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COURS DE DROIT FISCAL

Version Janvier 2019

Enseignant : NGASSAM TCHANA Laugier.


Consultant & Enseignant Associé
Droit Privé des Affaires - Fiscalité Appliquée – Droit Public des Affaires
Cell : 699 380 077 – 670 636 936

I- INTRODUCTION GENERALE.

I-1. CONTEXTE DE L’ENSEIGNEMENT.

Dans le but d’accomplir ses missions d’intérêt général, l’Etat, les collectivités territoriales
décentralisées et les établissements publics ont besoin des ressources financières connues sous le
générique de ‘’Finances Publiques ‘’. Ces ressources financières dont la plus prépondérante est l’impôt
sont prélevées parfois par voie d’autorité à l’occasion de la réalisation de certaines opérations ou de
l’acquisition de certains revenus par les personnes physiques ou les personnes morales.

L’impôt demeure le moyen financier privilégié dans les Finances Publiques modernes et est au
cœur de la vie des entreprises et des nombreuses opérations de la vie civile. Son étude mérite d’être
recommandée à tous les citoyens. C’est à juste titre que Jean Bodin écrivait : « Les Finances Publiques
sont le nerf de la République, elles y sont d’une nécessité absolue ». Dans le même sens, Maurice
Duverger disait : « Gouverner, c’est dépenser ».

Eu égard à l’importance de l’impôt pour les finances publiques, des disciplines lui sont consacrées
notamment : Les Finances Publiques, le Droit fiscal, Fiscalité,…

I-2. OBJECTIF DE L’ENSEIGNEMENT.

L’objectif de cet enseignement est de sensibiliser les étudiants, futur gestionnaire comptable,
expert comptable, DAF des entités dont la mission principale serait d’organiser l’entité en matière
comptable conformément à la réglementation comptable en vigueur, de ne plus ignorer l’aspect fiscal
dans l’analyse des opérations et dans le processus de détermination du résultat fiscal.

Chers étudiants, vous avez intérêt à vous approprier les connaissances et les techniques
fiscales de base objet de nos enseignements parce que, les entreprises ne se contentent plus
aujourd’hui à organiser seulement leur comptabilité, elles recherchent aussi une sécurité fiscale.

I-3. ELEMENTS BIBLIOGRAPHIQUES.

1. Maurice Cozian, Florence Deboissy, Martial Chadefaux, précis de la fiscalité des entreprises,
2016/2017, 40e édition Lexis Nexis.
2. Félix Ateck A DJAM, Droit du contentieux fiscal camerounais, édition l’harmattan, juillet 2017.
3. Roland Atanga Fongue & Adrien Tocké, Eléments de la fiscalité des affaires au Cameroun, édition
l’harmattan 2011.
4. Loi n°2002/003 du 19 avril 2002 portant Code Général des Impôts de la République du Cameroun.
I-4. QUELQUES ABREVIATIONS.

AIRPP : Acompte impôt sur le revenu des personnes physiques.


AIS : Acompte impôt sur les sociétés.
BI : Base imposable
CAC : Centimes additionnels et communaux.
CAHT : Chiffre d’affaires hors taxes
CGI : Code général des impôts.
DA : Droit d’accise
DE : Droit d’enregistrement.
IRPP : Impôt sur le revenu des personnes physiques
IRCM : Impôt sur le revenu des capitaux mobiliers.
IS : Impôt sur les sociétés.
LF : Loi de finances
MP : Minimum de perception
PV : Plus-value
PSL : Précompte sur loyer
RS : Revenu salarial.
RCM : Revenu des capitaux mobiliers.
RF : Revenu foncier.
RA : Revenu agricole.
RAIC : Revenu artisanal, industriel et commercial.
RNC : Revenu non commercial.
TD : Timbre de dimension
TF : Taxe foncière.
TG : Timbre gradué.
TSR : Taxe spéciale sur le revenu.
TVA : Taxe sur la valeur ajoutée.

II- FICHE DE PROGRESSION (QUOTA : 30 HEURES)


CHAPITRE 1 :
LA NOTION DE L’IMPOT

Avant de distinguer l’impôt et les notions voisines (redevance, taxe), il convient d’abord de
définir le droit fiscal et l’impôt, ensuite de mettre en évidence ses caractéristiques et enfin de rappeler
son rôle ou sa fonction et son fait générateur ainsi que son exigibilité.

I- LA DEFINITION DU DROIT FISCAL ET DE L’IMPOT.

I-1. LA DEFINITION DU DROIT FISCAL.

Le droit fiscal est l’ensemble des règles de droit relatives à l’impôt. En effet, ces règles
concernent la détermination de l’assiette, la liquidation, le paiement et le recouvrement de l’impôt.

Le droit fiscal traite donc de la fiscalité des personnes (impôt sur le revenu), de la fiscalité des
affaires (fiscalité des entreprises et règles fiscales applicables aux activités commerciales), de la
fiscalité immobilière (transactions immobilières : ventes d'immeubles), de la fiscalité patrimoniale
(détention et transmission de patrimoine : successions, donations). Il s'intéresse également aux
procédures fiscales (Contrôle et contentieux) entre le fisc (l'administration fiscale) et les particuliers ou
les entreprises.

Il s'intéresse en outre, à la parafiscalité (taxes et redevances obligatoires perçues au profit d'autres


personnes publiques ou privées), au droit pénal fiscal (fraude et évasion fiscales) et à la fiscalité
internationale.
I-2. LA DEFINITION DE L’IMPOT.

La définition de l’impôt a donné lieu à une abondante littérature dont la plus dominante est celle
de Gaston Jeze. D’après l’auteur, l’impôt est une prestation pécuniaire requise des particuliers et des
personnes morales par voie d’autorité, à titre définitif et sans contrepartie identifiable en vue de la
couverture des charges publiques. Il en résulte de cette définition, que l’impôt revêt les caractéristiques
suivantes
II- LES CARACTERISTIQUES DE L’IMPOT.

Les caractéristiques de l’impôt sont les suivantes :

 L’impôt est un prélèvement pécuniaire : L’assiette ou la matière imposable s’évalue en argent et


l’impôt se paie en argent.

 L’impôt est un prélèvement obligatoire (Voie d’autorité) : Le redevable ou le contribuable est


obligé de payer l’impôt dû au prorata de sa faculté contributive à moins qu’une disposition
légale ne le dispense expressément. L’administration fiscale dispose à cet effet des
prérogatives de puissance publique pour le percevoir.

Rappelons que cette obligation tient à la légitimité de la puissance publique et au principe de


consentement à l’impôt.
 L’impôt est un prélèvement à titre définitif : l’impôt qui a été légalement établi ne peut donner
lieu à restitution. Toutefois, pour des raisons d’incitation à l’investissement, les pouvoirs publics
ont envisagé la possibilité d’obtenir le remboursement des crédits d’impôt (TVA) ou de solliciter
la compensation de certains impôts (TVA).
En vertu du principe de la légalité, l’Etat peut restituer certaines sommes aux contribuables
lorsqu’ils ont commis des erreurs.

 L’impôt est un prélèvement sans contre partie identifiable : l’ensemble des recettes publiques
(impôts) est destiné à couvrir l’ensemble des charges publiques sans affectation préalable :
C’est l’application du principe budgétaire de l’unité de caisse souvent appelé universalité
budgétaire.

III- LE ROLE OU LA FONCTION DE L’IMPOT.

En application du principe budgétaire de l’unicité de caisse ou de l’universalité, l’impôt permet à


l’Etat de repartir les richesses nationales afin de garantir la paix sociale et de favoriser le
développement humain : c’est la fonction sociale de l’impôt ou la fonction de redistribution.

L’impôt est la principale ressource financière de la puissance publique lui permettant de financer
les dépenses publiques ou de couvrir les charges publiques : C’est la fonction financière de l’impôt.

L’impôt est un instrument de propagande politique dans les pays de démocratie libérale : C’est la
fonction politique de l’impôt.

L’impôt permet à l’Etat d’intervenir dans la vie économique et sociale du pays. La création ou
annulation d’impôt, l’augmentation du poids d’impôts peut viser à favoriser ou de défavoriser un bien, un
secteur d’activité ou un groupe de personne : C’est la fonction économique de l’impôt.

IV- L’IMPOT ET LES NOTIONS VOISINES.

La redevance encore appelée rémunération de services rendus, est une somme réclamée en
contrepartie d’un service rendu et de manière plus ou moins proportionnelle à ce service public (Ex : la
redevance audio-visuelle).

La taxe est versée à titre obligatoire à l’Etat ou à une collectivité en contre partie d’un service qui
profite au payeur ou qui aurait pu lui profiter. Notons qu’il n’y a pas une relation entre le service rendu et
les montants des taxes payées (Ex : la taxe de développement local).

La taxe parafiscale est perçue dans un intérêt économique ou social au profit d’une personne
morale de droit public ou privé autre que l’Etat, les collectivités territoriales et leurs établissements
publics administratifs. Elle est expressément prévue par une loi de finances (PVID, FNE, CCF,...).

De ce qui précède, nous pouvons retenir que la distinction entre l’impôt, la redevance et la taxe se
situe au niveau de la contrepartie. Toutefois, relevons que cette distinction théorique est démentie en
pratique car, la contrepartie de certaines redevances et taxes n’est pas identifiable.

V- LE FAIT GENERATEUR ET L’EXIGIBILITE DE L’IMPOT.

1- LE FAIT GENERATEUR DE L’IMPOT


Le fait générateur de l’impôt est l’événement ou l’acte qui fait naître la dette fiscale vis-à-vis du
FISC. Il pourrait s’agir en pratique de :

 L’acquisition du revenu pour ce qui est des impôts sur le revenu (IRPP, IS, TSR),
 L’exercice effectif d’une activité économique (Production, commerce,…) pour ce qui est des
impôts sur les activités (Patente, licence, impôt libératoire),
 L’acquisition des biens ou des services pour ce qui est des impôts sur la consommation ou sur
la dépense (TVA, DA, DDI),
 La rédaction d’un acte juridique, la mutation ou la propriété des biens meubles et immeubles
pour ce qui est des impôts sur le capital (TF, DET).

Remarque : Le fait générateur de l’impôt présente un intérêt pratique parce qu’il permet de déterminer
la loi applicable dans le temps en cas de changement de législation fiscale.

2- L’EXIGIBILITE DE L’IMPOT.

L’exigibilité de l’impôt est la date à partir de laquelle le FISC est en droit de réclamer l’impôt dû en
faisant recours le cas échéant à la force. L’exigibilité d’un impôt peut être concomitante avec son fait
générateur comme il peut en être distinct.

Lorsque l’exigibilité de l’impôt est concomitante avec son fait générateur, le recouvrement de l’impôt
est dit au comptant. Dans le cas contraire, le recouvrement de l’impôt est dit en différé.

A titre d’illustration, l’exigibilité de l’IRPP en matière de Traitements, salaires, pensions, rentes


viagères ; des Revenus de Capitaux Mobiliers ; des Bénéfices non Commerciaux (contribuables
relevant du régime simplifié d’imposition) et des Revenus Fonciers intervient au moment de la mise à
disposition du revenu.

L’exigibilité de l’IRPP en matière des bénéfices industriels et commerciaux, des bénéfices agricoles,
et des bénéfices non commerciaux pour les contribuables relevant du régime du réel intervient lors de la
réalisation du fait générateur.

CHAPITRE II :
LE SYSTEME FISCAL CAMEROUNAIS

Parler du système fiscal renvient à s’interroger d’abord sur les principes et les caractéristiques du
droit fiscal, ensuite sur les sources du droit fiscal et enfin sur les acteurs qui l’animent ainsi que la
classification des impôts, droits et taxes en vigueur.

I- LES PRINCIPES ET LES CARACTERISTIQUES DU DROIT FISCAL

I-1.LES PRINCIPES DU DROIT FISCAL


Le principe du consentement à l’impôt : L’exécutif ne peut pas percevoir les impôts, droits et taxes
sans le consentement préalable du peuple. Dans les démocraties représentatives, le peuple est
représenté par le Parlement.

Le principe de l’égalité : Tous les contribuables sont égaux devant la loi fiscale.

Le principe de la légalité : L’exécutif ne peut percevoir un impôt, droit ou taxe, s’il n’a pas été prévu
par la loi.

Le principe de la non rétroactivité de la loi fiscale : Une loi fiscale nouvelle ne dispose que pour
l’avenir, elle n’a point d’effets rétroactifs.

Le principe de l’annualité : Le parlement autorise à l’exécutif de percevoir les impôts, droits et taxes
au titre d’une année.

Le principe du respect du droit de la défense : L’administration ne pourrait sanctionner un


contribuable qu’après l’avoir mis en demeure ou au terme d’une procédure de redressement
contradictoire. Ce principe justifie l’instauration du dialogue de gestion par l’administration fiscale.

II- LES CARACTERISTIQUES DU DROIT FISCAL.

A- LE DROIT FISCAL EST UN DROIT PARTICULIER

Le droit fiscal ne recherche pas la légalité d’un acte et l’imposition d’un acte illégal ne le rend pas
légal. Ainsi, un individu qui exerce une activité illégale est imposable et une société de fait est imposée
comme une société de droit.

B- LE DROIT FISCAL EST UN DROIT D’EXCEPTION.

Lorsque la loi fiscale n’est pas claire, on doit appliquer le principe de l’interprétation restrictive
d’après lequel, l’interprétation des lois fiscales qui sont des lois d’exception ne doit jamais dépasser les
termes dans lesquels elles sont conçues.

En revanche, la loi fiscale dont le sens est clair et précis doit être appliqué à la lettre et il n’est pas
possible d’y introduire, sous prétexte d’interprétation, des distinctions qu’elle n’a pas faite car, en
matière fiscale, le principe est ‘’pas d’impôt sans texte de loi’’ et ‘’pas d’exonération sans texte’’.

Pour éviter les effets iniques de la procédure d’abus de droit, il a été consacré la procédure du
rescrit fiscal.

III- LES SOURCES DU DROIT FISCAL.

Il convient de rappeler qu’il s’agit des sources ci-après dans l’ordre hiérarchique décroissant des
différents impôts, droits et taxes en vigueur :

-La constitution : La constitution, loi fondamentale ne se limite pas à définir le statut de l’Etat et les
rapports entre les différents pouvoirs mais, à poser des grands principes en fiscalité notamment : Le
‘’principe de l’égalité de tous devant la loi’’, le principe du consentement à l’impôt, le principe de
légalité.
-Les conventions fiscales internationales : Afin de lutter contre le phénomène de double imposition
deux Etats pouvaient définir librement les règles d’imposition des revenus qu’un citoyen de l’un des
Etats réalise dans l’autre Etat. Cette liberté reconnue jusqu’ici aux Etats est remise aujourd’hui en cause
par l’OCDE qui a publié un instrument multilatéral dans le cadre du projet BEPS - 2014 (Base erosion
and profit shifting ou érosion de la base d’imposition et le transfert de bénéfice) auquel toutes les
conventions fiscales bilatérales en vigueur ou à conclure devraient s’y conformer. Il s’agit de l’action 15
relative à la convention multilatérale pour la mise en œuvre des mesures relatives aux conventions
fiscales pour prévenir l’érosion de la base d’imposition et le transfert de bénéfice par les entreprises
multinationales.

A titre d’illustration, les revenus de capitaux mobiliers acquis par une personne physique de nationalité
camerounaise est imposable à l’IRPP au taux de 16.5% ; Par contre, lorsque ce revenu de capitaux
mobiliers est acquis par une personne physique de nationalité Française résidant au Cameroun, il est
imposable à l’IRPP au taux de 15% en vertu de la convention fiscale France Cameroun.

D’autre part, les traités ou les conventions ont une importance particulière dans le domaine de la
fiscalité au regard des difficultés observées dans le processus d’intégration. A titre d’illustration, les
régimes d’imposition en vigueur au Cameroun, la présentation des états financiers de synthèse
annuel des entreprises; les taux d’imposition à la TVA, à l’IS tendent à s’arrimer aux législations
communautaires (OHADA, CEMAC,…).

-La loi : La loi est la source prépondérante en la matière sauf délégation expresse accordée au
Président de la République. La loi fixe les règles concernant l’assiette, la liquidation, le paiement, le
contrôle, le contentieux et le recouvrement de l’impôt. La loi en matière fiscale prend la nature de loi de
finances.

A titre d’illustration, celle de 2015 a modifié les modalités de liquidation de l’IRPP, celle de 2017 a
modifié les modalités de liquidation de la patente.

-Le règlement (Décret et Arrêté) : La loi peut déléguer à l’exécutif (Président de la République,
Ministre des Finances) d’instituer les règles fiscales régissant l’assiette, les taux et les procédures de
recouvrement.

A titre d’illustration le nouveau tarif de l’impôt libératoire des transporteurs urbains a été pris par
l’exécutif à travers une ordonnance du PR.

-Les principes généraux du droit : Les principes s’appliquent de façon traditionnelle et ne peuvent
être écartés que par une disposition législative.

On peut citer : le principe de la non retro – activité ; le respect du droit de la défense.

-La jurisprudence fiscale : La jurisprudence constitue une source d’enrichissement du droit par le fait
qu’elle l’interprète pour l’appliquer d’une part et qu’elle est tenue d’apporter une solution en présence
d’un vide juridique.

-La doctrine administrative fiscale : Les dispositions de nature législative n’étant pas suffisamment
complètes en elles – mêmes pour être directement applicables, elles sont donc complétées par les
instructions ou circulaires d’une extrême importance.
Les instructions et les circulaires sont opposables à l’administration, c'est-à-dire que celle – ci est tenue
de se conformer à l’interprétation qu’elle a donnée à un texte de loi. Les instructions et circulaire
émanant du Directeur Général des Impôts et du Ministre de tutelle ont une portée générale.

En définitive, La doctrine administrative est constituée par les circulaires interprétatives de la Direction
Générale des Impôts et des réponses du Ministre des Finances et du Directeur Général des Impôts aux
questions posées par les contribuables (dites prises de position)

-Le ‘’rulings’’ et le ‘’rescrit fiscal’’ : La technique du ‘’rulings’’ s’est développé aux USA afin de rendre
service au contribuable et d’éviter un contentieux trop important. Le ‘’rulings’’ est une solution
administrative particulière qui est une source de droit à l’égard de la personne concernée.

Cette technique en droit français est appelée le ‘’rescrit’’. En définitive, le ‘’rescrit fiscal’’ est une
procédure qui prévient la répression en donnant au contribuable, préalablement à la conclusion d’un
acte juridique, d’un contrat ou d’un projet, la possibilité de solliciter l’avis de l’administration sur le
régime fiscal applicable. (Article L33 bis du CGI).

IV- LES ACTEURS DU SYSTEME FISCAL CAMEROUNAIS.

Le système fiscal camerounais est animé par les contribuables, les redevables, l’administration
fiscale et l’administration douanière.

IV-1. LES CONTRIBUABLES ET LES REDEVABLES.

1- LA DISTINCTION CONTRIBUABLE ET REDEVABLE.

Toute personne propriétaire ou de bénéficiaire de la matière imposable est appelé contribuable.


Rappelons que la matière imposable peut être un revenu ou un bénéfice, un bien meuble ou immeuble,
un acte juridique,…

Dans le souci de sécuriser les recettes fiscales, le législateur exige le paiement de certains impôts,
droits et taxes directement au débiteur du propriétaire de la matière imposable. Dès lors, il faut faire un
distinguo entre le contribuable et le redevable.

Le redevable ou le redevable légal est celui qui se voit exiger le paiement d’un impôt. Ex : en
matière d’IRPP sur salaire, l’employeur est le redevable.

Le contribuable ou redevable réel est celui qui supporte définitivement la charge fiscale. Ex : en
matière d’IRPP sur salaire, le salarié est le contribuable.

2- LES OBLIGATIONS DU CONTRIBUABLE.

a. l’obligation d’immatriculation préalable (article L 1 du LPF du CGI).

Tout contribuable qui envisage exercer une activité économique devrait s’immatriculer au centre des
impôts de rattachement après sa constitution juridique dans les quinze jours ouvrables qui suivent le
début de l’activité. Cette immatriculation donne lieu à la délivrance d’une carte de contribuable valable
pour dix exercices, d’un plan et d’une attestation de localisation.
Le contribuable doit également s’affilier et immatriculer son personnel au centre de la CNPS de
rattachement. Cette immatriculation donne lieu à l’attribution d’un numéro employeur et d’un numéro
employé.

b- L’obligation de déclarer l’existence ou non de la matière imposable (article L3 du LPF du CGI)

Toute personne physique ou morale assujettie aux impôts, droits et taxes est tenu de souscrire
mensuelle, ou trimestrielle ou annuellement, à ses obligations fiscales.

Le contribuable qui s’est abstenu de souscrire à sa déclaration dans les délais pourra faire l’objet d’une
taxation d’office suite à une mise en demeure de déclarer restée sans effet.

c- l’obligation de payer l’impôt du (article L7 du LPF du CGI)

Toute personne tenue au paiement d’un impôt ou taxe ou acompte d’impôt ou taxe doit
s’acquitter de sa dette dans les délais fixés par la loi et contre la délivrance d’une quittance.

d- L’obligation de tenir une comptabilité conformément au droit comptable OHADA (article 73 du


CGI).
Excepté les contribuables relevant du régime de l’impôt libératoire qui sont dispensés de
l’obligation de tenir une comptabilité conforme au système OHADA, ceux relevant du régime du réel et
du régime du simplifié sont tenus de tenir une comptabilité.

e- L’obligation de conserver les documents (Article L4 du LPF du CGI)

Les contribuables sont tenus de conserver tous les documents et pièces comptables obligatoires
permettant d’établir la sincérité des éléments portés sur leurs déclarations pendant un délai de dix (10)
ans à compter de la date de la première opération qu’ils constatent ou de la date à laquelle les
documents ont été établis.

f- L’obligation de déclarer les changements intervenus au cours de l’exploitation.

Le contribuable doit déclarer la suspension et la cessation des activités, le changement de la


géographie du capital ou de l’actionnariat, le changement de dirigeant, la cession du fonds de
commerce, la modification de la raison sociale, la modification de l’activité ou du lieu d’exercice de
l’activité dans les quinze jours qui suivent ces modifications (Article L1 du LPF du CGI).

IV-2. L’ADMINISTRATION FISCALE ET L’ADMINISTRATION DOUANIERE.

L’administration fiscale et l’administration douanière sont des acteurs privilégiés du système fiscal
camerounais à qui incombe la responsabilité de mobiliser les recettes fiscales dont la puissance
publique a besoin pour couvrir les charges publiques.

SECRETARIAT PARTICULIER MINFI MINISTRE DELEGUE

 quatre (04) conseillers techniques


 une inspection générale.
 une administration centrale (SG, DGB, DGI, DGD, DGTCFM, DRH, DRF, division de la
prévision, division de la normalisation et de la comptabilité matière)
 des services déconcentrés
 des services extérieurs
 des services rattachés

2-1. L’organisation de l’administration fiscale.

L’administration fiscale incarnée par la direction générale des impôts est organisée au niveau central et
au niveau déconcentré comme suit :

Services centraux :

 Le service d’ordre,
 L’inspection des services des impôts,
 La cellule de l’information et de la communication,
 La division des études, de la planification et des reformes fiscales,
 La division de l’informatique,
 La division des enquêtes, de la programmation et du suivi du contrôle fiscal,
 La division des statistiques, des simulations et de l’immatriculation,
 La division de la législation et des relations fiscales internationales,
 La division du contentieux,
 La division du recouvrement, des valeurs fiscales et de la curatelle,
 La direction des grandes entreprises (une des unités de gestion importante des
contribuables de la DGI),
 La direction des affaires générales.

Services déconcentrés :

 Centres Régionaux des Impôts (CRI)


 Centres des Impôts des Moyennes Entreprises (CIME)
 Centres Spécialisés des Impôts des Professions Libérales et Immobilières (CSIPLI)
 Centres Divisionnaires des Impôts/Centres Pilotes

2-2. L’Organisation de l’administration des douanes.

Services centraux :

 Le service d’ordre
 L’inspection des services des douanes
 La caisse centrale du contentieux douanier
 La cellule de gestion des risques
 La cellule de l’information et de la communication
 Le groupement spécial d’intervention douanière
 Le centre d’instruction douanière
 La division des études, de la facilitation des échanges et de la gestion des risques
 La division du contrôle des opérations financières du commerce extérieur et des changes
 La division du contentieux et de la législation
 La division de la coopération internationale et des bases de taxation
 La division des enquêtes douanières et de la surveillance
 La division de l’informatique
 La division du recouvrement et des statistiques
 La direction des ressources et de la logistique
Services déconcentrés :

 Les secteurs des douanes


 Les bureaux principaux
 Les bureaux secondaires
 Les groupements actifs
 Les subdivisions actives
 Les subdivisions commerciales
 Les brigades des douanes
 Les postes de douane mobile

IV-3. LES REGIMES D’IMPOSITION ET LE REGIME FISCAL

A- LES REGIMES D’IMPOSITION.

Le régime d’imposition permet de déterminer les obligations fiscales 1 et les obligations


comptables 2 du contribuable. Pour mémoire, le régime d’imposition se détermine en principe par
rapport au chiffre d’affaires et exceptionnellement par rapport à la nature de l’activité.

A-1. LES REGIMES D’IMPOSITION GENERAUX (ART 93 TER


DU CGI)

Sous réserve de l’arrimage du droit interne camerounais au nouveau droit comptable OHADA
entrée en vigueur le 1er Janvier 2017, il existe au Cameroun depuis le 1er Janvier 2012 trois (3) régimes
d’imposition pour lesquels les obligations fiscales et comptables diffèrent :

- Le régime de l’impôt libératoire, pour les entreprises individuelles dont le chiffre d’affaires
hors TVA est inférieur à 10 millions
- Le régime simplifié pour les contribuables réalisant un chiffre d’affaires hors TVA égal ou
supérieur à 10 millions et inférieur à 50 millions
- Le régime du réel pour les contribuables dont le chiffre d’affaires hors TVA est égal ou
supérieur à 50 millions.

A-2. LES REGIMES D’IMPOSITION SPECIFIQUES.

Pour le cas spécifique des transporteurs interurbains de personnes,

1
Les obligations fiscales sont relatives aux obligations déclaratives et de paiement (Nature des
impôts à déclarer et la périodicité des déclarations).
2
Les obligations comptables sont relatives à la tenue ou à la faculté de tenir une comptabilité
soit suivant le système normal ou le système minimal de trésorerie.
- relèvent du régime simplifié, les personnes physiques et morales transporteurs
interurbains de personnes par minibus et cars de moins de 50 places exploitant au plus 05
véhicules

- relèvent du régime du réel, les personnes physiques et morales transporteurs


interurbains de personnes par minibus et cars de moins de 50 places exploitant plus de 05
véhicules.

- relèvent du régime du réel, les personnes physiques et morales transporteurs


interurbains de personnes par minibus et cars d’au moins 50 places quel que soit le
nombre de véhicules.

Pour le cas spécifique des entreprises de jeux de hasard et de divertissement,

- relèvent du régime simplifié, les personnes physiques et morales exploitant des baby –
foot dont le nombre de machines est compris entre 10 et 25, des flippers et jeux vidéo dont
le nombre de machines est compris entre 5 et 15, ainsi que celles exploitant des machines
à sous dont le nombre est compris entre 3 et 10.

- relèvent du régime du réel, les personnes physiques et morales exploitant des baby –
foot dont le nombre de machines est supérieur à 25, des flippers et jeux vidéo dont le
nombre de machines est supérieur à 15, ainsi que celles exploitant des machines à sous
dont le nombre est supérieur à 10.

B- LE REGIME FISCAL.

Le régime fiscal correspond au type d’impôt auquel va être soumis vos revenus
professionnels (Impôt sur le revenu des personnes physiques/IRPP ou impôt sur les sociétés/IS).

Le choix du régime fiscal dépend du statut juridique de l’entité (Entreprise individuelle ou


entreprise sociétaire) car, les revenus de l’entreprise individuelle sont soumis à l’IRPP, et les revenus
de l’entreprise sociétaire sont assujettis à l’impôt sur les sociétés ou à l’impôt sur le revenu des
personnes physiques s’il s’agit des entreprises sociétaires de personnes n’ayant pas opté pour l’impôt
sur les sociétés.

En définitive, nous pouvons retenir trois régimes fiscaux à savoir : le régime de l’impôt sur le
revenu des personnes physique, le régime de l’impôt sur les sociétés et les régimes fiscaux
dérogatoires.

V- LES IMPOTS, DROITS, ET TAXES EN VIGUEUR.

D’ores et déjà, il convient de rappeler que le système fiscal de la plupart des Etats du monde
dépend de la forme de l’Etat et de ses objectifs politique, économique, social et financier.

Ainsi, l’analyse du système fiscal Camerounais révèle une panoplie d’impôts, droits et taxes.
Pour une meilleure présentation, l’on peut adopter l’un des critères ci-après : critère administratif
(Impôt direct & impôt indirect) ; critère économique (Impôt sur les activités, impôt sur le revenu, impôt
sur la consommation ou impôt sur la dépense et impôt sur le capital) ; critère technique (Impôt
proportionnel & impôt progressif), critère de la matière imposable (Impôt réel et impôt personnel) et
critère du bénéficiaire (les impôts d’Etat, les impôts sociaux).

1- Classification suivant le critère économique.

Le critère économique permet de distinguer :

 Les impôts sur le revenu ou sur le bénéfice (IS, IRPP, TSR,…),


 Les impôts sur le capital (Taxe Foncière, Droit d’enregistrement et du Timbre),
 Les impôts sur la dépense ou sur la consommation (Taxe sur la valeur ajoutée, Droit
d’accise).
 Les impôts sur les activités (Contribution des patentes, contribution des licences, impôt
libératoire,…)

2- Classification suivant le critère administratif


Le critère administratif permet de distinguer :

 Les impôts directs : Ils sont perçus par voie de rôle de manière périodique sur une matière
imposable permanente comme revenu.
Le rôle est un acte administratif par lequel l’autorité fiscale décide de l’assiette et de la liquidation de
l’impôt pour un contribuable nommément désigné.

 Les impôts indirects : Ils sont perçus de façon intermittente sans rôle nominatif sur de actes
économiques épisodiques comme la dépense.

3- Classification suivant le critère technique.


Eu égard aux différentes techniques de prélèvement de l’impôt, on distingue :

 Les impôts proportionnels (TVA, IS, TSR, DD, DA…) et les impôts progressifs (IRPP/salaire :
progressivité par tranche ; Patente : progressivité par classe,…)
 Les impôts spécifiques et les impôts ad valorem
 Les impôts analytiques et les impôts synthétiques
 L’impôt de répartition et l’impôt de quotité.

4- Classification suivant le critère du bénéficiaire.


Eu égard à la qualité du bénéficiaire, on distingue :

Les impôts d’Etat : Il s’agit des contributions perçues au profit de l’Etat :

 L’impôt sur le revenu des personnes physiques.


 L’impôt sur les sociétés.
 La taxe sur la valeur ajoutée et les droits d’accises.
 Taxe spéciale sur les revenus
 Taxe spéciale sur les produits pétroliers
 Impôt, droit, taxes et redevances miniers
 Taxe d’abattage
 Surtaxe à l’exportation
 Taxe d’entrée usine
 Droit d’enregistrement et de timbre
 Taxe sur les sociétés
 Timbre sur la publicité
 Droit de timbre d’aéroport

Les impôts Locaux : Il s’agit des contributions perçues au profit des collectivités territoriales
décentralisées en l’occurrence les communes et les régions. On distingue les impôts communaux et les
impôts régionaux :

1- Impôts et taxes des communes :

La loi portant fiscalité locale distingue les impôts communaux, les centimes additionnels
communaux et les taxes communales.

a. Les impôts communaux

Les impôts communaux sont :

 Contribution des patentes


 Contribution des licences
 Impôt libératoire
 Taxe foncière sur les propriétés immobilières
 Droit de mutation d’immeubles
 Taxes sur les jeux de hasard et de divertissement
 Droit de timbre sur les automobiles
 Redevance forestière annuelle
 Taxe de séjour

b. Les Centimes additionnels communaux et consulaires.

Les centimes additionnels communaux sont assis sur l’impôt sur les sociétés (IS), l’impôt sur le
revenu des personnes physiques (IRPP) et le taxe sur la valeur ajoutée (TVA).

Les centimes consulaires sont assis sur la contribution des licences et la contribution des patentes.

c. Taxes communales.
Les Taxes communales sont :

 Taxe de développement local


 Taxe d’abattage du bétail
 Taxe communale sur le bétail
 Taxe sur les armes à feu
 Taxe d’hygiène et de salubrité
 Droits de fourrière
 Droits de place sur les marchés
 Droits sur les permis de bâtir ou d’implanter
 Droits d’occupation temporaire de la voie publique
 Taxe de stationnement
 Droits d’occupation des parcs de stationnement
 Tickets de quai
 Taxes sur les spectacles
 Droits de stades
 Taxe sur la publicité
 Droit de timbre communal
 Redevance pour la dégradation de la chaussée
 Taxe communale de transit ou de transhumance
 Taxe sur le transport des produits de carrières
 Droits de parkings
 Taxe sur les produits de récupération

2- Impôts et taxes des Régions.

Les impôts et taxes des Régions sont :

 Droits de timbre sur les cartes grises


 Droit de timbre d’aéroport
 Taxe à l’essieu
 Redevances sur les ressources de la forêt, de la faune et de la pêche
 Redevances sur les ressources en eau
 Redevances sur les ressources pétrolières
 Taxes ou redevances sur les ressources minières
 Redevance sur les ressources halieutiques et d’élevage
 Taxes et/ou redevances sur les ressources énergétiques
 Taxes et /ou redevances sur les ressources touristiques
 Taxes et/ou redevances aérospatiales
 Taxes et/ou redevances sur les ressources du secteur gazier
 Redevance d’usage de la route
 Droits d’exploitation des établissements classés dangereux, insalubres ou incommodes.

3- Les impôts sociaux (La parafiscalité)

Il s’agit des contributions perçues au profit des organismes sociaux en l’occurrence la Caisse
Nationale de Prévoyance Sociale (CNPS), le Crédit Foncier du Cameroun (CFC), le Fonds National de
l’Emploi (FNE) et la Cameroun Radio et Télévision (CRTV). On peut citer :

 La pension vieillesse, invalidité et décès (PVID)


 Les prestations familiales (PF)
 Les accidents de travail et maladies professionnelles (ATMP)
 La contribution au crédit foncier (CCF)
 La contribution au fonds national de l’emploi (FNE)
 La redevance audiovisuelle (RAV).
5- Classification suivant le critère de la matière imposable :

Ce critère permet de distinguer l’impôt réel et l’impôt personnel. L’impôt réel s’applique à un bien (La TVA,
la taxe foncière,…). Par contre, l’impôt personnel est établi en tenant compte de la situation réelle de la personne
imposable (Impôt sur le revenu).

A la suite de la distinction classique impôt réel et impôt personnel, nous pouvons également ajouter
d’autres classifications classiques ci-après :

L’impôt de répartition et l’impôt de quotité.


L’impôt de répartition est celui dont le produit est fixé à l’avance et puis réparti entre les différents
contribuables. En pratique, il n’existe plus d’impôt de répartition.

L’impôt de quotité est celui dont le législateur fixe le taux et non la recette. Rappelons que le taux
d’impôt est souvent fixé en fonction d’un objectif de recettes déterminée à d’avance.

L’impôt unique ou l’impôt multiple.


Deux écoles se sont affrontées, l’une prônait un impôt unique permettant de couvrir l’ensemble des
charges publiques (Ecole de l’impôt unique) et l’autre préconisait la pluralité des impôts et assiettes
pour couvrir l’ensemble des charges publiques (Ecole de l’impôt multiple).

CHAPITRE II :
LES OPERATIONS FISCALES

Pour mémoire, il existe quatre opérations fiscales à savoir :

 L’opération d’assiette,
 L’opération de liquidation,
 L’opération de paiement,
 L’opération de contrôle, de contentieux et de recouvrement.

Compte tenu de l’importance des opérations de contrôle, de contentieux et de recouvrement, elles


feront l’objet de deux chapitres.

SECTION 1 : L’OPERATION D’ASSIETTE.

PARAGRAPHE 1 : LA NOTION ET LES PROCEDES D’EVALUATION.

A- LA NOTION D’ASSIETTE.

L’opération d’assiette consiste à identifier et à circonscrire (évaluer) la matière imposable. La


loi définit pour chaque impôt les règles relatives à la détermination de son assiette. A titre d’illustration,
l’assiette de l’IS est le bénéfice net (Article 6 al 1 du CGI) ; l’assiette de l’IRPP/RF est le revenu net
imposable (Article 48 al 1 du CGI) ; l’assiette de la TVA et des droits d’accises est définie à l’article 135
et suivants du CGI ; l’assiette de la Taxe foncière est définie à l’article 580 du CGI,…
Il ne faut pas perdre de vue que chaque citoyen ne contribue aux charges publiques qu’à
concurrence de ses facultés contributives.
A- LES PROCEDES D’EVALUATION DE LA MATIERE IMPOSABLE.

Quatre procédés permettent d’identifier et d’évaluer la matière imposable :

-La déclaration contrôlée ou la confession fiscale : Il revient à chacun de faire connaitre à


l’administration fiscale l’existence de la matière imposable.
-L’évaluation indiciaire : La détermination du montant ou de la valeur réelle de la matière
imposable se fait par des signes extérieurs de richesse notamment le train de vie du contribuable.
-L’évaluation par le témoignage d’un tiers ou dénonciation fiscale : Le montant de la matière
imposable est donné par un tiers notamment celui qui paie le revenu.
-L’évaluation par l’administration fiscale : L’administration peut contester le montant ou la valeur
de la matière imposable déclaré par le contribuable et procéder soit à un redressement, soit à une
taxation d’office.

PARAGRAPHE 2 : LES TECHNIQUES DE CORRECTION DE L’ASSIETTE.

A titre de rappel, pour obtenir la base imposable, la loi fiscale permet pour certains impôts que l’on
procède à certaines corrections par les techniques d’abattements et de déductions.

A- LES ABATTEMENTS

L’abattement est une exonération d’une partie de la matière imposable. En matière d’impôt sur le
revenu des personnes physiques au titre des salaires, traitements, pensions et rente viagère, le code
général des impôts permet de faire un abattement forfaitaire de 500 000 FCFA (Article 29 du CGI).

Dans le même sens, pour déterminer l’assiette des droits d’accises des boissons gazeuses, il faut
faire un abattement de 25% (Article 141 bis du CGI)

B- LES DEDUCTIONS

Les déductions sont des sommes que l’on soustrait du revenu imposable pour des raisons de
justice fiscale. Ainsi, la loi permet de déduire les frais professionnels évalués forfaitairement au taux de
30% du salaire brut taxable en matière d’IRPP au titre des salaires (Article 34 du CGI) ; elle permet
également de déduire des loyers effectivement encaissés les charges locatives évaluées forfaitairement
à 30% du montant des loyers effectivement encaissé en matière d’IRPP au titre des revenus fonciers
(Article 48 al 2 du CGI) pour n’imposer que la partie du revenu dont on dispose réellement.

SECTION 2 : L’OPERATION DE LIQUIDATION

Liquider l’impôt c’est en fixer son montant. Le montant de l’impôt s’obtient à partir de
l’assiette de l’impôt ou de la base imposable à laquelle on applique un taux ou un barème qu’il soit
progressif ou dégressif.

Dans le premier cas, l’impôt est dit proportionnel. Ex : IS (Article 17 du CGI), TVA (Article 142
du CGI), la Taxe foncière (Article 581 du CGI),…

Dans le second cas, l’impôt est dit progressif. Ex : l’IRPP au titre des salaires (Article 69 du
CGI) est un impôt progressif par tranche.
SECTION 3 : L’OPERATION DE PAIEMENT

Le paiement de l’impôt consiste pour le contribuable à s’acquitter volontairement de sa dette


fiscale à la période, au lieu et selon les moyens prévus par la réglementation en vigueur.

PARAGRAPHE I : LA PERIODICITE DE PAIEMENT

La période de paiement des impôts et taxes n’obéit pas toujours au principe de l’annualité de
l’impôt qui voudrait que les impôts et taxes soient payés au terme d’un exercice fiscal qui va du 01 er
Janvier N au 31 Décembre N. La dérogation au principe de l’annualité de l’impôt justifie les pratiques
des déclarations mensuelles ou spontanées ainsi que la consécration des « impôts contemporains » ou
« impôts à versement spontané ». La périodicité de paiement ou l’exigibilité de l’impôt nous permet de
distinguer :

 Les impôts à paiement mensuel ou impôts à versement spontané (acompte IS-IRPP, TVA,
retenues sur salaire, acompte 5.5% sur rémunérations versées aux professionnels libéraux et
les prestataires de services occasionnels, les précomptes sur loyer, les précomptes sur
achats,…),
 Les impôts à paiement trimestriel (Impôt libératoire, la taxe à l’essieu, la patente des
transporteurs),
 Les impôts à paiement variable (Droit d’enregistrement, impôt libératoire sur les plus values sur
cession immobilière,…),
 Les impôts à paiement annuel (La contribution des Patentes ; Taxe foncière, la contribution des
licences, les droits de timbre sur les automobiles…).

Il convient de préciser d’une part que, les acomptes et les précomptes se liquident selon le cas sur
le chiffre d’affaires mensuel réalisé, sur le loyer mensuel versé, ou sur les rémunérations versées.

PARAGRAPHE 2 : LE LIEU ET LES MODES DE PAIEMENT

A- LE LIEU DE PAIEMENT.

Le contribuable doit s’acquitter de sa dette fiscale, dans la caisse ou dans le compte du


receveur des impôts de son centre de rattachement contre la délivrance d’une quittance.

Toutefois, il convient de rappeler que l’affectation d’un contribuable à un centre de rattachement


est tributaire de son chiffre d’affaires ou de la nature de ses activités :

Relèvent de la Direction des Grandes Entreprises (DGE), les contribuables qui réalisent un
chiffre d’affaires hors taxe supérieur ou égal à trois milliards.

Relèvent du Centre des Impôts des Moyennes Entreprises (CIME), les contribuables qui
réalisent un chiffre d’affaires hors taxe compris entre 50 millions et 3 milliards.

Relèvent du Centre Divisionnaire des Impôts ou du Centre Départemental des Impôts (CDI), les
contribuables qui réalisent un chiffre d’affaires hors taxe inférieur à 50 millions.
Relèvent du Centre Spécialisé des Impôts des Professions Libérales et immobilières (CSIPLI),
les contribuables exerçant une profession libérale réglementée (Conseil fiscal, comptable, agent
immobilier, Avocat, Notaire,…) quel que soit leurs chiffre d’affaires.

B- LES MODALITES DE PAIEMENT

La loi de finances pour l’exercice 2014 consacre quatre (04) modalités de paiement :

 Le paiement en espèce
 Le paiement par chèque certifié
 Le paiement par virement bancaire
 Le paiement par voie électronique (Orange money, MTN money)
Remarque :

- Les contribuables relevant d’un CDI peuvent payer leurs impôts en espèce, par chèque certifié
ou par mobile money si le montant est inférieur à 100 000 FCFA.
- Les contribuables relevant d’un CDI paient leurs impôts exclusivement par chèque certifié, par
mobile money ou par virement bancaire si le montant est supérieur ou égal à 100 000 FCFA
- les contribuables relevant du CIME, du CSIPLI, du CSI et de la DGE paient leurs impôts
exclusivement par virement bancaire ou par voie électronique.

CHAPITRE III :
LE CONTROLE FISCAL

Il convient de relever que le contrôle fiscal présente un point commun avec l’audit fiscal qui est
l’évaluation du risque fiscal encouru par le contribuable (Entreprise ou entrepreneur individuel). Dans le
cadre du contrôle fiscal, l’administration fiscale exerce ses pouvoirs d’investigations et de vérifications.

SECTION 1 : LE POUVOIR D’INVESTIGATION DE L’ADMINISTRATION FISCALE.

L’administration fiscale dispose à cet effet le droit de communication et le droit d’enquête et de


constatation des stocks.

PARAGRAPHE 1 : LE DROIT DE COMMUNICATION


(Article L42 du LPF du CGI)

Le droit de communication est exercé par les agents des impôts ayant au moins le grade de
contrôleur ou assimilés. Ce droit consiste à obtenir sous forme matérielle ou immatérielle,
communication des documents détenus par les personnes et organismes ci-dessous.

Le contrôleur des impôts adresse au préalable ou remet lors de la visite, un avis de passage à la
personne concernée qui dispose d’un délai de 15 jours pour communiquer les informations demandées
(Article L44 alinéa 1 du LPF du CGI). Les agents des impôts sont tenus au secret professionnel et ne
peuvent communiquer les informations recueillies dans le cadre de leurs fonctions. Les personnes ci-
après sont soumises au droit de communication :
Les personnes physiques ou morales versant des salaires, des honoraires, des droits d’auteur,
encaissant, gérant, distribuant des fonds pour le compte de leurs adhérents, toutes administrations
publiques y compris la police et la gendarmerie, toute personne physique ou morale régulièrement
commise à l’audit des comptes ou à la revue fiscale d’une entité publique ou privée…

Toutes personnes qui s’abstient de répondre, se soustrait ou s’oppose au droit de communication,


au terme du délai prévu, fait l’objet d’une mise en demeure valant commandement de communiquer et
dispose de huit (08) jours pour le faire.

PARAGRAPHE 2 : LE DROIT D’ENQUETE ET DE CONSTATATION DES STOCKS


ET DE VISITE. (Art L49 du LPF du CGI)

Conformément à l’article L 49 du LPF du CGI, les agents des impôts ayant au moins le grade de
contrôleur sont compétents pour exercer le droit d’enquête. Lors de la première intervention, un avis
d’enquête est remis à l’assujetti ou à son représentant.

Le droit d’enquête consiste à faire présenter et prendre copie, sous forme matérielle ou
immatérielle, des factures de la comptabilité matières ainsi que les livres, registres et documents
professionnels pouvant se rapporter à des opérations ayant donné lieu ou devant donner lieu à
facturation.

Le droit d’enquête concerne aussi les documents douaniers justifiant la perception de la TVA à
l’importation, la réalité d’une exportation, ou l’application d’un régime suspensif. Le droit d’enquête peut
porter sur la constatation matérielle des éléments physiques de l’exploitation en accédant aux locaux à
usage professionnel, aux terrains et aux entrepôts.

Le droit de constatation de stock est exercé par les agents des impôts qui procèdent de façon
inopinée à la constatation physique des stocks portant sur un ou plusieurs produits au titre de la période
non prescrite. Au cours de la première intervention en matière de procédure de constatation des stocks,
un avis de passage est remis à l’assujetti ou à son représentant.

Le droit de visite s’effectue par les agents des impôts assermentés ayant au moins le grade
d’inspecteur. Sur autorisation du juge, ils peuvent procéder à des visites des locaux et lieux à usage
professionnel, ainsi que des terrains et des entrepôts ou des locaux privés. La visite est sanctionnée par
un procès verbal constatant les faits matériels relevés.

SECTION 2 : LE POUVOIR DE VERIFICATION DE L’ADMINISTRATION.

Le pouvoir de vérification permet à l’administration de s’assurer que le contribuable a respecté


les règles prescrites par le droit commercial, le droit comptable et le droit fiscal.

D’une manière générale, ces règles créent pour l’entreprise une obligation de tenir une
comptabilité régulière, probante et sincère et une obligation de respecter les obligations de déclaration
et de paiement des impôts.

PARAGRAPHE 1 : LE POUVOIR DE VERIFICATION DE L’ADMINISTRATION


FISCALE EXERCE DANS SES BUREAUX : LE CONTROLE SUR PIECES
(Article L21 du LPF du CGI).
A. LE CHAMP D’APPLICATION ET LES OBJECTIFS DU CONTROLE SUR PIECES.

Le contrôle sur pièces s’étend sur les impôts (IS, IRCM, TSR, TVA, Impôts sur salaires, droits
d’enregistrement et de timbre,…) dont le contribuable est redevable sur la période non prescrite.

Toutefois, le contrôle sur pièces poursuit trois objectifs :

 La détection des contribuables défaillants,


 La réparation des anomalies ou erreurs relevées dans les déclarations,
 La sélection des dossiers devant faire l’objet d’un contrôle sur place dans l’entreprise.

B. LES MODALITES D’EXERCICE DU CONTROLE SUR PIECES.

L’administration fiscale procède au contrôle sur pièces sans l’envoi préalable d’un avis. Ce
contrôle se limite à l’examen des déclarations, des actes utilisés pour l’établissement des impôts et
taxes ainsi que des documents déposés en vue d’obtenir des déductions, des restitutions ou des
remboursements. Le contrôle des déclarations comporte deux phases ci-après :

 Le contrôle formel qui permet à l’agent des impôts de s’assurer que le contribuable s’est
acquitté de ses obligations déclaré et d’adresser des mises en demeure aux contribuables
défaillants,

 Le contrôle de cohérence des différents éléments de la déclaration ainsi que des résultats
déclarés avec certaines informations que peut détenir le service des impôts,

L’administration peut demander par écrit aux contribuables, tous renseignements, justifications
ou éclaircissements relatifs aux déclarations souscrites.

Les contribuables doivent impérativement répondre dans un délai de trente (30) jours à compter
de la réception de la demande. A défaut, la procédure de taxation d’office s’applique pour la
détermination des impôts et taxes concernés par la demande.

C. LES SUITES DU CONTROLE SUR PIECES.

Le contrôle sur pièces peut aboutir à :

 une demande de renseignements, d’éclaircissements ou de justification,


 une proposition de redressement ou de rectification,
 un examen de situation fiscale d’ensemble,
 une vérification de comptabilité,
 un classement sans suite.

PARAGRAPHE 2 : LE POUVOIR DE VERIFICATION DE L’ADMINISTRATION


FISCALE EXERCE DANS L’ENTREPRISE : LE CONTROLE SUR PLACE
(Article L11 du LPF et suivants du CGI)
Les agents des impôts assermentés ayant au moins le grade d’inspecteur ont le pouvoir d’assurer le
contrôle de l’assiette de tous les impôts et taxes dus par les contribuables. Toutefois en matière de
TVA, les agents de grade inférieur peuvent agir sur ordre écrit de l’inspecteur des impôts.

A. LES CAUSES DU CONTROLE SUR PLACE.

Le contrôle sur place permet un examen critique des documents et des écritures comptables. Ce
contrôle sur place peut résulter :

 de la contestation par le contribuable du rejet total ou partiel du crédit de la TVA,


 du contrôle sur pièces,
 des directives des pouvoirs publics qui invitent le fisc à contrôler tel ou tel secteur d’activité,
 du contrôle d’un tiers (le contrôle d’un tiers peut fournir les informations au fisc)
 d’une absence de déclaration (ne jamais déclarer puis déclarer un jour au lendemain)
 des déclarations divergentes
 d’une délation (pour des raisons éthiques, le fisc évite d’utiliser cette source d’information qui
est difficilement inexploitable en raison de l’insuffisance des éléments donnés par le délateur
car, l’administration n’aime pas les contrôles de vengeance personnelle).
B. LA TYPOLOGIE DES VERIFICATIONS.

1. Vérification générale de la comptabilité


La vérification générale de comptabilité porte sur l’ensemble des impôts, droits et taxes dont le
contribuable est redevable au titre de la période non prescrite (4 ans). Il s’agit du contrôle de
l’exactitude et de la sincérité des déclarations souscrites par le contribuable au moyen de leur
comparaison avec le contenu des écritures comptables.

Le contribuable reçoit un avis de vérification de comptabilité et un exemplaire de la charte de


contribuable au moins quinze (15) jours (Art L13 nouveau) avant la date prévue pour la première
intervention. Sous peine de la nullité de la procédure, l’avis de vérification doit mentionner la possibilité
pour le contribuable de se faire assister d’un conseil de son choix et l’identité de l’inspecteur
vérificateur.

En cas de report de la date initiale de la première intervention à l’initiative de l’administration,


celle – ci doit impérativement notifié au contribuable un avis rectificatif.

Le contribuable peut solliciter un report en formulant par écrit et en motivant sa demande dans
les 15 jours suivant la réception de l’avis de vérification. Ce report doit être expressément accepté par
l’administration et l’absence de réponse de l’administration fiscale dans un délai de 15 jours vaut
acception.
2. Vérification partielle de la comptabilité

La vérification partielle de comptabilité consiste au contrôle de l’ensemble des impôts, droits ou


taxes dus au titre d’un exercice fiscal ou d’un impôt donné sur tout ou partie de la période non prescrite.

3. Vérification de la situation fiscale d’ensemble


La vérification de la situation fiscale d’ensemble qui concerne le contribuable relevant de l’impôt
sur le revenu des personnes physiques consiste au contrôle de la cohérence entre les revenus déclarés
par le contribuable au titre de l’impôt sur le revenu, et la situation de sa trésorerie, de son patrimoine et
des éléments de son train de vie. Le contribuable reçoit un avis de vérification et un exemplaire de la
charte de contribuable au moins quinze (15) jours avant la date prévue pour la première intervention.

4. Vérification inopinée.

La vérification inopinée limite l’administration fiscale à effectuer sur procès – verbal des
constatations matérielles, sans pouvoir procéder à un examen critique de la comptabilité.
L’administration remet alors un avis de vérification et un exemplaire de la charte du contribuable en
mains propres au contribuable, qui en accuse réception lors de la première intervention.

5. Vérification ponctuelle
La vérification ponctuelle consiste au contrôle des impôts, droits et taxes à versement
spontanés sur une période inférieure à un exercice fiscal. Le contribuable doit être informé au moins
huit (8) jours avant la date prévue pour la première intervention par un avis de passage. (Art L16 bis du
CGI).
PARAGRAPHE 3 : LA PROCEDURE DE CONTROLE.

La vérification sur place est pilotée par l’inspecteur vérificateur qui doit s’assurer du respect des
obligations comptable et fiscale par le contribuable vérifié. S’agissant des obligations comptables,
l’entreprise devra tenir une comptabilité régulière, probante et sincère 3et respecter les règles définies
par le plan comptable OHADA.

En outre, pour ce qui est des obligations fiscales, l’entreprise devra souscrire et payer tous les
impôts et taxes auxquelles elle est assujettie.

A- LA PROCEDURE CONTRADICTOIRE.

Lorsque l’administration constate une insuffisance, une inexactitude, ou une omission dans les
éléments ayant servant de base au calcul des impôts, droits et taxes, les redressements
correspondants sont effectués suivant la procédure contradictoire et la charge de la preuve incombe à
l’administration.

Ainsi, à l’issue du contrôle, l’administration adresse au contribuable sous peine de nullité de la


procédure dans un délai de 60 jours à compter de la fin des opérations matérialisée par un procès
verbal, une notification de redressement motivée et chiffrée, ou un avis d’absence de
redressement.

3
Rappelons qu’une comptabilité régulière, probante et sincère est opposable à
l’administration fiscale, par contre l’administration fiscale peut rejeter une comptabilité qui n’est
ni régulière, ni probante et procéder à une taxation d’office.

Une comptabilité régulière et probante mais pas sincère fait l’objet d’une reconstitution
de certains éléments par l’administration fiscale suivant la procédure contradictoire pour
redresser les bases d’imposition.
En cas de redressement dans le cadre d’une vérification générale de comptabilité, le contribuable
dispose d’un délai de 30 jours francs à compter de la notification de redressements pour faire parvenir
ses observations ou faire connaitre son acceptation sauf circonstance exceptionnelle dûment justifiées.

Dans le cadre d’une vérification partielle de comptabilité, d’une vérification ponctuelle ou d’un contrôle
sur pièces, le contribuable dispose d’un délai de 30 jours à compter de la notification de redressements
pour faire parvenir ses observations ou faire connaitre son acceptation.

Le défaut de réponse dans le délai fixé vaut acceptation et les impôts, droits et taxes ainsi rappelés
sont immédiatement mis en recouvrement.

Si les observations du contribuable sont reconnues fondées, en tout ou partie, l’administration doit
abandonner tout ou partie des redressements notifiés en informant le contribuable dans une lettre de
‘’réponse aux observations du contribuable’’ adressée avec accusé de réception.

Si les observations du contribuable ne sont pas reconnues fondées, en tout ou partie, l’administration
confirme les redressements initiaux notifiés en informant le contribuable dans une lettre de ‘’réponse
aux observations du contribuable’’ adressée avec accusé de réception et mentionnant la possibilité
d’introduire une réclamation contentieuse.

Remarque :

- La lettre de réponse aux observations du contribuable est adressée au contribuable, sous peine
de nullité de la procédure dans un délai de 60 jours à compter de la réception des observations
du contribuable sauf circonstance exceptionnelle dûment justifiée.

- Au cours des opérations de contrôle fiscal, la constatation de la carence de production de


pièces justificatives sur procès – verbal lors de l’intervention en entreprise emporte
l’irrecevabilité absolue desdites pièces ultérieurement en phase contentieuse, aussi bien devant
l’administration que devant le juge de l’impôt (Article L122 bis du LPF/CGI).

B- LA PROCEDURE DE TAXATION D’OFFICE

Sont taxés d’office les contribuables n’ayant pas régularisé leur situation dans les 15 jours ouvrables
suivant la réception d’une lettre de relance valant mise en demeure de déposer sa déclaration.

La charge de la preuve incombe au contribuable qui doit justifier par tous les moyens que les
impositions mises à sa charge sont exagérées ou non fondées. La procédure de taxation d’office
s’applique au:

- Contribuable qui n’a pas souscrit dans le délai légal ses déclarations,
- Contribuable qui s’abstient de produire les détails et sous détails de certains éléments de la
comptabilité spécifique de l’activité exercée,
- Contribuable qui s’abstient de répondre dans le délai à une demande d’éclaircissement ou de
justifications,
- Contribuable étranger qui ne désigne pas un représentant fiscal au Cameroun,
- Contribuable qui ne tient pas la comptabilité ou ne présente pas des pièces justificatives
constaté par un procès – verbal,
- Contribuable qui produit une comptabilité irrégulière rejeté par l’administration,
- Contribuable qui s’oppose à un contrôle fiscal.
Les bases ou les éléments servant au calcul des impositions arrêtées d’office sont portés à la
connaissance du contribuable au moyen d’une notification de redressement qui précise les modalités de
leur détermination. Les impositions en cause sont mises en recouvrement immédiatement, mention en
est faite dans la notification de redressement.

C- LA PROCEDURE DE L’ABUS DE DROIT

Cette procédure est un droit reconnu à l’administration de restituer à un contrat ou à un acte juridique
quelconque son véritable caractère et de déterminer en conséquence les bases des impôts sur les
sociétés ou sur le revenu des personnes physiques. La charge de la preuve incombe à l’administration
en cas de réclamation devant la juridiction contentieuse.

Toutefois, afin d’éviter les effets de cette procédure, tout contribuable peut, préalablement à la
conclusion d’une opération sous la forme d’un contrat, d’un acte juridique ou d’un projet quelconque,
solliciter l’avis de l’administration sur le régime fiscal qui lui est applicable : il s’agit du ‘’rescrit fiscal’’.

PARAGRAPHE 4 : LES LIMITES DU DROIT DE CONTROLE DE L’ADMINISTRATION


FISCALE.

A- LE RESPECT DES DROITS DU CONTRIBUABLE VERIFIE

Les prérogatives de l’administration ne sauront s’exercer au mépris des droits du contribuable en qualité
de citoyen. C’est ainsi que la loi accorde au contribuable des droits et des garanties ci-après:

- Dans le cadre d’une VGC, VPC, VSFE, il doit être averti du contrôle 15 jours avant son début
par un avis de vérification assorti de la charte du contribuable qui informe la contribuable sur
ses droits.
- Dans le cadre d’une VP (vérification ponctuelle), il doit être averti du contrôle 08 jours avant
son début par un avis de passage assorti de la charte du contribuable qui informe la
contribuable sur ses droits.
- Sous peine de nullité de la procédure, l’avis de vérification ou l’avis de passage doit
mentionner la possibilité pour le contribuable de se faire assister d’un conseil de son choix.
- La vérification sur place a lieu au siège social ou au principal établissement et la possibilité
pour le contribuable de demander expressément qu’il se déroule dans les bureaux de son
comptable ou dans les locaux de l’administration.
- Les contrôles fiscaux doivent respectés le principe du contradictoire.
- L’interdiction d’une nouvelle vérification pour les mêmes impôts ou taxes sur le même exercice
fiscal au sein de l’entreprise.4
- La possibilité de demander au titre d’un exercice donné, la déduction des suppléments de
taxes afférentes aux opérations effectuées au cours de ce même exercice lorsque le
contribuable fait l’objet d’une vérification simultanée de la TVA et de l’impôt sur le revenu (IS,
IRPP),
- La durée de la vérification sur place est limitée à 3 mois et à 12 mois pour la vérification de la
situation fiscale d’ensemble sauf circonstance exceptionnelle.
- L’exercice du recours gracieux devant l’administration fiscale en vue d’obtenir une remise ou
une modération d‘impôt, amende ou pénalité qui sont définitives.

4 Toutefois, l’administration fiscale conserve son droit de reprise au regard de ces impôts et taxes sous la seule réserve que
les modifications proposées ne résultent pas de constatation faites à l’occasion d’investigations supplémentaires dans la
comptabilité de l’entreprise. En outre, lorsque l’administration a déposé une plainte pour agissement frauduleux, elle peut
procéder à une nouvelle vérification.
- L’interdiction de modifier les impositions antérieures si la cause de celui – ci résulte d’un
différend portant sur une interprétation par le contribuable de bonne foi d’une disposition
fiscale à l’époque des faits formellement admise par l’administration fiscale (Les changements
de doctrine ne sont pas opposables au contribuable)
- La possibilité de réparer spontanément avant l’envoi d’un avis de vérification ou avant l’envoi
d’une notification de redressement dans l’hypothèse d’un contrôle sur pièces les omissions
totales ou partielles, les insuffisances et inexactitudes ou erreur constatées dans l’assiette de
l’impôt.
- Les pièces de procédure sont transmises au contribuable avec accusé de réception ou
bordereau de décharge. Toutefois, l’article L8 quarter de LF 2019 consacre la transmission des
pièces par voie électronique (AMR, avis de vérification, mise en demeure,…)

B- LA COMPETENCE EN MATIERE DE CONTROLE FISCAL

Le contribuable vérifié devra s’assurer de la qualité des agents des impôts qui procèdent au contrôle
fiscal. Pour mémoire, le contrôle fiscal relève de la compétence des agents assermentés ayant au
moins le grade d’inspecteur bien qu’en matière de TVA, les agents de grade inférieur peuvent agir sur
ordre écrit de l’inspecteur des impôts.

SECTION 3 : LES CONSEQUENCES DU CONTROLE FISCAL.

Au terme d’un contrôle fiscal, l’administration fiscale peut accepter la comptabilité ou la rejeter en
procédant à un redressement des bases d’imposition.

PARAGRAPHE 1 : LE REDRESSEMENT DES BASES D’IMPOSITION.

Une comptabilité régulière, probante et sincère s’oppose naturellement à l’administration fiscale. En


revanche, l’administration fiscale redresse les bases d’imposition suivant la procédure de taxation
d’office lorsque la comptabilité n’est ni régulière, ni probante.

L’administration fiscale redresse les bases d’imposition suivant la procédure contradictoire lorsque la
comptabilité est régulière et probante mais pas sincère.

A- LA LIQUIDATION DES COMPLEMENTS D’IMPOT, DROITS OU TAXES A


PAYER.

Le redressement des bases d’imposition a pour finalité la liquidation du complément d’impôt à payer au
terme du contrôle fiscal. Généralement, les compléments d’impôts concernent :

- L’impôt sur les sociétés (IS) au taux de 33% suite aux réintégrations diverses (amortissements
exagérés, pénalités/amendes, intérêts excédentaires rémunérant les compte courant d’associé,
provisions non déductibles, charges non justifiées, pourboires/dons, impôts personnels,…),

- L’impôt sur les revenus des personnes physique (IRPP) au taux de 16.5% suite à la réintégration des
charges décaissables (intérêt excédentaire rémunérant le compte courant d’associé, les charges non
justifiées, les pourboires et dons, rémunérations occultes,…). Il faut rappeler que, la réintégration des
dotations aux amortissements exagérés et des provisions non déductibles ne sont pas assujetties à
l’IRPP parce qu’il s’agit des charges non décaissables.
Au surplus, les charges non justifiées et les pourboires/dons assimilés aux rémunérations occultes sont
assujetties à l’IRPP au taux de 38.5% lorsque les bénéficiaires ne sont pas identifiés.

- Autres impôts (Taxe sur la valeur ajoutée résultant du chiffre d’affaires minoré, taxe spéciale sur
les revenus versés à l’étranger,…).
Notons que l’impôt sur le revenu des personnes physiques est visé parce que le fisc considère qu’il y
aurait eu distribution des revenus.

B- L’APPLICATION DES PENALITES


(ART L95 DU LPF DU CGI).

La majoration du complément d’impôt des pénalités est l’aspect le plus douleureux du contrôle fiscal. En
pratique, le complément d’impôt est majoré des pénalités en l’occurrence les pénalités d’assiette et les
pénalités de recouvrement.

La pénalité d’assiette liquidée sur la base des droits mis à la charge du contribuable est due parce
que, la base d’imposition n’avait pas été bien évaluée par le contribuable et la pénalité de
recouvrement liquidée à compter du jour qui suit celui du dépôt légal de la déclaration jusqu’au dernier
jour du mois de la notification est due parce que le complément d’impôt se paie au delà des délais
prescrits.
1- Pénalité d’assiette/Pénalités.

1-a) En cas d’insuffisance, d’omissions ou dissimulations.

La pénalité d’assiette correspond à 1,5% des droits mis à la charge du contribuable à la suite de la
notification du dernier acte de procédure en cas de contrôle par mois, plafonné à 50%.

En sus de cette pénalité, ces insuffisances, omissions ou dissimulations donnent droit à l’application
des majorations suivantes :

 30 % en cas de bonne foi ;


 100 % en cas de mauvaise foi ;
 150 % en cas de manœuvres frauduleuses, sans préjudice des poursuites pénales prévues
dans le présent livre.

1-a) En cas d’absence de déclaration.

Le contribuable qui, après une mise en demeure de déclarer, n’a pas souscrit sa déclaration, fait l’objet
d’une taxation d’office et sa cotisation est majorée de 100 %. La majoration est portée à 150 % en cas
de récidive.
L’intérêt de retard, en cas d’insuffisance de déclaration telle que prévue ci-dessus est calculé à compter
du jour qui suit celui du dépôt légal de la déclaration jusqu’au dernier jour du mois de la notification, tout
mois commencé étant compté pour un mois entier. Le montant de l’intérêt de retard est plafonné à 50
%.
2) Pénalités de recouvrement /Intérêt de retard.

Le paiement tardif de l’impôt entraîne l’application d’un intérêt de retard de 1,5 % par mois de retard
plafonné à 50%.
Pour le cas particulier des impôts à versement spontané, toute déclaration ou paiement tardif entraînent
l’application d’une pénalité de 10 % par mois de retard, sans excéder 30 % de l’impôt dû en principal.

CHAPITRE IV :
LE CONTENTIEUX ET LE RECOUVREMENT
FISCAL

Le contentieux s’entend de tout différend né entre deux personnes aux intérêts antagonistes et
rendant le recours au juge inéluctable. En droit fiscal, le contentieux emprunte deux voies : l’une
administrative et l’autre judiciaire.

SECTION 1 : LA JURIDICTION CONTENTIEUSE

PARAGRAPHE 1 :
RECOURS PREALABLE DEVANT L’ADMINISTRATION FISCALE.

La phase administrative du contentieux se déroule en deux étapes auprès du chef de centre


régionale des impôts/Directeur des Grandes Entreprises/Directeur Général des Impôts et du Ministre de
tutelle (MINFI).

A- PREMIER NIVEAU DE RECOURS : LES RECLAMATIONS AUPRES DU CHEF


DE CENTRE REGIONAL DES IMPOTS (CRI) OU DIRECTEUR DES GRANDES
ENTREPRISES (DGE) OU DU DIRECTEUR GENERAL DES IMPOTS (DGI).

1- ETENDUE DE LA COMPETENCE DU CHEF DE CENTRE REGIONAL DES


IMPOTS ; DU DIRECTEUR DES GRANDES ENTREPRISES OU DU
DIRECTEUR GENERAL DES IMPOTS.

Tout contribuable relevant d’un CSIPLI, CDI ou d’un CIME qui se croit imposé à tort ou surtaxé
peut en faire la réclamation auprès du Chef de Centre Régional des Impôts lorsque les impositions
contestées portent sur un montant inférieur ou égal à 50 000 000 FCFA en principal.

Tout contribuable relevant de la Direction des Grandes Entreprises qui se croit imposé à tort ou
surtaxé peut en faire la réclamation auprès du Directeur des Grandes Entreprises lorsque les
impositions contestées portent sur un montant inférieur ou égal à 100 000 000 FCFA en principal.

Tout contribuable relevant d’un CSIPLI, CDI ou d’un CIME qui se croit imposé à tort ou surtaxé
peut en faire la réclamation auprès du Directeur Général des Impôts lorsque les impositions contestées
portent sur un montant supérieur à 50 000 000 FCFA en principal.

Pour ceux relevant de la Direction des Grandes Entreprises, leurs réclamations relèvent de la
compétence du Directeur Général des Impôts lorsque les impositions contestées portent sur un montant
supérieur à 100 000 000 FCFA en principal.
2- DELAI DE SAISINE DES AUTORITES COMPETENTES ET DELAI
D’INSTRUCTION DES RECLAMATIONS.

Le contribuable qui n’est pas satisfait des impositions mises à sa charge doit, en premier
ressort, saisir les autorités susvisées dans un délai de trente (30) jours à partir de la date de notification
de l’AMR ou de la connaissance certaine des impositions.

Les autorités compétentes sont tenues de répondre aux requêtes qui leur sont adressées dans
un délai de trente (30) jours à compter de la date de la réception desdites réclamations.

3- DECISION DES AUTORITES COMPETENTES ET EFFETS.

En cas d’admission totale des arguments du requérant, l’action contentieuse est éteinte et la
décision prise doit être notifiée au Receveur assignataire, afin qu’il arrête définitivement les poursuites,
et enclenche la procédure de dégrèvement des impositions contestées.

En cas de rejet total ou d’admission partielle, le contribuable garde le droit d’exercer un recours
en deuxième ressort dans un délai de 30 jours à compter de la notification de la décision des
responsables des services fiscaux suscités.

Remarque : En cas de silence gardé par les autorités au – delà du délai de 30 jours, le contribuable
a le droit de poursuivre sa contestation devant le Ministre des Finances.

4- LE SURSIS DE PAIEMENT DES IMPOSITIONS CONTESTEES.

Le contribuable qui conteste les impositions mises à sa charge peut obtenir le sursis de paiement
administratif de la partie contestée dans les conditions ci-après :

 Fournir les références de la réclamation contentieuse,


 Fournir les références du paiement de la partie non contestée le cas échéant,
 Ne pas avoir d’arriérés fiscaux autres que ceux contestés,
 Ne pas faire l’objet de poursuites pénales pour fraude fiscale.

B- DEUXIEME NIVEAU DE RECOURS : SAISINE DU MINISTRE DES FINANCES


(MINFI).

1- DELAI DE SAISINE DU MINFI ET SURSIS DE PAIEMENT.

La saisine du MINFI se fait dans un délai de trente (30) jours à partir de la réception de la décision
contestée ou le silence gardé par le DGI ou le chef de centre régional des impôts ou le directeur des
grandes entreprises.

La réclamation présentée au MINFI, qui tient lieu de recours gracieux préalable, doit à peine
d’irrecevabilité, être appuyée des justificatifs de paiement de la partie non contestée de l’impôt et de
15% de la partie contestée.

Le contribuable qui entend bénéficier du sursis de paiement auprès du MINFI doit expressément en
faire la demande dans sa réclamation contentieuse.
2- LE SURSIS DE PAIEMENT DES IMPOSITIONS CONTESTEES.

Le contribuable qui conteste les impositions mises à sa charge peut obtenir le sursis de paiement
administratif de la partie contestée auprès du MINFI dans les conditions ci-après :

 Fournir les références de la réclamation contentieuse,


 Fournir les références du paiement de la partie non contestée le cas échéant,
 Fournir les référence du paiement de 15% de la partie contestée,
 Ne pas avoir d’arriérés fiscaux autres que ceux contestés,
 Ne pas faire l’objet de poursuites pénales pour fraude fiscale.

3- DELAI D’INSTRUCTION DE LA RECLAMATION ET DECISION DU MINFI.

Le MINFI dispose de deux (02) mois calendaires pour notifier sa position au demandeur. En cas
d’admission totale des arguments du requérant, l’action contentieuse est éteinte et la décision prise doit
être notifiée au Receveur assignataire, afin qu’il arrête définitivement les poursuites et enclenche la
procédure de dégrèvement des impositions contestées.

En cas de rejet total ou d’admission partielle, le contribuable garde le droit d’exercer un recours
juridictionnel devant le Tribunal administratif. En cas de silence gardé par le MINFI au-delà de 02 mois,
le contribuable a le droit de poursuivre sa contestation devant le Tribunal administratif compétent.

PARAGRAPHE 2 : LA PHASE JURIDICTIONNELLE

La phase juridictionnelle du contentieux se déroule uniquement devant la juridiction administrative.

A- LE CONTENTIEUX FISCAL DEVANT LA JURIDICTION ADMINISTRATIVE.

La procédure près le Tribunal administratif est essentiellement inquisitoriale c’est-à-dire que


l’instance se déroule au moyen des requêtes (Cf art L127 et suivants du code général des impôts).

La saisine du Tribunal administratif dans un délai de 30 jours à compter de la réception de la


décision du MINFI ou en cas de silence du MINFI est subordonnée à un recours gracieux préalable
adressé à l’autorité ayant rendue la décision querellée. En la matière, c’est la décision du MINEFI qui
tient lieu de recours gracieux préalable.

Précisons que, le contribuable qui entend bénéficier du sursis de paiement déjà appliqué au
stade de la réclamation contentieuse devant la juridiction administrative en première instance, doit
renouveler expressément sa demande dans les conditions ci-après :

 Fournir les références de la réclamation contentieuse,


 Fournir les références du paiement de la partie non contestée le cas échéant,
 Fournir les référence du paiement de 35% supplémentaire de la partie contestée,
 Ne pas avoir d’arriérés fiscaux autres que ceux contestés,
 Ne pas faire l’objet de poursuites pénales pour fraude fiscale.

Le requérant ne peut contester devant la juridiction administrative des impositions différentes de


celles qu’il a visées dans sa réclamation à l’administration fiscale. Toutefois, mais dans la limite du
dégrèvement primitivement sollicité, il peut faire valoir toutes conclusions nouvelles, à condition de
formuler expressément dans sa demande introductive d’instance.

Lorsque la décision rendue en première instance ne donne pas satisfaction au contribuable, ce


dernier peut interjeter appel et obtenir le sursis de paiement qu’après acquittement de 50% du montant
des impositions contestées et consignation de 50% de la partie restante.

Remarque : Conformément à la LF 2019, le sursis de paiement est délivré de façon informatisée en


ligne. Pour les contribuables qui relèvent des centres des impôts non informatisés, le sursis de
paiement est délivré de façon manuelle dans un délai de 15 jours à compter de la réception de la
demande. L’absence de réponse de l’administration dans ce délai équivaut à l’acceptation tacite du
sursis de paiement.

Le sursis de paiement cesse d’avoir effet à l’expiration du délai de saisine de l’autorité supérieure.

SECTION 2 : LA JURIDICTION GRACIEUSE

La juridiction gracieuse ne procède pas d’un contentieux, étant donné qu’il ne s’agit pas de la
contestation juridique du bien fondé des impositions, mais plutôt d’un appel à la bienveillance de
l’administration. La juridiction gracieuse ne fait usage que de simples recours hiérarchiques.

PARAGRAPHE 1 : LE DOMAINE DE LA JURIDICTION GRACIEUSE


(Article L141 du LPF du CGI)

La juridiction gracieuse connaît des demandes tendant à obtenir :

- La remise ou une modération d’impôts directs régulièrement établis, en cas de gêne ou


d’indigence mettant les redevables dans l’impossibilité de se libérer envers le trésor.
- La remise ou une modération d’amendes fiscales, lorsque ces pénalités, intérêts de retard et,
le cas échéant, les impositions principales sont définitives.
- La décharge de la responsabilité incombant à certaines personnes quant au paiement
d’impositions dues par un tiers.
Elle statue également sur les demandes des receveurs des impôts visant à l’admission en non – valeur
de cotes irrécouvrables ou à une décharge de responsabilité.

NB : Aucune remise ou modération ne peut être accordée sur les impôts sur le chiffre d’affaires, les
autres impôts collectés auprès des tiers pour le compte du Trésor, ainsi que les pénalités consécutives
à une taxation d’office.

PARAGRAPHE 2 : DECISION DE L’ADMINISTRATION

Le contribuable saisi le chef de centre territorialement compétent d’une demande non soumise
au droit de timbre de dimension et assortie d’une copie de l’AMR.

Après examen, la décision de l’administration est notifiée :

- Par le chef de centre régional des impôts ou le responsable de la structure chargée de la


gestion des ‘’grandes entreprises’’ dans la limite de 30 000 000 FCFA pour les impôts et taxes
en principal et de 30 000 000 FCFA pour les pénalités et majorations.
- Par le Directeur général des impôts dans la limite de 100 000 000 FCFA pour les impôts et
taxes en principal et de 100 000 000 FCFA pour les pénalités et majorations.

- Par le Ministre chargé des finances pour les impôts et taxes en principal dont les montants
sont supérieurs à 100 000 000 FCFA ainsi que pour les pénalités et majorations dont les
montants sont supérieurs à 100 000 000 FCFA.

SECTION 3 : LES OPERATIONS ET LES GARANTIES DE RECOUVREMENT


(Art L 51 du CGI)

Le recouvrement de l’impôt confié au receveur des impôts territorialement compétent consiste


pour l’administration à contraindre le contribuable à payer les sommes dues en l’absence de tout
paiement volontaire.

A cet effet, l’émission de l’AMR rendu exécutoire par le chef de centre des impôts
territorialement compétent est pris en charge par le Receveur des impôts rattaché légitime le
recouvrement ‘’manu militari’’ de l’impôt par l’administration fiscale.

PARAGRAPHE 1 : LES OPERATIONS DE RECOUVREMENT.

A. Les poursuites de droit commun

1- Mise en demeure valant commandement de payer.


La mise en demeure valant commandement de payer est l’acte par lequel le receveur des impôts
intime l’ordre au contribuable de s’acquitter de sa dette fiscale. Son objectif est de rappeler au débiteur
de bonne foi, sous menace de saisie, qu’il doit payer sa dette fiscale.

La mise en demeure valant commandement de payer devra mentionner à peine de nullité d’une
part, les références de l'avis de mise en recouvrement en vertu duquel les poursuites sont exercées,
avec le décompte détaillé des sommes réclamées en principal, pénalités et frais.

2- La saisie

A l'expiration du délai de huit (08) jours après la réception par le contribuable du commandement de
payer, le porteur de contraintes procède à la saisie des biens meubles appartenant au débiteur. La
saisie est pratiquée dans les conditions prescrites par l'Acte Uniforme OHADA portant organisation des
procédures simplifiées de recouvrement et des voies d'exécution.

3- La vente

La vente des biens saisis, expressément autorisée par le Directeur Général des Impôts, est faite
par le commissaire-priseur ou, à défaut, par le porteur de contraintes, dans la forme des ventes qui ont
lieu par autorité judiciaire.

La vente est interrompue dès que le produit est suffisant pour solder les impôts, droits, taxes et
pénalités exigibles au jour de cette vente ainsi que les frais de poursuite. Le produit est immédiatement
versé au Receveur des Impôts qui donne quittance au saisi et conserve le surplus jusqu’à la liquidation
des frais.
Chaque vente est effectuée en présence du Receveur des Impôts et donne lieu à établissement
d’un procès-verbal.

B. LES POURSUITES PARTICULIERES.

1- Avis à tiers détenteur

En principe, l’AMR régulièrement établi est exécutoire non seulement à l’encontre du contribuable
qui y est inscrit, mais à l’encontre de ses représentants ou ayants droit.
Ainsi, sont tenus de payer sur la demande qui en est faite par l’agent chargé du recouvrement et à
concurrence des sommes dont ils sont ou seront dépositaires, tout employeur, tout locataire et d’une
manière générale, tout débiteur ou tout tiers détenteur. L’Administration est tenue d’informer le
redevable de l’envoi de l’avis à tiers détenteur et de lui préciser le tiers concerné.

2- La contrainte extérieure

La contrainte extérieure est établie par le receveur des impôts assignataire à l’adresse d’un
comptable du trésor public ou d’un autre receveur des impôts pour le recouvrement des impôts et taxes,
y compris ceux retenus à la source et non reversés.

La contrainte extérieure est exercée lorsque les redevables (impôts retenus à la source),
notamment les collectivités territoriales décentralisées ou les établissements publics administratifs
disposent des créances ou de subventions domiciliées chez un autre comptable du Trésor public ou un
autre receveur des impôts.

La contrainte extérieure consiste pour le receveur des impôts territorialement compétent à donner
mandat au Comptable du Trésor Public assignataire d’affecter, dès réception, les sommes dont le
versement est ainsi demandé au paiement des dettes fiscales dues.

La contrainte extérieure consiste également à donner mandat au Receveur des Impôts


assignataire d’avoir à exercer les poursuites à l’encontre des redevables concernés en cas de
changement de domicile.
3- Blocage des comptes bancaires

Le Receveur Régional des Impôts territorialement compétent peut procéder au blocage des
comptes bancaires du contribuable.

4- Fermeture de l’établissement

Le Receveur Régional des Impôts territorialement compétent peut procéder à la fermeture d’office
et immédiate de l’établissement ou des établissements. La fermeture de l’établissement ou des
établissements prend fin immédiatement avec le paiement des sommes dues.

5- Mise en fourrière d’un véhicule

La non-présentation d’une carte grise en cours de validité, de la patente de transport, du timbre


automobile, de la taxe à l’essieu, à l’autorité chargée du contrôle, notamment les agents de la Direction
Générale des Impôts spécialement habilités pour constater cette infraction, entraîne la mise en fourrière
du véhicule, dans le respect des règles de procédure propres en la matière.
La mise en fourrière d’un véhicule prend fin immédiatement avec le paiement intégral des sommes
dues.
6- Exclusion des marchés publics

Le non-paiement, après une mise en demeure, des impôts, droits ou taxes donne lieu à une
interdiction temporaire de soumissionner aux marchés publics, de se porter acquéreur d’une entreprise
publique en voie de privatisation, ou de participer aux opérations boursières ; et à une interdiction
définitive en cas de récidive.

Le Directeur Général des Impôts dresse chaque trimestre une liste des contribuables interdits de
soumissionne.

PARAGRAPHE 2 : LES GARANTIES DE RECOUVREMENT.

1. Privilège du trésor

Le privilège est le droit que la loi reconnait à un créancier (en l’espèce le receveur des impôts), en
raison de la qualité de sa créance, d’être préféré aux autres créanciers sur l’ensemble des biens de
son débiteur ou de certains d’entre eux seulement.

Concrètement, le privilège du trésor constitue une sûreté réelle qui consiste à se faire payer par
préférence sur le prix de réalisation du bien meuble ou immeuble affecté à la garantie de l’obligation du
contribuable.
2. Hypothèque légale
La loi fiscale consacre au profit de l’administration fiscale une hypothèque légale pour le
recouvrement des impositions de toute nature et amendes fiscales relevant de la compétence du
receveur des impôts.

L’hypothèque est un droit réel sur les immeubles affectés à l’acquittement d’une obligation. Le
receveur devra veiller à l’inscription de cette hypothèque afin de sécuriser les recettes de l’Etat.

3. Solidarité de paiement
La solidarité de paiement consiste pour le receveur des impôts de poursuivre outre le contribuable
débiteur des impôts et taxes, ses représentants et ayant droit.

Les héritiers sont solidaires pour les impôts non encore payés par leur auteur. Il en est de même des
dirigeants de droit ou de fait qui auront compromis le recouvrement des impôts mis à la charge d’une
société.
4. La prescription.

Les sommes dues par les contribuables au fisc sont prescrites en principe à leur profit après un délai
de quatre (4) ans suivant la date d’exigibilité, si aucun acte n’est venu interrompre la prescription. Le
receveur des impôts qui n’a pas engagé de poursuite contre les redevables retardataires pendant
quatre années consécutives, à partir du jour de la mise en recouvrement, perd son recours et est déchu
de tous droits et de toutes actions contre ces redevables.

Notons que la prescription ne peut être invoquée dans le cas des impôts retenus à la source ou ceux
dont le redevable n’est que collecteur.
La prescription est acquise au profit de l’Etat contre toute demande de restitution de sommes payées au
titre des impôts, droits et taxes après un délai de deux (2) ans à partir du paiement desdits impôts,
droits et taxes.

La prescription est acquise au profit de l’Etat contre toute demande de remboursement de TVA après
un délai de trois (03) ans.