh,seij)
d. Faire mention (mnei,an poiou/mai( evpi. pa,sh| th/| mnei,a|( e;cw th.n peri. sou/ mnei,an)56

Référence Nb de Texte
thèmes

Ro 1, 9-10 3 w`j avdialei,ptwj mnei,an u`mw/n poiou/mai pa,ntote evpi.


tw/n proseucw/n mou deo,menoj

I Co 1,4 2 Euvcaristw/ tw/| Qew/| mou pa,ntote peri. u`mw/n evpi. th/|
ca,riti tou/ Qeou/

Philm 4 4 Euvcaristw/ tw/| Qew/| mou pa,ntote mnei,an sou


poiou,menoj evpi. tw/n proseucw/n mou

Phil 1,3 4 Euvcaristw/ tw/| Qew/| mou evpi. pa,sh| th/| mnei,a| u`mw/n
pa,ntote evn pa,sh| deh,sei mou

1 Th 1,2 4 Euvcaristou/men tw/| Qew/| pa,ntote peri. pa,ntwn u`mw/n


mnei,an poiou,menoi evpi. tw/n proseucw/n h`mw/n(
avdialei,ptwj

1 Th 2,13 2 Kai. dia. tou/to kai. h`mei/j euvcaristou/men tw/| Qew/|


avdialei,ptwj

1 Th 5,17-18 3 avdialei,ptwj proseu,cesqe( evn panti. euvcaristei/te\


e\

1 Th 3,6 2 ὅτι ἔχετε µνείαν ἡµῶν ἀγαθὴν πάντοτε

2 Th 1,3 2 Euvcaristei/n ovfei,lomen tw/| Qew/| pa,ntote peri. u`mw/n(


avdelfoi,(

2 Th 1,11 2 eivj o] kai. proseuco,meqa pa,ntote peri. u`mw/n

56
La recherche a été exhaustive dans le corpus du NT pour pa,ntote de même que, à tous les cas et nombres, pour
mnei,a et avdia,leiptoj( ainsi que pour les formes suivantes : pau,omai( pauo,meqa( avdialei,ptwj) Nous avons relevé
tous les cas de rencontre de l’un de ces termes avec au moins un autre des quatre thèmes mentionnés. En outre cette
liste fournit toutes les attestations de mnei,a pour le NT.
2 Th 2,13 2 ~Hmei/j de. ovfei,lomen euvcaristei/n tw/| Qew/| pa,ntote
peri. u`mw/n( avdelfoi.

Eph 1,16 4 Ouv pau,omai euvcaristw/n u`pe.r u`mw/n mnei,an


poiou,menoj evpi. tw/n proseucw/n mou

Eph 5,20 2 euvcaristou/ntej pa,ntote u`pe.r pa,ntwn

Col 1,3 3 Euvcaristou/men tw/| Qew/| Patri. tou/ Kuri,ou h`mw/n


vIhsou/ Cristou/ pa,ntote peri. u`mw/n proseuco,menoi

Col 1,9 2 ouv pauo,meqa u`pe.r u`mw/n proseuco,menoi kai.


aivtou,menoi

II Tim 1,3 4 Ca,rin e;cw tw/| Qew/| w-| latreu,w avpo. progo,nwn evn
kaqara/| suneidh,sei( w`j avdia,leipton e;cw th.n peri. sou/
mnei,an evn tai/j deh,sesi,n mou

2.4.2.1.5. Synthèse des données

Ro Gal Phil II Thess Eph Col I Tim II Tim Tite


Co I II I Thess
Philem
Nb pag. 84 28 4 12 11 8 6 4
éd. NA
1 1 1 2 1
2 2 2 3
3 1 1 2 1
4 1 2 1
5 6 2 1 2
6 1 2 1
7 3 1
8 7 1
9 2 1 1
10 6 1 4 1 1
11 12 2 1 1
12 3 1 1
13 4 1
14 4 1
15 1 2 1
16 1 3
17 8 2 1 1
18 1 1 2 1
19 4 1 1 1
20 1 2 2
21 1 1 1 1 2 2
22 1 2 1
23 1 1 1 2 2
24 1 1 2 1
25 3 2
26 4
27 2 1 1 1 1
28 6 1 1
29 1 3
30 5 1 1
31 3 3 1 1 1 1 1
32 2 2 1
33 1 1 4 1
34 1 2 2 1 1
35 2 1 2
36 2 2 1
37 2 2 1
38 1 3
39 3 1 1 1 1
40 3 1 1
41 3 3
42 7 1
43 3 1
44 1 1 1 1 1
45 1 2 1
46 2 2 1 1
47 4 1
48 8 1 1 1
49 1 2 2 1 1
50 3 2 1 1
51 2 4 1
52 1 2 1 1
53 5 2 1
54 2 6 3 2 2 1 -
Ro Co I II Gal Phil II Thess Eph Col I Tim II Tim Tite
I Thess
Philem
2.4.2.2. Traits exclusifs du corpus paulinien qui apparaissent trois fois dans le NT

2.4.2.2.1. Syntagmes ou quasi-syntagmes

2.4.2.2.1.1. Syntagmes ou quasi-syntagmes à deux termes

2.4.2.2.1.1.1. (Quasi-)syntagmes nominaux

(a) ko,poj kai. mo,cqoj

Sur l’ensemble du NT et de la LXX, le syntagme ko,poj kai. mo,cqoj reste exclusif du


corpus paulinien.

I Thess 2,9 ko,poj kai. mo,cqoj


II Thess 3,8 ko,poj kai. mo,cqoj
II Co 11,27 ko,poj kai. mo,cqoj

(b) evklektoi. Qeou/

L’expression evklektoi. Qeou/ (au pluriel) ne se retrouve que dans le corpus paulinien
sur l’ensemble du NT.

Ro 8,33 ti,j evgkale,sei kata. evklektw/n Qeou/È


Col 3,12 w`j evklektoi. tou/ Qeou/
Ti 1,1 kata. pi,stin evklektw/n Qeou/

(c) cro,noi aivwni,oi

A l’échelle du NT, l’expression cro,noi aivwni,oi ne se retrouve que chez Paul.

Ro 16,25 kata. avpoka,luyin musthri,ou croni,oij aivwni,oij sesighme,nou


2 Tim 1,9 pro. cro,nwn aivwni,wn
Tit 1,2 pro. cro,nwn aivwni,wn
(d) toi/j a`gi,oij ))) toi/j ou=sin

L’expression toi/j a`gi,oij ))) toi/j ou=sin est réservée au lettres pauliniennes dans le
NT.

2 Co 1,1 su.n toi/j a`gi,oij pa/sin toi/j ou=sin evn o[lh| th/| VAcai<a|(
Phi 1,1 pa/sin toi/j a`gi,oij evn Cristw/| VIhsou/ toi/j ou=sin evn Fili,ppoij
Eph 1,1 toi/j a`gi,oij toi/j ou=sin Îevn VEfe,sw|Ð

(e) o` lo,goj th/j avlhqei,aj

Le syntagme o` lo,goj th/j avlhqei,aj est exclusif de Paul dans le corpus du NT.

Eph 1,13 evn w-| kai. u`mei/j avkou,santej to.n lo,gon th/j avlhqei,aj
Col 1,5 h]n prohkou,sate evn tw/| lo,gw| th/j avlhqei,aj tou/ euvaggeli,ou
2 Tim 2,15 ovrqotomou/nta to.n lo,gon th/j avlhqei,aj

On trouve cependant, l’expressiondépourvue de l’article en 2 Co 6,7 (evn lo,gw| avlhqei,aj)


ainsi qu’en Jc 1,18: boulhqei.j avpeku,hsen h`ma/j lo,gw| avlhqei,aj eivj to. ei=nai h`ma/j avparch,n
tina tw/n auvtou/ ktisma,twnÅ

2.4.2.2.1.1.2. Syntagmes ou quasi-syntagmes prépositionnels

(f) Tou,tou ca,rin

La forme à valeur prépositionnelle ca,rin précédée du régime tou,tou est, pour le NT,
exclusive du corpus paulinien.

Eph 3,1 Tou,tou ca,rin


15
Eph 3,14-16 Tou,tou ca,rin ka,mptw ta. go,nata, mou pro.j to.n pate,ra( evx ou- pa/sa
16
patria. evn ouvranoi/j kai. evpi. gh/j ovnoma,zetai( i[na dw/| u`mi/n kata. to.
plou/toj th/j do,xhj auvtou/ duna,mei krataiwqh/nai dia. tou/ pneu,matoj
auvtou/ eivj to.n e;sw a;nqrwpon
Ti 1,5 Tou,tou ca,rin avpe,lipo,n se evn Krh,th|( i[na ta. lei,ponta evpidiorqw,sh|
kai. katasth,sh|j kata. po,lin presbute,rouj

D’autres textes pauliniens offrent cette préposition, précédée de régimes différents. Tel est
le cas de Gal 3,19 (tw/n paraba,sewn ca,rin prosete,qh), 1 Tim 5,14 (mhdemi,an avformh.n
dido,nai tw/| avntikeime,nw| loidori,aj ca,rin) et Ti 1,11 (aivscrou/ ke,rdouj ca,rin). On trouve,
de même, en Jude 1,16, le syntagme qauma,zontej pro,swpa wvfelei,aj ca,rin.

2.4.2.2.1.2. Syntagmes ou quasi-syntagmes à trois termes

(g) mia/j gunaiko.j avnh,r

L’expression « homme d’une seule femme » est réservée au corpus paulinien et, plus
particulièrement, fait remarquable s’il en est, des lettres pastorales.

1 Tim 3,2 mia/j gunaiko.j a;ndra


1 Tim 3,12 mia/j gunaiko.j a;ndrej
Ti 1,6 mia/j gunaiko.j avnh,r

2.4.2.2.1.3. Syntagmes ou quasi-syntagmes à quatre termes

(h) tou/ evgei,rantoj to.n VIhsou/n evk nekrw/n

Voici un syntagme à quatre termes qui ne se retrouve, pour le NT, que dans les
lettres pauliniennes.

Ro 8,11 tou/ evgei,rantoj to.n VIhsou/n evk nekrw/n


Col 2,12 dia. th/j pi,stewj th/j evnergei,aj tou/ qeou/ tou/ evgei,rantoj auvto.n evk
nekrw/n
Gal 1,1 tou/ evgei,rantoj auvto.n evk nekrw/n
2.4.2.2.1.4. Syntagmes ou quasi-syntagmes à cinq termes

(i) th.n avga,phn )))) eivj pa,ntaj tou.j a`gi,ouj

A l’échelle du NT, ce quasi-syntagme à cinq termes est exclusif de Paul.

Philm 1,5 avkou,wn sou th.n avga,phn kai. th.n pi,stin( h]n e;ceij pro.j to.n ku,rion
VIhsou/n kai. eivj pa,ntaj tou.j a`gi,ouj
Eph 1,15 avkou,saj th.n kaqV u`ma/j pi,stin evn tw/| Kuri,w| vIhsou/ kai. th.n
avga,phn th.n eivj pa,ntaj tou.j a`gi,ouj
Col 1,4 kai. th.n avga,phn h]n e;cete eivj pa,ntaj tou.j a`gi,ouj

2.4.2.2.2. Rapprochements de termes (alliances sémantiques)

(j) kh,rugma + lo,goj

Sur l’ensemble du NT, le rapprochement entre kh,rugma et lo,goj ne se trouve que


chez Paul.

1 Co 2,4 kai. o` lo,goj mou kai. to. kh,rugma, mou


2 Tim 4,2 evfane,rwsen de. kairoi/j ivdi,oij to.n lo,gon auvtou/ evn khru,gmati
Ti 1,3 kh,ruxon to.n lo,gon

(k) avre,skw + avnqrw,poij

Dans le NT, le verbe “plaire” (avre,skw) n’a pour régime le terme avnqrw,poij qu’au
sein du corpus paulinien.

1 Thess 2,4 ouvc w`j avnqrw,poij avre,skontej avlla. Qew/|


1 Thess 2,15 kai. Qew/| mh. avresko,ntwn kai. pa/sin avnqrw,poij evnanti,wn
Gal 1,10 eiv e;ti avnqrw,poij h;reskon
(l) evnergw/ + pa,nta

La révision de toutes les formes verbales de evnergw/ dans le NT permet de conclure


que le rapprochement de ce verbe avec le terme pa,nta ne s’observe que dans le corpus
paulinien.

1 Co 12,6 o` de. auvto.j Qeo.j o` evnergw/n ta. pa,nta evn pa/sinÅ


1 Co 12,11 pa,nta de. tau/ta evnergei/ to. e]n kai. to. auvto. pneu/ma diairou/n ivdi,a|
e`ka,stw| kaqw.j bou,letaiÅ
Eph 1,11 kata. pro,qesin tou/ ta. pa,nta evnergou/ntoj

(m) Pneu/ma + avrrabw,n

Le mot « Esprit » (Pneu/ma) n’est associé au terme « gage » (avrrabw,n) que dans le
corpus paulinien, sur l’ensemble du NT.

2 Co 1,22 o` kai. sfragisa,menoj h`ma/j kai. dou.j to.n avrrabw/na tou/ Pneu,matoj
evn tai/j kardi,aij h`mw/nÅ
2 Co 5,5 o` dou.j h`mi/n to.n avrrabw/na tou/ Pneu,matojÅ
14
Eph 1,13-14 evsfragi,sqhte tw/| Pneu,mati th/j evpaggeli,aj tw/| `Agi,w|( o[ evstin
avrrabw.n th/j klhronomi,aj h`mw/n

(n) Pneu/ma + sfragi,zomai

Une alliance sémantique très proche de la précédente est celle qui associe le mot
« Esprit » (Pneu/ma) au verbe « marquer du sceau » (sfragi,zomai). On ne la retrouve, pour
l’ensemble du NT, que dans le corpus paulinien.

2 Co 1,22 o` kai. sfragisa,menoj h`ma/j kai. dou.j to.n avrrabw/na tou/ Pneu,matoj
evn tai/j kardi,aij h`mw/nÅ
14
Eph 1,13-14 evsfragi,sqhte tw/| Pneu,mati th/j evpaggeli,aj tw/| `Agi,w|( o[ evstin
avrrabw.n th/j klhronomi,aj h`mw/n
Eph 4,30 kai. mh. lupei/te to. Pneu/ma to. [Agion tou/ Qeou/( evn w-|
evsfragi,sqhte eivj h`me,ran avpolutrw,sewj

(o) avkou,w + pi,stij + evn VIhsou/ / pro.j vIhsou/n

Composée de trois termes, cette alliance associe l’idée des nouvelles dont on
’“entend parler” à celle de la “foi” en « Jésus », Christ ou Seigneur.

Philm 1,5 avkou,wn sou th.n avga,phn kai. th.n pi,stin( h]n e;ceij pro.j to.n
Ku,rion VIhsou/n
Eph 1,15 avkou,saj th.n kaqV u`ma/j pi,stin evn tw/| Kuri,w| VIhsou/
Col 1,4 avkou,santej th.n pi,stin u`mw/n evn Cristw/| VIhsou/

2.4.2.2.3. Synthèse des données

Ro Gal Phil II Eph Col I Tim II Tim Tite


Co I II I Thess Thess
Philem
Nb pag. 84 28 4 1 11 8 6 4
éd. NA 2
a 1 1 1
b 1 1 1
c 1 1 1
d 1 1 1
e 1 1 1
f 2 1
g 2 1
h 1 1 1
i 1 1 1
j 1 1 1
k 3
l 2 1
m 2 1
n 1 2
o 1 1 1

2.4.2.2. Remarques sur les données relatives aux idiolectèmes exclusifs du corpus
paulinien

Nous venons de passer en revue 70 traits idiolectaux, exclusifs du corpus paulinien au


sein du NT et qui apparaissent au moins 3 fois au sein de ces épîtres. Ces données appellent
un certain nombre de remarques.

En premier lieu, la distribution des idiolectèmes semble ignorer les frontières entre les
lettres « authentiques » et les lettres suspectes. 4 idiolectèmes sur 70, seulement, sont
exclusifs des pastorales57. Pour les épîtres « authentiques », qui représentent près de trois
pages sur quatre du corpus paulinien58, on ne peut guère en relever que 8 sur 7059. Nous
n’avons pu trouver aucun idiolectème réservé à Eph et Col. Ces données conforteraient
l’hypothèse d’un scripteur unique du corpus paulinien. Elles semblent difficiles compatibles,
en revanche, avec le postulat de la diversité de scripteurs au sein des lettres
traditionnellement attribuées à Paul.

Soulignons que la liste des idiolectèmes présentée dans cette étude ne revêt aucun
caractère exhaustif. Une étude plus complète consacrée à cette question pourrait en identifier
deux fois plus. Si l’on retenait l’hypothèse d’un scripteur unique à l’origine du corpus, les
résultats présentés n’offriraient rien de paradoxal. Les traits idiolectaux touchent en effet à
la dimension la plus inconsciente et spontanée de la langue d’un individu et peuvent ainsi
traverser les différences de style ou de circonstances d’énonciation entre les lettres d’un
corpus déterminé.

57
Il s’agit des idiolectèmes 2 ; 6 ; 29 et g.
58
Il s’agit des 7 lettres suivantes : Ro, I Co ; II Co ; Gal ; Phil ; I Thess et Philm.
59
Ce sont les idiolectèmes suivants : 7 ; 13 ; 14 ; 16 ; 25 ; 26 ; a et k.
3. Comparaison idiolectale des premiers versets de Gal, Eph et Tite
3.1. Critères de la recherche

Afin de confirmer l’impression laissée par notre étude des traits idiolectaux du
corpus paulinien, nous comparerons une lettre « authentique », Galates, à deux autres épîtres
auxquelles l’ensemble des chercheurs s’accordent à reconnaître une paternité non
paulinienne.

Afin de procéder de la façon la plus objective possible, nous avons analysé chaque
texte en soumettant au crible chaque syntagme, en vue de repérer les groupements et
alliances de mots qui pouvaient relever exclusivement du corpus paulinien60. Pour ce faire,
nous avons procédé mot par mot à partir du moteur de recherches de Bibleworks.
Apparaissent ici surlignés en vert les idiolectèmes propres à l’ensemble du corpus paulinien,
en jaune ceux qui ne se retrouvent que dans les pastorales, et en bleu, les expressions que
l’on ne retrouve, en dehors d’Eph, que dans l’épître aux Colossiens. Dans ce dernier cas,
nous ne les considérons pas comme des idiolectèmes au sens strict dans la mesure où ces
expressions et syntagmes ne sont attestés que deux fois dans l’ensemble du NT.

3.2. Texte de Gal 1,1-16

Pau/loj avpo,stoloj ouvk avpV avnqrw,pwn ouvde. diV avnqrw,pou avlla. dia. VIhsou/ Cristou/
2
kai. qeou/ patro.j tou/ evgei,rantoj auvto.n evk nekrw/n( kai. oi` su.n evmoi. pa,ntej avdelfoi. tai/j
3
evkklhsi,aij th/j Galati,aj( ca,rij u`mi/n kai. eivrh,nh avpo. Qeou/ patro.j h`mw/n kai. kuri,ou
4
VIhsou/ Cristou/ tou/ do,ntoj e`auto.n u`pe.r tw/n a`martiw/n h`mw/n( o[pwj evxe,lhtai h`ma/j evk
tou/ aivw/noj tou/ evnestw/toj ponhrou/ kata. to. qe,lhma tou/ Qeou/ kai. patro.j h`mw/n( 5 w-| h` do,xa
6
eivj tou.j aivw/naj tw/n aivw,nwn( avmh,nÅ Qauma,zw o[ti ou[twj tace,wj metati,qesqe avpo. tou/
7
kale,santoj u`ma/j evn ca,riti ÎCristou/Ð eivj e[teron euvagge,lion( o] ouvk e;stin a;llo( eiv mh,
8
tine,j eivsin oi` tara,ssontej u`ma/j kai. qe,lontej metastre,yai to. euvagge,lion tou/ Cristou/Å
avlla. kai. eva.n h`mei/j h' a;ggeloj evx ouvranou/ euvaggeli,zhtai Îu`mi/nÐ parV o] euvhggelisa,meqa
9
u`mi/n( avna,qema e;stwÅ w`j proeirh,kamen kai. a;rti pa,lin le,gw( ei; tij u`ma/j euvaggeli,zetai
10
parV o] parela,bete( avna,qema e;stwÅ :Arti ga.r avnqrw,pouj pei,qw h' to.n qeo,nÈ h' zhtw/

60
Cette recherche nous a d’ailleurs permis d’ajouter une douzaine d’idiolectèmes à la liste de ceux que nous avions
déjà repérés, pour atteindre finalement le nombre de 70.
11
avnqrw,poij avre,skeinÈ eiv e;ti avnqrw,poij h;reskon( Cristou/ dou/loj ouvk a'n h;mhnÅ
Gnwri,zw ga.r u`mi/n( avdelfoi,( to. euvagge,lion to. euvaggelisqe.n u`pV evmou/ o[ti ouvk e;stin kata.
12
a;nqrwpon\ ouvde. ga.r evgw. para. avnqrw,pou pare,labon auvto. ou;te evdida,cqhn avlla. diV
13
avpokalu,yewj VIhsou/ Cristou/Å VHkou,sate ga.r th.n evmh.n avnastrofh,n pote evn tw/|
14
VIoudai?smw/|( o[ti kaqV u`perbolh.n evdi,wkon th.n evkklhsi,an tou/ Qeou/ kai. evpo,rqoun auvth,n(
kai. proe,kopton evn tw/| VIoudai?smw/| u`pe.r pollou.j sunhlikiw,taj evn tw/| ge,nei mou(
15
perissote,rwj zhlwth.j u`pa,rcwn tw/n patrikw/n mou parado,sewnÅ o[te de. euvdo,khsen Îo`
16
qeo.jÐ o` avfori,saj me evk koili,aj mhtro,j mou kai. kale,saj dia. th/j ca,ritoj auvtou/
avpokalu,yai to.n ui`o.n auvtou/ evn evmoi,( i[na euvaggeli,zwmai auvto.n evn toi/j e;qnesin( euvqe,wj ouv
prosaneqe,mhn sarki. kai. ai[mati

3.3. Texte de Tite 1,1-16

Pau/loj dou/loj Qeou/( avpo,stoloj de. VIhsou/ Cristou/ kata. pi,stin evklektw/n Qeou/ kai.
2
evpi,gnwsin avlhqei,aj th/j katV euvse,beian evpV evlpi,di zwh/j aivwni,ou( h]n evphggei,lato o`
3
avyeudh.j Qeo.j pro. cro,nwn aivwni,wn( evfane,rwsen de. kairoi/j ivdi,oij to.n lo,gon auvtou/ evn
4
khru,gmati( o] evpisteu,qhn evgw. katV evpitagh.n tou/ swth/roj h`mw/n Qeou/( Ti,tw| gnhsi,w|
te,knw| kata. koinh.n pi,stin( ca,rij kai. eivrh,nh avpo. Qeou/ patro.j kai. Cristou/ VIhsou/ tou/
5
swth/roj h`mw/nÅ Tou,tou ca,rin avpe,lipo,n se evn Krh,th|( i[na ta. lei,ponta evpidiorqw,sh| kai.
6
katasth,sh|j kata. po,lin presbute,rouj( w`j evgw, soi dietaxa,mhn( ei; ti,j evstin avne,gklhtoj(
7
mia/j gunaiko.j avnh,r( te,kna e;cwn pista,( mh. evn kathgori,a| avswti,aj h' avnupo,taktaÅ dei/
ga.r to.n evpi,skopon avne,gklhton ei=nai w`j Qeou/ oivkono,mon( mh. auvqa,dh( mh. ovrgi,lon( mh.
8
pa,roinon( mh. plh,kthn( mh. aivscrokerdh/( avlla. filo,xenon fila,gaqon sw,frona di,kaion
9
o[sion evgkrath/( avnteco,menon tou/ kata. th.n didach.n pistou/ lo,gou( i[na dunato.j h=| kai.
10
parakalei/n evn th/| didaskali,a| th/| u`giainou,sh| kai. tou.j avntile,gontaj evle,gceinÅ Eivsi.n
ga.r polloi. Îkai.Ð avnupo,taktoi( mataiolo,goi kai. frenapa,tai( ma,lista oi` evk th/j peritomh/j(
11
ou]j dei/ evpistomi,zein( oi[tinej o[louj oi;kouj avnatre,pousin dida,skontej a] mh. dei/ aivscrou/
12
ke,rdouj ca,rinÅ ei=pe,n tij evx auvtw/n i;dioj auvtw/n profh,thj( Krh/tej avei. yeu/stai( kaka.
13
qhri,a( gaste,rej avrgai,Å h` marturi,a au[th evsti.n avlhqh,jÅ diV h]n aivti,an e;legce auvtou.j
14
avpoto,mwj( i[na u`giai,nwsin evn th/| pi,stei( mh. prose,contej VIoudai?koi/j mu,qoij kai.
15
evntolai/j avnqrw,pwn avpostrefome,nwn th.n avlh,qeianÅ pa,nta kaqara. toi/j kaqaroi/j\ toi/j
de. memiamme,noij kai. avpi,stoij ouvde.n kaqaro,n( avlla. memi,antai auvtw/n kai. o` nou/j kai. h`
16
sunei,dhsijÅ Qeo.n o`mologou/sin eivde,nai( toi/j de. e;rgoij avrnou/ntai( bdeluktoi. o;ntej kai.
avpeiqei/j kai. pro.j pa/n e;rgon avgaqo.n avdo,kimoiÅ

3.4. Texte d’Eph 1,1-16

Pau/loj avpo,stoloj Cristou/ VIhsou/ dia. qelh,matoj qeou/ toi/j a`gi,oij toi/j ou=sin Îevn
2
VEfe,sw|Ð kai. pistoi/j evn Cristw/| VIhsou/( ca,rij u`mi/n kai. eivrh,nh avpo. qeou/ patro.j h`mw/n
3
kai. kuri,ou VIhsou/ Cristou/Å Euvloghto.j o` qeo.j kai. path.r tou/ kuri,ou h`mw/n VIhsou/
Cristou/( o` euvlogh,saj h`ma/j evn pa,sh| euvlogi,a| pneumatikh/| evn toi/j evpourani,oij evn Cristw/|(
4
kaqw.j evxele,xato h`ma/j evn auvtw/| pro. katabolh/j ko,smou ei=nai h`ma/j a`gi,ouj kai. avmw,mouj
5
katenw,pion auvtou/ evn avga,ph|( proori,saj h`ma/j eivj ui`oqesi,an dia. VIhsou/ Cristou/ eivj
6
auvto,n( kata. th.n euvdoki,an tou/ qelh,matoj auvtou/( eivj e;painon do,xhj th/j ca,ritoj auvtou/ h-j
7
evcari,twsen h`ma/j evn tw/| hvgaphme,nw|Å evn w-| e;comen th.n avpolu,trwsin dia. tou/ ai[matoj
8
auvtou/( th.n a;fesin tw/n paraptwma,twn( kata. to. plou/toj th/j ca,ritoj auvtou/ h-j
9
evperi,sseusen eivj h`ma/j( evn pa,sh| sofi,a| kai. fronh,sei( gnwri,saj h`mi/n to. musth,rion tou/
10
qelh,matoj auvtou/( kata. th.n euvdoki,an auvtou/ h]n proe,qeto evn auvtw/| eivj oivkonomi,an tou/
plhrw,matoj tw/n kairw/n( avnakefalaiw,sasqai ta. pa,nta evn tw/| Cristw/|( ta. evpi. toi/j
11
ouvranoi/j kai. ta. evpi. th/j gh/j evn auvtw/|Å evn w-| kai. evklhrw,qhmen proorisqe,ntej kata.
12
pro,qesin tou/ ta. pa,nta evnergou/ntoj kata. th.n boulh.n tou/ qelh,matoj auvtou/ eivj to. ei=nai
13
h`ma/j eivj e;painon do,xhj auvtou/ tou.j prohlpiko,taj evn tw/| Cristw/|Å evn w-| kai. u`mei/j
avkou,santej to.n lo,gon th/j avlhqei,aj( to. euvagge,lion th/j swthri,aj u`mw/n( evn w-| kai.
14
pisteu,santej evsfragi,sqhte tw/| pneu,mati th/j evpaggeli,aj tw/| a`gi,w|( o[ evstin avrrabw.n th/j
15
klhronomi,aj h`mw/n( eivj avpolu,trwsin th/j peripoih,sewj( eivj e;painon th/j do,xhj auvtou/Å
Dia. tou/to kavgw. avkou,saj th.n kaqV u`ma/j pi,stin evn tw/| kuri,w| VIhsou/ kai. th.n avga,phn th.n
16
eivj pa,ntaj tou.j a`gi,ouj ouv pau,omai euvcaristw/n u`pe.r u`mw/n mnei,an poiou,menoj evpi. tw/n
proseucw/n mou(

Pour les deux expressions que nous avons surlignées en bleu, on comparera deux
groupes de textes. D’une part :

I. Eph 1,4 ei=nai h`ma/j a`gi,ouj kai. avmw,mouj katenw,pion auvtou/ evn avga,ph|(

et Col 1,22 a`gi,ouj kai. avmw,mouj kai. avnegklh,touj katenw,pion auvtou/


De l’autre :

II. Eph 1,7 evn w-| e;comen th.n avpolu,trwsin dia. tou/ ai[matoj auvtou/( th.n a;fesin tw/n
paraptwma,twn

et Col 1,14 evn w-| e;comen th.n avpolu,trwsin( th.n a;fesin tw/n a`martiw/n

3.5. Synthèse des données

Tite 1 Gal 1,1-16 Eph 1,1-16


Idiolectèmes
Nb N° Nb N° Nb N°
27 ; 19 ;
6 ; 39 ; 1 ; 49 ; 31 ; 38 ;
Attestés 4 fois 31 ; 26 ; 7 ; 35 ;
9 12 ; 31 ; 29 ; 52 ; 8 11 41 ; 37 ;
ou + 13 ; 33 ; 14 ; 5
21 42 ; 33 ;
15 ; 44 ; 54
d;l;
e;n;
Attestés 3 fois 5 b;c;j;f;g 2 h;k 7
m;o;
i
Propres aux
3 29 ; 6 ; g - - - -
pastorales
Communs à
Eph-Col - - - - 2 I ; II
(attestés 2 fois)

3.6. Remarques sur la comparaison idiolectale entre les premiers versets de Gal,
Eph et Tite

Les 16 premiers versets des trois lettres que nous venons d’analyser semblent
manifester, si l’on nous passe cette expression, un degré de « paulinisme » linguistique plus
ou moins comparable. Gal compte en effet 10 idiolectèmes, Eph 18 et Tite 14. Si l’on s’en
tenait au strict point de vue du nombre de traits idiolectaux, il nous faudrait paradoxalement
tenir la lettre aux Galates pour la moins paulinienne des trois épîtres. Sur un passage aussi
court, toutefois, une telle différence paraît négligeable. Elle souligne a contrario la fidélité
avec laquelle les habitudes langagières d’Ephésiens et Tite reflètent la langue du corpus
paulinien. On est par ailleurs en droit de s’étonner, dans les premiers versets de Tite et
d’Ephésiens, du petit nombre d’idiolectèmes exclusifs des pastorales ou du binôme Eph /
Col.

Tout partiels qu’ils soient, ces résultats ne semblent pas conforter l’hypothèse d’une
diversité de scripteurs à l’origine des trois lettres.

4. Comparaison de la langue du corpus paulinien avec celle de la 3e épître aux


Corinthiens

4.1. Critères de la recherche

La 3e épître aux Corinthiens a été passée au crible, selon les deux critères suivants.
Tout d’abord, nous avons passé en revue chaque syntagme pour tenter d’y retrouver
quelques-uns des 70 traits idiolectaux repérés au cours de notre recherche précédente sur le
corpus paulinien. Parallèlement, notre analyse a procédé phrase après phrase dans le but de
rechercher d’autres idiolectèmes qui ne seraient pas compris dans la liste des 70 et qui se
retrouveraient à la fois dans la 3e aux Corinthiens et dans le corpus paulinien.

4.2. Résultats de la recherche

4.2.1. Idiolectèmes de la 3e aux Corinthiens présents dans la liste des 70 traits


idiolectaux

Sur les 70 traits idiolectaux de notre liste, un seul apparaît dans la 3e aux
Corinthiens: il s’agit de de,smioj Cristou/. Il vaut la peine de remarquer que, là où
l’idiolectème paulinien admettait une variation (Eph 3,1 : Pau/loj o` de,smioj tou/ Cristou/
ÎVIhsou/Ð ; Eph 4,1 : o` de,smioj evn Kuri,w| ; Phm 1,9 : de,smioj Cristou/ vIhsou/ ; II Ti 1,8 : to.n
de,smion auvtou/), la 3e aux Coritnhiens semble reprendre presque littéralement l’expression
que présente Eph 3,1. Le texte pseudépigraphe porte en effet Pau/loj o` de,smioj Cristou/
VIhsou/. Le cas est instructif : là où le corpus paulinien déclinait les virtualités d’une
expression (aucune des quatre occurrences n’est rigoureusement identique), reflet
authentique d’un trait idiolectal, l’épître pseudépigraphique ne présente qu’une citation.

4.2.2. Syntagmes de la 3e aux Corinthiens présents dans le corpus paulinien

On trouve à plusieurs reprises dans la 3e aux Corinthiens des tissus de citations, tant
de lettres du corpus paulinien que d’autres textes du NT. S’agirait-il d’idiolectèmes
pauliniens ? Pour tenter de répondre à cette question, examinons ces syntagmes l’un après
l’autre.

4.2.2.1. La phrase de 3 Co 4

En 3 Co 4, nous pouvons lire la phrase suivante :

VEgw. ga.r evn avrch/| pare,dwka u`mi/n a] kai. pare,labon u`po. tw/n pro. evmou/ avposto,lwn
genome,nwn to.n pa,nta cro,non meta. vIhsou/ Cristou/

Les premiers mots constituent une reprise, à une légère variation près (evn prw,toij / evn
avrch/|), de 1 Co 11,23-24 et 1 Co 15,3.

3 Co 4 VEgw. ga.r evn avrch/| pare,dwka u`mi/n a] kai. pare,labon


1 Co 11:23-24 VEgw. ga.r pare,labon avpo. tou/ Kuri,ou( o] kai. pare,dwka u`mi/n
1 Co 15,3 pare,dwka ga.r u`mi/n evn prw,toij( o] kai. pare,labon

Pour la première partie de la phrase de 3 Co, celle qui est surlignée en jaune, on peut
difficilement l’assimiler à un trait idiolectal, dans la mesure où elle concerne beaucoup plus
qu’une expression ou quasi-syntagme isolé (il s’agit en fait de 9 mots différents) et il qu’elle
résulte d’une combinaison stricte de deux citations qui se retrouvent dans une seule et même
épître paulinienne et nulle part ailleurs.

La suite de la phrase de 3 Co est formée par l’expression oi` pro. evmou/ avpo,stoloi) Au
sein du NT, on ne la retrouve qu’en Gal 1,17 : ouvde. avnh/lqon eivj ~Ieroso,luma pro.j tou.j pro.
evmou/ avposto,louj.61 Il s’agitdonc, selon toute apparence, d’une simple citation d’un syntagme
unique du corpus paulinien.

La fin de notre phrase est constituée par les mots to.n pa,nta cro,non meta. vIhsou/
Cristou/) Faudrait-il y voir une allusion à Actes 1,21-22 ? On lit en effet à cet endroit de
l’Ecriture : dei/ ou=n tw/n sunelqo,ntwn h`mi/n avndrw/n evn panti. cro,nw| w-| eivsh/lqen kai.
22
evxh/lqen evfV h`ma/j o` ku,rioj VIhsou/j( (...) ma,rtura th/j avnasta,sewj auvtou/ su.n h`mi/n
gene,sqai e[na tou,twnÅ

4.2.2.2. La phrase de 3 Co 5

Le texte de 3 Co 5 offre la phrase suivante :

`O Ku,rioj h`mw/n evk Mari,aj evgennh,qh evk spe,rmatoj Daui.d Pneu,matoj `Agi,ou avpo. ouvranou/
avpostale,ntoj eivj auvth.n i[na eivj ko,smon proe,lqh| kai. evleuqerw,sh| pa/san sa,rka dia. th/j
ivdi,aj sarko,j
L’expression evk spe,rmatoj Daui,d pourrait être reprise de deux textes pauliniens :

Ro 1,3 peri. tou/ ui`ou/ auvtou/ tou/ genome,nou evk spe,rmatoj Daui.d kata. sa,rka

2 Tim 2,8 Mnhmo,neue VIhsou/n Cristo.n evghgerme,non evk nekrw/n( evk spe,rmatoj Daui,d( kata.
to. euvagge,lio,n mou

Elle n’est cependant pas exclusive du corpus paulinien, puisqu’on la retrouve également
dans l’évangile de Jean :

Jn 7,42 ouvc h` grafh. ei=pen o[ti evk tou/ spe,rmatoj Daui.d kai. avpo. Bhqle,em th/j kw,mhj o[pou
h=n Daui.d e;rcetai o` Cristo,jÈ

Là encore, ces réminiscences pauliniennes, au sein de la 3e lettre aux Corinthiens


n’ont rien d’un trait idiolectal.

61
En Ro 16,7 apparaît une phrase qui rappelle de loin cette expression : oi[tine,j eivsin evpi,shmoi evn toi/j
avposto,loij( oi] kai. pro. evmou/ ge,gonan evn Cristw/|Å
4.2.2.3. La phrase de 3 Co 19

Voici le texte de 3 Co 19 :

Ouvk eivsi.n ou=n te,kna dikaiosu,nhj avlla. te,kna ovrgh/j oi[tinej th.n Qeou/ pro,noian
avnako,ptousin le,gontej mh. ei=nai to/n ouvrano.n kai. th. gh/n kaI pa,nta ta. evn auvtoi/j tou/
Patro.j e;rga)

L’expression te,kna ovrgh/j pourrait constituer une allusion à Eph 2,3, le seul endroit
du NT où se retrouve ce syntagme : kai. h;meqa te,kna fu,sei ovrgh/j w`j kai. oi` loipoi,)

4.2.2.4. La phrase de 3 Co 35

En 3 Co 35, apparaît la phrase suivante:

vEgw. ga.r ta. desma. eivj ta.j cei/raj e;cw i[na Cristo.n kerdh,sw kai. ta. sti,gmata evn tw/|
sw,mati, mou)

Ce texte combine deux citations pauliniennes :

Gal 6,17 evgw. ga.r ta. sti,gmata tou/ VIhsou/ evn tw/| sw,mati, mou basta,zw

et Phil 3,8 diV o]n ta. pa,nta evzhmiw,qhn( kai. h`gou/mai sku,bala( i[na Cristo.n kerdh,sw

4.2.2.5. Bilan

Si la 3e aux Corinthiens n’hésite pas à reprendre des syntagmes paulinens, nulle


reprise de traits idiolectaux typiques de ce corpus ne peut ici être observée. Les syntagmes
que nous venons d’analyser, en effet, ne sauraient répondre aux quatre critères
d’identification des idiolectèmes énumérés en 2.4.1.

5. En guise de conclusion

Comme tant d’autres spécialistes, nous lisons depuis plus de 30 ans le NT en grec,
sans traduction. Au cours de ces années, nous avons pu parcourir l’intégralité du corpus
paulinien dans l’original plus de soixante fois. Au fil de ces lectures, l’oreille devient plus
fine. Une sensibilité émerge progressivement : telle expression semble frappée au coin de
Paul, tel tour de phrase ou structure syntaxique reflète bien la langue de l’apôtre de Tarse. Il
devient alors possible d’identifier comme paulinienne la moindre phrase de ce corpus citée
en grec hors contexte.

Intrigué par le contraste entre cette expérience personnelle et l’opinion commune des
exégètes, depuis plus de 10 ans, nous avons noté sur des fiches, au cours de nos lectures, les
tours qui nous semblaient spécifiquement « pauliniens ». Récemment, pour vérifier nos
intuitions initiales, nous avons repris ce matériel à l’aide de certains outils de travail
(Bibleworks, concordances). Nous avons par la suite relu le corpus des treize lettres pour
éprouver le caractère paulinien de certains tours syntaxiques indécelables au moyen des
seules concordances. Cette recherche a finalement abouti à l’identification de 70 traits
idolectaux. Des recherches ultérieures pourront en mettre bien d’autres en lumière. La liste
reste ouverte.

Il nous paraît dès lors difficile de souscrire sans réserve à l’opinion commune tenant
pour pseudépigraphiques 6 des 13 lettres traditionnellement attribuées à Paul, les recherches
linguistiques étant venues confirmer nos intuitions initiales. Soulignons que certains des
traits ici identifiés ne s’imposent au lecteur qu’au terme d’une longue imprégnation par le
texte.
Force est de constater que, s’il fallait soutenir que le corpus paulinien trahit une
activité pseudépigraphique, celle-ci trancherait radicalement avec les traits avérés de la
pseudépigaphie non canonique. Penchons-nous un instant sur les lettres étrangères au canon
qui se réclament de Paul. Pour peu que ces épîtres soient véritablement le fruit d’une
rédaction plutôt qu’un simple tissu de citations (du type de la lettre aux Laodicéens), nous
découvrons aussitôt un tout autre idiolecte. Tel est le cas de la 3e aux Corinthiens ou de la
correspondance entre Paul et Sénèque. Les meilleurs imitateurs de l’Antiquité pouvaient
livrer une caricature des traits idiolectaux d’un auteur déterminé, ils étaient bien incapables
d’en rendre la voix originale.
Prenons le cas des Annales de Tacite qui prêtent un certain nombre de discours aux
empereurs romains qu’elles nous présentent. Ce que tente de produire l’historien latin, c’est
une « stylisation caractérisante »62 de chaque personnage dans les allocutions qu’il

62
Dangel, 1995, 106.
reconstruit. « Un exemple déterminant en ce domaine est la comparaison du véritable
discours de Claude et de la version tacitéenne, dans la mesure où l’original est parvenu
jusqu’à nous. »63 Le discours littéraire multiplie les maladresses dans l’emploi des clausules,
à l’image de la gaucherie qui caractérisait l’empereur. Dans ce cas, le dicours reconstruit par
Tacite offre une fidélité à l’esprit plutôt qu’à la langue de l’empereur. « Véritable travail
d'herméneutique, le style est finalement pour les Latins la quête langagière et esthétique de
la forme idéale, propre à rendre en le typant l'effet ressenti, à propos d'un mode d'expression
donné, par une sensibilité littéraire qui n'est autre que celle de l'écrivain. Aussi reflète-t-il
inévitablement le regard même de l'artiste. »64
Faut-il alors supposer qu’un ou plusieurs pseudépigraphes de génie aient réussi le
tour de force d’imiter la langue de Paul au point de rendre indiscernables les différences
linguistiques entre lettres « authentiques » et lettres imitées ? Ce serait faire du NT un cas
unique isolé de son contexte, pour attribuer à des scripteurs des qualités d’imitation inédites
dans l’Antiquité.
Pour étayer l’hypothèse de la pseudépigraphie d’Ephésiens, Colossiens, IIe aux
Thessaloniciens ou des lettres pastorales, il nous faudrait trouver un groupe significatif de
traits idiolectaux qui se vérifient dans les lettres réputées authentiques au détriment des
autres. Les données linguistiques ici recueillies semblent pourtant exclure une telle
possibilité.
Certes, nul ne contestera le caractère partiel des résultats livrés. Dans l’édition de
Nestlé-Aland, le corpus des 13 lettres attribuées à Paul totalise 153 pages sur 680. Il serait
donc souhaitable que des études ultérieures puissent élargir le corpus de référence et
l’étendre à la LXX ainsi qu’aux lettres des premiers chrétiens, en prenant soin d’en écarter
les citations strictes du corpus paulinien.
Tout limités qu’ils soient, le poids des faits relevés s’impose au linguiste. Ils ne
concernent pas seulement des mots mais des structures profondes et des alliances de termes
ou de champs synonymiques, qui vont parfois jusqu’au quasi-syntagme. Dans la plupart des
cas, de menues variations empêchent ces tournures de devenir des syntagmes au sens strict.
Ces traits idiolectaux revêtent donc un caractère spontané, non mécanique, fort difficile à

63
Dangel, 1994, 105.
64
Dangel, 1994, 112-113.
imiter. On ne saurait les imputer à une activité de citation, puisqu’ils admettent des
variations.
Ces idiolectèmes ne nous livrent pas pour autant des ressemblances fortuites
puisqu’ils concernent des traits qui reviennent au moins trois fois dans le corpus paulinien et
n’apparaissent nulle part ailleurs dans le NT. Le plus simple à reproduire quand on essaye
d’imiter la langue d’un auteur, c’est d’abord son lexique privilégié. Viennent ensuite les
expressions figées. Parmi les traits les plus complexes, on compte les alliances favories de
termes dont la présence reste difficilement imputable au hasard, surtout quand elles
réunissent plus de trois unités lexicales. Pensons aussi aux structures syntaxiques qui ne se
révèlent au chercheur qu’au terme d’un long examen. Ce sont les traits les plus difficiles à
perdre pour le locuteur qui, en apprenant une langue étrangère, doit se dessaisir de sa
grammaire habituelle. Témoins les pidgins qui peuvent conserver la syntaxe de la langue
maternelle alors même que la quasi-totalité du vocabulaire procède de la langue dominante.

Que conclure finalement des résultats présentés dans cette étude ? L’hypothèse de la
pseudépigraphie de six lettres pauliniennes (Eph, Gal, II Thess, I et II Tim, Tit) se heurte, à
notre avis, à des difficultés insurmontables, tant en fonction des données linguistiques qu’en
raison de l’histoire ou de la sociologie.
Réfléchissons un instant aux implications de cette théorie. Elle réclame tout d’abord,
de la part du pseudépigraphe, une étude de la langue de Paul débouchant sur une
connaissance du corpus, au niveau de la compétence passive, propre à un spécialiste du
texte. Un tel niveau de science se retrouvait par exemple chez les Massorètes, qui pouvaient
réciter par coeur le texte de la Bible et consacraient leur vie à son étude, en le répétant et le
mémorisant grâce à la cantillation. Or si, avec l’ensemble des chercheurs, l’on place vers la
fin du premier siècle ou le début du deuxième la rédaction de ces lettres « suspectes », il
nous faudrait conclure que l’activité pseudépigraphique est intervenue lorsque le texte de
Paul, loin de constituer un corpus fermé, n’était pas encore canonique. Une telle
compétence, toutefois, implique une longue imprégnation du texte s’étalant sur plusieurs
années, d’autant plus que le pseudépigraphe ne pouvait avoir recours, comme de nos jours, à
l’ordinateur, à Bibleworks ou même à une simple concordance.
En deuxième lieu, l’hypothèse pseudépigrahique suppose de la part du
pseudépigraphe une compétence active en vue d’une imitation parfaite de l’original. Il nous
faudrait alors reconnaître au rédacteur de ces lettres des connaissances poussées en
linguistique. Ce dernier aurait été capable d’identifier les structures profondes de la langue
paulienne. Une telle capacité, dans le contexte de l’Antiquité, semble d’autant moins
probable qu’en deux cents ans d’études scientifiques sur les Pastorales et l’épître aux
Ephésiens, personne n’a reconnu la plupart des idiolectèmes que nous venons d’identifier.
Or cette liste est beaucoup plus simple à établir aujourd’hui dans la mesure où nous
disposons des concordances informatiques et des progrès récents de la science linguistique,
désormais en mesure de distinguer le style de l’idiolecte.
L’hypothèse pseudépigaphique implique en effet un art de l’imitation de la langue
d’un écrivain que n’illustre aucun autre exemple dans les textes de l’Antiquité. La seule
comparaison de la langue des lettres « suspectes » avec celle de la 3e aux Corinthiens peut
servir ici de repoussoir. Un disciple direct, par exemple, pourra reproduire le vocabulaire
favori ou certaines expressions privilégiées du maître, il sera bien incapable de parler ou
d’écrire comme son modèle, même s’il tenait à l’imiter. Qu’il suffise d’évoquer à cet égard
l’exemple de certains écrivains du NT. Luc, disciple et compagnon de Paul, s’exprime en
un idiolecte fort différent de celui de son maître, même dans les discours qu’il lui prête au
sein du livre des Actes. S’il nous faut d’autre part reconnaître en Silas le scripteur de la
première épître de Pierre, son idiolecte tranche radicalement avec celui de Paul, dont il fut le
disciple.

Deux solutions nous semblent finalement compatibles avec les données


linguistiques ici rassemblées. Une première hypothèse consisterait à attribuer les 13 lettres
traditionnellement attribuées à Paul à un seul et même scripteur différent du citoyen de
Tarse, qu’il s’agisse d’un collaborateur, d’un secrétaire, d’un disciple direct, d’un membre
d’une communauté paulinienne ou d’une personne qui, pour une raison ou une autre,
longtemps après la mort de l’apôtre, chercherait à placer ses propres épîtres sous une
autorité incontestable.
Peu de personnes seraient prêtes à soutenir cette théorie paradoxale. Elle semble
toutefois bien plus raisonnable, au regard des faits langagiers, que l’hypothèse imputant à
des scripteurs multiples la rédaction du corpus paulinien.
Une seconde possibilité, compatible avec les données linguistiques malgré toutes les
difficultés historiques, chronologiques ou théologiques qu’elle ne manque de soulever,
consisterait à attribuer la paternité des 13 lettres du corpus au scripteur Paul de Tarse.
En l’état actuel de nos connaissances et compte tenu des documents dont nous
disposons, toute autre solution répugnerait à la raison du chercheur soucieux de respecter les
faits de langue.

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Appendice : traits idiolectaux du corpus paulinien non retenus dans cette étude

1) yeu,domai à la forme négative, à proximité de avlh,qeian le,gw


Il s’agit d’un trait exclusif du corpus paulinien au sein du NT. Dans la mesure où il
n’apparaît que deux fois, nous n’avons pas cru possible de le retenir, malgré la quadruple
attestation du tour ouv yeu,domai.

Ro 9,1 VAlh,qeian le,gw evn Cristw/|( ouv yeu,domai( summarturou,shj moi


th/j suneidh,sew,j mou evn Pneu,mati `Agi,w|
1 Tim 2,7 avlh,qeian le,gw ouv yeu,domai
Cf. 2 Co 11,31 o` Qeo.j kai. Path.r tou/ Kuri,ou VIhsou/ oi=den( o` w'n euvloghto.j eivj
tou.j aivw/naj( o[ti ouv yeu,domai
Cf. Gal 1,20 a] de. gra,fw u`mi/n( ivdou. evnw,pion tou/ Qeou/ o[ti ouv yeu,domai)
2) u`per- comme préfixe

La liste complète des termes rares comportant le préfixe u`per- dans le NT permet de laisser
de côté 9 termes du vocabulaire courant :

u`pera,nw( ὑπερῷον, ὑπέρογκα( u`perhfani,a( u`perh,fanoj( u`pere,cw( u`peridei/n( u`perperissw/


et u`perperissw/j (mais pas u`perekperissw/ qui est plus rare).

On atteint alors ce résultat surprenant que tous les termes préfixés en u`per- se retrouvent
dans le corpus des 13 lettres pauliniennes sauf un: ὑπερεκχυννόµενον (Luk 6:38).

2 Th 2,4 ὑπεραιρόµενος
2 Co 12,7 ὑπεραίρωµαι 2 fois dans le même vs
1 Co 7,36 ὑπέρακµος
2 Th 1,3 u`perauxa,nei
1 Th 4,6 ὑπερβαίνειν
Eph 2,7 to. u`perba,llon plou/toj th/j ca,ritoj auvtou/
Eph 1,19 ὑπερβάλλον
Eph 3,19 ὑπερβάλλουσαν
2 Co 11,23 ὑπερβαλλόντως
2 Co 9,14 ὑπερβάλλουσαν
2 Co 3,10 ὑπερβαλλούσης
2 Co 4,7 ὑπερβολὴ
2 Co 12;7 ὑπερβολῇ
Rom 7,13 καθ᾽ ὑπερβολὴν
1 Co 12,31 καθ᾽ ὑπερβολὴν
2 Co 1,8 καθ᾽ ὑπερβολὴν ὑπὲρ δύναµιν
2 Co 4,17 καθ᾽ ὑπερβολὴν εἰς ὑπερβολὴν
Gal 1,13 καθ᾽ ὑπερβολὴν
2 Co 10,16 ὑπερέκεινα
Eph 3,20 u`perekperissou/
1 Th 3,10 ὑπερεκπερισσοῦ
1 Th 5,13 ὑπερεκπερισσοῦ
2 Co 10,14 ὑπερεκτείνοµεν
Luc 6,38 ὑπερεκχυννόµενον
Rom 8;26 ὑπερεντυγχάνει
1 Tim 1,14 u`perepleo,nasen
2 Co 11,5 ὑπερλίαν
2 Co 12,11 ὑπερλίαν
Rom 8,37 ὑπερνικῶµεν
1 Ti 2,2 ὑπεροχῇ
1 Co 2,1 καθ᾽ ὑπεροχὴν
Phi 2,9 ὑπερύψωσεν
Rom 12,3 µὴ ὑπερφρονεῖν παρ᾽ ὃ δεῖ φρονεῖν

3) Structure Nom + Relatif + Verbe dérivé ou de même racine

Nous offrons ici les résultats d’une recherche qui a porté seulement sur le corpus paulinien,
l’épître aux Hébreux et l’épitre de Jacques. Sans être exclusive du corpus paulinien, il s’agit là
cependant d’une structure privilégiée par les 13 lettres attribuées à Paul.

II Co 7,7 evn th/| paraklh,sei h-| pareklh,qh evfV u`mi/n


Eph 4,1 a;xioi peripath/sai th/j klh,sewj h-j evklh,qhte
Eph 1,6 th/j ca,ritoj auvtou/ h-j evcari,twsen h`ma/j
Eph 2,4 dia. th.n pollh.n avga,phn auvtou/ h]n hvga,phsen h`ma/j
Eph 1,19-20 kata. th.n evne,rgeian ))) h]n evnh,rghsen
I Thess 3,9 evpi. pa,sh| th/| cara/| h-| cai,romen
1 Co 7:20 e[kastoj evn th/| klh,sei h-| evklh,qh( evn tau,th| mene,twÅ
II Co 1,4 dia. th/j paraklh,sewj h-j parakalou,meqa auvtoi. u`po. tou/ Qeou/Å
Le tour correspond à un sémitisme que l’on retrouve dans l’épître aux Hébreux. Toutefois, il est
symptomatique de constater qu’il apparaît alors uniquement dans des citations du texte de LXX.

Heb 8,10 o[ti au[th h` diaqh,kh( h]n diaqh,somai tw/| oi;kw| VIsrah.l meta. ta.j
h`me,raj evkei,naj( le,gei Ku,rioj\
Heb 10,16 Au[th h` diaqh,kh h]n diaqh,somai pro.j auvtou,j
Heb 3,8-9 evn tw/| parapikrasmw/| kata. th.n h`me,ran tou/ peirasmou/ evn th/| evrh,mw|(
9
ou- evpei,rasan oi` pate,rej u`mw/n evn dokimasi,a| kai. ei=don ta. e;rga mou

4) Verbe première personne indicatif présent + avdelfoi, (pas a;ndrej avdelfoi,)

Cette recherche a porté sur l’ensemble du NT. Nous avons indiqué l’expression en
gras lorsque le verbe apparaissait, hors des cas d’incise, à la première personne du sg ou du pl de
l’indicatif présent suivi du mot avdelfoi,) Si le texte présente un ordre différent, l’expression est
alors indiquée en italiques.

avgnoei/n parakalw/ fhmi, gnwri,zw ginw,skein evrwtw/


Romans 1:13 ouv Romans 12:1 1 Corinthians 1 Corinthians 15:1 Philippians 1:12 1 Thessalonians 4:1
qe,lw de. u`ma/j Parakalw/ ou=n 7:29 tou/to de, Gnwri,zw de. u`mi/n( Ginw,skein de. u`ma/j Loipo.n ou=n(
avgnoei/n( avdelfoi,( u`ma/j( avdelfoi,( fhmi( avdelfoi,( o` avdelfoi,( to. bou,lomai( avdelfoi,( avdelfoi,( evrwtw/men
kairo.j euvagge,lion o] o[ti u`ma/j kai.
sunestalme,noj euvhggelisa,mhn parakalou/men evn
evsti,n\ u`mi/n( Kuri,w| VIhsou/( i[na
Romans 11:25 Ouv Romans 15:30 1 Corinthians Galatians 1:11 1 Thessalonians
ga.r qe,lw u`ma/j Parakalw/ de. 15:50 Tou/to de, Gnwri,zw ga.r u`mi/n( 5:12 VErwtw/men de.
avgnoei/n( avdelfoi,( u`ma/j Î(avdelfoi,(Ð fhmi( avdelfoi,( avdelfoi,( to. u`ma/j( avdelfoi,(
to. musth,rion tou/to( dia. tou/ kuri,ou o[ti sa.rx kai. ai-
ai- euvagge,lion to. eivde,nai tou.j
h`mw/n VIhsou/ ma basilei,an euvaggelisqe.n u`pV kopiw/ntaj evn u`mi/n
Cristou/ kai. dia. Qeou/ evmou/ o[ti ouvk e;stin kai. proi?stame,nouj
th/j avga,phj tou/ klhronomh/sai kata. a;nqrwpon u`mw/n evn Kuri,w|
Pneu,matoj ouv du,natai
sunagwni,sasqai,
moi
1 Corinthians 10:1 Romans 16:17 2 Corinthians 8:1 2 Thessalonians 2:1
Ouv qe,lw ga.r u`ma/j Parakalw/ de. Gnwri,zomen de. VErwtw/men de. u`ma/j(
avgnoei/n( avdelfoi,( u`ma/j( avdelfoi,( u`mi/n( avdelfoi,( th.n avdelfoi,( u`pe.r th/j
o[ti skopei/n ca,rin tou/ Qeou/ th.n parousi,aj tou/
dedome,nhn evn tai/j kuri,ou h`mw/n VIhsou/
evkklhsi,aij th/j Cristou
Makedoni,aj(
1 Corinthians 12:1 1 Corinthians
Peri. de. tw/n 1:10 Parakalw/
pneumatikw/n( de. u`ma/j( avdelfoi,(
avdelfoi,( ouv qe,lw dia. tou/ ovno,matoj
atoj
u`ma/j avgnoei/nÅ tou/ kuri,ou h`mw/n
VIhsou/ Cristou/(
i[na
2 Corinthians 1:8 1 Thessalonians AUTRES AUTRES AUTRES
Ouv ga.r qe,lomen 5:14
u`ma/j avgnoei/n( parakalou/men de.
avdelfoi,( u`pe.r th/j u`ma/j( avdelfoi,(
qli,yewj h`mw/n th/j nouqetei/te tou.j
genome,nhj evn th/| avta,ktouj(
VAsi,a|( o[ti paramuqei/sqe
tou.j
ovligoyu,couj(
1 Thessalonians 1 Corinthians Romans 8:12 :Ara Galatians 3:15 Galatians 4:12
4:13 16:15 ou=n( avdelfoi,( vAdelfoi,( kata. Gi,nesqe w`j evgw,( o[ti
Ouv qe,lomen de. u`ma/j Parakalw/ de. ovfeile,tai evsme.n ouv a;nqrwpon le,gw\ kavgw. w`j u`mei/j(
avgnoei/n( avdelfoi,( u`ma/j( avdelfoi,\ th/| sarki. tou/ kata. avdelfoi,( de,omai
peri. tw/n oi;date th.n sa,rka zh/n( u`mw/nÅ
koimwme,nwn( i[na oivki,an Stefana/(
1 Thessalonians Galatians 4:31 dio,( Galatians 5:11 evgw. Philippians 3:13
4:1 Loipo.n ou=n( avdelfoi,( ouvk evsme.n de,( avdelfoi,( eiv avdelfoi,( evgw.
avdelfoi,( evrwtw/men paidi,skhj te,kna peritomh.n e;ti evmauto.n ouv
u`ma/j kai. avlla. th/j evleuqe,rajÅ khru,ssw( ti, e;ti logi,zomai
parakalou/men evn diw,komaiÈ kateilhfe,nai\
Kuri,w| VIhsou/( i[na
Hebrews 13:22 2 Thessalonians 2 Thessalonians 2 Thessalonians 3:6
Parakalw/ de. 1:3 Euvcaristei/n 2:13 ~Hmei/j de. Paragge,llomen de.
u`ma/j( avdelfoi,( ovfei,lomen tw/| qew/| ovfei,lomen u`mi/n( avdelfoi,( evn
avne,cesqe tou/ pa,ntote peri. u`mw/n( euvcaristei/n tw/| qew/| ovno,mati tou/ Kuri,ou
lo,gou th/j avdelfoi,( kaqw.j pa,ntote peri. u`mw/n( Îh`mw/nÐ VIhsou/
paraklh,sewj( a;xio,n evstin( o[ti avdelfoi. hvgaphme,noi
noi Cristou/ ste,llesqai
u`po. Kuri,
Kuri,ou( o[ti u`ma/j

1 Thessalonians
4:10-11
parakalou/men( de.
u`ma/j( avdelfoi,(
perisseu,ein
11
ma/llon kai.
filotimei/sqai

Le tableau qui précède montre que, dans le NT, les expressions en gras sont exclusives du corpus
paulinien et du billet final de l’épître aux Hb. Pour les expressions en italiques, elles sont
exclusives, au sein du NT, du corpus paulinien.

5) Verbe parakalw/ suivi de u`ma/j ou de se (en l’absence de l’incise avdelfoi,).


La recherche a été menée sur l’ensemble du NT. Dans la mesure où ce tour apparaît
également dans les Ac (dans un discours prêté à Paul), il n’a pas paru possible de l’identifier
comme un idiolectème paulinien.

2 Corinthians 6:1 parakalou/men mh. eivj Acts 27:34 parakalw/ u`ma/j metalabei/n
keno.n th.n ca,rin tou/ Qeou/ de,xasqai u`ma/j\ trofh/j\
1 Corinthians 4:16 parakalw/ ou=n u`ma/j( 2 Corinthians 10:1 Auvto.j de. evgw.
mimhtai, mou gi,nesqeÅ Pau/loj parakalw/ u`ma/j dia. th/j
prau<thtoj kai. evpieikei,aj tou/ Cristou/(
2 Corinthians 2:8 dio. parakalw/ u`ma/j Ephesians 4:1 Parakalw/ ou=n u`ma/j evgw. o`
kurw/sai eivj auvto.n avga,phn\ de,smioj evn Kuri,w| avxi,wj peripath/sai th/j
klh,sewj h-j evklh,qhte(
Philemon 1:10 parakalw/ se
Cf. 1 Thessalonians 2:12 parakalou/ntej Cf. 1 Timothy 2:1 Parakalw/ ou=n
u`ma/j kai. paramuqou,menoi kai. prw/ton pa,ntwn poiei/sqai deh,seij
marturo,menoi proseuca.j evnteu,xeij euvcaristi,aj u`pe.r
pa,ntwn avnqrw,pwn(

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