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Grammaire

corrective
Table des
matières

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Introduction à la grammaire corrective

4
Introduction à la
I-

I
grammaire
corrective

Au cours de ce module, il sera question de faire acquérir les étudiants les concepts
fondamentaux de la grammaire française. Pour ce faire, il faut comprendre le cadre
disciplinaire où se situe '' la grammaire corrective ".

A. La grammaire normative et descriptive

Fondamental
La linguistique est une science humaine qui a pour objet d'étude le langage humain
et les langues. La linguistique s'efforce de dégager les lois auxquelles obéit le
langage et fait appel à d'autres sciences, comme la philosophie, l'anthropologie, la
psychologie ...

Fondamental : Qu'est ce qu'une grammaire


La grammaire rend compte de la structure et l'usage d'une langue. La grammaire
décrit le système de la langue, et étudie sa forme. Elle organise ses règles. Ces
opérations nous font pensé à l'existence des autres grammaires descriptives, qui
décrivent le fonctionnement de la langue. Cette grammaire est fondée sur l'idée
qu'il existe un bon et un mauvais usage de la langue. Elle a pour soucis de mettre
en valeur le lieu parlé et le lieu écrit. Le linguiste décrit, définit, explique, interprète
l'usage d'une langue contrairement au grammaire normative qui impose un usage.
La notion de norme est formé avec l'apparition de l'académie française.
La norme avait comme origine littéraire d'un niveau très élevé soumis aux
exigences de la pureté , l'instruction ( recommandation), la norme veut imposer un
ensemble de personne pour parler et écrire selon des les règles dicté par
l'institution politique.

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Introduction à la grammaire corrective

1. GRAMMAIRE DESCRIPTIVE ET GRAMMAIRE


NORMATIVE

Définition : La grammaire normative


La grammaire normative s'appuie sur le concept de norme (latin : « norma » =
règle, loi) et elle vise une utilisation correcte de la langue, c'est à dire dans le
respect des règles, et de leurs exceptions !
On considère comme des productions fautives par exemple le non accord avec le
sujet d'un participe passé conjugué avec « être », l'oubli de la marque –s ou –x du
pluriel, l'invention d'une forme verbale. C'est dans un but normatif que l'on
enseigne des règles de grammaire, des tableaux de conjugaison et que l'on fait des
exercices grammaticaux et des dictées.

Dans une perspective normative,


l'ouvrage ''le bon usage '' rédigé par
André GREVISSE, constitue une
référence dans l'emploi du français
académique.
Vous trouverez un exemple dans la rubrique "Ressources'',

Définition : La grammaire descriptive


La grammaire descriptive ou linguistique a pour objet l'observation scientifique de
la langue afin de comprendre son fonctionnement et d'établir des modèles. Elle
étudie par exemple l'agencement des mots en groupes ou syntagmes et leurs
combinaisons en séquences plus étendues ou phrases.

a) Les fonctions de la grammaire

Syntaxe : Principes syntaxiques


• la commutation : c'est le remplacement d'un mot par un autre de même rang ;
tous les mots mutuellement commutables dans un environnement donné
constituent un paradigme.
Etudions le mot « étagère » en cherchant son paradigme. Ce mot est remplaçable
par «bibliothèque », « planche », « table », mais pas par « ouvrir », « grande », «
dans » ; puisqu'il n'est commutable qu'avec des noms communs, c'est donc un nom
commun. Dans cette opération on ne tient pas compte du sens des mots, toutefois
il nous paraît plus judicieux au plan didactique d'essayer de trouver une parenté
sémantique et le remplacement d'« étagère » par « bibliothèque » semble plus
facile à comprendre que le remplacement par « chat ». La commutation permet de
mettre en évidence d'abord l'existence du mot puis son appartenance à une classe
grammaticale (cf. 8).
• la substitution : c'est le remplacement d'un groupe de mots par un seul mot tout
en maintenant la structure syntaxique de la séquence. Substituons au groupe « les
livres » le pronom personnel « ils » ; la phrase ainsi obtenue article défini masculin
pluriel « les » et le nom commun « livres » ; ces deux mots forment un groupe
qu'on appellera « syntagme nominal » (cf. 4). La substitution est l'opération de
base de reconnaissance des syntagmes.
• le déplacement : déplacer un mot ou un groupe de mots met en évidence la
mobilité ou l'absence de mobilité de ces unités. Dans notre phrase aucun mot et
aucun syntagme ne sont déplaçables : « *livres les... », « *les livres sur l'étagère
sont » (l'astérisque marque l’a-grammaticalité de la production langagière).
• l'effacement : certaines unités de la langue sont effaçables, d'autres ne le sont

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Introduction à la grammaire corrective

pas ; si dans le mot « livres » on efface le « -s » final on obtient un singulier ; en


revanche le groupe sujet «les livres » est obligatoire.
"l'ajout" : c'est l'opération inverse de la précédente ; ainsi on peut dire aussi que la
marque « -s » du pluriel s'ajoute à la forme singulière du mot ; autrement dit, «
livres » = « livre » + « -s » ; de même, nous pouvons ajouter la séquence « de
littérature » au nom « livres » pour former le groupe plus étendu « livres de
littérature ».La grammaire normative et descriptive

Complément : Les axes de l'analyse grammaticale


La linguistique décrit la langue sur deux axes :
• l'axe paradigmatique : axe des commutations, substitutions, des effacements et
des ajouts.
L'axe paradigmatique : axe des déplacements, des effacements et des ajouts.
(l'effacement et l'ajout peuvent se concevoir sur les deux axes)
Il est important de ne pas confondre la linguistique synchronique et la linguistique
diachronique. La première décrit un fait de langue à un moment donné, que ce
moment soit contemporain de l'acte d'énonciation ou antérieur à cet acte ; ex :
l'étude de la déclinaison des noms en ancien français,
l'étude de la place des déterminants en français contemporain, les néologismes
chez les auteurs de La Pléïade. La seconde décrit un fait de langue dans son
évolution sur une période donnée ;
ex :l'étude des voyelles atones du moyen français au français contemporain, l'étude
du cas sujet depuis le latin jusqu'au français d'aujourd'hui.
La linguistique est née sous sa forme diachronique au 19ème siècle puis, peu à peu,
les linguistes se sont intéressés à la langue moderne sous l'impulsion, en
particulier, de Ferdinand de Saussure, Roman Jakobson, André Martinet ou encore
Noam Chomsky.
La linguistique recouvre plusieurs domaines comme la lexicologie (étude du
lexique), la lexicographie (étude des dictionnaires), la morphologie (étude des
morphèmes), la syntaxe (étude de l'agencement des mots en syntagmes puis en
phrases), la sémantique (étude du sens des mots). Elle entretient des liens étroits
avec d'autres sciences humaines comme la phonétique, la phonologie, la psycho-
linguistique, la sémiologie.

B. La phrase

Objectifs
- Découvrir les formes de la phrase simple, et complexe
de point de vue syntaxique et morphologique
- Distinguer et relever les différents types de phrases
- représenter les structures syntagmatiques des phrases
simples et complexes
- Réaliser un commentaire de texte selon leur structures
grammaticales

Dans cette partie, vous allez découvrir la notion de phrase à partir de sa structure
qui peut être analyser en fonction de sa distribution syntaxique. L'objectif est de

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Introduction à la grammaire corrective

faire sensibiliser à la formation de la langue. Comment se forme une phrase dans


une langue ? quelle sont les structures qui sous-entendent la construction des
phrases selon la grammaire descriptive ?

1. La phrase

la phrase simple
La définition de la grammaire de la phrase simple se heurte à "une réalité
méthodologique bien connue des disciplines empiriques" . En effet, plusieurs
théories et cadre disciplinaires ont traité la phrase simple comme étant le noyau de
la langue ou du discours. Les approches morphosyntaxiques considèrent qu'une
phrase de type ( Sujet - verbe- complément) constitue la base de toute analyse
syntaxique ou morphologique. Pour la grammaire normative, la phrase simple est
une phrase composé d'une seule proposition, et propose de parler de subordonnées
pour caractériser les extensions de type circonstancielles, relatives... Cependant,
les descriptions qui prennent en compte le niveau structurel mettent l'accent sur la
composition syntagmatique et paradigmatique des énoncés produits. De point de
vue sémantique, la grammaire descriptive catégorise la phrase simple selon son
intention d'exprimer l'assertif, l'injonctif... De manière générale l'analyse
grammaticale de la phrase simple obéit à une logique de rôle ou prédicat selon la
linguistique fonctionnelle. Ainsi, nous aurons dans les phrases suivantes :
(1) Je pense, donc je suis.
(2) Mon collègue, Klaus Willmann, de l'Université de /C/e/(dit pour présenter
quelqu'un)
(3) Pourriez-vous me passerle sel, s'il vous paît ?
(4) Un peu trop cuit, ton rosbif.
(5) Et ta soeur?
(6) Votre manteau'(dit en présentant à quelqu'un son manteau)
(7) Écoutez la chanson lente d'un batelier I Qui raconte avoir vu sous la lune sept
femmes/ Tordre leurs cheveuxverts etlongs jusqu'à leurs pieds (Apollinaire)
* (8) Une petite clef tomba sur le trottoir. (Gide)
A chaque énoncé, nous aurons des distributions différentes des fonctions du sujet,
verbe, ou complément. Le résultat est que parfois, on retrouve des fonctions sujet
ou verbe explicite ou implicite.

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Introduction à la grammaire corrective

Définition
Qu'est-ce que la phrase ?
On peut envisager plusieurs définitions :
 C'est un ensemble de mots, rassemblés de manière structurée et porteur
d'un sens autonome.
 C'est une partie du discours ou du texte.
 Elle commence par une majuscule et se termine par un point ; à cette
définition purement graphique, on peut en ajouter une autre, purement
phonétique : la phrase commence et s'achève par une pause.
Les critères qui permettent de reconnaître une phrase sont donc de nature bien
diverse, formels (graphie, phonétique), syntaxiques, ou encore sémantiques.

2. Les unités de la phrase

Mot, syntagme, phrase.


Nous allons aborder maintenant des notions essentielles à l'analyse de la phrase.
La phrase est une suite de mots liés entre eux.
La phrase est en effet constituée de mots ; mais il existe un échelon intermédiaire
entre le mot et la phrase : c'est le syntagme.
Les mots ne se présentent pas en effet dans le texte comme les pièces d'un puzzle,
simplement emboîtées, sans que rien ne les relie ; une phrase ressemble
davantage à un mur constitué de briques ou de parpaings :
 D'une part, on ne met pas n'importe quelle brique à n'importe quelle place ;
chacune a un rôle bien précis à jouer dans la phrase, c'est sa fonction.
 En outre, le mot est rarement isolé ; le nom, par exemple, est le plus
souvent accompagné d'un article, d'un ou plusieurs adjectifs... Ainsi, si je dis
"le chat noir a mangé la petite souris", ce n'est pas seulement le mot "chat"
qui est sujet du verbe "a mangé", mais tout l'ensemble "le chat noir" ; de
même, ce n'est pas seulement le mot "souris" qui constitue le COD, mais
l'ensemble "la petite souris".
On parlera alors de syntagme nominal.
Énonciateur, destinataire
Une phrase constitue donc un énoncé, parfois long et complexe, parfois formé d'un
seul mot : "Viens", par exemple, est un syntagme verbal, une phrase et un énoncé.
Il n'y a pas d'énoncé sans énonciateur : quelqu'un dit ou écrit la phrase.
Il n'y a pas non plus d'énoncé sans destinataire : on parle forcément à quelqu'un,
fût-ce à soi-même.
Un énoncé pas toujours si autonome
La phrase, dit-on, présente un sens fermé, complet ; mais ce n'est pas toujours
vrai. Elle peut aussi renvoyer à une phrase antérieure, voire à des éléments de
l'énonciation.

Exemple
Si je dis : "l'avion pour Berlin n'a pas encore atterri. Il est encore en retard", dans
la seconde phrase, "il" est un pronom sujet qui n'a de sens que par rapport au sujet
de la phrase précédente : "l'avion pour Berlin".
Et la fameuse expression "demain on rase gratis" ne se comprend que dans un
contexte donné ; si l'énoncé n'est pas situé dans le temps, le déictique "demain",
qui renvoie à la situation d'énonciation, n'exprime alors aucun temps précis.

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Introduction à la grammaire corrective

Néanmoins, avec ces restrictions, "il est encore en retard" et "demain on rase
gratis" constituent bien des unités de sens.

Définition : La phrase Simple


La phrase simple est constituée d'un seul syntagme verbal ; on l'appelle aussi
proposition indépendante.
Le syntagme nominal ou SN, obligatoire, constitue le sujet.
Le verbe, accompagné de son COD, constitue le syntagme verbal (SV) : lui aussi
est obligatoire. Le noyau verbal, qui définit la proposition indépendante, peut
aussi être constitué de plusieurs verbes reliés ou non par une conjonction de
coordination :
Par exemple, dans la phrase « "Pierre se lève, prend son manteau et sort de la
maison" », il y a trois verbes, mais un seul SV, constitué des verbes "se lève",
"prend", "sort" ; les deux premiers sont juxtaposés, le troisième coordonné, et
l'ensemble forme une énumération fermée.
En revanche, les circonstants sont facultatifs, et déplaçables.

C. La phrase

la phrase simple
La définition de la grammaire de la phrase simple se heurte à "une réalité
méthodologique bien connue des disciplines empiriques" . En effet, plusieurs
théories et cadre disciplinaires ont traité la phrase simple comme étant le noyau de
la langue ou du discours. Les approches morphosyntaxiques considèrent qu'une
phrase de type ( Sujet - verbe- complément) constitue la base de toute analyse
syntaxique ou morphologique. Pour la grammaire normative, la phrase simple est
une phrase composé d'une seule proposition, et propose de parler de subordonnées
pour caractériser les extensions de type circonstancielles, relatives... Cependant,
les descriptions qui prennent en compte le niveau structurel mettent l'accent sur la
composition syntagmatique et paradigmatique des énoncés produits. De point de
vue sémantique, la grammaire descriptive catégorise la phrase simple selon son
intention d'exprimer l'assertif, l'injonctif... De manière générale l'analyse
grammaticale de la phrase simple obéit à une logique de rôle ou prédicat selon la
linguistique fonctionnelle. Ainsi, nous aurons dans les phrases suivantes :
(1) Je pense, donc je suis.
(2) Mon collègue, Klaus Willmann, de l'Université de /C/e/(dit pour présenter
quelqu'un)
(3) Pourriez-vous me passerle sel, s'il vous paît ?
(4) Un peu trop cuit, ton rosbif.
(5) Et ta soeur?
(6) Votre manteau'(dit en présentant à quelqu'un son manteau)
(7) Écoutez la chanson lente d'un batelier I Qui raconte avoir vu sous la lune sept
femmes/ Tordre leurs cheveuxverts etlongs jusqu'à leurs pieds (Apollinaire)
* (8) Une petite clef tomba sur le trottoir. (Gide)
A chaque énoncé, nous aurons des distributions différentes des fonctions du sujet,
verbe, ou complément. Le résultat est que parfois, on retrouve des fonctions sujet
ou verbe explicite ou implicite.

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Introduction à la grammaire corrective

Définition
Qu'est-ce que la phrase ?
On peut envisager plusieurs définitions :
 C'est un ensemble de mots, rassemblés de manière structurée et porteur
d'un sens autonome.
 C'est une partie du discours ou du texte.
 Elle commence par une majuscule et se termine par un point ; à cette
définition purement graphique, on peut en ajouter une autre, purement
phonétique : la phrase commence et s'achève par une pause.
Les critères qui permettent de reconnaître une phrase sont donc de nature bien
diverse, formels (graphie, phonétique), syntaxiques, ou encore sémantiques.

D. Relever les phrases simples dans un texte


"Personne ne saura jamais ce qui avait brûlé dans le feu. Deux sœurs, âgées de
vingt et vingt-deux ans, l'avaient allumé dans leur jardin à cinq heures du matin,
un jour de septembre. En chemise de nuit, chandail, sandales, elles étaient sorties
alors qu'il faisait encore presque noir, elles avaient peur et un peu froid, mais
chacune serrait fort une boîte d'allumette dans sa main. S'il y avait là des lettres,
elles ne les avaient pas lues, des poèmes, elles ne les connaissaient pas, des
confessions, des aveux, elles croyaient que la pudeur ou la prudence leur dictait de
n'en apprendre rien, des messages, des pensées, des dernières volontés, elles les
jetaient par liasses sur le bûcher. Le visage chaud, coloré par des reflets roux
changeants, les yeux brillants, elles observaient la combustion.
Papier qui brûle ne crépite pas. Le feu était pratiquement muet. Au-dessus, l'air
bouillonnait comme du sirop de sucre. Le jardin semblait fondre."
Éva Almassy," Tous les Jours", Gallimard, Paris, 1999, p 13.

Question
[Solution n°1 p 41]
Dans le texte d'Éva Almassy ci-dessus, combien y a-t-il de phrases ? À quoi les
reconnaissez-vous ?

E. Les unités de la phrase

Mot, syntagme, phrase.


Nous allons aborder maintenant des notions essentielles à l'analyse de la phrase.
La phrase est une suite de mots liés entre eux.
La phrase est en effet constituée de mots ; mais il existe un échelon intermédiaire
entre le mot et la phrase : c'est le syntagme.
Les mots ne se présentent pas en effet dans le texte comme les pièces d'un puzzle,
simplement emboîtées, sans que rien ne les relie ; une phrase ressemble
davantage à un mur constitué de briques ou de parpaings :
 D'une part, on ne met pas n'importe quelle brique à n'importe quelle place ;
chacune a un rôle bien précis à jouer dans la phrase, c'est sa fonction.
 En outre, le mot est rarement isolé ; le nom, par exemple, est le plus
souvent accompagné d'un article, d'un ou plusieurs adjectifs... Ainsi, si je dis
"le chat noir a mangé la petite souris", ce n'est pas seulement le mot "chat"
qui est sujet du verbe "a mangé", mais tout l'ensemble "le chat noir" ; de

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Introduction à la grammaire corrective

même, ce n'est pas seulement le mot "souris" qui constitue le COD, mais
l'ensemble "la petite souris".
On parlera alors de syntagme nominal.
Énonciateur, destinataire
Une phrase constitue donc un énoncé, parfois long et complexe, parfois formé d'un
seul mot : "Viens", par exemple, est un syntagme verbal, une phrase et un énoncé.
Il n'y a pas d'énoncé sans énonciateur : quelqu'un dit ou écrit la phrase.
Il n'y a pas non plus d'énoncé sans destinataire : on parle forcément à quelqu'un,
fût-ce à soi-même.
Un énoncé pas toujours si autonome
La phrase, dit-on, présente un sens fermé, complet ; mais ce n'est pas toujours
vrai. Elle peut aussi renvoyer à une phrase antérieure, voire à des éléments de
l'énonciation.

Exemple
Si je dis : "l'avion pour Berlin n'a pas encore atterri. Il est encore en retard", dans
la seconde phrase, "il" est un pronom sujet qui n'a de sens que par rapport au sujet
de la phrase précédente : "l'avion pour Berlin".
Et la fameuse expression "demain on rase gratis" ne se comprend que dans un
contexte donné ; si l'énoncé n'est pas situé dans le temps, le déictique "demain",
qui renvoie à la situation d'énonciation, n'exprime alors aucun temps précis.
Néanmoins, avec ces restrictions, "il est encore en retard" et "demain on rase
gratis" constituent bien des unités de sens.

Définition : La phrase Simple


La phrase simple est constituée d'un seul syntagme verbal ; on l'appelle aussi
proposition indépendante.
Le syntagme nominal ou SN, obligatoire, constitue le sujet.
Le verbe, accompagné de son COD, constitue le syntagme verbal (SV) : lui aussi
est obligatoire. Le noyau verbal, qui définit la proposition indépendante, peut
aussi être constitué de plusieurs verbes reliés ou non par une conjonction de
coordination :
Par exemple, dans la phrase « "Pierre se lève, prend son manteau et sort de la
maison" », il y a trois verbes, mais un seul SV, constitué des verbes "se lève",
"prend", "sort" ; les deux premiers sont juxtaposés, le troisième coordonné, et
l'ensemble forme une énumération fermée.
En revanche, les circonstants sont facultatifs, et déplaçables.

F. Identifier les phrases simples


Personne ne saura jamais ce qui avait brûlé dans le feu. Deux sœurs, âgées de
vingt et vingt-deux ans, l'avaient allumé dans leur jardin à cinq heures du matin,
un jour de septembre. En chemise de nuit, chandail, sandales, elles étaient sorties
alors qu'il faisait encore presque noir, elles avaient peur et un peu froid, mais
chacune serrait fort une boîte d'allumette dans sa main. S'il y avait là des lettres,
elles ne les avaient pas lues, des poèmes, elles ne les connaissaient pas, des
confessions, des aveux, elles croyaient que la pudeur ou la prudence leur dictait de
n'en apprendre rien, des messages, des pensées, des dernières volontés, elles les
jetaient par liasses sur le bûcher. Le visage chaud, coloré par des reflets roux
changeants, les yeux brillants, elles observaient la combustion.

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Introduction à la grammaire corrective

Papier qui brûle ne crépite pas. Le feu était pratiquement muet. Au-dessus, l'air
bouillonnait comme du sirop de sucre. Le jardin semblait fondre.

Question
[Solution n°2 p 41]
Dans le texte ci-dessus, repérez les phrases simples, et déterminez leurs
composants : SN, SV, Circonstants.

G. Les différents types de phrase verbale

Nous avons vu précédemment que l'on définit la phrase simple (ou proposition
indépendante) comme un ensemble de constituants organisés autour du syntagme
verbal. Il s'agit ici de la phrase canonique, qui sert de base à l'analyse de toutes les
autres phrases.
La phrase verbale simple est assertive, et constituée de la manière suivante : SN +
SV + circonstants. Mais si ce type de phrase verbale est le plus courant, il n'est
évidemment pas le seul.

1. La phrase affirmative

Dans l'exercice précédent, nous avons relevé un certain nombre de phrases simples
; toutes correspondaient au schéma type de la phrase assertive : un SN, un SV,
éventuellement un ou des circonstant(s).
C'est la définition même de la phrase assertive, ou affirmative.
Pour en finir avec la phrase simple assertive, revoir les cours suivants :
 les fonctions de base du nom ;
 les fonctions circonstancielles du nom.

Conseil
Revoyez les séquences 3 à 9.

2. Interrogation

La phrase interrogative
La phrase interrogative
La phrase interrogative correspond à une question dans le discours direct.
L'interrogation peut être totale ou partielle.
 L'interrogation totale porte sur l'existence d'un fait ; elle ne comporte pas
de mot interrogatif introducteur, et suppose une réponse globale, c'est-à-
dire "oui" ou "non".
Dans la langue parlée, elle se caractérise essentiellement par une intonation
(montante), et par un contexte permettant de comprendre que l'énonciateur
interroge un destinataire. C'est le contenu même du propos qui permet d'induire
qu'une réponse est attendue.
Il peut arriver que la forme de la phrase soit affectée par la tournure interrogative,
surtout dans le registre soutenu : dans ce cas, comme à l'écrit, le sujet peut être
postposé ("es-tu malade ?") ; mais dans le registre courant, rien n'indique que
nous avons affaire à une question, excepté l'intonation : "tu es malade ?".

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Introduction à la grammaire corrective

Dans la langue écrite et le registre soutenu, l'interrogation se caractérise par


une inversion du sujet ; sur un plan graphique, l'interrogation directe est
toujours notée par un point d'interrogation.
 L'interrogation partielle porte sur un aspect du fait : l'identité (qui ?
qu'est-ce que ? que ?), le lieu, le temps...
Elle suppose une réponse portant sur cet aspect précis.
L'interrogatif (pronom, adverbe...) étant généralement situé en tête de phrase, le
sujet est le plus souvent inversé (mais ce n'est pas une règle absolue : le langage
courant tend à l'oublier) :
"Où vas-tu" devient souvent, dans la langue familière : "tu vas où ?".

3. L'interrogative totale ou partielle ?

Voici une série de phrases assertives :


1. Les livres sont rangés dans la bibliothèque.
2. Les deux sœurs ont brûlé les papiers de leur père dans le jardin.
3. Le feu crépitait.
4. Chaque jour je me rends à mon travail.
5. L'enfant joue du violon.
6. Olivier Barrot a fait l'éloge de ce livre dans son émission quotidienne.
7. Aux terrasses des cafés, on entend des conversations amusantes.
8. Les deux enfants se connaissaient depuis l'école maternelle.
9. La nuit tous les chats sont gris.
10. Le bateau pour la Corse partira dans une heure.

Question 1
[Solution n°3 p 42]
Transformez les phrases assertives ci-dessus en phrases interrogatives totales.
Vous utiliserez un registre familier.

Question 2
[Solution n°4 p 42]
Même exercice, en utilisant, chaque fois que c'est possible, un registre soutenu.

Question 3
[Solution n°5 p 42]
Transformez maintenant ces énoncés en interrogatives partielles, en indiquant à
chaque fois sur quel terme porte la question. (plusieurs réponses peuvent être
possibles).

4. La phrase exclamative

Définition : Que veut dire une phrase exclamative


La phrase exclamative s'identifie, oralement, par une intonation exclamative
exprimant une émotion forte (colère, joie, indignation, surprise...) qui se traduit par
une ligne mélodique particulière ; graphiquement, elle se reconnaît à son point
d'exclamation.

En réalité, mis à part son caractère impressif, il n'est pas sûr que la phrase
exclamative soit une catégorie à part entière ; elle apparaît plutôt comme une
variante d'autres catégories :
 Une variante de la phrase interrogative : "Est-il naïf !"
 Une variante de la phrase assertive : "tu es malade !"

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Introduction à la grammaire corrective

 Une variante de la phrase injonctive : "Debout !" "Attention à la peinture !"


"Sors d'ici !"
La phrase exclamative est très souvent incomplète : "quel âne" (tu es) ; "je l'aimais
tellement" (que...) ; la phrase nominale se prête particulièrement bien à
l'exclamation : "L'imbécile !" "Un scandale !".
Les mots introducteurs de l'exclamative
La proposition exclamative se reconnaît parfois à la présence d'adjectifs ou
d'adverbes exclamatifs ; mais ces mots sont rarement spécifiques à l'exclamation.
On trouve en effet :
Des adverbes et des adjectifs interrogatifs : que, combien, quel... - Notons que
"comme", originellement interrogatif, s'est spécialisé dans l'exclamation ;
l'interrogation utilise sa variante "comment".
Les pronoms interrogatifs "qui", "qu'est-ce que".

5. Relevez et classez les phrases exclamatives

Extrait de l'album "Le Trésor de Virgule", par Greg

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Introduction à la grammaire corrective

Album "Achille Talon et le trésor de Virgule", par Greg, éditions Dargaud, 1977
Pour plus de facilité, nous avons transcrit ci-dessous le dialogue.
– Chère et stupéfiante Virgule, je passais par là et je me suis dit : je vais faire un
cadeau à Virgule. Hop. Une inspiration. Boum. Comme ça.
– Oh ! Achille ! Grand fou ! Un cadeau ? Je palpite ! – Je palpite, je palpite, qu'est-
ce que c'est ? Oh ! Un vase ! Un superbe petit vase mignon mignon comme j'en ai
toujours eu envie ! Achille, vous devinez tout !
– bof.
– Mais... ? Ciel ! Achille ! Mon pauvre ami, vous ne pensez donc à rien ? C'est
épouvantable ! Un désastre ! Ce petit vase ne s'accorde avec rien de ce qui est ici !
À lui tout seul, il ferait jurer tout mon mobilier, comme on dit tout bas que le font
les charretiers ! – Mais je sais ! Je sais comment tout sauver ! Et ça va être
follement amusant en plus ! Hécatombe, je vais avoir besoin de vous !

Question
[Solution n°6 p 43]
Dans les vignettes ci-dessus, relevez et classez les phrases exclamatives ; faites
toutes les remarques utiles.

6. La phrase négative

Définition : La phrase négative simple


La phrase négative peut être considérée comme une variante de la phrase
assertive, à laquelle s'ajoute une négation de forme discontinue : ne... pas, ne...
plus, ne... jamais, personne... ne, rien... ne, aucun... ne.
La différence entre une phrase assertive (j'aime la lecture) et une phrase négative
(je n'aime pas la lecture, personne n'aime la lecture, je n'aime rien) est donc à la
fois sémantique et syntaxique, avec l'introduction de ces négations.

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Introduction à la grammaire corrective

Définition : La phrase interro-négative


La phrase interro-négative est une variante de la phrase interrogative ; la plupart
des phrases interrogatives peut se transformer en phrase interro-négative par
l'ajout d'une négation

7. Repérer les propositions négatives


Personne ne saura jamais ce qui avait brûlé dans le feu. Deux sœurs, âgées de
vingt et vingt-deux ans, l'avaient allumé dans leur jardin à cinq heures du matin,
un jour de septembre. En chemise de nuit, chandail, sandales, elles étaient sorties
alors qu'il faisait encore presque noir, elles avaient peur et un peu froid, mais
chacune serrait fort une boîte d'allumette dans sa main. S'il y avait là des lettres,
elles ne les avaient pas lues, des poèmes, elles ne les connaissaient pas, des
confessions, des aveux, elles croyaient que la pudeur ou la prudence leur dictait de
n'en apprendre rien, des messages, des pensées, des dernières volontés, elles les
jetaient par liasses sur le bûcher. Le visage chaud, coloré par des reflets roux
changeants, les yeux brillants, elles observaient la combustion.
Papier qui brûle ne crépite pas. le feu était pratiquement muet. Au-dessus, l'air
bouillonnait comme du sirop de sucre. Le jardin semblait fondre.

Question
[Solution n°7 p 44]
Dans le texte d'Éva Almassy ci-dessus, repérez les propositions négatives ;
observez les négations.

8. Conclusion

Cette première séquence sur la phrase est terminée. La séquence suivante aborde
"la phrase verbale et ses modalités". Nous vous y attendons ! Et n'oubliez pas à
vous rendre sur le forum pour toute question.

* *
*

Cette première séquence sur la phrase est terminée. La séquence suivante aborde
"la phrase verbale et ses modalités". Nous vous y attendons ! Et n'oubliez pas à
vous rendre sur le forum pour toute question.

17
II. Les catégories
II -

II
grammaticales :

Cette formation est destinée aux étudiants et futurs étudiants du semestre 1 des
filières métiers de la formation et de l'éducation afin qu'ils acquièrent de solides
bases grammaticales en langue française. Elle est particulièrement adaptée aux
élèves désirant suivre un parcours d'excellence dans les métiers de l'enseignement
et de la formation.
En terme de contenu, la formation doit permettre l'appropriation des principales
notions de la grammaire française, afin que les étudiants puissent suivre le cursus
universitaire de leur spécialisation.
Cette séquence sur le nom est la première d'une série de neuf séquences sur le
nom.
N'hésitez pas à interagir entre apprenants et éventuellement avec les enseignants
sur le forum, la pratique voulant que le maximum de réponses aux questions
posées soient apportées par les apprenants eux-mêmes.

A. Nom propre et nom commun

1. Définition

Nom propre et nom commun


Comme son nom l'indique (!), c'est un mot qui désigne un être, une chose, une
substance, un concept, une action.
En français, il est généralement accompagné d'un article, défini (le, la, les) ou
indéfini (un, une, des).
Étudions cela à partir du texte d'Ananda Devi...

2. Définition du nom propre

Un nom propre s'applique à un individu particulier, une entité, qu'il s'agisse d'une
personne (ici l'auteur, Ananda Devi), un lieu ou un pays, un animal... En français, il
porte généralement une majuscule ; pour les personnes, il n'a le plus souvent pas
de déterminant défini.

19
II. Les catégories grammaticales :

Remarque
Un article défini accompagnant un nom de personne lui confère soit une
connotation axiologique négative (mépris, haine...), soit un registre de langue
populaire.
Exemple : "La Martine", "La Marie"...

Remarque
Un article indéfini accompagnant un nom propre transforme celui-ci en nom
commun ; c'est la figure de l'antonomase. Le nom propre peut garder sa
majuscule, lorsque son origine reste dans les mémoires, ou la perdre : la
transformation est alors complète.
Exemple : un Harpagon, un Tartuffe... mais on dira "le macadam", "la poubelle"...
dans ces deux derniers cas l'origine du mot est oubliée.

Remarque
Il arrive également qu'une majuscule attribuée à un nom commun, non seulement
change sa signification, mais aussi fasse de ce nom commun une sorte de nom
propre, applicable à une entité particulière, proche de l'allégorie :
 L'Etat ( « Autorité politique souveraine, civile, militaire ou éventuellement
religieuse, considérée »« comme une personne juridique et morale, à
laquelle est soumise un groupement humain, vivant sur un territoire donné.
»selon la définition du Trésor de la Langue Française) se distingue de l'état
(des finances, de santé...)
 L'Eglise (comme organisation religieuse) se distingue de l'église (simple lieu
de culte)
 La Justice (allégorie féminine portant la balance et l'épée) diffère de la
justice...

3. Définition du nom commun

Un nom commun, en revanche désigne non pas un individu déterminé, mais un


objet, un être en tant qu'il appartient à une classe d'objets ; "le chien" désigne tel
animal appartenant à l'espèce des chiens.

4. Identifier les noms propres

Question
Mer, soleil, sécheresse et cyclone. Nos quatre rythmes. Nos quatre points
cardinaux. Ce qui nous faisait vivre et nous tuait tour à tour. Et nous entrions dans
notre abrutissement avec nos yeux lavés de sel, nos silences de cœur, trop lourds,
nos mains fripées de trop de mer.
Ça a l'air accueillant, rieur, un tout petit peu sauvage, juste de quoi plaire aux
touristes qui viennent en plus grand nombre depuis qu'ils connaissent notre
existence. Ils apportent de l'argent, un peu de peau blanche (ou écrevisse après
quelques jours d'exposition au soleil), une autre façon de vivre, même lorsqu'ils
croient mimer la nôtre. Ils apportent un air d'ailleurs, mais ils ne comprennent rien
à l'air d'ici. On les regarde de l'autre côté d'une barrière qu'ils ne voient pas mais
pressentent peut-être comme une gêne passagère. On ne se touche pas. Ils
touchent à nos filles, mais ils ne savent pas lire ce qu'il y a dans leurs yeux. Ils
voient les sourires de circonstance, mais pas la rage qui, parfois, nous ronge le

20
II. Les catégories grammaticales :

cœur. Car nous sommes une race fière.


Tout ce temps, Rodrigues a été un pays en mal avec lui-même. Nous faisons partie
de Maurice, mais elle est bien loin, bien différente. Rien ne nous unit. Nous sommes
la dernière île habitée à l'est de l'Afrique. Le radeau en perpétuel naufrage. Le
lagon donne une impression rassurante, mais la double ligne de l'horizon, celle,
blanche, des récifs, celle noire de la limite de l'océan, dit bien tout ce qu'il a de
trompeur, et que le bleu n'est qu'un reflet de surface masquant des abîmes plus
profonds. L'intérieur du pays, lui, est accidenté et sec. Les rochers sont des arêtes
qui interdisent le passage. Les collines ne sont pas vertes mais fauves et drues.
Elles n'ouvrent les bras à personne. Et sous la terre, les caves veillent.
On croit que nous sommes des gens doux et accueillants. Le pittoresque, c'est ça
qu'ils viennent chercher ici. Letan lontan, letan margoz. Temps des légumes amers.
Mais nos légumes à nous ont toujours été amers. Il n'y en a jamais eu d'autres.
Suspendus à nos jours, à nos heures, arrachant une existence à la mer et à la
terre, avec notre odeur de poisson salé, nos paniers de raffia ou d'aloès, nos
chapeaux de paille, notre irrésolu.

Question
[Solution n°8 p 44]
Relevez les noms propres dans le texte d'Ananda Devi recopié ci-dessous.

B. Substantivation

1. Des exemples de substantivation

On peut créer des noms, en substantivant à peu près n'importe quoi à l'aide d'un
article :
 Un nom propre : "un hercule, un camembert, un bordeaux". C'est la figure
de l'antonomase.
 Un adjectif : "le beau, le vrai".
 Un infinitif : "le boire, le manger, le dîner..."
 Un adverbe : "le pour, le contre".
 Un sigle : la SNCF, l'ONU, un SOS, la RATP...

2. Identifier les noms issus d'une substantivation


« Mer, soleil, sécheresse et cyclone. Nos quatre rythmes. Nos quatre . Ce qui
nous faisait vivre et nous tuait tour à tour. Et nous entrions dans notre
abrutissement avec nos yeux lavés de sel, nos silences de cœur, trop lourds,
nos mains fripées de trop de mer. »
« Ça a l'air accueillant, rieur, un tout petit peu sauvage, juste de quoi plaire aux
touristes qui viennent en plus grand nombre depuis qu'ils connaissent notre
existence. Ils apportent de l'argent, un peu de peau blanche (ou écrevisse après
quelques jours d'exposition au soleil), une autre façon de vivre, même lorsqu'ils
croient mimer la nôtre. Ils apportent un air d'ailleurs, mais ils ne comprennent rien
à l'air d'ici. On les regarde de l'autre côté d'une barrière qu'ils ne voient pas mais
pressentent peut-être comme une gêne passagère. On ne se touche pas. Ils
touchent à nos filles, mais ils ne savent pas lire ce qu'il y a dans leurs yeux. Ils
voient les sourires de circonstance, mais pas la rage qui, parfois, nous ronge le
cœur. Car nous sommes une race fière. »
« Tout ce temps, Rodrigues a été un pays en mal avec lui-même. Nous faisons

21
II. Les catégories grammaticales :

partie de Maurice, mais elle est bien loin, bien différente. Rien ne nous unit. Nous
sommes la dernière île habitée à l'est de l'Afrique. Le radeau en perpétuel
naufrage. Le lagon donne une impression rassurante, mais la double ligne de
l'horizon, celle, blanche, des récifs, celle noire de la limite de l'océan, dit bien
tout ce qu'il a de trompeur, et que le bleu n'est qu'un reflet de surface masquant
des abîmes plus profonds. L'intérieur du pays, lui, est accidenté et sec. Les
rochers sont des arêtes qui interdisent le passage. Les collines ne sont pas
vertes mais fauves et drues. Elles n'ouvrent les bras à personne. Et sous la terre,
les caves veillent. »
« On croit que nous sommes des gens doux et accueillants. Le pittoresque, c'est
ça qu'ils viennent chercher ici. Letan lontan, letan margoz. Temps des légumes
amers. Mais nos légumes à nous ont toujours été amers. Il n'y en a jamais eu
d'autres. »
« Suspendus à nos jours, à nos heures, arrachant une existence à la mer et à la
terre, avec notre odeur de poisson salé, nos paniers de raffia ou d'aloès, nos
chapeaux de paille, notre irrésolu. »

Question
[Solution n°9 p 44]
Dans le texte d'Ananda Devi, recopié ci-dessous, relevez les noms communs (parmi
ceux qui ont été mis en gras) issus d'une substantivation ; dites comment ils ont
été formés.
Indice :
Tous les noms ont été écrits en bleu dans le texte.

C. Testez vos acquis


« À l'heure où le soleil se couche, le marais m'enivre et m'affole. Après avoir été
tout le jour le grand étang silencieux, assoupi sous la chaleur, il devient, au
moment du crépuscule, un pays féerique et surnaturel. Dans son miroir calme et
démesuré tombent les nuées, les nuées d'or, les nuées de sang, les nuées de feu ;
elles y tombent, s'y mouillent, s'y noient, s'y traînent. Elles sont là-haut dans l'air
immense, et elles sont en bas, sous nous, si près et insaisissables dans cette mince
flaque d'eau que percent, comme des poils, les herbes pointues »
« Guy de Maupassant, "Sur l'eau", « Journal », 1888. »

Question
[Solution n°10 p 45]
Dans le texte de Maupassant ci-dessous, relevez les noms communs. Comment
sont-ils introduits ou qualifiés?

* *
*

Cette première séquence sur le nom est terminée. La séquence suivante aborde "la
morphologie du nom". Nous vous y attendons ! Et n'oubliez pas à vous rendre sur
le forum pour toute question.

22
La morphologie du nom

23
La morphologie
III -

III
du nom

A. Extrait

Fama se commanda de continuer et traversa la rue. Un bout de temps éloignait


encore de l'heure de la quatrième prière, le temps de marcher vite et d'arriver à la
mosquée. Il évita deux taxis, tourna à droite, contourna un carré, déboucha sur le
trottoir droit de l'avenue centrale et se mêla à la foule coulant vers le marché. Là,
entre les toits, apparaissaient divers cieux : le tourmenté par les vents qui
arrachaient des nuages pour les jeter sur le soleil déjà couvert et éteint, le bas
épais et indigo montant de la mer et avançant sur les maisons et les arbres inquiets
et tremblotants. L'orage était proche. Ville sale et gluante de pluies ! pourrie de
pluies ! Ah ! nostalgie de la terre natale de Fama ! Son ciel profond et lointain, son
sol aride mais solide, les jours toujours secs. Oh ! Horodougou ! tu manquais à
cette ville et tout ce qui avait permis à Fama de vivre une enfance heureuse de
prince manquait aussi (le soleil, l'honneur et l'or), quand au lever les esclaves
palefreniers présentaient le cheval rétif pour la cavalcade matinale, quand à la
deuxième prière les griots et les griottes chantaient la pérennité et la puissance des
Doumboya, et qu'après, les marabouts récitaient et enseignaient le Coran, la pitié
et l'aumône. Qui pouvait s'aviser alors d'apprendre à courir de sacrifice en sacrifice
pour mendier ?
Ahmadou Kourouma, Les Soleils des indépendances, Paris, Seuil, 1970, p. 21.

B. Introduction

1. Genre du nom

Tout nom est pourvu d'un genre qui lui est propre, et qu'il conserve dans tous ses
emplois ; ce genre qu'il transmet à ses déterminants et aux adjectifs qui se
rapportent à lui, peut être déterminé par le sexe s'il s'agit d'un être animé (un
homme / une femme ; un chat / une chatte) ; mais la plupart du temps il est
parfaitement arbitraire, et fixé par l'usage.
Ainsi dit-on "une souris" (même s'il s'agit d'un mâle), "un corbeau" (même si c'est
une femelle) ; le soleil, en français comme en latin ou en grec, associé à Apollon,
dieu éminemment viril, est masculin, tandis que la lune est une figure féminine

25
La morphologie du nom

(Artémis, Phoebé, Diane...) ; mais en allemand, c'est le contraire !


Il arrive même qu'un nom change de genre au cours de son histoire ; et parfois
même, il en change lorsque son nombre est modifié. L'exemple type est le trio
"amours, délices, orgues", trois noms masculins au singulier, qui deviennent
féminins au pluriel !
Dans la plupart des langues, il existe trois genres :
 Le masculin.
 Le féminin.
 Le neutre, souvent associé aux objets, aux concepts, aux inanimés. En
français, le neutre ne subsiste plus que sous la forme de traces : "cela, rien,
quoi..."

2. Identifier le genre des noms


''Fama se commanda de continuer et traversa la rue. Un bout de temps éloignait
encore de l'heure de la quatrième prière, le temps de marcher vite et d'arriver à la
mosquée. Il évita deux taxis, tourna à droite, contourna un carré, déboucha sur le
trottoir droit de l'avenue centrale et se mêla à la foule coulant vers le marché. Là,
entre les toits, apparaissaient divers cieux : le tourmenté par les vents qui
arrachaient des nuages pour les jeter sur le soleil déjà couvert et éteint, le bas
épais et indigo montant de la mer et avançant sur les maisons et les arbres inquiets
et tremblotants. L'orage était proche. Ville sale et gluante de pluies ! pourrie de
pluies ! Ah ! nostalgie de la terre natale de Fama ! Son ciel profond et lointain, son
sol aride mais solide, les jours toujours secs. Oh ! Horodougou ! tu manquais à
cette ville et tout ce qui avait permis à Fama de vivre une enfance heureuse de
prince manquait aussi (le soleil, l'honneur et l'or), quand au lever les esclaves
palefreniers présentaient le cheval rétif pour la cavalcade matinale, quand à la
deuxième prière les griots et les griottes chantaient la pérennité et la puissance des
Doumboya, et qu'après, les marabouts récitaient et enseignaient le Coran, la pitié
et l'aumône. Qui pouvait s'aviser alors d'apprendre à courir de sacrifice en sacrifice
pour mendier ? "

Question
[Solution n°11 p 45]
Dans le texte d'Ahmadou Kourouma ci-dessus, relevez les noms en gras et classez-
les selon leur genre. Dans quel cas ce genre est-il motivé ou immotivé ? Dans quel
cas est-il impossible de trancher, si l'on ne connaît pas le mot ou si l'on ne dispose
pas d'un dictionnaire ?

3. Le retour du féminin dans la langu

La féminisation des nom


Depuis le XVIIIème siècle, « le masculin l'emporte sur le féminin » dans la langue,
beaucoup plus pour des motifs idéologiques que réellement linguistiques ; ainsi,
nombre de métiers, pourtant exercés par des femmes autant que par des hommes,
ainsi que des titres, portaient jusqu'à une date récente un nom exclusivement
masculin. On disait donc « un professeur », « un écrivain », « un ingénieur », « un
pompier »...
Actuellement, sous la pression des mouvements féministes, les choses évoluent, et
des féminins réapparaissent, ou se créent, de manière plus ou moins anarchique
d'ailleurs :
 Le suffixe -teur a tout naturellement un féminin en -trice : mais « autrice »
semble avoir du mal à s'imposer en face de « auteure », *doctrice n'est pas
attesté, alors que « factrice », « inspectrice »... existent tout

26
La morphologie du nom

naturellement ; il existe aussi une variante en -teuse : chanteur /


chanteuse.
 Lorsque le suffixe n'a pas de féminin, ou lorsqu'il n'y a pas de suffixe, le -e
final, issu du marquage des adjectifs, s'impose : on dira donc « une
professeure », « une écrivaine »...
 Les noms en -iste n'ont ni féminin, ni masculin : « un/une garagiste »...
Pour en savoir plus long, voir La Documentation française.

4. Reconnaître le genre des noms


1. éloge – 2. souris – 3. problème – 4. limonade – 5. limogeage – 6. professeure –
7. caprice – 8. vérité – 9. jument – 10. serment – 11. faute – 12. article

Question 1
[Solution n°12 p 46]
Donnez le genre des noms suivants, à l'aide d'un dictionnaire :

Question 2
[Solution n°13 p 47]
Les noms suivants désignent des êtres masculins ; quelle forme prendraient-ils
pour désigner leurs équivalents féminins ?
1. auteur – 2. menteur – 3. duc – 4. comte – 5. roi – 6. chien – 7. instituteur – 8.
ingénieur – 9. député – 10. président.

27
Déterminant :
IV -

IV
sous-classes /
morphologie

A. Extrait à étudier

"Pendant la seconde guerre mondiale, deux jeunes résistantes, Ludivine Davre et


Sarah Cohen, amies très proches, sont sur le point d'être arrêtées. Ludivine va
sacrifier sa vie pour Sarah, qui est mère d'une petite fille, Luce. Nous sommes
presque à la fin de la pièce.
LUDIVINE. Calme-toi ! Quels papiers as-tu sur toi ?
SARAH. Mes papiers. Avec mon nom. Sarah Cohen !
LUDIVINE. Donne-les moi. J'arrache ta photo. Je la colle sur mes papiers à moi !
J'arrache ma photo, je la colle sur tes papiers à toi ! Tu vas devenir Ludivine Davre
et je vais devenir Sarah Cohen...
SARAH. Ça ne sert à rien, on sera prises toutes les deux !
LUDIVINE. Si tu t'appelles Ludivine Davre tu as une petite chance de t'en sortir,
mais si tu t'appelles Sarah Cohen tu n'en as aucune.
SARAH. Non ! Non, non, non... tu ne peux pas !
LUDIVINE. Sarah, comment je pourrais faire pour vivre sans toi !
SARAH. Et moi, comment je pourrais faire pour vivre sans toi ?
LUDIVINE. Sarah ! Réfléchis ! Toi tu pourras encore donner la vie, mais moi, tout ce
que je peux faire, c'est donner la mienne et à qui d'autre je voudrais la donner si ce
n'est à toi ? Tu ne peux pas m'enlever ça, tu comprends ?
Téléphone. Un coup.
LUDIVINE. Ils arrivent, Sarah !
SARAH. Je ne peux pas !
LUDIVINE. Pense à Luce, pense à Samuel et à tous ceux-là qui viendront après
nous grâce à toi, grâce à toi, Sarah ! Écoute : dans notre situation, dans notre
époque qui assomme toute beauté, toute voix, toute aspiration, il faut aller en ligne
droite, et sans dévier, vers la cible pour l'atteindre à la fine pointe acérée de la
flèche et ainsi frapper en plein cœur le chagrin. Si tu refuses, Sarah, si tu refuses
l'évidence, tout sera inversé ! Celle qui peut donner la vie sacrifierait la sienne pour
sauver celle qui ne peut pas la donner ? Tu réalises l'aveuglement ? Sarah, j'ai tout
vécu avec toi, et par toi, et grâce à toi, ma vie aura été, malgré tout, une flamme,

29
Déterminant : sous-classes / morphologie

une vague, une plage, un souffle. J'ai tout pleuré par toi, j'ai tout aimé par toi, j'ai
tout ri par toi, j'ai tout compris par toi et j'ai tout appris par toi et tu ne veux pas
que je meure pour toi ? Sarah, je t'en prie, ne crains pas car je vivrai tout ce qui
m'attend avec force puisque je me dirai à chaque instant "ce que je vis je l'épargne
à Sarah, ce que je souffre je l'épargne à Sarah", alors rien ne me fera trembler, je
te jure, te le promets !
SARAH. Ludivine ! C'est impossible !
LUDIVINE. Sarah, un jour quelque chose viendra témoigner de ce que toi et moi
nous aurons fait l'une pour l'autre et aura le visage de notre jeunesse sacrifiée. Et
alors, toi et moi, moi et toi, on aura tordu le cou au destin en tenant nos promesses
jusqu'au bout : vie sauvée, vie perdue, vie donnée. Promets-le moi !
SARAH. Ludivine...
LUDIVINE. Promets-le moi...
SARAH. Vie sauvée, vie perdue, vie donnée...
LUDIVINE. Promets-le moi...
SARAH. Je te le promets...
LUDIVINE. Ludivine, regarde-moi, je suis Sarah, c'est moi !
Ludivine emportée. Crâne fracassé à coups de marteau. "
Wadji Mouawad, "Forêts", éditions Leméac et Actes Sud papiers, 2006, 2ème
édition 2009, p. 94-95.

B. Les déterminants du nom

1. Les déterminants

Définition
En français, un nom commun ne saurait, dans la majorité de ses emplois, se
présenter seul ; il est généralement accompagné d'un déterminant - article ou
adjectifs démonstratifs, possessifs ou interrogatifs - qui en précise le genre, le
nombre, le degré de détermination, et éventuellement la relation de l'objet nommé
par rapport au locuteur, ou à tel autre élément du discours.
Le groupe nominal "de base" est donc constitué du couple formé par le nom et
son déterminant

Remarque
Il peut arriver qu'un nom se présente sans déterminant : ce cas particulier sera
étudié dans la suite

Remarque
Les deux grandes catégories de déterminants
On distingue deux grandes catégories de déterminants :
1. Les déterminants définis (articles définis, adjectifs possessifs et
démonstratifs) ;
2. Les déterminants indéfinis (articles indéfinis et partitifs, déterminants
indéfinis, interrogatifs, exclamatifs et négatifs).
Nous étudierons plus précisément chacune de ces catégories dans les séquences
qui leur sont consacrées.

30
Déterminant : sous-classes / morphologie

2. Les déterminants définis

Définition générale
Les déterminants définis servent à individualiser ou à désigner un objet ou un
groupe d'objet bien spécifiques, connus du lecteur ou de l'auditeur (ex. : "le livre de
Jacques", "ce livre", "mes livres").
Ils peuvent aussi renvoyer à l'ensemble d'une classe (ex : "le chien est un
mammifère").
Ils ne peuvent se combiner entre eux.
Les différentes catégories de déterminants définis
Les déterminants définis sont :
l'article défini ;
l'adjectif démonstratif (voir séquence 11) ;
l'adjectif possessif (voir séquence 12)
L'article défini

3. Reconnaître et classer les déterminants définis

Nous avons recopié ici un extrait du texte d'étude.


LUDIVINE. Pense à Luce, pense à Samuel et à tous ceux-là qui viendront après
nous grâce à toi, grâce à toi, Sarah ! Écoute : dans notre situation, dans notre
époque qui assomme toute beauté, toute voix, toute aspiration, il faut aller en ligne
droite, et sans dévier, vers la cible pour l'atteindre à la fine pointe acérée de la
flèche et ainsi frapper en plein cœur le chagrin. Si tu refuses, Sarah, si tu refuses
l'évidence, tout sera inversé ! Celle qui peut donner la vie sacrifierait la sienne pour
sauver celle qui ne peut pas la donner ? Tu réalises l'aveuglement ? Sarah, j'ai tout
vécu avec toi, et par toi, et grâce à toi, ma vie aura été, malgré tout, une flamme,
une vague, une plage, un souffle. J'ai tout pleuré par toi, j'ai tout aimé par toi, j'ai
tout ri par toi, j'ai tout compris par toi et j'ai tout appris par toi et tu ne veux pas
que je meure pour toi ? Sarah, je t'en prie, ne crains pas car je vivrai tout ce qui
m'attend avec force puisque je me dirai à chaque instant "ce que je vis je l'épargne
à Sarah, ce que je souffre je l'épargne à Sarah", alors rien ne me fera trembler, je
te jure, te le promets !
SARAH. Ludivine ! C'est impossible !
LUDIVINE. Sarah, un jour quelque chose viendra témoigner de ce que toi et moi
nous aurons fait l'une pour l'autre et aura le visage de notre jeunesse sacrifiée. Et
alors, toi et moi, moi et toi, on aura tordu le cou au destin en tenant nos promesses
jusqu'au bout : vie sauvée, vie perdue, vie donnée. Promets-le moi !
.

Question
[Solution n°14 p 47]
Dans l'extrait ci-dessus, relevez et classez les déterminants définis.

31
Déterminant : sous-classes / morphologie

4. Les déterminants indéfinis


Définition générale
Les déterminants indéfinis présentent le nom qu'ils accompagnent comme un
élément quelconque, non connu antérieurement ("un chien"), ou une quantité
imprécise ("de l'eau").
Les différents déterminants indéfinis
 Les déterminants indéfinis sont :
 les articles indéfinis ("un chien", "des fleurs") ;
 les articles partitifs ("du pain", "de l'eau") ;
 les adjectifs indéfinis ("quelque", "certain"...) ;
 Les adjectifs interrogatifs ("quel chien ?") et exclamatifs ("uel œuf !") ;
 Les déterminants négatifs ("aucun", "nul").
L'article indéfini
L'article indéfini n'existe pas dans toutes les langues ; ainsi, en grec ancien,
l'absence d'article vaut pour exprimer l'indéfinition.
En revanche, il arrive souvent que l'article indéfini soit identique du nombre "un" :
ein en allemand, "un" en français...
Voici le paradigme de l'article indéfini français :

Attention
L'article indéfini "des" est strictement homonyme de l'article contracte "des" (= de
+ les). Il ne faut pas les confondre !
 L'article indéfini "des" devient "un, une" lorsque l'on met le nom au
singulier : "Je vois des fleurs." / "Je vois une fleur."
 Il faut vérifier la fonction du nom introduit par "des" : s'il n'est pas
complément d'objet indirect ou complément prépositionnel, alors il s'agit
d'un article indéfini.
L'article partitif "du", "de la"
On trouve l'article partitif pour exprimer une quantité imprécise d'un élément non
dénombrable : "du pain", "de l'eau"...

32
Déterminant : sous-classes / morphologie

Attention
Il ne faut pas confondre l'article partitif et l'article défini précédé de la préposition
"de" :
 "J'achète du pain, de la lessive..." (quantité imprécise d'un élément
non dénombrable) : article partitif.
 "Je viens du château (= de le château), de la ville..." : article défini.
Les adjectifs indéfinis
Il existe un certain nombre d'adjectifs indéfinis (quelque, certain...) qui peuvent,
pour désigner un être ou une chose inconnu ou que l'on ne souhaite pas identifier
précisément, remplacer l'article indéfini, ou se combiner avec lui : "un certain
regard", par exemple...
Les adjectifs interrogatifs
Les adjectifs interrogatifs tels que "quel" peuvent également être considérés
comme des déterminants indéfinis du nom.
Les déterminants négatifs
Les déterminants tels que "aucun", ou "nul" appartiennent également à cette
catégorie.
On notera qu'un déterminant tel que "aucun" est toujours au singulier.
Dans les groupes nominaux qui contiennent "un", "une", "du", "de la", des" dans les
phrases positives, on trouve "ne... pas de" dans les phrases négatives.
 "J'ai un billet." / "Je n'ai pas de billet."
 "Nous entendons des oiseaux." / "Nous n'entendons pas d'oiseaux."
 "Tu as de la chance." / "Tu n'as pas de chance."

5. Reconnaître et classer les déterminants indéfinis

Nous avons recopié ici le texte de Wadji Mouawad.


Nous avons recopié ici le texte de Wadji Mouawad.
LUDIVINE. Calme-toi ! Quels papiers as-tu sur toi ?
SARAH. Mes papiers. Avec mon nom. Sarah Cohen !
LUDIVINE. Donne-les moi. J'arrache ta photo. Je la colle sur mes papiers à moi !
J'arrache ma photo, je la colle sur tes papiers à toi ! Tu vas devenir Ludivine Davre
et je vais devenir Sarah Cohen...
SARAH. Ça ne sert à rien, on sera prises toutes les deux !
LUDIVINE. Si tu t'appelles Ludivine Davre tu as une petite chance de t'en sortir,
mais si tu t'appelles Sarah Cohen tu n'en as aucune.
SARAH. Non ! Non, non, non... tu ne peux pas !
LUDIVINE. Sarah, comment je pourrais faire pour vivre sans toi !
SARAH. Et moi, comment je pourrais faire pour vivre sans toi ?
LUDIVINE. Sarah ! Réfléchis ! Toi tu pourras encore donner la vie, mais moi, tout ce
que je peux faire, c'est donner la mienne et à qui d'autre je voudrais la donner si ce
n'est à toi ? Tu ne peux pas m'enlever ça, tu comprends ?
Téléphone. Un coup.
LUDIVINE. Ils arrivent, Sarah !
SARAH. Je ne peux pas !
LUDIVINE. Pense à Luce, pense à Samuel et à tous ceux-là qui viendront après
nous grâce à toi, grâce à toi, Sarah ! Écoute : dans notre situation, dans notre
époque qui assomme toute beauté, toute voix, toute aspiration, il faut aller en ligne
droite, et sans dévier, vers la cible pour l'atteindre à la fine pointe acérée de la

33
Déterminant : sous-classes / morphologie

flèche et ainsi frapper en plein cœur le chagrin. Si tu refuses, Sarah, si tu refuses


l'évidence, tout sera inversé ! Celle qui peut donner la vie sacrifierait la sienne pour
sauver celle qui ne peut pas la donner ? Tu réalises l'aveuglement ? Sarah, j'ai tout
vécu avec toi, et par toi, et grâce à toi, ma vie aura été, malgré tout, une flamme,
une vague, une plage, un souffle. J'ai tout pleuré par toi, j'ai tout aimé par toi, j'ai
tout ri par toi, j'ai tout compris par toi et j'ai tout appris par toi et tu ne veux pas
que je meure pour toi ? Sarah, je t'en prie, ne crains pas car je vivrai tout ce qui
m'attend avec force puisque je me dirai à chaque instant "ce que je vis je l'épargne
à Sarah, ce que je souffre je l'épargne à Sarah", alors rien ne me fera trembler, je
te jure, te le promets !
SARAH. Ludivine ! C'est impossible !
LUDIVINE. Sarah, un jour quelque chose viendra témoigner de ce que toi et moi
nous aurons fait l'une pour l'autre et aura le visage de notre jeunesse sacrifiée. Et
alors, toi et moi, moi et toi, on aura tordu le cou au destin en tenant nos promesses
jusqu'au bout : vie sauvée, vie perdue, vie donnée. Promets-le moi !
SARAH. Ludivine...
LUDIVINE. Promets-le moi...
SARAH. Vie sauvée, vie perdue, vie donnée...
LUDIVINE. Promets-le moi...
SARAH. Je te le promets...
LUDIVINE. Ludivine, regarde-moi, je suis Sarah, c'est moi !
Ludivine emportée. Crâne fracassé à coups de marteau.

Question
[Solution n°15 p 47]
Dans le texte ci-dessus, relevez et classez les déterminants indéfinis.

* *
*

Cette première séquence sur les déterminants du nom est terminée. La séquence
suivante aborde "le déterminant démonstratif, dit 'adjectif démonstratif'". Nous
vous y attendons ! Et n'hésitez pas à vous rendre sur le forum pour toute question.

34
Introduction
V-

A. Genre du nom

Tout nom est pourvu d'un genre qui lui est propre, et qu'il conserve dans tous ses
emplois ; ce genre qu'il transmet à ses déterminants et aux adjectifs qui se
rapportent à lui, peut être déterminé par le sexe s'il s'agit d'un être animé (un
homme / une femme ; un chat / une chatte) ; mais la plupart du temps il est
parfaitement arbitraire, et fixé par l'usage.
Ainsi dit-on "une souris" (même s'il s'agit d'un mâle), "un corbeau" (même si c'est
une femelle) ; le soleil, en français comme en latin ou en grec, associé à Apollon,
dieu éminemment viril, est masculin, tandis que la lune est une figure féminine
(Artémis, Phoebé, Diane...) ; mais en allemand, c'est le contraire !
Il arrive même qu'un nom change de genre au cours de son histoire ; et parfois
même, il en change lorsque son nombre est modifié. L'exemple type est le trio
"amours, délices, orgues", trois noms masculins au singulier, qui deviennent
féminins au pluriel !
Dans la plupart des langues, il existe trois genres :
 Le masculin.
 Le féminin.
 Le neutre, souvent associé aux objets, aux concepts, aux inanimés. En
français, le neutre ne subsiste plus que sous la forme de traces : "cela, rien,
quoi..."

B. Identifier le genre des noms


''Fama se commanda de continuer et traversa la rue. Un bout de temps éloignait
encore de l'heure de la quatrième prière, le temps de marcher vite et d'arriver à la
mosquée. Il évita deux taxis, tourna à droite, contourna un carré, déboucha sur le
trottoir droit de l'avenue centrale et se mêla à la foule coulant vers le marché. Là,
entre les toits, apparaissaient divers cieux : le tourmenté par les vents qui
arrachaient des nuages pour les jeter sur le soleil déjà couvert et éteint, le bas
épais et indigo montant de la mer et avançant sur les maisons et les arbres inquiets
et tremblotants. L'orage était proche. Ville sale et gluante de pluies ! pourrie de
pluies ! Ah ! nostalgie de la terre natale de Fama ! Son ciel profond et lointain, son
sol aride mais solide, les jours toujours secs. Oh ! Horodougou ! tu manquais à
cette ville et tout ce qui avait permis à Fama de vivre une enfance heureuse de

35
Introduction

prince manquait aussi (le soleil, l'honneur et l'or), quand au lever les esclaves
palefreniers présentaient le cheval rétif pour la cavalcade matinale, quand à la
deuxième prière les griots et les griottes chantaient la pérennité et la puissance des
Doumboya, et qu'après, les marabouts récitaient et enseignaient le Coran, la pitié
et l'aumône. Qui pouvait s'aviser alors d'apprendre à courir de sacrifice en sacrifice
pour mendier ? "

Question
[Solution n°11 p 45]
Dans le texte d'Ahmadou Kourouma ci-dessus, relevez les noms en gras et classez-
les selon leur genre. Dans quel cas ce genre est-il motivé ou immotivé ? Dans quel
cas est-il impossible de trancher, si l'on ne connaît pas le mot ou si l'on ne dispose
pas d'un dictionnaire ?

C. Le retour du féminin dans la langu

La féminisation des nom


Depuis le XVIIIème siècle, « le masculin l'emporte sur le féminin » dans la langue,
beaucoup plus pour des motifs idéologiques que réellement linguistiques ; ainsi,
nombre de métiers, pourtant exercés par des femmes autant que par des hommes,
ainsi que des titres, portaient jusqu'à une date récente un nom exclusivement
masculin. On disait donc « un professeur », « un écrivain », « un ingénieur », « un
pompier »...
Actuellement, sous la pression des mouvements féministes, les choses évoluent, et
des féminins réapparaissent, ou se créent, de manière plus ou moins anarchique
d'ailleurs :
 Le suffixe -teur a tout naturellement un féminin en -trice : mais « autrice »
semble avoir du mal à s'imposer en face de « auteure », *doctrice n'est pas
attesté, alors que « factrice », « inspectrice »... existent tout
naturellement ; il existe aussi une variante en -teuse : chanteur /
chanteuse.
 Lorsque le suffixe n'a pas de féminin, ou lorsqu'il n'y a pas de suffixe, le -e
final, issu du marquage des adjectifs, s'impose : on dira donc « une
professeure », « une écrivaine »...
 Les noms en -iste n'ont ni féminin, ni masculin : « un/une garagiste »...
Pour en savoir plus long, voir La Documentation française.

D. Reconnaître le genre des noms


1. éloge – 2. souris – 3. problème – 4. limonade – 5. limogeage – 6. professeure –
7. caprice – 8. vérité – 9. jument – 10. serment – 11. faute – 12. article

Question 1
[Solution n°12 p 46]
Donnez le genre des noms suivants, à l'aide d'un dictionnaire :

Question 2
[Solution n°13 p 47]
Les noms suivants désignent des êtres masculins ; quelle forme prendraient-ils
pour désigner leurs équivalents féminins ?
1. auteur – 2. menteur – 3. duc – 4. comte – 5. roi – 6. chien – 7. instituteur – 8.

36
Introduction

ingénieur – 9. député – 10. président.

37
Le nombre du
VI -

VI
nom

A. Le nombre des noms

Le nom peut désigner :


 un objet unique - il est alors au singulier,
 ou plusieurs objets - il sera dit au pluriel.
Dans les langues indo-européennes, c'est ce dernier cas qui est marqué, au moyen
d'une désinence (en français, le plus souvent -s, parfois -x), ou par d'autres
moyens grammaticaux (articles...).
L'ensemble du groupe nominal prend le nombre du nom : un beau chien /
des beaux chiens.

B. Identifier les noms au pluriel 1/2


" Fama se commanda de continuer et traversa la rue. Un bout de temps éloignait
encore de l'heure de la quatrième prière, le temps de marcher vite et d'arriver à la
mosquée. Il évita deux taxis, tourna à droite, contourna un carré, déboucha sur le
trottoir droit de l'avenue centrale et se mêla à la foule coulant vers le marché. Là,
entre les toits, apparaissaient divers cieux : le tourmenté par les vents qui
arrachaient des nuages pour les jeter sur le soleil déjà couvert et éteint, le bas
épais et indigo montant de la mer et avançant sur les maisons et les arbres inquiets
et tremblotants. L'orage était proche. Ville sale et gluante de pluies ! pourrie de
pluies ! Ah ! nostalgie de la terre natale de Fama ! Son ciel profond et lointain, son
sol aride mais solide, les jours toujours secs. Oh ! Horodougou ! tu manquais à
cette ville et tout ce qui avait permis à Fama de vivre une enfance heureuse de
prince manquait aussi (le soleil, l'honneur et l'or), quand au lever les esclaves
palefreniers présentaient le cheval rétif pour la cavalcade matinale, quand à la
deuxième prière les griots et les griottes chantaient la pérennité et la puissance des
Doumboya, et qu'après, les marabouts récitaient et enseignaient le Coran, la pitié
et l'aumône. Qui pouvait s'aviser alors d'apprendre à courir de sacrifice en sacrifice
pour mendier ? "

Question
[Solution n°16 p 47]
Relevez les noms au pluriel dans le texte de A. Kourouma ci-dessus ; pour chacun

39
Le nombre du nom

d'eux, dites quelle est la marque du pluriel (désinence -s ou -x, changement de


radical...) ; puis mettez-le au singulier.

C. Identifier les noms au pluriel 2/2


" Outre les problèmes de tout genre, il y avait Ie problème du genre pour Roxane.
Que les objets et les mots aient un sexe, elle ne l'aurait jamais cru. Le persan,
fârsi, est une langue sans sexe, androgyne si l'on veut. On ne dit pas « le fârsi »ou
« la fârsi », on dit juste « fârsi ». Pas d'histoire avec la masculinité ou la féminité
dans cette langue ; il y en a déjà assez avec les êtres humains, ça suffit largement.
Grandie sous le régime des mollahs, Roxane en avait gros sur le cœur avec les
problèmes de masculinité et de féminité ; ce n'était pas le moment d'en rajouter
avec le sexe des mots. En outre, il était mille fois plus naturel, pour elle, de dire «
chaise » que de dire « la chaise ». Elle fit donc table rase des articles.
« J'étais dans rue. Matin, il faisait froid. Magasin était fermé. J'ai mangé pomme...
»
Les articles étaient d'infimes détails.
« Les articles, je les apprendrai plus tard. L'important, c'est les mots ; de toute
façon, c'est soit la, soit le, ce n'est pas difficile. »
Elle était loin d'imaginer dans quel pétrin elle s'enfonçait.
L'absence d'article avait créé une infirmité originelle dans le français de Roxane. Le
conflit entre le et la ne prit jamais fin. La tyrannie des articles ne lui laisserait
aucune liberté. Elle aurait pu créer SOS articles, mais qui serait venu à son
secours ?
À peine terminait-elle une phrase qu'elle lisait dans les yeux de son interlocuteur
qu'elle s'était trompée d'article. Un mélange de honte et d'amertume l'envahissait.
Aussitôt la faute commise, Mme l'agent de la langue apparaissait , matraque à la
main et regard lourd de reproche. Roxane, déstabilisée, mémoire vacillante, ne
savait comment continuer, elle enchaînait les fautes. Elle se décernait une longue
liste d'insultes : idiote, imbécile, stupide, bête, demeurée, inculte, écervelée...
La langue lui échappait, elle s'en sentait exclue. Cette langue impitoyable ne lui
pardonnait rien.

Question
[Solution n°17 p 47]
Relevez les noms au pluriel dans le texte de C. Djavann ci-dessus ; pour chacun
d'eux, dites quelle est la marque du pluriel (désinence -s ou -x, changement de
radical...) ; puis mettez-le au singulier.

* *
*

Cette deuxième séquence sur le nom est terminée. La séquence suivante aborde
"les fonctions du nom". Nous vous y attendons ! Et n'oubliez pas à vous rendre sur
le forum pour toute question.

40
Solution des
exercices

> Solution n°1 (exercice p. 11)


Le texte compte neuf phrases, de longueur extrêmement variable,
mais toutes caractérisées par la présence d'une majuscule et d'un
point.
Personne ne saura jamais ce qui avait brûlé dans le feu.
1. Deux sœurs, âgées de vingt et vingt-deux ans, l'avaient allumé dans leur
jardin à cinq heures du matin, un jour de septembre.
2. En chemise de nuit, chandail, sandales, elles étaient sorties alors qu'il faisait
encore presque noir, elles avaient peur et un peu froid, mais chacune serrait
fort une boîte d'allumette dans sa main.
3. S'il y avait là des lettres, elles ne les avaient pas lues, des poèmes, elles ne
les connaissaient pas, des confessions, des aveux, elles croyaient que la
pudeur ou la prudence leur dictait de n'en apprendre rien, des messages,
des pensées, des dernières volontés, elles les jetaient par liasses sur le
bûcher.
4. Le visage chaud, coloré par des reflets roux changeants, les yeux brillants,
elles observaient la combustion.
5. Papier qui brûle ne crépite pas.
6. Le feu était pratiquement muet.
7. Au-dessus, l'air bouillonnait comme du sirop de sucre.
8. Le jardin semblait fondre.
On peut observer d'abord un crescendo, les phrases, d'abord très brèves,
grossissant jusqu'au centre du texte, puis un decrescendo à partir de la phrase 5 -
comme un feu qui grandit, puis s'éteint.

> Solution n°2 (exercice p. 13)


Voici les réponses
 Deux sœurs, âgées de vingt et vingt-deux ans, l'avaient allumé dans leur
jardin à cinq heures du matin, un jour de septembre :
SN : "deux sœurs, âgées de vingt et vingt-deux ans
SV : "l'avaient allumé" (verbe + COD)
Circonstants : "dans leur jardin", "à cinq heures du matin", "un jour de septembre"
 Le visage chaud, coloré par des reflets roux changeants, les yeux brillants,
elles observaient la combustion.
SN : "Le visage chaud, coloré par des reflets roux changeants, les yeux brillants,
elles"
SV : "observaient la combustion"

41
Solution des exercices

 Le feu était pratiquement muet :


SN : "le feu"
SV : "était"
 Au-dessus, l'air bouillonnait comme du sirop de sucre :
SN :" l'air"
SV : " bouillonnait"
Circonstants : "au-dessus", "comme du sirop de sucre"
 Le jardin semblait fondre :
SN : "le jardin"
SV : "semblait fondre"

> Solution n°3 (exercice p. 14)


1. (Est-ce que) les livres sont rangés dans la bibliothèque ?
2. (Est-ce que) les deux sœurs ont brûlé les papiers de leur père dans le
jardin ?
3. (Est-ce que) le feu crépitait ?
4. (Est-ce que) je me rends chaque jour à mon travail ?
5. (Est-ce que) l'enfant joue du violon ?
6. (Est-ce qu') Olivier Barrot a fait l'éloge de ce livre dans son émission
quotidienne ?
7. Aux terrasses des cafés,(est-ce qu') on entend des conversations amusantes
?
8. (Est-ce que) les deux enfants se connaissaient depuis l'école maternelle ?
9. (Est-ce que) la nuit tous les chats sont gris ?
10. (Est-ce que) le bateau pour la Corse partira dans une heure ?

> Solution n°4 (exercice p. 14)


 Les livres sont-ils rangés dans la bibliothèque ?
 Les deux sœurs ont- elles brûlé les papiers de leur père dans le jardin ?
 Le feu crépitait-il ?
 Est-ce que je me rends chaque jour à mon travail ? (inchangé : "me rends-
je" est peu ou pas usité.)
 L'enfant joue-t-il du violon ?
 Olivier Barrot a-t-il fait l'éloge de ce livre dans son émission quotidienne ?
 Aux terrasses des cafés, entend-on des conversations amusantes ?
 Les deux enfants se connaissaient-ils depuis l'école maternelle ?
 La nuit tous les chats sont-ils gris ?
 Le bateau pour la Corse partira-t-il dans une heure ?

> Solution n°5 (exercice p. 14)


 Où sont rangés les livres ? - dans la bibliothèque.
 Les deux sœurs ont brûlé les papiers de leur père dans le jardin.
1. Qui a brûlé les papiers ? - les deux sœurs
2. Où ont-elles brûlé les papiers ? - dans le jardin
3. Qu'ont-elles brûlé ? - les papiers de leur père
4. Qu'est-ce qui crépitait ? - le feu
 Chaque jour je me rends à mon travail.
1. Où vais-je chaque jour ? - à mon travail

42
Solution des exercices

2. Quand vais-je à mon travail ? - chaque jour


 L'enfant joue du violon.
1. Qui joue du violon ? - l'enfant
2. De quoi (de quel instrument) joue l'enfant ? - du violon
- Olivier Barrot a fait l'éloge de ce livre dans son émission quotidienne.
1. Qui a fait l'éloge de ce livre ? - Olivier Barrot
2. Où O. Barrot a-t-il fait l'éloge de ce livre ? - dans son émission quotidienne
3. De quoi O. Barrot a-t-il fait l'éloge ? - de ce livre
 Aux terrasses des cafés, on entend des conversations amusantes.
1. Qu'entend-on aux terrasses des cafés ? - des conversations amusantes
2. Où entend-on des conversations amusantes ? - aux terrasses des cafés
3. Les deux enfants se connaissaient depuis l'école maternelle.
4. Qui se connaissait ? - les deux enfants
5. Depuis quand les deux enfants se connaissaient-ils ? - depuis l'école
maternelle
 La nuit tous les chats sont gris.
1. Quand les chats sont-ils gris ? - la nuit
2. comment sont les chats la nuit ? - gris
3. Qui est gris la nuit ? - les chats
 Le bateau pour la Corse partira dans une heure.
1. Quel bateau partira dans une heure ? - le bateau pour la Corse
2. Quand partira le bateau pour la Corse ? - dans une heure.

> Solution n°6 (exercice p. 16)


Les différents types d'exclamatives

Remarques diverses
Les interjections :
 "Ciel", à l'origine, était une phrase nominale - une prière au Ciel. Mais,
lexicalisée, elle est devenue une simple interjection.
 Dans la vignette, "hop", "boum" et "bof", toutes trois prononcées par Achille,

43
Solution des exercices

ne sont pas suivies d'un point d'exclamation : l'auteur met ici en lumière le
calme et la sobriété d'expression de son héros, au point de transformer des
exclamations en simples phrases assertives.
Les autres types d'exclamations :
 Les phrases nominales sont tout naturellement exclamatives, qu'il s'agisse
d'apostrophes ("Achille !"), de constats ("Un vase !") ou de jugements ("un
désastre !").
 En ce qui concerne les phrases, complètes ou non, on remarquera que
Virgule, à l'inverse d'Achille, transforme en exclamatives des phrases,
parfois longues et complexes, où l'on n'attendait pas forcément cette
modalité ; non seulement elle monopolise la parole (le propos d'Achille étant
réduit à des monosyllabes après la première vignette), mais son exubérance
se traduit par le recours constant à l'exclamation.
Conclusion
La phrase exclamative n'a donc pas de forme spécifique.
- N'importe quelle phrase peut se transformer en exclamation par le
simple ajout d'un point d'exclamation ;
- L'inverse n'est pas tout à fait vrai : le "hop" ou le "boum" transformés en
simples assertions par l'absence de ponctuation impressive produit ici un
décalage, et donc un effet comique.

> Solution n°7 (exercice p. 17)


Personne ne saura jamais
Elles ne les avaient pas lues
Elles ne les connaissaient pas
N'en apprendre rien
Papier qui brûle ne crépite pas

> Solution n°8 (exercice p. 21)


Réponses
Ils sont au nombre de trois : Rodrigues, Maurice, l'Afrique. Tous trois sont des
noms géographiques ; Rodrigues et Maurice sont des îles, et ne portent pas
d'article. L'Afrique est un continent, elle est déterminée par un article défini.

> Solution n°9 (exercice p. 22)


Les noms issus d'une substantivation sont au nombre de six :
 mal ("un pays en mal avec lui-même") : substantivation de l'adjectif "mal" ;
 le bleu : nom de couleur, substantivation de l'adjectif "bleu" au moyen de
l'article défini "le" ;
 l'intérieur : substantivation de l'adjectif "intérieur" au moyen de l'article
défini "l'" ;
 les sourires : substantivation de l'infinitif "sourire" au moyen de l'article
défini "les" ;
 le pittoresque : substantivation de l'adjectif "pittoresque" au moyen de
l'article défini "le" ;
 notre irrésolu : substantivation de l'adjectif "irrésolu" au moyen de l'adjectif
possessif "notre".
Remarque : alors que les quatre premiers exemples appartiennent au langage

44
Solution des exercices

courant, le 4ème, "notre irrésolu", est une invention verbale ; cela montre que ce
type de substantivation est une technique bien vivante pour créer des mots
nouveaux.

> Solution n°10 (exercice p. 22)


Ils sont 19 : 1. l'heure – 2. le soleil – 3. le marais – 4. le jour – 5. le <grand>
étang – 6. la chaleur – 7. au moment – 8. du crépuscule – 9. un pays – 10. son
miroir – 11. les nuées (4 fois) – 12. d'or – 13. de sang – 14. de feu – 15. l'air – 16.
cette <mince> flaque – 17. d'eau – 18. des poils – 19. les herbes.
On remarquera :
 que 9 d'entre eux sont accompagnés d'un article défini (l', le, la, les) - nous
n'avons pas tenu compte des occurrences multiples ;
 que 2 sont accompagnés d'un article indéfini (un, des) ;
 que 2 sont accompagnés d'un article contracte (au = à le ; du = de le) ;
 qu'un est introduit par un adjectif possessif (son) ;
 qu'un est introduit par un adjectif démonstratif (cette) ;
 que 4 n'ont ni article ni déterminant, mais sont précédés d'une préposition
(d', de) ;
 enfin, plusieurs sont qualifiés par des adjectifs épithètes :
1. grand étang silencieux
2. pays féerique et surnaturel
3. miroir calme et démesuré
4. l'air immense
5. mince flaque d'eau
6. herbes pointues
 Un pronom ("elles", reprenant "les nuées") est qualifié par un adjectif
apposé : "insaisissables".
 Parmi tous ces adjectifs, deux seulement ("grand", "mince") sont purement
descriptifs et dépourvus de connotations axiologiques.

> Solution n°11 (exercice p. 26,36)


1. Le genre masculin est évident :
 Lorsqu'il est motivé : « les esclaves palefreniers », « les griots » (qui
s'opposent aux « griottes »), « les marabouts », le « prince » (qui a un
féminin, « princesse », et ne peut donc ici être que masculin) désignent des
êtres ou des fonctions qui ne peuvent être que masculins.
Lorsqu'il est accompagné d'un déterminant sans ambiguité, ou d'un
qualificatif : « un », « le », « son », « au » ne peuvent être que masculins ; en
revanche, « l' », « les », « des », et les adjectifs numéraux (« deux », « deuxième
») ne disent rien sur le genre du nom.
1. Le genre féminin :
 Il est évident quand il est motivé : ici, à part les « griottes » (féminin de
« griot »), aucun féminin ne désigne un être sexué ; la liste montre au
contraire le caractère parfaitement arbitraire du genre en français :
pourquoi la rue est-elle au féminin, et le trottoir au masculin ? Pourquoi la prière,
mais le sacrifice ?
Remarque : On notera également que la forme des noms n'indique rien par elle-
même : le -e final n'est en rien une marque de féminin, puisque nombre de mots
féminins (« maisons », « pitié ») en sont dépourvus, tandis que les noms masculins
en -e sont légions : « nuage », « orage », « esclave », « prince »....

45
Solution des exercices

Complément : Complément sur le genre des noms


Un apprentissage difficile
Pour compléter le propos, voici un texte plein d'humour de l'écrivaine Chahdortt
Djavann, d'origine iranienne, qui raconte à la troisième personne son apprentissage
du français :

Chahdortt Djavann au salon du livre 2012Informations


Outre les problèmes de tout genre, il y avait Ie problème du genre pour Roxane.
Que les objets et les mots aient un sexe, elle ne l'aurait jamais cru. Le persan,
fârsi, est une langue sans sexe, androgyne si l'on veut. On ne dit pas « le fârsi »ou
« la fârsi », on dit juste « fârsi ». Pas d'histoire avec la masculinité ou la féminité
dans cette langue ; il y en a déjà assez avec les êtres humains, ça suffit largement.
Grandie sous le régime des mollahs, Roxane en avait gros sur le cœur avec les
problèmes de masculinité et de féminité ; ce n'était pas le moment d'en rajouter
avec le sexe des mots. En outre, il était mille fois plus naturel, pour elle, de dire «
chaise » que de dire « la chaise ». Elle fit donc table rase des articles.
« J'étais dans rue. Matin, il faisait froid. Magasin était fermé. J'ai mangé pomme...
»
Les articles étaient d'infimes détails.
« Les articles, je les apprendrai plus tard. L'important, c'est les mots ; de toute
façon, c'est soit la, soit le, ce n'est pas difficile. »
Elle était loin d'imaginer dans quel pétrin elle s'enfonçait.
L'absence d'article avait créé une infirmité originelle dans le français de Roxane. Le
conflit entre le et la ne prit jamais fin. La tyrannie des articles ne lui laisserait
aucune liberté. Elle aurait pu créer SOS articles, mais qui serait venu à son
secours ?
À peine terminait-elle une phrase qu'elle lisait dans les yeux de son interlocuteur
qu'elle s'était trompée d'article. Un mélange de honte et d'amertume l'envahissait.
Aussitôt la faute commise, Mme l'agent de la langue apparaissait , matraque à la
main et regard lourd de reproche. Roxane, déstabilisée, mémoire vacillante, ne
savait comment continuer, elle enchaînait les fautes. Elle se décernait une longue
liste d'insultes : idiote, imbécile, stupide, bête, demeurée, inculte, écervelée...
La langue lui échappait, elle s'en sentait exclue. Cette langue impitoyable ne lui
pardonnait rien.
Chahdortt Djavann, « De l'apprentissage du français à l'écriture », in Pour une
littérature-monde, Gallimard, Paris, 2007, p.289-290.

> Solution n°12 (exercice p. 27,36)

On constate qu'il n'y a pas de forme spécifique à chaque genre : seul l'usage, le
dictionnaire, ou la présence d'un déterminant ou d'un adjectif peut permettre de
trancher.

46
Solution des exercices

> Solution n°13 (exercice p. 27,36)


Les noms suivants désignent des êtres féminins ; quelle forme
prendraient-ils pour désigner leurs équivalents masculins ?
1. auteure – 2. menteuse – 3. duchesse – 4. comtesse – 5. reine – 6. chienne – 7.
institutrice – 8. ingénieure – 9. députée – 10. présidente.

> Solution n°14 (exercice p. 31)

Le déterminant démonstratif est absent de cet extrait ; seuls y sont présents des
possessifs ("notre", "ma"), et surtout des articles.

> Solution n°15 (exercice p. 34)

> Solution n°16 (exercice p. 39)


1. Désinence -s : taxis, toits, vents, nuages, arbres, jours, esclaves, griots,
marabouts, maisons, pluies, griottes.
Pour trouver le singulier, il suffit d'enlever le -s.
2. Changement de radical : « cieux ».
Le singulier est « ciel ».

> Solution n°17 (exercice p. 40)


1. Désinence -s : problèmes, objets, mots, êtres, mollahs, articles, détails, fautes,
insultes
Pour trouver le singulier, il suffit d'enlever le -s.
2. Changement de radical : « yeux ».
Le singulier est « œil ».

47