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REPUBLIQUE DU CAMEROUN REPUBLIC OF CAMEROON

Paix – Travail – Patrie Peace – Work - Fatherland


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MINISTÈRE DE LA MINISTRY OF SCIENTIFIC
RECHERCHE SCIENTIFIQUE ET RESEARCH
DE L’INNOVATION AND INNOVATION
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COMITE NATIONAL MOST NATIONALMOSTCOMMITTEE
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Tel. 222222481 Tel. 222222481
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NOTE CONCEPTUELLE PORTANT ORGANISATION D’UNE ECOLE MOST AU


CAMEROUN SUR LA « METHODOLOGIE D’ELABORATION, DE PILOTAGE ET
D’EVALUATION DES POLITIQUES SOCIALES INCLUSIVES DES MOBILITES »

Mardi 22 Mai au Jeudi 24 Mai 2018

Yaoundé-Bastos, Siège du Bureau Régional Multisectoriel de l’UNESCO pour


l’Afrique Centrale

CONTEXTE ET JUSTIFICATION

Mis sur pied par l’UNESCO en 1994, Le Programme pour la Gestion des
transformations sociales (MOST) a pour vocation de bonifier le processus
d’élaboration des politiques publiques en érigeant une interface renforcée entre la
recherche (utilisant les connaissances en sciences sociales) et le mécanisme de
conception des politiques publiques afin de renforcer une culture de prise de
décision éclairée par les données probantes. Dans le cadre de la mise en œuvre


 
dudit programme MOST, l’UNESCO encourage, depuis 2001 dans différentes régions
du monde, des forums intergouvernementaux réguliers entre ministres en charge du
développement social en vue du partage de connaissances, d’expertise et
d’expériences en matière de développement social.

Pour ce qui concerne la région Afrique centrale, le 1er de ces forums


intergouvernementaux MOST s’est tenu, du 24 au 26 octobre 2016, à Yaoundé
(Cameroun) sous le thème : « Insécurité et migrations en Afrique centrale : impact
sur les femmes et les jeunes ».

De ces assises de réflexion ministérielle sous-régionale sur l’insécurité et la migration


en Afrique Centrale, avec un regard sur l’impact sur les femmes et les jeunes, on
retiendra que :

 La question des déplacements de populations doit être vue non plus


uniquement comme Migration, mais envisagée comme Mobilité ;
 Cette mutation de paradigme (migration-mobilité) conduit par le fait même
de constater que les mobilités intra-africaines sont de loin plus importantes
que les mouvements de populations vers le monde occidental
(généralement rendus public à grand renfort de publicité) ;
 Conséquence de tout ce qui précède : la perception subliminalement
admise (relevant d’un inconscient collectif) faisant de ces déplacés des
êtres indigents et inaptes à toute idée de productivité et à la merci les
besoins primaires semble-être le modèle théorique de base.

Aussi, d’un commun accord, les ministres et les experts de la sous-région ont reconnu
que l’inexistence d’un cadre juridique transfrontalier pour les réfugiés tout autant que ;
l’inexistence/non-actualisation de statistiques relatives aux mobilités de populations
constituaient les obstacles majeurs de cette situation. À ces dysfonctionnements se
greffent désormais ceux des enfants sans statut nés dans les camps et les tensions
entres les populations autochtones et migrants/refugiés.

Si situant aux antipodes de ces lieux communs, le programme MOST pour l’Afrique
centrale caresse la prétention de faire migrer, à la fois la recherche et le politique, vers
un concept plus holistique comme celui de la Ressource Migratoire qui permettrait une


 
meilleure gestion des déplacés au travers de politiques publiques renseignées de
recherche pertinente.

En réponse à ces préoccupations, les pays de la sous-région convinrent de :

 La mise en place d’un Comité National MOST dans les pays où il n’en existe
pas ;
 La création d’une base de données sur les politiques de gestion des mobilités
en Afrique centrale notamment sur les femmes et les jeunes ;
 Et l’organisation d’une École MOST (regroupant les membres du comité MOST)
avec l’objectif fondamental de renforcer les capacités nationales de recherche
en sciences sociales pour le montage de politiques publiques inclusives et
durables ;

Faisant suite à ces recommandations, le Cameroun a notamment :

 Mis sur pied son comité MOST ;


 Activement soutenu la recherche statique sur les mobilités dans la sous-région
financée par le Bureau Régional Multisectoriel de l’UNESCO pour l’Afrique
Centrale ;

Dans la même perspective de consolidation du programme MOST, et en droite ligne


avec les intérêts thématiques sur les mobilités, le Cameroun avec le soutien du bureau
UNESCO de Yaoundé organisera entre le 22 et le 24 Mai 2018 une "MOST SCHOOL"
sur le thème : « Méthodologie d’élaboration de pilotage et d’évaluation des
politiques sociales inclusives des migrants ».

La revue de littérature menée dans le cadre de ce projet révèle que la migration interne
est un objet d’étude marginal au Cameroun. Cette marginalité est perceptible à travers
l’insuffisance significative de la recherche scientifique sur cette thématique pourtant
incontournable en matière de développement humain. Le contexte scientifique est
donc caractérisé par la non-maîtrise des configurations structurelles et fonctionnelles
du phénomène de migration interne d’une part, et des méthodes d’intervention entre
ce phénomène et le développement, dans le contexte de relance de la croissance dans
lequel s’inscrit le pays.


 
Par ailleurs, il est marqué par une vaine et exclusive dénonciation de la migration
interne comme une contrainte au développement. La transformation de la migration
interne en un moteur de développement reste donc un réel défi pour le scientifique à
l’échelle locale.
Comment la tenue de cette école MOST peut aider à une meilleure assimilation
de la question des mobilités pour ce qui est du Cameroun ? De même, comment
facilitera t’elle la prise de dispositions qui serviront à éclairer et guider les
politiques dans la construction d’un espace public plus inclusif et durable ?

QU’EST CE QU’UNE ECOLE MOST ?

L’Ecole MOST consiste en des ateliers de formation portant sur des activités de
renforcement des capacités axées sur la consolidation des compétences au service
de la prise des décisions fondées sur des données probantes au sein des Etats
membres de l’UNESCO. Elle a pour objectif principal de soutenir le développement
durable à long terme dans des contextes où le manque de capacités peut constituer
un sérieux obstacle à la transformation des résultats de la recherche en actions
concrètes. Autrement dit, toute Ecole MOST a pour fil conducteur les deux questions
principales suivantes : quel type de connaissances les universitaires pensent-ils offrir
aux décideurs et aux autres acteurs politiques dans une optique d’aide à la décision ?
Et que veulent les décideurs et les acteurs politiques des universitaires pour éclairer
et étayer leurs décisions ?

L’organisation des Ecoles MOST obéit nécessairement à quatre principes


fondamentaux :

 La flexibilité : les Ecoles MOST doivent répondre aux enjeux de contextes


spécifiques;
 La qualité : le développement des capacités par les écoles doit être en accord
avec les standards d’excellence académique, ainsi qu’avec les pratiques de
formation avancées;
 L’accélération de la dissémination : les écoles doivent adopter une stratégie
d’escalade de développement et de partage du savoir ;


 
 L’appropriation nationale : les écoles MOST doivent être guidées par les
demandes et recherches des communautés de pratique opérant dans les États
membres.

En partant de l’exigence d’une synergie entre la recherche et la décision politique qui


préside à la mise en œuvre de politique publiques, c'est-à-dire de la transformation
des résultats de la recherche en actions concrètes, les formations et les renforcements
de capacités qui ont cours dans les Ecoles MOST concernant la manière dont le lien
entre la recherche et la politique fonctionne dans le contexte d’un thème précis (par
exemple l’inclusion des migrants dans les politiques publiques, la promotion de
l’égalité des chances, etc.) dans une municipalité, une région ou un pays précis comme
c’est le cas échéant.

JUSTIFICATION DU THEME DE L’ECOLE MOST CAMEROUN.

Maints observateurs perçoivent aujourd’hui les mobilités internes au Cameroun


comme un facteur plus ou moins décisif de développement et de transformation socio-
économique. Malgré qu’elles (mobilités) soient encore mal connues et pas encore
suffisamment étudiées, leur contribution au développement n’en est pas moins
tangible du seul fait de l’amélioration des conditions de vie des migrants, mais aussi
du fait de l’émergence d’un secteur informel, fournisseur non négligeable d’emplois
dans l’économie nationale. Dans la perspective d’apprécier, de mesurer l’opportunité
réelle que représentent les flux de migrations internes au Cameroun, la présente Ecole
MOST sera axée sur la « Méthodologie d’élaboration, de pilotage et d’évaluation
des politiques sociales inclusives des migrants ». Elle a l’ambition de construire
une démarche holistique et participative conduisant à la régulation des effets pervers
de l’interaction migrations internes, ainsi que des transformations sociales y associées.
En fin de compte, elle cherche à contribuer à la régulation de cette réalité et à la
transformation de la migration interne en un moteur de développement national
équilibré, et d’un développement humain équitable et durable. L’Ecole MOST du
Cameroun est la deuxième après celle du Gabon (Juillet 2017) de la sous-région
Afrique Centrale1.

                                                            
1
Forum ministériel du Cameroun 2016, Déclaration de Yaoundé, Résolution 4 


 
Longtemps considérée comme une question marginale comparativement à la
« croissance économique », la problématique de la « politique sociale » fait l’objet d’un
regain d’attention depuis les années 90, notamment en lien avec la question de la
réduction de la pauvreté2. En effet, le besoin urgent de réduire la pauvreté dans le
monde, souligné par l’adoption des Objectifs du Millénaire pour le Développement
(OMD) et réaffirmé par l’adoption des Objectifs de Développement Durable (ODD), a
conduit la question de la « politique sociale » au premier plan des préoccupations des
gouvernements du monde et de la communauté internationale.

C’est dans ce contexte d’attention accrue pour les questions sociales et de réduction
ou d’éradication de la pauvreté que la notion « d’inclusion » a également connu une
seconde jeunesse qui l’a remis à l’épicentre des questions de politiques publiques.
L’inclusion sociale requiert que les droits des individus soient non seulement reconnus
par l’Etat, mais également garantis de manière opérationnelle dans les politiques
publiques touchant divers domaines de la vie au sein d’une société.
Le Document de Stratégie pour la Croissance et l’Emploi (DSCE) mis en œuvre depuis
mars 2010 confirme l’option d’implication des populations à la base dans une
démarche participative. Il est l’expression empirique d’un cadre intégré de
développement humain durable à moyen terme pour le Cameroun qui se propose de
cheminer progressivement vers les ODD (objectifs de développement durable) et la
vision du Cameroun à l’horizon 2035.3.
Le Gouvernement camerounais entend accélérer les réformes en cours et prendre
toutes les dispositions nécessaires, afin que l’amélioration des performances
économiques se traduise par des résultats concrets en termes de création d’emplois,
de réduction de la pauvreté et d’amélioration tangible des conditions de vie des
populations.

Le présent projet Ecole MOST sur la « méthodologie d’élaboration, de pilotage et


d’évaluation des politiques sociales inclusives des migrants » avec le soutien du
Bureau Régional Multisectoriel du l’UNESCO pour l’Afrique Centrale à Yaoundé, va

                                                            
2
Cf. Isabel Ortiz, politique sociale, note d’orientation des Nations Unies Département des affaires économiques
et sociales (DAES/UNDESA), 2007 PP. 7-9. 
3
 DSCE P. 14  


 
apporter son soutien au Gouvernement pour le relèvement des défis suscités et faire
du Cameroun un pays émergent à l’horizon 2035, tout en améliorant les conditions de
vie et le bien-être des populations par le partage des fruits de la croissance.

L’avènement à l’horizon 2035 d’un Cameroun émergent du plan social dépendra


beaucoup de la qualité des politiques publiques menées. Or, il ne peut y avoir de
politiques publiques efficaces, en matière de lutte contre la pauvreté et d’inclusion
sociale, que si elles sont inspirées par des solides et probantes connaissances
scientifiques de terrain. Ces connaissances scientifiques de terrain susceptibles
d’inspirer au mieux les politiques publiques en matière de développement social ne
peuvent être que le fait de la recherche, notamment en sciences sociales.

OBJECTIF GENERAL

Contribuer à la constitution, au Cameroun d’une masse critique de jeunes


professionnel(le)s qualifié(e)s (chercheurs, universitaires, agents de l’Etat et membres
de la société civile) pouvant aider à renforcer l’interface recherche-politique dans le
contexte du défi d’un développement social durable à l’horizon 2035.

OBJECTIFS SPECIFIQUES

1. Familiariser les participants et constituer une communauté de praticiens rompus


à l’élaboration de politiques fondées sur des données probantes en matière de
migrations/mobilités au Cameroun afin de démocratiser un culture d’élaboration de
politiques publiques migratoires inclusives;
2. Faire acquérir des outils conceptuels et méthodologiques pour l’élaboration et
la mise en œuvre de politiques sociales inclusives basées sur la recherche ;
3. Familiariser les acteurs du secteur social à la méthodologie de conception des
indicateurs afin de faciliter leur appropriation ainsi que leur intégration dans les
pratiques des personnels du secteur social;
4. Identifier les études ou enquêtes de terrain nécessaires à la conception d’une
politique nationale de gestion transformative des flux migratoires/ mobilités et/ou toute
autre problème sociétal au Cameroun.

RESULTATS ATTENDUS


 
1. Les participants familiarisés avec les concepts d’élaboration de politiques
fondées sur des données probantes ont renforcé leurs capacités en matière de
recherche sur les politiques des personnels du secteur social ;
2. Les participants ont acquis des outils conceptuels et méthodologiques pour
l’élaboration et la mise en œuvre des politiques sociales inclusives basées sur
la recherche ;
3. Les acteurs du secteur social se sont appropriés la méthodologie de conception
des indicateurs et peuvent les utiliser dans leur pratique professionnelle ;
4. Une liste d’études ou d’enquêtes de terrain nécessaires à la conception de la
politique nationale de gestion inclusive des mobilités est établie ;
5. Une masse critique de jeunes professionnel(le)s qualifié(e)s (chercheurs,
universitaires, agents de l’Etat et membres de la société civile) aidant au
renforcement de l’interface recherche-politique publique, dans le contexte du
défi d’un développement social durable à l’horizon 2035 est constituée.
6. Le comité MOST en collaboration avec les autres participants a développé une
feuille de route indiquant les recherches complémentaires à mener si
nécessaires, un plan d’initiatives futures qui permettraient aux politiques
(pouvoirs publics) de capitaliser les travaux du programme MOST en matière
de mobilités ;
7. Le comité MOST en collaboration avec les autres participants a développé un
plan de dissémination de leurs travaux auprès de institutions susceptibles de
renforcer le nexus recherche-politiques publiques inclusives.

THEMES DES FORMATIONS

Sous le thème principal « Méthodologie d’élaboration, de pilotage et d’évaluation


des politiques sociales inclusives des migrants », la formation dans cette Ecole
MOST abordera les sous-thèmes suivants :

1. Recherche et développement des politiques publiques ;


2. Politiques publiques et évaluation des politiques sociales ;
3. Inclusion et inégalités sociales : des notions complexes et des réalités
plurielles ;
4. Etat des lieux sur les migrations/mobilités au Cameroun ;

 
5. Etat des lieux sur les politiques de gestion des mobilités et flux migratoires ;
6. Mobilités et mutation sociale, économique, culturelle et politique des régions
d’accueil et d’origine.

STRATEGIE DE MISE EN ŒUVRE ET LIEU DE FORMATION

La formation se tiendra à Yaoundé, Bastos au siège du Bureau Régional de


l’UNESCO. La formation sera organisée sur trois jours (22 au 24 mai 2018), sur un
modèle pédagogique participatif dans lequel les participants font l’expérience
individuellement et collectivement de construction de connaissances et de conception
de solutions aux questions sociales ainsi qu’une visite de terrain.

La formation alternera des présentations thématiques (suivies de discussions), des


exercices pratiques en plénière, des activités de groupe, des activités individuelles et
des jeux de rôles.
Chaque participant disposera d’un dossier de travail distribué à l’avance, mais aussi
de documents supplémentaires avec des études de cas, des instructions et des
formulaires qui peuvent être distribués pendant les séances.

L’apprentissage sera soutenu et guidé par des facilitateurs expérimentés. Cependant,


l’Ecole MOST comprend également une phase de « préformation » en ligne qui permet
aux candidats retenus de se familiariser avec les ressources documentaires de la
formation et de faire part aux formateurs de leurs attentes ou de tout autre problème
pertinent en relation avec ladite formation. Les documents de travail seront donc
préalablement partagés avec les participants.
Les pauses et les déjeuners sont conçus comme des possibilités de réseautage et par
conséquent, ils font également partie de l’expérience d’apprentissage fournie par
l’Ecole MOST.

EVALUATION ET ATTESTATION DE PARTICIPATION

Les participants à la formation recevront une attestation de participation.

PROFIL ET NOMBRE DE PARTICIPANTS


 
Les participants seront les vingt-neuf (29) membres du Comité National MOST ainsi
qu’une personne ressource qui servira de point focal du secrétariat et le Point Focal
MINRESI auprès de l’UNESCO.

CAPITALISATION DE LA FORMATION REÇUE

Après l’Ecole MOST, les participants seront encouragés à animer des ateliers de
formation sur le lien recherche politique publique, en coordination avec les institutions
nationales. L’Ecole MOST offre aux participants la possibilité de faire partie d’une
communauté de pratique de formation de formateurs qui peut faciliter l’apprentissage
collectif, l’accès à la recherche et les ressources de formation, de conseils
professionnels et une assistance pour la préparation des activités de formation.
A l’issue de la formation dispensée par l’Ecole, le programme MOST de l’UNESCO
fournira aux futurs formateurs l’accès à un espace de travail virtuel pour se mettre en
relation avec diverses communautés nationales ou internationales de pratique, à
l’instar du laboratoire de politiques inclusives de l’UNESCO.

Pour plus d’amples informations, bien vouloir utiliser les adresses ci-après :

1) y.matuturu@unesco.org
2) ps.oko@unesco.org
3) c.nji@unesco.org
4) ntoniforhelen@yahoo.com
5) grnoumbo@yahoo.fr
6) dnadineyolande@gmail.com

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