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SEMESTRE 8

MASTER DROIT DES AFFAIRES ET FISCALITE

DROIT BANCAIRE ET FINANCES


ISLAMQUES (1ERE PARTIE)

Dr. Sanae BENDRISS AMRAOUI

ANNEE UNIVERSITAIRE 2018- 2019

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Chapitre 1 RISQUES BANCAIRES

Introduction
L’étude de la gestion des risques a débuté après la 2éme guerre mondiale. La gestion des risques
a pendant longtemps été associé à l’utilisation de l’assurance de marché pour protéger les
individus et les entreprises contre différentes pertes associées à des accidents. Des formes de
gestion des risques purs, alternatives à l’assurance de marché, ont pris forme durant les années
1950 lorsque l’assurance de marché a été perçue comme très couteuse et incomplète.
L’utilisation des produits dérivés comme instruments de gestion des risques financiers, a débuté
durant les années 1970 et s’est développé rapidement durant les années 1980. C’est aussi durant
les années 1980 que les entreprises ont accéléré la gestion financière des risques. La
réglementation internationale des risques a débuté durant les années 1990 et les entreprises
financières ont développé des modèles de gestion des risques internes et des formules de calcul
du capital pour se protéger contre les risques non anticipés et pour réduire le capital
réglementaire. C’est également durant ces années que la gouvernance de la gestion des risques
est devenue essentielle, que la gestion des risques intégrée a été introduite et que les premiers
postes de gestionnaire des risques ont été crée. Mais toutes ces réglementations, règles de
gouvernance et méthodes de gestion des risques n’ont pas été suffisantes pour empêcher la crise
financière de 2007.

1. Principes de gestion des risques


a. Le risque : définition

Le risque est l’association de quatre facteurs : un danger, une probabilité d'occurrence, sa


gravité et de son acceptabilité.
Le danger étant un événement redouté, le « risque » ne se confond donc pas avec le danger,
mais résulte de ce que ce danger a une certaine probabilité de se manifester et entraînerait des
conséquences d'une certaine gravité.
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La criticité d'un risque résulte de la combinaison de l'impact (ou effet ou gravité) et de la
probabilité d'un risque.

Dans l'analyse et la gestion des risques, le « risque » est, par principe, un événement aux
conséquences négatives.
Le risque est associé à la notion d’incertitude mais également aux pertes qu’il peut engendrer.
Le risque correspond à une incertitude « qui nous concerne », car elle est susceptible d’affecter
notre richesse. Ainsi l’incertitude est une condition nécessaire, mais pas suffisante, pour qu’il
y ait un risque : on peut avoir de l’incertitude sans avoir de risque, alors que toute situation
risquée comporte automatiquement de l’incertitude.

b. Risque et décision économique

Certaines décisions financières ne sont prises que pour gérer un risque. Mais la plupart de ces
décisions ne sont pas prises uniquement pour gérer un risque. Toutefois ces décisions (décisions
d’épargne, décisions d’investissements, choix de financement) sont influencées par la présence
de risque.

Les entreprises sont des organisations dont la fonction économique première est de produire
des biens et des services. Toutes leurs activités impliquent une exposition au risque.

Les risques de l’entreprise peuvent faire tache d’huile et impliquer l’ensemble de ses
partenaires : les actionnaires, les banquiers, les clients, les fournisseurs, les salariés, l’Etat.

2. Le processus de gestion du risque.

Le processus de gestion des risques correspond à un système d’analyse et de traitement. Il peut


être décomposé en 4 ou 5 étapes :

- Identification du risque,
- Evaluation et analyse du risque,
- Suivi et contrôle du risque,
- Reporting.

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1. Identification

4. Reporting
2. Evaluation et
analyse

3. Suivi et
contrôle

i. L’identification des risques.

L’identification des risques consiste en un inventaire complet et détaillé des risques. Elle se
déroule du bas vers le haut de la hiérarchie, en d’autres termes, elle incombe aux unités
administratives.
Les risques répertoriés sont recensés dans des catalogues de risques au niveau des
départements et sont classés d’une manière homogène.

Les critères retenus pour la classification selon les causes sont les suivants :
• Risques financiers et économiques
• Risques juridiques et conformité
• Risques liés aux personnes et à l’organisation
• Risques sociaux et politiques

Les critères retenus pour la classification selon les conséquences se divisent en deux groupes:
• Conséquences financières :
- Dommages corporels
- Valeurs patrimoniales
- Prétentions en dommages-intérêts
- Prétentions non liées à la responsabilité civile
• Conséquences non financières :
- Atteinte à la réputation

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ii. La prévention du risque.

La prévention consiste a diminuer la probabilité d'occurrence du risque en diminuant ou


supprimant certains des facteurs de risque. la prévention est souvent la meilleure stratégie pour
ses ressources propres. le cout de la prévention des risques est généralement bien moins élevé
que celui du traitement de la défaillance quand elle se produit;

La prévention peut aussi se faire par "évitement", c'est-à-dire, l'activité présentant un risque
peut être suspendue. Du point de vue des décideurs, cette stratégie est la moins risquée et la
moins chère, mais est parfois un frein au développement de l'entreprise ou peut consister à
reporter (externaliser) le risque sur d'autres entreprises, ou à le repousser dans le temps.

iii. La réduction des risques.

Réduire un risque c’est diminuer ses conséquences.

En sus des actions préventives, des actions correctives peuvent être mises en œuvre pour limiter
les conséquences de l'apparition de l'événement redouté.

Les actions correctives visent à diminuer l'effet du risque lorsque celui-ci intervient.

iv. L'acceptation du risque.

L'acceptation d'un risque se propose suite à une étude de danger. Cette étude permet d'évaluer
les dommages pouvant être causés à des personnes exposées si l'événement redouté a lieu.
Ainsi, un risque sans gravité conséquente peut être accepté par l'entreprise.

v. Le transfert du risque.

Le transfert de risque s'établit lorsqu'une assurance ou toute autre forme de couverture de risque
financier ou garantie financière est contractée par le dirigeant confronté au risque (ex. assurance
crédit).

À titre opérationnel et économique, ce transfert s'effectue lorsque l'entreprise sous-traite


l'activité à risque sous une forme ou une autre (sous-traitance directe, en cascade, cotraitance,
externalisation ou outsourcing en anglais).

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3. Les typologies des risques.

Les risques financiers auxquels une organisation doit faire face sont variés :

✓ Risque de marché
✓ Risque de crédit / de contrepartie
✓ Risque opérationnel,
✓ Risque de liquidité,
✓ Risque systémique,
✓ Risques pays.

4.1. Le risque de marché.

On entend par risques de marche, les risques de pertes qui peuvent résulter des fluctuations
des prix des instruments financiers qui composent un portefeuille.

les différents facteurs de risques liés au marché sont:


- les taux d'intérêts
- les cours de change
- les cours des actions
- les prix des matières premières
- toute variation de ces données a un impact sur les positions et les portefeuilles détenus par
l’entreprise.
➢ Le risque sur le cours de change concerne en premier lieu les banques qui financent
le commerce international. Leurs clients, qui vont devoir acheter ou vendre des devises
étrangères dans un certain délai, se présentent chez elles, et ce sont elles qui assument
ce risque. Ce risque touche aussi les grosses entreprises qui ont l’accès directement aux
marchés des capitaux afin de couvrir leurs opérations.
➢ Le risque de taux d’intérêt, c'est le risque des prêts-emprunts.
C’est le risque que les taux de crédit évoluent défavorablement.
Ainsi un emprunteur à taux variable, subit un risque de taux lorsque les taux
augmentent. À l'inverse, un préteur subit un risque lorsque les taux baissent car il perd des
revenus.
Pour une banque, c'est le risque que l'évolution des taux du marché conduise à un cout

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de rémunération des dépôts supérieur aux gains générés par les intérêts des prêts accordes.
Le risque de taux d’intérêt dans le portefeuille bancaire est défini comme étant l’impact
négatif que pourrait avoir une évolution défavorable des taux d’intérêt sur la situation
financière de l’établissement.

4.2. Le Risque de crédit / de contrepartie.

C'est le risque que la partie avec laquelle un contrat a été conclu ne tienne pas ses engagements.
(Livraison, paiement, remboursement, etc.).

Pour la banque, c'est le risque que ses clients soient dans l'incapacité de rembourser leurs
emprunts, ou qu'une autre banque avec laquelle elle a des opérations en cours (correspondant
bancaire) soit défaillante.

4.3. Risque de liquidité.

C’EST LE RISQUE SUR LA FACILITE A ACHETER OU A REVENDRE UN ACTIF. SI


UN MARCHE N'EST PAS LIQUIDE, L’ENTREPRISE RISQUE DE NE PAS TROUVER
D'ACHETEUR QUAND ELLE LE VEUT OU DE NE PAS TROUVER DE VENDEUR QUAND
ELLE EN A ABSOLUMENT BESOIN. C'EST UN RISQUE LIE A LA NATURE DU SOUS-
JACENT (DE LA MARCHANDISE) MAIS AUSSI A LA CREDIBILITE DE L'ACHETEUR-
VENDEUR.
EN EFFET, IL EST FACILE D'ACHETER OU DE VENDRE UN PRODUIT COURANT
A UNE CONTREPARTIE DE CONFIANCE, MAIS PLUS DIFFICILE AVEC UN PRODUIT
TRES SPECIALISE.
POUR UNE BANQUE, C'EST LE RISQUE DE SE TROUVER DANS L'INCAPACITE
DE FAIRE FACE A UN RETRAIT MASSIF DES DEPOTS PAR LES CLIENTS.
Le risque de liquidité pour la banque s’entend comme étant le risque pour l’établissement de
ne pas pouvoir s’acquitter, dans des conditions normales, de ses engagements à leurs échéances.

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4.4. Risque de taux d’intérêt dans le portefeuille bancaire.

C’EST LE RISQUE DES PRETS-EMPRUNTS. C'EST LE RISQUE QUE LES TAUX DE


CREDIT EVOLUENT DEFAVORABLEMENT.
AINSI UN EMPRUNTEUR A TAUX VARIABLE, SUBIT UN RISQUE DE TAUX
LORSQUE LES TAUX AUGMENTENT. À L'INVERSE, UN PRETEUR SUBIT UN RISQUE
LORSQUE LES TAUX BAISSENT CAR IL PERD DES REVENUS.
POUR UNE BANQUE, C'EST LE RISQUE QUE L'EVOLUTION DES TAUX DU
MARCHE CONDUISE A UN COUT DE REMUNERATION DES DEPOTS SUPERIEUR AUX
GAINS GENERES PAR LES INTERETS DES PRETS ACCORDES.
LE RISQUE DE TAUX D’INTERET DANS LE PORTEFEUILLE BANCAIRE EST
DEFINI COMME ETANT L’IMPACT NEGATIF QUE POURRAIT AVOIR UNE EVOLUTION
DEFAVORABLE DES TAUX D’INTERET SUR LA SITUATION FINANCIERE DE
L’ETABLISSEMENT (BAM).

4.5. RISQUE DE CONCENTRATION

LE RISQUE DE CONCENTRATION DU CREDIT EST LE RISQUE INHERENT A UNE


EXPOSITION DE NATURE A ENGENDRER DES PERTES IMPORTANTES POUVANT
MENACER LA SOLIDITE FINANCIERE D’UNE BANQUE OU SA CAPACITE A
POURSUIVRE SES ACTIVITES ESSENTIELLES.
LE RISQUE DE CONCENTRATION DU CREDIT PEUT DECOULER DE
L'EXPOSITION ENVERS :
- DES CONTREPARTIES INDIVIDUELLES ;
- DES GROUPES D’INTERET;
- DES CONTREPARTIES APPARTENANT A UN MEME SECTEUR D’ACTIVITE OU
A UNE MEME REGION GEOGRAPHIQUE ;
- DES CONTREPARTIES DONT LES RESULTATS FINANCIERS DEPENDENT
D’UNE MEME ACTIVITE OU D’UN MEME PRODUIT DE BASE.

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4.7. Risque pays.

LE RISQUE PAYS, OU RISQUE SOUVERAIN, EST LA PROBABILITE QU'UN PAYS


ASSURERA LE SERVICE DE SA DETTE EXTERIEURE.
LE RISQUE PAYS EST ACTUELLEMENT EVALUE PAR LES AGENCES DE
NOTATION FINANCIERE (STANDARD& POOR'S, MOODY'S, FITCH RATINGS), QUI
SONT CONSULTEES PAR LES MARCHES FINANCIERS.
LES AGENCES DE NOTATION FINANCIERE SERVENT A INFORMER LES
MARCHES FINANCIERS SUR LE RISQUE FINANCIER D'UN CERTAIN NOMBRE
D'ACTEURS, PRIVES OU PUBLICS (Y COMPRIS LES ÉTATS). ELLES ANALYSENT CE
RISQUE AVEC PLUS DE MOYENS QUE N'EN ONT LA PLUPART DES INVESTISSEURS ET
METTENT LEUR OPINION A LA DISPOSITION DE L'ENSEMBLE DES ACTEURS DU
MARCHE.

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Chapitre 2 Les conventions de Bâle

I. BALE I

CREEE EN 1974 PAR LES GOUVERNEURS DES BANQUES CENTRALES DES PAYS
DU G10, LE COMITE DE BALE I, ETABLI AU SEIN DE LA BANQUE DES REGLEMENTS
INTERNATIONAUX BRI, S’EST DONNE POUR MISSION DE DEFINIR DES REGLES
VISANT A AMELIORER LA STABILITE DU SYSTEME BANCAIRE INTERNATIONAL.

(L’ANNEE DE FONDATION DU COMITE DE BALE A COÏNCIDE AVEC CELLE DE


LA CHUTE DE LA BANQUE ALLEMANDE HERSTTAT).

LES PAYS DU G-10 OU GROUPE DES DIX, REGROUPE LES PAYS SUIVANTS :
ALLEMAGNE, BELGIQUE, CANADA, ETATS UNIS D’AMERIQUE, FRANCE, ITALIE,
JAPON, PAYS BAS, SUEDE, ROYAUME UNI.

LE COMITE DE BALE SE COMPOSENT ACTUELLEMENT DES REPRESENTANTS


DES BANQUES CENTRALES ET DES AUTORITES DE CONTROLE BANCAIRE DE 27 PAYS
DEVELOPPES ET EMERGENTS. CET OBJECTIF IMPLIQUANT EN PREMIER LIEU DE
LIMITER LE RISQUE DE FAILLITE DES BANQUES.

LE COMITE S’EST D’ABORD CONCENTRE SUR LE RISQUE DE CREDIT EN


FIXANT UN SEUIL MINIMAL A LA QUANTITE DES FONDS PROPRES DES BANQUES
QUI SERRENT A COUVRIR LES PERTES SUBIES SUR LES CREDITS ACCORDES.

LA PRINCIPALE RECOMMANDATION FORMULEE PAR LE COMITE DE BALE I


EN 1988, ETAIT L’INSTAURATION DU RATIO COOK.

LE RATIO COOK OU RATIO DE SOLVABILITE SE PRESENTE COMME SUIT :

FONDS PROPRES / CREDITS PONDERES > 8%

IL CONCERNE UNIQUEMENT LE RISQUE DE CREDIT AUQUEL SONT EXPOSES LES


ETABLISSEMENTS BANCAIRES.

THEORIQUEMENT ET DANS UN SOUCI DE SIMPLIFICATION, POUR CHAQUE


100 DH DE CREDIT ACCORDE, LA BANQUE DOIT FINANCER AU MINIMUM 8 DH SUR
SES FONDS PROPRES, LES 92 DH RESTANTS POUVANT PROVENIR D’AUTRES
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SOURCES DE FINANCEMENT COMME LES DEPOTS DES EPARGNANTS, DES
EMPRUNTS EFFECTUES PAR LA BANQUE, DES FINANCEMENTS INTERBANCAIRES,
ETC.

EN JANVIER 1996, CETTE SITUATION S’EST MODIFIEE AVEC UN


AMENDEMENT AUX ACCORDS, POUR TENIR COMPTE DES RISQUES DE MARCHE EN
PLUS DE RISQUE DE CREDIT, ET LE RATIO EST DEVENU COMME SUIT :

FONDS PROPRES / (RISQUES DE CREDITS PONDERES + RISQUES MARCHE) >


8%

OU FONDS PROPRES = 0.08 X (RISQUES CREDITS +RISQUES MARCHE).

LES LIMITES DE BALE I

PARMI LES LIMITES DE BALE I:


- L’ACCORD DE BALE I SE CONCENTRE SUR LE RISQUE DE CREDIT DES BANQUES
ET IGNORE LEUR RISQUE OPERATIONNEL
- LE RATIO COOK EMANANT DE BALE I NE PREND PAS EN COMPTE DE MANIERE
PERTINENTE LA PROBABILITE DE DEFAUT DE LA CONTREPARTIE, L’EVOLUTION
DANS LE TEMPS ET NE SEMBLE PLUS ETRE ADAPTEE AUX NOUVEAUX
INSTRUMENTS FINANCIERS

- SA TROP GRANDE SIMPLICITE ET LE PROBLEME D’ARBITRAGE QU’IL INDUISAIT.


EN EFFET, TOUS LES PRETS ACCORDES A DES ENTREPRISES ONT UNE
PONDERATION AU RISQUE DE 100% ET REQUIERENT DONC LE MEME MONTANT
DE CAPITAL. UN PRET A UNE ENTREPRISE NOTEE AAA EST TRAITE DE LA MEME
MANIERE QU’UN PRET A CELLE DISPOSANT D’UNE NOTATION B.

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II. BALE II

LES ACCORDS DE BALE II SONT LE FRUIT D’UNE LONGUE SERIE DE


PROPOSITIONS ET DE CONSULTATIONS AUPRES DES AUTORITES DE TUTELLE. LA
PREMIERE PROPOSITION DE REVISION DES ACCORDS DE BALE I FUT PUBLIEE PAR
LA BRI EN JUIN 1999,

ENSUITE DES PROPOSITIONS DE REVISIONS FURENT SOUMISES EN JANVIER


2001 ET AVRIL 2003.

UN ENSEMBLE DE REGLES DEFINITIVES VALIDE PAR TOUS LES MEMBRES DU


COMITE DE BALE, A ETE PUBLIE EN JUIN 2004 ET ACTUALISE EN NOVEMBRE 2005.

OBJECTIFS DES ACCORDS DE BALE II

LE DISPOSITIF PROPOSE PAR BALE II , A ETE CONÇU POUR ATTEINDRE LES


OBJECTIFS SUIVANTS :
- LES ACCORDS DE BALE II DEFINISSENT LES METHODES AVEC LESQUELLES
LES BANQUES PEUVENT MESURER LEURS RISQUES ; CES RISQUES UNE FOIS
MESURES, FORMENT LA BASE DE CALCUL DU MONTANT DES FONDS
PROPRES ALLOUES.

- INCITER LES BANQUES A ADOPTER DES SYSTEMES DE MESURE ET DE


GESTION DES RISQUES, DANS LE CADRE DU PROCESSUS D’ADEQUATION DE
LEURS FONDS PROPRES ET PAR CONSEQUENT LEUR PERMETTRE UNE
ALLOCATION OPTIMALE.

- FAVORISER UNE APPROCHE PRO- ACTIVE DES RISQUES PAR LA MISE EN


PLACE DES METHODES ET OUTILS DE LA SURVEILLANCE PRUDENTIELLE.

- RENFORCER LE ROLE DU REGULATEUR ET FAVORISER LA TRANSPARENCE DU


MARCHE PAR LA DISCIPLINE DE LA COMMUNICATION FINANCIERE.

- PROMOUVOIR LA SOLIDITE DU SYSTEME FINANCIER DANS SA GLOBALITE, ET


PERMETTRE L’EGALITE DES CONDITIONS DE CONCURRENCE EN INSTAURANT
DES REGLES HOMOGENES DE FONCTIONNEMENT.

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LES APPORTS DE BALE II

LES CONVENTIONS DE BALE 2 S’APPUIENT SUR 3 PILIERS:


- L’EXIGENCE DE FONDS PROPRES (RATIO DE SOLVABILITE MC DONOUGH).
- LA PROCEDURE DE SURVEILLANCE DE LA GESTION DES FONDS PROPRES.
- LA DISCIPLINE DU MARCHE (TRANSPARENCE DANS LA COMMUNICATION DES
ETABLISSEMENTS).

LE RATIO MC DONOUGH (QUI A REMPLACE LE RATIO COKE) =


(FP / (risques de crédit + risques de marché + risques opérationnels) ) sup 8%

En décembre 2008, BAM a fixé le seuil du ratio de solvabilité à 10%. En 2012, il a été relevé à
12%.

III. Bale III :


En septembre 2010, les représentants des banques centrales et les régulateurs se sont réunis à
Bâle (Suisse) et ont trouvé un accord sur la réforme du secteur financier, destiné à rendre les
établissements plus résistants face à de futures crises.

Ce dispositif dit «de Bâle III» obligera notamment les banques à augmenter leurs fonds propres
pour résister aux crises.

Les principales propositions du comité de Bale III :

1. Une meilleure définition des fonds propres: Renforcer le niveau et la qualité des fonds
propres (Exigence minimale de fonds propres réglementaires ; Augmentation du ratio de
fonds propres durs).

2. La mise en place deux ratios de liquidité afin d’améliorer la gestion du risque de liquidité,

3. La mise en place d’un ratio de levier et son plafonnement.

4. Mesure du risque de crédit.

La présentation des règles de BALE 2, a mis en évidence la nécessité de disposer de modèles


mathématiques permettant d’estimer les pertes prévues et imprévues. Ces modèles concernent
principalement les risques de crédit, opérationnel et de marché.

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8.1. La gestion du risque de crédit:

La distribution du crédit est une activité principale des banques et la gestion du risque du crédit
est un processus qui fait intervenir un ensemble de moyens, d’outils et de politiques appropriées
pour sa maitrise.

Ce processus peut se résumer dans les séquences suivantes :

- Désignation des personnes et des organes qui seront habilités à engager la banque.
- Mise en place des procédures d’approbation de nouveaux crédits, de l’extension, du
renouvellement et de la restructuration des crédits existants.
- Mise en place des comités de gestion et de décision de crédit.
- Constitution des dossiers de crédit qui doivent contenir des in formations quantitatives
et des informations qualitatives. Ces informations concernent l’identité de l’entreprise
(statuts, RC, identification fiscale), l’identité des dirigeants, les états de synthèses du
demandeur de crédit, le secteur d’activité, le positionnement de l’entreprises dans son
secteur d’activité, la qualité du management, les informations issues de la centrale des
risques (credit bureau), les informations issues de la centrale des incidents de paiement
CIP, les flux et les mouvements du compte courant, les renseignements sur les cautions
et leurs surfaces patrimoniales, les renseignements et l’évaluation des biens à prendre
en garantie.
- Etude du dossier : analyse économique, analyse technique et analyse financière.
- Notation de l’affaire (contrepartie)
- Calcul de la rentabilité – client : rentabilité de toutes les opérations réalisées avec le
client et rentabilité future.
- Après le déblocage du crédit : Suivi de la contrepartie. Le suivi commence par des
visites de courtoisie, des visites de relance et de rappel. Le suivi se fait également par
l’envoi des lettres de rappel, de mise en demeure banque et avocat lorsque la
contrepartie enregistre des impayés, ou après constat du baisse de son activité
(mouvement du compte, …).
L’enregistrement des impayés ou des dépassements sur le compte ou toutes autres
irrégularités, doit donner lieu à des reclassements en créances en souffrance (pré-
douteux, douteux, compromis). Ce reclassement doit être suivi de la constitution des
provisions.

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8.2. Méthodes d’évaluation du risque de crédit :

L’activité bancaire demeure fortement réglementée du fait du rôle particulier joue par les
´établissements financiers dans l’´economie. Deux raisons principales sont `à l’ origine du
contrôle de l’activité bancaire.
D’une part, les liens étroits qu’entretiennent les ´établissements financiers sont à l’origine d’un
risque systémique : la faillite d’une banque peut entrainer, par effet de contamination, celle
d’autres établissements.
D’autre part, l’Etat demeure le principal garant des dépôts bancaires : l’activité de contrôle
permet de maintenir la confiance dans le système bancaire et d’en assurer la pérennité.
Les premières dispositions réglementaires concernant l’activité de crédit des banques ont été
émises par le Comite de Bale. Elles répondent a une logique d’adéquation des capitaux propres
des banques aux risques qu’elles prennent : les fonds propres doivent être suffisants pour
couvrir les pertes que les banques sont susceptibles d’enregistrer.

Le risque de crédit peut être défini comme le risque de pertes consécutives au défaut d’un
emprunteur sur un engagement de remboursement de dettes qu’il a contractées. En général, on
distingue trois composantes :
– Le risque de défaut correspond à l’incapacité du débiteur `a faire face `a ses obligations.
L’agence Moody’s Investors Service retient la définition suivante du risque de défaut : ¿tout
manquement ou tout retard sur le paiement du principal ou des intérêts. Dans une telle situation,
les créanciers sont susceptibles d’accuser une perte s’ils ne recouvrent qu’une partie du montant
stipulé par le contrat de dette.
– La deuxième composante du risque de crédit provient de l’incertitude pesant sur le taux de
recouvrement une fois le défaut survenu.
– La dégradation de la qualité du crédit constitue la troisième source de risque portant sur une
dette.
Si la perception de la qualité de l’emprunteur se détériore, la prime de risque accordée par les
marchés financiers s’accroît en conséquence. De plus, si l’emprunteur bénéficie d’une note de
la part d’une agence de notation, celle-ci est susceptible de se dégrader suite à la perception
négative des marchés.
Notons que les risques de défaut et de dégradation sont fortement corrélés dans la mesure ou la
dégradation de la qualité de la contrepartie peut être précurseur d’un défaut. Ce sont néanmoins
deux risques bien distincts. Le risque de dégradation se traduit par une possible dévalorisation
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de la dette au cours sa période de vie. Les pertes liées `a la dégradation de la qualité de la
contrepartie se réalisent donc en cas de vente anticipée de la dette sans qu’un défaut se soit pour
autant produit.

Le marché de risque de crédit est un marché tr`es hétérogène puisque le risque de crédit prend
différentes formes. On distingue néanmoins deux grandes catégories. La première correspond
aux prêts bancaires (et plus généralement aux différentes facilites de crédit telles que les lignes
de crédit confirmées ou non confirmées). Dans ce cas l`a, l’événement de crédit (credit event)
est un risque de défaillance (ou de contrepartie). La seconde catégorie correspond aux
obligations risquées. Cela explique en partie que les banques utilisent des outils différents pour
mesurer et gérer le risque de crédit selon le portefeuille considéré.

8.1. Mesure du risque de marché.

Le développement des marchés financiers dans les années 80 et surtout dans les années 90, a
conduit les autorités de contrôle bancaire et les autorités de marché à prendre un certain nombre
de décisions pour réguler ces marches. En particulier, ces décisions ont concerné fortement les
risques de marché.
Actuellement, ils existent plusieurs textes réglementaires relatifs à ce sujet. Ces textes ont eu
pour effet de pousser les établissements financiers à développer des modèles internes de mesure
de risque.

Le risque de marché, défini comme le risque de pertes sur les positions du bilan et du hors bilan
à la suite de variations des prix de marché, il recouvre :
– Les risques relatifs aux instruments liés aux taux d’intérêt et titres de propriété du portefeuille
de négociation ;
– Le risque de change et le risque sur produits de base encourus pour l’ensemble de l’activité
de bilan et hors-bilan.

8.2. Risques opérationnels

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Les risques opérationnels se définissent comme les risques de pertes directes ou indirectes
résultant de l’inadaptation ou de la défaillance de procédures ou de personnes, de personnes ou
de systèmes ou résultant d’événements extérieurs. Sept types de pertes sont identifiés :

Fraude interne
Pertes liées à des actes commis à l’intérieur de l’établissement visant à détourner des biens, des
règlements ou des paiements, ou à contourner des dispositions légales ou réglementaires
(informations inexactes sur les positions, vol commis par un employé, opérations ou activités
non autorisées, transactions sciemment non notifiées, détournement de fonds, falsification de
documents, délit d’initié, commissions occultes,…).

Fraude externe
Pertes liées à des actes de tiers visant à détourner des biens, des règlements ou des paiements,
ou à contourner des dispositions légales ou réglementaires (vol, fraude, dommages liés au
piratage informatique, contrefaçon, falsification de chèques,…).

Pratiques inappropriées en matière d’emploi et de sécurité sur les lieux de


travail
Pertes liées à des actes non conformes au code du travail ou aux conventions
collectives relatives à l’emploi, la santé ou la sécurité des employés, ou susceptibles de donner
lieu à des demandes d’indemnisation au titre d’un dommage personnel, d’atteinte à l’égalité des
employés ou d’actes de discrimination, d’activités syndicales ou de responsabilité civile d’une
manière générale.

Pratiques inappropriées concernant les clients, les produits et l’activité


commerciale.
Pertes liées à un manquement, non intentionnel ou dû à la négligence, à une obligation
professionnelle envers des clients ou imputable à la nature ou la conception d’un produit donné
(violation de la confidentialité des informations sur la clientèle, blanchiment de fonds, exercice
illégal de certaines activités soumises à agrément, vente agressive, dépassement des limites
d’exposition autorisées pour un client,..).

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Dommage aux biens physiques
Pertes liées aux destructions ou dommages résultant d’une catastrophe naturelle ou d’autres
sinistres (vandalisme, terrorisme,…).

Interruption d’activité et pannes de systèmes


Pertes liées à un dysfonctionnement de l’activité (interruption ou perturbation d’un service) ou
des systèmes (matériel informatique, logiciel, télécommunication,…).

Inexécution des opérations, livraisons et processus


Pertes liées aux problèmes dans le traitement d’une opération ou dans la gestion des processus
ou des relations avec des fournisseurs et d’autres contreparties commerciales (données
incorrectes ou erronées sur des clients, pertes ou endommagement d’actifs de la clientèle,
documentation légale insatisfaisante, gestion des sûretés inadéquate, inexactitudes dans les
rapports externes,…).

Conclusion

A l’heure actuelle, la sphère financière connait de nombreuses mutations. Les métiers bancaires
sont devenus générateurs de risques variés, lesquels sont aujourd’hui particulièrement aigus, en
raison des transformations qui ont affecté l’économie financière : concurrence accrue dans de
très nombreux secteurs, ouverture croissante sur l’extérieur, sophistication incessante des
produits, innovations financières et technologiques et forte volatilité des variables de marché.
Cet ensemble de facteurs explique les crises financières qui surgissent de temps à autre
contraignant ainsi les autorités prudentielles à faire évoluer les exigences réglementaires pour
garantir la résilience du système financier.

Vu ces mutations, les banques doivent relever des défis exceptionnels afin de se doter
d’avantages concurrentiels déterminants, entre autres la gestion et la maitrise des risques.

La culture de gestion des risques est devenue de nos jours le mot d’ordre dans les banques.
Leurs performances dépendent largement de la gestion des risques.

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