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Énoncé du cas pratique

Lille, 22 février 2016.

Depuis plusieurs semaines Jérôme, un jeune étudiant en informatique de 22 ans, a des


difficultés d'argent. Ses parents depuis qu'il est devenu majeur refusent de l'aider. « Être
majeur, c'est se débrouiller seul » selon son père. Les retards de loyers s'accumulent ainsi
que d'autres dettes... Jérôme a pourtant essayé de solliciter son père, mais celui-ci se refuse
de lui venir en aide. Jérôme a bien un job étudiant, mais celui-ci ne lui permet pas de faire
face aux dépenses quotidiennes. Il ne sait plus quoi faire. Doit-il reprendre un deuxième
travail au détriment de ses études qui sont suffisamment chronophages ? Il ne sait pas...

Jérôme habite à côté d'un opticien fortuné. L'idée de faire un braquage lui est déjà venue à
l'esprit, mais jamais il n'a osé le mettre effectivement à exécution.

Toutefois, depuis trois jours, Jérôme a commencé à effectuer des repérages d'abord de
l'extérieur du magasin puis de l'intérieur pour y repérer la caisse ainsi que les caméras de
vidéosurveillance.

Le lendemain, Jérôme passe à l'action. Il sort de chez lui, se dirige directement dans le
bâtiment repéré. Il se dirige vers la caisse, parvient à dérober un fond de caisse ainsi que
quatre paires de lunettes choisies au hasard. Le butin s'élève au total à 590€.

Quelle est l'infraction susceptible d'être retenue ?

Correction du cas pratique

Dans quelle mesure la qualification de vol peut-elle être retenue ?

Le vol est défini par les dispositions de l'article 311-1 du Code pénal comme étant « la
soustraction frauduleuse de la chose d'autrui ».

Toutefois, il existe différents éléments qui doivent être rencontrés de façon à pouvoir
valablement retenir une telle qualification.

Ainsi, il doit y avoir une chose appartenant à autrui. Mais qu'est-ce au juste qu'une chose ? La
chose se définit comme un bien mobilier corporel susceptible d'appropriation.

Dans le cas de l'espèce, l'argent ainsi que les paires de lunettes sont des biens mobiliers
corporels appartenant à l'opticien.

En outre, le vol suppose une « soustraction » de la chose d'autrui ce qui emporte pour
conséquence qu'il y a une interversion de possession de la chose. Dans le cas de l'espèce, les
biens étaient la possession de l'opticien et se trouvent dorénavant en la possession du voleur,
de Jérôme.

L'élément matériel de l'infraction est donc rempli.


Par ailleurs, il faut apporter la preuve du caractère frauduleux de la soustraction de la chose
d'autrui au sens de cet article. Pour cela, il faut évoquer le dol général qui implique de la part
du voleur la conscience, mais aussi la volonté de s'approprier la chose d'autrui. Aussi, il y a le
dol spécial qui pour sa part sous-entend qu'il existe la volonté de se comporter chez le voleur
comme le véritable propriétaire de la chose.

Par conséquent, l'infraction de vol au sens de l'article 311-1 du Code pénal est caractérisée
dans les faits, tant sur le plan des éléments matériels et moraux.