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Aperçu sur les audits énergétiques

Aperçu sur les audits énergétiques :

I. Introduction :
Les audits ou diagnostics énergétiques conduisent généralement à l’identification des mesures
techniques et financières nécessaires pour obtenir des économies d’énergie. Ils permettent également
d’identifier les possibilités de réduire la facture énergétique d’un établissement par des projets qui
peuvent servir de modèles pour toutes les firmes d’un même secteur. Cette approche est efficace dans
la mesure où elle ne se résume pas à un examen administratif ou technique, mais conduit à une
démarche globale que l’entreprise doit suivre, pour réduire sa consommation énergétique
accompagnée d’un conseil technique et d’une aide financière à l’investissement.
Les audits sont appliqués chaque cinq ans, d’une manière périodique, pour les établissements
considérés par l’état comme étant assujettis. On distingue trois secteurs dans les quels cette procédure
d’audit est appliquée :
Les secteurs industriels et de transport, dans lesquels les établissements audités sont ceux
qui ont une consommation énergétique respectivement supérieure à 1000 TEP/an et 500
TEP/an.
Le secteur tertiaire qui correspond aux établissements administratifs, les hôtels, les hôpitaux,
etc.… Cette procédure est appliquée pour les établissements qui ont une consommation
énergétique supérieure à 500 TEP/an.
Un audit énergétique comprend généralement un diagnostic préliminaire et un diagnostic
approfondi, tous les deux sont indispensables pour une éventuelle étude de faisabilité particulière. Les
paragraphes ci-dessous, permettent de mieux clarifier la procédure ainsi que la méthodologie d’un
audit énergétique.

II. Procédure d’audit énergétique :

Lors d’une procédure d’audit énergétique trois membres sont impliqués :


L’unité chargée des audits énergétiques au sein de l’Agence Nationale de Maîtrise de
l’Energie (A.N.M.E).
L’établissement assujetti : l’établissement concerné par l’audit.
Le bureau d’études chargé de cette mission qui représente le lien entre l’état (A.N.M.E) et
l’établissement.

III. Décrets et lois des audits énergétiques :

L’audit énergétique rentre dans le cadre de la mise en place de la politique du gouvernement


en matière d’économie d’énergie et en application :

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Aperçu sur les audits énergétiques

De la loi N°2005 -82 du 15 août 2005 portant création d’un système de maîtrise de
l’énergie
Du décret N°2005-2234 du 22 août 2005, fixant les taux et les montants des primes
relatives aux actions concernées par le régime pour la maîtrise de l’énergie ainsi que les
conditions et les modalités de leur octroi.

Article premier : L’audit énergétique, les contrats programmes et la consultation préalable.

1- Une prime de 50% du coût de l’audit énergétique avec un plafond de vingt milles dinars
(20 000 D)
2- Une prime de 50% du coût global du projet basé sur l’introduction de nouvelles
technologies qui n’ont pas été adoptées auparavant et approuvé par un contrat programme
avec un plafond de cent mille dinars (100 000 D).
3- Une prime de 20% du coût de l’investissement dans les projets de maîtrise de l’énergie
prévus par des contrats programmes avec un plafond de :
• Cent milles dinars (100 000 D) pour les établissements dont la moyenne de la
consommation globale annuelle d’énergie ne dépasse pas quatre milles tonnes
équivalent pétrole (TEP).
• Deux cents milles dinars (200 000 D) pour les établissements dont la moyenne de
la consommation globale annuelle d’énergie varie entre quatre milles et sept
milles tonnes équivalent pétrole (TEP).
• Deux cents cinquante milles dinars (250 000 D) pour les établissements dont la
moyenne de la consommation globale annuelle d’énergie dépasse sept milles
tonnes équivalent pétrole (TEP).
La moyenne de la consommation globale annuelle d’énergie pour les établissements en
activité est calculée sur la base de leur consommation durant la période des trois années de
leur activité.

III. Méthodologie d’un audit énergétique :

La méthodologie proposée pour un audit doit être conforme au cahier de charges de l’Agence
Nationale de Maîtrise de l’Energie, afin de réaliser les objectifs suivants :
Etablir un bilan énergétique complet de tous les locaux et les installations techniques de
l’établissement, afin de cerner leurs profils de consommation, et dégager leurs performances
énergétiques.
Identifier et analyser tous les postes gros consommateurs d’énergie et d’eau, afin de
déterminer un certain nombre d’action permettant de réduire la facture énergétique, tout en
assurant les mêmes prestations de confort et de fonctionnalité.

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Aperçu sur les audits énergétiques

Réaliser une évaluation technico-économique de toutes les opportunités d’économie


d’énergie identifiées.
Proposer un plan d’action chronologique de mise en place des moyens d’économie
d’énergie identifiés par un ordre de priorité.
La mission d’audit se déroule généralement sur une période de l’ordre d’une année, durant cette
période l’expert doit effectuer successivement l’audit préliminaire et l’audit approfondi suivi d’un plan
d’action.

III-1. Audit préliminaire :

Une visite préliminaire permet à l’expert de collecter les données de consommation et


d’exploitation suivantes :
Consommations mensuelles de l’établissement en électricité, combustibles chimiques et eau
(copie des factures des trois dernières années).
Occupation mensuelle de l’établissement durant les trois dernières années.
Nombres de repas servis mensuels ou la production mensuelle des années d’étude.
Copie du contrat STEG.
Copie des schémas unifilaires du TGBT (Tableau Général de Basse Tension) et tableaux
divisionnaires.
Un jeu de plans du lot fluides.
Inventaire des équipements énergivores (locaux techniques, groupes climatiseurs,
ascenseurs et monte charge, cuisines, éclairages, …) avec relevé des caractéristiques
techniques.
Données statistiques d’exploitation des équipements énergivores.
Les données techniques inexistantes seront complétées en collaboration avec le personnel
exploitant et auprès des fournisseurs.

Le dépouillement des données recueillies dans la première phase de l’audit permet d’élaborer un
rapport préliminaire comprenant :
Un descriptif de l’établissement et de tous les équipements techniques.
Une évaluation du mode de gestion de l’énergie.
Une analyse détaillée des consommations énergétiques mensuelles et annuelles.
Une comparaison avec les ratios spécifiques usuels.
En conclusion, une estimation du potentiel d’économie d’énergie et d’eau, ainsi qu’une liste
préliminaire des recommandations susceptibles de réduire les éventuels gaspillages. Ces
recommandations seront chiffrées lors de la compagne des mesures ; ainsi l’audit
préliminaire servira à orienter les investigations à faire au cours de l’audit approfondi.

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Aperçu sur les audits énergétiques

Le rapport préliminaire étant élaboré, la deuxième étape, qui est l’audit approfondi, est entamée
afin de mieux détailler les mesures d’économie d’énergie proposées dans le rapport préliminaire.

III-2. Audit approfondi :

L’audit approfondi a pour objectif, de dresser une proposition chiffrée et argumentée de


programme(s) d’économie d’énergie et amener le maître d’ouvrage à décider des investissements
appropriés.
L’audit approfondi comporte deux étapes : la compagne des mesures et l’élaboration du rapport
d’audit approfondi suivi d’un plan d’action.

III-2-1. Compagne des mesures :

Lors de la compagne des mesures, on relève les différentes données techniques assurant
l’élaboration d’un bilan détaillé de la consommation et donnant une idée plus précise sur l’état des
installations. La compagne des mesures concernera essentiellement les installations suivantes :
Chaufferie :
Prélèvement et analyse des fumées des chaudières afin de déterminer leurs rendements de
combustion.
Mesures des températures des circuits primaires en différents points de l’installation pour
déterminer les rendements des chaudières, des échangeurs et du réseau de distribution
afin de :
Juger l’efficacité des équipements de production des calories et l’isolation des
circuits de distribution.
Etablir le bilan global des sources d’énergie et répartir la consommation sur les
différents postes d’utilisation.
Mesures des températures et débits des terminaux d’exploitation afin de localiser les fuites
et d’avoir le rendement partiel et global des différents réseaux (chauffage, climatisation, eau
chaude et eau froide sanitaire).
Groupes climatiseurs :
Mesures des températures des circuits de refroidissement des condenseurs et d’eau glacée
pour déterminer leurs rendements globaux.
Mesures des intensités électriques aux différents niveaux de la régulation.

Comportement du bâtiment :
Mesures des températures et de l’humidité relative de l’air dans les divers locaux communs
et à l’extérieur.
Détermination des différents paramètres concernant l’enveloppe du bâtiment et son mode
d’exploitation, afin d’adapter son comportement énergétique en fonction du taux
d’occupation et des conditions climatiques.

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Mesures de l’intensité lumineuse des locaux et leurs comparaison avec les normes.

Installations électriques :
Mesures des grandeurs électriques instantanées des différents départs du TBGT (tension
entre phases et phases et neutre, ampérage et facteur de puissance) pour établir une
répartition instantanée de la consommation et pour vérifier l’équilibrage des phases. Ces
mêmes mesures seront effectuées sur les équipements et moteurs gros consommateurs
d’énergie électrique.

Autres mesures :
Toutes mesures jugées nécessaires pour compléter les divers bilans dressés pour un audit seront
envisagées, en particulier celles pouvant permettre de mieux cerner la rentabilité des recommandations
qui seront proposées à l’issu de l’audit.

NB : Les mesures de températures et de consommations spécifiques couvriront deux périodes


distinctes de l’année : période hivernale et période estivale.

III-2-2. Rapport d’audit approfondi :

Les mesures et les données recueillies sur site permettront, dans une première étape, de :
Déterminer les rendements et les efficacités des différentes installations énergétiques.
Etablir des bilans énergétiques par type d’énergie (Electricité, Combustibles chimiques,
Eau).
Effectuer une répartition des consommations par type d’énergie et par poste d’utilisation.

Dans une seconde étape, les mesures et les calculs effectués permettront de :
Proposer des projets d’économie d’énergie ayant un temps de retour brut inférieur à 3 ans.
Elaborer un plan d’action d’économie d’énergie.
Tout ce travail constitue le contenu du rapport approfondi rendu à l’A.N.M.E.

Le rapport définitif de l’audit comportera tous les éléments indiqués dans les rapports préliminaire
et approfondi.