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MINISTÈRE DE L’ENSEIGNEMENT SUPERIEUR

ET DE LA RECHERCHE SCIENTIFIQUE

Année académique 2018-2019


Institut Universitaire d’Abidjan ---------------------------

FACULTES DES SCIENCES ECONOMIQUES ET SOCIALES (FSES)

-------------------------
Département : Administration des affaires
--------------------
Option :

MASTER 1 FINANCE

TRAVAIL DE RECHERCHE

CRISE FINANCIERE

THEME :
HISTORIQUE DES CRISES FINANCIERES

Nom du professeur : DR DJIBRILA OUMAR

Présenté par :
➢ COULIBALY Gnougo Ramatou
➢ BOSSO Doriane
➢ DJEGNIE Sara
➢ GNEBEHI gnogbo Annick Emmanuella
➢ KATCHE Amalan Cynthia Valentine
➢ KONE Binta
SOMMAIRE
INTRODUCTION ....................................................................................................................................... 3
A. DE 1637 – 1974 .......................................................................................................................... 3
I. LA CRISE DES TULIPES OU TULIPOMANIA : 1637 ............................................................................ 3
II. LE KRACH DU NEW YORK STOCK EXCHANGE : 1929 ....................................................................... 5
III. CRISE AMERICAINE DU CREDIT : 1966 ......................................................................................... 6
B. DE 1974 – 2000 .......................................................................................................................... 8
I. CRISE FINANCIÈRE HERSTATT : 1974 ............................................................................................... 8
II. LA CRISE DE LA DETTE DES PVD : 1982 .......................................................................................... 10
III. LA CRISE TEQUILA : 1994-1995 .................................................................................................. 11
IV. LA BULLE INTERNET : 1990 ........................................................................................................ 12
C. DE 2000 – 2015 ........................................................................................................................ 13
I. JUNK BONDS : 2001 ................................................................................. Erreur ! Signet non défini.
II. CRISE DES SUBPRIMES: 2007-2009................................................................................................ 13
III. CRISE GRECQUE : 2009 .............................................................................................................. 14
IV. KRASH BOURSIER EN CHINE : 2015 ........................................................................................... 16
CONCLUSION ......................................................................................................................................... 18

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INTRODUCTION

L'histoire financière est parsemée de période d'euphorie suivi de brutes au


retour à la réalité au cours des 4 derniers siècles. Le terme crise financière
s'emploie pour désigner la déstabilisation du système bancaire et financier d'une
ou de nombreuses économies. En effet une crise financière inclut les monnaies,
les institutions financières, le marché boursier et elle peut être de différentes
natures et toucher un seul ou plusieurs secteurs économiques. Ainsi elle peut se
situer à différentes échelles planétaires régionale nationale ou s'étendre par
contagion et devenir international. Elle peut avoir pour conséquence de ralentir
l'économie mondiale voir de générer une crise économique et une récession.
Mais quelle est l’histoire ces différentes crises ? Dans notre travail nous
traiterons de l’historique des différentes crises. Selon trois phases, la première
qui va de 1637 à 1974, la deuxième allant de 1974 à 2000 et la troisième de 2000
à 2015.

A. DE 1637 – 1974

I. LA CRISE DES TULIPES OU TULIPOMANIA : 1637

Nouvellement libérées de la domination espagnole, les marchands hollandais


bâtissent des fortunes colossales grâce au commerce avec les Indes orientales.
Avec un seul voyage (si toutefois il rentrait à bon port …), un marchand pouvait
espérer multiplier son investissement par cinq. Cette nouvelle classe de
marchands étale ses nouvelles richesses en se faisant bâtir de somptueuses
maisons, entourées de jardins fleuris. Et la star du jardin de ces messieurs, c’est
la spectaculaire tulipe. Résultat, elle devient rapidement un objet de luxe,
symbole de réussite et de richesse. Et on en trouve une grande variété. La
nature-même de la tulipe a contribué a alimenté la pénurie et donc à attiser la
spéculation. Car il faut entre 7 et 12 ans pour qu’une graine produise un bulbe à
même de fleurir. Dans le jargon des économistes du XXIe siècle, c’est un cas
classique d’inélasticité de l’offre par rapport à la demande.

Hollande de 1634 à 1637 une vague de spéculation pour ça le prix des bulbes de
tulipes à des niveaux inimaginable équivalent a plus de 25000 dollars américains

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aujourd'hui. Les tulipes originaires de la Méditerranée orientale venaient d'être
introduite sur le marché européen de l'Ouest via Amsterdam. Elle était à
l'époque commercialiser à travers l'Europe et les monarques les prisaient signe
de leur statut. Les fournisseurs s'échangeaient des bulbes à Amsterdam et
différentes variétés de qualité de tulipes était produite par sélection et
modification des variantes originales. Une bulle exotique pouvait faire fortune
et la gloire de son exploitant. En 1937 le prix d'un bulbe excéda leur valeur réelle
à un tel point que l'enthousiasme s'essouffla et les prix tombèrent
drastiquement. La chute des prix qui s’en suivit ruina plusieurs des premiers
spéculateurs. À cette époque comme aujourd'hui l'évaluation d'un bien
transiger sur un marché actif peut à peut parfois être emporté par les vagues
d'optimisme exagéré dans de telles situation le prix peut passer loin de la valeur
réelle. Les tulipes fleurissent entre avril et mai, pour une semaine environ.
Pendant la phase de sommeil de la plante, entre juin et septembre, les bulbes
peuvent être déracinés et transportés, donc les transactions effectives ne se
passent qu’à cette période. Le reste de l’année, les fleuristes signent des contrats
devant notaire pour l’achat de bulbes en fin de saison. Ce sont effectivement des
contrats à terme, l’ancêtre de nos futures. C’est ainsi que les Hollandais ont
développé une de nombreuses techniques de la finance moderne, créant par là
une bourse de la tulipe ouverte toute l’année.

La bulle atteint son sommet durant l’hiver 1636-1637. À cette période, les bulbes
changent de propriétaire jusqu’à 10 fois dans la même journée. Mais aucune
livraison n’aura le temps de se faire. En février 1637, le prix des contrats
s’effondre et les échanges s’arrêtent net. Il ne reste plus que des vendeurs. Les
acheteurs ont déserté la place. Soulignons tout de même que l’épidémie de
peste bubonique qui sévit au même moment à Haarlem n’a pas aidé. En février
1637, les prix étaient si élevés que la demande chuta soudainement et entraina
avec elle l'effondrement des prix. Mais avec les contrats à terme, des
engagements étaient pris et devaient être honorés (tous ne le seront pas), ce qui
provoqua la ruine de nombreux spéculateurs et la richesse de quelques autres.
En effet, certains achetèrent des tulipes en février 1637 au prix du marché (qui
était très bas) et les revendirent au prix conclu avant l'éclatement de la bulle (qui
était élevé). Ceux-là s'enrichirent. Les autres, qui durent acheter des tulipes à un
prix exorbitant, se retrouvèrent soit avec un stock de tulipes ne valant presque
plus rien soit en situation d'insolvabilité et ils ne purent alors pas honorer leurs
engagements.

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II. LE KRACH DU NEW YORK STOCK EXCHANGE : 1929

LES CAUSES ET CONTEXTE

Le krach de 1929 est une crise boursière qui se déroula à la Bourse de New York
entre le jeudi 24 octobre et le mardi 29 octobre 1929. Cet événement, le plus
célèbre de l'histoire boursière, marque le début de la Grande Dépression, la plus
grande crise économique du XXe siècle. Les jours-clés du krach ont hérité de
surnoms distincts : le 24 octobre est appelé « jeudi noir », le 28 octobre est le «
lundi noir », et le 29 octobre est le « mardi noir », dates-clés de l'histoire
boursière. Conséquence directe, aux États-Unis, le chômage et la pauvreté
explosent pendant la Grande Dépression et poussent quelques années plus tard
à une réforme agressive des marchés financiers. Le déséquilibre financier dû à
une forte spéculation boursière et aux nombreux crédits bancaires, car les
ménages se ruinent dans l'achat des actions ou des obligations. En plus en
Septembre 1929 se produit un crache boursier à New York au Etats Unies car le
franc Français grâce au redressement. Pointcarré étouffe le dollar. Le déclin du
dollar entraîne un climat de méfiance dans les affaires.

En Europe les Etats Unis retirent ses fonds des banques. La crise frappe
partout, les fonds Anglais sont gelés, la Livre Sterling baisse de 40%. La France
aussi est touchée, toute l'Europe centrale, l'Amérique Latine et l'Asie
également. Partout c'est la mévente, la chute de la production et des salaires,
des prix des produits et des actions. Le chômage et la faillite sévissent partout,
6.000.000 de chômeurs en Grande Bretagne. L'agriculture devient une activité
difficile (trop de blé, de vin, de sucre mal payés) seul l'URSS replié sur elle-
même échappe à la crise.

LES SOLUTIONS A LA CRISE

Le Président Clark Herbert Hoover multiplie les mesures d’urgence, mais n’arrive
pas à juguler la crise et devient de plus en plus impopulaire. Il est battu à la
présidentielle de de 1932 par le Démocrate Franklin Delano Roosevelt, qui s’était
fait une notoriété en tant que gouverneur de New York. Celui-ci se fait entourer
5
d’une équipe de conseillers « Brain Trust » (association de cerveau) composée
d’universitaires conjoncturistes et planificateurs. Roosevelt et son brain trust
élaborent le New Deal (« Nouvelle donne ». On note deux New Deal.

Le premier New Deal (1933-1934)

Le premier, marqué notamment par les « Cent jours de Roosevelt » en 19331


visait à une amélioration de la situation à court terme. On y retrouve donc des
lois de réforme des banques, des programmes d'assistance sociale d'urgence,
des programmes d'aide par le travail, ou encore des programmes agricoles. Le
gouvernement réalisa ainsi d'importants investissements et permit l'accès à des
ressources financières à travers diverses agences gouvernementales. Les
résultats économiques furent mitigés, mais la situation s'améliora.

Le second New Deal (1935-1939)

Le « Second New Deal » s'étala entre 19353 et 1938, mettant en avant une
redistribution des ressources et du pouvoir à une échelle plus large, avec les lois
de protection syndicales, le Social Security Act, ainsi que des programmes d'aide
pour les farmers et les travailleurs itinérants. Cependant, la Cour suprême jugea
de nombreuses réformes inconstitutionnelles, et certaines parties des
programmes furent rapidement remplacées, à l'exception de la National
Recovery Administration. Le second New Deal fut bien plus coûteux que le
premier, et creusa le déficit public. Par ailleurs, malgré des programmes comme
la Public Works Administration, le chômage touchait encore 11 millions
d'Américains en 1938.

III. CRISE AMERICAINE DU CREDIT : 1966

Après plusieurs années de forte croissance de l'économie, les banques


américaines se trouvent à court de réserves dans un contexte où la Réserve
Fédérale conduit une politique restrictive afin de contenir l'inflation. La crise se
traduira par une chute des cours boursiers, une baisse des liquidités et une
hausse des taux d'intérêt provoquant un fort ralentissement de l'activité
économique. Elle est considérée comme la première crise moderne, des
épisodes similaires de resserrement du crédit se reproduisant en 1969 et 1974.

La première crise des temps modernes a eu lieu en 1966 elle s'est manifestée
par un recul des cours boursier mais surtout par une baisse de liquidité dans le

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système bancaire américain et une hausse des taux d'intérêt qui ont menacé la
stabilité de l'économie. L'économie était alors comme aujourd'hui en forte
croissance depuis plusieurs années en 1966 le taux d'utilisation des capacités
industrielles était de 91,6% et le taux de chômage de 3,8 %. Le niveau
d'utilisation élevé de l'économie impliquait une demande d'investissement
accrue afin de répondre plus facilement à la demande de biens et de services. En
même temps le taux de chômage très bas avait déjà poussé l'inflation à la hausse.
La Réserve fédérale maintenait des conditions monétaires restrictive afin de
combattre l’inflation. Étant donné la forte croissance des investissements les
banques essayait de répondre à la demande de prêts corporatifs en liquidant
leurs réserves d’obligations. Dans un contexte de taux d'intérêt haussier, ces
ventes eurent plusieurs conséquences. D’une part, les réserves bancaires était
très basses ce qui était mauvais pour le système bancaire. D'autre part les écarts
entre les rendements sur les obligations corporatifs, municipale du
gouvernement était très élevés. Ces écarts reflétaient à la fois les pressions à la
baisse des prix des obligations suite aux ventes des banques mais aussi
l'inquiétude face à la solvabilité des différents émetteurs dans un contexte où le
taux de rendement augmenté et les profits corporatifs était en baisse.
Finalement ces prêts réduisaient l'impact de la politique restrictive de la réserve
fédérale et alimentaient l'inflation. Les marchés obligataires, municipal en
particulier était très volatile et on craignait qu'il devienne très difficile pour les
municipalités de se financer dans ce contexte où les obligations se transiger à
des taux plus élevés depuis les années 20.

Cette situation se régla lorsque la Réserve fédérale s'engagea à prêter à des


termes plus longs des fonds aux banques qui réduirait leurs prêts aux
entreprises. Comme le taux d'escompte était plus faible que le taux du marché
des banques les banques acceptèrent ces conditions et la réduction de volume
de prêt permis à celle-ci de redresser le bilan et à la réserve Fédérale de
poursuivre sa politique anti-inflation.

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B. DE 1974 – 2000

Dans la tranche 1970-2000, on enregistre plus d’une vingtaine de crise mais


nous retiendrons quatre d’entre elles que sont : la crise Herstatt, la crise des
Pays en Voie de Développement, la crise Tequila et enfin la Bulle Internet.

I. CRISE FINANCIÈRE HERSTATT : 1974

CONTEXTE ET CAUSES DE LA CRISE

Herstatt est le nom d'une banque allemande, disparue en 1974, dont la faillite a
causé une grave crise sur marché des changes.

En effet Dans les années 70, la banque Herstatt (Bankhaus Herstatt) est une
banque familiale d’Allemagne de l’ouest avec une forte activité liée aux marchés
des changes. Sur son marché domestique, la banque connaît quelques difficultés
financières, et doit de ce fait remplir des obligations face à la chambre de
compensation, obligations qui doivent être payées en monnaie allemande, c’est-
à-dire à l’époque en marks. Pour se faire, elle décide d’utiliser le marché des
changes en vendant des dollars pour se procurer des marks. Toutefois,
l’importance de l’activité « change » de la banque Herstatt se trouve totalement
disproportionnée par rapport à son bilan, et la part croissante de devises dans
son financement inquiètent les banques concurrentes qui deviennent de plus en
plus rétissantes à réaliser avec elle ce type d’opérations. La banque allemande
se révèle donc rapidement incapable d’approvisionner son compte de clearing
et de faire face aux obligations imposées par la chambre de compensation.

Le 26 juin 1974, la banque centrale allemande (Bundesbank) ordonne la


cessation des activités de la banque Herstatt et lui retire sa licence. Aux vues de
la taille de la banque concernée, elle n’a quasiment aucun impact sur le marché
intérieur. Cependant, par le jeu des transactions sur le marché des changes, elle
va avoir de graves répercussions outre-Atlantique.

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CONSEQUENCES

La suspension des activités de la banque entraîne la suspension de ses paiements


sur tous les marchés. Le problème se noue alors autour du décalage temporel
qui existe sur le marché des changes. En effet, plusieurs banques américaines
avaient déjà versé des contreparties irrévocables en Deutschemarks à la banque
Herstatt avant sa cessation d’activités, sans avoir touché la contrepartie en
dollars. Lorsque le correspondant de la banque allemande à New-York apprend
la fermeture de l’institution à laquelle il était rattaché, il suspend
immédiatement les paiements sur le sol américain. De nombreuses banques se
retrouvent alors avec des créances en blanc, étant incapables de récupérer les
contreparties dues par la banque Herstatt. Les volumes d’opérations non payées
ont été estimés à près de 200 millions de dollars.

La cessation des activités de la banque allemande suscita donc une réaction en


chaîne auprès des banques américaines, incapables de récupérer les sommes qui
leur sont dues. C’est tout le système de paiement et de règlement du marché
des changes qui est atteint. Plusieurs banques américaines, fortes de cette
expérience, refusent alors d’ordonner le paiement de leur contrepartie tant
qu’elles n’ont pas réceptionné la contre-valeur. En trois jours, les montants qui
circulent sur le marché des changes diminuent de 60%. A partir de là, le risque
qui existe sur ce marché et qui est inhérent au décalage temporel entre les
différents acteurs est appelé « risque Herstatt ». Il se définit comme le risque
qu’une des parties livre la devise sans jamais recevoir de règlement en retour.

La faillite de la banque allemande Herstatt provoque une grave crise sur le


marché des changes et fait prendre conscience des risques systémiques
provoqués par l’interdépendance des places financières.

REACTION DES AUTORITES

C’est ainsi que Peter Cooke, directeur de la Banque d’Angleterre propose la


réunion d’un comité des banques centrales, des organismes de réglementation
et de surveillance bancaire des pays du G10. Sa proposition trouve un écho
favorable puisque les leaders bancaires décident d’intervenir et d’instaurer des
normes de sécurisation et de prévention du risque systémique. Le Comité de
Bâle regroupant les directeurs des banques du G10 est ainsi créé. Ce comité sera
en autre, à l’origine des accords de Bâle (1988) et Bâle II (2004) … qui imposent
9
la mise en place d’un nouveau ratio, dit ratio McDonough qui intègre pour la
première fois le risque de crédit, le risque opérationnel et le risque de marché.
Les banques centrales cherchent également à limiter la prise de risque en
incitant les banques à diminuer leur durée d’exposition. Cela passe par deux
procédés : l’amélioration des méthodes de mesure et de gestion de l’exposition
au risque, et la limitation du délai entre le règlement des deux volets d’une
transaction.

II. LA CRISE DE LA DETTE DES PVD : 1982

CAUSES ET CONSEQUENCES

La crise de la dette des pays en voie de développement a été déclenchée en 1982


lorsque le Mexique a annoncé qu’il suspendait le paiement des intérêts qu’il
devait au titre du service de la dette. En effet, de nombreux pays en voie de
développement croulent sous le poids des dettes et ne peuvent plus payer les
intérêts toujours grandissants.

La crise de 1982 est due aux effets conjugués :

-de la chute des revenus d’exportation du Tiers-monde ;

-de l’augmentation des taux d’intérêt au service de la dette ;

-de la diminution des flux de capitaux.

Cette crise montre qu’au lieu de réduire les inégalités économiques, les prêts
alloués dans les années 60 pour aider le développement des pays du « tiers
monde » ont eu pour effet inverse d’accroître les inégalités entre les pays
développés (Nord) et les pays en voie de développement (Sud) puisque ces
derniers ont été les plus touchés et se retrouvent à devoir rembourser des
sommes colossales en rapport avec les revenus de leur pays.

REACTION DES AUTORITES

Le Fonds monétaire international et la Banque mondiale interviennent, mais il


n'est question alors ni d'annuler ni de réduire les dettes : elles sont
rééchelonnées dans le temps, grâce à des mécanismes innovants de
restructurations, tel le plan lancé en 1989 par le secrétaire d'État au Trésor

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américain Nicholas Brady : les institutions internationales et les gouvernements
prêtent de l'argent aux pays endettés pour leur permettre de racheter les
créances dévalorisées que les banques commerciales cèdent sur le marché
secondaire avec une forte décote. Le Mexique sera le premier pays à en
bénéficier.

III. LA CRISE TEQUILA : 1994-1995

La crise économique du Mexique de 1994–1995, qui frappa durement


l'économie mexicaine, débuta par une brusque dévaluation du peso mexicain
annoncée le 20 décembre 1994, qui a pour conséquence un retrait massif des
capitaux étrangers et un effondrement du cours du peso, ce qui a des
conséquences désastreuses sur l'économie du pays, puis des répercussions dans
le monde entier, en particulier en Amérique du Sud. Elle est également appelée
erreur de décembre (error de diciembre) au Mexique, et ses conséquences sont
parfois nommées effet Tequila par les économistes. À la suite de l'annonce de la
dévaluation, le cours du peso passe de 3,4 à 7,2 pour un dollar en une semaine.

Bill Clinton, président des États-Unis, proche voisin économique du Mexique,


intervient pour stopper cette crise, et les États-Unis avec des organisations
internationales, prêtent 50 milliards de dollar US au Mexique une semaine après
le début de la crise, dont 18 milliards via le FMI.

On peut considérer que cette crise fut en fait déclenchée par une « frappe
préventive » menée par la Fed, la Banque Centrale des États-Unis d'Amérique.
En effet, Alan Greenspan, son président au moment des faits, a augmenté le taux
directeur car il prévoyait une hausse de l'inflation. L'ancrage du peso sur le dollar
a donc explosé.

La crise fut déclenchée le 20 décembre 1994 par l'annonce soudaine de la


dévaluation du peso mexicain de 15 % les premières semaines du mandat
présidentiel d'Ernesto Zedillo, d'où son nom de crise du peso mexicain.

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IV. LA BULLE INTERNET : 1990

CONTEXTE ET CAUSES DE LA CRISE

La bulle Internet est une bulle spéculative qui s’est formée à la fin des années
1990. Elle a concerné les valeurs des secteurs des technologies de l'information,
des nouveaux médias et des télécommunications alors que les ménages se
connectaient massivement à internet. Le point haut du phénomène fut atteint
le 13 mars 2000 lorsque le Nasdaq Composite, l’indice technologique américain
culmina à 5.048,62 après avoir progressé de 3 757 points en 3 ans. L’éclatement
de la bulle a entraîné la disparition d’une myriade de sociétés proches de la «
nouvelle économie » et provoqué une onde de choc boursière qui a secoué les
grandes places financières de la planète.

À la fin des années 1990, la « nouvelle économie » fascinait tous les investisseurs
de la planète. Elle était liée à plusieurs facteurs :

• le développement rapide des Nouvelles technologies de l'information et


de la communication (NTIC) ;

• l’apparition de nombreuses start-up créées par de jeunes informaticiens,


des commerciaux ou encore d’anciens étudiants des meilleures universités
américaines ;

• un contexte peu inflationniste où des taux d’intérêt trop bas renforçaient


l’attrait des investisseurs pour les marches d’actions.

• En 1995, l'introduction en bourse de Nestcape est considérée comme le


coup de starter symbolique de la bulle Internet. Offerte à 28 dollars, l'action
Internet fut cotée à 71 dollars, 153 % au-dessus du prix de souscription.

Cette IPO (Initial Public Offering) entraîna la multiplication des introductions


boursières dans le secteur des dot-com. Beaucoup de ces start-ups furent
achetées aveuglément par des investisseurs décidés à jouer le coup du siècle en
trouvant une pépite au potentiel de croissance comparable à celui d’Apple ou
Microsoft.

12
Cette chasse aux pépites technologiques dura 5 ans. Elle a notamment profité
au secteur des télécoms (opérateurs) et des équipementiers qui se lancèrent
eux-même dans une vague de fusions/acquisitions pour accélérer leur virage
vers la « toile ». Pour elles, il s’agissait d’acquérir des « dot-com » à la technologie
prometteuse, quel que soit leur prix. Cet afflux de billets verts fit flamber les prix
d’acquisition. Grisés par la course au profit, de nombreux fonds de capital-risque
entrèrent alors dans la danse. Exemple : les investisseurs achetaient des sociétés
informatiques déficitaires au poids de l’or dans l’espoir de futurs mégaprofits.

En mars 2000, le PER (Price Earning Ratio) de certaines entreprises issues de la


nouvelle économie montait jusqu’à 200 alors qu’un niveau de 25 est déjà
considéré comme excessif en temps normal.La folie dot-com n’épargna ni la
France, ni l’Europe. Exemple : en témoignent le chèque de 180 millions que le
groupe Vivendi signa pour le rachat de l’hébergeur internet français « iFrance »
ou encore les 150 millions d’euros dépensés pour l’acquisition du webmail «
CaraMail », en 2000, par un groupe suédois quelques jours avant que n’éclate la
bulle.

La « nouvelle économie », qu'Alan Greenspan – directeur de la Fed – stigmatisait


en dénonçant « l’exubérance irrationnelle » des marchés, retomba alors comme
un soufflet. Faillites à la chaîne. À court d'argent, les centaines de start-up
basculèrent comme des dominos. Des charrettes d’informaticiens et de
webmasters furent débarqués.

C. DE 2000 – 2015

I. CRISE DES SUBPRIMES: 2007-2009

La crise des subprimes est une crise financière qui toucha les États-Unis à partir
de juillet 2007 et qui se diffusa dans le monde entier. Les subprimes sont des
prêts immobiliers dont le taux d'intérêt varie en fonction de la valeur du bien
qu'ils ont permis d’acheter: plus celui-ci vaut cher, et plus les intérêts que paie
l'emprunteur sont bas. Quand le bien perd de la valeur, le taux d'intérêt
augmente.

13
Or, en 2007, la valeur des biens immobiliers s'effondre aux États-Unis. Les taux
d'intérêts augmentent donc considérablement, et des millions d'Américains ne
peuvent plus rembourser leurs emprunts.

Les entreprises de crédit qui ont accordé ces prêts les ont en grande partie
revendus sous forme de titres (on parle de « titrisation ») à d'autres banques,
auxquelles sont versés les remboursements effectués par les emprunteurs
initiaux. Les banques américaines et européennes possèdent un grand nombre
de titres subprimes. Dans les faits, elles ne peuvent plus espérer toucher de
versement de la part des emprunteurs, et le montant global de ce qu'elles
possèdent vraiment diminue considérablement. Les banques vendent alors de
nombreuses actions pour augmenter leurs réserves monétaires, ce qui fait
chuter les cours des Bourses. La Réserve fédérale américaine (Fed) et la Banque
centrale européenne (B.C.E.) dépensent des milliards de dollars et d'euros pour
sauver les banques et endiguer la crise. Mais, le 15 septembre 2008, la faillite de
la grande banque d'affaires américaine Lehman Brothers provoque une panique
sur les marchés financiers. La crise se répercute alors sur l'activité des pays
développés, qui connaissent un fort ralentissement économique dans les mois
qui suivent.

II. CRISE GRECQUE : 2009


La crise grecque, débutée au printemps 2010, a pris une nouvelle tournure à l’été
2015 avec l’acceptation par le gouvernement grec d’un troisième plan d’aide
proposé par la commission européenne, la Banque centrale européenne (BCE)
et le Fonds monétaire international (FMI). L’objet de cet article est de présenter
les mécanismes à l’œuvre dans la crise grecque et le rôle prépondérant du cadre
institutionnel de la zone euro.

Les origines de la crise : la Grèce pénalisée par un euro surévalué et par le cadre
institutionnel de la zone euro

La perte de souveraineté monétaire, consécutive à l’adoption de l’euro, a été


préjudiciable à l’économie grecque dont la monnaie (l’euro) s’est retrouvée
rapidement fortement surévaluée . L’euro est apparu « trop fort » pour la Grèce,
ce qui a eu des incidences importantes sur le commerce extérieur. Les
exportations ont été ralenties, en particulier pendant les périodes de forte
14
appréciation de l’euro (entre 2002 et 2008, l’euro s’est apprécié de 70 % par
rapport au dollar). Dans le même temps, les importations ont fortement
augmenté, suite à la hausse du pouvoir d’achat international de l’euro. Le déficit
extérieur grec s’est donc accru et s’est autoentretenu par l’appréciation de
l’euro. La dégradation de la position extérieure nette de la Grèce 2 a été
spectaculaire. Entre 2000 et 2015, la position extérieure nette est passée de - 10
% du PIB à - 120% du PIB. La surévaluation de l’euro a donc accru le besoin de
financement de l’économie grecque vis-à-vis du reste du monde.

Cette situation est devenue insoutenable lorsque les marchés financiers


internationaux sont devenus réticents à financer la Grèce. Les taux d’intérêt sur
la dette publique ont donc augmenté de façon exponentielle et la Grèce, afin
d’éviter un défaut de paiement, a été contrainte à demander l’aide de la troïka
(commission européenne, BCE, FMI) en mai 2010.

Les réponses apportées à la crise grecque : austérité budgétaire et flexibilité des


salaires L’ajustement du déficit extérieur grec fut brutal entre 2011, où le déficit
extérieur atteignait 10 % du PIB, et 2013, où le solde extérieur est devenu positif
(+ 0,5 % du PIB). Cet ajustement s’est en grande partie effectué par une baisse
de la masse salariale et des revenus sociaux. Entre 2009 et 2014, l’État grec a
réduit ses dépenses de 35 %, ce qui constitue un effort d’une ampleur
exceptionnelle. À titre comparatif, l’Irlande et le Portugal – qui ont également
demandé l’aide de la troïka – ont baissé leurs dépenses publiques
respectivement de « seulement » 11 % et 4 %. Au niveau macroéconomique,
cette forte baisse des dépenses publiques grecques a plombé l’activité privée (la
consommation et l’investissement ont chuté) et a plongé l’économie dans une
récession comparable à la crise des années 1930. Le PIB ayant diminué suite à
l’austérité budgétaire imposée par la troïka, les dépenses publiques en
pourcentage du PIB n’ont diminué que de 14 % entre 2009 et 2014, soit 2,5 fois
moins que l’effort fourni ex ante. Au niveau social, la pauvreté, la précarité et le
chômage ont explosé et restent aujourd’hui à des niveaux exorbitants (en
septembre 2015, le taux de chômage est de plus de 25 % et dépasse les 50 %
pour les jeunes de moins de 25 ans). L’ajustement du déficit extérieur s’est
effectué par une chute des importations induite par la baisse des revenus réels,
en particulier des plus pauvres, au prix de conséquences sociales
catastrophiques. La hausse du chômage a fait pression sur les salaires, qui ont

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été freinés, ce qui a permis une baisse du coût du travail. Cependant, cette baisse
ne s’est pas répercutée sur les prix des exportations, les entreprises en difficulté
cherchant à se désendetter et à augmenter leurs marges plutôt qu’à regagner en
compétitivité-prix et à investir. La baisse du coût du travail, par son effet négatif
sur le pouvoir d’achat, tout comme la baisse des dépenses publiques, a accentué
la récession.

III. KRASH BOURSIER EN CHINE : 2015

Le krach boursier de 2015 en Chine commence le 12 juin 2015. Le tiers de la


valeur des titres de la bourse de Shanghai a été perdu en l'espace d'un mois. Les
entreprises inscrites voient donc leur capacité d'emprunt fortement réduite, ce
qui ralentira leur croissance et affectera par ricochet les bourses américaines. Ce
krach serait la conséquence d'une bulle financière commencée en novembre
2014.

Cela reste comme l’image de ce début 2015 : une bourse flamboyante. Un gain
de 156 % pour l’indice CSI 300 en 15 mois… Les petits porteurs chinois, poussés
par les autorités monétaires et politiques, se sont rués sur les actions. Pékin veut
que les millions d’épargnants financent la bonne économie, les milliers
d’entreprises de la nouvelle économie cotées à Shanghai et Shenzhen. L’arbre
monte, monte et les particuliers s’endettent massivement pour pouvoir acheter
des actions. Le 8 juin, la Bourse chinoise est au plus haut depuis 2007, dans un
pays où les investisseurs n’ont pas vraiment la culture du risque boursier. Elle
pèse alors plus de 10.000 milliards de dollars.

Lundi noir

Mi-juin. Les marchés européens n’ont d’yeux que pour le marasme grec. Wall
Street commence à compter les semaines d’ici à la première hausse des taux de
la Fed depuis 2006. Septembre ? Décembre ? La volatilité fait son retour en
Bourse. Le marché obligataire craque à deux reprises en mai puis en juin. Les
taux allemands à dix ans grimpent de 0,07 % à 0,70 % en quelques semaines,
mais la Chine paraît encore bien loin… Elle se réveille pourtant brutalement la
semaine du 15 au 19 juin. En cinq jours, l’indice CSI 300 va plonger de 13 %...puis
de 30 % en trois semaines… L’été meurtrier n’est pas fini. Fin août, la bourse
chinoise plonge encore de 18 % en deux semaines jusqu’à son paroxysme, un
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lundi noir, le 24 août, qui voit les bourses mondiales chuter de près de 5 % en
séance. Le marché oublie la Grèce, oublie la Fed et ne voit plus alors que le risque
d’un ralentissement durable et profond de la croissance chinoise et son impact
sur les autres pays émergents, chahutés pour la plupart par le plongeon des
matières premières.

Le système des achats par endettement avec effet de levier s’est refermé sur les
particuliers pris au piège. Quand la Bourse monte, tout va bien. Mais quand elle
se retourne, les investisseurs sont obligés de vendre dans l’urgence, en mode
panique pour couvrir leurs pertes. La baisse alimente la baisse. Le piège est
d’autant plus fort que les autorités monétaires et politiques se révèlent
dépassées par l’ampleur du séisme boursier. Des milliers d’actions se retrouvent
suspendues de cotation, d’autorité, durant plusieurs jours voire semaine. Les
institutions publiques se retrouvent aussi privées du droit de vendre des actions.
Pire, pendant que Pékin cherche des responsables parmi les banques étrangères,
la banque centrale chinoise prend les marchés de court en diminuant la valeur
du yuan face au dollar, alimentant ainsi les inquiétudes. La crise boursière se
transforme en crise de confiance. Elle mettra longtemps à revenir.

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CONCLUSION
Depuis le XVIIe siècle à nos jours, le monde a connu plusieurs crises qui ont été
résolues. Mais toutes ces crises financières relèvent du paradoxe. En effet d’un
côté, elles constituent des événements majeurs, parfois des ruptures, qui
peuvent ébranler aussi bien le monde réel que celui des idées. En remettant en
cause ce qui était considéré comme allant de soi, elles nous apprennent
beaucoup sur notre modèle économique. Et d’un autre côté, bien que
présentant des caractéristiques communes qui devraient enrichir notre
expérience et constituer des signaux d’alerte, elles réussissent à se faire oublier.
Tout se passe à chaque fois comme si, collectivement, nous n’avions tiré aucune
leçon des épisodes précédents. Que les détails particuliers des crises aient
disparu de la mémoire collective n’est pas si grave. En revanche, que les
symptômes caractéristiques et annonciateurs de toutes les crises ne soient
jamais identifiés et repérés à temps est plus troublant.

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BIBLIOGRAPHIE

Jacques Mazier, Pascal Petit, Dominique Plihon, L’économie mondiale en 2030 : ruptures et
continuités, éd. Economica, 2013.

- Vincent Duwicquet, Jacques Mazier et Jamel Saadaoui, Désajustements de change, fédéralisme


budgétaire et redistribution : comment s’ajuster en union monétaire, Revue de l’OFCE n° 127, La
zone euro en crise, 2013,

http://www.ofce.sciences-po.fr/pdf/revue/127/revue-127.pdf.

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