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FINANCES PUBLIQUES

Plan du cours :
Introduction générale :

CH 1 : Présentation de la LF
CH 2 : Principes budgétaires
CH 3 : Préparation de la LF
CH 4 : Discussion parlementaire et vote de la LF
CH5 : Exécution de la LF
CH 6 : Contrôle de l’exécution de la LF

Introduction générale : document donné par le prof

Objectif du cours :

Guider dans la compréhension des différentes phases chronologiques de la procédure budgétaire :


Préparation, adoption, exécution, contrôle.
Pour chacune de ces phases, le cours s’attache à présenter les multiples acteurs qui interviennent
dans le processus budgétaire. Qu’il soit politique (gouvernement et parlement), administratif ou
juridictionnel.

Le cours est structuré sous forme de 6 leçons :

1ère leçon : présentation de la LF

2ème leçon : les finances publiques déterminent des règles et des principes qui encadrent la
procédure budgétaire : Annualité, Unité, universalité, spécialité. (5°/ sincérité dans la nouvelle loi).

3ème jusqu’à 6ème leçon : la procédure budgétaire : prépa (G), discussion et vote (P), exécution (G),
contrôle (P).

Le cours sera complété par les débats actuels concernant la matière :

- La réforme budgétaire.
- La démarche de la performance
- La gouvernance des FP
- Les principaux enjeux de la politique monétaire

Leçon 1 : PRESENTATION DE LA LF :

- Distinction budget-loi de finance


- Catégorie de LF (3)
- Structure de LF

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1- Distinction budget-loi de finance :
La LF prévoie, évalue, énonce et autorise pour chaque année budgétaire l’ensemble des ressources
et des charges de l’état dans les limites d’un équilibre économique et financier qu’elle définit.

C’est l’acte qui traduit le pouvoir du parlement sur le gouvernement.

La finalité première est de définir un équilibre qui n’est pas seulement financier mais économique.

Le caractère cité en premier l’emporte sur le caractère financier. Il met fin à la règle de l’équilibre
comptable et ouvre la porte au déficit.

Lorsque le parlement vote une LF, il arrête un choix politique en le transformant en acte
d’autorisation.

Les notions « budget » et « LF » méritent d’être identifiées car elles n’ont pas les mêmes fonctions
malgré leur proximité matérielle.

La notion « budget » a connu une extension par l’intro de la notion de LF.

Cette extension a été motivée par les transformations du rôle de l’état. On est passé du « budget » à
« la LF » qui n’englobe pas que le budget , mais traduit en même temps les objectifs financiers et
économiques du gouvernement et décide les mesures susceptibles de permettre leur réalisation.

Définition de FP :
Etymologiquement, le terme « finance » vient du verbe « finer » qui signifiait en ancien français
mettre fin à une transaction par le paiement d’un prix. A la différence de la finance qui traite plutôt
de l’activité bancaire et boursière, les finances ont très rapidement désigné l’intervention de l’état
(puissance publique) par l’intermédiaire de la préparation du budget qui regroupe les dépenses et les
recettes.

Les FP regroupent trois branches de droit : le droit budgétaire, le droit fiscal et le droit de la compta
publique.

Les FP doivent être appréhendées comme le lien entre plusieurs disciplines. Elles sont appelées
« sciences de carrefour ».

Evolution des FP :
On distingue deux conceptions : FP classiques et FP modernes

- FP classiques :la doctrine libérale a eu une forte influence sur le développement des FP. A partir des
travaux physiocrates, les gouvernements du 19ème siècle défendent l’idée selon laquelle l’état doit se
concentrer sur quelques services publics fondamentaux pour ne pas troubler la vie économique. Les
FP obéissent aux règles du modèle classique, c-à-d, éviter que l’intervention de l’état vienne brider la
liberté individuelle, et constitue ainsi une source d’inefficacité économique.

La 1ère définition classique du budget répondait à une conception particulière de l’état qu’on appelle
l’état gendarme.

D’après cette définition, l’état se limite aux fonctions régaliennes càd la réalisation des missions de
souveraineté. De ce principe découle l’idée que la sphère éco constitue un domaine d’actions qui
relève naturellement du secteur privé, ainsi, l’état ne doit pas exercer aucune activité éco.

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La vie éco est du ressort exclusif de l’individu. L’état doit laisser jouer :

1. Les initiatives individuelles


2. La libre concurrence
3. La loi de l’offre et de la demande (loi du marché)

L’intervention de l’état n’est pas totalement exclue, sa fonction principale est de réaliser des
missions de souveraineté.

Les FP classiques présentent 3 caractéristiques :

1. La limitation des dépenses publiques : le 1ersouci du parlement est d’autoriser le


gouvernement à n’effectuer que les dépenses indispensables aux fonctionnements du
service public essentiel. Ainsi, on ne faisait supporter aux contribuables qu’une charge .
fiscale faible. La dépense publique est considérée moins productive que la dépense privée et
elle est considérée comme une restriction à la liberté d’action d’une personne privée.
(Document : l’évolution de LF).

2-Les 3 catégories de LF :
- La loi de finance de l’année (initiale) : c’est une loi, acte juridique qui prévoie et autorise
pour chaque année l’ensemble des ressources et des charges de l’état (principe de
l’annualité).
- La loi de finance rectificative : est une loi qui modifie en cours d’exercice les dispositions de
LF de l’année.
- La loi de règlement :est une loi qui constate les résultats financiers de chaque année et
approuvent les différences entre les résultats et les prévisions de la LF de l’année.

La LF de l’année constitue chaque année l’acte juridique qui autorise et limite les moyens accordés
aux différentes administrations de l’état. C’est aussi l’expression la plus complète et précise de la
politique du gouvernement et le principal instrument de sa politique économique. Son examen
fournit au parlement l’occasion de discuter, critiquer et infléchir l’orientation des politiques
publiques. Sa préparation occupe les 3 premiers trimestres de l’année (9 mois) elle est encadrée par
une pratique administrative stricte dont le pouvoir exécutif concerne la maîtrise.

3-Structure de LF :
Les deux parties de LF :

7 états législatifs annexés : de A à G :

La première partie : données générales de l’équilibre financier :

Autorise la perception des recettes (ressources publiques) et l’émission des emprunts.

Fixe le plafond des dépenses.

Arrête l’équilibre financier entre les recettes et les dépenses.

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Deuxième partie : moyens des services :

Fixe et autorise les dépenses par ministère

Arrête par chapitre : les dépenses du BG

Arrête les services : les dépenses des SEGMA

Arrête par comptes : les dépenses des CST

CH2 : PRINCIPES BUDGETAIRE

Gouvernement

Parlement

BUDGET

Citoyens
Collectivités locales
contribuables

Gouvernement :- la politique adoptée et exécutée dans l’année.

- La LF : document : suivi de l’exécution qu’il a projeté de faire durant l’année.


- Un document résumant toute la politique de l’exécutif.

Parlement :
- La LF : contrôle.
- L’article 70 C « le parlement contrôle l’action du gouvernement » via la loi de règlement.

Collectivités locales :
- même document : entité juridique différente : objectifs différents.

Les principes budgétaires sont des règles comptables et juridiques qui imposent à différents acteurs
l’exécutif d’une part, et le législatif d’une autre part.

Ils ont été créés au fur et à mesure de la pratique budgétaire.

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Il y a des principes budgétaires classiques tels que : l’annualité, l’unité, l’universalité et la spécialité.

La loi organique relative à la LF applicable en 2016 est intervenu et a rénové un certains nombres de
ses principes budgétaires, elle a même créé un nouveau principe budgétaire qui est le principe de la
sincérité. Ces principes admettent de très nombreuses exceptions, ainsi la présentation du budget de
l’état doit respecter 4 grands principes du droit budgétaires. Ces principes ont pour objet de
permettre au parlement de contrôler dans le détail l’activité financière de l’état. Dans cette
perspective, le parlement doit avoir connaissance de toutes les recettes et de toutes les dépenses de
l’état (principe d’unité), d’autre part, il doit avoir connaissance de façon périodique (l’annualité) mais
aussi de chaque dépense (l’universalité et spécialité).

Le droit budgétaire détermine un ensemble de règles et de principes fondamentaux qui encadrent la


procédure d’établissement de la LF, ces règles s’imposent pour le gouvernement et pour le
parlement, elles sont inscrites dans la constitution et dans la loi organique relative à la loi de finance
et dans le décret royale portant règlement de la compta publique de 1967. De cet ensemble de
règles émergent 4 principes fondamentaux que l’on qualifie de classiques : annualité, unité,
universalité et spécialité. C’est à travers le contrôle des finances publiques que le parlement s’est
historiquement imposé dans le jeu institutionnel face au pouvoir exécutif.

Ces principes sont essentiellement destinés à assurer un contrôle effectif et cohérent au budget de
l’état par le parlement avant que ce dernier ne procède à son autorisation.

Avec le principe de l’annualité le gouvernement est contraint de présenter chaque année son budget
au parlement.

Annualité
Ce principe a une double dimension, il signifie d’abord une annualité de vote càd que l’autorisation
budgétaire donnée par le P n’est valable que pour une année. Ce principe signifie également que la
LF doit être réalisée dans l’année (annualité de l’exécution). L’année budgétaire au Maroc coïncide
avec l’année civile (du 1er jan au 31 déc.).

L’annualité constitue un délai très court pour déterminer les perspectives financières qui s’inscrivent
souvent sur plusieurs années. La loi organique relative à la LF 1998 a prévu un certains nombres de
procédures qui permettent de déroger la portée du principe d’annualité :

1. la loi de finances rectificative ;


2. les autorisations de programme : c’est un mécanisme qui constitue en vertu de l’article 25 de
la LO le montant maximum des crédits qui peuvent être engagés sur plusieurs années au titre
des opérations d’investissement. Les autorisations de programme sont des crédits
d’engagements pluriannuels qui permettent à l’administration de rendre l’état débiteur pour
plusieurs années. Ces autorisations de programme se traduisent par un double système
d’autorisation : un plafond maximum (construction d’un barrage de 500M) et les paiements
sont ensuite effectués en fonction de la réalisation effective des travaux au moyen de crédit
de paiement qui figurent dans chaque LF annuelle.

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3. Les reports de crédit : ils sont autorisés par l’art. 46 LO. C’est l’opération par laquelle les
crédits accordés à un ministère pour une année donnée sont non consommés en tout ou en
partie peuvent venir s’ajouter à la dotation du budget de l’année suivante.

Unité
Le principe de l’unité impose de faire figurer dans un document unique l’ensemble des dépenses et
des recettes du budget.

Il signifie que le budget de l’état doit se présenter sous la forme d’un document budgétaire unique
mais il signifie également que toutes les recettes et les dépenses doivent figurer dans ce document
unique.

Justification : faciliter le contrôle parlementaire

Dans la pratique le principe de l’unité connaît des dérogations prévues par la LO :

- Toutes les recettes et dépenses ne sont pas retracées dans le budget général, certaines le
sont au sein des SEGMA et de comptes Spéciaux de Trésor (CST). La création de SEGMA
permet de donner une autonomie financière à certains services de l’état qui ne sont dotés de
la personnalité juridique et qui ont une activité industrielle ou commerciale (ex : imprimerie).
- Les Comptes Spéciaux du trésor : ils ont pour objet de retracer des dépenses qui bénéficient
d’une affectation particulière de recettes. Ils sont compris dans la LF (ex : comptes
d’affectation spécial)

Universalité
Implique le rassemblement en une seule masse de l’ensemble des recettes brutes sur laquelle doit
s’imputer l’ensemble des dépenses brutes.

Un principe double : - La non compensation ou non contraction , la non affectation .

Exceptions : - Fonds de concours

- Rétablissements de crédit

Ce principe revêt une importance particulière en matière de finance publiques, c’est le principe dont
le respect et le plus nécessaire à la clarté et à la maîtrise des comptes publiques, ce principe impose
une certaine manière de présenter les autorisations budgétaires : toutes les recettes et dépenses
doivent figurer dans leurs intégralités dans le budget de l’état.

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Ce principe se décompose en deux règles : la règle de la non compensation = non contraction = règle
du produit brut. Cette règle exige que les recettes et les dépenses de l’état soient inscrites au budget
pour leurs montants bruts sans compensation (les services administratifs ne peuvent se procurer
eux-mêmes des ressources en dehors des crédits qui leurs sont alloués dans le cadre de la LF).

La règle de non-affectation : elle signifie qu’une recette déterminée ne peut pas être affectée à une
dépense déterminée.

L’objet de cette règle est principalement de bonne gestion. L’affectation peut constituer une source
importante de gaspillage en orientant des ressources importantes vers des dépenses non
essentielles. Le principe de non-affectation rend l’activité de l’état homogène et les services publics
égaux.

Exceptions :

La règle de non-affectation connaît plusieurs dérogations prévues par l’art. 9 de la LO.

1) La procédure de fonds de concours : correspond à l’ouverture des crédits en cours d’année


en contrepartie de versements volontaires de personnes physiques ou morales afin de
contribuer à des dépenses publiques. Cette procédure permet d’assurer à ceux qui
souhaitent participer à une dépense publique particulière (construction hôpital) que leurs
fonds seront bien affectés à cette opération.
2) Le rétablissement de crédit : les rétablissements de crédit correspondent aux
rétablissements de crédit consommés indument.

Spécialité
Principe :

- Les crédits autorisés par la LF sont affectés à une catégorie de dépense précise
- Crédits classés dans les chapitres budgétaires.

Exceptions :

- Crédits globaux (lors du vote LF)


- Virements de crédits (lors de l’exécution de LF)

La présentation du budget de l’état doit respecter les 4 grands principes auxquels il convient
d’ajouter le principe de la sincérité prévu par la nouvelle LO soumise au parlement en remplacement
de L798.

La spécialité impose d’indiquer précisément le montant et la nature des opérations financières


prévues par la LF, cela implique donc une nomenclature budgétaire. Il signifie que l’autorisation
budgétaire des dépenses n’est pas donnée en bloc mais spécialisée par catégorie de crédit. Il s’agit
d’éviter que l’autorisation de crédit voté par le parlement ne finance une autre opération que celle
pour laquelle elle est destinée. Le gouvernement ne peut pas modifier la destination des crédits sans
l’accord du parlement.

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CH 3 : préparation du PLF
L’élaboration du budget de l’état est un exercice long et complexe, du fait de la multitude des
intervenants, de la technicité des opérations et du fait du poids des enjeux politique. En effet la
politique budgétaire consiste d’abord à faire des choix et que ces choix sont réalisés durant la
phase de préparation de LF durant laquelle on assiste à des oppositions diverses à la politique
budgétaire conduite par le gouvernement. Opposition entre le ministère des finances et celui des
dépensiers, opposition entre le gouvernement et le parlement, entre le gouvernement et les
différents groupes de pression, entre la majorité et l’opposition. Il ressort clairement de la loi
organique des finances que seul l’exécutif (G) est investi de la mission de préparer les textes
budgétaires, ainsi la préparation du budget est une prérogative exclusive du gouvernement. Elle
débouche sur le projet de LF ce qui exclue toute proposition de LF émanant des parlementaires.
Art32 LO.

1- Acteurs de préparation du PLF :


Premier ministre :
-fixe la stratégie budgétaire.
-Fonction d’arbitrage
-Encadre la procédure budgétaire
Le chef du G joue un rôle important dans la préparation de la LF. Il n’intervient pas dans le
processus technique de préparation du budget qui reste le domaine du ministre des finances
mais c’est lui qui fixe la stratégie budgétaire et c’est lui également qui rend les arbitrages sur
les désaccords qui peuvent opposer le ministre des finances et les ministres dépensiers.
Compte tenu des enjeux financiers, économiques et sociaux du budget, sa préparation ne se
réduit pas à une simple opération technique. Une intervention politique est nécessaire pour
opérer certains choix et donner ainsi un sens à l’acte budgétaire. L’autorité du chef de G se
matérialise dans son pouvoir d’encadrement de la préparation du projet de LF car il
intervient avant le ministre des finances pour déterminer les priorités budgétaires et il
intervient également après le ministre des finances pour rendre les arbitrages les plus
importants en cas de désaccord entre le ministre des finances et les ministres dépensiers.

Le ministre des finances :


L’art 32 de LO confère au ministre des finances un rôle très important dans la préparation du
PLF. Il est l’autorité financière du G et occupe une place particulière dans le rang des
ministres.
Il est l’acteur central de la préparation du budget, il dispose de spécialisations contribuées
(direction générale des impôts, Douane, DPE, D trésor…)

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2- Processus de préparation de PLF :
La préparation de LF s’organise en 2 phases, au tire de la 1ère est consacrée à la définition de la
stratégie budgétaire la deuxième est une phase de négociation et d’arbitrage.

La préparation du budget se fait selon un calendrier définie par le décret de 1999 ou par circulaire
administratif, contrairement à la procédure de vote, la procédure de la préparation n’est pas
réglementée par des textes. Dans la pratique, outre les deux dates prévues par le décret de 1999
(avant le 1er mai speech) un rituel s’est institué qui s’articule autour de deux principales phases :

-Définition de la stratégie budgétaire globale ;


-Négociation et arbitrage ;
La synthèse de ce travail permet de proposer les grands choix en matière de politique
budgétaire pour la notification de la lettre de cadrage
1ère phase (janvier-avril) :cette phase prend la forme d’un travail de réflexion et de prévision
interne au ministère des finances qui est effectué par les différentes directions spécialisées
et c’est une phase qui va se conclure par le cadrage pour l’année suivante. L’orientation
générale du budget est fixée par le ministre des finances, elle est transmise.
Suite à cela, une stratégie budgétaire globale (les grandes orientations de la politique
budgétaire) est donc retenue par le chef du gouvernement à partir d’une proposition du
ministre des finances. Elle est contenue dans un document appelé « lettre de cadrage »
envoyée à l’ensemble des ministres avant le 1er juillet. Elle situe le budget dans son contexte
économique et financier et définie les objectifs prioritaires de la politique budgétaire.
Conformément à l’article 1er du décret de 1999 avant le 1er mai, le ministre des finances
expose au G les conditions d’exécution de la LF en cours et présente une esquisse du PLF
pour l’année budgétaire suivante. Il demande à ses ministres d’établir leurs propositions de
recettes et de dépenses qui doivent parvenir au ministère de finances avant le 1er juillet.
2ème phase (1er juillet-21octobre) : Conférences budgétaires : débats menés/ Direction du
budget, suivant LC.
Difficile mission de Direction du budget.
Arbitrage : Dossier d’arbitrage.
Au cours de cette 2ème phase, a lieu l’un des grands moments de la vie administrative qu’on
appelle les réunions ou conférences budgétaires. Elles se déroulent sous l’autorité du
ministre des finances (Direction du Budget), ces réunions permettent à chaque ministère de
confronter ses propositions à celles de la Direction du Budget. La Direction du Budget a une
mission difficile car elle doit d’une part sauvegarder la cohérence budgétaire et d’autre part
veiller à la réalisation du financement des priorités du gouvernement. Les arbitrages sont
effectués par la Direction du budget, le ministre des finances et le chef du gouvernement.
L’arbitrage du chef de gouvernement est requis pour les points importants.

3- Le calendrier budgétaire :
Ce sont des circulaires administratifs et le décret de 1999qui précise chaque année le
calendrier et les modalités de la préparation du budget. (Tableau)

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CH4 : Examen et adoption :
1- Procédure d’adoption :
Délais de discussion et de vote : délais très stricts prévus /LO et Constitution – Sanctions en
cas de non-respect des délais
Examen en commission : La commission des finances – Les autres commissions
Examen en séance publique
2- Les droits d’amendements :
Les irrecevabilités financières
Les amendements autorisés
3- Entrée en vigueur de la LF :
Promulgation
Publicité

Une fois le PLF préparé, il est transmis au parlement pour être discuté et voté. Ce n’est
qu’une fois voté que le projet deviendra la LF de l’année.

En guise d’introduction :

- Si la phase de la préparation relève de la compétence exclusive du parlement, la phase


d’adoption incombe au parlement. Il s’agit d’un principe fondamental du droit budgétaire.
- Si la phase d’adoption est une compétence qui incombe naturellement au parlement, elle se
trouve pondérée par une intervention substantielle du pouvoir exécutif. C’est le pouvoir qui
en réalité dirige les débats en matière de vote de la LF. Le pouvoir d’adoption est très
encadré et limité par la constitution.
Il faut retenir que :
- L’examen du PLF est souvent perçu comme un exercice difficile en raison de la masse et de la
diversité des informations qu’il faut exploiter.

1- La procédure d’adoption :

Lorsque le PLF est déposé avec ses annexes à la chambre des représentants (art 33 LO), il ne
fait pas immédiatement l’objet d’un débat en séance publique, il est préalablement examiné
par les commissions parlementaires afin de préparer la séance publique. La constitution (art
75) et la LO (art 33) prévoit des délais très strictes pour l’adoption de la LF et prévoit d’autre
part des mécanismes de mise en œuvre de la LF en cas de non-respect des règles relatives
aux délais. Ainsi l’article 75 de la constitution contraint au dépôt du PLF sur le bureau de la
chambre des représentants en priorité au plus tard 70 jours avant la fin de l’année. A
compter de cette date, commencent à courir des délais d’examen par le parlement.
Conformément à l’article 34 de la LO :

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- 30 jours pour la chambre des représentants
- 30 jours pour la chambre des conseillers
A l’issu de ce délais, le gouvernement saisie l’autre chambre du texte adopté modifier le cas
échéant.
Lorsque le PLF n’a pu être adopté après une seule lecture par chaque chambre, le
gouvernement utilise la procédure d’urgence et provoque une réunion d’une commission
mixte paritaire. Cette commission est chargée de proposer un texte commun sur les
dispositions en litige entre les deux chambres dans un délai d’une semaine à compter de la
saisine par le gouvernement. Ce texte élaboré et accepté par le gouvernement est soumis
pour adoption au deux chambres qui disposent d’un délai ne dépassent pas 3 jours. Aucun
amendement n’est recevable sauf accord du gouvernement. Si la commission mixte paritaire
ne parvient pas à élaborer un texte de compromis ou si ce texte n’est pas adopté pas les
deux chambres. Le gouvernement soumet à la chambre des représentants le PLF. La chambre
des représentants ne peut adopter définitivement le texte qu’à la majorité absolu des
membres les composant. Ces dispositions constituent donc une forte incitation pour le
parlement à respecter les délais constitutionnels dans la mesure où les décrets échappent à
toutes habilitations parlementaires et font perdre au parlement ses prérogatives financières.
Comme dans tout débat législatif l’examen du texte en séance publique est précédé de son
étude en commission. Parmi les 8 commissions permanentes, il existe une commission dans
chaque chambre qui est plus particulièrement concernée par le domaine financier, les autres
commissions sont saisies pour avis. Le rapporteur de la commission des finances replace le
PLF dans son contexte économique, financier, national et international. Il examine en détails
les deux parties du PLF (recettes et dépenses) et il coordonne et anime la procédure
budgétaire.
Le travail de la commission des finances constitue une phase importante de l’examen par le
parlement du PLF. Elle a pour mission de préparer le débat budgétaire en séance publique.
S’ouvre l’intervention du ministre des finances suivi du rapporteur général de la commission
des finances et de son président. Ensuite interviennent les chefs de partis. Il s’agit donc d’un
débat politique non sanctionné par un vote. Les articles de la 1ère partie sont examinés et
votés dans les conditions applicables à la procédure budgétaire. Adoption de l’article dit
d’équilibre.

2) Encadrement du droit d’amendement :

a. Les irrecevabilités financières :


Si la constitution a mis la disposition du gouvernement un arsenal complet lui permettant de
maîtriser l’ensemble du débat législatif, les pouvoirs financiers des deux chambres sont
restreints tant sur le fond que sur le temps.

Conclusion : Le parlement dispose d’un délai de 70 jours pour adopter le budget.


L’adoption de la LF comporte comme toute loi un examen en commission puis un examen en
séance publique. En revanche, le débat budgétaire suit certaines règles particulières qui
mettent en évidence les particularités de la LF.
La préparation durant cette phase, cesse alors d’être un processus interne à l’administration
financière : ces grandes lignes sont reprises et débattues dans la presse.
Le travail en commission constitue une phase essentielle de l’examen par le parlement du
PLF, la commission des finances tient le 1er rôle dans la discussion budgétaire, on dit qu’elle
est « saisie au fond ». Dès que la commission des finances a achevé son travail d’examen de

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PLF, le texte présenté par le gouvernement est soumis à la discussion en plénière. Ce débat
en séance public a pour objet de permettre aux différentes parties en présence
(gouvernement, parlement, rapporteur des commissions de finances, groupes politiques)
leurs permettent de faire connaître leurs propositions et d’éclairer le futur vote des
parlementaires. Ainsi, le pouvoir d’adoption du parlement est encadré de façon rigoureuse
de manière à ce qu’il n’y soit pas de diminution de recettes ou d’augmentation de la
dépense. Mais il est possible de supprimer une charge et de réduire une charge, on ne peut
pas créer ou aggraver une charge, on ne peut pas réduire les recettes. Le parlement est
normalement compétent pour voter la LF mais ce pouvoir de vote se trouve limité.

CH5 : L’exécution de la LF :
- Le principe de la séparation des ordonnateurs et des comptables
- Opérations d’exécution

Une fois voté par le parlement, la LF doit être exécutée. Il revient au gouvernement de procéder à
l’exécution de la politique budgétaire par la mise en œuvre des opérations de recettes et de
dépenses.

Afin de garantir la régularité des engagements, l’exécution des opérations financières est fortement
encadrée. La pièce maitresse de ce contrôle est le principe de la séparation des ordonnateurs et des
comptables. La manipulation des deniers publics exige la séparation de celui qui décide une dépense
(ordonnateur) et de celui qui la paye (le comptable) dans un souci de protection de l’argent de l’état
(deniers publiques).

Ce principe consiste à séparer l’action de décider de l’engagement de la dépense confié aux


ordonnateurs de celle plus matérielle de décaisser ou d’encaisser les fonds qui relèvent de la
responsabilité du comptable en confiant les deux composantes d’une opération de dépenses à des
autorités distinctes et indépendantes l’une de l’autre, on crée un contrôle réciproque des
autoritaires évitons ainsi l’abus de pouvoir par l’une d’elles.

Le droit marocain distingue deux phases dans toute opération de dépense ou de recettes : phase
administrative et une phase comptable.

La 1ère phase (ordonnateur) est celle au cours de laquelle est précise la décision de dépenser un
crédit ou de percevoir une recette. La 2ème phase (comptable public )est celle au cours de laquelle
s’effectue le paiement de la dépense ou le recouvrement des recettes. Il est nécessaire ainsi qu’un
agent ne puisse pas décider d’une recette ou d’une dépense et aussi l’exécuter lui-même. L’existence
de deux catégories d’acteurs permet un contrôle de l’un sur l’autre et interdit l’action de l’un sur
l’autre. Il s’agit d’éviter les malversations et les fraudes mais également de séparer des tâches qui
sont par nature différentes.

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La procédure d’exécution du budget :
La loi de finance affecte des crédits et autorise leur utilisation mais seul les
ordonnateurs décideront de leur utilisation. (Art 3 Décret royal de la
Comptabilité public .P1967)
La fonction d’ordonnateur découle directement du statut de l’intéressé
(ministre ou fonctionnaire).les attributions financier de l’ordonnateur ne sont
que le complément de ces fonctions administratives.
Les différents types d’ordonnateur:
1- Les ordonnateurs principaux (les ministres).
2- Les ordonnateurs secondaires (fonctionnaire)
REMARQUE :
-Les ordonnateurs principaux : ont pour fonction de décharger les
ordonnateurs principaux. Ces ordonnateurs vont gérer des autorisations
budgétaires déléguées par un ordonnateur principal.
- Les ordonnateurs délégués : bénéficient seulement d’une délégation de
signature de la part de l’ordonnateur (principal ou secondaire)
- Les ordonnateurs suppléant : ils sont là que pour remplacer un titre
exceptionnel les ordonnateurs compétant
Contrairement aux ordonnateurs, les comptables publics appartiennent à un
corps spécialisé dans l’activité est strictement défini par les textes, les
comptables exécutent matériellement les opérations de recette et de
dépense, et opère un contrôle sur les ordres qui proviennent des ordonnateurs
NB : un comptable de faite est une personne qui a détenu ou manier de façon
délibéré ou non des deniers publics alors qu’elle n’avait pas le titre de
comptable public.
Les comptables de faite : sont soumis aux mêmes obligations et responsabilité
de comptable public c’est-à-dire qu’ils sont personnellement et
pécuniairement responsable sur leur propre denier et sont soumis aux mêmes
incompatibilités.

Les opérations d’exécution :


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1ére étape : L’engagement :
C’est l’acte par lequel l’organisme public crée ou constate une
obligation de nature à entrainer une charge, l’engagement constitue le
fait générateur de la dépense.
Quel sont les différents étapes de l’engagement ?
L’engagement comporte 2 phases :
- L’engagement juridique = rend l’organisme public
débiteur. (Acte par lequel l’état va créer ou constater l’existence d’une
obligation à son encontre (un marché).
La proposition d’engagement est transmise aux
contrôleurs des engagements de dépense,
qui procède à un contrôle de la régularité
d’engagement juridique.

- L’engagement comptable= l’ordonnateur réserve des


crédits en s’assurant de la spécialité et de la disponibilité des crédits.
(L’engagement comptable correspond aux blocages
aux comptabilités des crédits nécessairesà la
réalisation de la dépense, l’ex du contrôle est
matérialisé par application de visa).
L’ordonnateur décide de la liquidation qui a pour
objet de vérifier d’une part la réalité de la
dette.

2éme étape : La liquidation :


Ne peut intervenir qu’après constatation de la réalité de la dette cela
suppose que le créancier de l’état (fournisseur de bureau) à exécuter
préalablement le service ou les prestations qui était à sa charge et on a
apporté la preuve : c’est la règles du service fait.
Cette règle s’oppose au paiement à l’avance.
Cependant des aménagements ont étai apporté aux services fait pour
des raisons pratique ex : en matière de marché de travaux des avances
peuvent être consenti aux entreprises contractantes, de même les
traitements (salaire) dans la fonction publique sont liquidés à la fin du
mois.

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L’évaluation du montant de la dette :
La liquidation a aussi pour objet de déterminer le montant exact de la
dette de l’état après examen des pièces justificatif exigé par le décret
de la comptabilité public de 1967.
- 3éme étape : l’ordonnancement
L’article 35 :c’est l’acte administratif donnant conformément au
résultat de la liquidation l’ordre de payer la dette de l’organisme
public.
L’ordonnancement est donc l’acte par lequel l’ordonnateur donne au
comptable l’ordre de payer la dépense, cette ordre est accompagné de
pièce justificatif dans la liste est fixé de manière limitatif (pourquoi
cette liste : pour éviter tout pouvoir d’appréciation du comptable et
éviter l’abus)
L’ordonnancement se traduit par l’émission d’un titre de paiement
adressé au comptable, l’ordonnancement constitue une étape
essentiellecar sans cet acte le C ne peut pas procéder au paiement
- 4éme étape : le paiement
La dépense est réputée faite dès que le comptable a apposé son visa
sur le titre de paiement (« vu bon à payer «) ce qu’il écrit

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CH6 : le contrôle de l’exécution du budget :
- Trois types de contrôle mis en place.
- Finalité
_ prévenir d’éventuelles opérations frauduleuses
_ respecter les autorisations budgétaire.
- Enjeu actuel : focaliser les contrôles sur l’analyse de l’efficacité de
la dépense publique et la performance de services publics.

Trois types de contrôles : -

-contrôles internes (contrôle administratif)

- Contrôles externes(C .juridictionnel, C. parlementaire)

CONTROLE ADMINISTRATIF :
Au niveau de l’engagement : - contrôle budgétaire
- contrôle de régularité
Au niveau du paiement : - contrôle de la validité
Dérogations concernant le contrôle des dépenses de l’état.
Résumé :
- dans le cadre du processus du reforme engager par le
gouvernement en matière du renforcement de la bonne
gouvernance.
- Une réformedu système de contrôle du système de l’état a était
mise en place. (Décret du 4 novembre 2008 relative au contrôle des
dépenses de l’état)

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Dès que la L.F constitue un acte d’autorisation du parlement au
gouvernement il a était nécessaire de prévoir différente modalité
de contrôle de l’exécution du budget de manière à s’assurer de la
régularité des opérations de recette et de dépense, on distingue 3
types de contrôle :
- l’un est réalisé entre l’administration elle-même (contrôle
administratif)
- le 2éme est réalisé par les juridictions (Contrôle juridictionnel)
- le 3éme est réalisé par le parlement (contrôle parlementaire)
Le contrôle de l’exécution du budget ne consiste pas seulement à
prévenir d’éventuelle opération profileuse d’agent publique mais il
vise aussi à obliger le gouvernement à respecter les autorisations de
recette et de dépense donné par le parlement
L’enjeu actuel est de focaliser ces contrôles sur l’analyse de
l’efficacit é des dépenses publiqueet de la performance du service
publique
1- Contrôle administratif :
Au niveau de l’engagement :
Contrôle de régularité :
Les dépenses de l’état sont soumises à un contrôle préalable
d’engagement et un contrôle de paiement exercé par le
comptable publique
Contrôle budgétaire :
Le comptable publique exerce un contrôle budgétaire :
1- Disponibilité de crédit
2- L’imputation budgétaire : le comptable publique doit s’assurer
que l’objet de la dépense correspond a la rubrique budgétaire
proposé pour supporter la dépense.

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3- Le C.P doit s’assurer de l’exactitude du calcul du montant de
l’engagement.
Le comptable publique doit vérifier que les propositions
d’engagement des dépenses de l’état sont régulières
Au niveau du paiement :
Contrôle de la validité :
Les dépenses de l’état sont soumises au stade de paiement à
un contrôle de validité avant de procéder au visa au paiement.
1- Existence du visa préalable d’engagement
2- Il doit s’assurer du caractère libératoire du paiement

Contrôle juridictionnel :
3- Contrôle parlementaire :
Le Contrôle Parlementaire s’exerce de manière
globale par le biais de la loi de règlement
La loi de règlement constate chaque fin d’année
budgétaire le montant définitive des encaissements
de recette et des ordonnancements des dépenses de
l’Etat c’est un document à la fois juridique et
comptable soumis à la probation du parlement
comme toute loi de finance, ce document donne au
parlement une idée précise des conditions
d’exécution de la loi de finance qui a été voté
Alors que la loi de règlement devait être le support
privilégié du respect du contrôle parlementaire, elle
ne suscite pas le même intérêt de la loi de finance
pour plusieurs raisons :
-au décalage entre exécution de la loi de finance et
l’exécution de la présentation de la loi de règlement

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