Vous êtes sur la page 1sur 11

Chapitre V - Plantations forestières particulières

1. Introduction
2. Brise-vent et rideaux-abris
3. Stabilisation des dunes de sable
4. Plantation le long des canaux
5. Plantations de rives de cours d'eau
6. Plantations d'agrément

1. Introduction

Dans beaucoup de régions arides du monde, il est particulièrement intéressant d'installer des
plantations forestières sous forme de brise-vent et de rideaux-abris, ou pour la stabilisation
des dunes, des plantations en bord de canal et de rivière et des plantations d'agrément. On
trouvera ci-dessous un examen de ces diverses plantations forestières.

2. Brise-vent et rideaux-abris

2.1 Conception des brise-vent et des rideaux-abris


2.2 Sélection des essences
2.3 Techniques de plantation
2.4 Pratiques de gestion

Dans les zones arides, les conditions climatiques difficiles et le manque d'eau sont intensifiés
par la force des vents. Les conditions d'existence et la production agricole peuvent souvent
être améliorées par la plantation d'arbres et d'arbustes en brise-vent et rideaux-abris qui
réduisent la vitesse du vent et fournissent de l'ombre. Les brise-vent et rideaux-abris, que nous
considérerons comme synonymes dans le présent manuel, sont constitués par des barrières
d'arbres ou d'arbustes plantées de façon à réduire la vitesse du vent et par conséquent à
diminuer l'évapotranspiration et à empêcher l'érosion éolienne. Ils offrent souvent des
avantages directs pour les plantations agricoles en permettant des rendements plus élevés et
offrent un abri au bétail, aux pâturages et aux bâtiments d'exploitation agricole.

L'un des principaux objectifs des rideaux-abris et des brise-vent est de protéger les plantations
agricoles d'une détérioration par le vent. Ils offrent également d'autres avantages:

- ils empêchent ou tout au moins réduisent l'érosion éolienne;


- ils réduisent l'évaporation du sol;
- ils réduisent la transpiration des plantes;
- ils modèrent les températures extrêmes.
Très souvent, on peut conjuguer la protection à la production en choisissant des essences
d'arbres et d'arbustes qui, outre l'abri souhaité, fournissent les produits du bois dont on a
besoin.

2.1 Conception des brise-vent et des rideaux-abris

Lorsqu'on considère la plantation de brise-vent ou de rideaux-abris, on peut distinguer trois


zones: la zone au vent (d'où souffle le vent); la zone sous le vent (où passe le vent); et la zone
protégée (celle où se fait sentir l'effet du brise-vent ou du rideau-abri) (Figure 5.1).

Figure 5.1 Fonctionnement d'un brise-vent.

L'efficacité du brise-vent ou du rideau-abri dépend de sa perméabilité. S'il est dense et forme


un véritable mur (Figure 5.2), le flux d'air passera par-dessus son sommet et provoquera des
turbulences du côté sous le vent du fait que la pression de ce côté est plus faible; il en résulte
une zone relativement limitée d'abri effectif du côté sous le vent par rapport à la zone que crée
un abri relativement perméable. La perméabilité optimum est de 40 à 50 pour cent d'espace
libre, correspondant à une densité de 50 à 60 pour cent de la végétation. Il convient d'éviter
les trous dans les barrières. La perméabilité d'un rideau-abri dense peut être améliorée en
élaguant les branches les plus basses jusqu'à 50 à 80 centimètres du niveau du sol (Figure
5.3).

On admet généralement qu'un brise-vent ou un rideau-abri protège une zone s'étendant jusqu'à
une distance égale à sa propre hauteur du côté au vent et jusqu'à 20 fois sa hauteur du côté
sous le vent, selon la force du vent. Pour réduire la vitesse du vent, des barrières étroites
peuvent être aussi efficaces que les larges. En outre, un rideau-abri étroit à l'avantage
d'occuper moins de terrain.
La forme de la section transversale du brise-vent ou du rideau-abri détermine dans une large
mesure l'effet d'abri. Or, cette section transversale est largement déterminée par le choix des
espèces d'arbres et d'arbustes à planter ainsi que par leur disposition. En général, une pente
inclinée face au vent doit être évitée, car elle ne fait que renvoyer le courant d'air vers le haut.
Ce sont les barrières présentant un côté vertical net qui offrent la meilleure réduction de la
vitesse du vent.

Lorsqu'on conçoit un brise-vent ou un rideau-abri, il faut considérer la direction du vent. Pour


obtenir l'effet maximum, il faut établir la barrière perpendiculairement à la direction du vent
dominant. Pour protéger de vastes superficies, on peut créer un certain nombre de barrières
distinctes faisant partie d'un système d'ensemble. Lorsque les vents dominants soufflent
principalement dans une direction, il faut établir une série de rideaux-abris parallèles
perpendiculairement à cette direction; un schéma en damier est nécessaire lorsque les vents
soufflent de différentes directions. Avant d'établir des brise-vent ou des rideaux-abris, il est
important de faire une étude approfondie des vents locaux et de porter sur une carte la
direction et la force des vents.

2.2 Sélection des essences

Lorsqu'on sélectionne les essences à utiliser pour les brise-vent ou les rideaux-abris, il faut
rechercher les caractéristiques suivantes:

- croissance rapide;
- tiges ou troncs droits;
- résistance au vent;
- bonne formation de frondaison;
- système radiculaire profond, qui ne s'étale pas dans les champs voisins;
- résistance à la sécheresse;
- caractéristiques phénologiques souhaitées (feuillage persistant ou caduc).

Figure 5.2 Rideau-abri dense fait d'Acacia cyanophylla et Opuntia ficus indica.

Figure 5.3 Perméabilité d'un rideau-abri dense de Parkinsonia aculeata et Azadirachta


indica améliorée par l'élagage des branches basses.

2.3 Techniques de plantation

Les techniques de plantation des brise-vent et des rideaux-abris sont identiques à celles des
autres programmes de plantation d'arbres et d'arbustes. Cependant, comme les brise-vent et
rideaux-abris nécessitent un taux élevé de survie des plants, ainsi qu'une croissance uniforme
et rapide, il peut être nécessaire d'assurer une irrigation supplémentaire pendant la phase
d'installation. On ne peut admettre de trou dans la barrière et, lorsque des plants meurent, leur
remplacement doit être rapide.

Bien qu'en théorie des barrières d'une rangée soient suffisantes, l'expérience a montré que les
brise-vent et rideaux-abris les plus efficaces se composent de plusieurs rangées d'arbres. Très
souvent, l'espacement initial est de 3 mètres entre les rangées, et de 2 mètres entre les arbres
d'une même rangée. Lorsque les arbres ou les arbustes possèdent de longues racines qui
risquent de s'étendre dans les champs agricoles, un rafraîchissement vertical des racines peut
être recommandé; cela peut se faire à l'aide d'équipements spéciaux ou en creusant des
tranchées. On prescrit souvent une disposition des plants en quinconce.

2.4 Pratiques de gestion

Une fois installé, l'efficacité et la longévité d'un brise-vent ou d'un rideau-abri dépendent de
son entretien. A mesure que les arbres et les arbustes prennent de la maturité, ils changent de
forme et d'aspect, ce qui nécessite un certain entretien pour assurer le maintien de l'effet
d'abri. Il peut falloir élaguer pour stimuler la croissance en hauteur, ou éclaircir pour favoriser
la croissance en largeur. Pour maintenir la densité et la perméabilité souhaitées de la barrière,
il peut être nécessaire à l'occasion d'élaguer ou de supprimer des sujets. Ce type d'opération
peut également s'imposer si les arbres ou arbustes sont endommagés par le vent ou attaqués
par des parasites. Dans tous ces cas, les méthodes de gestion dépendent de la composition
souhaitée de la barrière et des essences utilisées. Ces méthodes pouvant impliquer
l'élimination de parties ligneuses, l'utilisation des essences qui produisent du bois de feu ou du
fourrage de façon continue est souhaitable.

Le brise-vent ou le rideau-abri a une durée de vie qui dépend des arbres ou arbustes dont il est
composé. Aussi faut-il, pour assurer un abri permanent, adapter un plan de rénovation.
Lorsqu'on veut rénover une barrière composée de plusieurs rangées, il est souvent
recommandé d'abattre les rangées qui se trouvent sous le vent puis de les replanter. Si le brise-
vent ou le rideau-abri ne se compose que d'une rangée, on peut planter une nouvelle rangée
parallèlement à l'ancienne; lorsqu'elle a atteint sa maturité, on élimine l'ancienne. Pour
rénover les brise-vent et les rideaux-abris étroits qui font partie d'un ensemble, on peut planter
de nouvelles barrières à mi-chemin entre les barrières existantes qui seront alors éliminées une
fois que les nouvelles produiront leurs effets.

Lorsqu'on a implanté des brise-vent ou des rideaux-abris sur des prairies ou d'autres zones où
les animaux paissent, il faut prêter une attention particulière à la protection de la barrière;
celle-ci peut être assurée par la plantation de végétation épineuse ou l'installation d'une clôture
de fils de fer barbelés en bordure de la barrière.

3. Stabilisation des dunes de sable

3.1 Stabilisation des dunes littorales


3.2 Stabilisation des dunes intérieures
3.3 Techniques de plantation

Les dunes de sable résultent de l'érosion éolienne. Elles se forment sur de nombreuses terres
arides lorsque les vents soufflent régulièrement sur des zones où la végétation est rare. Les
dunes de sable qui ne sont pas couvertes de végétation (par suite de surexploitation ou de
surpâturage) se déplacent dans la direction du vent à une vitesse qui peut approcher 10 mètres
par an, mettant en danger les cultures, les plantations forestières, les canaux d'irrigation et les
routes (Figure 5.4). Pour empêcher cette avancée des dunes, il faut les stabiliser; l'une des
méthodes consiste à y établir un couvert végétal.
En général, on distingue deux types de dunes de sable: les dunes littorales et les dunes
intérieures. On trouvera ci-dessous la description des techniques de stabilisation de ces deux
types de dunes de sable par l'établissement d'un couvert végétal.

3.1 Stabilisation des dunes littorales

Les dunes littorales sont composées de sable apporté sur la côte par les vagues. A marée
basse, le sable sèche et est emporté par le vent. Lorsque la végétation protectrice située au-
delà des plages est détruite, les dunes littorales se déplacent vers l'intérieur. Pour stopper leur
avancée, il faut construire une avant-dune artificielle à environ 50 mètres du niveau de la
marée. En principe, on construit cette première barrière un an avant de commencer un
programme de plantation.

L'une des méthodes pour construire une avant-dune consiste à fixer mécaniquement le sable
par des clôtures ou des palissades de 0,5 à 1 mètre de haut. Les matériaux utilisés pour ces
clôtures ou palissades peuvent être des petites branches d'arbres ou d'arbustes, des
broussailles, des bottes de graminées, des roseaux, des feuilles de palmier, de vieilles
traverses de chemin de fer, des barils de pétrole usagés et de la terre. Lorsque le vent a une
direction dominante, il suffit d'établir des palissades parallèles; cependant, lorsque la direction
des vents varie, il est recommandé d'implanter les palissades en damier (Figure 5.5). Le sable
s'entasse derrière la palissade et, lorsque la dune artificielle ainsi formée atteint une hauteur de
50 à 75 centimètres, on construit par-dessus une deuxième palissade. Parfois, on peut
surélever les barrières d'origine au lieu de construire une nouvelle palissade. Une fois l'avant-
dune établie, il est possible de déstabiliser le sable derrière elle en semant ou en plantant une
espèce végétale bien couvrante et capable de supporter d'être (au moins en partie) recouverte
par du sable.

Figure 5.4 Invasion de dunes sur des terres agricoles (Yémen).

Figure 5.5 Système de palissades en damier.

La fixation des dunes de sable peut se faire aussi par paillage mécanique, autrement dit en
répandant des matières solides sur la surface du sol. On peut aussi utiliser la fixation
chimique. Celle-ci consiste à stabiliser la surface du sable en le recouvrant d'une croûte
continue de substances chimiques vaporisées telles que dérivés du pétrole ou mélanges de
latex. Cette opération est généralement suivie ou accompagnée de l'implantation d'une
végétation. La fixation chimique est souhaitable lorsque le coût de la main-d'oeuvre est élevé
et que les produits chimiques sont facilement disponibles.

La stabilisation des dunes de sable à l'aide d'espèces végétales est plus permanente que les
techniques de paillage mécanique ou de fixation chimique qui, la plupart du temps, ne sont
que des mesures temporaires.

3.2 Stabilisation des dunes intérieures

Les dunes intérieures sont constituées par du sable provenant de l'érosion des roches,
principalement du grès. La fraction fine peut être entraînée très loin par le vent, tandis que la
fraction la plus lourde ne parcourt que de brèves distances et constitue des dunes. Celles-ci
peuvent poser de sérieux problèmes de stabilisation, surtout lorsqu'elles sont vastes et actives.
L'un des moyens de lutter contre ce problème est de créer une dune artificielle à l'extrémité au
vent de la dune. La méthode appliquée est analogue à celle que l'on utilise pour créer l'avant-
dune dans la stabilisation des dunes littorales. La stabilisation des dunes intérieures se fait
également selon les mêmes grandes lignes que celle des dunes littorales.

Lorsqu'une zone spécifique utile (par exemple une oasis) est menacée, les travaux de
protection commencent aussi près que possible de la zone considérée, et l'on progresse ensuite
graduellement vers la zone de source de sable.

3.3 Techniques de plantation

Comme nous l'avons dit plus haut, la plantation de végétation est la meilleure méthode et la
plus permanente de stabilisation des dunes de sable littorales ou intérieures; elle peut
présenter à la fois des avantages directs et indirects, tels que:

- protection (des routes, canaux, terres agricoles et zones industrielles);


- production de bois (combustible, bois d'oeuvre, etc.);
- protection de bassins versants et de sources d'eau;
- avantages pour le pâturage du bétail (fourrage notamment);
- avantages au niveau des bêtes sauvages, loisirs et autres;
- travaux d'intérêt public pour lutter contre le chômage.

Le choix des espèces végétales à planter doit se fonder sur des études de la végétation
naturelle de la zone et des conditions environnementales. La plantation de végétaux sur les
dunes de sable consistant souvent en pratiques d'afforestation, il est recommandé d'inclure
dans les programmes de plantation des essais d'essences de façon à permettre une évaluation
des essences d'arbres et d'arbustes pour un usage à long terme.

En pratique, il est souvent nécessaire de planter des plants en conteneurs relativement


importants de façon rapprochée (1 x 1 mètre) du côté au vent, mais du côté abrité on peut les
planter plus espacés (2 x 2 mètres). Pour l'installation de la plantation, l'irrigation peut être
nécessaire pour aider les plants à survivre jusqu'à ce qu'ils se soient dotés de systèmes
radiculaires suffisamment profonds. Si l'eau n'est pas disponible en quantité suffisante pour
l'irrigation à long terme, il est conseillé d'irriguer (au moins) pendant les deux ou trois mois
qui suivent la plantation, à intervalles d'une semaine.

En ce qui concerne l'entretien, le désherbage à la main est préférable pour éviter les problèmes
de traction de machines dans le sable. En règle générale, il faut éliminer tout déplacement de
bétail et autres sur les dunes de sable; lorsque c'est nécessaire, on peut établir des passages
délimités et protégés pour le bétail.

4. Plantation le long des canaux

Dans nombre de pays arides, partout où il existe des cours d'eau, on s'est efforcé d'utiliser
l'eau pour l'irrigation grâce à la construction de barrages ou en utilisant le pompage pour les
besoins agricoles. Plusieurs milliers de kilomètres de canaux d'irrigation ont été posés. Les
rives de ces canaux peuvent être plantées et constituent une superficie considérable pour la
production de bois d'oeuvre et de bois de feu pour la population rurale. C'est ce qui est fait
dans de nombreux pays comme la Chine, l'Egypte, l'Inde et le Pakistan. Quelques rangées
d'arbres, de 4 à 6, sont généralement plantées sur chaque berge du canal avec un espacement
dépendant des caractéristiques de l'espèce et du type de produit souhaité (Figures 5.6A et
5.6B).

Lorsqu'on conçoit une plantation le long d'un canal, les critères concernant les conditions
climatiques et pédologiques et l'approvisionnement et la qualité de l'eau peuvent être les
mêmes que dans la conception de plantations irriguées. Il faut cependant se rappeler que la
seule source d'eau disponible pour les arbres est due à la percolation de l'eau du canal dans la
zone radiculaire. Dans certains endroits, il est moins cher de planter des arbres et d'utiliser
ainsi l'eau de percolation que d'empêcher la percolation en revêtant le canal de béton,
d'asphalte ou d'un autre matériau.

Le choix des espèces pour les plantations de bord de canal doit prendre en compte à la fois le
caractère particulier de la plantation et son objet. Les racines des arbres doivent renforcer les
berges du canal et les arbres eux-mêmes doivent ombrager suffisamment le canal et ses berges
pour supprimer la pousse de mauvaises herbes et réduire l'évaporation. Les essences qui
tendent à accroître la percolation de l'eau sur les côtés et le fond du canal sont à éviter.
Lorsque les canaux coulent de façon intermittente, comme c'est le cas pour les canaux de
décharge de crue, seuls les arbres capables de s'adapter à des niveaux d'eau variables dans le
sol peuvent être utilisés.

Les essences qui se reproduisent par drageons tels que Robinia pseudo acacia ne doivent pas
être plantées le long des canaux. Les techniques de plantation doivent favoriser une plantation
profonde et les racines doivent être placées dans la couche humide.

5. Plantations de rives de cours d'eau

Dans beaucoup de régions, la longueur des cours d'eau est considérable. Le sol de chaque côté
du cours d'eau est partiellement à portée des crues. Au-delà du niveau des crues - et sur les
marges de la terre agricole - on peut installer des plantations en bandes de façon à produire du
bois, du combustible et du fourrage. En général, la largeur de ces bandes est limitée mais
constitue une plantation linéaire utile et productive. L'eau souterraine est disponible à
différents niveaux. Les essences à planter doivent tenir compte de cette variation.
L'espacement entre les rangées et à l'intérieur des rangées dépend des caractéristiques de
l'essence et de la rotation prévue. Dans les zones les plus arides, les rangées extérieures sont
constituées d'arbres xérophiles, tandis que celles qui sont proches de la rive du cours d'eau
demandent plus d'eau. Là, on peut planter des essences phréatophytes telles que Populus spp.,
Acacia nilotica, Dalbergia sissoo, Prosopis spp.

6. Plantations d'agrément

6.1 Plantation d'arbres dans les jardins


6.2 Plantation dans les parcs
6.3 Plantation de rue
6.4 Plantation de ceinture verte
6.5 Plantations le long des routes
6.6 Plantation le long des chemins de fer
Ce type de plantation comprend des arbres plantés dans les jardins et les parcs, dans les rues
pour constituer des ceintures vertes autour des villages et des villes, des arbres plantés le long
des routes pour réduire le bruit et améliorer le paysage. Dans les zones arides, "améliorer le
paysage" signifie généralement "verdir" le paysage qui, au lieu de sa couleur brune normale,
passe au vert.

6.1 Plantation d'arbres dans les jardins

La plantation d'arbres dans les jardins est généralement considérée comme un embellissement
de l'environnement familial mais il a aussi un effet profond sur l'attitude psychologique de
l'homme à l'égard de la vie, Une maison située dans un paysage nu, sans arbres ni buissons,
manque d'attrait et l'attitude psychologique à son égard est certainement différente de celle
que l'on a lorsque la maison a été embellie et protégée par des arbres et des arbustes
soigneusement choisis.

La plantation d'arbres dans les jardins est aussi une satisfaction d'amour-propre. Le jardinier
s'identifie avec son jardin et entretient avec lui un rapport personnel. Le jardin devient un
prolongement de lui-même, une représentation visible de son individualité. Lorsqu'il fleurit,
c'est la preuve qu'il a réussi. Il se rend compte en outre qu'un certain nombre de gens qu'il ne
connaît pas passent chaque jour devant son jardin et l'admirent. 11 leur a fait un don anonyme.
Tout cela renforce l'image qu'il se fait de lui-même, l'aidant à mieux s'estimer. Le jardinier, se
sentant mieux dans sa peau, est également plus satisfait de l'endroit où il vit.

Figure 5.6 A Plantation le long d'un canal.

Figure 5.6 B. Plantation le long d'un canal d'irrigation.

Lorsqu'on choisit des essences d'arbres pour planter dans les jardins, il faut considérer les
facteurs suivants:

- Les arbres ont plusieurs rôles à jouer autour des maisons. Le premier point à envisager est
donc de décider du but de la plantation: ombrage, abri, ornement, haies, parfums et odeurs,
production de fruits ou site de nidification pour les oiseaux. Certaines espèces ne répondront
qu'à un ou deux de ces objectifs tandis que d'autres en satisferont davantage.

- Les arbres choisis doivent convenir au climat et au sol du lieu.

- Possibilité d'élagage. La mesure dans laquelle les arbres et arbustes toléreront l'élagage et
l'étêtage est une considération importante lorsqu'il s'agit de planter autour de la maison.

- Persistant ou caduc: la plupart des espèces de zones arides sont persistantes, mais on utilise
aussi dans les jardins de nombreux arbres caducs. Dans la région aride méditerranéenne, ces
arbres caducs présentent certains avantages et inconvénients par rapport aux persistants.
L'avantage le plus important est leur aptitude à fournir de l'ombre en été tout en laissant
pénétrer le soleil en hiver. Le principal inconvénient est que les feuilles doivent être
ramassées pendant et après la chute.

6.2 Plantation dans les parcs


Le premier objectif de la plantation dans les parcs en zone aride est d'abriter du soleil et de la
poussière. Lorsque les arbres ne poussent pas naturellement, on peut assurer un abri en
plantant des arbres dans des sites favorables. Un deuxième objectif est d'embellir le parc en
plantant des arbres de couleurs, de formes et de tailles différentes. Des arbres plantés de façon
trop ordonnée en longues rangées bien droites ne s'intègrent généralement pas bien au
paysage et il vaut généralement mieux les planter en petits groupes ou en isolés. Le choix des
essences ne doit pas être dicté par la valeur du bois, et les dépenses de plantation ne doivent
pas être mises en balance avec la valeur du bois produit. Les coûts de la plantation dans les
parcs destinés à l'agrément de la population doivent prendre en compte les avantages
esthétiques et les gains immatériels de santé et de bien-être de cette population.

6.3 Plantation de rue

Les plantations de rue incombent souvent aux municipalités et visent à embellir les villes, à
offrir de l'ombre et à limiter le bruit et la pollution dus à la circulation (Figures 5.7A et B).
Ces dernières années, beaucoup de villes du monde ont appris par expérience que revêtir les
routes, les rues et les trottoirs ne suffit pas. Dans la plupart des collectivités où la population
s'est accrue, et en même temps la congestion de la circulation motorisée, il est devenu
important que la municipalité assume ses responsabilités en agrémentant la vie en ville.

Pour les plantations de rue, les arbres doivent:

- s'installer facilement, de préférence pouvoir être transplantés lorsqu'ils ont déjà atteint une
certaine taille en pépinière et pousser relativement vite jusqu'à pouvoir constituer un
agrément;

- rester sains dans l'environnement citadin, vivre relativement longtemps et ne pas être
susceptibles d'être arrachés ou d'avoir de grosses branches cassées par le vent;

- demander aussi peu d'entretien que possible. Les arbres qui nécessitent un élagage
permanent et l'élimination des feuilles tombées présenteront un coût d'entretien élevé;

- la forme et la hauteur de l'espèce doivent convenir pour la largeur de la rue;

- le point de savoir si l'on utilise une seule variété ou un mélange dans la même rue est une
question de goût. La variété peut dépendre du secteur géographique du pays et de la largeur de
la rue.

6.4 Plantation de ceinture verte

Plusieurs villes de régions arides ont implanté dans leurs zones de compétence des ceintures
vertes dans le but à la fois:

- d'embellir le site;
- de constituer une zone de loisirs et de détente pour les citadins;
- de réduire l'effet néfaste des vents desséchants et des tempêtes de sable et de lutter contre
l'avancée du sable.
Il existe pour les ceintures vertes une large gamme d'arbres et d'arbustes. Tout programme de
ce genre doit cependant être bien conçu à l'avance, planifié pour un certain nombre d'années et
exécuté avec soin.

6.5 Plantations le long des routes

Les plantations le long des routes ont plusieurs objectifs:

- les arbres améliorent le confort des voyageurs en offrent de l'ombre et un environnement


attrayant;

- les arbres peuvent protéger la route elle-même contre les dunes mobiles ou servir de brise-
vent pour les champs adjacents;

- les arbres peuvent constituer un facteur important dans la lutte contre la pénurie de bois
d'oeuvre et de bois de feu. En fait, les arbres plantés le long des routes sont souvent
considérés comme faisant partie du programme forestier national. Ces arbres peuvent produire
des fruits comestibles, des gousses pour l'alimentation des bêtes, des aliments et un abri pour
les oiseaux ou, lorsqu'ils sont en fleur, permettre l'apiculture.

Figure 5.7 A. Plantation en ville.

Figure 5.7 B. Plantation sur un site industriel afin de réduire la pollution.

Les essences doivent être choisies avec soin. Parmi les éléments importants à prendre en
compte lorsqu'on prévoit d'utiliser des arbres le long des grandes routes, on peut citer (Figures
5.8A et 5.8B):

- le choix de l'espèce pour sa rusticité, sa longévité, sa résistance au vent, son aspect attrayant
et son entretien minime. Dans les zones arides, il existe un grand nombre de petits arbres et de
grands arbustes indigènes que l'on peut utiliser, ainsi que certaines espèces exotiques. Lorsque
l'environnement convient, on envisagera de planter de petits groupes d'espèces caduques à
feuillage coloré;

- l'adaptation de l'espèce au climat, à la topographie et au sol;

- l'implantation des arbres par rapport à la route. Il faut d'abord prendre en compte la
configuration de la route de façon à ne pas planter les arbres près de l'intérieur des virages ou
près de croisements où ils risqueraient de gêner la vision et de créer par conséquent des
risques pour la conduite. Deuxièmement, il faudrait tenir compte de la possibilité d'un
élargissement futur des routes, notamment par la création de doubles voies de circulation.

6.6 Plantation le long des chemins de fer

Une tendance s'est développée ces dernières années dans de nombreux pays à la plantation
d'arbres le long des chemins de fer afin d'assurer à la fois de la verdure, une protection contre
la poussière et les vents et des ressources arboricoles supplémentaires. Cette tendance devrait
se répandre dans d'autres pays compte tenu des résultats favorables déjà obtenus dans les
premiers. On peut considérer comme utiles trois à six rangées d'arbres de chaque côté de la
voie ferrée. Les techniques de plantation sont analogues à celles utilisées pour la plantation le
long des routes. Les essences varient et dépendent des conditions climatiques, de la
température surtout, ainsi que du sol et de la pluviométrie.

En conditions très arides, le choix des essences est assez limité. Lorsque l'on dispose d'eau, il
y a le choix entre plusieurs espèces. Dans une même zone, on peut planter une ou plusieurs
espèces dans chaque rangée. On crée ainsi des mélanges jugés préférables car ils donnent des
produits différents pour répondre aux besoins locaux.

Figure 5.8 A. Plantation le long d'une route: Eucalyptus.

Figure 5.8 B. Plantation le long d'une route (une rangée de Populus nigra ).

Les espèces généralement utilisées pour les plantations le long des voies ferrées sont les
suivantes:

- zones arides: Tamarix spp., Eucalyptus spp., Acacia spp., Opuntia ficus indica, Prosopis
spp.;
- zones semi-arides : Eucalyptus spp., Avaga spp., Acacia spp., Ficus spp., Sapium spp.,
Bauhinia spp.