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« Dans leur très long développement, chez les Australanthropes 1 et les Archantropes2,

les techniques paraissent suivre le rythme de l'évolution biologique et le chopper, le


biface, semblent faire corps avec le squelette. Au moment où émergent des
possibilités cérébrales nouvelles, les techniques s'enlèvent dans un mouvement
ascensionnel foudroyant

Un point essentiel peut être dégagé : il y a possibilité de langage à partir du moment


où la préhistoire livre des outils, puisque outil et langage sont liés
neurologiquement et puisque l'un et l'autre sont indissociables dans la structure
sociale de l'humanité.

Peut-on aller un peu plus loin ? Il n'y a probablement pas de raison pour séparer, aux
stades primitifs des Anthropiens, le niveau du langage et celui de l'outil puisque
actuellement et dans tout le cours de l'histoire, le progrès technique est lié au
progrès des symboles techniques du langage.

« L'homme fabrique des outils concrets et des symboles, les uns et les autres relevant
du même processus ou plutôt recourant dans le cerveau au même équipement
fondamental. Cela conduit à considérer non seulement que le langage est aussi
caractéristique de l'homme que l'outil, mais qu'ils ne sont que l'expression de la
même propriété de l'homme ».

— André LEROI-GOURHAN, Le geste et la parole, I (1965).

1 Hominidés retrouvés en Australie. Plus lointains ancêtres de l’homme.


2 Ou Homo Erectus.