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Table des matières

10 outils indispensables lorsque l’on débute en bijouterie ……………..…p.3

Le vocabulaire de la bijouterie et de la joaillerie…………………………p. 7

7 règles de sécurité en atelier à respecter absolument…………………....p.13

Comment scier le métal comme un pro ? ..................................................p.18

Comment limer le métal pour obtenir une finition professionnelle ?.......p.22

Quelle est la différence entre le brasage et le soudage ?............................p.27

Comment polir un bijou ?...........................................................................p.33

Liste de fournisseurs……………………………………………………..p.39

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ite l’auteu Ca oli e Rivi e et à i lu e u lie ve s le log Objectif Bijoux.

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10 outils indispensables
lorsque l’on débute en
bijouterie
Il e iste u e ultitude de a hi es et d’outils o çu pou le t avail du tal.
Cepe da t, il ’est pas essai e de les a hete tous, su tout lo s ue l’o
commence. Cette liste vous aiguillera donc vers les outils qui vous seront
absolument nécessaires pour débuter votre apprentissage. Pas de superflu !

Les pinces

Les pinces comptent parmi les tous premiers outils qu’un bijoutier s’achète. En
effet, celles-ci sont indispensables pour former des boucles ou redresser des
fils. Par ailleurs, elles vous serviront également à ouvrir et fermer des anneaux.

Il en existe de toutes formes. Cependant, pour commencer une paire de pinces


rondes, plates et coupantes suffiront.

Par la suite, je vous suggère aussi d’investir dans des pinces parallèles et
demi-rondes.

Les limes

Les limes sont nécessaires au travail de pré finition. Là encore, vous en


trouverez de toutes sortes. Voici celles que je vous recommande au départ :

- un jeu de limes aiguilles ;


- une lime plate (flat) ;
- une lime demi-ronde (half-round) ;
- une lime sauge ;
- des manches pour les limes.

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Pour plus d’informations, référez-vous à l’article consacré à la technique du
limage en page 22.

Le bocfil

Le bocfil est l’outil qui maintient les lames de scie. Il est composé d’un manche
en bois et d’un cadre de métal.

Pour plus d’informations, référez-vous à l’article consacré à la technique du


sciage en page 18.

Les cabrons

Un cabron est une planche de bois fine et étroite, autour de laquelle est
enroulée une feuille de papier émeri. Celui-ci sert à émeriser (sabler) le métal
pour retirer les traces de limes et de pinces avant le polissage.

Pour plus d’informations, référez-vous à l’article consacré à la technique du


polissage en page 33.

Le moteur suspendu

Le moteur suspendu est sans conteste la toute première machine dans laquelle
vous investirez. En effet, sans elle, il y a beaucoup de choses que le bijoutier ne
peut pas faire. Il permet notamment de percer le métal à l’aide de forêts, mais
aussi à le fraiser. En outre, n’ayant pas encore de polisseuse, vous pourrez
l’utiliser pour la finition de vos bijoux.

Il existe plusieurs marques de moteurs suspendu. Personnellement, je vous


recommande la marque Foredom. Celle-ci n’est pas la moins chère, mais les
outils de cette compagnie sont de grande qualité.

En achetant un moteur bas de gamme, vous courrez le risque d’investir dans


une machine qui ne durera pas. Vous devrez donc à nouveau faire des dépenses

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pour réparer ou remplacer votre moteur suspendu si celui-ci tombe en panne.
Croyez-moi, cela m’est arrivé !

Le triboulet

Le triboulet est un mandrin grâce auquel vous pourrez concevoir des bagues en
fonction de la taille désirée.

Je vous recommande vivement de choisir un triboulet gradué en acier. En effet,


il en existe en bois et en aluminium, mais vous pourrez difficilement les utiliser
pour texturer vos bagues à l’aide de votre marteau.

Je ne vous mets pas de lien pour cet outil, car vous devrez le choisir en fonction
de la charte de taille de votre pays : française, US, Uk, etc.

Le maillet

Le maillet de cuir est indispensable pour former une bague autour du triboulet,
ou encore aplatir une plaque de métal.

Le pied à coulisse

Le pied à coulisse vous permettra de prendre et reporter les mesures adéquates


pour la fabrication de vos bijoux.

Personnellement, j’utilise un pied à coulisse électronique, car les mesures sont


plus précises.

Le marteau

Le marteau vous servira à texturer votre métal, mais également à riveter les
éléments qui composent votre bijou. En effet, il existe deux façons d’assembler
les éléments : à chaud (soudage et brasage) et à froid (rivetage).

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Je vous déconseille d’utiliser le marteau dont vous vous servez pour planter des
clous. En effet, celui-ci est certainement plein de marques, et celles-ci
s’imprimeront dans votre métal lorsque vous le martèlerez.

Pour obtenir un « joli » martelage, la tête doit être parfaitement polie.

La pointe à tracer

Enfin, le dernier outil, mais non le moindre : la pointe à tracer. Celle-ci vous
permettra de tracer des motifs sur vos plaques de métal, en vue du sciage.

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Le vocabulaire de la
bijouterie et de la joaillerie
Les métiers spécialisés possèdent des termes techniques bien à eux, qu’il est
important de connaître, même lorsque l’on est débutant. Voici donc une liste,
non-exhaustive, du vocabulaire de la bijouterie et de la joaillerie.

A, B, C
Alliage : mélange d’un métal précieux et d’un ou plusieurs autres métaux,
précieux ou non. Cette combinaison permet de changer les propriétés
chimiques et physiques du métal d’origine. Ainsi, on peut le rendre plus
résistant, ou encore changer sa couleur.

Bélière : anneau auquel est suspendu le pendentif, et dans lequel on passe une
chaîne pour le porter autour du cou.

Brillant : abréviation de « taille brillant ». C’est une façon de tailler le diamant,


permettant à la lumière de se refléter parfaitement dans la pierre, et donc
d’augmenter son éclat.

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Les 4 C : Ce sont les quatre critères d’évaluation d’un diamant
: carat (poids), colour (couleur), clarity (pureté) et cut (taille).

Cabochon : Pierre taillée en forme de dôme. Sa surface est lisse et ne comporte


pas de facettes.

Carat : surtout utilisé dans les pays anglophones, le carat fait référence au titre
de l’or (or 999 = 24K). Mais il est aussi utilisé dans le monde entier comme
unité de mesure de poids d’une pierre précieuse (1 carat = 0,2 grammes).

Chaton : c’est une sorte de serti qui contient des griffes.

Cheville : morceau de bois fixé à l’établi, sur lequel le bijoutier ou le joaillier


appuie le bijou pour le stabiliser lors du sciage, du perçage, du limage, etc.

Couronne : partie supérieure d’une pierre facettée.

Culasse : partie inférieure d’une pierre facettée.

D, E, F
Densité ou masse volumique : c’est le rapport de la masse d’un matériau par
unité de volume.

Diamantaire : personne qui taille et polit les diamants.

Ductilité : un métal dit ductile, est un métal qui peut être étiré et allongé sans
se rompre. Cette propriété est à prendre en compte lors du tréfilage (fabrication
de fil de métal).

Dureté : la dureté d’un métal équivaut à la résistance qu’il oppose à la


pénétration d’un corps plus dur que lui. En d’autres termes, c’est sa capacité à
résister aux rayures et aux marques d’un autre matériau. Contrairement à la
plupart des pierres, les métaux précieux ont une faible dureté.

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Filigrane : technique ancienne qui consiste à former des motifs avec des fils de
métal très fins.

Fin : signifie pur, sans alliage. De l’argent fin par exemple.

G, H, I
Gemme : appellation qui regroupe les pierres précieuses, fines et ornementales.

Gemmologie : science qui consiste à étudier les gemmes.

Gemmologue : personne qui étudie les gemmes.

Grain : petit morceau de métal que le sertisseur rabat sur la pierre, faisant ainsi
office de griffe (serti à grain).

Gravure : technique de décoration du métal qui se fait traditionnellement à la


main, à l’aide d’outils spécialisés (burin, grattoir, etc.)

Graveur : personne qui trace des dessins ou des caractères sur du métal.

Griffe : les griffes sont des tiges métalliques rabattues sur la pierre par le
sertisseur, la fixant ainsi sur le bijou de manière durable et solide. Le serti à
griffe est souvent utilisé, car il met parfaitement la pierre en valeur.

Inclusion : corps étranger emprisonné dans un minéral lors de sa formation.

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Insculper (ou poinçonner) : marquer (le métal) avec un poinçon.

J, K, L
Joaillerie : c’est l’art de créer des bijoux qui mettent en valeur les pierres
précieuses.

Joaillier : personne qui travaille les métaux précieux pour fabriquer des bijoux,
sur lesquels sont serties des pierres précieuses.

Karat : le Karat est le titre que l’on donne à l’or dans la plupart des pays
anglophones. On retrouve principalement du 10K, 14K, 18K et 22K, mais il
existe parfois des bijoux fabriqués avec du 9K. L’or pur est aussi appelé
or 24K. Ainsi, 1K = 1/24e.

Laminer : amincir une plaque de métal sous l’effet de la pression.

Laminoir : outil qui permet de laminer le métal. Une plaque de métal est
passée entre les deux cylindres qui composent le laminoir. À chaque passage,
on resserre légèrement les cylindres pour amincir de plus en plus le métal,
jusqu’à obtention de l’épaisseur désirée.

Lapidaire : personne qui taille et polit les pierres précieuses, fines et


ornementales (à l’exception des diamants).

Lingot : masse de métal coulée en un bloc de forme parallélépipédique.

Lingotière : moule en fonte dans lequel sont coulés les lingots.

M, N, O
Malléabilité : un métal malléable peut être aplati par effort de compression, à
l’aide d’un marteau ou d’un laminoir.

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Métal précieux : élément chimique rare ayant une grande valeur. On en
compte officiellement huit, mais les plus connus sont l’or, l’argent et le platine.

Mohs : l’échelle de Mohs est une échelle croissante de 1 à 10, qui compare la
dureté des minéraux. Son principe est simple, une pierre est plus dure qu’une
autre si elle raye cette dernière.

Orfèvre : personne qui fabrique des objets utilitaires en métaux


précieux (chandeliers, couverts, etc.)

P, Q, R
Pavé : type de serti où les pierres sont toutes rapprochées les unes des autres et
fixées par des grains. Ce genre de sertissage se fait avec des pierres de petit
diamètre.

Pendentif : bijou raccordé à une chaîne par une bélière, que l’on porte autour
du cou.

Pierre de touche : Pierre noire abrasive, sur laquelle on frotte un bijou afin de
récupérer quelques particules de métal. Celles-ci seront testées par différents
acides pour en déterminer le titre.

Pierres précieuses : il en existe quatre : le diamant, le rubis, le saphir et


l’émeraude.

Pierres fines : nom donné à toutes les pierres de valeur (excepté celles du
groupe des pierres précieuses).

Poinçon : tige de métal au bout de laquelle est gravé un motif. Ce motif sera
insculpé sur le métal à l’aide d’un marteau.

Poinçon de maître (ou de fabricant) : poinçon portant la signature du


bijoutier ou du joaillier qui a fabriqué le bijou.

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Poinçon de garantie : poinçon qui garantit le titre du métal utilisé (18K, 14K,
925, etc.)

Point : le carat se divise en 100 points. Ainsi, un diamant de 0,5 carat équivaut
à 50 points.

SàZ
Sertir : enchâsser une pierre sur un bijou.

Sertisseur : personne qui sertit les pierres.

Solitaire : c’est un diamant monté seul sur un bijou, la plupart du temps sur
une bague.

Taille émeraude : Pierre taillée de forme rectangulaire, dont les coins sont
coupés. Ce genre de taille est souvent utilisé pour les émeraudes, d’où son nom.

Titre : il désigne la quantité de métal précieux pur présent dans l’alliage.

Stabilité : c’est la résistance qu’offre une pierre précieuse aux éléments


extérieurs, tels que la chaleur, la lumière ou encore les produits chimiques.

Ténacité : c’est la capacité d’une pierre ou d’un métal à résister à la pression et


aux chocs.

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7 règles de sécurité en atelier
à respecter absolument
Lors de mes études de joaillerie, l’une des premières choses que j’ai apprises,
c’est le respect des règles de sécurité en atelier. En effet, la fabrication de
bijoux n’est pas une activité qu’il faut prendre à la légère. On a vite fait de se
brûler avec son chalumeau, ou de se faire arracher les cheveux en perçant.
Cependant, vous devriez rester en vie si vous suivez les 7 règles de sécurité
dont je vais vous parler dans cet article.

Bon, j’exagère peut-être un peu, mais mieux vaut prévenir que guérir !

1/ Comment s’habiller ?
En atelier, on n’est pas forcément habillé très chic. Oubliez les jolies chemises
à manches longues et les petites robes. Idéalement, vous devriez porter un haut
à manches courtes. Ainsi, il n’y aura aucun risque qu’elles se prennent dans
des outils, ou qu’elles soient brûlées. Pour les mêmes raisons, les écharpes et
colliers longs sont à proscrire.

Aussi, privilégiez autant que possible les vêtements en coton. Le polyester


ayant tendance à fondre lorsqu’il est chauffé, vous risquez d’en retrouver des
morceaux incrustés dans votre peau, s’il y avait un accident avec votre
chalumeau. Et dans ce cas, il n’y a pas d’autres solutions que d’arracher la
peau. Ça fait très mal, vous pouvez en être sûr !

Pour le bas, une paire de jeans fera très bien l’affaire. Je vous recommande
également des chaussures fermées, au cas où vous feriez tomber un marteau
sur vos orteils. Cela vous fera un peu moins mal qu’avec des sandales.

Par-dessus vos vêtements, vous devriez également porter un tablier. En effet,


celui-ci est une protection supplémentaire contre les brûlures. Durant l’un de
mes cours, la bague qu’une de mes camarades était en train de souder lui est
tombée dessus, car la pince qui la tenait avait lâché. Sans son tablier, elle se
serait gravement fait brûler.

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Enfin, si vos cheveux son long, ils doivent toujours être attachés. Dans le cas
contraire, ils pourraient facilement se prendre dans la pièce à main de votre
moteur suspendu. Une expérience pas très agréable…

2/ Bien protéger ses yeux


C’est certainement l’un des points les plus importants, concernant la sécurité en
atelier. Il peut arriver à tout moment qu’un petit morceau de métal s’envole et
atterrisse dans votre œil, causant ainsi beaucoup de dégâts. Le meilleur moyen
pour prévenir cela est le port de lunettes de sécurité. Par chance, vous en
trouverez dans toutes les quincailleries.

Pour qu’elles durent longtemps, rangez-les soigneusement à la fin de chaque


journée de travail. Évitez de les laisser traîner sur votre établi, les verres (ou
plutôt le plastique) contre le bois, car la limaille de métal pourrait les rayer.

Si vous portez des lunettes de vue et qu’elles sont assez larges, celles-ci
peuvent suffire. Toutefois, vous n’aurez pas de protection sur les côtés. Alors
si vous voulez être sûr d’être protégé au maximum, je vous recommande de
porter vos lunettes de sécurité par-dessus vos lunettes de vue.

De plus, même si vous utilisez des loupes lors de travaux plus minutieux, vous
devriez toujours avoir vos lunettes de sécurité sur le nez.

En fait, la meilleure habitude à prendre est de les mettre dès que vous entrez
dans l’atelier, et de ne les enlever qu’une fois que vous en sortez.

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3/ La nourriture et les boissons
Si vous apportez à manger et à boire, cela doit toujours être dans des
contenants refermables. Oubliez les verres d’eau, et achetez-vous une gourde
ou une bouteille. Pour votre café, utilisez un thermos. Au moins, il restera
chaud longtemps.

Pourquoi toutes ces précautions ? En raison des divers produits chimiques qui
traînent, et qui pourraient contaminer vos aliments et boissons, s’il advenait
qu’ils se renversent dedans. D’un, cela n’aurait vraiment pas un bon goût, et de
deux vous risqueriez de tomber très, très malade. Bref, encore une chose que
vous ne voulez pas qu’il vous arrive.

Évidement, il est plus que préférable de ne pas boire d’alcool ou de prendre


toute autre substance qui pourrait altérer votre jugement, lorsque vous
travaillez. Mais ça, je n’ai pas besoin de le dire !

4/ Extincteur et ventilation
Étant donné que les produits chimiques émettent des vapeurs nocives, il est
important d’avoir un bon système de ventilation dans votre atelier.
Idéalement, celui-ci devrait être placé au-dessus de votre dérocher, de votre
coin oxydation, et de tout autre produit nocif pour votre santé.

Vous devriez également toujours avoir un extincteur à porté de main, en cas


d’incendie. Ce qui pourrait arriver, puisque rappelez-vous, vous jouez avec le
feu !

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5/ La sécurité en atelier et les


outils
Si vous n’êtes pas certains de la façon d’utiliser un outil, n’hésitez pas à
demander autour de vous. Car en plus de vous blesser, vous risquez de
l’endommager si vous vous y prenez mal.

Le chalumeau est certainement l’outil qui fait le plus peur au début. C’est
normal, c’est assez impressionnant quand on n’a pas l’habitude. Apprivoisez-le
tranquillement. Et si jamais vous avez trop d’appréhension, offrez-vous
quelques heures de cours avec un bijoutier expérimenté, afin qu’il vous initie à
son utilisation.

6/ Une bonne position de travail


Veillez à toujours avoir une bonne position de travail. Vos pieds doivent
reposer à plat au sol, et votre dos doit être droit. Votre cheville devrait se
retrouver juste un peu en dessous du niveau de vos épaules. Si ce n’est pas le
cas, c’est que votre établi n’est pas bien ajusté pour vous. S’il est trop haut,
il est facile de faire couper les pieds par un ébéniste pour le rabaisser. S’il faut
le remonter, c’est un peu plus compliqué.

La hauteur de l’établi, est l’un des critères principaux à vérifier lorsque vous
souhaitez en acheter un.

En ayant une bonne position, vous pourrez travailler plus longtemps sans
vous faire mal au dos.

Par ailleurs, veillez à prendre des pauses de temps en temps, pour reposer
vos bras et marcher un peu. Profitez-en également pour regarder au loin, afin de
prévenir la fatigue oculaire.

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7/ Sans oublier la trousse de
secours
Une autre chose indispensable, est la trousse de secours. Celle-ci doit contenir
des pansements et du désinfectant. Mais vous pouvez y ajouter tout ce qu’il
vous semblera utile.

De plus, il est toujours bon d’avoir un aloe vera dans son atelier. En plus
d’apporter une touche de déco, celui-ci vous aidera à soigner vos brûlures.

J’espère ne pas vous avoir fait peur, avec toutes ces règles de sécurité en atelier.
Si toutefois, vous n’avez pas fermé la page, avant d’avoir fini la lecture de cet
article, c’est plutôt bon signe. Vous êtes maintenant armé pour affronter la
dure réalité du travail de bijoutier, où ne survivent que les mieux adaptés �

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Comment scier le métal
comme un pro ?
Scier est la première technique que tout apprenti bijoutier/joaillier doit
apprendre. En effet, la plupart des bijoux que vous fabriquerez nécessiteront à
un moment ou un autre l’utilisation de votre bocfil. Dans cet article, je vous
résume les points essentiels que tout débutant devrait connaître, afin d’obtenir les
meilleurs résultats possibles.

Le choix du métal
Découper le métal est une partie importante du travail avec les métaux
précieux. Toutefois, cette technique s’applique également aux métaux non-
précieux. Je vous recommande d’ailleurs de vous exercer autant que possible
avec du laiton (une plaque de 1 mm d’épaisseur fera l’affaire), car ce métal est
beaucoup plus abordable en terme de prix. En revanche, je vous déconseille le
cuivre. Effectivement, celui-ci est plus difficile à scier, et vous aurez tendance à
casser plus souvent vos lames.

En tant que débutant, il est d’ailleurs tout à fait normal que vos lames de scie se
brisent. Et cela arrivera souvent. Même les bijoutiers les plus expérimentés en
cassent de temps en temps. Maîtriser la technique vous aidera à éviter que cela
se produise aussi fréquemment.

Insérer les lames


En vous assurant que vous avez correctement fixé votre lame de scie, vous aurez
de meilleures chances de réussir votre sciage.

Pour commencer, desserrez les deux vis du bocfil. Insérez la lame et resserrez
la vis de l’extrémité du cadre la plus proche de la poignée. Appuyez ensuite
l’extrémité supérieure contre le rebord de votre établi, afin qu’elle s’incline

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légèrement. Resserrez enfin la deuxième vis, tout en maintenant la pression
contre l’établi. Cette étape vous aidera à faire en sorte que la lame
soit parfaitement tendue.

Pour savoir si la tension de la lame est suffisante, pincez-la comme si c’était


une corde de guitare. Si vous entendez un “ping” aigu, alors votre lame est
prête à l’emploi.

Enfin, il est important de placer la lame de manière à ce que les dents de la scie
pointent vers le manche du bocfil. En effet, la lame coupe le métal lorsque le
mouvement va vers le bas. En remontant, on ne fait que repositionner la scie
pour le coup de coupe suivant.

Vous trouverez ici une petite vidéo pour les personnes plutôt visuelles.

Apprendre à scier
L’important est de garder la pièce de métal parfaitement stable. Pour cela, vous
pouvez la maintenir avec votre main gauche sur votre cheville, ou avec la main
droite si vous êtes gaucher/ère. Le bocfil quant à lui, ne doit pas être tenu trop
fermement. En effet, c’est en étant crispé que l’on brise les lames. Essayez
autant que possible de faire un mouvement de sciage régulier, à la fois souple et
ample, qui vient du coude et non du poignet.

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–Quelques conseils supplémentaires
Voici quelques conseils pour vous aider à affiner votre technique :

– Réduisez le risque de briser votre lame, en l’enduisant d’un lubrifiant pour


lame de scie.

– Appliquez seulement une légère pression sur le bocfil lors du sciage. En effet,
une main légère empêchera votre lame de se coincer dans le métal et de dévier
de sa trajectoire.

– Commencez avec des lames de scie 3/0 ;

– Le bocfil est généralement en forme de « U » et la hauteur du « U » vous aide


à faire des coupes plus longues dans le métal. Un cadre d’environ 8 cm sera
idéal pour les débutants.

– Lorsque vous installez à votre établi pour scier, assurez-vous que votre
cheville soit un peu en dessous du niveau des yeux. Cela vous aidera à couper
aussi droit que possible.

– Pour vous guider lors de la découpe, dessinez votre motif sur le métal à l’aide
d’une pointe à tracer. De plus, je vous recommande de scier légèrement à
l’extérieur de la ligne plutôt que directement dessus. En effet, cela vous évitera
de « mordre » dans votre design. Par ailleurs, vous pourrez également vous
servir à nouveau de cette ligne comme guide, lors de l’étape du limage.

– Gardez le dos droit et les pieds bien à plat au sol pour éviter de faire de
mauvais mouvements qui pourraient vous coincer le dos ou provoquer d’autres
blessures. Il est important d’adopter, dès le départ, une bonne position afin de
prendre de bonnes habitudes.

– Commencer le mouvement de sciage est souvent la partie la plus


difficile. Incurvez votre scie avec un léger angle par rapport à la plaque puis
ramenez-la à 90° à mesure que vous sciez. Le fait de démarrer le mouvement
en montant, plutôt qu’en descendant est aussi plus facile.

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Avec l’entraînement, vous serez bientôt en mesure de scier des courbes et des
formes complexesdans votre plaque. Ne désespérez donc pas à chaque fois que

vous briserez votre lame. Nous sommes tous passés par là

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Comment limer le métal pour
obtenir une finition
professionnelle ?
Maintenant que vous savez scier, la suite logique veut donc que je vous
explique comment limer, puisque en général c’est ce que l’on fait après la
découpe d’une pièce. Alors aujourd’hui, je vais vous parler des différentes
limes dont vous aurez besoin, et je vous donne quelques conseils
pratiques pour bien vous en servir.

Choisir ses premières limes


Les profils
Au même titre que le bocfil, les limes font parties des premiers outils que vous
devez vous procurer. Effectivement, elles vous aideront à obtenir une finition
professionnelle. En tant que débutant, je vous encourage donc à investir dans
les limes suivantes :

– Un jeu de limes aiguilles ;

– une lime plate (flat) ;

– une lime demi-ronde (half-round) ;

– une lime sauge.

Il n’est pas nécessaire d’en acheter plus à ce stade de votre carrière


de bijoutier. Vous pourrez utiliser la lime plate pour limer les bords droits et
convexes. La demi-ronde et la sauge quant à elles, serviront pour les bords
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concaves. Enfin, les limes aiguilles seront utiles pour les petites sections plus
complexes, qui demandent plus de précision.

Attention : lorsque vous achetez des limes, vous devez acheter le manche à
part.

Concernant les limes aiguilles, je vous conseille les profils suivants


: rond, pilier, demi-rond, carré, triangulaire et barrette. Cela vous donnera
toutes les formes nécessaires à la réalisation de vos premiers bijoux.

Le grain
Le grain de la lime se réfère à la grosseur et la disposition des dents qui se
retrouvent à sa surface. Celui-ci détermine la quantité de métal qui sera enlevé
à chaque coup.

Le grain 0 étant le plus grossier, il enlèvera beaucoup plus de métal que le 6.


Ce dernier étant le plus fin. Toutefois, une coupe plus fine signifie également
qu’il est moins probable que vous endommagiez le métal précieux avec lequel
vous travaillez.

Pour votre premier achat, une coupe moyenne, c’est-à-dire 2 ou 3 suffira


amplement. De plus, cela réduira le risque d’enlever trop de métal et de faire
des marques.

Apprendre à limer
Tout comme pour le sciage, le limage requiert une position adéquate.
Effectivement, si votre siège est trop haut ou trop bas, cela risque d’affecter
l’angle de votre bras et par conséquent celui de la lime.

Une fois bien installé, tenez votre pièce dans votre main gauche (la droite pour
les gauchers), et appuyez-la contre votre cheville. Il est important que la pièce
soit toujours stable, car dans le cas contraire, votre limage ne sera pas bon. Par
ailleurs, vous risquez de vous faire mal si la pièce vous échappe des mains.

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Utilisez le traçage que vous avez fait avant de scier. Si vous vous êtes assuré de
scier légèrement en dehors du trait, celui-ci pourra vous servir de guide et vous
saurez quelle quantité de métal enlever.

Limer en ligne droite


Il ne sert à rien de limer dans les deux sens. Le limage est
réellement efficace lorsque le mouvement se fait en s’éloignant de vous.

Votre lime doit toujours être parallèle au rebord que vous limez. Veillez à ne
pas finir votre mouvement en l’inclinant vers le bas, car vous risquez
d’arrondir vos coins. Le mieux lorsque l’on débute est de faire un
mouvement rectiligne vers l’avant, de l’arrêter et ensuite de relever la lime
pour la repositionner pour le prochain mouvement.

Limer une courbe convexe


Si vous devez limer un cercle ou tout autre pièce ayant un rebord convexe,
utilisez votre lime plate.

Le mouvement de votre lime doit suivre la courbe. Pour cela, pliez


légèrement votre poignet et soulevez votre coude. Faites de longs mouvements,
sans quoi vous risquez créer des zones plates tout au long de votre courbe.

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Limer une courbe concave
Pour limer une courbe concave, c’est de votre lime sauge ou demi-ronde dont
vous aurez besoin. Le choix de l’une ou de l’autre dépend de l’intensité de la
courbe. Si celle-ci est plutôt plate, prenez votre lime sauge. En revanche, si elle
est très arrondie, servez-vous de la demi-ronde. En optant pour la bonne lime,
vous vous assurez une finition réussie.

Concernant la position, c’est la surface métallique qui doit vous faire face, et
non son rebord.

Contrairement à la ligne droite ou la courbe convexe, qui nécessite un seul


mouvement (vers l’avant), celui-ci en implique deux simultanés. Toujours un
vers l’avant et en même temps, un autre qui suit la courbe de la droite vers la
gauche (ou l’inverse si vous êtes gaucher).

Vérifiez votre progression souvent


Que vous soyez un bijoutier débutant ou que vous travailliez avec du métal
précieux depuis des années, il est essentiel de vérifier vos progrès
régulièrement. Vous éviterez ainsi de dépasser la limite que vous avez tracée.
De plus, cela vous permettra de voir si votre limage est bon et de rectifier le
tire si cela n’est pas le cas.

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Nettoyez régulièrement vos limes
À l’aide d’une carde à lime (brosse à poils d’acier), assurez-vous de nettoyer
régulièrement vos limes. Cela vous permettra de les garder en bon état, en
éliminant les débris qui sont coincés dans les dents. Une lime propre est
beaucoup plus efficace !

Si le grain est très fin, le nettoyage avec la carde n’aura aucun effet. Je vous
conseille donc de frotter une plaque ou un fil de cuivre, en suivant le sens de
la découpe des dents. Le cuivre étant très mou, il pénétrera entre les dents et
poussera les particules de métal en dehors de la lime.

Voici une petite vidéo pour vous expliquer comme nettoyer vos limes avec du
cuivre.

Pour résumer, voici les 6 points essentiels à retenir :

– Adoptez une bonne position ;

– stabilisez toujours la pièce de métal à l’aide de votre cheville ;

– servez-vous du traçage comme guide, pour savoir quelle quantité de métal


enlever ;

– choisissez le profil de votre lime en fonction de la courbe à limer ;

– Vérifiez souvent votre progression ;

– Nettoyez régulièrement vos limes.

26
Quelle est la différence entre
le brasage et le soudage ?

En bijouterie, il existe deux manières d’assembler les métaux à chaud : le


soudage et le brasage. Même si ces techniques nécessitent toutes les deux
l’utilisation d’un chalumeau, elles présentent certaines nuances dans leur
procédé.

Cependant, on a souvent tendance à utiliser le terme de « soudure » pour les


désigner. C’est un raccourci pratique utilisé par beaucoup de bijoutiers, y
compris moi. Toutefois, je pense qu’il est important de connaître les vrais
termes. C’est pourquoi j’ai préparé cet article, qui explique les différences entre
le soudage et le brasage.

Le soudage en bijouterie
Le soudage consiste à assembler deux pièces de métal, sans ajout de métal
d’apport (brasure). Celles-ci sont donc jointes entre elles par fusion.

Principe de la fusion
Lorsque le métal est chauffé à des températures proches de son point de fusion,
il y a une courte période durant laquelle, la couche extérieure commence à
fondre tandis que l’intérieur reste solide. À ce moment-là, les particules de
métal se trouvant à l’extérieur se lient entres elles, permettant aux deux
morceaux de se joindre parfaitement.

Cependant, si le métal est exposé plus longtemps à la chaleur de la flamme,


l’intérieur atteindra aussi son point de fusion, faisant fondre totalement le
bijou. Il est donc essentiel de rester vigilant, et de retirer la flamme dès que la
couche extérieure commence à se liquéfier. On le voit facilement, car à ce
moment-là, le métal se met à rougir. Puis sa surface devient fluide et brillante

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comme si elle était polie. Dès que la flamme est retirée, le métal refroidit
fusionnant ainsi les deux parties ensemble.

Le choc thermique produit entre le moment où la flamme chauffe le métal, et le


moment où elle est retirée, laissant place à l’air ambiant beaucoup plus froid,
provoque un effet de plissement du métal. Sa surface devient fripée, comme
dans le cas de la réticulation.

Les métaux pouvant être soudés


Cette technique ne peut être utilisée que pour assembler des métaux de même
nature. Par ailleurs, j’ai lu lors de mes recherches pour cet article, que ceux-ci
doivent être purs. Vous pouvez donc l’appliquer avec le l’or 24K, de l’argent
999, ou tout autre alliage résistant au ternissement, tel que l’Argentium.

Je n’ai malheureusement pas réussi à trouver de réponse satisfaisante


expliquant pourquoi le soudage n’est pas recommandé sur l’argent 925. La
seule raison qui est évoquée est que celui-ci s’oxyde lorsqu’il est chauffé,
empêchant ainsi la fusion de se faire correctement. En revanche, il suffirait
d’ajouter du flux (borax) pour contrer cette oxydation. J’ai d’ailleurs déjà
fusionné des pièces en argent 925 en appliquant du borax sur les morceaux à
joindre. Le résultat était bon, et je n’ai pas noté de problème particulier, mis à
part le fait que la fusion est assez difficile à contrôler sur de l’argent. En
effet, que celui-ci soit pur ou non, le fait que la chaleur se diffuse dans toute la
pièce augmente le risque de la faire fondre.

C’est pourquoi il vaut mieux utiliser cette technique sur de l’or ou du platine.
Effectivement, dans ces deux métaux, la chaleur ne se propage pas partout. Elle
reste concentrée à l’endroit où se trouve la flamme, ce qui offre plus de
contrôle.

Procédure pour le soudage


Voici la procédure à suivre pour le soudage :

déposez les morceaux sur un bloc de soudure en enduisant les parties à joindre
avec du flux (pas nécessaire si les métaux sont purs). Commencez à chauffer le
métal en utilisant une flamme réductrice. Pour obtenir une telle flamme, vous
devez augmenter l’apport en oxygène. Chauffez l’ensemble du bijou s’il s’agit
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d’argent, en promenant votre flamme sur toute sa surface. Dans le cas de l’or,
ne chauffez que l’endroit que vous voulez fusionner. Retirez la flamme très
rapidement, aussitôt que le métal se liquéfie.

Si vous souhaitez souder de l’or ou de l’argent, vous pouvez utiliser sans


problème un chalumeau au propane (propane + oxygène). En revanche, si vous
voulez assembler entre eux des morceaux de cuivre ou de laiton, il faudra se
tourner vers un chalumeau oxyacétylénique (acétylène + oxygène), puisque la
fusion de ces métaux nécessite une plus grande chaleur.

Le brasage en bijouterie
Le brasage quant à lui, peut se faire sur n’importe quel type de métal. Il n’est
d’ailleurs pas nécessaire que les deux morceaux soient constitués du même
métal. Ainsi, on peut assembler sans problème de l’argent et de l’or, ou de
l’argent et du laiton. L’important est de faire attention aux températures de
fusion respectives de chacun des métaux.

Métal d’apport
Contrairement au soudage, il est nécessaire d’utiliser ce qu’on appel un métal
d’apport. Ce métal d’apport est appelé brasure. Dans le cas de la brasure
d’argent, c’est un alliage à base d’argent qui fond à plus basse température que
le métal d’origine.

Il existe trois types de brasures : la forte, la moyenne et la faible. La forte est


celle qui se rapproche le plus des caractéristiques du métal d’origine. C’est
également elle qui fondra à plus haute température.

On utilise ces trois types de brasures lorsqu’il y a plusieurs brasages à faire sur
un même bijou. On se servira ainsi de la forte pour les premiers assemblages,
puis de la moyenne et enfin de la faible.

Cependant, la brasure faible est beaucoup moins résistante que les deux autres.
C’est pourquoi beaucoup de bijoutiers et joailliers ne la recommandent pas. De
plus, elle se répand moins bien, ce qui rend son utilisation beaucoup plus
difficile à mon avis. Enfin, étant donné que c’est celle dont les caractéristiques

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sont les plus éloignées du métal d’origine, elle a tendance à oxyder plus
rapidement, laissant ainsi apparaître des lignes plus sombres sur le bijou.

Principe de capillarité
Comme tous les matériaux existant dans l’univers, le métal est composé de
molécules liées entre elles par des électrons. Lorsque le métal est solide, celles-
ci sont fixes, tandis que quand il est liquide, les molécules sont en mouvement.

La brasure, comme je l’ai expliqué plus haut, fondra à une température plus
basse que le métal de base. Ainsi, lorsqu’elle atteindra son point de fusion, ses
particules s’infiltreront par capillarité entre les molécules du métal de base
qui elles, seront encore fixes.

Procédure pour le brasage


Voici la procédure à suivre pour le brasage :

Appliquez du borax à l’endroit où vous voulez que la brasure s’infiltre.


Déposez votre pièce sur un bloc de soudure et chauffez-la avec une flamme
réductrice. Une fois réchauffée, déposez un petit morceau de brasure au niveau

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du joint qui doit être brasé. Puis chauffez à nouveau le métal, en faisant
attention à ne pas appliquer la flamme directement sur la brasure. En effet,
cela risquerait de la faire bouillir et de l’oxyder, ce qui l’empêcherait de fondre
et de s’infiltrer dans le joint.

Je vous ai dessiné un petit schéma pour vous illustrer cela. Dans ce cas, il s’agit
du joint qui permettra d’unir les deux extrémités d’un jonc (bague). Le paillon
de brasure est placé sur le dessus (flèche bleue) et la flamme est appliquée en
dessous. De cette manière, le métal chauffé par la flamme, transmettra sa
chaleur à la brasure qui fondra lorsqu’elle atteindra son point de fusion. Celle-
ci sera ensuite attirée par conduction thermique dans le joint. Autrement
dit, elle sera attirée par la chaleur et s’infiltrera dans le joint par
capillarité.

Les deux choses les plus importantes que vous devez retenir de la brasure
sont qu’elle aime la propreté et la chaleur. Ainsi, si votre brasage ne
fonctionne pas c’est soit parce que vous ne chauffez pas assez votre pièce, soit
parce que celle-ci est sale ou oxydée. Dans ce cas, il vous suffit de rajouter du
flux.

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La trempe après le brasage
Concernant ce point, il existe deux écoles de pensées. D’un côté, il y a ceux qui
trempent leur bijou dans l’eau froide tout de suite après le brasage. De l’autre, il
y a ceux qui préfèrent le laisser refroidir à l’air ambiant, avant de le plonger
dans le dérocher.

Personnellement, je suis plutôt de l’avis du second cas de figure. En effet, la


trempe provoque un choc thermique qui a tendance à stresser le métal. Ce
stress est dû au retrait rapide du métal pendant le refroidissement. Cela a pour
effet de le rendre plus cassant. Ainsi, votre brasure serait plus sensible aux
contraintes mécaniques une fois trempée.

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Comment polir un bijou ?
Le polissage d’un bijou est souvent la dernière étape de sa fabrication. Si celui-ci
a été bien conçu, il est relativement facile de le polir. Toutefois, cela se
complique un peu si l’on a mis trop de brasure, ou si le sablage n’a pas bien été
réalisé.

Cet article se veut être un récapitulatif des différentes manières de polir un


bijou, ainsi que de la façon de le préparer pour un polissage optimal.

Je tiens à préciser que le polissage est un métier en soi, c’est pourquoi il m’est
impossible de tout aborder dans un seul article. Cependant, j’ai fait au mieux
pour vous donner le plus d’information possible.

Avant de polir un bijou


L’émerisage est certainement la phase la plus importante dans la préparation
d’un bijou en vue du polissage. Celui-ci permet d’enlever toutes les marques qui
auraient pu être laissées par les outils. Les traces de pinces par exemple,
de lime, ou encore les marques provoquées par le maillet.

Émeriser avec un cabron


Pour émeriser, correctement une surface plate ou convexe comme le dessus d’une
bague, on utilise un cabron.

Cet outil est simplement composé d’un morceau de bois d’environ 30 cm de


long. Son profil rectangulaire peut être variable. Cependant, ceux que j’utilise
font 20 mm par 9 mm.

Le bâton est ensuite enroulé très serré dans du papier émeri (ou papier à sabler),
et celui-ci est maintenu en place par du ruban adhésif, ou un élastique.

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L’idéal est de s’en fabriquer trois, afin de disposer de trois grains différents
pour l’émerisage, soit un gros grain, un moyen et un fin.

Émeriser l’intérieur des bagues


Pour sabler l’intérieur d’un corps de bague, on utilise un barbus. Cet outil est
composé d’un petit mandrin qui se place sur le moteur suspendu, autour
duquel on a enroulé une bande de papier émeri.

En tournant, le barbus peut nettoyer l’intérieur de la bague. Cependant, il est


important de ne pas faire de sur-place avec celui-ci, sans quoi, vous risquez de
creuser le métal. Vous devez donc en permanence suivre le contour intérieur de
l’anneau lorsque le moteur est en route.

Encore une fois, il peut être utile d’avoir plusieurs barbus pour pouvoir passer
d’un grain à l’autre.

Enlever les taches de feu


Le gros problème de l’argent 925 est qu’il se forme ce que l’on appelle
des taches de feu à sa surface, lorsqu’il est chauffé.

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Celles-ci sont dues au fait que le cuivre contenu dans cet alliage remonte à la
surface, créant ainsi un voile plus foncé. Il est impératif de le retirer, car celui-
ci s’oxyde beaucoup plus vite et forme ainsi des taches disgracieuses à la surface du
bijou.

La meilleure façon de faire disparaître les taches de feu est d’émeriser le métal.
Le sablage sert donc à enlever à la fois les marques d’outils et les taches de feu.

Les excédents de brasure


Il arrive parfois que l’on utilise trop de brasure. Dans ce cas, celle-ci
ne s’infiltre pas complètemententre les éléments qui ont été assemblés lors
du brasage, et reste visible à la surface du bijou.

Pour retirer cet excédent, il est parfois nécessaire d’utiliser ses limes. Cependant,
celles-ci laissant des marques, il faudra également les enlever en émerisant.

Le polissage
Il existe principalement trois machines que l’on peut utiliser pour polir un bijou
: la polisseuse, le moteur suspendu et le tonneau à polir.

La polisseuse
Vous l’aurez compris, la polisseuse est la principale machine que les bijoutiers
ou les joailliers utilisent pour polir un bijou. Plus puissante que le moteur
suspendu, elle sera plus efficace pour le faire briller.

Il existe une panoplie de disques que l’on peut utiliser, chacun ayant une utilité
qui lui est propre. Il serait trop long de tout vous expliquer dans cet article,
donc n’hésitez pas à me poser vos questions en commentaire si jamais vous
avez besoin de précisions.

Polir un bijou sur une polisseuse est une activité qui demande beaucoup
d’attention, car il est facile de faire une erreur. En effet, si le bijou n’est pas
placé au bon endroit au niveau de la brosse, il risque d’être emporté par celle-
ci. Malheureusement, ce type d’accident arrive souvent, et ce, même aux plus

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expérimentés. Dans ce cas, le bijou risque d’être fortement abîmé puisqu’il ira se
cogner sur les parois, et vous risquez vous aussi de vous blesser.

Voici un petit schéma qui illustre parfaitement la zone sécuritaire au niveau de


laquelle placer son bijou.

La pâte à polir
La pâte à polir est constituée de particules abrasives contenues dans un
corps gras. Il en existe une multitude de sortes. Certaines, plus abrasives,
servent à enlever les traces laissées par le papier émeri. D'autres, plus douces,
servent à l'avivage et permettent d'obtenir une belle finition une fois que les
égratignures ont été enlevées par la première pâte à polir.

Si vous utilisez différentes pâtes à polir pour le polissage et l'avivage, il vous


faudra utiliser des brosses différentes pour chaque type de pâte à polir, afin
d’éviter la contamination. Par ailleurs, veillez à bien nettoyer votre bijou
entre le polissage et l'avivage. Pour cela, l’idéal est d’utiliser un appareil à
ultra-son. Toutefois, si votre budget ne vous permet pas un tel achat, vous
pouvez utiliser de l’eau chaude et du liquide vaisselle. Il vous faudra sûrement

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laisser tremper votre bijou durant plusieurs minutes dans ce mélange pour que
les résidus de pâte se décollent.

Personnellement, j'ai longtemps utilisé le Tripoli comme pâte à polir, suivi de


la pâte Picasso bleue pour l'avivage. Cette dernière est un peu chère, mais
donne un résultat magnifique ! Depuis peu, j'utilise la Lustre Bar qui m'a été
chaudement recommandée par un membre de mon groupe Facebook. Cette pâte
présente l'avantage de pouvoir être utilisée à la fois pour le polissage et
l'avivage, et ainsi éviter de devoir nettoyer le bijou entre ces deux phases.
Toutefois, même si cette pâte est très bonne, je trouve que cela vaut quand
même la peine de passer un petit coup de Picasso bleue à la fin ;)

Polir avec le moteur suspendu


Lorsque l’on est bijoutier débutant, on n’a pas toujours les moyens de s’acheter
tous les outils et machines que la pratique de ce métier nécessite. Il faut
donc apprendre à se débrouiller avec le minimum.

Le moteur suspendu peut être une bonne alternative à la polisseuse. Du moins


dans les premiers temps.

Il existe également une panoplie d’éléments que vous pourrez ajouter à la pièce
à main: des minis brosses, des meulettes de silicone, du scotch bright, etc.

Toutefois, si vous utilisez cette machine pour le polissage, je vous recommande


fortement d’utiliser un masque, afin de ne pas respirer la pâte à polir. En effet,
celle-ci sera projetée vers votre visage, et il est évident que cela ne doit pas être
bon d’en accumuler dans ses poumons.

J’en profite également pour vous rappeler de porter vos lunettes de sécurité,
mais cela devrait être en permanence, dès que vous mettez un pied dans votre

atelier

Le tonneau à polir
Enfin, le tonneau à polir (ou baratte) est d’une grande utilité pour le polissage
de bijoux en fil ronds. Parce que oui, il existe des fils de métal de toutes sortes
de formes (ronds, carrés, triangulaires, etc.).

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Cependant, sur les surfaces plates, les billes d’acier du tonneau à polir ont
tendance à laisser des marques.

Toutefois, il faut noter que ces billes n’enlèvent pas les taches de feu. Il faudra
donc sûrement retirer celles-ci au tripoli avant de mettre le bijou dans le
tonneau à polir.

Un avantage non-négligeable de cette machine est qu’elle permet de durcir le


métal. Il peut donc être utile de placer le bijou dedans durant une bonne heure,
si la chaleur du chalumeau l’a rendu trop facilement déformable.

Mais évidemment, pour éviter un tel problème, il vaut mieux utiliser des
épaisseurs de métal plus adéquates.

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Liste de fournisseurs

France
- Cookson Clal (outils, matière première, emballage et présentoirs)
- Laval (outils)
- Selfor Paris (outils, emballage et présentoirs)
- Outilor (outils)
- Pouget-Pellerin (outils)
- Diaminor (outils)
- Atelier la Trouvaille (outils)
- Frediani (pierres précieuses)
- France Perles (pierres précieuses)
- Les Pierres Précieuses (pierres précieuses)
- GemFrance (pierres précieuses)
- Gemmantia (pierres précieuses)
- Gems Plus (pierres précieuses)

Belgique
- Sodimabi (outils)
- Erlanz (outils, apprêts et pierres précieuses)
- Diamant-gems (pierres précieuses)

Suisse
- SOPJH (outils)
- Artsupport (outils, emballage et apprêts)
- AFswitzerland (outils)
- Karibu Gems

Royaume Unis
- Cooksongold (outils, matière première, emballage et pierres précieuses)
- Gem Collector (pierres précieuses)

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États-Unis
- Rio Grande (outils, matière première, emballage et pierres précieuses)
- Stuller (outils, matière première, emballage et pierres précieuses)
- Fire Mountain Gems (outils, métaux, emballage et pierres précieuses)
- OttoFrei (outils, métaux précieux et pierres précieuses)

Canada
- Ormex (métaux précieux et apprêts)
- Pierre de charme (pierres précieuses)
- Rippana (pierres précieuses)
- Umicore (métaux précieux)
- Gesswein (outils)
- Sassounian (outils)
- Noble (outils, emballage et présentoirs)
- Skygems

Australie
- Jewellers supplies (outils, matière première, emballage et pierres précieuses)
- Gemcuts (outils)
- Sunset Crystals (outils)
- Aussie Sapphire (outils)
- Koodac (outils, matière première, emballage et pierres précieuses)
- AJS Gems (pierres précieuses)
- Gemhunters (pierres précieuses)
- Gem Rock auctions (pierres précieuses)

Thaïlande
- Gem Select (pierres précieuses)

Cet e-book est sous licence Creative Common 3.0. Ce qui veut dire que vous pouvez le distribuer
gratuitement à vos amis ou sur votre site web. Dans ce cas, vous vous engagez à ne pas le modifier, à en
ite l’auteu Ca oli e Rivière et à inclure un lien vers le blog Objectif Bijoux.

Par soucis de transparence, je tiens à vous préciser que la plupart des liens sont des liens affiliés. C’est-à-
dire que je touche une commission sur les ventes, sans pour autant que vous payiez plus cher. Cela me
pe et de gag e u peu d’a ge t pou pa e l’h e ge e t de e log et so o de do ai e. Je
p ise u’e au u as, je e vous f e ais des outils ue je ’a h te ai pas oi-même pour mon
atelie . Vot e o fia e est ie plus i po ta te à es eu u’u e poig e d’eu os.

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